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The Future is like a puzzle with missing pieces: difficult to read, and never, never what you think.
 
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 Used to rule the world

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Yui Valentine
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MessageSujet: Used to rule the world   Lun 29 Aoû 2016 - 3:28

PV - Haneko



Un gamin singulier, ce Nori. En même temps, ce n'est pas comme si la singularité était une surprise dans cette école. Hormis peut être sa propre normalité -la normalité est une subjectivité, Valentine avait appris à ne plus se rester sur sa surprise. Des vertes et des pas mûres, il connaissait ça depuis ses premières années foulées en tant que psychologue scolaire de cette académie. Quand même, elles avaient été drôles d'une certaine manière, ces années. La nostalgie de cette ambiance professionnelle derrière le rideau estudiantin, ça lui avait manqué en quelque sorte. Il était temps qu'il revienne façonner les murs de cet établissement en y posant son empreinte.
Yui Valentine n'aime pas s'ennuyer et on ne peut pas dire qu'il est un homme à s'ennuyer. Avec une carrière aussi incohérente et riche en rebondissement tout au long de sa vie, la fin n'est pas encore au rendez-vous... Rendez-vous. Meeting. Réunion. Convocation. Et encore rendez-vous, rebelote. Allez c'est ça Yui, rends toi. Mais en fait il ne pouvait pas se rendre parce qu'il n'avait justement pas de rendez-vous pour cette fin d'après midi. Pour une fois. Les moments de vide, tout à coup comme maintenant, ça le sonne un peu après des heures passées en rush et qui de plus, lui extorque toute sa capacité sociale. Heureusement qu'il est social, bien que tout se joue dans la relativité, une fois de plus.

Ses pas le mènent dans les salles d'études de l'université, qu'il a commencé à découvrir une à une, puis l'amphithéâtre. Yui Valentine n'a jamais étudié dans ces lieux, ses années d'études appartiennent à une terre qui n'a que trop rien à voir avec le modèle qu'il côtoie tous les jours ici. Il y a quelques années, Yui ne connaissait rien du fonctionnement des cours à la japonaise mais en parcourant ces infrastructures aujourd'hui, c'était comme s'il avait toujours su, comme si une compréhension du système s'opérait en arrière plan dans sa tête. Un peu comme une vérité oubliée; de là, à savoir laquelle, il n'avait pas encore cherché de réponse. Voilà le genre que réflexion qui traversent la tête d'un dirlo adjoint qui perds son temps en passant par les salles vides. Ce faisant, il se demande ce qui peut s'améliorer, ce qui est à refaire, ce qui peut se reconstruire. C'est ainsi, le cerveau de Valentine est en permanence un quelque chose en surchauffe à la poursuite d'une réalité qu'il semble être le seul à regarder. Il marche, distrait et un froissement textile détourne le cheminement de ses pensées pour les ranger en veille, sans pour autant les arrêter. Son étonnement se lit dans le haussement éphémère de ses sourcils et tandis que sa mémoire fouille, il décortique cette présence qui, d'une ne devrait pas se trouver là vu la fin des cours, de deux qui déclenche un léger tilt dans sa tête sans qu'il y mette une propre définition.

- ... bonjour ?

Il réalise alors qu'il s'était appuyé sur la table, à peu près assis mais les deux pieds bien ancrés au sol, dans un autre de ses moments intenses de réflexion métaphysique -qui sincèrement, il le savait, ne faisait avancer ni la terre ni lui-même. C'en devenait quelque fois une tare mais il appréciait ce genre de défaut. Oui, Yui Valentine aimait bien ses défauts, à défaut de pouvoir les réparer (...) Après coup, la possibilité que ce soit peut être lui qui n'a rien à faire là frappe son esprit tel un boomerang. Oui Valentine, rends toi donc.

Il se redresse et arbore un sourire, celui de la politesse qu'il s'est inventé et qui marche très bien. Si son ton s'est fait interrogateur quelques secondes auparavant, il n'en attend pas pas vraiment un retour. Repliant la manche de sa chemise au bouton du poignet tombé avec la manie de les retrousser lors de ses heures de service au salon de thé, Yui a commencé quelques pas pour laisser place à l'étudiante légitimement présente. Avant de sortir, il se retourne pourtant, et la dévisage une dernière fois.

-Nous nous sommes déjà vus, n'est ce pas?

C'est une étudiante, une jeune femme qui définit un peu la japonaise qu'il se donne en définition. Elle a les cheveux mi long, couleur charbon, mais son visage lui dit quelque chose.

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Haneko Igarashi
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MessageSujet: Re: Used to rule the world   Lun 29 Aoû 2016 - 18:50

Il y avait toujours un petit quelque chose de curieux dans le fait de rester dans un amphithéâtre bien après la fin des cours. Ce n’était pas exactement des salles d’études, c’était plus grand et plus vide. C’était la première fois qu’Haneko s’y amusait, non sans raison bien sûr, et elle devait admettre que c’était intéressant. En contraste complet avec le reste de la journée, où des mots résonnaient sans cesse entre les murs de la grande salle, le silence était maintenant complet, presque parfait. En fait, seule sa présence à elle gênait l’arrivée du vrai silence. Le moindre mouvement qu’elle faisait donnait un son amplifié par le vide des lieux. Un amphithéâtre était après tout conçu pour que le son s’y propage au mieux depuis la plate forme jusqu’au rang du fond, et Haneko n’avait pas quitté sa place, dans les premiers rangs.

D’ordinaire, même si un cours n’y avait pas lieu, un amphithéâtre résonnait de bruit et de vie. Le midi, ils étaient utilisés par certains pour y manger malgré l’interdiction explicite, parfois le soir des gens y travaillaient et utilisaient les tableaux pour des sessions de groupe. Ce soir, elle était restée seule. La salle était donc à elle.

Tout ça pour un vulgaire exercice d’économie, et pas des plus complexes. Elle pouvait le résoudre rapidement, raison pour laquelle son smartphone était ouvert à côté de ses feuilles, affichant les dernières nouvelles économiques, comme leur professeur leur avait conseillé de faire. La jeune Igarashi y jetait un coup d’oeil de temps en temps, pendant que son crayon écrivait la réponse rédigée à la problématique posée par leur professeur. C’était avant tout une question de réflexion et elle avait donc plutôt confiance en son raisonnement et c’était bien pour ça qu’elle était restée. Si elle pouvait finir ce truc avant de rentrer chez elle, alors sa soirée serait consacrée à tout sauf le travail, une idée qui lui plaisait beaucoup.

Sous la table, elle balançait une de ses jambes de porcelaine, un réflexe qu’elle avait toujours eu et qu’elle n’avait jamais réussi à oublier même une fois ses jambes remplacées par les prothèses. Comme son genou se souvenait encore de ce qui se passe quand elle réfléchit, il fait la même chose. La seule différence était qu’à présent, quand elle produisait un léger bruit en percutant la table devant elle, Haneko ne ressentait pas la moindre douleur et elle ne perdait pas sa concentration. Encore un avantage à ajouter à la liste.

Cependant, ce n’était pas suffisant pour lui assurer une concentration parfaite. Plongée dans son exercice, elle finit par entendre une porte s’ouvrir et des pas s’approcher. Le temps qu’elle lève la tête pour examiner l’intrus, il s’était déjà bien rapproché d’elle. Un professeur, au vu de sa tenue et de l’assurance qu’il avait à parcourir les rangs. Est-ce qu’il s’assurait que la salle soit vide avant de la verrouiller ? En tout cas, il se dirigeait droit vers elle mais ne faisait pas mine de la voir. Elle le regarda approcher, reconnaissant au fur et à mesure la silhouette dégingandé et les cheveux blancs. Ce n’était pas franchement une vison qu’on oubliait facilement, d’autant qu’Haneko avait déjà été envoyé le voir plusieurs fois, il y a maintenant des années de cela.

Il ne sembla pas la remarquer toutefois, ou en tout cas ne pas lui jeter un seul regard jusqu’à s’appuyer sur la longue table qui formait le rang où Haneko s’était installée, à seulement un mètre d’elle. Désormais distraite de son exercice, la jeune femme releva les yeux vers lui en silence, se demandant si elle devait le saluer immédiatement, s’il attendait quelque chose de sa part. Comme il ne faisait toujours pas attention, elle commença à lisser sa jupe noire et sa chemise pour se relever et le saluer correctement, mais c’est à ce moment qu’il bougea. L’ancien psychologue, à moins qu’il ne le soit toujours, est surpris de la voir et marmonne un salut qui ressemble fortement à une question.


- Bonjour Monsieur.

Elle répondit par automatisme, avec un respect et une politesse qu’elle ne lui avait pas toujours témoigné à l’époque. Elle sait maintenant qu’il est directeur adjoint de l’académie mais ça ne changeait pas vraiment son comportement vis à vis de lui, elle avait simplement évoluée depuis l’époque où elle jouait les trouble fête avec Kujaku. Cela faisait longtemps qu’elle ne l’avait pas vu et elle n’imaginait pas une seconde qu’il puisse la reconnaître, alors elle avait juste à le saluer poliment comme n’importe quelle élève et tout irait bien.

Il commençait d’ailleurs à s’éloigner, confirmant ses soupçons, et elle en profita pour l’examiner. Il n’avait vraiment pas l’air d’avoir changé. La même dégaine décontracté malgré sa tenue formelle, peut-être due à son corps grand et maigre qui donne l’impression qu’il flotte dans ses manches. Les mêmes cheveux trop blancs pour être réels et le même regard inquisiteur quand il l’interrogea. Haneko contint un soupir, il s’était retourné finalement. Cette fois, elle ne pouvait plus y échapper. Poliment, elle se releva devant sa chaise, sans quitter le rang de l’amphithéâtre, et inclina la tête.


- Oui Monsieur Valentine. Je suis Haneko Igarashi, nous avons parlé plusieurs fois pendant que j’étais au lycée.

Et par parler, elle entendait qu’elle avait été sommé de le rencontrer pour expliquer son comportement qui n’avait eu de cesse de changer. Elle était passé d’une année sur l’autre de l’élève modèle à celle qui était systématiquement en retard et répondait à ses professeurs, ce qui n’avait pas été toléré à l’époque. Cela semblait si stupide aujourd’hui.
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MessageSujet: Re: Used to rule the world   Mar 30 Aoû 2016 - 20:59

Sur le seuil de l'entrée, Valentine attend, Valentine hésite. Haneko Igarashi est un écho qui fait réagir le nom qu'il a storé quelque part dans les méandres de son cerveau. L'instant est court mais dans cette quête sans résultat fixe, Yui se perd un moment avec lui même. Qu'il fronce les sourcils, il n'apprécie pas cette impression d'avoir une notion sur le bout de la langue et qu'elle lui échappe, inlassablement. Il se retourne complètement et dévisage l'étudiante, contrarié: non seulement le souvenir vague le nargue mais en plus, rien ne s'emboîte exactement. Yui Valentine ne se rappelle pas tout à fait d'Haneko Igarashi comme ça. Comme ça, mais pas comme avant.
 
-... Effectivement.

Est ce que vous avez changé, est ce que vous avez cessé votre rébellion post-adolescente. Est ce que vous êtes restée là même et est ce qu'il faudra que je vous colle un autre rendez-vous lassant?  Haneko et Yui, c'est un peu le destin forcé ils n'avaient à peu près rien à faire l'un de l'autre mais toutes les raisons académiques les rassemblaient sur le même point de départ, le bureau du psychologue. Sans cette main invisible, rien ne les prédestinaient à se croiser un jour et encore moins à s'adresser la parole. Est ce qu'ils se sont vus dix fois, six fois ou trois, son cerveau froissé ne le définit plus.

-Vous devez avoir raison. Sans doute.

Yui dans son élan d'enthousiasmé orgueilleux, il s'était dit que (toutes) les têtes se tourneraient vers lui et qu'on reconnaîtrait chacun de ses passages dans les couloirs de l'école à son retour. Finalement le monde avait changé en l'espace de sa démission, l'académie regorgeait sans cesse de nouvelles faces et les anciens désormais bien avancés dans leurs études n'étaient plus si nombreux. Yui Valentine s'était dit qu'en revenant sur ses pas, quelque chose lui reviendrait à l'esprit, comme la dernière énigme manquante pour élucider ses souvenirs troubles. Finalement, la conclusion était vite tombée, il préférait qu'on ne lui rappelle pas ses défaillances de mémoire et la flopée de jeunes inconnus qui semblaient affluer chaque semestre lui faisait oublier ses états d'esprit. Tout allait bien.

-Je n'ai pas encore reçu de dossier à votre sujet, Haneko.  

Il a eu un sourire discret. De ses mots, une forme de constat, de curiosité et un soupçon de compliment. C'est étrange de retrouver une ancienne patiente dans le même contexte, des années plus tard. Là où il s'était dit que sa désinvolture ne lui manquerait pas, avoir ce regard en arrière lui extirpe un demi sourire. Entre la nostalgie ou une forme d'attendrissement vis à vis de sa personne: t'as un jour été ça, et aujourd'hui, tu en es là.

-Les cours sont finis, vous attendiez quelqu'un ici ?

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MessageSujet: Re: Used to rule the world   Mer 31 Aoû 2016 - 16:25

Au vu de sa première réaction, le nouveau directeur adjoint ne devait pas se rappeler d’elle, comme elle se l’était d’abord imaginer. Bien sûr, son visage devait lu dire quelque chose, mais rien de plus qu’un parmi tant d’autres, dans la foule des étudiants et des lycéens qu’il a connu quand il était psychologue dans cet établissement. Elle l’a peut-être vu de nombreuses fois au cours de ses deux dernières années de lycée, mais elle est à peu près sûre qu’elle était loin d’être la seule, et encore plus loin d’être celle qu’il voyait le plus souvent. Après tout, elle n’était plus la petite fille modèle, pour sûr, mais elle n’en était pas devenue une racaille pour autant. Elle n’avait fait de mal à personne, n’avait insulté personne, pas de l’établissement en tout cas, et n’avait rien dégradé, si ? Peut-être que si, en fait, mais elle était à peu près sûre qu’elle ne lui en avait jamais parlé et qu’ils n’avaient jamais été pris sur le vif.

Elle pouvait donc se rassurer aujourd’hui en se disant que même si son nom lui disait quelque chose, il n’y associait pas beaucoup de souvenirs. Lui-même semblait accepter l’idée que ce visage ne lui était pas inconnu mais qu’il n’arrivait pas à replacer des souvenirs exacts dessus. Elle se demandait même s’il répondait par oui parce qu’il se souvenait vraiment de son nom ou parce qu’il ne voulait pas lui dire en face qu’il l’avait complètement oublié. L’une ou l’autre solution lui convenait tout aussi bien. En fait, elle n’était pas bien sûr de vouloir se retrouver confrontée à ce qu’elle était à l’époque. Cela semblait si lointain à présent, et si différent de ce qu’elle était maintenant.

Bien sûr, il fallait qu’il détruise cet espoir aussi vite qu’il était apparu, et avec un petit sourire en plus. Il se souvenait d’elle, des fois où on l’avait envoyé le voir après une énième absence ou une réponse un peu trop impertinente à un professeur. Immédiatement, elle sentit ses joues virer au carmin, sans trop savoir ce qui était le pire : qu’il s’en souvienne ou qu’elle ait cru pouvoir y échapper. C’était son passé après tout, son boulet personnel qu’elle devait emmener partout avec elle. Après un bref soupir, la jeune femme se recomposa un peu et parvint à étirer un peu ses lèvres en un semblant de sourire. Autant prendre les choses avec de l’humour.


- C’est que je ne suis pas de retour depuis très longtemps, Monsieur. Je devais reprendre plus tôt mais j’ai été un peu retardé finalement.

Tout en parlant de cela, elle se demanda si le directeur adjoint était au courant de toute l’affaire. Pour sûr, s’il ne l’avait pas reconnu, il ne devait pas avoir eu son dossier devant les yeux depuis un moment et après tout il avait beaucoup plus de responsabilités à présent qu’il n’en avait à l’époque. Peut-être savait-il, ou avait-il su, qu’Haneko avait été forcée de prendre une longue pause pour se remettre d’un accident. Les circonstances lui étaient peut-être inconnus, de même que les conséquences. De fait, il pouvait légitimement s’étonner qu’elle n’ait pas encore fait parler d’elle.

De fait, elle commençait à se demander si elle n’en avait pas trop dit mais décida de continuer comme si de rien n’était.


- Mais normalement, je ferais mon possible pour que ne receviez rien à mon sujet, Monsieur.


C’était une promesse plus pour elle que pour lui, mais après tout puisqu’il l’avait suivit pendant assez longtemps, il méritait d’avoir une petite idée de ce qu’elle avait en tête pour la suite. Et comme il l’interrogeait, elle désigna d’un geste de la main ses affaires étalées sur la table.

- Non, je finissais juste un exercice avant de rentrer à la maison. S’il faut laisser la salle, je peux y aller.

Elle ne s’en rendit compte qu’après avoir répondu, mais elle était resté debout pendant l’échange, et ressentait une légère tension dans tout le corps rien qu’à l’idée de lui parler. Une ombre de sourire apparut sur ses lèvres. Les vieilles habitudes avaient la vie dure.
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MessageSujet: Re: Used to rule the world   Sam 3 Sep 2016 - 14:15

Valentine l'écoute et lève les deux mains pour l'intimer à poursuivre ses travaux.

-Je vous en prie, la salle vous appartient.

Quelque chose a changé, c'est inscrit dans l'atmosphère mais il ne détermine pas quoi. Cela dit, cette impression ne le surprend pas, il s'y est accoutumé depuis quelques mois. Non pas qu'elle soit plaisante mais la vérité à travers laquelle des milliers de détails son attention a l'habitude de s'arrêter pour les graver quelque part dans son cerveau, a été altérée. Yui se rend compte que le silence est tout à coup de son côté. Son regard suit machinalement le geste de la main vers la table, les cahiers et livres ouverts et alors il s'arrête sur la vue des jambes, ses sourcils se froncent, comme par réflexe. Ça ne dure pas longtemps. De la surprise, passant par de l'incompréhension et un tas de choses en même temps passent sur ses traits tandis qu'il monte rapidement l'escalier pour venir faire face à l'étudiante.

- Igarashi...

Pourquoi.

Et d'un coup il réalise. Elle a évoqué le retard de sa rentrée. Le quelque chose qui a changé, son air trop paisible et décalé. Yui Valentine ne sait pas ce qui s'est passé, l'actualité de l'école s'est éloignée de sa réalité en même temps qu'il a quittée. Pour autant, aussi excentrique qu'il ait pu se montré dans ses jours les plus indignes en temps que psychologue, le sort de ses patients et ceux de cette école lui est pas indifférent. La mort de certains, la disparition d'autres, rien de plus qu'il ne puisse faire mais qui pour autant ne le laissent pas de marbre. Après ses années dans cet établissement, Yui a continué à en suivre certains, au salon. Aujourd'hui, il se retrouve ici après un concours de circonstances, et maintenant face à l'ancienne lycéenne qu'il a connue, il se retient dans un second réflexe de la prendre dans ses bras et se contente de la fixer droit dans les yeux. Peut être parce que c'est une élève qu'il a connue. La proximité des individus et leur tragédie frappe toujours plus fort que celui du voisin qu'on ne connaît pas.

C'est lui qui a envie de s'assoir pour le coup.

-Dites moi ce qu'il vous est arrivé.

La question est presque cinglante, il s'appuie sur le rebord de la table de la rangée inférieure. Son regard se pose sur les jambes artificielles qui remplace la mobilité de celle qu'il a jadis reçue à son bureau. Mais ce n'est pas la seule question qui passe au travers de son air grave. Les choses subtiles qui auparavant semblant acquises s'effritent parfois trop soudainement de ses perceptions.

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MessageSujet: Re: Used to rule the world   Sam 3 Sep 2016 - 18:20

Finalement, l’échange s’était mieux passé qu’elle ne pouvait le craindre au moment où il l’avait reconnu. Certes, il l’avait taquiné sur ses anciennes habitudes mais elle ne pouvait pas vraiment lui en vouloir là-dessus, et maintenant qu’elle lui avait expliqué ce qu’elle faisait ici, elle avait confirmation qu’elle pouvait continuer de travailler ici tant qu’elle le voulait. En fait, la réponse du directeur adjoint lui fit même penser qu’elle pouvait se rasseoir pour reprendre son exercice, il semblait sur le point de partir. Haneko allait donc le remercie, pliant déjà les genoux pour retomber sur sa chaise, quand des bruits de pas la firent hésiter.

Il ne faisait que s’approcher, mais son attitude était différente. Comme si quelque chose était arrivé depuis sa dernière phrase. La jeune femme s’était tout de même assise et le regarda arriver sans dire un mot, curieuse de ce qu’il allait bien avoir à dire pour changer ainsi de comportement. Rien que la prononciation de son nom lui fit dirent qu’il y avait quelque chose de nouveau. L’intonation était plus grave, comme inquiète, alors qu’il plaisantait encore quelques temps plus tôt. Pendant un long moment, elle se contenta de le fixer des yeux, en cherchant à comprendre. C’était une évidence mais elle ne réussit pas à mettre le doigt dessus jusqu’à ce qu’il lui pose la question.

Plus que la question, c’est même son regard qui éclaira définitivement la lanterne d’Haneko. Il avait regardé ses jambes. Pas étonnant qu’il se pose des questions après une vision comme ça, car la dernière fois qu’ils s’étaient vus, elle se tenait encore parfaitement sur ses deux jambes. Entre temps, elle savait qu’il avait quitté l’école un moment, alors il était raisonnable de penser qu’il n’ait pas su pourquoi elle n’avait pas reprit l’année suivant son accident, ni celle d’après. Il ne savait pas et demandait des explications. La jeune femme se sentit bizarrement gêné à l’idée de devoir s’expliquer, mais elle comprenait pourquoi il l’interrogeait. Il avait été son psychologue après tout, plus ou moins. Certes, il était maintenant directeur adjoint, mais elle était toujours sous sa responsabilité et il était donc de son devoir de se renseigner.

Tout de même, elle croisa ses mains devant elle, cherchant ses mots. Elle mit plusieurs secondes à se rendre compte que c’était la première fois qu’elle devait raconter ça. Son père n’avait pas eu besoin d’explication, sa grand-mère s’était contentée des explications de Masamune Igarashi et la plupart des gens qu’elle côtoyait n’osait pas poser de question ou se contentait d’une réponse laconique. Haneko savait cependant qu’elle ne s’en tirerait pas comme ça cette fois. Elle prit une brève inspiration.


- Eh bien… Je suppose qu’on a fait la bêtise de trop avec Kujaku. Ideyoshi, vous vous souvenez peut-être, il a été convoqué au moins autant que moi, sinon plus.

Un sourire triste et nostalgique apparut sur ses lèvres à l’évocation de son meilleur ami perdu, mais elle garda un contrôle presque parfait de sa voix. Un peu mécanique, mais au moins pouvait-elle parler sans forcer.

- On a eu un accident. Il avait pas bu, moi si, un peu… Mais il roulait un peu vite, je suppose.

Elle haussa les épaules, cela faisait un moment qu’elle avait arrêté de se poser des questions sur les responsabilités de ce soir là. Il était arrivé, avec son lot de conséquences, et elle avait appris à l’accepter. Cela ne rendait pas ça plus facile à raconter mais ça lui permit de reprendre après que sa voix se soit cassée quelques instants.

- Kuja… Il ne s’en est pas sorti. Et moi, eh bien…

Haneko se tut et fit simplement claquer son talon contre la coque plastique de son autre prothèse. Malgré son apparence de porcelaine, le son était trop sec et bref, témoin de la réelle composition de l’objet. La jeune femme releva un peu les yeux vers son ancien psy et effaça les traces de chagrin de son visage. Elle ne pouvait pas vraiment sourire, pas après avoir dit ça, mais elle pouvait enchaîner, pour lui montrer qu’elle était passé à autre chose et qu’elle allait bien… D’une certaine façon. C’était bien pour ça qu’il avait demandé, non ? En fait, elle était presque d’avoir réussie à cracher la vérité aussi facilement, sans hésiter, sans pleurer et sans la détourner. Elle était peut-être allé un peu vite, mais il n’avait sûrement pas besoin qu’elle s’attarde sur les détails, si ?

- La rééducation a été un peu longue parce que j’ai perdu les deux d’un coup, et j’ai pris un peu de temps loin de Keimoo pour me préparer à reprendre. Je devais le faire en début d’année, mais mon père ne m’a pas laissé revenir tant que la maison n’était pas "adaptée".

De nouveau, elle haussa les épaules, avec un demi-sourire. Son père avait fait beaucoup trop d’effort pour elle depuis l’accident, surtout après tout ce qu’elle lui avait fait subir, mais ça Monsieur Valentine s’en rendait sûrement compte.

Les mains toujours croisées, ses doigts plus intriqués que jamais, elle finit par relever la tête.


- Ça fait plus de deux ans maintenant, Monsieur.
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MessageSujet: Re: Used to rule the world   Sam 3 Sep 2016 - 22:28

-Ideyoshi Kujaku.

Valentine ferme les yeux un instant trop long pour rester naturel. Il connaît ce nom dans le portefeuille de tous ceux qu'il a pu scanner. Il le rallie soudain à cette étudiante, dans un lien qui s'est effacé de ses souvenirs. Il ne peut pas dire qu'il ne connaissait pas cet étudiant ni qu'il se rappelle trait pour trait de son dossier. Il se souvient simplement que lui et Haneko Igarashi n'étaient pas les étudiants les pires de l'école. Le genre de jeunes rebelles en plein essor dans leur propre vie sans mauvaises intention préméditées, fondamentalement.

-Je ne savais pas.

Il ne savait rien en sachant qu'en l'ayant eu dans sa connaissance, rien n'aurait changé, fatidiquement. C'est une terrible nouvelle à assimiler. Il rend le gris de son regard sur cette étudiante qu'il a scanné à plusieurs reprises durant ses années à l'école alors que le souvenir imprécis de cette période continue de troubler ses pensées. Les mots coûtent à la demoiselle et alors qu'elle se fait hésitante, Valentine se redresse pour poser une main sur sa tête. C'est un geste un peu absurde à vrai dire mais c'est la seule chose qui lui vient an l'esprit sur le moment.

-La perte d'un être cher ne s'efface jamais vraiment, n'est ce pas.

Il y a deux ans. C'est si peu et long à la fois. Comment prononcer sa désolation, ses condoléances dans ces mots clichés que Valentine se refuse à dire parce qu'ils ne représentent pas grand chose à ses yeux. Il soupire, retire ce simple contact pour se rassoir comme s'il ne s'était jamais levé. Le claquement résonne et froisse la conscience du directeur adjoint dans cette réalité accablante. Et finalement Haneko était revenue. Il lui fallait bien repartir, aussi cru que ça pouvait sonner.

Le monde a beau vouloir, il n'est rien qui puisse être dit sur le moment.
Valentine garde le silence.

Et puis.

-Comment vous sentez vous.

Pas bien, il le savait.  Il laissait à cette question, le doute de continuer ou pas d'y délaisser d'autres mots. Et pouvoir l'admettre était déjà un pas; elle avait déjà dû le faire en revenant dans ces lieux. Sans son ami, les couloirs ne seraient plus jamais comme avant, les jours n'auraient plus la même saveur. Et jamais elle ne retrouverait la même ambiance si ce n'est pas le biais de souvenir douloureux causées par une absence trop lourde à supporter. Quel nouveau départ, quel motivation changerait ses perceptions pour les teinter d'une autre couleur, Valentine ne le savait pas.

-Que voulez vous faire ?

Ça sonnait la même chose que -qu'allez-vous faire maintenant. Fataliste mais il fallait qu'il l'entende en parler, à défaut de pouvoir lui demander s'il peut réellement faire quelque chose pour elle.

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Haneko Igarashi
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MessageSujet: Re: Used to rule the world   Dim 4 Sep 2016 - 13:00

Elle s’en doutait qu’il ne savait pas, sinon il n’aurait pas posé la question. La remarque était inutile, même si elle finit par comprendre pourquoi le directeur adjoint l’avait fait. Il avait quitté l’école pendant quelques temps et n’avait donc pas eu de nouvelles de beaucoup de ses élèves. Coup sur coup, il venait d’apprendre que deux jeunes gens qu’il avait suivit pendant un moment avaient respectivement perdu la vie et les jambes. Cela ne le touchait sans doute pas aussi directement que si ça avait été lui ou un membre de sa famille, mais c’était toujours un de ses chocs qu’on encaisse un peu comme on pouvait. Absurde ment, Haneko avait imaginé qu’un psy serait mieux préparé pour affronter ce genre de nouvelle, mais il n’y avait pas de réelle raison à cette idée.

Le contact au sommet de sa tête lui sembla aussi une preuve qu’un psy n’était pas plus doué qu’un autre pour gérer le deuil des autres. Il n’est pas désagréable, mais il n’y a rien là qui l’aide réellement à continuer son histoire. Ce qu’elle comprit surtout, c’était l’intention derrière, et c’était déjà pas mal. Une démonstration de soutien comme un autre, c’était surtout comme ça qu’il fallait accepter ce que les gens vous offraient en pareille circonstance. Il y avait les mots, parfois simples et parfois maladroits, les gestes discrets, les regards, les câlins pour les membres de la famille, autant de chose qui ne font que peu ou rien, mais qui transmettent le soutien de l’autre. C’était peut-être leur raison d’être aussi, mais pendant longtemps cela lui avait parut dérisoire. Cette fois encore, cela ne l’aida qu’à terminer son histoire en vitesse.

La perte ne s’effacerait jamais, elle n’avait pas eu besoin de lui pour le comprendre. C’était un fait qui l’avait suivit pendant deux ans, où elle était passé par différents stades, des nuits blanches aux journées vides de sens passées à fixer le vide en se demandant pourquoi on continuait à avancer. Son deuil n’était pas encore fait, elle le savait. Tout ce qu’elle espérait, c’était que même sans s’effacer, cela finisse par s’estomper. Mais chaque fois qu’elle osait avoir cette pensée, un pieu de culpabilité s’enfonçait dans son coeur pour la punir d’avoir osé penser ça. Elle ne voulait pas oublier Kujaku, bien sûr, mais elle voulait aussi accomplir ce qu’elle s’était promis de faire.

Les deux questions successives lui firent froncer les sourcils, particulièrement les problèmes. Elle crut même voir dans l’attitude de son ancien psy qu’il s’était rendu compte lui-même de l’inutilité de la première. Évidemment elle ne se sentait pas bien, pas après avoir raconté ça. Même si elle passait toute la journée à ignorer le sentiment de nostalgie, celui de tristesse ou celui de culpabilité, elle ne pouvait plus les pousser sur le côté quand on lui demandait d’expliquer ce qui s’était passé. La deuxième, elle la comprit mieux ou en tout cas elle en eu l’impression. Il lui fallait bien avancer, mais le directeur adjoint ne pouvait pas être sûre que c’était dans ses objectifs, à moins de lui demander.


- Vivre, finit-elle par lâcher, à mi-voix.

Ses traits bougeaient, un sourire ironique finissant par apparaître sur ses lèvres. Un sourire triste et un peu moqueur, adressé autant au psy qui lui a posé la question qu’à elle qui y répond bêtement.


- C’est un peu cliché, mais je suppose que je n’ai pas trop le choix.

Elle haussa les épaules, fataliste, et tourna le regard autour d’elle. Elle essayait d’englober la salle, et l’académie toute entière. Et Keimoo. C’était un peu sa maison après tout, à elle et à Kuja.

- Je me dis qu’il préférerait que je continue mon chemin. Même pas que je vive pour deux, ou que j’honore sa mémoire. Juste que je continue.

Puis elle revint sur Yui, le même sourire retrouvé.

- Pas les bêtises, si ça peut vous rassurer. Je ne cours plus aussi vite qu’avant.

De l’humour. Très noir. Elle n’y était pas étrangère et se souvenait bien l’avoir employé de nombreuses fois avec son ami, mais cela faisait bien longtemps qu’elle n’en avait pas eu la consistance dans la bouche. Et c’était peut-être la première qu’elle l’employait à voix haute pour se moquer d’elle. Cela avait quelque chose d’horrible, mais d’un peu cathartique. Assez pour lui arracher un bref ricanement.
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Yui Valentine
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MessageSujet: Re: Used to rule the world   Sam 17 Sep 2016 - 21:20

Pour ne rien arranger, Valentine pose un regard grave sur l'étudiante, bien incapable d'apprécier son humour mordant. Un silence, un peu trop lourd de sens, passe.

-Prenez votre temps, finit par dire Yui, ébranlé. -Vous... Vous n'êtes pas seule.

Il fallait lire entre les lignes qu'elle ne devait pas le rester et que s'il y avait quoique ce soit qu'il puisse faire pour l'aider... Et bien elle se douterait de la suite. La vie est un équilibre bien étrange, susceptible de se renverser d'un coup. Elle lui rappelle son caractère éphémère, telle une épée de Damocles suspendue au dessus de sa tête. La perte de l'étudiant Kujaku est une terrible nouvelle, la nouvelle vie que s'apprêtait à entamer Haneko, une autre.

-Depuis quand êtes vous rentrée?

Est ce que vos cours se passent bien, est ce que vous habitez toujours sur keimoo même. Elle avait mentionné son père. Un paquet de questions ne franchiront pas le stade de la pensée mais Yui essayera tout de même de recadrer le contexte de la jeune femme pour comprendre sa situation. Le dialogue entre un étudiant et un personnel ne serait jamais vraiment la même que d'étudiant à étudiant. Il ne lui proposait pas d'aller manger un ramen quelques soirs en sa compagnie, ni de sonner à n'importe quelle heure chez elle pour vérifier qu'elle survive bien, en lui ramenant des courses au détour du quartier pour un repas bien chaud de son absence de talent culinaire. Il ne lui proposerait sans doute pas non plus, une accolade pour la serrer dans ses bras lors des moments de rechute les plus difficile. Seul un paquet de mouchoir pourrait attendre dans son vaste bureau, peut être accompagné de ce regard insupportablement lourd de sens pour témoigner une forme de compassion. Il ne pourrait tenter que de lui faciliter de petites choses de la vie courante, en mobilisant le personnel et de futiles moyens matériels pour simplifier la vie. L'épaule invisible de Valentine, c'était simplement ça. Écouter, avait été après tout sa profession.

Il se renseignerait auprès des enseignants pour rattraper ses années d'absence, se rendre sur les tombes des étudiants décédés ces dernières années et envoyer un mot aux familles, dont la majorité proviendrait du sinistre tremblement de terre. La perspective de voir sur cette pile d'enveloppes celle au nom d'Ideyoshi, bien que deux ans plus tard... Valentine se détourne de ses réflexions.

-Vous me rassurerez aussi longtemps que vous porteront vos prothèses. Est ce que vous continuez la rééducation?

Il n'avait parfois aucune forme, Monsieur Valentine. La transition entre les jambes et les prothèses avait très certainement dû être une autre épreuve supplémentaire dans la convalescence de l'étudiante. Ça aussi, c'était terrible. Revenir la tête haute, c'était certe de la volonté, mais couplée d'une bonne dose de courage. Désormais, Yui Valentine a l'impression d'apprendre à redécouvrir celle qu'il avait l'habitude de recevoir à son bureau avant cet accident. Malgré tout, il lui fallait être certain que la reprise de son ancienne patiente se faisait au moins sans contraintes au sein de l'établissement. Est ce qu'elle est entourée et est ce que la vie extra scolaire lui reste entièrement accessible.

-Je redoute moins vos bêtises que votre santé mentale, et il ajoute,  Malheureusement je n'ai pas encore perdu mes habitudes de psychologue scolaire.

Parce que des questions, il en aurait toujours pour Hanneko Igarashi.

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Haneko Igarashi
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MessageSujet: Re: Used to rule the world   Dim 18 Sep 2016 - 16:25

L’humour n’avait pas eu l’air d’avoir énormément d’effet sur le directeur adjoint, mais cela ne surprit pas vraiment Haneko. Elle avait beaucoup de souvenirs de ses séances avec lui et des diverses convocations qu’elle avait reçu. Elle ne pouvait pas garder en mémoire précisément tout ce qui s’était dit et raconté, mais une chose dont elle était à peu près sûre, c’était que jamais leurs pointes d’humour, à Kujaku ou elle, n’avaient eu l’air de faire le moindre effet au psychologue. Yui Valentine restait imperméable à toute les plaisanteries, comme en témoignait cette fois encore son regard lourd de sens dirigé sur la jeune femme. Comme par réflexe, elle soutint le regard sans un mot, comme elle l’aurait fait des années plus tôt mais pour se rebeller à l’époque. Aujourd’hui,elle savait que ce regard n’était pas vraiment dirigé contre elle, mais inquiet pour elle.

Il en était probablement de même à l’époque, mais elle était trop concentrée sur d’autres choses pour le remarquer à ce moment.

Seule, elle avait bien conscience de ne pas l’être. Peut-être mieux maintenant que jamais avant. Elle savait aujourd’hui combien son père était prêt à faire pour elle, combien sa famille ne pouvait pas l’abandonner, et même si elle ne le voyait pas plus qu’avant, son lien avec Hisamune Igarashi s’était considérablement renforcé depuis l’accident. Elle se savait aussi capable de faire des rencontres à Keimoo, de retrouver des connaissances, des gens qui lui étaient proches ou ceux qui allaient le devenir. Elle ne craignait presque rien à ce sujet. Et pourtant, malgré tout, il manquait un petit quelque chose. Ou un gros quelque chose. Kujaku était irremplaçable, simplement. Et il avait pris une place tellement importante dans sa vie qu’il lui arrivait de se sentir seule même quand elle était entourée. Cela ne l’avait pas surpris, elle avait même appris à le supporter depuis quelque mois, et à continuer de sourire malgré tout.

Ce n’était pas le genre de chose qu’elle était prête à raconter à n’importe qui, même un directeur-adjoint qui avait déjà servi de psychologue. Elle préféra plutôt attendre la prochaine remarque pour répondre à voix-basse.


- Depuis la mi-juillet, monsieur.

Ce n’était pas très conventionnelle comme date de rentrée et c’était très tardif, mais elle avait refusé catégoriquement d’attendre encore l’année prochaine quand son père avait retardé son retour à Keimoo. Elle allait rentrer cette année ou ne rentrerait pas. Résultat, elle avait obtenu des cours datant de l’année dernière d’une autre élève pour se préparer à revenir en plein milieu des mois d’été. De fait, elle n’aurait pas bien longtemps à attendre avant les prochaines vacances, ce serait peut-être un avantage pour reprendre le rythme de façon naturelle.

Elle s’attendait à un certain nombre d’autres question mais le directeur adjoint resta étonnamment sobre et se contenta de lui demander si elle continuait la rééducation. Une question à laquelle elle n’avait pas souvent droit : les rares personnes qui osaient l’interroger sur ses jambes assumaient que la rééducation était terminée puisqu’elle marchait presque parfaitement. Pour le prouver à son ancien psy, la jeune femme se redressa et fit quelques pas dans le rang à côté de son bureau. Elle pivota ensuite sur elle-même pour lui faire face, sa jupe noire virevoltant au-dessus de ses prothèses à l’aspect de porcelaine.


- Elles me portent plutôt bien, mais je retourne voir mon ortho-prothésiste régulièrement. Pour vérification et exercice. Je prends soin de mes jambes, monsieur.

Haneko n’avait pas put s’empêcher de se sentir un brin vexée, comme s’il supposait qu’elle ne prenait pas son traitement à la légère. Comme s’il l’a traitait encore comme l’enfant idiote qu’elle avait été. L’impression ne s’arrangea pas quand il annonça ouvertement se soucier avant tout de sa santé mentale. Il était peut-être psychologue mais il ne devrait pas être en droit de la mettre en doute ainsi. Quelque part, la jeune femme savait qu’il n’y avait aucun mal à ça, qu’il ne faisait que s’inquiéter pour elle et qu’il avait même probablement raison. Mais il y avait encore de nombreux points sur lesquels elle ne savait pas être raisonnable.

- Je vais très bien, monsieur, affirma-t-elle en se tapotant la tempe. Promis, je viendrais vous voir si je commence à divaguer.

La tristesse s’était très vite envolée, ou plutôt elle l’avait très vite mise de côté pour se concentrer sur autre chose. Une méthode comme une autre, selon elle.

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