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The Future is like a puzzle with missing pieces: difficult to read, and never, never what you think.
 
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 Say something [PV Ayame]

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Arata Masuda
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MessageSujet: Say something [PV Ayame]   Sam 3 Sep 2016 - 23:56

Mars 2015. Le quai de gare.


Say something, I’m givin’ up on you. [Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien]

Le bruit de ses pas qui s’efface lentement reste encore gravé dans ma mémoire. Son parfum, coupé par la fermeture de la porte. Cet insupportable bruit du quai de gare, annonçant la fin, le départ de son train. Et ce dernier sourire adressé, pire qu’une lame plantée dans ma poitrine. Et son visage disparu dans l’obscurité de la soirée naissante. Me laissant planter tel l’abruti que j’avais toujours été.
Comme un con sur le quai de la gare, laissant échapper entre ses doigts ce bout de rêve que j’aurai pu ne serait-ce qu’effleurer. Ma main tendue dessine un dernier tracé, retombant mollement contre ma cuisse. La gare se vide peu à peu et je reste figé. Piégé par cet ultime souvenir. Ma main avait su trouver la sienne quelques instants avant la séparation, laissant cette emprunte douce et chaude. Les sourcils froncés, je tentais de me rappeler, en vain. Son visage avait été absorbé par l’obscurité de la nuit naissance. Remplacé par le reflet des néons sur le vitrage, ne laissant apparaître que son sourire. Et sa main se secouant d’au revoir. Malgré tout les efforts que je pouvais y mettre, je détestais la sonnerie annonçant le départ du quai. Il annonçait la fin. L’ultime page que je devais tourner. Aller de l’avant en affrontant une allée de cerisiers, sans elle. Sans eux. Je devais bouger. Aller de l’avant. Mais mon corps refusait de bouger, comme enclin à ce dernier souvenir qu’il voulait à tout jamais imprimer sur ma rétine. Une dernière trace de son parfum mélangé à son sourire.
Comme un con sur le quai de la gare, laissant échapper entre ses doigts ce bout de rêve que j’aurai pu ne serait-ce qu’effleurer. Ma main tendue dessine un dernier tracé, retombant mollement contre ma cuisse. La gare se vide peu à peu et je reste figé. Piégé par cet ultime souvenir. Ma main avait su trouver la sienne quelques instants avant la séparation, laissant cette emprunte douce et chaude. Les sourcils froncés, je tentais de me rappeler, en vain. Son visage avait été absorbé par l’obscurité de la nuit naissance. Remplacé par le reflet des néons sur le vitrage, ne laissant apparaître que son sourire. Et sa main se secouant d’au revoir. Malgré tout les efforts que je pouvais y mettre, je détestais la sonnerie annonçant le départ du quai. Il annonçait la fin. L’ultime page que je devais tourner. Aller de l’avant en affrontant une allée de cerisiers, sans elle. Sans eux. Je devais bouger. Aller de l’avant. Mais mon corps refusait de bouger, comme enclin à ce dernier souvenir qu’il voulait à tout jamais imprimer sur ma rétine. Une dernière trace de son parfum mélangé à son sourire. Ce quai de gare fut seul témoin de ma promesse inaudible au goût printanier. Ne m’oublie pas.

L’ultime accroche, la dernière carte qu’il me restait en main. Englué dans l’espoir infime que cette simple phrase puisse me laisser errer dans son cœur encore un peu plus longtemps. Le train siffla à nouveau, froissant mes nerfs encore un peu plus. Fichue sonnerie que je ne pouvais plus supporter…

Elle était définitivement partie. Me laissant, empli de regrets. Je me laissais trainer ainsi, jusqu’à la sortie de la gare. Et si j’avais sauté, avec toi, dans ce train ? Que se serait-il passé ? Aurions-nous eu ce que nous espérions ? Mon corps s’arrêta, fixant d’une manière absente le bitume. J’avais envie de m’y affaler. De m’oublier. De l’oublier. De disparaître dans les dalles de bêton. J’ai tellement de mal à imaginer un futur possible avec toi que mon imagination refuse quelconque scénario. Comme si le destin m’avait déjà programmé à la fatalité. Il n’y aurait pas de nous. Lentement, mon dos glissa contre le mur sur lequel il avait trouvé appui. Assis à terre, se foutant du reste du monde.

Il me fallait l’accepter.
Un point c’est tout.




Août 2016. Appartement 14, rue de la chance.


La chaleur se faisait plus que sentir en cette saison, si bien que j’en venais à bénir l’air climatisé. Les entraînements devenaient presque un calvaire. J’attendais chaque sortie à la plage comme une délivrance certaine… Mais aujourd’hui, je n’avais le goût que de flâner. De ne m’occuper de rien. Lea n’étant pas à l’appartement de la journée, je pouvais au moins m’assurer de ma tranquillité. Alors je profitais pour lire quelques BDs, affalé sur le canapé du salon.

Vrmm. Vrmm.

Le son provint de mon téléphone, posé sur la petite table du salon. L’attrapant d’une main lasse, je l’ouvris en glissant mes doigts sur le cryptage du clavier. Ma bouche s’étira dans un sourire lorsque j’aperçu le nom de mon correspondant.

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Hey ! Quoi d’neuf sur la planète Keimoo ?

Je lui répondis quelques banalités, avec une pointe d’humour. Nous avions l’habitude de nous répondre en décalé, nos conversations perdant parfois tout sens logique. C’était notre manière à nous de profiter de ce grain de folie qui nous prenait simultanément.

Vrmm. Vrmm.

Alors que j’avais reposé le téléphone après ma première réponse, la sienne fut rapidement retournée. Ce qui signifiait qu’elle devait avoir du temps devant elle pour discuter un peu. Elle me dit qu’elle attendait le train et m’expliqua en détail ce qu’elle voyait depuis son poste d’observation, non sans m’envoyer quelques photos des personnes louches qu’elle pouvait croiser. J’eu même droit à une photo d’elle en train de grimacer, ce qui eut don d’élargir un peu plus mon sourire. Au final, j’avais totalement abandonné ma lecture pour me concentrer sur les réponses que je lui envoyais.

Ah, Reira… Si tu n’existais pas…

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MessageSujet: Re: Say something [PV Ayame]   Lun 5 Sep 2016 - 20:54

Mars 2015, Keimoo

Il fait chaud, aussi chaud que l’extérieur est froid. La pluie tombe drue en ce jour de mars, et pourtant l'adolescente assise sur un banc du hall de la gare ne semble pas profiter de cette chaleur bienveillante qui coupe du monde extérieur. Le regard sombre, caché par une frange qu'elle pas prit la peine d'attacher, elle joue le pour et le compte depuis quelques minutes entres ses envies et ce qu'elle doit vraiment faire. Elle sait qu'elle ne reverra plus son amie comme d'habitude, tout les soirs dans ce café du centre de Keimoo ou se trouvait leurs repères, leurs points de rendez-vous. Sa confidente partie, sa sœur disparut, son professeur ayant mit un terme a ses leçons, elle avait le sentiment de se retrouver de nouveau seule, comme elle en avait eu l'impression mainte et mainte fois.

Pire encore, son frère avait le cœur brisé. Il ne lui dirait sans doute jamais, il lèverait le menton devant elle, lui ferait son sourire habituel et prendrait sur ses épaules, du mieux qu'il peux, toute la tristesse de sa petite sœur en larmes. Elle le savait pourtant qu'il l'avait déjà eu une première fois, et qu'en ce jour, ce qui en restait était probablement en train d’être piétiné sans  remord. Elle le savait pourtant que tout était de sa faute. Si elle ne l'avait pas rencontré, si elle n'avait pas joué  de ce foutu piano un après-midi sur la grande place de la ville, elle n'aurait pas gâché ses longs mois d’efforts. Elle en était pourtant persuadé, elle ne pourrait pas continuer a faire de la musique sans elle, mais après de longues discussions, après avoir désespérément essayé de lui faire changer d'avis, l'affaire semblait entendu, elle allait partir.

Et dans une dizaine de minutes. Arata était avec elle et elle ne pouvait se résoudre a aller gâcher ces adieux entres les deux personnes qu'elle chérissait le plus. Était ce parce qu'elle se sentait coupable de les séparer ? Ou parce qu'elle ne se sentait pas la force de le regarder dans les yeux en sa présence, de voir le jugement qu'il pourrait porté sur elle. La colère qu'il pourrait éprouver. C’était le pire. Si c’était le cas, et il n'y avait probablement rien de pire pour elle, elle n'aurait plus qu'a fuir la maison familiale en trouvant une cachette ou dormir longtemps. Très longtemps.

Elle ne peux pourtant pas si résoudre, elle saute sur ses pieds, son parapluie sous le bras, et elle s'élance vers les quais, de l'autre coté de la grande ouverture ou le ticket est composté. Passé cette étape, elle arrive sur la longue bordure de béton ou se séparent les nombreuses voies. Des gens en grandes quantités, des trains provoquant un brouhaha infernal. Et pourtant elle les trouves en une seconde. Arata. Reira. Ils sont face a face, parlent. Elle ne regarde la scène qu'une seconde, perdant ses résolutions, se cachant derrière le premier poteau qu'elle croise. Cinq mètres les sépares. A peine plus. Qu'elle ne pourra jamais franchir. Une seconde passe. Une minute. Elle ne sait pas si son frère est partit, si Reira a définitivement disparut de sa vie. Son portable vire. Un message. Reira bien sur.

«Je t'ai vu princesse!»

Un sourire éclaire son visage, a peine assez pour masquer les larmes qui commencent a ruisseler sur ses joues avec lenteur. Elle ne veux plus voir. Elle veux quitter cet endroit. Alors elle part en courant, par l'exact chemin qu'elle a prit pour atteindre ce point. Les gens s'écartent sur son passage et elle n'aurait de toute façon pas eu la lucidité pour les éviter. Alors elle atteint le hall. Puis l’extérieur. Il pleut encore plus fort que précédemment et elle marche. Elle a stoppé sa course et a ouvert son parapluie. Elle avance aveuglément vers un soleil qu'elle ne parvient pas a trouver du regard. Il fait définitivement trop gris. La gare a disparut au détour d'une rue alors qu'elle a continué de marcher sans savoir ou aller. Elle arrête sa progression. Elle est partie. Oui, définitivement partie. Mais il y a une personne qui elle, est encore la. Comment pourrait elle vivre sans cette présence. Comment pourrait elle l'abandonner.

Elle rejoint de nouveau la gare. Il est la bien sur. Assis sur le sol, l'air hébété sous la pluie. Elle soupire, renifle d'une façon discrète pour dissimuler ses sanglots. Il n'y en a pas. Elle s'en rend compte en s’arrêtant devant lui. Elle ne pleure pas. Alors elle tend son parapluie au dessus de la tête de son frère pour le protéger de l'eau qui tombe. Pluie qui vient la frapper elle, lentement. Dissimulant son chagrin de ses gouttes qui coulent sur ses joues. Car elle ne pleure pas. Mais les larmes ne veulent pas s’arrêter de couler. Que dire. Rien.

- Hey.

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Août 2016. Appartement 14, rue de la chance.

Assise sur le lit d'Arata, la guitare posé sur les genoux, elle tente de reprendre le contrôle de son esprit. La chaleur n'aide pas, vraiment pas. L'appartement est étouffant. La température est étouffante. Le monde est étouffant. Et il n'y a rien a faire d'autre que de vivre dans ce four, elle n'a donc d'autre choix que de faire comme si de rien était. Mais ses capacités de réflexions sont mises a rudes épreuves. En fait c'est pire, c'est comme si elles avaient disparut dans le soleil, brûles jusqu'à ce que mort s'en suivent. Elle se laisse tomber dans un soupire, ou plutôt, un cri d’exaspération. Il fait chauuuuuuud.

Si elle pouvait, elle irait jouer dans son café, la ou elle avait l'habitude de faire de la musique avec Reira. « Reira, quand reviendra tu nous voir ? Quand viendras tu jouer avec moi ? ». Ces pensées vont et viennent, l’obsèdent un temps avant de disparaître pendant une autre période. Elle lui parle presque tout les jours, de tout et de rien. De musique, de ses représentations, de ses cours, de ses tenues. Des garçons. Pas vraiment des garçons. Son aînée lui raconte la vie qu'elle mène loin d'elle, et chacune des histoires est comme un trésor pour l’adolescente, morte de curiosité a chaque fois qu'elle écrit quelques mots sur l'endroit ou se déroule désormais sa vie.

Elle regarde le plafond. Tout est silencieux, Léa n'est pas la donc forcément l'endroit est moins vivant, au plus grand bonheur d'Arata probablement. Que fait il ? Elle ne l'a pas vu depuis une bonne heure et elle s’était mit exprès dans sa chambre afin de ne pas pouvoir le rater si il venait chercher quelque chose. Lui jouer un morceau, l'une de ses dernières petites compositions. Si il était toujours dans l'appartement, il l'entendait de toute façon. Elle se redresse et laisse sa guitare avant de sauter du lit. Penser a Reira lui donne envie de voir Arata. Comme si l'un est l'autre étaient rattachés comme une seule entité dans son esprit. Bien sur que oui, c'est sa faute si ils ne sont pas ensemble.

Elle déboule dans le salon, il est la, silencieux, il semble plongé dans son écran de téléphone. Il a chaud. Tout le monde a chaud de toute façon. Quelle sale période de l'année quand il n'est pas possible de faire autrement que de s'enfermer pour se protéger du soleil. Elle se penche au dessus de lui, manquant même de lui tomber dessus mais se rattrapant sur le dossier du canapé au dernier moment. Un grand sourire affiché sur les lèvres, indiquant sa présence par sa joie de vivre habituelle.

- Heyyyyyy !
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MessageSujet: Re: Say something [PV Ayame]   Mar 6 Sep 2016 - 5:59

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Mars 2015. Quelque part, broyé dans son cœur.

Le vide est le même.
Depuis que tu n’es plus là.


La pluie ruisselait sur mon visage, plaquant mes cheveux déjà bien trop raides contre mes joues. Je n’étais pas triste. Je n’avais pas envie de pleurer. Les choses continuaient comme elles l’avaient toujours fait. Enfoncé dans ce vide infernal du temps qui défile, s’enfuit, nous quitte. Pour au final ne plus jamais revenir. J’étais misérable, voilà ce que j’étais. Quelques passants me regardèrent, surprit. C’est ça, regardez-moi. Je suis une bête de foire en pleine exposition. Non je ne suis pas mort. Ni même saoul. C’est affligeant cette manière qu’ils ont de vouloir se mêler de tout. Ne pouvaient-ils pas m’oublier comme je m’oubliais en cet instant ? Le ronronnement lointain des moteurs était la seule chose à laquelle je m’accrochai en cet instant.  
Pourquoi est-ce que je me sens vide ? Je ne ressens rien. Empli de cette lassitude dont je me passerai bien. Prisonnier de ces sentiments latents qui ne veulent s’exprimer. J’étais lié, poings et pieds, dans l’attente de quelque chose qui ne viendra pas. Vide. Et l’odeur de son parfum dans le nez. Accroché, me narguant. Mes pupilles suivent le mouvement des phares passant. Trace éphémère sur laquelle je ne peux m’accrocher trop longtemps. Mes sourcils se froncent. J’essaie de me souvenir de son regard. De la forme de son sourire. Rien. L’absence. Ce fichu vide dans lequel j’avais plongé. Juste l’emprunte de son parfum, décollant chaque image de ma rétine… Je l’avais pourtant tant de fois observée…

Je respire mais je sais,
que je ne vis pas.


Epaules affaissées.
Las.

Pourquoi étais-je ici ? Oh. C’est vrai. Son départ. Elle était partie. Elle avait fuit. Pour laisser place à Ayame. Pour qu’elle puisse éclore. Je ne lui en veux pas. Je ne peux pas. Elle en avait besoin. Je crois… Ce train… Ce fichu train qui l’avait emportée toute entière. La gardant égoïstement. Pourquoi ne l’avais-je pas été ? Juste un petit peu. Juste assez pour la retenir… L’eau ruisselle, j’ai froid. Je m’en fou.

Un pas. Puis deux. Ils se rapprochent. Trop.

Je reconnais ses bas. Entre milles. Ce sont ceux que je lui ai offert, au noël dernier. Ces bas que Reira m’avait aidé à choisir. Encore Reira. Indéniablement Reira. Comme si chaque action de mon existence me ramenait obligatoirement à elle. Mon regard glisse jusqu’à elle. Je ne sens plus la pluie. Je ne sens plus rien. Elle pleure comme je ne suis capable de le faire. Elle vie comme je n’ai jamais pu. L’eau ruissèle. Elle va attraper froid… Et j’ai l’air d’un con, assis au sol sous une pluie battante.

- Hey.

« Hey ». Ma voix resta coincée, liée. Incapable de se manifester. Mon visage reste le même, figé dans le passé. Les épaules lourdes, je la regarde. Elle pleure. Elle pleure comme je n’ai jamais été capable de pleurer. Difficilement, je finis par me relever, tanguant quelque peu. Un soupir s’échappe. Le parapluie ne sert plus à rien.

Mon regard reste planté dans le sien. Un sourire. Nostalgique. Perdu. Tout comme je l’étais. L’eau coule comme la vie. Elle file à toute vitesse jusqu’à l’horizon. Disparaît.

Même larmoyante, elle reste rayonnante. Constat perdu parmi milles pensées. Comment fait-elle pour porter ainsi la vie ? Ses sourires, son dynamisme. Cette chaleur qu’elle dégage et qui n’a de cesse de me rappeler à quel point je veux protéger ce petit bout de presque-femme qu’elle était. La préserver, lutter envers et contre tout. Pour qu’elle garde cet éclat. Je me gardais tous les vices, tant qu’elle préservait sa candeur. L’espace d’un rayon de soleil me traversa le cœur. Parce qu’elle était là. Tout simplement.

- Merci.

Deux pas, je me rapproche. Mes bras l’emprisonnent. Je ne la laisserais pas s’enfuir comme j’ai pu le faire déjà. Parce que je suis un égoïste. Parce que je ne serai pas capable autrement. Alors je me raccroche à ma seule racine. Je la berce. Pour me rassurer. Parce que son image à elle est réelle. Elle ne disparaît pas à mon touché. Je la serre un peu plus.

- Ne te retiens pas…

Confusions. M’adressais-je à elle ou était-ce un écho de ce que je voulais moi-même entendre ? Me laisser plus de place. Accorder la vie. Je n’y arrive pas. J’ai envie de m’écraser. De disparaître. Le vide était finalement mieux que ces sentiments qui me cisaillent à nouveau. Mon ventre est douloureux, mon cœur se pince. Mes poings se serrent dans son dos tandis que je tentais de garder le contrôle sur tout ça.

La main qui tenait la sienne était encore chaude. Malgré la pluie.



Août 2016. Un espace-temps de paix.


La discussion battait de son plein. Qu’il était bon de pouvoir rire de choses futiles, profitant d’un esprit aussi décalé que le mien. Casé entre deux discussions sérieuses. Cette facilité que nous avions de passer de l’un à l’autre, de ne jamais se vexer de rire même lorsque nous étions blessés. Parce que cette bulle de folie était devenue mon oxygène. Unique maillon de chaine auquel je pouvais encore m’accrocher, si loin des souvenirs de Ryûsuke. Je savais qu’indéniablement, une part de moi pouvait lui rappeler ce que nous étions lorsqu’il était encore avec nous. Ou le monde importait peu tant que nous pouvions nous allonger sur le même ban de sable. Tout ça me paraissait si loin maintenant… Le début du lycée et le revers difficile de la réalité.
Tandis que je pianotais d’une main sur mon téléphone, je vins relever d’une main mon t-shirt, espérant ainsi abaisser ma chaleur corporelle. Quelle galère cette chaleur lourde d’humidité. Je soupirai tandis que je recevais un nouveau message.

Si bien concentré que je ne l’entendis même pas arriver avant qu’elle ne pende au dessus de moi, cette Ayame.  

- Bouh. Clic.

Mon portable toujours en main, je lui adressai un joli sourire provocateur, fier de ma prise photo. Qui fut aussi tôt envoyée à Reira après quelques pianotement sur le clavier en pièce jointe, par ailleurs. Finalement, je cédais au rire, fier de mon coup.

- J’ai envoyé ça à tous les magasines de presse. Princesse Ayame sous son meilleur jour, ah ah ah !

Je me doutais que je n’allais pas m’en sortir aussi facilement que je pourrai l’espérer. Peut-être même que Reira avait déjà prévu un plan d’attaque infaillible envoyé par message à Ayame. Son téléphone. Mon regard glissa de long en large sur elle pour m’assurer qu’elle n’avait pas son téléphone sous la main. L’Arme Reira en moins, je m’assurais de plus de chances de survie après tout.


Trying not to love you…
Only makes me love you more.


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MessageSujet: Re: Say something [PV Ayame]   Mar 6 Sep 2016 - 23:50

Mars 2015, Keimoo
C'est amusant. C'est a la fois froid et chaud. Tenant l'objet au dessus de la tête de son frère, Ayame ne peux s’empêcher de sourire, contrastant grandement avec le reste de son visage. Les yeux tirés par le sourire continuent encore et encore de couler sans interruption. Elle ne pensait pas vraiment a ça quand elle a abriter son frère. Elle ne pensait pas que la pluie pourrait lui être bénéfique. Elle n'aimait pas pleurer, et grâce a l'averse, personne ne pouvait s'en rendre compte. Bien sur que si, Arata ne serait pas dupe.

Elle avait parler sans vraiment réfléchir. Elle aurait voulu s'excuser, prendre de ses nouvelles ou encore dire quelque chose d'autre qu'elle n'avait actuellement pas en tête. Tout pour que cela ne se finisse pas par un « hey » qui ne ressemblait a rien d'autre qu'une manifestation de sa présence. Elle tend la main dans le vide. La ramène vers elle. Elle ne sait plus si c'est le départ de Reira qui la chagrine, ou si c'est de voir son frère comme ça qui la bouleverse. Pourquoi est ce qu'il ne pleure pas ? Pourquoi est ce qu'elle ne le voit jamais pleurer ? Pourquoi est elle la seule assez faible pour se laisser aller comme ça, alors que lui parviens a se retenir. C'est facile ? Pas pour elle en tout cas.

Elle sourit de nouveau, d'une façon moins forcé, quand il plante son regard dans le sien. Oui il est bien la, il n'est pas partit, il est toujours prêt d'elle. Elle ne pourrait pas le supporter. Elle s’était imaginé un instant qu'il partirait avec son amie, et qu'ensemble ils feraient leurs vies ailleurs, sans elle. Mais lui était bien la. Encore une émotion égoïste, elle est soulagé qu'il ne l'ai pas quitté. Son sourire la submerge et une nouvelle volée de larmes coules au bord de ses paupières. « Maudites émotions humaines, laissez moi respirez entre deux sanglots ».

Il est debout, il était assis une seconde encore auparavant et elle n'a pas vu le passage ou il s'est relevé. Peut être qu'il n'a jamais étais assis en fait. Elle ne sait pas, elle n'arrive pas a retrouver ses esprits. Son cerveau est déconnecté, ne répond pas. Et lorsqu'il effectue les deux pas qui les séparent, elle lâche le parapluie. Il ne lui est de toute façon plus d'aucune utilité. Ses lèvres bouges mais contrairement au premier coup, aucun son n'en sort. Elle le sent alors, l'étreinte dans laquelle il l'attrape, et elle se laisse aller contre lui en passant ses bras dans son dos, agrippant le tissus dans l'espoir qu'il ne disparaisse pas non plus.

Enfin sa voix lui est audible. Un remerciement incompréhensible. C'est sa faute, tout est sa faute. Si elle n'avait pas continué de jouer dans ce bar....alors Reira ne serait pas partit pour lui laisser le champ libre. Elle avait détruit sa carrière, et sa relation avec Arata. Et pourquoi encore et toujours, c'est elle, la fautive, qui est consolé a la fin ? Un éclat de rire vient pour commenter la seconde phrase de son frère. Ne te retiens pas. Ce n'est pas comme si elle y arrivait de toute manière. La pluie semble les couper du monde, et dans cette promiscuité obtenue, elle parvient enfin a parler, presque normalement, uniquement couper par quelques sanglots qu'elle pensait pourtant avoir dissimulés.

- Pourquoi tu ne pleures pas. Pourquoi tu ne pleures jamais....Arata-nii....c'est toujours toi qui me console.

Elle aurait voulu dire bien plus, et en même temps le silence lui semble bénéfique. Elle reste un temps la tête enfouis contre la seule lumière qui émane de l'eau qui tombe, qui émane de cette journée aussi sombre qu'elle l'avait espéré en se levant quelques heures plus tôt. Elle se rend alors finalement compte de la position dans laquelle ils sont, tous les deux sous la pluie, sous le regard surprit des étrangers qui les contournes pour continuer leurs chemins.

- Je voudrais bien qu'on aille boire quelque chose de chaud mais....je ne pense pas qu'on nous accepteras, on est totalement trempés.

Elle rigole de nouveau, d'une façon plus clair que précédemment, entrecoupé de quelques reniflements. Elle ne le lâche pas pour autant. La pluie ne veux pas cesser, mais comme a son habitude, la présence de celui qui a toujours était la l'apaise au point que la tristesse laisse la place a la quiétude intérieur.

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Août 2016. Appartement 14, rue de la chance

Elle voulait le prendre par surprise, le tenir en échec. Mais il semblait que comme a son habitude, il n'avait pas vraiment de problème a se reprendre en un instant. C'est presque dans un sursaut qu'elle entend le cliquetis de l'appareil photo du téléphone de son frère. Il a gagné, encore. Il semble fier de lui, et sa bouche se pince légèrement, en signe de frustration, tandis qu'elle fronce les sourcils. Et ce petit bouh qu'il fait histoire de l'agacer encore plus. Elle tend rapidement sa main vers le téléphone. Trop lente, elle bascule en avant, rebondit sur Arata avant de se laisser couler vers le sol. Princesse Ayame. Tss.

Si seulement la presse voulait des photos d'elle déjà, ça se saurait. Elle n’était qu'une petite chanteuse qui faisait les premières parties de certains festivals. Rien de plus. Elle se redressait en se massant l'épaule, et se mettait a genoux afin d'appuyer ses deux coudes doucement sur le ventre de son frere, puis de poser sa tête ses les paumes de ses mains, le regard braqué vers lui. Il semble de bonne humeur.

- Tu sais, j'ai une clause dans mon contrat qui interdit le fait de me prendre en photo sans mon accord sous peine de poursuite judiciaire. Tu devrais faire attention.

Elle n'avait pas de contrat, et cette clause ne devait probablement même pas existait. Une moue sournoise sur son visage, alors qu'elle continu de parler comme pour détourner son attention, et détend son bras comme un fouet droit vers le téléphone. Elle n'est pas très douée dans ce genre de manœuvre, encore raté. Elle lui attrape alors le bras, un air vexé sur le visage :

- Tu veux pas aller a la plage un peu ? Ou jouer de la musique avec moi ? Ou...je sais pas....sortir quelque part ? Avec qui tu parles ? Encore une fille que tu vas larguer le plus tôt possible ?

Elle sourit, ne semblant pas vraiment juger le garçon sur cet état de fait. Au contraire, si cela pouvait le rendre un peu joyeux suite au départ de Reira.....a cause d'elle....elle soupire en chassant cette idée de sa tête et en se recentrant sur le garçon, avant de reculer et de s'asseoir sur ses talons en ricanant, le sourire aux lèvres :

- Enfin si c'est quelqu'un qui veux mon autographe, tu ne peux pas lui refuser, on a qu'a sortir pour aller lui remettre, tu ne crois pas ? Je suis sur que tu as aussi chaud que moi en plus.

Si Reira était la, elle le ferait sortir en vitesse, elle.


Dernière édition par Ayame Masuda le Dim 25 Sep 2016 - 18:18, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Say something [PV Ayame]   Dim 25 Sep 2016 - 5:18



Mars 2015. When you said your last goodbye, I died a little bit inside.


Le silence. Seul reflexe dont je fus capable. Comme il a toujours été. Fuir, c’était bien plus simple d’avoir à porter un fardeau plutôt que de le voir exploser. Comme si le vide qui s’en suivrait n’était qu’une source d’angoisse impensable. Et après ? Je me refusais à y penser. Alors, il n’y avait simplement pas d’après. Bon sang que j’étais lâche… Et si les choses avaient été mises au clair plus tôt… ? Et si j’avais avoué à Reira cet amour que j’éprouvai et qui me rongeait depuis des années déjà ? Et si j’avais été assez égoïste pour faire table rase de Ryûsuke comme il l’avait  fait pour nous ? Tu sais… Il m’aurait fallu peut-être quelqu’un comme toi. Ses mots me restaient coincés en travers de la gorge. Repassant en boucle dans mon esprit déjà bien trop tourmenté. Elle m’avait dit tout, tout ce que j’avais rêvé d’entendre depuis si longtemps. Tout en me soulignant au visage mon incapacité à pendre des décisions. Alors, quelqu’un comme moi, l’avait laissé partir.  Je me demande ce que ça aurait donné, si j’avais osé… Son sourire croisa mon regard, imprégné d’incompréhensions. J’avais tellement peur de comprendre où elle voulait en venir que ma gorge était resté nouée. Et si j’avais osé ? Les choses auraient-elles été différentes ? Je sentis quelques goutes glisser de ma nuque jusqu’à mon échine, m’arrachant un frisson.

Pourquoi ? Pourquoi je ne pleurais jamais ? Etait-ce réellement une question à laquelle existait une réponse ? Rien. Rien n’y faisait. Rien ne coulait sur mes joues si ce n’était cette pluie glaciale. Comme toujours. A l’image du vide qui était né en moi. Cet espace où rien n’existait d’autre que la lassitude et les questions. Je n’essayais pas d’être fort, ou toutes ces foutaises. Je n’arrivai pas à pleurer. Ca ne voulait pas.

C’est toujours toi qui me console.
Mes dents grincèrent.

Elle se sentait coupable… Encore. Ses propres peines ne lui suffisaient jamais, il fallait qu’elle porte également celles des autres… Qu’est-ce que j’aimerai qu’elle soit plus égoïste, parfois. En seule réponse que je lui offris, mes lèvres vinrent embrasser son front. La pluie avait effacé sa chaleur, son odeur… Tout comme l’obscurité m’avait volé le dernier sourire de Reira. Je ne savais pas quoi répondre à tout ça… Je n’en connaissais même pas la réponse de toute façon. Je n’étais définitivement pas une bonne personne.
Pendant quelques instants, je dû réfléchir à la proposition d’Ayame. Je n’avais envie de voir personne. Et j’avais pour ainsi dire, encore moins envie de rentrer chez nous. Ecoper les soupirs de Maya, les regards peu discrets de Lea ou les reproches des parents parce que nous étions rentrés trempés. Rien de tout ça…

- Si l’on rejoint un café en demandant si l’on peut se réchauffer et consommer jusqu’à ce que la pluie cesse, ça devrait être bon. Par contre il va falloir faire disparaître les preuves.

Lentement, mon index vint pointer le parapluie gisant au sol, détrempé. S’ils nous voyaient avec un parapluie et trempé, nous aurions l’air de deux étranges personnages venant semer du trouble très certainement. Je pouvais maintenant voir son visage. Je lui souris. Tout irait bien, non ? Tant que nous pourrions nous soutenir l’un et l’autre.

- Allez, viens. Allons quelque part où il fait plus chaud.

N’importe où. Loin des souvenirs.



Mars 2016. La rue d’une nouvelle chance.

Je la vis littéralement fondre, dépitée. Coulant jusqu’au sol, vaincue. Un sourire fier s’afficha sur mon visage tandis que je l’observais faire. Princesse Ayame avait perdu le petit pari qu’elle s’était sûrement monté avec elle-même. Son dépit ne dura pas bien longtemps puisqu’elle se redressa en frictionnant ses épaules. Chaque fois qu’elle se trouvait frustré, je ne pouvais m’empêcher de remarquer qu’elle ne fronçait qu’un seul de ses sourcils. Je n’avais encore jamais pu voir quelqu’un d’autre faire ça. C’était son petit truc à elle que je ne pouvais m’empêcher de trouver attendrissant. Ses menaces n’avaient rien d’effrayant. Et quand bien même elle aurait eu des contrats, ce n’était que le cadet de mes soucis. Si je voulais prendre une photo de ma sœur, rien ne m’en empêcherait.
Tandis qu’elle débitait plus de paroles qu’elle n’était capable de respirer en moins d’une minute, je l’écoutais, l’air distrait. Sortir ? La chaleur étouffant me rendait aussi motivé qu’un ours en période d’hibernation. Même la plage, qui était pourtant un endroit que j’adorais, me donnais envie de la fuir… Le sable brûlant n’était agréable que les fraîches nuits d’été. Mon regard roula en sa direction, tandis que mon index vint pousser le bout de son nez, légèrement.

- Pas plus de trois questions à la fois.

Une vraie mitraillette sortant toutes les pensées accumulées d’une traite. Il me fallait parfois un moment avant d’arriver à décoder où elle  voulait en venir avec ses séries de questions. Certaines fois, il n’y avait même pas de lien entre les questions. Elles étaient simplement venues à son esprit, l’obligeant à toutes les débiter avant d’en oublier certaines.

- Non. La dernière, c’était avant-hier.

Blague ou vérité… Je préférais laisser planer les doutes et le mystère. Je n’avais pas envie de devenir l’exemple-type d’hommes sur lequel pouvais se baser la vision d’Ayame. Mais si cela pouvait lui montrer que tout n’était pas tout beau et rose, qu’elle en reste alarmée… Ca me convenait. Rien n’y faisait. J’avais beau essayer de ne rien dire, de passer outre beaucoup de détails, c’était comme si d’un simple regard, elle arrivait à capter toute la vérité.

- Tout le monde rêverait d’avoir ton orthographe, Luciole ~

Je me contins un instant, avant de ne partir à rire sur sa fourche-langue. Rien de bien méchant en soi. Je profitais donc de l’espace libéré de sa présence pour me redresser et étirer mon dos, engourdis par cette position molle.

- C’est à Reira, que je parlais.

Déclaration posée, je lâchais un bâillement sans retenue et sans bonne manière. Sortir serait peut-être une bonne idée finalement… Mon corps allait finir par rouiller.

- Bon. C’est toi la reine de la journée. Tu veux faire quoi ?

Musique, sortie, plage… Qu’importait. Tout qui m’éviterai de m’engluer.

Continuellement.

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MessageSujet: Re: Say something [PV Ayame]   Dim 25 Sep 2016 - 21:01

Mars 2015, Keimoo

Il y avait des fois ou l'adolescente se complaisait a penser que si la pluie tombait c’était juste un reflet de son propre cœur. Inversement elle ne se sentait jamais triste quand il y avait le soleil a son zénith un après-midi d'été. Ce n’était sûrement qu'un hasard, probablement qu'une simple volonté de son esprit de ne pas voir la réalité que sa tristesse était une chose concrète, cruelle, indécise. Elle avait parlé a Arata, elle avait essayé de rire et de lui transmettre sa joie, pour panser sa blessure du mieux qu'elle le pouvait, en sachant très bien que sa propre douleur était tout aussi contagieuse. Il parlait, il enchérissait faiblement sur ses propositions malhabiles dans l'espoir sans doute d'échapper a cet endroit, a cette gare qui avait volé une aimée, une amie, une sœur.

Un café, un endroit ou pouvoir se réchauffer, pouvoir s’asseoir juste lui et moi, pouvoir s'abreuver d'une chaleur qui ne venait pas de nous. Pourtant quand la sensation de ses lèvres sur son front apparut, une brusque bouffée de chaleur l'envahit comme si la glaceur de la pluie venait de disparaître au profit d'une douce bruine chaude et agréable. C’était si simple quand il le disait comme ça. Un endroit ou il faisait plus chaud. Mais cette chaleur ne pouvait pas l'atteindre si le cœur de son frère ne s'emplissait pas de cette douceur. Il souriait faussement, il la tenait lentement. Il était froid.

- C'est ton cœur que tu dois réchauffer, Arata-nii.

Se séparant de lui légèrement, reculant encore sous la pluie, elle se mit a fredonner une petite mélodie presque inaudible. Les gens les évitaient, ce qui conférait a l'espace une nature presque intime, c’était deux ou trois mètres carrés de rue qui leur appartenait pendant toute la durée de ce moment qui ne voulait pas finir. Alors que les larmes semblaient avoir cessés, sa voix s'élever silencieusement dans l'air. Doucement, paisiblement, avec l'espoir que si elle n'avait pas les mots, alors la musique parviendrait a l'atteindre.

nee  kono sekai ni wa takusan no 
shiawase ga arunda ne 
itsuka futari nara
dareka ga kimi no koto wo usotsuki to yonde 
kokoro nai kotoba de kizutsuke you toshite mo 
sekai ga kimi no koto wo shinjiyou tomo sezu ni 
ibara no kanmuri wo kabuse you toshite mo 
watashi wa kimi dake no mikata ni nareru yo 
sono kodoku  itami wo watashi wa shitteiru 
so, everything that makes me whole 
ima kimi ni sasageyou 
I'm Yours


Elle regardait le ciel comme si elle espérait que, comme dans ses pensées, le soleil allait miraculeusement apparaître entre les nuages. Mais la pluie continuait sans interruption, glissant sur ses joues, au même rythme que des larmes silencieuses qui avaient recommencés a rouler. Une éclaircit éphémère venait l'éclairer, l'adolescente dans une position immobile, les bras a demi-levé. Elle laissait sa tête retomber vers son frère et d'un revers de bras s’essuyait les yeux :

- Je suis désolée, je ne sais même pas pourquoi je pleure. Peu importe a quel point je veux sourire, les larmes ne veulent pas cesser....je....je ne voulais pas qu'elle parte.

Éclatant alors véritablement en sanglot, elle agrippa son frère en plongeant sa tête dans son cou, laissant enfin éclater sa peine au milieu de ce monde qui ne voulait pas s'éclairer.

_____________________________________________________________________________________________________________

Août 2016. Appartement 14, rue de la chance

C’était agaçant, rien y faisait, elle ne parvenait pas a le faire chanceler avec des mots. Léa et Maya y parvenaient, mais pas elle, peut importe a quelle point elle prévoyait en avance ses offensives. C’était presque insultant de voir qu'elle était la seule femme de la famille a ne pas parvenir a le faire entrer dans ses retranchements comme elle aurait voulu. Pas plus de trois questions a la fois. Il venait de replacer le calme dans le contexte d'excitation de l'adolescente. Prenant un faux air vexé, doublement puisqu'elle l'avait déjà eu un instant auparavant,  elle se détournait un instant, faisant mine de bouder, sans parvenir très longtemps a faire durer cette impression. Si il y avait autre chose qu'elle ne parvenait pas a faire, c’était cacher quelque chose a son frère. Faire semblant d’être en colère n’était que rarement une manœuvre empreinte de réussite.

Ne pouvant pas tenir plus longtemps, elle éclata de rire devant la remarque du garçon. Avant-hier, elle avait depuis longtemps arrêté de croire que ce n’était qu'une plaisanterie. Il en était capable, c’était presque une collection que le garçon entreprenait, et elle avait finit par se dire que si certaine filles étaient assez stupide par se faire avoir par ce beau parleur, tant pis pour elle. Au contraire, c’était plutôt amusant. Méchant, mais amusant. Elle était curieuse sur le sujet et voulait lui poser d'avantage de question, mais elle sentait une ouverture dans sa résolution a ne pas bouger du canapé, ce n’était pas le moment de changer de sujet, au contraire. C’était peut être la meilleure opportunité qui s'offrait a elle. Surtout si il parlait a Reira. C’était une information capitale a prendre en compte. Il ne disait pas non a Reira. Même si elle n'était pas encore sur qu'elle soit la personne avec qui il parlait, il n'y avait que peu de suspense.

Au delà de son rire, elle se frottait la tête d'un air gênée, comme a chaque fois qu'il lui donnait ce genre de surnom. D'un coté elle se trouvait trop vieille pour ce genre de sobriquet, mais de l'autre elle aimait bien, finalement, cela leurs donnaient une complicité encore plus importante. Et même si sa phrase était presque ironique, la luciole prenait cette histoire d’autographe comme un compliment. Souriante, tandis qu'il rigolait a son tour, apprendre que Reira était bel et bien la personne a l'autre bout du téléphone, une certaine satisfaction naquit en elle. Elle avait rarement tord en ce qui concerne Arata.

- Vraiment, tu n'as pas peur de me donner les pleins pouvoirs sur nos activités, comme ça ? Tu sais qu'il en faut peu pour que tu finisses par jouer du piano avec moi devant une foule de millier de personnes en délire ?

Elle éclata de rire a nouveau en se demandant ce que pouvait bien lui raconter Reira. Elle savait que son frère n’était pas bavard, et avec Reira, elle tait presque persuadée qu'ils ne parlaient pas beaucoup d'autre chose que de la pluie et du beau temps. Elle aurait bien voulu l'inviter a revenir en vacances, mais elle craignait la réaction du garçon aussi elle se contenait. Pour l'instant. Fronçant un sourcil d'un air soucieux, le doigt sur les lèvres, en pleine réflexion, elle finit par lâcher un petit cri en levant le doigt, comme pour signaler qu'elle avait trouvé.

- Ils ont installés un piano pour les vacances, dans le centre-ville, on pourrait aller jeter un coup d’œil non ? J'ai envie d'une glace.

Un piano en centre-ville, souvenir d'une rencontre avec une fille aux cheveux rouge....
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MessageSujet: Re: Say something [PV Ayame]   Mar 2 Mai 2017 - 3:52



Mars 2015 – La rue de l’oubli.

Chercher cet endroit, ce petit espace où il ferait plus chaud… En fait, qu’importait l’endroit tant qu’il me permettait d’être loin de cette gare, de ce quai… Loin du bruit insupportable du sifflet annonçant les départs et du bruitage lourd des rouages du moteur. Encore une fois, je voulais fuir. Refusant d’affronter la réalité que je ne savais accepter. Parce que dans cette réalité, j’étais encore le pauvre couillon qui était passé à côté de toutes ces choses essentielles. Celui qui n’avait pas su la retenir. Le garçon qu’elle n’aurait jamais envisagé. Ce looser trempé sous la pluie dont elle avait abandonné le cœur dans ce quai de gare.
Encore une fois et comme bien souvent, Ayame toucha juste. Reira laissait un trou béant dans mon cœur qui avait déjà tant de mal à aimer. J’avais froid. Et aucune boisson au monde ne pourrait me réchauffer. Tout simplement car je n’étais pas assoiffée… J’avais soif de quelque chose de bien plus grand. D’unique. Quelque chose se ralliant à l’espoir et que l’on venait de me voler, quelques instants après me l’avoir fait miroité. Reira était cruelle… Diablement  cruelle. Le pire dans tout ça était certainement que malgré tout, le peu de considération qu’elle m’avait offert aujourd’hui m’avait fait plaisir. Parce que soudainement, tout devenait possible. Pourtant, je ne pouvais que me résigner. Les choses étaient bien plus compliquées que ça, non ?

Et elle se mit à chanter.

Ayame arrivait toujours à me surprendre à sa manière. Et sa musique traduisait d’autant plus cet état. Sa musique à elle était bien vivante. Réelle. Elle vibrait dans le cœur des gens et dans le mien. Bien loin de la musique de plastique que notre mère jouait à la perfection. Où aucune note n’était fausse. Où rien n’était laissé au hasard ou à la véritable source d’expression que pouvait être la musique… Je détestais ça. Avoir l’impression d’être face à des robots de production… Non merci. C’est pour cela que je  chérissais toute la pureté dont pouvais faire preuve Ayame, parce que sa musique à elle était vraie. Et je ne laisserai jamais quiconque la pervertir. C’est ta voix qui réchauffe mon cœur.

- Ne t’excuse pas…, fis-je tandis que mes bras venaient l’entourer. Et merci… Pour la chanson.

Bien qu’elle ne puisse le voir, un sourire vint habiller mes lèvres tandis que ma joue se posait contre son front. Concernant ses excuses… Pourquoi le faisait-elle ? Je n’arrivais décemment pas à comprendre comment elle pouvait s’en vouloir de pâtir du départ de son amie… Il me semblait que c’était quelque chose de relativement normal… Les larmes avaient reprit de plus belles sur son joli visage, me sciant le cœur en deux.

- Tu n’es pas obligé d’être tout le temps souriante, tu sais… Pleurer fait aussi parti de la vie. Tu as le droit d’être triste.

Etrangement, ces paroles me parlaient avec écho. Je cherchais à la rassurer mais au fond, j’avais simplement besoin de l’être moi aussi. Je n’arrivais jamais à pleurer, qu’importe la douleur ou la souffrance… Ca ne venait pas. Ce n’est décemment pas quelque chose que je puisse expliquer. Je ne le comprenais pas moi-même… Peut-être que du coup, Ayame pleurait pour nous deux… Je passais mes mains doucement dans son dos pour tenter de la réconforter. Une maigre once de chaleur parmi la tempête des sentiments.

- Viens, on y va.

Je l’attrapais par les épaules pour que nous nous détachions et instinctivement, mes doigts virent pincer le bout de son nez déjà bien rougit par le froid. J’aimais bien l’embêter ponctuellement et ce n’était pas le départ de Reira qui allait couper toutes mes habitudes. Du moins, j’essayais de m’en convaincre. Heureusement pour nous, un café se trouvait non loin de là où nous étions, il ne restait plus qu’à espérer que la porte ne nous soit pas  fermée sur le nez parce que nous étions trempés. Néanmoins après quelques explications bien tournées sur la disparition malencontreuse de notre parapluie, la serveuse accepta de nous recevoir le temps de nous réchauffer un peu et d’espérer que cette pluie cesse enfin. Ce qui était mal parti… Je m’asseyais en face d’elle, soupirant d’aise face à la chaleur ambiante. Après quelques instants, je me décidais à parler.

- Tu sais… Reira a fait son choix et on n’y peut rien… Mais tu as le droit de dire que tu ne voulais pas qu’elle parte. Certains diront que c’est égoïste mais moi je trouve ça légitime. J’ai comme l’impression qu’elle nous a juste abandonné en partant comme ça.

Comme une voleuse. Avec mon cœur et celui d’Ayame.



Août 2016, dans la balade des gens heureux.

Donner les pleins pouvoirs sur les activités à Princesse Ayame était effectivement un pari risqué. Mais  qu’importe… Elle pouvait bien me demander d’aller danser sur la lune que je serai capable de chercher un moyen pour le faire. Jamais je ne lui dirai directement mais elle avait bel et bien le plein pouvoir… La plus part du temps. Je me réservais quand même le droit d’être chiant, sinon ce serait me trahir moi-même. Tandis qu’elle partait sur l’idée folle de le voir en pianiste d’accompagnement devant une foule en délire, je me mis à soupirer en souriant. Deux secondes plus tard, je me retrouvais assis sur le canapé tandis que mon téléphone trouva place sur la table basse d’à côté.

- Je crois bien qu’il n’y a que toi qui serai capable de me faire jouer du piano…, mon regard se planta alors dans le sien, Je t’interdis de divulguer ta technique secrète à notre mère. Tu m’entends ? In-ter-dis.

De toute manière, elle ne serait jamais capable de me faire plier à ses quatre volontés… Elle pouvait bien aller se brosser elle et ses leçons de pianos à en vomir d’ennui. J’ai été bien docile à supporter ça pendant plus de dix ans, mais je ne me laisserai plus faire. Après tout, que pouvait-elle me faire ? Elle n’avait pas plus d’autorité que les divinités inexistantes que tous semblaient aller prier. Dans le pire des scénarios, je me retrouverai déshérité. Déshérité mais débarrassé de leur petit monde de bourgeoisie de pacotille. Comme si tout ça était réellement important… Quant à sa proposition… J’haussais un sourcil.

- Ca m’apprendra à parler trop vite ! T’étais sérieuse !? Va pour la glace, mais le piano, oublie. On peut s’y arrêter si tu veux, mais c’est tout.

Je n’avais plus qu’à espérer qu’elle ne me sorte pas ses petits yeux de biche auxquels je ne savais jamais dire non… Bien, ma mission sera donc d’éviter au maximum le secteur du centre ville où se trouvait se dit piano. Il y avait bien pleins d’autres choix de glacier et de balades dans le centre ville, ça n’allait pas être si compliqué… Du moins, je l’espérais.

- Bon. Laisse-moi me changer en Prince pour accompagner Princesse Ayame. J’ai plutôt l’air d’un sac de patates bon marché, là.

Sept minutes suffirent à me rafraîchir et me préparer. Je récupérais mon porte feuille sur la table basse pour l’enfiler dans la poche arrière de mon jean, mes lunettes de soleil –fichus yeux clairs- accrochées sur le col en v de mon t-shirt. Je m’amusais à faire tourner l’anneau des clés de l’appartement sur mes doigts en attendant Ayame.


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MessageSujet: Re: Say something [PV Ayame]   Dim 7 Mai 2017 - 18:09

Mars 2015
Suite a ces derniers mots, elle n'avait plus rien dit, telle une poupée de chiffon, se laissant poussé par son frère entre les passants qui regardent intrigués les deux jeunes gens trempés tentant de trouver un chemin au milieu des gouttes. L'impression de flotté s'empare d'elle, alors que ses pensées sont loin, très loin. Dans une autre époque, une époque ou son amie était encore la. Sa meilleure amie. Elle soupira.

- C'est injuste.

Elle avait murmuré ces mots pour elle même alors qu'Arata semblait en train d'expliquer a la serveuse du café ou ils venaient de pénétrer. Les quelques bribes de phrases qu'elle parvint a déchiffrer lui suffirent pour comprendre qu'il inventait de toutes pièces une histoire afin de pas avoir besoin de parler de la réelle cause de la souffrance des deux frère et sœur. Elle repensait a ses paroles. Elle était sans doute égoïste en effet, mais c’était vraiment légitime. Si elle avait choisit de partir, c’était parce qu'elle pensée que c’était le mieux pour elle et son avenir, sans doute. De quel droit elle pouvait remettre ça en question ?

Elle prit place a une table écoutant encore les paroles qui sortait de son frère. C’était vraiment le cas ? Elle en avait simplement eu marre d’être avec eux et avait décidé de partir loin afin d’être tranquille ? C’était possible en vérité. Ayame savait qu'elle avait sans doute abusé de sa gentillesse et de son temps, passant la plupart de ses moments libres a venir la voir. Enfin c'est comme ça qu'elle voyait une amitié, et elle n'avait jamais songé un seul instant que cela puisse poser problème avant ce départ qu'elle n'avait aucunement préméditée. Avait elle une autre solution que d'accepter cet état de fait que son amie avait probablement définitivement quittée la ville ? Sans doute.

Elle avait tant de projet. Elle avait eu pendant longtemps la conviction qu'elles pouvaient devenir célèbre en formant un duo. Elles avaient déjà une bonne popularité dans les cafés ou elles se produisaient. Ainsi que dans les festivals ou elles avaient eu la chance d'avoir l'autorisation de faire une prestation. Si Ayame était jeune et mignonne, Reira avait la beauté et la maturité d'une adulte. Ce mélange était très apprécié par les spectateurs. Elle en était sur, elles auraient pu mettre le Japon dans leur poches. Mais elle avait tout gâché. Elle se mordait la lèvre, de plus en plus de mal a contenir son émotion.

La serveuse venait vers eux pour savoir ce qu'ils avaient envie de commander. Une boisson chaude, aussi chaude que la tiédeur ambiante. Le contraste avec l’extérieur était telle qu'elle avait le sentiment qu'en fermant les yeux elle pouvait s'endormir. Mais quelque chose grondait dans sa poitrine depuis un moment maintenant, depuis qu'elle avait réussit a s’arrêter de pleurer. La jeune serveuse parlait a Arata, puis quand il eu fait son choix, elle se tourna vers elle. Exactement au moment ou elle se leva d'un bond en levant les bras, comme pour faire sortir sa frustration :

- J'en ai marre !

Elle avait presque criée. La serveuse, ainsi que la plupart des clients eurent un sursaut et se tournèrent vers elle sans comprendre. Elle avait la tête vers la lumière du plafond, et continua :

- Puisqu'elle ne veux pas le faire, alors je le ferais toute seule ! Je deviendrais la chanteuse la plus célèbre du Japon, puis ensuite du monde entier ! Elle sera bien déçue quand elle s'apercevra de tout ce qu'elle a raté en partant d'ici ! De tout ce qu'elle aurait pu avoir si elle avait continuée avec moi. Je vais lui montrer ! Elle sera morte de jalousie.

Elle semble s'apercevoir de l'endroit ou elle se trouve, tourne la tête a droite et a gauche, tandis que sa poitrine se soulève et s'abaisse au rythme du souffle rapide qui suis cette déclaration. Son cœur bat la chamade, et son visage devient cramoisi :

- Euh, je.....un thé a la menthe sera parfait.

Elle enfouit son visage dans ses mains, devenant de plus en plus rouge.

_____________________________________________________________________________________________________________

Août 2016

Elle semble satisfaite d'avoir obtenue ce qu'elle voulait. Ce n'est pas difficile, elle obtient toujours ce qu'elle veux. Elle l'écoute se plaindre, encore et encore, mais le fait qu'il n'ai pas catégoriquement refusé lui fait dire que c'est quasiment gagné. Il n'en faut pas beaucoup plus pour elle pour que son frère cède a ses désirs. Elle ne veux pas particulièrement grand chose de toute manière, simplement de jouer ensemble, comme lorsqu'elle était plus petite et qu'elle passait ses après-midi a l'imiter.

- Elle ne pourrait pas de toute façon, je suis bien plus mignonne qu'elle, et ce n'est pas comme si elle avait la possibilité de changer cet etat de fait.

Elle gloussa en allant se préparer rapidement. Elle n'aimait pas se faire attendre. Elle ne comptait pas sortir en pyjama, et elle aurait sans doute une nouvelle tenue laissé par Léa quelque part ? Pas vraiment, elle n'avait pas le temps de chercher, elle se dépêcha donc d'enfiler un jean ainsi qu'un t-shirt représentant le sigle d'un groupe de musique connue. Elle arriva en trombe devant la porte ou attendait son grand frère et se pencha pour attraper ses ballerines qu'elle enfila en une quinzaine de secondes. Elle se tourna vers un coin de l'appartement et attrapa sa guitare enfermée dans son étui. Elle ne sortait jamais dans avoir un instrument sur elle.

- Je suis prête, ô mon prince.

Elle ouvrit la porte en première et attendit a l’extérieur que le garçon referme la porte. Elle était sure et certaine qu'il allait tout faire pour éviter le fameux endroit qu'elle avait désignée plus tôt, le centre de la ville, le piano. Mais elle avait déjà une stratégie en tête pour l'emmener sans qu'il ne fasse attention. L'étape numéro une, c’était faire en sorte d'aller a un endroit non loin du centre, sans pour autant en être trop proche, pour ne pas éveiller les soupçons.

- J'ai vue un endroit ou il y a un nouveau vendeur de glaces, je crois qu'il propose au moins quarante parfums différents, je te jure ! Je veux que tu m'y emmène !

Toujours utiliser l'affirmation. Car il ne pouvait pas dire non a une affirmation de sa sœur cadette.
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