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The Future is like a puzzle with missing pieces: difficult to read, and never, never what you think.
 
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 Un voyage d'apprentissage [ Hisaka Rika ]

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Lois Garnett
♣ Université - 4ème année
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Genre : Féminin Capricorne Chien Age : 22
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KMO
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MessageSujet: Un voyage d'apprentissage [ Hisaka Rika ]   Sam 23 Juil 2016 - 1:57

Qu'est-ce que ça a bien pu être jouissif de glander, ces derniers temps. Oh, comme ça m'avait manqué. Moi qui suis de nature plutôt chill, là, j'entrais carrément en état larvaire. Ma peau aurait commencé à fusionner avec le tissu de mon canap', je crois, si je n'avais pas eu mes pauses clope et petites explorations pour m'en tirer de temps à autre. Ça, c'est le genre d'effets que ces fous de professeurs japonais ont sur quelqu'un de sensé. Et par sensé, je veux juste dire quelqu'un qui aime faire autre chose que se saigner au taf', parfois. Je ne suis vraiment pas très exigeante à ce niveau-là.

Hm. Perchée sur mon balcon, mon regard quitte mon joli quartier pour divaguer à des milliers de kilomètres. Mentionner ces fameuses sorties me fait me rappeler la toute première que j'ai faite l'esprit tranquille, à peu près vers la fin des cours. Celle pendant laquelle j'ai rencontré le p'tit blond, là. Enfin, "petit"… J'abuse, je ne le dépasse que d'un cheveu. Je n'y peux rien, son côté légèrement awkward m'a tellement amené l'image de Leo que je projette un peu. Faut me comprendre, ça ne court pas les rues les gens qui sourient en croisant mon regard pour la première fois. J'ai plus souvent droit à des réactions semi-paniquées, surtout ici. Forcément, ça allait m'intriguer. Et me rappeler ceux qui, eux, me sourient sans réserve.

Bon, cessons de ruminer tout ça.

Aujourd'hui, en cette belle et chaude journée d'août, je me suis levée avec entrain  ̶  ou presque, faudrait pas trop se violenter. Ça, c'était y a une bonne heure. Maintenant mon interlude introspectif achevé, je repose mes pieds nus sur les carreaux froids de mon appartement. Frisson de bonheur. Comme à mon habitude, je joue un peu avec Nell, je traîne sur internet et ignore soigneusement les dizaines de clickbaits pétés de mon fil d'actu, puis je me fais un appel Skype avec mon frère  ̶  dont je ne comprendrai jamais le rythme de sommeil, il est facile 5h du mat' à Brighton. Appel que je finis par écourter fissa après avoir jeté un œil sur le coin en bas à droite de mon écran. Il est déjà 15 heures passées maintenant, le temps m'a filé sous le nez sans prévenir. Déso', le nain. Il est grand temps pour moi de sortir mes grandes pattes de mon appart'. Je ne lui dis pas pourquoi mais quelque chose dans l'air goguenard de ce fichu morveux avant que je ne raccroche me dit qu'il a directement deviné. Sale mioche.

Déjà parée niveau protection solaire  ̶  rien que ma courte virée sur le balcon m'aurait promise des jours et des jours de souffrance sinon   ̶   je choppe les essentiels habituels, clefs, portefeuille, papiers, bla bla bla, sans avoir l'air de me presser. Au fond, je suis légèrement guillerette. Accent sur légèrement, j'ai encore mon amour propre. J'ai honorablement laissé passer pas mal d'heures avant de craquer. J'ai même une excuse pour sortir, eh oui ; je dois passer à l'animalerie. Ça me fait du mal d'utiliser Nell comme prétexte comme ça, mais c'est pour la bonne cause.

En parlant de lui, d'ailleurs, je crois qu'il m'a grillée. Il me fixe de son petit regard perplexe. C'est qu'il lit en moi comme dans un livre ouvert, le petiot. Je me tourne vers son vivarium, lui caresse doucement la tête puis saute dans mes shoes. À peine ai-je fermé la porte que je dégaine mon téléphone. Avant même de m'allumer une clope, pour dire.

Et c'est là, sur le pas de ma porte, mesdames et messieurs, que je vais devoir vous avouer quelque chose.
J'ai 12 ans.
Tatouages, 1m80, la clope au bec, mais toujours 12 ans. Comme Sacha. Et comme les millions d'autres moutons qui se sont rués sur Pokémon Go dès sa sortie. Bêê.

Je crée mon compte sans m'y attarder. Il n'y a pas masse de personnalisation, comme on me l'avait dit. Une fois mon personnage créé, on me propose les trois starters pour démarrer. Ah, Bulbizarre, quelles aventures on a vécues ensemble… Ça me rend nostalgique. Le bon vieux temps. C'est un choix si dur, dois-je me détourner de toi et des autres pour choisir Pikachu, ma fidèle souris jaune, ou retourner aux sources ?

Oui, oui, je connais les bails.

En même temps, j'aurais difficilement pu ne pas être au courant de la technique. Mon abruti de frangin n'a pas cessé de me narguer depuis la sortie de Pokémon Go au Royaume-Uni alors que moi, au Japon, terre mère de la saga, suis restée les mains vides. Franchement, j'ai failli regretter mon départ d'Angleterre à plusieurs reprises, ces derniers jours. Rien que d'y penser me fais jurer dans ma barbe inexistante.

L'attente est finie, toutefois. Le rêve poussiéreux de ma génération toute entière, vieux de plus d'une décennie, est désormais au creux de mes mains. De ma main. L'autre tient ma cigarette, que j'avais préalablement roulée dans la journée  ̶  pas folle la guêpe, même moi ne peux pas rouler en pleine chasse au pokémon. Je passe encore quelques instants immobile, tiraillée par les deux options qui se proposent à moi.

Finalement, d'un mouvement déterminé, je me tourne vers mon vieil ami vert. Je lance ma pokéball minutieusement, tenant ma clope entre mes lèvres. Bim, dedans du premier coup. La voir gigoter devant mes yeux réveille en moi cette antique urge absurde de masher du bouton. Faute d'en avoir, je me contente de tirer une très longue taffe.
Elle s'arrête enfin. La petite Lola au fond de moi saute de joie. Et un d'attrapé, un.

Je devrais être embarrassée de me sentir aussi fière de mon succès, mais je n'y arrive même pas. Rares sont les jeunes de ma tranche d'âge capables de rester rationnels face à l'idée d'attraper des pokémons dans le vrai dehors. Ce n'est pas pour rien que les serveurs ont saturé aussi souvent.

Allez, on ne s'arrête pas en si bon chemin. Je continue ma route tranquillement, et fais de petits détours de temps en temps pour les Pokéstops. Je tombe sur un Ratata, un Nosferapti et deux Roucools avant d'atteindre le centre-ville.  Pas les plus palpitants de tous, clairement, mais il faut bien un début à tout. Pour l'instant ça va encore, je n'ai pas de problèmes à les attraper. Et je ne me suis pas croûtée du chemin non plus. Leo va être vert quand il saura que je n'ai pas raté un seul tir-

Oh.
No. Way.
Un Magicarpe.

Je ne peux décemment pas rater ça. Il me le faut, c'est viscéral. Je n'ai même pas particulièrement l'ambition de me lancer dans la quête du Leviator, c'est jute que j'ai toujours eu une étrange affection pour ce pauvre poisson. Le voir se débattre en lançant Trempette provoque comme un élan de tendresse en moi. Je dois avoir quelque chose pour les cas désespérés.

Quoi qu'il en soit, je me dirige vers ma future conquête d'un pas décidé. Il est juste à ma portée et-
Un choc.
Pour le coup, c'est pas dans ma barbe imaginaire que je jure, mais bien à haute voix.
Je viens d'entendre un bruit pas vraiment rassurant.
Je grimace. Mon portable est toujours dans ma main. Une seule conclusion possible. Je sens déjà la chaleur grimper le long de mes joues, mais je fais de mon mieux pour l'ignorer. J'aurais préféré rentrer dans un poteau. Je n'aurais rien eu à lui dire, à lui. Là, le moins que je puisse faire est de présente mes excuses à ma pauvre victime.

- …Désolée, vraiment.

En plus, mon Magicarpe m'a filé entre les doigts. Ma carrière de dresseuse s'annonce bien.
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Hisaka Rika
♣ Université - 2ème année
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KMO
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MessageSujet: Re: Un voyage d'apprentissage [ Hisaka Rika ]   Sam 23 Juil 2016 - 20:12

Il n’est pas coutume que je sorte beaucoup de ma chambre pendant les jours où je suis autorisé à ne rien faire, mais aujourd’hui c’est un peu différent. Ayant récemment rejoint le club de cuisine, j’ai décidé de m’entraîner pendant les vacances, faire le grand saut dans la poêle à frire pour éviter un nouvel incendie dans le bâtiment des clubs. Même si les brûlures n’ont – en partie – pas laissé de grosses traces sur mon bras, je ne souhaite pas renouveler l’expérience et finir atrophié pour de bon. Bref, j’ai donc cherché des recettes simples à réaliser sur internet, et surtout pas très coûteuses car je n’ai pas non plus l’intention d’y investir un bras d’une autre manière qu’en y mettant le feu.

Dans le genre facile – d’après un site de cuisine nippon – qui n’est pas un simple bol de riz, il me semble que la réalisation d’un Omurice m’est abordable pour mon piètre niveau. J’éteins l’ordinateur avant que ma motivation ne s’évapore et pars checker les provisions disponibles dans les placards et le frigidaire de l’étage. Apparemment ce sont surtout les produits frais qu’il manque, contrairement aux divers sachets de ramens qui traînent dans le meuble. Bon, au moins il y a déjà le riz et la ciboulette, ça me fait deux ingrédients en moins à acheter. Si je me souviens bien de la recette, il me reste le blanc de poulet, la sauce soja, les œufs, du dashi et les tomates. Je jette un œil vers la porte de ma chambre restée entrouverte. Maintenant il va falloir que je relève un autre défi : m’habiller convenablement pour sortir en ville. La tentation de me faire livrer est grande, mais je crains que cela me coupe dans ma dynamique de cuisine. Vêtements enfilé, portefeuille et sac en plastique – pas très écolo – dans les poches, je suis fin prêt pour affronter le monde extérieur. Je secoue la tête en fixant mon reflet dans le miroir. On n’est jamais assez préparé pour ce qui nous attend en dehors de notre zone de confort. Toutefois il est trop tard pour les regrets, la porte des enfers est déjà franchie.

Et tant pis si je ne trouve pas de viande au magasin, il y aura bien une brave personne pour me refiler un piafabec…Oh wait !

LE MONDE EST DEVENU FOU...OU PEUT-ETRE TROP CONNECTE

Et ce depuis environ un mois même si ce sentiment s’est renforcé depuis une dizaine de jours. Autour de moi, plusieurs groupes d’adolescents et d’adultes déambulent dans les rues, téléphone à la main. Oh, si ce n’était que ça. Cela fait bien quelques années qu’une bonne partie de la population ne lâche plus son smartphone – et je n’ai jamais dit qu’il s’agit d’une mauvaise chose – mais il n’y a pas que ça, non. La nouvelle s’était répandue rapidement alors que le lancement de l’événement qui a bouleversé les vacances d’été, lui, s’était plutôt fait discret. Les australiens, canadiens et américains ont été les premiers à bénéficier de l’ouverture des serveurs. Et le jeu a rencontré beaucoup plus de succès qu’espéré. Armé de l’antiquité qui me sert de téléphone, je me sens un peu seul au milieu de la vague Pokémon Go. Ce n’est même pas un modèle tactile, s’était moquée ma sœur lorsque je lui avais annoncé que je reprenais le même style de cellulaire que j’avais perdu l’an passé. J’aurais pu profiter de l’incident pour changer, mais le cœur n’y était pas. Je suis un homme attaché à ses habitudes et sa routine, un homme qui se laisse piétiner par ceux qui courent après chaque seconde de leur existence.

A mi-chemin entre la réalité et le monde virtuel, la plupart des gens ne remarquent pas. Comme d’habitude, me direz-vous, mais pas exactement. Il suffit qu’un pokémon apparaisse sur moi pour m’attirer les regards. Sourire gêné, joues qui rosissent, je déploie l’attirail du jeune homme pas très à l’aise en société. Même lorsqu’il s’agit d’un sujet qui me tient à cœur d’habitude – en l’occurrence les jeux vidéo – je n’arrive pas à trouver ma place dans des conversations. Je suis un magircarpe échoué sur la berge. Soupir, malgré tout je sais que le pire reste à venir. Et je le comprends au moment où les portes du tram s’ouvrent devant moi. Chaleur et étouffement en perspective.

OMURICE

Je barre le poulet sur ma liste de course. Enfin, tout est fini. Plus aucune épreuve de socialisation ne m’attend aujourd’hui jusqu’à preuve du contraire. J’esquive deux ou trois monuments, immeubles, terrains de jeu ou autre curiosité qui pourraient être des pokéstop et emprunte une rue plus calme. Quitte à faire un tour en ville, autant y prendre un minimum de plaisir. Sacs de course blancs en main, je suis assez repérable par le commun des mortels pour qu’ils dévient leur trajectoire avant de me fondre dessus. Du moins c’est ce que je pensais. Ce n’est pas comme si je ne l’avais pas repérée avec ses cheveux bleus au milieu des têtes brunes, les yeux rivés sur l’écran de son téléphone portable. Je pensais juste que, comme d’autres avant elle, elle s’écarterait toute seule. Eh bien j’avais tort.

En lui-même, le choc ne m’avait pas causé de réel tort, j’avais été confronté à bien pire qu’une simple bousculade au cours de ces dernières années, même si c’est une femme d’un mètre quatre-vingt qui en est à l’origine. Non, ce qui me gêne vraiment là, tout de suite, c’est que mes mains sont libres de tout poids. Vous comprenez où je veux en venir ? Pour faire court, disons que mes achats ont fait un petit vol plané quelques mètres plus loin. Debout devant elle, l’air rigide, je l’écoute à peine lorsqu’elle me présente ses excuses. Je ne prends même pas la peine de les accepter ou quoi que ce soit, il n’y a qu’une seule chose qui m’intéresse.

« Mes œufs. »

Je reste planté à quelques centimètres de la jeune femme en regardant mes doigts comme s’ils allaient m’apporter une quelconque consolation. Heure de décès de mes courses : 16h02. J’ouvre la bouche puis la referme. Il n’y avait malheureusement pas que les œufs de fragile dans le sac, mais aussi le flacon de sauce soja…et les tomates. Le bilan s’alourdit. Carnage : pentakill. Avant même de récupérer mes affaires au sol, je sais que je vais y découvrir un bien triste spectacle. L’air dépité, j’adresse un regard ennuyé à la jeune femme. Tout a explosé lors de la chute, il n’y a plus que le poulet en barquette à sauver, même s’il est recouvert d’une mixture assez louche désormais.

« Vou-vous avez de l’eau ? »

Et de l’argent pour me rembourser. Je serais bien culoté de demander un dédommagement alors que Satoshi ne m’a pas fait payer lorsque j’ai renversé de l’eau sur son téléphone, mais j’avoue que l’idée m’a traversé l’esprit. Est-ce que les dieux sont en train de me tester ? Je m’approche de la jeune femme, un peu anxieux à l’idée qu’elle puisse me refouler et partir. Prenant conscience qu’elle n’a pas repris la parole depuis ses excuses, je commence toutefois à m’inquiéter de son état. Mais peut-être est-ce moi qui parle trop vite pour qu'elle puisse réagir ? Arrivé à son niveau, je louche légèrement vers l'écran de son téléphone. Pokémon Go, c'est bien ce que je pensais. Bon au final, elle y a peut-être juste laissé son âme, dans la réalité virtuelle. J'avoue : j'en suis jaloux.

« Euh…v-vous allez bien au moins ? »

J'ai une bonne assurance, même si c'est de votre faute.

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