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If you want the rainbow, you gotta put up with the rain.
 
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 Kyoto Variation

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Ayame Masuda
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MessageSujet: Re: Kyoto Variation   Lun 17 Juil 2017 - 12:21

Se penchant un peu plus devant le garçon, elle perçoit pendant une demi-seconde le plissement des yeux de son compagnon de voyage. Son sourire s'élargit encore, avant qu'elle ne se redresse d'un petit bond aussi enfantin qu'élégant. Elle hoche la tète quand il lui souhaite le bonjour, et plus qu'une onomatopée, elle répond cette fois en bonne et due forme, «Salut Haru-chan ». Improvisation du nom qui vient de sortir de sa tête, et de sa bouche, sans même qu'elle ai eu le temps de savoir si c’était une bonne idée ou non. Elle préfère se dire, dans le doute, que ce sera parfais. Ça lui donne un coté plus humain, sans doute.

Elle se demande un instant, alors qu'ils se dirigent vers la sortie du domaine, si il allait y avoir un grand blanc lors des quelques fois ou elle était censé jouer aujourd'hui. En fait, maintenant qu'elle y pense, elle s'en moque. Elle espère qu'ils seront énervés, qu'ils perdront le plus de temps possible, et qu'ils la maudiront sur plusieurs générations. Ainsi, elle dormira encore mieux la nuit prochaine.

Elle remarque du coin de l’œil quelques personnes sur un balcon en face. Muni d'appareil. Elle n'avait pas était mise au courant qu'il y aurait des journalistes, mais pour un événement majeur de la sorte, c’était prévisible. Il voulait sans doute prendre quelques clichés dissimulés, et c'est tout naturellement qu'elle lui fit un grand sourire avec un signe de la main. L'homme ouvrit de grands yeux tels qu'il oublia presque d'utiliser son appareil, et manqua de tomber de son perchoir. Elle éclata de rire avant de regarder Haruki du coin de l'oeil. Si il avait etait plus ouvert, elle aurait prit son bras avec le sien, rien que pour donner une information aux espions qui essayaient de se mettre quelque chose sous la dent, mais elle n'allait pas faire ça au garçon qui l'aurait sans doute mal vécu. Elle commençait a comprendre son fonctionnement.

Le métro fut rapidement rejoint et elle s'y engouffra a la suite du garçon. Elle n'avait aucune idée d'un endroit ou aller, et de toute façon elle ne connaissait pas vraiment la région, et la ville encore moins. Quand elle s’était déplacé hors de Keimoo, c’était pour les salles de spectacles et rien d'autre, une fois terminé, elle revenait toujours rapidement a la maison. Mais cette fois, il y aurait une part de découverte, et c’était largement plus excitant que n'importe lequel des morceaux que les idiots allaient jouer toute la journée. Alors que le transport se déplace, et chantonne, ou plutôt, fredonne une mélodie qui lui passe par la tête, sans vraiment savoir ce que c'est.

Elle manque totalement le moment ou Haruki décide de descendre. Enfin, elle le voit par la vitre et parvient a se jeter hors de l'habitacle, littéralement, avant que les portes ne se referment. Elle se cogne le genou et doit marquer une pause en retenant un juron, et en se massant la peau a travers son pantalon. Il l'a complètement oublié ! C'est vraiment un garçon étrange. Elle se souvient rapidement de la direction qu'il a prit, et s'y dirige d'une démarche boitillante, le temps que la douleur de son genou disparaisse, rapidement.

Elle se retrouve en ville. Après avoir passé la main sur son visage rapidement, elle lâche un profond soupir, avant de sourire. Si il n'avait pas fait ça, cela ne serait probablement pas amusant. Elle réfléchit un moment. Elle ne le trouvera pas en cherchant au hasard. Elle pourrait faire de la musique, en tournant en ville jusqu'à ce qu'il l'entende, mais cela pourrait aussi prendre des heures. Elle espere juste qu'il ne va pas décider de partir ailleurs. Elle regarde un peu les alentours et constate une chose. Elle n'est pas très éloigné des fameuses marches qui mène au sommet de la colline ou se tient le fameux grand temple de Kyoto.

Si elle prend en compte ces informations, elle peux peaufiner sa stratégie. C'est le point le plus haut des alentours, le centre névralgique de la ville la ou tout le monde se rend. Il y passera probablement. C'est en plus un endroit bien plus agréable pour passer le temps qu'au milieu des maisons, des magasins et du béton. Et il y a également une troisième chose qui rend cet endroit un bon point de ralliement. Si aujourd'hui il ne fait pas beau, il arrive que des concerts y soit fait. Il y aura peut etre une chance pour y trouver un piano mis a disposition du public. Ce n'est pas aussi intime que ce qu'elle avait promit a Haruki, car puisqu'il avait uniquement joué pour elle, elle voulait lui rendre la pareille. Mais a cette heure de la journée, il n'y aurait probablement pas beaucoup de monde. Et si il y en avait trop, c’était un bon point de départ pour trouver un endroit tranquille. Enfin, encore fallait il qu'il s'y rende, et vu le caractère imprévisible du garçon, c’était difficile a prévoir

N'ayant pas d'autre possibilités, elle se remet en marche, la douleur de son genou oublié depuis longtemps.
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MessageSujet: Re: Kyoto Variation   Dim 13 Aoû 2017 - 11:59

Dans les ruelles étroites puis les principales artères de la ville, Haruki guettait l'ombre d'un Enaga Shima. Il lui semblait qu'elle s'était envolée et maintenant qu'il avait perdu ses traces, il ne savait pas si elle reviendrait déverser d'autres couleurs entre deux accords. On lui avait dit qu'il ne serait jamais un bon musicien sans savoir suivre les autres et si devenir un musicien n'avait jamais été la vocation particulière de Lei, il était un talent qui ne se niait plus, et lorsque la pulpe de ses doigts effleurait le clavier bicolore, on retenait nos souffles et l'orchestre entier ployait sous sa virtuosité. On suivrait ses accelerandos, accompagnerait ses decrescendos et lorsqu'il ralentirait au passage d'un nouveau mouvement, on suivrait son rythme. Pour Haruki c'était comme une voie à sens unique. Il pouvait attendre mais ne pouvait suivre. Et dans les faits, plusieurs heures, beaucoup d'heures, s'écrouleraient avant que l'aria d'un piano caressent son ouïe. (...)

Ayame avait dit ne pas connaître Kyoto et ne s'y être rendue que pour accompagner Adélaïde Stein. La ville de Kyoto n'était pas si compliquée de structure et si Haruki se retint de parcourir les rues en montant sur les toits des maisons et des bâtiments pour couvrir une vue plus large, il finit par se trouver un vélo d'emprunt pour tenter de gagner contre le temps. La presse ne manquerait pas de relever la disparition de la fille de la grande pianiste, mais si cette problématique ne concernait pas Haruki, délaisser cette dernière après l'avoir invité à préférer les rues de Kyotos aux mondanités musicales ne lui allait pas. Et puis, elle avait dit qu'elle jouerait pour lui.
Il voulait l'entendre.


Kyoto Variation I


Il y avait ces passages humains, leurs voix et leurs pas mêlés aux moteurs des véhicule, des annonces et des sonneries piétonnes. Cette ambiance se fit lointaine au bout d'un moment, remplacée par le tintement cristallin des fûrins, ces carillons à vent parsemés sous les toits des bâtiments quand Lei gravit les marches du sanctuaire Yasaka-Jinja. Il y avait eu une petite pancarte piano try-me affichée au bas des escaliers qui avait attiré son attention et il était rentré à l'heure où l'on recherchait les ombres contre un soleil devenu trop violent. La couleur rouge orangée du sanctuaire Shintô, elle était vive et criait presque une autre note à l'unisson si bien que Lei dû se résoudre à détourner le regard. Deux touristes en kimono le dépassèrent dans une démarche incertaine à avoir voulu essayer des zori traditionnelles et il poursuivit sa recherche quand deux accords émergèrent par dessus la chaleur étouffante. Il accéléra sensiblement le pas, des pas qu'il avait l'habitude de poser en silence et poursuivit son ascension dans le sanctuaire. Les cigales chantaient, le son s'amplifiait et Haruki s'avançait de l'instrument sans ralentir, évitait le moindre frôlement avec les passants venus écouter et s'approcha de la musicienne pour lui poser le bout de quelques phalanges sur l'épaule. On s'étonna dans le public de cette soudaine irruption.

-Tu es difficile à retrouver.

Et il lui tendit une bouteille de thé vert frais.  
Des rues, il en avait parcouru et ils auraient pu ne jamais se recroiser.
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Ayame Masuda
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MessageSujet: Re: Kyoto Variation   Dim 13 Aoû 2017 - 15:13

Elle marchait depuis ce qui lui semblait etre des heures. Cela ne l'avait jamais dérangé, mais il commençait a faire chaud, malgré le fait que l'été était passé. L'automne ne semblait pas être encore la. Elle se dit en croisant une boulangerie qu'elle aurait du prendre de l'argent liquide pour s'acheter quelque chose, n'ayant pas envie de puiser sur la fortune familiale que lui conférait sa carte de crédit. Cependant malgré tout, elle parvenait a avancer vers sa destination, et arriva bientôt au bas du grand escalier menant au fameux temple. Il y en avait des dizaines des temples dans cette partie du Japon, mais celui ci était particulièrement prisé par les touristes, une bonne zone de ralliement en somme.

Elle commença a monter les marches, croisant une multitude de passant. Si les vacances étaient fini ici, elle se demanda si c’était le cas pour les autres parties du monde. Il y avait beaucoup de non asiatiques, d’Européen sans doute, alors elle supposa que eux étaient encore en vacances. Elle soupira en pensant a tout les devoirs qu'elle devait encore faire et qu'elle avait mit de coté en utilisant ce week end comme prétexte. Au moins pour ça elle ne regrettait pas d’être venue. Et si a la base elle était malade rien qu'a l'idée de ce séjour, une certaine rencontre lui avait fait comprendre qu'elle n'aurait voulu ne pas venir pour rien au monde.

Les marches finalement montés, elle constata un petit panneau ou était marqué qu'un piano était a disposition. Elle eu un sourire, tout en s'appuyant sur ses cuisses et en reprenant son souffle. Elle devait vraiment se mettre a faire un peu plus de sport, quelques marches et elle avait l'impression que ses poumons étaient en train de brûler vif. Elle marcha a pas lents pendant quelques instants, jusqu'à atteindre une petite foule rassemblés, bien évidemment autour de notes de piano qui frappait l'air. Elle fermait les yeux pour écouter, et constata rapidement que ce n’était qu'un débutant qui jouait. Elle avait encore trop la mélodie d'Haruki dans la tète pour pouvoir apprécier le jeu d'un amateur de musique. Tout le monde pouvait jouer, mais a cet instant précis, elle n'avait pas le cœur a partir dans quelque chose de moins complet que ce que le garçon lui avait offert la veille.

Elle s'avança entre les passants, et constata que l'homme qui jouait avait facilement une cinquantaine d'années. Suite a la veille, elle avait presque oublié que le piano et la musique était un loisir, et non pas un outil de marketing comme ce qu'elle avait pu voir avec tout les invités du concert dont elle avait elle même fait partie. Haruki lui avait eu la volonté de ne pas y aller dés le début. Et elle s'en voulait de ne pas avoir fait de même. L'homme lâcha finalement la place, et elle attendit un moment pour être sur de ne pas passer avant un autre volontaire. La foule commença a se disperser quand elle l’aperçut s'avancer. Constatant qu'une nouvelle pianiste allait prendre la relève, elle décida finalement de rester pour l'observer.

Des phrases d'encouragements sortirent de la foule, « vas y petite courage », « fais nous rêver », des encouragement normaux pour des gens qui regardaient une adolescente de quinze ans suivre un homme confirmé de cinquante. Peu d'attente, mais en même temps, l'envie de voir la jeunesse faire son œuvre. Elle fit un grand sourire, celui qui la caractérisait tant, et posa les mains sur le piano. Ce n’était pas un piano de grande qualité, et elle s'aperçut avec une certaine colère qu'il avait prit l'eau. Il fallait en prendre plus soin, se dit elle en enlevant sa guitare de ses épaules. Elle l'appuya contre le piano, avant de s'asseoir sur le siège de cuir. Elle oublia un instant la foule. Il n'y avait qu'elle et le piano. Elle joua une note, comme pour démarrer la conversation.

Puis lentement ses doigts commencèrent a voler sur le clavier, sans réelle partition. Elle enchaînait les notes sans aucune règles, sans aucune mesure, sans tempo, simplement pour le décrasser. Cependant il était évident qu'elle savait y faire, et la foule en eu presque le souffle coupé. Devant la surprise, sans doute, de voir une si jeune fille maîtriser autant la bête qu'elle maniait. Puis rapidement, elle commença a jouer une partition basique, mais tellement maîtrisé qu'on aurait dit que c’était quelque chose d'incroyablement élaboré. Aucune hésitation, aucun temps mort, le temps était arrêté.

Elle n'entendit pas son ami arriver dans son dos, elle ne faisait qu'un avec son instrument, et quand ses doigts vinrent se poser sur son épaule, elle sursauta légèrement, mais n’eus aucun doute sur celui qui venait de la toucher. Un sourire se dessina sur ses lèvres. Difficile a retrouver ? C’était plutôt lui qui était difficile a suivre. Elle prit la boisson avec délicatesse, et se retourna, délaissant le piano.

- Si notre rencontre a était décidé par le destin, il était évident qu'on ne pouvais pas ne pas se retrouver, non ?

Elle lui sourit, en constatant que la foule était déçu qu'elle s’arrête. Elle se leva et s'inclina pour s'excuser, sous les applaudissements de la foule. Elle se dit qu'elle aurait aimé qu'ils entendent ce qu'elle avait entendu, que le monde entier puisse en avoir un écho. Mais le garçon n’était pas ce genre de personne. Elle se tourna vers lui en prenant une gorgée de boisson :

- Trouvons un endroit tranquille, si je veux te rendre hommage, je ne peux jouer que pour toi.
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MessageSujet: Re: Kyoto Variation   Dim 13 Aoû 2017 - 16:06

Il y avait eut, comme un appel dans les airs et Haruki n'avait fait que le suivre. Il était arrivé au milieu du morceau et avait su d'instinct qu'il ne s'agissait pas de n'importe quel interprète. La qualité du piano n'avait que peu d'importance, il avait aperçu les mains de la jeune fille valser comme un papillon sur le clavier. Comme ce qu'il avait vu l'autre soir depuis le balcon quand elle avait repris le Beethoven. Il l'avait écoutée, Ayame Masuda dans une prodigieuse virtuosité. Haruki pensait que chaque audition, chaque concert était unique parce qu'il ne dépendait qu'à celui qui écoutait d'en retirer l'essence. Écouter était selon lui, l'expérience la plus personnelle qui puisse être faite, sans doute parce que son ouïe était beaucoup plus fine que la moyenne générale.

-Mais moi je ne sais pas à quoi il ressemble, le destin.

Un murmure.

Le public regretta sincèrement le départ de la jeune fille talentueuse. Étonné qu'elle disparaisse derrière l'ombre d'un garçon d'apparence de mauvais augure. (...)


-



Haruki avait déambulé à vélo pour rejoindre le cour d'eau, Ayame et sa guitare sur le train à bagage, derrière. Arrivés, ils avaient ralentis le pas ou plutôt était ce Haruki qui tentait de ne plus partir en éclaireur partout qu'il aille. Le long de la rivière qui traversait la ville, Haruki finit par s'immobiliser à l'ombre du pont. Il avait attrapé la jeune fille par l'épaule pour que leur chemin ne se dédoublent pas de nouveau et il s'était assis là, observant le genou esquinté de la musicienne.

-Tu es tombée Ayame?

Il faisait chaud, trop chaud dans ce bout de monde pour pouvoir faire quoi que ce soit. Depuis où ils étaient, sur les berges, Lei laissait la rivière murmurer à ses oreilles, et caché par les arbres et le pont, le monde en devenait devenait plus tolérable. Un instant passait ainsi avant que, Haruki ne se lève et descende plus bas sur les rives pour s'accroupir près de l'eau. L'eau lui rappelait la peur de Megumi, parce que Megumi avait peur que l'eau lui retire son fils. Combien de fois avait-il failli s'y noyer ? Haruki avait un jour réalisé que Megumi avait peur de l'eau, pour lui. La peur, elle le lui avait déjà décrite mais dans les fondements du garçon, elle n'avait aucune représentation, ni tangible, ni intangible. Il se contenta alors de caresser la surface aqueuse de cette eau dont l'ascension se faisait sans fin, là bas à perte de vue. Il aurait voulu, se laisser happer par ce courant, laisser sa fascination avoir le dessus sur sa raison.

Haruki aurait pu rester ainsi à ne plus compter le temps mais il se rappelait pourquoi il était descendu et après avoir recueilli de l'eau entre ses deux paumes il versait l'eau sur un coin de son t-shirt, et répéta son entreprise plusieurs fois avant de remonter. Insaisissable, il s'accroupit près de la jeune fille et se penchant sur son genou écorché, essorait par dessus le coin du t-shirt imbibé d'eau. Ses mains tordirent le tissu d'un côté puis de l'autre, mu dans son silence habituel, avant que, toujours affairé sur son operation improvisée, il demandait à demi voix, en attendant cet endroit tranquille où elle lui offrirait une audition; le son était une des plus belles choses que Haruki pouvait se voir offrir.

-Est ce que je peux pincer les cordes de la guitare?

Il poursuivit son essorage en étudiant la plaie sans la toucher.
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Ayame Masuda
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MessageSujet: Re: Kyoto Variation   Lun 14 Aoû 2017 - 23:49

Elle a une nouvelle fois presque l'impression que le temps vient de s’arrêter. Maintenant qu'il est la, même si le piano s'est tut, il y a pourtant cette harmonie, cette musique sans son qui émane du garçon et qui la frappe a chaque fois qu'elle pose le regard sur lui. Il n'y a pas besoin de beaucoup de mots, juste une phrase qui sortait et qui frappait toujours juste, elle soupira, en s'inclinant devant la foule qui la regarda partir d'un air déçu. Elle eu un sourire en apercevant le vélo, et se dit quand même que cette sortie n’était vraiment pas banale. Comme le destin, après tout.

- Il n'a pas besoin de ressembler a quelque chose, le destin. Il est juste la, et il nous aides a nous retrouver, et nous aidera tout le reste de la journée. Enfin, sauf si je parviens a ne plus me perdre.

Alors qu'il grimpe a nouveau sur le vélo, et elle avait grimpé a l’arrière, sur le porte bagage, comme si c’était tout naturel. Elle n'avait pas de problème d'équilibre, et vu son poids, ils n'auraient aucun soucis a rester stable. Se tenant comme elle pouvait, elle laissait le vent danser dans ses cheveux avec le faible souffle que provoquait la vitesse de croisière du deux roues. Elle soupira. La prochaine fois, elle y penserait a deux fois avant d'essayer d'aller contre le destin. Ce même destin dont elle venait de vanter les mérites. Car si elle avait etait a son encontre, elle ne serait pas a cette place aujourd'hui.

Ils atteignent rapidement le court d'eau et elle descend, se dégourdissant les jambes. Il ne l'a quitte plus d'une semaine, évitant ainsi la petite mésaventure qui les a frappés une heure avant. Elle observe le torrent avec une certaine rêverie, tandis qu'il semble s'asseoir un peu a coté d'elle. Elle s'accroupit au bord de l'eau, en relevant les manches de son pantalon au dessus de ses genoux. C'est la qu'il remarque la blessure qu'elle n'avait même pas inspecté. Rien de bien méchant, une petite croûte de sang séché qui disparaîtrait au bout de quelque jours. Mais cela semble l’interpeller, et dans un sens, elle se sent heureuse qu'il se souci de son bien être.

- Ne t'en fais pas pour ça, ce n'est rien, je me suis juste égratigné tout a l'heure en descendant du métro. Tu marches vite quand même.

Elle eu un petit rire qui ne dura qu'un bref instant, le temps que le garçon disparaisse, ou plutôt, s'éloigne vers la berge a deux pas, et s'y penche, contemplant comme elle même l'avait un instant auparavant la continuité sans faille de l'eau, s'écoulant tel l'avancée inexorable, interprétable du destin. Elle le regardait plus lui que l'eau a présent, se demandant bien ce qu'il pouvait voir dans ce liquide renvoyant sa propre image, mais également un million de choses que la surface ne pourrait jamais révéler. Il reste ainsi, et elle fait de même pendant plusieurs minutes qui défilent comme une simple seconde. Enfin il se relève, revient vers elle.

- Ce n'est pas nécessaire, bredouille telle en comprenant ce qu'il comptait faire avec son t-shirt humide.

Elle se laisse faire néanmoins, ce n’était pas un garçon que l'on pouvait contredire aussi facilement, et vu que cela partait d'un sentiment, et que c’était en plus utile, a quoi ne pas accepter son geste. Un blessure était,toujours plus belle une fois nettoyé. Elle émit un petit sursaut quand une petite aiguille la fit trembloter lorsque la première goutte d'eau toucha son genou, puis rapidement, elle ne ressentit plus rien. Elle se frotta les yeux un instant, la fatigué de la maigre nuit qu'elle avait passé l'attrapant pendant une brève seconde, le temps qu'il parle a nouveau, de sa douce et basse. Comme si il avait peur de briser le moment avec sa voix.

- Bien sur, comment pourrais-je te le refuser ?

Elle lui sourit en ramenant la housse de son instrument, et en sortant l'objet qu'elle déposa au sol prêt du garçon, toujours penché sur son genou qui dégoulinait d'eau légèrement rougit. Elle le regarda prendre l'instrument avec douceur, et ne mit pas longtemps avant de fermer les yeux. Elle ne fut pas sur du moment ou les notes commencèrent a défiler. Elle ne savait même pas si il savait vraiment en jouer, ou si c’était simplement des accords lancés au hasard, simplement un passage de doigt sur les cordes les unes après les autres.

♪ Anata wa ima doko de, nani wo shite imasu ka ? 
Kono sora no tsuzuku basho ni imasu ka ? 

Ima made watashi no kokoro wo umete ita mono
Ushinatte hajimete kizuita
Konna ni mo watashi wo sasaete kurete ita koto
Konna ni mo egao wo kureteita koto ♪


Elle s’arrêta en soupirant, sans plus vraiment entendre les notes. Elle laissa sa tete tomber entre ses genoux, laissant ses bras assez ouvert pour qu'il entende toujours sa voix.

- Dis, Haru-chan.....tu ne me l'a jamais dis.....ton prénom.

Elle ne le connaissait que grace au registre du récital de piano.

♪ Ushinatte shimatta daishou wa
Totetsumonaku ooki sugite torimodosou wo to hisshi ni, te wo
Nobashite mogaku keredo; Maru de kaze no you ni surinukete todokisou de todokanai

Kodoku to zetsubou ni mune wo shimetsukerare
Kokoro ga kowaresou ni naru keredo
Omoide ni nokoru anata no egao ga watashi wo itsumo hagemashite kureru ♪

Elle redressa la tête, comme a son habitude dans ces moments, de petites larmes coulant sur ses joues. Pas de tristesse, c’était simplement la musique qui l'emplissait d'émotion. Elle le regarda un moment, et tendit le bras pour faire vibrer deux cordes, lançant un son harmonieux dans l'air.

- Ce destin, tu y crois toi ? Tu crois que nous sommes tout les deux, ici et maintenant, parce un pur hasard ?

♪Mou ichido ano koro ni modorou
Kondo wa kitto daijōbu
Itsumo soba de waratteiyou
Anata no sugu soba de... 

Anata wa ima doko de, nani wo shite imasu ka ? 
Kono sora no tsuzuku basho ni imasu ka ? 
Itsumo no yori egao de ite kuremasu ka ? 
Ima wa tada sore wo negai tsuzukeru ♪

Elle souffle lentement, elle soupire, ouvre a nouveau les yeux, la musique a cappella s'achevant dans le souffle de l'été Indien.

- Trouvons le, cet endroit a nous, ou l'on pourra jouer sans que personne ne nous interrompes.

Brise d'Automne:
 
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MessageSujet: Re: Kyoto Variation   Mar 15 Aoû 2017 - 23:30

聞いている


La guitare entre ses mains ou plutôt posée à plat sur ses jambes, Haruki se penchait lentement sur les cordes pour observer plus près leur finition, la table d'harmonie entièrement tournée face au ciel. Il ne jouait d'aucun autre instrument que le piano et on le devinait à sa posture inconventionnelle, mais tous les instruments ne pouvaient s'empêcher de fasciner ses sens et au bout d'un moment, il levait la main puis pinçait la première corde pour en déguster les couleurs. Mi. Mi. Mi de la gauche et mi de la droite, son octave, le bourdon et sa chanterelle. Il ignorait où placer ses doigts pour que s'entrechoquent les accords et naissent la mélodie mais ne pas le savoir ne semblait nullement le troubler, concentré sur les cordes de la clef. Mi, jaune, incarnât, rouge, vert. Encore mi, et mi était violette. Mi, la, ré, sol, si. Mi. Il prenait le temps de pincer chaque corde, appréciait les vibrations de la corde sous ses doigts et dans sa tête, derrière les yeux, éclataient des tâches de couleurs différentes. Anata wa ima doko de, nani wo shite imasu ka.

-Kiite iru. Anata no hanashi o kiite imasu.

J'écoute. Je t'écoute. Il avait machinalement répondu dans un murmure inaudible aux premières paroles qu'Ayame avait commencé à entonner plusieurs phrases et ne levait la tête qu'en réalisant que l'enaga s'était mise à chanter. Oubliant la guitare, Haruki cessait de faire trembler les cordes sous son pouce et son index, contemplant le mouvement d'une herbe qui frémissait au gré du mouvements des airs d'une brise inexistante. La mélodie était une douceur qui plaisait à son ouïe et Haruki se laissait aller en arrière, croisait les bras derrière la tête et s'adossait au sol, le regard offert à un ciel sans nuage. Il ne se tournait pas de suite lorsqu'elle interrompit son chant pour lui glisser des questions.

-Haru-chan? ...Haruki.

Il sembla y réfléchir.

-Mais tu le connais déjà.

Les modulations de la voix douce avaient repris, une once de mélancolie avec. Ou peut être était ce les larmes de la fillette qui rendait cette émotion plus palpable, Haruki ne le savait pas. Elle chantait quelque chose de vivant. D'intense. Il n'y avait pas besoin de mots pour tout décrire et il en manquait souvent à Haruki pour expliquer le fond de ses pensées. Sans avoir été constamment stimulé pour s'exprimer en mots, Megumi aurait dit que son fils ne parlerait pas, aujourd'hui. Même si Haruki Lei donnait encore l'impression qu'il était l'image d'une vie détachée de lui.

Le mouvement de la main de la musicienne accrocha l'obscurité du regard du jeune homme et il suivit son geste qui arrachait à sa guitare, un accord bien placé. Lei levait la main et la tendit sur la joue d'Ayame pour récupérer doucement une larme. C'était comme s'il était allé la cueillir, entre ses doigts et il la ramenait devant ses yeux pour y apercevoir à travers, un monde à l'envers. Mais la larme n'était qu'une fébrile trace aqueuse sur ses phalanges de pianiste et il ne put y voir à travers. Il se redressait et rendait la guitare à la jeune fille. Il se redressait, alors qu'il aurait pu s'oublier ici.

-Je ne le vois jamais très bien le destin... ni le hasard.

Il posait un instant la main sur la tête d'Ayame, ce petit oiseau qui lui posait des questions auxquelles il se devait de répondre mais pour lesquelles il n'avait pas de réponse. Haruki se relevait déjà.

-Y a une salle de concert pas très loin d'ici.

Veux tu essayer là bas, demandait le ton d'Haruki. Et si ça ne marche pas ce sera ailleurs. Je trouverai.
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Ayame Masuda
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MessageSujet: Re: Kyoto Variation   Ven 25 Aoû 2017 - 15:04

Elle balance la tête d'avant en arrière tout en observant le court d'eau continuait sa course inexorable. Il est difficile de voir les endroits ou l'eau est en mouvement, tout ce qu'elle peux dire, c'est qu'elle a l'impression que l'opacité aqueuse pourrait la noyer juste en gardant les yeux fixés sur l'eau de la sorte. Combien de temps s'est écoulé depuis qu'elle a cessé de chanter ? Elle a envie de continuer, comme toujours, mais elle a conscience que si elle commence vraiment, elle ne pourra pas bouger de cet endroit avant que le soir ne l'oblige a rentrer. Et si ils sont ici, c'est qu'ils ont une raison. Elle ne doit pas oublier l'objectif initial.

- Haru-chan, alors. Je préfère t'appeler comme ça. C'est vrai que je le connais, mais quand c'est toi qui le dit, cela a beaucoup plus d'impact que de le lire sur un bout de papier, tu vois ? J'ai l'impression de l'entendre pour la première fois.

Elle lui sourit en le regardant un moment, stoppant ses mouvements digne d'un pendule en pleine recherche d'une source d'eau. Il semble si différent de ce qu'elle a l'habitude de côtoyer, mais en même temps, elle est fasciné par ce personnage, ce génie de la musique. Elle a l'impression d'entendre une mélodie dans chaque geste, chaque parole qu'il produit. Et son regard la rend infiniment curieuse, l'envie dans entendre plus que ce qu'elle avait eu comme maigre pitance la veille. Si le met était succulent, il était bien faible pour une insatiable comme la jeune Masuda.

- Hum ?

Elle sursaute a sa réflexion sur le destin et le hasard. Elle n'avait jamais pensé a comparer les deux, car ils étaient bien différent, dans sa tête. L'un n'avait rien a voir avec l'autre. C’était même une antithèse selon elle. La chance n'avait rien a voir avec ce qu'ils faisaient aujourd'hui. C’était comme l'eau et le feu. L'un des deux était impossible a éviter, alors que l'autre, pouvait même être facilité. C’était donc plutôt normal de son point de vu qu'il ne parvienne pas a voir ce dont elle parlait. Elle sourit toujours, en passant la main sur une mèche de cheveux. Le vent, faible jusque la, ralentit. Il disparaît.

- C'est normal de ne pas pouvoir les voir, ni l'un ni l'autre. Car ils ne sont pas la pour etre vu, mais pour agir dans l'ombre. Le hasard en plus, n'a rien a voir avec ce qu'il se passe aujourd'hui. Ce n'est pas du hasard si je suis venue ici, on m'a forcé a venir. C'est le destin qui m'y a forcé. Car il ne voulait pas me le dire, mais il avait prévu de me faire rencontrer quelqu'un d'incroyable ! Je lui suis extrêmement reconnaissante.

Et a Jonathan, surtout, qui avait fait des pieds et des mains pour l’empêcher d'annuler plusieurs fois. C’était déjà lui qui lui avait presque tenu la main pour la forcer a signer le papier acceptant l'invitation. Il n'y avait rien a gagner a aller a cet endroit, s’était elle dit plusieurs fois, jusqu'à ce voyage dans le bus. Si le destin pouvait lui faire ce genre de surprises a chaque fois, alors elle acceptait d'y croire sans même se poser la moindre question. Elle sauta sur ses pieds, en s'étirant.

Elle regarda une direction aléatoire, comme si la salle de spectacle que le garçon venait de citer allait apparaître devant ses yeux. Il fallait encore bouger, marcher, rouler, voler. Mais puisqu'elle n'etait plus seule, cela moi était égale. Il n’était plus question de retrouver son ami, mais de trouver un endroit avec son ami. Kyoto lui semblait d'ailleurs bien plus lumineux que lors de sa sortie du métro ou elle avait perdue de vu Haruki.

- Allons y alors.....j'espere qu'il n'y aura pas grand monde.

Elle se relève en plissant les pli de son haut apparut quand elle s’était assise, et ramasse avec délicatesse sa guitare qu'elle range confortablement dans la house qui lui est attribué. Elle referme la fermeture éclair avant de hisser l'instrument sur ses épaules et de rejoindre le vélo qui les attends non loin de la. Elle s'arrete devant le véhicule, le regard un instant, se demandant si elle pourrait elle le faire rouler avec Haruki derrière. Mais il y a peu de chance qu'elle y arrive, autant ne pas perdre d'avantage de temps. Ils se remettent vite en route, et elle est étonnée intérieurement qu'il sache qu'il y a une salle non loin de la position ou ils se trouvent, alors qu'il lui semblait qu'il ne connaissait pas Kyoto. Elle ne fait pas vraiment de remarque, cela dit, préférant poser une autre question, d'une voix vraiment basse.

- Eh, si ce que je joue te plait, tu pourras rejouer pour moi, aprés ?
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MessageSujet: Re: Kyoto Variation   Dim 10 Déc 2017 - 22:04

- Pas aujourd’hui.

Il lui avait tourné le dos sur ces mots.

La musique, elle était chaîne, elle était chienne. Quand il entendait des sons, Haruki était capable de vouloir l’entendre des milliers de fois sans se lasser, il était capable de désirer plus fort le contenu que le contenant. Mais cette onctueuse obsession ne chassait pas sa phobie des regards, les attentions blessaient son échine et plus on lui en demandait moins il en faisait: jouer attirait indéniablement les consciences et son lot de douleurs avec. Personne ne la décrivait puisqu’il ne le faisait pas clairement et personne ne savait la corriger bien que cette démence ait tenté d’être réparée au fil des ans. Il n’y avait que Moe et Müller en réalité, qui arrivaient éventuellement à le faire jouer sur demande. Le reste était un hasard sur lequel ils avaient appris à composer avec; on ne demandait pas à la mer de changer, on faisait avec ses vagues. Haruki Lei était cette immensité, il était son aléatoire.

Ce jour-là il s’était présenté à l’accueil de la salle de spectacle Ayame sur ses pas, et en bon inconnu on lui avait refusé l’accès; sans justification, il n’y avait pas lieu de faire rentrer le public dans de tels endroits, sans programme prévu dans ces créneaux là. Ce n’est que lorsqu’il repartirait qu’un collaborateur de Müller reconnaîtrait le nom de Lei rapporté par la réceptionniste, la questionnerait sur l’inhabituel passage de ce gamin et lui ferait passer un sale quart d’heure pour avoir refusé l’accès aux locaux de celui qui jouait dans le disque qu’elle tournait chaque matin à son bureau.
Haruki était parti sans insister. Son visage était après tout, celui d’un méconnu dont le public répandait de leurs lèvres, le nom d’un pianiste sans visage. Ses premiers enregistrements s’étaient déroulés dans les studios de Kyoto sous les directives de Moe, avant qu’elle ne le fasse briller à Tokyo.

Des années, bien des années étaient passées depuis. Il n’y était plus repassé mais les ruelles qu’il parcourait aujourd’hui n’avaient pas vraiment changé.


-



Lei pouvait passer des journées entières sans prononcer un seul mot, jusqu’à ce qu’il se réveille dans une réalité qui jamais ne semblait réellement lui appartenir. La plupart du temps, on l’en extirpait. Derrière un silence lugubre dont s’imprégnait son étrange présence, il semblait être le seul à percevoir un autre univers à part entière et comme à chaque fois, sortir lui en coûtait. S’il avait répondu à toute les questions qu’on avait pu lui posé depuis ce matin là, Lei était ailleurs et ne sembla revenir qu’après un long défilé de toriis. Sous le tunnel de portes alignés se succédaient les marches, loin des tumultes de célébrités en devenir, loin de la pression sociale sur des enfants dont le nom grandissait plus vite qu’eux même. Les pas d’Ayame, quatre cent trente huit, sept... neuf depuis la première marche sous le troisième torii et puis le 440, la fréquence au diapason du la. Il se retournait alors, empêchant la jeune fille de faire un pas supplémentaire.

-Tu connais le sol mal accordé ?

Sa question tombait de nulle part et il lui faisait face, fixant d’un air soucieux et interrompant la course d’un pied sur le point de passer sur le 441. Epaules et mâchoire crispés  à peu près comme sous l’effet général du passage d’une craie crissant sur le tableau, Haruki laissait du bout des lèvres son interrogation du moment. Il faudrait que 441 arrive. Pourtant, quand il entendait ce crissement indélicat, il en avait la chaire de poule sans que cela ne lui soit forcément désagréable.

-C’est la couleur des toriis.

A ce moment là, le piano qu’ils avaient cherché des heures durant semblait être devenue une autre histoire.
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Ayame Masuda
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MessageSujet: Re: Kyoto Variation   Mer 20 Déc 2017 - 17:00

Elle avait la tête basse, la mine un peu défaite. Autant par le refus de son compagnon a jouer pour elle a nouveau, qu'a cause du fait que cette journée commençait a lui peser dans les jambes. Elle n’était pas d'une nature extrêmement sportive, et crapahuter de la sorte dans Kyoto avait quelque peu refroidis ses ardeurs. Sa démarche était sans doute un peu plus lourde que ses pas virevoltants qui avaient accompagnés Haruki dans la ville.  Et maintenant qu'il semblait que le piano ne serait qu'un rêve lointain, elle soupirait en marchant derrière lui, en silence.

Elle ne regardait pas ce qu'il faisait, juste qu'il était un mètre devant elle. Elle n'avait eu aucune chance. Elle le percuta quand il s’arrêta net, tombant en arrière sur les fesses, dans un bruit un peu sourd, alors qu'elle ne pensait qu'a la question qu'il venait de lui poser soudainement, ayant du mal a ne serait ce que l'analyser. Elle resta dans cette position étrange, assise, en l'écoutant enchaîner directement avec la réponse, sans lui offrir aucun temps mort. Elle leva la tête, comme pour observer de ces yeux la réponse, comme si il fallait d'avantage que des mots pour qu'elle comprenne. Elle hocha alors lentement la tête, comprenant petit a petit. Il était différent, mais étrangement, elle avait cette sensation qu'il l'a comprenait plus que beaucoup de gens. Ou peut être que c’était ce qu'elle essayait de se persuadé.

- Je n'ai pas besoin de piano en fait.

Elle se redressa en se massant le bas du dos lentement, en retenant un petit couinement de douleur quand son corps de détendit. Elle avait sa guitare, elle avait sa voix. Il n'y avait pas besoin de piano pour qu'elle lui fasse de la musique. Elle avait voulue lui montrer que, comme lui, elle pouvait atteindre des sentiments a travers les touches du clavier. Mais elle avait également d'autres possibilités. Si le destin ne lui offrait pas de piano, elle pourrait juste faire autrement. Et si le soleil commençait a descendre, et si le temps était venu de rentrer, elle souhaitait que sa promesse de lui jouer de la musique soit achevée.

- Pardonne moi, je ne peut pas faire autre chose que ça.


Elle se déplaça, le dépassant, s'éloignant de la population tardive. S'éloignant des couleurs des toriis. Elle aurait sans doute juste eux a donner son nom, plus tôt, mais ce n’était plus un problème a présent. Elle n'avait qu'a faire ce pourquoi elle était la meilleure. Elle trouva un petit parc ou, malgré la présence de gens encore en promenade, elle pourrait lui offrir un moment, comme il l'avait fait dans cette salle la veille. Elle posa la sacoche de sa guitare sur un banc, l'ouvrant, sortant l'instrument, avant de s'asseoir au pied du banc, dans l'herbe, en lui faisant signe d'approcher.

Elle déposa ses doigts sur les cordes, tout en laissant s'échapper quelque notes de sa voix douce et un peu enfantine. Un La sortit simultanément de ses doigts et de sa bouche, puis un si alors qu'elle accordait son instrument pour que les vibrations soient parfaites. Elle s'étira un peu, son genou toujours un peu douloureux, comme ses fesses. Elle était tombée deux fois déjà, c’était le genre de journée dont elle allait se souvenir. Elle regarda autour d'elle, puis elle le regarda lui, en songeant que ce serait sans doute sa dernière chanson de la journée. La dernière du séjour a Kyoto avec Haruki.

- Ce n'est pas du piano, comme je te l'avais promis......mais j’espère que tu aimeras quand même.

Elle souffla un grand coup en fermant les yeux, ses doigts grattant machinalement les cordes une petite fois, laissant quelques notes s'enfuirent dans les airs. Sa bouche s'ouvrit alors, laissant de coté la petite voix enfantine qu'elle portait aussi bien quand elle parlait normalement que quand elle chantonnait sans prise de tete. Une voix forte sortit tout droit de sa poitrine, aussi douce que sonore,  emplit de joie et de confiance. Elle ne s'amusait plus. Elle chantait. A capela sans musique tout d'abord.

♪Kara no kokoro wo terasu mono wa nani? 
Sakebi tsudzukeru hikari todoku made.....♪

Ses doigts s'activerent alors sur son instrument, donnant de la vivacitée a sa voix autant qu'aux alentours :


♪ Falling through the cracks 
Kurayami e ochiteku 
Anata no sono te wo zettai hanasanai 
Tell me the story of your life 
Mada michi no tochuu 
Anata wo watashi wa zettai akiramenai

Osaerarenai shoudou 
Nanigenai hibi wa aijou 
Natsukashii kaze ni furimukeba 
Itsudemo anata no koe ga suru yo

Underdog wa wander around 
Mawarimichi shitemo nigeru yori mashi yo 
Jibun de jibun wo shinjirarenakucha 
Dare wo shinjiru no?

Hikari ni sono te kazase

Shining through the clouds 
Kurayami e ochiteku 
Anata no sono te wo zettai hanasanai 
Tell me what is on your mind 
Hateshinai yume wo 
Oikake bokura wa zettai akiramenai 
Kotae no nai jinsei ni kujikesou ni naru kedo 
Don't give it up! Keep it up! Turn it upside down! 
Kokoro wa tsunagatteru yo tatoe tooku hanaretemo 
Tomo ni tomo ni ikite yukou ♪

Ses doigts semblaient voler sur l'instrument, alors qu'elle semblait pas du tout songer a l'emplacement de ses doigts. Une petite goutte de sang vint tinter l'herbe d'une couleur cramoisie, quand elle se coupa légèrement contre la corde la plus tendue, mais elle ne sembla meme pas s'en apercevoir.

♪ Itsumo zenryoku shissou 
Mezasu no wa ano choujou 
Sagashi tsudzuketeru ibasho wa 
Itsudemo anata wo matte iru yo

Our lives wa winding road 
Yorimichi shitemo modoru yori mashi yo 
Tatoe machigaetemo muda ja nai kara 
Mayowazu ni susume

Sono te wo sora ni kazase ♪


Au niveau du sang se mela une petite larme qui coulait sur sa joue, signe habituel de son imprégnation dans sa musique. Quelques personnes s’étaient arrêtés pour la regarder, aussi bien des locaux que des touristes, et regardaient le spectacle en silence. Elle n'en avait rien a faire, il était destiné uniquement a une personne, de toute façon.

♪ Falling through the cracks 
Kurayami e ochiteku 
Anata no sono te wo zettai hanasanai 
Tell me the story of your life 
Mada michi no tochuu 
Anata wo watashi wa zettai akiramenai 
Kotae no nai jinsei ni mayotte bakari dakedo 
Don't give it up! Keep it up! Turn it upside down! 
Kokoro wa tsunagatteru yo tatoe tooku hanaretemo 
Tomo ni tomo ni ikite yukou

Hikari ni sono te kazase

Shining through the clouds 
Kurayami e ochiteku 
Anata no sono te wo zettai hanasanai 
Tell me what is on your mind 
Hateshinai yume wo 
Oikake bokura wa zettai akiramenai 
Kotae no nai jinsei ni kujikesou ni naru kedo 
Don't give it up! Keep it up! Turn it upside down! 
Kokoro wa tsunagatteru yo tatoe tooku hanaretemo 
Tomo ni tomo ni ikite yukou 

Ikite yukou oh ♪

Elle lâcha l'instrument qui tomba sur le sol, une petite coulure rouge roulant contre la couleur brune de l'instrument, achevant de tinter l'herbe verte. Elle leva la tête, une mèche de cheveux un peu collée sur son front, par une lueur qui avait rendue brillants les pores de sa peau. Elle lui sourit en penchant la tête :

C’était pas aussi bien que ton piano, mais c’était pas mal hein ?

Et alors qu'elle plissait les yeux sous son sourire qu'elle ne parvenait pas a calmer, sa voix etait redevenue normale.
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