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The Future is like a puzzle with missing pieces: difficult to read, and never, never what you think.
 
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 Des pétales sur nos paupières. | Kei

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Zakuro Fea
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MessageSujet: Des pétales sur nos paupières. | Kei   Sam 4 Juin 2016 - 23:22


    Des pétales sur nos paupières.
    De la lumière sur le bout de nos doigts.



    De passage.
    L'expression souligne un laps de temps que je ne saurais m'autoriser à définir, tandis que les yeux bleus de mon cousin accompagnent le déchiffrage lent que j'effectue sur ma propre expression. Les maxillaires tendues vaquent à l'étalement d'un sourire, et Haiko finit par imiter mon rictus amusé. Ses muscles sont dénoués. Sa peau hâlée. Pourtant, je scrute ces lignes sombres qui encadrent son visage avec plus d'intérêt que tout le reste. Ses cheveux ont été entretenus dans cette longueur trop propre qui ne saurait dépasser ses mâchoires, et un tracer net informe qu'il tient à conserver la clarté visible d'un soin de ses mèches. En comparaison, ma tignasse est une cacophonie silencieuse de bruissement bruns et bouclés. Nos yeux se fouillent, dans ce contact enfantin, complice, de notre mutation génétique particulière. Un repère silencieux, muet dans son intonation, mais vibrant par la couleur bleue qui nous rassemble et nous ressemble. Il ouvre les lèvres sur des syllabes prononcées en une modulation française.

    « Ça faisait longtemps, Zak. »
    « Assez pour que tu aies pris l'habitude de plus prononcer le breton que le japonais. »
    « La faute à ma mère. »

    Un soupir faussement dédaigneux, outrageusement non-crédibilisé par les fossettes qui viennent percer mes joues, et je finis par rabaisser les yeux jusqu'à ces sacs de voyage trop remplis qui jonchent au sol. Haiko a ce sourire désolé.

    « Ça ne te dérange pas de m'héberger quelques jours ? »

    (…)

    Sifflement enhardis d'une brise estivale, l'atmosphère de Keimoo, dans son campus, est à l'instar d'un parc pour enfants. Les âges sont supérieurs à ce que l'on attend d'une structure à toboggans, mais l'idée d'engouement et d'excitation est palpable sur le terrain. Les têtes brunes de ces humains estudiantins, je les considère de haut, de loin, sont ces clichés adorable d'une jeunesse qui étincelle. Attendrissement particulier, mes yeux sont posés sur ces garçons de vingt ans qui jouent au ballon, leurs affaires de cours abandonnés loin des yeux et du cœur. Je les observe vivre, avec une sensation particulière de pudeur et de voyeurisme mélangés, tandis que les passes et les dribbles s'accompagnent d'éclats de voix, d'éclats de rire. Mes yeux se plissent. On distingue dans les activités un rassemblement particuliers d'intérêts. Certains des étudiants sont simplement allongés au sol, profitant d'une herbe qui s'étale en des reliefs confortables, tandis que d'autres, bien plus remarquables, accrochant mes prunelles, sont des piliers humains face à la stagnation corporelle sous l'été. Ils sont des soldats souriants, sportifs ignorés, ignorant mon regard, qui se battent contre eux même, les jambes campées contre l'oisiveté, les poumons ouverts en une respiration qui s'ouvre à la peine. Battes et accompagnement de la balle, ils défient les stagnations vibrantes de la chaleur par des efforts intenses, trop intense. Des swings trop parfaits, des catchers excités dont les sourires crispés masquent cette concentration pressée en chacun de leur muscle. Ils sont des battants sous le soleil, guerriers en armure de leur amusement.
    Je dois avouer que je suis impressionné.

    Aliss, ouvert sur mes cuisses, est une tâche bleue sur laquelle je ne parviens plus particulièrement à me concentrer. Mon français, en une logorrhée mentale qui se disperse sous l'ovation qui explose après un home run excellent. Je souris, et la langue de Molière m'échappe. Elle aura été la motivation d'un élan studieux, qui m'a poursuivi après que j'aie laissé Joshua à moitié nu en travers des draps de Kojiro. Sifflement étatiques d'une conscience qui sommeille, je discerne au travers de mes propres idées un relent jaloux, presque assez pour vouloir faire remonter en moi l'afflux trop sanguin d'une possessivité rageuse. Je chasse l'idée d'un revers mental. Kojiro et ses plumes peuvent bien couvrir Joshua. C'est un érotisme que je ne condamne pas, puisqu'il me revient. Mes yeux se plissent.

    La journée est appréciable, trop appréciable ; et dans cette langueur étouffante qui se conforme au rythme écrasant d'un soleil trop lourd, je considère cette situation d'ennui dans laquelle je me complaît.

    Renversement horizontal, je viens écraser ma colonne contre la table qui me sert d'assise, et dans un bruit étouffé, les vertèbres craquent sur la surface le bois. Je dénoue mes muscles, et relâche mes tendons. Se sont accaparés en des nœuds trop tendus des excès de nervosité qui crispent les surfaces larges de mon échine. Je ferme les yeux, sous un ciel lumineux qui me me provoque en imitant mon regard. Aliss, sur mon bassin, est une forme de bleu différente, que je tâche de mes phalanges.

    « De passage. »

    Lèvres entrouvertes sur un murmure adressé aux nues, je contemple entre mes cils une luminosité céleste qui ne se tarit pas, qui ne se tarit jamais. Surtout dans ces moments trop lourds, trop violent d'écrasement, qui ne se justifient pas assez, et qui se juxtaposent, événements sous-jacents. Je lève la main, effleure par hasard un papillon qui brusque sa course entre mes doigts, et viens rabattre mon poignet à la base de mon nez. Je m'ennuie.

    En tournant la tête, je cherche, du bout des yeux, à poursuivre le papillon. Trop vite envolé, trop vite disparu, je ne le retrouve pas. Mes yeux accrochent une silhouette dont les mouvements sont trop peu éloignés pour que je l'ignore, tandis qu'il se rapproche. C'est un homme, dont l'attitude entière exprime le hasard dans ses déplacements. Il se promène, sans savoir vraiment où il va. Je le poursuis du regard, détaillant une peau qui accroche en moins un instinct d'enfant terrible. Il a la peau chocolat, caramel, peut-être même café. Sous les différents angles d'une optique aveuglée par le soleil, je perçois néanmoins cette mélanine qui ne trouve pas sa base dans une origine nippone. Je redresse la main, caresse du regard une tignasse aussi brune que la mienne, mais la peau qui se dessine sous les plis d'un vêtement désintéressé est d'une nuance à me faire battre le cœur un peu plus fort. J'adore la pâleur de mon métis québécois, mais l'humanité me fascine quand elle s'illustre dans un croisement des couleurs chaudes.

    « Oï. »

    J'appelle, en secouant les doigts. J'intime, même, à venir me rejoindre. Sans chercher à bouger, sans chercher à me redresser.

    « Vous êtes nouveau, ici, non ? »

    Je considère, du rebord des lèvres, l'idée de lui sourire.
    À peine.

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MessageSujet: Re: Des pétales sur nos paupières. | Kei   Dim 5 Juin 2016 - 2:53


Jean presque noir, chaussures montantes, haut bleu pastel et sourires assurés à quiconque croise ta route. Deuxième semaine de travail – t'es toujours pas capable de te repérer dans ce labyrinthe créé spécialement pour te compliquer la vie. Les murs te semblent tous semblables, les salles toutes identiques, les étudiants tout comme une nuée d'insectes ayant pour but principal de te pourrir la vie.

Premier étage ; tu t'accordes une pause des plus sommaires pour consulter le carnet que tu te traînes depuis ton premier jour, source précieuse de renseignements en tous genre. Une apostrophe à ton intention te fait relever la tête ; tu réponds nonchalamment à la question piège de l'étudiant hardi qui s'est décidé à te tester, une réponse à propos d'un certain local que tu sais certainement fausse, mais qu'importe ? Il n'avait qu'à réviser le plan du campus avant de se ramener. Un bref soupir et c'est reparti pour de nouvelles aventures.

Tu dévales les escaliers, partagé entre l'agacement croissant d'être aussi perdu et abandonné qu'un chaton dans un carton et la sournoise nostalgie de tes jeunes années. Enfin, « jeunes ». T'es pas un vieux croulant non plus. Pour peu, t'arriverais à faire illusion. Un sac de cours et un semblant de fournitures dedans, et le tour est joué. Ça te rappelle Hana, bien sûr. A-t-elle, elle aussi, droit à ce radieux soleil qui perce par les surfaces vitrées des couloirs ? Le souffle du vent qui s'engouffre dans sa chevelure ébène en une douce caresse, la décoiffant comme t'avais l'habitude de le faire pour l'embêter avant de te faire pardonner d'un effleurement des lèvres ? T'en viens à froncer les sourcils, l'esprit paré de films auxquels une jalousie insidieuse fait écho. Ton cœur s'accélère, misérable organe, trop niais pour se rendre compte de la supercherie. Tes poings se serrent dans les poches de ton jean, agrippant ton téléphone comme s'il s'agissait du dernier espoir tangible auquel se raccrocher. L'heure danse devant tes yeux – 15h24. Avec le décalage, il devait être un peu plus de deux heures du matin chez elle. Trop tard -tôt- pour la déranger, ce qui te calme un minimum. De plus, le travail... Trop de conscience professionnelle pour oublier ça. Ouais, c'est ce qu'on dira.

Tu replaces la veste foncée sur tes épaules, un geste fluide et spontané, qui découvre à peine un morceau de flanc bronzé. Il fait chaud. Tu peux le sentir, au fur et à mesure que tu franchis ces escaliers qui te mènent tu ne sais où, en fait. Dehors, peut-être. C'est n'est pas plus mal de faire une ronde complète de l'établissement. La veste était peut-être de trop... Tu déambules sur un chemin que tu ne connais pas, l'air presque détaché, presque pas perdu, les yeux éblouis par le soleil cherchant l'esquisse d'un point de repère qui se fait attendre.

L'astre niche ses reflets de miel dans tes cheveux, t'écrase de sa suprématie thermique sous ta couverture de lin. Tu assumes la grimace désabusée qui se peint sur tes traits, fermes un œil, plisses l'autre pour une meilleure visibilité. Mais malgré tout, tu continues tranquillement ton chemin, et t'en viens même à apprécier ce que tu découvres. La traînée de jeunes sagement à l'écart ne peut qu'ajouter à ton bonheur, car au moins tu peux faire semblant de les surveiller tout en te prélassant. C'est pas si mauvais comme job, au final. Tu shootes dans un caillou qui traînait dans le coin, mains dans les poches, décontract', presque comme tous ceux que t'as pu croiser depuis ton arrivée en fait. Changer son environnement au profit d'un endroit bourré de quasi-semblables ; pas une si mauvaise idée. Il faudrait que tu penses à remercier ton beau-père de la merveilleuse initiative qu'il avait pu prendre.

Quelque part sur ta gauche, une nouvelle apostrophe. Ta tête suit la direction de l'appel, tes sourcils se froncent une nouvelle fois alors que tu examines ce corps affalé - on passera sur le quasi ordre formulé par son geste de la main. Et la réaction typique de celui qui se fait héler sans l'avoir prévu s'impose à toi : tu te retournes, jetant un regard observateur au possible interlocuteur qui pourrait se trouver derrière toi sans que tu ne le saches. Bien entendu, personne. A part des gamins qui n'en ont rien à foutre. Mais sait-on jamais ; tu pivotes à nouveau, et tes pieds te mènent jusqu'à ce corps blanc qui n'a même pas pris la peine de se relever. Peut-être des problèmes de dos ? T'esquisses un doux sourire qui atténue, tu le sais, l'expression trop sérieuse de tes prunelles. Et la couleur des siennes t'arrache une brève expression surprise, alors que tu te penches vers son buste pour lui faire face, tes mèches chocolat suivant le mouvement, inclinant tout aussi rapidement la tête pour le saluer.

« Ça se voit tant que ça ? Mince alors ! »

Ta voix se fait chaleureuse, ton sourire un peu moins épars, plus assuré. Tu te redresses pour le toiser, l'observant avec cette malice teintée d'incompréhension.

« Tu as... besoin d'aide pour te relever ? »

Supposition sûrement foireuse, mais qu'importe. T'en viens à détailler le jeune que t'as devant les yeux, qui te paraît élancé, fin et pâle – tellement pâle! Face à toi, à ton teint plus que hâlé, c'en devait ridicule, tout ce blanc. Translucide. Ridicule et effrayant. Tu secoues la tête d'un air réprobateur, lèves les yeux au ciel. Puis t'aperçois bien vite la tâche rectangulaire posée au niveau de son bassin, tandis que tes yeux louchent pour tenter d'apercevoir le titre.

« … Ou peut-être une question ? »

Clairement pas du japonais. Il y avait ces lettres issues de l'occident, celles que ta mère avait tenté de t'apprendre avec ses mini cours d'espagnol. A... Finalement tu craques, et choppes le livre d'un mouvement agile, le feuilletant rapidement tout en sauvegardant la page en cours de lecture, précautionneusement tenue entre deux doigts.

« Qu'est-ce que tu lis ? De l'anglais ? Espagnol ? Non, attends, ça y ressemble pas... »
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Zakuro Fea
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MessageSujet: Re: Des pétales sur nos paupières. | Kei   Dim 5 Juin 2016 - 21:35



    Son sourire a ces nuances sucrées qui viennent ficher dans mes synapses une perception contemplative, fascinée. Son expression se modifie, mes yeux se plissent quand ils se heurtent aux siens, et c'est un harponnage de couleurs aux camaïeux distincts qui nous fait nous considérer, durant quelques secondes, sous cet angle intrigué des pigments opposés.

    « Ça se voit tant que ça ? Mince alors ! »

    Dans une réalisation automatique, mes lèvres tracent un sourire violent, trop ravi dans ce constat qui s'impose ; celui d'un individu à enfourner dans le sac de mes intérêts trop actifs à l'égard de l'humanité. Celle-ci, singulière sur les traits de l'homme qui s'est penché au dessus de moi, me fait considérer l'envie de crocheter sa nuque du bout de mes ongles, pour approcher sa face des mes prunelles et tenter de percevoir au fond de celles-ci cette lueur que Joshua aimerait absorber. Je considère, mes pensées en flottaison oniriques, cette motivation douce de l'offrir en Dévoré.

    « Ce n'était pas une critique. Au contraire. »

    J'ai murmuré, mes yeux affrontant cette distance que l'on pourrait arborer comme un obstacle dressé sur ma volonté de le considérer dans sa complète entièreté, mais lui se redresse, me faisant prendre conscience que pour la première fois, mes yeux ne sont pas projetés par au dessus d'un visage. C'est un changement particulier au schéma trop habituel de mes considérations, de mes relations, mais sous cet inconnu qui s'étale, je complais ma circonspection en une appréciation singulière. L'homme est attirant

    « Tu as... besoin d'aide pour te relever ? »

    Un rire, mutation de mon sourire de départ, équivaut à ma réponse. Il récupère mon livre, et moi je me redresse, les reins courbés sous la tension de mes muscles frappés par le bois. Il a soudainement l'air d'un enfant à qui l'on a tendu les prémices d'un jouet captivant, et il a plongé sur la couverture bleue un intérêt fasciné. Ses propos en forme d'appréciation m'arrachent un autre rire, un peu plus rieur, cette fois. L'origine étrangère se confirme, et j'opte pour une supposition de ces pays latins dont je ne connais que trop peu, si ce n'est le soleil important, et les langues chantantes. L'espagnol, ancien ennemi réprouvé avec haine depuis mon adolescence, s'élance sur la piste des suspections, et durant un instant, je me mets à espérer qu'il ne le soit pas. Espagnol, quelle triste conclusion s'il venait à s'avérer possession humaine d'un pays dont la langue s'est toujours établie comme ta plus grande moqueuse. Durant un instant, sous les couches bipolaires de mes sentiments, s'avère en silence la stagnation glacée d'un effroi à l'égard de cette possibilité hispanique.

    Ses doigts pianotent les lettres qu'il déchiffre, sa langue et son souffle sautillant sur des syllabes qui s'énumèrent en un rapprochement mélodique presque voisin au japonais. Pourtant, il ne le reconnaît pas, ce père linguiste dont l'influence a instauré sa richesse dans une Europe du siècle d'Or. Tintements aiguisés du langage qui se cherche, sans baisser les yeux sur Aliss pour le regarder lui, je l'observe fouiller cet étalage de vibrations.

    « Français. »

    Mes paupières courbant ce regard dont j'accompagne mon sourire, je bouge. Balançant mes jambes dans cette rotation qui me fait lui faire face, je considère à peine le fait que, désormais, de nouveau, je suis trop haut pour mon homologue, quel qu'il soit. En l'occurrence, un brun aux nuances caramel dont les yeux me font contempler des mouvances ambrées.  

    « Mais du français québécois. »

    La langue de Joshua, celle que j'aime à avoir dans la bouche, ou contre ma clavicule. Celle sur laquelle j'aime poser la mienne, ou bien mordre. Mes yeux, satisfaction trop profonde, trop intense, se plissent dans cette imitation devenue familière de ce visage de chat heureux.

    À l'autre bout du jardin, éloigné de ces réminiscences linguales, la partie de baseball se poursuit en un affrontement de mouvements et de cris, scènes floues que mon cerveau analyse sur ce constat du présent, sur cette contemplation passive d'un acte qui appartient à la réalité. Des mouvements, des déplacements, et du bout des doigts, je tends la main, pour récupérer mon livre. Mes yeux accrochent ses cheveux, et j'y regarde, avec cette fascination trop enfantine, les reflets sombres d'une lumière inversée. Ma bouche se gonfle sous une expression presque boudeuse.

    « Ma mère m'a toujours dit de ne pas parler aux inconnus. Mais ça vous dérange que je vous demande votre nom ? Vous êtes étudiant, ou un employé récent d'Ashita ? »

    Je récupère le livre entre ses mains.

    « Je me rectifie. Vous avez l'air trop jeune pour prétendre au rôle de simple étudiant paumé, monsieur. »

    Mes prunelles abandonnent son visage, glissent sur sa gorge pour arpenter sa poitrine, et chuter jusqu'à son bassin, descendre le long de ses hanches, et s'arrêter sous ses semelles. Une ombre large, trop tamisée par un soleil lourd qu'il supporte nettement mieux que moi, j'élève le coin de mes lèvres dans un rictus amusé.

    « Mais pas assez bien habillé pour appartenir au corps professoral de cette prestigieuse académie, Meijin-san. »


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Dernière édition par Zakuro Fea le Jeu 16 Juin 2016 - 19:58, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Des pétales sur nos paupières. | Kei   Mer 15 Juin 2016 - 23:25


Ce sourire, brusque et inattendu, déchire sa face blanche en un éclat étrange. Ses yeux si clairs s'accrochent à ton caramel personnel et tu te liquéfies sur place, un souffle de vie à peine condensé dans un corps qui te semble immatériel. Ton cœur rate un battement. Se serre dans ta poitrine. Et puis il repart de plus belle, comme si de rien n'était, comme s'il n'y avait jamais eu ce malaise qui coule dans tes veines en un torrent indistinct. Avec toi qui nages à contre-courant dans les flots tumultueux de ton imagination.

Un rire s'en suit pour charmer tes oreilles, bien trop semblable à ton goût à celui de ta bien-aimée pour que tu l'apprécies à sa juste valeur. L'expression de ton visage se fait un instant plus sérieuse, presque soucieuse alors que tu détournes le regard. Tes doigts pianotent sur le livre en un mouvement désordonné, glissent sur la partie lisse de la couverture tout aussi négligemment. Puis tes iris ambrés se fixent à nouveau dans tout ce blanc qui décide enfin à se bouger, et toi tu ne peux qu'observer la masse s'étirer vers le ciel tout comme du caramel poisseux entre les doigts d'un jeune enfant. Elle s'étire, s'allonge, se distend aussi facilement qu'un vieil élastique sur lequel on tire. Finirait-elle par craquer si l'on tirait trop fort ? Se briser en autant de petits bouts d'os et de chair confondus ? Mais la voilà qui arrête sa course, tandis que tu lèves les yeux vers les deux ombres bleutées perdues au beau milieu d'une toison sombre. Perdues dans tout ce blanc taché de noir.

Honnêtement, t'avais toujours été le plus grand de ta classe. Même plus jeune. T'avais toujours cette tête de plus, qui te faisait perpétuellement regarder tes petits (c'est le mot) camarades de haut. Culminer à un mètre quatre-vingt-cinq... C'était pas courant. Mais lui ? Il semblait te dépasser d'une bonne vingtaine de centimètres, si ce n'est plus. C'était difficile de juger, lui toujours assis, toi toujours avec ces yeux écarquillés de surprise. C'était bien une constante, ça. Ta face toujours trop expressive, tes yeux si représentatifs des pensées qui t'encombrent l'esprit à tout instant. Et en ce moment, celle-ci inscrite sur ton visage à l'encre noire : « Comment est-ce qu'il peut être aussi grand et aussi blanc ? » Une question inutile, à laquelle aucune réponse ne peut être prédestinée. T'en viens à caresser la tranche du livre du bout des doigts d'un air songeur, alors qu'il s'applique à satisfaire ta curiosité naturelle. Français ? Québécois ? Encore un pays que tu ne connais pas, ou tout du moins dont l'existence te paraît très loin et limitée à tes très brèves connaissances en géographie. Au nord des États-Unis, qu'il te semble. Plus près, en tout cas, de ta moitié que ce que ta position actuelle te permet. Mmh. Ça valait peut-être le coup de s'y intéresser ? Encore un coup du destin, un de ceux qui te donnent un petit coup de main, qui t'arrachent un sourire heureux et un pétillement au fin fond des iris.

Inconnu. Le mot claque dans ton esprit et te ramène soudainement sur terre, à ce foutu rang d'inconnu aux yeux du jeune homme que tu t'efforces pourtant de liquider. Le sourire qui s'éternise normalement sur ton visage perd un peu de sa superbe, tandis que tu lui cèdes le livre qu'il semble réclamer. Amère et cruelle déception d'un enfant qui traîne parmi ses semblables sans pour autant y trouver sa place. La sensation si douce du livre entre tes doigts les enflamme de son absence, tandis que t'en viens à les frotter contre la manche de ta veste pour en effacer l'étrange picotement.

« Trop jeune, pas assez bien habillé... Je suis peut-être un dangereux psychopathe qui s'est infiltré dans l'établissement. Tu devrais songer à fuir ? » Tu te sens comme dévisagé, désagréablement. Un sourire en coin s'impose sur ta face et tu t'approches un peu plus près de lui, luttant pour contrôler un tirage de langue intempestif. Qui, soit dit en passant, te ferait soit passer pour un gamin en force, soit appuierait la théorie énoncée plus tôt. Il devait pas être préparé à ça.

« Je déconne, bien sûr. » Tes dents étincellent en un éclat amusé, l'ambre de tes iris semble s'éclaircir comme preuve de ta bonne humeur. « Je m'appelle Kei. Juste Kei, ça ira. » Un clin d’œil plus tard, et tu viens t'approprier un coin de table tout près de toute cette blancheur pour t'accorder une petite pause. « Et toi, jeune homme ? Tu ne sembles pas plus âgé que moi. Même si visiblement plus grand... Je me sens tout petit, c'est rare ! »

Un petit rire vient traîner dans l'air, agréable, rafraîchissant après tout le sérieux qu'a pu exiger ta première semaine de travail. Basculement de tête, ta main débarque dans tes mèches marron chocolat en un mouvement fluide trahissant ton petit relâchement musculaire. Tu toussotes brièvement, te grattant la nuque avec un air pensif avant de retourner ton attention vers ton vis-à-vis.

« Non, laisse moi deviner... Tu es étudiant, c'est ça ? »

Nouveau miroitement de tes yeux dorés, que tu visses aux siens si pâles.

« Langues, je suppose ? » Tu désignes le livre pour appuyer ton choix, avant de détourner le regard vers le terrain occupé de petites têtes sportives. « Je dis ça juste parce que tu ne me sembles pas être comme eux, là-bas. Détrompe moi si tu veux. »
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MessageSujet: Re: Des pétales sur nos paupières. | Kei   Jeu 16 Juin 2016 - 22:05



    Des miracles relatifs se sont mis en place, avec un orage dans ma poitrine. Des miracles relatifs ; c'est ainsi que j'en viens à qualifier ces situations qui me saisissent, dans leur humanité si particulière, facettes vives des éclats d'existence que je capte, et qui s'arborent dans des exhibitions fantastiques. Je contemple son visage, et je me surprends à y rechercher un quelque chose que j'ignore. J'inspire alors un oxygène trop vite dilapidé dans le fond de mes poumons, et dans un étouffement précipité, je cille. J'ai eu la sensation, l'espace d'un instant, d'être entraîné, déséquilibré, vers un fond dans lequel je n'avais plus pied. Interdit, j'en viens à contempler la possibilité d'avoir laissé s'éteindre ma propre considération éveillée. Conscience, à quoi joues-tu ?

    J'ai récupéré le livre, et Aliss entre mes doigts est une mini-bouée de sauvetage. Un repère qui dissipe la sensation de noyade. Chair et Bone en auraient fait des jeux de mots spirituels. Il a cette approche qui n'est pas physique, mais dans le mouvement, un déplacement particulier qui s'établit sur la manière dont il choisi alors de me répondre.

    « Trop jeune, pas assez bien habillé... Je suis peut-être un dangereux psychopathe qui s'est infiltré dans l'établissement. Tu devrais songer à fuir ? »

    Mon cœur en attente, les battements mesurés sur un rythme à la quiétude modérée. Comme un animal au repos, il s'est mis à ralentir, dans le silence de mon zanshin qui s'accentue, et mes muscles détendus deviennent une armure de tension mentale. Une armada d'électricité côtoyant la chair et le sang, dans une harmonie assassine de mes pulsions directives. Le cœur en silence, mes sentiment sous-latents, j'ai le souffle en suspens. Il s'approche. Fuir, peut-être.
    Mais avant ?

    « Je déconne, bien sûr. »

    Il sourit, encore, comme si ça allait de soi. Et je suis là, dans un désarroi béant, à sourire à peine, juste assez pour communiquer avec cet étirement de ses lèvres, tandis que mes pupilles captent un éclat de lumière trop rapide à sa bouche : des crocs dégainés, nos instincts animaux éveillés. Il sourit, comme si ça allait de soi, et j'ai envie de lui sourire, avec effroi, en le secouant, peut-être pour me réveiller, moi. Il déconne, et s'il savait, il ne sourirait pas. Pourtant, je fais le choix de m'accrocher à ce sourire. Sous le ciel trop lumineux d'une journée qui me surprend dans ce qu'elle établit aux situations auxquelles je me confronte, je ne peux refuser l'appréciation de sa considération. Il est un moment que je veux complètement assimiler. Il n'a rien du dangereux psychopathes. Sous les vibrations, contrairement à un rebut, il est plutôt une acceptation. Du bout de ses semelles usées jusqu'à ses mèches chocolat.

    « Je m'appelle Kei. Juste Kei, ça ira. »

    Deux syllabes, dont l'une qui s'absorbe en l'autre, et je poinçonne dans ma mémoire les sonorités brèves de son prénom. Juste son prénom. Il bouge, sans se douter des barrières qu'il a abaissé. Stratégie faible pour un assaut dans lequel je suis lancé, et je caresse des yeux les reflets mordorées de ses mèches, quand il vient s'asseoir à côté de moi. Il n'est pas vieux, pas assez pour avoir l'expérience de ce terrain national. J'en souris. Il n'a pas l'expérience japonaise de la neutralité, et durant un instant, j'envisage presque en abuser. De lui murmurer, du bout des lèvres, des mensonges dans lequel je le ferais presque adhérer, juste pour le voir amenuiser encore plus la distance entre nous. Il lève la main, la plonge dans ses cheveux, et mes yeux se courbent, dans cette envie trop féline, trop empruntée à celle de Joshua, de vouloir l'imiter.

    « Et toi, jeune homme ? Tu ne sembles pas plus âgé que moi. Même si visiblement plus grand... Je me sens tout petit, c'est rare ! »

    Il rit, moi aussi. C'est probablement la première fois qu'on ne structure pas sa remarque sur ma taille en une critique, ou un étonnement absolu, relatif à une taille normale, moyenne. Il est habitué à être grand ? Je n'étais pas, de toutes évidences, le meilleur choix pour faire connaissance et se sentir dominant. Mais. Il confirme mon impression. Nous évoluons sur une ligne temporelle dont les extrémités de naissance ont du se ressembler. J'essaie d'évaluer. Vingt trois ? Vingt cinq ? Son faciès étranger me fait considérer que les seuls occidentaux que je connaisse, en dehors de mon métis québécois, s'avèrent être des britanniques, blancs en l'occurrence, je ne sais pas comment examiner l'âge sur les traits caramels de mon homologue aux couleurs chaudes. Je lui balance, presque sauvagement, un sourire.

    « Je dis ça juste parce que tu ne me sembles pas être comme eux, là-bas. Détrompe moi si tu veux. »

    Je le détrompe dans ma tête, et sur mon visage : par une absence de réaction qui acquiescerait ses propos. Oui, il se trompe. Mais de si peu que c'en est étrange. J'ai l'impression d'avoir été déshabillé de force, offert au regard à un jugement que j'aurais pu détester, mais qui pour sa candeur coupable, me plait jusqu'à dans son essence. Il n'offre pas l'impression de juger. Pas exactement, du moins. J'en suis déstabilisé, et j'ai presque envie de le saisir par la nuque, comme tout à l'heure, pour le forcer à me contempler dans les yeux, et lui asséner un « Pourquoi » auquel il ne pourrait s'esquiver. Mais il y a dans son intonation une multitude des possibles. Un écart de la réalité que je ne croyais que possiblement mien, et qui sous sa voix, me paraît intimement gênant. Comme un trouble, un quelque chose qui m'a attrapé au ventre et qui me force à considérer mes certitudes déjà trop douteuses. Je le contemple, une fois de plus. Une fois de trop. C'est comme franchir une barrière, en sachant pertinemment qu'au delà de la limite, on se laissera aller à une absence de contrôle. J'ouvre la bouche, ne prononce rien. Je me sens idiot, la gorge nouée par une émotion réfractaire. C'est à cet instant là, dérision du moment, que je me rends compte que je n'ai pas ouvert la bouche depuis un certain moment, occupé que j'étais à trop contempler ce qu'il était. Une rougeur s'étale brièvement sur mes mâchoires, sous l'effet trop peu escompté de la considération. Il a la tête tournée vers les terrains. Une sorte de stupidité honteuse, heh.

    « Zakuro. Et je te détrompe. Cosmologie. C'est une filière scientifique. J'ai 23 ans. »

    Réponse en éventail, qui économise mon souffle. Le tutoiement est passé au delà de ma barrière du langage comme un missile salvateur, et les anémones mentales, limites fragiles de ma pensée, explosent sous l'intense satisfaction de ma déférence. En repliant ma jambe, je dépose Aliss entre nous, et le contemple, avec circonspection.

    « Et toi ? »

    Question ouverte, mais qui a le mérite de le forcer à me considérer, puisque je lui parle.

    « Quoique. C'est indiscret. Tu es sans doute un psychopathe sous couverture, je ne voudrais pas m'attirer des ennuis. »

    Je me redresse, et quitte la table. Reins et fesses endolories, je plaque mes mains contre mes hanches, étirant des lombaires ayant trop soufferts d'une rigidité sentinelle. Aimanté à ce qu'il est, mon regard le rattrape. Et, durant une seconde, je goûte l'ivresse d'un plaisir solitaire ; mes yeux plongeant dans les siens, pour harponner au fond de ses iris une nuance que je veux saisir à pleines mains, à pleine bouche. Mes lèvres s'étirent.

    « Mais considère que je voudrais profiter de ta compagnie. »

    Mes yeux, tout en courbures, lui sourient.

    « Tu viens marcher ? »

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MessageSujet: Re: Des pétales sur nos paupières. | Kei   Sam 18 Juin 2016 - 3:53


Rayons solaires qui cajolent paresseusement tes traits en une caresse enflammée. Particulièrement agréable, en cet instant. Paupières à demi fermées, face offerte au soleil pour absorber le maximum de vitamine D, et ce sourire toujours constant pour étirer le rose de ta bouche. Ce boulot était vraiment trop bien pour ne pas en profiter un long, très long moment.

Tu fermes les yeux pour en profiter un maximum, alors que tout te passe au-dessus de la tête en ce moment, les sportifs chahuteurs un peu plus loin, la réponse de ce bonhomme si pâle et sa propre chaleur si proche... Tu frissonnes soudainement malgré la température ambiante, réouvrant un œil pour surveiller le jeune homme et sa mine tellement laiteuse. Immaculée, presque. Ça pourrait presque t'attendrir – il semblait si pur, si propre sur lui ! La plaisanterie que t'avais sorti à l'instant pour briser la glace semblait lui avoir plu, si t'en jugeais à cette expression bien trop détendue qu'il se traînait. Et toi, t'avais l'air de quoi à le fixer aussi intensément, lascivement posé sur cette table en bois ? Tu te redresses légèrement en réalisant ce dernier point, un bras posé en retrait par rapport à ton corps pour supporter le poids de celui-ci et l'autre calé sagement sur ta cuisse recouverte de tissu noir. Noir qui, soit dit en passant, jurait horriblement face à toute cette blancheur. Et qui commençait à te faire littéralement bouillir sur place.

Son rire te fait du bien. Il réchauffe ton petit cœur de guimauve comme un bon chocolat chaud un lendemain de rupture, tout doux, sucré à point, une saveur qui se taille une place sur les papilles et qui ne s'estompe pas. Tu pourrais presque le sentir sur ta langue, savourer l'essence même de ce rire palpable et chaleureux comme une petite boule de poils. Et sinon, fallait que t'arrêtes de sourire autant, au risque de te filer des fossettes qui anéantiraient ta carrière de grand méchant surveillant respecté en avance. Réaction inconsciente, tu amènes d'ailleurs tes mains à tes joues pour vérifier les possibles fossettes en question -ou y cacher ton petit sourire amusé, au choix-, les yeux perdus loin vers les tâches colorées se mouvant sur le terrain.

Zakuro. Juste une partie de son nom, comme toi. Désir d'instaurer une certaine distance ou juste envie de mystère ? Tu lui coules un regard en coin, sourcils froncés, l’œil vigilant et empli de curiosité. Le livre posé entre vous te conforte dans ta première idée et chagrine ton petit cœur sensible. Cette barrière physique, t'as juste envie de la briser par tous les moyens à ta disposition – balancer le livre par terre, y mettre le feu et te trémousser dans les cendres en marmonnant des chants vaudou. L'image te fait sourire. Puis tu reportes ton attention sur le pavé à la couverture bleu nuit, te permettant de le prendre pour le feuilleter à nouveau et puis le reposer un peu plus loin derrière vous. Question de symbolique, malgré ton air tout à fait naturel.

« Cosmologie, hm ? Cela m'a l'air passionnant. Le ciel, tout ça. J'ai toujours voulu découvrir les secrets de l'univers. »

Petit clin d’œil, alors que tu redresses un peu le dos, les mains appuyées au bord de la table.

« Des ennuis ? Quels ennuis pourrais-tu avoir avec moi ? »

Petit rire en bonus, tandis que tes yeux se rivent aux siens, à ces prunelles inquisitrices qui semblent sonder jusqu'au moindre recoin de ton âme. Et une fois encore, le choc est immédiat et assomme toutes tes fonctions cognitives. Mis à nu, plus question de tous ces secrets qui te hantent et t'empêchent de dormir la nuit. Tu te laisserais presque tenter, en réalité. Prêt à t'impliquer au-delà du strict nécessaire. Prêt à jouer bien plus que ce que tu ne t'autoriserais en temps normal. Tu fronces les sourcils, mène ta main droite au niveau de l'alliance qui repose bien cachée derrière le tissu de ton haut. Non. C'était pas ton genre...

« … Un psychopathe sous couverture, tu as tout à fait raison. Je vais peut-être t'enfermer dans ma cave et t'obliger à travailler pour moi le restant de tes jours. J'ai pas encore décidé... »

Là enfin, tu remarques que t'as pas eu tout à fait tort niveau suppositions sur sa taille. Et qu'accessoirement, t'as du mal à faire bouger ce qui te sert de cerveau. Bon sang, c'était pas humain une telle taille... Tu lèves les yeux au ciel à son aveu, sautant également au sol avant de réajuster ta veste.

« Soit, allons marcher un peu. On crève de chaud par ici, tu ne trouves pas, Zakuro ? »

Que c'était agréable de discuter avec quelqu'un d'autre que ton vieux beau-père. Ou que toi-même. L'anneau en or se frotte à la peau au niveau de ton cœur, impose à ton esprit des souvenirs aussi dédaignés que bien trop plaisants. Ton cœur se serre, tes poings l'imitent en un mouvement instinctif. Un observateur extérieur à l’œil bien exercé aurait pu deviner que quelque chose clochait, à la raideur de tes épaules, cette tension qui ne te lâchait pas d'une semelle. Un soupir s'échappe d'entre tes lèvres, toi qui changes trop facilement d'humeur, au gré des pensées qui se succèdent dans ton cerveau. C'en devenait lourd à porter. A assumer. Alors que c'était si facile de s'en sortir avec un simple sourire.

« Tu as une idée précise de où tu comptes aller ? Ou juste te promener, en laissant nos pieds décider pour nous ? Les deux me vont, je t'assure. Et je connais le chemin menant à ma cave, si ça t'intéresse... »

Et sur ces mots, tu attrapes le livre resté sur la table de bois, le lui tendant en évitant clairement ses foutus yeux bien trop clairs.
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MessageSujet: Re: Des pétales sur nos paupières. | Kei   Dim 19 Juin 2016 - 0:46


    Kei.
    Répété, tournoyé, considéré, cela dans un élan observateur, le prénom est babillé par ma pensée, tandis que je le contemple, mes prunelles crochetant les reliefs de sa mâchoire. Il quitte la table, s'étirant comme un chat souple, et je relève légèrement le menton, dans un sourire distrait. Si les secrets de l'univers l'intéressent, songé-je, je pourrais bien, dans une démarche pédagogue acérée, lui enseigner l'intention, du plus profond, jusqu'à la surface de son objectif, d'une science cosmique. Saisir, du bout des doigts, les nébuleuses et les supernovas. Mes yeux se plissent, et anémomètre captivé, mon cerveau est lancé sur la déférence de ces envies nucléaires qui se déchaînent en moi.

    Il a parlé. Je n'ai pas répondu, toujours pas, ni à ces sous-entendus d'ennuis que je pourrais avoir, ni à la couverture de psychopathe dont il prétend se couvrir. À la place, je lui ai souri. Non, je préfère canalyser mes pensées, et imaginer, dans l'ordre, pour ensuite lui répondre.

    Tout d'abord, ces ennuis.
    Il vient  se positionner à côté de moi, et la ligne de sa colonne vertébrale attire mon regard. Quelles sortes d'ennuis pourrais-je m'attirer à traîner avec un garçon de son type ? La question en suspens s'ouvre sur une réponse aromatisée. Chocolat de chair, et caramel de propos, il fait ruisseler sur mes pensées des saveurs trop sucrées que mon esprit voudrait dévorer. J'en souris, et tandis qu'il récupère Aliss, du bout des doigts, je viens réceptionner du regard les mouvements de ses cheveux. S'y perdent dedans autant de reflets que ma concentration. Je damne mes yeux pour la réception de ces informations, lesquelles chahutent des certitudes trop peu fiables, trop peu ébranlées pour que j'en connaissent la fondation. Je ne suis pas sûr de moi-même.

    Juste après qu'il ait posé la question, ses prunelles se sont étrécies, en rencontrant les miennes. Le mouvement m'a marqué, j'ai marqué un silence, que je n'ai pas brisé depuis. J'aurais du insister. J'aurais du lui sourire.  Mais en cette contraction infime des muscles de son iris, sa myosis m'a ému.

    Et puis il y a eu ce mouvement, sa main qui s'est levé, qui a effleuré quelque chose au niveau du diaphragme, et si j'ai aperçu l'éclat d'une chaîne qui encercle sa gorge, je n'ai pas reconnu le catalyseur de souvenir qui y est accroché. Quelle sorte de collier ? Quelle sorte de souvenir, ou bien frein l'a retenu ? Dans tous les cas, son expression s'est modifiée, et je n'ai rien dit.

    Alors, tandis qu'il prononce mon prénom, j'entrouvre les lèvres, sur un murmure, ignorant presque sa question sur la cave.

    « Les ennuis, ça pourrait être une perdition complète du corps et de l'esprit. Les psychopathes n'ont pas d'inhibition, et ils franchissent avec facilité ces barrières que la société voudrait imposer. »

    Mes doigts se tendent, et attrapent sa mâchoire. Ma main se dépose, comme un piège vernaculaire à mon identité, à mon langage, et dans une caresse lente, je relève son visage pour confronter ses yeux aux miens. Des mèches brunes ont cascadé sur mes doigts, éclaboussant mes phalanges de ces reflets dorés, ensoleillés dont elles sont chargées. Sous ma paume, c'est un contact  qui me brûle presque. Juste assez pour que mon derme soit confronté à ce penchant sucré d'une peau colorée.

    « Et si jamais tu envisageais me capturer dans ta cave, j'ose croire que l'on viendrait me délivrer. J'ai  donné mon âme à quelqu'un, avec assez de certitude pour espérer le voir me récupérer. Mais tu peux toujours essayer. »

    Instant-bulle, instant contemplation, le temps d'une seconde et demie, durant laquelle, mes doigts sur sa peau, je me noie un petit peu dans l'absolu de ses yeux. Puis doucement, comme une liaison qui se rompt, je les détache, dans un écartement de ma main, et malgré une mèche mordorée qui feint vouloir accompagner le déplacement de mon poignet, je me retire, ramenant mes bras contre ma poitrine, en les croisant. Je le juge, distant, un peu fébrile, un peu trop hésitant. Et c'est par un sourire doux qui revient, s'installe tranquillement sur mes lèvres,  que je reprends ma contenance.

    « . . . Moui. Allons à la cafétéria. Je voudrais un café. »


    (…)

    Enluminures vivantes, les locaux sont ruisselants de couleurs et de lumière, et au travers d'une optique éclairée par cette journée estivale, je capture,  jusqu'au fond de mes rétines, les détails surexcités d'une vie estudiantine mouvementée. Les doigts refermés sur la pomme que je suis allé commander en plus de mon café, je reviens, à pas lents, mesurés jusqu'au contact des semelles de mes Doc sur ce sol trop lustré. Géant silencieux qui écarte les flots humains par un regard projeté au dessus d'eux, il suffit d'un silence appuyé pour que l'on s'esquive sur mon passage. Je me rends jusqu'à cette table où j'ai abandonné l'humain que je contemple.

    « Kei. »

    Le prénom est prononcé du bout des lèvres, pendant que je m'installe face à lui, positionnant la pomme, trop verte, sur Aliss. Prononcé comme une leçon complète que je compte apprendre par cœur. Une information lourde de sens, traduite en deux syllabes, poussées de ma langue jusqu'à l'extérieur de ma bouche. Kei. La pomme et Aliss sont les gardiens silencieux de cette distance instaurée. Monument matériel, c'est presque une tour dressée entre nous. J'attrape la tasse, et ivoire capturée qui vient heurter mes lèvres, je le contemple en buvant une amertume qui m’écœure. Mais je réserve aux grandes occasion ce goût trop particulier d'un noir caféiné qui étreint ma gorge. J'abaisse la tasse, et contemple Aliss. Fais semblant de contempler Aliss. Sont dispersées dans mon esprit des envies multiples, des considérations en tous genres. Je voudrais agir de tous les côtés, bouleverser mes élans en des dynamiques éclatées. Mon attention est concentrée sur lui.

    « D'où est-ce que tu viens, au fait ? »

    Je repose le café, et considère ses joues. Sa joue ; celle où j'ai posé la main. J'aurais du le griffer, ça aurait laissé une trace. Griffure significative, j'aurais pu apprécier mes élans impulsifs. Je relève mes yeux sur lui.

    « J'adore ton prénom. »

    Le café a pour vertu de faire battre mon cœur plus vite.
    Comme une ivresse lascive qui me prend, glissant dans mon esprit un étau d'acier, je contemple son visage, maintenant que nous sommes protégés du ciel lumineux, abrité entre quatre mur d'un béton cimenté. Lieu humanisé, entourés d'étudiants, d'humains, normalisés dans cette temporalité qui leur est attribuée. La couleur de sa peau n'a pourtant pas changé, l'attrait de la chaleur sophistiquée de sa mélanine n'en est pas altérée. Dans une mydriase en écho à ses yeux de tout à l'heure, je lui offre, presque timidement, un sourire. Ma poitrine est trop chargée, les battements de mon cœur, énervé par la molécule, frappent sourdement un rythme qui pulse l'agressivité de mes sentiments.

    « Mais au Japon, ça implique une intimité. On m'en voudrait de le prononcer aussi facilement. »

    Je l'articule, sans le verbaliser, et mes pommettes se soulèvent sous son appellation. Silence entre mes lèvres, mes yeux plissés.

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MessageSujet: Re: Des pétales sur nos paupières. | Kei   Lun 20 Juin 2016 - 1:59


C'était frustrant, presque. T'aurais voulu t'approcher un peu plus de lui, fracasser sa petite bulle de zone personnelle pour t'y infiltrer et apprendre par cœur chacune de ses réactions. T'es trop curieux, comme d'habitude ; trop habitué à une intimité chaude et familière entre un homme et sa femme. Sauf que la promiscuité en question, tu ne pouvais l'appliquer à chaque individu qui te garde captif de ses charmes en bleu et blanc.

Tu sens bien qu'il tente une réponse à tes conneries ; alors tu te penches vers lui, l'oreille attentive, prête à recueillir ses paroles. Seulement, toi t'étais pas prêt à ce qu'il tente un contact aussi direct. Sa main sur ta joue hâlée, et toi tu ne peux retenir une petite exclamation de surprise, maîtrisant à grand peine un mouvement de recul qui serait sans doute mal interprété. Tu déglutis, péniblement, et cherches ses yeux en espérant y trouver une réponse. Une nouvelle fois, tu te noies dans leur couleur hallucinante. Une nouvelle fois, ton cœur se manifeste de façon presque trop bruyante. Peut-être sentait-il ton pouls s'affoler, au niveau de ta carotide ? Son pouce effleurerait presque l'arc supérieur de tes lèvres. Tu mordilles machinalement celles-ci – le contact t'électrise bien plus qu'un fil mis à nu et fourré directement dans ton cœur maltraité. Plus que troublant, il est même carrément dérangeant de se faire toiser ainsi d'aussi haut. Dans une autre situation, tu l'aurais envoyé voir ailleurs, lui et sa façon de te mettre à la place d'une gamine devant son petit copain trois fois plus grand qu'elle. Mais en réalité... Tu ne saurais articuler quoi que ce soit. Les mots ne font plus sens dans ton esprit, et toi, trop habitué que tu es à leur accorder toute ta confiance, tu tombes du haut de ton piédestal en métal doré. Je ne veux pas de ton âme. A vrai dire, t'es si sonné par la caresse que t'ignores si ces mots ont franchi la barrière de tes lèvres. Ton rythme cardiaque augmente encore, alors que tu joues à chat avec le chatoiement de ses iris pâles – avec ces étincelles facétieuses que t'aimerais bien dompter.

Et puis t'es brutalement arrêté dans ta contemplation par un désir de café que t'es même pas sûr de partager. Plus sûr de rien. Tu fixes le sol, yeux baissés pour ne pas contempler cette autre barrière inconsciente qu'il dresse si facilement de ses bras ivoirins. Esprit trop embrouillé. Finis par les fermer, ces foutus vecteurs d'informations si stimulantes. Tu fiches tes mains bien à l'abri dans les poches de ton pantalon et te contentes juste de le suivre, après deux ou trois secondes d'accoutumance. Plus silencieux que jamais...

*

Tu frottes tes yeux malmenés par autant de luminosité, et, seul pour quelques minutes encore, t'en profite pour te foutre une baffe mentale monumentale. T'aurais jamais cru pouvoir agir comme cela à nouveau – sûrement la distance et l'absence de ta femme qui jouaient sournoisement avec toi comme un félin avec sa proie. Ou comme Zakuro, avec toi. Ta main vient couvrir la zone occupée plus tôt par celle du gamin, histoire de la réchauffer un minimum – elle semblait bien fraîche maintenant que ses longs doigts brûlants ne la squattaient plus. Un sourire tendre vient étirer tes lèvres, dont la raison restera dissimulée au regard de la plupart des gens. C'était comme un secret entre vous deux seulement – et exactement la pensée qui traînait dans ton esprit quand le grand machin blanc se ramena avec sa tasse et sa pomme vert clair.

En vérité, personne n'avait jamais osé te toucher de cette façon. Ou pas depuis des années. Cela devait sans doute se passer comme ça. C'était écrit. Et t'étais bien impatient de connaître la suite de cette histoire.

Il s'installe sur la chaise jusque là vide qui te faisait face, et brusquement, tu te demandes ce à quoi tu pensais le temps qu'il aille commander. Pas la moindre idée. Ça, c'était effrayant. Que tu sois obnubilé par un simple contact physique -non conventionnel, certes- au point d'en oublier la raison de ta présence en ces lieux. Et comme pour te rattraper de ton absence momentanée, tu te retournes vers  la sortie, dans l'espoir d'apercevoir au moins quelques gosses à surveiller ; peine perdue pour ceux de dehors. Tant pis, tu te contenteras de ceux, moins nombreux, de la cafèt'. Tu reportes ton attention sur ton vis-à-vis, et souris d'une façon presque normale à sa question indiscrète.

« Tu te demandes cela à cause de la couleur de ma peau, n'est-ce pas ? » Un rire t'échappe. « Pas la peine de nier, hm, je le sais. Je viens d'ici et d'ailleurs, disons. Je me balade. Et m'est avis que c'est pareil pour toi, non ? » Tu te penches vers lui, taquin. Ses yeux croisent les tiens à nouveau et soudainement la pomme entre vous deux devient la chose la plus intéressante de l'univers.

Un compliment, auquel tu réponds par un bref remerciement. T'es plus calme – t'as eu le temps pour reprendre maîtrise de toi-même, apparemment. Tu te redresses un peu, avances sur la chaise pour gigoter et enlever ta veste – tu pouvais plus supporter cette moiteur incessante tout autour de toi. Tranquillement, tu la poses pliée en deux sur le dossier de ta chaise et pousses un soupir de soulagement. C'était mieux, ainsi. Faut croire que tu apprécies la compagnie du jeune homme, parce que t'es pas du genre à exhiber ton bras tatoué au-devant de tous ; au contraire, même. D'où la veste. Si ça l'incommodait, tu la remettrais, de toute façon. Oh et puis peu importe.

« On t'en voudrait ? » Tu hausses un sourcil étonné. Puis tu te cales contre le dossier de la chaise, bras croisés sur ton haut clair. La nuance dorée de ta peau ressortait bien avec ce t-shirt, en fait. « Tu m'as donné le tien également, n'est-ce pas ? Je ne vois que deux possibilités : Un, tu cherches à me soutirer des informations sur mes origines, et ce de façon pas très originale. » Tu lui adresses un bref clin d’œil suivi d'un sourire, avant d'ajouter d'une voix douce : « J'habite ici depuis que je suis tout petit, soit dit en passant. Je connais les mœurs du Japon. Deux... » Tu te grattes paresseusement l'épaule droite de ta main opposée, réfléchissant soigneusement aux mots que t'allais employer. « Il est possible que tu sois réellement intéressé. Je ne saurais choisir entre ces deux options. La deuxième me ferait plaisir, naturellement, surtout que tu as avoué vouloir profiter de ma compagnie. Mais autant s'attendre à tout, n'est-ce pas ? Et puis, on pourrait très bien être intimes, tous les deux. »

Ton sourire est presque trop grand, visiblement trop malicieux pour être pris au sérieux. Et il aurait raison de se méfier. Il avait ce don d'émoustiller ton côté taquin. Tu viens jouer avec moi? Ouais, t'en mourrais d'envie.
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MessageSujet: Re: Des pétales sur nos paupières. | Kei   Lun 20 Juin 2016 - 4:16

    Il capture mes yeux, et je ne sais plus très bien qui de nous deux a le rôle le plus assassin. Je m'étais établi, jusque là, comme l'araignée, mais il fausse les données, inverse les informations, en déstructurant ma logique par cette facilité trop symbiose de ses yeux à venir chercher les miens et à égarer ma respiration.

    « Tu te demandes cela à cause de la couleur de ma peau, n'est-ce pas ? »

    Il rit, et je le contemple avec cette envie de figer l'instant. Je profite, avec les sens en alerte, du moment trop présent. Ses lèvres s'ouvrent sur une réponse qui naît dans la continuité de son euphorie, et si les mots viennent, je ne sais s'ils me satisfont vraiment. Pourtant, c'est une réponse qui se valide, et comme une balle renvoyée dans mon camp, l'indiscrétion est portée sur moi, témoin trop dans l'apparat que devient la mutation génétique de mes yeux. Je grogne, -un « hrrmm » prononcé comme un gamin-, tandis qu'il abaisse les yeux, et que j'hésite, une deuxième fois, à le forcer à me regarder.

    Son attitude est transformée. Perceptiblement, il s'est engagé sur une pente à l'accalmie particulière, et ma remarque sur son nom ne lui arrache qu'un remerciement, lequel me frustre presque. Presque. Mais il se met à bouger, et le temps d'une seconde, j'ai soudainement peur de le voir se lever et s'enfuir. Déception cruelle, mais déception envisageable, dans un amas de possibilités, je me demande si j'aurais cherché à le rattraper. Que peut seulement bien fuir l'Intemporalité ? La réponse est tangible, mais ne vient pas, car mon attention est maintenant trop accrochée, trop piégée à une matérialité, qu'en retirant sa veste, il dévoile, tout en relief, muscles et nerfs exposés. Mes yeux survolent, et accrochent ces écailles incrustées en des flirts encrés. Il a les anneaux d'un reptile mythique autour du bras, et l'espace d'un instant, l'envie de réitérer le contact me reprend : tendre la main, et presser contre ces motifs émaillés la tension de mes doigts, l'attention de mon corps. Squames esthétiques qui accrochent ma concentration, le temps de trois secondes trop lourdes, trop concentrés d'appréciation artistique. Mes doigts ne bougent pas. Ces circonvolutions me plaisent. Ma main est immobile. Il élève la voix, et perturbe mes intentions, sans que mes yeux n'abandonnent pour autant le tatouage. On m'en voudrait ? Qui sait.

    « Tu m'as donné le tien également, n'est-ce pas ? Je ne vois que deux possibilités : Un, tu cherches à me soutirer des informations sur mes origines, et ce de façon pas très originale. »

    Dans un automatisme presque obligatoire, j'en suis amené à sourire. Poliment, pour ne pas montrer, par souci d'intérêt, cet amusement particulier que l'on voudrait presque me reprocher. C'était une partie de mon plan, naturellement, mais je ne cherche pas à cacher ma curiosité. Il est humain, et par définition, m'intéresse. En saisissant la tasse, je réceptionne une nouvelle gorgée de café. Humeur souriante, humeur appréciatrice, en reposant l'ivoire contre la table, dans ce petit claquement significatif, la caféine est propulsée jusqu'à mon cerveau, jusqu'à mon myocarde, et quand il se remet à parler, c'est pour venir anéantir l'état détendu de mon corps et de mon esprit.

    « Il est possible que tu sois réellement intéressé. Je ne saurais choisir entre ces deux options. La deuxième me ferait plaisir, naturellement, surtout que tu as avoué vouloir profiter de ma compagnie. Mais autant s'attendre à tout, n'est-ce pas ? Et puis, on pourrait très bien être intimes, tous les deux. »

    Je suis frappé au vol. Ma respiration s'interrompt sur ses phrases qui viennent me heurter comme une claque. Suffocation légère, comme une crise d'asthme muette que je n'aurais pas vu venir, mes prunelles s'étrécissent sur une sensation de choc, et s'étalent sur mes joues une rougeur confuse. Émotivité sensible, bien trop exposée, dans ma conception trop délicate, je suis alors incapable de soutenir son regard. Alors j'abaisse le visage, dans une tentative enfantine de fuir ses yeux. Dans mes veines, enflammées par un rythme cardiaque trop efficace, trop violent, se succèdent des vagues de chaleur que je n'arrive pas à ignorer. Le café n'est assurément plus l'unique responsable de ces bouleversement de mon cœur, et 'ai dans la poitrine un tambour de guerre.
    Dans la tête, un tsunami. Oh my.

    « … - Je rougis peu. C'est rare. »

    J'ai murmuré, à peine, la voix rendue rauque par une difficulté à accorder respiration et agitation. Comme un aveu embêté, -pour gagner du temps-, le visage à moitié détourné, c'est avec toute la volonté du monde que je me force à le considérer de nouveau, de face, et doucement, progressivement, un sourire mi-arme, mi-défense ourle ma bouche, que j'examine désormais comme une ennemie. Morsure mentale, acérée, je m'assène, pour la prochaine fois, de ne plus jamais l'ouvrir de manière aussi imprudente. Assommez-moi avant que je ne m'assomme par ce genre de situations. Successions trop extrêmes d'interprétations qui m'acheminent en une voie intense, je me perds et perds pieds dans des eaux tumultueuses. Mes doigts se crispent sur ce fard que je n'assume pas, et qui s'expose, gratuitement, aux contemplations humaines. Ce n'est ni de la honte, ni de la colère, mais une mise à nue, une pudeur enfantine, embarrassée, qui m'offre l'impression d'avoir été brusquement transfiguré en ce rôle trop compliqué de devoir assumer des sentiments inattendus. Il est bien plus facile de tuer des hommes, parfois. Et dans ma propre délation, je me trouve perdu, paumé, désorienté. Damnation qui m'étreint, c'est comme une noyade de l'intérieur. Je réfute, je réfute.

    Je secoue la tête, brièvement, dans une négation à ces sentiments qui cherchent à m'entraîner sous les flots, et noyé désespéré, je me hisse à la surface, en braquant mes yeux dans les siens. Comme un coup de poing, comme une attaque, violence et imprécation d'une agression immédiate, c'est avec les prunelles dilatées que je harponne ses yeux. Des tronçons d'or coulé que je lui ferais bien dévorer, dans cette haine doucereuse que je leur accorde, puisqu'elles me font chavirer. Muscles séculiers à ma sensibilité, mes paupières viennent atténuer la rage idiote de mon instant enflammé, et mes yeux se plissent, doucement, dans une envergure différente. J'estime ses yeux. Dans une valeur philanthrope, artistique, ma motivation se trouve nichée entre deux élans. Celle de les contempler, incrustés dans ses orbites, et celle d'aller les cueillir avec les dents. J'adorerais, songé-je en passant ma main sur mes paupières, pour soulager un trop plein d'informations, les offrir à Joshua. Et dans un paradoxe inné, j'adorerais les garder pour moi.

    « Intimes ... »

    Je répète, du bout des lèvres, le mot dont je suis le premier responsable, mais qui est plus compliqué à assumer, lorsqu'il a été prononcé par une bouche comme la sienne. Ses couleurs sont dangereuses, animal prédateur aux ornements feutrés, et moi, englué dans un jeu que je voulais commencer, mais qui me fait perdre pied, j'en suis à respirer du bout des lèvres pour rattraper un rythme cardiaque naturel. Je souris, incertain.

    « Tu ne tiens pas assez à ton poste, voyons. C'est pourtant bien payé. »

    Je souris, je réfute, mes pensées éclatées, et le ton de la plaisanterie me fait redresser la barre au milieu de cet océan en furie de mes idées alambiquées. Je voudrais le mordre, je voudrais le griffer, abimer son assurance, et m'enfuir en courant. La fuite est péremptoire, et je me retrouve, imbécile échevelé, à relever brusquement les mains, pour les enfoncer, presque dans une idée masochiste de me réveiller avec la douleur, en tirant ses mes boucles brunes, que je ramène en arrière. Un élastique récupéré au fond de ma poche, et dans un abandon du stress par la décompensation onyx, j'attache entre elles les mèches trop brunes, trop sauvages, qui, en cascadant sur mes épaules, ajoutaient à celle-ci un fardeau que, dans ma fébrilité, je ne parvenais plus à supporter. Chignon lâche, cheveux ramenés en arrière, je cille, et darde les yeux sur lui. Il n'est pas plus dangereux qu'un enfant, songé-je. Je ne souris plus, je le contemple, et je cristallise sur ma rétine ses traits mielleux.

    « En effet. »

    Modulation grave, ma voix abaissée de quelques fréquences.

    « Je veux profiter de ta compagnie. Mais quitte à t'attendre à tout... »

    - ne t'avère pas surpris si cette rencontre se fructifie en un bilan à la saveur cassonade. Je n'ai jamais su bien cacher ce que j'éprouve. Voilà. Je n'achève pas ma phrase. Pour toute réponse, c'est un regard que je lui adresse. Le même, sans doute, que j'offrirais à une friandise. Avec la gratuité de mes violences sentimentale, je me trouve maintenant confronté à cette sensation de sécheresse au niveau de la gorge. Je bois du café, encore, mais la sensation ne se tarit pas, et je repose la tasse, presque sèchement, presque irrité. Mes doigts crochètent la pomme, et dans un bouleversement de mes pensées, je la fait rouler jusqu'à lui.

    « Tiens. Je n'ai pas faim, finalement. »

    Presque boudeur, je détournes les yeux, et feins admirer l'inefficace existence des humains autour de nous. S'il fallait que je sois amener à le tuer, ce qui était une possibilité parmi d'autre, pourquoi devrais-je apprendre à l'apprécier ? Questionnement morbide de l'araignée tombé en amour pour les éclats scintillants du papillon bloqué dans sa toile. Je n'aurais sans doute rien à jamais lui reprocher. Mais imaginons, d'une manière ou d'une autre, que cela puisse arriver ? Mes mâchoires se crispent, et je pose de nouveau les yeux sur lui. Des éclats chocolat, une saveur trop gourmande dans son appropriation naturelle, et mes yeux glissent sur ses joues, sa gorge, sa poitrine. Affolement de mon cœur, et mes lèvres se pincent sur ce soupir dubitatif.

    « Parle moi de toi. »

    Mon sourire est presque douloureux.

    « Quitte à te soutirer des informations de manière pas originale du tout, autant y aller franchement. »

    Discuter me permettra de détendre cette crispation de mes muscles, de recouvrer une attitude plus insouciante face au danger qu'il peut brusquement s'avérer représenter. Ce serait facile, si facile, de me laisser entraîner dans cette spirale d'attention, et force centripète, aspect centrifuge, de me laisser absorber par mon envie trop fabuleuse de découvrir sa peau. Fatalement, je me retrouve confronté à mon attirance pour les couleurs. Je souris, doucement. Il a l'allure de ceux que je veux enfourner dans ce sac d'offrande à l'Immatérialité. Mais est-ce que je ne m'offre pas trop ce luxe de vouloir lacérer sa peau pour accéder à la contemplation de son âme ? Mes prunelles glissent au niveau de sa gorge, et je redresse brusquement le dos.

    « Kei. Tu me fais penser à de l'eau, je crois. »

    Et si je me penche trop, je tombe et je me noie.



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MessageSujet: Re: Des pétales sur nos paupières. | Kei   Mar 21 Juin 2016 - 0:25


La couleur de ses joues se fait presque trop violente, comme décalée sur ce visage si pâle. Un trait de rouge inattendu, qui te prend au dépourvu et te laisse sans mots. Tu dardes ton regard ambré sur ses joues adorables, et d'un coup, tu comprends son geste de tout à l'heure. Parce que toi aussi, tu meurs d'envie d'attraper sa tête entre tes mains et t'approcher tout près. Profiter d'un contact que tu t'interdis avec d'autres lèvres que celles de ta bien-aimée. Tu te mords la lèvre inférieure, le regard suivant les courbes de son visage, l'arête de sa mâchoire pour finalement remonter vers sa bouche. Tu souris.

« Je trouve cela vraiment charmant. Tu es charmant. J'aurais presque envie de t'embrasser. » Et goûter sur ses lèvres un péché défendu.

Il a l'air choqué par ta proposition indécente en terme d'intimité, ou bien intéressé mais sans le montrer. Qu'importe. Le but était de lui tirer une réaction ; pari réussi, ce qui t'amuse fortement. Et te donne même l'envie de continuer, de l'harceler de sous-entendus en tous genres et de l'amener à rougir encore et encore. C'était le genre de réaction qui ne pouvait que te conforter dans une telle idée, flatter ton ego et encourager un tel penchant. S'en rendait-il au moins compte ? Qu'il se précipitait lui-même vers son propre déclin ? Tu lui souris, l'embrasses du regard dans sa totalité. Il t'ignore, refuse de croiser ton regard à nouveau, se camouflant derrière une pile d'objets. Ce qui n'avait pas grand sens – parce qu'il ne pourrait pas t'échapper. Il fallait qu'il s'y prépare, et toi que tu calmes tes ardeurs pour ne pas le faire fuir comme un oisillon devant son prédateur.

« Que peut faire un simple salaire face aux beaux yeux d'un étudiant ? » Le ton est charmeur, de façon à peine voilée. Tu lui adresses un énième clin d’œil, les yeux fixés aux siens dans un long frisson qui se propage le long de ta colonne vertébrale. Amusé, tu l'observes se mouvoir, gestes fiévreux et visiblement soucieux. La conclusion est aisée : tu ne le laisses pas impassible. Ce qui t'arrange. Ce qui te fait plaisir, même. Tu te trémousses sur ton siège, tes yeux brillant d'excitation portés sur ce jeune homme qui bataille avec ses cheveux sombres. La coiffure te plaît bien – même si t'es plus du genre à aimer des cheveux détachés, en bataille sur la douceur d'un drap de soie.

« Ça te va bien, les cheveux comme cela. » Tu ne peux t'empêcher de vouloir le complimenter. Parce que mine de rien, t'es un gentleman au fond. Et puis, après une petite caresse et un aveu de l'attirance que tu peux ressentir, votre relation pouvait bien se permettre quelques mots doux chuchotés ?

Profiter de ta compagnie. Ton estomac se tord dans tous les sens, une bouffée de joie te traverse et tu attrapes le fruit frais entre tes doigts, le faisant rouler sur lui-même dans un mouvement concentrique. Langue tirée sur le côté, t'appliquant pour ne pas le faire tomber au sol. Gamin.

« Je ne saurais quoi te dire sur moi. Je travaille ici depuis très peu de temps, une semaine à peu près. Peut-être un peu plus ? J'ai un peu de mal avec le temps depuis quelques mois. » Tu détournes les yeux en ajoutant : « Et un peu de mal avec les gens, aussi. A vrai dire, t'es le premier avec qui j'ai une véritable conversation depuis longtemps. »

T'as ce sourire, amer, de celui qui se reproche quelque chose et qui refuse de l'avouer. Mais il ne dure qu'un instant, car bien vite tu te reconcentres sur lui, avec un sourire en prime pour effacer la rancœur bien trop présente sur tes traits.

Ta bague semble brûler la chair de ta poitrine sous le tissu. Tu l'effleures à nouveau de la main gauche, réaction psychologique sûrement, comme pour coïncider tes pensées avec un objet leur correspondant. C'était surtout une réaction idiote, dont tu devais te débarrasser le plus vite possible. Ou alors simplement jeter l'anneau doré, le ranger dans une petite boite et l'oublier dans un tiroir, pour ne plus avoir à supporter de telles réminiscences ? Mais t'étais toujours marié. Ce serait mal. Inutile. Non, t'en avais pas envie. Et pas prêt à jeter tes souvenirs si heureux avec elle en pâture au néant.

« De l'eau, hm. » Tu marques une petite pose, l'air songeur, la pomme calée dans ta main droite. « Je suis tout sauf de l'eau. Je suis trop impatient, trop passionné, trop tout pour qu'on me compare à un élément aussi tranquille. »

Tu reposes la pomme sur la table et te tournes dans la direction opposée, virant tes cheveux sur le côté droit de ton cou pour dénuder ta nuque. Là, tu tires ton t-shirt vers le bas afin de montrer la fin de ton tatouage sur ton épaule dorée. Ce dragon que tu traînes depuis quelques années déjà.

« Tu vois, ça ? Mon dragon. Je suis comme lui : du feu, et rien d'autre. Ne te fais pas d'illusions sur moi. Je suis tout ce que tu ne penses pas. »

Et tu lui lances un éclair de miel à travers le rideau chocolaté de ta chevelure. Malicieux, suivi d'un sourire, tandis que tu remets ton haut en place comme si de rien n'était.

« Toi, par contre... T'es trop calme. Et trop grand, mais je te pardonne pour ça. » Tu te rapproches un peu, le plus possible que te permet la table de la cafétéria. « Tu me donnes l'impression que peu importe ce que je pourrais faire, à part peut-être rougir encore un peu, tu resterais planté là. De glace, à simplement me fixer de tes yeux trop bleu. C'est assez... déstabilisant. »

Pure envie qui harcèle ton esprit, t'attrapes cette main blanche au devant de toi, la dissimulant dans les tiennes à la peau plus foncée. Crème Chantilly sur pain d'épices – vu comme cela, ça ne pouvait que bien fusionner. Tu t'autorises même à la lier à l'une des tiennes, entrelaçant vos doigts sans les quitter du regard. C'était joli, comme mélange. Un sourire attendri naît sur ton visage – et ton emprise sur sa main se fait plus ferme. Comme pour l'empêcher de se retirer trop vite, et avec un regard empli de défi.

« Parle moi de toi, toi. »
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MessageSujet: Re: Des pétales sur nos paupières. | Kei   Mar 21 Juin 2016 - 3:20

    Une déclaration de guerre quémandée du bout de ses yeux, je contemple, interdit, les pièges ouverts devant moi. L'adjectif charmant coule sur moi comme une pluie désagréable : trop froide, trop collée à ma peau, trop susceptible de m'arracher un frisson. Charmant. Ce n'est pas un mot que je m'attribue, dans lequel on a déjà cherché à étiqueter ma définition. Le mot courbe mes yeux, fait déployer dans ma poitrine un élan d'oxygène qui m'arrache un bref sourire. Je ne suis pas charmant. Il l'est, très possiblement. Le pli qui naît dans le coin de ses lèvres quand il me sourit, -me faisant imprimer au plus profond de ma mémoire l'image de sa bouche-, l'est possiblement. Les angles doux que prennent ses joues en se relevant, sont charmants. Son regard qui se trouble quand il pose les yeux sur moi est terrifiant. Je ne suis pas charmant. Face à des yeux qui me regardent comme ça, et qui sont humains, je me retrouve confronté à un dilemme écrasant. Adhérer à cette humanité qui me tend les bras, pour oublier dans son étreinte toute entière ce que je m'évertue à devenir ? Ou bien refuser, détruire, et abandonner derrière moi avec la sensation amère d'une fuite à l'égard de ce qui me tente. Il sous-entend un baiser, et je réclame la possibilité d'offrir mon humanité pour le temps d'un instant. C'est tentant. Mes paupières s'abaissent à moitié, et j'imagine l'option de prévaloir la chaleur de mon ventre par l'embrasement que provoquerait son souffle entre mes lèvres. Oserais-je ?

    « Que peut faire un simple salaire face aux beaux yeux d'un étudiant ? »

    Je cille. Ces yeux là, ils appartiennent à celui qui les a traité de salopes. L'expression n'est qu'idiomatique, mais elle vient épouser ma compréhension comme un châle qui s'enroule, drapé parfait, autour des reliefs de ce qu'il y avait à comprendre. Le souvenir de la ruelle emporte le présent, et durant un instant, c'est un visage sanguinolent qui se dessine sous mes yeux, une bouche étirée sur un sourire craché, violent. Kei est imprudent. Beaucoup trop imprudent, et je veux céder tout autant que je me montre patient. Il me suffirait de tendre les doigts, d'ignorer le temps, et d'accepter la facilité de vouloir essayer de plaquer son ventre contre le mien. Aimerions-nous cela ?

    « Ça te va bien, les cheveux comme cela. »

    J'hésite, le temps d'une seconde, à prononcer un « merci », qui ne vient pas. Les lèvres closes, à le considérer dans son entièreté, mes tempes découvertes favorisent pour moi une concentration tout aussi intellectuelle que visuelle. Cheveux attachés, par un automatisme guerrier adopté au fil des années à monter sur les tatamis, j'ai cette habitude trop ancrée dans ma chair que de ne pas vouloir être déconcentré par mes mèches. Cheveux attachés, mon jugement n'en est que plus aiguisé. La dynamique n'y est pourtant pas, et sur le côté de ma gorge, ma carotide se charge et se décharge d'un flux trop important. Je déglutis, et cherche à dompter mon cœur. La coiffure n'est pas un mouvement séducteur ; elle est une prise de conscience, une défense brusque, désespérée, de récupérer le contrôle sur mes propres nerfs. Les mèches noires sont chargées de murmures, de mots, de propos que j'ai éternisé dans leurs échos, auréolant mon crâne. Des souvenirs, des réminiscences, et pourtant, je suis chancelant face à cette onde trop palpable qui émane de mon homologue. Il dénude sa peau, et abaisse mes défenses. Il cherche, indubitablement, à ce que je le morde. Mais Kei, est-ce que tu as conscience que j'ai peur de te faire mal ? Mes pupilles s'étrécissent. Le dessin est beau, mais ça n'est pas ce qui m'intéresse.

    « Tu vois, ça ? Mon dragon. Je suis comme lui : du feu, et rien d'autre. Ne te fais pas d'illusions sur moi. Je suis tout ce que tu ne penses pas. »

    Je regarde le dragon, le temps d'une seconde insignifiante. Puis mes yeux reviennent à son visage, à ses yeux. Peu m'importe la surface, peu m'importe le tatouage et sa représentation trop matérielle, je veux ce qu'il y a en dessous. Je veux les couches inférieures, les épaisseurs camouflées sous ce que tout le monde voit déjà. Je veux les structures internes, plonger jusqu'aux mécanismes les plus profonds de son être, et m'enfoncer jusqu'à l'essence de ce qu'il est, de ce qu'il considère être. J'ai presque, dans un chancellement hésitant, envie de considérer une syntaxe tendancieuse ; je le veux complètement.  

    Humain de couleur, pourtant. C'est cette surface qui m'a attiré. Je n'ai pas vu le dragon en un premier lieu, j'ai vu ses couleurs, et les vibrations de sa peau chargée de lumière. Trop, trop pour que sa mélanine en soit activée, petits détecteurs colorés de cette chaleur qui peignait son derme. Humain de couleur, bien opposé à mon junkie hilare, à mon Immatérialité, et dans lequel je retrouve tout ce dont Joshua est débarrassé.
    Un surplus de chaud que je veux voir s'embraser. Des membranes de matérialité qui se déploient comme des ailes, reflet stupéfiant à ce qu'il affiche au dessus de son poignet.

    « Toi, par contre... T'es trop calme. Et trop grand, mais je te pardonne pour ça. »

    Je heurte ses yeux aux miens, et force un regard obtempéré. Il s'approche, reptile ondoyant dont les écailles sont trop près, maintenant. Je suis trop grand, je l'ai toujours été. Calme, c'est une autre histoire. Impulsif passionnel, c'est entouré de digues que mon esprit est le plus rationnel. Si je ne l'étais pas, calme, crois-tu que tu serais encore en train de parler ? Tu serais bien trop occupé pour cela. Dans un murmure mental, je répète, une fois de plus, son prénom trop facile à prononcer. Kei.

    « Tu me donnes l'impression que peu importe ce que je pourrais faire, à part peut-être rougir encore un peu, tu resterais planté là. De glace, à simplement me fixer de tes yeux trop bleu. C'est assez... déstabilisant. »

    Je devine son mouvement, comme dans une perception aveugle, prémonitoire, et les vibrations de sa main qui se tend sont chargées d'une tension qui font se crisper mes muscles quand pour la deuxième fois, sa peau rencontre la mienne. Du bout des doigts, je me crois en mesure de déchirer un monde. Mais sous ce contact, il y a une pression qui me fait me réfugier derrière une terreur enfantine. Ne me touche pas, ne me touche pas, ou alors touche moi complètement. Mon esprit virevolte, dans des directions opposées. Un mélange trop écoeurant de sucré et de sanglant. Je veux, et je ne sais pas ce que je désire.

    « Parle moi de toi, toi. »

    Ma violence condensée dans mon incapacité à bouger, sa poigne est une juxtaposition d’antinomies. Sévère mais fragile, je pourrais la briser. Imposante mais délicate, je suis pétrifié. Il s'est emparé de ma main dans un contact que je ne parviens pas à assumer autrement qu'en réfutant ma sensibilité enfantine. Ce n'est pas assez, ce n'est pas assez, voudrais-je lui murmurer. Et pourtant.

    « Non. »

    C'est murmuré sur un souffle, à peine. Doucement, dans un  glissement de la paume contre la table, ma main s'esquive au contact des siennes. Nos doigts se délacent, sans rien laisser d'autre qu'une impression de murailles qui s'effondrent sans que je ne retiennes rien. Je me redresse, le poing fermé. Comme une douleur fantôme, une brûlure qui élance jusqu'aux veines de mes avant-bras, je n'arrive pas à affronter avec assez de stabilité à ce qu'il veut m'offrir. Je respire lentement, force mes poumons à s'ouvrir sur un souffle apaisé. C'est peine perdue ; mes bronches se chargent d'une volonté à me faire cracher mon humanité, et mon cœur à attiser le désir.

    « Calme. Dragon. Eau. Tu ne te rends pas compte de ce dont tu parles. C'était mes croyances, avant qu'elles ne soient balayées. Je les connais trop pour faire des erreurs. »

    Je voudrais tendre la main, et réceptionner ses cheveux pour le rapprocher de moi. Je ne bouge pas. À la place, dressé au dessus de lui, avec la sensation d'avoir un monstre enflammé qui grandit dans ma poitrine, j'entrouvre mes lèvres.

    « Viens. »

    Je me détourne lentement, pour ouvrir la voie sur un chemin que je laisse s'étaler au delà de mon appréhension d'une temporalité que je veux définir par mes faites et gestes. Il est hors de question que je sois la victime, une seconde de plus, de quelque chose que je ne maîtrise pas, que je ne domine pas. Il ne subit pas, il ne subit rien, et je m'acharne à l'imiter.

    « Je vais te détromper, pour la seconde fois de la journée. »

    (...)

    Laissé derrière, comme un souvenir que j'aimerais enterrer, la cafétéria est abdiquée par une distance qui s'impose. Je marche en silence, comptant mes pas. Je voudrais aller lui montrer la puissance du ruisseau, pour le détromper, mais je crains l'idée d'une perception erronée.

    Est-ce que je prends la moto ?
    Mes yeux glissent sur le profil trop racé de mon partenaire. Des images défilent dans mon esprit, au rythme d'une course qui trouve naissance dans le déplacement mental de l'engin motorisé. Le vrombissement des moteurs entre mes cuisses, accompagné par la présence de Kei dans mon dos ne m'aidera en rien à me concentrer. Le temps d'une seconde, ce sont les cuisses ouvertes, pâles et hypnotisantes, de Joshua, en robe vermillon, qui viennent flotter sous la surface, ombre stagnante, de mes pensées déséquilibrées. Je mords ma lèvre, furieusement, dans un refus de perdre pied de nouveau. Et nous ne sommes pas si loin. Je projette sur lui un regard bref, fuyant ses yeux, pour me concentrer, le temps d'une seconde, sur le port de ses épaules. Mon idée explose, renversée par une autre. Des images tourbillonnent, et je me fige, le souffle coupé par mon initiative soudaine. Oh.

    « Demi-tour. »

    Je lui projette un regard clair, et passe devant lui en levant la main. Elle vient effleurer la ligne de sa mâchoire, le temps d'une caresse lente, longue, qui ne dure qu'une seconde. Comme un chat qui balaie la jambe d'un humain de sa queue, ma main se détache de sa peau, et je le contourne, me dirigeant à grands pas vers le bâtiment scolaire le plus proche de nous.

    (…)

    Monstre aux entrailles de métal, dont les respirations sont presque aussi lourdes que les miennes, la plomberie est un monstre que je ne connais que trop. J'intime Kei et son profil trop ravageur à me suivre. Dans la pénombre des lieux, dans une noirceur qui compose la moitié de mon prénom, je suis plus à même de pouvoir supporter son regard. Je ne lui explique pas la raison de notre présence en ces lieux. Les roulements mécaniques des vibrations de chaque canalisation est comme le ronronnement du chat sous-terrain que représente la plomberie. J'amène la main à la hauteur de mon haut, et considère que je n'en aurais plus besoin pour la suite des opérations. Le débardeur noir en dessous fera pleinement l'affaire pour l'usualité et la mouvance.

    Dans un claquement d'étoffe, ma veste heurte le sol, et j'expire. Le port, plus simple, de mon t-shirt, accrue la facilité de mes mouvements, de mes déplacements, et je me sens plus à l'aise.
    Les canevas des représentations masculines sont achevées, en ce tableau trop en courbes et en muscles que nos deux corps réunissent. Je suis habitué aux lignes droites du corps ectomorphe de mon québécois. Des lignes droites qui ont le goût de la rigueur insatiables d'un plaisir intemporel, quand les courbes des muscles qui se gonflent promettent la saveur trop vite absorbée d'un sucré léché du bout des lèvres. Ma gorge est sèche.  

    « Je vais sans doute te paraître me la jouer un peu trop  intello, mais il faut que je te reprenne sur ce que tu as dit. »

    Pliant mes rotules, je m'abaisse, et mes genoux venant effleurer le sol gras,humide des plomberies désertées. Abandonnée au sol, un maillet, témoin muet de ma dernière expédition en ces lieux. Les murs sont encore tâchés des rires de Joshua, et des frémissements de Kojiro, que nous avons forcés à suivre ici. Sous le ventre de l'Académie, dans un sous-sol noir et humide, je me relève, l'outil dans les mains, mes biceps arqués sur ma poigne qui encercle le manche. Le poids stabilisés au bout de mes bras, j'évalue distraitement l'équilibre, tandis que mes yeux posent sur Kei un regard tendre.

    « Le dragon en Asie, contrairement au dragon oriental qui a des ailes et qui crache le feu... »

    Dans un déplacement de mes épaules, je m'oriente vers la soudure béante de la canalisation principale. Le fer ouvragé est buriné par l'âge et l'usualité trop marquée. Dans une succession de mouvements trop secs, je relèves tous les robinets de pression. La réponse est immédiate, et dans un grondement lointain, l'eau vint brusquement faire vibrer chaque tuyau de la canalisation qui nous entoure. J'étudie, des yeux, la circonférence de la pièce, avant de reculer d'un pas, pour maîtriser ma distance. J'arrache le poids du maillet au sol, et dans un mouvement circulaire, vient le soulever au dessus de moi. Muscles bandés, ma poitrine étirée en un mouvement de bascule, la tête du maillet est projetée vers le haut, dans une force qui la soulève en cette parabole à la dynamique mathématique. Comme au ralenti, la chute s'amorce en un point précis, calculé sur une motivation visant à massacrer l'ennui. Détruire les secondes figés. Exploser la matérialité. Mes bras entraînent la force irrémédiable du maillet qui s'abat. J'achève ma phrase juste avant que le maillet ne heurte le tuyau vibrant.

    « -est un symbole aquatique. »

    L'explosion qui en résulte est une bombe de bruit et de force. L'eau me catapulte un mètre en arrière, et le maillet est propulsé hors de mes mains. Comme un taureau enfoncé dans ma poitrine, la pression de l'eau est venue frapper avec hargne dans mes poumons. Impact, heurt, sous la compression d'une seconde tempétueuses, je ne vois plus rien, n'entend plus rien, et le monde est submergé. Ouragan qui se calme, la fureur de l'eau qui a jailli laisse dans ma poitrine la sensation d'avoir voulu arrêter à bras nus un camion de trente tonne. Mon buste, mes cuisses et mes épaules sont douloureuses. Titubant, trempé, je mets quelques secondes avant de réaliser que le geyser est achevé. En un ruisseau épais, qui glougloute en dehors du tuyau fracassé, je contemple l'eau, quelques secondes, qui se déverse sur le sol. Mon souffle court, ma peau et mes vêtements imbibés, collants en cette étreinte rageuse, je redresse lentement le dos. Le lieu est inondé. Mon sourire est indomptable, et je me tourne vers Kei, pour projeter mes yeux sur lui.

    « Tu vois. L'eau n'a rien de calme, si on se confronte à sa véritable potentialité. »

    J'attrape son épaule, sa hanche aussi, le temps d'une seconde, mais je la relâche immédiatement, pour m'assurer qu'il n'a rien, pour m'assurer que je peux le toucher-, dans un rapprochement à la distance amenuisée. Et automatiquement, mes prunelles courent sur son corps, sur les reliefs trop dévoilés d'une silhouette que je voulais contempler. Mes doigts, dans une contraction nerveuse, se contractent sur son épaule, mais je ne cherche pas à camoufler la visée de mon regard qui descend et effleure. La chute est lente, méthodique, mes prunelles appréciant les structurations musculeuses, nerveuses, d'une peau sombre que je devine sous un t-shirt qu'il avait choisi clair, bien trop clair. Pectoral, sein, abdominaux, obliques, et des hanches enserrées, finalement, par son pantalon. Pas assez bien habillé, lui avais-je dit plutôt. Mes doigts abandonnent son épaule pour remonter jusqu'à dans ses cheveux trempés, et y glisser, traçant un sillon sur leur passage, dans ces éclats sombres et mordorés. Je lui murmure.

    « Je voudrais confirmer mes propos, maintenant. Tu es de l'eau, et j'ai peur de me noyer, avec toi. »



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MessageSujet: Re: Des pétales sur nos paupières. | Kei   Jeu 23 Juin 2016 - 4:22

Chaud.
Encore une fois, le contact t'arrache un sourire dément, alors que tu serres ses doigts délicats comme si tu pouvais te fondre dans leur chair. Tu clignes des yeux, satisfait bien que troublé par ces billes bleues qui te fixaient. Il ne devait pas s'y attendre. Et te prendre pour un taré en manque de contact humain – ce qui était peut-être le cas. Ou alors, il ne se reculait pas parce qu'il appréciait cette façon que vous aviez tous les deux de vous chercher en permanence, de vous tourner autour tout comme une abeille et la fleur qu'elle souhaite butiner. L'image était assez amusante – bien que pour toi, aucune certitude n'était jamais acquise. Tu vivais sans cesse dans la crainte d'être rejeté. Comme ta femme ; et cette pensée assombrit un peu ton cœur, fanant un peu ton sourire. Avec elle, t'étais jamais sûr de rien. Tendre et attentionnée un instant, prête à faire ses valises pour s'envoler à l'autre bout du monde la seconde d'après. Le genre de fille avec lequel l'on doit sas cesse retourner sa veste si l'on souhaite la garder dans ses bras. A laquelle on ne peut rien offrir, parce qu'elle possède déjà tout ce dont elle pourrait rêver. Alors il ne reste plus qu'à déposer à ses pieds son petit cœur palpitant d'amour, au risque de le voir piétiné à la moindre chamaillerie, recollé à grand renfort de scotch et puis abandonné dans une ruelle sombre un beau matin.

C'est drôle, parce que son refus te fait presque la même impression. Presque, parce que ton cœur à toi, il repose déjà dans les mains capricieuses de ton aimée. Mais c'est toujours la même impression qui s'installe en toi, qui te crée une boule dans l'estomac et te file un coup derrière le crâne pour t'assommer tout en goujaterie. Et avec un doigt d'honneur pour relever le tout. Tes yeux se plissent, détaillent ces mains sculptées qui s'éloignent de toi, alors que tu ne sais te décider entre une colère irrationnelle et une peine fataliste. C'est idiot, et encore plus inconcevable que t'as aucune raison valable si ce n'est ton abandon récent de t'accrocher à de telles futilités. Idiot, idiot, idiot. A te frapper la tête contre la table de la cafèt', si t'avais pas -un peu- peur de te faire virer pour dégradation du matériel.

Ta main brûle de l'absence de la sienne, ton cœur appelle à une réunification. Et puis toi, tu l'observes avec ces yeux de gamin égaré, d'un chiot qui ne sait pas ce que son maître tente de lui transmettre. Lui se lève, et c'est une tour ivoire qui te fait face, impénétrable et majestueuse. Il a l'air énervé ? Tu ne sais pas, tu ne sais plus rien. Agacé, peut-être. Honnêtement, tu l'écoutes à peine. Ses mots ne sont que des agréables fluctuations des vibrations de l'air, ses lèvres seulement deux appendices charnus que t'as bien envie d'imprimer de tes dents.

« Viens. »

Ça, tu l'entends, et aucun autre choix que celui de le suivre ne te vient à l'esprit. Comme si tu avais voulu en avoir un autre. Le voilà déjà qui s'éloigne de toute façon ; alors tu te précipites à sa suite, veste sous le bras, la pomme et Aliss abandonnés sur la table comme de vieux jouets dont on se serait lassé.

*

Il marche vite, le bougre, des pas de géant qui illustrent son esprit agité. Mais de cette démarche flottante qui fait se mouvoir les mèches ébènes de sa chevelure emprisonnée, chose que tu peux admirer, de loin, en retrait dans son ombre. Il te mène dans un endroit que tu ne reconnais pas, via un chemin dont ton esprit mettra sans doute quelques semaines à se rappeler. A l'extérieur – c'est la seule certitude que tu peux t'accorder, car le soleil tape tes prunelles comme le verre de trop après une soirée bien arrosée. Il arrête sa déambulation insensée, comme s'il avait été touché par la grâce, brusquement, sans préavis, au point que t'es à deux doigts de lui rentrer dedans. Un grognement t'échappe, et t'es tenté de l'attraper par l'épaule pour exiger des explications, mais le voilà qui prend les devants encore une fois.

« Demi-tour. »

Demi-tour. Genre, vraiment, comme ça. Tu lèves les yeux au ciel et prends une inspiration pour lui dire ses quatre vérités à ce grand bonhomme. Sauf que voilà, le ciel = son crâne d'étudiant, et qu'il est bien trop près d'un coup. La respiration se bloque dans tes poumons, ton cœur s'excite lorsqu'il ose effleurer ton menton - pas assez longtemps à ton goût, d'ailleurs. Tu frissonnes de tout le long de ton mètre quatre-vingt cinq, yeux clos, et ce sourire presque niais sur la face. Deux secondes après, il est déjà si loin – et tu lui cours presque après pour ne pas être distancé.

« Zakuro... Mais où est-ce que tu m'emmènes ? »

*

Zakuro. Toi. Une pièce sombre et vide exceptés quelques détails, du peu que tu puisses voir. Si ça c'était pas une proposition audacieuse.

Ta veste rejoint un coin près de l'entrée, alors que tu profites de quelques secondes de répit pour te rapprocher de lui – silhouette fantomatique dans la pénombre de la plomberie. Il se déshabille aussi, et tu ne peux qu'observer ses gestes rapides mais précis, que calculer la blancheur tout aussi irréelle de ses bras trop étirés. Ton cœur bat un peu trop rapidement pour ne pas que tu t'inquiètes de savoir s'il risque d'en entendre le rythme. Tu te mords la lèvre inférieure, détournes le regard, pour le fixer sur le tas de tissu au sol. Et soudainement, les affaires abandonnées à la cafétéria te reviennent en mémoire. Seraient-elles encore là à votre retour, à vous attendre bien sagement comme si rien ne s'était passé ? C'était les siennes après tout, et donc à lui de s'en soucier. Mais étrangement, tu préférais concentrer ton attention sur ce genre de petits détails futiles.

« Je vais sans doute te paraître me la jouer un peu trop intello, mais il faut que je te reprenne sur ce que tu as dit. »

Rien que cette phrase, en elle-même, t'intrigue du plus profond de ton être. Perdu, ça tu l'es. Même carrément désorienté. Un cours -sur quel sujet, allez savoir-, dans une pièce aussi incongrue ? Voilà qui était, comment dire. Assez vaniteux. Mais soit. Tu croises les bras, et te prépares pour la leçon en approche.

Un maillet. Tes yeux se font plus distants, plissés, moins ouverts à la déconnade. C'est que c'est dangereux, ces p'tites bêtes. A manier avec précaution, sous peine de mal virer dans des mains mal intentionnées. Ta blague de tout à l'heure te revient en tête – il aurait vraiment cru à tes menaces en l'air, de l'enfermer dans la cave que tu ne possèdes d'ailleurs pas ? Et décidé d'y mettre terme avant que tout ne vire au cauchemar ? Tu clignes des yeux d'un air presque stupide, tant la théorie échafaudée en cinq microsecondes te semble farfelue. Et pourtant... Il y a des fous partout, c'est ce que disait ta chère mère. Ça t'arrachait un peu la langue d'avouer qu'elle avait une fois de plus raison... Prudemment, tu recules de deux pas, puis d'un autre, la main calée dans ta poche droite pour atteindre ton téléphone portable. Désir, peur. Les deux émotions étaient si proches, si liées. Et l'on pouvait si facilement basculer de l'une à l'autre, avec la bonne stimulation. Difficile cependant de croire que vingt minutes auparavant, t'envisageais sérieusement de voler un baiser sur ces lèvres tentatrices.

Le maillet ne quitte pas ton champ de vision, ainsi que ses mains que tu serrais entre les tiennes il y a peu. Tu te mords la lèvre, anxieux. Comptait-il vraiment te massacrer à coup de traumatismes crâniens pour avoir tenté une si petite blague ? Ok, elle n'était pas terrible. Mais c'était pas la fin du monde. Et puis de toute façon, il était inutile d'essayer de convaincre un géant qui avait déjà pris sa décision. Tu l'écoutes d'une oreille absente, guettant le geste trop précipité qui sonnerait l'alarme commandant ton mécanisme de fuite. En tout cas, il faisait vraiment une fixette sur ton tatouage et ce que t'avais pu dire dessus. C'était à n'y rien comprendre. Il lève soudainement le maillet en l'air -acquérant un semblant de force ou de vitesse ?- et...

Et...

CE.
MEC.
EST.
FOUTUMENT.
DÉRANGÉ.

Tes yeux exorbités s'égosillent d'incompréhension. T'en reviens pas. Ton regard va de droite à gauche, du maillet à la blessure du monstre de métal, à ce tuyau qui perd de son eau en masse. Un garrot, vite. Comment est-on censé stopper un tel déversement de liquide avec seulement deux mains ? Ce dernier s'étale au sol – un peu de colorant rouge, et la pièce aurait de suite pris une tournure plus glauque. Combien de litres cela pouvait-il représenter ? Quelques centaines ? Des milliers ? Ça te fait froid dans le dos, et pas seulement parce que tu t'es fait asperger à peu près partout, face comprise. Ton t-shirt auparavant clair colle à ta peau, moulant, le bas pendant désagréablement sur le reste de tes fringues. De l'eau partout, sur les murs, sur ton blandinet favori qui a pris le plus gros du geyser droit sur lui, au sol, dans ta bouche, eau que tu recraches avec dégoût. Ok, garder la bouche ouverte en signe de stupéfaction : c'était clairement pas une bonne idée. L'étudiant réapparaît dans ton champ visuel et même pas de frisson à l'horizon, tant tu es sous le choc de son imbécillité profonde. Sa chaleur pourtant toujours aussi rassurante s'impose tout contre ton flanc, et dans un mouvement absent, tu viens caresser son dos, comme dans un songe, un rêve éveillé qui s'arrêterait si tu te montrais trop brusque.

T'as envie de lui faire ravaler son sourire, maintenant que t'y penses. Ce sourire téméraire et étrangement incompatible en une telle situation. Une situation causée par lui-même, d'ailleurs. C'était son but ? Le seul moyen qu'il avait trouvé pour t'expliquer sa pensée ? Il y en avait qui se servaient de figurines miniatures, d'autres qui explosaient des tuyaux d'un foutu coup de maillet. Voilà donc ce qui s'appelle ne pas jouer dans la même catégorie. Tu agrippes sa hanche, l'entoure d'un de tes bras. Cales ta face ahurie contre son t-shirt noir. Et puis, soudainement, un gloussement s'enfuit fourbement hors de ta gorge.

« Tout ça pour ça... Tu es totalement barré, Zakuro. »

Et encore, le mot était gentil. Taré. Bon pour l'hôpital psy. Totalement inconscient. Il y avait de quoi faire. Tes cheveux bruns gouttent dans ta nuque, t'arrachant un frissonnement violent. Une minute après, tu ris à gorge déployée, pris par un fou rire que tu n'es même pas sûr de savoir comment arrêter.

« Saboter les canalisations ! Sérieusement ! T'es complètement fou ! Je sais pas à quoi tu te dopes, mais franchement, je veux la même ! »

Tes yeux brillent de malice, visage relevé vers le sien, illuminé par cet accès de rire inopiné. Joueur, tu donnes un petit coup de point dans son épaule, avant de te reculer pour admirer le travail de ce jeunot.

« On est dans les ennuis jusqu'au cou. Tu le sais ça, non ? Ou tu as une autre théorie nécessitant le sacrifice d'une de tes chaises de classe ? »
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MessageSujet: Re: Des pétales sur nos paupières. | Kei   Jeu 23 Juin 2016 - 6:12

    Effroyable ardeur, dont la puissance s'est heurtée au rempart de la mienne. Comme un bulldozer que j'aurais essayé d'arrêter à mains nues, la force torrentielle du geyser a marquée sur ma poitrine cette pression bien trop lourde pour que je ne puisse espérer m'en échapper sans aucune trace. Sous des flottements catatoniques de mes poumons qui hurlent à ma stupidité, ma peau étirée sur les pectoraux jusqu'aux deltoïdes est un amas nerveux de picotement dont la douleur va grandissante. Crampes qui déchirent mon impassibilité, je relève les lèvres en un grondement qui devient rapidement un feulement, tandis que mes pas me font chanceler autour de l'humain qui m'a fait jouer par moi-même à ces parades. Plus qu'une distraction, plus qu'une rupture à l'ennuie, ses couleurs vibrent au travers de cette déflagration aqueuse qui imbibe ma tête, et le ses des mots que je lui murmure se perdent dans la noyade de mes pensées l'instant d'après leur élocution. Je voudrais me laisser glisser contre un mur, et pousser un hurlement, ou peut être bien me laisser sombrer au milieu de ces encombrements. Ses couleurs restent un repère, et ses doigts remontent en haut de mes reins, appuient contre mes lombaires, tandis que je ploie sous mon propre poids, mon cœur et mes muscles m'insultant avec véhémence.

    Son rire avorte la sensation de douleur superficielle, et comme un cobra qui se déploie, mon attention s'accroche, avec une folle concentration, sur les éclats de son rire. Trop haut, trop clair pour que je n'y sois pas insensible. Un rire vrai, diablement humain, diablement plaisant, diablement communicatif, qui me laisse un peu pantois, tremblant entre ses bras. Un rire aussi chaud que sa peau, et en dépit de l'eau, en dépit de la douleur sur la surface matérielle, c'est comme un résultat si probant qu'il en est logique, qu'il en devient obligatoire et désirable. Mes prunelles étrécies, je le contemple avec cette impression un peu sidérée, un peu hésitante, et doucement, dans une élévation progressive de mon émotion, c'est un plaisir particulier qui finit par l'emporter. Une satisfaction idiote, humaine, et je le regarde rire avec cette tendresse qui commence à s'accumuler efficacement à son propos. Mon attitude crampée, figée par son ouvrage, je considère comment il a pris l'initiative de venir placer sa face contre mon pectoral. Les lignes tracées de mon ventre se heurtent aux siennes, et dans une proximité corporelle, j'ai la sensation d'un combat amical qui ne se base plus sur la violence. Je ne respire plus, ou presque plus, mon épaule abaissée dans le mouvement figé qu'il a immobilisé en venant me toucher, et sa main contre ma hanche, je me rends contre qu'au travers du noir, de l'eau, et de l'hilarité, cela ressemble tout de même à une étreinte. Comme un geyser, avec la même force, mais au ralenti, cela coupe mon souffle.

    « Tout ça pour ça... Tu es totalement barré, Zakuro. »

    Mes lèvres s'étirent, sur un rictus ravi. Heh. Naturellement, ai-je envie de lui répondre. Mes doigts glissent sur ses cheveux, tombent jusqu'à sa nuque, et dans un jeu de phalange qui s'opère au travers de l'humidité des nuances mordorées, j'enfonce un peu plus mes doigts, entre mèches et peau, mon pouce stabilité près de ses vertèbres. De l'eau s'écoule, mes doigts se serrent, et je suis harponné entre deux volontés. Son rire scintille une fréquence que je veux imprimer sur le bout de mes doigts, tandis que je constate la fragilité édifiante d'une constitution de son être. S'il avait été plus exposé, si je l'avais plus exposé ? Me serais-je rendu coupable d'avoir essayer d'atteindre à mon individu-chocolat ? Je le borde des yeux, à me rendre compte, sans vraiment être surpris, qu'il ne prononce pas mon prénom de la même façon que Joshua. Il y a, dans ses intonations, un exotisme de mon identité sous laquelle est couvée une esquisse que je cherche à interpréter. Je voudrais presque tendre les doigts, bloquer son visage pour l'orienter vers moi, et lui dire de répéter mon prénom, jusqu'à ce que je parvienne à une parfaite compréhension. Il rit, et je l'observe avec cette sensation étrange d'avoir entre les bras un trésor technologique de chair et de matière.

    « Saboter les canalisations ! Sérieusement ! T'es complètement fou ! Je sais pas à quoi tu te dopes, mais franchement, je veux la même ! »

    Il relève le visage, et c'est un constat brutal de considérer que les personnes entre mes bras doivent faire cela pour me regarder. Valeurs appréciatives, peut-être. Des flashs de Kohaku Joshua Mitsumasa en rafale, mon souffle bloqué entre ses lèvres, ses hanches calées contre mes flancs, dans une position allongée sur un lit, une position qu'il a imposé, et qui ne peut que renforcer mon instinct à vibrer. Mes yeux se plissent, et mes doigts se resserrent sur les mèches, mes phalanges effleurant les courbes de ses vertèbres. Sans le soleil, ses yeux ont une nuance plus sombre, plus solide, dans laquelle l'on ne se noie plus, mais l'on se fait écraser, à trop la regarder. Je cille, papillon égaré sur la toile, et un semblant de réponse est balbutié entre mes lèvres. Il est près, trop près pour que je puisse regretter la distance imposée tout à l'heure par la table, et je crispe mon diaphragme sur cette contraction douloureuse, un refus de respirer dans cette distance résorbée entre nous. Supplique silencieuse adressée au karma, il s'écarte brusquement, et si mes muscles se détendent dans une réaction de soulagement, je le suis des yeux, avec l'impression que son mouvement a été trop rapide, et mon jugement trop pessimiste.
    Reviens ? 

    « On est dans les ennuis jusqu'au cou. Tu le sais ça, non ? Ou tu as une autre théorie nécessitant le sacrifice d'une de tes chaises de classe ? »

    Le temps d'une seconde trop longue, je le contemple, avec cette admiration folle pour la courbe de son sourire. Puis mes yeux se ferment, dans une expression pensive, et je viens passer ma main sur le visage, dans un soupir exhaustif. Ma main s'abaisse, et je pose sur lui un regard un peu plus précis.

    « Je pourrais te frapper, te faire saigner, et dire que je t'ai agressé, alors que tu essayais de me raisonner pour ne pas casser le tuyau. S'il y a une enquête, je vais être suspecté immédiatement. Comprends que si l'on nous voit sortir d'ici tous les deux, tu seras aussi impliqué. »

    Silence, le temps d'un instant, et puis, comme une machine mise en marche, un serpent qui coule jusqu'à sa proie, je me rapproche de lui. Assez près pour venir complètement le submerger. Mes yeux attrapent les siens, et sans sourire, sans élever la voix plus haut que cette modulation particulière qui flirte avec le point d'élévation du bruit d'eau qui coule derrière nous, je viens le plaquer contre le mur, doucement, tendrement. Ma main bloquant son épaule, j'impose cette relation de supériorité qui s'établit uniquement sur la force brute, sur la domination caractérielle d'un corps plus puissant que le sien.

    « Ça te fournirait un alibi. Mais ce serait peut-être plus crédible si tu essayais de te débattre. »

    Mes doigts glissent sur sa gorge, et remontent le fil de sa mâchoire, que je viens soulever, pour contempler ses yeux. Cela a a commencé presque de cette façon ; dans une contemplation active, impressionnée, par l'infini trop limpide de ses prunelles minérales.

    « Dis moi comment tu as envie de jouer, Kei. »

    Et la voix de Joshua résonne au travers de mes souvenirs.

    « Il y a une personne qui ... »

    Crispation cognitive, et je me sens trahi par mon vocabulaire. Je voudrais trouver un mot plus important que « personne », mais intrinsèquement, dans la vibration de l'instant, je veux que Kei comprenne que mon attention est corrélée à ce qu'il est lui, complètement, plaqué contre le mur, épinglé par mes yeux.

    « -m'a dit un jour que tout ce que j'avais sous les yeux pouvait m'appartenir. J'ai tous les droits. »

    Je ne souris pas, mais l'envie y est. Mes doigts remontent jusqu'à ses lèvres.

    « Tu es sous mes yeux. Alors dis moi. Sans manipuler l'humanité, sans me l'approprier, quelles sont mes possibilités avec toi ? »

    Où trouve t-on l'imminence ?

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« Le bleu. Tu es le ciel qui surplombe la terre, qui grise le regard des gens en quête de réponses ou d’atmosphère. Tu es l’intemporalité qui veille sur la planète, qui transcende l’existence sans pour autant la manipuler, sans pour autant se l’approprier. » K. J. M
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MessageSujet: Re: Des pétales sur nos paupières. | Kei   Mer 24 Aoû 2016 - 22:00

L'obscurité grandissante, et puis cette explosion violente - t'en avais encore la sensation mouillée sur ton corps, comme une trace lugubre qui ne pourrait jamais tout à fait se détacher. Pour la dixième fois en quelques minutes, tu te demandes pourquoi vous en aviez fini là, lui à démontrer ses propos par cet excès de fanatisme scientifique, toi... Toi quoi ? T'étais encore partagé entre le rire et l'incrédulité, lèvres étirées sur un éclat joyeux et teint d'insouciance. Un énième gloussement y fait écho, tandis que tu contemples ce phénomène trop pâle et trempé jusqu'aux os. Un fantôme, irréel, hagard, et pourtant jamais tu ne penserais à fuir trop loin des vagues brûlantes émises par sa chair. Il y avait un petit côté vicieux à tout cela ; t'étais totalement emprisonné, lié à lui par une ficelle rouge qui semblait ne jamais pouvoir se briser. Une simple ficelle, un lien ténu, une toute petite chose pourtant aussi fragile qu'une toile d'araignée. Où était la logique dans tout cela ?

Mais il n'y a plus de logique lorsque le coeur se mêle à la raison.

Les deux lacs bleutés de ses iris s'éloignent un instant, instant que tu mets à profit pour relâcher un peu la pression d'un soupir. Ses mots sont précis, mécaniques, cruels. Retour à la dure réalité, désillusion déchaînée sur un fond de passion farouche.

Je n'ai pas envie de sortir de cette pièce sans toi. Les mots restent bloqués au fond de ta gorge, ou bien à l'orée même de ton esprit, mais qu'importe ? Tu le fixes gravement, le marron ambré de tes iris comme assombri par tous ces mots que tu voudrais lui lancer à la figure. Le silence s'impose un petit instant, et tu sais que tu devrais le briser, lui expliquer par A + B que si vous sortez d'ici, tu ne te remettrais pas de te faire ignorer une fois de retour au soleil. Mais tu ne peux pas. Tu te contentes de le fixer, lui et ses imbécilité trop rationnelles. Lui et ses mèches sombres qui se rapprochent, bizarrement lissées par la brutalité de l'eau. Il t'encercle comme un cocoon de ses bras, t'enchaîne à une prison que tu sais que tu regretteras une fois libéré de cette emprise dominatrice. Tente-t-il de t'effrayer ? De te faire comprendre les risques que tu encours, alors qu'il est le seul responsable d'un tel massacre ? C'est bien ironique comme situation. Dos au mur, acculé contre la paroi de briques, acculé à tes responsabilités. Ses yeux t'hypnotisent. Ton pouls frôle une activité bien trop intense - il doit le sentir, à s'approprier ainsi ta gorge, non ? Toucher cette palpitation au-delà de la chair tiède, la déglutition qui fait remuer ta pomme d'Adam tout comme un yo-yo. Intuition purement animale qui hurle dans ta tête de protéger ta vie, que l'autre pourrait dérober si facilement. Un frisson s'arrache à ton corps. Violent. Ton pouls s'affole encore. Mais dans tes iris, règnent un calme et une confiance que ton instinct est bien loin d'éprouver. Une telle contradiction te fait sourire. Chuchoter, tout bas, peut-être même trop bas pour qu'il discerne tes paroles. Peu importe.

« Avec toi. Je veux jouer, avec toi. »

Tu t'éclaircis la gorge, plantes un regard de miel dans son océan personnel. Qui pourrait un peu être à toi aussi, si tu t'en donnais la peine. Plonger à demi nu dans des profondeurs bien trop vastes...

Caresse sur tes lèvres, qui te force presque à les étirer sur un sourire ému, embrasser ses doigts d'une vague pression. Et puis tes yeux glissent hors du filet des siens, descendent sur ce corps bien trop près de toi, tu le réalises seulement à présent. Il devait souffrir, de s'être pris toute la force du geyser en pleine face. T'autoriserais-tu ? Il est tout près, et honnêtement, c'est la première fois depuis le départ de ta bien-aimée que tu te sens aussi bien. Trempé, menacé de subir mille châtiments, mais bien. A l'aise, presque, comme si là était ta place depuis tout ce temps. Tes doigts picotent du désir de le toucher. Alors tu passes tes mains sous la barrière de tissu rendu plus sombre par le contact de l'eau, et ce sont des arabesques sans queue ni tête qui viennent se dessiner sur sa peau que t'imagines tout aussi translucide que le reste de sa personne. De subtiles caresses à peine appuyées, tels de petits massages destinés à le soulager un minimum de sa douleur. Tu te frayes en silence un chemin d'un léger coup des poignets jusqu'à ses flancs, remontant jusqu'à ses côtes, le regard rivé au sien dans une demande muette. "Ne me rejette pas". Le message était clair, soufflé entre vous deux avec la légèreté d'une plume. La saisirait-il avant qu'elle ne s'envole trop haut ? Tu l'espérais, vraiment. Les caresses se stoppent d'elles-mêmes, reprennent en une chorégraphie digne d'un ballet. Ce besoin de le toucher était devenu presque effrayant, incontrôlable. Mais c'était ce qui te plaisait. Pour toi qui te complaisais dans une relation ô combien dangereuse pour ta santé mentale, l'évidence de cette rencontre inattendue était presque rafraîchissante. Rafraîchissante, eau, geyser, canalisations... T'étais d'une de ces drôleries. Avec le petit sourire en plus de ceux qui profitent de l'instant présent, heureux, calme comme une étendue d'eau lisse. Jouant à découvrir des muscles pourtant invisibles sous les vêtements.

« Zakuro. »

Tes yeux débordent de tendresse.

« J'ai peur de te perdre... alors que tu ne m'appartiens même pas encore. »

Cette peau est si chaude, glacée en extérieur, mais pourtant brûlante dès lors que l'on creuse un peu. C'est agréable. Tu lui adresses un sourire doux comme de la soie, implorant son indulgence après un tel manquement de ta part. Et pourtant, pour rien au monde tu ne bougerais tes mains de la place où elles ont élu domicile.

« Tu as dit pouvoir me frapper. M'agresser pour me laisser la possibilité de m'enfuir. » Ta caresse se fait plus vicieuse, alors que tu viens pincer très légèrement la peau de son flanc gauche. « Je n'ai pas envie de me défendre. Fais ce que tu veux de moi. »

Et malgré la gravité d'une telle proposition, la tonalité de ta voix se mêle aux accents d'une vérité légère, tes yeux brillant d'une frivolité contenue.

« Mais il y a un point sur lequel on doit se mettre d'accord. Je ne t'appartiens pas, et tu n'as aucun droit sur moi, même si j'exige le contraire. »

Un doute passe dans ton regard, avant que tu ne te détournes, un petit rire gêné t'échappant.

« Ce que je dis n'a aucun sens. Désolé. Oublie ça. Reste juste avec moi. » Puis une seconde après : « Ou pas. Fais ce que tu veux. »

Et tu lâches ton radiateur préféré presque avec regret, pour t'autoriser un dernier coup d'oeil au carnage, songeant un moment à ramasser le maillet pour le planquer. Chez toi, ou le virer, même. Peu importe. Juste quitter ce lieu, avec lui de préférence, et sans grandes conséquences. Était-ce seulement possible ?

« On doit décider quelque chose, pour... ça. J'aurais dû t'arrêter, peut-être ? Bon sang, tu me fais perdre la tête. »
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Zakuro Fea
▼ Université - 4ème Année - Comité des Elèves
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MessageSujet: Re: Des pétales sur nos paupières. | Kei   Jeu 25 Aoû 2016 - 3:41

    Stupeur et tremblements.

    L'humanité me repousse et je la rejette, nos rapports conflictuels nous faisant nous affronter en ces fourmillements d'intérêts respectifs que les expériences d'un terrain de jeu trop académique peuvent parfois contraindre au revirement des situations. Des allers-retours d'intérêts, de fascination, qui prennent ou ne prennent pas, et parfois, il y a, sur le circuit, un disjoncteur que j'active quand la situation se voit prendre les tournures emmerdantes d'une hésitation à la fin de partie. Il y a prendre en compte mes lassitudes brusques, et sous le contact d'un morceau de chair palmée, je viens frapper le numéro d'urgence, mon souffle se taisant sous un rythme tranquille, obligatoirement régulier. Namba de mon cœur.


    « Zakuro. »


    On ne prononçait pas mon prénom de cette manière-là. Fermant les yeux sur la demie seconde d'un soupir égaré, je haussais les épaules, mon avant-bras venant appuyer les trop veineuses, bien trop veineuses contraction d'une circulation sanguine échauffée sous mon humeur.

    « J'ai peur de te perdre... alors que tu ne m'appartiens même pas encore. »

    Si cela avait été un jeu, il ne m'amusait plus. Silencieuse dans mes muscles, fébrile sous mes nerfs, la stimulation d'une électricité perçue dans l'excitation des moments passés ne se faisait plus ressentir en cet instant trop humide, trop collé. C'était comme une claque, sourde, dont la résonance se faisait entendre sous mes os par une crispation trop volontaire, trop cognitive de mes chairs, de mon corps et de ses réflexes désorganisés. En particulier avec cette sensation lourde, ses doigts sur mon flanc, à câliner, à progresser dans une initiative faussement désintéressée.

    « Tu as dit pouvoir me frapper. M'agresser pour me laisser la possibilité de m'enfuir. Je n'ai pas envie de me défendre. Fais ce que tu veux de moi. »

    Je tremble. Copernic ne pourrait expliquer la rotation et mes gravités, car dans ce positionnement de ses doigts sur mon flanc, ce sont les lois physiques qui s'annulent, tandis que je le foudroie des yeux. Peu de points sensibles sur l'étalement de chair qui me sert de corps, mais il a fallu qu'entre tous, il retienne avec attention la précision d'un positionnement défavorable de mes concentrations érogènes. La tête abaissée, sur un sourire presque craché, par une expression désabusée, je ferme les yeux, en m'empêchant de hurler. Pas de stupeur, pas de tremblements. Juste cette impression dubitative de détester son humanité.

    « Mais il y a un point sur lequel on doit se mettre d'accord. Je ne t'appartiens pas, et tu n'as aucun droit sur moi, même si j'exige le contraire. »

    Je pouffe. Un gloussement idiot, siffloté entre les dents, sur les lèvres, et je viens coiffer mes cheveux à deux mains, pour dégager les mèches trempées de mon visage. Des paroles en cascade bruissent entre mes doigts, tandis que je ramène la tignasse sur le haut de mon crâne. Des murmures et des souvenirs, entrelacés en des fils noirs, lesquels hantent mes tympans, mon esprit et mon front, pour appuyer constamment, sempiternellement, les souvenirs des expériences archivées. Des mots et des mots qui se répètent, que je n'oublie pas, et les apprentissages d'une structuration de mon être ne peuvent laisser place à un abandon. Mes émotions valdinguent, et le miel m’écœure soudainement.

    Kei s'éloigne, comme une ombre vivace, feignant s'intéresser à autre chose qu'à moi. Et moi, je suis là, planté entre deux eaux, à contempler ce tsunami qui s'élève dans ma poitrine, dévastant sur son passage les digues d'un calme entendu.

    Un claquement de ma langue contre le palais, dans ce geste emprunté, et je me retourne vers lui, pour l'apostropher sur un sourire prédateur. Il y a en moi un nuage de frelons énervés. Comme une irritation grandissante, je le relâche sur ma voix, sur ma posture, dont le changement drastique évolue en un maintien martial.

    « T'sais. Si tu voulais jouer avec moi, il fallait le dire avant. Je n'aurais probablement pas perdu mon temps comme ça.  »

    La distance est dévorée en quelques pas, et je viens saisir le vide par mes tremblements de rage, lesquels sont camouflés sous la douceur d'une expression affable. Humain, trop humain, et je me noie dans ma contemplation de cette peau-là. Le jeu me laisse un goût amer sur la langue, j'ai la sensation d'avoir mordu au mauvais endroit.

    « Heh. Tu me fais penser à ces gonzesses-clichés dans les mangas qui veulent baiser. Tu hurles la pucelle qui veut tirer son coup. »

    Sa gorge enflammée est un puits dans lequel j'enfoncerais les démons les plus sombres de mes propos. Mon imagination foudroie, et les muscles contractés, je le rattrape par le poignet, pour refuser et réfuter un éloignement trop distancé entre nos corps. Moi, j'ai rêvé d'une ruelle sombre, étroite, dans laquelle un crâne blanc s'est relevé vers moi, pour poser un regard à la couleur binaire sur mon âme. J'ai rêvé d'une exposition des faits de manière plus réelle, et j'ai rêvé ce qui s'est déjà accompli, à partir d'une porte close, celle-ci résultante d'une journée-année. Je l'ai voulu, je l'ai cherché, il m'a capté, et cet enchaînement a été le produit d'une recherche et d'une progression dont la valeur s'équivaut aux efforts qui ont été fournis en cette réalisation. Il n'y avait pas d'automatisme, il n'y avait pas de règles, et dans la comparaison des deux, Ammout et sa balance se verraient confrontées toutes deux à ce constat d'urgence : il n'y a pas la moindre ressemblance. Ni ici, ni plus tard, ni jamais.
    Alors contemple moi.

    Je viens mordre sa bouche et, ma langue contre la sienne, s'exhale ma fureur envenimée dans le claquement de mes canines contre ses dents. Meurtrissure molle, mes ongles viennent griffer sa nuque, et j'enfonce, j'enfonce, mes mouvements à la respiration rougeoyante. J'inspire son souffle et lui recrache ma passion sur les gencives, pressant mes lèvres, encore, encore, encore et encore, jusqu'à l'étouffer, en l'écrasant. De la salive et des coups dans le thorax, j'abuse de mon poids, tords son corps sous le mien, et appuie toujours plus fort. Embrasse moi, tu le voulais. Puis mon cœur qui s'affole en des beats alarmés, et mon asthme fumiste qui remonte, pour venir frapper dans mon crâne, dans mes poumons, et m'arracher à mes envies d'apnée. Je mords encore, une dernière fois, et sauvagement, pour laisser une trace, pour laisser du sang, puis je recule, en ouvrant la bouche, pour me remettre à respirer.

    On ne m'impose pas.

    « Cher Headless-san. »

    Mon visage près du sien, les doigts qui glissent dans le pantalon, dans le sous-vêtement, que je ne regarde pas. Ma hanche vient frapper la sienne, l'ouvrant en ce dévoilement de ses chairs, et dans l'ouverture considérée d'une anatomie qui se désire à elle-même, ce sont mes doigts, en infiltration cynique, qui viennent ramper contre les chairs et la peau. Des doigts qui glissent , et ma main vient se positionner sous la ligne droite d'une verge, paume ouverte, sous des testicules que le creux dextre vient recueillir entre le pouce et l'index. Ma poitrine contre la sienne, c'est mon rythme contre le sien.

    « Je ne t'appartiens pas. Jamais. Tu es humain. »

    Et les mots sont balancés pour assommer, pour massacrer. Mes doigts écrasent, les phalanges venant presser les chairs, que sous une tension aux objectifs de broyage, je maque. Les testicules retournées entre mes doigts, je suis allé cherché la peau jusqu'au scrotum, pour ne rien oublier. Les ongles enfoncées, le plus profondément possible, c'est ma main toute entière qui est allée creuser, pour d'un revers du poignet, tout labourer. Mon coude près de son épaule, je viens presser ma mâchoire contre la sienne, et les modulations de ma voix sont gutturales sous le grondement pithiatique de mon murmure furieux.

    « Compris ? »

    Je le relâche, et mon épaule se dégage de sa poitrine en ce claquement sec, et les yeux froids, le cœur calmé, je vais récupérer le maillet, que je soulève sur mon épaule. Mes émotions attardées, se sont engluées dans mon esprit les impressions d'une envie vengeresse, que je dompte par une docile sensation de violence à réitérer. Le rentre-dedans est une apposition trop peu subtile pour que je la supporte de la part de quiconque ne s'avérerait pas un concept, ou au moins rempli d'un concept. Reniflement dédaigneux, je cale le maillet contre le deltoïde trempé, et rejette haineusement une mèche noire qui est venue flirter avec ma face. Le monde ne s'interrompt pas pour les rapports bestiaux de l'humanité. Mes doigts se crispent sur le manche de l'outil, et en remontant l'escalier, je me dirige vers la sortie. Sur le seuil de la plomberie, je m’interrompt dans mon mouvement, et me retourne.

    « Je m'appelle Zakuro Fea. Je suis l'Intemporalité et le Ciel. Fiche toi un truc dans le crâne ; retiens que je ne suis pas une distraction à ton attention ni à celle d'aucun autre être humain qui veut me posséder. Tu étais mignon, mais là, ton humanité est basse, et tes couleurs détrempées. Ça n'est plus fascinant du tout. »

    Je me retourne, et ouvre la porte, pour sortir. Je soupire.

    « Va porter plainte si t'en as envie, déteste moi, tout ce que tu veux. Je n'en ai plus rien à faire. »

    Je disparais. J'ai une pomme et Aliss à aller récupérer.
    Et Joshua à retrouver.


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« Le bleu. Tu es le ciel qui surplombe la terre, qui grise le regard des gens en quête de réponses ou d’atmosphère. Tu es l’intemporalité qui veille sur la planète, qui transcende l’existence sans pour autant la manipuler, sans pour autant se l’approprier. » K. J. M
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