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 Il y a un temps pour le travail....

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Satoshi Sakutaro
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MessageSujet: Il y a un temps pour le travail....   Jeu 8 Sep 2016 - 22:50

Si l'on y réfléchis bien, quand on y pense, il n'y a qu'une seule raison qui pousse les gens à étudier. Enfin, en dehors de ceux qui le font par plaisir, par passion, ce qui fait deux raisons du coup, mais sinon, c'est d'obtenir un diplôme. Cette qualification qui permet à celui qui la possède de travailler, d’être rémunéré à la hauteur de ses compétences, de pouvoir vivre en fin de compte. Le diplôme permet finalement de mener la vie que l'on souhaite avoir. Pour la plupart des gens. C'est une question plutôt complexe quand on y pense. Dans un sens, qui peut se targuer de mener de A à Z, d'avoir prévu à l'aube de sa vie la façon dont elle se déroulerait jusqu'à son crépuscule. Obtenir le diplôme parfait qui donnait le travail parfait. Moi par exemple. Quel était le travail que je voulais vraiment faire ?

Aucune idée. Alors je faisais mes études pour le plaisir ? Aucune chance. Je faisais donc partis de cette catégorie de gens qui font cela uniquement pour le diplôme. Je n'avais pas prévue tous les instants de ma vie, ne sachant a peine ce qui serait fait du lendemain. Une raison de vivre. Je n'en avais pas vraiment, mais avais-je une raison de mourir ? Non plus. Je me gratte la tête un instant devant ces pensées bien trop philosophiques pour moi. Il était sans doute trop tôt pour penser de la sorte. Ou trop tard. Dans les deux cas, ce n’était pas un travail pour moi. Si je n'avais aucune raison de mourir, et que je ne savais pas de quoi serait faite la suite de ma vie, alors il me suffisait simplement de continuer d'avancer, un pas après l'autre, et toujours suivre la règle que j'avais respectée plus ou moins durant les dernières années de ma vie. Ne pas regarder en arrière. Jamais.

J'ouvre les yeux en soufflant un instant. Je n'ai pas bougé. Je suis toujours sur ce banc en plein soleil. Il me chauffe la tête, beaucoup trop d'ailleurs a la vue des étranges pensées qui me passe par l'esprit depuis une dizaine de minutes. J'ai presque la sensation de lourdeur que l'on peux éprouver après un sommeil trop court, mais je suis presque persuadé de ne pas avoir dormis. L'un des effets secondaires de la méditation, que je faisais fréquemment depuis que j'avais commencé à pratiquer les arts martiaux, c’était que parfois on finissait par méditer sans s'en rendre compte. Ce qui n’était pas très pratique, surtout quand cela finissait par me prendre durant un cours ennuyeux en Amphi. Si j'y vais, c'est pour écouter, déjà que cela me semble un petit peu inutile comme occupation journalière, si en plus cela ne me sert à rien, autant tout arrêter et devenir un ermite quelque part dans une maison accroché a la cime d'un sommet en Asie. Ouvrir une école de kung-fu comme dans ces vieux films traditionalistes. Non, c'est vrai, j'ai le vertige. Impossible pour moi.

Je referme les yeux pour essayer désespérément de faire le vide dans mon esprit et d'en retirer les informations importantes, comme par exemple pourquoi je suis sortis de ma chambre aujourd'hui. Ce n'est pas les vacances, encore un bon mois avant de pouvoir être soulager, pendant une période bien trop courte, de ce rythme scolaire qui régissait ma vie. Mais si je suis ici, c'est que je n'ai pas cours, c'est logique. Trop de logique d'ailleurs. Si je fais le lien avec mes pensées....je devrais me faire des pense-bêtes pour ce genre d'instant. Ils seraient intitulés « moment ou je perd la notion de ce que je faisais à la base ». Et si quelqu'un tombe dessus, et que ça circule, je deviendrais un sujet de moquerie. Je le suis déjà, grâce à la couleur originale de mes cheveux. Dangereux, trop dangereux, je vais juste essayer de me rappeler ce que je faisais la à la base.

Je commence a faire le lien entre toute les idées qui vont et viennent. Le diplôme, il faut quelque chose pour l'avoir. Les vacances, il y a quelque chose juste avant. Un sourire fatigué s'étire sur mes lèvres. Les examens, j'avais oublié l'espace d'un instant, j’étais parvenu a me sortir cette idée de la tête. J'ai juste quitté ma chambre pour trouver un endroit ou étudier. La bibliothèque était totalement bondé par des dizaines de Japonais venus faire exactement ce que j'avais eu dans l'idée d’effectuer, noyant mes espoirs dans une tornade de regards noirs lorsque j'avais ouvert la porte. A celui qui arrive pour prendre une place, la guerre de position est déclaré. N'étant pas particulièrement friand de ce genre d'affrontements, j'avais fais marche arrière, en espérant trouver un asile ou pouvoir m'installer.

Ce banc n'avait était qu'une pause sur le long chemin de croix qu'était la découverte d'une salle libre, et je m'y étais arrêté un peu trop longtemps. Peut être parce que c’était sur ce banc que j'avais retrouvé mon amie d'enfance pourtant disparut a mes yeux. Ou alors parce qu'il était attaqué par le soleil, mon ennemi de toujours, et que finalement j'avais envie de cet affrontement que j'avais fuis précédemment. Ou alors j'étais juste fatigué de chercher et j'avais abandonné lâchement. C’était possible. C'est probable. Je n'ai pas une grande volonté en dehors du kung-fu.

Une idée me traverse alors l'esprit. J'aurais du y penser plus tôt. Quand la bibliothèque n'est pas disponible, il y a bien sur d'autres salles dédiés au travail. La salle d'étude entre autre. Elle n’était pas très loin en plus. Me lever de mon emplacement n'est pas aisé, ce n'est pas de gaieté de cœur que je vais réviser. Mais comme je l'ai dis plus tôt, il faut toujours essayer d'avancer, pas à pas, afin d'atteindre le jour suivant. Rien ne se passera si je reste dans l'attente. Alors je me lève et m’étire avant de ramasser mon sac plein a ras-bord de livres de cours, de manuels écrits par des auteurs juridiques célèbres, mes propres cahiers et feuilles ou étaient inscrites les notes qu'il m'était arrivé de prendre en cours. Ça fait pas mal de matériaux de travail quand j'y pense. Si avec tout ces efforts je n'avais pas mon année.

Le chemin se fait sans encombre. J'arrive plutôt bien à me diriger dans les entrailles du campus à présent, alors que j'avais étais complètement perdu durant les premières semaines. J'avais étais dans un collège ou une centaine d’élèves dans les bons jours se côtoyaient. Mon lycée, a Sendai, était bien plus grand, mais cela n'avait rien a voir avec Keimoo qui était une véritable ville dans la ville. Mais avec un bon sens de l'orientation et l'habitude de courir dans tout le campus tous les matins pour mon footing, j'avais finis par me représenter l'endroit mentalement. Je n'avais pas tout les petits recoins en tête, mais je n'avais plus de soucis pour trouver une salle.

Comme je le pensais, l'endroit est presque aussi plein que la bibliothèque. Cela aurait était trop beau de voir une salle presque vide, surtout en période de révision comme nous dans laquelle nous étions en ce moment. Mais il y avait des places de libres au moins, c’était une bonne chose, je n'aurais pas a m'asseoir par terre comme je l'avais crains quelques instants plus tôt en arrivant dans la salle des livres. Je tourne la tête de droit a gauche afin de trouver un endroit tranquille, et j’arrête mon mouvement un instant, comme bloqué. Ce visage, je le reconnais facilement. J'ai une bonne mémoire des gens, a force de les observer, j'arrive toujours a trouver un petit détail mnémotechnique qui m'aide a ce que chaque personne me reviennent en tête quand je les recroises. Mais dans son cas, je n'en avais même pas besoin. J'avais peu de chance d'oublier cette fille que j'avais aidé un matin à trouver sa salle de classe. Shiozaki Mei. J'étais content d’être venu étudier, pour une fois.

Je rougis légèrement, un sourire gêné apparaissant sur mon visage. Je m'étais promis de lui rendre la pareille la prochaine fois que nos chemins se croiseraient. Mais je n'avais absolument aucune boisson sous la main à lui offrir pour la remercier du cadeau qu'elle m'avait fait la fois précédente, lors de notre rencontre. C’était sans doute stupide puisque c’était de base un remerciement pour l'aide que je lui avais apporté, mais je trouvais ça un peu gênant d'arriver les mains vides. Je ne pouvais néanmoins pas faire demi-tour maintenant, je lui avais promis que je viendrais lui dire bonjour. Mais en même temps elle semble concentré dans son travail.

Comme tout le monde, ses examens devaient approcher. Et maintenant que j'y pense, manger et boire doit être interdit ici. Que faire.....je n'ai pas le choix, tant pis. Je le regretterais si je le fais. Et en plus il y a plusieurs places a prendre prêt d'elle, c'est parfait. J’effectue avec précaution la distance qui me sépare de sa table et une fois que j'y arrive, sans savoir si elle m'a vu, et en prenant bien soin d'utiliser une formule plus familière comme elle me l'avait demandé la dernière fois, je la tutoie, non sans difficulté, bredouillant plus que parlant, le rouge aux joues :

- Excusez....

Je m'éclaire la gorge un instant, rougissant d'avantage :

- Excuses moi, Shiozaki-senpai, bonjour, ça faisait longtemps. Je me demandais si cela te dérangerais que je prenne la place ici ?

Tirant un peu sur le col de mon t-shirt, j'essaye de passer pour le plus décontracté possible, sans réussite probablement.

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MessageSujet: Re: Il y a un temps pour le travail....   Lun 17 Oct 2016 - 11:59

Si je pensais avoir eu le temps jusqu’à maintenant, je me rendais compte que je m’étais bien trompé. Assise depuis plus d’une heure sur cette chaise qui me détruisait le dos, j’essayais tant bien que mal de suivre ce que dictait le professeur. Avoir politique internationale dès le matin n’était pas une des meilleures idées qui soit. D’ailleurs, il suffisait de jeter un coup d’œil aux quelques personnes avoisinantes pour comprendre qu’il y en avait d’autres qui partageaient la même pensée. Je griffonnais quelques notes de temps à autres, plus pour avoir bonne conscience que par réelle envie. C’est en finissant la retranscription plus ou moins exacte d’une phrase du professeur que j’eu comme un déclic. Pas ce déclic qui vous pousse à devenir attentive et vous donne la motivation pour travailler. C’était plus ce déclic qui vous rappelle un fait important que vous avez tout de même réussi à oublier. Je profitais d’un moment de flottement dans le monologue de Ayato-senseï, une femme âgée qui semblait n’avoir d’avis sur aucun des sujets qu’elle traitait en long et en large, pour me pencher vers mon voisin dont le nom me revint rapidement.

« Excuse-moi Hayashi, les examens commencent bien dans un mois ? »
« Non non, c’est dans deux semaines. »
« Ah oui c’est vrai, merci ! »

Mon ton calme et détaché cachait tant bien que moi le choc que je venais de subir. J’étais où quand ils avaient annoncé les dates d’examens ? Non pire que ça, je faisais quoi pour ne pas remarquer qu’on était si proche de cette période ? Ma main tenant mon stylo s’activait à rattraper le retard que j’avais pris, mais je savais bien qu’une fois seule devant mon cahier à la maison je n’arriverais pas à savoir de quoi il en était question au vu des espaces blancs que j’avais laissé. Agitant légèrement ma tête je tentais de centrer toute mon attention sur cette tâche, je devais laisser cette inquiétude de côté pour le moment. Très vite, je ne levais plus la tête de mon cahier et j’étais resté cinq minutes de plus dans la salle pour finir l’écriture des derniers kanji de la leçon. J’avais l’impression d’avoir entamé une course contre la montre dont moi seule en était la participante. Bien sûr je savais que je n’étais pas unique dans ce cas, on ne comptait plus le nombre d’élèves qui avaient d’ores et déjà réservé des salles de travail en groupe mise à notre disposition pour bûcher tranquillement jusqu’à pas d’heures. C’était censé me rassurer, cependant cela me mettait étrangement une pression supplémentaire. Je me savais partir dans un instant de stress qui s’étalerait jusqu’à ce que j’en aurais fini avec tout ceci.

Toute cette réflexion sur la question de si j’y arriverais ou pas me ralentissait dans ma démarche et mes amies s’étaient retrouvées très loin devant moi si bien qu’elles s’étaient arrêtées pour me laisser le temps de les rattraper. Je me pressai et les remerciai.

« Je ne sais pas ce que vous comptez faire après, mais je vais aller réviser à la bibliothèque. »
« Peut-être demain, je dois rentrer là. »

Les deux autres répondirent à peu près la même chose. Je voyais ça comme une occasion de me mettre à fond dans mes révisions. Ainsi, nos chemins se séparèrent tout naturellement, elles prirent la direction du portail ou d’un couloir pour leur club. Je profitais du peu de monde entassé dans le hall pour accélérer le pas dans l’espoir d’arriver à temps pour avoir une place. Arrivée à destination on m’annonça avec un léger malaise que la salle était pleine et que si je le voulais « je pouvais revenir dans voire deux heures, peut-être que d’ici là une place se serait libérée ». Sauf qu’en période de crise comme celle-ci je n’avais pas le temps d’attendre, à la suite de ma réponse elle me redirigea vers une salle d’étude, un peu moins calme et moins confortable, mais c’était néanmoins censé faire l’affaire. Je la remerciai avant de refermer la porte derrière moi. Là j soupirai, non devant l’incapacité pour moi d’étudier là où je le voulais, mais devant le manque de réactivité de la jeune femme qui avait toutefois mis plus de cinq minutes à m’indiquer un autre lieu. Il ne me fallut au final que cinq autres minutes pour arriver devant la salle d’étude n’5. J’actionnai la poignée et quelques yeux curieux vinrent se poser sur ma personne, regards envers lesquels j’adressai un timide sourire désirant me faire la plus petite possible. L’ambiance était différente, outre l’interdiction de boire et de manger, nous avions plus de libertés. Certains s’adonnaient une discussion vive sur l’un des derniers sujets d’actualités puis se faisaient très vite reprendre par d’autres qui voulaient finir leur essai dans le silence. Cependant, cela ne semblait pas être si dérangeant en soi, reste à savoir si j’allais tenir jusqu’à 19h ; un œil vers ma montre, rendez-vous dans 3 heures.

Cherchant du regard une table disponible où il n’y avait, si possible personne, je reconnus au loin une fille avec qui j’avais cours d’anglais. Etait-ce vraiment raisonnable de m’installer à côté d’elle ? Je n’étais très bavarde, mais il suffisait qu’on me pose diverses questions pour que je me détache de mon activité principale. Je n’eus pas le temps de réfléchir davantage qu’elle me faisait déjà signe. Non Mei résiste pour cette fois. J’agitai la main pour la saluer puis le fis comprendre en montrant mes bouquins que je tenais contre moi, que je devais vraiment me mettre à fond aujourd’hui. Yumi, de son prénom, acquiesça et leva à mi-hauteur son poing comme pour me dire « On va survivre à ses exams, j’ai foi en nous. Go ! ». Quoi de mieux pour me faire rire et me motiver. Ayant perdu déjà assez de temps, je m’attablai et tant pis s’il y avait déjà quelques personnes. Je posais mes livres et sorti mes lunettes car j’allais avoir beaucoup de lectures.

(…)

Plongée depuis au moins quarante bonnes minutes dans mon cours de sociologie politique, l’une des trois survivantes de ma table de révisions, les autres ayant sûrement fini ou abandonné pour cette fois, je m’étais isolée du bruit.

« Excusez… »

Aucune réponse de ma part. La dissociation de la politique et du politique me paraissait très clair maintenant.
La même voix s’élevait et j’entendis mon nom suivit d’un senpai. Je relevais automatiquement ma tête, un peu déboussolée. Mes pupilles se posèrent sur la personne qui était en train de parler. Ça alors, quelle coïncidence.
Sakutaro Satoshi, son nom était facile à retenir, mais je ne pourrais expliquer pourquoi. Je pensais qu’on allait se revoir dans un couloir, comme la première fois, lui serait venu me demander de l’aide comme je le lui avais proposé. Etait-il toujours aussi embarrassée quand il s’adressait à des aînés ? Je haussai discrètement les épaules, je préférais ça plutôt que quelqu’un de irrespectueux.

« Oh non pas du tout. Installe-toi vas-y, je t’en prie. »

D’un geste je ramenai mes cahiers éparpillés un peu partout sur la table, vers moi pour lui faire de la place.
J’en fis une pile et je concluais que c’était peut-être ce que j’aurais dû faire depuis le début. Tout paraissait plus organisé maintenant. Son arrivée marqua le début d’une petite pause que je m’accordai.

« Tes révisions avancent bien ? Pas trop stressé pour les examens ? »

C’étaient des phrases bateau, que bon nombre de senpai posaient à leurs kohai. Je ne savais pas s’ils faisaient ça par politesse ou par intérêt. Dans tous les cas cela me faisait du bien de parler avec quelqu’un et de sortir un peu de ma bulle que j’occupais depuis presque une heure. J’espérai pour lui qu’il soit en meilleure posture que moi, me sentant ridicule car je ne montrais par vraiment l’exemple.

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Satoshi Sakutaro
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MessageSujet: Re: Il y a un temps pour le travail....   Dim 6 Nov 2016 - 18:17

Il y avait toujours cet instant de latence entre le moment ou quelqu'un posait une question, et la réponse qui arrivait. Sans savoir pourquoi, j'avais toujours eu ce sentiment de longueur entre ces deux moments pourtant anodins. Comme si le temps d'attente, les dix secondes de latence entre la question et la réponse duraient en réalité plusieurs minutes. Sans doute beaucoup trop de pression pour pas grand chose, mais c’était incontrôlable. Ou alors si c’était contrôlable, j'aurais bien voulu rencontrer quelqu'un pour m'apprendre des techniques de détente qui puissent m’être utiles.

Je sentais mes muscles se raidirent un bref instant au moment ou ses yeux se posaient sur moi, comme une brève caresse qui venait me jauger de son contact. Je réprimais avec une habilité qui me surprit moi même un tremblement qui me donnait pourtant une impression d’être incontrôlable. Heureusement, je la connaissais déjà, cela aurait pu être bien pire avec un inconnu. Les exercices de respiration que j’effectuais dans le cadre de mon art martial étaient bien pratiques dans cette situation. Ce n’était qu'une question, et j'aurais pu éclater de rire tellement cette montée d'adrénaline était ridicule. Devant cette fille, alors que j'avais l'habitude de croire que je devenais un peu plus sociable. C’était peut être elle finalement qui me rendait nerveux. Dans tous les cas, j'avais encore du travail pour parvenir a mon objectif.

La réponse vient finalement, dans un mouvement d'épaules. Une invitation avenante qui me permettait de reprendre ma respiration. Moi, décontracté ? Ce n’était pas mon petite geste précédent avec mon vêtement qui allait donnait le change. Je lui faisais un léger sourire afin de la remercier pour sa réponse, et lorsqu'elle eu finit d'assembler ses affaires, je prenais place en posant les miennes. J'avais de nombreuses révisions a faire sur le droit civil en particulier, élément passionnant du système Japonais qui n'avait que peu de bases concrètes. J'aurais préféré étudier des systèmes plus occidentaux, bien plus cohérent, mais j'étais né dans ce pays, je devais faire avec.

Sortant mes livres rapidement, une dizaine de bloc-note remplit d'écriture en tout genre bien loin d'un cours cohérent, bien rangé, méthodique, que la plupart des élèves avaient. Ici ce n’était qu'un fourre tout, des phrases écrites a la volée dans tout les sens venant des livres que j'avais empreinté a la bibliothèque. Il y avait même des parties écrites a l'horizontale, perpendiculairement au reste. C’était un beau fouillis, mais cela m'allait parfaitement, c’était dans le désordre que je mettais de l'ordre dans les informations. Encore une belle idée pour perdre du temps. Une fois bien installé, je m'étirais une seconde, tout en pensant que j'aurais du vraiment m'acheter mon ordinateur avant les examens. C’était trop tard, je le prendrais ensuite, sans doute.

Je constatais du coin de l’œil que ma voisine de table prenait une pause, et un rictus amusé vint étirer mes lèvres quand j’eus en tête le fait que j'aurais utilisé n'importe quoi pour pouvoir me sortir d'une série de révision, et qu'il y avait une grande chance, vu la façon dont elle me regardait, qu'elle me parle dans une seconde, et donc que j'allais utiliser ce prétexte pour ne pas travailler directement. J'étais sans doute idiot d'accepter cet état de fait, mais je n'allais de toute façon pas l'ignorer. J'étais bien trop content qu'elle me parle, pour une raison que j'ignorais au final. La question qu'elle me posait concernait les examens, rien de bien illogique puisque nous étions finalement en pleins dedans, la plupart étaient dans environ deux semaines, peut être moins, sans doute pas plus.

Si je m'en sortais? Je n'écoutais pas les cours, ne prenant que des notes des livres que je ramenais chez moi. Je n'avais aucune rigueur, peu de méthodologie en dehors de celle indispensable pour répondre aux questions des examens. J'étais ennuyé par les études, et n'y accordait que peu d'attention, c’était presque un exploit d'ailleurs que je vienne ici pour réviser. C’était une bonne chose puisque je revoyais mon amie longtemps après notre dernière entrevue. Aussi, c'est en toute logique que je répondis simplement :

- Oui je m'en sors bien merci, je travaille pas mal depuis quelque temps pour pouvoir réussir a avoir de bons résultats.

Mon visage se figeait un instant. C’était la réponse la plus stupide que j'avais jamais répondu. Il suffisait de jeter un œil a mes notes pour constater que je n'avais pas du tout travailler. Je ne savais pas vraiment pourquoi je venais de lui mentir. Peut être parce que comme c’était une senpai, qui en plus avait l'air d'avoir la tête sur les épaules, j'avais l'impression qu'elle était du genre extrêmement studieuse, a travailler longtemps en avance pour ne pas être prise de court. Je voulais tout simplement faire bonne impression, sans doute. Après avoir passé une fraction de seconde la main dans mes cheveux, je reprenais mon calme en retournant la question plutôt que de s'attarder sur moi.

- Et toi alors, Shiozaki-senpai ? Je suis sur que tu dois travailler dur pour réussir non ? Enfin, je suis sur que tu ne te fais pas trop de soucis, tu y arriveras parfaitement.

Le genre de chose totalement idiote en vérité, puisque cela voulait dire que je la jugeais sur l'apparence, ce que je détestais en vérité. Encore une fois j'avais, selon moi en tout cas, manqué une occasion de me taire. Avec un peu de chance elle n'en tiendrait pas rigueur. Mais si au contraire cela la gênait, j'avais tout intérêt a rajouter autre chose pour encore changer la situation. Elle m'avait dit qu'elle n'aimait pas manquer un cours la dernière fois, ce qui allait dans le sens de ma réflexion, mais dans le doute, continuons a broder, c’était bien plus sur :

- Que révises tu en particulier ? Tu as l'air d'avoir bien plus de cours a apprendre que moi.

J'aurais pu éclater de rire a ma propre remarque. Même si c’était plus dans le sens qu'elle était plus élevé dans son niveau d'étude que moi, encore une fois un simple coup d’œil sur mes notes auraient suffit a me faire perdre toute crédibilité. Je sentais le bord de mes lèvres remonter légèrement sous le coup de l'amusement, mais je me retenais de rire, elle m'aurait trouvé bizarre, et devait déjà assez le penser comme ça. Retrouvant finalement mon sérieux intérieur, et préférant lui poser une nouvelle question plutôt que de me tourner vers mon travail, je continuais encore une fois d'une façon un peu moins sur de moi, si cela était possible.

- Et sinon, tu es la depuis longtemps ? Travailler une heure en se concentrant a fond est déjà dur, alors si tu y arrives, je voudrais bien des conseils.

C’était la vérité, j'avais du mal a me concentrer totalement pendant longtemps, quand cela ne m’intéressait pas vraiment, mais c’était, d’après moi, quelque chose que peu de gens parvenaient a faire, se concentrer sur quelque chose d’inintéressant selon eux. J'avais voulu surtout faire une petite référence au fait qu'elle m'avait proposé de m'aider et de ne pas hésiter a venir lui demander des conseils si j'en avais besoin. Une blague en somme, qui reflétait mon niveau humoristique proche du néant. Soupirant discrètement, je sentais que cette fois, il valait mieux ne pas en rajouter et la laisser a ses études, je devais assez la déranger comme ça a venir polluer son espace de travail avec mes questions stupides. Et en plus de cela, les boissons étaient interdites ici, alors je ne pouvais pas lui rendre son geste de la dernière fois. Tristesse.

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MessageSujet: Re: Il y a un temps pour le travail....   Dim 9 Avr 2017 - 17:12

« Et toi alors, Shiozaki-senpai ? Je suis sûr que tu dois travailler dur pour réussir ? »

Il n’en fallut pas plus pour faire dériver mon regard, passant de son visage au cours étalé devant le mien. Travailler dur n’était clairement pas la formule que j’emploierais dans mon cas présent. D’un geste discret, je viens me passer la main dans mes cheveux, un automatisme qui en disait long sur la possible réponse à sa question. J’écoutais la fin de sa phrase tandis que celle de mon cours devenaient floues à trop être fixées. A cet instant-là, je me demandais où est-ce qu’il pouvait bien chercher un quelconque positivisme à ma situation. Vraiment, de nous deux c’était bien lui qui occupait la place d’ainé et je sentais ma motivation faiblir. Pas question qu’elle s’en aille plus loin et d’ailleurs la seconde question de Satoshi la fit revenir. Au lieu de lui répondre à voix haute, je décidais de lui montrer la couverture de mon cahier de cours doté d’un nom que par désespoir je qualifiais de barbare. Toutefois, ses études devaient sûrement l’avoir habitué à des matières qui donneraient tous sauf envie d’en savoir plus. Droit constitutionnel, droit administratif, je m’en tirai peut-être mieux que lui finalement. Tout en lui indiquant les trois mots écrit en rouge, je tentais une grimace pour lui faire comprendre que si un quelconque dieu des études existait, je lui quémanderai de reculer ses examens sur le champ. Mes pupilles se posèrent sur le cran de ma montre aux aiguilles qui, ma foi, tournaient un peu trop rapidement à mon goût.

« Il est vrai que j’ai pas mal de choses à réviser, mais c’est comme ça. »

Réponse désespérée pour vie d’étudiante désespérée.

« Je ne suis là que depuis une petite heure, il y a pire que moi tu sais. » oui et des élèves plus exemplaires par la même occasion. « Pour ce qui est de possibles conseils…et bien se fixer un but, j’imagine ? Te dire, aujourd’hui je vais apprendre cette partie précise. Tu auras un sentiment d’accomplissement. »

Pour le coup j’étais fière de lui avoir sorti cette idée que j’appréciais ressortir aux membres du club de natation qui avaient la mauvaise habitude de se décourager très vite pour pas grand-chose. Le sentant réceptif, je poursuivais avec un léger enthousiasme.

« J’ai récemment visionné une vidéo qui parlait justement de comment se motiver. A la fin on retient une chose principale : il ne faut pas se dire "faisons le", mais "commençons". Ça ne résonne plus comme une obligation ou un fardeau, mais comme un engagement. Ce n’est peut-être pas révolutionnaire, mais ça a fait ses preuves. »

Bien sûr, j’aurais pu lui suggérer des choses basiques tels que s’hydrater régulièrement, boire, s’offrir des petites pauses toutes les trente minutes. Néanmoins, ce discours me paraissait convaincant et surtout plus utile. Un bruit de chaise vint interrompre et attira mon attention. L’air frai pénétra la pièce la seconde d’après et j’eus l’impression de revivre. Depuis quand cette salle n’avait-elle pas été aérée ? Je lâchais un petit merci dans la direction de l’élève qui avait pris cette initiative, mon sauveur de l’après-midi. Puis ma pile de cours me ramena à la réalité. Je lui lançai un regard déterminé, puis troqua la sociologie du politique avec l’histoire. On ne changeait pas de registre, il était toujours question de politique, ici on s’attaquait à l’évolution de la démocratie au temps de la mondialisation. Matière que j’appréciais tout particulièrement et que je voulais me réserver à la base pour la fin, en guise de récompense. Tant pis, mon but était d’apprendre la seconde grosse partie du cours. Mes gestes furent lents, dans ma tête, il me restait encore dix minutes de pause.

« Je sais que j’arrive un peu tardivement, mais la dernière fois qu’on s’est vu c’était avant les vacances d’été, alors dis-moi tu as fait quoi durant cette période ? Tu es partie en vacances quelque part ? »

La fin de ma demande prononcée, la chaise en face de nous deux fut tirée en arrière et une étudiante s’y installa. Une blonde, une nouvelle étrangère et des lèvres si fines que je mis un moment avant de comprendre qu’elle venait de nous sourire – à coup sûr pour s’excuser de l’intrusion. Je le lui retournai, tournée vers l’étudiant en droit, je ne manquais pas d’observer du coin de l’œil son installation. Elle mit du temps à s’y mettre, bienvenue au club. Ma voix un peu plus basse pour effacer les expressions de mécontentement que j’avais cru percevoir lors de ma précédente intervention, je repris mon interrogation.

« Est-ce que tu es membre d’un club ? Je te le demande, parce que j’ai vu pas mal de première et de deuxième année montrer des difficultés à gérer à la fois leurs examens et les divers événements mis en place. On devrait peut-être suggérer une modification du calendrier. »

Tout en déclarant cela avec un air pensif, je savais bien qu'avec mon statut de vice-présidente, je n’allais pas réussir à faire bouger réellement les choses. Cependant, les retards accumulés par les divers membres de clubs sportifs commençaient à se ressentir et il ne va sans dire que l’assiduité était plus qu’importante. De plus, le nombre d’étudiants présents au sein de Keimoo grâce à une bourse se comptait tout de même par dizaine et représentait une masse non négligeable.

Je me remis doucement au travail, un surligneur jaune entre les doigts, je repassais les gros titres et les mots clés de ma pile de feuilles fraichement imprimées. Je ne me faisais pas d’illusion, je n’échapperai pas à la fameuse étape où l’on récrit son cours en forme de fiches car là était le seul véritable moyen pour retenir cet amas d’informations.

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MessageSujet: Re: Il y a un temps pour le travail....   Lun 17 Avr 2017 - 0:48

7 Janvier 2009 – Mûra

Le froid hivernal était déjà la dans la campagne dénudé de ses couleurs estivales. Alors que je passais depuis toujours ces temps mort dans un coin d'un bâtiment a attendre que l'heure tourne, cette fois, et ce depuis plusieurs mois, on attend ma présence au niveau du gymnase. Il attend ma présence. Je me hâte dans les couloirs, faisant bien attention a ne bousculer personne, histoire d'éviter la peine que provoque chez moi le fait de m’excuser. Et j'arrive a l’extérieur. Il n'y a pas grand monde, mais il n'y a de toute façon pas beaucoup d’élèves inscrit comparés a la ville. Tokyo me paraît bien loin. Je soupire en repensant au fait que Tokyo me fait penser aussi bien a mon père qu'a Nao-chan, dont je n'ai plus de nouvelles depuis des années. Je présume que c'est le genre d'amitié de l'enfance qui disparaît une fois que l'un des deux parties doit changer d'endroit. Alors si les deux sont dans ce cas la, c'est finalement terminé.

J'arrive devant la double-porte de bois qui barre l'entrée de la zone sportive. Comme a l’extérieur, et comme tout les jours, il n'y aura aucun problème de place. J'essuie mes pieds sur le paillasson prévu a cet effet, et ouvre la porte. «Pardon pour l'intrusion ». Je m'incline, face au vide, et me dépêche d'enlever mes chaussures et de mettre le pied dans le couloir qui mène a la salle principale. Je jette un œil a droite, puis un autre a gauche. Mika ne m'a pas suivi. Ouf, a chaque fois qu'elle s'incruste a un entraînement, j'ai encore plus de mal a retenir les mouvements qu'on tente de me faire mémoriser. Ce n'est pas ma faute, elle parle trop. Je ferme la porte et avance jusqu'au tatami.

Hikari est déjà la, en tenue, et je le salut en me dépêchant d'aller enfiler ma tenue de sport. Je voudrais bien avoir une tenue traditionnelle comme la sienne, mais j'ai failli tuer ma mère quand elle a vu le prix que cela coûter, aussi j'avais lâcher l'affaire en prétextant que je m'étais trompé, même si elle avait facilement vu a travers ce mensonge. Il était impossible pour moi de lui mentir. Une fois habillé, je retourne rapidement la ou se trouve mon « maître ». Il me regarde arriver, les bras croiser. Sa sœur n'est pas la non plus, ce qui est rare, la petite étant en véritable vénération pour son grand frère et le suivant partout quand elle n'est pas a l'école. Enfin, je dis petite, mais je n'ai que deux ans de plus qu'elle. C'est un détail. Alors que je commence a m'échauffer les épaules en marchant dans sa direction, il me fait signe que ce ne sera pas nécessaire pour le moment et me fait asseoir en tailleur, tellement serré que les muscles de mes jambes tirent atrocement sur mon bassin. Mais je ne dis rien, il prend déjà de son temps pour m'enseigner son art. Il prend alors la parole, de son ton calme, posé.

- Voila maintenant deux mois que je te donne des cours. Tu progresses vite, plus vite que moi au même age. Mais je n'étais pas très doué donc je ne pourrais pas dire qu'elle est ton niveau de progression en général. Bref. Je pense que tu pourrais encore atteindre un palier supérieur. Et pour ça, il faut te fixer un objectif fixe et ne plus t'en déroger. Si tu veux perfectionner la première forme, alors nous nous fixerons dessus. Si tu préfères commencer plus profondément la seconde, alors nous irons de ce coté la. Mais c'est ton choix. N’oublie pas, c'est cet objectif qui t'aidera a tenir dans les moments difficiles. Qui te rappellera pourquoi tu te donne autant de mal.

J'avais simplement hoché la tête.

Keimoo – 8 Septembre 2016

J'avais posé plusieurs questions, et j'avais voulu des conseils. Bon, je ne voulais pas véritablement des conseils en fait, mais c’était la chose la plus évidente qui m'était venu a l'esprit, dans cet endroit, pour faire la conversation. Et puis cela pouvait toujours être utile. Après tout ma méthode de travail était tellement éloigné de tout ce qu'on nous disais de faire dans l'optique de réussir qu'il ne serait peut être pas si bête d'essayer de suivre ces méthodes. Enfin, ce n’était pas la première fois que je me disais ça, et pas la dernière sans doute que j’arrêtais au bout de quelques jours par ennuie. J'écoute attentivement ce qu'elle me dit, avec l'espoir de pouvoir rebondir sur ses paroles sans devoir réfléchir a de nouveaux sujets. Et elle me facilite grandement la tache. A croire qu'elle a lut dans mes pensées et comprit que je n'étais pas très doué pour faire la conversation.

- Se fixer un objectif.....mon maître m'a dit la même chose un jour. C'est le meilleur moyen de ne pas baisser les bras. Si on s'éparpille trop, il est facile de se perdre et d'abandonner, je pense.

Je devrais jeter un œil a cette vidéo. On dirait, d’après ses dires, qu'elle a était faite pour moi. J'avais toujours un beau programme bien fait qui me permettait de faire en temps et en heure toute les révisions nécessaires a la réussite de mon année. Dans les faits, je finissais toujours par deux ou trois nuits blanches de dernières minutes afin d'avoir un minimum de connaissances avant les épreuves. L'avantage c’était qu'il y avait des matières que j'avais prise en option qui ne me demandait pas de révisions. Mais comme j'avais la sale manie de ne prendre aucune note en cours, je finissais toujours pas devoir refaire un cours entier a partir de livres ou d'internet – merci a l'inventeur de génie qui a crée internet afin de me sauver ma scolarité – et cela me fatiguait plus qu'autre chose.

- Il faudra que tu me dises le nom de cette vidéo, j'ai l'impression qu'elle pourrait m’être utile. J'aimerais avoir de bons résultats, histoire que les frais d'inscriptions soient rentabilisés.

Je souris légèrement, sans donner d'avantage de précisions. Cette phrase me semble parfaitement clair quand a mes mauvaises habitudes scolaires. Et je n'ai pu m’empêcher de sous-entendre le fond de ma pensée, a savoir que je devais absolument réussir sous peine de devoir quitter l'académie a la fin de l'année. Ma mère ne pourrait pas me payer, même avec le soutient de mon job étudiant, plusieurs fois la même année, ce n’était pas financièrement possible pour nous. Je n'ai pas le temps d'y réfléchir, car elle est passé a un autre sujet beaucoup plus loin des études. Je manque de rire, après tout elle avait l'air tellement concentrée quand je l'ai vu de loin, que cette façon de totalement changer de sujet, de s'évader de la pièce, me fait rire.

Puis je pense aux dites vacances. Je n'ai pas fais grand chose. J'ai travaillé, encore et encore, même si c’était avec Hisaka-san ou encore Nakamura-sempai, ce qui n’était pas si désagréable dans le fond. Mais c’était bien loin de ma volonté de faire de longues journées de farniente a lire des mangas sous l'ombre des arbres du temple ou je vivais, loin de cette ville surpeuplés d'étudiants. Mais il était difficile d'expliquer ça a ma camarade sans devoir lui faire comprendre que j'étais sans doute l'un des plus pauvres étudiants de l'académie. Enfin, je n'avais pas fais des statistiques, mais si il était vrai que Nakamura-sempai n'avait pas l'air mieux lotis que moi, nous n'étions pas une majorité dans ce cas la. Et quand je voyais ou que j'entendais parler de Shiozaki Mei, vice capitaine de l'équipe de Natation, je n'avais pas l'impression que nous vivions dans le même monde. Je ne voulais pas la vexer en pensant ça, bien loin de la même, mais je n'avais pas pour autant envie de la voir s'apitoyer sur mon sort, comme la plupart des gens que nous rencontrions avec ma mère depuis environ une dizaine d'années, date ou mon père, ainsi que toute sa fortune, nous avais quitté.

- Et bien, pas grand chose a vrai dire. J'ai un peu travaillé, et profité de ma campagne, a une heure d'ici, ou j'habite. Je suis sur que t'es vacances on étaient bien plus intéressantes que les miennes. Mais j'ai presque l'impression que tu trouves ça plus intéressant comme discussion que le travail que nous avons a faire, non ?

Je force mon sourire plus que ce que je fais habituellement, afin de bien lui montrer que c'est une plaisanterie, et pas que j'essaye d'écourter la conversation. Au contraire, je prie pour que ce moment n'arrive jamais. Parce que j'aime parler avec elle. Parce que ce que je suis censé vraiment faire ici me donne envie de dormir rien que d'y penser. Je passe ma main sur mon front qui commence lentement a s'humidifier a cause de la moiteur de l'air. Il fait vraiment chaud ici, et ce n'est pas les élèves qui rentrent depuis un moment qui changeront cet état de fait, provoquant des courants d'airs juste assez long pour nous faire regretter l’extérieur de la pièce. Je la laisse enchaîner avec reconnaissance, et l'écoute me parler des clubs. Elle doit être au courant de ce genre de chose puisque après tout elle occupe un rang plutôt élevé dans l'équipe de Natation, plutôt populaire dans l'académie d’après ce que je sais.

- Euh, oui, je suis membre du club de...kung-fu. Kung fu wing chun. Mais je ne passe pas énormément de temps la bas.

En fait, j'y passe tout mon temps, absolument tout mon temps a m’entraîner hors du temps scolaire ou des moments ou il y a le couvre-feu des dortoirs. Cependant, le club en lui même ne m’intéresse pas. Je n'y fais que de la figuration, l'utilisant comme façade pour pouvoir accéder aux locaux. Sans locaux, pas d’entraînement. Mais je ne vais pas l’embêter avec les états d’âmes du garçon qui n'aime pas faire partit d'un club ou il y a des gens et donc des relations sociales a avoir. Je ne lui dirais pas non plus a quel point je suis plus fort que tout les membres inscrits dans ce petit club proche de la fermeture par manque d’adhérent, et que ce qu'ils font ne m’intéressent pas. Changer de sujet, passer a l'attaque avant d’être sur la défensive. Une règle de base du combat.

- Je sais que tu fais partie du club de natation. Vous vous en sortez ? Il me semble que vous aviez de bons résultats ?

Comment je suis censé être au courant de ça au fait ? Parce que j'écoute beaucoup les gens autour de moi. Mon point de vu. Parce que je suis un stalker. Probablement son point de vu.

Je m'enfonce lentement dans ma chaise en rougissant.

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