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 Commotion intégrale - [Hisaka Rika & Aslinn Eadhra]

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Haneko Igarashi
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MessageSujet: Commotion intégrale - [Hisaka Rika & Aslinn Eadhra]   Mer 31 Aoû 2016 - 15:59

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***

Le bâtiment avait quelque chose de terriblement familier mais de toujours effrayant. Absurdement grand mais sans refléter le labyrinthe qu’il était réellement à l’intérieur. Haneko l’avait parcouru de nombreuses fois, en fauteuil, avec ses béquilles ou durant les dernières semaines de rééducation. Elle le connaissait par coeur et jusque là elle avait cru s’y être habitué. Ce n’était pas encore une seconde maison, mais c’était un terrain connu qui ne l’effrayait plus. Et pourtant, plantée comme ça, à le regarder de toute en bas, elle sentit son coeur se serrer.

Ses yeux suivirent le trajet des deux ambulanciers qui amenaient la civière d’Aslinn à l’intérieur. Ils savaient exactement où aller et des silhouettes les accueillirent immédiatement à l’intérieur, pour les emmener à travers les couloirs. Il y a de cela deux ans, elle avait dû parcourir un chemin similaire, mais elle ne s’en souvenait pas du tout. À moins que cela soit différent pour les victimes d’accident de la route ? En voyant un urgentiste revenir vers eux, elle songea une seconde à lui poser la question avant de se rendre compte que cela lui paraîtrait sans doute bien stupide et sans aucun rapport avec ce qu’il venait de se passer.

Elle se tut donc et le suivit quand il les enjoignit à le suivre. Pendant quelques temps, ils suivirent le même chemin que la civière d’Aslinn et ils pouvaient la suivre du regard, mais elle s’éloignait de plus en plus car ils n’allaient pas au même rythme. L’urgentiste qui les escortait ouvrit plusieurs portes sur leur chemin, regardant à l’intérieur et parfois posant une question, avant de repartir à la recherche de quelque chose. Il ne sembla satisfait qu’au bout d’une dizaine d’essai et les invita à rentrer.

La lumière mit plusieurs secondes à illuminer la petite salle. Une salle d’archive, plusieurs casiers verrouillés renfermaient des dossiers, probablement ancien car l’informatique était prédominante à présent, mais tous les hôpitaux avaient encore ce genre de pièce. Haneko se demandait pourquoi on ne les laissait pas simplement aller dans une salle d’attente, le temps qu’ils s’occupent d’Aslinn et lui trouve une chambre, mais il lui fournit la réponse très vite.


- Vous pouvez attendre ici, quelqu’un va venir vous poser quelques questions. N’hésitez pas à me biper si vous avez un problème ou si vous vous souvenez de quelque chose.

Il fit tomber dans ses mains un petit appareil et s’éloignait déjà, prêt à quitter la salle quand il se souvint de quelque chose et se retourna vers eux avec un maigre sourire.

- Rassurez-vous, on vient vous chercher dès que son état est stabilisé et que vous pouvez rejoindre sa chambre.

La porte se referma sur lui et ils se retrouvèrent seuls à nouveau, dans un silence assez pesant pendant un temps.

- Et toi ? Tu la connais depuis longtemps ?

Haneko avait finit par prononcer la question qu’elle voulait énoncer depuis tout à l’heure sans trouver le bon moment. Celui-ci ne valait pas mieux que les autres, mais elle ne voulait pas que la salle replonge dans le silence le temps qu’un policier les rejoigne. Il fallait qu’elle occupe son esprit, qu’elle pense à quelque chose, n’importe quoi, et qu’elle dise certaine chose à cet Hisaka.

- Je… Je ne l’a connais vraiment pas depuis longtemps alors je… Je suis un peu contente que tu sois là, je crois.

Elle ne savait pas trop pourquoi elle l’avait exprimé à voix haute, mais c’était la vérité. Elle ne se sentait pas vraiment à sa place, dans un hôpital à attendre des nouvelles de quelqu’un. Ce n’était pas arrivé depuis bien longtemps. Et Aslinn lui était beaucoup moins proche que la dernière personne, même si elle s’en voulait de penser ainsi.

- Hm. Excuse moi, c’était un peu stupide.
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Hisaka Rika
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MessageSujet: Re: Commotion intégrale - [Hisaka Rika & Aslinn Eadhra]   Mer 31 Aoû 2016 - 22:59

Ha-ne-ko. Ces trois syllabes restent en suspension dans le monde qui m’entoure depuis qu’elle s’est présentée. A mon tour, j’avais décliné mon identité. Nous nous sommes regardés un instant, nous disant enchantés de notre rencontre par pure formalité, puis la discussion s’est essoufflée. Maintenant que la vie d’Aslinn n’est plus entre nos mains, je me sens moins obligé de communiquer et surtout, je ne sais pas trop quoi lui dire. J’ai bien pensé à m’excuser pour lui avoir hurlé dessus tout à l’heure, mais je pense qu’il est un peu tard pour revenir sur une réaction causée par la panique. Qui sait, peut-être qu’elle ne s’en souvient même plus et que je me mettrai seulement dans l’embarras si je me mettais à parler. Parler d’études ou projets d’avenir serait vraiment inapproprié en sachant qu’une de nos connaissances communes a bien failli ne plus en avoir, d’avenir. Mon regard se tourne alors vers l’extérieur où la pluie ne cesse de tomber, déposant un flot continu d’eau se jetant dans les canalisations. On pourrait avoir du mal à le remarquer si on s’en tenait à la météo, mais c’est l’été.

Mettant de côté l’idée de renouer le dialogue avec la jeune femme, je me suis temporairement échappé sur mon téléphone afin d’envoyer un message à l’une de mes colocataires. A vrai dire, je ne vois pas l’utilité de ce mail moi-même. Nous n’avions pas prévu de manger ensemble après tout. Je soupire. C’est trop tard pour regretter de toute façon, tout a déjà été envoyé.

Haneko, l’enfant-plume. Un prénom qui correspond à une personne fragile, facile à vivre sans doute. En réalité je n’en sais rien, je n’ai jamais été très bon en analyse littéraire.

Je jette de temps à autres des coups d’œil dans le rétroviseur interne pour regarder ce qu’elle fait. Actuellement elle est sur son smartphone, mais elle ne me donne pas l’impression de communiquer avec quelqu’un. Je prends donc la liberté de lui adresser la parole une seconde fois, cherchant à rompre l’ambiance pesante combinée à l’ennui qui semble s’être emparé de nous. Ne sachant pas trop par où démarrer, je choisis la carte de la facilité. Une question fermée qui peut se transformer en une question ouverte dans le cas où elle se révèle être une pie bavarde. Aslinn au centre de notre conversation car elle est le seul lien évident que nous ayons. D’où la connait-elle ? Je pioche dans le faux pour découvrir le vrai. Il y a un temps d’attente avant sa réponse, quelques secondes qui lui servent à ranger son portable dans la poche de son jean. Durant ce court laps de temps, je regarde l’ombre de l’hôpital se rapprocher de nous.

Sur les derniers mètres qui nous séparent du bâtiment, j’apprends que leur rencontre est liée au club de découvertes culinaires. Je lui adresse un air franchement surpris. Depuis le début de l’année scolaire, je n’avais encore jamais croisé la rousse dans les locaux du club. Peut-être parce qu’il y a des séances approfondies pour les plus avancés ? Naoko ne m’en a jamais vraiment parlé. Est-ce là, la preuve du fossé qui s’est créé entre nous ? Je me mords la lèvre inférieure. Ce n’est pas le moment de penser à ça. Et comme pour m’aider à tourner la page, le véhicule s’arrête et l’ambulancier nous invite à sortir. Je n’ai pas eu le temps d’émettre une quelconque réaction vis-à-vis de l’information que je viens d’obtenir, et malgré le fait que nous attendons encore bêtement sous la pluie, je ne trouve pas le moyen d’ouvrir ma bouche pour commenter, plus préoccupé par l’état de la personne sur le brancard.

Mes pas s’enchaînent rapidement en direction de l’entrée. A plusieurs reprises, mes pieds traversent malencontreusement des flaques d’eau, testant la perméabilité de mes chaussures qui échouent lamentablement au test. Une fois à l’intérieur de l’hôpital, nous ne sommes pas relaxés. On nous fait signe de suivre le même urgentiste qui nous a posé des questions sur la plage. La blancheur des murs combinée aux lumières éclatantes me font cligner des yeux plusieurs fois. Il y a vraiment des gens qui passent leurs journées ici ? L’odeur n’est pas beaucoup plus accueillante, mais le rythme de marche effréné qui nous est imposé me permet de ne pas trop m’en préoccuper. C’est après l’ouverture d’une dizaine de portes que nous sommes invités à prendre place dans une salle obscure. Après avoir maugréé quelque chose, le secouriste appuie sur l’interrupteur pour y amener la lumière. Un vrai tour de magie. Je découvre alors des dizaines de casiers attachés au mur, contenant probablement de vieux dossiers. Résigné à ne pas jouer avec les tiroirs, j’entre dans la salle et attends les instructions.

Comme il nous l’avait dit plus tôt, nous allons être interrogés. Je grimace. Même si nous avons été prévenus et que je m’y attendais. Je ne suis vraiment pas à l’aise avec ce genre de méthodes. D’autant plus qu’ils vont probablement essayer de nous tirer les vers du nez. Pour ma part, je ne sais rien de plus que ce que j’ai raconté sur la plage. Ce ne sera qu’une porte de temps. Toutefois, je hoche la tête pour lui signifier la compréhension du programme qui nous attend. Il s’apprête alors à nous laisser seul avant de revenir sur ses pas. Nous apprenons que nous aurons le droit de voir Aslinn plus tard, quand son état se sera stabilisé. Alors c’est définitivement sauvé ? Je retiens un soupir de soulagement jusqu’à ce qu’il quitte la pièce, m’abandonnant à la chaise qui se trouve devant moi. Pas un mot ne sortit de nos bouches durant un moment, jusqu’à ce que la jeune femme rompe le silence pour me demander si je connais la rouquine depuis longtemps, une sorte de retour de question. On est quitte, du coup.

« Pas vraiment. Quelques mois. »

Mai, ou peut-être Juin. Dans tous les cas, ce n'est pas une amitié de longue date. Sans doute pas une amitié tout court quand j'y pense. Ma relation avec la rousse a toujours été un peu ambiguë. Partagé entre un sentiment de crainte et le sentiment de protection. Je ne me souviens plus très bien des détails, mais me remémore encore parfaitement de l’irlandaise qui a fait irruption dans le bar où je comatais, incapable de m’intégrer dans les discussions de mes camarades de promotion. Parmi eux, un certain Kagami.

« Mais on s’est mis ensemble pour un travail du club photo alors j’ai dû la fréquenter pendant 1 mois. »

Les choses s’étaient très mal annoncées au départ, et auraient pu très mal se terminer si nous n’avions pas reçu un petit coup de pouce miraculeux. Sentant la discussion propice à ramener le sujet des clubs, je rajoute rapidement.

« D’ailleurs je suis aussi au club cuisine depuis avril. Je ne t’y ai jamais vu. Et je ne savais pas qu’Aslinn y était passée non plus. »

Probablement parce que je ne fais pas attention au monde qui m’entoure. Je n’ai jamais caché vivre dans une bulle, encore plus quand je suis dans le même club qu’une certaine autre personne. Quant à la rouquine, elle est peut-être venue quand j’avais un entraînement de basket, du temps où j’y étais encore. Les bras croisés sur mon torse, je fixe le plafond illuminé par quelques néons en attendant des réponses, ou d’autres questions. Choses qui ne tardèrent pas à venir compte tenu des circonstances. Deux jeunes adultes enfermés dans une pièce, n’ayant rien d’autre à faire que faire connaissance en s’appuyant sur la base d’une connaissance commune. Génial.

« …Je suis un peu contente que tu sois là, je crois. »

Il ne m’en faut pas plus pour m’empourprer et manquer de m’étouffer. Oui, évidemment il y a un contexte à cette phrase. Oui, c’est quelque chose de positif, mais je ne m’y attendais pas. Je veux dire, elle a dit ça si soudainement, alors que nous étions en train de parler de nos clubs respectifs. Sans doute à cause de ma réaction, elle s’excuse derechef. Je me lève, tout à coup, pour me retrouver face à elle. D’un regard, j’analyse la situation. Nous sommes trempés. Elle fait peut-être de la fièvre.

« Je…Moi aussi je suis content de ne p-pas avoir été seul dans cette épreuve. Tu n’as pas à t’excuser. »

Je fais un pas vers elle, hésitant. Nous ne nous connaissons que depuis une heure peut-être, mettre une main sur son front pour vérifier sa température corporelle serait peut-être mal venu. Je reconsidère mon action potentielle. Ca serait totalement déplacé envers une fille. Alors je me résigne, remplaçant mes gestes par des mots.

« Tu n’as pas chaud ? »

A moins que ce soit sa remarque qui m’ai mis dans cet état. J’aurais l’air bien ridicule si c’est le cas. Enfin, la question devrait plutôt être Quand est-ce que je n’ai pas l’air complètement stupide quand j’interagis avec les autres ?.

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Haneko Igarashi
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MessageSujet: Re: Commotion intégrale - [Hisaka Rika & Aslinn Eadhra]   Jeu 1 Sep 2016 - 18:14

Comme elle aurait put s’y attendre, le jeune homme ne connaissait pas Aslinn depuis très longtemps non plus, même si déjà bien plus qu’Haneko. L’irlandaise lui avait donné l’impression d’être relativement nouvelle de toute façon et n’avait dû rejoindre l’académie que cette année. C’était en tout cas ainsi qu’elle avait interprété certains traits de la rousse qui ne semblait pas encore bien habitué à la culture japonaise, que ce soit les termes de politesse ou la cuisson du riz. D’un côté, elle fut un peu déçu d’apprendre qu’Hisaka ne la connaissait pas si bien que cela. Elle aurait aimé qu’Aslinn puisse se réveiller sur un visage un peu mieux connu que le sien, mais il semblerait qu’ils doivent faire avec ce qu’ils avaient à disposition.

Au moins, il la connaissait depuis quelques mois et, l’ayant rencontré dans un club, en savait certainement plus sur ses hobbies et ses intérêts qu’Haneko. Elle avait oublié les clubs rejoints par la rousse, ou ne lui avait jamais demandé, mais elle s’étonnait surtout d’apprendre qu’Hisaka était également dans le club de découvertes culinaires. Lui-même semblait perplexe de ne jamais avoir croisé la brune, mais ça c’était normal aux yeux d’Haneko. Du fait de sa situation, elle n’avait rejoint l’université que récemment, avec du retard par rapport au début de l’année, et de fait ne connaissait pas encore tout le monde au sein du club. Ce serait quelque chose à lui expliquer plus tard, cependant, car l’heure était à d’autres préoccupations. Une question piqua tout de même l’intérêt de la jeune femme : si Aslinn connaissait quelqu’un du club cuisine, pourquoi s’était-elle adressée à une inconnue plutôt qu’à lui pour apprendre ? Certes, Haneko lui avait elle-même proposé de la conduire en cuisine et ainsi de suite, mais rien ne la forçait à passer du temps avec la brune si elle avait Hisaka à disposition si ?

Pour commencer, elle voulait d’abord exprimer son soulagement à l’idée de ne pas être seule pour accompagner Aslinn ici. Ce n’était peut-être pas la chose la plus noble ou propre à dire, mais elle avait l’impression qu’il lui fallait le dire. C’était la moindre des choses vu que c’était en grande partie la faute d’Haneko que le jeune homme se retrouvait ici. Elle n’avait pas eu besoin de lui sur la plage, et pourtant elle l’avait appelé quand même et il était venu la rejoindre. Maintenant, ils étaient sans doute tous les deux bloqué ici pour un moment.

La jeune Igarashi eu à peine le temps de murmurer ses mots qu’Hisaka se relevait brusquement, le visage empourpré. Un peu surprise, elle recula par réflexe d’un pas et bafouilla des excuses, mais il s’expliqua rapidement. Pendant un temps, elle avait crut que son choix de formulation l’avait mis en colère et elle aurait sans doute compris pourquoi : ils n’avaient aucune raison de se trouver heureux d’être là. Par chance, il avait compris ce qu’il voulait dire et semblait partagé sinon le même sentiment au moins quelque chose de similaire. Toujours debout face à lui, Haneko le regarda s’approcher avec un brin d’appréhension, sans comprendre ce qu’il voulait ajouter par rapport à ce qu’ils s’étaient déjà dit. Sa question suivante la laissa bouche bée.


- Huh ? N… Non. Pourquoi ?

Elle penche un peu la tête sur le côté en posant sa question, toujours un peu perplexe. En fait, elle a répliqué sans réfléchir, mais après tout la température de la pièce devait être sa dernière priorité et elle ne comprenait pas bien ce qui l’avait amené à poser la question.

La jeune femme tourna la tête à droite et à gauche, apparemment à la recherche de ce qui pouvait susciter une telle question. Elle-même n’avait que très peu conscience de sa température, mais elle imaginait qu’il y avait peut-être un chauffage en état de marche dans la salle. C’est en bougeant ainsi qu’elle sentit ses mèches de cheveux imbibée d’eau retomber sur son front et qu’elle commença à comprendre. Hisaka devait s’inquiéter plus du fait qu’ils étaient tous les deux trempés après avoir attendu si longtemps sous la pluie. Se retournant vers lui, elle essuya grossièrement son front et rejeta ses cheveux en arrière. Peut-être qu’elle avait attrapé froid, mais pour le moment elle ne sentait rien et elle s’en fichait un peu, ils avaient d’autres priorités. Cependant, elle lui offrit tout de même un sourire timide pour s’être apparemment inquiété pour ça.


- Je vais bien.

Elle chercha du regard une autre chaise et la déplaça un peu vers lui avant de s’y installer. D’un geste, elle se défit de sa veste en cuir, tout aussi humidifiée que ses cheveux, et l’installa sur le dossier. En-dessous, elle portait une chemise grise de belle marque, mais plutôt simple. L’air songeur, elle ajustait les boutons de ses manchettes et finit par reprendre la parole.

- Je n’ai rejoint l’Académie que très récemment, même si j’aurais dû recommencer en début d’année, j’ai eu des contretemps. C’est pour ça que tu ne m’as jamais vu au club découvertes culinaires. En plus, je n’y passe pas aux horaires les plus fréquentés.

Ce n’était peut-être pas de la grande conversation, mais ça leur permettrait de tenir quelques temps encore. Au moins assez pour qu’ils soient rassurés sur l’état d’Aslinn, c’est ce qu’elle espérait.
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MessageSujet: Re: Commotion intégrale - [Hisaka Rika & Aslinn Eadhra]   Lun 5 Sep 2016 - 0:33

En me voyant m’avancer après m’être brutalement levé, elle a spontanément fait un pas en arrière. Craignait-elle que je la touche ou que je l’agresse ? L’idée ne m’avait pas effleurée l’esprit, mais avec du recul, ça pourrait faire sens. Je voulais juste vérifier qu’elle n’avait pas attrapé de refroidissement.

Je le savais et pourtant je l’ai fait. Devant son air surpris, je ne peux que détourner la tête et le regard pour tenter de dissimuler les rougeurs d’embarras, de honte aussi. Ca arrive à tout le monde de se tromper, me dis-je pour me rassurer, mais cela ne fait pas disparaître ma gêne. Et le sourire qu’elle m’adresse n’arrange pas les choses. Au final, elle semble avoir médité seule sur la question, et sans que j’aie besoin d’expliquer mon raisonnement, elle me donne la réponse que je voulais entendre. Elle va bien. A mon tour, je lui souris. Quand bien même nous nous portons comme des charmes actuellement, n’est-il pas irresponsable de la part du personnel de l’hôpital de nous laisser sans quoi nous sécher ou un vêtement de rechange. Enfin, j’imagine que l’état d’Aslinn était plus préoccupant qu’une éventuelle fièvre. Aucun de nous ne savait depuis combien de temps elle attendait exactement, et elle avait déjà perdu du sang. Toujours est-il que mon t-shirt mouillé n’est pas des plus confortables.

« Tant mieux alors. »

Elle se met alors à bouger pour la première fois depuis que je l’ai faite reculer, pour chercher une chaise cette fois. Pour des raisons pratiques, elle rapproche son siège du mien. Je prends place une nouvelle fois alors que la jeune femme se débarrasse de la couche de vêtement externe, révélant une chemise grise protégée par la veste en cuir qu’elle portait. Maintenant que j’y pense, j’aurais peut-être dû prendre quelque chose pour m’abriter moi aussi. Un parapluie ou un sweat à capuche. D’autant plus que ce n’est pas la première fois que je me retrouve trempé depuis le début des vacances. Je replonge dans mes souvenirs du mois de Juin où j’ai rencontré @Fei Fei dans un vestiaire du club de natation.

Sans que je m’y attende, la connaissance d’Aslinn reprend la parole pour continuer la discussion que nous tenions avant que j’aborde la question de la fièvre. J’apprends ainsi qu’elle est – comme la rousse – une étudiante qui vient de débarquer sur le campus et qu’elle ne fréquente pas le club de découvertes culinaires aux horaires de pointe. Moi non plus à vrai dire, mais je reste quand même relativement correct pour ne pas rentrer trop tard. Et puis, avant les vacances, quand le club était le dernier cours de la journée, j’en profitais pour passer un peu plus de temps avec ma colocataire. A cette pensée, je soupire en m’étirant longuement. Bien des choses vont changer à la reprise.

« Moi non plus je n’aime pas les lieux trop fréquentés. »

En tenant ces propos, j’ai supposé le fait que c’est la raison pour laquelle elle ne vient au club aux horaires normaux. Pour être honnête, je n’avais même pas envisagé le fait qu’elle puisse bénéficier d’un emploi du temps aménagé ou quoi que ce soit. Je suis un homme ordinaire, ma vie a toujours été celle de tous les autres. Réfléchir aux exceptions, c’est fatigant. Et en parlant de ça, je baille. Tout en massant ma mâchoire, je continue de parler. Un peu pour elle, un peu pour moi, un peu dans le néant. La discussion s’enchaîne, mes mots se perdent dans la pièce.

« Du coup, Aslinn se débrouille comment en cuisine ? »

Je saisis une mèche de mes cheveux entre ma main droite et joue avec quelques secondes en la fixant comme si elle était spéciale, géniale. Quand le plafonnier commence à grésiller, je m’arrête soudainement. En attendant sa réponse et les fameux intervenants qui sont censés nous interroger, je ne trouve rien de mieux à faire que pianoter sur les accoudoirs de ma chaise. Le temps se fait long. Pas comme sur la plage où nous avons la vie de la rousse entre les mains, c’est encore une autre sensation. Au fond de moi, je n’ai qu’une hâte : qu’on me dise que tout va bien et que je peux reprendre le train-train quotidien. Dans l’attente et l’ennui, je reprends la parole pour meubler ce que je qualifierai de small talk. Il faut se rendre à l'évidence, notre conversation est superficielle, et pour preuve : nous n'avons discuté que de la victime ou presque depuis que nous sommes arrivés.

« Ca fait déjà quatre ans que je suis à Keimoo, personnellement. »

Quatre années plus ou moins intenses où la vie s’est amusée à me faire faire un tour de montagne russe, d’ascenseur émotionnel. Il y a des accomplissements dont je suis fier, d’autres moins. Il y a des rencontres qui ont chamboulé mon existence, d’autres qui m’ont laissé indifférent. Vivre à Keimoo n’a jamais été de tout repos en tout cas.

Derrière nous, la porte s’ouvre à la volée. Mon cœur s’emballe, mais l’ouverture est bien vite refermée. Finalement, pas de nouvelles d’Aslinn ni d’interrogatoire pour le moment. Je ne cache pas une certaine déception. Des excuses sont prononcées à la va-vite, pour la surprise. Il s’est trompé de salle apparemment, et l’homme se contente de reprendre son chemin. L’écho de ses pas se fait encore entendre quelques instants après son départ, mais se perd bien vite au fur et à mesure qu’il avance dans le couloir. Fatigué d’une telle journée, j’enfonce mon poing dans ma joue et croise les jambes.

« Je me demande quand est-ce qu’ils vont arriver. »

C’est la deuxième fois que je pose cette question aujourd’hui. Si cette déclaration est plus calme que la précédente, il n’empêche que je n’ai pas spécialement envie d’expérimenter une troisième fois. Je baille et ferme les yeux un moment. Déjà que notre discussion n’était pas bien active – un peu à cause de moi, un peu à cause de ma mauvaise volonté – cette interruption l’a presque totalement achevée. Ma motivation à trouver des sujets de conversation semble s’être envolée d’un coup. Je laisse mon corps glisser le long du dossier jusqu’à me retrouver avachi sur la chaise. Je ne me redresse qu’au dernier moment, lorsque je me sens presque tomber par terre.

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MessageSujet: Re: Commotion intégrale - [Hisaka Rika & Aslinn Eadhra]   Lun 5 Sep 2016 - 11:52

De la violence, puis, plus rien.

Je me souviens que j’ai mal. Ce n’est pas juste un souvenir. C’est dans le passé, mais aussi dans le présent. A un moment, ça  a commencé à faire mal ; et ça ne c’est plus arrêté. Je ne sais pas où j’ai mal, ni d’où viens la douleur. Je ne suis plus rien de toutes façon.  Il y a du noir et rien d’autre.
Ah. Si. A côté du noir il y a du vide. C’est la même chose. Quasiment.
Soupir.

Je flotte dans une espèce de néant. Enfin, j’ai la sensation de flotter ; parce que concrètement, je ne flotte pas. Je suis le néant.  On ne flotte pas dans soi-même  ; donc je ne peux pas flotter, d’un point de vue logique. Mais ça ne change rien à la sensation. Il n’y a ni haut, ni bas. Je ne suis pas sure de quel est mon bras droit et quel est mon bras gauche. Est-ce que mes bras son encore là au moins ? Je les cherches, mais je ne les trouves pas. Pourtant je sens leur poids de chaque côté de mes épaules ; mais comme ils sont noirs et vides eux aussi, mes yeux ne les voient pas. Est-ce que mes yeux sont ouverts ? Je ne suis pas sure non plus.  J’ai beau les écarquiller -ou du moins, j’ai l’impression de les écarquiller- Je ne vois pas mieux. Du noir. Rien que du noir. Et du vide.  

Un poisson passe.
Je suis dans la mer alors ? Comment est-ce que je resp
D’un coup le vide se transforme en eau. J’étais bien dans la mer ; au fond de l’océan, avec un poisson géant qui se pavane à côté de moi. Je ne peux plus respirer. A chaque fois, j’avale de l’eau, qui viens remplir un peu plus mes poumons.  Je coule. Je ne sais même pas vers où est le haut ; et si je coule dans le bon sens.
J’agite bras et jambes pour essayer de nager, de faire quelque chose pour me sauver, mais mes membres ne rencontrent rien d’autre que du vide. Pourtant, la mer continue de se déverser dans mes poumons.
Rapidement, il n’y a plus d’air. Je pers connaissance.

Quand je me réveille, je suis chez moi. Enfin, je n’aime pas considérer cet endroit comme étant chez moi. Je suis chez mes parents. Le plafond sur lequel j’ai ouvert les yeux est haut. Haut et décoré. Je n’aime pas cet endroit. Je relève lentement le dos, tout en me massant les tempes pour essayer de comprendre. Je ne suis pas dans mon lit, je suis à côté. Qu’est ce que j’ai fait ?
Je passe la mains sur l’arrière de mon crâne. Il y a quelque chose d’inhabituel. Il y a des cheveux. Je me relève d’un coup pour aller me voir devant le miroir sur la porte de la penderie. Mes cheveux sont longs. Ils m’arrivent jusqu’au milieu du dos. Pourtant je les avais coupés quand j’avais neuf ans ? Est-ce que j’ai neuf ans ? Non. Apparemment non. L’image que me renvoie le miroir est celle d’une femme, pas d’une enfant. Pourtant j’ai les cheveux longs. C’est lourd. J’ai l’impression que chaque mèche pèse sur mon crâne pour me tirer vers le sol. Je ne me souvenait pas que c’était comme ça d’avoir les cheveux longs.

Un poisson m’apporte un ciseau.
Merci.
J’empoigne mes cheveux et commence à les couper. Je ne pensais pas que ce serais aussi résistant. Ça va prendre du temps. Je m’assois par terre en tailleurs, face au miroir. Mais quand je touche le sol, je continue de descendre. Il n’y a plus de sol. Ou alors le sol ne veux pas que je m’asseye sur lui. Enfin bon. Il faut que je coupe ces cheveux. Je me concentre pleinement sur les mèches rousses qui encadrent mon visage. Lentement, je les coupes un à une. Je n’ai pas la moindre idée de ce que je suis en train de faire. Le miroir n’est plus là, je coupe au hasard.

-ASLINN.

Une voix que je connais trop bien résonne autour de moi. Je n’avais même pas remarqué que j’était de retour dans le vide. Mais le vide ne m’isole pas de la voix de ma mère.

-ASLINN QU’AVEZ-VOUS FAIT ?!

Je me suis coupé les cheveux.
D’un coup, j’ai le vertige. Les cheveux. Ce sont le départ de tout. Tout est partit de là. Après ça, les robes, le collège, le lycée, le Japon.
Je ne sais plus ou est ce que j’en suis chronologiquement. La voix de ma mère continue de raisonner en boucle dans ma tête.
Qu’est ce que j’ai fait ? Je me suis coupé les cheveux.  Quelques coups de ciseaux en moins et tout aurais pu changer. Le poisson est encore à côté de moi. Merci de m’avoir amené le ciseau. Je n’aurais pas voulu que ça soit différent.

Tout est noir. Tout est vide. Pourtant le monde tremble.  Les vibrations de la voix qui s’élève font trembler le monde. La femme qui hurle me terrifie. Pour la première fois de ma vie, j’ai ouvertement été contre son sens. Je n’aurais plus jamais les belles boucles soyeuses qu’elle voulais que j’aie. Il paraît que les cheveux longs sont -ou du moins étaient- un symbole de féminité. C’est ce qu’on faisait au sorcières au moyen âge.  On les exposait nues sur une place publique avant de les tuer ; et on leur coupait les cheveux.
Ça fait longtemps que j’aurais été brûlée si j’étais née au moyen âge.  Avec un roux comme le mien ; j’ai beau être née au pays des roux, il n’en reste pas moins une couleur surprenante. Une couleur qui attire le regard. Une couleur qui aurais fait de moi une sorcière. Je soupire ; le feu s’allume.  

Encore assise en tailleur, j’observe les flammes monter de sous mon corps.  Doucement, je brûle.  
Je ferme les yeux. Je ne sens plus que la chaleur qui enveloppe mon corps. J’ai quitté un vide pour un autre.

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MessageSujet: Re: Commotion intégrale - [Hisaka Rika & Aslinn Eadhra]   Lun 5 Sep 2016 - 16:21

Une seconde, la jeune femme ne comprit pas ce qu’il voulait dire en parlant de lieux fréquentés. Elle n’avait jamais eu de problème avec ça, sans les apprécier particulièrement. Ces derniers temps, elle faisait plus attention à cause de ses prothèses mais c’était bien la seule chose qui pouvait l’inquiéter quand il y avait foule. Elle ne se souvint qu’après quelques temps qu’elle avait mentionné ne pas venir aux horaires habituelles, il avait dû interpréter ça comme une envie d’éviter la cuisine quand elle était bondé. En un sens, il n’avait pas totalement tort. Elle aimait bien venir quand il n’y avait pas trop de monde, mais c’était uniquement pour pouvoir se déplacer comme elle voulait dans les locaux du club. C’était beaucoup plus agréable pour travailler correctement.

Hisaka avait peut-être eu le même raisonnement mais ça sonnait plutôt comme s’il n’aimait pas les lieux fréquentés quel que soit les circonstances. Et sur ce point, elle ne savait pas trop raconter. Haneko n’en fréquentait plus beaucoup mais il fut un temps où elle était à l’aise comme un poisson dans l’eau parmi la foule. Elle savait se faire voir, se faire entendre quand elle le voulait, et s’y fondre quand elle préférait la discrétion. Et c’était encore pire quand ils y allaient en groupe. Non, la foule ne lui avait jamais posé problème.

Tirée de ses pensées par la question du jeune homme, Haneko cligna des yeux quelques secondes le temps de revenir au présent. Elle eu encore besoin d’un peu de temps pour que la question lui parvienne finalement, et ses pensées allèrent aussitôt à Aslinn. Cette fois cependant, ce n’était pas à l’Aslinn étendue sur un lit, du sang coulant de son crâne dans ses cheveux roux, qu’elle pensa, mais à celle qui lui avait demandé de l’aide en cuisine. De façon un peu absurde, elle se mit à sourire, et s’empêcha de pouffer. Ses joues se colorèrent de rose quand elle prit conscience de sa réaction, plutôt honteuse au vu des circonstances.


- Eh bien… Disons qu’elle s’améliore. Il y a du chemin, mais elle n’avait jamais cuisiné avant alors c’est normal.

Quand elle le disait comme ça, c’était beaucoup moins drôle que dans sa tête. Mais Hisaka n’avait sans doute jamais vu la jeune irlandaise se couvrir de honte en admettant ne pas savoir faire du riz, ou foudroyer du regard un vulgaire paquet de riz. Il y avait quelque chose d’adorable et de drôle dans la détermination que la rousse avait pour apprendre à cuisiner. Malheureusement, ce n’était pas les souvenirs qui remontaient le plus facilement à son sujet. Très vite, Haneko se remémora sa pâleur quand elle l’avait trouvé sur la plage, et la blessure à sa tempe. Elle perdit aussitôt le sourire et baissa la tête. Elle hésitait même à s’excuser pour sa réaction, mais ne trouvait rien pour l’expliquer.

Le moment de gêne s’éternisa. Son interlocuteur ne trouvait apparemment rien à répondre à cela, ni à rajouter. Elle l’entendait bouger un petit peu, surtout quand il commença à pianoter sur sa chaise. Elle savait que ce n’était pas de l’ennui, mais plutôt du stress. Comme lui, elle ne désirait qu’une chose et c’était que la situation avance, se résolve. Qu’on vienne les chercher pour leur annoncer qu’Aslinn allait bien et qu’ils pouvaient la voir. Mais une autre visite devait avoir lieu avant, car ils avaient bien été informés qu’ils allaient être interroger à nouveau. Ce moment là, elle le craignait un peu même en sachant qu’elle n’avait rien à se reprocher, elle avait peur de ne pas savoir quoi dire, ou de se tromper quelque part.

Hisaka la tira de ses pensées à nouveau en fendant le silence de mort qui s’était installé. Ce n’était pas pour dire grand chose, de la conversation basique pour ne pas dire insignifiante, mais Haneko lui en fut reconnaissante. Peut-être avait-il besoin autant qu’elle de s’entendre parler, de dire quelque chose pour s’occuper l’esprit, ou peut-être faisait-il ça pour elle. Dans tous les cas, elle sauta sur l’occasion sans trop réfléchir.


- Ah oui ? J’y fait fait quatre ans aussi, au lycée. C’est ma première année à l’université là, même si je n’étais pas là pendant deux…

La porte s’ouvrit brusquement et Haneko faillit bondir sur sa chaise. Alors qu’elle s’attendait à voir le secouriste de tout à l’heure ou un policier, c’est un infirmier qui était apparu. Elle crut que c’était pour leur donner des nouvelles d’Aslinn mais il ne tarda pas à s’excuser en prétextant s’être trompé de salle. Elle le regarda partir sans oser dire un mot, et se rendit compte qu’Hisaka avait fait de même. Ils devaient être tous les deux sous le choc, elle avait presque envie d’insulter l’homme pour lui avoir donné un faux espoir.

Il fallut attendre plusieurs secondes après le départ de l’intrus pour que le calme semble revenir dans la petite salle, suffisamment pour que son compagnon lui demande quand elle pensait les voir arriver. Hisaka avait l’air de plus en plus ennuyé, ou fatigué, ou stressé par l’attente. En tout cas, il ne faisait même plus l’effort de se tenir correctement et s’avachissait progressivement sur sa chaise. Elle s’empêcha d’hausser les épaules pour lui répondre : elle n’en savait pas plus que lui.


- J’en sais rien. Bientôt j’espère.

Elle ne rajouta rien d’autre. Elle ne pouvait rien dire de plus et n’arrivait pas à trouver de quoi alimenter la conversation. Qui plus est, elle n’avait pas du tout envie de revenir sur la raison de son absence de deux, mais elle était à peu près sûre que ça n’avait pas intéressé le jeune homme de toute façon. Le contexte ne se prêtait pas aux questions-réponses entre eux. Ils étaient avant tout préoccupés par Aslinn et par son état.

Il fallut attendre une dizaine de minute, qui sonnèrent comme des heures à la jeune femme, avant que la porte ne s’ouvre de nouveau. Cette fois-ci pour deux policiers en uniforme. Un homme et une femme, plutôt jeune tous les deux. Haneko se releva pour les saluer poliment et ils répondirent avec le même tact, avant de se présenter.


- Nous sommes ici pour enquêter sur ce qui est arrivé à votre amie. Nous allons vous poser quelques questions à tous les deux et ensuite, si vous le voulez bien, nous vous interrogerons séparément moi et mon collègue, d’accord ?

C’était l’homme qui parlait. Il avait une voix étonnamment douce pour sa taille, et détachait soigneusement chaque mot pour qu’ils comprennent.

- S’il y a quelque chose que vous ne voulez pas aborder avant d’être seul, vous n’êtes pas obligé de répondre tout de suite, d’accord ?


Le silence se réinstalla quelques secondes, avant qu’Haneko ne saisisse qu’il attendait une réponse. Elle hocha de la tête.

- Bien. Alors commençons par les vérifications. Nom, prénom et adresse ?

La jeune femme faillit soupirer à voix haute, mais elle se contenta de souffler les réponses en vitesse. Quelque chose lui disait que ça durerait plus longtemps que prévu.

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MessageSujet: Re: Commotion intégrale - [Hisaka Rika & Aslinn Eadhra]   Jeu 8 Sep 2016 - 15:44

Simples idées reçues ou pressentiment, j’avais l’intime conviction qu’Aslinn était loin d’être un cordon bleu. Du temps que nous avons passé ensemble, elle n’avait pas l’air d’être la jeune fille modèle qui prépare ses repas et aide sa famille aux autres taches ménagères. Ce n’est peut-être pas l’éducation que l’on reçoit, en occident ? Le sourire d’Haneko confirme mes soupçons plus rapidement que sa prise de parole. Je me retrouve moi-même contaminé par cette vague de légèreté qui vient balayer l’atmosphère pesante qui règne depuis un moment et je vois mes propres lèvres s’étirer. Durant un instant, j’oublie les circonstances de notre rencontre au bord de la plage et me permets un petit écart au politiquement correct, quelque chose que je ne devrais sans doute pas dire d’une personne qui a bien failli ne plus jamais se réveiller.

« Tant qu’elle n’a pas fait brûler de soupe… »

C’est une petite anecdote qui m’est restée après l’avoir lue sur internet. J’ignore qui était la personne derrière l’écran à qui cela est arrivé, mais j’ai trouvé très drôle le fait que l’on puisse mettre le feu à une soupe miso par exemple. Mi-amusé, mi-admiratif devant une telle performance, je tourne mon visage vers mon interlocutrice. Son expression rieuse s’était soudainement volatilisée. Je baisse le regard, sans doute suis-je allé trop loin.

Sans avoir à communiquer verbalement avec elle, je comprends ses états d’âme. La tristesse mêlée à la culpabilité d’avoir presque ri à ce sujet. Assez peu fier de ma remarque moi-même, j’évite de relancer la conversation dans les minutes qui suivent. Le silence que j’avais réussi à briser tout à l’heure a repris sa place et je ne sais pas quoi faire pour qu’il parte, de peur de gaffer. Tant bien que mal, je tente de ne pas me laisser submerger par les images du corps de la rouquine allongée sur la plage, du sang qui coulait le long de sa tête. Je soupire. L’attente se fait longue et je commence franchement à m’ennuyer. Si j’avais un peu plus d’énergie, je pense que je me serais levé et j’aurais commencé à faire les cent pas. Hélas, je me sens vidé par les événements de la journée et me retrouve dans l’incapacité de faire quoi que ce soit. Hé, les divinités à qui j’ai fait une offrande au début de l’année. Réveillez-vous un peu et faites-moi signe, je n’ai quand même pas jeté quelques yens dans ce trou pour rien.

Lassé, je finis par reprendre la parole un peu dans le vide. Parler d’études comble toujours les trous des conversations, je l’ai appris avec des années d’expérience dans les discussions gênantes avec un interlocuteur avec qui on a peu – ou rien – en commun. Cette prise de parole semble soulager Haneko puisqu’elle me répond presque immédiatement, un peu comme si elle avait aussi tenté de renouer la discussion sans succès. Au final, j’ai l’étrange sensation d’être le plus entreprenant aujourd’hui, moi qui suis d’ordinaire si passif. J’apprends donc de la jeune femme qu’elle a aussi fait ses quatre années de lycée sur le campus, mais qu’elle s’est absentée durant deux avant d’intégrer l’université. Je ne cherche pas spécialement à en savoir plus. Il y a beaucoup d’étudiants – les plus riches notamment – qui mettent à profit leur transition vers les études supérieures pour s’offrir un voyage enrichissant. Ca fait toujours bien sur le CV, m’a-t-on dit.

Même si j’avais voulu réagir je n’aurais pas pu. Une porte s’ouvre derrière nous, nous faisant sursauter par la même occasion. Je retiens mon souffle en voyant l’infirmier se tenir dans l’encadrement de la porte avant de refermer l’ouverture en s’excusant, avec la même brutalité que lorsqu’il avait fait irruption dans la pièce. Je serre les dents. Fausse alerte, faux espoir. Je ne sais pas comment définir cet instant. Frustrant et surprenant. L’inverse, peut-être ? Je suis trop perturbé par cette intervention surprise pour lui faire remarquer qu’elle a été ma senpai, mais que je ne l’ai jamais croisée. A la place, je préfère m’affaler dans mon siège et me plaindre sur le temps d’attente. Je n’attendais pas vraiment de réponse de la part de la femme, mais elle le fit quand même. Evidemment qu’elle n’en sait rien. Je hoche la tête.

Dix minutes passant et enfin la porte s’ouvre, plus calmement cette fois. Ce n’est pas une erreur, ce sont bien deux policiers auxquels nous sommes confrontés. J’attends qu’Haneko se présente en premier pour l’imiter, ne sachant pas trop par où commencer. Au final, je ne fais que m’incliner en disant que je suis enchanté de les rencontrer. Tu parles. Je m’en serais bien passé. A leur tour, ils révèlent leurs intentions. Je n’ai qu’une envie : qu’ils accélèrent pour que l’on puisse avoir des nouvelles de la blessée. Sur les nerfs, je finis par les approuver d’un signe de tête, deux fois de suite. De son côté, la jeune femme semble faire de même. Je me racle la gorge alors qu’ils nous demandent les renseignements de base. Assez machinalement, je réponds en premier.

« Rika Hisaka, 15 rue du Tatami. Quartier Hebi. »

J’ai répondu dans l’ordre de l’interrogation sans me soucier du fait qu’ils puissent confondre mon prénom avec mon nom. Je les vois prendre des notes alors qu’Haneko souffle à son tour ses propres réponses. Mes yeux ne quittent pas l’insigne des forces de l’ordre sur le torse de l’un des fonctionnaires, me demandant à chaque instant si un cas comme le notre est banal dans leur profession. Des reportages sur des accidents, des homicides. Il y en a tous les jours quand on allume la télévision, mais quand ça nous touche de près, c’est tout de suite différent.

« Quand et où avez-vous trouvé la victime ? »

Cette question a un air de déjà-vu. Même si mes souvenirs sont sans doute altérés par l’émotion, je suis presque sûr que l’urgentiste nous avait déjà demandé la même chose. Peut-être qu’ils veulent s’assurer que l’on reste cohérent dans les faits, qu’ils veulent voir si nos discours diffèrent, si on ajoute des éléments. Pour ma part, rien de nouveau.

« Je me baladais et puis j’ai entendu des appels à l’aide. C’est Igarashi-san qui a découvert le corps un peu plus tôt avant moi. »

Je ne peux pas trop dire quelle heure il était au moment de notre rencontre. C’était il y a une heure, peut-être ? Un peu plus, un peu moins, j’ai complètement perdu la notion du temps dans le feu de l’action. Les minutes s’étaient transformées en heures et l’arrivée des secours m’était bien trop longue dans l’attente. Ils reprennent des notes et enchaînent les questions une fois que chacun de nous ait répondu.

« On nous a rapporté que vous connaissez la victime. Connaissez-vous quelqu’un dans son entourage susceptible de lui vouloir du mal ? »

Mon sang ne fait qu’un tour. Alors c’est bien une autre personne qui lui a causé des dommages. Retourné par cette révélation, j’esquive la question et demande confirmation qu’il ne s’agit pas d’un accident. Le policier garde son sang-froid et me demande de rester calme, que tous les éléments de l’enquête nous serons révélés plus tard, mais que pour l’instant nous devions simplement répondre et ne pas nous emporter. Je lui balance des excuses à la figure, sans vraiment les penser, aveuglé par ma soif de connaissances.

« Eh bien… »

S’il y a quelqu’un qui lui voudrait du mal ? Il y a bien une personne qui aurait toutes les raisons de se venger d’elle, de nous, mais je ne l’imagine pas capable de ça. Quand même. Je n’ai pas envie de le mêler à cette histoire, surtout que je ne le pense pas coupable. Pourtant, sans réfléchir, c’est bien le nom de Kagami Ueno qui me vient à l’esprit. Je ne connais pas ses autres fréquentations. Durant le mois que nous avons passé ensemble, il n’y a toujours eu presque que nous. Et Kagami. Et Satoshi. C’est absurde, Aslinn a toujours été plus forte que le japonais exubérant, il n’y a pas de raison qu’il puisse la mettre dans cet état. Dans mes souvenirs, jamais aucune autre personne n’est venue se présenter en tant que membre du cercle relationnel d’Aslinn. Voyant mon air hésitant, le policier me lance alors un regard insistant et me fait comprendre que je dois tout lui dire. Sous la pression, je résiste.

« Honnêtement, je ne connais personne qui serait capable d’aller aussi loin. »

Et pourtant au fond de moi, quelque chose me met la puce à l’oreille, mais je ne parviens pas à interpréter les signes. Il y a quelqu’un qui serait capable d’aller aussi loin pour des broutilles, mais qui ? Perdu dans mes songes, je perds presque le fil de l’entretien.

« Vous-même, quels liens entretenez-vous avec la victime ? »

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MessageSujet: Re: Commotion intégrale - [Hisaka Rika & Aslinn Eadhra]   Ven 9 Sep 2016 - 21:20

- Igarashi Haneko, 12 rue de la chance.

Le policier avait noté la réponse sans faire le moindre commentaire, les yeux rivés sur le carnet qu’il utilisait. C’est à peine s’il les regardait en fait, finit par remarquer la jeune femme. Il se contentait de poser les questions, relevant les yeux pour les interroger, puis replongeait le nez pour noter leurs réponses. Sa collègue en revanche ne les quittait pas du regard. Elle avait les yeux clairs et plutôt doux, mais les observait intensément. Perdue dans ses pensées, la jeune femme s’imaginait qu’il s’agissait là d’une technique d’interrogation. Celui qui posait les questions n’était pas celui qui se chargeait d’inspecter les témoins. De fait, Hisaka et elle restaient concentrés sur l’homme à la fois quand il parlait et quand il notait quelque chose, sans trop regarder celle chargée de les observer. C’était une stratégie efficace, ou bien une invention de l’esprit de la jeune femme pour s’occuper.

La deuxième question leur avait déjà été posée, mais il fallait se douter que la police le demanderait à nouveau. Ne serait-ce que pour confirmer l’information mais aussi comme un moyen de s’assurer que leur histoire n’avait pas changé depuis qu’on leur avait posé la question. Haneko resta silencieuse un moment, avant de se rendre compte que c’était sans doute à elle de parler en première puisqu’elle était celle tombée sur Aslinn en premier. Hisaka n’était là que parce qu’elle l’avait appelé à l’aide. Elle se figea cependant en prenant conscience qu’elle ne saurait pas vraiment répondre à cette question, pas en terme précis en tout cas. Elle ne se souvenait plus de l’heure exacte de sa découverte, et n’avait pas pensé à regarder combien de temps avait passé depuis qu’elle avait appelé l’ambulance. Dégainant son portable, elle pianota dessus pour retrouver l’heure de l’appel, tout en répondant d’une voix un peu hésitante.


- J’étais en train de me balader le long de la plage, quand je l’ai vu couchée sur le sable. Je sais plus quelle heure il était, mais j’ai juste eu le temps d’appeler à l’aide Hisaka, qui passait sur le trottoir. Ensuite, j’ai appelé l’ambulance, à cette heure-ci.

Elle s’approcha du policier pour lui montrer l’heure affiché dans l’historique de ses appels à côté du numéro d’urgence. Il se contenta d’acquiescer brièvement et de noter les détails sur son carnet, puis il se tourna vers Hisaka pour connaître sa version de l’histoire.

La jeune femme retourna à sa place, en écoutant à peine la réponse d’Hisaka. Elle le sentait aussi fatigué qu’elle, et aussi perdu. Ils se doutaient tous les deux que les questions allaient se répéter, mais ça ne rendait pas l’attente plus facile pour autant. La question suivante lui fit changer d’avis et la réveilla aussitôt. Un frisson parcourut sa colonne vertébrale pour se planter brutalement au creux de sa nuque.

Elle aurait put s’en douter depuis un moment, mais la formulation de la question était claire. Ils soupçonnaient un agissement criminel, ou ils en étaient sûrs. Haneko se sentit blêmir, aucune tentative de réponse ne franchissant sa gorge. C’était elle qui devrait avoir des réponses, pas les policiers. Hisaka leur demanda ce qu’elle voulait savoir, mais la réponse fut vague. Ils ne pouvaient sans doute pas donner plus de détails que ça si peu de temps après l’incident, mais cela ne rendait pas la situation plus agréable. Comment quelqu’un avait-il put décider de s’en prendre à Aslinn ainsi ? Et pourquoi ? Elle ne la connaissait pas depuis longtemps, mais l’irlandaise n’avait pas l’air de se faire facilement des ennemis. Elle pouvait être irritante, pour sûr, mais pas jusqu’à provoquer une telle agression. Mais après tout, Haneko ne connaissait cette fille que depuis quelques semaines, pas plus. Elle ne pouvait pas réellement savoir ce qu’il en était.

Perdue dans ses pensées, elle n’écouta qu’à peine la réponse de son compagnon, mais ne se sentait pas capable d’en donner une autre. Après une bonne minute de silence, elle prit conscience du regard des policiers sur elle et bredouilla quelque chose.


- Je… je ne la connais pas depuis longtemps. Je ne vois vraiment pas mais… je ne connais pas bien son entourage, du tout.

Encore une fois, il opina sans rien dire et nota quelque chose dans son carnet. Puis les questions se firent un peu moins précises.

- Rien de spécial. Je l’ai rencontré avec le club de cuisine de l’académie et elle voulait que je lui apprenne quelques trucs.

Haneko haussa les épaules, bien consciente qu’elle n’entretenait qu’un lien bien ténu avec la victime. Cela ne les aiderait sans doute pas dans leur investigation, mais ils ne semblèrent pas s’en soucier et une fois qu’Hisaka eu répondu, le policier enchaîna naturellement.

- Et vous-même, vous connaissiez-vous avant l’incident ?

Elle répondit sans hésitation.

- Non, je n’avais jamais vu Hisaka avant aujourd'hui.

Il attendit la confirmation du jeune homme avant de prendre note, pour un temps bizarrement long au vu du peu d’informations. La suite consista en une série de question rapides sur ce qu’ils connaissaient d’Aslinn, auxquelles la jeune femme ne put pas répondre grand chose même si elle fit de son mieux. Puis le policier se leva et tourna le regard vers elle.

- Mademoiselle, vous allez partir avec mon collègue dans une autre pièce. Si vous le voulez bien.

Elle se contenta d’acquiescer et se leva pour suivre la collègue en question. On ne l’emmena pas bien loin : deux pièces plus loin, dans ce qui était apparemment une salle d’auscultation réquisitionnée pour l’occasion. La policière l’invita à s’asseoir et elle s’installa face à Haneko.

Les questions ne furent pas bien différentes. En fait, elle tenta surtout de s’assurer que la jeune fille donnaient les mêmes réponses et n’était pas influencé d’une façon ou d’une autre par Hisaka. Haneko se demandait bien ce que cela aurait bien put vouloir dire : avaient-ils peur que les deux jeunes gens soient membre d’un coup monté autour d’Aslinn ? Ou que l’un des deux ait menacé l’autre ? Il y eu quelques autres questions, mais rien qui n’éclaire vraiment la lanterne de la jeune brune, ni de la police supposa-t-elle. Elle s’excusa plus d’une fois pour ne pas en savoir plus et pour ne pas avoir inspecté les lieux en arrivant mais la femme lui fit comprendre que ce n’était pas son boulot de toute façon. Elle avait apparemment bien fait de ne pas trop toucher à la scène.

En ressortant, Haneko se rendit compte que l’entretien avait tout de même duré une petite demi-heure, avec le nombre de question et de précision qu’elle devait donner. Lorsqu’elles revinrent dans la salle, le policier avait apparemment terminé avec Hisaka aussi, mais plus importante encore était la présence d’un infirmier. Il lui sourit légèrement et lui dit ce qu’il avait déjà dû transmettre au jeune homme.


- Elle est stabilisée. Je peux vous conduire à sa chambre si ses messieurs en ont terminés.

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MessageSujet: Re: Commotion intégrale - [Hisaka Rika & Aslinn Eadhra]   Mar 20 Sep 2016 - 22:32

12 rue de la chance, a répondu Haneko quand on lui a demandé son adresse. Rue de la chance dans le quartier Hiryuu, c’est un endroit que je connais plutôt bien. D’une part parce que j’y ai déjà dormi, d’autre part parce qu’il y a une boulangerie qui vend de très bons pains au melon. Tant bien que mal, j’essaie d’associer cet entretien à des souvenirs moins désagréables, mais la tension reste palpable. Sans que je l’ordonne à mon corps, je me mets à taper du pied droit en signe d’impatience. Je sais que cette enquête est le dernier rempart qui nous sépare de l’instant où nous retrouverons Aslinn dans son lit d’hôpital. Son état s’est-il amélioré ? Est-elle déjà réveillée ? Entre ces quatre murs, nous sommes coupés du monde extérieur. On nous a promis de nous avertir dès que la rousse reprendra conscience, mais j’ignore si l’urgentiste nous a dit ça pour nous rassurer ou s’il le fera vraiment. Entre deux réponses, je soupire assez longuement. Les questions s’enchaînent, se croisent et parfois se répètent à de petits variations près.

Une fois encore, nous sommes invités à raconter les circonstances de l’incident, comment, où et quand nous avons retrouvé le corps. Je ronge mon frein si fort que j’ai l’impression que je vais imploser. Et j’atteins ma limite au moment où l’homme sous-entend que cette tragédie n’est ni un acte volontaire, ni un simple accident. On me remet toutefois vite à ma place et je suis contraint de répondre à la question posée. Après quelques instants d’hésitation, je décide de ne pas impliquer Kagami dans cette sombre histoire. Aslinn et moi l’avons assez martyrisé durant le mois de juillet et je sais qu’il ne serait pas capable d’aller aussi loin. L’enquêteur prend quelques notes avant de relever ses deux yeux vers nous et de reposer une question. Quel lien ai-je avec l’irlandaise ? Je fronce les sourcils. Je ne suis même pas sûr de pouvoir qualifier ça de relation.

« Eh bien, nous fréquentons le club de photographie à l’académie. On a été en binôme pour un projet, et voilà. »

Que dire de plus ? La rencontre qui nous a lié me semble bien loin désormais, et parler des bars de Bougu ne fera pas avancer les choses. Et puis c’est vrai, en dehors de notre aversion mutuelle pour un certain jeune homme, nous n’avons pas grand-chose – pour ne pas dire rien – en commun. C’est à se demander si je peux vraiment prétendre la connaître. Je secoue la tête. Ce n’est pas le moment de remettre tout ça en question. Le policier reprend la parole après nous avoir successivement entendu, nous demandant si nous nous connaissions avant. Avant que je puisse répondre, Haneko me coupe la parole. C’est quand les deux iris de l’homme se posent sur moi que je comprends qu’il attend une confirmation.

« Non, je ne la connaissais pas avant ça. »

Ca, ai-je déclaré comme si j’insistais sur la tournure dramatique des événements. La femme de loi se lève et rejoint rapidement la porte, le regard tourné vers la jeune femme qui m’accompagnait jusque là. Je comprends alors que l’instant de se séparer est venu. Du coin de l’œil, j’observe l’étudiante suivre l’enquêtrice avant de disparaître derrière les murs. Mon attention se reporte alors sur la dernière personne présente dans la pièce. Las, je passe une main dans mes cheveux encore humidifiés par la pluie.

(…)

On finit par me laisser sortir après une vingtaine de minutes. Après des salutations bien polies et un remerciement pour ma collaboration, je suis autorisé à prendre l’air, sortir cet endroit où je sentais chaque seconde s’écouler aussi lentement qu’un escargot parcourt cinq mètres. Globalement, ce sont toujours les mêmes éléments qui sont revenus dans les questions. Je me dis qu’ils n’ont pas vraiment le choix étant donné que nous avons donné peu de détails dans nos réponses, mais pour ma part, ce n’est as une question de mauvaise volonté. Je ne sais tout bonnement rien de ce qui a pu arriver.

Pendant cinq bonnes minutes, je reste dans le couloir à errer, les mains dans les poches. De temps à autre, il y a bien un médecin ou un infirmier qui déambule, je l’évite, et l’attente reprend. J’ignore où est-ce qu’on a emmené Haneko alors je ne peux rien faire d’autre qu’espérer qu’on la ramènera dans les environs quand ils en auront fini avec elle. Adossé contre le mur opposé à la porte de la salle d’interrogatoire, je remarque à peine la présence d’un infirmier qui me sourit, l’air plein d’entrain.

« Elle est stabilisée. »

Je ne sais pas exactement ce que je ressens à l’instant où l’homme prononce ces mots. Du soulagement, certainement. Toutefois, je suis bien trop fatigué pour exprimer ma joie d’une autre façon qu’un simple sourire qui s’étale sur mon visage. On me fait alors comprendre qu’Haneko ne devrait plus tarder et on m’invite à reprendre place dans la pièce en attendant son arrivée. J’ignore si on lui a déjà annoncé la nouvelle.

(…)
Finalement, j’apprends que j’ai été le premier mis au courant. Et ce n’est qu’après l’arrivée de l’étudiante que l’on nous propose de lui rendre visite. Enfin, j’ignore si on pourra lui parler ou si elle est encore inconsciente, mais j’imagine que je devrais déjà être heureux de la savoir encore en vie. Les images de la rousse étendue sur la plage dans une flaque de sang refont rapidement surface dans mon esprit, et je dois faire un effort considérable pour les en chasser. Après un rapide examen des notes, les policiers finissent par nous laisser partir, pour de bon cette fois. Ils nous rappelleront si besoin, nous disent-ils. Je hoche la tête, mon cœur n’est plus à répondre à leurs questions. C’est avec soulagement que je quitte la pièce pour la deuxième fois, accompagné d’Haneko et du membre du personnel de l’hôpital. Nous parcourons quelques mètres avant de nous arrêter devant un ascenseur. Profitant de la pause s’offrant à nous, je l’interroge.

« Ex-excusez-moi, mais vous n’avez pas mentionné l’état de la victime en arrivant. Elle est réveillée ? »

Nous nous engouffrons dans un espace confiné avant d’avoir droit à une réponse. Enfin, me dis-je en voyant les lèvres de l’infirmier bouger.

« Pas encore, mais elle ne devrait pas tarder. »

J’ouvre la bouche pour remercier l’homme avant de replonger dans le silence jusqu’à l’arrivée au deuxième étage. J’ignore de quel service il s’agit, mais les gens ici ont l’air plus agités que dans le couloir aux multiples bureaux. Un homme allongé dans un brancard, un autre avec une perfusion. Tous les maux de la ville réunis en un seul endroit.

Chambre 206

La porte s’ouvre et nous découvrons la petite chambre individuelle où se trouve notre connaissance commune encore inconsciente. Plus rapidement que je ne le pensais, l’infirmier nous quitte après quelques vagues explications sur l’opération qu’a dû subir la lycéenne. Comme plusieurs fois déjà, je me retrouve avec cette jeune fille que je connais à peine dans un espace restreint. Au moins, l’ambiance n’est pas à la panique cette fois. Je dois avouer que regarder la rousse plongée dans cette sorte de sommeil paisible m’apporte un grand soulagement interne. Ne sachant pas comment l’exprimer de front, je commence par renouer la conversation avec Haneko.

« Alors, ton entretien s’est bien passé ? »

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MessageSujet: Re: Commotion intégrale - [Hisaka Rika & Aslinn Eadhra]   Ven 30 Sep 2016 - 14:52

Haneko ne s’était pas senti aussi soulagée depuis bien longtemps. Stabilisée, enfin. C’était une bonne nouvelle, même si elle était sensée être sans surprise. Le personnel les avait déjà informé plusieurs fois que l’état d’Aslinn n’était a priori pas inquiétant, mais ça n’avait pas empêché ni Hisaka, ni la jeune femme de se faire un sang d’encre. Tant qu’ils restaient sans nouvelles, leurs cerveaux pouvaient inventer toutes les complications du monde même pour la plus bénigne des interventions. Ces quelques mots apportèrent enfin un peu de calme aux neurones de la jeune femme, qui jusque là avaient surtout tentés de s’occuper en discutant avec Hisaka ou même en répondant à la police. Elle s’empêcha à temps de soupirer lourdement en soulagement, mais elle ne put empêcher son regard sombre de s’éclairer un peu.

- Oui, allons-y, répondit-elle un peu trop précipitamment.

Elle ne voulait pas attendre une minute de plus et les policiers avaient apparemment terminés leurs affaires de toute façon. Haneko leur avait laissé ses numéro et adresse, ils savaient comment la contacter si d’autres questions leur venait, et elle était sûre que ce serait le cas. Pendant un temps, elle oublia même ce que ce début d’enquête indiquait, et qu’elle était peut-être même suspecte d’une façon ou d’une autre. Pour l’heure, seul l’état d’Aslinn comptait. La raison de cet état deviendrait une priorité plus tard, elle n’avait aucun doute là-dessus, mais pour l’heure tout ce qu’elle voulait c’était s’assurer de ses yeux que tout allait bien.

L’homme semblait comprendre ça, puisqu’il leur offrit un petit sourire rassurant avant de faire un signe d’au revoir aux policiers et de prendre le chemin de l’ascenseur. Les deux jeunes gens le suivirent sans hésiter, dans le silence. Ils n’avaient rien à dire l’un l’autre, attendant simplement de revoir la rousse. Quelque part, Haneko l’imaginait déjà en bien meilleur état que sur la plage, même s’il était absurde de penser que sa blessures serait déjà résorbée. Au moins n’y aurait-il plus tout ce sang. Et avec un peu de chance, elle se réveillerait vite.

Hisaka devait avoir eu la même idée en tête car avant même qu’ils ne rentrent dans l’ascenseur, il avait posé la question. La brune se tourna vers l’infirmier avec la même lueur inquisitrice au fond des yeux : elle voulait savoir aussi. Tout en sachant qu’il ne pouvait sûrement pas leur fournir une réponse précise, si elle n’était pas réveillée. Tous les patients réagissaient différemment. Il confirma tout de même que si tout se passait bien, elle devrait bientôt se réveiller. Il avait l’air confiant, cela rassurait un peu Haneko. Pour l’instant, tout avait eu l’air de bien se passer, l’ambulance était arrivée vite, il n’y avait pas eu de complication, et l’infirmier semblait sincère dans son assurance. Rien à craindre donc.

Pourtant, la jeune femme sentit son coeur se serrer au moment de sortir de l’ascenseur. Ils avaient quittés la zone administrative et se retrouvait dans les couloirs de l’hôpital à proprement parler. Il y avait bien plus de monde et activité, comme un bruit constant en arrière plan, mélange de bip de machine et de voix lointaines. C’est surtout l’odeur qui l’attaqua le plus fort, ses yeux bougeant en tout sens pendant quelques secondes. Elle était de retour chez elle. De tête, elle n’arrivait pas à replacer cet endroit précis, mais elle reconnaissait la couleur des murs, la forme des couleurs et l’activité constante qui bourdonnait autour d’eux. Haneko Igarashi avait vécu ici pendant des mois, pendant qu’on la rééduquait, pendant qu’elle s’habituait à ses nouvelles jambes.

L’espace de quelques secondes, elle reste immobile à regarder tout autour d’elle, avant de voir qu’elle a pris du retard. La brune se dépêche donc de rattraper son petit groupe, juste à temps pour que l’infirmier leur ouvre une chambre en leur confiant les dernières recommandations. Elle n’entendait presque plus.

Haneko s’engouffra dans l’ouverture dès que possible. Quelque part, elle espérait trouver Aslinn réveillée et suffisamment en forme pour la rassurer, mais la rousse était encore endormie. Cette fois cela dit, elle avait l’air presque paisible, dans son grand lit d’hôpital. Le calme de la chambre ne lui sied pas trop, mais c’était bien mieux que la plage. Cette fois-ci, la jeune femme s’autorisa à pousser un long soupir soulagée. Elle resta plantée face au lit pendant quelques temps, avant que la voix d’Hisaka ne la tire de ses pensées. Ses yeux sombres se tournèrent vers lui, prenant conscience que l’infirmier les avait laissé. Elle cligna plusieurs fois.


- Hm, je suppose. Je n’ai rien dit de plus qu’avant, mais il fallait vérifier, je crois, haussa-t-elle les épaules. Et le tien ?

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MessageSujet: Re: Commotion intégrale - [Hisaka Rika & Aslinn Eadhra]   Dim 2 Oct 2016 - 19:29

Doucement, je brûle

Les flammes remontent lentement le long de mon corps ; Je lâche les ciseaux, ils sont désormais inutiles. Mes cheveux ont pris feu. Comme pour mieux correspondre a cette image que j’ai toujours eux d’eux. J’ai des cheveux de feu. Au sens propre.
Un large sourire étire mon visage. On peu faire plein de choses avec des cheveux de feu. Je suis une torche, a partir de maintenant. Un long ricanement s’échappe de ma gorge. Ma mère se tait. Le monde ne tremble plus ; et je ris. Je ris, encore et encore. Je ramasse les ciseaux qui étaient a mes pieds, et me redresse. Tient, il n’y a toujours pas des sol.

Je passe ailleurs. Mes yeux se sont fermés, une porte c’est ouverte. J’incline la tête. Derrière cette porte, le monde est blanc. Tout aussi vide, mais blanc. Plus noir. J’ai envie d’aller voir le blanc. Je me dirige vers cette porte en faisant tournoyer les ciseaux avec habileté entre mes doigts. On dirais que je les ai maniés ainsi toute ma vie. Un sourire en coin toujours affiché sur le visage, je m’avance vers cette porte. Mais la porte n’arrive pas suffisement vite vers moi. Je sais ce qu’il y a derrière cette porte, et je veux y aller. Je commence à courir. Je ne pensait pas que la porte serais aussi loin.
Ce n’est pas une porte en fait… Enfin si. Mais…

Je ne pensait pas qu’elle serais aussi grande. Je vais réussir a pousser le battant de cette porte moi ? J’espère. Elle fait au moins trois fois ma taille. Je sais que je suis petite ; mais quand même…
Je pose les deux mains dessus et pousse. Elle ne bouge pas. Mais tout à l’heure j’ai pu voir le blanc derrière ? Pourquoi plus maintenant ? Pourquoi il n’y a plus que le noir ? Je déglutis en sentant mon pouls accélérer. Je fait comment moi ? Ma poitrine se soulève et se rabaisse au rythme effréné de ma respiration. Le stress est monté d’un coup. Pourquoi je ne peux pas passer ? Il faut que je passe. Ma mère s’est tue, mais elle est ici, et si je panique, elle viendra encore. Je ne veux pas.
Je ne veux pas la voir. Je ne peux pas.
Non non non non.
Je plante les ciseaux dans la porte et commence a lacérer le bois.
Mais… Je suis stupide. Si cette porte est en bois… Il y a quelque chose de tout simple a faire. Je me prends le visage dans la main. Je suis stupide. Pourquoi est-ce que je n’y ai pas pensé plus tôt ? Mes cheveux, évidemment. Une solution simple et efficace. Sans fatigue.

Je m’assois en tailleur devant la porte, et recommence a consciencieusement couper mes cheveux. Mais ce coup-ci, je dépose chaque mèche au pied de la porte.
Aller. Brûle.

Je continue d’empoigner mes mèches de feu sans trop de soucis. Je pensais que ce serait chaud, mais même pas. Pas pour moi en tout cas. J’ai peur pour les ciseaux par contre. Ils commencent déjà à fondre ; je ne voudrais pas qu’ils redeviennent liquide.
Finalement, la porte brûle.

Le blanc m’éblouis. Puis mes yeux finissent par s’habituer à la luminosité. Je suis sur le toit de l’académie.
Un poisson passe à coté de moi.

Tu es encore là toi ?

J’incline la tête en lui souriant. C’est gentil de m’avoir apporté des ciseaux tout à l’heure.
Le poisson tourne la tête vers moi et me sourit en retour. Il aime qu’on le remercie je crois. C’est un poisson altruiste. Je crois. Un peu. Il a un sourire étrange. Un sourire plein de dents.

D’un coup, il est juste devant moi. Je ne peux pas reculer, je suis au bord du toit. Il n’y a plus de rambarde ; je fait un un pas en arrière et tombe.

Sursaut.

Une douleur me perfore la tête.
J’ouvre les yeux d’un coup en inspirant fort une goulée d’air.
Je cligne plusieurs fois pour parvenir a adapter mes yeux a la luminosité ambiante.
Ou est ce que je suis ? Je ne connais pas cet endroit.

Qu’est ce qu’il c’est passé ? Le poisson ? Il m’a gobée ? Ou je suis allée m’écraser par terre ?
Je…

J’observe un instant le blanc du plafond, avant de de rebaisser le regard vers ce qui m’entoure ; l’incompréhension peinte sur mon visage. Je viens de me réveiller ?
Je déglutis, essayant de clamer mon essoufflement ; mais plus je regarde autour de moi, plus mon cœur accélère.
Il y a des gens, je crois.Oui, ils sont bien là. J’entre-ouvre ma bouche pour respirer plus facilement, sentent mon rythme cardiaque continuer d’accélérer.

Tout est blanc. Bien trop blanc.
J’ai déjà vu des images comme ça dans des films ; même si je n’ai jamais eu a y aller personnellement, je sais a quoi ça ressemble.
Ma respiration se bloque.
Un chambre d’hôpital.

Qu’est ce que je fait ici ?

QU’EST CE QUE JE FAIT ICI ?

Je sens les larmes me monter aux yeux. Pourquoi est-ce que je suis dans un lit d’hôpital ?

Les gens ! Il y avais des gens.

Quelques mouvement de têtes frénétiques pour les retrouver, mes yeux font la mise au point sur deux bruns. La douleur me lancine la tête a nouveau. Je prends ma tête entre mes mains pour essayer de la diminuer, mais ça ne fait que l’empirer.
Des gens. Il y avais des gens. Je prends sur moi et remonte un regard désespéré vers eux.

Pourquoi ? POURQUOI ?
Qu’est ce qu’il m’arrive ?
Dites moi pourquoi.
Mes yeux chauffent, je sens les larmes monter un peu plus.

-Qu’est ce que je fait là ? Qu’est ce que…

Ma voix peine à passer a travers ma gorge, comme si celle-ci c’était nouée et que les mots devaient se faufiler pour passer.

Je regarde les deux personnes d’un air ahuri. Je les ai déjà vu quelque part je crois.

-Je… Pourquoi ?

Je remonte mes mains devant mes yeux. Je peux les voir maintenant ; elles ne sont plus vides. Puis mes yeux retournent vers les bruns, toujours ce même visage ahuri et désespéré affiché, a la recherche d’une réponse.

-C’est le poisson ? Ou je… Ou que… Je…

Les mots ne passent plus. Le nœud dans ma gorge c’est resserré sur ce dernier mot. Je n’ai plus rien a dire. Je ne sais pas quoi dire. Ou plutôt si. Qu’est ce que je fait là ? Pourquoi je suis ici ? Une même question qui tourne en boucle dans ma tête. Un bug sur une seule question, qui se répète encore et encore.
Mon cœur accélère encore sous l’emprise du stress ; ma poitrine se soulève et s’abaisse rapidement, mon souffle siffle entre mes lèvres pourparvenir a sortir. Qu’est ce que je fait ici ?

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MessageSujet: Re: Commotion intégrale - [Hisaka Rika & Aslinn Eadhra]   Sam 5 Nov 2016 - 21:37

C’était un peu comme si la gravité était devenue un peu plus forte au moment où nous avons quitté l’ascenseur. Marcher devenait de plus en plus difficile, mais je m’efforçais de garder mon rythme. Avant de rentrer dans la chambre, je dois me l’avouer, j’avais peur. J’avais peur de ce que j’allais voir une fois coincé dans un espace confiné. On m’avait pourtant confirmé que l’état de la rousse s’était stabilisé, qu’elle ne devrait pas tarder à se réveiller. Pourtant, pour une raison obscure, je m’étais déjà imaginé toute la scène. Haneko et moi, assis d’un côté et de l’autre d’un lit blanc, dans le silence. J’aurais croisé, décroisé mes jambes et mes bras maintes et maintes fois en attendant un signe de vie, le moindre mouvement de doigts comme dans les fils, un seul battement de cil m’aurait suffi. Dans ma conception des événements, je me voyais attendre plusieurs heures sans qu’aucun résultat ne se produise. Au final, ça aurait été une bataille entre l’autre jeune femme, et moi. Qui resterait le plus longtemps au chevet de la victime ?

Au départ, j’ai été soulagé de voir qu’elle allait mieux. Il faut avouer que c’est difficile de faire pire que son état d’il y a quelques heures. Les draps blancs sont moins effrayants que des filets de sang, même s’il s’agit de draps d’hôpital. Les dispositifs médicaux indiquaient une tension et un rythme respiratoire dans les normes. L’infirmier nous a quitté après quelques rapides explications sur l’état d’Aslinn. Il nous a également demandé de sonner si jamais il se passait quelque chose. Sans trop réfléchir, j’avais acquiescé en observer son dos disparaître derrière la porte. La pièce est devenue très calme, soudainement. C’était comme je l’avais prévu. Mais contrairement à ce que j’avais imaginé, j’ai réengagé la parole avec Haneko au sujet de l’entretien que nous avions passé.

Elle me retourne la question, par politesse sans doute.

« Un peu comme toi. »

La discussion s’estompe rapidement, un peu trop à mon goût. Je n’ai eu pas grand-chose à lui répondre, et je suis à court de sujets de conversation. Ca serait bizarre de reprendre la conversation sur nous-mêmes que nous avions entamés dans l’ambulance. Sans que je ne puisse le refouler, je deviens nerveux. Les angoisses reviennent aussi vite qu’elles étaient parties en voyant l’état d’Aslinn. Et si j’allais vraiment devoir attendre ici des heures pour être sûr qu’elle se réveille ? Il n’y a donc pas que dans les films que ça arrive.

(…)

Je me mets à fixer les murs, la porte, ma chaise. C’est mauvais signe. Je ne sais pas combien de temps s’est écoulé depuis que nous sommes là. Dix minutes ou une heure ? Je ne saurais dire. En jetant un rapide coup d’œil à travers la fenêtre, je peux au moins m’assurer qu’il ne fait pas encore nuit. Dehors, l’averse continue. Les secondes passent, mais notre réalité reste figée. Je reporte mon attention sur la rouquine à qui l’on a dû sacrifier quelques cheveux pour lui prodiguer des soins. Si on m’avait demandé laquelle de mes connaissances a le plus de chances de finir dans cet état, je pense qu’elle n’aurait pas figuré dans le top 10 de mes réponses. Et pourtant.

Soupir. Je ne trouve rien de mieux à faire que me lever et me rapprocher de la fenêtre. Dans cette chambre, je n’ai pas le droit d’utiliser mon téléphone – qui n’a pas d’autres fonctions que les appels ou les sms soi dit en passant – alors je me contente de jouer avec mes clés. Mon index dans l’anneau, et je fais tourner le trousseau pour me maintenir en activité. Des murmures s’élèvent soudainement derrière moi.

« Hein ? »

Pensant qu’il s’agit d’Haneko, je demande tout d’abord à l’étudiante de répéter. Et quand d’autres murmures retentissent, je fais volte-face, faisant tomber mon trousseau de clés au passage. Mon cœur fait un bond dans ma poitrine. Je suis de nouveau synchrone avec le monde extérieur. Ma réalité s’est enfin débloquée. Il me faut une bonne seconde pour réagir. Pas pour ramasser ce que j’ai envoyé par terre, non, mais pour ouvrir la bouche et émettre un son. C’était comme si j’avais récupéré le don de parole après des années de mutisme. Je ne souris pas, non. Loin de moi cette idée. Je suis juste terriblement excité.

« Kami-sama. »

Ai-je lâché sur un ton sec. Mes doigts tremblaient. Aslinn est réveillée ? Je la vois bouger, tout doucement, mais bouger quand même. Mes iris croisent ceux d’Haneko avant de dévier sur la sonnette. Qu’est-ce qu’il nous avait dit déjà, l’infirmier ? Je peine à articuler les quelques mots qui sortent d’entre mes lèvres. Je ne suis même pas capable de faire une phrase correcte.

« La sonnette. Appuie. »

Elle est de l’autre côté du lit. Celui d’Haneko. Je ne voulais pas lui donner d’ordres, mais c’est la seule chose qui m’est venue à l’esprit. Pendant un moment, je ne regarde même plus Aslinn et j’écoute encore moins ce qu’elle dit, bien trop concentré sur le petit bouton à côté du lit. Je ne suis même pas sûr qu’elle dise des choses très cohérences. Je suis presque sûr de l’avoir entendu parler de poisson la dernière fois qu’elle a ouvert la bouche, et à moins que son accident soit dû à une partie de pêche qui a mal tourné, cela n’a aucun rapport avec la situation.

Kami-sama. Je crois que c'est Noël, au mois d'août. Sans la neige et le froid, juste une bonne nouvelle qui réchauffe mes entrailles comme le ferait un chocolat chaud. L'espace clos et terne qu'était la chambre 206 s'est brutalement illuminé.

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MessageSujet: Re: Commotion intégrale - [Hisaka Rika & Aslinn Eadhra]   Sam 19 Nov 2016 - 17:40

Il n’y avait pas de pire endroit qu’une chambre d’hôpital. Et il n’avait fallut que dix minutes assise dans l’une d’elle à Haneko pour en arriver à cette conclusion. N’importe où aurait été un endroit plus agréable pour passer dix minutes de sa vie. Ici, on ne faisait qu’attendre en priant pour que les choses se passent bien. Et on ne savait même pas de quelles choses on parlait exactement, mais il n’y avait rien d’autres à faire de toute façon dans un hôpital.
Mais réellement, la jeune femme s’était trouvée totalement incapable de faire quoi que ce soit pendant beaucoup trop longtemps. Avec Hisaka, sa conversation s’était éteinte dès qu’ils étaient entrés dans cette salle. En temps normal, peut-être auraient-ils trouvés de quoi discuter, ils se seraient interrogés l’un l’autre sur leurs études, leurs aspirations ou n’importe quoi pourvu que cela comble les blancs d’une conversation. C’était ainsi que les gens fonctionnaient. Mais aujourd’hui, maintenant, leurs esprit à tous les deux étaient sans aucun doute beaucoup trop focalisés sur d’autres choses. En premier lieu : qu’est-ce qui était arrivé à Aslinn Eadhra et est-ce qu’elle irait bien ?! Ce qui occupait une bonne partie de leurs cerveaux respectifs pour les heures à venir.

Naturellement, sans même y penser, ils s’étaient éloignés l’un de l’autre à mesure que le temps passait. Hisaka était allé se réfugier près de la fenêtre, pendant qu’Haneko s’était laissée tomber sur une chaise de l’autre côté du lit, son regard fixé sur la jeune femme qui était étendu là. Qu’y avait-il à dire dans des circonstances pareilles ? Poser des questions n’amènerait à rien et ils venaient déjà de passer plusieurs heures à répondre à d’autres questions. Les mots rassurants n’auraient pas non plus un très grand effet quand les deux jeunes gens en avaient déjà reçu de la part du personnel de l’hôpital. Haneko savait en plus à quel point cela pouvait être faux. Après tout, elle se souvenait encore de comment ils avaient tentés de la rassurer sur le sort de sa mère, et comment lui couper deux jambes avait été jugé la meilleure option.
Bien sûr, ça l’était, mais n’empêche qu’elle ne pouvait pas être sûre de ce que signifiait « Peu de séquelle » dans la bouche d’une infirmière, alors dans le doute elle préférait ne pas trop y penser.

Ne restait donc qu’à s’asseoir en silence et éventuellement à prier pour son amie.

Elle avait beau regardé fixement Aslinn, la jeune femme ne se rendit pas compte que la rousse était réveillée avant qu’elle ne prononce ses premiers mots. Elle ne les comprit pas, soit parce que la voix de la patiente était trop faible soit parce qu’elle parlait dans une autre langue, mais elle saisit bien que l’intonation était celle d’une question. Brusquement redressée sur sa chaise, Haneko s’était un peu penchée sur le lit, la voix rendue aïgu par le stress.


- C’est bon Aslinn, tout va bien !

Ce n’était pas tout à fait vrai, mais c’était cela qu’on disait à ceux qui se réveillait à l’hôpital, non ? En tout cas, ça n’eut pas un effet très évident sur la jeune rousse, qui continuait de regarder partout autour d’elle d’un air presque paniquée, sa voix esquissant plusieurs questions les unes à la suite des autres. Ce fut donc à Hisaka de lui rappeler que la sonnette était de son côté. L’étudiante se jeta dessus et la pressa plusieurs fois, avant de revenir vers Aslinn.

- Tu es à l’hôpital, mais tu iras bien.

Étonnamment, le ton convaincu de la jeune femme aurait presque indiqué qu’elle y croyait, même si en réalité, c’était plutôt qu’elle le voulait. Elle le voulait vraiment très fort.

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