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 It's gonna be a long long night [ Takuya Hibari ]

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Satoshi Sakutaro
► Université - 2ème année - Capitaine Combat Sans Armes
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Satoshi Sakutaro

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MessageSujet: It's gonna be a long long night [ Takuya Hibari ]   Sam 9 Juil 2016 - 4:45

La nuit et la, sombre et tortueuse, oblitérant la luminosité qui guidait mes pas depuis plusieurs heures. Comment suis-je arrivé la, adossé contre ce mur encore tiède des rayon du soleil qui l'avaient frappés des heures durant ? J'ai comme l'impression d'avoir un moment d'égarement, un trou noir remplaçant les souvenirs direct qui sont normalement censés peupler ma mémoire. Je respire en relevant la tête. Le haut de mon visage est dans la pénombre, mais je suis néanmoins éclairé par l'un des rares lampadaires de la rue. Bien loin le brouhaha joyeux des habitants de la ville, des touristes, des acheteurs qui se précipitent dans les boutiques du centre-ville, aussi riche d'un coté que bon marché de l'autre, hétéroclite.

Je ferme les paupières, j'ai l'impression que petit a petit cela me revient. La raison pour laquelle je suis venu en ville ce soir. La raison pour laquelle je me retrouve dans ce quartier désert, cherchant presque autant mon chemin qu'a retrouver mes esprits. La raison pour laquelle mon dos est collé contre ce mur comme soutient salvateur de mes dernières forces, énergie qui glisse par tout les pores de ma peau. Il faudra vite se souvenir, car sans passé, je n'aurais sans doute pas beaucoup d'avenir.

Ma vision était troublé mais maintenant que j'ai pris une seconde repos, je retrouve petit a petit le fil de mes idées. Je ne suis pas vraiment paniqué, ce n'est pas mon genre de céder au stresse et au désarroi. Disons que je suis plutôt troublé de me retrouver dans cet endroit alors que je ne sais même pas a quel moment mes pas m'y ont guidés. Mais je me remémore petit a petit la raison. Et mon cœur retrouve son rythme habituel. Ta-dam. Ta-dam, Ta-dam. Tout vas bien, je suis en vie.

C’était le garçon que j'avais rencontré quelques semaines plus tôt, alors que je prenais un verre avec Natsuki et son ami. Comment s'appelait il déjà ? Ah, Tatsuki je crois. Je me souviens de ses larmes lorsque, dans la rue, sa mère l'avait frappé sans ménagement. Pour une petite bêtise. Pour un petit caprice, il s’était retrouvé au sol sous les coups de sa mère ivre de rage. Et je l'avais aidé. On ne bat pas un enfant. Peu importe la raison, peu importe qui est son bourreau. Un parent n'a pas mit un enfant au monde en gagnant le droit par la même occasion de le blesser, non. Une punition, ce n'est pas un passage a tabac. Alors j'avais agis.

Je l'avais retrouvé ce garçon, alors que j'étais venu pour acheter des vêtements que ma mère m'avait demandé. J'ai parfois l'impression d’être son envoyé en ville, qui effectue toute ses courses. Ce n'est pas qu'une impression, maintenant que j'y pense, c'est le cas. Mais je le fais de bon cœur, ce n'est pas grand chose pour tout ce qu'elle ma offert. Pour avoir donné la vie, et pour l'avoir remplit. Mais ce n'est pas vraiment le sujet. Je cligne encore une fois des yeux. Je me perd dans mes pensées, il me faut un fil rouge fixe, sans variation, sans virage. J'avais donc vu ce garçon passer prêt de mois.

C’était seulement un mois après, mais elle ne m'avait pas reconnu. Je me plais a croire que le garçon si, j'avais cru déceler un sourire sur son visage. Et c'est la que j'avais commencé a ne plus retrouver mes souvenirs. Mais il est facile de deviner ce qui était arrivé. Je les ai suivis. Une curiosité mal placé, ou alors un désir de m'assurer que tout allait bien pour lui, j'avais emboîté le pas de la mère et de son fils, dans les rues de Keimoo. L'avantage d’être discret, c'est qu'ils n'avaient, je crois, pas vu que le même garçon les suivait tout du long de la route.

C'est d'ailleurs amusant sachant que je suis sans doute membre du zéro virgule un pour cent des Japonais blonds qui vivent dans ce pays. Mais peu importe, j'ai réussis a les suivre jusqu'à ce qui semblait être leurs maison. Le garçon souriait, la mère souriait, tout le monde avait l'air content, j'avais donc décidé de faire demi-tour. Pas besoin de m'imisser d'avantage dans la vie de ces gens. De toute façon, maintenant que je sais ou ils habitent, si il devait y avoir un problème, je réagirais sans aucun soucis.

C'est a partir de la que les soucis d'orientations avaient commencés. Totalement fixé sur les deux personnes me précédent que je n'avais pas pris en compte le chemin que j'avais pris. Tournant dans beaucoup de rues, de ruelles, j'avais fini par totalement perdre la direction a prendre, et la nuit tombante ne m'avait pas aider. J'avais marché une heure. Peut être deux. Sans doute trois, et enfin avait décidé de prendre une pause sur ce fameux mur, les muscles endoloris par la marche. Incroyable que ces quartiers soient de tels labyrinthes. Ou je n'étais juste vraiment pas bon. Dans tous les cas je mourrais de soif, il faisait nuit depuis longtemps et je n'avais toujours aucune idée du chemin a prendre.

J'avais vu le panneau indiquant que ma position était dans le quartier Bougu. Je n'y avais jamais mis les pieds avant et on ne peux donc pas vraiment dire que cela allait pouvoir m'aider a trouver ma route, mais a l'aide d'une carte....en pleine nuit dans un quartier dessert, bien sur. Je soupire en me détachant de ma canne de fortune, et en étirant ces bras, qui émettent de bruyants craquement. Je suis fatigué. Et je n'ai plus le choix, je dois demander mon chemin, dans ce quartier réputé sordide. Sans doute pour ça que je n'y avais jamais mis les pieds d'ailleurs. Je reprend la route une dizaine de minutes, tournant encore et encore dans le dédale infini.

Enfin, une enseigne éteinte, pas parce que le bar est fermé mais bien parce qu'il est tellement miteux que la lumière ne marche plus, se dresse devant moi. Impossible de lire le fameux écriteaux, mais la lumière sortante a travers les fenêtres m'indique que l'endroit est ouvert. Je sais que je n'ai pas le droit d'y entrer normalement. Mais il n'y a vraiment pas le choix, et je cherche juste ma route, ce n'est pas un crime dans ce pays, enfin, je ne crois pas. J'avance jusqu'à ce que je puisse poser la main sur la poignet, que je tire pour me frayer un passage dans l'endroit surchauffé, étouffant.

C'est cette chaleur qui me frappe vraiment au premier abord. Le soleil a une chaleur intense, harassante. Ici la chaleur est moite, gluante, désagréable. Puis l'odeur du tabac qui me prend au nez. Je n'ai jamais fumé, je n'ai jamais essayé de fumé. Je suis un sportif après tout, alors je fais attention a ma santé. Et cela ne ma de toute façon jamais attiré. L'odeur que je sens a l'instant renforce encore plus ce sentiment de dégoût. Puis enfin, chose logique, l'odeur d'alcool. Nous sommes dans un bar après tout. Ce n'est pas désagréable seul, quand c'est un bon alcool, et non pas de la vinasse crasseuse. Mais ici c'est bel et bien le cas, sans compter que le mélange de toute ces odeurs me soulèves le cœur.

Je fais face a ce châtiment que les dieux mon infligé, ils doivent bien rire en me regardant actuellement, avant d'avancer vers le comptoirs. Il n'y a pas beaucoup de client, et j’espère pouvoir vite obtenir l'aide que je cherche et partir. Le barman ne semble pas être derrière son bar. J'avance néanmoins jusqu'à l'endroit, restant debout mais m'accoudant avec soulagement. Je ne devrais pas être ici, mais j'ai tellement soif. Je jette un coup d’œil a droite et a gauche. Personne ne m'en tiendra rigueur par ici, je pense. Je vais prendre quelque chose a boire. Si je veux survivre au chemin du retour, il me faudra des forces, humidifié cette gorge a l'agonie. Et puis il faudra que j'affronte le concierge une millième fois. Je devrais plutôt lui demander une clé, histoire de regler le probleme une bonne fois pour toute.

Entre sourire et soupire, j'attend la que le barman revienne a son poste, seul dans l’atmosphère qui devient finalement de plus en plus chatoyante. Au moins ici, il ne fait pas nuit.

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MessageSujet: Re: It's gonna be a long long night [ Takuya Hibari ]   Mar 12 Juil 2016 - 22:23

L'odeur de tabac imprégnait une atmosphère déjà chargée en attaques odorantes. A la nicotine, benzène et monoxyde de carbone des cigarettes se joignaient l'éthanol des verres renversés sur les tables en gros bois noircis par les passages, la sueur de quelques individus échauffés et, selon la distance avec les toilettes, l’urée. Le tout, couplé à la chaleur, donnait à la pièce principale du bar des dimensions étranges, presque mouvantes selon les déplacements de chaque individu, certains recoins se dévoilant parfois à la faveur des migrations de chacun. Celles-ci se résumant bien souvent à un chemin simple en temps normal mais tortueux pour beaucoup à cette heure tardive. Le sentier entre le comptoir et leur place était en effet bien souvent jonché de mils et uns obstacles et raisons de faire un détour. Là, une jeune femme vous souriait, ici, un groupe de yankees discutaient bruyamment, plus loin, un occidental éméché jouait à chat avec le sol, ce dernier menaçant d'attraper le soulard si celui-ci continuait à tanguer ainsi.
Cette bacchanale des temps modernes ne rendait honneur à aucun dieu, personne ici n'en avait besoin, et surtout pas Takuya, qui à cet instant, tentait tant bien que mal de se prêter au jeu de la séduction avec son interlocutrice. Adossé au mur, celui-ci détaillait son visage sans vraiment l'écouter. Elle était un peu plus vieille que lui, mignonne sans doute à la lumière du jour mais le lieu ne lui faisait pas honneur. Elle parlait vite, sans prendre la peine de s'assurer que Takuya entendait tout. Lui, répondait machinalement, aucun des deux jeunes gens n'avaient envie de jouer à cela, ce n'était que pure mécanique.

[...]

Il était 21 heure passé lorsque Takuya sorti de chez lui, simple tee-shirt blanc, baskets aux pieds, sans rien d'autre que ses cigarettes et un peu de liquide en poche. Il sortait comme tous les samedis soirs, comme tous ceux qui sortaient le samedi soir d'ailleurs, pour se changer les idées après la semaine. Les mois passants, il commençait à bien connaitre chacun des recoins de son quartier, les bars et leurs habitués, les ruelles et leurs va-nues pieds. La grisaille des façades n'étaient que des miroirs renvoyant la lumière de lumineuses devantures, les petites échoppes renfermaient bien plus de trésors que les grandes surfaces, l'entassement béton n'était pas un obstacle pour qui savait naviguer sur ses flots âpres et traîtres. Beaucoup se faisaient emporter, incapables de résister aux courants qui étaient à l’œuvre ici. Sexe, drogue, alcool, les écueils à éviter étaient clairs mais attiraient plus que de raison l'infortuné marin des temps modernes. Clochards, jeunes filles sans le sous et chiards aux parents occupés avaient tôt fait de devenir poivrots, prostituées et voyous ici bas.

Bougu la putride, mais Bougu la vivante. Bougu la grise, mais Bougu le prisme.
Bougu la catin magnifique.



Samedi soir c'était "le bar du coin" comme les habitués l'appelaient, ersatz de nom adopté d'un commun accord par le bon sens collectif, ce dernier ayant statué qu'un bar dans un coin devait porter un nom en référence. Le jeune homme s'y était donc dirigé d'un pas poussé par l'habitude, ni enjoué ni mécontent, juste résigné à passer une soirée comme les autres en compagnie de presque inconnus devenant soudain de réels amis quelques verres passés ; puis rapidement oubliés le jour d'après. Ceux-là même dont faisait parti Takuya, les buveurs du dimanche, pas par choix mais parce que les autres le faisaient. Triste réalité de personnes ne sachant pas renouveler la leur.
[...]

Il ne l'était pas, triste, lorsqu'il vit partir la jeune femme, presque heureux de son échec. Presque heureux de ne pas avoir du jouer aux mâles.
La musique baissait tandis que les voix s'élevaient. Il commençait être tard, l'heure des ambiances de cries et de rires gras, de moiteur et parfois, de sang. L'heure où l'animal sortait. Aussi lorsque Takuya se dirigea vers le comptoir, il ne put que jouer des coudes, et de sa carrure dans le même temps, déclenchant une volée de grognements divers en réaction, mais il s'en moqua, la perspective d'un dernier verre étant une motivation bien plus importante que celle d'une vulgaire bagarre contre quelques imbéciles éméchés.
Le peu de personnes intéressante ne le motivait pas à rester, une en particulier l'irritait, un blond, de dos, sans doute un étranger, qui bloquait l'accès à sa boisson tant désiré. Entrainé par l'ambiance, bouleversé par les sensations contradictoires d'une atmosphère délétère, il ne put que lui envoyer:


"Pousse toi gaijin".

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MessageSujet: Re: It's gonna be a long long night [ Takuya Hibari ]   Mer 20 Juil 2016 - 0:24

J'avais l'impression d'attendre depuis des heures. Aucun barman a l'horizon, aucun serveur, vendeur ou peu importe la personne qui tenait ce taudis, il semblait ne pas vouloir venir jusqu'à moi afin de répondre a la question qui me brûlait les lèvres. Je ne voulais qu'une seule chose, rentrer chez moi, effectuer quelques exercices et enfin, finalement, après une journée aussi harassante qu'inutile, plonger dans les bras de Morphée, qui me somme de venir la rejoindre sans tarder. Mes paupières sont déjà lourdes, et je sais que sans un afflux d'adrénaline, je vais avoir du mal a rentrer sans avoir les yeux mi-clos.

En tout cas, et c'est sans doute une bonne chose étant donné que je suis appuyé sur le bar, je ne risque pas de m'endormir ici. L'odeur est indescriptible par moment, tant les mélanges sont nombreux dans l'air environnant. Qui mange quoi, quelle boisson, quel tabac, je n'y connais pas forcément quoi que ce soit, mais de toute manière bien heureux que celui qui parviendrait a décrire parfaitement toute les senteurs naviguant dans les courants étouffants qui vont et viennent dans la lumière tamisé.

Le brouhaha, tantôt fatiguant, tantôt déroutant, ne permet pas non plus de réfléchir avec calme et sérénité. Un homme a un mètre de moi parle d'une façon tellement saccadé, haché, que je ne parviens pas a comprendre ne serait ce que des bribes de ses paroles. L'alcool sans doute, ou l'accumulation de tabac qui colore le dessous de son nez d'un jaune verdâtre. Ou les deux, sans aucun doute les deux. Je soupire une nouvelle fois en reportant mon attention vers le bar ou mon bras est posé dans une position se voulant décontracté. Des regards dans ma direction m'indique qu'il n'y a pas souvent de blond dans ce coin de la ville, comme dans tous les autres coins d'ailleurs, quand j'y pense.

Mes doigts tapent a un rythme régulier sur la surface poisseuse tandis que je sens un premier coup de vent passer derrière moi, une femme que je n'ai pas vraiment le temps de distinguer, qui semble aller autre part. Je n'y fais en vérité pas vraiment attention, et c'est plutôt la deuxième bourrasque qui retient d'avantage mon esprit. Plus tenu, plus prononcé, amenant de léger relent d'alcool dans ma direction, et une voix grave porteuse d'un message aussi court que distinctif. Pousse toi. Gaijin. Gaijin ? Je fronce les sourcils, sans vraiment savoir quoi dire, avant de m'écarter d'une façon un peu maladroite :

- Oh, désolé, passez je vous en pris.

Je peux me retourner pour apercevoir son visage légèrement déformé par une beuverie aussi légère qu'apparente, et je l'observe prendre la place qui etait la mienne une seconde auparavant. Il n'a pas vraiment l'air de savoir qui je suis, mais pourtant son visage me dit quelque chose. J'observe beaucoup les gens autour de moi, et ce garçon a l'aspect agressif n'a pas l'air du genre a trop passer inaperçue. Je suis quasiment sur de l'avoir vu il n'y a pas si longtemps, de l'avoir croisé quelque part, au moins.

Si je fais le lien avec le fait que je ne sors quasiment jamais du campus, alors il y a de forte chance qu'il en vienne, et donc qu'il puisse répondre a ma question. Mais je ne suis pas sur de pouvoir aborder cette question directement sans passer pour quelqu'un de totalement perdu, bien que c'est le cas. Et je me trompe peut être, il n'en a sans doute aucune idée non plus, et j'ai juste l'impression de rencontrer quelqu'un qui arrange ma situation. Mais cela ne coûte rien de faire la conversation après tout. Je respire lentement, en réfléchissant a une phrase d'accroche et décide de me lancer, après m’être éclaircit la gorge. Je lui tape très légèrement sur l'épaule afin d'attirer son attention :

- Excusez moi mais.....j'ai l'impression de vous avoir déjà vu quelque part.....vous ne seriez pas a l'université de la ville ?


La vieille phrase d'accroche de dragueur en soirée, dans des mangas shojo, pour jeune fille cherchant des histoires d'amours. Pour quoi vais-je encore passer ce soir ? Je crois que je ne parviendrais jamais a aborder une conversation de manière neutre, sympathique, sans tremblement dans ma voix ou rouge sur mes joues. Et il semble en plus partiellement éméché, n'arrangeant pas mon stresse. Si il a l'alcool mauvais, il va peut être me frapper sans réfléchir ? M'insulter, me cracher dessus, comme toute ces histoires de bagarres que l'on voit dans les journaux. Je ne sais pas vraiment comment réagir, aussi préférant prendre les devants, j'ajoute :

- Enfin, je ne suis pas sur en fait, mais peut etre que vous le savez vous ?

L'indecision, la meilleure maniere d'arranger la situation, hein ? Hein ? Je soupire. J'aurais probablement du attendre le barman....

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MessageSujet: Re: It's gonna be a long long night [ Takuya Hibari ]   Mer 17 Aoû 2016 - 22:56

L'alcool, par le dérèglement hormonal qu'il produit, déshydrate. Privé de vasopressine, les reins ne sont plus régulés et l'eau du corps est évacué sans ménagement en trop grande quantité. Le soiffard s'assoiffe de lui même, l'eau contenu dans leur mixture alcoolisée ne suffisant pas à compenser les pertes. Les bouches s’assèchent, les gorges également, le corps dans son ensemble, parfois même jusqu'au cerveau. De ce manque d'eau dans le crâne nait la gueule de bois, celle qui vous assomme mieux qu'une femme mécontente les lendemains de cuites.

De femme, Takuya n'en avait pas, et c'était sans doute le cadet de ses soucis. Ayant laissé filer la demoiselle, celui-ci ne comptait plus que sur un verre, un seul, le dernier d'une soirée qui, au fil des mois, se répétait bien trop à son gout. Les rencontres similaires se répétaient au grès des saisons, les habitués restaient, lui aussi. Le pilier de bar n'était pas loin, et avec lui, son lot de gueules de bois.
Il ne fit pas attention à sa gueule, à lui, perdu qu'il semblait être ce blondinet un peu trop précautionneux à son gout. Ses excuses lorsqu'il s'était poussé, ses gestes soucieux de ne heurter personne, ses yeux balayant la pièce en quête d'une quelconque bouée de sauvetage qui le sauverait de cette antre à laquelle il n'était apparemment pas habitué. Ces signes, Takuya n'avait fait que les apercevoir compte tenu des quelques verres alignés auparavant, mais il les avait senti, et tirait de fait une certaine fierté d'une analyse qui crèverait pourtant les yeux d'un individu sobre : ce "gaijin" était perdu.
Étranger, le jeune voyageur ne l'était peut-être pas totalement, mis à part ses cheveux de blé et ses traits marqués par une origine occidentale, celui-ci semblait bel et bien japonais. Haussant un sourcil, le jeune homme balaya ces pensées d'un revers de main mental. Pensées qu'il jugeait stupide et la rangea instantanément dans la case "dangereuse". Germe d'un racisme bien trop présent à son gout dans ce pays, il savait par expérience d'un père tout aussi conservateur que ce genre de réflexion était à proscrire, l'origine des individus n’était que physique, le reste était construction humaine. Décidé à passer cette phase existentielle que tout buveur se doit d'avoir passé une certaine heure, Takuya se retourna vers le bar sans plus accorder d'attention à son voisin.

Excusez moi mais.....j'ai l'impression de vous avoir déjà vu quelque part.....vous ne seriez pas a l'université de la ville ?

Arrêté dans son élan vers le barman, l'alouette se figea un instant, le temps de soupeser le potentiel d'intérêt de cette question. Qu'il s'intéresse ainsi à son cas l'embêtait, croiser un camarade d'université dans ce cloaque ne l'enjouait que peu, ses manières également, non pas que son image lui tenait à cœur, mais sa tranquillité, elle, oui. D'autant plus que son visage à lui, ne lui revenait pas, mais alors pas du tout. Aucun souvenir de sa tête blonde et de son regard un peu triste ne lui venait, et ce n'était pas le son de sa voix qui allait l'aider. A dire vrai, il n'avait vraiment rien à faire de ce naufragé d'un soir.

Enfin, je ne suis pas sur en fait, mais peut être que vous le savez vous ?

Encore ces manières inutiles. Pour qui se prenait-il ? Il n'aimait pas cela, aussi, Takuya maugréa un, "tutoies moi gaijin", accueillant de fait son interlocuteur dans son cercle proche. Il avait répondu, la discussion était ouverte malgré lui. Aussi, c'est avec un certain dépit que  le jeune étudiant en histoire l'invita à se rapprocher.

Non, on ne se connait pas, et cesses donc de parler ainsi, tu vas finir par me rendre nerveux.

Profitant du bref silence généré par sa réponse et n'ayant aucune envie de s'étaler pour le moment sur ses études à l'université, celui-ci enchaîna aussitôt, allant droit au but comme à son habitude.

Perdu ?

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MessageSujet: Re: It's gonna be a long long night [ Takuya Hibari ]   Sam 20 Aoû 2016 - 0:26

L'ambiance est plus lourde au fur et a mesure que je suis la a attendre sans savoir si le barman reviendra un jour, sans savoir si quelqu'un va me dire que je n'ai rien a faire la et que je vais me faire virer. Étant donné que cet endroit est ma seule chance pour retrouver mon chemin, je serais bien mal aisé de m'en faire renvoyer.

Mais je ne sais pas comment aborder qui que ce soit ici. J'ai l'impression que tout le monde est trop occupé pour accepter que je leurs adresse la parole. Ou trop saoul, et souvent les deux en même temps. Alors que faire a présent ?

Il y a eu ce garçon finalement qui ma semblé familier et a qui j'ai adresse la parole, d'une façon trop soutenue pour le mettre en confiance d’après ce que je vois, vu comment il me regarde en essayant de faire disparaître ma présence de son monde. Si il est la c'est qu'il est plus vieux que moi, alors je ne vois pas le problème de lui parler avec la façon qu'il s'impose. Je ne vais pas le tutoyer sans sa permission, mais il me dit de la faire en grommelant dans sa barbe.

Je manque de faire un pas en arrière, a en juger par son haleine, il est la depuis quelque temps déjà. Il réutilise cette expression pour s'adresser a moi, «gaijin », que je ne comprend pas. Il faut que je me montre moins respectueux, tout en restant courtois....

- Excuse moi, j'ai juste l'habitude de parler de cette façon, histoire de ne pas vexer quelqu'un qui en tiendrait de l'importance, mais si tu n'en a rien a faire, alors ca me facilite les choses.

Dans tous les cas, et malgré l'idée que je m'étais faites sans doute un peu trop vite, il ne semble pas me connaître. En même temps, parmi les milliers d’élèves, retrouver quelqu'un a qui l'on a jamais parlé est sûrement très compliqué. J'y arrive pour pas mal de gens, j'ai une bonne mémoire des visages, mais pour tous, c'est purement impossible.

Je suis au moins sur avec ces réponses qu'il me prend en compte dans sa soirée, qu'il m'écoute, il va peut être pouvoir me répondre alors. Mais je n'ai pas particulièrement envie d’être trop direct, afin de ne pas me faire refouler par le garçon. Sa façon de faire, de parler, l'aura qu'il dégage, c'est un peu comme Zakuro-san. Il peux être dangereux, si je ne fais pas attention. Enfin, je sais me défendre, il n'y a pas de problème de ce coté la, je voudrais juste éviter les ennuis, et rentrer en un seul morceau le plus rapidement possible.

Il n'y a de toute façon de pas de doute dans sa façon de s'adresser a moi. Et lorsqu'il me demande si je suis perdu de but en blanc, je me rend compte que j'ai encore voulu prendre des gants pour rien. Je ricane légèrement, d'un air penaud en répondant :

- Ca ce voit tant que ça ?

Je soupire en me retournant. La chaise sur laquelle j'étais précédemment est toujours derrière moi. J'y prend place d'un air fatigué avant de reprendre la parole :

- Je me suis enfoncé dans la ville en suivant quelqu'un, et lorsque j'ai voulu rentrer, j'ai remarqué que je n'avais pas fais attention au chemin que j'avais pris. Et en le cherchant, me voilà ici.

J'ai failli dire « et toi ? » mais il suffit de voir son air pour comprendre qu'il n'est pas vraiment la pas hasard. Je fouille rapidement dans ma poche, parvenant a trouver quelques yens. Je peux lui proposer a boire, aprés tout il m'indiquera sans doute plus facilement le chemin du retour si je lui fais plaisir de la sorte. Et par la meme occasion je pourrais me désaltérer. Si je suis avec quelqu'un qui a le droit d'etre ici, c'est moins grave aux yeux de la loi, non ?

- Je te paye un verre ? Histoire de te remercier de ne pas m'avoir laissé dans mon malaise et ma solitude. Je commençais a me demander si personne n'allait me répondre.

Je lui fais un rapide sourire afin de prouver ma bonne foie, mais je présume que son avis sur moi est déjà établit depuis le tout premier regard qu'il a posé sur ma présence.

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MessageSujet: Re: It's gonna be a long long night [ Takuya Hibari ]   Mar 23 Aoû 2016 - 20:02

Chose étrange qu'une discussion entre un individu sobre et un autre légèrement plus imbibé. Quelques minutes à peine suffisant généralement au plus raisonnable des deux pour jauger l'état d'ébriété de l'autre, le premier ne tarde généralement pas à adopter une attitude en fonction de cette analyse, surtout si les deux personnes en question ne se connaissent pas. L'aide peut-être proposé, que ce soit une proposition pour ramener ou un simple "ça va?" ou, à l'inverse, carrément les railleries. Au final, ce qui transparait de ces échanges n'est autre que la position de force du moins atteint de nos deux personnages, pas l'inverse.

Aussi, lorsque son interlocuteur aux cheveux de paille eut terminé de s'épandre en plates excuses plus qu'inutiles, qu'il n'écouta que d'une oreille, et qu'il le remercia du simple fait de venir ainsi lui parler, voir, l'aider, Takuya fut surpris. Le rapport de force était ici inversé, celui qu'il devait raccompagner était sobre, lui, avait bu. Situation cocasse qui eut le mérite de venir lui arracher un sourire, non, un rictus, déridant un peu sa face. Ce gaijin pas si étranger que ça lui semblait sincère, la possibilité que l'alcool était aux commandes de sa confiance effleura un instant son esprit, mais le contenu de ses verres n'avait jusqu'à là pas été assez fort pour venir troubler son jugement, et puis, un jeune homme de son age avec un regard froid comme celui-ci n'était pas sans lui rappeler celui qu'il voyait tous les jours dans le miroir de sa salle de bain. Même si ça l'embêtait énormément de le reconnaitre.

Il lui payait son verre. Acte de camaraderie étonnant qui, loin d'enchanter notre homme, le fit se crisper légèrement. "Histoire de te remercier de ne pas m'avoir laissé dans mon malaise et ma solitude." avait-il dit en souriant. Le principe n'était pas pour lui déplaire, Takuya avait passé l'age de refuser un cadeau par esprit de contraction, d'autant plus que ses poches commençaient à se tarir. Néanmoins, il n'avait plus envie de boire seul maintenant qu'un individu potentiellement digne d'intérêt était entré dans son champ de vision.
L'étudiant en histoire jaugea un instant le blondinet, nouveau contact visuel, plus long que les autres cette fois-ci, qui lui permit d'en savoir un peu plus sur le nouveau centre de sa soirée. A peine plus petit que lui, l'air mi-ennuyé mi-amusé, des vêtements amples qui ne parvinrent pas à lui cacher un physique sans doute sportif. L'age de boire, à peine, ou alors juste en dessous, à en juger par son visage.

Il sourit plus franchement que la première fois, de sa tête des mauvaises blagues, avant de se tourner vers le barman enfin venu voir se que requérait les deux jeunes gens.

"Deux pintes sur la note de mon camarade. Merci."

Voyant le barman se retourner prendre deux verres, Takuya jeta un coup d’œil à son nouveau compagnon de jeu, l'air jouasse et un peu moqueur des grands jours.

"Je déteste boire seul, pardonne moi boucles d'or."

La machine était enclenchée, proposer un verre au jeune homme dans un lieu si informel ne laissait présager qu'une longue soirée passée à tenter de faire oublier à ce jeune homme si poli la plus simple des formules de bienséances.

"Moi c'est Hibari, j'espère que tu t'en rappellera encore dans une demi-heure."

Qu'il le jugea immature était le cadet de ses soucis, Takuya cherchait un sujet de réjouissance, et il l'avait trouvé. Bien entendu, la détresse de son interlocuteur ne lui avait pas échappé, mais il comptait la repousser quelques temps. Pour l'heure, il ne penser qu'à son amusement était si bon, et il allait s'en délecter, demain arrivera bien assez tôt pour s'en vouloir.

"N'aies crainte, je te raccompagnerai une fois ton verre terminé, après tout, vu l'état d'ébriété du reste de l'assistance, je suis sans doute le seul à même de le faire."

Nouveau sourire qui se voulait sincère alors que le barman posait les deux pintes de mauvaise bière sur le comptoir.

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MessageSujet: Re: It's gonna be a long long night [ Takuya Hibari ]   Mer 24 Aoû 2016 - 0:31

Je fus presque surprit quand je vis un sourire apparaître sur son visage. Je ne sais pas qui de moi ou de l'alcool qu'il avait vraisemblablement déjà ingurgité en était la cause, mais cela me donna au moins la sensation que cela ne serait pas aussi horrible que ce que j'avais pensé a la base. Parler a un mur, ou plutôt, au seul mur qui peux vous sauver la mise n'est pas forcément le plus agréable, alors si au moins une fenêtre s'y ouvre, autant s'y engouffrer directement. Je souris timidement a mon tour, comme pour ne pas laisser se perdre ce petit instant qui m'a redonné un peu de confiance.

Mais ma proposition sembla refroidir un instant cette atmosphère naissante. Comme a mon habitude, je m'insultais intérieurement. Je parle souvent avant de réfléchir. J'aurais sans doute du attendre de voir sa réponse, avant de faire une telle proposition, il m'aurait peut être simplement indiqué la route et cela aurait fini la dessus. Non, maintenant il lui semblait qu'il allait devoir subir une soirée pas forcément très agréable.

Son sourire reparaît sur son visage quand il s'adresse au barman d'une façon plutôt abrupte. Le sourire est plus vicieux, moins franc, et un frisson parcourt mon échine. Dans quoi me suis-je encore embarqué. Je l'entend demander deux pintes, et a la mettre sur ma note. Je fronce les sourcils, je n'avais pas spécialement envie d'un verre....d'un verre d'eau. D'une pinte. Je n'aime pas l'alcool, je la supporte plutôt mal. Je fronce les sourcils en comprenant. C’était ça, le piège est tendu, et je me suis jeté dedans. Je ne peux plus refuser sous peine de perdre ma porte de sortie.

Et bien sur le barman entend du premier coup alors que je suis la a lui faire un signe silencieux depuis une bonne demi-heure. Comme quoi, l'appel de l'argent semble être plus fort que le regard perdu d'un étudiant en détresse. J'aurais du prendre la peine de l'appeler au lieu d'attendre, comme mon compagnon d'un soir vient de le faire sans hésitation, je m’exaspère. Ce dernier m'annonce qu'il n'aime pas boire seul, s'excusant d'une façon qui n'a pas l'air le moins du monde sincère. Boucle d'or....j'ai l'impression de me retrouver au collège. Je souris d'un air contrit en répondant :

- Je...je suppose que cela ne peux pas me faire de mal.

Si en fait, beaucoup trop de mal. Autant par la boisson que par les autorités qui vont trouver un étudiant mineur ivre mort dans les rues de Bougu dans une heure, après qu'une simple bière m’aie dévasté. Je suis sportif, doté d'une constitution plutôt solide. Même si je n'ai aucune idée de mes limites, une seule de ces boissons ne peux pas me faire rouler par terre quand même ? Tout en songeant a ces sombres pensées, je regarde dans mon porte-feuille si j'ai une dernière possibilité de pouvoir m'échapper en prétextant un manque de moyen. Malheureusement, a la base, j'étais sortis faire des achats, alors il est plutôt bien garni grâce a ma dernière paye du konbini. Les dieux sont contres moi ce soir.

Il prend même le temps de se présenter. Hibari, c'est donc son nom. La façon dont il ajoute une petite réflexion ne me laisse que peu de doute sur son objectif. Me rendre ivre a mes propres frais. Cela promet une super soirée. Enfin, comme il le dit, après un petit effort de budget, j'oublierais tout ça, je l’espère, et ça ne sera alors plus qu'un mauvais rêve. Dans un soupire je répond vaguement, faisant fit des règles de bienséances que j'avais jusque la. Il n'en a pas prit attention, je n'ai plus l'énergie pour.

- Je suis Satoshi, content de.....boire avec toi, je présume.

J'ai l'impression qu'il tente de me rassurer comme il peux avec cette phrase qu'il sort pour me dire qu'il me raccompagnera après. Si j'en suis capable. Si je ne suis pas en prison. Au moins, il a parlé du verre, sous-entendant peut être qu'il ne compte pas en boire d'autre. Mais sur le reste de la phrase il n'a pas tord, il semble après quelque temps passé dans l'enceinte du bar qu'il soit l'un de ceux encore le mieux en forme. Et je n'ai pas vraiment envie d'aller demandé a un vieil alcoolique ivre mort de me ramener a Keimoo, autant que ce soit lui, puisque la conversation est engagé. Je ne fais pas de commentaire, préférant ne pas lui faire mettre le doigt sur la possible erreur qu'il vient de faire. Quand le barman arrive avec les deux bières, je prend vite la mienne histoire de ne pas perdre trop de temps avec cette histoire et en avale deux grandes gorgées. Ce n'est pas si horrible que ça, mis a part que je n'aime pas particulièrement le goût. Je tousse un peu, ayant avalé trop vite, en lachant un :

- Euh, on doit dire un truc avant de boire, peut etre ?

Un genre de cri de guerre, comme dans les séries et les anime quand tout les amis sont réunis autour d'un verre après une victoire. Mais ce n'est pas une victoire, et ce n'est pas vraiment mon ami. Je ne sais donc pas trop si c'est de bon ton de dire ça. J'observe alors ma boisson d'un air neutre, en réfléchissant a un sujet de discussion. Ma tête est étrangement vide, aussi lourde que ma langue, je lâche alors d'une façon maladroite :

- Tu...tu viens souvent ici ?

Super sujet de discussion, je crois qu'il vaux mieux que je me concentre a finir ma boisson au plus vite, pour me sortir de ce bourbier.

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MessageSujet: Re: It's gonna be a long long night [ Takuya Hibari ]   Mer 24 Aoû 2016 - 20:48

"Je... je suppose que cela ne peut pas me faire de mal."

Qu'y-a t-il de plus triste entre le fait de boire seul et forcer à boire quelqu'un pour ne pas être seul ?
"Le premier cas" aurait sans doute répondu le Takuya à l'air songeur, mais celui-ci avait corps et biens disparu pour quelques temps, emporté à la minute où le premier des deux avaient montré des signes de fatigue, laissant place au Takuya des grands soirs. Plutôt que de parler d'un dédoublement de personnalité, bipolarité, ou autre raccourcis pour psychologues du dimanche dont le sens se voyaient floué par les séries télévisées ou forums, il était ici plutôt question d'une simple faiblesse face aux plaisirs faciles que nos sociétés modernes pouvaient procurer en abondance. Alcools et drogues légères, mais également paris à l'occasion, n'en étaient que des exemples.
Bien entendu, la culpabilité de s'être laissé emporter, de cette faiblesse, l'assaillait chaque matin, ou après-midi tout dépendait de l'heure à laquelle notre homme se réveillait suite à ses soirées hebdomadaires, celui-ci se maudissant et se torturant volontiers l'esprit à l'aide d'une honte authentique qu'il maniait avec autant de dextérité qu'un forgeron utilisait ses tisons. Pourtant, le temps passant, il arrivait toujours un moment où le jeune homme basculait de nouveau dans ses frasques nocturnes, circuit qui ne manquait pas de se répéter chaque semaine depuis un an déjà.

"Je suis Satoshi, content de boire avec toi, je présume."

Aussi, lorsque son camarade de boisson forcé marqua un temps d'hésitation face à sa bière, Takuya eut un instant de clairvoyance tinté d'un indéniable ressort dramatique, sans doute poussé par l'alcool ingéré auparavant, voyant dans cet inconnu le messie qui pouvait, peut-être, le sortir de ce qu'il croyait être une sorte d'alcoolisme en gestation. Doux malheur qu'avait celui qui se croyait atteint, l'ensemble de ses échecs pouvant automatiquement être rejetés dans le panier qu'était ce "mal", dont la guérison ne se trouvait que dans l'acceptation de faire partie de la norme japonaise, société où l'alcool se trouvait être un vecteur de lien social.

Illusion bien vite balayée par le bruit des deux pintes posées sans ménagement sur le comptoir. Brusque retour à la réalité et au simple plaisir d'être doucement pompette, les états d'âme de son partenaire ne l'intéressait guère pour l'instant, il comptait sur l'alcool pour le détendre quelque peu.
Tristesse, tristesse.

Les mains se tendirent, enserrant les deux verres, avec peut-être plus d'aise pour Takuya conforté dans son expérience, et alors que ce dernier se préparait à le lever et entonner le traditionnel "kanpaï", son interlocuteur prit la parole.

"Heu, on doit dire un truc avant de boire, peut-être ?"

Nouvelle hésitation synonyme d'inexpérience, nouveau doute pour l'étudiant en histoire, mais cette fois-ci concernant l'age de son partenaire de fortune. Etait-il raisonnable de le faire boire alors qu'il n'était même pas sûr de son âge ? La politique réelle quand à la boisson avait beau être souple par rapport à cela, surtout dans une grande ville connectée au monde occidental comme celle-ci, il suffisait d'un excès de zèle d'un agent passé par là pour le voir embarquer au moins pour quelques heures. De plus, si ce "Satoshi" était un brin rancunier, lui même avait potentiellement du soucis à ce faire.

"Tu... tu viens souvent ici ?"

Takuya dirigea son regard vers lui, l'air inquisiteur alors que son bras était encore en l'air, suspendu dans le vide pendant sa réflexion. Il avait continué à parler, sans doute en voulant faire la conversation, il se forçait.
Tristesse de celui qui dessaoulait doucement alors qu'il se rendait compte de sa bêtise.

"Oui, et toi non à n'en pas douter."

Takuya soupira en buvant une gorgée, la bière était comme il l'avait imaginé, trop légère elle n'avait d'autre gout que celui du métal du fut dans lequel elle était encore emprisonnée il n'y avait pas si longtemps. Ce gout désagréable en bouche et l'air un peu dégouté, il reprit.

"On dit "kanpaï", tu viens d'où pour ne pas savoir ça ? Et puis t'as quel age d'abord ?"

Accumulation de petites choses passagères qui au contact de l'air ambiant et de la redescente se faisaient vrais problèmes. Ceux-ci commençaient à l'agacer. Son interlocuteur avait beau avoir les traits typique de l'archipel, un petit quelque chose venait trahir des origines plus exotiques, néanmoins, cela ne réglait pas le problème de son age.

"Si je me suis fait payer une bière par un mineur..." Chuchota-t-il sans terminer sa phrase, ne sachant pas réellement ce qu'il pouvait bien lui arriver. Une seule chose était certaine, c'était la loose, on avait beau se prendre pour je-ne-sais-quoi à réfléchir sur la religion et l'histoire, on ne se connaissait jamais aussi bien qu'une fois confrontée à l'alcool.

Devise tombée à point nommée qui lui arracha un sourire cynique et un peu triste alors que son interlocuteur amorçait déjà sa réponse tant attendue.

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MessageSujet: Re: It's gonna be a long long night [ Takuya Hibari ]   Jeu 25 Aoû 2016 - 20:57

Le regard braqué sur ma boisson, j'avais l'impression de me trouver dans un endroit légèrement en dehors du temps, assis prêt de ce garçon au regard enivré, dans cette atmosphère lourde de tabac et d'alcool. Avec la lumière tamisé, il ne manquait plus qu'un léger air de jazz pour parvenir a transformer cette scène en un cliché de vieux films de gangster. A la différence qu'ici la seule loi que j'avais braver était la fait d’être présent dans cet endroit pourtant prohibé pour les mineurs. Enfin il ne me semblait pas qu'il y avait beaucoup de contrôle dans le coin. Au pire j'aurais le droit a une petite remontrance d'un adulte qui, passant par la, aurait deviné l'entourloupe.

Peut être que mon compagnon de beuverie lui ne se rend même pas compte qu'il incite a boire a quelqu'un qui n'est même pas censé être ici. Même le barman n'avait pas l'air très regardant sur le sujet. Servant les pintes sans même faire attention a qui il les donnait, se référent simplement a la position de l'onde sonore qui l'avait interpellé une seconde plus tôt. Le silence est tellement pesant que je me sens obligé de mettre des mots par dessus le vide dans lequel se bat nos consciences. Une question extrêmement stupide sans doute, mais qui au moins a le mérite de combler cette gêne qui me marque de plus en plus depuis quelques instants. Et le fait de me concentrer de nouveau sur ma boisson ne dissimule en rien cette rougeur qui égaye déjà mes joues.

Il a vu juste, mais en même temps, je ne suis pas sur que c’était particulièrement difficile de le deviner. C'est un habitué, ce qui explique la facilité déconcertante dont il a usé pour interpellé le serveur qui m'avait copieusement ignoré jusque la. Et même si il semble déjà plutôt imbibé, il a encore la conscience assez claire pour deviner que je ne suis pas du genre a m’enivrer dans ce genre de taudis. Cela me rassure, dans un sens. Il aura peut etre la force de me diriger vers l'endroit que je souhaite atteindre, le campus, la maison, le lit.

- Bien vu, ce n'est pas très difficile a deviner je suppose. Pour l'un comme pour l'autre.

Je laisse échapper un rictus involontaire en reprenant une gorgée, quand je m'étouffe avec cette dernière en entendant la suite de son questionnement. C'est aussi cliché que dans ce genre d'anime ou de manga ou après une dure victoire dans les dernières secondes, l'équipe se réunit chez le capitaine pour trinquer. Kanpai, Kanpai ! C'est vraiment ce que je suis supposé faire ? Je tousse a nouveau, autant pour reprendre ma respiration que pour faire disparaître le goût acre qui reste sur ma langue. Quelle horreur, et je ne suis meme pas a la moitié de la bière en question. Il fait chaud. D’où je viens ? Mon age ? Alors nous en sommes déjà la hein ?

- Mon age ? Trop jeune pour etre ici. Dix-neuf ans si tu veux savoir. D'ou je viens ? Tokyo. Ou Sendai. Comme tu veux,

Je me sens un peu moins crispé qu'avant étrangement. L'alcool ne peux pas faire effet aussi rapidement quand même ? Je n'ai bu que quelques gorgées, je ne peux pas etre aussi faible. Et pourtant il semble bien que les couleurs qui apparaissent sur mon visage ne soient pas du a ma gène uniquement. Il semble inquiet que je lui ai payé sa boisson. Inquiet, je ne suis pas sur que ce soit le mot, je ne sais même pas si ce chuchotement m’était adressé, et dans le doute je n'y répond pas, préférant continuer sur ma bonne lancée. Plus vite ce sera bu, plus vite ce sera....bu. Alors je bois.

- Et toi alors, du coup. Tu dois avoir l'age d’être ici puisque tu es un habitué non ? Donc tu es plus vieux que moi. Donc tu es mon senpai. Et c'est moi qui paye ? Si on reste avec des habitudes aussi ancestrales que de dire « Kanpai » avant de boire, alors tu aurais du refuser que je paye pour toi non ?


Je pose ma tête sur le plat de ma main, mon coude appuyé sur le bar a coté duquel nous sommes, faisant tourner évasivement la boisson dans son récipient, comme hypnotisé par ce dernier. Ce n'est pas si mauvais, il faut juste attendre que la chaleur arrive, et cela devient plutôt agréable. Une expérience comme une autre. Je ne sais même pas pourquoi j'ai dis ça, alors que je suis celui qui a proposé de payer. Une gentillesse calculé afin d'atteindre mon but. Mon but qui me semble bien moins proche encore que précédemment. En plus de ne pas savoir ou aller, je me sens englué sur mon siège. En fermant les yeux, j'ajoute pensivement :

- La fille qui était avec toi tout a l'heure m'a bousculé en sortant, je crois qu'elle n’était pas contente de son traitement.....

Nouveau soupire, au moins lui avait une femme qui avait la possibilité d'etre insatisfaite, je n'avais que la noirceur de la nuit dans laquelle j'étais perdu depuis plusieurs heures. Je n'avais que la faible lueur alcoolisé d'une soirée alcoolisé passé avec cet inconnu que je n'avais pas mis grand temps a rejoindre dans cette zone d'expectation harassante.

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MessageSujet: Re: It's gonna be a long long night [ Takuya Hibari ]   Ven 26 Aoû 2016 - 20:58

"Bien vu, ce n'est pas très difficile à deviner je suppose. Pour l'un comme pour l'autre."

Réponse laconique un brin ironique qui ne le fit pas rire, ses craintes se confirmaient d'elles mêmes tandis qu'il voyait les joues de Satoshi rougir un peu plus à chaque lampée que celui-ci ingurgitait. Le jeune homme en était sans doute à sa première expérience de buveur.
Puis son age tomba, 19 ans, pas loin de la majorité mais pas la majorité tout de même. A ce même age, Takuya n'hésitait déjà pas à boire sans retenue, la relative souplesse japonaise aidant, et se mettant volontiers dans des états pas possibles pour peu. Non, ce qui le dérangeait d'avantage, et comme d'habitude, c'était le principe, mais également, la tristesse de sa situation.

Takuya but une nouvelle gorgée du fameux liquide, surveillant du coin de l’œil son camarade improvisé. Les joues de celui-ci se faisaient de plus en plus rouges, son regard un peu plus vitreux. En plus de ne pas savoir boire, il ne tenait pas la boisson, songea le jeune homme en lâchant un soupire, allait-il réellement devoir le raccompagner ? La question restait en suspens, alors que déjà, une petite voix lui susurrait l'idée de le laisser tomber une fois son verre terminée. Possibilité qu'il n'osa pas soupeser plus longtemps que ça.
La musique se fit plus forte, la soirée, au lieu de décliner avec l'heure, gagnait en intensité dans le reste du bar. De nouvelles personnes, moins enivrées, entraient par intermittence dans un brouhaha qui ne faisait que monter crescendo en parallèle du fond sonore, l'un cherchant constamment à couvrir l'autre. Takuya voyait d'un mauvais œil ces nouveaux arrivants, plus énergiques, ceux-ci n'avaient de cesse de vouloir bouger, se cogner, se rentrer dedans. Une bagarre était si vite arrivée...
Nouveau coup d’œil à Satoshi qui ne semblait pas déranger par ce remue-ménage, la bière continuait sans nul doute son œuvre.

"Et toi alors, du coup. Tu dois avoir l'age d'être ici puisque tu es un habitué non ? Donc tu es plus vieux que moi. Donc tu es mon senpai. Et c'est moi qui paye ? Si on reste avec des habitudes aussi ancestrales que de dire "Kanpai" avant de boire, alors tu aurais du refuser que je paye pour toi non ?"

Hachée, décousue et pas franchement bien construite, sa phrase le confondit. Plus longue, celle-ci montrait également que la désinhibition était, chez lui aussi, une conséquence normale. Devant tant de logique, marquée par l'accumulation de "donc" plus qu'inutile, Takuya ne sut que dire, partagé entre le rire et l'interdit, le tout donnant à son visage à peu près la même expression que si il s'était écrié "Qu'ai-je donc créé ?".
Ainsi déridé, notre homme prit de nouveau la parole, veillant à se faire entendre.

"J'ai 20 ans, assez pour boire au Japon je te rappelle. Quand à ces traditions, où est-ce que tu en vois ici ?" Joignant le geste à la parole, celui-ci balaya la pièce bien animée d'une valse de la main avec un mépris à peine voilé, puis reprit la parole en souriant.

"Quand à ton du, si tu le veux, je te repaye un verre juste après, mais je doute que tu sois partant."

Il ne comptait pas réellement continuer à le faire boire, un verre semblait déjà être une épreuve suffisante pour le blondinet, et attendait plutôt son refus. Pendant ce temps, celui-ci prenait la pose, accoudé au bar, le verre à peine levé. Action spontanée qui déclencha chez lui une sorte de ricanement. Ainsi à l'aise, le métisse reprit.

"La fille qui était avec toi tout à l'heure m'a bousculé en sortant, je crois qu'elle n'était pas contente de son traitement..."

Phrase un peu osée qui en aurait énervé plus d'un, mais qui, chez notre drôle d'oiseau, suscita l'intérêt, surtout suite au soupire de son interlocuteur. Le regard perdu, un peu triste, ce dernier n'aurait sans doute pas prononcé ses mots uniquement pour provoquer, surtout avec sa réaction. Reprenant son sérieux et s'approchant de lui, Takuya répondit avec son tact des grands soirs.
"La femme est un sujet sérieux, gaijin, qu'y connais-tu ?"

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MessageSujet: Re: It's gonna be a long long night [ Takuya Hibari ]   Sam 27 Aoû 2016 - 0:08

J'ai parlé un peu trop durant les cinq dernières minutes. Trop pour moi sans doute a tel point que je ferme les yeux histoires de me remettre les idées en place. Ce n'est pas l'homme qui boit le saké, mais le saké qui boit l'homme. Malheureux, je me fais ingurgité sans aucune forme de sympathie par cette boisson écœurante et nauséabonde, perdre face a une simple bière....l'alcoolique moyen se moquerait bien de moi a cet instant. Je me demande jusqu'à quel point mon partenaire l'est, mais il n'a pas l'air de faire une réflexion a ce propos, alors il ne doit tout simplement pas être choqué plus que de raison.

La bouche pâteuse, je me retourne vers le barman qui est plus proche de nous que précédemment, et lavant un doigt pour attirer son attention, je lui demande le plus aimablement possible, ce qui est déjà un exploit au vu de mon état naissant, un verre d'eau fraîche. Peu importe sa facturation, je ne peux plus faire autrement que de passer a cette étape. J'avais lu que l'alcool provoquait la déshydratation, et par chance, on dirait que j'ai réussis a m'en souvenir avant d'atteindre le point de non retour. Il se tourne vers moi avec un verre remplit d'eau glacé. Je le remercie du regard et en boit la moitié a grands traits avant de le reposer sur le comptoirs.

Je reporte ensuite mon attention sur mon compagnon de beuverie qui répond a ce que je disais précédemment. Il a vingt ans alors. Sa barbe pas vraiment entretenue m'aurait donné l'envie de lui donner quelques années de plus. De mes yeux embués, j'ai l'impression que son visage est plus marqué que celui d'un garçon de nos ages. Enfin, je suis celui qui est a demi en train de perdre sa conscience qui parle. Je ne suis pas le mieux placé. Je sursaute en le voyant montrer la salle du bras, constatant qu'il me parle toujours. Je reconstitue mentalement ce qu'il vient de me dire, parlant des traditions.

Ah oui, il fait référence a ce que j'ai dis plus tôt. Je regarde ce qu'il vient de me montrer, et je dois admettre qu'il n'a pas tord, si les traditions étaient présentes, alors le Japon serait la risée du monde moderne. Seulement un ramassis d'ivrogne voulant oublier l'enfer du quotidien. Nous sommes a Bougu après tout, il ne faut sans doute pas trop en demander. Je me gratte la tête d'un air pensif avant de lâcher lentement :

- Tu n'as donc aucune honte a être comparé a ces....hommes. Enfin de toute manière. Mais tu n'as pas forcément tord....c'est bien pour ça que ma présence ici n'est pas vraiment voulut. Cela dit c'est sans doute plus simple de ne pas se prendre la tête avec ces broutilles.

C'est vrai qu'au final, les traditions ne sont la uniquement que pour se donner bonne conscience de rester sur un chemin déjà tracer par ceux qui étaient la avant nous. Si on fait comme avant, alors forcément nous aurons la même réussite. Cette soirée est loin d’être une réussite pour moi, alors si je veux etre sauver, il faudra trouver quelque chose d'un peu plus élaboré. Le demi verre d'eau m'a soulagé quelque peu, mais replonger la tête dans ma pinte me rappel bien rapidement pourquoi j'ai l'impression de flotter. Pourquoi je déteste cet endroit. Cette boisson sens affreusement mauvaise.

- Je crois que je vais passer mon tour....on va dire que c'est autant pour ce que j'ai dis tout a l'heure que pour te remercier de me montrer le chemin après.

Je faisais référence a mes tout premiers remerciements que j'avais utilisé comme prétexte pour le remercier préalablement de son sauvetage sans doute involontaire. A défaut de m'aider, il m’empêcher d’être totalement seul dans ce monde de la nuit dont je ne connaissais rien, et c’était déjà quelque chose qui comptait pour moi. Je le vois alors se rapprocher suite a ma remarque sur la jeune femme précédemment croisé. Il commence a me parler, me sort une phrase, je le coupe :

- Que veux dire ce mot, gaijin. Tu m’appelles comme ça depuis que je suis arrivé.

Bonne question, que je me pose depuis quelques minutes, et qui revient dans mon esprit en même temps qu'il le prononce. Je ne sais pas pourquoi je n'ai pas demandé précédemment, cela me semble véritablement facile a présent de le reprendre afin d'obtenir des informations sur ce que j'ignore. Puis je réfléchis a ce qu'il vient de dire et je rougis en prenant conscience de la chose. C'est un test ? Il semble beaucoup plus sérieux qu'avant, et j'ai plutôt peur de dire quelque chose qu'il ne faut pas. L'énervé maintenant serait la pire des erreurs, alors que je touche au but, je vais bientôt pouvoir rentrer, les boissons sont proches de leurs fins. Je réfléchis a quelque chose pour brouiller les pistes. Mettre le doute dans son esprit afin qu'il se concentre sur lui plutot que sur moi.

- Et bien....je pense que la femme....pour un homme....c'est un peu la chose la plus importante, ce que soit sa mere, sa sœur, sa petite amie, ou plus tard sa fille, c'est ce qui le....

Je me frotte les yeux. C'est compliqué, c'est un manque de cohérence flagrant qui risque vite de lui faire perdre le fil. Qui m'a déjà fait perdre le miens. Je bois une nouvelle gorgée, pour me donner du courage, car sans cela, je risque vraiment de buter sur mes mots. Je parle un peu plus fort, histoire de me donner de la consistance, et lance d'une voix plus sur :

- Mais puisque tu penses que j'en parle par hasard, sans prendre cela au sérieux, n'est ce pas parce que toi même tu doutes de ce sérieux, pour penser que moi je ne suis pas serieux ? Sérieux.

Je souris, je détourne les yeux d'un air habituel. Tentative de bluff parfaite. Cohérente de bout en bout selon moi. Il va forcément se perdre, et passer a autre chose. Si il me reprend, repasse a l'offensive. Je lui parlerais de quoi, d'Aslinn ? Je manque d'éclater de rire. Pas moyen.

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MessageSujet: Re: It's gonna be a long long night [ Takuya Hibari ]   Mar 30 Aoû 2016 - 16:19

Regrets de l'homme ivre qui s'enfonce lentement dans une auto-critique acerbe et nauséabonde au fur-et-à-mesure que son verre se vide.

Takuya avait les idées trop claires, trop claires pour être sobre. Il ne pouvait s'empêcher de voir, dans le reflet du miroir moucheté de tâches accroché au mur du bar par des vis devenues oanges à cause de la rouille, le visage d'un imposteur. Cet imposteur portait une barbe, mal taillée et déjà drue pour son age. Il l'arborait sans doute avec une fierté mal dissimulée comme le faisait nombre de ses pairs, pour la mode. Et pourtant, il se croyait au dessus de cela. Non, il voulait être au dessus de cela. Toutefois, il ne pouvait s'empêcher de songer dans le même temps que ses basses considérations faisaient parties de la vie, qu'il fallait les accepter parce qu'elles n'étaient pas mauvaises, ni bonnes d'ailleurs. La mode, la gloire, la réussite... Tout cela était là, et c'était déjà pas mal.
Arrivé à ce point, il passa à ses yeux. Dégradé d'un noir banal mais profond, son regard reflétait un esprit à mi-chemin entre l'ouverture propre aux sages des anciens contes et la réflexion étriquée des intelligences de ce dernier siècle. On le disait vif lorsqu'il le voulait, lui n'en savait rien donc ne répondait pas. Il répondait rarement. Toujours à la recherche d'un sous-entendu quelque part, fâché avec la simplicité, à l'opposé de l'intelligence claire et précise.
Il se torturait pour un rien et ne s'aimait pas pour cela. De cette auto-détestation, il ne pouvait s'empêcher de tirer une certaine satisfaction. De cette satisfaction naissait la détestation.
Recommencez.

Narcisse ne s'aimait pas. Il aimait ce reflet torturé qui se détestait de s'aimer, et qui s'aimait de se détester.

Autant dire que lorsque son interlocuteur lui demanda si il n'avait aucune honte à être comparé au reste de la clientèle, ce fut la débandade chez Takuya. Être comparé à ces hommes et ces femmes, l'idée ne lui plaisait pas particulièrement... néanmoins... Il regarda son verre le temps de se remémorer sa propre condition de soiffard, puis reporta son intérêt sur Satoshi, camarade d'un soir qu'il avait poussé à boire alors qu'il n'en avait pas l'habitude. Il lui fallait le reconnaitre, accepter de se comparer à ces gens n'était pas de la sagesse, c'était de l'imposture, il était pire qu'eux.

"Oui, il est sans doute plus simple de ne pas se prendre la tête avec des broutilles."

Phrase qu'il avait répété plus pour lui même que par soucis de réponse. Il ne l'écoutait que d'une oreille, préférant finir sa bière le plus rapidement possible tandis qu'il tentait de chasser de son esprit ces fameuses broutilles.
Seule une question se fraya un chemin jusqu'à sa conscience, il répondit dans un souffle, ne comprenant pas bien si le jeune homme était sérieux ou si il se payait simplement sa tête avec ces expressions qu'il ne comprenait pas. "Étranger. Tes cheveux."
Expliquer ainsi un surnom ne faisait que le paraître ridicule et un peu bête, aussi, Takuya grimaça un peu, légèrement contrarié par cette remarque. Il ne l'appellera plus ainsi désormais, voir ainsi partir un surnom le laissait pantois. Il les aimait ses surnoms, ça permettait de classer ces connaissances facilement, ça lui permettait de se rapprocher aisément tout en gardant une certaine distance. Il n'y a rien de plus impersonnel qu'un surnom.

Aussi impersonnel que cette soirée, elle jouait au yoyo avec son humeur et c'était à peu près tout. Il était à fleur de peau et parfaitement conscient de cela, alors lorsqu'il vit son partenaire tenter de se lancer dans de grandes considérations sur la femme, celui-ci ne chercha pas à en comprendre d'avantage. Sans savoir qu'il faisait exactement ce que lui demandait son partenaire, moins atteint par l'alcool qu'il n'en avait l'air. Takuya le coupa.

"Laisse tomber, on continuera à l'extérieur. Paye donc et on rentrera."

Il n'avait pas envie de s'enfoncer dans de tels débats ici, ça ne faisait que lui rappeler d'avantage sa  condition de buveur. Il commençait à étouffer ici, il se sentait scruté. Allumant une cigarette et se décollant du comptoir avec lenteur, il ne remarqua la main du videur qu'une fois que celle-ci l'eut empoigné par le col.
"Tiens, il est nouveau lui." souffla t'il à l'intention de Satoshi dans cet instant de flottement.

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MessageSujet: Re: It's gonna be a long long night [ Takuya Hibari ]   Mer 31 Aoû 2016 - 19:47

Je ne pensais pas avoir fait mouche d'une façon quelconque. A vrai dire, j'avais juste répondu comme cela me venait, sans réfléchir a une éventuelle conséquence. A cet instant je n'étais peut être pas en état d'y penser. Dans un souffle sarcastique j'avais fais une comparaison maladroite qui avait quelque peu changé l’atmosphère se dégageant de mon camarade. J'avais pensé précédemment qu'une aura martiale se dégageait de lui. Un peu a la manière d'un Zakuro-san. C’était d'ailleurs la raison pour laquelle personne ne se doutait que je pratiquais ce genre d'activité. Car de moi, je n'avais nullement l'impression de laisser paraître je ne sais quelle impression de ce type.

A mesure que la soirée avait continué, cela s’était estompé. Il ne me faisait plus que penser a un jeune tombé trop vite dans l'engrenage de l'alcool, ne trouvant plus de réconfort ailleurs pour lui attirer le même apaisement qu'il parvenait a trouver dans ces boissons. La comparaison n'était peut être pas si tronqué, surtout a la vue de sa réaction et de sa réponse, qui voulait dire probablement qu'il préférait changer de sujet. Ces broutilles n’étaient probablement pas si anodine pour lui, assez pour qu'il décide d'éluder la question. Je n'avais de toute manière pas fais plus que cela attention a cette partie de notre conversation. Je ne répond donc rien, prenant cette phrase comme la fin d'un échange maladroit.

Il me définit en deux mots ce que veux dire gaijin. Mes cheveux, comme d'habitude. Étranger, exactement comme partout. Depuis que j'avais mis les pieds dans cette école, une quinzaine d'année plus tot, et qu'une petite fille nommé Naoko m'avait demandé pourquoi mes cheveux étaient différent de ceux des autres enfants, j'avais fini par faire une fixette sur ces derniers. Puis d'année en année, d'école en école, j'avais vite compris que je ne parviendrais jamais a échapper aux remarques, aux critiques, aux moqueries. Par chance, j'étais moins susceptible a dix neuf ans qu'a six, ce qui etait rassurant probablement, mais je ne pouvais m’empêcher de faire tourner mes yeux d'un air exaspéré :

- Je n'aurais pas du poser la question, c’était plutôt évident.

Les rôles sont inversés, je coupe net la remarque avec la mienne et retourne mon attention sur le fond de ma pinte qui semble appeler a être achevé dans les prochaines secondes. Encore une de ces gorgées immondes et ma mission sera achevé. Mais tandis que je regarde le liquide brunâtre me faire de l’œil, j'ai la sensation que ce n’était peut être pas si désagréable que ça. Un instant de laissé aller est une bonne récompense pour quelques gorgées désagréables. C'est peut être pour ça que j'ai hésité avant de répondre a ses questions sur les femmes. A sa question. Est ce que c'est une question au final ?

Et je parle, encore et encore. Je me perd, je le perd. J'ai la satisfaction de l'avoir fait exprès, de l'avoir embrouillé. Mais je n'en suis même plus sur a mesure que je pèse le poids de mes paroles. Je ne suis plus tout a fait sur que ce que j'ai dis avait une vraie raison d'exister autre que le fait de combler une question qui m’intéressait au final....je me perd encore....En voulant penser a comment je me perd, je me perd. Je pense trop de fois a ce mots, et comme il vient de le dire, a mon plus grand bonheur, il est plutôt temps de finir ma boisson.

Je porte la boisson jusqu'à mes lèvres et dans un ultime effort je parviens a finir en trois gorgées la mixture qui me monte d'un coup a la tête. Je cligne des yeux, j'ai forcé sans doute. Quelle humiliation ça serait aux yeux de certain de perdre ses moyens pour de la bière. Mais je suis quand même content d'en avoir fini. C’était loin d’être aussi dur que je l'avais pensé, mais ça fait du bien de ne plus avoir ça dans un coin de la tête. Je me frotte les paupières et retrouve un semblant de conscience. Je sors alors mon portefeuille et sort de quoi régler la note. Il semble bien plus enclin a me donner un peu d'attention quand c'est pour recevoir de l'argent. Je lui donne exactement la somme qu'il me demande, et capte son regard qui lui, est dirigé sur quelque chose derrière moi.

J'ai juste le temps d'entendre mon partenaire me glisser une phrase dont je ne comprend pas le sens avant de me retourner, que le voilà tirer en arrière par ce qui ressemble au videur de l'endroit. Un videur dans un espace aussi miteux, je ne m'y attendais pas vraiment, mais mon compagnon semble ne pas être plus étonné que ça lors de son accrochage. Mon visage ce crispe un peu. Je ne sais pas si c'est a cause de l'alcool ou de l'ambiance générale de l'endroit, mais j'ai le sentiment qu'au delà du flottement que l'instant provoque en moi, j'ai d'avantage l'envie de rentrer dans un conflit qu'habituellement. Plus qu'un conflit, c'est de voir la personne pour laquelle j'ai fais autant d’effort se voir enlever de moi, m'agace un peu. Si j'ai fais tout ça pour rien, je me sentirais vraiment au fond.

- Je...suppose que ce n'est pas un ami a toi ? Je peux faire quelque chose pour arranger la situation ? On allait partir de toute maniere.

Mes muscles crispés par l'attente d'un éventuel affrontement, j'espere juste que nous pourrons nous en sortir sans accroc. J’espère juste qu'il pourra tenir sa promesse de me ramener a bon port.

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MessageSujet: Re: It's gonna be a long long night [ Takuya Hibari ]   Jeu 3 Aoû 2017 - 22:44

La main qui le saisit était grande, calleuse, les phalanges à vifs; elle était faite pour agripper, tordre, pousser. A son bout, un bras, puissant et noueux qui partait d'un large tronc. Le tout était soutenu par deux jambes massives, légèrement écartées, qu'on aurait dit ancrées dans le sol. La musique ne s'était pas arrêtée et pourtant, c'était tout comme pour les personnes affrétés autour du comptoir. Chacun retenait son souffle tandis que deux fentes d'où perçait une lueur mauvaise scrutaient la face de Takuya. L'homme-arbre avait pour tête une sorte de fruit rabougri, bien petit par rapport au reste de son corps. Peut-être était-ce l'inverse, son corps démesurément grand par rapport à sa tête? Cette question trotta un instant dans l'esprit embrumé du jeune homme mais il n'eut pas le loisir de la poser au videur de toute manière visiblement peu disposé à écouter ce genre d'imprécation, Satoshi interposa ses mots à défaut de son corps.

"Je... suppose que ce n'est pas un ami à toi ? Je peux faire quelque chose pour arranger la situation ? On allait partir de toute manière."

Sourd aux paroles de l'intervenant, le videur se rapprocha. Regard furtif de Takuya au gaijin, jaugeant l'attitude de son partenaire d'un soir. Celui-ci n'avait pas l'air bien disposé à s'impliquer physiquement dans la confrontation malgré une posture définitivement martiale. Cela le rassura quelque peut, il n'avait pas affaire à un casse cou, imbibés qu'ils étaient, chercher à s'attirer l'innimité d'une bête de muscles comme celle-ci était sans doute la dernière chose à faire. Le jeune homme revint vers cette dernière, tout crispée qu'elle était, l'inexpérience se percevait en un coup d'oeil. Jeune, le videur portait un costume neuf dont les coutures semblaient peiner sous l'action combinée de sa corpulence et de ses mouvements brusques. Brillantes, ses chaussures de villes luisaient encore sur le sol collant d'alcool. Trop nerveux, ses gestes transpiraient l'inhabitude.

Ce dernier articula d'une voix sèche, "l'a quel age c'lui là ?", désignant le blondinet du bout d'un menton carré. Un petit sourire se dessina sur ses lèvres, il jaugeait son impression, pensant sans doute que parler lentement pourrait avoir un quelconque effet intimidant. Mine contrite, Takuya songea, c'était donc ça le problème ? On le secouait ainsi pour ça ? Bordel, on était à Bougu, quartier où une bonne partie de la population avait un casier et on l'embêtait lui pour une malheureuse bière ? Pis. Il fallait que ça arrive dans ce bar précisèment, alors qu'il connaissait l'ancien videur ?

"Le bar du coin", on l'a déjà dit, était un endroit miteux, malpropre avec des serveurs désagréables au possible et à la fréquentation douteuse. Malgré tout, chaque soir son lot d'habitués revenait, du soulard du coin à l'employé de bureau passant après le travail, et ce l'année entière. Seule une chose semblait réunir des gens au profil hétéroclite en ce lieu, un dénommé Buntaro Inoue. Nul ne le nommait par son prénom bien entendu mais, chose plus rare, personne n'utilisait le "-san" traditionnel non plus. On se contentait d'un monsieur Inoue très occidental et si un certain nombre de mythes circulaient à ce propos bien peu étaient les élus ayant accès à la vérité.

Monsieur Inoue donc, puisqu'il faut le nommer ainsi, était le videur attitré de l'établissement depuis ses origines disait-on, nouveau mythe à son compte. Habituellement, un tel bouiboui n'avait pas les moyens de s'attirer les services d'un tel personnel, mais la chose était commune à Bougu, les propriétaires excédés par les bagarres faisaient appel à des hommes, souvent des brutes, parfois à la mafia, quand ce n'était pas carrément les deux. Monsieur Inoue, lui, était tout le contraire. Souriant, affable et joyeux, son visage n'était que bonnomie sincère, préfèrant la négociation à la bagarre avec les clients en colère, prêtant une oreille attentive aux problèmes d'untel, réunissant les amis que l'alcool avait séparé, en bref, on se pressait pour voir monsieur Inoue, lui demander conseil, le voir prodiguer soins et donner ses prédictions. Takuya avait commencé à fréquenter ce bar à la saison dernière, alors que les arbres fleurissaient à peine, aussi, dire qu'il connaissait cet homme était peut-être présomptueux, néanmoins, il savait qu'il ne se serait pas fâché pour si peu, préférant subtiliser le verre du mineur d'un air malicieux pour l'emporter vers on ne sait quelle table plus chanceuse.
"Hé t'écoutes quand on t'parle ?!" Brusque retour à la réalité aidé par une voix si douce aux relents de tabac froid accompagné d'un savant plaquage contre un comptoir. Le souffle coupé par le choc, Takuya, plié en deux, ne pouvait plus bouger. La position de son bras irradiant de douleur l'informa sur la nature de la prise, une bonne vieille clef. "Bordel" souffla-t-il, il était tombé sur un sacré cas. Il jeta un coup d'oeil à son opposant, soufflant comme un boeuf, celui-ci semblait prêt à exploser, la lueur de ses yeux avait changé, trahissant désormais une excitation quasi-lubrique.

"Pas un geste !" Hurla le bonhomme, sa voix tremblotait, une fierté malsaine coincée au fond de la gorge.

Un flic, j'suis tombé sur un putain d'flic pensa Takuya en prise avec une nouvelle vague de douleur. Des videurs écumant le marché, une espcèe particulière sortait du lot, trop bête pour intégrer les services de police, souvent brutaux, ces individus se dirigeaient après leur échec vers des activités moins regardantes quand à leur discernement. Le jeune homme semblait en avoir rencontré un, décidément, monsieur Inoue était bien loin.

Un coup d'oeil à Satoshi l'informa que celui-ci était prêt à réagir mais l'étudiant en troisième année lui fit des gros yeux, espérant que ceux-ci lui feraient comprendre qu'intervenir ne servirait à rien... si ce n'est lui faire perdre son bras. Un éclair sembla passer dans ses yeux, mais oui bien sûr ! Son bras !

Un ange passa, la musique s'était tu, l'assistance également. La scène s'était déroulée en une fraction de secondes. Takuya grogna, saisir ce verre de sa main restée libre aurait été facile... mais il avait une autre solution. Pas le temps de réfléchir car vu le zéle de la sangsue collée à son membre les flics, les vrais, risquaient de venir.

Sans un bruit, le japonais pivota sa jambe droite de façon à l'écarter légèrement tandis qu'il faisait ployer l'autre. Cette manoeuvre eut pour conséquence de faire raffermir la prise de son adversaire. Il sentit l'os de son avant bras craquer, son adversaire aussi. Parfait.

La douleur arriva d'un coup, telle une brûlure partant de ses os pour venir se loger dans son cerveau puis ses entrailles, ou l'inverse, il ne savait plus bien de toute manière. Il hurla comme un dément.

"MON BRAS ! CE FILS DE PUTE M'A BRISE LE BRAS !" Bien belle imprécation à laquelle se joignit d'autres jurons et joyeusetés quand à sa parenté avec quelques cadavres et animaux.

L'assistance s'indigna, le serveur arrivait en courant, un certain chaos se créa, et, bientôt, son ami le boeuf lâcha quelque peu prise.

Qu'est-ce qui ne fallait pas faire pour ne pas payer tout de même.

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MessageSujet: Re: It's gonna be a long long night [ Takuya Hibari ]   Dim 13 Aoû 2017 - 17:23

Garder son sang froid, c’était la chose la plus intelligente a faire dans ces cas la. Mais je n'avais, pour ainsi dire, pas vraiment l'habitude de ce genre de situations, et je ne savais pas vraiment la posture a adopter. Attaquer ? Rester en retrait ? M'excuser ? Il semblait que j'étais la cause du problème, ou plutôt, l'excuse. Un homme de ce type la, il n'avait qu'une envie, c’était de faire du zèle, et bien entendu, un blond avait attiré l'attention. Si j'avais étais brun, cela ne lui aurait même pas traversé l'esprit de me regarder assez longtemps pour se demander si j'avais l'age d’être ici. Amusant de se dire que sur la multitude de bars de Bougu, il devait y avoir un certain nombre de gens qui n'avaient pas le droit d'y être, mais bien sur, il fallait que ça tombe sur moi.

Ma chance légendaire, bien sur. Dans tous les cas, j'observais la scène, et surtout, le garçon se faire plaquer contre le comptoir. Une clé de bras, et le meilleur artiste martial du monde n'etait plus qu'une poupée de chiffon dans les mains de son maitre. Je soupirais, en contractant les muscles de mes bras. Je n'aimais pas faire ça, mais je n'avais pas le choix, je n'allais pas laisser ma porte de sortie se faire tabasser. Je place lentement mon Siu Lim Tao, me redressant d'une façon droite, de toute ma hauteur. Meme si je ne suis pas si grand que cela, dans un bar peuplé en majorité d'asiatique, mes origines occidentales me donnent une certaine prestance.

Posture d'attaque, il me fallait trouver un angle d'attaque. Si je frappais mal, j'emporterais le bras de mon compagnon de beuverie dans le mouvement. Il fallait trouver un angle qui le fasse relâcher la pression qu'il exerçait sans que cela n'affecte le bras en question. Tout un art, en somme. Je fis un pas de coté pour mettre en place mon Chum Kyu. Je pouvais utiliser mon Biu Gee, et frapper sa colonne vertébrale, mais c’était sans doute un peu extrême d'envoyer quelqu'un dans un fauteuil roulant pour une bête querelle de bar. Il etait compliqué pour moi de frapper un point vitale, sans mettre en danger la santé physique de mon opposant, et si il méritait une remontrance, je n'allais pas le blesser aussi fort. Je soupirais.

Et a cet instant, le regard de Takuya rencontra le miens. Ne fais rien. Je devais le laisser faire ? Il avait un plan ? Mais il était ivre, et quelqu'un de ivre n'avait pas toujours toute sa tête. Il allait faire une bêtise, c’était sur. Je m'étonnais d'ailleurs d'avoir autant de clarté dans mes pensées, malgré la pinte que je m'étais enfilé. Moi qui n'avait jamais bu de ma vie, je m'en sortais plutôt bien. Peut être allait il collaboré et me dénoncer pour s'en sortir. Si c’était le cas, c’était la fin pour moi, mais dans un coin de ma tête, j’étais persuadé que ce n’était pas ce genre d'homme. Nous étions camarades de beuveries, et dans certains endroit, c’était encore plus symbolique qu'un relation de sang. Peut être ?

Ou alors il allait parvenir a s'en sortir en se battant ? Mais vu sa posture, je ne voyais pas comment il pouvait se libérer. J'ouvris alors de grand yeux, voyant le mouvement de son pied. Je savais alors ce qu'il allait faire. J'étais assez expérimenté pour prévoir un mouvement par rapport a celui qui le précédait. Je n’étais pas tout a fait sur, car si c’était bien a quoi je pensais, cela allait être extrêmement douloureux. Et surtout, je ne voyais pas l’intérêt pour lui de se mettre dans cette situation. Je fut tellement décontenancé que j'en oublia un instant ma propre posture qui redevint bien faible défensivement parlant. L'autre sembla comprendre au deuxième mouvement et parut aussi étonné que moi.

Il y eu un craquement écœurant, alors que le garçon hurlait de douleur. Tout le bar sembla se soulever. Je vis le barman arriver en courant. Le plupart des clients semblant en colere, et ivres, s'approcher. Je ne savais plus trop ce qui se passait, mais ce que je constata, c'est que l'homme relâcha sa prise, autant prit de court par le mouvement de Takuya que par les réactions des habitués du bar. J'en profita, dans la cohue, il ne verrait pas que c’était moi. Je frappa un coup sec au niveau de son coude, pliant son bras sous une douleur vive, le faisant relâcher son bouc émissaire. Puis j'attrapais mon compagnon d'un soir par le bras qui n'avait pas était tordu.

- On devrait partir, non ?

C’était plus une affirmation qu'une question, et mon regard devait sans doute être désolé de ce qui venait d'arriver a son bras. J'hésitais a le tirer, mais je décidais plutôt de le relâcher pour lui laisser son libre arbitre. Le colosse était bloqué entre la douleur constante qui irradiait son bras, ce qui n’était que justice de mon point de vu, et par le barman et les autres qui venaient défendre Takuya. Je profitais de ce moment pour sortir du bar. Et m'éloigner légèrement de l'entrée. Je restais planté la jusqu'à ce que l'autre me rejoigne. Je ne savais pas trop quoi dire, aussi j'inclinais simplement la tete :

- Désolé, si je n'étais pas venu te parler, ce soir, tu n'aurais pas le bras en compote. Tu n'as pas trop mal ? Je....je m'y connais un peu en médecine traditionnelle.....au niveau musculaire et osseux....je peux regarder....enfin, si tu veux.

J'avais étudié tout ce que le kung-fu pouvait apprendre au niveau de la récupération physique, et les blessures musculaires, c’était mon rayon, je ne voulais cependant pas forcément le pousser a accepter, je ne voulais pas non plus avoir une dette envers lui. J'etais bloqué jusqu'à sa réponse :

- On devrait ne pas traîner la, en tout cas, tu ne pense pas ?

J'essayais un sourire, pas très réussit malheureusement.

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MessageSujet: Re: It's gonna be a long long night [ Takuya Hibari ]   Lun 14 Aoû 2017 - 18:59

Stries blanches qui brouillent une vision qui, de toute manière, ne se stabilise jamais. Abandonnés, les yeux se ferment comme pour ménager le cerveau, submergé de milles-et-unes sensations. Les oreilles vibrent des cries de stupeur, de dégouts et d'indignations. On bafouille des semblants d'excuses dans son dos, puis plus rien. La pression sur le membre disparaît, il pendouille, inerte, toute douleur évaporée. La peau perçoit la chaleur du bois travaillé par des générations de buveur, la sueur qui coule le long du visage se mêle au reste des verres renversés. Il a chaud. La température du corps agressé monte, partant du bras. Une vague, une vague de feu se loge entre la peau et les os,  la douleur revient, lancinante. Les dents se serrent, les oreilles n'entendent plus, les yeux sont fermés, le corps n'est plus que feu.

Sifflement, rumeurs. Il ouvre les yeux en grognant.

"On devrait partir, non ? "

Un individu lui fait face. Blond, les traits européens. La mine soucieuse de ceux tiraillés par le temps. Il fait des signes. Il semble vouloir s'en aller. Il part en courant, vers la porte ouverte, vers la nuit. Dehors.
Partir, partir. L'idée n'est pas mauvaise. La tête lutte contre la douleur. Pendant ce temps, la mécanique des jambes se met en route, puis vient le bras droit, qui s’appuie contre le comptoir. La machine s'élève, la sueur remplaçant la vapeur. Quelques pas s'alignent en direction de la sortie, le temps de prendre son élan, de traverser la foule qui piaille. La tête se couvre derrière le bras valide, un flash d'appareil photo manquant de le compromettre. La progression est bloquée, on le retient par la veste. La tête fait place net au vide.

Le corps pivote, partant de la hanche. Un bœuf vomissant sa rage fait face, à demi courbé sur un bras replié tout contre son poitrail. Lui aussi a l'air de souffrir, mais il le retient, tente bientôt d'assurer sa prise pour engager une lutte tandis qu'un collègue s'escrime à traverser la foule, là, derrière. Trop tard, le lourd verre de cinquante centilitres est déjà haut, saisi par l'étudiant qui souffle à peine deux mots dans un rictus mauvais. "Légitime défense."
Un faisceau de lumière illumine l'arc-de-cercle que le verre effectue.

Takuya court déjà lorsque le lourd corps du videur s'écrase au sol, inconscient, des éclats de verre brisés à ses côtés, un peu de sang coulant de sa tête. Un crie transperce la nuit.

-

L'air frais vint le saisir à la gorge, apaisant quelque peu son bras toujours douloureux. Dos au mur, face au bar, quelques badauds fumaient à l'entrée, leurs regards encore interrogatifs posés sur les deux jeunes hommes à peine sortis des lieux. Haletant, yeux fixés sur son bras comme désormais soumis à la pression simultanée de milles-et-une aiguilles sur sa peau, Takuya écoutait son comparse badiner sur ses connaissances en médecine traditionnelle. Il fit bouger ses doigts un-à-un, puis replia lentement le membre endolori contre son torse avec une grimace. Il ne semblait pas cassé, mais un diagnostic s'imposait néanmoins. Il porta finalement son regard sur Satoshi, il avait bien réagi, et, même si il ne l'avait pas vu, savait que le coup qu'il avait porté n'était pas l’œuvre d'un profane.

"On devrait ne pas traîner la, en tout cas, tu ne pense pas ? "

Takuya opina, l'image du deuxième videur en tête. Deux videurs aux allures de catcheur pour remplacer monsieur Inoue ? Les temps changeaient.

"J'ai vu un deuxième gus, toujours sur pieds. Y'a une ruelle par là, suis moi."
Le barbu prit les devants, courant à moitié. Il prenait soin de garder son bras gauche plaqué, lui évitant ainsi tout mouvement superflu. Le trajet se déroula en silence, concentré qu'il était à éviter tous groupes de personnes trop important, Takuya ne s'attarda pas pour voir si son compagnon le suivait. Il lui faisait confiance de toute manière, il avait l'air de savoir se défendre.

Arrivé à ladite ruelle, l'une des nombreuses voies sordides qui marquait l'entrée du carrefour des délires, l'étudiant se laissa choir contre un grillage délabré. Il prit le temps de reprendre son souffle, puis se tourna vers Satoshi.

"Sacré sortie. Bien vu le coup de pied..." Un chat passa, faisant grincer une des gouttières des petits immeubles vétustes qui encadraient l'endroit désert."...et merci, t'as l'air de t'y connaître." reprit-il d'un ton sérieux.

Il refit bouger son bras, la douleur s'était nettement estompée, mais il fallait tout de même vérifier. "Tu pourras jeter un coup d’œil tout de même monsieur le spécialiste ?" finit-il par lâcher, l'air un brin railleur mais pas méchant, et joignant le geste à la parole, il entreprit de retirer sa veste. Une marque poisseuse laissée par sa main droite sur le tissu sombre lui fit rater un battement de cœur. A qui était ce sang ? Le videur ? Il ne l'avait pas raté, peut-être y était-il allé trop fort ? Il tira une grimace, imaginant déjà milles scénarios sordides, la colère n'était pas sa meilleure conseillère.

Il retourna sa main, contempla sa paume. De fines coupures la parcouraient, autant de traces du passage du verre cassé. Bénignes, celles-ci étaient peu profondes et le sang ne coulait déjà quasiment  plus. Il fut quelque peu rassuré, il n'avait pas touché la tempe, il le savait, le verre s'était brisé sur le côté du crâne. Suffisant pour assommer, pas pour tuer.

"On regarde rapidement, puis on s'éloigne. Les bagarres à Bougu n'attirent pas forcément les policiers en priorité."

Il se retourna vers son compagnon, attendant son verdict.

"J'aurais du simplement te reconduire."

Excuses qui n'en étaient pas, il n'allait pas lui faire ce numéro là en pleine ruelle. Les effets de l'alcool s'étaient estompés, l'adrénaline qui l'avait accompagné ne tarderait pas, elle aussi, à disparaître. En attendant, il espérait qu'il ne viendrait à l'idée de personne de venir leur chercher des poux, se sentir vivant le temps d'envoyer une personne au tapis n'était définitivement plus à son gout. La nuit à Bougu est noire et pleines de frayeurs pour qui tombait mal selon les dires d'un certain Hisaka, et une bagarre d'hommes saoul fait du bruit.

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MessageSujet: Re: It's gonna be a long long night [ Takuya Hibari ]   Lun 14 Aoû 2017 - 19:53

Il ne tarda pas a confirmer le fait qu'en effet, il valait mieux partir. Au moins il avait accepté de me suivre, et je n'avais aperçut son geste qu'au moment de me retourner. La choppe dans laquelle nous avions noyés notre soirée s’était retrouvé fortement au niveau du crane du videur. Un beau coup, un peu trop sur le coté pour faire de vrais dégâts, mais ce n’était pas vraiment le but, finalement. J'aurais tout aussi bien pu le tuer dés le début.....c’était plutôt sinistre, c’était la première fois que j'avais l'occasion d'utiliser mes compétences en situation réelle, et ce n’était que maintenant que je réalisais les dégâts que j'étais capable de faire. Un bon rappel des enseignements que j'avais reçu, ce n’était pas un jeu, c’était une arme.

Mon camarade me fait savoir qu'ils étaient en fait deux, et l'idée de partir de se fait plus présente. J'aurais peut être du camoufler au moins mes cheveux, je serais sans doute facilement reconnaissable. Il suffisait d'aligner tout les blonds de Keimoo, typé métisse, ce qui devait se compter sur les doigts d'une main. Mais ce n’était probablement pas le moment de s'en inquiété. Plutôt de l'éviter dés ce soir. Si il me mettait la main dessus, malgré toute ma technicité, la différence de gabarit me conférerait un désavantage de taille, sans compter que Takuya ne semblait pas en état de se battre d'avantage. Je le suivais vers la ruelle qu'il venait de m'indiquer.

Au bout de plusieurs minutes de course, il finit par se laisser tomber contre un grillage, l'air essoufflé. Pour ma part, j'avais l'habitude de mes kilomètres journaliers, et ce petit effort n'avait eu pour effet qu'achever de dissiper le peu d'alcool que j'avais ingurgité. Je l'observais un instant, en lui faisant un léger sourire, ou plutôt un rictus qui pouvait s'apparenter a un sourire, avant de regarder dans la direction d’où nous venions. Il semblait que nous n'étions pas suivi. Fuite réussis. Je soupirais. Il me complimenta sur mon mouvement. J'hésitais a lui dire que j'avais envisagé de faire quelque chose qui aurait pu le blessé. Cependant il n'avait finalement pas eu besoin de moi.

- Je pratique les arts martiaux depuis une dizaine d'années, c'est pour ça.

Pas besoin d'entrer dans les détails, et cette phrase valait mieux pour moi qu'un remerciement pour le compliment. Même si un merci dans sa bouche sonnait étrangement a mes oreilles. Mais je ne fis aucune remarque a ce sujet, préférant rester concentrer. J'étais encore plus perdu qu'avant, mais au moins j'étais avec quelqu'un a même de me guider a présent, c’était une petite victoire en soi. Ma phrase donnait sans doute d'avantage d'informations sur mes « compétences en médecines ». Cela parut l'amuser, mais il accepta et je m'accroupissais a ton chevet :

- Je ne sais pas c'est parce que tu étais alcoolisé, mais faire ce que tu as fais, il faut quand même des tripes. Tout être humain n'est pas capable de s'infliger une douleur pareille.

Je n'avais aucune idée de ce que j'aurais dans dans cette situation. J'aurais déjà fais en sorte de ne pas finir dans cette situation, mais le facteur surprise était a prendre, il n'avait eu qu'environ deux secondes pour comprendre ce qu'il lui arrivait avant de se retrouver face contre le bar. Son bras était légèrement noircit, mais la façon dont il le bougeait montrait clairement qu'il n’était pas cassé, au pire foulé. Cependant la torsion avait était telle, qu'il plaça ses doigts au niveau du coude, appuyant légèrement, jusqu'à provoqué la douleur. Lorsqu'il obtint le soubresaut escompté, il n’eus guère de doute sur la blessure :

- L'os est indemne, je crois. Par contre tu as du te faire une déchirure musculaire. Tu as de la chance, il a du être surprit par ton mouvement et a relâché la pression avant que tu ne te casse le bras.

Je me releva, je n’étais pas médecin, et mon diagnostique n'avait rien d'exacte, il devrait faire une radio pour plus de précision. Mais au moins il pouvait s’estimer heureux d'éviter plusieurs semaines d'immobilisations. Je lui souris timidement lorsque je l'entendis me répondre qu'il aurait du me raccompagner plus rapidement, et je secoua la tête comme pour lui dire que ce n’était pas grave.

- Fallait bien que je finisse un jour dans une bagarre de bar, c'est un peu le passage obligatoire pour tout étudiant non ? Je ne t'en veux pas. Puis tu peux encore le faire. En fait, j'aimerais beaucoup que tu le fasse. Tu n'as pas trop mal ?

J'étais légèrement inquiet. J'avais vu des gens totalement paralysé par une douleur musculaire. Notamment durant ce fameux tournoi que j'avais gagné au lycée, ou dans un autre combat, l'un des participants avait fini une triple déchirure de l'épaule. Il n'arrivait même plus a parler a cause de la douleur lancinante, et je n'osais imaginer la douleur qu'il avait du ressentir durant plusieurs jours. Voir semaine. Sa carrière a lui était probablement terminé depuis. Mon attention revint sur le garçon a terre, tandis que je croisais les bras en lui souriant toujours comme pour lui indiquer qu'on pouvait rester la encore un moment.

- On bougera quand tu seras prêt, ca n'a pas d’importance, j'ai toute la nuit devant moi.

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MessageSujet: Re: It's gonna be a long long night [ Takuya Hibari ]   Mer 16 Aoû 2017 - 17:24

Son camarade de fortune semblait détendu, à peine essoufflé, peu inquiet par la possibilité d'une mauvaise rencontre. Mieux valait sans doute cela à la panique mais il y avait quelque chose de troublant dans le calme qu'il arborait, les dix années d'arts martiaux à elles seules n'expliquaient pas cela. Takuya attendait le verdict du médecin improvisé, il n'avait pas répondu lorsque Satoshi lui avait avoué ne pas comprendre les raisons de son geste, peut-être parce que lui même n'avait pas la réponse. Des tripes ? Il n'en était pas sûr, et il n'avait pas fait preuve de sang froid non plus. Si il avait su garder son calme il aurait sans doute simplement obtempéré en attendant une occasion pour fuir, ou du moins, après coup, c'était ainsi qu'il aurait imaginé la réaction d'un autre. Lui, comme à chaque fois, avait laissé parler son corps, restant spectateur de la scène tandis que ce verre s'écrasait sur le crâne de l'homme. Il n'avait pas senti la chope se briser mais bien réel était le sang qui s'était écoulé au sol. Il comprenait bien les reproches qu'on lui faisait aux entraînements. Piètre technique, tout en sauvagerie, quitte à se mettre en danger.

"L'os est indemne, je crois. Par contre tu as du te faire une déchirure musculaire. Tu as de la chance, il a du être surprit par ton mouvement et a relâché la pression avant que tu ne te casse le bras."

Il releva la tête, lui dire que tout était prévu aurait sonné comme un vilain mensonge. Futilité blageuse qu'il lui épargna, préférant se concentrer sur l'essentiel. La déchirure attendrait le lendemain, la douleur semblait s'être estompée pour le moment, et même si celle-ci pouvait revenir, il ne pouvait pas faire beaucoup plus qu'éviter de jouer au yoyo avec son bras.

Son interlocuteur s'impatientait, et même si le jeune homme tentait de le rassurer en lui proposant d'attendre que Takuya se remette, il ne pouvait que soupeser le ton las de sa voix. Il n'avait pas la nuit devant lui non, il voulait rentrer.
Le barbu se redressa, fit quelques pas en s'assurant que son bras ne ballotait pas trop. Ses muscles criaient, mais c'était supportable, il mettrait de la glace en rentrant. Son corps s'étira en un long craquement, lui aussi souhaitait rentrer. Le fond de l'air était frais et les étoiles invisibles, des nuages approchaient.

"Autant ne pas traîner ici de toute manière."

Il se mit en route en silence, précédé de Satoshi, étreint par un sentiment de malaise, il aurait pu empêcher tout cela, et ce très simplement.

Takuya raccompagna finalement Satoshi à l'extrémité de Bougu,
là où les ruelles laissent place aux rues plus larges et animés de Hebi.
Le chemin fut rapide, la cadence aidant, l'étudiant prenait soin d'éviter les endroits trop peu fréquentés.
Takuya ne présenta pas d'excuses pour l'incident mais la gêne était réelle chez lui.
Il laissa Satoshi, persuadé de ne jamais le recroiser.

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