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 New divide [PV Haruhiko]

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Hisaka Rika
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MessageSujet: New divide [PV Haruhiko]   Ven 10 Juin 2016 - 12:53

Je n’ai plus de poumons, je ne peux plus avancer. Attendez. Ou plutôt non, continuez sans moi. Mes jambes me font mal et je peine à suivre les mouvements de la balle, même en restant immobile. Le timer défile sur l’écran derrière moi, et les points pour l’équipe adverse également. Les joueurs titulaires de Keimoo ont du mal à passer le milieu du terrain, nous jouons contre Hokkaido en phase de poule. C’est le premier match du tournoi d’été et les résultats sont bien pires que nous le pensions. Heureusement, c’est bientôt fini, me dis-je en longeant la limite du terrain en marchant sous le regard incrédule du public. Je ne sais pas plus que vous ce que je fais sur ce terrain, je n’ai absolument pas mérité ma place. Les autres me paraissent si loin physiquement, dans tous les sens du terme. J’aurais dû poser ma démission plus tôt, trouver le courage d’affronter le capitaine et chercher un autre club où j’aurai ma place. Pas un club sportif en tout cas. Entrer dans le bus ce matin avait été une grossière erreur également. Mon formulaire de départ était complet, dans mon sac, dans le vestiaire. A chaque séance, le capitaine avait l’air si investi et débordé par les responsabilités que je n’ai jamais osé aller vers lui pour lui donner de la paperasse en plus.

Mon regard s’assombrit alors que je récupère une balle perdue. Je sens mon rythme cardiaque s’accélérer et mes pensées s’obscurcirent. Les souvenirs de ces derniers mois me reviennent à l’esprit et défilent quand je tente de les inhiber. Ils prennent le dessus même si j’essaie de les contrôler. C’est plus fort que moi, je ne comprends pas. Inconsciemment, mon regard s’est tourné vers Haruhiko. Un grand dadais plonge sur moi pour m’empêcher de lancer la balle et me bloquer alors que je m’efforce de dribbler. Je sais que si je m’arrête, je suis foutu, et s’il intercepte la balle, trois points de plus creuseront l’écart avec l’équipe adverse. Ce n’est pas comme si ça allait m’affecter plus que ça. Les semelles crissent sur le parquet mal ciré du gymnase de l’université d’Hokkaido. Le public a les yeux rivé sur moi, comme s’ils s’attendaient à ce que j’effectue un mouvement spectaculaire, quelque chose qui justifierait ma place dans une équipe de prestige. Mes dribbles sont bancals, j’avance comme je peux pour protéger la balle en marchant. Je sais que chaque joueur de mon équipe est déjà couvert.

Le verdict tombe aussi brutalement qu’un faisan tué d’une balle par un chasseur. L’objet sphérique orange s’envole dans le gymnase, il effectue plusieurs rotations en l’air avant de perdre de l’altitude. Pas besoin d’être un expert en mathématiques pour comprendre que la trajectoire de la parabole était mauvaise dès le départ. Cela fait plus d’un an que je suis au club de basketball et je n’ai dû assister qu’à une quinzaine de séance, dont une où j’ai fini par aller manger un bout dans une pâtisserie. Entre temps, Haruhiko est devenu capitaine du club. Entre temps, je l’ai rencontré à la soirée de noël où le bâtiment a pris feu. Entre temps, je l’ai vu venir de plus en plus fréquemment toquer à la porte du manoir où je réside en colocation. Entre temps, j’ai également vu Naoko s’éloigner. Et finalement, nous nous retrouvons dans le même camp sur ce terrain de basket, et je ne peux rien faire d’autre que m’en remettre à lui.

Il le sait. Ce type est au courant que je ne me pointe pas aux entraînements de manière régulière. Et Ashita ne lui a même pas forcé la main pour me mettre dans l’équipe des titulaires. Quelle fut ma surprise quand j’ai vu mon nom placardé sur la liste des participants pour le match. C’était comme si le sol s’était dérobé sous mes pieds, comme si le ciel avait disparu de l’horizon. Je me suis retrouvé seul avec mes pensées et mes regrets de ne pas avoir trouvé le courage de lui parler plus tôt. Pourtant ce n’est pas comme si les occasions avaient manquées. J’aurais même pu demander à Naoko de lui remettre le formulaire de démission. Pour une raison que j’ignore, j’avais été incapable de le faire. L’idée m’avait plusieurs fois traversée l’esprit, et bien que la jeune femme est ma colocataire et mon amie, je n’ai jamais ressenti la moindre envie d’évoquer Haruhiko Nakamura lorsque nous passions du temps ensemble. Cela fait plus d’un mois que cette histoire aurait pu être réglée, et à cause de ma lâcheté, nous venons encore de perdre la chance de rattraper l’autre équipe.

Le coup de sifflet de l’arbitre annonce la fin du quart-temps, mais le deuxième qui suit, lui, vient de sceller les résultats du match. C’est la fin, me dis-je en tournant rapidement le dos à tout le monde. Les supporters crient leur joie, d’autres hurlent au scandale. Ils ne connaissent pas mon nom, mais ils peuvent toujours insulter le numéro six. Je serre mollement la main aux garçons de l’équipe adversaire et m’éclipse presque aussitôt du terrain pour rejoindre les vestiaires. L’ambiance est lourde, nous avons perdu avec plusieurs dizaines de points d’écart au score. Mes coéquipiers passent devant moi sans me regarder, ils ont tous l’air hagard, comme s’ils venaient de vivre la première grosse claque de leur vie. Encore une fois, je me sens seul à ne pas être affecté par la tournure des événements. Comme le trajet est long, nous prenons notre douche ici. Les autres joueurs, d’habitude si bruyants et taquins lorsqu’ils sont sous les jets d’eau, ne prononcent pas un mot. Personne n’ose dire quelque chose au sujet de la défaite que l’on vient de subir. Pardon, je voulais dire : qu’ils viennent de subir. C’est un peu comme si je n’avais pas joué pendant tout le match après tout. J’étais là physiquement, mais mon esprit était ailleurs, et mes capacités également.

Ambiance de deuil. Le silence s’est poursuivi jusqu’à la fin. Je suis le dernier sous l’eau alors que je dois bien être celui qui a le moins transpiré. Mes tempes sont douloureuses, et même la douche ne parvient pas à les calmer. Je finis par rejoindre les autres après avoir passé une serviette blanche autour de la taille. Pour la première fois depuis que nous avons franchi le seuil des vestiaires, quelqu’un prend la parole pour demander si quelqu’un veut un chewing-gum. Certains acceptent, mais personne ne prend la peine de faire une phrase complète pour lui répondre. Les joueurs quittent la pièce un à un pour rejoindre le bus qui est censé partir dans une heure trente. C’est vrai, nous sommes censés manger sur place, mais on dirait bien que personne n’est d’humeur à aller chercher le restaurant le plus proche. Quand je relève la tête après m’être séché les cheveux avec ma serviette, il ne reste plus qu’Haruhiko et moi. Mes phalanges se posent sur la pochette de mon sac de sport. C’est le moment ou jamais.

Inspire. Expire. Je vais peut-être m’habiller avant de lui donner mon formulaire de départ. Ca serait plus crédible en chemise/pantalon que torse nu avec une serviette. J’ai l’impression de mettre des heures à me vêtir correctement, mes vêtements n’étant pas totalement secs, ces derniers collent à ma peau laiteuse. Je frémis en bouclant les lacets de ma deuxième chaussure. Je ne peux plus repousser l’échéance maintenant. Mon pouce et mon index coincent l’amorce de la fermeture éclaire qui s’ouvre sous le mouvement de mon bras. Le bout de papier n’est plus qu’à quelques millimètres de ma peau maintenant. Tout est calme autour de nous, on dirait bien que l’autre équipe vient de partir à son tour. Dans un élan de courage, j’attrape le formulaire et interpelle Nakamura avant de m’avancer vers lui.

« Capitaine. »

C’est la première fois que je l’appelle ainsi alors que nous sommes juste tous les deux. Mon cœur s’emballe et les mots semblent coincés au fond de ma gorge. Je plonge mes iris dans les siens, l’air déterminé, ce n’est pas comme si je pouvais revenir en arrière et me contenter d’un simple « Non rien » maintenant que j’ai attiré son attention. Il n’y a pas d’horloge dans le vestiaire, mais je peux clairement entendre le tic tac incessant des secondes qui défilent dans ma tête. Je serre les poings, froissant presque le bout de papier au passage. Il est temps de mettre fin à ma punition qui dure trop longtemps. Mais plus que ça, il est aussi temps de briser le lien factice que nous entretenons.

« Je quitte le club à partir de ce soir. »

Dis-je d’un ton calme en lui tendant mon formulaire de départ. Je détourne légèrement la tête. Il n’a pas à être surpris, ce n’est pas comme s’il ne devait pas s’y attendre. Je ne veux pas non plus de ses sourires compatissants et de ses faux compliments. Je veux juste entendre ce qu’il a vraiment sur le cœur sinon je ne pourrais pas complètement le détester. Ce soir, je ne veux pas qu’Haruhiko Nakamura soit le bon garçon que tout le monde connait.

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MessageSujet: Re: New divide [PV Haruhiko]   Dim 19 Juin 2016 - 1:39

1ere phase Régionales – Championnat juin 2016

Les éclats provenant des exclamations de joie de l’équipe adverse le tenaillaient. L’échec n’en était que plus cuisant. Pourtant, ils les avaient salués et leur avait sourit. En serrant les dents. Avec cette défaite, ils perdaient leur avance en Poule Haute pour descendre à la Poule Basse. Ce qui n’annonçait rien de bon pour la suite du championnat avec la montée en Inter-région. Seules les trois premières équipes de la Poule Haute avaient droit d’y participer pour obtenir le Challenge d’élite. Là où les recruteurs de jeunes talents se pressaient pour observer les nouveaux espoirs. Haruhiko misait énormément sur ce Challenge là. L’année dernière, ils avaient terminé au Challenge d’honneur, ce qui en soit n’était pas non plus trop mal. Seulement, ils ne l’avaient pas remporté.
Ils avaient pourtant tout donné. La stratégie n’avait pas été si mauvaise que ça… Il y avait quand même des choses à revoir. Beaucoup même. Notamment l’implication de certains joueurs titulaires qui pouvait poser problème. Pour ça, il avait deux noms en tête, avec qui il allait devoir parler. Une place en titulaire ça se mérite et ça s’entretien. Bien que pour un cas, ce soit un tantinet particulier. Il prit la décision d’étudier un peu plus sérieusement ses cours de stratégies pour pouvoir les mettre en application dans l’avenir de l’équipe de Keimoo. Mais un dernier point resté à régler…

Toute l’équipe s’était rendue silencieusement dans les vestiaires. Lieu qui d’ordinaire était plutôt animé lors des douches. Certains tentaient de dédramatiser la chose, ce n’était que la première poule de matchs après tout ! Mais si l’équipe la plus basse de la Poule Haute les avaient rétamés de la sorte, qu’allait-il en être des équipes au top du classement ? Haruhiko craignait le pire. Dans quinze jours ils disputeraient le deuxième et troisième tour de Poule… Ils allaient devoir se concentrer sur l’objectif de repasser au minimum dans la Poule Haute, même si c’était au bas de son classement. Sinon, ils pouvaient décemment dire adieu à la fin de saison… Et aux recruteurs pour ceux visant la carrière professionnelle.
Alors qu’il rangeait ses affaires dans son sac, perdu dans ses réflexions de stratégies diverses, il ne remarqua pas qu’une personne était restée avec lui dans les vestiaires, lui qui partait souvent le dernier.

- Capitaine.

Premier coup de poignard. Il se retourna, légèrement surprit, pour constater que Rika-han se tenait devant lui. Depuis quand l’appelait-il Capitaine ? Depuis quand était-il devenu aussi formel envers lui ? Où était passé l’habituel Nakamura-san ?

- Je quitte le club ce soir.

Ultime coup, panier à trois points. Fatalité assassine à laquelle il s’était pourtant préparé mille fois. Cherchait-il à fuir face aux résultats du match d’aujourd’hui ? C’était l’impression qui lui restait en bouche.

- On a encore une chance de se rattraper dans quinze jours à Tokyo.

Son ton se fit plus dur qu’il ne l’aurait voulu. Il se voilait clairement la face. Rika-han était là uniquement parce qu’on lui tendait une corde au cou. Il n’avait jamais voulu être là. Alors pourquoi rester ? Pourtant…

Pourtant il avait encore indéniablement cette impression qu’il fuyait.

- Tu ne veux pas au moins terminer la saison avant de partir ?

Outre le fait que ça n’entrait pas dans les valeurs utopistes du Capitaine qui voulait une équipe soudée et qui s’entre-aide, cela n’était en rien arrangeant de perdre un titulaire en plein temps de championnat. Ils étaient assez pour au moins avoir une équipe complète tout le temps, mais ils joueraient sur la réserve en ayant un remplaçant de moins.

Ce fut un ultime espoir, lancé à l’aveuglette en milieu de terrain.

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MessageSujet: Re: New divide [PV Haruhiko]   Dim 19 Juin 2016 - 17:52

Ma décision était prise depuis longtemps, il ne me manquait plus que le courage pour poser mes cartes sur table. Ou plutôt, mon formulaire de départ dans les mains de Nakamura. Un mois, c’est le temps qu’il m’a fallu pour accumuler assez de bravoure et en arriver à la situation actuelle. Cette attente n’a pas été sans sacrifices : les entraînements, les excuses, les remords silencieux et maintenant le match. Les visages effarés de mes coéquipiers au moment du coup de sifflet, marquant la fin du match, refont surface dans mon esprit. Ils n’ont même pas relevé la tête vers le panneau affichant le score, la défaite avait un goût amer. La plupart comptaient sur cette compétition pour impressionner les recruteurs présents dans les tribunes après tout, même s’ils ne sont pas encore nombreux à ce stade du tournois. Ils attendant les quarts de finale, plus rythmés et plus intéressants. Ainsi, mon départ en lui-même est un cadeau que je fais au club. Plus personne ne se sentira obligé de me sélectionner ou m’encourager. Le jeu sera plus fluide et les titulaires compteront un membre qui mérite sa place dans leurs rangs.

C’est la raison pour laquelle je ne comprends pas le regard que Nakamura me lance quand je lui annonce ma démission. Pire encore, il ne prend même pas en considération mes paroles. Une chance de se rattraper contre l’université de Tokyo dans deux secondes, me dit-il. C’est donc tout ce qui l’intéresse. Je fronce les sourcils et reste interdit devant cette réaction. Qu’est-ce que tu crois me faire là ? Ca veut dire que si j’étais resté, tu m’aurais encore fait jouer ? Un sentiment de rage naît dans mon estomac. Est-ce que tu recherches l’effet de contraste en me faisant avancer sur le terrain à tes côtés. Je serre les poings, ma main toujours tendue avec le papier entre mes doigts. Inévitablement, ce dernier se froisse, les caractères se resserrent à l’instar de mon propre cœur.

Si j’avais un peu plus de courage, je lui dirais le fond de ma pensée. Avec plus de détermination, je l’attraperais par le col et je l’obligerais à me regarder dans les yeux. Croit-il me faire plaisir en me faisant jouer des matchs important ? Je m’en tape complètement du basketball, je ne suis pas comme toi. La défaite en elle-même ne m’affecte pas ! Je veux le frapper jusqu’à ce qu’il me dise qu’il me déteste et m’oblige à quitter l’école, mais aucun son, aucun geste, ne se produit dans la réalité. Au centre du vestiaire, nous restons immobiles. Pourtant, ma colère s’intensifie quand il me demande si je ne veux pas terminer la saison avant de rendre mon maillot. C’en est trop. Je lâche la feuille, le regard vide. Qu’est-ce que tu crois accomplir en étant aussi gentil ? Tu es le capitaine, tu dois prendre des décisions pour gagner, pas pour t’entendre avec un maximum de monde.

« Le regard des autres ne t’a rien appris ce soir ? »

Je parle calmement, malgré quelques irrégularités dans ma voix qui trahit mon impatience. Le formulaire de démission tombe au sol, à nos pieds. Il a répondu à côté de la plaque, très bien, je veux faire de même. Je suis debout devant lui, les lèvres serrées, je tente de me convaincre que mes actes sont justes. Je suis en position de force. Les muscles de mon avant-bras restent contractés même si je le replie vers moi.

« Tu veux encore vivre la défaite à Tokyo, capitaine ? »

C’est comme si je n’avais plus conscience de moi-même, les mots sortent de ma bouche sans que j’y réfléchisse vraiment. Mon corps tremble, mais je n’ai pas peur. C’est différent de toutes mes autres batailles, Nakamura ne m’inspire pas de crainte, juste…un sentiment inexplicable oscillant entre la colère et le dégoût. Etant incapable de me l’avouer pleinement, je veux qu’il ressente la même chose à mon égard, ainsi je me sentirais moins coupable de le détester. C’est pour mon propre bien et grâce à mon égoïsme que je suis là, et c’est aussi pour eux que je vais continuer à m’enfoncer. Le grand type châtain est vraiment gentil, c’est ce que je me suis dit depuis que nous avons mangé une pâtisserie ensemble après qu’il m’ait cassé le nez. Si gentil qu’on a du mal à le contrarier, qu’on ne veut pas lui faire du mal. Penser cela de lui, c’est la raison pour laquelle je me déteste.

« Tu sais… »

Je marque une courte pause, reprenant mon souffle même si je n’ai pas parlé depuis un moment. Ma timidité n’est pas un problème ce soir, mon angoisse non plus. Seulement, j’ai un peu de mal à respirer. Quand je prononce ces mots, la douleur est semblable à un violent coup de couteau dans les poumons. Malgré tout, je continue.

« Les recruteurs n’aiment pas les perdants, même s’ils se débrouillent bien en individuel. »

Mon ton se veut dur. Je fais mine d’être sûr de moi-même si j’ai la sensation que ma voix flanche de temps à autre, alternant entre des sonorités aigües puis graves sur deux mots seulement. Mon cœur va sortir de ma cage thoracique, j’ai vraiment mal. C’est comme si je subissais le retour de bâton. Je jette un regard en direction de Nakamura, il a vraiment l’air perdu. Est-ce que mes mots l’atteignent au moins ? Je serre les dents, je fais des efforts, prend-moi au moins au sérieux ! C’est dans cette optique que je lâche quelques derniers mots à son attention, ceux qui me pèsent le plus sur le cœur depuis des mois.

« …et les filles non plus, d’ailleurs. »

C’est une bataille que j’ai déjà perdu. Je continue me dire que si je le blesse, c’est pour son bien, que si nous nous détestons, c’est pour que l’avenir ne soit pas trop douloureux. Pour lui, mais aussi pour moi. Vingt ans de vie pour en arriver à une scénette d’une mauvaise comédie romantique. Et moi qui pensais que j’avais dépassé mon adolescence sans crise.

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MessageSujet: Re: New divide [PV Haruhiko]   Mer 20 Juil 2016 - 16:42



Il y avait en cette fin d’après-midi là, deux entités opposées : Celle d’un Capitaine voulant assurer la victoire pour son équipe et assurer un maximum. Puis celle d’un jeune homme sans grande histoire cherchant à ne mettre personne de côté. Là était le plus difficile de la tâche pour Haruhiko ; savoir se positionner. Mais comment pouvait-il décemment refuser un joueur ou en mettre un autre de côté alors que pour lui, l’essence même d’un jeu en équipe (et du basket) résidait dans une cohésion bienveillante.

Cohésion ? Réveille-toi, il n’a jamais demandé à en faire parti. Tu étais au courant depuis le début.

Indéniablement, il se voilait encore la face. Le regard des autres lui avait indiqué une toute autre façon de penser. Celle d’un monde de compétition sans scrupule, où seuls les scores entrent en compte. Devait-il réellement terminé comme ça… ? Lorsque la feuille retomba sur le sol, Haruhiko se senti piégé. Comme prit par la lourdeur de l’attraction terrestre effectuée sur cette feuille, impeccablement alignée sur le sol, malgré les légères froissures. Emprisonné par sa propre incompétence. Pourquoi l’avait-on nommé Capitaine, déjà… ? Perdu dans ses propres songes et doutes, il en oublia même l’essence de sa nomination. Un certain don dans la discipline, mais guère peu pour celui d’un rôle de leader. On l’avait posé là, un peu contre le gré de ses fondements de lâche, et il devait en assumer le poste. Peut-être qu’au fond il n’était qu’un égoïste malsain, revoyant en Rika une sorte de miroir de sa situation. L’avoir auprès de lui le rassurant quelque peu. Pour se sentir moins seul.
Alors de quel droit se cachait-il derrière ses belles excuses ? « Tout le monde a droit de jouer » ; « On ne laisse personne en retrait ». Quelle imbécilité. Quelle naïveté.

- Tu veux encore vivre la défaite, Capitaine ?

Enième couteau planté dans le cœur de son égo. Ils n’avaient même pas passé les premiers tours de poule pour le moment.

- Non..

Sa voix s’était étranglée, partagée dans ces humiliations. Le regard des autres ? Qu’apprenaient-ils du regard des autres ? La défaite. La déception. Le méprit. L’humiliation. Ils n’avaient pas gagné et ils avaient été totalement ridicules en plus de ça. Telle une épée de Damoclès qui pendait indéniablement au dessus de sa tête, les mots de Rika l’achevèrent sur place. La Poule Haute semblait soudainement si loin. Le regard des recruteurs n’était plus braqué sur lui, sur l’équipe de Keimoo. Et soudainement, toute la lumière dans laquelle il espérait baigner s’en allait dans le son sourd d’une fin de match.

- Je n’ai pas besoin de conseils concernant les recruteurs. Ni les filles d’ailleurs.

Sa colère commençait tout juste à siffler entre ses dents. Comment pouvait-il ainsi le juger ? Lui dire qu’il allait louper tout ce dont il espérait depuis tant de temps ? Il n’avait clairement pas besoin de lui pour détruire le peu d’estime qu’il avait de lui. Car même s’il savait que Naoko n’était pas de ce genre là, une simple parole et il pouvait se mettre même à douter de son propre genre. Il préférait se rassurer en se disant qu’il n’était qu’à sa première année en qualité de Capitaine, qu’ils pourraient se rattraper, encore… S’accrochant à la moindre petite lueur d’espoir. Seulement, il y avait bien une chose sur laquelle il ne voulait surtout pas douter… Ce n’était autre que celle qui faisait battre son cœur chaque fois un peu plus. Il n’avait pas droit de douter d’elle, il se le refusait. Et si cela devait arriver, il s’en voudrait.

- Bien, donne moi le ce fichu formulaire.

Son visage d’habitude si détendu, si insouciant, se peignait de cette frustration qui montait en lui.

- Depuis combien de temps déjà tu hésites à le remettre sans oser ? Il t’en aura fallu du temps pour enfin te décider.

Une once venimeuse d’abattant sur le terrain où le match était perdu d’avance. Ne pouvait-il pas juste récupérer le formulaire, le remercier pour ces participations et en terminer ainsi ? Il n’y arrivait pas. Il y avait quelque chose en lui qui souhaitait chercher un peu plus loin cette négativité naissante. Comme pour s’en défaire à tout jamais, quitte à briser ce maigre lien qu’ils avaient réussi à construire.

Pourquoi n’arrivait-il pas à lâcher prise, comme à l’accoutume ?

- Arrêter comme ça, en plein milieu des sélections... Tu te contre-fiches autant de nous tous pour faire ça !?

Joueur solitaire dans cette guerre aux points et aux performances. Esprit solidaire d’une équipe qui se devait être soudée. Et au final, chacun jouait pour soi. Avait-il loupé quelque chose ? Devait-il réduire ses espérances.. ?


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MessageSujet: Re: New divide [PV Haruhiko]   Lun 1 Aoû 2016 - 15:51

Non, m’avait-il simplement répondu sans plus d’explications. J’avais alors relevé le regard vers lui, un sourcil arqué, partagé entre mon envie de fuir ce scénario, m’arrêter là pour aujourd’hui, et le sentiment – devenu un besoin – d’être en droit de continuer à m’acharner. Plusieurs fois, j’avais tenté de formuler les choses différemment. Dans ma tête, tout était déjà prêt depuis quelques jours déjà, j’avais plus ou moins prévu ce que je devais lui dire. Hélas, les mots sortis de ma bouche sont loin d’être ceux que je lui avais réservés. Et je ne sais même pas pourquoi je suis si brusquement en colère tout à coup. Parce qu’il ne me répond pas comme j’en ai envie ? Très peu probable, je suis le premier à blâmer pour mon manque d’éloquence. Parce qu’il ne me déteste toujours encore pas malgré tout ce que je viens de dire ? Un grondement se fait entendre au niveau de mon estomac, à moins que ce ne soit que mon imagination. Penser à notre relation, notre hypothétique amitié est en train de me retourner les boyaux. Si je le pouvais, je crois que je lui vomirais dessus tant le malaise prend de l’ampleur.

Et plus que ça, voilà que mes tempes bouillonnantes commencent à s’agiter. J’ai chaud. Et pour évacuer ma douleur, je continue de parler, ou plutôt de cracher tout ce qui me pèse sur le cœur. Plus ça va et plus je me sens affreux de m’en prendre à Haruhiko, mais en même temps je me sens également plus léger. Il n’a rien demandé, ni la défaite, ni la tournure actuelle des événements, mais son calme et son air tragique ne parvient pas à calmer ma colère. Je serre les poings, si bien que je pense me mettre à saigner s’il ne réagit pas bientôt. Mes ongles s’enfoncent dans ma paume, la rage s’intensifie dans mon cœur. Au moment où j’allais craquer, sa voix s’élève enfin.

Je laisse échapper un sifflement mécontent entre mes dents. C’est vrai, il n’a pas besoin de mes conseils en sport, ni en filles. J’oubliais à quel point il était meilleur que moi. Tu as raison de me le rappeler, capitaine. Les traits du jeune homme se durcissent. Ai-je réussi à le sortir de ses gonds ? Après quelques secondes d’hésitation, il se décide enfin à me libérer, mais étrangement je ne m’en sens pas plus heureux. Oui, je vais te le donner ton fichu formulaire comme tu le dis si bien. Je m’apprête à obéir docilement, penché pour ramasser la feuille tombée aux pieds du sportif, quand d’autres mots franchissent la barrière de ses lèvres. Le ton qu’il emploie a changé. Je peux sentir des tremblements dans sa voix. Ce ne sont pas des oscillations provenant du manque de confiance en lui, mais bien des marques de perte de contrôle. Le papier en main, je me redresse et plante mes iris noirs dans les siens. Je pourrais me dire que je l’ai cherché, que c’est normal qu’il me réponde ainsi après tout ce que j’ai dit à son sujet précédemment, mais je ne parviens pas à le voir de cet œil.

Malgré la dureté de mes propos, je n’arrive pas à me dire que je suis en tort. Il est trop tard pour faire marche-arrière désormais. J’ai détruit tout ce que nous avions bâti jusque là, ou plutôt, je suis sorti de son illusion d’amitié. Une petite voix me hurle de ne pas répondre à sa provocation et de partir sur le champ, mais il ne parvient pas à me dissuader d’agir. Le formulaire de désinscription écrasé dans mon poing, je ne bouge pas d’un millimètre, m’engageant dans une sorte de duel visuel avec l’autre garçon. Au fond je le sais, il n’y a pas que le club de basketball qui me dérange, mais si je ne peux pas en faire ma raison, alors qu’est-ce que je peux lui dire ?

« Pas autant de temps que tu as mis pour demander à ma coloc de sortir avec toi, capitaine. »

Le tout articulé sur une voix doucereuse pour qu’il capte bien le sarcasme. Comment ça, il n’y a aucun rapport avec les deux ? Les yeux brillants d’un sentiment à mi-chemin entre la colère et la tristesse, je finis par baisser le regard et m’avouer vaincu. Il a tout ce que je n’ai pas alors qui suis-je pour rivaliser avec lui ? La tension ne baisse pas pour autant et c’est avec panache que je lui jette le formulaire au visage. Je ne lui ramasserai pas une seconde fois, qu’il se débrouille. Je fais volte-face, ne pouvant pas supporter cette situation plus longtemps. Où est mon sac ? Il faut que je prenne mes affaires et sorte de cet endroit étouffant avant de me mettre à suffoquer.

Tout aurait pu se finir maintenant si Haruhiko n’avait pas encore haussé le ton pour me demander si je m’en fichais réellement à ce point d’un nous qui m’est étranger. Je comprends alors qu’il était déjà trop tard pour mettre fin à notre affrontement au moment où je lui ai tendu le papier. Il veut mettre les points sur les i. Très bien. Ce n’est pas comme si j’avais quelque chose à cacher, n’est-ce pas ? Je ne prends même pas la peine de me tourner complètement vers le capitaine de l’équipe et incline seulement la tête pour qu’il puisse discerner une partie de mon visage. La voix grave, remplie d’amertume, je lui confie ces mots.

« Tu vois, tu as dit nous. Inconsciemment, tu savais que je n’y ai jamais appartenu, capitaine. »

A ton équipe de bras-cassés à l’égo si surdimensionné qu’ils n’ont jamais envisagé d’être autre chose que joueurs professionnels, à ton petit cercle d’élus qui approuve tes stratégies sans les remettre en cause, à ton groupe de soi-disant amis qui te marchera dessus quand les recruteurs s’intéresseront à l’équipe. Puisqu’il veut mettre cartes sur table, alors il doit savoir que je serai aussi sans pitié avec lui.

« Et puis ne fais pas comme si ça sera difficile de me remplacer, il y en aura des tonnes, des types prêts à nettoyer le gymnase avec leur langue pour être titulaire. »

Je marque une pause pour reprendre mon souffle, et mes idées. Aussi bizarre que cela puisse paraître, mes jambes ne tremblent pas. D’ordinaire, je serais déjà effondré à parler comme ça. Qu’est-ce qui m’arrive ? Pourquoi est-ce que je ne peux pas me mettre une barrière ou un filtre pour m’empêcher de continuer ? Au final, ne plus pouvoir contrôler ses flots de parole est tout aussi infernal que d’être enfermé dans son silence, prisonnier des mots que je n’ai jamais pu dire. Si j'ai réussi à me stopper juste à temps pour ne pas ajouter un mielleux - et moqueur - "c'est ce que tu souhaites, capitaine ?", il y a autre chose que je n'ai pas pu retenir.

« A moins que tu aies peur que cela pose problème à Naoko. »

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MessageSujet: Re: New divide [PV Haruhiko]   Mer 17 Aoû 2016 - 19:47



Le bout de papier froissé dans sa main représentait à lui seul toute la situation. Quelque chose qui en apparence rend les choses officielles, bien traitées et mets tout en ordre. Délaissé sur le sol, comme oublié, à l’abandon total. Et finalement, à force de le voir là, faisant parti du décor, l’on finit par s’y habituer. Progressivement oublier les raisons pour lesquelles il s’est retrouvé ici. Et pourtant, ce n’était clairement pas sa place. Alors, avec l’audace d’un désespoir ambiant, le papier fut ramassé. Durement. Il ne devait pas rester ici, les choses devaient se remettre dans l’ordre. Alors, plutôt que de soigneusement le ranger, il fut plié. Ecrasé sans précaution, démontrant l’in-importance qu’il pouvait avoir pour le monde. Etait-ce donc ça, ce voile dans lequel il se complaisait ? Ce doux mensonge dans lequel il était beaucoup plus facile de vivre que d’en affronter la vérité. Avaient-ils été seulement amis, l’espace de quelques instants ? Question laissée en suspend dans l’ère du temps. Question dont il ne voulait pas entendre la réponse. L’illusion d’une réponse positive lui était bien plus agréable à imaginer. Et pourtant…

-Pas autant de temps que tu as mis pour demander à ma coloc de sortir avec toi, capitaine.

Ils se ruaient de coups dans une bataille contre l’égo. Cherchant le moindre petit argument. La moindre faille dans laquelle se glisser. Cette réflexion coupa net toute lancée, le laissant interdit. Sa première pensée fut de se demander en quoi cette phrase pouvait avoir un rapport avec la situation actuelle. N’étaient-ils pas en train de parler du club et de l’équipe titulaire de basket ? Pourquoi Naoko devait-elle faire les frais parmi toutes ces choses… ? Diable que ce n’était pas logique et qu’il n’y comprenait strictement rien. Malgré son interrogation sur le pourquoi mélangeant ces deux histoires, la réflexion eut certainement l’effet désiré. Vexé, ses sourcils se froncèrent. Le sportif se demanda de quel droit il pouvait lui dire ça. De quel droit se permettait-il de juger leur relation ? Ce n’était pas comme s’il avait fait quelque chose de mal, non… ? Pas à sa connaissance du moins… Mais son caractère naïf le piégeait parfois un peu trop. Il espérait au fond de lui, entrailles tordues, qu’il n’ait causé aucun préjudice à Naoko d’une quelconque manière.

Perdu dans un surplus de questionnements et de sentiments négatifs, il fut tout simplement incapable de répliquer à cette phrase lacérée telle une lame enfoncée dans son égo déjà bien peu fournis. Alors, il ravala sa salive. Prenant pour excuse qu’il n’avait quand même pas totalement tort, même s’il trouvait le moment injuste. Alors, il répliqua en revenant sur le sujet principal : l’équipe qu’il allait laisser tomber en pleine phase régionale.

- Je dis « nous » puisque tu ne veux pas y appartenir.

Réplique cinglante, prononcée la mâchoire serrée. En vérité, il n’avait jamais été question de ça lorsqu’il avait prononcé cette phrase. Plus de sa considération pour le fait qu’il faut une équipe entière pour participer aux sélections et que chaque joueur titulaire porte son importance. Sur une journée complète de compétition, les remplaçants sont même essentiels. Un joueur en moins signifiait beaucoup plus de prises de risques et bien plus de fatigue assurée pour tout le monde.

- C’est un peu tard pour organiser des sélections de titulaires en plein milieu d’une compétition. Et l’on n’est pas recruté parce qu’on est capable de lécher le gymnase ! Même si pour toi les choses ont été différentes.

Il le savait, il avait été forcé d’entrer dans l’équipe titulaire et ce malgré les arguments du coach, de ce qu’il en avait entendu. Pour ce qui est des recrutements, Hisaka le savait. Indéniablement. Pour avoir participé aux entraînements, aux sélections et à tous ces autres moments. Deux fois par semaine les équipes titulaires féminine et masculine se rencontraient pour travailler l’équipe, la stratégie et le jeu en coordination. Intégrer une personne n’ayant jamais vécu ça serait certainement courir à leur perte. Et pour le moment, il ne voyait personne capable d’assumer cette responsabilité là. Connaître le jeu de ses coéquipiers le jour du match n’était pas forcément la meilleure des stratégies.

Et une nouvelle fois, le nom de Naoko fut mentionné.

- Tu peux m’expliquer pourquoi tu fais une fixette sur Naoko !?

C’était ce qu’il voulait. Qu’il lui parle à lui ! Lui et lui seul, de ses problèmes avec l’équipe ou envers sa personne. Inclure Naoko dans le lot était pour lui simplement impensable. Que cherchait-il à prouver ainsi ? Peut-être cherchait-il simplement quelque chose pour le mener à bout. Prendre Naoko était certainement la meilleure des façons d’y arriver, après tout.

- Il me semble qu’elle n’a rien à voir avec le club de basket. Ni même du fait que j’aurai préféré recevoir la lettre de démission avant que les matchs ne commencent. Ca aurait été plaisant.


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MessageSujet: Re: New divide [PV Haruhiko]   Mar 23 Aoû 2016 - 21:21

Je me sens étrangement serein alors que des pics sortent de ma bouche, orchestrés par les mouvements de la langue qui ne tourne pas plus d’une fois quand il s’agit d’être agressif comme aujourd’hui. Au moment d’annoncer ma démission, une vague de colère s’est emparée de moi lorsqu’il ne s’est pas montré détestable avec moi. Et ce tsunami d’émotions n’a encore jamais trouvé de fin. Réplique après réplique, nos échanges deviennent de plus en plus obscurs et tumultueux, nous nous crachons au visage des mots que nous ne nous serions probablement jamais dits en d’autres circonstances. Si nous avions gagné, peut-être que les choses auraient été différentes. Toujours est-il que je n’aurais pas supporté qu’il me supplie de rester, peu importe les résultats du match. Aujourd’hui a été une lourde défaite pour l’équipe de basket universitaire de Keimoo, mais ce n’est pas ça le problème. Ce n’est pas comme si j’avais un jour ressenti quoi que ce soit par rapport à mes prétendus coéquipiers, ce n’est du tout comme si j’avais un jour aimé ce ballon orange et toutes les règles stupides qui lui sont associées.

Aussi étonnant que cela puisse paraître, je mène actuellement nos joutes verbales, écrasant mon adversaire par des paroles nauséabondes. Et puisque Nakamura ne trouve rien à redire à toutes les pseudo-vérités que je lui envoie en plein fouet, je continue en me sentant dans mon bon droit, laissant ma frustration s’écouler sur ce garçon qui n’a rien demandé. Sans rien dire, il encaisse mes mots. Je me demande s’il la ressent aussi, l’amertume dans mes propos.

Quand il se décide enfin à l’ouvrir après m’avoir laissé parler depuis bien trop longtemps à mon goût, je ne peux m’empêcher d’être encore plus remonté contre lui. Malgré les attaques, il continue de jouer sur la défensive en reprenant mes propos. Je retiens un rire moqueur qui reste bloqué au fond de ma gorge et le fusille du regard. Effectivement, je ne veux pas appartenir à ton équipe de sombres crétins, en quoi est-ce que ça te pose un problème ? Les battements de mon cœur s’accélèrent et je laisse échapper un grognement mécontent. Au fond, je me trouve juste pathétique je réagir comme ça, mais c’est plus fort que moi, je n’arrive pas à me calmer.

Je l’écoute à moitié me parler de ses sélections – comme si je m’y étais un jour intéressé – , des problèmes qui vont survenir à cause de mon départ soudain – fais-moi rire – et surtout ses méthodes pour choisir ses joueurs. Ravi de savoir qu’il ne faille pas vraiment nettoyer le gymnase en léchant le parquet, mais si tu en avais un peu plus dans la cervelle, tu aurais compris que c’est de l’ironie. Il ne m’en faut pas plus pour me mordre la lèvre inférieure par réflexe, pour me taire au moment où j’allais dépasser les limites du politiquement correct.

« Tu n’as qu’à choisir un des mecs restés sur la touche aujourd’hui. C’est pas si compliqué, capitaine. »

En réalité je ne comprends pas pourquoi est-ce qu’il tient tant à me faire rester. Peut-être veut-il m’humilier sur le terrain, devant les autres, devant ma propre colocataire, pour mieux briller ? Non, ce n’est quand même pas son genre. Et pourtant le ressentiment que j’éprouve à son égard me pousse à penser que si. Aveuglé par ma soif de connaître les motivations de mon interlocuteur, et surtout par mon égoïsme, je mentionne encore une fois le nom de Naoko sans penser que cela pourrait me porter préjudice.

Moi ? Faire une fixette ? J’essaie d’en rire. J’aurais vraiment aimé pouvoir éclater de rire et lui dire combien je le trouve ridicule de penser que je m’obstine à parler de mon amie. Pourtant c’est un tout autre sentiment qui m’anime lorsque je tente de lui répondre. Impuissant, j’ouvre la bouche, mais je ne suis pas celui dont on entend la voix. Le vent change de cap, et malheureusement pas en ma faveur. Rapidement, Nakamura reprend la parole avec sagesse. Je le sais, qu’il a raison, mais ce n’est pas ça qui va m’arrêter maintenant. Je voulais détruire le peu de relation que nous avions ce soir, et malgré mes efforts je n’ai pas l’impression d’y être arrivé.

Et si je ne veux plus revoir le visage du capitaine c’est parce que…parce que…

Dans ma tête, je me cherche une raison, je suis en quête de mots, de faits qui m’ont jusqu’alors échappés. Ma sérénité vole en éclats et je me retrouve à balayer la pièce du regard, tantôt à droite, tantôt à gauche. Au final, les seuls mots qui franchissent la barrière de mes lèvres sont les suivants.

« Je…je ne sais pas. »

La raison me dit que je devrais m’excuser, mettre la petite fierté de côté et quitte le vestiaire en signalant que je ne reviens quand même pas sur ma décision. Mais non, ça serait trop facile. Les poings serrés jusqu’à en faire rougir mes paumes, je cherche une excuse. C’est vrai, j’aurais totalement dû lui donner ma lettre de démission avant de partir en match, je n’aurais même pas dû accepter d’être un titulaire cette année. Finalement, la vague d’agressivité qui m’avait donné pleine confiance tout à l’heure s’est déjà dissipée, laissant derrière elle un océan de confusion mêlé à une souffrance qui m’était jusqu’alors inconnue. Si tantôt j’aurais pu frapper Nakamura au visage sous la colère, je suis plus proche de m’effondrer devant lui qu’autre chose actuellement. Mais ça ne peut pas se terminer comme ça. Je relève aussitôt mes iris pour les planter dans les siens.

« Je suis juste inquiet de la voir fréquenter un incompétent. »

Ce n’est pas du tout ce à quoi je pensais, mais c’est la suite logique de notre affrontement. En toute honnêteté, Nakamura est probablement bien plus compétent que moi dans divers domaines. Moi, je suis juste très scolaire, je ne sais qu’obéir aux ordres tant qu’ils n’impliquent pas trop de danger pour moi. Mais qu’importe mes motivations, l’issue reste inchangée. Je ne capitulerai pas. Naoko est quelqu’un de suffisamment important pour moi pour que je ne me plie pas aussi docilement que d’habitude.

« Si elle est vraiment importante pour toi, alors tu devrais comprendre. »

Parce que moi aussi, il y a quelque chose que j'aimerais lui dire depuis un petit moment. Je ne l'avais jamais réalisé avant qu'on l'éloigne progressivement de moi. Si notre relation n'a pas tant changé aujourd'hui, j'appréhende pour l'avenir, quand nous n'habiterons plus ensemble, quand nous ne fréquenterons plus le même campus. Les moments privilégiés que je partageais avec elle me semblent maintenant plus précieux qu'ils ne l'étaient quand personne n'interférait dans notre relation. Je ne dis pas que je veux pas qu'elle ait des amis, mais c'est autre chose qui me pousse à réagir de la sorte. Un sentiment plus fort que je n'avais jamais compris avant de me prendre une claque invisible de Nakamura.

Je détourne le regard, honteux. D'un coup d'oeil, je prends conscience de l'ampleur des dégâts que j'ai causé. Tout ça parce que moi aussi, je voulais un jour le lui dire. Je t'aime.

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MessageSujet: Re: New divide [PV Haruhiko]   Mer 31 Aoû 2016 - 22:24




Encore une fois, il soupira. Rika-san n’avait strictement rien comprit à ce qu’il lui avançait concernant les sélections ou la composition d’une équipe. Le sportif connaissait bien l’envie de son … ami –il ne savait pas réellement s’il pouvait le qualifier de ce terme. Encore moins maintenant- à vouloir faire parti de l’équipe de basket, il ne lui demandait pas d’apprendre l’intégralité de leur fonctionnement par cœur. Simplement de l’écouter lorsqu’il avançait des arguments, parce qu’à lui répondre, il aurait clairement l’impression de se répéter, inlassablement.

Alors il préféra le silence.

Parce qu’il en avait déjà marre d’argumenter sur quelque chose qui ne serait jamais entendu. Il se contenta donc de cet unique soupir. Laissant place à la transition sur Naoko. Il ne savait pas. Lui non plus ne savait pas. Et il ne pouvait pas savoir pour lui. Pourtant, il avait beau juger, rien ne semblait remplir le vide du puzzle qu’ils s’étaient construit. Naoko et Rika-san étaient colocataires, depuis un moment déjà. Il était parfaitement au courant. Ou du moins il avait finit par le comprendre. Et pourtant, il y avait ces infimes parties dont il n’arrivait pas à se saisir. Il tentait de jauger son regard, baissé, tandis que ses sourcils froncés cherchaient des réponses.

Un tir en plein cœur. Cible touchée.
Bang bang, you shot me down.

Sa réplique l’avait frappé de plein fouet. Inattendue. Fourbe. Mais si bien placée… Jusque là froncés, ses yeux s’écarquillèrent progressivement. Prit entre la stupéfaction et une montée de colère… Et dans l’accusation d’une réalité à laquelle il ne voulait croire. Haruhiko accusa le coup qu’il venait de recevoir par surprise.  Il se demanda de quel droit il le jugeait ainsi… Et en même temps. Beaucoup d’éléments fusaient dans sa tête. Comme s’il tentait inconsciemment à combler de lui-même le manque d’éléments concrets.

- … Pourquoi, elle s’en est plaint… ?

Partagé entre la curiosité et l’inquiétude, le sportif fronça les sourcils. Il sentait le sang circuler un peu trop vite dans son corps, le faisant tambouriner au niveau de ses tempes. Après tout, blesser Naoko était bel et bien la dernière des choses qu’il souhaitait au monde. Le fait que Rika soulève la question lui pinça le cœur. Comme éprit de cette peur qu’au fond, elle ne soit pas réellement heureuse avec tout ça. Devait-il s’en inquiéter réellement… ? Avait-il été trop passif ? Peut-être n’avait-il simplement pas fait attention… Peut-être qu’elle lui avait déjà envoyé des messages qu’il n’avait tout simplement pas capté.

I hit the ground. Bang, bang.

Comprendre quoi, exactement ? Sa seconde réplique le laissa interdit. Ses yeux accrochèrent ceux de Rika quelques instants, suspendu dans l’incertitude du moment. Gorge nouée, il ravala sa salive, difficilement. Ils étaient colocataires. Naoko lui avait-elle parlé de quelque chose… ? Avait-il fait les choses de travers, comme bien trop souvent ? Bien loin d’être parfait et de s’estimer, il dû se rendre à l’évidence qu’il rejoignait son avis sur son incompétence. Comment avait-il pu se laisser aveugler par une telle confiance alors qu’il partait du principe que rien ne devait jamais être prit pour acquis… ? L’amour qu’il portait à Naoko avait finit par le rendre aveugle. Et si elle finissait par en souffrir… Il aurait du mal à se le pardonner.

- Comprendre quoi… ? Soit plus clair. Tu passes encore par quatre chemins pour dire ce que tu penses réellement…

Acide, mordant. Il ne savait plus s’il était en colère contre Rika ou simplement contre lui-même. Une chose était certaine… Il avait touché là où ça faisait mal.


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MessageSujet: Re: New divide [PV Haruhiko]   Lun 5 Sep 2016 - 1:39

Ma conduite est déplorable, j’en ai parfaitement conscience. J'en avais probablement aussi conscience plus tôt, mais je n'ai pas pu me sortir de l'engrenage. Hélas, le mal est fait. Je me sens pris au piège par mes propres filets. J’ai la sensation de me réveiller après des années de sommeil et découvrir un monde chaotique, une situation que j’ai moi-même créée pourtant. Avoir parlé de Naoko dans une discussion qui ne concernait que lui et moi a été une grossière erreur. Et plus le temps passait, plus je m’enfonçais. En y réfléchissant, j’en ai mal au ventre. Depuis que j’ai tiré ma dernière carte du jeu, crachant mes dernières ressources de venin avant de me remettre en question, Nakamura semble s’être calmé également. Et son calme apparent ne me rassure pas. Si je suis maintenant presque sûr que ça ne se jouera pas avec les poings, j’ai peur d’avoir laissé trop d’indices sur mes états d’âmes. Je déglutis difficilement, et s’il avait compris ?

J’ouvre la bouche pour m’expliquer. Ce n’est pas ce qu’il croit. Enfin, c’est totalement ça en fait, mais il ne doit pas le savoir. Personne ne doit être au courant, ni la concernée, ni lui. Aucun son ne sort de ma bouche, et au final il est celui qui brise le silence sur un ton presque dépité. Il me demande si elle s’est plaint de lui, à moi. Je fais un pas en arrière. Ce n’est pas ce que j’ai voulu dire. Si ça ne tenait qu’à moi, je prendrais mes affaires et sortirais du vestiaire en courant. Je veux m’enfuir et ne pas rentrer à Keimoo, pas dans le bus de l’équipe en tout cas. Je suis même prêt à me perdre vingt fois avant de trouver la gare la plus proche. A cet instant, je ne pense qu’à une chose : me mettre en boule sous une couverture et ne plus bouger. L’obscurité, la chaleur et la position fœtale. C’est tout ce à quoi j’aspire.

En ce qui concerne sa question…Je prends un air hésitant et recule encore pour ne plus avoir à l’affronter de si près. Quelques secondes auparavant, j’étais tant en colère que je voulais l’agripper par le col et l’insulter. Maintenant je veux me faire tout petit, lui faire oublier cette soirée, me faire oublier ma découverte, ne jamais avoir été jaloux. Je m’arrête de reculer au moment où je me retrouve adossé contre un mur à quelques pas du capitaine. Il y a bien trois mètres entre nous, mais ce n’est pas assez. Ne trouvant plus d’issue, je prends une grande inspiration.

« Non. »

Je ne trouve même pas la force d’argumenter ou de m’excuser, je sais que je suis allé trop loin et que je suis impardonnable. A chaud, là tout de suite, ça ne serait pas raisonnable. Je sens mon cœur marteler ma poitrine, j’ai l’impression de me rapprocher d’une situation gênante. Il ne doit pas savoir, il ne doit pas me demander. Je détourne alors le regard, incapable d’assumer mes propos. J’ai honte, si vous saviez. Depuis combien de temps sommes-nous enfermés dans ce gourbi, à nous disputer comme des chiffonniers par ma faute ? Je l’ignore. Pour ne pas détruire complètement mon ego, je me dis qu’il a aussi une part de responsabilités dans l’histoire. S’il avait tout simplement accepté mon formulaire de démission au lieu d’essayer de me retenir, je n’aurais pas été obligé de le blesser comme ça. Je secoue la tête pour moi-même, non, tout est de ma faute. Je dois arrêter de me chercher des excuses.

La voix du sportif résonne une fois de plus dans le vestiaire. C’est encore une fois de trop pour moi qui pensais m’en tirer après ma précédente réponse. Mes joues se mettent à picoter. Quelque part je suis assez satisfait de sa réaction, il n’a pas l’air d’avoir compris. Une vague de chaleur parcourt ma cage thoracique, quel soulagement. Toutefois je n’ai pas vraiment envie de réponse à sa question. Le moindre faux pas pourrait lui mettre la puce à l’oreille. Je préfère qu’il reste dans l’ignorance, qu’il continue d’envoyer son ballon orange dans un panier et ne se pose pas plus de questions. Je soupire. Comme Naoko a pu tomber amoureuse d’un abruti pareil ? Mais quand je me regarde, je me dis que je ne vaux pas mieux après toutes les choses que j’ai dis ce soir. Nakamura est peut-être un imbécile, mais moi je suis un lâche et un menteur.

« Bakay’Haru. »

Je m’entends articuler ce jeu de mots minable alors que je plonge mes mains dans les poches de mon pantalon. C’est drôle, en l’espace d’une minute, toute la tension de notre dispute est redescendue. Toute ma colère s’est évaporée au moment où j’ai réalisé que Naoko Tanaka n’était pas une simple amie à mes yeux. Mon cœur se resserre en y repensant, me mettant devant les faits : elle ne me choisira jamais pour ce rôle. Il est peut-être trop tard pour revenir en arrière et réparer mes erreurs avec le capitaine, mais il est encore temps de stopper la machine et de cesser les hostilités pour ce soir. La hache de guerre ne sera pas enterrée de si tôt et je continue de détester l’autre garçon de tout mon être, sans que je le veuille vraiment, mais je peux au moins essayer de ne pas aggraver la situation. J’inspire, puis expire les gaz contenus dans mes poumons.

« Tu devrais comprendre que je me fasse du souci. »

Ou comment tenter de rattraper les choses. La discussion a totalement dévié du sujet initial : le club de basket, alors il serait suspicieux de le relancer là-dessus. Même si je ne veux pas lui avouer mes sentiments pour sa petite-amie directement, je suppose qu’il va falloir que je trouve un moyen détourné de le faire un jour ou l’autre. Au fond de moi, j’ai le pressentiment que cette explication ne lui suffira pas, mais pour contrer tout éventuel doute qu’il aurait à mon égard, je finis par lui déclarer quelques mots en plantant mes iris dans les siens.

« Je suis son ami, après tout. »

Rien que son ami. Et ce, depuis près de trois ans déjà.

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