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The Future is like a puzzle with missing pieces: difficult to read, and never, never what you think.
 
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 On the shore [Zakuro]

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Aslinn Eadhra
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MessageSujet: On the shore [Zakuro]   Jeu 18 Aoû 2016 - 19:53

Je voulais aller à la plage.
Au passé. Parce qu’il pleut.
Je veux encore aller à la plage. Mais il pleut toujours.
J’ai vraiment envie d’aller a la plage.

Je soupire.
Sortie un peu plus tôt dans l’après midi pour aller m’acheter du thé, j’ai fini devant ces publicités pour des voyages sur des îles paradisiaques. Il fait beau sur ces photos. On se croirait en Irlande tellement il pleut ici. Et encore. Ce n’est même pas le petit crachin habituel d’Irlande. Ici, il pleut tellement que ça en devient violant. Pourtant, ces photos m’ont vraiment données envie d’aller à la plage. Je sais où est la plage de Keimoo, pour y avoir été avec Hisaka il n’y a pas si longtemps que ça. Je pense que je serais capable d’y aller toute seule. Je veux dire, d’y aller toute seule sans me perdre. Mon sens de l’orientation légendaire devrais au moins me laisser aller a la plage.

Autre soupir.
Mais pas de moi ce coup-ci.
Le caissier me rappelle sont existence. Oui, c’était rapide de passer une boite de thé sur sa machine ;  mais c’était un délais suffisent long pour que mes yeux s'accrochent aux affiches mises sur les portes, avant la sortie. Je me reconnecte aussi rapidement que possible. Trois fois qu’il me répète le prix. Je lui lance un regard assassin. Tais-toi et écoute la pluie.
Il se fiche éperdument de mon regard, attendant simplement que mes mains se décident à sortir l’argent que je lui dois. Être vendeur dans un konbini est lassant au point de finir blasé même face à toute la mauvaise humeur que je peux mettre dans mes yeux ? Ils sont explicites pourtant.
Pendant un instant j’étais dans ces affiches. Lui m’en sort cruellement pour me demander de le payer. Triste réalité des choses. J’étais mieux ailleurs.
Je sors mon porte feuille de mon sac a dos, et lui paye son du. Puis la boite de thé et le porte-feuille se retrouvent côte à côte dans mon sac. Tant pis pour eux s’ils ne s’entendent pas, ils vont devoir partager cet espace jusqu’à ce que je rentre chez moi, à l’internat. Et puis pourquoi est-ce qu’une boite de thé et un porte-feuille ne pourraient pas s’entendre ? Si ça se trouve ils seront devenus tellement pote que quand je voudrais les sortir de mon sac, ils seront inséparables.
Je sors du konbini.

Il pleut.
J’avais presque oublié. Une pluie chaude du mois d’août. C’est toute l’eau que le soleil avait volé à la mer qui nous est rendue. Il en avait pris beaucoup. Il nous en tombe tout autant dessus. Je n’arrive même pas à être exaspérée par ce fait. J’ai l’impression de m’être déconnectée. Je n’aurais sûrement rien fait de ma journée si je n’avais pas fini mon dernier sachet de thé ce matin. Et dire qu’il me faut la motivation d’une boite de thé sans sachets de thé à l'intérieur pour commencer à faire quelque chose de productif de mes journées.
Il pleuvait déjà quand je suis partie de l’académie pour marcher les cinq minutes qui me séparaient du magasin. Il pleut toujours après les cinq minutes qu’il m’a fallu pour trouver ma boite et la payer. Rien n’a changé.
Au détail près que maintenant j’ai du thé.
Ah.
Et puis j’ai envie d’aller à voir la plage aussi.
Je vais y aller. Je n’ai rien d’autre à faire de toutes façon.

Je ne suis pas certaine de la direction dans laquelle je vais, mais en tout cas, j’y vais. La pluie continue de tomber. Peut-être j’aurais du prendre un parapluie. Enfin. Au point ou j’en suis ça ne changera pas grand-chose. Mon short en jean, mon t-shirt avec un œuf sur le plat imprimé dessus, mes Dr. Martens. Je suis parfaitement accoutrée pour résister à la pluie. Je soupire pour moi même une fois de plus. La pluie ruisselle sur mon visage, coulant jusque dans mon coup, mouillant mon T-shirt. Mes cheveux gouttent sur mes épaules, mes cuisses dégoulinent. J’espère juste que la pluie n’abîmera pas mes chaussures ; le reste, je m’en fiche. Ah, et aussi que le thé ne va pas commencer à infuser dans mon sac mouillé. Ça serais dommage.

Mes pieds continuent d’avancer sous la pluie ; le reste de mon corps ne fait que suivre le rythme. Je vais vers la plage. Peut-être que si j’avais pris le tram, ça aurais été plus rapide, mais je n’ai pas envie de prendre le tram. Je crois que j’aime bien la pluie sur le coup. L’odeur de poussière soulevée par l’humidité, mélangée à l’ambiance lourde d’un ciel couvert en train de nous tomber dessus est assez agréable je trouve. J'ai l'impression d'être prise dans l'étreinte réconfortante de la pluie. Je sens l’eau se glisser partout au fur à mesure que j’avance. Mes boucles alourdies par l’eau tombent de plus en plus bas. Je sens une goutte se glisser entre les clavicules,pour finir absorbée par le col de mon t-shirt.

La mer est là. Devant moi. Une ambiance radicalement différente de celle qu’il régnait quand nous sommes venus pour prendre des photos avec Hisaka. Il n’y a personne. Juste le sable et l’eau. Que ce soit l’eau de la pluie, aussi bien que celle au goût de sel de la mer, tout n’est qu’eau et humidité. Quand j’avance sur le sable, les semelles de mes chaussures n’en soulèvent pas un grain. Mouillé, compact, le sable ne volera pas aujourd’hui. La mer est basse. Elle semble avoir fuit les installation des hommes pour se retirer sur l’océan. Je suis comme elle à ce niveau. J’ai préférer quitter l’espace de l’académie, l’espace de ma chambre, pour venir me retrouver seule face à la mer.

Seuls à deux.
Il y a ce type la-bas. Assis en tailleur sur la plage, lui aussi a voulu venir dire bonjour à la mer.
Sans vraiment que je ne leur demande de le faire, mes pieds décident d’aller le voir. Pourquoi ? Alors que j’étais en train de considérer la tranquillité dans le fait de ne pas être entourée par l’humanité ? Une impression de déjà vu. J’ai l’impression que la perspective me joue des tours au fur à mesure que j’approche. Je suis encore loin, mais il m’apparaît déjà grand.
J’arrive à coté.

D’abord de coté, je vois ses boucles. Une véritable crinière. Puis, je considère le fait qu’il soit vraiment grand. Tout est trop grand sur lui.
Je me place finalement juste devant lui. Je monte mon pied pour venir le placer sous sa mâchoire et fait remonter sont visage. Je plante mes yeux dans les siens.

Non.
Non non non non non non non non.
Non.

Quelque chose explose dans mon ventre.
Je fini de remonter mon pied d’un coup, dans le but de faire partir sa tête en arrière.  Je connais ce type . C’est le visage du japon. La première personne avec qui j’ai fait connaissance au japon. Ma première envie de meurtre du japon.
Je ne voulais pas revoir cette tête là.

Je le regarde d’en haut. Lui assis, moi debout,mes positions sont inversées. Mon regard transmet tout le mépris dont je suis capable de faire preuve.

-La gare…

Ma voix se brise. Trop de haine qui remonte d’un coup. Trop de fatigue. Trop de colère. Trop de rage. Trop de tout.

Je me baisse pour mettre mon visage a vingt centimètres du siens ; posant ma main sur sa figure. Mes doigts s’enfoncent aussi profondément que possibles dans les joues. Je sens sens ses pommettes, le creux de ses joues, le début de sa mâchoire.
Si je le pouvait, mes doigts seraient déjà passés au travers de sa peau.

-HOW DARR YU ABANDON’ME

Toute la rancœur que j’accumule depuis des mois a son égard lui est finalement crachée à la figure. Fixant sa rétine avec plus que de de l’insistance, je voudrais voir un trou se créer au milieu de son crane rien que grâce à la force de mes yeux.

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MessageSujet: Re: On the shore [Zakuro]   Jeu 18 Aoû 2016 - 20:51

    Tigre.


    Jouons à un jeu.

    Les lèvres serrées, il s'agit de ne plus manger.
    Le regard déporté vers le loin, à contempler le sombre étalage d'un ciel qui s'étend au dessus d'une mer frappée par la pluie. Il pleut depuis trop longtemps, et mon corps se rouille. Les pierres dénudées dans le sable s'aventurent à se dévoiler comme des osselets blancs, exhibés par la marée basse.

    Il a les doigts perdus dans le sable. Sa conscience est envolée vers l'horizon, et son corps, en point d'accroche, est resté alourdi sur la rive, pour ne pas se laisser aller à l'abandon. Comme une statue de sel, transfigurée sous un vent qui l'érode. Les traits délaissés de toutes expressions, il n'y a pas d'émotions, ni sur sa face, ni dans ses yeux. Un amas de grains de sel, et le jeu de ses phalanges est trop lent pour qu'on lui accorde l'attention d'une véritable distraction.
    Il réfléchit.

    Ouvert sur un ciel de plomb, le temps est contracté, utérin, en une dilatation des yeux. Les prunelles ouvertes et fixes, en un regard ébloui, le visuel ne porte pas ailleurs que sur l'introspection. Les effluves marins, portées sur une brise silencieuse, viennent secouer les mèches noires, et il ferme les yeux, pour ne pas avoir à contempler le vent. L'instant n'est pas estival, l'instant n'est pas existant, et sous les contrecoups des aiguilles qui ne tournent plus pour lui, il observe le silence de sa propre présence.

    Je suis un moment.

    Les lèvres serrées, sur des jours qui passent, il s'agit de boire litres de thé sur litres de thé. À t'en assécher le ventre, à t'en griffer la gorge. Pour ne plus posséder mon corps, pour ne plus avoir mal, pour ne plus avoir bien, pour ne plus ressentir, et simplement laisser aller tout ce qu'il y a abandonner. Je murmure le vent, et je siffle le silence. Les yeux fermés, je voudrais me laisser tomber en arrière, et oublier que je possède des viscères. Oublier mon nom, oublier mon corps, devenir un rocher, et dans une anorexie complète de l'être, ne plus rien nourrir, ne plus affecter mon existence, et dans une contingence que je réclame, ne plus appartenir au présent.  

    Zakuro en substitution à lui-même.
    Il respire.

    Des moments évaporés, des personnalités qui se perdent sous les brouillards vaporeux, et ses yeux suivent le reflet plombé d'un ciel anthracite, assombri. Le monde lui paraît étrange, sans qu'il ne s'en passionne réellement, et les vêtements mouillés par une pluie qui tombe trop fort, trop partout, trop lourdement, il se sent fusillé par des éclats de ciel.

    Tu as l'air fatigué.
    Il secoue la tête. Pas vraiment.

    La mer se prélasse, le dédaignant. Comme un animal méprisant un autre, elle arrondie son dos, et vient lécher les rives, embrassant la plage noire, évidée. Zakuro a senti une personne, mais n'a pas cherché à tourner la tête, pour la regarder. Il ignore le monde, il s'ignore lui, et il ne se concentre que sur ce point noir, qui flotte à la dérive, comme un noyé porté par l'eau. Il rêve peut-être un peu, halluciné par rapport à un silence trop assommant. Un silence de son corps, de son coeur, de son âme. Il ne sait plus vraiment où il en est, et les batteries à plat, il est immobile, à récupérer, du bout des doigts, un galet blanc, qui vient se ficher dans sa main comme une attirance amante. Il s'enfonce, lentement, sous l'eau. Sans bouger, sans que l'espace ne soit modifier, il laisse sa conscience partir à la dérive, puis, submergée, couler. Il la laisser s'enfoncer, dans un nuage de bulle et de noir, et elle ne respire plus, l'eau écrasant tout de sa pression. Le point noir, dans la réalité, se rapproche lentement, et d'ici quelques temps, Zakuro se lèvera pour aller l'identifier. Pour l'instant, il s'agit de ne pas se réveiller, et de se laisser bercer par les flots d'une pensée immergée.
    J'ai la sensation, parfois, que tu as les yeux vides, les prunelles silencieuses, et le sourire muet.
    Est-ce que je me trompe ?

    Des reflets d'eau, les poumons douloureux, et mon esprit en sublimation, je considère l'espace.
    Il est perdu, et la personne qui vient se pencher sur lui n'est pas celle espérée. Trop de couleur, trop de détails inutiles, trop de bruits, pas de sourire, pas de blanc, pas d'ailleurs, pas de lui. Je voudrais hurler ton nom, tu sais ? Tu n'es pas là pour l'entendre. Tu n'es pas là, tout simplement, et le vent est tombé.

    Agression, violation, Zakuro suffoque.
    On brise son équilibre désespéré, on piétine son zen évicié, et l'oxygène bourdonne, le monde étranglé, il s'enfonce sous l'eau, comme un poids mort. Son cerveau hurle, et son bras, cataracte aveugle à sa perception, vient former une parabole prédatrice. La pierre dans sa main, il vient frapper le crâne de la rousse.

    Eclat brutal du minéral qui vient éclater contre le pariétal, l'os semble résonner, dans un murmure de violence trop offert, trop exalté. Il l'a renversé au sol, d'un mouvement, et la pierre est rougie par une plaie ouverte. Les yeux dardés sur elle, redressé lentement au dessus de son corps projeté dans le sable, tout en lui clame le refus d'être en contact avec l'humanité. Il est vibrant de rage, et sa voix porte en des modulations gutturales, cassées par sa fureur détraquée.

    « Ne me touche plus. »

    Les doigts refermés sur la pierre, il se sent noyé de l'intérieur, comme un robot défait par les mécanismes de son déterminisme imposé. Il a fermé les yeux sur les règles, sur les définitions et les étalages de sa propre constitution. Ne subsiste qu'un instinct, clair, gelé, d'une colère qui provient du ventre. Une humanité qui se révolte, qu'il veut déchirer de ses mains.
    Il est gigantesque au dessus d'elle, et le galet n'est que dérisoire. S'il le voulait, il la détruirait complètement, à mains nues, et ce jusqu'à l'effacer de la surface de la Terre. Ses yeux sont chargés d'une haine impalbable ; celle que, depuis tout à l'heure, il tente de raffréner en lui-même. Comme une digue brisé, une porte volant aux éclats, il doit se calmer.

    Ne me touche plus ou je te tue.
    Les yeux posés sur elle, c'est une menace écrite en lettre de sel, et de sang.

    Je commence à confondre les mouettes et les corbeaux.

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MessageSujet: Re: On the shore [Zakuro]   Ven 19 Aoû 2016 - 2:19

Il y avait la pluie.
Il y avait la rage.
Il y avait ses yeux.

Puis, la souffrance explose.
Je hurle. Tout l'air de mes poumons est expulsé d'un coup, pourtant, la douleur elle, reste. Je n'ai plus d'air pour crier, mais le cri perdure. C'est un bruit sans fin qui continue de résonner dans ma tête. Ça vibre.  Mon crâne vibre. Mais la vibration est tellement rapide qu'elle en deviens continue. Je tombe. C'est une chute vers le néant,  une chute sans  fin. Prise dans la spirale de la souffrance je ne sais plus où je suis, qui je suis, ce que je suis. Je ne sais plus rien. Juste, je tombe droit vers les enfers.

Puis l'explosion s'arrête.
Il ne reste plus que sont souffle. Le néant est remplit par le silence. La vibration s’est arrêtée. Le premier son à rompre le silence est celui de mon cœur. Je l'avais oublié lui. Il s'était arrêté ?  Ou c'est moi qui ne l'entendais plus ? Je n'en sais rien. Ça pourrais être l'un ou l'autre. Ça pourrais être les deux.
Le deuxième son est accompagné du premier mouvement. Je respire. Ma cage thoracique s'ouvre en grand, mon diaphragme se détend. Mes poumons se remplissent d'air à nouveau, relançant ainsi la machinerie de mon corps.
Le sang reviens, l'air reviens.

Mon corps n'est plus que sensations. Je ne vois rien, je n'entends rien. Mais je sens tout. D'abord les sensation internes. Puis celles externe. D'abord mon cœur, puis la pluie. D'abord mes poumons, puis le sable. Il y a quelque chose que j'oublie.

Mon crâne hurle à nouveau.

Il y a des choses qu'il ne vaut mieux pas oublier. La courbe suive par le galet se retrace sous mes paupières. Ma respiration s'accélère. J'aspire du sable.

Je tousse en m'en arracher la gorge. Le sable est contre mes joues, je ne suis qu'un déchet jeté sur la plage. Tous mon poids reposant sur mon épaule enfoncée dans le sable, la figure cachée dans le même milieu, mes muscles sont lourds. J'ai l'impression  que la pluie est en train de les faire fondre, mon corps ne répond plus.

Ouvre les yeux.
Les muscles de mon visage ont fondu aussi. Mes yeux ne répondent plus. Mes paupières ne répondent plus. Aucun de mes muscles n'accepte de répondre.
La douleur est partout. Elle monopolise mon corps dans son ensemble, je ne peux rien faire pour quitter son étreinte. Il faut que j'arrive à ouvrir les yeux. Il faut que j'arrive à bouger. Il faut que me corps redevienne à moi.
Bouge.
Bouge bouge bouge.  

Douleur.
Un fois de plus, mon crâne explose. Le simple fait de vouloir le bouger à fait ça ? Un cri sourd résonne une fois de plus dans ma tête. Mais ce coup-ci mon corps répond.

Mes yeux, au lieu de s'ouvrir, ne se ferment qu'en plus intensément. Comme si refuser de regarder la réalité allait diminuer la douleur. Mon corps entier se contracte. Chacun de mes membres rejetés précédemment se rapproche pour venir se poser autour de moi. Le sable râpe chaque parcelle de peau dénudée. Ainsi mise dans une position fœtale, je laisse mes mains remonter jusque sur mon crâne.  

C'est chaud. C'est visqueux.
J'ai mal. Beaucoup trop mal.
Mes yeux s'ouvrent. La pluie se mélange aux larmes qui coulent le long de mes joues. Devant moi il n'y a que le sable. Le sable rouge.

Je crie.  

La dernière fois que j'ai laissé sortir mon sang, c'était.... c'était
Mes pensées se connectent, mon esprit hurle à nouveau. Pourquoi est ce que ce images se superposent maintenant ? Pourquoi ? La rage ne suffisait pas ? La douleur ne suffisait pas ? Il fallait absolument y ajouter le dégoût, la peur, et la passion ?
J'ai mal. Beaucoup trop mal.
La sable rouge devant les yeux, mes doigts qui se réchauffent dans mon propre sang ; quelque chose se brise dans mon esprit.  

La force revient. Mon corps bouge. Je lâche mon propre crâne, pour finalement remonter le dos et contempler mes mains. Elles sont rouges.  Rouges de moi.

Ne me touche plus
Mes yeux remontent de mes mains à ses son regard. Bleu. Comme le ciel. Pourtant aujourd'hui le ciel est gris. C'est pour ça ? Tu ne pouvais plus observer le monde alors tu m’observe moi ? Dans ce regard que je pose sur lui, il y a toute la terreur qu'il m'inspire.  Toute la fureur aussi. A un moment, équilibre entre les deux cédera, et il n'y aura plus que l'un ; ou l'autre.

-Tu

Peur.

-Tu

Haine.
Je sens ma tête tourner. Ne tombe pas. Je n'ai pas le droit de retomber. Je suis bien assez petite avec lui debout et moi assise. Je sens mon sang couleur le long de ma tempe, avant de venir ruisseler dans le sillon de mon œil, réduisant mon champs de vision à du rouge. Comme si le sang n'était pas déjà suffisamment omniprésent, il faut qu'en plus il vienne devant mes yeux pour me forcer à observer sa présence.  
Je me relève.

Chaque parcelle de mon corps me fait mal, chaque mouvement lance un peu plus la blessure que j'ai au crâne. Mais je dois bouger.  Mes genoux craquent, mes vertèbres se déroulent.
Je l'observe lui. J'ai peur.
Mais quelque chose en moi c'est cassé. Je suis vide. Aussi vide que mon regard.  La peur effacée par la haine. Mais deux forces égales s'annulent, et la haine à effacé la peur. Il n'y a plus rien. Juste un équilibre qui laisse place au vide.

Je m'approche de lui alors que tout son être me crie de m'éloigner. Glissant une fois de plus ma main entre les cheveux, la où le sang se fait abondant, je retire des doigts écarlates de mes mèches.  J'observe cette couleur. Du rouge. Au milieu des couleur ternes de la pluie, il y a du rouge. Mon visage remonte pour lui faire face.
Rage.

- AS IF

Je franchi d'un pas la distance qui nous séparait, venant plaquer ma main contre son torse. Ma puissance face à son corps est ridicule, mais la marque rouge laissée sur ses vêtements est bien réelle. Je reprends ma main pour moi avant de cracher une fois de plus ce qui se passe dans min esprit.

- HAVE YU GONE MAD ? IL Y A QUELQU'UN POUR ÉTABLIR LES CONNEXIONS ICI ? OU ALORS TU VEUX VRAIMENT ME TUER ?  

Ma voix se brise, faiblissent sur les dernier mots..

- vous me tuerez tous, un part un. Je me rèveillerais à chaque fois.

Je pleure. Il n'y a plus rien qui puisse arrêter les pleurs, de même qu'il n'y a plus rien pour stopper le sang qui s'échappe de ma tête. Qui est tu pour vouloir me tuer ?
Je sens un vertige venir. Je perds du sang, trop de sang.

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MessageSujet: Re: On the shore [Zakuro]   Ven 19 Aoû 2016 - 2:53

    Plumes.



    Sa main qui vient se déposer sur ton torse, et tu prends cela comme ça l'est. Une provocation, une agression, un contact que tu réfutes, que tu ne supportes pas. Lâchant la pierre, tes doigts volent, et tu viens la claquer, pour la repousser. Elle tombe, tu considères l'idée de te jeter sur elle, de la déchirer, mais tu n'en fais rien. Tu as reculé, de deux pas, et la poitrine étranglée en un souffle qui ne reprend pas, tu la considères, avec toute la rage du monde dans le coeur, et pourtant, tu es hébété.

    Les yeux ouverts, le souffle précipité, il a le regard enfiévré, et l'attitude d'un fauve qui se prépare à tuer. Une apparition détraquée, il a perdu la boussole de ses propres idées, et il recule, encore, pour contempler le vide d'un être humain décharné, dont les couleurs trop rubicondes lui donnent envie de vomir. Il titube, le temps d'un frisson, et se détourne, sans plus lui accorder un regard. Elle a hurlé, elle a questionné, mais il n'a rien à répondre à cela.

    Et mes yeux sur la trace de sang apposée au milieu de mon torse, je me sens tomber dans un canevas trop vierge, un précipice déjà comblé.

    Du bruit, des vagues, de la pluie et la perception trop sauvage de ne pas appartenir à la réalité, je contourne les galets, pour tracer une demie lune, et mes yeux embués, je viens essuyer mes poignets contre mes paupières, pour ne pas avoir la sensation de pleurer pour rien. Je ne sais même pas ce qui ne va pas, je ne sais même pas ce qui se passe, mais j'ai la sensation que tout est cassé, que plus rien ne marche, et d'être enfoncé dans une bulle qui ne veut pas éclater.

    Je respire. Je respire.

    Il vient plaquer ses mains sur son visage, et sous ses paumes, son souffle est sifflant, comme celui d'un animal blessé à mort. Il respire, tente de se calmer, de se rassénérer, ou peut-être de se consoler, mais le corps agité par un frisson trop violent, il a l'air sur le point de fondre en sanglot. Du sable et du sel dans ses cheveux, sur le bout de ses doigts et, quand il rabaisse ses mains, des traits minéraux tracent des sillons exigues sur les angles de son visage.

    Ne me touche pas.

    Il voudrait hurler, pleurer, rugir. Il n'a même pas la force de parler. Il dispute son air au vent, et ses murmures balancés du coin des yeux sont une ombre qu'il peine à extirper hors de sa gorge. Des fantômes de soupirs filtrent entre ses lèvres, et Zakuro marmonne.

    « Dégage. »

    Elle est venue le chercher pour lui faire la morale, pour lui parler d'histoires dont il n'a rien à faire. Les yeux gelés, tout autant que son intérieur, avec cette impression de ne plus savoir comment respirer, il a oublié son nom, il a même oublié qu'il l'avait déjà rencontré. Ne lui apparaît en elle que le visage flou, les formes désabusées d'une agression qui vient l'épouvanter. Il ne sait pas tuer les petites filles, mais les monstres sur la plage sont des ennemis à éliminer.

    Je suis un oiseau en papier.


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MessageSujet: Re: On the shore [Zakuro]   Ven 19 Aoû 2016 - 11:11

Son bras de détend, son poignet se tord.
Je vole.
Dire que j’ai toujours voulu savoir ce que ça faisait de voler ; je ne pensait pas que ce serais aussi douloureux. Ma tête par en arrière, ma nuque se brise. Pendant quelques instants, mes pieds quittent le sol. J’aurais du m’envoler. Mais mes ailes ne se sont pas déployées aujourd’hui non plus. Je retombe lourdement sur le sol. Qu’est ce que j’ai fait ?
Je sens le flux chaud qui s’échappe de ma tête redoubler de vigueur. Je la laisse reposer dans le sable.
Qu’est ce qui m’arrive ?
Je déglutis et laisse s’échapper un sanglot. Les larmes se mêlent au sang.
Mon corps ne bouge plus. Mon corps ne bougera plus. La douleur sur ma tête s’intensifie. Je m’agrippe au sable. Je me sens glisser ailleurs. Le sable ne retient rien. Poignée humide, il s’échappe d’entre mes doigts pour me laisser chuter dans l’inconscience. Je ne veux pas tomber.  Je tente de garder les yeux ouverts ; je veux rester consciente. Qu’adviendra t’il de moi si je me laisse sombrer ? J’ai peur pour mon corps si je ne suis plus la pour le protéger. Mais qu’est ce que ma protection si je ne peux même pas me faire bouger moi-même ? Les larmes m’empêchent de respirer, je force l’air à passer jusqu’à mes poumons. Ça fait mal. Tout fait mal. Vivre fait mal.
Pourquoi ?
Je force un sanglot à laisser passer de l’air. J’ai la tête qui tourne un peu plus. Il me faut plus d’air. Il faut que le sang s’arrête. Mais je n’aurais aucun des deux.

Je remonte le dos de quelques centimètres, m’appuyant sur mes coudes ; mais c’était inutile.
Ma tête ne tient plus sur mes épaules. Je crie ma douleur au monde. Mais le monde ne m’entends pas. L’ensemble de mon être retombe mollement dans le sable. J’ai mal. Beaucoup trop mal.

Tout est flou depuis longtemps. Cachés par mes larmes et le sang, ça fait longtemps que je ne vois plus rien. Mais je voyais encore le jour. Quand ma tête retombe dans le sable ce coup-ci, tout deviens noir.

Dégage
Qui parle ? Ce n’est qu’un écho lointain prononcé par mes souvenirs. Comme si je pouvais. Mon esprit se tait.

Les battements de mon cœur résonnent dans ma tête, ma respiration n’est plus qu’un sifflement irrégulier.

Tout n’est plus que ténèbres et douleurs. Mon corps ne réponds plus. Mes yeux ont arrêté de voir. Bientôt tout s’arrêtera et je sombrerais. Il n’y aura plus personne pour dire à mon cœur de continuer de battre. J’ai peur.
J’ai l’impression qu’une à une, chacune des connexions qui s’établissait dans mon cerveau est en train de rompre. D’abord celle qui disaient à mon corps comment bouger ; puis celles qui établissant la cohérence. Puis les souvenirs disparaissent un par un. Je ne sais plus où je suis, pourquoi j’ai mal et ce qui c’est passé. Lentement, tout en moi succombe à la douleur ; et bientôt il n’y à plus rien d’autre que le vide pour remplir mon être.
J’ai mal.
Puis, plus rien.

Étendue à même le sable, les yeux désespérément ouverts pour fixer l’être devant elle ; elle ne le voit pourtant pas. Les paupières finissent par tomber.

dégage.

Oui, elle est partie. Il ne reste plus que son corps. Il vit encore, mais la conscience n’est plus la. Rien que enveloppe charnelle, livrée à elle-même ; seul liens à la rattacher encore à la vie. Le sable continue de rougir autour de son crâne.
Elle a perdu du sang. Trop de sang.

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