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 La valse du Temps

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Yui Valentine
♦ Civil - Mirage | Directeur Adjoint


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                                   :

MessageSujet: La valse du Temps   Jeu 4 Aoû 2016 - 17:37

La valse du Temps
PV Cammy - Yui
Sept. 2016



-... Naturellement.

Il avait finalement acquiescé et les épaules s'étaient détendues, la tension à peu près disparue. Le budget de l'école pour le semestre à venir était le dernier sujet à clore après avoir passé au crible les effectifs du personnel, puis celui du corps professoral. Certains dossiers d'élèves avaient été abordés et Valentine avait représenté la direction comme ce n'était arrivé depuis longtemps. Sa présence, ni ne rassure, ni ne suscite l'engouement, il est une ancienne figure connue dans l'enceinte et a toujours drainé des avis mitigés. Il reste peu de collègues de son temps mais le peu qu'il y a ont déjà une image établie de cet homme pâle qui se comporte en empereur qu'il n'est pas. Des rumeurs sont passées, Yui Valentine aurait quelques années auparavant entraîné une élève dans un accident de voiture, nul ne sait ce qu'il est advenu de la fille mais d'autres bruits courent qu'il s'agissait de Cammy Logan, élève disparue de la sphère scolaire des mois durant. Les bruits courent, les murs ont des oreilles.
Refermant le dossier, Yui se lève, les yeux suivent et épient sa trajectoire et délaissant les professeurs reprendre peu à peu leur discussion et poursuivre les revues de carnets scolaires, il salue brièvement l'ensemble et sort, droit et silencieux de cette présence qui dérange et qui donne envie de contempler à la fois. Le directeur adjoint Valentine est un homme qui est difficile à décrire, les membres pédagogiques de l'école ne parviennent pas à y mettre un mot. C'est un homme calme, très posé et plutôt jeune pour faire partie de la direction; mais ce qu'on retient ce sont chacune de ses phrases prononcées recouvertes de piques qui laissent une impression givrée à ses interlocuteurs. Il a un sourire sans chaleur, une présence qui ne réconforte pas. Pourtant, voilà un moment que l'établissement a manqué de directives claires et précises et pour se faire comprendre, on approuve que Yui Valentine sait le faire. En quelques minutes il s'est interposé dans la réunion, a écouté les différents, entrevu les axes de développement et a tranché, comme s'il l'avait toujours fait. Au final, personne ne sait quoi en penser et il faut laisser le temps s'écouler ...pour tenter de s'y habituer. Au possible.
Les affaires du lycée terminées, il se dirige vers l'auditorium avec un groupe de personnel de la direction et quelques professeurs iconiques de l'académie. Son entrée dans l'amphithéâtre éclairé se fait au coeur des étudiants de l'université qui attendent le motif de ce rassemblement dans une cohue générale. L'adjoint du directeur de l'académie vient se présenter et annoncer les événements majeurs à venir d'ici la fin de l'année. On attend dans une certaine curiosité, voir qui est ce nouvel adjoint et ce qu'il a à leur dire, accompagné par quelques discours de professeurs. C'est un jeune adjoint, ses cheveux sont décolorés, un peu en bataille, blancs. Ceux qui ont connu Valentine à l'école pourrait dire qu'il paraît moins blafard que ses premiers temps ici; ceux qui ne l'ont jamais connu garderont quand même ce constat, blême, livide de quelqu'un qui n'a jamais vu ni craint le soleil. La bichromie de ses vêtements cintrés contre la blouse de laboratoire qui jadis camouflait son profil décharné, Yui Valentine a une autorité naturelle dans sa façon de présenter les choses et dès les premiers mots, les attentions se tournent vers son éloquence, le silence s'ensuit naturellement.
Derrière le pupitre, Yui se présente et remercie les étudiants d'être venus.
Et ainsi, il commence.

-

Les questions, plutôt timides s'avancent à la fin de son discours, qui ne s'annonce pas très long. C'est normal, il a été calculé pour.

-Msieur Valentine?

Il lève le regard.

-Vous avez quel âge ?

Un petit rire s'étouffe dans les rangs.
Valentine trouve du regard l'origine de la question et finit par étirer un sourire.

-Celui que vous voudrez.

Ce n'est pas ce qui m'importe, mademoiselle. Un autre pouffement et les étudiants se lèvent pour vaquer de nouveau à leur emploi du temps, tandis que Yui Valentine sort, tranquillement. Il tire machinalement sur le col de sa chemise et desserre à peine la cravate sombre, sur le chemin de son bureau. Les minutes ne lui appartiennent plus, les réunions s'enchaînent et il n'est plus ce psychologue qui reste à attendre que le malheur des autres mènent ces derniers à sa porte. Le temps qu'il ne compte plus file entre ses doigts et il se laisse doucement monter dans les échelons de la société pour pallier son âme vide. Dans deux heures trente-six, il se rendra au Salon, écouter ces esprits mélancoliques infusés au thé. Du coin de l'œil, son regard attrape une silhouette rousse et si son pas ralenti, et si son visage se tourne délibérément un instant, on l'appelle, de plus près.

-Monsieur Valentine? À propos de...

Il se tourne.

-...Je vous demande pardon ?


Happé de nouveau par la main du temps, il se laisse dériver et délaisse sa vision.
Il ne faut pas, Valentine, tu t'en es tenu là. L'été passe.

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Cammy Logan
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MessageSujet: Re: La valse du Temps   Ven 5 Aoû 2016 - 21:58

AKISAME
pluie d’automne


Les couloirs ont donc été désertés pendant un temps lorsque tout le monde était réuni dans l’auditorium. C’était le moment idéal pour une petite distribution. Dans chaque casier à chaussure et sur la poignée de chaque porte de bureau, un tout petit paquet en tulle noir, noué par un morceau de raphia naturel. A l’intérieur, trois petites bouchées. Un mochi à l’azuki, un mini-cookie au sésame, une orangette au chocolat noir. Pour chaque paquet, un petit mot « Be Happy ».
Ce n’était pas la première fois que Cammy s’amusait à gâter l’Académie entière. D’ailleurs, personne ne se doutait que c’était d’elle, à part peut-être Lawrence. Elle s’arrangeait simplement pour ne pas être vue.

La réunion s’est terminée peu après sa petite tournée. Sa silhouette se détache du décor sérieux environnant par sa démarche flottante et hasardeuse, sa longue robe d’un vieux rose rapiécée un peu partout avec élégance, laissant çà et là des rajouts de fleurs de tulle noir issu des rouleaux qu’elle s’est vu obtenir par le club de couture, pour celui de cuisine. Ce même tulle dont elle s’est servi précédemment. C’est également cette même matière, qui masque ses poignets. Chaque jour. Chaque nuit.

Quand bien même la rouquine passe la majeure partie de son temps dans les cuisines, il lui arrive de faire un saut par celui de jardinage, en souvenir du bon vieux temps…. Probablement. Et parce qu’elle se plait en compagnie de son président. Egalement, elle apprécie de pouvoir admirer de loin le profil délicat de Judikaël, ou Joshua peu importe son nom. Seulement…elle préfère ne pas l’approcher de trop près à l’Académie. Les murs ont des oreilles, ainsi que des yeux. Partout, absolument partout. Et il est des choses qui ne doivent ni êtres dites,  ni être vues. Et encore moins sues. Désormais, elle se fiche de ce qui se dit sur elle. Mais bien moins, dès qu’il s’agit de son Joker. Un instant, elle a eu un regard tendre, un demi-sourire et puis… plus rien. Elle a simplement continué à déambuler dans le couloir, changeant de direction dès qu’un bruit se fait entendre. Dans un établissement aussi grand que l’Académie Keimoo, il est difficile de ne pas croiser de monde.

Ne pas croiser de regards, juste ne pas…parler. A personne.

Elle ne peut plus éviter. Une masse derrière, une moindre devant. Cammy Logan avance. Il lui semble distinguer du coin de l’œil, cette même forme qu’elle ne cesse de voir depuis son retour. Tantôt une blouse blanche, tantôt une chevelure longue décolorée. Elle s’y est habituée, mais cette vision-là du mirage, dans ce qui semble être un costume… c’est une première. Elle se stoppe après un ralenti, comme si ses pieds nus se laissaient glisser après avoir pris trop d’élan sur une surface lisse et glacée. Elle hésite. Se retournera-t-elle ?

« Mr Valentine ? ( … )»

Elle n’aura accroché que ce nom, prononcé par une voix inconnue. Son visage pivote un peu. Ses hallucinations sont rarement auditives. Un frisson. Elle n’écoutera plus sa curiosité, désormais éteinte. Elle tourne alors au prochain couloir et prend les escaliers. Sauf que cette fois, elle monte. Plus loin, d’autres escaliers. Elle descend. Puis elle remonte, remonte encore, redescend. Désorientation totale. A un moment, elle s’est retrouvée sur les hauteurs de l’Académie. Sans les grilles de protection, elle se serait bien laissée tenter par un raccourci. Au lieu de ça, elle a juste pris une averse. Nous sommes en septembre, et la deuxième saison des pluies vient juste de commencer.

Sur le toit, pas un seul parterre de fleurs. Cammy penche la tête un instant. Ce serait bien pourtant d’y faire pousser du pavot. Les minutes ont passé durant lesquelles elle n’a pas esquissé le moindre mouvement, tandis qu’elle fixait un point sur la surface bétonnée.
Et puis, d’un seul coup, elle a repris sa déambulation alors que les couloirs se sont à nouveau vidés.

C’est bientôt l’heure du chanoyu. Elle n’a pas de kimono. Un Chanoyu sans Kimono, c'est trop bête.

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MessageSujet: Re: La valse du Temps   Sam 6 Aoû 2016 - 8:12





Le visage de monsieur Valentine vient sonder son appelant, les branches de ses lunettes, la finition de ces dernières. C'est une femme âgée à la voix agaçante, aigrie. Elle piaille et ses mots deviennent une bouillie de sons dans le cerveau du directeur adjoint. Au bout d'un moment, il lui pose la main sur le bras, calmement et la fixe droit dans les yeux, la coupant nette dans une nouvelle série de complaintes interminables.

-Kondô sensei, posez le dossier dans mon bureau, voulez-vous.

Le ton est formel, il tranche net la conversation de cette impression glacée qui s'insinue partout autour de ses mots, et pour la première fois, Kondô sensei remarque le caractère gris de son regard qui lui givre son âme. Elle s'arrête finalement, détourne les yeux -ces occidentaux, trop grands- et se met en retrait dans le petit groupe de professeurs qui s'est formé. Valentine, en tête, finit par s'introduire dans la salle des professeurs pour y récupérer des dossiers et saluer les quelques têtes, qui lui répondent poliment en retour avant de repartir pour leur cours. Il s'assied, un moment, puis fixe dans le néant dans cette posture droite, le regard éteint, les pensées inexistantes. Voilà un moment qu'il n'a plus eu autant de remous dans son entourage, des sujets à suivre, des conversations simultanées à écouter. Dans ce moment d'inexistence, il cesse de chuter du pont d'où disparaissent les soupirs, et d'où les araignées parlantes viennent lui tendre la main. Quelque part suspendu dans ce non temps et ce non espace, il s'est peut être emmêlé dans la toile, il a peut être cessé tout court. Tout serait possible si tu ne te réveillais pas, Valentine, résonne d'un coup une voix. Mais dans cet état de stase, il ignore ce que signifie ces sons, le tout n'a plus de valeur et le possible, est une notion abstraite. (...) Le temps ne s'est jamais étiré, le temps ne s'est jamais ratatiné.

Son regard reprend vie et il se lève, machinalement, et sort de la salle les fichiers dans la main. Son quart d'heure social absent, il porte ces feuilles à ses yeux et les lit ce rapport en diagonale, montant les marches. Les couloirs sont vides, l'air est moite. Il longe l'allée et s'apprête à entamer une série d'escalier quand une présence, face à lui, lui fait lever le nez de ses affaires. Il la contemple, un quart de seconde, la replace en contexte et son regard se fait un instant interrogatif alors que gouttent des cheveux flamboyants trempés.

-Bonjour... Cammy.

Une hésitation. Cette fois, les secondes s'effilochent vraiment et se perdent en une infinité. Alors il s'écarte pour laisser le passage et affiche un sourire aimable. Sens dessus dessous, tomber vers le haut, s'envoler vers le bas, voilà la nouvelle sensation qui l'attaque. Ses boyaux se tordent en une fraction de temps et il décide de s'en détourner et monter les marches comme s'il venait simplement d'y croiser un collègue. Il a beau savoir qu'il lui en a assez fait voir comme ça, qu'il pense avoir cessé en arrêtant de la voir mais dans le fond, mais la conclusion c'est qu'elle lui fait mal, pour ce qu'elle fait et ne fait pas. Ses pas l'enlèvent de sa vue, et alors, les chemins se croisent et Valentine traverse le temps.

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MessageSujet: Re: La valse du Temps   Mar 16 Aoû 2016 - 10:20

« Bonjour… Cammy »

Et ainsi, ça recommence.

Only madness knows my name

Bonjour… Cammy
.
Les apparitions parlent désormais. Comme dans les contes.
Elle arrête son pas léger, elle cesse de flotter pour demeurer là, statique, les bras longeant son corps comme s’ils n’existaient pas, tout comme elle ne les ressent pas. Sa tête penche à droite, elle voit cette figure de songe qui lui fait face et qui lui semble floue. Yui…. Valentine…. Peu importe  qui et ce qu’il est est. Il est  là et n’est pas là dans le même temps. C’est étrange cette sensation de pouvoir avoir sans posséder, d’observer sans remarquer, de souffrir sans ressentir.
Cammy Logan sourit, par imitation. Parce qu’elle ne sait rien faire d’autre. Un passage s’est ouvert devant elle, aussi elle le prend, sans tressaillir, sans esquisser la moindre œillade de travers en croisant le mirage. Elle avance, passe, dépasse sans jamais se retourner ni exprimer le moindre son.  Lorsque le temps était, elle accordait de l’importance à ce qui n’existait pas. L’horloge est brisée ; ce qui est a fini par devenir transparent, invisible à ses yeux troubles. Les couleurs n’ont plus de saveurs, et les sons n’ont plus de parfums.

Why can we never go back to bed ?
Whose is the voice ringing in my head ?
Where is the sense in these desperate dreams ?


Why should I wake up
when I'm half past dead ?


Pas de Chanoyu ce jour. Ce matin. Ce soir. Cet après-midi. Le ciel est toujours sombre et les couloirs sont toujours déserts.
Dans les cuisines, toutes les préparations de la jeune femme ont crâmé ou ont fini en bouillie, comme les sobas que même un enfant est incapable de louper. Et puis, elle a continué sur sa lancée : d’une fine lame, couteau de boucher, elle a éventré des sacs de denrées diverses. Farines, fécules, céréales. Toujours avec le même sourire, elle a tout renversé sur le sol, sur les plans de travail. Elle a tout laissé là, avant que les membres du club de découvertes culinaires foulent le sol de la vaste salle à l’air saturé de fragrances indélicates. Personne ne songera à porter la responsabilité de telles horreurs à Cammy Logan. Sa robe en porte pour preuves salissures et ses doigts des coupures. Toutefois… cette robe et ces doigts se sont envolés ailleurs, là où personne ne les cherchera. Elle a sommeil. Elle aspire à retrouver un grand lit blanc qui ne lui appartient pas et y faire une sieste. Ses paupières sont lourdes. Elles supportent à elle seule toute la peine accumulée par la vision de cet individu qui lui arrache toute rationalité à force d’absence. Mais elles sont suffisamment fortes désormais pour ne plus laisser couler le flot de sa peine, torture de l’existence.

Elle se retrouve dans un lieu qui lui semble familier. Elle a encore pris l’eau, mais est désormais au sec. De la verdure à foison autour d’elle, partout, absolument partout. Un banc de pierre non loin, et la musique de l’écoulement d’une fontaine d’appoint brise le silence. Au-dessus de sa tête, la transparence et la pluie qui glisse sur le verre qui la protège. Les serres deviennent clepsydre inversée. Le temps est à l’extérieur. Elle s’allonge, et Rhode lui revient sans avoir à fermer les yeux, cette fois.

Sure as the clock keeps its steady chime
Weak as I walk to its steady rhyme
Ticking away from the ones we love




Elle sourit.




Why can we never go back to bed ?





4 O’Clock - ©Emilie Autumn
4 o’clock

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Dernière édition par Cammy Logan le Dim 28 Aoû 2016 - 16:19, édité 3 fois
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MessageSujet: Re: La valse du Temps   Ven 19 Aoû 2016 - 21:04

Cassons l'ambiance.



Tu sais plus quoi écrire ? C'est pas grave, celle là c'est pour toi: STOP! There´s nothing in a caterpillar that tells you it's going to be a butterfly.




Butterfly Effect, cet effet du beurre qui vole.
Donc si la caterpillar elle veut rester en mode Jabba Le Hut dans son RP et bah elle vous jabba tous. La valse du temps porte bien son nom et ainsi, tournent les moulins, volent les oiseaux mais toujours est il que le temps, c'est comme la chenille, le temps il jabba tout le monde même ses joueurs. Car, il était une fois, dans une contrée fort fort lointaine, un grand type mal nourri mal bronzé tout blanc, et en blouse de surcroît. De ce rat de laboratoire une rouquine d'un mètre cinquante tomba amoureuse, une rouquine ancienne ratoune de bibliothèque. Et un jour vice verra. Mais comme les deux marionnettistes de ratons n'étaient pas doués et qu'ils pensaient que par acquis un forum se limitait à la bonne écriture, ils défrisèrent le temps à coup de mots et de belles phrases jusqu'à avoir l'impression de ne plus en avoir dans la poche. Bientôt le mélodramatique tombé de leur plume commença à gonfler le moral et taper sur le système des joueurs si bien qu'il fallut que le temps se déformât de nouveau. Et dans cette contrée fort fort lointaine, la vue se brouille soudain, le klaxon, le visage de Cammy, la collision, le visage de Cammy, la douleur. Cammy Logan.



- Quelle porte choisis-tu ?
- Celle du Temps.


L'entité qui se trouvait dans la pièce infiniment grande, était omniprésente. Elle posait sa question à toutes les âmes à la fois et si cette salle était si vaste, c'était simplement pour recevoir toutes ces âmes passagères avant le Souffle de la balance. Elle ne soufflait pas grand chose, Droite ou Gauche, si peu pour choisir l'avenir d'une existence. Les âmes de ces existences, sauvagement arrachées à leur corps originel appartenant à un monde physique, ne se voyaient jamais entre elles dans cette Salle. Jamais.

- Quelle porte choisis-tu ?
- Je veux une autre question, je ne veux pas de porte.


Ils se jaugeaient du regard et un silence était tombé.

-Que veux tu ?

L'âme Valentine ne pensait pas qu'il y avait une vie après la mort. Son existence s'arrêtait selon lui pour bientôt. L'âme Valentine, elle ne croyait qu'elle même, en sa métaphysique éphémère. Yui Valentine n'avait plus de vœux à faire parce qu'il n'avait  pas envie d'une éternité.

- Et bien rendez là heureuse.

Thémis avait souri et Valentine, fermé les yeux.


Les jours suivant restent inscrits dans le choc, la souffrance et une voie lente vers le rétablissement.



Chronique d'un dernier voyage

Portrait de Patient Cammy LOGAN - (...) Effet papillon. Elle dort, ses paupières tremblent parfois, sous une pression qu'elle est la seule à subir, son visage est un havre de paix que je ne me souviens pas avoir vu auparavant. Ses doigts, dans une tiédeur ambiante, ne réagissent pas à mes appels muets tandis qu'un halo de candeur enveloppe son corps. Étrangement, plus le temps passe plus mon désespoir se fond dans cette accalmie qui s'étire inlassablement et il m'arrive parfois de trouver cette atmosphère presque agréable. Je ne compte plus le temps; c'est la chose la plus subtile, inutile et cruciale à la fois que je décide d'ignorer. Enfin mes propres pieds finissent par remplacer les roues dans une rééducation très lente et douloureuse. (...)
Un jour, poussé par un élan inspiratoire et face à ma déchéance, j'ai décidé d'utiliser Cammy Logan comme mon cobaye. Indirectement, je sens le regard désabusé de mon employé Féa comme lorsque je lui avais demandé de tester cette dernière invention farfelue et matérialiste, que j'avais tout de même apprécié partager. Je pense que j'ai eu droit à ce regard lorsque j'ai été surpris de jouer à la game-boy qu'il m'a offerte, à injurier l'autre dresseur Pokémon. Finalement, je suis un matérialiste qui estime que tout repose sur un monde fait de physique et que tant que cette relation existera, j'irai jusqu'à déterrer jusqu'au le dernier matériel le plus absurde pour faire voyager ma propre métaphysique. Mes pensées. Et rien de plus.

J'ai tanné Théo pour avoir cette boîte. C'est la nuit et alors que plus rien ne bouge je me traîne et lève ce qui reste de ma carcasse pour me diriger vers la salle d'en face. Et dans le silence d'un sommeil qui ne se réveille pas, je branche le cerveau de Cammy sur la matérialité futile alimentée d'un espoir fébrile. Ce que j'ai vu là bas, ce que j'ai entrevu a scindé mon âme. Je connaissais Libra.


- Volontiers, Mademoiselle Psychê.

Ce nom t’interpelle. A qui parle-t-elle ? Tu te tournes et assistes alors à cette scène où les voilages ondulent. Elle est d’une grande beauté. La toge a disparu pour une tenue tout aussi légère, un peu transparente mais moins près du corps. Des reflets mandarine. Le chignon s’est envolé et désormais, c’est la coulée de lave après l’éruption qui glisse le long de ses collines, anglaises sur de frêles épaules dénudées. On te pousse à quitter les lieux… mais cette scène t’obnubile car tu sais pertinemment qu’elle ne t’appartient pas. Tu te rends alors compte que ton corps ne t'appartient plus vraiment. Thor.

Je t'ai utilisé.
-Pas si vite, Valentine. Restons encore. Présente-la moi.

Il se contente de répondre sur un ton neutre, le regard posé sur la jeune femme au balcon. Sa silhouette contraste avec la torpeur humide de la pluie, décalage asynchrone d'un paysage pluvieux qui s'étend jusqu'aux recoins tortueux de sa mémoire. Nouvelle photographie mentale capturée, -à défaut de pouvoir emprisonner ce papillon qui se pose puis qui s'échappe à nouveau comme s'il lui faisait mal. Cammy Logan doute d'un futur trop loin que Valentine ne comprend pas, tout comme son rire cristallin défrayant l'éclair qui raie le ciel. Puis le tonnerre éclate, laissant se répandre l'arrière goût d'une mélancolie sans raison. Quelque part sous le déluge des grandeurs incontrôlées, un psychologue détourne le regard. Et il chute, chute une fois de plus, chute dans des sensations troublées où le verre d'eau ne plus suffit à diluer l'empêtrement hypothétique de ses réflexions.

Je t'ai utilisé dans la matérialité de mes illusions ancrées sur Libra. Je t'ai utilisé parce que je suis un matérialiste. Un jour je te revaudrai ça.

J'ai branché Cammy Logan six fois à ce casque de réalité augmenté. Je voyageais à Libra comme une âme errante mais incapable d'y rester très longtemps, mes retours à la réalité devenaient mes morts successives dans le monde de là bas. Je ne savais pas si j'y trouverais quelque chose alors que dans son apnée dans la réalité, Cammy Logan vivait le même paysage auquel je refusais à chaque fois l'immortalité. La septième fois a été la dernière parce qu'on m'a découvert inerte le lendemain à côté d'une dormeuse du temps.

Confisqué. Confisqué et disparu, le casque sur lequel je travaillais depuis qu'Eliane avait perdu sa lucidité. Mais ce n'était pas l'essentiel de cet instant là. La septième fois fut lorsque Cammy Logan, sous le nom de Psychê, me proposait du thé à travers Thor. Elle était radieuse là bas, dans cet univers où je n'existais plus. Elle avait attendu d'être là bas pour l'être. Et alors que mon moi resté sur terre s'obligeait à revenir dans son milieu originel, toute chose étant égale par ailleurs, mon moi de Libra tentait s'effacer, perdant ses souvenirs les plus récents.

À la fin, je ère dans le monde des âmes sans plus savoir ce que je fais, ni ce que je cherche. Là bas détruisait ce qui restait de mon existence instantanée, et je ne me souvenais plus de moi même. J'avais été prévenu pourtant. Oui Thor, -ma plume récite, c'est un tribut à payer qui à ton sens n'est pas assez sévère. Maintenant tu vas me coller aux basques comme une moule à un rocher. Tu me dégages du passage à coup de pieds pour le rien que je suis devenu.

-Foutez-moi ça dehors, que je le revois plus ici.
 

Voilà maintenant des années terrestres que je n'y suis plus retourné. Espace temps hachuré, sentier dévié.

- Fin de l'extrait de la valse du temps -




- Parlez-lui. Ça vous fera du bien. Et à elle aussi.

Un jour, il n'y aurait plus d'années, plus de projets, plus de rires. Il n'y aurait plus de larmes pour goûter aux milles et une saveurs d'une vie, plus de fragilités éphémères pour faire frissonner les consciences jusqu'à se faufiler dans les infimes battements d'un cœur touché. Un jour il n'y aurait plus de mot ni de notion pour continuer cette histoire. Dans cette autre uchronie, Yui Valentine ne se souvient plus de Cammy Logan et leurs chemins dévient à tout jamais, après avoir ricoché trop fort l'un contre l'autre. Leurs appartements à Hiryuu brûlé sous la rage inconsciente de la jeune femme et Yui Valentine se contente de vivre l'esprit vide se laissant porter par les aléas de la vie. Alors pour la première fois depuis des mois, il commence à lui parler en cessant de se contenter de l'observer.

-Un regard, une tornade à l'autre bout du monde. L'effet papillon.*  

Un murmure.

Ce jour là, une brume givrée entoure les chevilles de Cammy Logan.
Elle est heureuse là bas mais parce qu'il est encore en vie dans un monde physique, Yui Valentine aimerait son retour. Jamais il ne souviendra du vœu prononcé devant Thémis. Ses souvenirs sont bousculés mais elle a effacé les moments qui l'arrangeait le plus. L'opportuniste. Et ainsi, presque une année s'écoule.

-


C'est la fin des réunions, Valentine est venu rendre visite à Cammy.

-...Tu t'es encore endormie.

Et elle ne s'est jamais vraiment réveillée.
Alors il se met à lui raconter sa journée et comment il s'est comporté en parfait crétin en la voyant dans les couloirs. (...)
Parce qu'il n'a jamais su exactement que dire et raconter, il lui raconte chaque jour la suite d'une histoire d'un autre temps. La fiction pour compenser l'absence. Mais son histoire n'est pas un happy-ending, malheureusement.

-Et ta part de folie a dévasté les cuisines de l'école.

Il ne regarde pas Cammy dont il connaît les traits par coeur et reste à la fenêtre à observer les passants en contrebas. Et alors qu'il poursuit, l'atmosphère derrière lui a tout à coup changé.




*L'effet papillon est le titre du roman que Valentine sortira bien après ses années passées à la direction de Keimoo.

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MessageSujet: Re: La valse du Temps   Mar 15 Nov 2016 - 12:16

Des paupières se lèvent, et voilà un autre plafond inconnu. La rouquine jurerait être allée faire la sieste dans les serres. Toutefois sous elle, un sofa relativement confortable a épousé la forme de son dos. Elle se redresse sans bruit et, par reflexe, pivote la tête vers son dos. Baissant le regard sur son omoplate gauche, puis sur la droite, elle soupire sans émettre de bruit. Elle constate également que la légèreté de sa tunique n'est plus déchirée. La bretelle reste maintenue sur son épaule, et ses poignets restent définitivement masqués d'une finesse pastelle tissée. Ses mains viennent couvrir son visage par dépit.

"-...Tu t'es encore endormie."

Hélas... elle s'est aussi encore une fois réveillée.
*** *** ***



POUR DES MILLIERS  

c'est une âme qui dort



Elle ne mord plus éternité à dents pleines. Finie, la siste sous le pommier. Ses pieds nus ne foulent plus les glaïeuls mais reposent sur le siège d'une autre ère.
Son éveil précédent avait été plus agréable.

Elle ouvre les yeux, le soleil attaquant sa peau. Couchée sur le ventre, elle étire alors un fin sourire à la vue de quelques tournesols non loin. Elle tend la main vers eux puis grimace. Courbatures. Avec difficulté, elle se redresse sur ses avant bras. Elle regarde autour d'elle, constatant avec surprise le tapis floral au milieu duquel elle se retrouve. L'émerveillement est à son paroxysme : jamais elle n'a vu telle merveille. Les couleurs s'étendent à perte de vue autour d'elle tant et si bien qu'elle en oublie les picotement des rayons solaires sur sa peau fragile et pâle : des rougeurs apparaissent déjà au travers de sa toge déchirée sur toute la longueur de son dos. Pour l'heure indécise, elle détaille les narcisses qui flirtent avec les jonquilles tout en savourant les fragrances sucrées et poivrées de freesias dans des coloris variés qu'elle devine non loin, sans même les voir. Elle se pose en tailleur, glisse une fleur de lys stargazer tombée non loin d'elle, juste au dessus de son oreille gauche. Une réalité au goût de rêve pour cette âme qui ne réalise pas son reset. La voilà qui désormais se dresse, ses pieds nus amorçant quelques pas. Passant de fleur en fleur, elle se présente, leur parle, leur demande la direction pour retourner chez elle. Pour toute réponse, elle n'obtient qu'une brise, et se décide de la suivre jusqu'à un sentier.

- Douce brise, connaitrais-tu le chemin pour aller à Rhode ?

Le souffle doux s'enroule autour d'elle, faisant ainsi rire la petite âme.

- Une danse ? Mais volontiers !

Et ainsi, elle se met à tourner sur elle-même, avançant dans une direction au hasard, que lui aurait intimé la délicate puissance de l'élément aérien. Chantonnant au même rythme, c'est alors un plongeon dans les fabulations de sa déraison, elle agite les bras comme Psychê agiterait ses ailes. Un envol de papillon fait stopper la demoiselle pour les laisser passer. Elle tente un geste à leur attention, un doigt pointé. L'une des créatures s'y pose, un frisson parcourt l'intégralité de la petite Psychê, comme si le temps et l'espace s'étaient soudainement vus fusionner dans un tourbillon glacé. L'amertume prend place dans le coeur inexistant de l'être ni réel, ni virtuel. Une larme vient à glisser par dessus une pommette. Le papillon disparait, les fleurs se taisent, la brise s'estompe. Psychê, au milieu du sentier s'accroupit alors, entoure ses genoux de ses bras, et pousse une plainte.

- Je ne sais pas où je suis. Il fait beau.

Elle regarde derrière elle, et à la base de ces ailes froissées, visibles que d'elle seule, elle constate la raison de sa douleur.

- Ma robe est déchirée...

Elle a oublié l'attaque de l'ours. Elle n'a jamais quitté sa région. Elle a faim, elle a soif.

Au bord du sentier, à l'ombre d'un arbre, elle se couche.

*** *** ***

-Et ta part de folie a dévasté les cuisines de l'école.

Les cuisines... Ah  oui, c'est vrai. L'Académie. Elle sort son visage de ses mains et cherche l'origine des paroles. Elle remarque un dos, loin de celui massif du Lieutenant, aucunement comparable à celui d'Ebène.
Oh Ebène...

*** *** ***


Un bruit sourd non loin lui fait lever lentement les paupières. Elle remarque alors un fruit telle la Golden du Jardin des Hespérides. La Discorde ? Elle se redresse un peu, tourne son buste pour apercevoir en contrejour une silhouette massive. Ne prenant appui que sur une main, l'autre vient naturellement frotter l'une de ses petites noisettes. Elle a une sensation de déjà vu, comme si le songe se poursuivait. Rêvait-elle seulement ? Posant à nouveau son regard sur l'inconnu, sa vue se fait plus nette, remarquant ainsi les marques, les traces, salissures et autre monstruosités comme il lui a rarement été possible d'en voir sur une seule personne. Point une ombre blanche, mais noire, opaque, funèbre. C'est alors un recul violent qui anime l'éveillée. Elle se traine en arrière tout en balayant quelques fleurs sauvages sous son arrière train et ses mains, et heurtant en même temps de ce fait, des épines de roses Baccara le long de ses avant-bras. Elles s'insinuent peu profondément, mais semblent se complaire à se griffer un passage en une longueur non négligeable et ainsi, jusqu'à ce que Psychê s'estime suffisamment loin pour se lever. Elle relève hâtivement sur son épaule la manche de sa toge qui avait dévoilé la naissance d'une pomme immaculée. La déchirure de sa tenue dans le dos lui ayant fait perdre une bonne partie de sa stabilité, elle garde ainsi la bretelle en main, tout en se cachant derrière le pommier. Elle halète, essoufflée par le maigre effort qu'elle vient de fournir et par la l'intrusion de l'inconnu dans son espace personnel.

Cependant, la demoiselle est curieuse. Et déjà, le remord s'immisce dans son être. Elle constate l'impolitesse de son geste et ainsi, amorce un mouvement, laissant son visage dépasser du tronc, sa chevelure alezan tourbillonnant harmonieusement vers le sol. Au milieu du décor floral des Champs Élyséens, la Chauve-Souris contraste avec une disgrâce non dissimulée. Robuste, il impressionne la frêle vierge ; elle se dérobe une fois de plus à sa vue. La surprise passée, elle ferme les yeux pour se donner une contenance, ajuste au mieux sa tenue, ses cheveux, et quitte son bouclier végétal. Elle avance avec lenteur, déployant ces ailes que personne ne voit, frôle le sol ; elle reste toutefois à une distance raisonnable de la masse sombre, suffisante pour que l'odeur de mâle qui se dégage fortement de son être ne puisse atteindre la sensibilité du sens olfactif de la nymphe, et faire frissonner ses narines. Elle s'incline en une révérence qui n'est probablement pas appropriée, toutefois elle lui vient naturellement.


- Veuillez excusez mon comportement. Loin de moi le désir de vous offenser.

Les coupures que les épines ont laissé sur ses bras lui arrachent une larme, puis une autre. Elle se redresse, observe d'une vaillance indécise la balafre barrant le front de l'homme puis détourne le regard, embarassée.

- N'est-ce point farfelu de pleurer pour telle fadaise quand vous semblez avoir souffert pire tourment ?

Elle ose reposer ses iris vers la représentation allégorique du maitre des Lieux, divinité chthonienne infernale ; ceci ne serait point étonnant.
Après tout, les Champs Elyséens se situent bien au coeur des Enfers. A cette pensée, tendrement, elle sourit.


« puis-je connaitre votre nom ? »

Lui a-t-il simplement demandé. Tout aussi simplement, elle lui a répondu.

- Psychê. Cela veut dire à la fois âme, et papillon. C'est un nom grec, antique.

La nommée connaît une légende entourant ce nom qui est le sien par évidence. Elle ignore si le mythe est issu de souvenirs réels lui appartenant, ou s'ils sont fictifs. Ne désirant semer le doute en elle-même, elle ne s'interroge pas à ce sujet, n'émet pas la moindre hypothèse. Elle vit, agit, et avance au gré de ses envies. Elle ne peut résister à la tentation de lui retourner sa demande. Aussi lève-t-elle son émoi vers l’abîme de l’homme.

- Il me plairait vraiment de connaitre également cette appellation qui vous définit.

« je m’appelle Ebène, et je vous garantie que quoique vous cherchiez, il n’est pas nécessaire de pousser jusqu’à Rhode pour l’obtenir.»

*** *** ***


Ce dos là, est mince. C'est à se demander s'il pourrait être capable un jour de la protéger. Pourtant, indéniablement, elle le recherche constamment quand paradoxalement elle déteste le voir apparaitre. Il est néanmoins présent. Il faut cesser de fuir. Joan a dit : "Ce  n' est pas bon de se complaire dans les rêves en oubliant de vivre.".
Yui, c'est quoi vivre si tu n'es pas là ?
Cammy Logan se lève avec une grâce non dissimulée, effleure le sol et s'avance jusqu'à ce dos qu'elle déteste tant. Naturellement, ses bras viennent entourer la taille, ses poignets viennent se rejoindre par devant, et la joue blanche vient se câler contre la colonne vertébrale.

- Yui...

Autrefois, il lui a posé une question. Elle la lui retourne à présent.

- A quoi penses-tu?

" Quoique vous cherchiez il n'est pas nécessaire de pousser jusqu'à Rhode pour l'obtenir."

Elle y retournera un jour.
Mais peut-être que... ce n'est pas l'heure

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MessageSujet: Re: La valse du Temps   Dim 12 Fév 2017 - 23:29

Où Sommes Nous
Ou iront nous entre les frémissements de l'air, et ces froissements dans le temps.
Il faut tourner la page, il faut tourner une page.




Une pression dans son dos, un étau fragile autour de son corps. Un instant, à peine un instant durant lequel le monde se fige, et le tressaut derrière ses pupilles perturbe sa vision de la cour. Il baisse le regard sur ces bras fins, dans une soudaine impression que le monde s'effrite autour de ses fondements, effondrement où il est la dernière entité à tomber d'un piédestal taillé à coup d'onirisme et de métaphysique. Dans son silence éphémère, il y a une chute qui ne se perçoit pas et qui ne dure pas, une seconde pourtant interminable où ces poignets et cette présence sont les derniers éléments qui le retiennent dans une autre réalité. Il y a un bond à l'intérieur de son être, encore un élément qu'on ne contrôle pas, et il se retourne puis maintient ces poignets de ses mains pour que jamais l'étau autour de lui ne se relâche.

Il lui semble alors qu'elle lui a posé une question sans pouvoir l'affirmer. Valentine relâche son emprise, et sa main vient se caler dans le cou de la jeune femme pour garder son visage contre lui. Dans la citadelle de Libra, dans sa tour la plus haute, il y avait des jours où la déchéance de son âme ne se heurtait jamais vraiment dans la paume de ces mains là, ni ne trouvait de bras damnés sur lesquels se raccrocher. L'éternité n'est au final, qu'une chute sans fin.

-Cammy. ...Nous sommes les naufragés de nos rêves.


Un murmure, alors que sa tête vient se poser au dessus de celle de la rouquine.
Il reste ainsi, laissant la fragrance de sa présence éloigner les tumultes de son esprit.

-Et maintenant, où va-t-on.

À quoi pense-t-il, à rien en particulier.
A cette accalmie posée après une tempête.
A cet être qu'il tient au creux de ses bras jusqu'à ce qu'un nouveau battement d'ailes le propulse dans un monde hors de portée. Mais peut être que le prochain naufrage, il y aboutirait avec Cammy.

-Tu me manques.

Où était on pour que la porte, à un moment donné s'ouvre d'un coup et se referme dans un silence respectueux, où étions nous à ce moment là, sortis de nulle part mais exposés à la vue de tous. Il ferme les yeux et brise le silence une bonne fois pour toute.

-Je n'ai pas toujours fais les choses bien. Mais au final, continue-t-il sans empressement, -Au final, la vérité c'est que tu me manques.




Spoiler:
 

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MessageSujet: Re: La valse du Temps   Ven 17 Fév 2017 - 0:22

Spoiler:
 

- J’en ai assez, Yui.

Sa joue contre son torse et cette chaleur qui n’en est pas une.

- Cesse de jouer au chat et à la souris. Je suis à bout.

Pour appuyer ses dires, elle resserre son étreinte et fourre son visage contre le blanc textile de la chemise du directeur adjoint. Cammy a chassé l’âme, la Psychê. Pendant quelques instants de lucidité, sa colère veut éclater, ses bras veulent rejeter le corps de cet être qui lui manque aussi. Tellement. Elle n’en peut plus de cette souffrance étouffante, elle veut se battre pour obtenir ce qu’elle souhaite comme elle le faisait à une époque avant que le monde ne s’effondre. Elle était fière, elle était sévère et autoritaire la petite Cammy Logan de 2010.
Elle avait du punch et de l’assurance, elle savait ce qu’elle voulait, et ce qu’elle ne voulait pas.

Et ce qu’elle ne voulait pas, c’était de tomber en pamoison pour un être qui lui ferait perdre toute raison. La raison, c’était tout ce qu’elle avait. Sa seule passion, c’était les études. Réussir dans un domaine qui lui plaisait et transmettre son savoir. Elle aurait dû être historienne, ou professeure. Pas… une bohémienne qui quémande quelques victuailles en échange de services en tout genre, à chasser l’idée de monnaie comme dans ce rêve ou Rhode est sa version personnelle du Paradis, qui ne veut au fond pas d’elle.

Les choses fragiles se brisent si facilement, surtout lorsqu’elles ont mis tant de temps à naître. Les réparer entrent alors dans la cadre de la quasi-impossibilité.
Cammy est brisée en tant de morceaux qu’il ‘y aurait pas assez de plusieurs vies pour la reconstruire. Elle se recule alors, se détache avec force et lève la tête vers ce visage qu’elle recherche et fuit à la fois.

- Tu n’as pas le droit de dire ça.

Elle tourne la tête, cherche quelque chose sur laquelle s’appuyer, se reposer. Son rêve était pourtant presque palpable. Retrouvera-t-elle Rhode un jour ? Et si elle n’y parvenait jamais plus ? Elle se fige.

Judikaël... Coda.

Là, sur un bureau. Ce prénom. Il ne peut pas en avoir deux à Keimoo. Ca serait trop énorme comme coïncidence. Elle amorce alors quelques pas vers cette table, vers la réglette portant ce nom. Elle tend le bras et l’attrape.

« Je suis Joshua, mais dans ce monde on m'appelle Judikaël. En fait, j'ai tendance à confondre. »

- Joshua...

Elle regarde ce nom d’origine bretonne inscrit sur cet objet banal entre ses mains.

« Je n'ai jamais demandé plus que ton souffle, pour l'univers. »

Elle repose nonchalamment l’objet sur la table. Elle ne contrôle rien. Ni son existence, ni sa fin. Elle ne peut ni perdurer, ni en finir. Elle ne peut garder sa famille auprès d’elle, pas même ses amis. Des êtres comme Yui ou Joshua, c’est alors impensable. Mais dès qu’elle s’exile, des individus comme Dorian Fatalys ou Hisaka Rika se plaisent à lui rappeler que Keimoo est sa destination finale. Lorsqu’elle s’accroche, son appui fuit, et lorsqu’elle désire s’en détacher, il revient vers lui à coup de “tu me manques”.

IT'S BEYOND MY CONTROL
Ne t'éloigne pas de mes... Bras


- Non, tu ne peux pas. Qu’est-ce que tu me veux, Yui Valentine ?

Mais la vérité est que… Ses jambes plient ; elle s’abat sur le fauteuil de ce Joker qui l’avait séduite si facilement, par une froide nuit d’hiver et qui l’avait “sauvée” d’une hypothermie certaine.

- C’est ma réplique. Où étais-tu, lorsque j’avais besoin de toi ? Pourquoi est-ce que j’ai vu Théo, ton frère, à mon chevet, et pas toi ?


Tout a brûlé. Ses souvenirs, ses diplômes, ce petit cocon d’Hiryuu qu’elle aimait tant. Tout ce qui appartenait à Cammy Logan a brûlé. Elle s’était dit que de cette manière, elle aussi cesserait d’exister, puisque lui n’était plus là. Mais il était là, et c’était bien ça le problème. Il était là, sans être là.

- Je ne sais même pas qui tu es. Ce que tu es. Pourquoi m’avoir invitée à te rejoindre à Paris ?

Trois ans plus tôt, elle vivait l’expérience la plus incroyable et la plus mémorable de toutes. Une histoire à l’eau de rose dont son “ancienne elle” se serait bien passé à son arrivée au Japon. A son retour d’Europe, elle n’était plus la même. Elle était partie encore adolescente, et était revenue femme.

- Je n’en peux plus de ce temps qui disparait et réapparait comme bon lui semble. Je n’en peux plus des couleurs qui tantôt se ternissent, tantôt s’accentuent. Je n’en peux plus de la musique, des papillons, des bulles, des autres mondes, de ces rêves sans queue ni tête et de tous ces gens qui disparaissent. De ces malheurs qui s’abattent sur nos têtes, des tremblement de terres, des incendies qui surgissent partout. Je n’en peux plus de ces princes de pacotilles, de ces anges narcissiques, de ces japonais qui n’en sont pas, de la métaphysique absurde, du thé au jasmin que tu ne boiras jamais plus, des personnalités doubles, de la mémoire qui se joue de nous. Je n’en peux plus des anachronismes, du bruit, des sons de cloche, des oeuvres d’art, des livres, des tartes aux pommes à en faire sourire des princesses briseuses de tasses. Mais surtout je n’en peux plus de cette vie et du dévouement passionnel que je te porte et dont tu ne sembles pas en réaliser l'ampleur.


Les mots sont sortis sans qu’elle ne puisse les contrôler.
Plus rien n’est sous son contrôle.

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MessageSujet: Re: La valse du Temps   Dim 19 Fév 2017 - 9:49

L'attention posée sur les gestes de Cammy, Valentine s'appuie sur le rebord de la fenêtre. Elle s'échappe, de nouveau, comme toutes les autres fois, ne délaissant qu'une sensation douloureuse et âpre sur son passage. Qui est le chat de la souris, qui est la souris du chat, Valentine ne le sait pas, -ou plus et, son regard capture l'environnement dans lequel Cammy évolue, la suivant jusqu'au moindre mouvement textile. Ses yeux picotent pour avoir oublié de reposer leur vue, brûlent à la mention trop claire d'un nom qui n'appartient à personne dans cette salle, et cillent finalement sous le poids de son propre prénom. Yui Valentine, -prononcé par Cammy Logan a une saveur toujours quelque peu différente; aujourd'hui il ne sait pas s'il doit l'apprécier ou le déprécier. Pourquoi ne le pourrait-il pas, après tout: on vit tous pour mourir un jour.

Ses mains se crispent sur le rebord, absorbant les questions qui justifient le vide sur lequel il ne reste plus que du marbre froid pour se raccrocher. Valentine écoute, se contente d'écouter à défaut d'avoir les réponses exactes à ces questions, et parce qu'il écoutera toujours ce que Cammy veut bien lui dire. Que lui veut il, pourquoi elle et pourquoi ce dévouement passionnel, Yui écoute. Ses traits se crispent parfois, une fraction de seconde, mais il continue de l'étudier en silence jusqu'à ce qu'il n'y ait plus de mot pour remplir le vide.

D'ordinaire, elle part ensuite, et lui ne bouge pas.



Live


Pour quoi.



Le gris de son regard sur cet être, contre les ouragans internes que ce même être soulève. Yui finit par s'approcher de Cammy et se baisse pour retomber à la même hauteur que ses yeux.

-Tu me poses des questions auxquelles je n'ai pas toujours de réponse. Mais qu'on m'efface ou pas les instants que tu mentionnes, c'est toi que je croise à chaque fois. Pour quoi.  

Il s'accroupit et pose la main sur celle de la jeune femme. Il aimerait l'agripper pour qu'elle ne s'en aille pas.

-Tu me manques. C'est obsessionnel, c'est passionnel, du délire affectif, de la démence et ou alors tous les troubles du monde. Mais au final, il faut bien se créer une raison, alors c'est comme ça que je me dis que tu comptes pour moi.

Il détourne le regard, se laisse s'assoir sur le sol.

-Tu as disparu de mon champ après l'accident.

C'était brusque, trop brutal et Thémis s'est fait une joie d'effacer cette plaie trop douloureuse pour que cette âme continue de connaître l'éternité dans son paradis. Mais ses plans n'ont pas fonctionné, en arrachant les souvenirs de cet être, elle lui a brisé son équilibre. Le toute chose étant égale par ailleurs est restée une équation invalide dans la matrice de cet âme. Il aurait dû en être damné. (...)
À son réveil, Théo et Eliane auront tenté de lui recoller des éléments déjà défaits. Mais quelque chose a disparu et de cela, leur frère ne s'en remettrait jamais vraiment.

Valentine se tourne pour appuyer sa tête sur les genoux de Cammy. Il fixe le sol, le mur en face sans tout à fait les voir. Ainsi c'est dans une impression de déjà-vu et à la fois étrangère dans laquelle il tente encore de retrouver les scènes exactes qui lui sont mentionnées. À quoi bon révéler maintenant qu'il aurait voulu être là à tous les instants où elle avait eu besoin de lui.

-Telles qu'ils aient été je crois que si je connaissais les détails de ces moments je ne pourrais plus te regarder en face. Et si c'est le cas, on disparaîtrait l'un pour l'autre parce qu'il y a sans doute trop d'irréparables. Ce serait un cercle vicieux. En fait, tu me manques et tu me manqueras toujours.

Parce que les souvenirs, par définition, ne reviennent pas et ne se reproduisent pas de la manière dont ils se sont déroulés.

Un silence passe.

Valentine en a assez de courir après ce qu'il ne connaît pas. La poursuite illogique d'éléments qui le dépassent, la course après le temps et la métaphysique.  Peut on mettre fin à quelque chose en tentant d'y retrouver un nouveau début, un départ en espérant ne pas retracer les mêmes déviations que ceux d'avant ce départ?

Valentine relève la tête et soupire. La vie a ses instants lassants.

- J'allais te demander ce que tu voulais faire maintenant mais je préfère une fois de plus ta présence que ton absence.

Il lève la main et effleure le visage de Logan le long de sa joue. Il fut un temps où ce visage lui aurait paru bien plus familier.

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