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The Future is like a puzzle with missing pieces: difficult to read, and never, never what you think.
 
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 Leçon d'humilité [PV Mei]

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Takuya Hibari
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MessageSujet: Leçon d'humilité [PV Mei]   Mar 30 Aoû 2016 - 21:44

"Nous avons proposé la foi au ciel, à la terre, aux montagnes : ils ont refusé de s' en charger ; ils ont tremblé de la recevoir. L' homme s' en chargea et il est devenu injuste et insensé."
Sourate XXXIII, 72

Frisson d'une échine qui, à la faveur d'une lecture, se rend compte de l'immensité de son ignorance. Gênés, les yeux parcourent une nouvelle fois ces mots qui les ont tant surpris. Le regard suit son court, de gauche à droite, effleurant les lettres du bout des cils comme une première fois au lit. On se sent mal de lire ces lignes qui ne nous sont pas destinées, on prend conscience que les frontières sont également dans les esprits. On se sent étranger dans ce livre, la formulation est différente. Les mots se répètent, forment des agglos parfois pompeux. Pourtant, le sens est là, puissant, traversant la langue et les cultures. Alors on se surprend à relire ces lignes une troisième fois, avec plus de hardiesse, l'air grave de ceux qui ne peuvent plus se laisser surprendre, attentifs. La magie n'opère plus, et c'est tant mieux, mais le souvenir de la sensation reste, déjà emprunte d'une certaine nostalgie.

Takuya referma d'un claquement bref le lourd volume à la couverture de cuir et aux lettrages d'or sans prêter attention aux quelques passants qui le dévisageaient. Le métro arrivait, et avec lui le vent chargé d'odeurs nauséabondes des sous-terrains de la ville.

Il avait acheté une édition du Coran la veille, dans une petite boutique de bric-à-brac comme il en existait tant à Bougu. C'était la troisième fois qu'il s'y rendait. La première fois il avait acheté quelques bouquins traitant du Bouddhisme et du Shintoïsme, c'était des essais, écrit par des théologues et des historiens, des livres abordant ces religions d'un point de vu scientifique en somme. La seconde, poussé par on ne sait qu'elle hardiesse, il avait acheté les deux testaments de la bible et ses principaux évangiles. Il avait été touché par Luc, sans doute le plus humain, mais il les avait dévoré tous sans exceptions, ne lui restait plus que le Coran. Hésitant, ses yeux avaient d'abord longuement parcouru la reliure du livre, coincé entre un bouddha en terre cuite et un présentoirs à piles sur une étagère branlante. C'était encore autre chose que la Bible, c'était une culture largement méconnue dans un pays où les habitants n'avaient connaissance de cette région du monde qu'au travers des quelques annonces de massacres et de guerres qui s'y déroulaient. Les médias n'aidaient pas à la compréhension.
C'est donc aussi sûr de lui qu'un néophyte sur des patins à glace qu'il rentra dans son petit appartement avec l'ouvrage sous le bras, le regardant chaque soir pendant trois jours alors qu'il était posé sur sa table de chevet. Ce fut l'approche de son anniversaire qui le décida à sauter le pas. Simple sens du spectacle ou réel déclencheur, il ne savait trancher, quoi qu'il en soit, sa surprise balaya ses autres considérations. Loin du récit barbare et obscure, il eut plutôt l'impression d'être face à une sorte de mélopée grandiloquente, rigoureuse, triste mais magnifique. C'était ronflant par endroits, et comme la Bible, de nombreuses atrocités y étaient perpétrées mais l'étudiant qu'il était replaçait aisément ces écrits dans leur contexte respectif. L'histoire humaine était violente, que leur religion le soit également était chose normale.

Il ne se sentait pas devenir mystique, "la grâce ne m'atteint pas", songeait-il ironiquement, et à vrai dire, il ne savait pas réellement pourquoi il s'imposait lui même ces lectures parfois fastidieuses. Peut-être pour des instants comme celui-ci, rares, où au détour d'une phrase, d'un verset ou d'une sourate, il ressentait la force du sens. Celui qui avait écrit ces mots les avaient pesés, retournés, réfléchis, et le sens de ce qu'il croyait sincèrement être la vérité était parvenu jusqu'à lui, Takuya, et ça, rien que ça, c'était émouvant.
[...]

La fraicheur d'une brise matinale venait lui souffler dans le cou lorsque notre homme se présenta devant la porte du bâtiment où se trouvait la piscine de l'académie, sapant ses forces. Cela faisait des semaines qu'il y songeait, ou même des mois. Il lui fallait franchir un cap, vaincre une certaine peur.

D'aussi loin qu'il se souvenait, Takuya avait toujours eu peur de l'eau. Il n'avait jamais pu ne serait-ce que s'approcher d'une piscine, et les bains du soir étaient un drame à chaque fois, alors la mer, n'en parlons pas. En vacances, celui restait sur la plage, avec sa mère, à regarder d'un air morne son père et son frère aller se baigner. Il ne savait pas bien pourquoi cette peur l'accablait, mais elle était là, profonde, viscérale. Il y avait réfléchi, et trouvait tout un tas de défaut à la pratique de la nage, ne trouvant aucun intérêt au ralentissement des corps plongés dans un milieu qui n'était pas le leur, mais cela n'était qu'une excuse. Il lui fallait bien franchir le cap, d'autant que se voir ainsi devenir faible devant une marre d'eau n'était pas pour flatter son ego.
Du moins ainsi face au bâtiment, bien d'autres pensées venaient l'assaillir. Il avait peur, et ce ne fut qu'après avoir pris une grande bouffée d'air frais qu'il se décida à entrer d'un pas trop raide pour paraître décidé.

Les vestiaires étaient déserts, les bassins également. Seul le maitre nageur, visiblement pas bien réveillé le regarda passer les barrières de sécurité d'un œil torve, il allait devoir se mettre en tenu pour surveiller un seul homme et ça ne lui plaisait pas. Ce dernier lui lança un "'tendez que je me mette en maillot pour rentrer dans l'eau". Petit homme musclé qui s'en alla s'habiller en râlant à propos d'un certain étudiant qui n'avait rien d'autre à faire de leur journée... Quelques minutes sans surveillance pour notre jeune homme, suffisantes pour ce qu'il comptait faire.

Il retira ses vêtements comme si ils étaient en feu, mis son maillot et enfourna son sac de sport dans un casier prit aléatoirement. Resserrant son bonnet qui prenait des formes incongrues à cause de ses cheveux, l'étudiant se sentait ridicule dans cet accoutrement, et il l'était sans nul doute, mais déjà, il se trouvait face au plongeoir. Pressé qu'il était, il n'avait pas pris le temps de contempler l'étendue d'eau qui se trouvait devant lui, et en mesurait brutalement la taille. A la vue de la profondeur, son ventre se serra, sauter ainsi sans savoir nager n'était peut-être pas une si bonne idée que ça, c'était d'ailleurs l'idée la plus stupide qu'il ait eut depuis bien longtemps. Malheureusement l'ego a cette faculté de faire perdre la raison, on souhaite être plus fort en confondant courage et stupidité.

Déformant les paroles d'un certain Paul qu'il ne comprenait pas encore, mais qui, des années plus tard lui révéleraient tous leur sens, Takuya monta sur le plongeoir.
"Ma faiblesse donne la mesure à votre force, et à ce titre, je suis plus fort que vous."

Il sauta.

Il avait foi en sa force, il était devenu insensé.

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Mei Shiozaki
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MessageSujet: Re: Leçon d'humilité [PV Mei]   Dim 18 Sep 2016 - 17:27


Février 2008. 18h10 ― Amassé au milieu du couloir un groupe d’enfants tous de la même tranche d’âge, dix voire douze ans pas plus, tout droit sorti de leur vestiaire respectif. Ils n’étaient pas moins d’une quinzaine et créaient à eux-seuls un brouhaha très tôt stoppé par l’arrivé d’un adulte. Ce dit-adulte attira tous les regards d’un raclement de gorge et attendit que règne le calme complet pour débuter.
« Bonjour je me présente Shinoda Yosuke. Je suis professeur de sport de formation, j’ai travaillé pendant plus d’une dizaine d’années à l’institut privée Teyô. J’ai intégré le club de natation il y a de cela cinq ans et depuis je suis en charge des plus jeunes. Je ne sais pas si certains d’entre vous ont déjà fait partie d’un club auparavant. » son regard parcourut brièvement la foule. N’attendant pas réellement de réponse il poursuivit. « Sachez qu’ici les membres aspirent à intégrer de grandes écoles sportives, mais vous n’êtes pas obligés de partager cette envie après tout vous êtes ici en premier lieu parce que vous aimez nager et que vous voulez progresser, n’est-ce pas ? »

Quelques petites voix timides se firent entendre, il y eut des oui puis des questions qui revenaient sur le mini discours auquel ils venaient d’assister. Mei elle, fixait la grande porte qui se trouvait derrière son nouvel enseignant. Elle savait que cette dernière donnait lieu au cœur même de la piscine, le grand bassin qu’elle avait aperçu en arrivant au bâtiment un peu plus tôt dans la soirée. Partagée entre appréhension et curiosité, elle attendait aussi patiemment qu’elle le pouvait le début de son premier cours. L’attente fut de courte durée puisqu’elle put d’ores et déjà voir une bonne partie des élèves se diriger vers cette-dite porte et en fit ainsi de même. L’endroit était comme elle l’avait imaginé depuis l’extérieur, grand et spacieux, à la hauteur de sa réputation. L’infrastructure entière avait connu de grandes rénovations et l n’était pas difficile de deviner dès le premier coup d’œil. Les élèves s’étaient éparpillés un peu partout et on les pria de venir s’asseoir sur les premières marches des gradins pour recevoir les consignes pour leur premier vrai exercice. Rien de bien méchant, un simple test pour évaluer leur niveau et voir quelles nages ils maîtrisaient. La brasse était souvent la première qu’ils connaissaient puisque c’était celle que leur parent leur avait montré en même temps qu’ils avaient appris à nager. S’en suivait du crawl qu’ils observaient à la télé lors d’événements sportifs, ils tentaient de recopier les nageurs pro du mieux qu’ils le pouvaient. Ils se jetèrent à l’eau chacun à leur tour, certains s’essayaient au plongeon, mais furent rapidement stopper par Shinoda rejoint par deux autres personnes. Chaque chose à son temps.

Septembre 2016. ― Si Mei se mettait à repenser à ce moment précis, c’était peut-être parce qu’elle en avait vu passer des nouveaux membres qui rejoignaient le club de natation de Keimoo dont elle était la vice-présidente. Elle savait ce que ça faisait désormais de prendre en charge un groupe. Néanmoins très tôt quelques-uns de ces nouveaux arrivants s’inscrivaient sans réellement savoir ce qu’on attendait d’eux. Outre le fait que certains étudiants prenaient ce sport comme un simple passe-temps qui leur permettait de profiter de l’eau fraîche des bassins lors de grandes chaleurs, il y avait un écart entre ceux qui entraient par curiosité et ceux qui venaient avec dans l’esprit de gagner toutes les compétitions possibles. De ce fait elle se trouvait à devoir gérer tout ce petit monde avec le professeur Yoshida et ce n’était pas toujours une mince affaire. Déambulant dans l’un des nombreux couloirs de l’académie l’étudiante jetait un dernier coup d’œil à l’heure. Elle avait de l’avance, ce qui la rassura d’un côté même si elle savait pertinemment qu’il était impossible pour elle d’être ne serait-ce qu’une seule fois en retard. Elle se dirigea d’un pas certain vers la sortie du bâtiment principal pour prendre le chemin en direction de celui de la piscine.
Il ne lui fallut que quelques minutes avant d’arriver à la porte d’entrée, là elle actionna la poignée, un silence. Pas un seul autre étudiant n’avait eu l’idée de faire comme elle. La jeune japonaise laissa échapper un soupire et s’engagea dans le long couloir qui se séparait par la suite en deux, les vestiaires si situant à sa gauche. Elle en ressortit une dizaine de minutes après vêtue de son maillot une pièce qu’elle enfilait spécialement pour les entrainements. La couleur n’était qu’un détail, néanmoins elle avait voulu en choisir une qui la démarquait pour qu’on puisse la repérer rapidement en cas de problème lors des séances, ainsi elle opta pour un rouge.

A sa sortie, toujours personne. Empruntant ce même couleur pour se rapprocher cette fois-ci des bassins, elle s’affaira à s’attacher les cheveux en chignon quand elle vit qu’elle n’était au final pas toute seule. Ses yeux se posèrent automatiquement sur le visage qui lui était familier.

« Endô-senseï, bonjour ! Vous êtes encore là ? »

Shuichi Endô travaillait en tant que maître-nageur à l’académie Keimoo depuis facilement quinze ans. Il se faisait discret, mais avait le mérite de faire son travail avec sérieux même s’il manquait parfois d’enthousiasme. En temps normal il ne restait pas pour les activités du club, laissant place à un autre collègue qui commençait peu de temps après lui. Il la salua comme à son habitude. Arrivée à sa hauteur, elle le vit l’air aigri lui montrer du menton une autre personne que Mei n’avait pas de suite remarqué. Elle se tourna suite à son geste. Elle ne l’avait jamais vu et en déduisit donc qu’il ne faisait pas partie des membres qu’elle attendait de voir apparaître. En soit, ce n’était pas dérangeant qu’il soit encore là, la piscine étant encore ouverte à tous jusqu’à une certaine heure.

« Est-ce qu’il y a eu du monde aujourd’hui ? »

Question qu’elle lui posait toujours, ce fut comme un rituel qui s’était mise en place sans que tous deux s’en aperçoivent. Il lui demandait si tout se passait bien au club, ils discutèrent des exercices prévus pour la journée et puis quand il y avait eu des compétitions, des résultats que l’école avait obtenus. Mei se plaça à sa gauche et garda un œil sur l’étudiant qui, à ses yeux, prenait bien du temps à sauter.

« J’espère que tout va bien là-bas. » déclara-t-elle, plus pour rien au final.
« De quoi Shiozaki ? » avait-il enchaîné
« Oh rien, c’est juste que…rien rien oubliez. »

Mei haussa les épaules et passa à autre chose. Elle marcha alors vers le bord puis s’assied. Sa main droite vint rencontrer l’eau froide qui contrastait avec la température extérieure. Penchée sur cet étendu d’eau, fixant sa main désormais plongée dedans, elle ne vit pas le vieil homme se rapprocher à son tour et encore moins son expression changer en une fraction de seconde. Seul le bruit de quelqu’un haletant la fit sortir de ses pensées. Par reflex elle se leva et accouru à l’autre bout du bassin. Elle savait très bien que ce n’était pas le moment pour elle de paniquer, mais à dire vrai elle n’avait jamais eu à affaire à ce genre de situation. Après tout c’était logique, personne ne se baignait si on ne savait pas nager.

Les yeux écarquillés, l’étudiante assistait à la scène impuissante. Bien sur le maître-nageur avait tout sous contrôle, mais ça ne l’empêchait pas de s’inquiéter. Forte heureusement, le calme revint et l’étudiant était hors de danger.

« Il va bien ? » demanda-t-elle tout d’abord au maître-nageur. Elle l’aida à sortir le jeune homme de l’eau et ils le firent s’asseoir sur le sol tiède. Mei prit place à ses côtés tandis que le vieil homme parti chercher de quoi boire.  C’est rassurée, mais toujours quelque peu anxieuse qu’elle décida de reprendre à nouveau la parole pour questionner cette fois-ci l’étudiant.

« Qu’est-c’qui t’as pris ? Tu tentais de faire quoi au juste ? »

Il avait ainsi intérêt à trouver une très bonne excuse.

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MessageSujet: Re: Leçon d'humilité [PV Mei]   Lun 27 Mar 2017 - 0:13

Gerbe d'eau chlorée, elle attaque la peau qui frappe la surface. Rouges et privés de sens, les membres sont sans dessus dessous. Contact de deux mondes qui auraient du rester éloignés. Venues des tréfonds, les bulles s'entrechoquent. Les oreilles pleines d'un bruit désormais distant, métallique d'une échelle qui frappe l'un des rebords.

Calme plat.

Il regarde la surface, se souciant peu de ses yeux au contact du liquide trop basique. La lumière du jour perce imparfaitement en bas, diminuée et faible, venue d'ailleurs, tout comme lui. Son corps flotte sans un mouvement, de peur de briser l'instant. "Je pourrais y dormir" se dit-il alors que son dos touche le fond, ses membres supérieurs tendus vers la surface. "Ce n'est pas si terrible", imagine-t-il alors, "il suffit de se laisser porter".
Il repense à ses vacances passées à flâner au bord de la piscine, ses sorties scolaires à rester au vestiaire enfermé.

2008 - Tokyo

Monsieur Ando, professeur émérite d'un collège réputé n'était pas du genre à se laisser faire par les élèves. Il était vieux, ridé mais avait regard, des traits sévères et ne se séparait jamais de sa chemise blanc cassé impeccablement repassée. Ses années d'enseignement lui avait permit d'obtenir ce poste, et il y tenait. De sa poigne de fer il avait tenu en laisse de multiples classes, des plus capricieuses aux plus sages. Toutes avec la même énergie, ses élèves le respectait et il en était fier. Tous, sauf un.
Il n'écoutait rien, venait en retard quand cela lui plaisait et le suspectait de tricherie aux examens. La convocation des parents à de multiples reprises n'y changeait rien. Engager une procédure d'exclusion aurait été simple, mais il aurait prit cela comme un échec personnel. Non, il était de ceux qui croyait aux vocations, mais la présence d'un tel individu dans sa classe lui gâchait ses dernières. Un jeu s'était installé entre, un jeu malsain fait de remarques désobligeantes voilées, de petits chantages, et autres mesquineries. Chaque année cela recommençait, et donner un vainqueur dans tout cela était impossible.
Le seul moment où l'une des deux forces en compétition consentait à une trêve résidait dans les sorties scolaires en piscine. Le jeune Takuya s'asseyait sur le banc des vestiaires, se changeait comme tous les autres puis restait ainsi là durant deux bonnes heures. Monsieur Ando pouvait au loisir surveiller sa classe avec le maitre-nageur tandis que le jeune garçon regardait les lumières au plafond. C'était un accord tacite, leur récréation quand ils en avaient assez de leur quotidien morose.

Une fois de plus il sourit à sa bêtise. Monsieur Ando doit être aussi borné que lui. Souvent, il lui arrive de porter un regard bien trop dur sur son passé. Souvent, il se rend compte de la chance qu'il a bien trop tard, et c'est là, au fond d'une marre de produits chimiques qu'il faisait le point.

Au bout quelques minutes l'air vient à manquer. Ce n'est alors guère plus qu'une portion d'oxygène manquante. "Il est temps de remonter". Oui, mais comment ?

Il regarde ses bras ballottant plus haut comme si ce n'était pas les siens et, d'un coup, les projette en arrière. Il a bougé, un peu. A peine. Il continue, bat des jambes d'en avant à en arrière, et, ce qui n'était d'abord que quelques gestes désordonnés se transforme en une danse désarticulée au fur et à mesure que l'oxygène vient à manquer. Ses mouvements sont brusques, grossiers et maladroits. Toute sa force lui est inutile, ses mains cherchent une prise mais ne rencontrent que de l'eau. Bientôt, il expire le peu qui lui restait en un hurlement d'outre-monde, mais, résorbé par cette masse informe, ce rien de plus qu'un son étouffé.
Étouffé, il commence à l'être. Il panique, ses mouvements se font plus lents, sa vision se brouille et une ombre passe devant ses yeux.

Le solide, enfin. On l'attrape, le ceinture. Les mouvements sont coordonnés, puissants mais maîtrisés. En quelques battements, la surface est crevée à défaut d'être mort. On le dépose sans ménagement. Carrelage blanc aux reflets bleutés, si dur mais rassurant. Il crache, de tous son corps et n'entend pas ce qu'on lui dit. Il tremble et, comme un nouveau né ses poumons lui font mal. Il n'a pas frôlé la mort, à peine effleurée et encore, et pourtant il tremble en bavant , ravi de se voir vivant.
Piètre image.

Il se laisse glisser au sol, et, d'un regard incrédule, prend conscience de son environnement. Une voix l'atteint, indéniablement féminine.

« Qu’est-c’qui t’as pris ? Tu tentais de faire quoi au juste ? »

Colérique, emplie de reproches. Inquiète aussi. Il papillonne des yeux, sa vision se précise. La voix s'accompagne d'un visage. Il expire lentement, calmant son rythme cardiaque. Il la regarde, grande, elle semble contrariée. Quelqu'un a t'il fait une bêtise ?

Dans un geste lent et mesuré, notre homme vient plaquer sa main contre ce visage bien trop intrusif, s'assurant de sa réalité.
La laissant là et sans s'inquiéter d'une possible réaction, il articule finalement du ton de ceux qui se moquent du monde.

" Ca s'voit pas ? J'm'entraîne pour les JO là. "

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Mei Shiozaki
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MessageSujet: Re: Leçon d'humilité [PV Mei]   Dim 30 Juil 2017 - 15:29

Fraîchement arrivée à Keimoo, Mei avait vite cherché à s’intégrer le plus rapidement pour éviter toutes situations désagréables. Elle avait mis de côté son envie de mener sa petite vie, loin de tout cet amas d’étudiants et avait décidé que pour une fois elle allait entrer dans le moule et faire un peu « comme tout le monde ». Les clubs furent la clé de son intégration, parmi ceux choisis celui de natation sortie du lot et lui permis d’acquérir une position qu’elle n’aurait jamais pu imaginer avoir auparavant. La rencontre avec le capitaine, qui était aussi un professeur, se passa très bien. On sentait de suite que l’image positive que le corps étudiant avait du club était dû à lui seul. Les débuts de Mei au sein du club ne différaient guère de celui des autres, l’assiduité était de mise et en tant que simple membre elle ne pouvait alors voir qu’une partie du travail fourni pour le maintien des activités par le professeur Yoshida. Puis, vint le jour où la Japonaise vit se confier le poste de vice-capitaine, prétendre qu’elle ne s’y attendait serait mentir, de ce fait elle redoubla d’efforts pour être à la hauteur des exigences attendues.

C’est à cet instant précis qu’elle découvrit l’entièreté du tableau plus aussi rose. Le nombre d’étudiants, en majorité ceux prenant part aux compétitions, frisant l’impertinence se comptaient en dizaine. Y avait-il quelque chose à faire ? On pouvait bien sur les rappeler à l’ordre, leur faire comprendre que leur comportement n’était pas acceptable, toutefois cela se calmait quelques temps, jusqu’à la prochaine rencontre sportive. Dès lors, Mei savait à quoi s’attendre dès qu’elle engageait la conversation, aucune réelle coopération étant possible, il lui suffisait de ne plus prêter intérêt à leur arrogance. Comprenez bien qu’il lui fallait désormais beaucoup pour la faire sourciller et justement quelqu’un semblait vouloir tenter le coup. Endo-senseï debout, à la fois inquiet et rassuré et elle assise au côté de celui qui avait semble-t-il imaginé les choses trop en grand. Tous deux patientèrent, le temps qu’il reprenne ses esprits et réponde à la première interrogation de la vice-capitaine. Durant cet instant de flottement, Mei fit signe au maitre-nageur de lui apporter une bouteille d’eau et une serviette.

Elle le suivit du regard puis reporta son attention sur le garçon, la voilà rassurée, il était de nouveau parmi nous. La réponse se fit longue et pensant ne pas s’être fait bien entendre, s’apprêta à réitérer sa question. Or, la main du jeune homme se rapprochant de son visage l’arrêta dans sa lancée. Ses yeux suivirent son geste imprévu, ses sourcils se froncèrent et les premières paroles de celui qui s’était enfin décidé à parler n’aidèrent pas à détendre son visage. Juste là, était-il sérieux ou avait-il tenté une blague ? La seconde option se montrait trop belle pour être vraie et la quatrième année le comprit vite en croisant son expression. Elle se dégagea rapidement, rétablissant une certaine distance, le visage toujours crispé et dans l’incompréhension.

« Et bien je vais te décevoir, mais c’est clairement pas comme ça que tu vas y arriver. »

Elle se demandait s’il avait pris pleinement conscience qu’il était passé de peu de la noyade. Sûrement et le pire était peut-être qu’il ne s’en préoccupait pas plus que ça. Elle avait droit à un nouveau cas aujourd’hui, comme si l’ego surdimensionné de certains n’happaient pas assez son énergie et la journée ne faisait que de commencer pour elle. Mei se releva et récupéra l’eau déposée par Endo qu’elle tendit à l’autre étudiant.

« Tu as l’air d’avoir récupéré, bois quand même ça et va t’asseoir là-bas. Ce serait bête d’attraper froid. » lui dit-elle en lui montrant du menton une rangée de chaises posées à l’ombre près du grillage.

De son côté elle se dirigea en soupirant vers le bureau, dans un des tiroirs se trouvaient un petit cahier recensant quelques informations par-ci par-là. L’identité des anciens membres, de ceux plus problématiques à surveiller et les incidents. Plus de trois ans en tant que membre et elle n’avait assistée à ce type de situation que deux, trois fois. Les kanjis défilaient sous ses yeux, mais non elle ne voyait définitivement pas qui il était. Jouant avec la page tenue du bout des doigts, agacée ou perplexe devant l’inconscience de certaine personne, de sa main libre elle attrapa un stylo et vint s’asseoir à son tour.

« Bon, elle marqua une pause, fatiguée d’avance comme si elle se trouvait devant une tâche qu’elle avait sans cesse repousser jusqu’à maintenant. M. le futur champion national a un nom j’imagine. C’est la première fois qu’on te voit ici et en raison de ce qu’il vient de se passer je suis obligée de t’ajouter à notre liste. »

Elle tira un trait, marqua la date d’aujourd’hui et l’heure puis fut prête à noter le nom de l’inconnu qui n’allait bientôt plus en être un. La jeune fille ne put s’empêcher de se demander si c’était bien un simple accident.

« Sinon cela t’arrive souvent de faire des trucs sur un coup de tête tels que je sais pas…sauter dans l’eau sans savoir à priori nager ou encore toucher les gens sans leur permission ? Simple question. »

Histoire de savoir si elle avait affaire à un ignorant ou à un mauvais blagueur.

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MessageSujet: Re: Leçon d'humilité [PV Mei]   Lun 31 Juil 2017 - 22:56

Contact froid de sa main contre son visage, intrusion rapidement repoussée, tout comme sa bravade. Ton de reproches, ordres donnés. Va t'asseoir, qu'est-ce qu'il t'a pris ? Pas comme ça que tu y arriveras. Les mots ricochaient sur le jeune homme, il entendait, mais c'était tout. Il s'exécuta mécaniquement, serviette et bouteille dans les mains. Shooté au chlore, l'eau s'était engouffrée dans ses narines, sa gorge, ses poumons. Prise de conscience. Il cracha en silence, plus parce qu'il ne souvenait pas avoir expulsé ce trop plein d'eau que par véritable nécessité. Le visage parallèle au sol, il regarda un instant les gouttes tomber sur le sol, rejoignant par là sa salive. Toujours imperméable à ceux qui l'entourait, il tâcha de reprendre son souffle. Premier depuis une éternité. Du moins en avait-il l'impression. Sourire fugace, caché par la masse de ses cheveux détachés. Il n'était qu'une serpillière, une serpillière détrempée, mais une serpillière fière d'elle même. Il avait sauté, il avait osé sauter, engageant un corps à corps avec l'élément liquide. Peut-être avait-il failli se noyer oui, mais pour l'heure, dans son émerveillement qui confinait à la folie, une seule chose comptait. Il savait qu'il y retournerait.

Le vent se leva un instant, réveillant les sens du jeune homme. L'air frais de la matinée laissait place à la chaleur du soleil finissant de monter. Il frissonna mais ne chercha pas à utiliser sa serviette.

Il ne releva la tête qu'une fois sa respiration calmée, prenant conscience de son environnement immédiat par l'absence de la jeune femme. Il passa en revu les alentours. Du côté des bassins, seules quelques ridules à la surface de la piscine trahissaient désormais son passage. A quelques pas, un homme le regardait, trop vieux pour être un étudiant, mais bien bâti. Il le fixait, et reconnu, à travers le regard torve qu'il lui jetait, l'homme qui l'avait tiré du bassin. Aucun mot ne fut échangé, et si Takuya savait qu'il lui reprochait d'avoir ainsi sauté, la véritable raison de son irritation était ailleurs. Les yeux plongés dans les siens, le jeune homme sonda avec une pointe d'interrogation la rétine du supposé maître-nageur. "Qu'est-ce que t'as ? J'ai troublé ta tranquillité c'est ça ?". Ces paroles lui brûlaient le bout de la langue, mais sa bouche resta close. La provocation n'arrangerait rien, l'homme ne semblait pas vouloir briser le silence pour le moment et cela lui convenait. Inutile de le pousser à l'action, le danger ne viendrait pas de lui. Si celui-ci avait voulu le signaler à l'administration, il l'aurait déjà fait. Non, décidément le danger venait d'une autre personne. Une personne bien plus bavarde. Agacé après coup par les mots qu'elle lui avait jeté au visage, il exécuta une rotation du torse, balayant les environs de ses yeux plissés et en profita pour reposer serviette et bouteille à ses côtés, intacts. La mécanique de ses muscles se réveilla, ceux-ci se réchauffèrent à l'idée de devoir partir précipitament. Peut-être était-elle déjà partie chercher du monde ?

"Manquerait plus que ça" lâcha t-il à demi mots alors qu'il s'apprétait à se relever. Prêt à s'eclipser, il avait retrouvé le plein usage de son corps, et si il fallait forcer le passage, ce n'est pas un adepte des maillots moulants qui l'en empécherait. Ce fut une voix teintée d'agacement qui le retint.

"Bon." Terme court qui ne voulait rien dire dans l'absolu, néanmoins, sa sécheresse parvint à lui ôter tout envie de resquiller de suite. "Elle" était de retour, et "Elle" était, au grand damn du jeune homme qui ne put retenir un soupir, accompagnée d'un carnet. Réminicence d'un passé scolaire où les carnets étaient souvent, sinon toujours, signes de punitions, fichages et autres convocations, Takuya en avait déjà horreur plus jeune. Aujourd'hui, cette peur s'était changée en dégout pour ce qui n'était autre chose qu'un symbole d'entrave à sa liberté déjà bien trop relative à ses yeux. Aussi, c'est tout juste si il put retenir un de ses tics de sa lèvre inférieure.

Visiblement disposée à pousser l'affront plus loin, celle-ci s'asseya à ses côtés et continua. "M. le futur champion national a un nom j'imagine. C'est la première fois qu'on te voit ici et en raison de ce qu'il vient de se passer je suis obligée de t'ajouter à notre liste." Comme pour donner d'avantage de force à ses propos l'incconue griffona rapidement sur un vieux carnet la date et l'heure, puis se retourna, n'ayant visiblement pas terminé son monologue.

"Sinon cela t'arrive souvent de faire des trucs sur un coup de tête tels que je sais pas ... sauter dans l'eau sans savoir à priori nager ..."

Le visage de la jeune femme tourné vers le sien, Takuya restait sans mot dire, absorbé par le va et vient du stylo tournoyant entre les doigts fins de sa propriétaire tandis que ses lèvres bougeaient. Il était vert de colère envers cet être qui s'introduisait ainsi dans ses affaires, si le maître nageur, qui avait d'ailleurs profité de l'arrivé de la harpie pour s'esquiver, le jugeait également, lui au moins avait la décence de se taire. Elle, se permettait de venir avec ses grands airs, de discourir, de déambuler ainsi dans ce lieu comme si il lui appartenait.
Takuya n'était pas idiot, ou du moins le croyait-il, il savait qu'il ne parviendrait jamais à apprendre à nager de cette manière, mais ce plongeon représentait quelque chose pour lui, un pas, car il était homme à progresser par symboles. Il expira un grand coup alors que le regard de sa tortionnaire se faisait plus pressant. Voir quelqu'un, une incconue en prime, venir ainsi fouler du pied cela, lui était insupportable. Il se prépara à rétorquer, lui gronder dessus comme il savait si bien faire. Lui dire qu'il détestait par dessus tout les donneurs de leçons, que oui, il savait que ça avait l'air complétement fou, mais que non, il ne l'était pas. Mais la fin de sa phrase le cueuillit à la dérobé.

"... ou encore toucher les gens sans leur permission ? Simple question."

Il cligna des yeux. Stupeur. Il n'avait rien préparé pour ça.
Effondrement et patatra. Lui qui s'était redressé de toute sa stature semblait soudain bien petit face à la colère d'une femme outrée. Ses lèvres s'agitèrent d'abord sans un bruit, puis l'air parvint jusqu'à ses cordes vocales, ne donnant rien d'autre qu'un bredouillement pathétique. Le pire était arrivé, il n'était pas prude, mais détestait qu'on le prenne pour ce qu'il n'était pas. Une fois piqué vif, ce soucis d'image se transformait bien souvent en peur de se voir affubler d'une nouvelle étiquette qu'il ne voudrait pas assumer.

"heu j-... et bien c'est que heu..."

Elle le regardait toujours, et lui ne parvenait plus interpréter les signaux qu'elle devait lui renvoyer. Dans sa tête, milles scénarios potentiels lui apparaissaient, projetant leurs ombres sur les parois de sa boite crânienne. Elle racontera tout, se dit-il, elle a peut-être même des photos. Troublé, il se leva pour se donner une contenance, hésita un instant en se grattant la nuque en regardant ailleurs, incapable de soutenir d'avantage la vue de ses yeux couleurs nuit et se dit que le mieux serait encore la fuite.

Il commença à s'éloigner, et, tachant de paraître assuré il lança.

"Hors de question de voir mon nom figurer sur cette liste."

Il s'arrêta mais ne se retourna pas. ".Et hmm... désolé je ne voulais pas t'offenser."

Puis il reprit sa route en direction des vestiaires. Si il parvenait à ceux des hommes, il était sauvé pour un temps se figurait-il.

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MessageSujet: Re: Leçon d'humilité [PV Mei]   Jeu 3 Aoû 2017 - 16:43

Elle attendait. Cinq secondes. Elle attendait qu’une voix grave réponde à sa simple interrogation. Encore cinq secondes. Elle attendait que cette voix prétentieuse parvienne à ses oreilles. Le stylo entre ses doigts, la mine appuyée de plus en plus contre la feuille à mesure que son interlocuteur se décide à sortir de son silence. Le jour fut rapidement marqué sur la page blanche, mais toujours aucune réponse. Puis, il y eut une amélioration, un semblant de phrase qui poussa Mei à se demander où était bien passé toute cette pseudo assurance survenue un peu plus tôt. Si l’étudiante se montrait aussi arrogante que certaines autres de l’académie, elle ne se serait pas retenue d’émettre un petit rire, néanmoins elle ne pipa mots. Repassant une seconde fois sur les nombres déjà bien visibles, ses yeux toujours plantés avec insistance dans ceux du jeune homme. Le temps était long dis-donc. L’instant d’après l’indifférence sur son visage laissa place au saisissement. Il se leva d’un coup et elle ne put avoir qu’un mouvement de recul. Décidément, elle avait affaire à quelqu’un de très…étrange aujourd’hui.

Son avancée vers la sortie la fit quitter à son tour sa place à l’ombre. S’il pensait partir tranquillement- et ça y est, monsieur avait retrouvée l’usage de la parole et apparemment il ne voulait pas se montrer coopératif. Comme ce n’était pas du tout étonnant. Un énième soupir franchis les lèvres de la brune qui croisa les bras, guettant la fin de son discours aussi peu préparé que son précédent plongeon. Sa dernière phrase marqua le début de sa course. Le regard de Mei se perdit dans le vide et chercha par la suite le visage du maitre-nageur. Ce dernier lisait son vieux magasine, patientant jusqu’à ce que l’heure de partir sonne enfin. Très bien, message reçu, elle devait se débrouiller toute seule, chacun restait sagement à sa place ici. Cependant, l’étudiant en histoire n’avait pas l’air de comprendre où était la sienne à ce moment précis.

« C’est qui ce type...» se murmura-t-elle.

Quel était son problème, est-ce qu’il le faisait exprès, est-ce qu’il voulait simplement se faire remarquer ? Les questions fusaient dans son esprit et la perturbaient. Le visage en décomposition, elle se baissa pour récupérer sa bouteille d’eau, s’avança à grand pas vers lui, se dépêchant de le rattraper. N’ayant pas la moindre idée dans quel genre de bataille elle venait de prendre part, l’unique manière possible de s’en sortir était de ne surtout pas se laisser marcher sur les pieds.

« Comment ça ‘hors de question’ ? Si tu crois que je vais simplement te dire ok d’accord, à la prochaine l’inconnu, tu te trompes. »

Son ton était calme, elle n’était clairement pas de ceux qui criaient pour récolter ce qu’ils désiraient. Des mots bien choisis valaient toujours plus qu’un mal de gorge inutile. Sa vive réaction lui permit de se retrouver rapidement derrière lui et Mei fut intérieurement reconnaissante de mesurer sa taille actuelle même si niveau carrure, elle pouvait repasser. Elle accéléra, l’agrippa au bras et se mit devant pour lui barrer aussitôt la route. La métisse n’allait pas le lâcher, au sens propre comme au sens figuré.

« Ecoutes, je ne te demande pas grand-chose, juste ton nom. Ce qu’il vient de se passer n’aurait jamais dû arriver en temps normal, tu comprends ? » elle prit le choix de mettre sa colère de côté, ils n’allaient pas se chamailler comme des enfants toute la journée. Elle reprit « Est-ce que tu savais comment ça allait se terminer ? Tu ne l’as pas fait exprès, n'est-ce pas ?... »

Cherchant un indice sur son visage, dans son regard, n’importe où, elle resserra son emprise puis rompu le contact, comme consciente de son geste. Aucune inquiétude apparente, la jeune fille garda assurance. La décision de Yoshida de faire d’elle la vice-capitaine du club lui parut de plus en plus claire maintenant. Elle lui tendit son eau, insistant pour qu’il boit ne serait-ce qu’une gorgée. Enfin, à proximité un tas de serviettes pliés attira son attention. Ne le quittant pas de ses yeux, craignant une nouvelle fuite, Mei en récupéra une qu’elle lui lança et lui montrant ses cheveux.

« Avant de continuer à faire l’intéressant, sèche-toi un minimum. »

Elle retrouva sa place initiale, le carnet tout froissé sur lequel nous pouvions lire le nom du club et le stylo coincé entre son pouce et son index constituaient semble-t-il un réel obstacle à la discussion. Les règles, être discipliné, répondre poliment à une interrogation ne paraissait pas être à la portée de tous. Cela l’agaçait au plus haut point et vînt le moment où elle fut amenée à sortir sa ‘fameuse’ phrase dont elle doutait de son efficacité.

« Tu n’as pas l’air de savoir que je suis la vice-capitaine de ce club, Shiozaki Mei. » On n’avait jamais vu plus ridicule, ayant pleinement connaissance de cet absence cruel de crédibilité qui manqua de la faire rougir d’embrassement, elle tenta de changer de sujet.

« T’excuses pas pour ton attitude d’avant, faisant référence à la main intrusive de l’étudiant contre sa joue,on a connu pire. Comme le fait que tu ne me dises pas ton identité. » déclara-t-elle amusée et tout sourire, Mei ne perdait jamais le nord.

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MessageSujet: Re: Leçon d'humilité [PV Mei]   Ven 4 Aoû 2017 - 19:03

Une voix grave entonna un monologue. Le ton était monocorde, on aurait dit une litanie. Lentement, les mots s'alignaient, formaient des phrases. Il était question de livres saints, de compréhension, d'eau. Le style qui se voulait simple ne parvenait pas à cacher l'orgueil du sens.

Parvenu à la dernière ligne, la voix s'éleva, une octave plus haute. "Ma faiblesse donne la mesure de ma force, à ce titre, je suis plus fort que vous." Puis ce fut tout.

Silence dans le petit appartement. Assise devant un pc portable, une silhouette faiblement éclairée par l'écran se renfonça dans le canapé où elle avait pris place une vingtaine de minutes plus tôt. Pensive, celle-ci attrapa un Phillip qui passait par là et comme des centaines de fois auparavant, porta à son bec un des tubes saveur mort que contenait le paquet. La flamme d'un briquet révéla une bouche fine, qu'on aurait dit sans lèvres, un nez fin mais trop long pour être typiquement japonais, des yeux étirés mais profonds, qui semblaient toujours à l'affut.

La fumée s'éleva, révélant milles faisceaux de lumières artificielles qui parvenait du dehors. D'une chiquenaude, les particules de cendre se retrouvèrent dans leur réceptacle en terre cuite. La main suspendue au dessus du cendrier trembla un instant. Le corps hésita, ne sachant pas quoi faire face aux signes avant coureurs de ce qui n'était après tout qu'une réaction nerveuse. Les soubresauts s'intensifièrent, devinrent plus pressants. La tête se pencha en arrière, l'autre main se porta au front comme pour la retenir, la bouche s'entrouvrit du fond de laquelle une rumeur montait. Le rire creva finalement la surface, se brisa en morceaux contre le plafond, ruissela contre les murs, se logea sous chaque meubles, dans chaque recoins du petit appartement. Les vagues sonores n'étaient pas parvenues au pas de la porte que déjà, celui-ci s'étanchait. Les soubresauts cessèrent, dans l'ordre des épaules jusqu'aux mains, la bouche se referma, coupant les vannes de ce qui n'était plus qu'un vague ricanement moqueur.

Les yeux du jeune homme étaient luisants comme après une bonne blague. Il avait lâché sa cigarette, celle-ci reposait au sol, encore allumée, menaçant de laisser une trace noirâtre sur le sol. Il ne se pressa pas, ne la ramassant qu'après s'être complétement calmé.

Menton collé au torse, yeux rivés au sol, Takuya souriait à sa propre bétise. "Bon dieu, dit-il, me faudrait mon public portable pour que partout où j'aille on puisse m'applaudir".

Nouveau rire, léger celui-ci, le coeur n'y était plus. Il était rentré de sa journée éreinté, fatigué de la foule et du soleil qui avait dardé ses rayons tout le jour durant. Resté cloitré par ce temps était suicidaire, mais se retrouver étouffé par la foule n'était, après expérience, pas beaucoup plus réjouissant. C'était donc après une bonne douche qu'il s'était retrouvé face à son écran et, n'ayant plus de films en réserve, avait farfouillé pendant un temps dans la multitude de données de son ordinateur. Sous ses yeux, s'étalaient une dizaine de documents texte, certains complets, d'autres à peine commencés, mais tous relatant un moment qu'il avait jugé marquant. Vieux conseil de l'ancienne personne chargée du club de littérature - il ne parvenait plus à mettre un nom sur sa face – "Vous souhaitez écrire ? Alors écrivez. Ecrivez tout ce qui vous passe par la tête, écrivez tout ce qui vous arrive, vos cours, votre déjeuner ou même votre pause pipi." Message reçu, et pour passer, le message était bien passé. L'habitude avait été rapidement prise, notant chaque soir idées, descriptions, pensées, l'exercice s'était affiné. Au bout d'un certain temps, il lui fallait désormais relater certains moments qu'il affectionnait, ou du moins, dont-il se souvenait. Ces documents avaient été sa mémoire.

Takuya écrasa finalement le mégot. Pourquoi avait-il arrêté ? Il n'avait pas la réponse, mais c'était un fait. Il avait choisi au hasard ce texte à moitié terminé. Ce passage à la piscine n'avait pas été le dernier, mais les débuts un peu pompeux du texte avaient au moins un mérite, lui rappeler que cette première fois avait été assez intéressante.
Un sourire aux lèvres, l'étudiant reprit le fil des évènements.

Fin Aout 2016 – Piscine du Campus.

Courroux d'une voix accompagnée de bruits de pas. Soupir d'un homme qui aurait bien aimé laisser tomber ce slip un peu trop serré à son gout, prendre une douche, chasser le chlore de sa peau, fumer un coup. Bref, partir. Il en avait terminé avec l'eau pour le moment, le jeune homme avait franchit un cap dans son esprit. "C'est déjà pas mal", se disait-il, mais non, pour avoir le droit de se baigner il fallait en plus donner son nom. Comme si le fait de remplir un registre pouvait entrer dans un quelconque processus d'apprentissage. Il ne comprendrait jamais cela. Bon, cela ressemblait d'avantage à une tentative de suicide, d'accord, mais elle aurait pu le laisser filer, personne ne lui en aurait voulu, surtout pas lui...

Takuya marchait donc le long de la piscine en direction des vestiaires, il pouvait déjà percevoir le sigle de l'écriteau indiquant "homme". Le pas redevenu assuré afin de sauver les apparences, elle n'avait pas encore réagit à ses excuses et le couperet du jugement social le menaçait encore, là juste au dessus de sa tête, il s'en rapprochait. Il ne percevait aucun bruit du côté de madame. Il serrait les dents, c'était trop beau, l'entrée ne lui semblait plus si loin maintenant, il y était presque.

"Comment ça hors de question ? ..." Il ne prêta pas attention au reste de sa phrase, tout ce qu'elle pouvait signifier après cela lui semblait être la même chose après tout. Elle allait encore l'empêcher de partir, et c'était tout ce qui comptait. Il regardait d'un air mausade l'entrée des vestiaires, si proche mais pour l'heure inatteignable, lorsqu'elle se retrouva devant lui comme par magie, l'air courroucé mais maître d'elle-même. Elle était plus vive qu'elle n'y paraissait cette grande tige. Levant un sourcil, il jeta un coup d'oeil à son bras enserré par sa main. Une certaine poigne également, il avait alors un air presque admiratif. Il se renforgna la seconde d'après, mais bon sang, depuis quand on le retenait ainsi, c'était qui cette folle ?

"Ecoutes, je ne te demande pas grand-chose, juste ton nom. Ce qu'il vient de se passer n'aurait jamais dû arriver en temps normal, tu comprends ?" Elle semblait jouer la carte de l'assistante sociale, il n'avait pas besoin de ça non plus. Nouveau soupir et allait rétorquer lorsqu'elle continua. "Est-ce que tu savais comment ça allait se terminer ? Tu n'as pas fait exprès, n'est-ce pas ?"

Elle sonda son visage, semblant chercher quelques indices mais Takuya ne souhaitait rien laisser paraître. Il commençait à caresser l'idée de la pousser à l'eau afin de la faire lâcher prise lorsqu'elle le fit d'elle même, non sans en profiter pour montrer ce qui se voulait être de l'autorité en laissant une marque rouge sur son bras. Elle s'écarta un instant, lui, refusa la bouteille d'eau, il en avait eu assez pour un moment. Il profita de son absence pour respirer un coup, regrettant presque le maître nageur silencieux.

Elle se prenait pour qui ? Il n'avait pas l'intention de lui expliquer le pourquoi du comment de son acte, largement motivé par l'absence de réflexions justement. Il ne lui demandait pas de comprendre non plus, c'était ça, ou rester apeuré par l'eau jusqu'à la fin de sa vie et ça, c'était plus important qu'un foutu registre. Il serra les poings, sentant la colère poindre devant la futilité d'un tel mur, sans se rendre compte que lui même en était un. Il allait lui appr- Il rattrapa au dernier moment la serviette qu'on lui lançait, la surprise ayant le mérite de le calmer.

"Avant de continuer à faire l'intéressant, sèche-toi un minimum." dit-elle, avant de s'en retourner vers sa chaise afin de retrouver ses satanés instruments.

Il fourra sa tête dans la serviette rèche, explosion de colère à moitié silencieuse afin de se contenir. Sa bouche tout contre le tissu afin d'étouffer les sons, il cria. Seul un bruit sourd devait lui parvenir, mais en son fort intérieur, milles scénarios défilaient, la plupart impliquant la détérioration de l'intégrité physique d'une certaine demoiselle un peu trop à cheval sur le réglement, tandis qu'au fond de ses prunelles, une lueur écarlate semblait s'être allumée. S'en était trop, se disait-il, "elle joue avec mes nerfs"...

"Tu n'as pas l'air de savoir que je suis la vice-capitaine de ce club, Shiozaki Mei."

Silence du côté de Takuya, il s'était immobilisé.

"T'excuses pas pour ton attitude d'avant, on a connu pire. Comme le fait que tu ne me dises pas ton identité." Le jeune homme s'était retourné pour faire face à une étudiante toute sourire et, semblait-il, assez fière d'elle. Il lui jeta la serviette, toute colère étant passée face à cette révélation qui ne manquait pas de l'amuser. Sourcils froncés mais sourire en coin, il se permit un léger rire moqueur.

"Attends, attends, tu veux dire que tu me bassines depuis tout à l'heure parce que tu es vice-capitaine ?" Il se reprocha sans faire attention à la réaction de celle que l'on devait désormais nommer Mei. Il s'assit à ses côtés, reprenant sa place de départ et poursuivit. "Tu te sens investie d'une mission c'est ça ?" Le ton était sérieux, il ne rigolait plus. Il lui laissa le temps de réfléchir à la question puis reprit.

"Ecoutez madame la vice-présidente, Shiozaki-san, -sama, -chan ou peu importe ..." il appuyait sur chacun des mots de manière exagéré afin de bien lui faire comprendre qu'il se fichait comme d'une guigne du titre qu'elle pouvait bien porter. Ils ne se connaissaient pas, et un titre pareil n'avait aucune signification pour lui. Le ton changea pour la fin de sa phrase, se faisant plus doux. "...je ne te demande pas de comprendre, ou même d'essayer, j'ai fait ce que j'ai fait et non ce n'était pas un incident. Je voulais voir si j'en étais capable et c'est tout."

Il balaya la piscine du regard où s'était joué la scène, il y avait maintenant plus d'une dizaine de minutes. Elle l'avait aidé et il ne pouvait que l'apprécier, mais son insistance confinait, selon lui, à la démence et devenait franchement pénible. "Merci pour l'aide mais non, je ne te donnerai pas mon nom, du moins pas pour que tu le notes dans ce genre de registre. Je n'aime pas ça c'est tout."

Il attendit une réaction, finalement disposé à en discuter un peu plus étant donné l'insistance de madame.

Aout 2017 - Bougu

Takuya se redressa, faisant craquer ses doigts. Il abandonna son canapé et l'ordinateur et se dirigea vers le réfrigirateur où l'attendait une bière. Pourquoi n'avait-il pas cédé à la tentation de lui faire du mal ? Se dit-il. Qu'est-ce qui avait changé par rapport à son arrivé à l'académie ?

Silencieux, il regarda les derniers rayons d'un soleil que la petite pièce ne voyait que rarement s'éteindre devant la baie vitrée.

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MessageSujet: Re: Leçon d'humilité [PV Mei]   Lun 7 Aoû 2017 - 22:49

Les règles, des mots alignés l’un à la suite de l’autre, souvent imprimées sur feuille blanche amenées à être respectées et donc suivies au pied de la lettre par tous. L’être humain grandit et avec lui cette impression gênante d'enfermement, de manque de liberté. Vient très vite l’envie profonde d’aller au-delà de ces normes dictées par un système auquel nous avons pris part inconsciemment. Cette phase semble inévitable si bien que nos parents ne se montrent plus surpris quand leur autorité se voit remise en question. Ce comportement s’exprime en différents niveaux, le plus basique s’illustre par le fait de se coucher plus tard que l’heure ordonnée, rester dehors dix minutes de plus, tenir tête à nos géniteurs, refuser de manger à la maison. Néanmoins, aucune de ces actions n’a un jour réellement traverser l’esprit de Mei. Sa chambre était plongée dans le noir avant même que sa mère ne lui demande d’éteindre la lumière, elle s’excusait auprès de son cercle d’amis pour partir toujours plus tôt que les autres.

Lors de désaccord familial, elle privilégiait le silence plutôt que la dispute, enfin telle une fille modèle, elle aidait à préparer la table. Sa vie avait tout l’air d’être ennuyante…ou bien trop parfaite. Ce n’était pas comme si l’étudiante avait reçu une quelconque éducation stricte. Bien sur sa mère mettait un point d’honneur à transmettre certaines valeurs très importantes à ses yeux elles même transmises par ses propres parents. Cette dernière s’était malgré tout préparée à toute « rébellion » éventuelle. Toutefois, rien n’arriva. Mei ne dérogeait à aucune une règle, toujours dans le droit chemin, prenant soin de rester à sa place là où on attendait qu’elle soit. Si cette façon d’agir ne représentait en rien un problème de son point de vue, ses camarades ne comprenaient pas cette machination, car ils en étaient venus à la nommer ainsi, à s’éloigner de toute déviance.

Néanmoins, ces prétendus camarades ne s’appliquaient jamais à le lui dire en face. L’environnement crée autour de sa personne était naturellement constitué de personnes qui la « comprenaient » et ne manifestaient nulle remarque négative vis-à-vis de sa manière de vivre. Mais cet univers si bien entretenu se craquela alors que l’étudiant s’était décidé à lui répondre. Elle n’était pas investie d’une mission, non. Mei prenait simplement soin de suivre les procédures. N’était-ce pas normal ? Son visage se referma, tandis que son regard se posait sur ses mains tenant encore cet amas de papiers. Pour une fois elle n’avait rien à rétorquer et préféra garder le silence. La Japonaise à l’entente de son nom de famille et plus il listait les suffixes qui lui passaient par la tête et plus l’agacement gagnait du terrain. Son indexe gauche tapota sur la couverture du carnet au rythme des battements de son cœur qu’elle sentait augmenter.
Je voulais voir si j’en étais capable et c’est tout. Mei fut bouche-bée et se contenta juste d’hocher la tête. Il n’y eut aucun déclic, non elle n’avait pas fini par réaliser que le geste du jeune homme était défendable ou même compréhensif et qu’après tout il faisait ce que bon lui semblait. Non non, à dire vrai son absence de réaction se traduisait par un « Je n’ai jamais entendu un truc aussi stupide, mais soit continue à te justifier ». Cependant, elle modifia sa version.

« Tu as voulu le vérifier et le résultat est clair ; tu n’en es pas capable. Est-ce que tu es content de toi maintenant ? Si oui, tant mieux. »

A cet instant-là, l’horloge indiqua la demie. C’était l’heure. La vice-capitaine se leva d’un bond, comme si elle avait une nouvelle « mission » à accomplir. Elle les entendait déambuler dans les couloirs se voyant déjà crier comme d’habitude qu’il fallait marcher et non courir pour éviter de glisser et de louper une chance de se qualifier pour le prochain tournoi.

Elle retourna à son bureau pour y ranger le cahier désormais inutile. Le stylo se trouvait toujours entre ses doigts, son encre marqua une nouvelle fois la date mais cette fois-ci sur un autre support pour une autre tâche.

La minute d’après, certains membres s’affairaient déjà à leur échauffement quotidien après avoir salué comme il se devait l’étudiante. Cette dernière rejoignit celui qu’elle ignorait en une fraction de seconde. Elle soupira.

« Je n’ai jamais rencontré quelqu’un d’aussi borné que toi, si je commence à avoir mal au crâne ce sera de ta faute, surveillant du coin de l’œil l’échauffement elle poursuivit, parfois c’est bien de connaître ses limites, cela nous évite de mauvaises surprises. Il n’y aura pas tout le temps de quoi rattraper tes erreurs. »

Gribouillant des chiffres et des noms, elle réfléchit à comment terminer sans paraître trop froide alors que des dizaines de réprimandes remplissaient son esprit.

« On oublie le registre, tu peux partir. » déclara-t-elle, elle venait de perdre sa première bataille et cela ne lui plaisait pas du tout.

Enfin, la brune lui tourna complètement le dos et faisant référence à la marque rouge que ses doigts avaient laissé sur le bras du Japonais, elle s’excusa puis partit, vexée.

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Takuya Hibari
► Université - Deuxième année
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Genre : Non Binaire Vierge Cochon Age : 21
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KMO
                                   :

MessageSujet: Re: Leçon d'humilité [PV Mei]   Jeu 10 Aoû 2017 - 18:07

Un nuage passa là haut dans le ciel, voilant la piscine extérieure de son ombre. Le visage de Mei Shiozaki lui, s'en était voilé d'une autre, alors qu'il lui déversait les raisons de son geste à ses pieds. Devenue de marbre, elle n'était plus en colère, celle-ci avait laissé place aux marques caractéristiques du dédain. Les phrases courtes se voulaient tranchantes, les tournures étaient froides et sa réponse avait prise les teintes des railleries. « Tu as voulu le vérifier et le résultat est clair ; tu n’en es pas capable. Est-ce que tu es content de toi maintenant ? Si oui, tant mieux. » Ce à quoi elle n'ajouta rien d'autre qu'un regard insistant alors qu'elle se levait sans crier gare. D'un pas trop rigide, celle-ci s'écarta vers ce que Takuya soupçonnait être le siège de son pouvoir, son bureau.

Elle s'était levée et il sut alors qu'il avait déjà gagné. Elle serait déjà revenue à la charge, pensa-t'il alors qu'il promenait son regard sur le lieu encore calme. Quelques bruits lui parvenaient du vestiaire, signe du début d'un cours prochain. Hormis le maître nageur, personne d'autres n'avait assisté à la scène, l'étudiant se demanda si l'incident allait remonter... Probable. Il passa une main sur son visage en grognant, il n'avait pas besoin de ça en ce moment. Il était trente, il était déjà en retard pour un autre rendez-vous, qui s'annonçait, lui, autrement plus désagréable qu'une simple dispute avec un pair. Aussi furieux soit-il.

Brouhaha de discussions, de course réprimée, de plongeon. Cries de surprise à la température de l'eau. La voix la plus forte restait celle de Shiozaki. Il la regardait se déployer partout à la fois, distribuant aussi bien recommandations, encouragement et réprimandes aux élèves du club de natation qui arrivaient, tous, venant la saluer. Un léger sourire vint se peigner sur son visage, ainsi dans sa mission, l'étudiante semblait bien plus à l'aise qu'avec lui. Il l'aurait presque qualifié de charismatique, ainsi là à s'escrimer avec ses élèves, si il n'avait pas lut juste assez de socio' pour savoir que le charisme venait d'avantage de l'entourage et du milieu que de la personne en elle-même. Il rigolait de son propre orgueil en repliant la serviette sur son bras, il n'était pas l'heure d'étaler sa science, il lui fallait s'éclipser. Elle choisit cet instant pour se retourner vers lui. Elle ne l'avait pas oublié.

« Je n’ai jamais rencontré quelqu’un d’aussi borné que toi, si je commence à avoir mal au crâne ce sera de ta faute, parfois c’est bien de connaître ses limites, cela nous évite de mauvaises surprises. Il n’y aura pas tout le temps de quoi rattraper tes erreurs. »

Il se redressa pour lui faire face à nouveau, serviette sous le bras, mais ne pipa mot cette fois-ci. Il ne releva même pas la délicate attention, borné ? Il se figurait qu'elle l'était tout autant, mais après tout c'est elle qui abandonnait l'affaire. Cela semblait d'ailleurs beaucoup lui en coûter, son visage crispé transpirait la vexation. Il s'en voulait un peu d'avoir répondu de cette manière à sa sauveuse, néanmoins c'était ainsi, que lui dire mis à part qu'il le savait ? Lui expliquer sa situation par rapport à l'administration ? Lui dire que cette étendue de liquide le terrifiait ? Qu'il ne pouvait pas faire un pas en ce lieu sans regarder si il était suffisamment loin du bord pour éviter de tomber ? Non, il n'allait pas exposer ses faiblesses juste pour lui faire plaisir, son confort pouvait bien en prendre un coup, cela ne la regardait pas.

Il avait déjà le regard lointain lorsqu'elle lui annonça qu'il pouvait partir. Elle s'écarta, cette fois définitivement, s'excusant pour son bras, puis ce fut tout. "Merci." dit-il finalement du bout des lèvres, sans trop savoir lui-même si cette locution était pour ses excuses ou d'ordre plus général. Il n'avait pas envie de relancer une crise en lui rétorquant qu'il partait si il le voulait mais les dernières réactions de son interlocutrice lui apprirent que cela aurait été pousser le bouchon. C'est en proie à ce semblant de sollicitude envers sa congénère qu'il partit enfin en direction des vestiaires, le dos un brin vouté par d'autres préoccupations. Celui-ci prenait bien soin de mettre plus d'un mètre cinquante de distance entre lui et le bord.

L'horloge annonçait 35, un autre registre l'attendait et il était déjà en retard.

C'est ce moment que choisit Genjiro Hanzo, un personnage a priori secondaire, pour jouer un rôle déterminant dans notre histoire. Alors élève de deuxième année, Hanzo étudiait l'histoire à l'académie Keimoo après une réorientation laborieuse qui l'avait contraint à quitter son île d'Okinawa natale, mais ce n'était pas l'important ici. Hanzo fréquentait les mêmes cours magistraux, les mêmes travaux dirigés ainsi que le club de littérature aux mêmes heures que Takuya, aussi ce fut avec une surprise non dissimulée que celui-ci reconnu notre homme, étonné qu'il était de voir ses petites habitudes à la piscine de Keimoo dérangé par l'intrusion d'un camarade tatoué et à l'air sombre."Hé Hibari ! Tu fous quoi ici ?!"
Oui, il était exubérant.

Ce à quoi le barbu répondit "Ta gueule Hanzo." plus parce qu'il ne pouvait supporter la voix de son camarade que par peur que la vice-présidente entende.
Non, Takuya ne l'était pas.

Ce dernier s’engouffra dans les vestiaires sans se préoccuper des éventuelles réactions de ce clan aux mœurs étranges qu'on nommait "nageurs".

Le même jour, 11:00

"Vous comprenez notre situation monsieur Hibari ?"

Le petit homme à lunettes mastiquait chacun des mots qu'il prononçait, semblant rechigner à les donner à l'écoute du jeune homme qui lui faisait face. Le bureau où la scène prenait place était à l'image de son occupant, étroite, étouffante et chargée inutilement. Le tout semblait étudié pour qu'une atmosphère malsaine en dégage. Takuya écoutait à moitié, occupé à contempler une plante en pot bon marché ayant visiblement vécu de meilleurs jours. Elle semblait tout autant désireuse de s'échapper de cet endroit que l'étudiant.

"Vous m'écoutez monsieur Hibari ?"

Retour à la réalité et aux bruits écœurants des lèvres luisantes de bave de son interlocuteur. Il aurait préféré avoir une entrevue directement avec le directeur, mais monsieur ne semblait pas vouloir s'abaisser avec ce genre de tâche ingrate qu'était l'application des sentences prononcées. On préférait confier ce genre de choses aux différents subordonnés qui constituaient l'administration du campus, le jeune homme n'avait même pas retenu le nom ou la fonction de son interlocuteur.
Nouveau bruits de mastications.

"Vu que visiblement vous n'écoutiez pas je vais répéter..."

Le petit homme savait qu'il était désagréable et ménageait donc son effet, rien ne semblait plus lui faire plaisir que claquer ses lèvres en ce bruit immonde. Cela devenait insupportable et Takuya qui s'était tut jusque là lui coupa la parole, préférant énoncer lui même la totalité de sa sentence que de se voir infliger une nouvelle séance de mastications. Il entonna d'une voix rauque, bien trop sérieux pour être honnête.

"Si, j'ai bien compris. Suite à plusieurs incidents en cours de combat avec armes, mes coups visant clairement à blesser mes camarades, l'administration a décidé d'agir malgré l'avis contraire des parents des victimes. J'aurais dû être renvoyé de l'université de Keimoo et remercie l'équipe pédagogique pour leur bienfaisance." Les poings de Takuya s'étaient serrés au fur et à mesure de son monologue, ce qui n'avait pas manqué d'amuser le bureaucrate, visiblement satisfait.

"Bien. Vous vous présenterez dès demain 10:30 auprès du concierge qui se chargera de vous confier vos tâches de la journée, et ce chaque jours ouvrés de la semaine jusqu'à la rentrée. Vos parents sont au courant, votre père était enchanté d'apprendre que vous avez finalement décidé de travailler hors période scolaire. Vous pouvez partir."

Takuya claqua la porte derrière lui et resta un moment au milieu du couloir désert, les épaules baissés, la main crispé sur la poignet. Geste suspendu qui trahissait d'avantage d'un effondrement imminent qu'une véritable envie de monter au front. Toutes velléités de combat disparues.

Les parents des deux élèves blessés auraient pu porter plainte, à la place, l'administration avait fait circuler une note aux différents clubs de sports du campus. Privé de sports jusqu'à nouvel ordre, l'étudiant devait se présenter auprès des équipes d'entretiens qui se chargeaient de l'entretien des salles de sports, et en période de vacances comme celle-ci, les agents intervenaient souvent en parallèle des cours. L'administration le savait, ce n'était pas une coïncidence. Il reconnut là la pâte de son père, l'humiliation était voulue. Il voulait l'atteindre, mais cela n'était rien en comparaison de la privation qu'on lui faisait subir.
La piscine lui paraissait bien loin, le courroux de Shiozaki lui manquait.

-

Takuya suivit les consignes de l'établissement à la lettre, son nom fut rayé du club de combat avec armes et ne put intégrer un nouveau club sportif pendant une période.
Chaque semaine de septembre celui-ci continua cependant à se couler en silence à la piscine à 10 heures précises, barbotant doucement dans le petit bassin.

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Leçon d'humilité [PV Mei]
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