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The Future is like a puzzle with missing pieces: difficult to read, and never, never what you think.
 
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 Elle était gibbeuse [Ulrich]

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Aslinn Eadhra
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MessageSujet: Elle était gibbeuse [Ulrich]   Mar 9 Aoû 2016 - 23:37

J'ai besoin d'air. Je ne sais plus où j'en suis. C'est une situation que je n'ai jamais connue.  J'aime Satoshi. Vraiment. Mais c'est un nouveau type de relation qui va se créer. Enfin je ne sais pas. Je ne veux pas que ça aie changé quelque chose entre nous.
Je le veux. Lui, juste lui. Pour moi toute seule. Je veux son corps, je veux son âme.  Je me retourne une fois de plus dans mon lit. Qu'est ce que j’ai fait ?

Je n'arriverais pas à dormir. Ce n'est même plus une supposition, c'est une certitude. Le sommeil ne viendra pas faire passer le temps ce soir. Ça sera une nuit longue. Blanche, ou noire. Selon le point de vue. Je redresse le dos.
J'ai besoin d'air.
J'ai besoin d'aller voir ailleurs.

Aëlynn dors encore. J'allumerais bien la grande lumière de la chambre, juste pour l'embêter, prétextant que je ne trouve pas mes chaussures.  Enfin, si je dit ça, elle va me demander en premier lieu pourquoi est ce que je les cherche à trois heures du matin. Et mes Docs ne sont certainement pas quelque chose que je vais perdre. Je serais capable de les trouver et les lettres à mes pieds dans le noir complet. Sauf que présentement, ce n'est même pas un noir complet. La lumière de la lune filtre à travers les stores, rayant la surface de la chambre, faisant fis des volumes, pour s'étaler partout.
Je tends le dos, faisant craquer mes vertèbres unes à une, remontant lentement jusqu'au épaules. Je tends les bras au dessus de la tête, puis empoignant mon coude, fait craquer une à une chacune de mes épaules ; puis laisse la gravité reprendre possession de mes membres, les laissant tomber mollement le long de mon corps. Je décale finalement mes jambes sur le côté du lit, laissant mes pieds venir au contact du sol. Contact froid.

Je me lève. Je me dirige dans l'espace trop connu qu'est cette chambre sans même avoir besoin d'allumer une quelconque lampe. Dans mon armoire, je récupère des chaussettes, que j'enfile, avant de glisser mes pieds dans mes Dr.Martens. Prenant un sweat à la volée, je sors. Je ne suis pas vraiment supposée sortir la nuit. Par vraiment du tout en fait.
As if I cared

J'enfile mon sweat. Large, gris, sans fermeture éclair. Je dois avoir l'air fine comme ça, encore en pyjama, avec mes Docs et ce sweat trop grand pour moi. Pyjama composé d'un simple short de sport et T-shirt.  Je vais aller prendre l'air.

Les bâtiments sont fermés. Je ne sortirais pas par les sorties habituelles. Mais ; je connais une autre sortie. L'escalier qui mène au toit n'est pas loin, et je sais ouvrir la porte qui ouvre sur le toit. Juste un loquet à tourner, il suffit d'avoir le coup de main.
J'arrive aux escaliers. Je monte. Une fois en haut, la porte n'est même pas fermée. Il y a déjà quelqu'un ? Je soupire. J'aurais voulu profiter de ma solitude. Je voulais que l'air de la nuit ne soit qu'à moi. Je passe quand même le pas de la porte. Au début, c'est la luminosité de la lune qui m'éblouit. Les couloirs sont vraiment sombres. Gibbeuse en ce moment, je crois que c'est la période du cycle lunaire que je préfère. Puis, laissant l'observation de la lune pour plus tard, je laisse mon regard tomber sur ce qui m'entoure. Un coup d'œil circulaire suffit à me confirmer le fait que je ne soit pas seule. Habillé de vêtements sombres, les reflets argentés que la lune créent dans ses cheveux un motif étrange, il fallait le voir. Un autre brun. Un autre asiatique je suppose. Pour changer. Il va pourtant falloir que je m'y habitue, je suis au Japon après tout, ça n'a pas grand chose d'étonnant de trouver des asiat' un peu partout.
Je soupire.

Je voulais vraiment être tranquille. J'ai besoin d'extérioriser tout ce qui tourne en moi depuis quelques jours. Je voudrais me pencher sur la rambarde et hurler mon état d'esprit au monde. J'ai l'impression qu'il y a une champs de bataille en moi. Mais aussi que je n'ai jamais été aussi bien.

Je m'approche du brun, pour finalement me laisser tombée accroupie à côté de lui, l'accompagnant dans la contemplation de ce qu'il y a devant moi. Je pose mon menton sur l'une des barres qui forment la barrière. La dernière fois que j'ai abordé un brun sur le toit, c'était un blond. Et voilà où ça m'a menée. C'est partis de rien. Il dormais, j'ai enfoncé mon doigt dans sa joue. Puis tout est partis d'un coup.
Et aujourd'hui ; je l'aime.

Je soupire.

- Si tu veux on saute à deux. Sauf que je m'envolerais. Si ta n'a pas d'ailes tu va juste aller peindre le sol en rouge.

Dit sur le ton le plus sérieux qui soit, je ne sais même pas ce que j'attends comme réponse à cette phrase complètement décalée. Je ne sais même pas si j'attends un réponse en fait. Il pourrais tout à fait décider de me poignarder aussi bien que de m'ignorer, je n'en serais pas surprise.

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MessageSujet: Re: Elle était gibbeuse [Ulrich]   Mer 10 Aoû 2016 - 17:08

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Août 2016 / Aislinn-Ulrich
Quand tu peux jamais être seul tranquillement
Elle était gibbeuse

Long nights, no peace, I feel like everybody's eyes on me



__Vient un moment où le plafond de la chambre devient lassant. Blanc, monotone, vide, à part le petit insecte, là-haut, sûrement tué par un ancien pensionnaire assez grand pour frapper sur le plafond ou écrasé par un drap. La lumière de la lune qui s’infiltrait entre les stores n’aidait pas son insomnie à disparaître, pas plus que le bruit de la respiration de ses camarades de chambre. L’absence de sommeil avait cet effet sur lui : le moindre petit son, la moindre petite lumière lui semblait décuplé, et il avait la sensation désagréable que chacun de ses camarades venait lui souffler dans l’oreille à tour de rôle. Son coude le démangeait, aussi, à cause de ses stupides erreurs de jeunesse.
__Je déteste la nuit. Ça ne sert à rien de rester ici.

__Lentement pour faire le moins de bruit possible, il écarta ses couvertures et enfila le tee-shirt qu’il gardait sous son oreiller pour ce genre de nuit. Noir et à manches longues malgré la chaleur, pour cacher les marques dans son coude qui ne disparaîtraient sans doute jamais et surtout pour se cacher, lui. Il n’avait pas le droit de sortir la nuit, mais ça n’avait pas d’importance. Il n’avait pas l’intention de passer encore une nuit à suivre le fil tortueux de ses pensées en fixant le plafond. Il hésita un instant avant d’enfiler aussi un pantalon, au cas où. La lumière de la lune était trop blanche, sa peau trop blafarde. Mieux valait leur laisser le moins de surfaces de rencontre possible.
__En silence, il passa la porte de sa chambre et la referma derrière lui, retenant son souffle au petit grincement que fit la clenche. Mais personne ne se réveilla.

__Ulrich marcha à pas feutrés jusqu’aux portes menant au toit. C’était son étrange habitude, quand il n’arrivait pas à dormir, de se mettre là-haut et de profiter de l’air souvent frais qui y régnait. Peut-être parce qu’il ne pouvait pas sortir des dortoirs la nuit, peut-être parce que ça lui permettait d’oublier qu’il avait récolté un œil au beurre noir et un méchant hématome sur le nez, qu’on lui avait retiré ses couteaux et qu’il avait l’ennemie la plus dangereuse qui soit entre les murs de son école. C’est en se massant le nez qu’il arrivant devant les grilles, cette mince ligne en métal qui le séparait du vide.
__Comment tu fais, franchement, pour te mettre toujours dans la merde ? Il avait besoin d’une pause. Il n’arrivait pas à éviter cette fille et, parfois, il n’arrivait pas non plus à éviter son poing.

__Peut-être qu’il le faisait exprès, aussi. N’es-tu pas accro au danger, finalement ? Entre les armes blanches, la drogue qui avait pourri une partie de sa vie, et maintenant elle... Peut-être qu’il avait besoin, au fond de lui, que quelque chose menace sa vie pour en apprécier la valeur. Peut-être qu’il aimait ça, au fond, de savoir qu’elle pouvait surgir n’importe où, d’avoir cette adrénaline permanente, la peur qu’elle ne soit au coin de ce couloir, ou derrière cette porte. Il avait vraiment besoin de récupérer une arme, le plus vite possible. Il n’aimait pas qu’elle lui tape dessus mais, paradoxalement, il adorait jouer avec ses nerfs et la provoquer.
__La reluquer, aussi, et c’était souvent après ça qu’il se prenait son poing dans la figure.

__Il aurait pu passer la nuit entière à réfléchir, tout seul sur ce toit, si quelqu’un n’avait pas débarqué. Un vieux réflexe tendit sa main vers sa poche, là où se trouvait son couteau confisqué, mais elle se contenta de s’accroupir à côté de lui. D’ici, il ne pouvait voir que ses cheveux roux. Une teinture, sans doute, ou alors elle n’était pas japonaise. Pas plus que lui, quoique puissent dire ses papiers officiels.
__Sa phrase... proposition ? lui fit un effet étrange. Un frisson désagréable. Comme s’il avait été tenté l’espace d’une seconde et que son corps le secouait pour lu retirer cette idée de la tête. Le côté droit de ses lèvres se releva en un semblant de demi-sourire. Comme s’il avait déjà eu ce genre d’idée, comme si "repeindre le sol en rouge", comme elle disait, était quelque chose de tentant.
__Jamais de la vie. « Si tu veux sauter, je te retiendrais pas. J’espère juste que tes ailes se déploient rapidement. » Non, tu n’es ni gentil ni prévenant. Si elle voulait se jeter dans le vide, pourquoi l’en empêcher, après tout ? Pour se donner bonne conscience ? Ce n’était pas son genre.

__Il avait envie de s’asseoir. Bizarrement, même si son corps ne semblait jamais décidé à s’endormir, ses jambes en avaient marre de le porter. Il détestait ça, cette impression de flotter à mi-chemin entre l’éveil et le sommeil, sans jamais atteindre l’un ou l’autre. Il s’assit trop vite, dans un mouvement qui ressemblait presque à une chute. Peut-être qu’elle penserait qu’il était tombé, même qu’il était bourré, peu importe. Il avait cessé depuis longtemps de se soucier de l’avis des autres.

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Dernière édition par Ulrich Kirschten le Sam 13 Aoû 2016 - 21:46, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Elle était gibbeuse [Ulrich]   Mer 10 Aoû 2016 - 19:22

« Si tu veux sauter, je te retiendrais pas. J’espère juste que tes ailes se déploient rapidement. »

Un rictus étire son visage. Pas de coup de couteaux, mais une réponse quand même. Ce n’est pas plus mal. On dirais qu’il a compris que je suis celle qui souhaite sauter. Non, non, ne t’en fait pas, tu ne fera pas d’assistance au suicide ce soir. Ma vie commence à peine, je ne vais durement pas la laisser s’achever maintenant.

Un ricanement sarcastique s’échappe de ma gorge.

-Je me proposais juste de t’aider hein. C’est bien trop tôt pour moi pour sauter.

Oui, beaucoup trop tôt. Même pas cinq mois que je suis au Japon, et il voudrais que je me suicide ? Alors que je suis finalement libre, que ma famille est a quelques milliers de kilomètres de moi, que je commence enfin à ‘’vivre’’. Et puis, il y a mon blond maintenant. Je ne vais quand même pas mettre un terme à ma vie alors qu’il est là. Je n’ai plus aucune raison de me suicider. J’aurais pu en avoir, plus jeune, je pense ; mais l’idée de considérer la chose sérieusement ne m’est jamais venue a l’esprit. Je ne suis pas faible a se point quand même.

Alors oui, j’ai l’impression que le bordel ancestral qui est en moi en ce moment est insoutenable, mais d’un point de vue objectif, je suis heureuse. Bien trop heureuse pour décider de sauter. J’ai juste considéré le fait qu’il semblait observer le vide avec un peu trop d’attention. Qu’est ce qu'il pourrait faire d’autre aussi a une heure pareille sur le toit ?
Bon.
Oui, je me tais. C’était une pensée stupide. Je suis exactement comme lui a ce niveau. A trois heures du matin, sur le toit de l’académie. A observer le vide devant moi. Mais il n’y a pas que du vide. Il y a la lune aussi ; et les étoiles.

Quand je tourne la tête vers lui pour le fixer, il c’est déjà assis. Je n’avais même pas remarqué son mouvement. Encore accroupie, je suis un petit peu plus haute que lui. Je profite de ma supériorité pour le toiser un instant. Ce n’est pas souvent que je peux regarder les gens de haut ; mais mon ego n’en profite que plus à chaque fois que ça arrive. Je me demande ce que ça fait d’être grande de temps en temps. J’aurais bien aimé être plus grande, mais ça fait trop longtemps que j’ai arrêté de grandir pour avoir l’espoir de pousser de quelques centimètres encore. Je plante mes yeux dans les siens un instant. Je me demande vraiment ce qu’il fait la en fait, s’il n’a pas l’intention de sauter.
Sens-toi jugé, parce que c’est ce que fait actuellement.

Il n’a pas des trais d’asiatique finalement. La lumière rasante de la lune révèle des trais biens trop droits pour être japonais. Enfin. Ça n’a rien de vraiment étonnant non plus. Keimoo est une académie internationale. La preuve, j’y suis.
Mais même au-delà de moi, et maintenant que je m’en fait la remarque, il y a quand même pas mal de diversité culturelle ici. Alors oui, on reste au Japon, mais il n’y a pas que des japonnais. Beaucoup de métisses en fait.
Je laisse mon regard courir sur son visage. L’observant explicitement. Il n’a vraiment pas l’air en forme. Ses trais ne sont pas ‘’juste’’ droits, il sont creusés a en devenir squelettique. Presque il serais pire qu’Ewen. Presque.

Puis, stoppant mon observation d’un coup, pour affiché un sourire plus joueur, je reprend la parole, sur mon habituel ton ironique.

-Si tu ne comptais pas sauter, qu’est ce que tu fait ici, a fixer le sol depuis les toits avec envie ?

Je reprends son être en considération un instant.

-Serais tu un ninja ? Ou un espion ? Habillé tout en noir, qui attends que sa cible sorte pour aller l’égorger ?

Je le regarde avec un air on ne peut plus sérieux, poussant ainsi l’ironie de mes propos a son maximum. Puis, laissant finalement un sourire en coin étirer ma bouche, je me relève, faisant craquer mes genoux. M’adossant à la rambarde, je le surplombe complètement. J'entends mon ego ronronner. Laissant mes yeux monter vers le ciel, je les laisses se faire accrocher par les étoiles. L’air frai de la nuit me fait vraiment du bien. J’ai arrêté de ruminer. Finalement, ce n’était pas plus mal qu’il y ai quelqu’un sur le toit, ça me change l’esprit.

En y pensant, j’ai vraiment changé depuis que je suis au Japon. En premier lieu, qui aurais cru que ‘’moi’’ je finirais par avoir un petit ami ? Parce que c’est comme ça que je vais devoir considérer Satoshi maintenant. Cette idée me rends heureuse, en même temps qu’elle me perturbe.
Puis, je me suis indubitablement adoucie. Il y a cinq mois, je ne suis certainement pas celle qui serais venue engager une discussion. Et si lui était venu me parler ce soir, je l’aurais tout simplement envoyé baladé. Tous aurais pu être différent. Si je n’avais pas décidé d’aller me reposer sur le toit ce jour là, je n’aurais sûrement pas rencontré le blond et je ne serais sûrement pas ici ce soir non plus.

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MessageSujet: Re: Elle était gibbeuse [Ulrich]   Ven 12 Aoû 2016 - 16:39

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Août 2016 / Aislinn-Ulrich
Quand tu peux jamais être seul tranquillement
Elle était gibbeuse

't's not like I'm gonna jump for so little



__Elle n’avait pas l’intention de sauter. Il aurait presque pu dire "tant mieux", si elle ne lui avait pas dit ça d’une façon aussi bizarre. L’aider en lui proposant de sauter tous les deux ? Ça devait sans doute coller avec son image habituel de dépressif, après tout. Est-ce qu’il donnait vraiment l’impression qu’il allait sauter ? Il jeta un œil au sol et releva la tête aussitôt, pour regarder devant lui. Avait-il vraiment l’air si faible, si peu décidé à survivre ? Il eut un petit rire amer. Oui, il avait sûrement l’air de quelqu’un qui en avait bavé, surtout ces derniers jours, et les cernes ne devaient pas arranger l’aspect général.

__Ulrich sentait son regard sur lui. C’était le genre qui l’aurait énervé dans d’autres circonstances, le genre que lui lançait constamment à son entourage. Ce regard inquisiteur, qui analyse tout ce qu’il voit. Visage, yeux, chaque petit détail pour juger de la valeur de celui qui se trouve en face. Peut-être qu’il se trompait, qu’elle n’était pas aussi critique que lui. Cette impression venait peut-être juste du fait qu’elle était accroupie et lui assis, ce qui la rendait naturellement plus grande que lui et la forçait à le regarder de haut. Rien ne disait qu’elle était comme lui, lui qui jugeait tout et tout le monde. Et puis il n’était pas totalement inconscient de sa paranoïa naturelle.
__N’empêche qu’elle avait vraiment l’air de se poser des questions sur lui et que ça le mettait mal à l’aise.

__Ce qu’il faisait là ? Il réfléchissait à sa nature auto-destructrice. Le bord d’un toit semblait le meilleur endroit pour faire ce genre de chose, n’est-ce pas ? Il n’y avait rien de plus autodestructeur que de sauter d’un toit, ou même de penser à sauter d’un toit. Il ramassa un petit caillou qui traînait à côté de son pied et le fit rouler entre ses doigts. Il aurait peut-être dû rester dans sa chambre à téléphoner, au lieu de monter ici. Se plaindre à Hiro faisait partie de ses routines habituelles quand il allait mal. Là, il n’était pas sûr de pouvoir vivre une conversation avec une inconnue, surtout une inconnue qui semblait de bien meilleur humeur que lui.
__Suffisamment de bonne humeur pour faire des blagues, déjà.

__Un ninja ? Un espion prêt à égorger sa cible ? « Je l’étais. Maintenant je suis désarmé et je n’égorgerai plus grand monde. » Il avait dit ça avec un semblant de sourire, sans trop savoir pourquoi. Ça ne lui ressemblait pas d’avouer qu’il n’avait aucun autre moyen de défense que ses bras tout maigres et sa vitesse de course. Il ne la connaissait pas, elle pouvait très bien être le genre de fille à faire semblant d’être gentille avant de lui planter un couteau dans le dos.
__Non, plutôt dans le ventre, elle ne semblait pas du genre à faire des choses en douce.

__« Je planifiais ma mission d’infiltration pour récupérer mes gadgets d’espionnage avant qu’on ne grille ma couverture. » Il devait se forcer un peu, mais il avait vraiment envie de rentrer dans son jeu, ne serait-ce que pour donner un ton plus léger à sa balade nocturne. Il venait là pour se changer les idées, après tout, et il n’y avait rien de mieux que de tomber sur quelqu’un qui était de bonne humeur pour oublier ses problèmes. Faire des blagues même si le cœur n’y était pas forcément, participer au délire de l’espion et du ninja ou peu importe, tant qu’il rentrait dans une conversation centrée autour d’autre chose que sa déprime du jour.
__Et si elle pouvait l’aider à récupérer ses armes, ça serait encore mieux, même s’il y croyait moyen.
__Voilà qu’il voulait corrompre une fille qu’il connaissait à peine, maintenant.

__Le caillou qui tournait dans sa main finit par voler entre les barres de la grille pour disparaître dans le vide, comme s’il essayait de faire un ricochet sur le ciel. Il en prit un autre, une sorte de gravier qui roulait moins bien entre ses doigts. Il avait besoin de s’occuper les mains, comme chaque fois qu’il venait ici.

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MessageSujet: Re: Elle était gibbeuse [Ulrich]   Jeu 18 Aoû 2016 - 17:49

Je l'étais
Un ricanement s'échappe de ma gorge. Il m'intéresse lui. Alors comme ça tu te considère toi même comme pouvant être assimilée à un ninja. Ça m'amuse. Quelqu'un qui rentre dans mon petit jeu. Ceci-dit, ce n'est as plus mal qu'il se laisse porter par ce sujet, parce que je n'ai pas envie de parler d'autre chose. "Je" est le sujet tabou numéro un. On parle de tout ce que tu veux, mais pas de moi.  C'est bien trop le bordel.  Alors tu sera ninja et moi guerrier massaï. Deux types de combattants radicalement différents pour deux types de personnes différentes. Je suis rousse et il est brun après tout, on ne va quand même pas commencer à faire semblant. Sa petite personne ne m'intéresse pas le moins du monde ; mais ce soir, il me divertira. J'ai besoin de me changer les pensée. Jouons ensemble.

Sa deuxième remarque me fait tiquer. Je me penche au dessus de lui, posant un regard amusé sur l'ensemble de son être. Un sourire canin s'empare de mon visage ;  j'ai presque l'impression de montrer mes crocs dans ce sourire. La perche qu'il vient de tendre est bien trop grande pour que je ne la prenne pas.

- Une mission d'infiltration hein ?

Mon sourire devient un peu plus large, un peu plus malsain.

- Peut être que la rousse peux mettre ses capacités au service du ninja.

Je remets mon dos droit en même temps que je fait remonter mon pied d'une vingtaine de centimètres le longs des barreaux de la rambarde.
Oui, jouons ensemble. Il m'offre une distraction, quelque chose à faire de mes mains, de mon esprit, pour changer les pensées qui tournent en rond dans ma tête depuis trois jours. Faire autre chose. Arrêter de penser.

Je pousse sur mon pied pour l'écarter un peu de la barrière, avançant de quelques pas, tout en levant les bras vers le haut, attrapant l'un de mes coudes pour tirer dessus et faire craquer mon épaule.  Craquement sinistre qui remplis le vide silencieux que j'avais créé en arrêtant de parler. Je m'éloigne encore de quelques pas du brun, nous laissant ainsi à chacun notre espace vital. Puis je me retourne vers lui, enfouissant mes mains dans la poche ventrale de mon sweat.

- Tu veux qu'on aille les chercher tes gadgets ? Je n'ai rien d'autre faire de toutes façons.

Je me détourne pour aller m'approcher de la porte qui donne sur les escaliers. Mes Docs que je n'ai même pas lacées traînent sur le sol à chacun de mes pas. Mes jambes à nu, du fait que je sois en short, frissonnent à chaque petite brise. Pourtant, je n'ai pas froid. Outre le fait que porte un large sweat, mon état actuel ne me permet pas d'avoir froid. D'abbord à cause des pensée que j'avais avant. Je n'arrête pas ce ressacer ce qui c'est passé il y a trois jours. Ces événements me font horreur en même temps qu'ils me rendent heureuse. Je ne sais toujours pas pu me situer en définitive. A chaque fois je sens mon coeur accélérer, aussi bien à cause du stress et des coups de peurs de chaque moments, que de la façon dont ça c'est fini.
Je ne sais pas où j'en suis.

Mais sur l'instant, ce ne sont pas seulement ces pensées qui me réchauffent. Je vais enfin faire quelque chose. A moins qu'ils n'ai finalement rien à aller chercher ? Et si en voulant entrer dans mon jeu, il m'avais fait croire à des gadgets qui n'existent pas ? Si c'est le cas je l'utiliserai lui pour m'occuper, mais je serais déçue. Jouer au ninja en infiltration est bien plus drôle que de simplement parler avec un brun aux apparences dépressives.

Je pose la mains sur la poignée de la porte, puis contracte mon bras pour pousser dessus  et l'ouvrir. Je m'addosse alors dans l'encadrement de la porte, avant de tourner le visage vers le brun et lui envoyer mon sourire de renard une fois de plus.

- Tu sais ou sont tes gadgets ? Ou il va falloir ouvrir chaque tiroirs de chaque bureau de l'académie pour espérer les trouver ?

Un air malin affiché sur le visage, je suis explicitement amusée par cette situation. Il n'aurais pas pu faire mieux pour réussir à me sortir de mon mutisme. Je fait claquer mes ongles contre la porte en attente de sa réponse, créant un rythme morbide au milieu du silence de la nuit. La lune nous observe, elle rit avec les étoiles. Mais bientôt elle ne nous vera plus.

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