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The Future is like a puzzle with missing pieces: difficult to read, and never, never what you think.
 
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 Kyoto Variation

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Haruki Lei
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MessageSujet: Kyoto Variation   Dim 4 Sep 2016 - 11:43

Kyoto State Guest House - Deux à trois meilleurs élèves des écoles de musique du Japon ont été sélectionnés pour le séminaire de musique du premier week-end du mois de septembre. L'objectif est de promouvoir les talents de ces instituts et de permettre à ces talents d'en rencontrer d'autre afin de construire un réseau parmi la crème de la crème. Événement sur invitation et recommandation par les professeurs uniquement.

Lei, tu y vas ce week-end je te rappelle. Tu y es inscrit depuis janvier, alors n'oublie pas, avait répété Marius Müller, son professeur de piano du conservatoire de Tokyo. Parce qu'il était persuadé que son élève était voué à une carrière, -une grande carrière musicale, cet homme imposant continuait de suivre Haruki Lei même après qu'il ait terminé le cursus musical dans son école. Une fois par semaine, il se déplaçait à Keimoo pour que le jeune homme ne perde pas la main et il lui arrivait quelque fois de s'annoncer à l'improviste, attendant Haruki dans son appartement à la porte qui ne fermait pas. L'avantage de ce piano à queue, c'était qu'aussi resplendissant qu'il paraissait être au milieu d'une vieille salle modeste à l'apparence vétuste, personne ne pouvait le cambrioler, serrure ou pas serrure.

Pensif, Haruki n'avait pas répondu et cela lui avait valu une petite tape derrière la tête.

-Qu'est ce que j'ai dis Lei ?

Les deux orbes sombres qui couvraient son regard avaient alors lentement fixé son professeur d'un air toujours aussi dépourvu d'expression. Haruki ne cillait pas, dans cette mine déconfite, comme le déchiffrait aussitôt monsieur Müller. Ils se connaissaient depuis des années et il avait appris à interpréter Haruki. Ce n'était pas un élève difficile en soi, il lui avait juste fallu rentrer dans son univers pour en extirper le meilleur.

-Normalement je devrais t'inscrire pour le conservatoire de Tokyo mais comme tu as fini ton cursus ...et qu'en plus on risquerait de te reconnaître, je t'y ai inscris pour Keimoo. On s'est accordé dessus avec l'administration.

Dans le cillement unique du gothique, le professeur y compris une certaine forme d'approbation. Le nom d'Haruki Le Pianiste sans visage, n'avait plus de consonance indifférente dans la connaissance des gens et il ne se montrait pas, -il n'avait dû le faire qu'une à deux fois parmi les plusieurs dizaines d'auditions qu'il avait pu donner. De manière générale, on ne savait pas à quoi ressemblait le musicien derrière le paravant. On ne voyait que l'ombre de son talent et la gestuelle acharnée de ses main dans une danse à la fois fluide et nerveuse au dessus du clavier. Marius Müller ne l'avouait pas mais quand le garçon se mettait dans cet état là, sa folie musicale lui provoquait des frissons.

-Haruki!

-... d'accord.

Un murmure, le souffle imparfait d'une brise en automne qui fait à peine frémir une feuille tombée au sol. Pourtant, même cette réponse infime sembla soulager le grand pianiste allemand.









KYOTO VARIATION
PV - Ayame Masuda


Les routes défilaient sous les yeux de Haruki dans cet autocar à la trajectoire monotone. C'était un vendredi soir sur les routes japonaises en direction de Kyoto. Les parois trop proches du véhicule oppressaient son esprit et s'il avait pu, Haruki aurait sorti la tête de la fenêtre pour laisser le vent lui caresser le visage et cligner les yeux dans son impact trop vif. Contraint à rester en place, il appuya sa tête contre la fenêtre, malheureux de se sentir enfermé. Les fragrances du bus, celles de ses gens assis, celui de ce faux silence étouffé par le ronronnement du moteur, la vue déformée par la vitre, Haruki était un oiseau qu'on n'enfermait pas en cage, il n'aimait vraiment pas les transports en commun. Il aurait voulu se dégourdir les jambes, marcher sur l'allée, s'assoir sur le toit du bus ou à peu près tout sauf l'attente angoissante d'une destination qui ne lui disait rien qui vaille. Oppressé, misérable, il récupérait dans son sac à ses pieds une feuille de partition qu'il découpait soigneusement à la main dans un carré parfait. Le bruit de papier déchiré croustillait à ses oreilles et il déchirait bientôt, toutes les feuilles de sa partition pour les refondre en de multiples petits carrés. Les doigts de Mei mémorisés dans les siens, des grues couvertes de notes et de portées pullulèrent bientôt sa place et celle, vide, à côté de lui. Au bout d'un moment alors qu'il n'avait plus de quoi plier, il attrapa une grue et lui déchirait les deux ailes.

Tout à coup, il l'envoya valser vers le rang de devant.
Une, puis encore une autre, dans la même configuration, dans le même handicap des ailes. Ainsi furent démembrées les pages de la sonatine en ré mineur de D. Scarlatti.
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Ayame Masuda
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MessageSujet: Re: Kyoto Variation   Lun 5 Sep 2016 - 19:42

Comme une mélodie sans fin, les roues du car continuait de crisser sur le bitume de la route qu'il suivait sans interruption. La semaine avait fait place a un week-end pas forcément attrayant pour la jeune musicienne. Le yeux clos, le front collé contre la vitre embuée, elle maudissait son agent, ses parents, le monde entier, de l'avoir obligé a mettre les pieds dans ce véhicule fou.

Une semaine plus tôt, elle se souvenait avoir pratiqué pendant plusieurs heures une partition qu'elle avait elle même composé. Ce n’était pas aussi bien que la mélodie qui retentissait dans sa tête a chaque composition, comme un rythme impossible a décrire, mais qui ne sortait pas de son esprit avant d'avoir était couché note par note sur le papier. Retouche par retouche, essais après essais, répétition après répétition, elle commençait a atteindre l'objectif qu'elle s’était fixé inconsciemment.  S’essuyant le front d'un revers de main, elle se laisse aller en arrière, s'appuyant de la paume de ses mains sur le banc moelleux ou elle se trouve assise. La porte s'ouvre. Jonathan.

Il lui sort des banalités. Qu'est ce qu'elle pratique, lui demande de lui jouer un morceau avec enthousiasme, ce qu'elle s'empresse de faire en souriant. Quand les notes disparaissent vers le plafond, il la félicite. Comme a son habitude, au delà de la musicienne, la musique en elle même l’intéresse, et c'est pour cela qu'elle avait acceptée de passer sous sa tutelle pour gérer sa carrière naissante. Quelqu'un uniquement intéressé par l'argent ne lui aurait même pas effleuré une partition avant qu'elle ne le congédie. Elle n’était pas la pour l'argent. Elle était la pour jouer.

La conversation s'oriente sur un sujet qu'il a déjà évoqué plus tôt. Plusieurs fois, en boucle depuis des semaines. Un gala. Ou plutôt un rassemblement des meilleurs pianistes du Japon. Elle n'avait pas vraiment écouté, seulement d'une oreille, mais c’était pour quelque chose de futile, se souvenait elle. Pour rapprocher ces artistes les uns des autres. Inutiles. C’était le monde de sa mère, de la grande pianiste classique Adélaîde Stein-Masuda. Un monde ou les gens se regardaient de haut, parler de façon mondaine d'un langage soutenue, ou n'avait pas place l'amusement et la gaieté. Un montre trop classique pour elle.

De toute façon elle n'avait jamais pris le moindre cours dans une école de musique, et elle ne comprenait pas pourquoi elle était invitée. Si c’était un concours qu'ils voulaient, ou bien une célébrité, il devait en courir les rues. Elle voulait juste jouer pour s'amuser, pas passer des heures a écouter les racontars de ces « gens de la haute » comme aurait dit son frère. «Les invitations ce font par recommandation également. Si quelqu'un la bas veux te voir, alors il peux t'envoyer une invitation.». «C'est parce que je suis la fille d'Adelaîde Stein, non ? »

Elle avait froncé les yeux en disant cela. Comme d'habitude, elle n’était rien d'autre que la fille de la pianiste, ses propres compétences n'étaient pas regardés, pas écoutés. A quoi bon, elle devait etre douée, puisque elle avait une célébrité tout les jours a ses cotés. Si seulement elle lui avait proposé un cours une fois dans sa vie. Au lieu d’embêter Arata pour faire quelque chose qu'il n'avait pas envie de pratiquer. Jonathan secoua la tête en souriant, rougissant. « Je dois t'avouer que j'ai un peu forcé pour que l'un des organisateurs écoute l'un de tes morceaux, celui ou tu joues du piano et de la guitare en alternés, qui a fait un tabac lors du dernier festival. Quand il a entendu la partie au piano, il a immédiatement accepté. »

C’était septique que l'adolescente avait fini par accepter de s'y rendre. C’était avec regret qu'elle avait mit les pieds dans ce bus censé l'emmener dans cet endroit. Son manager lui avait dit de mettre une tenue convenable. Alors elle avait demandé a Léa, qui lui avait sortit une robe blanche ni trop habillée, ni trop décontractée, passe partout en somme, et une paire de ballerine assortit. Et la voilà avec son front contre cette vitre, devant le temps gris qui forcément achève de miner son moral. Le transport n'est que peu peuplé, c'est un direct. Elle ne sait pas depuis combien de temps elle s'y trouve. Cinq minutes, deux heures ? Dix ans peut être. Le temps est long. Elle aurait du prendre sa guitare.

Un bruissement de papier dans le silence pesant qui règne capte aussitôt son attention. Elle se retourne a demi sur son siège en espérant trouver quelque chose a même de capter son attention, de l'occuper durant le reste du trajet. Ses grands yeux remplit d'espoir capte un garçon plus vieux qu'elle, plutôt dans la tranche d'age de Arata ou Léa, les deux membres de sa fratrie qui lui sont le plus proche dans la hiérarchie. Elle ne s'en rend pas vraiment compte, mais l'aura du garçon, aussi sombre que la sienne est lumineuse, tranche dans cet espace clos et movible. Des papiers voles, en lambeau alors qu'ils sont cocottes entre ses mains, finement réalisés. Elle ouvre la bouche. La referme et attrape l'un des morceaux au sol. Elle l'observe un instant, un air désolé d'avoir gâche un travail si intéressant a ses yeux, et se retourne cette fois totalement, a genoux sur son siège, face au garçon :

- Pourquoi tu les déchires ? Elles sont super bien faites pourtant !

Dans son sourire joyeux habituel, elle enfonce son regard dans le sien d'un air aussi intéressé qu'interrogateur.
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MessageSujet: Re: Kyoto Variation   Sam 17 Sep 2016 - 18:47

Plongé dans une tâche répétitive qui n'avait de fin que son impatience latente, Haruki levait brusquement la tête et se retrouvait prisonnier de deux yeux trop grands, trop près. Dans un sursaut invisible de ses sens, il laissait le statisme de son regard s'imprégner inconsciemment des informations que lui renvoyaient la vue de cette fille surgie de nulle part et pourtant déjà si présente. Ses phalanges relâchèrent leur emprise sur le carré de papier inachevé et restèrent là, figés dans les airs. Vulnérable, il la fixait quelques secondes sans la voir et détournait le regard vers son oreille dans un tressaillement nerveux de sourcils. Les yeux, c'était perçant, c'était agressant. Sans ses artifices obscures, énormes ténèbres dans les yeux qui masquaient la délimitation et la destination de ses pupilles, le passage d'une détresse y aurait été lisible.

Il se passait un instant, et puis,

- ...parce que rien ne demeure.

Haruki Lei, il ne s'était pas apprêté pour l'occasion, en ordinaire passe nulle-part.

Marius Müller ne lui avait donné l'ordre que de s'y rendre sans lui donner de contexte. Il y aurait des musiciens des quatre coins du Japon, des mondanités et peut être de la pratique. Prier Haruki Lei de se rendre à ces événements demandait des mois de préparation et de vaines tentatives de soudoiement. Ces derniers temps, sans se soucier du plus tard, ce dernier s'y rendait sans poser de question... Bien qu'on ne lui dénote aucune apparition publique. Y assistait-il réellement ? Moe Hitomi était sans doute la seule à pouvoir affirmer avoir aperçu sa tête.

Dans l'ambiance semi éclairé d'un bus lancé dans un trajet sans fin, les lampadaires étaient des étoiles filantes mathématiquement alignées distrayant son attention du coin de l'œil, mais, face à la fille qui lui imposait ses perceptions, il n'eut de choix que de se reprendre, et glissait ses deux mains à plat sur la banquette, les bras plaqués contre son corps. La distance, elle aurait presque pu se creuser naturellement entre eux: leur confrontation, dans un jeu de clair obscure était la réaction chimique de deux éléments qui ne se mariaient pas. Pour Haruki, après s'être vu bousculé, le temps remettait finalement ses rouages en marche.

-Est ce que tu sais tuer le temps ?

Ses épaules relâchaient lentement la tension qui s'était installée là par réflexe, et il se débloquait les mains pour attraper un bout de partition et doucement le lui tendre. Haruki ne cillait pas, son visage était un masque de Venise sans apparat, oublié dans son coin, vierge de toute affabulation expressive. Seuls ses piercing sur et marquages corporels semblaient s'en charger, achevant son aura sinistre au premier coup d'œil.


Dernière édition par Haruki Lei le Sam 17 Sep 2016 - 21:52, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Kyoto Variation   Sam 17 Sep 2016 - 20:05

L'adolescente n'avait jamais eu la particularité d’être très forte pour déchiffrer les gens. Il n'y avait rien de plus agréable pour elle que quelqu'un de franc qui dise exactement ce qui lui passait par la tête avec clarté et simplicité. Les artifices n’étaient clairement pas son fort, et pourtant elle se prêtait souvent au jeu de décrypter la musique, d'essayer d'observer les autres compositeurs durant leurs prestations, essayant de déterminer ce qui pouvait bien passer dans la tête des plus grands musiciens de ce monde lorsqu'ils se laissaient aller a la plus simple de leurs compétences, la musique.

Elle n'avait pas prêté attention au fait que les morceaux de papier étaient des partitions de musique, ni au fait que le garçon semblait ne pas être très a l'aise de la rapidité avec laquelle elle avait entamé la conversation, sans aucune forme de gène ou de mise en garde. Elle avait voulu lui parler, alors elle l'avait fait, c’était tout simple. Elle fronce tout de même les sourcils devant la première réponse du garçon, penchant légèrement la tête sur le coté.

- Je...désolé, je ne comprend pas.

C’était peut être l'une de ces réponses philosophiques qu'il fallait prendre a un certain niveau de lecture, répéter encore la phrase jusqu'à lui trouver un sens caché. Fermant les yeux, semblant concentré a essayer de trouver une réponse a sa propre question, on pouvait lire sur les traits de son visage une intense réflexion intérieur, peut être même bien plus profonde que ce que la phrase avait vraiment voulu dire. Ouvrant les yeux d'un coup, elle se redresse un peu plus haut au dessus de son siège, retrouvant un grand sourire, ne lâchant pas son partenaire de route du regard :

- Oh, tu veux dire que les choses évoluent ? Dans le sens ou c’était du papier, puis tu l'as transformé en un oiseau, c'est un oiseau ? Désolé, et ensuite tu le déchire pour lui donner une nouvelle forme, et donc le temps agit et....je crois que je vais arrêter la.

Elle éclate de rire, tressautant légèrement, tantôt a cause de son éclat de rire pur et joyeux, tantôt a cause des sursaut du véhicule sur la route de béton. Elle regarde de nouveau les morceaux de papier déchirer dans un regard expressif, comme si elle semblait désolé pour l’œuvre qui avait était si jolie un instant auparavant, et retourne ensuite son attention vers le garçon qui a bougé un peu, lui tendant une feuille de papier semblant encore dans un bon état, lui posant une question qui la fit sourire. Presque éclater de rire a nouveau. Elle ne songeait pas a ce qu'il y ai un quelconque second sens cette fois.

- Et bien, je dois dire que je tue pas souvent le temps. Je préfère passer du temps a ses cotés, c'est quand même plus agréable non ? Ça serait un peu étrange qu'on tue le temps, vu qu'ensuite on ne pourrait plus l'utiliser. C'est un ami, pas quelqu'un qu'il faut combattre !

Elle prend la feuille de papier d'un nouveau sourire et l'observe, reconnaissant sans problème la partition en question. Elle n'aurait su dire de mémoire qui l'avait composé, mais les notes inscrites sur le document venaient l'une après l'autre se superposer dans sa tête, créant la mélodie comme si elle l'entendait d'un haut parleur du bus. « Ta ta tatata tatata tatatatata tata tatatatata tatata tatata... » et se mit a la chantonner pendant une dizaine de secondes les yeux clos. Une fois ce petit moment passé, elle reporta encore une fois son attention sur le garçon toujours en souriant :

- C'est marrant que tu utilises ça pour faire tes sculptures, si ma mère voyait ça, elle ferait sans doute une attaque.

Elle fit alors le rapprochement entre la présence du garçon dans ce bus peu occupé, la partition de musique plutôt compliqué a joué et clairement pas pour un débutant, et son propre objectif, la raison qui faisait qu'elle était la également. Si c’était bien un des musiciens invités a la réunion, alors elle espérait qu'ils seraient tous comme lui. Elle avait imaginé tomber sur une assemblé de gens tous comme sa mère, adepte de la musique classique, et du protocole. Hors lui semblait, au moins légèrement, sortir de cette image qu'elle s’était faite mentalement. Tout sourire, elle demanda avec spontanéité :

- Tu vas aussi a ce....euh....gala ? J'ai oublié le nom. Je ne connais pas les gens qu'il y aura la bas mais si ils sont comme les musiciens que je connais, ils ne vont pas aimer que tu fasses ça a une partition.

Mimant une grimace exagéré montrant bien son dégoût pour ce genre de personne ne comprenant selon elle pas la musique a sa juste valeur, ne s'amusant pas le moins du monde de ce qui était de son point de vue la chose la plus folle et grisante existante sur terre, elle reporta son attention sur le papier en question et commença a essayer de le plier un peu en s'appuyant sur le dossier de son siège. Concentré sur son œuvre, pliant grossièrement, montrant avec une évidence flagrante qu'elle n’était vraiment pas douée pour ce genre de pratique, elle finit par obtenir un pliage ne ressemblant a rien, bien loin de l'oiseau qu'elle avait voulu reproduire. Le mettant sous le nez de son ami avec fierté, elle fit d'une manière clairement exagéré :

- Tadaaa, comment tu trouves mon chef-d’œuvre, je suis presque plus douée que toi. Presque.

Elle éclata de rire a nouveau en faisait tourner dans l'air la sculpture avec sa main, comme si c’était un oiseau qui planait dans l'air étouffant de l'habitacle du véhicule.
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MessageSujet: Re: Kyoto Variation   Sam 17 Sep 2016 - 23:04

Oh, tu veux dire que les choses évoluent ? Dans le sens ou c’était du papier, puis tu l'as transformé en un oiseau, c'est un oiseau ? Désolé, et ensuite tu le déchire pour lui donner une nouvelle forme, et donc le temps agit et....je crois que je vais arrêter la... Après avoir repris consistance, la pression dans son dos, exactement entre ses épaules se crispait de nouveau, noyé sous ce flot de mots gazouillés. Il y en avait par centaines et par milliers, au dessus d'une voix joviale et enthousiasmée, comme les trilles d'un oiseau venu pépier au petit matin sur une branche près de sa fenêtre. Les pépiements du petit animal lui paraissaient néanmoins plus clairs que les mots contre lesquels la compréhension de son cerveau rebutait. La voix qu'il entendait avait quelque chose de très joyeux et léger dans le son de sa voix et d'inaccessible à la fois. Un rire cristallin, des mots, un autre rire et un autre ouragan de mots. Restreint dans cette proximité physique, Haruki se sentir terrassé, dans la volonté de comprendre et dans l'incapacité de répondre. Il abandonnait très vite l'un comme l'autre, et se laissa écouter le débit de la voix de sa voisine, -plus attentivement lorsque celle ci se mit à entonner. En éliminant le sens de ses mots, la situation devenait plus digeste et la tessiture de sa voix sonnait juste, d'une justesse comme cela n'était pas donné à la plupart des voix. Le Scarlatti chanté ainsi, se revêtit d'une nouvelle saveur aux oreilles du jeune homme, qui regrettait qu'elle s'interrompt soudain. Soudain, tout à coup, brusquement, tous ces mots lui allaient bien, à cette fille, un Allegro Giocoso, un allegro joyeux.

Il lui tendit une autre page, cette fois entière.

-Si elle fait une attaque c'est parce qu'elle l'a pas dans la tête ?

S'il avait su qu'il s'agissait d'Adélaïde Stein, une des grandes pianistes classiques et excellente référence contemporaine... non Haruki n'aurait pas su reformuler autrement. Il hochait brièvement de la tête quant à sa présence au... Gala ? La nature de l'événement lui échappait et quand elle se révélerait, serait sa prochaine source d'ennui. Surpris par le visage tordu que la fille afficha, Haruki se demanda ce qu'étaient "les musiciens qu'elle connaissait". S'ils affichaient tous des expressions ainsi, alors il y avait peut être de quoi impressionner.

-Je ne le ferai pas alors...

Il soufflait dans un demi murmure presque étouffé par le bruit du moteur. C'était là un élan de bonne volonté, résultat de ce qu'on lui avait appris, pour bien se tenir. Haruki se rappelait de ciller, une fois, mécaniquement, ayant pour effet un geste peu naturel au delà de l'impression déjà figé de son regard sans réaction. Les mouvements de la fille désormais dans son champ de vision pour éviter de nouveaux traumatismes par son trop plein d'énergie, il ne regrettait pas son choix lorsqu'elle brandit sans prévenir son art abstrait qui devait faire office d'oiseau. Une autre partition de paroles et des rires égayants.

-Je préfère quand tu chantes.

La voix du jeune homme, platement dénuée d'intonation, résonnait souvent avec une impression trop honnête et sans ressenti. Pourtant en cet instant, il le pensait vraiment.

Le bruit du moteur s'estompait et alors qu'il s'attendait à être arrivé, son regard balayant chacune des fenêtres à ses côtés démontèrent ses espoirs. Un accident de route plus loin, des sirènes et des lumières aveuglantes, et toujours cette attente nécessaire coincée entre des centaines de véhicules impatientes de se frayer un passage. Arriveraient-ils un jour quelque part.

Il levait les yeux sur les cheveux clairs de la fille.

-Ta voix est passée à la radio, oui?
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MessageSujet: Re: Kyoto Variation   Dim 18 Sep 2016 - 18:54

La réponse a sa boutade sur le fait que sa mère puisse faire une attaque en voyant la partition déchirée la laisse perplexe. Ce n’était bien qu'une blague a la base, elle n'avait aucune idée de la réaction qu'elle pourrait avoir en voyant ce spectacle, elle n'avait pas assez passé de temps avec sa mère pour le savoir. En revanche la question en elle même n'était pas dénuée d’intérêt. Ayame se demanda si c’était vraiment le cas, si sa mère aurait était capable de ressortir cette partition de tête. Elle ne l'avait jamais vu improvisé, toujours suivre scrupuleusement les partitions qui lui était demandé, sans jamais sortir une note de travers. S'amusait elle a faire ce genre de prestation ? La brunette en doutait, mais de toute manière puisque la grande Adelaide Stein-Masuda n'avait pas le temps de lui prouver que sa façon de jouer était la bonne, elle n'avait pas de raison de le penser.

- C'est une bonne question en fait, je pense qu'elle a joué tellement de partitions dans sa vie qu'elle aurait peut être du mal a en sortir une comme ça. Mais c’était plutôt pour le symbole que j'ai dis ça, le fait de détruire une œuvre célèbre. Mais bon ce n'est que du papier. La chose a retenir c'est l'instant ou joue le musicien, pas le bout de papier qu'il laisse derrière lui non ?

Elle lui sourit avant de se concentrer sur son pliage qu'elle ne parvient pas véritablement a rendre jolie. Mais cela semble l'amuser, et peu importe le résultat, c'est le plus important. Son sourire s'élargit quand elle l'entend dire qu'il ne le fera pas. Cela serait drôle de voir tout ces gens implacable sur la valeur des partitions de musiciens célèbres être indignés par la façon dont ce garçon étrange détruisait l’œuvre grandiose du grand Scarlatti. Secouant la tete, une mine un peu plus sournoise apparaissant sur son visage, elle répondit d'une façon amusée, dans un murmure de sorte que seul le garçon pouvait entendre :

- Tu pourrais en fait, ça serait amusant de voir leurs têtes accablés, tu ne crois pas ? Je déteste ces gens. Ils ne savent pas ce qu'est vraiment la musique. Oh, désolé.

Ayant l'impression qu'elle en avait trop dit, elle fit mine de fermer sa bouche a clé d'un geste de la main, et retourna a sa sculpture qu'elle ne tarda pas a achever. C’était vraiment moche, peu importe de quel coté on observait l’œuvre, mais elle semblait en être plutôt contente. Elle faisait tourner l'oiseau abstrait dans les airs, tentant de lui donner une vie qu'il n'aurait probablement jamais. Il finirait vite dans une poubelle, ou ne repartirait peut être même pas du sol de ce bus, humidifié par les pas des gens de l’extérieur. Une rougeur passa rapidement sur ses joues quand elle l'entendit lui dire qu'il préférait sa façon de chanter. Elle ne répondit pas immédiatement, faisant plutôt avec amusement :

- Je ne comprend pas, pourtant je le trouve magnifique cet oiseau. Il te regarde, la, et me dit de te dire que ce n’était pas très gentil de le dénigrer.

Elle pliait un morceau de son visage comme pour ajouter un œil sur le papier uniquement recouvert des notes de musique. Puis elle rebondit sur son complément, en agitant la main devant son visage afin de mettre deux poids deux mesures dans ses dires. Elle n'avait jamais trouvé qu'elle chantait bien. Sans doute parce que sa référence était son amie Reira. Son exemple vivant, et que peu importe a quel point elle l'avait dépassé, elle ne s'en rendrait probablement jamais compte.

- C'est gentil, pour tout te dire, le chant est la seule chose pour laquelle j'ai du prendre des cours, je ne suis pas très douée je trouve.

Bien que tout le monde lui disait le contraire, elle ne parvenait pas a l'accepter, a cause de son amie, entre autre, mais également parce qu'elle n'avait jamais voulu chanter, et qu'elle n'avait commencé que lorsque son agent, Jonathan, lui avait conseillé de le faire en prenant en compte que les chanteurs étaient les gens les plus célèbres dans le monde de la musique. Couplé au charisme naturelle de la brunette, c’était l'une des meilleures façon de la rendre célèbre un jour. Et elle avait beaucoup aimé le chant, qui était bien différent de la musique classique qu'elle côtoyait a travers sa mère depuis son enfance. Ce gala était une horreur pour elle. Le milieu qu'elle détestait le plus. Si ils commençaient a jouer, chaque personne se séparerait les uns des autres en se regardant comme des ennemis mortels, en critiquant au combien le ré mineur d'un tel manquait de profondeur. Tout en prenant en compte que sa propre partition était parfaite, bien évidemment. La musique c’était l'amusement et le rassemblement, pas le conflit.

Avec ces pensées, elle avait involontairement plissé les yeux et froncés les sourcils, qui se détendirent lorsque le bus freina et que la question de son compagnon arriva. Elle se demandait pourquoi il pensait cela. Il l'avait peut être déjà entendu ? Ou alors c’était juste une marque de politesse. Toujours est il que cela lui fait penser que Jonathan lui avait dit qu'il faudrait qu'elle enregistre une chanson. C’était le meilleur moyen d’être entendu dans tout le pays.

- Non, jamais. Tu penses que je devrais ? Tu t'y connais un peu ?

Constatant qu'ils n'étaient pas arrivés, elle croisait les bras sur le dessus du fauteuil ou elle se trouvait et y posait sa tête d'un air fatigué. Puis elle reposa la meme question que précédemment, n'ayant pas obtenu de réponse.

- Tu ne m'a pas dis du coup, tu vas a ce gala de pianiste ? Donc tu joues du piano. Depuis longtemps ? Tu joues quoi ? Tu aimes ça ? C'est amusant la musique non ?

Elle souriait avec plus de douceur, d'une façon plus jeune, plus heureuse. Parler de musique avec un inconnu, le voyage passait beaucoup plus vite soudainement. Sans se rendre compte qu'elle bombardait de question le pauvre garçon et le mettait sans doute mal a l'aise. Quelque chose qu'elle ne connaissait pas le moins du monde.
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Haruki Lei
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MessageSujet: Re: Kyoto Variation   Dim 18 Sep 2016 - 23:14

Concentré sur la voix de la fille, Haruki observait le bout de ses phalanges comme s'il essayait de comprendre que ses mains venaient de détruire une œuvre. Le Scarlatti déchiré sous ses doigts, et qui reviendrait hanter la mémoire de ces derniers martelés contre l'ivoirine et l'ébène des touches d'un instrument massif. Détruisait-il ou recréait-il, Haruki ne le savait pas mais dans ses intentions il ne prenait pas forcément plaisir à détruire. Il cesserait de s'en prendre aux partitions.

Le sourire sur lequel s'arrêtaient ses yeux laissa filtrer une autre ribambelle de mots. Lei lisait sur ses lèvres tandis que son ouïe replaçait les modulations de la voix qu'il entendait dans les gammes d'une clef de sol. Il y avait beaucoup de vivacité dans ce petit oiseau; il piaillait joyeusement son histoire, et le gothique l'écoutait.

-C'est quoi la musique ?

Mis en forme, la saveur de la conversation aurait peut être changé. Dis petit oiseau, quelle est la musique dont tu parles. D'où viens-t-elle et pourquoi détestes tu tous ces gens. Naturellement Haruki Lei ne faisait pas de grandes phrases ni n'avait l'art d'y mettre les formes. Il n'y avait dans ses propos, ni insolence, ni audace, mais simplement des mots soufflés comme si parler n'était pas dans sa nature. Il levait l'index jusqu'à la supposée tête de la création volante de sa voisine et l'effleurait dans sa contemplation silencieuse. Il décidait alors que les piaillements épanouis de sa créatrice ne le dérangeaient pas et continuait à lui prêter oreille. Ainsi, il en oublia le calvaire d'une longue route monotone.


Il observait la feuille de partition qu'il lui tendait toujours et élevait finalement la voix à son tour.

-Tu peux refaire ta...tatata?  

Il suffisait qu'une sonorité lui plaise pour être capable de vouloir la réentendre en boucle et sans relâche. Il ne pouvait dire si elle devait passer à la radio, ni si elle devait tenter des enregistrements mais la phonation qui résultait de sa gorge était particulièrement agréable à l'oreille. Elle ne chantonnait pas comme les voix novices et sans teneur, elle ne respirait pas comme tout initié inapte à hacher les phrases musicales au bon endroit. Haruki ne chantait pas mais son écoute était bonne, elle était sensible à tel point qu'on se demandait s'il s'en servait davantage à défaut de savoir communiquer.
Il pensa que la fille devrait chanter n'importe où et n'importe quand mais ne fut pas en mesure de le lui dire.

-Gala de pianistes...?

Les sourcils au dessus de ses paupières se contractèrent en un haussement apparent. Il avait en tête un séminaire entre musiciens, scène qui lui paraissait plus vivable que celle qu'il restituait à travers les mots de la fille. Ajouter des formes et subtilités sociales n'appartenaient pas au monde de Haruki et s'il s'y voyait contraint lors de ses concerts masqués derrière un paravent, il lui avait fallu des années pour le lui faire accepter. On lui avait dit que s'il voulait jouer du piano, s'il voulait accroître sa performance, il n'échapperait ni au regard du public ni aux codes qui allaient avec et ce n'étaient pas avec les tatouages et les piercings qu'il y parviendrait; c'étaient là les mots secs de l'intransigeante Moe Hitomi. Elle l'avait poussé très loin, Haruki Lei, lui faisant répéter, reformuler les mots de sa locution pour les transformer en phrases. Peut être autant de fois que ce qu'elle pouvait lui avoir fait rejouer les mesures jusqu'à ce que ce dernier dépasse la perfection; et elle savait qu'il continuerait ainsi longtemps. Il n'obtiendrait pas de don à force d'entraînement mais simplement parce qu'il était né avec, ses professeurs n'en doutaient plus.
Les surprises avaient néanmoins, un effet imprévisible et différent sur ce garçon aux allures obscures et tandis qu'il hochait la tête pour confirmer sa destination, une autre détresse voilée filait derrière ses lentilles. Là où on l'avait préparé à jouer avec d'autres musiciens en toute tranquillité, le conformisme s'imposait et les centaines de pupilles qui se tourneraient dans l'intention de capter ses yeux seraient ces centaines d'aiguilles cherchant à s'introduire dans les pores de sa peau. Il penchait alors la tête sur le côté, pensif. La peur, il ne la connaissait pas, la douleur propre à lui même, davantage. Son regard restait là à fixer celui de sa voisine, mais ses yeux étudiaient les mots qui sortaient de sa bouche pour les lire.


Il levait les mains, nouveau barrage entre leur regard, et les faisait pivoter lentement tout en faisant se mouvoir ses doigts.
Haruki Lei était un garçon né avec la logique harmonique imprégné dans le cerveau avant même de frôler les notes sur un clavier; tôt et sans apprentissage, les couleurs avaient commencé à avoir chacune un son dont la comparaison la plus proche était la fréquence épurée d'un piano. Ces sons étaient quant à eux une suite infinie de chiffres et si Haruki les maniait bien, il préférait la musique à l'algèbre: ainsi à travers une note unique, il entendait ses harmoniques jusqu'à ses spectres sonores déclenchés par la vibration de la corde. Haruki ne jouait pas de la musique, il la vivait et comme un sens supplémentaire, il avait appris à se l'approprier. Les sons de tous les jours étaient pour ses perception une musique continuelle, ponctuée de variations insaisissables auxquelles il devait se faire pour survivre ce monde. La musique, il la transmettait par la force de ses mains aux articulations endolories comme s'il la respirait: c'était un second coeur, là, entre chacun des battements irréguliers et simultanés à même le clavier. Alors jouait-il de la musique  par amusement, c'était pour lui une étrange question à laquelle il ne savait jamais vraiment répondre.

-Le timbre du piano, c'est fort, c'est harmonique. J'aime bien ses sons.

Le mouvement fascinant de ses phalanges continuait et il ajoutait.

-C'est comme ton chant.

Lentement le bus repartait et Haruki saisissait la création de la fille entre ses main pour l'étudier sous tous ses angles.
Ils ne tarderaient pas à arriver.
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Ayame Masuda
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MessageSujet: Re: Kyoto Variation   Jeu 22 Sep 2016 - 19:35

La première vraie question qui sort de la bouche du garçon arrête net l'adolescente. Jusque la elle n'avait pas fait autre chose que d'alimenter la conversation en se basant sur les bribes de mots qu'il consentait a lâcher. Mais cette fois ci, elle avait réussit semble t'il a l’intéresser, a un tel point que le voilà qui pose sa question avec un semblant d’intérêt. Difficile a dire si il l'était vraiment, tellement son visage ne reflétait aucune expression aux yeux de la brune, mais il n'y avait pas besoin d'apparence extérieur. C’était comme pour la musique, et ces musiciens qui se disaient de renoms et qui en faisait toujours trop. Pas besoin de le dire pour comprendre si quelqu'un aimait quelque chose ou non. Au contraire même, c’était souvent ces personnes qui étaient les plus honnête. La question était néanmoins complexe, mais Ayame ne mit presque aucune seconde de réflexion avant de commencer a répondre d'une voix assurée. Comme si sa réponse était prête depuis des années.

- C'est simple. La musique c'est une amie. Une entité. Avec qui tu échanges, avec qui tu t'amuses. Quand ça va et que tu joues du piano, il te répond avec joie et il est possible de s'amuser de longs moment. Si ça ne va pas, prend ta guitare, et alors grattes les cordes avec mélancolie et passion, et elle te répondra, te consolera. C'est une part de chacun de nous, non ? Tout ces gens, la ou nous allons. Ils ne sont la que pour eux, que pour se faire voir. Ils ne comprennent pas la musique. Ils sont égoïstes. Enfin pas tous, pardon. Il ne faut pas faire une généralité bien sur.

Elle sourit, autant pas sympathie que par excuse car ce n’était pas exactement ce qu'elle aurait voulu dire au garçon. Elle aurait préféré évoquer des paroles plus profondes, tout en restant braqué sur le coté universelle de la chose. Ou tout simplement lui dire que lorsqu'elle jouait, plus rien n'avait d'importance, que quand elle jouait, elle se sentait vivante. Peut être l'avait il comprit a travers cette phrase un peu étrange, mais c’était impossible d'en être sur. Détournant le regard vers sa monstruosité de papier, elle lui caressa la tête du bout du doigt en continuant :

- C'est pour ça que même si cet oiseau est hideux, il n'en reste qu'il est bien plus intéressant que la partition. Car la musique est intéressante quand quelqu'un la joue, pas quand quelqu'un l'écrit, selon moi. Et toi, tu préfères dessiner des notes de musique sur une feuille d'une façon monotone, ou discuter avec ton piano avec passion ? Hum ?

Elle laissait sa tête tomber sur le coté, de nouveau appuyé sur le siège. A ce moment la, sa voix résonna de nouveau dans l'habitacle a l’arrêt. C’était étonnant que le bus ne reparte pas, il y avait peut être un problème ? De toute façon ce n’était pas important, plus elle resterait ici, moins elle n'aurait a être avec tout ces gens. Il lui demandait alors de chanter a nouveau. Elle ouvrit les yeux légèrement surprise que son solfège improvisé ai attiré son attention, mais ne refusa pas. Au contraire, plus que des notes, elle avait envie de chanter des paroles. Réfléchissant un instant, elle finit par faire sortir de ses lèvres une légère mélodie.

jibun no kako ni toraware mayotte 
sou janai yo to  iikikasete  subete o 
jiyuu ni ayatsureru ka nante 
wakaranai yo to  sora wa kasunde 
sekai wa doko? 

boku no tenohira ni  nokoru daiji na mono 
wasurenai kioku  nando demo 
kimi o mamorinuku to sakende 
makimodoshi no naka  tsukanda ai wa sou 
hanashi wa shinai kara 


Elle sursaute presque en constatant qu'elle ne voulait chanter qu'une ou deux phrases et qu'elle a finit par faire deux couplets. Ce n'avait pas était volontaire, comme toujours lorsqu'elle se laissait porter par la musique, elle ne se rendait plus vraiment compte de ce qu'elle faisait. Souriant timidement en se demandant si cela lui avait plu ou l'avait ennuyé, elle laisse son oiseau au garçon avant de cacher son visage dans ses bras.

- Désolée, j'avais un peu oublié ou j'étais.

Se retournant une seconde et constatant que les personnes les plus proches la regarde, elle retourne son attention vers ses bras et disparaît a nouveau. Haruki semble étonné de l'histoire du gala. Elle se faisait peut être des idées, il n'avait peut être rien a voir avec toute cette histoire. Inconsciemment elle lui avait demandé en espérant que ce soit le cas et qu'elle ne se retrouve pas seule au milieu de cette meute de loups prêt a tout pour mettre en pâture un potentiel rival, surtout une qui n'avait jamais prit de cours et n’était la que par relation. Elle constata cependant du coin de l’œil qu'il hochait la tête et son visage parut soulager. En souriant elle marmonna :

- Et bien nous voilà dans la même galère alors.

Il leva alors les mains, faisant bouger ses doigts, ou plutôt faisant danser ses mains comme sur un piano, avec une précision que remarqua tout de suite l'adolescente. Il n'y avait pas besoin d’être un musicien pour voir que quelqu'un faisait du piano. Il était nécessaire d’être une grande pianiste pour comprendre en un instant que ce garçon n’était pas n'importe qui. Subjugué par les mouvements, elle ne parla plus pour la première fois depuis le début de leurs rencontres, et c'est lui qui s'occupa de couper le silence, fait étrange au vu du début de leurs relation.

Mais elle se retrouvait parfaitement dans les quelques mots qu'il prononçait. C’était fort. C’était comme un grand frère. Comme Arata qui lui avait apprit. Elle venait d'en prendre conscience. Le piano était l'exacte image musicale qu'elle se faisait de son frère. La bouche entrouverte devant cette semi-révélation, elle restait comme inerte, incapable de dire quoi que ce soit, l'esprit entravée de mots. Ce garçon était étrange, il ne parlait pas beaucoup. Mais a chaque fois qu'il avait dit quelque chose, cela sonnait étrangement juste. Encore plus lorsqu'il lui disait qu'il aimait bien son chant. Chose rare, cette remarque la fit rougir. Elle avait l'habitude des compliments du public. En revanche, qu'un grand musicien comme il l’était probablement était un compliment a prendre vraiment au sérieux. Et alors que le véhicule reprenait sa route, elle brandit ses mains a son tour, imitant son aîné, faisant bouger ses doigts dans les airs, sans doute avec moins de précision, d'avantage de douceur.

« Dam, dam dam, dam, damdamdamdamdam, DAM »

Et sous les impulsions de sa voix, renforçant les mouvements élégants de ses petites mains, la pluie redoubla d'intensité.
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MessageSujet: Re: Kyoto Variation   Dim 12 Mar 2017 - 16:04

Perdu dans la contemplation d'un martèlement pluvieux contre la fenêtre, Haruki fut l'un des derniers à sortir de l'autocar. À peine le pied dehors qu'il se figeait, sans se soucier de la petite vocaliste sur ses pas. Qu'elle le percuta ou pas ne sembla nullement le faire réagir, occupé à apprécier la texture ruisselante de la pluie battant sur ses paupières, sur son visage, le long de son cou.
Les gouttes qui s'écrasaient sur ses lèvres délaissèrent la subtilité de leur saveur averse s'oublier sur son palais; Haruki aimait ce temps là, il dépeignait le décor de gris, et ces tons étrangement agencés entre les nuances de blanc et de noir lui semblaient familiers. Vaguement, comme un air de déjà vu, tandis que les paroles chantées plus tôt se répercutaient entre les parois de sa tête. Le ciel s'assombrit, où puis-je trouver la bonne direction ?

Seikai wa doko.

Un murmure vide et répétitif qui ne serait jamais entendu.

-... Dam-dam tu vas dans cette direction ?

Il n'avait pas bougé. Son regard sombre et absent glissait vers les mondanités rassemblés à l'intérieur de ce somptueux temple érigé plus loin. Deux réceptionnistes arrivaient à eux, les parapluies noirs grands ouverts et, dans une décomposition lente et séquentielle de leur taille grandissante à mesure de leur proximité, Lei jetait un œil derrière lui: aujourd'hui la fille d'Adelaïde Stein de blanc vêtue, ne pouvait passer inaperçue.


-Bonjour, bienvenus. C'est par ici. Quel temps pluvieux !


On ne fit aucun commentaire sur l'étrange accoutrement de ce garçon et ce dernier les suivit sans un mot. Peut être repartirait-il, qui sait. On les débarrassaient poliment, leur attribuait des chambres, leur indiquait l'étage des rassemblements. Haruki laissait patiemment les formalités se dérouler et enfournant les clefs dans la poche, disparut au détour d'un couloir. Il n'apparut pas de la soirée malgré les coups d'œil nerveux de Moe à travers la foule.



La foule se disloquait au fur et à mesure que la nuit s'installait, il y avait toujours comme un quelconque signal et lorsque tombaient les lumières, il fallait cesser toute activité. Lei préférait la nuit au jour et ce n'est que lorsque tout le monde parti, que sa silhouette se découpa dans le clair obscur de la terrasse. Assis sur le rebord, dos au vide et face à l'immense pièce découpée à la traditionnelle, il se complaisait au silence, celui d'après les cérémonies. Personne ne pourrait lui reprocher de ne pas avoir assisté aux représentations.

La pluie n'avait cessé de tomber, les fenêtres avait été refermées mais même mis dehors par mégarde, Haruki ne semblait pas s'en faire. Il descendit de son perchoir abrité par la structure du toit, et entamma le premier tour de l'édifice.
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MessageSujet: Re: Kyoto Variation   Mar 14 Mar 2017 - 1:49

Encore un morceau, juste un ? Tout depuis la seconde ou elle a mit les pieds dans cet endroit l’horripile. Le visage souriant qui l'observe comme une bête de foire, l'admiration qui ne touche que l'ombre de sa mère, la politesse plus qu’exagéré a son encontre, même des gens de son age ! Il y a pourtant des génies ici, qui sont, peut être, plus talentueux qu'elle. Pour ce dernier détail, elle n'en est pas sure, car son orgueil l’empêche d'admettre ce genre de choses. Enfin elle a était l'un des musiciens les plus applaudit de la soirée. Dans le reste des prestations, il n'y avait rien. Aucune fantaisie, aucune création personnelle, aucune touche hors du cadre de la sobriété. Chaque participant avait parfaitement joué sa partition, a la note prêt, sans aucune erreur. Comme des robots.

Elle l'avait fait aussi, fait ce qu'on lui demandé. Elle avait cependant eu du mal a ne pas partir dans une improvisation a la fin de sa dernière sonate, la Trente-et-unieme de Beethoven en la-bémol. Mais ce n'était pas le moment de faire n'importe quoi, Jonathan est dans la salle, il écoute attentivement ce que sa protégée effectue, et par respect pour lui, elle ne fait rien d'hasardeux. Et enfin c'est terminé. Soupir de soulagement. Elle n'est pas fatiguée, ne transpire pas comme ce soir de concert dans un petit bar du centre ville de Keimoo avec son amie Haneko ou elle avait fini comme en transe et avait eu ensuite du mal a tenir debout tant sa prestation l'avait épuisé. Elle n'est juste pas épanouit par ce concert soporifique.

Sourire factice, poignée de mains rapides, et elle se dépêche de quitter la salle principale après avoir prit un verre d'eau sur une table. Elle évite les personnes qui venaient sur sa route, les groupes de gens qui auraient eu l'envie potentielle de l'attraper lorsque sa route croise les leurs. Ça y est, la salle est derrière elle. Sa chambre, son seule havre de paix dans cet endroit étouffant. « Ara-nii, viens me sauver ».

La seule chose qui l'avait un tant soit peu intéressé n'a même pas joué. Ce garçon dans le bus, aussi étrange qu'intriguant, qui n'est pas apparut de la soirée. Elle a déjà oublié son nom, si jamais il lui a dit bien sur, elle n'en est même pas sur. Toujours est il qu'elle est persuadée qu'il aurait donné une vie a cet enfer musicale. Comment la musique pouvait être aussi ennuyeux. C’était sa vie, et pourtant elle ne l'avait pas reconnu. Un peu comme lorsque sa mère avait voulu rectifié son apprentissage. Elle s’était heurté a un mur aussi dur que pouvait être têtue la plus jeune des Masuda.

La chambre n'est pas un refuse tout compte fait. Ce n'est qu'une autre partie de cet endroit qui ne lui inspire que du dégoût et de l'ennuie. Elle attrape sa guitare, et ressort, continue sa route en montant les marches comme elle le peux., sans savoir ou elle va déboucher. Une porte. Des escaliers, encore une autre, des marches. Elle monte. Elle descend. Et enfin une dernier ouverture qui la laisse déboucher dans la nuit. Une terrasse. Elle ne voit personne. Il semble n'y avoir personne. Tant mieux alors. Jamais elle n'aurait eu le courage d'une nouvelle conversation sur « les projets de succession de sa mère». Il est vrai que beaucoup attendait la suite et la venue de la jeunesse de la famille, réputé comme talentueuse dans le domaine de la musique.

Elle fait quelque pas, avance jusqu’au rebord.  Elle ferme les yeux. Le vent caresse son visage. Il ne pleut plus, ou du moins il ne semble pas. Elle va vers un autre rebord, a sa droite cette fois. Les yeux se refermant de nouveau, elle inspire une fois, expire. Elle inspire une seconde fois, mais n'expire pas. Elle garde l'air dans ses poumons avec un certain délice. Puis explose. Un cri sort de sa bouche. Une note aiguë qui vient détruire la nuit, heurté le ciel, dialogué avec cette lune qui l'observe depuis un lieu inatteignable. Elle laisse cette note sortir en même temps que l'air de ses poumons. En même temps qu'une journée de frustration accumulée petit a petit.

Le silence revient.

«naaa na na naaa na na »

Elle lève la tête lentement vers le ciel encore nuageux, qui ne laisse pas voir les points lumineux, ces fameuses amies luminescentes qui la soutiennent pourtant souvent dans les moments difficiles, dans la vie comme dans la musique. Elle chante souvent pour elles.

aimo aimo
ne-deru ru-she
noina miria
enderu purodea
fotomi

koko wa attaka na umi dayo

ru-rei rureia
sora wo mau hibari wa nami da
ru-rei rureia
omae wa yasashi midori no ko

aimo aimo
ne-deru ru-she
noina miria
enderu purodea
fotomi


Sa voix s'éteint dans la nuit aussi vite qu'elle s'est élevée. C’était doux, a l'image de la sensation qu'elle avait eu lorsque enfin après une soirée de retenue, elle avait pu respirer. Maintenant elle avait retrouvé son calme. Ses sensations. Sa musique était de retour. Mais une chose était encore bloqué dans sa poitrine. Une sorte de hargne qui la pousse a vouloir encore hurler. Non, elle ne veux pas hurler, elle veux simplement continuer de vivre dans ce monde qui lui appartient de droit. Ce monde ou les notes sont a elle, et non pas a des illustres inconnus qui la force a répéter encore et encore les mêmes choses. Elle empoigne sa guitare, et se met a gratter les cordes avec vivacité.

Kara no kokoro wo terasu mono wa nani ? 
Sakebi tsuzukeru hikari todoku made

Falling through the cracks
Kurayami e ochiteku
Anata no sono te wo zettai hanasanai
Tell me the story of your life
Mada michi no tochuu
Anata wo watashi wa zettai akiramenai

Osaerarenai shoudou
Nanigenai hibi wa aijou
Natsukashii kaze ni furimukeba
Itsudemo anata no koe ga suru yo

Underdog wa wander around
Mawarimichi shitemo nigeru yori mashi yo
Jibun de jibun wo shinjirarenakucha
Dare wo shinjiru no ? 

Hikari ni sono te kazase


Elle s’arrête, sa voix faiblit, mais ses doigts eux continuent dans une danse parfaitement huilée, qui ne souffre d'aucune hésitation. Elle sourit pendant que son front commence a luire d'une douce bruine reflétant ses efforts.

Shining through the clouds
Kurayami e ochiteku
Anata no sono te wo zettai hanasanai
Tell me what is on your mind
Hateshinai yume wo
Oikake bokura wa zettai akiramenai
Kotae no nai jinsei ni kujikesou ni naru kedo
Don't give it up ! Keep it up ! Turn it upside down ! 
Kokoro wa tsunagatteru yo tatoe tooku hanaretemo
Tomo ni tomo ni ikiteyukou

Itsumo zenryoku shissou
Mezasu no wa ano choujou
Sagashitsuzuketeru ibasho wa
Itsu demo anata wo matteiru yo

Our lives wa winding road
Yorimichi shitemo modoru yori mashi yo
Tatoe machigaetemo muda janai kara
Mayowazu ni susume

Sono te wo sora ni kazase


Elle s’arrête une nouvelle fois. Elle a presque l'impression que les nuages s'écartent devant ses paroles, que les étoiles apparaissent devant elle petit a petit, son public personnel qui ne se déplacerait pour personne d'autre. Après tout, c'est elle en ce moment qui joue, c'est elle qui est en train de déchirer la couche nuageuse. Pas toute cette bande d'abruties en costard qui se caresse dans le sens du poil d'une main tout en cachant un long couteau dans leur dos de l'autre. Ce monde n'est pas le sien, ce bâtiment est un ennemi, et la terrasse le dernier bastion ou elle peux être. Mais ce bastion est une victoire, car il y a encore une minute, il n'était pas non plus un ami. Mais maintenant, ce territoire est totalement conquis. Elle chante plus fort, au risque de réveiller le bâtiment qui ne dort sans doute pas encore.

Falling through the cracks
Kurayami e ochiteku
Anata no sono te wo zettai hanasanai
Tell me the story of your life
Mada michi no tochuu
Anata wo watashi wa zettai akiramenai
Kotae no nai jinsei ni mayotte bakari dakedo
Don't give it up ! Keep it up ! Turn it upside down ! 
Kokoro wa tsunagatteru yo tatoe tooku hanaretemo
Tomo ni tomo ni ikiteyukou

Hikari ni sono te kazase

Shining through the clouds
Kurayami e ochiteku
Anata no sono te wo zettai hanasanai
Tell me what is on your mind
Hateshinai yume wo
Oikake bokura wa zettai akiramenai
Kotae no nai jinsei ni kujikesou ni naru kedo
Don't give it up ! Keep it up ! Turn it upside down ! 
Kokoro wa tsunagatteru yo tatoe tooku hanaretemo
Tomo ni tomo ni ikiteyukou


La dernière parole s'échappe de ses lèvres, et d'un dernier coup de poignet, elle achève la danse qui on fait venir les étoiles. Elles sont la, derrière les nuages qui se sont légèrement écartés pour les laisser passer. Même si ce soir elles ne sont pas les mieux placés, elle est touchée car elles ont au moins fait le déplacement. La respiration haletante, elle éclate de rire devant cette dernière idée, avant de fléchir les genoux, puis de tomber assise, et enfin allongé sur le sol, couvert d'eau de pluie provenant de l'ondée précédente. Si sa mère voyait sa robe trempée, rendant le tissu légèrement transparent d'une indécence non voulue. Mais c'est son visage souriant d'une manière a la fois enfantine et mature qui pourrait faire comprendre une chose a n'importe qui. Ce soir, elle a conquis la galaxie toute entière. Sa galaxie.
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MessageSujet: Re: Kyoto Variation   Mer 15 Mar 2017 - 14:12

-Dam-dam tu as fait peur à la pluie.

Les premières notes perdues dans les airs et Haruki avait levé la tête comme s'il cherchait à capter la teneur d'un appel lointain. Il n'avait pas eu à chercher longtemps, les paroles étaient partis en crescendo, le chant était venu à lui, la voix avait résonné sans frontière. Rien à voir avec les airs entonnés dans le bus ni le Beethoven interprété quelques heures plus tôt sans erreur. Plusieurs fenêtres s'étaient ouvertes depuis, esprits curieux et âmes transies par la puissance de cette voix, et tandis qu'emplissaient les derniers couplets à travers les airs moites jusqu'à percer le ciel, Haruki s'approchait de l'intensité du chant. Il s'éteignait presque brutalement, passage d'un coup de vent pour dégager les nuages, et la silhouette blanche se laissait tomber au sol après un rire joyeux.

Le silence revenait de nouveau et Haruki s'accroupit près de la petite chanteuse.

-Mais maintenant il y a des étoiles.

Des applaudissements retentirent depuis les plusieurs fenêtres ouvertes, puis des pas se rapprochèrent d'eux. Découvrir la fille de Stein ainsi ferait certainement jaser la population, bien que Haruki n'en avait pas la notion ni n'avait la présence d'esprit d'y penser. Il ne lui venait pas en tête qu'elle pourrait attraper froid, ni qu'elle serait susceptible d'être dorlotée entre quatre soin pour s'être effondrée sur la pluie. Loin des tumultes ordinaires Haruki Lei appréciait la soirée à sa façon.

-... et tous ceux que tu attires de fait.

On se rapprochait et, comme un animal sauvage Haruki s'apprêtait à s'éclipser silencieusement par la cage d'escalier. Il se retournait au dernier moment.

-Est ce tu peux chanter pour les autres qu'on ne voit pas encore là haut ?

Les autres étoiles dans le ciel.
Celle qu'on ne pourrait apercevoir que de l'autre côté du bâtiment, en passant pas l'autre salle concert de l'étage inférieur. Et il disparut le premier.
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MessageSujet: Re: Kyoto Variation   Mer 15 Mar 2017 - 17:26

Lorsque la tension monte, encore et encore et encore, jusqu'à finalement atteindre un point de non retour, une apothéose, la chute est toujours plus violente. C'est ce qui arrive souvent a  Ayame quand, perdu dans son monde de musique, elle ne s’arrête plus pendant de longues minutes. Et quand elle reprend conscience de la réalité qui l'entoure, elle est toujours essoufflée, moite, fatigué d'un effort physique important. C'est peut être parce qu'elle a toujours eu une santé fragile, et que la maladie qui l'avait atteinte plus jeune était toujours présente, quelque part.

Mais rien n'y faisait, elle n'était jamais aussi heureuse que ce moment ou les larmes roulent sur ses joues sans qu'elle ne puisse rien y faire, ce moment ou la pression retombe et que ce sentiment de joie l'envahit jusqu'au plus profond de son être. C'est sa, la musique. Sa musique. Un moment ou elle s'exprime pleinement, sans que rien ne lui rappel d’où elle vient, de qui est hérite, des attentes placés sur ses épaules. Dans ce moment précis, elle est simplement Ayame. Elle sens le froid s'infiltrer a travers le tissu de sa robe et réprime un frisson en ouvrant les yeux, un sourire toujours peint sur son visage. Elle n'a rien entendu jusque la. Elle n'avait pas vu qu'on l'écoutait, qu'on l'applaudissait. Qu'on lui avait parlé. Qu'on était juste a cote d'elle.

Elle sursaute a moitié. C'est ce garçon étrange avec qui elle avait sympathisé dans le bus. Celui qu'elle avait désespérément attendu durant toute la réception dans l'espoir qu'il illumine cette lugubre soirée de par son talent. Elle n'en doutait pas une seconde alors même qu'elle ne l'avait jamais vu joué. Le mouvement de ses mains dans le véhicule avait suffit pour la convaincre qu'il était largement meilleur que toute les personnes qu'elle avait entendu jouer ce soir la. Elle allait même jusqu'à admettre mentalement qu'il avait sans doute son niveau. Qu'il était peut être même meilleur. Si ce n’était qu'au piano, elle acceptait sa défaite. Après tout ce n’était qu'un des nombreux morceaux de son panel musical, fut il celui qui servit de base.

Il y a des étoiles en effet. Son cœur se soulève un instant en constatant qu'elle n'est finalement pas la seule a les voir. Quelqu'un d'autre semble s'y intéresser, et sans le vouloir, son sourire s'élargit. Les applaudissement redoublent d'intensité et elle finit par prendre conscience de cette partition rébarbative qui s'écoule depuis le bâtiment. Ses yeux glissent vers la façade pour apercevoir des vagues silhouettes penchés vers la terrasse ou elle se trouve. Elle retourne son regard vers le garçon, qui n'est déjà plus la. Il parle, comme dans une invitation. C'est comme ça qu'elle le prend. Enfin non en fait. Plutôt comme dans une tentative de la sauver. Il a déjà disparut quand elle se redresse.

Des bruits de pas dans l'eau recouvrant d'une fine couche la surface de la terrasse. Elle baisse les yeux pour voir les reflets de ses formes oscillants entre l'enfant et la femme percer a demi a travers le vêtement humide. Elle se penche afin d'attraper le bas de sa robe qu'elle retrousse au dessus du niveau des genoux pour lui laisser une liberté de mouvement plus importante. Elle noue comme elle peux le tissu, achevant de détruire la robe déjà bien éméché par l'eau l'imbibant, juste a temps pour voir les premières personnes arriver sur la zone. Certains ont l'air enjoués suite a sa prestation, d'autre ont la mine sévère après avoir entendu cette chanson aussi éloigné de ce qui est joué habituellement ici que la terre par rapport a la ligne. Des années lumières.

Elle analyse l'endroit par lequel son compagnon de voyage a disparut. La route est bouché par les nouveaux arrivants. Une fenêtre a sa droite est ouverte. Elle s'y précipite en attrapant sa guitare, sous le regard interrogateur des adultes présent. Qu'est ce que fait la fille d'Adelaide Stein dans cet accoutrement indécent, âpres avoir joué de la musique quasiment considéré comme hérétique, s'enfuyant a leur arrivées ? Elle parvient a se hisser sur le rebord légèrement plus haut qu'elle, et passe ses jambes a l’intérieur du couloir, avant de fermer la fenêtre pour éviter d’être suivi trop facilement. Une vraie manœuvre de fuite, digne d’être plus grand espion des films qu'elle regarde souvent le samedi matin avec Arata ou Léa.

Il a parlé de l'autre coté, il faut donc qu'elle rejoigne l'autre versant du bâtiment. Elle ne connaît pas trop le chemin a prendre, et improvise, son instrument a la main. Elle marche dans les couloirs a moitié a l'aveugle sans savoir si elle est dans la bonne direction. Elle parvient finalement dans une salle de concert, visiblement a l'étage inférieur de l'endroit ou elle se trouvait précédemment. Elle se rappelle maintenant, et connaît le chemin qu'elle doit finir d’empreinter. En chantonnant des paroles incompréhensibles, qui n'avaient d'autres buts que de l'encourager a avancer, elle parvient finalement jusqu'à son objectif.

Elle marche tranquillement en s’essuyant le front, tout en réajustant sa robe pour se rendre un peu plus présentable. Enfin, ce n’était pas une franche réussite, mais c’était toujours mieux que rien. Comme aurait dit Léa, il faut toujours être a la mode, peu importe les circonstances. Mais cette petite aventure lui faisait prendre conscience que cette phrase de son aînée ne pouvait pas toujours prendre tout son sens. Elle ne s'en préoccupe pas vraiment. Elle ne connaît pas ce garçon étrange, mais elle sait qu'avec lui, elle n'aura rien besoin d'autre que la musique. Arrivant lentement a sa hauteur, elle ne le regarde pas, s'accoudant a une barrière, regardant ces fameuses étoiles qui, malgré leurs aspects identiques aux précédentes, sont un autre public a ses yeux. D'une voix basse et douce, elle murmure lentement :

- C'est pas vraiment sympa, je t'ai attendue toute la soirée. Je voulais t'entendre jouer. Tu es le seul intéressant ici.
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MessageSujet: Re: Kyoto Variation   Mer 15 Mar 2017 - 22:52

Un froissement des airs et la jeune Stein faisait son entrée, trempée, sa guitare à la main et sa robe retroussée dévoilant des jambes frêles. On aurait presque dit qu'elle venait de se battre avec quelqu'un ou alors, on aurait peut-être d'autres idées plus insidieuse à spéculer si on l'apercevait sortir seule d'une salle avec ce sinistre inconnu. Et elle avait sans doute un nom, cette fille de pianiste attendue et acclamée sur la scène quelques heures plus tôt; on l'avait annoncée et son prénom avait parcouru la salle de bouche en bouche. Seul Haruki était celui à qui cette annonce avait fait ni chaud ni froid; pas par désintérêt mais parce qu'aucun auteur, musicien ou célébrité en particulier, que ce soit actuels ou passés ne le faisaient réagir. Il s'était contenté d'écouter les auditions une à une et d'apprécier les ballades des mains virevoltant sur le clavier, il s'était contenté de laisser les hertz infiltrer son être comme s'il pouvait les respirer. Haruki Lei n'avait pas la notion exacte de la sympathie. Il se contenta d'apprécier la teneur de sa voix et de retourner le regard vers le ciel aux nuages passants.

Ayame, perchée en équilibre de celui de fillette avant de devenir une jeune femme, elle ressemblait à un petit Enaga blanc sur ses traces, tandis que les les yeux levés vers le ciel et venu trouver place à ses côtés, délicatement, tout comme la phrase qu'elle prononçait sans le regarder. On aurait dit qu'elle s'adressait aux étoiles, et les étoiles lui répondaient d'un silence scintillant.

-On voit pas leurs yeux à elles. Les yeux...

Laissée en suspens, son murmure se mourrait ainsi oublié. Haruki observait ceux qui tentaient de retrouver la source de la musique de tout à l'heure. Ils ne chercheraient toutefois pas très longtemps; il se faisait tard et il ne se passait sans doute rien de bien grave. Hormis ce cri d'avant la chanson. On repartait déjà à nos chambres; le lendemain le programme par petit groupe annonçait une journée chargée.



Un scintillement attira le regard de Lei, sur cette goutte d'eau prête à dégringoler quelque part depuis le menton de la jeune fille. Qu'elle fut une larme ou la fin d'une averse, Haruki d'un mouvement de la main la récupérait sur la pulpe de son doigt. La lumière nocturne à travers cette goutte, il n'y voyait pas grand chose en réalité mais l'effet était toujours aussi fascinant.

-Celle qui intéresse c'est pas moi c'est toi.

Le moindre chuchotement, on aurait dit qu'il aurait pu se répercuter sur chacun des murs de cette vaste salle vide. Les chaises empilées impeccablement dans les coins, ils avaient aménagé le pavillon pour les conférences et rassemblements; il n'avait pas les allures d'une salle de musique, bien qu'une petite scène avait été élevée au fond. Seules les lumières de l'extérieur venaient accentuer l'effet de clair obscur et avec les lumières éteintes, personne ne penserait à venir voir jusqu'ici... sauf si on commençait à jouer les fenêtres ouvertes. Mais le silence présent plaisait à l'ouïe d'Haruki Lei.

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MessageSujet: Re: Kyoto Variation   Jeu 16 Mar 2017 - 0:58

- Elles te regardent, toi et toi seul.

Elle montre les points scintillants dans l'infinité spatiale qui semble se targuer du spectacle avec soit un intérêt profond, soit un dédain arrogant. Comment pouvoir analyser ces petites boules de fumée si loin et qui semble pourtant si proche aux yeux de l'adolescente. Son sourire s'élargit. Une étoile, c'est lumineux. Et donc c'est toujours heureuse. C'est d'une logique enfantine certes, mais pas besoin de toujours rendre tout compliqué.

- Tu es le seul de nous deux qu'elles n'ont pas pu voir ce soir. Elles me parlent et me disent qu'elles sont intrigués par le mouvement de tes mains.

Elle recule, et imite le mouvement qu'elle s'est délecté d'analyser dans le bus précédemment. Sur ce rythme qu'elle avait décortiqué une bonne partie de la soirée, se donnant une nouvelle idée de partition qu'elle avait gribouillé sur le bloc-note qu'elle avait partout.....et qui etait dans la house de sa guitare qu'elle avait oublié sur l'autre terrasse dans la précipitation. Elle retient un juron en relevant la tête vers les astres lumineux, cherchant du réconfort.

- Ici tout n'est que jugement. Chaque personne présente dans la salle ce soir attendait une potentielle opportunité de mettre a mal un concurrent direct dans une carrière qu'ils n'ont même pas encore débuté. Alors que les étoiles elles, n'ont pas d'yeux, certes, mais n'ont pas non plus de méchanceté gratuite, et surtout, elles écoutent pour le plaisir de la musique. Pour entendre les créations mêmes les plus simples des gens qui jouent par amour. Parce que la musique n'est que passion et amour. Pas cet amas de copie qui continue de se déverser dans les salles mondaines depuis de trop nombreuses années.

Ses mots sont assurés, son discourt cohérent, dans l'idée bien que l'on est d'accord avec son point de vu. Elle n'a rien d'une jeune adolescente quand elle parle devant ce ciel, mais plutôt d'une enfant qui a malheureusement déjà bien connu le monde difficile de la musique, ou pour grimper, il faut jeter les autres a terre. C'est pour cela qu'elle a besoin de ces instants pour elle, comme sur la terrasse précédemment. Car c'est la que s'exprime réellement ce qu'elle considère comme etre de la musique.

Pour la première fois elle se tourne vers le garçon, de face, retrouvant une expression plus proche d'une fille de son age. Elle pointe un nouveau doigt accusateur vers lui. C'est sa faute si tout le monde la regarde. Si il est doué, il aurait du jouer et prendre sa place sous ces foutu projecteurs. Elle pourrait lui crier dessus. Pleurer de dégoût, mais se contente de baisser la main a nouveau, comme a court de mots. Elle secoue alors la tête de dépit :

- Ce n'est pas moi qu'ils regardent, c'est ma mère, Sa fille doit être doué, dépêchons nous de mettre le grappins dessus afin d'en tirer le plus possible avant qu'elle soit hors d'atteinte. Si il savait qu'il y a longtemps qu'elle n'en a plus rien a faire de moi. Si elle en a déjà eu a faire quelque chose bien sur. Ils ne l'atteindront pas de cette manière.

Elle pense a ce qu'elle vient de dire en grattant distraitement les cordes de son instrument, projetant quelques notes éparpillées vers le public céleste. Elle se demande bien pourquoi elle parle a ce garçon étrange. C'est plutôt méchant, elle vient de se rendre compte qu'elle n'était pas vraiment intéressé par lui, mais plutôt par son potentiel pour prendre sa place dans ce monde qu'elle n'a jamais voulu, qu'elle rejette de toute ses forces.

- Je t'ai attendue toute la soirée, répète t'elle alors, mais tu n'as pas joué. Ou étais tu ? Si tu avais une combine pour ne pas passer, tu aurais du me le dire.

Elle pose sa guitare sur un banc, et se met a essorer consciencieusement son vêtement, laissant goutter l'eau qui l'imbibait jusque la. Elle parle beaucoup, mais cela lui ôte un poids qu'elle traînait depuis qu'elle avait accepté a contre cœur de venir dans cet endroit. Au moins elle n'était pas si seule. Au moins ce garçon ne semblait pas vouloir parler pour rien dire. Si il écoutait juste, alors ce serait suffisant. Mais elle voulait entendre sa voix a nouveau. Et tout en continuant sa besogne, une dernière mélodie s'échappait de ses lèvres :

- Tu joues du piano non ? Au delà du fait que tu sois invité ici, tes gestes parles mieux que tu ne pourrais le faire. Montre moi, joue pour moi.
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MessageSujet: Re: Kyoto Variation   Lun 20 Mar 2017 - 14:04

Le visage face au ciel mais le regard de coté posé sur les mouvements de la jeune fille, Haruki laissa filer cet étrange silence qui lui était propre et qui ne rendait pas assez de tons pour figurer s'il était d'accord ou pas avec ce qu'on avait à lui dire.
Les étoiles brillaient ce soir dans les creux des nuages, elles brillaient comme les nuits précédentes, sans états d'âme.

- Tu prétextes les étoiles pour me faire jouer, Dam-dam.

Il n'y avait pas l'ombre d'un reproche ni de tonalité particulière au son de sa voix. Et puis la petite artiste partit dans une flopée de mots, si vibrants et nombreux que Lei laissa la compréhension au profil de l'écoute une fois de plus, pour apprécier les tribulations vocales qui changeaient de tons au gré des émotions. Il trouvait cela fascinant et pouvait se contenter des heures durant à maintenir cette écoute sur son environnement. Parfois, on aurait dit que parler à Haruki Lei, revenait à tenter de converser avec un poisson dans un bocal ou alors un oiseau en cage; on avait beau dire, son existence continuait tranquillement dans sa petite sphère vitale qu'il vente ou qu'il pleuve.

- Toi et les autres c'est un cercle vicieux. Tu les regardes, ils te regardent. Tu...

Le mince filet de mots, perché dans un fragile équilibre se brisait soudain alors que la jeune fille se tournait entièrement vers lui. Une hésitation flottante, et puis le jeune homme misait son attention sur les gouttes de pluie encore fraîche sur le rebord de la fenêtre et se baissait pour les comparer de plus près sans se tourner, tandis qu'à côté de lui, l'enaga lui faisait encore face. Haruki s'était tut comme s'il n'avait jamais entamé de phrase.

-Il y en a dix sept par ici, murmurait-il en pointant l'index sur le coin de la fenêtre.

Ce soir il avait assisté aux représentations et ces prestations, il les avait toutes entendues et appréciées les unes comme les autres comme il avait aimé la brise qui s'était levée autour de lui avant d'appeler la pluie, comme la pluie qui s'était donnée à la terre. Haruki Lei, il ne connaissait pas l'orgueil et Megumi disait souvent que son fils était la réincarnation d'un animal. Un sourire aux lèvres.

-Je t'ai écouté. Comme maintenant.

Accroupi dos contre le mur, il s'était replié sur lui même, occupé à caresser l'arrête dessinée au sol entre la lumière de la lune et l'obscurité d'un soleil disparu. Dehors, les voix s'étaient évaporées, les curieux rentrés, le silence installé. Il n'y aurait pas de grillons aujourd'hui.

Ses yeux se levèrent pour suivre le mouvement de torsion des mains essorant l'eau de la robe.

-Je peux pas...

Il n'y avait pas de clavier dans cette salle.

Haruki se redressait finalement pour entamer un autre détour nocturne dont il semblait être le seul à connaître l'itinéraire. Il avait cette habitude, que peu connaissait, à devoir arpenter les environs comme s'il devait se les approprier. Ses pas jusqu'à la porte n'esquintèrent que le passage des airs et dans un silence plat, il se tournait vers la jeune fille avant de se glisser vers les couloirs. Dans la danse de leurs pas imperceptibles, l'image de deux enfants en fraude. Dans les mouvements quasi insonores du jeune homme, on devinait pourtant cette habitude de mauvais enfant de la nuit. Haruki ne s'arrêta que lorsqu'il perçut plus loin des voix. Tout à coup, il se retournait, ses mains s'emparaient des épaules de la fille et il les entraînaient derrière le pilier le plus proche. Son regard obscure tombait alors sur les traces d'eau laissées délaissés au sol par la robe de l'oisillon, comme un petit Poucet.

-J'avais pourtant bien fermé les fenêtres... retentissait une voix plaintive à l'autre bout.

Ils n'auraient pas risqué de punition ou réprimande en ce genre mais Lei ne fuyait pas les représailles, il lui arrivait parfois, de fuir les humains.

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MessageSujet: Re: Kyoto Variation   Lun 20 Mar 2017 - 17:53

Elle a la désagréable sensation qu'il élude ce qu'elle dit et ne retient que ce qu'il veux bien retenir. Mais il n'a pas l'air de le faire volontairement. Enfin, elle a du mal a mettre le doigt sur cette impression, c'est juste quelque chose qui lui est passé par la tète lorsqu'il lui parle. Elle l'a eu plusieurs fois, a commencer par le bus. Elle a finalement fini d'essorer ses vêtements et le résultat lui convient. Reste ses chaussures qui lui donne l'impression de marcher dans une flaque d'eau a chaque pas, mais elle ne peux rien y faire alors elle préfère ne pas y penser.

Elle retourne son attention sur le garçon quand il reprend la parole en lui disant qu'elle se sert de ces spectatrices pour le faire jouer. Ce n'est pas tout a fait faux. Mais il n'y a rien de prémédité. Ils sont tous les deux dehors, et elle a joué sa partie du concert. Il ne lui reste que la seconde. C'est quelque chose de plutôt logique de son point de vu. Elle a fait sa part, et les étoiles aussi bien que le garçon, aussi bien même que les spectateurs aux fenêtres ont eu l'air d'apprécier, malgré le fait que ce n’était destiné a personne a la base. Mais une artiste est toujours satisfaite du succès de ses prestations.

Il n'a pas tord quand il dit que c'est un cercle vicieux. A une exception prêt. Elle ne veux pas regarder les autres. Elle veux jouer avec les autres. Les gens qu'elle apprécie. Elle veux partager ce moment musicale qu'elle a vécue seule sur la terrasse un peu plus tôt. La musique se partage, les sons sont fait pour communiquer. Et quoi de mieux qu'un duo pour une conversation ? Mais actuellement, elle ne veux pas parler avec lui, elle veux simplement entre son discours. Afin de voir si il est possible d'instaurer cette discussion. Elle n'en doute pas vraiment, mais par principe, après avoir parlé, on laisse l'autre prendre la parole. C'est une règle de base.

Elle tourne la tête vers la fenêtre lorsqu'il évoque les « dix-sept ». Elle ne comprend pas immédiatement de quoi il parle, et plisse les yeux pour observer d'avantage ce qu'il lui indique. Le verre est immaculé, nettoyé grâce a la pluie. Et elle ne voit rien d'autre a part.....des gouttes. Il doit vouloir parler de ça. Elle lève la tête vers le ciel, comme pour voir d’où viennent ces nouvelles formes assistant a leur échange. C'est peut être les étoiles qui les envoient. Comme pour faire passer un message. « C'est super, regarder, nous sommes encore plus a vous observer a présent », elle se retourne alors vers lui avec la volonté de lui répéter cette pensée, ce message qu'elle a reçu.

Il s'est recroquevillé étrangement, si bien qu'elle hausse un sourcil, surprise. Comment ça il ne peux pas. Il lui suffit de jouer, ce n'est pas très dur.....oui, avec un piano. Qu'il n'y a pas ici. Elle éclate de rire devant son manque de discernement. Elle s'excuse rapidement a demi-mots, avant de le regarder se relever et repartir dans les couloirs. Elle n'hésite pas et le suit sans un mot. Peut etre qu'il va a la recherche d'une salle pour jouer. Ou alors qu'il veux juste faire un autre tour. Dans les deux cas, ca lui convient. Elle n'aime pas rester très longtemps au même endroit. Et puis elle doit retourner chercher la housse de son instrument qu'elle transporte toujours, la tenant entre ses bras.

Le silence est un peut trop présent pour elle. Elle aime les sons, sauf celui ci. La partie caché de cet aspect de la vie, le silence est comme le reflet du bruit. Et elle a choisit son coté. Son monde. Et dans sa façon de vivre, il semble que son compagnon nocturne soit lui plutôt de l'autre coté de l'image. Il se complet plus a ne pas parler, ne faisant que des phrases de quelques mots, alors qu'elle assemble les syllabes, encore et encore, a rallonge, trop peut être même parfois. Mais c'est sa façon de pouvoir vivre. C'est le bruit qui l'aide a respirer. Le silence l'étouffe au bout d'un moment.

Heureusement, des bruits se font entendre. Enfin ce n'est pas ce genre la qu'elle aurait voulu reconnaître. Si ils se font voir, ils auront sans doute des soucis. Cela remontera aux oreilles de sa mère, et peut être même avec son père, lui feront la morale pendant un long moment quand a l'image de la famille qu'elle projette a l’extérieur. Même Jonathan qui a mit sa réputation en jeu pour la faire venir ici. Pire, peut être que sa famille le forcera a arrêter le contrat avec elle.

Elle n'a pas le temps de pâlir, qu'il la prendre par les épaules et se cache derrière un pilier. Enfin, si ils n’étaient pas dans l'obscurité, ils ne seraient sans doute pas cachés le moins du monde. Elle remarque l'eau au sol, entend les pas se rapprocher. Elle regarde son nouvel ami un moment, avant de comprendre qu'il n'y a qu'une seule solution pour ne pas se faire avoir. Elle se met sur la pointe des pieds pour pouvoir lui chuchoter dans l'oreille :

- Trouve une salle, je t'y rejoins vite. Prépare toi a jouer, tu me dois bien ça.

Elle passe les mains dans ses cheveux afin d'achever de les décoiffer, puis déchire sa robe sur le coté jusqu'au niveau de la hanche, avant de sortir de l'abri et d'aller a la rencontre de ce qui doit être un des concierges de l'endroit, ou tout du moins un surveillant. Il la voit arriver avec un air sombre, prêt a la réprimander violemment, avant de voir l'état de sa tenue, de voir les larmes qu'elle a au coin des yeux. Par chance, elle avait toujours était bonne comédienne.

- Je suis désolée, j'ai étais surprise par la pluie et je suis tombée. J'ai cherché ma chambre mais je crois que je suis perdue, pouvez vous me raccompagner ?

Elle jete un dernier regard vers le pilier, discrètement, en jurant silencieusement qu'elle le retrouverait dans moins d'une heure, dés qu'elle se serait échappé de la surveillance de cet homme. Il avait intérêt a jouer, elle venait de le sauver de l'emprise des humains.
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MessageSujet: Re: Kyoto Variation   Sam 25 Mar 2017 - 19:01

-Haru !

Il ne se retournait pas mais Moe le rattrapait à la volée d'un pas rapide. Elle se posait bien en face de lui et l'obligeait à la regarder dans les yeux, aussi futile que ce contact puisse-t-il être. Elle connaissait son élève et, ce visage momentanément maintenu dans le creux de sa main douce mais ferme, il n'avait pas changé, elle le trouvait toujours aussi éthéré. Haruki Lei était ce garçon d'ailleurs tombé dans le quotidien d'un monde routinier.

-Je savais que tu viendrais.


Il regardait ses lèvres mais elle savait qu'elle avait son attention. Elle ne lui demandait pas où il éteint passé de la soirée, c'était inutile. Dans un silence respectueux Moe le dévisageait, elle avait rallumé les lumières du couloir et elle étudiait chacune de ses expressions comme si elle était en train de lire un livre, redécouvrant la finition de ses traits qui se muèrent en un léger tressaillement de lèvres accompagné d'une tension entre les sourcils: quelque chose le préoccupait et Moe savait que derrière ces faux airs impassibles, le monde de Lei était un univers constamment bousculé. Sa le connaître, on n'aurait jamais noté ces détails imperceptibles.

- Où vas tu ?

Il l'avait contournée et s'était mis à marcher d'un pas qui semblait traînant mais que lui seul maîtrisait avec l'art de préserver le silence tandis que frôlant le mur du bout de l'index, il avançait comme un fantôme sans destination. Moe avait du se caller devant lui une fois de plus.

-Ohé Haru.


Il s'arrêtait, tournait le dos à son ancien professeur et alors sa voix s'élevait.

-L'Enaga veut m'entendre jouer.

Il avait fallu des années à Moe Hitomi pour apprivoiser ce garçon, ou alors c'était elle qui était rentrée dans son monde; elle l'avait fait grandir sa démesure musicale et au fil des années était tombée sous l'attraction de ce garçon particulier. Elle, plus âgée et mariée, s'était cependant résolue à cesser cette relation incestueuse, délaissant son égoïsme de côté pour le bien de ce dernier. Moe Hitomi était plus petite que Haruki, une jeune femme dont l'âge ne semblait pas avoir affecté et en cet instant délicat, décidait de croiser les bras pour ne pas effleurer cet être encore une fois.

-Il y a un autre piano au sous sol. Ou alors il faut que tu ailles dans la salle des représentations.
-Je ne peux pas jouer, Moe.
-Je sais.
-Ce n'est pas l'heure...
-Je le sais,   répétait elle attendrie. -Ce n'est jamais l'heure... et tu sais que tu n'as pas besoin d'heure pour jouer.

Un silence.

- Ça va aller Haru.
-Mais ...tout se déséquilibre.

Haruki Lei était celui qu'on pouvait suivre mais qui ne suivait pas en retour, muré dans d'étranges habitudes non linéaires. Secouant de la tête, il oubliait Moe comme s'il ne l'avait jamais croisée, il la laissait en arrière, ne lui offrant en retour que la vue de son dos s'éloigner.

- A demain, Haruki.


-


Son ombre se projetait dans le noir contre l'unique rayon lunaire venu découper les formes d'un piano couvert. Il était assis les jambes ramenées au plus près de son corps sur le majestueux instrument à queue recouvert, bafouant toutes les mœurs de tous musiciens qui se respectent. C'était une salle encore plus imposante évidée d'âme qui vive. Il restait ainsi, l'esprit vide de pensées mais il n'attendait pas: il n'attendait jamais vraiment. Et lorsque la lune descendit plus près de la fenêtre pour se laisser admirer, Lei se redressa et entreprit de déshabiller minutieusement le grand clavier, retirant lentement sa house de cuir par la douceur de ses phalanges jadis cassées puis réparées, dans une délicatesse imprégnée comme si le piano pouvait muer et se défaire de sa seconde peau.
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MessageSujet: Re: Kyoto Variation   Mar 28 Mar 2017 - 19:37

Les couloirs sont interminables. Elle essuie la pluie de questions, qu'elle avait prévue. Son explication bancale n'était bien sur que trop faible pour convaincre l'homme. Et dire qu'il aurait simplement fallut lui dire son nom pour que tout rentre dans l'ordre. Il se serait excusé, l'aurait complimenté sur sa prestation, puis aurait demandé des nouvelles de sa mère, et des dates de ses prochaines représentations. Certain avaient même déjà demandé une rencontre avec la pianiste connue mondialement. De toute manière elle n'était pas la cadette Masuda dans ce couloir, juste une adolescente perdue. Elle répond aux questions évasivement. Le pire c'est que dans d'autres circonstances, elle aurait vraiment pu se retrouver dans cette situation involontairement. Lorsqu'elle chante, il est plus difficile pour elle de faire attention au monde qui l'entoure, celui ou elle passe est beaucoup plus intéressant.

Finalement elle rejoint sa chambre une bonne dizaine de minutes plus tard. Forcément, Jonathan est la, assis sur le lit, les cheveux défait, sans doute a cause du fait qu'il court depuis une heure pour la retrouvée. Il saute presque a sa rencontre.

- Ou étais tu passés ? Je me suis fais un sang d'encre. Merci d'avoir ramené Ayame, monsieur.

Il s'incline devant celui qui semble avoir un air surprit, le même que celui d'un enfant a qui on vient d'expliquer une blague, mais il n'a pas le temps d'ouvrir la bouche qu'il est poussé dehors par le manager. Ce dernier se retourne ensuite pour observer la jeune fille sous toute les coutures, un air désespéré peint sur le visage. Son regard se pose sur la guitare qui n'a pas quitté les bras de sa propriétaire, puis sur sa robe déchirée.

- Dépêches toi de te changer, tu vas attraper froid. Tu as étais épatante comme d'habitude ! Parfois je me demande comment il est possible de jouer aussi bien du piano, quand je vois tout ces génies se succéder....j'aurais peut être du faire plus attention a mes leçons quand j'étais plus jeune ?

Il ricane alors qu'Ayame ne semble même pas vraiment l'écouter. Elle prend une tenue propre dans sa valise, des sous-vêtements, un tee-shirt plus ample ainsi qu'un short, une tenue qu'elle met lorsqu'elle veux se sentir a l'aise dans ses vêtements. Elle passe dans la salle de bain, laissant la porte entrouverte pour pouvoir entendre le monologue de l'homme qui n'a pas bougé de place.

- … Il y a au moins trois personnes qui veulent te faire passer des auditions, je sais bien que ce n'est pas ce qui t’intéresse, mais tu pourrais trouver un certain publique et cela serait utile pour le futur. Qui sait, tu pourrais même avoir des gens qui avancent de l'argent pour lancer ta carrière....

- J'ai tout l'argent qu'il me faut, même bien plus que ce que je pourrais dépenser dans une vie....

- Il ne faut pas voir les choses comme ça voyons ! On parle de ton argent ! Je sais a quel point tu ne veux pas profiter de la notoriété de tes parents, c'est justement l'occasion de....

- Je sors ce soir. Enfin, maintenant.

Elle quitte la pièce vêtue de sa nouvelle de rechange. Elle s'est séché a la va vite avec une serviette, s'est recoiffé en deux coup de peigne, ce qui n'arrange pas véritablement le chaos qui est né de son escapade sur les terrasses, et remet un peu de parfum. Elle s'étire alors en reprenant sa guitare qu'elle avait posé un moment auparavant sur le lit. Et se dirige vers la sortie en passant devant son manager d'un air indifférente. Ce dernier semble a deux doigts de se sentir mal :

- Mais, c'est une occasion a ne pas rater ! Et j'avais réussis a te faire inviter....et ou vas tu d'abord ?

- Ce ne sont que des idiots. Ils ne pensent qu'a eux. Ce que je peux leurs apporter, et surtout ce que ma mère peux leurs apporter. Ils n'aiment pas la musique. Pas la vraie musique. Et j'ai un rendez-vous. Justement, un rendez-vous avec, je l’espère, la vraie musique. Bonne soirée a toi.

Elle sort sur ces mots, se dirigeant vers la terrasse ou elle a laissé la housse de son instrument, laissant la son ami qui semble être a deux doigts de se frapper la tête contre le mur. «Cette petite est décidément impossible a gérer.....»

minna ga watashi no koto wo 
yousei to yobu watashi wa sore ni kotaeru

kanjinai kara kokoro no omosa 
dakara kono sora wo tobetanda

anata wo shitte ai ni furuete tomadou watashi no hane ga 
mukidashi de ame ni nurete inochi yobisamashita 
Fly away, for another day 
"watashi wo yonde, anata no koede"

Le temps passe plus vite en chantant. Et c'est pour ça qu'au fil de ses pas, sa voix résonne entre les murs. Elle reste cependant plutôt basse, n'ayant pas envie de produire la même réaction que précédemment. Elle trouve rapidement l'objet de ses recherches, et range avec respect l'instrument a l’intérieur. Puis elle retourne dans le bâtiment, a la recherche de son rendez-vous. Elle n'imagine pas le garçon dans une trop grande salle, aussi elle commence par les plus petites, celle au périphérie du plan qu'elle se remémore a moitié avoir regardé dans le bus plus tot dans la journée.

kuiru koto wa nai JUST SECRET LOVE 
suki dato itte sore ijou ima wa iwanaide 
rakuen ni kaerenai

I'm here I'm here, 
Here's where I live, now I sing in the silence. 
Right here, there's no fear.

kono uchuu ni aru no kana 
atatakai basho shitaiai yumemiru basho

Elle se stoppe net. La mélodie de sa voix s’estompe alors qu'elle rentre dans la troisième salle. Il est la, et elle s’arrête. Il n'est pas seul, mais avec un ami. L'un des plus beau qui soit. Il le touche avec respect, mais en même temps elle perçoit une légère camaraderie courir entre ses doigts. Il le connaît c'est évident. Ce n'est pas un étranger. La salle est plus grande que ce qu'elle avait pensé, elle ne le connaît pas finalement. Un être humain ne peux pas être analysé aussi facilement, et celui ci semble encore plus compliqué que la moyenne. Elle avant entre les rangées, s’arrête au premier rang, s'accoude a un siège devant elle :

- Vous allez bien ensemble. J’espère que tu vas pouvoir me montrer ce que vous savez faire, lui et toi. Je t'ai sauvé la mise tout a l'heure, je le mérite je pense.

Elle sourit lentement dans la pénombre. Elle n'est pas vraiment la, la lune ne la voit pas. Elle est fixé juste sur le point fixe qui occupe toute la salle de son aura.
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MessageSujet: Re: Kyoto Variation   Lun 17 Avr 2017 - 12:29

Une autre sonorité parmi cette infinité de bruits permanents, une autre vocalise; le son d'une respiration qui s'interrompt et celui d'une entité qui se fige. Haruki écoutait la jeune fille comme si elle n'était jamais partie et comme si elle devait revenir. Il ne se retournait pas parce que leur ballade ne s'était pas arrêtée, il ne la saluait pas parce qu'elle ne l'avait pas vraiment quitté. Il y avait eu une simple pause, comme pour reconnaître sa présence puis Haruki était sorti de son inertie pour se percher face à l'instrument: accroupi recroquevillé, les pieds sur le banc de l'instrument, il se privait de l'usage de la lyre comme si elle n'avait jamais existé pour la partition qu'il ne voyait défiler que de mémoire.
Les notes auraient alors leurs teintes, le rythme son allure, et cette mélodie, il l'appelait les bras levés au dessus du clavier, dédales de noir et de blanc dans un silence qui bientôt devint trop pesant. Sans avoir pu entamer de valse, ses mains retombèrent au bout d'un moment, sans avoir pu recréer un chant elles effleurèrent l'instrument d'une caresse infime et se réfugièrent contre le garçon en se laissant écraser sous ses fesses. Il y eu un murmure.

-Tu m'angoisses.

Haruki Lei était ce garçon qui répondait de sa présence lorsqu'on ne s'y attendait plus et qui arrivait à installer son absence quand comptait sur lui: il n'était pas un paradoxe mais un décalage contant avec son entourage. Le mérite de l'Enaga contre la folie déferlante dans sa tête, il n'y avait plus d'égal. C'était ainsi.
Parfois, il arrivait que, plus il fallait jouer, plus la musique s'échappait de son emprise. Lorsque ce sentiment l'envahissait, c'était une séparation à chaque fois douloureuse, vraiment douloureuse parce que quelque chose de grand le quittait, cette chose là avec toutes ses teintes et ses demi-couleurs. Il n'y avait jamais de raison à ces départs soudains; c'était comme le temps d'une brise aléatoire. C'était, et puis c'était tout.
Alors ce n'était pas l'heure, avait il murmuré à l'oreille de Moe. Le monde aurait sauvé ce garçon ou aurait pu le plonger dans le désarroi le plus totale que tout agissait indépendamment de sa volonté: il n'y avait aucune loyauté à cela. Un jour, ses mains battraient au dessus du clavier comme les ailes d'un papillon et cela sans raison. Un jour, contre tous les instants présents qui voudraient le pousser à se caler dans le coin de la salle en attendant que passent le temps et le silence.


Haruki avait posé son front sur ses genoux. Bien que sortir quelques notes paraissait simple, il semblait pris dans un dilemme sans pareil face à l'enaga, cette paire d'yeux qui le scrutaient dans son dos. Le poids des regards au delà des avis et préavis, devenaient souvent pénibles à survivre et Haruki fuyait souvent les yeux: les yeux disaient trop de choses.



On avait rassuré Megumi, la mère du petit Lei à l'époque, en lui rappelant que c'était une observation commune à ces enfants là.

-Tes yeux, ils me font mal.

Cette diction précise ne lui appartenait pas de fait. On avait mis des années à le faire parler, des années à insérer une cohérence commune à ses propos, un paquet d'autres à le faire s'exprimer adéquatement. Pour ces raisons les concerts du pianiste sans nom s'étaient fait -non sans succès mais rares, pour un musicien montant. Le public s'adapterait-il à de tels aléas ? Alors qu'il suffisait d'un rien pour ébranler la sérénité apparente de ce garçon ? Marius Müller y travaillait; Haruki Lei était un soliste voué à plier un orchestre entier sous le génie de sa prestation. Il était cette gemme cachée dans la roche, amenée à ne briller qu'aux yeux de ceux qui pouvait la voir avant d'être extraite.  

-...Ton audition du Beethoven je l'ai aimé tu sais.

Haruki glissait un coup d'œil de côté pour distinguer la silhouette de la jeune fille. Toujours accompagnée de son instrument il remarquait qu'elle s'était changée. Elle restait pourtant dans ses impressions, la petite mésange blanche venue chanter à sa fenêtre. Trop de talents pour un aussi petit corps. Et il était sincère.

Lei retombait doucement les pieds sur le sol. Méthodiquement, il sortit ses mains gelées pour atténuer leur moiteur sur ses jambes et étirait un sourire éphémère qui n'en ressemblait pas vraiment à un vers son unique auditrice la musicienne avant de se retourner vers le piano.

-Ayame, est ce que tu peux regarder la fenêtre ?

Se défaire d'une impression désagréable, c'était comme laisser passer une crampe arrivée de nulle part. Des fois, les regards lui faisaient l'effet d'une pique glacée plantée entre ses omoplates, jusqu'à propager des frissons le long de son échine. Parfois c'était interminable d'autres fois plus maîtrisable, mais c'était toujours imprévisible. La sueur froide de ses mains ne s'en allait pas, dévorée dans une pression invisible qu'il déposait contre le clavier sans réveiller le son de ses marteaux feutrés. Les tons et les demi-tons sous ses mains, le monde polyphonique à sa portée, les paumes à plat contre cet échiquier musical, premiers et derniers doigts posés sur les tons chromatiques. Ré dièse, ré dièse de partout, mauve à cheval entre une tâche incarnadine et violette. La Campanella de Listz reprise ainsi sous son interprétation.

Ré dièse dans les octaves qui commencèrent, hésitants, timides, pianissimo, avant de retrouver lentement le tempo au fil des premières mesures.


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MessageSujet: Re: Kyoto Variation   Mar 2 Mai 2017 - 16:03

C’était une émotion difficile a caractériser. Cette volonté de ne pas attendre, d'obtenir ce qu'elle voulait tout de suite. Elle avait toujours était vive. Dans l'apprentissage, dans les loisirs, dans la vie de tout les jours. Quand elle voulait quelque chose, elle faisait tout pour l'avoir le plus rapidement possible. Et alors qu'enfin, elle obtenait son gain, son attention se trouvait déjà sur une nouvelle volonté. Et elle recommençait son manège. Elle travaillait d'arrache-pied, personne ne pouvait lui enlever ça. Toutefois ce problème de concentration était une critique qui, dans certaine discipline était un problème, notamment scolaire. Si elle avait des notes plutôt correctes, il était évident qu'elle n'atteindrait jamais un haut niveau d'étude supérieure. Elle n'arrivait tout simplement pas a étudier plus d'une heure sans avoir son attention se porter sur autre chose, sur une des mille nouvelles idées qui étaient apparut dans son esprit durant ce laps de temps.

Mais ce problème n'en était pas un dans le domaine musicale. Elle n'avait jamais eu le fameux syndrome de la page blanche. C’était plutôt le contraire, trop idée provoquait souvent des mélanges et finissait par annuler l'idée initiale. Toutefois, elle avait l'habitude naturelle de pouvoir jongler entre ces états de faits, et finissait toujours par retomber sur ses pieds. C'est ainsi qu'elle avait composé deux partitions de piano en une semaine, tout en prévoyant les paroles d'une chanson qu'elle était supposée interprété dans un festival amateur. C'est ainsi qu'elle avait maîtrisé les percussions tout en étudiant la flûte traversière. Et c’était véritablement une qualité qui était louée par tout les professionnels qui avaient tentés de la chaperonné. Malheureusement pour eux, elle était beaucoup trop rebelle. Difficile de tenter d'embrigader quelqu'un qui combattait dans une lutte éternelle contre l'une des meilleures pianistes du Japon. Alors ils s’étaient résignés a la laissé voler de ses propres ailes.

C’était une fille extrêmement têtue. Et comme pour le reste, elle s’était fait le serment d'entendre jouer le garçon silencieux du bus, avant la fin de la soirée. Elle avait attendu patiemment dans la salle, avant comme après son passage, écoutant les uns après les autres les pianistes aussi classique pour les uns qu'ennuyant pour les autres. Les mains croisés, ses doigts jouant entre eux dans l'espoir que le temps passe plus vite jusqu'à l'écoute salvatrice. Mais jamais il n’était venu. Il n'avait jamais accepté d’accéder au souhait de la jeune Germano-Japonaise. Elle ne lui en avait pas voulu, bien sur que non. Il devait avoir ses raisons. Toute personne avait ses raisons. Cependant, elle n'avait pas abandonnée. Et si la surface de son visage avait laissé voir un sourire tout le reste de l’après-midi, l’intérieur fulminait, a l'idée de repartir le plus tôt possible a la recherche de son objectif.

Elle s'en était écarté, mais finalement, comme si sa volonté et le destin ne faisait qu'un, elle avait fini par arriver dans cette salle, devant le garçon qui frôlait son instrument. Elle avait voulu détendre l’atmosphère avec sa première phrase, mais étrangement, elle était parvenu a attraper son regard l'espace d'un instant, et le sourire de l'adolescente avait aussitôt disparut. Il semblait ne pas aller bien. Et elle se sentait tout aussi mal. Elle n'avait pas réfléchit une seule seconde au fait qu'il n'avait peut être tout simplement pas du tout envie de jouer. Sa gentillesse dépassant sa volonté, elle avait perdue presque toute envie de le voir jouer. A quoi bon écouter quelqu'un qui se force ? Aucune émotion ne pourrait ressortir d'une prestation de la sorte.

Elle releva la tête, et un frisson parcourut son échine de haut en bas. Sa voix avait retentit, de la phrase la plus longue qu'il avait fait depuis qu'elle l'avait rencontré. Et pour la première fois, il avait dit son prénom. Elle ne le remarquait que maintenant, jusque la il ne semblait jamais s’être totalement adressé a elle. A part peut être ce moment ou il lui avait dit qu'elle chantait bien. Mais il ne lui parlait pas vraiment a elle. Mais plutot a la musique en générale. Elle aurait voulu lui répondre, lui dire qu'elle allait le faire, lui souhaitait bonne chance puisqu'il allait commencer a jouer, c’était une évidence maintenant.

Elle ne pu qu'hocher la tête de haut en bas sans un mot, sans même un souffle. Elle se souvint qu'elle devait respirer lorsque sa poitrine la força a prendre une inspiration. Sa guitare sur l'épaule, elle s'écarta vers la fenêtre désigné, comme si c’était un ordre absolu. Elle posa ses mains sur l'encadrure de la fenêtre pour s'y appuyer, regardant l’extérieur sans vraiment le voir. Elle finit par fermer les yeux, constatant soudainement que ce qu'elle avait attendue allait finalement avoir lieu. Elle eu un frémissement d'excitation, qui disparut quand le son commença a résonner dans la salle.

Elle ne reconnu pas immédiatement le morceau. Le classique n’était pas forcément son registre de prédilection, elle qui avait tiré un trait sur la musique que jouait sa mère. Le piano était cependant un instrument qui demandait presque obligatoirement de s’intéresser a ce genre de partition pour pouvoir.....ce fut sa dernière pensée, inachevée. Elle ne cherchait même plus a savoir ce qu'il était en train de jouer. Son cœur ratant un battement, accélérant brusquement. Elle se trouvait emportée. Elle avait cette faculté de se plonger dans la musique, corps et âme, et de ne plus voir le monde extérieur. C'est exactement ce qu'il lui arrivait maintenant. Il n'y avait plus rien autour. La housse de son instrument glissa de son épaule, touchant lentement le sol.

Elle ne put s’empêcher de se retourner vers la scène, vers lui, ses grands yeux observant, la bouche a demi-ouverte. Elle était la, dans cette pièce, mais aussi ailleurs. Ses doigts bougés aux rythmes du garçon, dans le vide, comme si elle était en train de jouer avec lui. Incontrôlable, elle avançait d'un pas, puis de deux, puis jusqu'à arriver en bas de la scène. Elle ne jouait plus. Sa main droite, tremblante, vint se poser sur son cœur, au niveau de sa poitrine. Sa main gauche, vibrante de plus en plus a mesure que la frénésie de la partition s'exaltait, vint cacher sa bouche, et fut rapidement recouverte de larmes roulant depuis ses yeux. Ce garçon....
Il ne jouait pas de la musique.
Il était la musique.
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MessageSujet: Re: Kyoto Variation   Dim 18 Juin 2017 - 23:15

Il y avait des notes et des larmes oubliées, dans une mélodie qui ne cesserait de toucher les âmes bien après la mort de son compositeur. Un jour, Moe son ancienne professeur, lui avait dit que c'était un des meilleurs alliages qui puisse exister sur cette terre. Haruki, il n'avait su que répondre à cela et aujourd'hui encore, tout ce qu'il voulait, c'était entendre les mathématiques des sons, équations activées derrière le mécanisme du clavier caressé sous ses doigts. Pour cette fascination il aurait pu jouer sans relâche, jouer à la vie comme à la mort et jouer comme si rien d'autre pouvait exister. Il n'y avait pas de semi mesure et c'était peut être cela son problème, d'après ce que certains avaient pu ramener à une mère inquiète. Le manque de discernement, l'obsession pour la beauté. Derrière la subjectivité, le beau pour Haruki, c'étaient les sons. Le bruit. Il se captivait aussi entre autres, pour les choses qui volent. Et les animaux. Et la nature, aussi.


Votre garçon est un Asperger.
Megumi, elle ne cessait de répéter que son fils était Haruki, et que c'était largement suffisant.

Aujourd'hui encore, il aurait pu reprendre son morceau en boucle, comme une cassette sans fin. Mais elles n'existaient plus.


*


Des yeux le fixaient alors que le mouvement rythmé de ses mains, sur la dernière gamme se suspendaient. Une pause, un vide trop abrupte face à une suite ordonnée, le déséquilibre d'un silence imposé. Haruki s'était tourné vers la jeune fille près du piano, le face à face d'un animal sauvage pris en flagrant délit alors que derrière son regard revenait une conscience débridée. Les ombres cachaient les impressions et s'il avait été donné de découvrir le sien, une expression de surprise passa sur ses traits. Lentement, Haruki laissait tomber ses mains et les cachait sous ses jambes. Vulnérable et rendu face à la réalité, il penchait légèrement la tête et détournait le regard pour fixer le clavier puis revint doucement sur la silhouette de la musicienne. Même l'obscurité dramatique n'avait pas réussi à voiler les larmes. Les avaient-ils réellement vus ou alors était ce l'émotion qui émanait de cette fille qu'il était en train de palper sans dire un mot, le jeune homme ne le déterminait pas. Et pendant ce temps, le temps, lui, continuait de s'étirer. C'était peut être la façon de Lei à faire face à ces larmes. Ou encore de remercier d'avoir écouté, qui sait. On avait dit que ces enfants-là étaient complexes.
Aussi, ne prit-il jamais en considération le fait de mentionner qu'il appréciait, dans un registre différent d'Ayame, les enregistrements d'Adelaide Stein. Elle avait été un incontournable dans l'apprentissage de sa musique et s'il y pensait, peut être qu'il en ferait part, un jour.

Pendant tout ce temps Haruki se tint coi, sans effectuer un seul geste. La lumière comme l'obscurité ne lui faisaient ni chaud ni froid et l'heure tardive dans laquelle il avait l'habitude de veiller ne lui sautait pas aux yeux.

-Dans quelques heures je ne joue pas, déclarait-il au bout d'un moment. Il compterait ainsi parmi les absents du lendemain, bien que demain se soit déjà mué en aujourd'hui. -La musique elle ne va pas avec les yeux. Il y en a trop ici.

Il avait murmuré.

Les mondanités ne lui allaient pas, pourtant c'étaient dans ces événements que le classique et son monde authentique étaient le plus appréciés. Un jour, il faudrait bien qu'il gagne sa vie en étant vu, avait répété Marius Müller son professeur de piano. Apprendre que l'étudiant n'avait pas assisté ni joué pendant ce séminaire le ferait sans aucun doute rager et Lei passerait un sale quart d'heure. Ce ne serait pas la première fois, ni la dernière.


Se levant du siège, Haruki refermait doucement le couvercle du clavier et se glissait hors du siège. Ramassant la housse de guitare au sol, qu'il rendit à la jeune fille il se redressait, comme s'il n'avait pas joué et comme si la musique n'avait eu de place dans leur conversation éparse.

-Kyoto, tu es déjà venue ?
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MessageSujet: Re: Kyoto Variation   Jeu 22 Juin 2017 - 12:48

C’était quasiment un crime de ne pas montrer d'avantage ce talent au monde. La main sur la bouche, provoqué par l'émotion intense que lui procurait la musique joué par le garçon, elle pensait a la fois a la mélodie joué devant elle, mais aussi a tout un tas d'autres choses, qui lui venaient naturellement a mesure que la musique lui murmurait ces mots. Elle repensait a cet après-midi ou elle avait du attendre et écouter tout ces bien-pensant de la musique classique qui avaient toujours le dernier mot. Une note. Il lui aurait suffit de jouer une note pour faire taire a jamais tout ces idiots. Elle n'avait pas assez réussit a son goût. Ce n’était pas sa spécialité, et malgré toute les invitations qu'elle avait reçu pour la suite, il n'y avait pas eu la réaction que lui aurait provoqué.

Même quand la musique s’arrête, elle n'a pas l'impression d'une fin, plutôt d'une pause dans le temps. Elle se trouve suspendue a ses mains dansantes, comme si il allait se remettre a les bouger tot ou tard. Mais il semble bien que la fin est déjà arrivé. Elle ne se sent cependant pas frustrée. Il n'en fallait pas beaucoup plus pour que l’expérience soit déjà incroyable pour elle. Elle passa une main rapide sur ses joues pour effacer les larmes qui y étaient apparut, provoqué par une émotion trop intense pour qu'elle puisse mettre des mots dessus. Elle avait envie de sauter sur la scene et de le rejoindre, qu'il joue a nouveau pour elle, chanter sur cette musique incroyable une douce mélodie qui l'aurait transportée vers d'autre contrés.

Mais elle avait commencée a cerner le garçon. Il n’était pas du tout comme tout ces mecs de Keimoo qui faisaient des pieds et des mains pour attirer son attention juste parce qu'elle était un membre du sexe féminin. Il n’était pas non plus comme tout ces musiciens prétentieux qui, dés qu'un dixième d'une partition un peu plus compliqué que la moyenne était apprise, devenaient orgueilleux et faisait savoir a qui de droit qu'ils étaient le nouvel espoir de la musique Japonaise. Elle se souvenait d'un garçon qui, une fois, lui avait parlé toute une après-midi lors d'un concert de sa mère ou elle et Arata avait du aller. Exactement ce que Haruki n’était pas.

Il était trop timide, même pour cet art élégant qu’était la musique. Il prit la parole, murmurant qu'il ne viendrait pas jouer plus tard le lendemain. Elle était a la fois contente et consternée. Jouer un tel récital pour ces idiots qui ne le méritaient pas, elle trouvait cela bien. Mais en même temps, elle ne comprenait pas pourquoi un tel talent n’était pas connu de la planète entière. Il lui suffirait sans doute, sans doute, de passer dans une émission un peu populaire, et alors il deviendrait une star planétaire, peut être même interplanétaire ! C’était décidé, si il ne jouait pas, elle ne jouerait pas non plus !

- Alors je boycott la démonstration de demain ! Si tu n'y va pas, je ne jouerais pas non plus !

Elle porta ses poings contre ses hanches afin de se donner, selon elle, un air plus farouche, plus décidé. Il n'y avait aucune raison, c'est vrai, qu'ils aient l’opportunité de l'écouter une nouvelle fois. Ils n'avaient qu'a venir dans les bars ou elle jouait. Enfin, c’était bien trop peu mondain pour eux, un bar du centre de Keimoo. Elle se rendait soudainement compte qu'il était mal a l'aise. Elle se sentait stupide, parce qu’après un nouveau regard, c’était une évidence.

Elle se demandait alors si ce garçon n’était pas l'idéal de sa mère. Elle qui avait voulu faire de son seul fils son élève, son apprenti, son successeur. Haruki ne parlait pas beaucoup, et c’était un génie. Quoi de mieux pour Adelaide que ce genre de garçon semblant facile a l'apprentissage. Pas besoin de superflu, et c’était justement ce que dégageait le garçon. Dans un sens, et malgré tout les ressentiments qu'elle avait pour sa génitrice, elle était un peu jalouse du pianiste qui se trouvait en amont d'elle, sur la scène, le regard perdu sur le clavier. Et la musique semblait n’être plus qu'un lointain souvenir, venant d'une époque révolu.

- A la place je pourrais jouer du piano pour toi, demain, dans une autre salle ! C'est donnant-donnant aprés tout. Tu as joué pour moi, mais je n'ai pas joué pour toi. Enfin, tu n'es peut être pas intéressé.

Elle rougit soudainement, alors que le garçon se lève. Elle espère ne pas l'avoir vexé en lui proposant de l'écouter. Du haut de son faible égo ou elle ne comprend pas vraiment qu'elle est extrêmement douée, elle se dit qu'un garçon avec un talent pareil ne doit pas avoir vraiment envie de l'écouter, ne pas perdre son temps. Elle fait un pas en arrière alors qu'il s'approche d'elle. Il va la gifler peut être. Il semble si sérieux.....ah, il lui ramène sa housse de guitare. Elle sourit en soupirant de soulagement. Pendant un instant, elle s’était monté la tête, comme trop souvent. La question la surprend, elle hocha la tete :

- Je suis allée dans la plupart des grandes salles du Japon. Ma mere a fait beaucoup de tournée, et si elle ne m'emmenait quasiment jamais, j'ai eu le droit a au moins une fois un peu partout.....enfin, pas pour l'écouter.....


Elle s'inclina soudainement devant lui, extrêmement bas :

- Merci beaucoup, pour m'avoir fait partager ton talent. C’était incroyable....tu....tu es incroyable. Vraiment !
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MessageSujet: Re: Kyoto Variation   Ven 30 Juin 2017 - 15:29

Il lui avait rendu la housse de son instrument et s'était tenu là, figé comme s'il lui fallait réfléchir à la suite de ses mouvements. Parfois, les séquences se décortiquaient en micro séquences dans sa tête jusqu'à l'infini et cette vision troublait ses perceptions. Face à une Ayame soudainement inclinée, Lei avait mis un temps à ployer ses genoux pour s'accroupir plus bas encore et lever le visage puis lentement la tête et les yeux, ces énormes pupilles noirs, orbes artificielles à la direction vague. Il faisait sombre et l'absence de lumière voilait l'effort que lui demandait de fixer un regard; c'était selon lui, plus difficile que de tenir de longs propos.

Il fut bref. Les contacts oculaires lui réveillaient une douleur à la nuque mais on ne cessait de lui répéter que c'était dans la tête.

-Je t'écouterai. Je voudrais t'écouter sans jamais qu'il n'y ait de césures entre tes mélodies.

Les regards se croisèrent et sans ses mains Lei se redressait.

-Le chant des petits oiseaux, on l'entend jamais assez.



-



L'aube se levait doucement, il se levait en balayant les brèves heures nocturnes à somnoler. Les premiers rayons perçaient au loin et le soleil gagnait petit à petit de la hauteur dans le ciel, découpant ses rayons dans l'horizon derrière les buildings comme s'il existait un autre monde. Les couleurs incarnadins au lever du jour avait toujours quelque chose de fascinant, tandis que son coucher, une couleur poignante. C'était toujours quelque part derrière la cage thoracique, Haruki Lei s'enivrait de cette couleur à la tonalité si intense qu'elle en devenait suffocante. Il était cette étrange plante se nourrissant de la lumière naissante du matin, celle mourante du soir et puis celle, lunaire.

Il avait veillé la nuit, fermé les yeux quelques temps. Il semblait que la fatigue, elle n'avait pas de sens sur son être et il n'avait jamais besoin de dormir plus que quelques heures pour tenir le restant de la journée. Et ce matin, il avait son sac sur le dos, prêt à arpenter Kyoto et sa ville, loin des protocoles. Dans la cour d'entrée humide de la pluie de la veille, il s'était assis sur le dos d'un banc et lisait une partition sans la regarder, effleurant des doigts la complexité de chaque croche comme un document en braille, les yeux perdus quelques part dans le néant d'un espace trop lointain. Un univers raffiné caché derrière quelques vulgaires inscriptions et langage décodable par les esprits familier à la musique. Il resterait là jusqu'à ce qu'Ayame croisé de nouveau son chemin. Elle avait lui faire écouter sa musique et quelques part dans Kyoto, ils trouveraient bien de quoi s'exprimer et chatouiller les ouïes. Il y eut un soudain flap flap dans les airs et dans un battement d'ailes, une pie se percha sur sa tête puis sautilla sur son épaule. Cillant, il oubliait de fixer l'horizon d'un nouveau jour avenant, mais jamais son regard et celui de l'animal sauvé l'an dernier ne se croisaient vraiment.

Il n'y en avait pas le besoin, seules les présences suffisaient.
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Ayame Masuda
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MessageSujet: Re: Kyoto Variation   Jeu 6 Juil 2017 - 16:48

Il y avait eu deux phases dans la suite de la soirée de la petite chanteuse. La première eu lieu lorsqu'elle s’était inclinée, un peu sans même y penser, comme un réflexe le quasi chef-d’œuvre qui venait de lui être proposé. C’était son corps qui avait parlé, quand ses mots n'avaient pas su déterminer, mettre le doigt sur l'émotion qui la submergeait. Mais ce fut quand lui se mit presque a genoux devant elle, qu'elle rougit jusqu'à la phase un. Elle avait deux phases. La première était de la gêne, elle devenait un peu rose, un sourire sur le visage, sans savoir vraiment quoi dire. C'est cela qu'elle appelait « phase un ». C’était celle qui lui arrivait la plus fréquemment.

Puis quand il reprit la parole, répondant a son invitation, ou plutôt, a sa proposition. Elle trouvait que c’était une bonne idée que de faire du donnant-donnant. Il s’était clairement forcé pour jouer, hors il lui avait dit plus tôt qu'il appréciait ce qu'elle faisait. C’était tout naturellement qu'elle lui avait dit qu'elle pourrait lui jouer du piano. Il ne l'avait pas entendu durant sa partition de l’après-midi. Quand il répondit, elle passa directement a la phase deux. Devenant rouge comme une pivoine, trop gênée pour sourire, elle secoua la tete les yeux braqués sur le sol, en se tenant les mains dans le dos et en reculant un peu.

- Ahah, tu exagères, je ne chante pas si bien que cela.

Rire extrêmement forcé pour ne pas trop perdre la face devant le garçon qui avait dit cela sans ciller, sans sourire, sans montrer une émotion quelconque. C’était différent de quelqu'un qui disait ça pour faire plaisir. Cela semblait être simplement ce qu'il pensait. Et c’était encore plus gênant. Comme si il ouvrait simplement son esprit pour en faire sortir les idées les plus primaires qui y passaient. Elle ne parvenait pas a déterminer si il était d'une simplicité enfantine, ou d'une complexité effarante. Elle hocha finalement la tête pour conclure le pacte silencieux qu'ils venaient de faire.

- Alors c'est entendu. Je jouerais.

Ils s’étaient séparés la dessus, sans plus de cérémonies. Pour ce couple de pianiste improvisés, qui étaient a l'opposé de ceux qui s’étaient réunit l’après-midi dans une parade d’ego, il n'y avait pas besoin d'en faire trop. La musique suffisait pour qu'ils puissent se comprendre. En tout cas, celui lui suffisait a elle. Elle passa le trajet du retour a réfléchir a ce qu'elle pourrait jouer pour lui. Il fallait quelque chose d'incroyable, a la mesure de sa propre prestation. Elle ne voulait pas passer pour la débutante a coté du virtuose. Elle voulait l’impressionner, le faire rêver. C’était sans doute son ego qui parlait, et finalement, elle se mit a songer qu'elle n’était peut être pas différente des autres pianistes du congrés.

Elle se mit également a réfléchir a la façon dont elle allait jouer. Hors de question de le faire ici. Ils n'avaient plus qu'a chercher dans Kyoto un endroit ou se trouvait un piano, dans un lieu pas trop public, afin de lui rendre le contexte intimiste de la musique qu'il lui avait offert. En rentrant dans sa chambre, elle n'avait trouvée aucune réponse, mais une vague d'excitation la submergeait, si bien qu'il lui fut difficile de trouver le sommeil, peu importe a quel point elle força pour arriver plus vite au lendemain matin.

Il y eu du bruit durant la matinée. Bien entendu, Jonathan n'avait aucune envie de voir la jeune adolescente partir au milieu du rassemblement. C’était, comme il disait, « une opportunité a ne pas manquer », mais comme d'habitude, Ayame était trop têtue pour entendre raison, et resta planté sur ses positions jusqu'à ce qu'il cède. On pensa au vu du brouhaha que l'étrange Americain  avait finalement perdu les pédales et avait agressé sa petite protégé. C’était plutôt l'inverse qui s’était produit, mais elle finissait de toute façon toujours par emporter la victoire.

Elle avait revêtue un t-shirt et un pantalon lui donnant un petit coté masculin qui, elle l’espérait, l'aiderait a s'échapper de l'endroit sans etre aperçut. Portant sa guitare sur son dos comme a son habitude, elle sortait a l’extérieur pour retrouver le garçon. Elle pensait que la recherche pouvait prendre un moment, puisqu'il avait a priori un don pour se trouver a des endroits ou l'on attendait personne. C’était a raison, puisqu'il semblait ne vouloir voir personne. Elle le trouva cependant vers l'entrée, un oiseau perché sur la tête, lisant une partition. Elle aurait pu trouver cette image incroyable si elle ne l'avait pas trouvé plutôt cocasse. Elle resta silencieuse un moment, jusqu'à ce que l'oiseau s'envole. Un oiseau qui part, remplacé par un oisillon. Elle s'approcha sur le coté, puis devant lui, se penchant en avant, les bras croisés entre son dos et sa guitare. Elle lui sourit :

- Uhm Uhm !
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MessageSujet: Re: Kyoto Variation   Dim 16 Juil 2017 - 15:26

Haruki avait détourné le regard de l'horizon et regardé le flap flap des ailes s'éloigner à l'arrivée d'une inconnue. La Pie avait longtemps suivi Haruki après avoir été recueillie jeune et abîmée, quelque part dans les forêts avoisinant la ville de Keimoo. Aujourd'hui ils n'étaient plus des étrangers entre eux (...)

Ayame pointait le bout de son nez, dans une fraîcheur qui lui allait bien. Avec sa guitare et dans un style simple, elle se découpait de la bichromie environnante, codes donnés par une société pensée raffinée. Finalement, en t-shirt et en jean, elle était dans un accoutrement similaire à Lei, dans une clarté plus prononcée.

-Bonjour Ayame.

Sans lui faire entièrement face il regardait de côté comme s'il avait pu y avoir une ombre supplémentaire près de sa silhouette et il eut un plissement éphémère du coin des yeux qui ne ressemblait pas vraiment à un sourire mais que son entourage proche aurait décrypté comme tel. Glissant sa partition sous le bras, le reste du Scarlatti déchiré de la veille, il se levait enfin, pour commencer cette ballade improvisée, variation au weekend qu'on lui avait programmé. Seule Moe ne s'inquiéterait pas de son absence. Le reste annoncerait plusieurs fois un Haruki sur scène, sans jamais avoir de présence, remplacée par une pause et improvisation pianistique de son ancienne professeure pour combler le silence et ce trou dans le déroulement des auditions. On l'écouterait car elle n'était pas méconnue, mais continuerait de secouer de la tête face à cette non-présence en de telles conditions. Car, l'opportunité était, grandiose. Une deuxième absence fut évidemment notée et ce fut celle de la fille de Masuda Stein. Des clics et des flashs se perdirent pour mémoriser cette absence en vue d'un prochain article, et alors que les deux jeunes dans un apparat banal s'éloignaient du pavillon, un cliquetis de caption d'appareil enregistrait depuis le balcon ces silhouettes insouciantes partant de l'événement. De ce séminaire il y aurait de la presse; des échos, des avis, des opinions et puis des rumeurs.


-


Il avait fallu prendre le métro pour atteindre le centre ville de Kyoto. Climatisé, le compartiment contrastait avec l'air lourd de l'extérieur mais il n'y aurait pas de pluie, du moins, en début de journée. Les rues de Gion, elles n'étaient pas encore bondées et au petit matin, passaient quelques japonais revêtus de leurs kimonos locaux. Lei avait tout à coup décidé de descendre à une station et s'il ne semblait jamais avoir de destination fixe, il ne semblait pas non plus hasarder. Il marchait d'un pas ni vraiment lent ni vraiment rapide, mais il aurait simple de le perdre de vue en cessant de le suivre quelques instants. Malgré ses allures sombres il se fondait dans la masse d'individus naissante ou au détour d'une rue, et, camouflé ainsi, il aurait pu être difficile de l'y retrouver.

Lei, il aimait bien les rues de Kyoto. Dans une époque révolue, il aurait pu éventuellement vivre ce contexte traditionnel entre les maisons de bois à la toiture légèrement retroussés, les lanternes et les bannières des commerçants. Et si aujourd'hui ne l'assimilait pas forcément avec les endroits les plus fréquentés, il semblait à l'aise à sa manière. Le doute et la peur étaient deux éléments qui ne semblaient jamais avoir pris forme dans son esprit et c'est ainsi qu'il évoluait dans une ambiance calme et apaisante.

Et au bout d'un moment alors qu'il jetait un coup d'œil en arrière où Ayame aurait du s'y tenir, il remarqua ce vide qui n'était pas censé être. Pivotant sur ses talons, il surprit le passant derrière lui qui le contournait, tandis que Lei scrutait les recoins du néant de son regard.
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Kyoto Variation
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