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The Future is like a puzzle with missing pieces: difficult to read, and never, never what you think.
 
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 Turn on the light [Satoshi]

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Aslinn Eadhra
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MessageSujet: Turn on the light [Satoshi]   Sam 13 Aoû 2016 - 14:52

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Quand j’arrive devant Keimoo, tout est sombre. Les quelques lumières allumées ne suffisent absolument pas repousser la nuit. Nuit qui m’effraie. Je ne me sent pas bien. Je ne sais pas ou aller. Je ne peux pas aller voir le concierge et lui demander de m’ouvrir dans cet état. Il est bien trop tard, et il va poser des questions auxquelles je n’ai pas envie de répondre. Je me dirige tout de même vers l’internat. Ma chambre est au rez de chausser. Je peux voir ma chambre a travers la vitre. Le store a moitié baissé me laisse voir Aëlynn qui dors. Je pourrais la réveiller. Lui dire de m’ouvrir.
Je n’ai absolument pas envie de la voir elle. C’est blonde venue s’installer chez moi m’énerve. Elle aussi va poser des question qui vont tout simplement me donner envie de la frapper elle aussi.

Dans un dernier soupir, je m’éloigne des cet internat. Je vais aller dans les sanitaires. Eux devraient être ouverts.
Me  dirigeant vers les plus porches, j’appuie sur interrupteur en entrant. La lumière m’éblouit un instant. Les ampoules sont bien trop violentes avec moi. Je passe devant les miroir. J’ai une tête a faire peur. On dirait que mes cheveux ont pris feu. Entre le roux habituel et le jaune de la lumière, le bordel dans lequel il se trouvent actuellement leur donne vie. Ils font peur eux aussi. Mon visage est dans un état lamentable. Mes yeux sont rouges, injectés de sang, soulignés par des cernes creusée ; j’ai les joues creusée, et le sang séché au bord de ma bouche ne fait que renforcer cet aspect violant que prend ma figure.
J’appuie sur le bouton qui déclenche l’arrivée d’eau, avant de complètement mettre la tête sous l’évier.  Ça fait du bien. Beaucoup trop de bien. Je reste sous l’eau jusqu’à ce qu’elle arrête de couler, puis me redresse. Je suis trempée. Mais l’eau m’a fait du bien.  Je ré-appuie pour lancer a nouveau l’eau. Ce coup ci, j’utilise mes mains pour frotter mon visage, faisant partir le sang qui n’était pas encore partis. Je prends de l’eau dans ma bouche aussi, la nettoyant du sang qui y stagnais depuis tout à l’heure, puis je recrache.
La plaie dans ma bouche a arrêté de saigner. Je reprends de l’eau, mais pour boire ce coup-ci.
J’essore mes cheveux, avant de reculer et me laisser glisser contre le mur de derrière.
Soupir.
C’est calme. Trop calme.
Et s’ils m’avaient suivie ? Si en fait ils se tapissaient dans l'ombre, attendant que je sois dans un endroit dont je ne pourrais m’échapper ? Les sanitaires. Quoi de mieux pour venir me violer ici. Personne n’entendra, tout le monde dors, et c’est facile de bloquer la seule issue de représente l’entrée.

La lumière s’éteint.
Je hurle.

J’ai cru que mon cœur allait s’arrêter. Maudits soient les interrupteurs automatiques. Je me relève pour retourner appuyer sur le bouton. Mon cœur ne tiendra pas si toute les cinq minutes je me retrouve dans le noir. Mais je ne sais pas ou je peux aller. Retournant m’appuyer sur le lavabo face au miroir. Quand je plonge mon regard dans le reflet de ce dernier, c’est tous les éventements qui me défilent devant les yeux, avec ce qui c’est passé, et ce qui aurais pu se passer. Je vomis encore un fois.
Il faut que je me reprenne. Je croise une fois de plus mon regard dans le miroir. J’ai l’impression d’être en train de me juger moi même. Je relance l’eau, pour faire partir ce qui je viens de cracher dans le lavabo, avant de me rincer la bouche. Je n’arrive pas a complètement faire partir le mauvais goût, mais c’est toujours mieux que le goût de fer de tout à l’heure qui ne faisait que me rappeler les coups que je me suis pris. Ma joue et mon ventre me lancent encore ; mais le pire reste cette impression de trace à chaque endroit ou ils ont posées leurs mains.

Il ne faut pas que je reste seule ici. Je vais juste continuer a ressasser ce qui vient de m’arriver, m’enfonçant de plus en plus dans l’horreur des hypothèses que formule mon esprit pour ce a quoi j’ai échappé.
Je n’ai pas envie de retourner dans ma chambre. La compagnie de ma coloc n’est absolument pas celle que je cherche.  Je sais parfaitement qui j’ai envie d’avoir près de moi. Mais je ne veux pas non plus qu’il me voie dans cet état. Je remonte une dernière fois les yeux vers mon propre reflet. Est-ce que j’ai encore la tête de tout à l’heure ?
Non. C’est déjà beaucoup mieux. Les ombres violacée sous mes yeux ont disparues, de même que mon regard est bien moins rouge. L’eau froide m’aura vraiment fait du bien. Avec la chaleur qu’il fait, mes cheveux ont déjà bien commencé a séché. Je retourne m’appuyer contre le mur, retombant assise encore une fois. Je veux aller voir Satoshi. J’ai besoin d’une présence réconfortante. Mais je ne sais pas s’il va se douter de ce que je viens de vivre. Je ne veux pas l’inquiéter. Il n’a pas besoin de savoir. Je soupire.
La lumière s’éteint encore une fois.
Je sursaute, mais ne crie pas ce coup-ci. Je reste un instant dans le noir. J’ai l’impression d’être observée, que quelqu’un me guette. Je sais pertinemment qu’il n’y a personne. C’est juste la nuit qui me juge. Je me relève pour appuyer une fois de plus sur l’interrupteur. Si je reste ici je vais devenir folle. Il faut que je bouge. Ça ne me ressemble pas d’être aussi faible. Depuis quand je me laisse dépasser par les événements comme ça ?
Je me prends le visage entre les mains, soupirant une dernière fois.
Allez, bouge toi.

Je remets mon dos droit, faisant craquer mes vertèbres jusqu’à la nuque. Je vais aller voir mon blond. Sa présence me calmera. Et s’il demande ce que je fait ici, je dirais tout simplement la vérité. J’étais invitée a une  soirée avec des gens de ma classe, mais je m’ennuyais alors je suis partie ; et comme l’internat est fermé depuis longtemps et que je ne peux pas dire que j’étais sortie pour aller en soirée, je suis venue ici. Je vais juste omettre mes petites aventures sur le trajet de retour.
‘’Petites’’.
Je ricane. Oui, elles sont parfaitement insignifiantes et moi je dois aller de l’avant.

Je sors des sanitaires pour me diriger vers les chambres universitaires. Je commence à bien le connaître ce trajet. C’est pratique que mon blond soit au rez de chaussé. Je sais parfaitement laquelle est sa chambre depuis l’extérieur. Marchant sans me gêner sur les plates bandes qui se situe sous sa fenêtre, je viens toquer contre la vitre. J’espère qu’il ne dors pas encore. Ou que je vais réussir à le réveiller.
J’espère aussi que Koga n’est pas là. Son coloc. Lui aussi m’énerve. Je ne peux plus venir autant que je le voudrais depuis qu’il est là. ET je n’ai absolument pas envie de voir cette tête ce soir.

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Dernière édition par Aslinn Eadhra le Dim 21 Aoû 2016 - 9:01, édité 1 fois
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Satoshi Sakutaro
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MessageSujet: Re: Turn on the light [Satoshi]   Sam 13 Aoû 2016 - 20:25

Il fait sombre quand j'arrive enfin jusqu'à la porte de l'entrée de la résidence. Quelle chaleur torride aujourd'hui, un vrai jour de vacances d'été. Mais contrairement a d'habitude, je ne suis plus du bon coté de la barrière, j'ai en effet passé la journée a vendre des broutilles a des touristes a la plage de Keimoo. Si Hisaka n'avait pas était la pour me soutenir moralement, je doute que j'aurais tenu. Sans la chaleur, le travail est horrible, avec les rayons du soleil, il est a mourir. Ce n’était d'ailleurs pas seulement aujourd'hui, mais toute la semaine. Et enfin elle prend fin. Je peux néanmoins me consoler en me disant qu'avec ma première paye, je vais sans doute pouvoir me payer ce fameux ordinateur que je veux depuis si longtemps, une juste récompense pour un travail de ce genre !

Je ne rêvais plus que de sombrer dans mon lit, et tandis que j'ouvrais la porte, encore ouverte pour une fois étant donné mon habitude a ne pas respecter les horaires, et tire sur la barre qui me permet d’accéder au hall d'entrée. Il y fait beaucoup pus frais, même a cette heure de la journée. J'avance sans perdre de temps vers ma porte d'entrée, que j'ouvre a l'aide du trousseau de clé se trouvant précédemment dans ma poche. Ah oui, Koga-san n'est pas la pendant les vacances, je l'avais presque oublié. Quel bonheur de se retrouver seul chez soi.

Je referme la porte derrière moi, avançant jusqu'à ma fenêtre que j'ouvre, afin d'ouvrir les volets. Une fois fait je referme la vitre a l'aide de la poignée prévu a cet effet, puis je me tourne vers une porte en hauteur pour en sortir un verre que je remplis deux fois d'eau avant de le boire a grands traits, un bonheur sans pareil. J'aurais aimé avoir un peu d'eau aromatisé a la pomme, mais je n'ai pas fais de course depuis longtemps. Je ne travail pas pendant quelques jours maintenant, alors demain je proposerais a Aslinn d'aller faire des courses avec moi, je ne l'ai quasiment pas vu a cause de mes horaires, ca nous fera une sortie comme ça. Ca fait déjà trois mois, mais malgré le fait qu'elle parvienne toujours a esquiver ça, je dois toujours lui rembourser son cadeau, ou au moins lui en faire qui ai la même valeur, elle le mérite largement. J'ai pris l'habitude de vivre avec cette chose accroché a mon oreille, et je n'en ai pas changé, peut etre que je lui proposerais de m'aider a en choisir une autre pour pouvoir alterner un peu. Je suis curieux de voir la réaction de ma mere quand elle verra ça, elle va halluciner, j'en suis convaincu.

Tout en souriant je me dirige vers la salle de bain en enlevant mon t-shirt que je laisse tomber sur mon lit, attrapant simplement un short. Je n'ai pas mis mes poids pour travailler, j'ai vite compris après le premier jour que je ne parviendrais pas a tenir, je dois donc ne pas oublier de les remettre. Je laisse mon pantalon tomber, puis mon dernier vêtement, avant de basculer dans la douche, sous l'eau glacé. Jamais je n'arriverais a survivre avec de l'eau chaude alors que j'ai du mal a m'habituer a l’extérieur. Pour reprendre son sang froid, rien de tel qu'une bonne douche froide, histoire de se remettre d’aplomb. Petit a petit ma fatigue s'évanouit en même temps que ma journée est oublié petit a petit. Je vais pouvoir lire les nouveaux mangas que j'ai acheté sur internet et que j'ai reçu deux jours plus tôt. Je vais faire ça ce soir. J'ai pris l'habitude de le faire depuis que j'en ai acheté a Hisaka, quelques uns tout les mois, et un jour j'aurais une collection a faire rêver n'importe quel fan.

Je sors de l'habitacle au bout de quelques minutes, préférant ne pas trop être sous l'eau, d'ici a ce que ma douche se mette a fuir comme la précédente, il vaux mieux prendre ses précautions. J'enfile d'une façon habituelle mon short, sans rien mettre comme vêtement sur la partie du haut. Il fait beaucoup trop chaud, et je suis tout seul de toute façon. J'attrape mes poids les plus leger, cinq kilogrammes que j'attache autour de ma ceinture abdominale comme a mon habitude, puis, avant ma serviette tombant de chaque coté de cou, tel un boxeur a la sortie du ring, je me fais couler un nouveau verre d'eau, avant de me pencher sous mon lit et d'attraper le sac ou je range précieusement mes mangas, en attendant qu'ils rejoignent ma chambre a quelques heures d'ici. Je m'assois sur mon lit, le dos contre le mur, appréciant cette sensation de n'avoir rien a faire.

Une dizaine de minutes s'écoulent, jusqu'à ce que je perçoive un bruit inhabituel, un coup contre une vitre. La fenêtre. Qui peut bien venir a cette heure ? J'ai bien une petite idée forcément, mais ce n'est pas habituelle. Je me lève, regardant brièvement dans le miroir de la salle de bain comment je suis, afin d’être un minimum présentable. Mes cheveux sont toujours mouillés, et la serviette mouillée sur mes épaules dégouline le long de mon torse, mais je m'en moque, ce n'est probablement que mon amie. J'ouvre la fenêtre. C'est bien elle, mais c'est étrange, elle ne vient jamais me voir a cette heure ci, c'est la première fois. Et son visage....on dirait qu'elle n'est pas très bien, je commence a la connaître un peu. Mais si elle est passé par la fenêtre, c'est que le bâtiment doit être fermé a cette heure. Je me penche a l’extérieur, la chaleur me frappant, même a cette heure tardive, il fait toujours chaud. Je la regarde d'un œil soupçonneux en faisant :

- Il y a un problème, ça va ? Désolé je ne suis pas très présentable, mais dépêche toi de rentrer avant que le concierge ne voit quelque chose. Je vais faire du thé.

Je m'écarte pour la laisser passer, tandis que je vais jusqu'à levier pour faire couler de l'eau dans la bouilloire. Une fois fait, je la met a chauffé, et durant la minute qu'il prend pour se faire, je sors des tasses et des infusions de thé classique. Lorsque le thé est chaud, je pose la tasse devant elle ainsi que la boite d'infusion pour qu'elle choisisse celle qu'elle veux, avant de m’asseoir en face d'elle :

- Tu aurais du me dire que tu voulais venir ce soir, je t'aurais ouvert la porte. Tu vas bien ? Je croyais que tu étais a une soirée avec ta classe ce soir, c'est ce que tu m'as dis hier quand on s'est vu rapidement.

Je lui souris avant de choisir a mon tour de quoi donner du goût a l'eau chaude de ma tasse, avant de laisser tomber la serviette sur le sol pour qu'elle cesse de me gêner, et de retomber d'une main la ceinture autour de ma taille qui n’était pas assez serré pour tenir.

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MessageSujet: Re: Turn on the light [Satoshi]   Dim 14 Aoû 2016 - 1:04

Mes phalanges viennent percuter le froid glacé de la vitre, créant ainsi une vibration dans l'air, supposée se disperser dans la chambre de Satoshi. S'il est là, il m'entendra.
Quelques secondes s'écoulent. Quelques secondes, plus que suffisantes pour céder au stress dans mon état. Il fait noir autour. C'est à peine si la lumière filtre à travers les volets de quelques une des fenêtres. Un éclairage tout à fait insuffisant.  La nuit est sombre, beaucoup trop sombre. J'ai encore l'impression d'un regard posé sur moi, qui me fixe et me détaille, faisant fis des vêtements qui enveloppent mon corps. L'œil inquisiteur de la nuit suit chacune des courbes du corps de la femme que je suis. Courbes sur lesquelles ont couru les mains d'inconnus.  Ils pourraient encore être la. M'avoir suive. Me...
Non.
Reprends toi. S'ils t'avaient suivie tu ne serais pas là tranquillement à attendre Satoshi. Tu serais déjà...
N'y pense même pas. Sors toi ça de la tête. Le verrou de la fenêtre pivote, pour finalement laisser cette dernière s'ouvrir en entier. Regarde, il est la. Il te souris. C'est à peine s'il est surpris que tu sois la. J'ai l'impression que quelque chose explose dans ma poitrine. Du soulagement. Oui, je pense que c'est ça. Si je devais être un mots sur l'évolution de mon état, je dirais que c'est du soulagement. Pourtant, il faut que je garde contrôle sur moi même.  Arrêté d'avoir l'air soulagée. Recompose ton visage, essaye de sourire naturellement. Je sais pertinemment que je ne sais pas sourire sur commande, mais pour une fois, je dois y arriver. Je me sens parfaitement incapable de sourire. Il faut pourtant que je trouve la force de contracter mes joue pour faire apparaître mes dents.

En fait si, il a l'air un peu étonné de me voir quand même. Mais il souris. Lui y arrive. Je peux bien le faire aussi non ? Je m'avance dans la lumière. Je n'ai plus le choix de toutes façons, je vais devoir faire face. Je ne voulais plus rester seule, il va falloir que j'assume maintenant. C'est à moi d'être forte. Je n'ai pas le droit de le laisser se douter de quoi que ce soit.

La premier chose qu'il me demande est s'il y a un problème.
OUI.
Mais je suis si facile à lire ? Aller Aslinn, souris.
Pas très présentable. Je ricane pour de vrai. Je pense que dans une autre situation je ne me serais pas gênée pour laisser mes yeux courir sur son buste. Mais la je me sens incapable de ne serais ce que le regarder lui. Lors de la à regarder son corps. Presque je m'en sentirais coupable. Je viens de me faire agresser pour mon corps. J'ai l'impression que chacun des endroits où une mains c'est posée est mis à nu, qu'à travers le souvenir de ce contact, le type dans la rue peux continuer d'observer ce corps qui est le mien. Je sais pertinemment que non, qu'il est loin maintenant ; que je suis "juste" parano sur les bords. Mais après "ça" comment ne pas l'être.

Il s'écarte finalement pour me laisser rentrer, disant qu'il va faire du thé.
Oh oui du thé. J'en ai besoin. Quelque chose pour brûler de l'intérieur toute cette saleté que je ressent.  L'observant s'éloigner, je m'appuie avec les mains sur le rebord de la fentes, avant de hisser tout mon poids dessus. Mon ventre me relance un coup. Je me retient de crier, limitant l'expression de la douleur que ressent mon corps à une simple grimace. Je passe mes jambes du côté de la chambre, avant de pousser une dernière fois sur mes bras et pour retomber à l'intérieur. Mon corps tout entier crie à cause de cet effort. Mais je dois tenir. Je sais que je peux tenir. Il faut juste que j'endure avec joie et bonne humeur.

Le bruit de l'eau qui commence à chauffer dans la bouilloire me détend. C'est un bruit que je connais, dans une espace qui m'est tout aussi connu, avec quelqu'un que j'apprécie.

-Koga n'est pas la ?

C'est tant mieux, franchement beaucoup tant mieux. Je fait la remarque juste pour avoir l'air naturelle. Je ne vais certainement pas déplorer son absence. Pas besoin de la présence d'un "mâle" ici.
Ceci-dit, Satoshi aussi est un "mâle". Un frisson me parcours l'échine. Il n'est pas comme ces types dans la rue.  
Si, tu sais pertinemment qu'il l'est. Il est un homme,  ils sont anatomiquement construit exactement pareils, au détail près que eux étaient bruns, or lui est blond.
C'est ça. C'est mon blond . Je le connais depuis longtemps maintenant. J'ai confiance en lui. Jamais il ne me ferais quelque chose...comme "ça".

Il se retourne vers moi, posant les sachets de thé devant moi avec un sourire innocent. Tu ne te doute de rien.  Pas même de la vie. Tu ne sais rien, alors tu peux sourire. Je voudrais réussir à lui sourire en retour. Mais son sourire à lui est trop lumineux. C'est le sourire des gens heureux.  Je ne sais pas si j'arriverais à sourire encore comme ça un jour. Je ne m'en sent même pas capable actuellement, pourtant les coins de ma bouche remontent légèrement, dans une tentative de sourire pour le remercier de son attention.

J'aurais du le prévenir.  Oui. Si j'avais su qu'on essaierai de me violer ce soir, je t'aurais prévenu et je t'aurais demandé de m'accompagner. Avec mon spécialiste en art martial à côté de moi, je doute qu'ils auraient essayer de faire ce qu'ils ont fait.
Enfin, je pense que dans cette situation, juste ne pas être seule m'aurais évité bien des ennuis.
Je soupire.
Je vais m'assois face au tasses qu'il a posé, laissant mon dos glisser contre un mur. Mon os je tiendra pas de toutes façon. Je sélectionne un sachet de thé. Du thé noir. Pas une infusion. De toute façon je ne dormirais pas ce soir. Je le sais. C'est à peine si je suis capable de fermer les yeux pour cligner. J'ai trop peur qu'on me prenne par surprise, que ces types surgissent de nulle part pour venir finir ce qu'ils ont commencés.
Il me demande encore comment je vais. Je fait si pitié que ça ? Reprends toi la rousse. Tu n'a jamais été une victime, ce n'est pas aujourd'hui que ça va commencer. Ces types, tu les as bien abîmés quand même, ils ne reviendrons pas de si tôt.
Je lui souris faiblement, mais je souris quand même. Je peux le faire. Voilà. Un sourire franc, pour ne pas l'inquiéter.

- Et bien pas besoin de longue explication ! Tu retiens même les détails dans ce que je raconte eh. Du coup, oui, j'ai été à cette soirée pour faire bonne figure, mais au bout d'une demi - heure j'en avais marre, alors je suis partie. Ça m'apprendra à vouloir être sociale.

Je souris. J'ai fini avec mon habituelle note ironique. Allez, c'est bien. Tu va réussir à converser normalement. Change toi les pensées.
Mais je me sens sale encore. Le passage sous l'eau du lavabo m'a fait du bien, mais ce n'est pas ça qui va effacer la marque de ces mains inquisitrices qui sont vues courir sur moi un peu plus tôt.

Il versé l'eau chaude dans ma tasse. Le sachet repens son parfum dans l'eau.  Je l'observe un instant,  presque hypnotisé. Mais je n'ai pas envie de revenir à la réalité. Je voudrais que quelqu'un m'emmène ailleurs. Loin de la réalité, loin de la matérialité. Je veux sentir mon corps se décrocher, et mon esprit planer ; me libérant de l'emprise physique qui le bloque et continue de faire courir des frissons de dégoût à travers mon corps depuis toit à l'heure.  
Pas jamais de mains sur moi. Plus jamais. Du moins pas celles-là.
Je voulais quelque chose que je connaisse, que je sais réconfortant. Je suis venue le chercher ici, et je le trouve.

Je reste siliceuses un instant, soufflant sur mon thé pour le faire refroidir.

- Et comme mon internat est fermé, je suis venue me réfugier ici. Je ne t'embête pas ?

Encore un sourire fatigué que je lui envoie. J'espère au moins qu'ils ont l'air naturels.
Assise à même le sol, le dos toujours reposé conte le mur, j'amène ma tasse jusqu'à ma bouche pour boire une première gorgée. J'aime le thé brûlant d'habitude, c'est ce coup ci l'eau chaude viens brûler l'intérieur de ma joue encore à vif. Je retiens une grimace. C'est une douleur tout fait supportable par rapport à celle qui me prenait toute entier un peu plus tôt.

- Je pourrais prendre une douche après ? J'ai transpiré toute la journée à cause de la chaleur. Je me sens toute collante.

Dit avec un rictus forcé, je me charrie moi même extérieurement. J'ai vraiment envie de cette douche, mais pas juste parce que j'ai transpiré.  Je veux effacer ces mains qui se plaquent contre moi sans accepter de me lâcher.  J'ai besoin de sentir la saleté que je ressent partir avec l'eau dans les canalisations.

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MessageSujet: Re: Turn on the light [Satoshi]   Dim 14 Aoû 2016 - 3:40

Depuis que nous nous sommes assis par terre, je reste le regard fixement posé sur elle. J'ai du mal a croire qu'elle soit la au hasard. Un présentement sans doute, qui vient grâce au fait que je la connais a présent, et que je n'ai aucun mal a déchiffrer son regard. Mais je ne vais pour l'instant pas faire de commentaire. Si elle ne me dit pas ce qu'il y a, c'est que c'est suffisamment important pour qu'elle ne veuille pas m’embêter. Je connais plutôt bien les Japonais, et ca ne m'étonnerais pas qu'elle se soit fait brimé toute la soirée a cause de sa couleur rousse, du fait qu'elle soit étrangère, du fait qu'elle soit différente, combien de fois l'ont ils fait avec moi ? Ils le font encore, a moindre degrés, parce que j'ai les yeux bridés, même si ce n'est que légèrement, et puis le fait aussi que je parle parfaitement sans accent. Et le fait que je connaisse cet endroit. Elle n'a rien de tout ça, les choses doivent être pire pour elle.

Elle m'explique sans trop de détail que la soirée était ennuyante et qu'elle a vite préféré revenir ici. Sur ce point je peux la comprendre, si en plus de ne pas être particulièrement intégré, de n’être ami avec absolument personne, et qu'en plus c'est ennuyant, je ne vois pas comment elle aurait pu y rester. De toute manière, je n'allais jamais a ce genre de chose, je n'étais même pas particulièrement invité, et cela m'arrangeait bien, je ne peux sans doute pas émettre un avis quelconque puisque je n'en ai jamais fais, de fête, de soirée de ce genre. Elle ajoute que son internat était fermé et qu'elle a décidé de venir ici, en me demandant si cela ne me dérange pas.

Si cela me dérangeait, je ne t'aurais pas inviter a entrer. Je suis content qu'elle soit la au contraire. Néanmoins j'ai quand même des doutes quand a cette histoire. Il n'est pas si tard, vingt deux ou vingt trois heures. Et même si sa colocataire dormait, elle aurait pu juste lui ouvrir la fenêtre comme ce que je viens de faire et se recoucher. Ou encore demander au concierge de lui ouvrir, ce n'est pas un drame, en plus si c’était un dîner de classe, il aurait comprit, il était plutôt gentil au final, le concierge. Non, j'ai l'impression qu'elle me cache quelque chose. En faisant comme si de rien était devant la grimace qu'elle vient d'avoir en prenant une gorgée, je lui souris en répondant :

- Bien sur que non, linn-chan, tu sais bien que tu ne me dérangera jamais voyons. Et puis je ne faisais rien de spécial, j'étais en train de lire un manga que je viens d'acheter ça s'appelle Monster, l'histoire d'un chirurgien qui sauve un enfant, qui pour le remercier tue les « ennemies » du chirurgien sans que lui ne lui dise quoi que ce soit, puis plus tard il devient serial killer et le chirurgien essaye de l’arrêter. C'est vraiment bien, je te prêterais le tome un tu me diras ce que tu en penses !

Je replonge mon regard dans mon thé, dont je bois une gorgée, tout en espérant avoir un peu essayer d'apaiser la tension qui commençait a devenir palpable. Elle tente de sourire, de paraître naturelle, mais il faudrait aveugle pour que je ne vois pas qu'elle n'est pas très bien. Je la regarde de nouveau dans les yeux en fronçant les sourcils un instant, puis détourne mon attention vers son thé qu'elle ne boit pas aussi vite que d'autre fois ou j'en ai profité avec elle. Elle adore le thé d'habitude, et elle semble lutter pour le boire actuellement. Je me mord la lèvre pour faire une réflexion la dessus, mais me retiens. Je préfère y aller en douceur. Ce n'est peut être pas si grave, pas besoin de la brusquer.

Je l'écoute plutôt me demander si elle peut prendre une douche. Je lui souris lentement de nouveau, en hochant la tête. Je me demande si elle a comprit qu'elle pouvait de toute façon faire comme chez elle. Parce que c'est le cas, aprés tout elle est ce qui se rapproche le plus d'une meilleure amie, je suppose. Bien que je ne sache pas vraiment ce que cela veux dire, je ne ressens rien de spécial avec d'autre, que j'ai avec elle. C'est peut etre juste une amie en fait. C'est compliqué ces relations humaines. Je profite de ma réponse pour glisser subtilement une petite avancée :

- Bien entendu, bon je n'ai que ma serviette encore humide que je viens d'utiliser qui est sur la chaise la, mais ca ira, pour le reste fais comme chez toi. Oh, et tu veux quelques choses pour la douleur aussi, pour aprés la douche ? J'ai l'impression que tu as mal vers le haut du corps, tu as eu du mal a passer la fenetre. Pareil pour la bouche, tu grimaces a chaques gorgées, tu veux des anti-douleurs ? Il doit m'en rester.

Je lui souris de nouveau histoire de la rassurer comme je peux, tout en me levant pour avancer jusqu'à ma partie de la chambre, la ou se trouve mes affaires, bien plus rangée que la premiere fois ou elle est venue. Je ne suis plus seul après tout, je fais plus attention. Dans mon armoire, je sors une petite trousse contenant divers médicament. Je sors du paracétamol, un comprimé, puis j'attrape mon verre d'eau vide que je remplis a l’évier avant de revenir vers elle et de poser le verre d'eau et le comprimé devant ses genoux, avant de poser lentement ma main sur son épaule dans un geste dont je n'ai pas vraiment l'habitude. Timidement j'ajoute :

- Si il y a un problème, tu peux me le dire tu sais. Tu es tombé ? C'est pas une honte que de tomber tout seul, si tu savais le nombre de fois que cela m’a arrivé....mais si il faut désinfécté tu devrais me le dire....oh et aussi, si tu veux des vêtements, sers toi dans les miens, même si ils seront amples et....on sans doute un peu trop mon odeur, mais c'est mieux que remettre tes vêtements de la journée. Tu veux manger quelque chose sinon ? Tu es ici chez toi tu sais. Enfin, autant chez toi que moi, c'est a dire locataire, mais c'est mieux que rien.

Je lui souris de nouveau d'un air aussi amusé qu'inquiet. Puis j'avance vers le frigo, attendant sa réponse pour la nourriture.

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MessageSujet: Re: Turn on the light [Satoshi]   Dim 14 Aoû 2016 - 17:28

Je ne dérange pas. Je ne dérange jamais.
Pourtant je suis là, à l'empêcher de dormir, sans vouloir lui donner de réelle explication. Il m'accueille à bras ouverts, me laisse entrer sans se poser de question et me sert du thé sans que je n'ai rien demandé. Beaucoup trop de bonnes attentions pour moi. Mais j'ai besoin de se réconfort. L'écouter parler de son manga me détend. Je pense à autre chose. La brûlure du thé me rappelle mon état à chaque instant, mais je me détend quand même. Un peu. Dans la mesure du possible.
Je fait remonter les coins de ma bouche une nouvelle fois pour lui répondre. Je peux avoir l'air détendue.

- Mh.... j'en avais entendu parlé il me semble. Le nom me dit quelque chose.

Ses yeux viennent se poser dans les miens.
Je ne peux pas.
Je suis celle qui viens chercher ce genre de contact visuel habituellement, mais la je ne peux juste pas. J'ai l'impression qu'il y lirait tout ce qui viens de se passer. Que dans mes iris chaque coup que j'ai pris est raconté. Je n'ai pas la force de soutenir un regard. J'ai peur. Peur de ce qu'il pourais comprendre, peur de ce qui pour ressortir.
Je détourne les yeux sur le côté, les laissant courir sur la fenêtre. La nuit est dehors à présent. Je suis en sécurité, dans la lumière, avec lui.

J'ai envie de me laver. De rincer mon corps de ce contact étrangé qui y a été apposé. Évidemment il est d'accord. Encore une fois il est bien trop gentil avec moi. Il se soucie même du détail que représente la serviette. Un sourire plus naturel s'empare de mon visage, pour se décomposer quand il me propose des médicaments. Il sourit ; je ricane. Ma tête par lentement en arrière, pour venir se poser sur le mur. Je fixe le plafond un instant, laissant un rictus prendre la plce sur mon visage. Il arrive à me lire aussi facilement... Je me pensait suffisement forte pour encaisser et ne rien laisser paraître, mais je suppose qu'il aurais fallu que j'aille voir quelqu'un qui me connaisse moins, si je voulais me cacher.
Je soupire.

-Ça se voit à ce point ?

Dit a voix basse en sur un ton qui se brise, j'ai l'impression que c'est une fatalité qui m'écrase. J'aurais du me taire, j'espère qu'il ne calculera pas ce que je viens de dire dans un soupir. Les yeux encore tourné vers le plafond, je ne me sens pas capable de rebaisser le regard vers lui. Si je le fait, je vais me remettre à pleurer. J'ai l'impression que le fait d'avoir le visage orienté vers le haut empêche les larmes de couler. Il ne faut pourtant pas que je pleure. Je suis forte ; suffisement forte pour encaisser. Il faut que je fasse face à ces problèmes avec sourire, je ne dois pas me laisser dépasser.  Peut-être que j'aurais du rester dans les sanitaires et laisser couler mes yeux jusqu'à ce que je sois à sec.

Je n'entends que le bruit que fait le verre quand il le pose devant moi, devinant ses mouvements aux déplacements d'air. Puis il se rapproche de moi. C'est mon corps tout entier qui frisonne quand sa main vien se poser sur mon épaule.  Un contact humain. Trop humain. Ce n'est pas le frisson de plaisir habituel que je ressent à chaque fois qu'il vient au contact en temps normal. Celui-ci est le frisson désagréable qui remonte le long de l'échine, répandant sa décharge électrique à travers tous le corps.
Je ne peux empêcher un rictus étranglé d'apparaître sur mon visage. Est-ce que je suis tombée. Oui, mais si c'était seulement ça. Le fait de tomber me semble être une ironie face au reste. Ça me paraît ridiculement faible. J'aurais voulu "juste" tomber. Pourtant...
J'ai l'impression que c'est au fer qu'on m'a marquée, et que cette mains sur mon épaule viens de raviver toutes les douleurs.
Je rebaisse les yeux, les fermant pour éviter tout contact visuel. Je sens la chaleur des larmes sous mes paupières. Je n'ai pas le droit de me mettre à pleurer. Je ne flancherais pas. Quand je réouvre les yeux, j'ai peur qu'ils soient rouges, que l'eau salée commence à couler. Je passe ma mains sous mes yeux, contrôlant les tremblements qui ont repris mon corps lorsqu'il a fallu que je contracte mon bras pour faire monter ma main, puis je laisse cette dernière retourner se poser sur ma tasse de thé.
Mes yeux tombent sur le verre d'eau et le comprimé que le blond a sortis. Un sourire fataliste prend place sur mon visage. Ce n'est pas ça qui diminuera la douleur.
De même que quand il me propose à manger, la seule image qui me viens à l'esprit est le vomis de tout à l'heure.

-Merci, mais ça ira. Je n'ai pas faim.

Ce n'est même pas que je n'ai pas faim, c'est que je sais que si j'avale quoi quelque chose, je le vomirais dans la minute qui suit. Mon estomac est noué, et le forcer à ingérer quoi que ce soit n'est pas vraiment une bonne idée. Le thé suffira amplement.
Il se soucie de moi. Me proposant de me soigner, de m'aider, et moi je n'ai rien a lui rendre. Même pas capable de faire face a mes problèmes toute seule. Je soupire. J'ai peur de ce regard qu'il peut poser sur moi, je ne veux pas qu'il me considère comme une victime, et il est tout à fait hors de question que je paraisse faible. De toute façon, si je commence à "paraitre", ça veux dire que je me laisse dépasser par ce qui c'est passer. Je dois être forte.
Je souris.
Plus franchement ce coup-ci, hors de question que je le laisse s'inquiéter, j'en ai déjà bien trop laisser transparaître.

- Et merci, mais ne t'en fait pas. Je vais bien

Je le contredit, je vais dans un sens puis dans l'autre. Je ne sais même pas vers ou je vais.
Je me lève, mes genoux craquent, mon ventre me lance encore une fois. Je réprime une autre grimace de douleur, continuant à sourire avec un air aussi léger que possible. Buvant d'une traite ce qu'il reste de thé dans ma tasse, le liquide chaud m'est déjà plus que bénéfique, pas besoin de médicament. Et puis, prendre le médicament serais assumer que je vais mal. Et ça, c'est hors de question. Je repose la tasse sur la petite table, avant d'aller récupérer sa serviette. Puis je me dirige vers la salle de bain, d'une façon qui se veux assurée, ce même sourire forcé affiché sur le visage. Je le frôle, sans parvenir à venir le toucher. J'ai peur de créé un autre contact.

- Je vais me doucher. Je n'en ai pas pour longtemps.

Un dernier "sourire" avant de me détourner. Je n'arrive même pas à faire face correctement. Il faut absolument que je me reprenne. Je prends rapidement des vêtements dans son armoire avant de pénètrer dans la salle de bain, fermant la porte derrière moi avec lenteur. Je pose la serviette sur l'évier, avant de me regarder dans la glace. J'ai définitivement les yeux rouges. Il va falloir que je me reprenne en main très sérieusement.
Je me déshabille. Une fois de plus, observant l'image de mon propre corps dans le miroir ; je suis presque soulagée de voir qu'il n'y a pas de marques de brûlure à chaque endroit où se sont posées les mains des inconnus. Ma peau est restée la même. Toujours aussi blanche, avec mes tâches de rousseurs qui tombent en cascade de mes épaules vers mon dos. Je rentre dans la douche. Allumant l'eau sans même la régler avant, c'est un glaçon qui me tombe dessus. Mais ce choc me fait du bien. J'ai l'impression de sortir d'une transe. Je n'ai pas l'intention de faire durer cette douche, mais pour l'instant je laisse juste l'eau couler,  retirant cette impression de saleté qui me recouvrait depuis tout à l'heure.
Sans même arrêter le jet d'eau, je me sert dans son savon pour laver mon corps, puis réeffectue l'opération avec le shampooing. Puis je laisse à nouveau l'eau glacée se rependre sur moi.
Je me sens mieux, indubitablement mieux, que je sors de la douche. Je me sèche avec sa serviette. Elle aussi à son odeur. Une odeur que je connais, qui me rassure. Je remets mes sous-vetments, avant d'enfiler rapidement les vêtements que j'ai pris avant d'aller dans la douche.

Quand je sors, je n'ai plus envie de pleurer. Je me sens forte. Je peux faire face. Mon regard se pose sur le dos de Satoshi. Je ne sais même pas s'il a vu que j'étais sortie. Je ne sais pas ce que je ferais si lui. J'aurais probablement passé ma nuit dans les sanitaires, à péter un câble à chaque fois que la lumière s'éteint, avec pour seule compagnie, mon reflet.
Je fait les quelques pas qui me séparaient de lui, pour venir le prendre entre mes bras. Je pose mon front sur son dos, faisant monter mes mains le long de son torse. Ma peau me brûle encore, mais ce coup-ci c'est bien son corps qui est chaud et moi qui sort d'une douche glacée. Je soupire, laissant mon souffle longer le creux de sa colonne. J'ai besoin de réconfort, et il me l'offre tout entier, faisant même plus avant que je ne le demande. Ma voix s'élève, faible, étranglée, mais tout de même présente.

-Merci....

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MessageSujet: Re: Turn on the light [Satoshi]   Dim 14 Aoû 2016 - 22:13

Elle répond a ce que j'ai dis sur l'histoire du manga, je voulais détendre l’atmosphère, et elle rebondit dessus comme pour éluder le reste, d'une manière de garder éloigner un sujet de conversation qu'elle ne voudrait pas aborder. C'est ce que je comprend de sa réaction, d'autant que je suis étonné qu'elle dise déjà en avoir entendu parler, elle m'avait bien dit ne rien y connaître, et Monster n'est pas un manga particulièrement connu. Elle souhaite trop aller sur ce terrain pour que ce ne soit pas étrange. Mais le plus gros signe de son mal être c'est lorsque je la regarde dans les yeux, contact habituel entres nous, a un tel point que le fait qu'elle détourne son regard du miens pour observer la fenêtre m'ébranle lentement. Quelque chose ne vas vraiment pas. Ou plutôt, il lui est arrivé quelque chose, mais elle ne souhaite pas m'en parler ? Je me crispe légèrement, pour une raison que j'ignore et répond :

- Je te les prêterais je te dis, tu verras, c'est vraiment incroyable.

Je n'ai plus vraiment le cœur a parler de ça. Je garde toute mon attention dans l'analyse du moindre fait et geste de ma jeune amie, qui soupire soudainement lorsque je lui demande si elle s'est blessée quelque part. Elle me répond d'une manière qui veux bel et bien dire qu'il y a quelque chose. Mais si c’était juste une blessure physique, je ne vois pas pourquoi elle la cacherait. J'ai envie de m'approcher de nouveau d'elle histoire de la réconforter comme je le peux. Je ne suis pas vraiment un expert de ce genre de chose, mais je sais bien que je dois agir. Mais elle ne semble pas vraiment contente d'avoir un contact physique.

Je me suis donc levé et lui ai ramené de quoi diminuer sa douleur. Mais plus ça avance, plus j'ai l'impression que ce n'est pas vraiment une douleur physique, le problème est autre. Le mal du pays qui la frappe ? Je n'arrive pas a deviner ce qui pourrait bien lui être arrivé. Elle n'a pas l'air de vouloir prendre le comprimer alors je lui dis d'au moins boire le verre d'eau, que ca ne peux que lui faire du bien. Puis je propose de grignoter quelque chose, mais elle refuse en me disant qu'elle n'a pas faim. Ce n'est pas vraiment une grosse mangeuse, et elle a peut être déjà eu un repas a sa soirée, même si elle n'y est pas resté longtemps....tout tourne autour de cette soirée, il a du lui arriver quelque chose la.

Et alors que je m’inquiète un peu, bien que je ne sois pas si alarmé, si c’était si grave après tout, elle me l'aurait dit tout de suite non ? Elle ajoute qu'elle va bien et que je n'ai pas a m’inquiète...c'est bizarre, c'est souvent quand les gens disent ça qu'il faut s’inquiéter le plus. Elle se lève alors, m'annonçant qu'elle va prendre cette fameuse douche. Je me lève également sans vraiment savoir quoi faire de mon corps dans cet espace. Alors qu'elle se dirige vers la salle de bain, je retourne m'asseoir sur mon futon, dos appuyé contre le mur, la ou elle était une seconde plus tôt. Alors qu'elle disparaît de l'autre coté de la porte, et qu'au bout d'une minute, l'eau se met a couler, je ne parviens pas a trouver quoi faire.

Je me relève, afin d'attraper le manga que j'avais laissé ouvert sur le dos, et je tente de lire une ou deux cases. Je soupire avant de le refermer. C'est absolument impossible, je ne parviens pas a me concentrer. Je repense a ma journée. Elle me paraît bien simple par rapport a ce que je vis actuellement ou tout est sous une analysé, tout est question de devinette. Je devrais sans doute la laisser tranquille maintenant. Si elle ne m'en parle pas c'est que cela ne me concerne pas, nous sommes amis, c'est tout, elle a bien le droit d'avoir ses secrets, même si celui ci me paraît plutôt étrange. La situation entière, de son arrivée a son départ vers la salle de bain, est étrange.

Je me relève encore, tournant en rond sans savoir quoi faire, puis me dirigeant vers la fenêtre qui est toujours ouverte. Il fait frais, trop frais, je la referme avant de regarder l’extérieur a travers la vite, la faible lumière qui éclaire la cours prêt de la maison du concierge visible depuis mon point d'observation. Je tombe de nouveau assis, les jambes croisés, le visage observant le mur sous la fenêtre en attendant d'une quelconque illumination. Une courte méditation ne pourra sans doute pas me faire de mal. Ainsi je ferme les yeux, une seconde, dix secondes.

Combien de temps avant que je sente ce corps féminin se plaquer contre le miens dans une douce étreinte, presque un appel a l'aide ? J'ouvre les yeux a nouveau. Je ne sais pas depuis combien de temps je suis dans cette position, depuis combien de temps elle est sortit et ce qu'elle a fait depuis, mais je sens son front contre mon dos, ses mains sur mon torse qui m'enserre dans une étreinte qui se voudrait éternelle. Contrairement a d'habitude ou j'aurais étais mal a l'aise, actuellement, je ne ressens que de la surprise. Elle me remercie, et ce n'est pas forcément habituel venant d'elle. Elle me remercie souvent en fait, mais pas aussi directement. Un regard, une petite réflexion, mais un merci, c'est vraiment qu'elle veux me faire comprendre le message. Doucement je viens poser mes mains sur les siennes, aussi froide que l'eau qui s'est déversé sur moi un long moment auparavant, et murmure d'une voix douce :

- Je suis content que tu sois la tu sais, vraiment, mais si ça ne va pas, tu dois m'en parler. Tu ne dois pas avoir peur de ça. Les problèmes se règlent plus facilement a deux non ? Enfin, on peux tous avoir nos secrets bien sur, désolé, je ne veux pas te forcer a me dire quelque chose dont tu ne veux pas parler.

Je sens son souffle sur mon dos, comme pour me certifier qu'au dela du contact de nos mains, elle est bien la. Et a cet instant, nos vies ne font plus qu'une.

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MessageSujet: Re: Turn on the light [Satoshi]   Lun 15 Aoû 2016 - 0:55

Sa voix s'élève à nouveau, brisant le silence que j'avais créé. Un mot. Ce n'est pas suffisant pour combler un silence. Pourtant, ça a suffit. Je ne sais pas si je peux parler plus pour l'instant. Je l'écoute lui. Les vibrations de sa voix emplissent à nouveau l'espace. Un timbre doux, pour me demander ce à quoi je cherche à échapper depuis tout à l'heure. Je sais pourtant qu'il a complètement droit à des explications. Le simple fait d'être la pour moi aurais emplemment mérité ces explications ; mais si ce n'était que ça. En plus d'être la, il amène aussi l'attention dont j'avais besoin, l'affection qui me manquais. Me réconcilier avec le genre humain ; me permettre de reprendre confiance en moi, un peu.

Je laisse un silence planer un instant après ses mots. Je n'ai pas envie d'en parler. Pourtant, je le veux. Je veux qu'il sache, et qu'il comprenne ce que je viens de vivre, pour mieux me porter après.  J'ai besoin de vider ce trop plein qui s'accumule.

Non. Je ne devais pas me remettre à pleurer. La douche avais emmenée avec elle ces larmes. Pourtant, je sens mes yeux chauffer. Je sais que si je ne fait rien, elle coulerons. D'abbord de mes yeux, puis suivant la courbe de mon nez, descendrons soit le long de mes joue, soit sur le dos de Satoshi.
Je serre un peu plus fort mes bras autour de lui. Ses mains venues se poser sur les miennes ont provoqué un long frisson sur tout mon corps.  Mais il n'était plus désagréable. Ce coup-ci, ce geste le rassure, affirme sa présence à mes côtés. Ce n'est pas juste moi qui vien le voir ; c'est lui qui m'accepte et me prends dans les bras.

Je déglutis une fois, ouvrant la bouche pour commencer à parler.

Mais aucun son ne sort. Ma voix reste bloquée dans ma gorge. Je referme la bouche, puis expire, avant de ravaler ma saliver et de réessayer.

Ce coup-ci, les sons sortent. Ma voix est faible. J'ai l'impression de dérailler un peu plus à chaque mots.

- J'étais à la soirée. Puis je suis partie. J'étais seule dans Bougu.

Je déglutis une fois de plus. Chaque mots me coûte, mais ceux qui vont suivre font un peu plus mal chacun leur tour.
J'appuie un peu plus fort mes doigts contre son torse.

- J'ai voulu aller prendre le tram. A l'arrêt...

Je marque une pose, laissant un instant l'air combler l'espace, avant de reprendre. Le rythme de ma voix s'accélère, je suis lancée dans une spirale qui descente droit vers les enfers.

- Il étaient trois, j'étais seule. J'étais une "fille" toute seule.... ils m'ont  

Je déglutis une fois de plus. Les larmes commencent à couler, j'enfonce mes ongles dans ses pectoraux.

- Ils ont faillit  

Je griffe. J'en suis presque au sang.

- Il y en a un premier qui m'a plaqué contre la vitre. Il m'a embrassé. J'ai mordu.

Tous s'accélère. Ce Best plus une spirale, c'est juste une chute. Une chute vers le vide, vers le néant.  

- J'ai frappé aussi. Quand j'ai voulu partir, les deux autres mon attrapé. D'abbord un coup dans la joue, puis un autre dans le ventre. Du sang, beacoup trop de sang. Le miens. Ça a mauvais goût le sang. J'avais l'impression que mon corps avais arrêté de répondre.  Je ne pouvais plus rien faire.

Je renifle. Les larmes ne s'arrêteront plus. Tout ce que je contenait depuis que je suis arrivée ici sortira. Je ne contrôle plus rien. Les images défilent dans mon esprit et les mots les décrivent. Ce n'est plus moi qui parle depuis longtemps. Mes larmes coulen partout, aussi bien sur son dos que dans ma bouche ou jusque dans mon cou.  C'est une transe au goût de sel.

- Il a commencer par glisser sa main sous mon T-shirt. Mais ma poitrine ne suffisait plus, alors il a commencer à se glisser dans mon short.

Je reprends mon souffle. C'est à peine si je respire entre chaque phrase. Mon coeur c'est lancé dans une course effrénée. Le seul moyen de l'arrêter est de finir de raconter. Je dois aller au bout. Il faut que tout sorte.  

- Je suis revenue avant... avant que... avant...

Je respire un grand coup.

- Je lui ai donné un premier coup dans le ventre, puis il y avais l'autre. Puis un Mawashi-geri, puis un autre coup dans le ventre. Il m'ont attrapé une autre fois, j'ai mordu encore, puis mon pied est partis entre les jambes de celui à gauche. Puis j'ai couru. Je suis tombée, j'ai vomis. Puis j'ai encore couru.

Je m'arrête dans un  grincement de dents.  Les larmes chaudes continuent de couler, mes doigts sont encore enfoncés dans sa chair. Le semble de mes muscles sont contractés à s'en rompre. Le tension à laquelle est soumis mon corps tout entier va finir par le briser. Il est déjà brisé de toute façon. Je me sens vide. J'ai tout dit, tout raconté. Tout est sortit, extériorisé.  Mais je n'arrive pas à savoir si je me sens mieux. Il y a un poids en moins dans mon ventre, mais les souvenir à vif que je viens d'évoquer me font encore mal.

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MessageSujet: Re: Turn on the light [Satoshi]   Mer 17 Aoû 2016 - 1:10

Je ne sens plus que la chaleur de ses mains sous mes doigts, ainsi que son front contre le haut de mon dos. Elle s'est approché ainsi sans que je ne lui demande quoi que ce soit, sans même que je m'y attende. J'avais en vérité presque abandonné l'idée de lui faire dire ce qui n'allait pas. Et pourtant avec une simple phrase histoire de lui faire comprendre qu'elle n'avait rien a craindre avec moi, elle s’était mise a parler, a raconter l'horreur. La luminosité ambiance devint plus tenu, peut etre parce que mes paupières étaient closes, sans doute car son histoire me faisait froid dans le dos. Pour un tas de raisons diverses. Parce que c’était elle qui l'avait vécu.

Je ne dis pas un mot, je la laisse raconter en détail sa soirée, sa rencontre, son combat, sa fuite. Et au fur et a mesure que je sens mon dos s'humidifier de ses larmes, je sert les dents. Ce n'est pas a moi de pleurer, de m'injurier, de me mettre tout simplement en colère. Je ne parviendrais sans doute pas a ressentir le dixième de ce la peur qui lui a empoigné les tripes, jusqu'au plus profond de son être. Ou plutôt, j'en ai une petite idée, et c'est sans doute ce détail qui m'enrage encore d'avantage. Je ne la coupe pas, mais du bout de mes doigts, je caresse sa main histoire que même au milieu de ce scénario atroce, elle garde conscience de l'endroit ou elle se trouve, en sécurité dans cette pièce, dans cette lumière éclairante. A mes cotés.

Et petit a petit, sa faible voix finit par s'éteindre, laissant uniquement le bourdonnement du frigo couper cet état inerte. Que dire a présent. Je ne sais même pas si je suis capable de parler, j'ai comme une boule dans la gorge qui bloque le moindre son que je voudrais faire sortir de ma poitrine. Pourtant c'est mon devoir non ? Puisqu'elle m'en a parler, je dois lui répondre quelque chose. Je sais que je le dois, mais si j'ouvre la bouche a cet instant, j'ai peur d'exploser. Alors lentement j’enlève mes mains des siennes, avec douceur, et me retourne pour lui faire face, assis en tailleurs. Elle pleure toujours a chaude larme, mais je ne sais pas quoi lui dire pour la réconforter.

Alors je lui souris, dans une expression sincère, se voulant le plus réconfortant possible. Mais ce n'est que la partie basse de mon visage. Je le sens parfaitement, le haut est comme bloqué, le regard glacial, les muscles figés dans une expression aussi sombre que froide. La colère que je ne parviens pas a mettre en avant avec des mots, je sens que mon visage l'exprime a la place. Et le long de mon menton, coulant lentement comme un ruisseau endormit depuis ma lèvre inférieur, atteignant le sol dans un bruit sourd, une ligne de sang. J'ai trop appuyé on dirait, et je ne m'en suis même pas rendu compte. Cela m'avait permit de ne pas exploser. Je dois parler, alors je parle.

- Oh linn-chan je suis tellement désolé. Je....

Je stoppe la mes paroles. Elles sont creuses, aussi vide que mes yeux qui regarde la jeune fille mais qui pourtant ne voient rien, je suis encore en méditation, rien est arrivé. Une nouvelle fois je relève les mains pour aller les poser sur les siennes, lentement, comme un automate. Je me sens effroyablement calme, plus que je ne l'ai jamais été. Je devrais me sentir au bord de la fission, mais dans cette nouvelle phase de mon état, et alors que ce n'est même pas moi qui était dehors ce soir la, je me sens différent.

- Ca n'arrivera plus jamais.

Tout aussi rapidement, mes mains quittent les siennes comme elles sont venue et je me lève avant de faire un pas en avant, puis un autre en arrière, sans vraiment savoir quoi faire.

- Plus jamais.

Je m’arrête prêt de la table. J'étais calme pourtant, et je sens le monstre bourdonner dans ma poitrine. Il veux sortir, mais je dois le retenir, il le faut. Sinon je redeviendrais celui qui a voulu dépecer vivant Zakuro Fea. Celui qui beaucoup plus loin dans le passé avait voulu éventrer son propre maître. Je n'ai pas le temps de réfléchir a quoi que ce soit. Je passe négligemment ma main sur ma lèvre ensanglanté, sans grand résultat. Puis d'un coup du plat du pied net, rapide, fatal, je fracasse la chaise la plus proche de moi contre le mur, la cassant a plusieurs endroits. Je sursaute moi même de mon propre mouvement. Il fallait quelque chose pour me calmer, et cela a eu le mérite de me faire ouvrir les yeux de nouveaux. Je les poses sur Aslinn, avec tendresse, redevenu chaud l'espace d'un instant, l'espace d'une chaise.

- Tu m'entends, linn-chan ? Je te le promet, ça n'arrivera plus jamais, jamais, jamais.

Toujours d'une démarche aussi souple que raide, ce qui peux être étonnant quand j'y pense, mais a cet instant précis, c’était la seule description que j'étais capable de faire, je me dirige vers l'armoire encore ouverte de ma chambre, attrapant un tee shirt au hasard. Et un short. J'enfile ce dernier mécaniquement. Puis le t-shirt a son tour, recouvre mes muscles saillants, crispés. Je n'ai jamais ressentis ça auparavant, cette envie de meurtre, cette soif de sang. L’instinct protecteur, ou la folie ? Je n'en avais absolument aucune idée. Et quand je me retourne, habillé, vers Aslinn, mon visage tout entier n'est plus que marbre :

- Viens avec moi, linn-chan, allons faire une promenade en ville.

J'enfile mes chaussures, avant d'ouvrir la porte vers le monde extérieur.

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MessageSujet: Re: Turn on the light [Satoshi]   Mer 17 Aoû 2016 - 16:54

J’ai fini. J’ai l’impression d’avoir vomis tout ce que je viens de dire. Et comme lorsque l’ont rejette ce que notre corps à tenté de digéré, je me sens me sens vide. Il n’y a plus rien à l’intérieur de moi. J’ai voulu encaisser, je pensais que je serais capable de tout garder pour moi, mais finalement, tout est sortis. Mes yeux continuent de couler. Je vais finir par m’assécher à ce rythme. Il faut que je me reprenne. Que je trouve un moyen de me reprendre.

Les mains de Satoshi quittent les miennes. Il commence à bouger.
NON
Ne part pas. Ne te retourne pas non plus. Je ne voulais pas qu’il me voie comme ça. J’aurais du rester dans les sanitaires, sombrer dans la folie pour une nuit. Il ne devais pas me voir pleurer. Pas comme ça. Je suis forte. Je pensait être forte. Les larmes elles continuent de couler. C’est un écran flou qui se met devant mes yeux. Je ne vois même plus Satoshi alors qu’il est là.
Je n’arrive même pas a lever les yeux pour le regarder. Mon regard fixe un point vers le bas, laissant mes larmes s’échapper en flot continu.

Sa voix s’élève. C’est une première corde qu’il me tend pour revenir à l’instant présent. Je ne suis plus à cet arrêt de bus, mais bien ici. Dans la chambre de Satoshi, a pleurer sur son dos. Enfin, plus maintenant. Il c’est retourner. Il me voit maintenant. Il ne doit pas y avoir grand-chose d’autre que mes cheveux a regarder, et les gouttes qui ruissellent sur mon menton, jusqu’au moment ou elles vont achever leur course sur le sol. Qui aurais cru que je mes yeux pouvaient produire autant d’eau ? Pas moi. Et ça ne semble pourtant pas près de s’arrêter.

Il prend mes mains entre les siens. Déglutissant une fois de plus, je relève finalement les yeux. Poser mes iris sur lui me coûte. J’ai l’impression de rendre un peu plus réel tout ce que je viens de raconter. C’est un façon de lui confirmer que ‘’c’est vrai’’. Tout ceci c’est bien passé, et je suis la devant toi, à pleurer.
Je déteste pleurer pourtant.

Ses mains viennent se poser sur les miennes, mais je ne réagis même plus. J’ai l’impression de m’être déconnectée. Qu’une partie de mon esprit est retournée là-bas pendant que je racontais. Mes yeux viennent finalement se poser dans les siens. Prends moi dans tes bras. Serre-moi. Je ne veux plus jamais partir. Plus jamais sortir. Reste avec moi. Mais ses yeux sont froids. Satoshi, ou es-tu ?

Ca n'arrivera plus jamais.
Ses mains s’en vont. Il se relève.
NE PARS PAS
Pourtant il n’y a rien que je suis faire qui puisse le stopper dans son mouvement. Mon corps ne réponds plus. Mes mains sont restée ballantes dans la position qu’elles avaient prise un peu plus tôt. Tout ce que j’arrive a faire est le regarder a travers mes larmes. Pourquoi est-ce que sont corps à lui lui obéit, alors que je ne peux plus bouger le miens ? Pourquoi hein  Pourquoi est-ce que je n’arrive même pas a faire bouger ma mâchoire pour lui demander de rester a coté de moi ?

Je veux plus. Je ne veux plus. Plus de quoi ? Je ne sais pas. Je le veux lui. Je ne veux plus des hommes, plus de l’humanité. Mais je le veux lui. J’ai besoin qu’il reste pour moi. Je veux son épaule pour pleurer, ses bras pour m’enserrer. J’ai besoin d’humanité. Pourtant elle m’horrifie. Ils ont posés leurs mains, j’ai été violente en échange. Mais ce qui m’effraie le plus, est ce qui aurais pu se passer. Si je n’avais pas réussit a me défendre, s’ils avaient été un tout petit peu plus fort.
Je pleure encore.

Plus jamais.
Sont pied part, la chaise vole.
Je hurle.
Pourquoi ?
Pourquoi pourquoi pourquoi pourquoi ?
Ce coup-ci mon corps tendu a l’extrême réagis. C’est une chance qu’il ne se soit pas cassé quand j’ai sursauté. Mes genoux sont remontés d’un coup, j’ai caché ma tête dedans. Mes bras brusquement contractés sont venus poser mes mains sur mes cheveux.
Je ne veux plus rien voir, plus rien entendre. Laisse moi mourir en paix. Laisse moi finir de me dessécher. Viens me prendre dans tes bras.
J’ai peur. Je ne sais plus ce que je veux,mais je sais que j’ai peur. Ce qui viens de se passer me fait peur. Que ce soit dans Bougu ou dans cette chambre. Qu’est ce que j’ai fait ? Pourquoi est-ce que je n’ai pas eu la flemme d’aller a cette fichue soirée ? Pourquoi, hein, pourquoi ?

Tu m’entends?
Non je n’entends pas. Je ne veux plus rien entendre.
Plus jamais ? Si. A chaque fois que je sortirais. A chaque fois que je serais une femme. Toujours, partout. Ils seront là, les autres aussi seront là. Ceux qui n’étaient pas la ce soir, mais restent des mâles avec leurs envies.
Plus jamais tu dis ? Je voudrais y croire.
Mais je n’y arrive pas.

- Viens avec moi, linn-chan, allons faire une promenade en ville.

-NON !!!


Je braque. Mon visage est remonté d’un coup pour aller croiser son regard.
J’ai peur. Ma figure retourne se cacher dans mes genoux.

-non non non non non non non non

Je sens les larmes qui recommencent a couler de plus belle.

-Je ne veux pas. Je ne peux pas.

Ma voix se brise sur ces derniers mots. Chaque parole prononcée m’arrache un peu plus la gorge. Mes mains revendues se poser dans mes cheveux sont accrochées a mes boucles, enfonçant mes doigts sur mon crane ; je ne peux même pas me résoudre à relever la tête. Je ne peux pas lui faire face. Je ne peux pas leur faire face. Je ne veux pas aller là bas.
Une nausée me reprend.
Je me précipite jusqu’à sa cuisine pour aller vomir dans l’évier. Je ne pensait même pas que mon corps serais capable de bouger ; pourtant chacun de mes réflexes semble exemplifié par le stress auquel que je suis soumise. Par la peur aussi.
Je garde la tête au dessus de l’évier quelques secondes, puis tourne la tête vers Satoshi. Je pleure encore je crois. Le goût de vomis dans ma bouche n’améliore pas ma condition. Pourtant, je parviens a formuler encore une pensée. Ma voix semble défaillante. Chaque son prononcé semble venir d’un peu plus loin.

-Je ne peux pas retourner là-bas.

Je déglutis.

-J’ai peur.

Ma voix s’éteint sur ces derniers mots.
Je crache une fois de plus dans l’évier. Je n’ai plus rien dans le ventre que je puisse vomir. Ce n’est qu’une bile blanchâtre que je recrache.

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MessageSujet: Re: Turn on the light [Satoshi]   Ven 19 Aoû 2016 - 3:10

Sa réaction me prend de court. Je n'avais pas pensé qu'elle opposerait une quelconque résistance. A vrai dire, je ne pense plus du tout depuis plusieurs minutes déjà. Je la regarde plonger son visage entre ses genoux comme si elle espérait ne plus avoir a en ressortir. Je tourne le visage vers la chaise en morceau, dans un mouvement mécanique qui me donne l'impression de nouveau de ne plus être tout a fait moi même. Je pourrais l'attraper et la secouer un grand coup, mais ça ne marcherait sans doute pas.

Qui te dis que tu ne peux pas ? C'est toi qui te persuade de ça. Si tu prend ton courage a deux mains tu y arriveras. Tu as peur ? Mais peur de quoi, peur de qui ? Tu as juste peur d'un événement. Je soupire. Comment lui dire ça sans paraître insensible. Je lui ai déjà raconté l'histoire de mon enfant, mais ce n'est pas en disant que ce n'est rien a coté de ce que d'autre on vécu qu'elle se sentira mieux, au contraire. Je ne peux rien faire alors ? Je n'ai envie de rien faire, juste de dormir. Mes paupières sont lourdes.

Je me remémore alors une scène qui s'est déroulé il y a il me semble une éternité. Dans un certain vestiaire. J'avance d'un pas lent, motorisé, vers l'évier de la cuisine, puis prend un verre que je remplis d'eau, avant de l'avaler d'une traite. Elle est fraîche, elle me remet les idées en place, elle est parfaite. Je remplis le verre a nouveau, jusqu'à raz bord, puis je me dirige vers l'endroit ou se trouve une Aslinn tremblante. Je m'accroupis devant elle, l'observant pendant plusieurs secondes. Puis avec ma main gauche, je vais chercher son menton afin de relever son visage pour qu'il soit face a moi, sans y mettre trop de force, juste assez pour que la pauvre rousse soit obligé d'obtempérer. Je la regarde un instant dans les yeux, et sans concession, lui jette le contenu du verre d'eau en pleine figure, d'un coup sec, arrosant par la même occasion le tatami tout autour d'elle. Je pose toujours avec des mouvements lents le verre par terre, et commence a parler.

- Tu as peur de quoi ? Tu as peur de qui ? Ou as tu peur ? Est ce que tu as peur ici ?

Du bout du doigt je désigne ses jambes, ses hanches, sans les toucher, et de la même façon je montre la partie du corps que je cite, au fur et a mesure.

- Ici peut être, tu as eu peur qu'on te viole ton intimité (je désigne son entre-jambes), ou encore la, tu sens le contact contre ta peau contre ton nombril (que je désigne également). Ou encore ici peut être, cette sensation au creux de la poitrine, au niveau de tes seins, non ? Ou alors ta bouche, leurs haleines putrides, pleines d'intentions macabres (je désigne ses lèvres). Ou alors la vérité est plus simple, tu as peur ici, peut être ?

D'un coup du bout du doigt, je frappe son front, de la même façon que je le fais toujours amicalement, tendrement, comme une marque d’affection qui montre l'attention que j'ai pour elle, ce petit quelque chose que je ne fais pas aux autres. Je garde ce doigt appuyé contre sa peau, ne détachant pas mon regard du sien, le silence revenu. Je retire alors mon doigt et reprend une nouvelle fois la parole :

- Reveille toi maintenant. Ce n’était pas un moment agréable, c’était une épreuve. Mais tu es la. La douleur que tu ressens t'aides a te rappeler que tu es bien vivante. Si tu n'avais pas mal, alors tu serais d’ors et déjà morte.

Je me lève encore une fois et me dirige vers la fenêtre. La peur nous bloques, même si elle est subjective. Quelque chose qui ne fait pas peur mais qui pourtant vous terrifies jusqu'à la pointe des pieds, cette peur, je l'ai connu a en mourir, un soir dans une certaine cuisine. Et c'est pour ça que je peux lui dire que si elle ne réagit pas tout de suite, elle ne s'en remettra probablement jamais. Il faut combattre ou mourir. Je suis mort pendant dix ans, parce que je n'ai jamais eu le courage de me défendre contre cette image rémanente qui n'est jamais réapparut. Je veux lui laisser le choix de ne pas faire la même erreur. J'observe l’extérieur encore un moment. L'heure avance, il faut y aller maintenant, sinon nous ne pourrons pas régler le problème, il sera trop tard. Alors je me retourne et avance en direction de la porte, stoppant ma marche au milieu de la pièce.

- Si tu crois en cette peur qui t'obscurcit l'esprit, qui trouble ta raison et t’empêche d'avancer, alors reste la en priant pour que cette image que tu as en tête ne redevienne pas réalité. Mais si tu crois en moi, alors lève toi et suis moi. Viens affronter cette peur qui t'as mise a terre ce soir. Je serais ton bouclier.Je serais ton glaive.

Ma main est toujours serré, mon regard toujours froid, ma bouche légèrement tremblante, dégoulinante de sang le long de mon menton. Et j'avance toujours aussi lentement vers la porte, me préparant a sortir dans la nuit.

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MessageSujet: Re: Turn on the light [Satoshi]   Ven 19 Aoû 2016 - 15:03

Mes jambes arrêtent de me porter à nouveau. Je glisse lentement le long du meuble de l’évier pour finir une fois de plus assise, adossée au contre-plaqué. Mes genoux remontent, j’entoure mes jambes de mes bras. Une fois de plus, je cache mon visage sur mes genoux.
J’ai peur. Bien trop peur.
Je ne peux pas faire face. Pas comme ça. Même à Satoshi je ne peux pas lui faire face. Il ne devait pas me voir dans cet état. La course dans laquelle s’était lancé mon cœur ralentis. Calme toi. Tu n’iras pas la-bas. Tu n’iras plus jamais la-bas.
J’expire longuement. Les sanglots se clament, mais mes yeux continuent de couler.

J’entends Satoshi qui se déplace. Il ouvre le robinet. L’eau coule une première fois. Puis silence. Puis une deuxième fois. Ne me dite pas qu’il nettoie tout ce que je viens de cracher dans son évier ? Il ne devais vraiment pas me voir dans cet état. Qu’est ce que je suis venue chercher ici en premier lieu ? Je ne sais même plus.

L’air bouge devant moi. Il s’est accroupi pour me faire face.

Je suis venue ici pour l’avoir lui. Parce que j’avais besoin de quelqu’un pour me soutenir. Et il est là.

Sa main se glisse entre mes genoux pour venir chercher mon menton. Il fait remonter mon visage, plongeant ses yeux dans les miens. Je ne peux pas soutenir ce regard. Pas maintenant. J’ai l’impression que toutes mes faiblesses sont mises a nu. Je ne veux pas qu’il me voie comme ça. Je détourne les yeux, fuyant son regard.

Il me balance de l’eau dans la figure. Je suis de retour la douche. C’est un autre glaçon qui vient m’exposer à la figure.
Je sursaute. Pas un son ne sort de ma bouche, mais mes yeux reviennent se poser sur lui. J’accepte son regard ce coup-ci. Un instant j’arrête de fuir pour le regarder en face. L’eau dégouline sur mes cheveux, le long de mon visage ; se mélangeant aux larmes, retirant le goût de sel qui c’était posé sur mes lèvres. Je déglutis. Est-ce que mes yeux vont arrêter de couler ? Maybe.

De quoi est-ce que j’ai peur?
De tout. De rien. Je ne sais pas.
Je l’observe sans le voir. Mais je l’entend, et de ses mots, je devine ses gestes. Mes yeux sont vides, mon esprit est plein de l’horreur. Au fur à mesure que chacune des parties de mon corps est citée je sens la boule dans mon ventre grossir. Ses mots sont des serpents qui s’enroulent autour de chacun de mes membres. Semblables aux mains qui se sont posées sur moi, ils s’enlacent de plus en plus dans mon intimité. Chaque mot fait remonter un souvenir, un contact. Tout mon corps est pris de tremblements. J’ai froid, terriblement froid, et l’eau qui me dégouline encore dessus n’est pas vraiment pour améliorer. Je revis une troisième fois la scène a travers ses mots ; mais ce coup-ci,les serpents plongent encore plus profondément en moi. Ils m’enlacent, m’enserrent, dans l’étreinte froide et glacée de la peur. Je sens une autre nausée remonter, mais je n’ai plus rien a cracher.

-Ou alors la vérité est plus simple, tu as peur ici, peut être ?

Son doigt viens se poser sur mon front.
De l’affection.
Je ne comprend plus rien. Je suis perdue quelque part. C’était des serpents qui, de leur anneaux puissants, me faisait revivre l’horreur, et maintenant, c’est un doigt. Cette scène se superpose avec toutes les autres ou il a effectué ce geste. La banalité se place devant l’horreur. A chaque fois, toujours, partout, ce geste que j’ai fini par prendre comme une marque d’affection. Un vertige me fait relever la tête complètement. L’arrière de mon crane va se poser sur le meuble derrière moi. Mon corps tout entier se relâche. Tendu à l’extrême depuis bien trop longtemps, je sens mon sang recommencer à circuler normalement jusqu’au bout de mes membres. Je respire bruyamment, je suis essoufflée. Ma respiration s’accélère lentement, en même temps que les battements de mon cœur qui se réveille de sa léthargie.
Qu’est ce qui c’est passé ?
Je plonge mes yeux dans ceux de Satoshi, sans pour autant comprendre ce qu’il a fait. Un frisson me parcours le corps. Je suis bien vivante. Les serpents ne m’ont pas étouffée, Satoshi est là. Pour moi.  Je déglutis.

Reveille toi
Qu’est ce qu’il vient de me faire ? Un épreuve. Non, ce n’est pas une épreuve. C’était une horreur. Je suis vivante ? Je ne sais pas. Je suis déjà morte trois fois ce soir. Je suis vraiment vivante ? Si je n’avais pas mal, c’est que je serais morte ? Je suis vivante alors. J’ai mal.
Je cligne des yeux, continuant a fixer sa rétine d’un air absent.
Je suis vraiment vivante ?
Il y a quelque chose qui c’est cassé en moi.Un connexion qui à pété. Je ne comprends plus rien. Je suis perdue, complètement perdue. Qu’est ce que je dois faire. Mon regard est toujours aussi vide, pourtant je le fixe avec étonnement. Je suis vraiment vivante ? Explique moi.

Mais il se relève.
EXPLIQUE MOI
pourquoi est-ce que tu repars ? Tu étais là, devant moi. Pourquoi tu n’y es plus ? Il n’y a plus que le sol que je puisse fixer. Ou es tu ? Je remonte mes mains et les fait maladroitement passer sur mon visage. C’est mouillé. J’ai vraiment pleuré tout ça ?
J’ai la tête qui tourne.
La voix de Satoshi résonne dans l’air une fois de plus.

Mes yeux le cherchent à toute vitesse. Je veux le voir. Je veux qu’il soit là. J’ai besoin qu’il soit là.
Je me lève. Commençant a marcher maladroitement alors qu’il parle encore, je me cogne contre un coin du meuble, mais c’est à peine si je le remarque. Il faut que j’aille jusqu’à lui.
Il arrive au bout de sa phrase quand je viens me poster devant lui. Mon bouclier. Mon glaive

-Soit juste mes vêtements. Prends moi tout entière entre tes bras.

Je fini ma phrase en m’avançant vers lui, allant presser mon corps contre le sien, glissant mes bras dans son dos pour qu’il ne s’échappe plus. Je fini de sécher mon visage dans son t-shirt avant de relever les yeux vers lui. Je pose mon menton sur son torse, pliant ma nuque au maximum pour que toute ma figure soit orientée vers la sienne. Je serre mes bras un peu plus fort. Mon regard est vide, mais il est braqué sur Satoshi. Il est là. Je ne le laisse plus partir. Je le veux pour moi.
Je desserre un peu ma prise pour me mettre sur la pointe des pieds et venir lécher le sang qui coule sur son menton depuis tout à l’heure. Un goût de fer reprends sa place dans ma bouche. Je retombe sur le plat de mes pieds et plante mes yeux dans les siens, laissant mes mains redescendre le long de ses flancs pour lui rendre une certaine capacité de mouvements.
Quelque chose s’est brisé dans ma tête un peu plus tôt. J’ai l’impression que rien de tout ça n’est réel. Je suis encore dans une transe. Elle a le goût du sel, mais elle a aussi un arrière goût de sang.

-On y va. Je retourne dans la nuit tant que tu reste avec moi.

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MessageSujet: Re: Turn on the light [Satoshi]   Ven 19 Aoû 2016 - 17:25

J'ai du mal a le croire. En fait j'ai l'impression de voir la scène depuis l’intérieur de mon corps, sans que ce soit moi qui parle. Je l'ai convaincu de se lever, elle s'est levé, elle se bat. Si j'avais pu, j'aurais souris, mais je ne contrôle plus mon corps depuis longtemps. Je la vois qui me regarde, les cheveux dégoulinant de l'eau que je viens d'asperger sur son visage. Elle viens jusqu'à moi, en me parlant d'une chose que je ne comprend pas vraiment, je ne suis pas sur d'avoir ne serait ce qu'entendu ce qu'elle a dit.

Tout ce que j'ai compris c'est qu'elle est debout a mes cotés. Je frémis quand je sens son corps contre moi, lorsqu'elle oblitère un instant le sang qui continu de couler de mon menton dans un geste que je ne comprend pas exactement moi même. J’obéis, je la prend dans mes bras un instant, et je retrouve le contrôle de mon corps pendant un instant qui me paraît être un dixième de seconde. Je ne suis sans doute pas très doué pour ce genre de marque d’affection, mon étreinte est maladroite, et je préfère ne pas la faire durer trop longtemps. Je me dirige ensuite vers la porte que j'ouvre, afin de la laisser pénétrer le hall aussi sombre que l’extérieur du bâtiment. Et quand elle me dit qu'elle ira uniquement si je reste avec, je m'entend répondre sans réfléchir :

- Je ne crois pas t'avoir déjà abandonné, cela ne commencera pas ce soir.

Je referme derrière moi a clé, sans même prendre la peine d'éteindre la lumière. J'ouvre ensuite la porte qui dirige dans la nuit, sur le campus. Plus besoin du concierge a présent que j'ai le double des clés qu'il ma laissé avec l'autorisation du vice-principal. C'est une bonne chose, bien que je ne pense pas qu'il approuverait la raison pour laquelle je les utilises ce soir. Nous commençons a marcher vers la sortie du complexe, en silence. Je voudrais parler, mais je n'y arrive pas, je marche simplement mécaniquement, le poing serré vers la ville, le regard neutre. Je ne saigne plus, et il ne reste que du sang séché au coin de ma lèvre, recouvrant ma vieille cicatrice, comme un rappel de ce qu'il risque de se dérouler dans quelques instants.

Alors que nous finissons par atteindre la sortie, je m’arrête, devant les lumières tamisés qui nous viennes depuis le centre ville. Je me baisse sur mes jambes, passe mon bras droit autour de ses épaules et désigne le ciel. Encore une fois, je m'étonne moi même de cette façon dont je parle depuis tout a l'heure, depuis que j'ai appris cette histoire, depuis que je parviens plus a contrôler ce corps, que je vois depuis l’intérieur de mon enveloppe charnelle :

- Regardes, le ciel est comme d'habitude, la ville aussi. Il n'y a aucun changement, rien du tout. Le sol que tu foules est identique, et je suis toujours le même. Et surtout, toi aussi, tu es exactement comme d'habitude. Tu n'as pas changé, rien a changé. Tu n'as pas a avoir peur.

Puis je reprend la marche tranquillement dans la nuit. L'air est frais, et cela pourrait presque ressembler a une petite promenade si mon esprit n’était pas totalement figé sur une seule et unique chose. Je sens mes muscles se gonfler au rythme de ma respiration, au rythme de ma colère. Je dois parvenir a lui faire entendre raison, a me calmer, a respirer. Je ne dois pas faire ce que je meurs d'envie de faire. Je dois simplement lui montrer la vérité, la chose qui lui fait peur, je dois la lui faire découvrir sous son vrai jour, pour qu'elle comprenne qu'elle n'a rien a en craindre.

Nous croisons un tram, deux tram, tandis que nous continuons d'approcher vers la zone de recherche. Le centre ville que nous finissons par atteindre. Je n'ai aucune idée de l'heure qu'il est a présent. Il n'y a plus grand monde, juste des passants qui rigolent, des couples qui se tiennent par la main, des amis encore attablés dans des restaurants, des pères de famille qui regardent la télé dans un bar entre amis, loin des responsabilités qu'ils ont jour après jour. Et moi je m'arrete, prêt de la grande fontaine qui marque le centre de la place ou nous sommes. Elle ne me rappelle aucun souvenir, je ne parviens plus vraiment a réfléchir de toute façon. Il y a un moment ou il faut tout simplement agir. Et je vais agir. Je vais lui montrer, je vais leurs montrer.
Je me retourne vers la jeune rousse qui s'est arrêté a coté de moi. Juste tout proche de moi, et dis d'une voix dure :

- Emmènes moi a l'endroit ou tu t'es fais attaquer, s'il te plaît. J'ai envie de voir a quoi ils ressemblent.

Je lui souris de nouveau, d'une façon beaucoup plus crispé qu'a mon habitude. Et ca y est je le sens, mes yeux ne sont plus neutre, ils débordent de rage, d'envie de sang et de meurtres. Non, il faut que je respire. Mais je n'y parviens pas, je ne suis plus que le spectateur du combat qui se prépare. Je suis celui qui suis Aslinn vers l'endroit ou se déroulera la mise a mort. Et je marche vers la potence.


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MessageSujet: Re: Turn on the light [Satoshi]   Sam 20 Aoû 2016 - 14:29

Doucement,je sens ses mains se poser sur moi. Il me rends mon étreinte comme il peut. Je cache mon visage dans son t-shirt. Je veux me sentir coupée du monde ; enveloppée dans ses bras, avec pour seule réalité le microcosme créé entre lui et moi. Tout le reste n’existe plus. Je veux tout oublier. Ses mains sont les seules a ses poser sur moi ; tout le reste n’était qu’une illusion. L’illusion de la peur.

Puis il me lâche.
Non.Pourquoi tu t’en vas ? Ne me lâche pas. Ne vas pas vers la porte. Je suis bien plus inintéressante que la porte. Je soupire avec exaspération. Qu’est ce que tu lui veut à cette porte ? Reste avec moi.
Ah.
Tu l’ouvre. C’est vrai que tu voulais sortir. J’attrape son t-shirt, le suivant a travers l’encadrement de la porte. Je ne sais pas si j’ai envie de sortir moi. Il fait nuit dehors. La nuit est noire.
Oh
Chaussures. Il faut que je mette des chaussures si tu veux qu’on aille dehors. Il m’a fallu quelques pas hors de la chambre de Satoshi pour me rendre compte que j’étais encore pieds nu. J’avais oublié. La fraîcheur du sol sous la plante de mes pieds m’a rappelée à l’ordre. Heureusement. Je serais sortie pieds nu sans me poser la moindre question je pense. Je suis encore habillée des vêtements de Satoshi. C’est amusant. Il dit qu’on va dehors, mais je n’ai pas l’impression de sortir. On va juste… ailleurs.

Je rentre dans la chambre pour aller chercher mes Dr. Martens. Flemme de mettre des chaussettes. Ça n’est pas confortable, mais ce n’est pas grave ça. Tant que j’ai une semelle sous les pieds, tout va bien.
Je ressort. Satoshi est encore là. Je savais qu’il serais encore là. Il a dit qu’il ne m’abandonnerais pas. Qu’il ne m’abandonnerais jamais. Et je lui fait entièrement confiance. En qui je peux avoir confiance, si ce n’est pas en lui ? Personne au Japon. Nous avançons dans le couloirs, jusqu’à arriver devant une seconde porte.
Il y a la nuit derrière cette porte.

-NON ! N’ouvre pas.

Je me retourne pour faire dos à la porte et repartir dans la direction opposée. Pourtant, j’entends la clé tourner dans le verrou. Je fais demi-tour à nouveau pour voir Satoshi sortir.
La nuit est la, et il s’engouffre dedans. Attends moi… Il y a la nuit autour de toi. La nuit qui nous regarde, qui m’observe sans concessions. La nuit qui leur à permis de venir sur moi, qui les rends plus forts, qui…
Je m’engouffre dans la nuit.
Mon rythme cardiaque accélère a nouveau. Je sens la peur revenir se nouer dans mon ventre. Je respire moins bien. Je déglutis et avance. Je n’ai pas le droit de m’arrêter là. Je regarde le blond commencer à avancer, puis me met en mouvement à mon tour. J’ai l’impression que chacun de mes gestes est observé, que les vêtements de Satoshi ne sont pas suffisants pour me cacher. Je marche rapidement jusqu’à lui pour venir attraper son t-shirt. J’ai dit que j’y arriverais tant qu’il reste avec moi. Ne t’éloigne pas plus.
Je le suis à travers la nuit. Il marche rapidement, mais suivre son rythme ne me coûte pas trop ; si c’est ce que je dois faire pour rester près de lui. Je le suis ainsi jusqu’à la sortie de l’académie. C’est une autre étape que de sortir. De même que pour le fait de sortir dans la nuit, je n’aime pas l’idée de sortir de l’espace sécure de l’académie ; mais je le fait.

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Turn on the light [Satoshi]
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