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 Don't let them look through the curtains.

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Yuuga Kiukoudai
♣ Université - 2ème année
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Genre : Masculin Bélier Rat Age : 21
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KMO
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MessageSujet: Don't let them look through the curtains.   Mar 26 Juil 2016 - 1:07

Don't let them look through the curtains.

Ft. Zakuro Fea

Les dédales infini de couloirs, les portes closes, les voix assourdis des professeurs donnant à leur cours les plus beaux accents pour éveiller l'intérêt endormi d'élève lassé. Le vent jouant dans les arbres, les feuilles et les branches venant gratter contre les vitres. Une voix douce invitant à la rêverie, invitant à fuir l'étouffante salle de classe pour s'enfuit sous le soleil brûlant. Mais le jeune homme assis au milieu des rangs y était insensible, quelque chose d'autre lui mordillait le corps, une pulsion qu'il n'avait pas eu l'occasion d'assouvir depuis bien trop longtemps. Vous ni voyez qu'une idée sexuelle, une pulsion animal pour un corps qui l'était tout autant, spartiate, livré à ses désirs.
Mais loin de tout cela, c'était un souffle brûlant qui parcourait la nuque du jeune japonais, une pulsion qu'il s'était tant interdit, tant refoulé.
Devant lui, il entendant le chant d'une musique, c'était à peine audible aussi, le professeur n'eut rien remarqué. Mais la chanson était là, venant hanter les plus vieux fantômes poussiéreux se nichant au creux de son cœur. Pulsant dans les muscles inactifs qui n'avait que droit à être usé pour étudier. Eux qui rêvait de tellement plus. Insupportable, comme un poisson suffoquant hors de l'eau. Comme une agonie lente qui se rependait dans tout son corps, il désirait tellement...oh oui juste un instant, juste une seconde. Juste...juste un peu plus. Après il se promettait d'arrêter, il se promettait de remettre ses passions d'adolescent dans des placards que l'adulte n'ouvrait plus que par nostalgie.

Vous savez, ces placards sombres et étroits que l'on incrustait dans un coin de sa conscience, ces endroits regorgeant et cachant nos rêves d'enfants, nos espoirs adolescents déçus mais que l'on aime, les longues soirées d'hiver, s'étendre en parure sur les vêtements de notre nostalgie. Se souvenir, oui se souvenir de tout ce qu'on aurait voulu faire, tout ce qu'on aurait dû faire. S'accrochant à votre mémoire comme les mains décharnées d'autant de cadavres désirant encore vivre, juste un peu...juste un tout petit peu.
Yuuga fronça les sourcils, il avait perdu depuis longtemps le fil de la voix monotone de son professeur et cela lui déplaisait, perdu dans des songes qui n'existeraient jamais plus loin que ses rêves, il risquait encore une fois de perdre des points. Juste un point de moins et il savait que son père lui tomberait dessus. A lui l'internat, à lui la prison à vie jusqu'à ce qu'il soit parfait, propre et parfait. Cette université était sa dernière option. Déjà l'année dernière son déplorable seize au club lui avait valut des remontrances désagréables et brutales, remontrances où les mots ''pédale'' et ''honte pour son sang'' lui avait vaguement heurté les tympans. Mais il ne s'attardait plus vraiment sur le dégoût que son père avait de lui.

Dans les premiers jours, cela avait été insupportable, douloureux à en mourir. Son regard si méprisant sur lui, comme s'il n'était plus son fils mais une...une erreur, une tâche sur le parcourt parfait de sa vie parfaite. Puis, au fil des jours, la douleur s'était estompée pour ne plus laisser place qu'à un trou béant de solitude, dévorant son cœur et son âme avec la voracité d'un acide sur du papier.
La sonnerie le surpris plus qu'elle n'aurait dû, il posa un regard étonné sur les pages vides de ses notes et s'agaça, contre lui-même, contre son esprit qui avait tant tendance à papillonner. Se levant, rangeant ses affaires après avoir remercié leur professeur pour le cours, il quitta les lieux, entouré de sa « cour » comme il aimait à l'appeler. Des ombres sans visage à ses yeux, il ne voyait que leurs orbites vides, leurs sourires sans vie et fantomatiques qui tournaient autour de lui, cherchant ses faveurs, cherchant ses petits papiers pour mieux ponctionner ce qu'ils pouvaient. Son amitié, son amour, son argent surtout. Mais Yuuga n'avait jamais accordé aux poupées de chiffon qu'étaient ses suiveurs, ces gens qui clamaient à qui veux qu'ils étaient son ami, l'attention qu'ils attendaient de lui.
Il lui sembla même...que certains n'était pas les mêmes que l'année passée...mais ce n'était qu'une vague impression, il aura fallut pour cela qu'il se souvienne de leurs visages. Il avança d'un pas royal dans les couloirs, ignorant les rumeurs des conversations, ignorant tout ce qui se passait autour de lui, il savait ce qu'il avait à faire. Passant entre les filets de ses courtisans, il s'isola un instant, juste assez pour que le silence se fasse, un soupire au bord de ses lèvres opalines. Puis il aperçut au loin, se dressant comme un appel silencieux à sa détresse physique les murs placides du gymnase. Il avisa l'heure. Les clubs ne réquisitionneraient pas le gymnase avant ce soir, après les cous, il avait une heures de libre avant son prochain cours et avec un peu de karma positif...oui il pouvait peut-être se glisser dans le gymnase pour une petite heure et ressortir ni vu ni connu. Hésitant il finit par se décider et rejoignit ses affaires, prenant ses vêtements de sport puis alla se changer. T-shirt à manche courte, short de sport, chaussure de sport qu'il enfila une fois seulement qu'il eut atteint le gymnase.

Que le karma fut de son côté cette fois ou bien que ce soit juste par chance, le gymnase était vide, la porte ouverte l'avait surpris, peut-être que quelqu'un s'y trouvait déjà ? L'idée lui effleura l'esprit mais trouvant la pièce principale vide, il ne se fit pas prié.  Il n'allait pas s'en plaindre, sans demander son reste, il commença ses échauffements, tirant ses muscles raidis par le temps passé à ne pas s'en servir. Comme un serpent détendant ses anneaux après un long somme, il commença quelques exercices de détentes, puis chauffa ses muscles, assouplissant et travaillant avec attention pour ne pas risquer de se faire mal.
C'était la première chose qu'il avait apprise à l'époque où il pratiquait la danse dans sa chambre, à l'abri du regard réprobateur de son père, encore lui, il s'était fait terriblement mal lors d'un pas de danse alors qu'il avait mal échauffé son corps. La peur d'une déchirure irrémédiable l'avait immobilisée plusieurs jours mais finalement il s'était remis, parfois, lorsqu'il s'amusait à faire quelques pas pensif dans son appartement, sa jambe lui faisait mal. Comme un mauvais souvenir rôdant encore derrière les paupières endormies de sa mémoire, sifflant et ondulant en attendant l'heure de lui faire plier genoux mais sans jamais parvenir à terrasser sa volonté par la douleur d'un muscle trop froid.

Une fois certain qu'il ne se ferait pas mal, il alluma son téléphone, nouveauté à laquelle il avait eut le droit à son départ, pour garder « contact » ou pour être sûr que sa laisse ne serais jamais trop longue. Quoiqu'il en soit, après des jours à manipuler cette chose comme une ogive nucléaire, il avait finit par en comprendre le fonctionnement et c'était mis à télécharger beaucoup...beaucoup de musique. Il passa l'une d'elle, et se laissa alors porter par le rythme.

Adieu attitude princière, adieu froideur hivernal de son visage et son comportement maniéré. La danse était vivante, brûlante, sauvage. Suivant avec assurance les battements du son qui enivrait son cerveau plus sûrement que n'importe quel alcool. Plus rien n'existait soudainement, assoiffé de cette libération, laisser parler son corps avec brutalité, se lancer, revenir, se lancer à nouveau, frapper le sol, sauter, tourner, courber le dos et se tendre vers le ciel tel un croyant cherchant l'aumône de son Dieu. Aussi fort que n'importe qu'elle drogue, aussi harmonieux que n'importe qu'elle choral seigneurial. Son regard fixé droit devant lui, écoutant de tout son corps, abusant de toute son énergie trop longtemps retenu le sol glissant du gymnase pour mieux en faire vibrer chaque parcelle de son corps.  
Le monde s'était arrêté de tourner mais il bascula à nouveau quand les trois minutes de sa chanson s’arrêtèrent. Un souffle rapide, essoufflé s'échappait d'entre ses lèvres, ravis, heureux, penché en avance, les mains sur les genoux et le corps transpirant. Il manquait d'endurance...cela faisait si longtemps. Il essuya son menton en se redressant, reprenant lentement conscience de ce qui se trouvait autour de lui.  

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