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 Quand passé et présent se croisent [Naoko Tanaka]

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Satoshi Sakutaro
► Université - 2ème année - Capitaine Combat Sans Armes
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MessageSujet: Quand passé et présent se croisent [Naoko Tanaka]   Dim 29 Mai 2016 - 19:49

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La voiture roule dans la brume matinale à une vitesse de croisière standard, suivant parfaitement les limitations de vitesses. Malheureusement, j'ai l'impression que nous passons notre temps à nous arrêter, bloqués par la circulation croissante. J'ai attendu ce moment durant toute les vacances, et en même temps, je l'ai redouté. Mon ventre est douloureux, comme si un poids y était déposé. Ça y est, le jour fatidique est arrivé. Par la fenêtre, de nombreux arbres sont en fleurs, c'est plutôt jolie finalement. Oui, aujourd'hui, c'est la rentrée. Début du mois d'avril, les vacances sont déjà fini. Pourtant elles m'ont semblaient durer des années, tant j'avais envie de découvrir mon école. Mais j'ai un peu peur du coup, car je ne sais pas exactement a quoi m'attendre. Si les autres enfants seront gentils ou non, si je parviendrais a me faire des amis ou non. Et finalement, je comprend le fait que ces fleurs dansantes dans le vent matinal sont un symbole de la rentrée des classes. Quand je les regardes, j'ai l'impression de me sentir plus léger. Je me retourne vers le siège passager avant :

- Maman, tu es sur que je dois y aller ? J'ai plus très envie.

- Voyons, Sato-Sato, tu ne parles que de ça depuis des semaines.

La tête blonde qui se trouve devant le volant de la voiture secoue la tête d'un air fatigué, irrité même. Il ajoute:

- Satoshi, tu as six ans maintenant, il est temps pour toi d'aller a l'école, comme tous les autres enfants de ton age.

Je baisse la tête d'un air morose, il ne pourrait pas m'encourager au lieu de toujours me parler de cette façon ? Je répond d'une petite voix «oui papa» alors que ma mère se retourne en souriant tendrement vers moi et en me disant «Tu vas voir, tout vas bien ce passer mon chéri, tu vas te faire pleins d'amis et tu vas adorer apprendre, je te connais, tu es curieux.». Je ne répond pas, je sens plutôt la peur monter encore d'avantage en moi. Je sais que nous arrivons bientôt. Je sais qu'il est temps pour moi de grandir et de passer dans le vrai monde.

La voiture s’arrête alors sur le bord de la route, a coté d'un trottoir. Ma maman se dépêche de descendre, puis de faire le tour du véhicule afin de venir m'ouvrir la porte. Je me détache puis descend devant elle, attrapant mon sac a dos. Il y avait bien ce sac représentant un super héros venant d'une bande dessiné dont je n'arrive plus a me souvenir du nom, mais mon père me l'avait refusé, préférant un sac noir, plus sobre. Une fois debout sur le trottoir, juste en face de l'entrée de mon école, ma mère ferme la portière puis me prend par la main, traversant la route avec moi. Il y a énormément de monde, comme je l'avais imaginé. Après tout c'est une grande école de Tokyo, qui est une grande ville, il y a sans doute beaucoup d'enfants ici.

Nous avançons jusqu'au portail en tachant de passer entre les nombreuses familles qui sont rassemblés devant. Nous sommes maintenant au milieu d'une cacophonie qui me donne mal aux oreilles. Des enfants partout. Des bruns partout. Il n'y a quasiment que moi qui ressort avec mes cheveux blonds. Je l'avais remarqué avant, mais maintenant, cela me saute aux yeux, je suis vraiment différent de la majorité des enfants Japonais. Je remarque aussi autre chose. La plupart des   maman venue accompagner leurs enfants sont plus vieilles que ma mère. En vérité ce n'est pas qu'elles sont vieilles, c'est que ma maman fait particulièrement jeune. Je pense rapidement à la raison de cet écart d'age, mais je n'arrive pas vraiment a comprendre. Autant ne pas trop perdre mon temps, il y a tellement de choses plus intéressantes a observer actuellement !

Nous arrivons au niveau du portail. Il y a encore plus de personnes a l’intérieur de la cour. Nous nous arrêtons devant l'entrée, et ma maman se penche vers moi, me demandant si je veux qu'elle reste avec moi jusqu'au moment ou nous allons entrer en classe. Je lève les yeux en répondant :

- Voyons maman, je suis un grand maintenant, j'ai six ans ! Je peux attendre tout seul maintenant. Tu peux aller à ton travail.

Elle me sourit en m'embrassant sur la joue et en me répondant « Déjà six ans ! Tu as grandis si vite, c'est vrai que tu es un grand garçon maintenant, Sato-Sato, pardon de toujours m'inquiéter. »

Allons maman, pas de ça avec moi, je connais tes techniques, tu gagnes du temps en me disant ça. Mais après encore une dizaine de minutes à observer les alentours, les enfants commencent a rentrer dans les bâtiments. Ma maman m'embrasse une nouvelle fois avant de me pousser un peu dans le dos pour que j'avance, puis tandis que je commence à marcher, elle disparaît derrière moi dans la foule. Malgré ce que j'ai dis, la voir disparaître redonne un coup dans ma douleur au niveau du ventre. Mais maintenant que je suis ici, je n'ai plus vraiment le choix, il faut y aller. Pas de marche arrière possible. Mes yeux tombent sur de grandes structures dotés de cordes, de murs d'escalades, de barres et de pleins de choses permettant grimper en hauteur. Des grands bacs à sables aussi, ainsi qu'une piste pour courir, un peu comme celle que j'ai déjà vu à la télé. Il y a encore mille et une choses que je n'ai pas le temps de voir, quand soudainement, je me rend compte que vu le nombre d'enfants que l'on est, il n'y a aucune chance que nous soyons tous dans la même classe.

Je regarde autour de moi. Il n'y a plus énormément d'enfants, je fais partis des derniers. Et je n'ai aucune idée de la ou je dois aller. Je pourrais demander a un adulte, ou a un autre enfants, mais je suis déterminé a trouver par moi même. Je n'ai pas envie de commencer mon premier jour d'école en demandant de l'aide à quelqu'un. Enfin je voudrais bien, mais je sens la panique me gagner. Je suis en terrain inconnu, entouré d'inconnus. Et je n'ai aucune idée de ce que je dois faire. Je me tourne encore une fois pour voir si il n'y a pas quelqu'un....Plus le choix, je dois demander de l'aide.

Une fille vient de passer devant moi, a cet instant précis. Je la suis pour la rattraper tout en me souvenant ce que ma mère ma dit. «Souviens toi, Sato-Sato, quand tu parles à une fille, tu dois être gentil avec elle, et polit».  Je lui tapote doucement l'épaule et avant même qu'elle se retourne, déclare d'une façon plus rapide que je ne l'aurais voulu, sans aucun détour :

- Bonjour, je suis Satoshi Sakutaro, j'ai six ans, et je ne sais pas ou je dois aller, tu pourrais m'aider, si toi tu sais ?

Je tente un sourire amical afin de compléter ce que je viens de dire, autant pour paraître amical que parce que je suis fier et satisfais de la façon dont j'ai parlé a l'instant. Oh, j'aurais du dire «s'il te plait». Trop tard, ce n'est pas grave. Je le dirais ensuite si jamais j'ai l'impression qu'elle attends que je rajoute ces mots.

                                                                                                 Tokyo, Avril 2003

____________________________________________________________________________________________________


Fin de matinée ? Ou bien encore début de l’après-midi ? Je ne parviens pas a déterminer l'heure exacte. Tout ce que je sais c'est que, pas après pas, j'avance vers une nouvelle après-midi enfermé dans un amphithéâtre plein à craquer. Un endroit ou un homme va s'évertuer a nous apprendre des choses qui seront peut être indispensables a nos futurs métiers. Je me demande même si je ne suis pas en retard ? Mais ce n'est pas vraiment important, j'ai l'habitude de couper la parole à l'intervenant quand je rentre dans la salle silencieuse dix minutes après le début du cours. Et eux sont habitués aussi, a tel point que maintenant ils ne font même plus attention a moi. Je ne suis que le blond habituel qui vient suivre le cours un petit peu en décalé par rapport aux autres.

En fait je me demande même si je vais y aller. Je suis pris d'une irrésistible envie de rentrer, de rejoindre ma chambre. Il y a encore de cela une demi-heure, j'étais dans le train bondé qui revenait de chez moi. J'étais partis une journée, la veille pour voir ma mère et récupérer des affaires. Déjà un mois depuis le  voyage avec Aslinn, il était temps d'y retourner. Mais forcément il faut affronter l'infernal trajet, qui me pousse dans mes limites les plus profondes, véritable combat entre moi et le reste de la population japonaise. Mais comme à chaque fois, malgré mes craintes, j'ai survécu. Et comme à chaque fois j'arrive sur le campus après avoir raté une matinée, et exténué émotionnellement qui plus est.

Déjà le mois de Juin qui est la. Déjà deux mois de fait a Keimoo. Plus que deux mois et ça sera les vacances d'été. Je ne sais pas si j'en ai hâte ou pas. Après tout je ne fais pas grand chose de plus ou de moins pendant les vacances. A part peut être pouvoir me dire que je ne rate aucun cours, que je suis dans la légalité la plus totale. Et aussi pouvoir m’entraîner autant que je le veux, quand je le veux. Ne plus être dépendant des horaires pendant tout un mois, me réguler de la façon dont je le désire. Enfin je suppose que j'aurais plusieurs devoirs a faire pendant ce laps de temps, mais ça ne me dérange pas vraiment.

Ce que j'aimerais néanmoins, c'est qu'il fasse moins chaud, vraiment moins chaud. Je ne comprend pas comment le soleil peux autant attaquer la terre. A croire qu'une vieille rancune entre les deux astres les obligent a s'affronter encore et encore jusqu'à la fin des temps. Et moi, pauvre humain, je subit ces attaques solaires en continu, encore et encore. Et le pire est a venir. Je suis persuadé que l'été va être caniculaire. Je vais mourir a petit feu, et si je survis cela sera pour retourner en cours une seconde fois. Je me demande si ce n'est pas un peu stupide comme train de vie. Mais je chasse cette idée de mon esprit. Si je me pose cette question après deux mois, je me demande comment je vais tenir cinq ans.

Comment tenir ? Hum, pour ça j'ai une idée. Je vais commencer par m’asseoir sur ce banc, à l'ombre, qui semble apparaître devant moi dans une téléportation salvatrice. Je suis censé aller jusqu'à ma chambre déposer mes affaires, manger et aller en cours. Je n'ai pas vraiment le temps de faire une pause, d'autant que je ne sais toujours pas l'heure qu'il est. J'ai peut être déjà raté le début de ces interminables heures. Bon, je ne suis plus à ça prêt, je peux bien m'octroyer une rapide pause. Je laisse tomber mon sac au pied du banc de pierre, avant de m'y affaler dans un soupire de soulagement. Je ferme les yeux. En fait je crois que je pourrais rester la toute l’après-midi, sentir le souffle du vent sur mon visage et probablement m'endormir.

Je ré-ouvre les paupières. Réveilles toi Sato-Sato, tu n'as pas le temps de reprendre ton souffle, motives toi ! Vas en cours ! Hum, oui, forcément, plus facile a dire qu'a faire.
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Naoko Tanaka
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MessageSujet: Re: Quand passé et présent se croisent [Naoko Tanaka]   Mer 27 Juil 2016 - 18:11



Avril 2003, Tokyo.
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L’air matinal était doux, et le soleil offrait sa chaleur par sa présence discrète. Les rues de Tokyo fourmillaient d’activité, teintée du rose caractéristique des fleurs de cerisiers qui virevoltaient au gré de la brise. C’est dans ce cadre urbain presque idyllique que chantonne la jeune japonaise, tenant dans une main celle de sa mère, et dans l’autre celle de sa petite sœur.
C’était une comptine d’enfant qu’Etsuko reprenait en chœur, attendrie, accompagnée parfois de quelques mots de la cadette. Du haut de ses 3 ans, la petite savait déjà parler parfaitement, mais une certaine timidité raréfiait ses éclats de voix. Agrippant fermement la main de son ainée, Himiko était pratiquement collée à son bras, suivant chacun de ses pas attentivement. Ses yeux rougit témoignait d’un caprice récent, à peine sortis de la maison familiale. Et pour cause, aujourd’hui était un grand jour.

Naoko marchait triomphalement, dans son uniforme flambant neuf de nouvelle élève de primaire. Grand jour, celui de l’entrée dans la grande école, pour une grande fille. Et elle en était ravie. La jeune fille n’avait cessé de trépigner depuis l’annonce de son acceptation à l’école, malgré le fait qu’elle n’atteindrait les 6 ans qu’en Novembre, une fois l’année scolaire déjà lancée.  Pour cause, Naoko était déjà à la crèche assidument depuis son plus jeune âge, puis à l’école maternelle dès ses 3 ans. Une place sur les bancs scolaire qu’il avait été difficile d’obtenir, au vu des longues listes d’attente.
Une place à la maternelle qu’elle allait céder à sa sœur, qui elle, n’avait manifestement pas très envie de quitter le cocon et de faire ses premiers pas de rentrée non loin de l’école primaire.

Etsuko étant mère au foyer, elle avait accepté de faire impasse sur la crèche pour sa petite dernière, pour ne pas la brusquer, la forcer. Et malgré les retours positifs de l’école maternelle qu’avait ramenés Naoko durant ces 3 ans, cela ne semblait pas donner envie à la plus jeune, qui restait encore et toujours accrochée à ses proches, et pleurait à chaudes larmes dès qu’elle s’en détachait. La faute peut-être à une éducation plus laxiste et plus douce. Ou peut-être était-ce seulement une question de tempérament.

Tempérament qui ne manquait pas à la jeune Naoko, toujours pleine d’énergie, et au caractère bien trempé. Elle portait fièrement son rôle d’aînée, celui-ci lui tenant particulièrement à cœur, et s’évertuait à donner le meilleur des exemples. Lorsqu’elle tombait et s’égratignait, elle retenait toujours ses larmes. Lorsqu’elle apercevait un jouet qu’elle désirait dans les rayons des magasins, elle ne faisait jamais de caprices. Lorsque sa cadette lui volait ses affaires, elle lui laissait sans histoire. L’étiquette était importante, et Naoko était particulièrement fière de pouvoir être qualifiée de mature. Alors elle faisait tout son possible. Et les deux sœurs partageaient tout, inséparables.

Aujourd’hui était un grand jour, et comme lorsqu’elle s’égratignait, Naoko s’était promis qu’elle ne pleurerait pas.

Alors, devant la grille d’entrée de cette école qui paraissait beaucoup trop grande, beaucoup trop inconnu pour ne pas ressentir d’hésitation, elle avait retenu ses larmes. Elle avait retenu cette voix capricieuse qui aurait voulu demander de faire demi-tour, de retourner à la petite école, parce qu’au final, elle ne savait plus si elle était prête. Et elle avait retenu la main de sa mère, quelques secondes de plus, en silence.

Etsuko sourit et vient lui caresser doucement la tête en signe d’encouragement, en prenant soin de ne pas défaire les deux jolies couettes de sa fille au visage renfrogné. La jeune maman aussi, avait envie de verser quelques larmes qu’elle se réserverait une fois seule. Il était hors de question qu’elle montre à ses enfants qu’elle était triste et leur donner une raison supplémentaire d’avoir peur de se lancer dans le grand bain. Mais la séparation restait douce-amère. Aujourd’hui, durant ces quelques heures de temps scolaire, elle allait être totalement seule à la maison, et ce, pour la première fois depuis la naissance de Naoko. Elle s’y était préparée, et était sincèrement heureuse de voir ses enfants quitter le nid. Et comme toutes les mères, une fois le moment fatidique arrivé, elle n’était toujours pas prête. Mais elle souffla, embrassa son aînée sur le front après quelques mots doux et rassurants, et d’un geste encourageant, elle la guida pour qu’elle se lance dans le grand bain. Dans ses bras, Himiko pleurait à chaudes larmes et à cris de ne pas vouloir dire au revoir à sa sœur, et surtout de ne pas vouloir elle-même faire le grand saut. Etsuko aurait tout le temps de la consoler sur les quelques dizaines de mètres restant. Et aurait tout le temps de se consoler sur les quelques heures de solitude auxquelles elle allait devoir d’habituer.


Naoko hésita alors qu’elle jeta un dernier regard par-dessus son épaule. Sa mère attendait patiemment à quelques pas de là, à côté de la grille, son sourire réconfortant l’invitant à continuer sa route. Elle prit une inspiration et s’engouffra dans la foule d’autres enfants. Certains semblaient plus vieux qu’elle, mais aucun signe de plus jeunes. Elle savait pertinemment que dans cette grande école, elle ferait partis des plus petits. Mais elle ne pouvait pas se laisser abattre. La grande sœur qu’elle était devait affronter cet obstacle, et devait revenir à la maison ce soir avec plein de choses à raconter. Parce qu’elle savait qu’Himiko avait peur, en conséquence, elle ne pouvait pas se l’autoriser elle aussi. Et puis en plus, qu’est-ce que cette école pouvait bien avoir de si effrayant, maintenant que la jeune nipponne atteignait bientôt la taille d’un mètre ? Elle était certaine qu’à son anniversaire, elle les aurait déjà dépassés. D’au moins 3 mètres du plus, c’était sûr !

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Retrouvant confiance, Naoko serra les anses de son nouveau sac à dos et s’avança un peu plus dans la cour qui ne paraissait plus si grande, d’un coup. Beaucoup d’enfants étaient déjà rentrés et elle était déterminée à en faire de même. Trouver sa classe, apprendre, s’amuser, se faire au moins 100 amis, et retourner à la maison. La journée s’annonçait chargée, mais faisable. Il n’y avait pas une minute à perdre. C’est ce qu’elle cru, avant d’être interrompu par un tapotement sur son épaule.
Naoko cru d’abord, au toucher timide et peu assuré, avoir affaire à sa petite sœur. Sa surprise fut grande lorsqu’elle se retourna pour avoir devant les yeux un garçon qui semblait à peu près dans ses âges. Surprise qui se lisait facilement sur son visage, avant qu’une expression interrogative vienne s’y loger.

Faisant fît de la présentation et de la demande du garçon, la jeune fille l’observa fixement en silence. Puis, elle pointa un doigt interrogateur vers la chevelure de son camarade, avant de demander simplement, légitimement :

- Pourquoi tes cheveux ils sont jaunes ?

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Quand passé et présent se croisent.
PV Satoshi Sakutaro

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Mai 2016, Keimoo.
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J’étire légèrement le col de ma chemise, affalée sur ma table. Mauvais choix de vêtement, la journée est au final beaucoup plus chaude que prévu. Et mauvais choix de place, juste à côté des fenêtres, le soleil me fait littéralement cuire. Et pour ajouter au tableau, un cours passionnant de management des entreprises. Heureusement, après ce calvaire, j’ai la chance d’avoir une heure de répit.

Le rythme universitaire m’est un peu tombé sur le coin du nez comme une surprise. A vrai dire, dans les derniers mois, beaucoup de choses ont changées, et sont allées… plutôt vite. J’avais la tête tellement remplies de préoccupation que la rentrée est arrivée sans que je ne m’en rende compte… Et les obligations scolaires qui vont avec. Ayant déjà pas mal de difficultés au lycée, je sens nettement que la barre vient d’être montée d’un cran au-dessus. Heureusement, mon cursus d’hôtellerie fait la part belle aux travaux pratiques sur lesquels je me rattrape. Mais les cours théoriques restent une véritable horreur.

Alors forcément, ça me demande plus de travail. Point positif, j’arrive plus ou moins à lier certains cours avec mon intérêt pour la cuisine. Même si la gestion d’entreprise ou la diététique restent quand même des sujets vraiment barbants. Je soupire et griffonne sur mon bloc de cours. Depuis la rentrée, j’ai l’impression de ne plus avoir de temps. Pourtant, le volume horaire est moins important qu’au lycée. Mais lorsqu’on ajoute dans mon emploi du temps mes heures de clubs, mon travail au salon de thé dans lequel je fais volontairement des heures supplémentaires, ça commence à être pas mal chargé.

Et puis, je passe plus de temps avec Haru. Beaucoup plus de temps.

Ma tête tombe lourdement sur la table d’amphi, mais mes camarades n’y prêtent pas vraiment attention, trop occupés à suivre le cours magistral sur la gestion des équipes. Décidément, j’ai du mal à me faire à l’idée. C’est encore trop récent pour que je réalise vraiment. Et pourtant, moi, Naoko Tanaka, par je ne sais quel miracle divin, j’ai un petit ami.

Ah, c’est moi où il fait d’un coup encore plus chaud que tout à l’heure ?!

Je souffle, tente de reprendre mon calme. Mais il est vrai qu’en plus des chamboulements sur mes projets d’étude et professionnels à long terme, ma relation avec Haru fait partie de ces choses qui ont changé d’un coup, sans que je ne m’y sois vraiment préparée. Alors, j’essaye de réorganiser un peu tout ce bazar qu’est actuellement ma vie. Mais franchement, qui aurait cru, à mon arrivée à Keimoo, que j’en sois à ce point aujourd’hui. Pour sûr, pas moi.

Le cours se termine enfin, et je m’étire de tout mon long sur ce siège d’amphi incroyablement inconfortable. Que faire de mon temps libre ? Je pourrais réviser. M’entrainer en cuisine. Mon regard file vers la fenêtre, sur les jardins calmes et dépeuplés en journée.

Eh, un petit instant à flâner, ça ne fera pas de mal, mh ?

Ôtant ma chemise à manches longues que j’attache autour de ma taille négligemment, je me retrouve en débardeur, une tenue un peu plus respirable en cette chaleur de pré-été, et arpente l’Académie jusqu’à me retrouver dans les jardins pour profiter du beau temps. Me promenant lentement jusqu’au trouver l’endroit propice à la glandouille, je sors mon casque audio que j’enfile sur les oreilles pour ma dose journalière de musique.

J’arrive assez vite au pied d’un arbre, que je jauge quelques instants. Laissant tomber mon sac au sol après avoir fourré mes poches de bonbons et pris mon téléphone, je profite de ma détente pour atteindre une première branche, puis grimpe à la deuxième, à la troisième. Jusqu’à me retrouver confortablement installer en hauteur, le dos appuyé contre le tronc et les jambes allongées.
Au moins, ici, je ne risquerais pas de tourner en écrevisse, vu la blancheur de ma peau et la force du soleil aujourd’hui. Et aucun moyen d’être dérangée. Généralement, les gens ne lèvent pas vraiment les yeux, même ceux qui trainent sur le banc juste en dessous. L’endroit parfait.

Je ne sais pas exactement combien de temps j’y reste. Avec de l’instrumental sur les oreilles, et la vue du reste du jardin sous les yeux, je me perds un peu moi-même dans mes pensées et dans la contemplation. Cela faisait un moment que je n’en avais pas eu l’occasion. Et ce calme me fait vraiment du bien.

Calme qui ne peut évidemment pas durer. Puisque bientôt, une tête blonde s’installe confortablement sur le banc cité précédemment. Et même si je sais qu’il ne me verra probablement pas, je ne me sens pas tranquille à l’idée de ne pas garder un œil sur l’inconnu. Alors, je me redresse un peu, passant une jambe de chaque côté de la branche. C’était sans compter mes poches. Que j’avais peut-être un peu trop chargée…

Quelques-uns ont alors fait une chute… directement sur la tête blonde. Oops. En plus, certains était durs. Je doute que ça lui ai fait mal, mais se prendre des trucs sur le crâne n’est jamais un plaisir. Surtout quand on s’y attend pas.

Alors, je reste un instant figée, plutôt gênée de la situation. C’est vrai, une fille, à califourchon dans un arbre qui vous jette des sucreries dessus, c’est pas top niveau première impression. Bah, c’est pas comme si j’avais l’habitude de me faire bien voir, de toute façon. Et puis, quitte à être démasquée de mon endroit tranquille, je n’ai plus vraiment de raison d’y rester.

Alors, agilement, je saute directement de ma branche jusqu’au sol, dans une réception parfaite. C’est pas l’arbre le plus haut, mais même avec un peu plus de 3 mètres, on peut se casser une jambe si on ne fait pas attention.
M’époussetant légèrement, je reporte mon attention sur l’inconnu du banc, le dévisageant de haut en bas. J’ai un sentiment de déjà vu lointain, mais je n’y porte pas attention. Malgré que son physique occidentalo-nippon ne soit pas forcément très courant, on rencontre assez d’énergumène originaux à Keimoo pour finir par ne plus y porter attention. J’en suis la preuve, même si mon originalité n’a pas grand-chose de physique.

Commençant à ramasser les quelques bonbons qui gisent par terre en silence, je me redresse un peu pour constater que certains trainent aussi sur le banc. Moi qui espérais pouvoir éviter les interactions pour aujourd’hui, il semblerait que j’allais être obligée de faire un petit effort. Pointant du doigt les sucreries à ses côtés, j’ajoute sans trop de cérémonie :

- Désolée pour ça. Tu peux les garder si tu veux.

J’attrape mon sac, me préparant à déguerpir pour me trouver un autre arbre ou trainer. Mais au fond de mon esprit, cette impression demeure. Et ça commence à me tracasser de ne pas arriver à remettre le doigt dessus.
Alors, je me retourne vers « l’inconnu »,  une main sur les hanches et les sourcils froncés dans une expression de réflexion.

- Excuse-moi, mais t’aurais pas été en classe B au lycée ici par hasard ?

Pour le peu que je fais attention à mes camarades de classe, il aurait très bien pu être avec moi au lycée que je ne m’en serais probablement pas rendu compte. Et ça expliquerait cette impression de familiarité dérangeante.

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La consécration:
 
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MessageSujet: Re: Quand passé et présent se croisent [Naoko Tanaka]   Ven 5 Aoû 2016 - 17:50

Tokyo, Avril 2003

Je n'ai pas côtoyé beaucoup de filles depuis....toujours. Et je m'étais un peu imaginé comment ce passerait la première fois ou j'irais moi même au devant d'une d'entre elles, imaginant sa réaction. Ce n’était pas pareil que lorsque des gens venaient manger a la maison avec leurs enfants et ou j'étais obligé de leurs parler pour faire bonne figure, non. La c’était ma propre décision d'aller lui parler, ce n’était pas du tout pareil. Je n'avais plus ma maman derrière moi en sortie de secours pour m'échapper. Un peu comme ces grands magasins ou il y a toujours des portes cachés pour pouvoir partir en cas de problème. Je devais simplement continuer, et de toute façon je ne l'avais pas vraiment fait par envie, mais surtout par besoin.

Un cri vers moi, je m'y étais attendu. Un pas en arrière sous la surprise. Une difficulté pour s'exprimer devant moi, campé sur mes deux jambes d'un air déterminé. J'avais même froncé les sourcils histoire de me donner l'air sur de moi, intimidant, tout était parfait. Mais la seule chose que je n'avais pas véritablement prévu, c’était que ce soit moi qui fasse un pas en arrière, perturbé par la réaction de la fille a qui je venais d'adresser la parole. Elle était la, sans rien dire, m'observant d'un air qui me donnait l'impression qu'elle allait me frapper. C'est comme ça que je l'avais perçu en tout cas.

J'aurais pu bredouiller quelque chose de plus. Le « s'il te plaît » était peut être nécessaire finalement. J'allais véritablement lever les bras en l'air afin de me mettre en position défensif. C’était peut être une folle qui n'attendait qu'une provocation pour passer a l'action et me battre devant tout le monde. Comme si j'allais laisser faire ça. Un garçon qui se fait battre par une fille, devant tout le monde. Je ne veux pas avoir la honte dés le premier jour ! Je ressors de ma rêverie pour regarder son visage une seconde fois. Ce n’était pas de la colère que je lisais finalement, surtout de la surprise. J'avais bien fais de ne rien dire de plus, j'aurais eu des soucis après coup. Mais pourquoi elle me regardait comme ça, j'avais quelque chose sur le nez ?

Aussitôt, je baissais le regard sur moi même afin de voir si jamais quelque chose d'étrange était accroché sur mes vêtements. Ou si c’était mes vêtements tout court en fait. Je n'y avais pas vraiment réfléchis jusque la, et comme ma mère m'avait sortit de quoi m'habiller ce matin la, j'avais pensé que c’était correct, elle s'y connaissait après tout, les mamans savent ce genre de chose. Mais je n'avais pas comparé ma tenu avec celle des autres, elle avait peut être fait une erreur, c’était possible. Je trouvais que mes vêtements étaient plutôt classique pourtant. Un chemise blanche simple, sans aucune inscription ou dessin dessus, et un pantalon tout aussi classique. D'ailleurs je ne mettais pas souvent de chemise, mais comme c’était le premier jour, j'avais un effort bien sur.

Je regarde autour de moi, mais par malheur il semble que la plupart des enfants en question soient déjà rentrés dans le bâtiment. Forcément, c'est bien pour cela que je venais demander de l'aide après tout. Je me demande depuis combien de temps elle me regarde comme ça, et j'ai l'impression que cela commence a faire un certain temps. Je suis plutôt mal a l'aise de cette situation. Je remarque pourtant que le garçon qui était a coté n'est pas beaucoup plus loin, alors je suppose que cela ne fait qu'une poignée de secondes. Je suis motivé a lui poser de nouveau la question, quand ses lèvres se mettent a bouger. Une question sort de sa bouche, m’arrêtant net.

Pourquoi mes cheveux sont ils jaunes. Ouvrant d'avantage les yeux, je regarde une nouvelle fois autour de moi, sans faire preuve d'aucune discrétion. C'est vrai ça, pourquoi je suis le seul a avoir des cheveux de cette couleur ? Les autres sont tous pareil, avec différente teinte, mais ils sont tous plutôt marron, ou noir, plus ou moins clair. C'est presque amusant, je n'y avais pas du tout fait attention. C'est étrange maintenant que j'y pense, ma maman ne m'avait jamais parlé de ça. Je retourne mon regard vers la jeune fille, en constatant que bien évidemment, elle a les cheveux de la même couleur que ceux des autres. C'est presque inquiétant, pourquoi tout a coup je suis différent de tout les autres ?

Je croise les bras devant moi, un air pensif peint sur le visage. Je n'ai qu'une seule réponse possible a répondre a ça, mais ce n'est pas vraiment le genre de phrase qui va répondre a la question. Cela ne lui conviendra peut être pas et elle ne voudra pas me répondre. Ah oui, je dois me dépêcher sinon je vais être en retard. Le premier jour ? Ça serait le pire. Je tente de froncer a nouveau les sourcils comme précédemment avant, afin de reprendre mon air sérieux et sur de moi dont j'étais si fier une seconde avant, et répond d'une façon calme, voulant faire croire que cela ne m'atteignait pas le moins du monde :

- Euh....je ne sais pas vraiment, ils ont toujours étaient comme ça. Jusqu’à ce que tu le fasses remarqué, je n'y avais même pas vraiment fais attention. « C'est comme ça ».

La toute dernière partie de ma phrase avait était dites en Français. Mais maintenant que je l'avais dis, je me souviens que mes parents m'avaient signalés que personne ne parlerait sans doute le Français a l'école, et que je ne devais pas parler dans cette langue, sinon personne ne comprendrait ce que je dis. Je n'y avais pas fais attention, je parlais presque exclusivement en Français avec mon père, et c’était une mauvaise habitude. Mais déjà que j'avais les cheveux différents, si en plus je parlais différemment, je serais sans doute mis de coté, alors je devais faire attention a ça. Je reporte plutôt mon attention sur la fillette en face de moi. Je vais lui reposer la question histoire qu'elle s'en souvienne, moi même j'ai oublié quelque instants la raison pour laquelle nous parlions, sous l' effet de surprise.

- Tu sais du coup, ou il faut aller ? Je veux pas être en retard en fait. S'il....s'il te plaît.

Ne pas oublier de demander poliment, cette fois, c’était important. Dans tous les cas, cette rencontre n'avait pas du tout tourné comme je l'avais espéré. J'essaye de rester calme, mais je suis plutôt impatient actuellement, et je garde les bras croisés afin de ne pas avoir trop l'air de la brusquer.

                                                                                                                                 
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Keimoo, Mai 2016
La motivation que j'avais appelé une seconde plus tôt n'existe plus. Ou plutôt, n'existe pas. Je n'ai jamais eu autant de mal a me convaincre de bouger. Ce banc est dur, et bien qu'a l'ombre, il est brûlant. Et pourtant j'ai la doucereuse impression d’être assis dans une multitude de coussins aussi doux que moelleux, et de m'y enfoncé petit a petit. La chaleur ardente qui me laminait une seconde plus tôt, est a présent une douce chaleur qui me caresse le visage. Mes yeux que j'ai violemment rappelé a l'ordre n'en font qu'a leurs têtes, et ils se ferment petit a petit sans que rien ne puisse les faire se ré ouvrirent désormais.

Mon esprit part ailleurs, dans un endroit que je connais bien, la salle de classe que je devrais rejoindre en ce moment même. Je tente de peser le pour et le contre mentalement. Si j'y vais, qu'est ce que j'aurais ? Et bien je ne culpabiliserais pas de faire payer des cours auquel je ne vais pas. J'apprendrais sans doute, a défaut de retenir les informations, l'endroit ou les livres dans lesquels je peux les retrouver lorsque je réviserais avec ma propre méthode. Et j'aurais ensuite la récompense d'aller m’entraîner. Et c'est quelque chose de plutôt évident, une récompense est toujours plus appréciable après un effort.

Mais je n'aurais plus cette sensation de quiétude qui se promène en moi depuis que je me suis arrêté. Le soleil ne me fera plus cadeau de ses bienfaits, le vent ne me donnera plus cette petite brise qui me berce lentement. Je vais devoir courir pour ne pas être trop en retard vu que je le suis déjà. Je vais avoir le regard de tout ces élèves qui m'observera en disant «tu nous fais perdre du temps». Et je serais encore plus fatigué que maintenant. Autant mentalement que physiquement. Je crois que je ne vais pas bouger. Je crois que je ne peux pas bouger. Ce n'est qu'une aprés midi, pas besoin de culpabiliser pour ça.

Je pense que mon cerveau s'est approché dangereusement de ma phase éteinte, et je n'étais pas loin de m'endormir. Sans m'en rendre compte, ma tête coulait lentement mais sûrement en arrière, quand quelque chose de dur me frappe soudainement le crane. Je sursaute violemment. J'allais m'endormir, et voilà que je me fais attaquer. C'est le soleil qui décide de me faire comprendre qu'il est temps de bouger ? Ou le vent qui fait en sorte de faire tomber des choses sur moi ? Ma tête descend encore, jusqu'à atteindre un angle étrange ou j'ai la tête en bas, afin de voir ce qui est juste derrière moi.

Je n'avais pas vraiment remarqué, mais l'ombre qui m'entoure est crée par un grand arbre qui surplombe le banc et ses alentours. Mais ce n'est pas ça qui m'a réveillé, bon je ne dormais pas vraiment, mais une jeune fille qui semble avoir dans mes ages, accrochés dans l'arbre. Je dois dire que balancer des bonbons sur la tête des gens, ce n'est pas forcément la meilleure approche pour attirer l'attention, mais vu la tête bizarre que je dois avoir, a l'envers qui plus est, je n'ai rien a dire non plus. Je me dépêche de revenir dans une position droite, et de me retourner. Pendant que j’effectuais ce mouvement, je fronce les sourcils. C'est étrange, j'ai l'impression de l'avoir déjà vu quelque part. Enfin, il y a beaucoup de gens qui se ressemblent, et je ne l'ai vu que de loin de toute façon, c'est sans doute une erreur.

Lorsque je me retourne complètement, je passe la main dans mes cheveux sans m'en rendre compte. Puis elle rejoint ma boucle d'oreille noire, toujours d'une façon réflexe, et enfin je tire sur le col de mon t-shirt, comme pour me donner de l'air. Elle saute agilement de son perchoir sans que je ne dise quoi que ce soit. Je ne dois pas l'observer trop fixement, ça serait bizarre, mais elle s'est réceptionné d'une façon plutôt contrôlé, qui me fait sourire. Elle commence alors a ramasser ses bonbons. Oh, je vois, elle n'a sans doute pas fait exprès de les faire tomber. Voulant l'aider, je commence dans le même temps a réunir ceux qui sont sur le banc. Je n'ai pas bien vu son visage, mais c'est étrange, son aura me donne une impression de déjà vu. Ce n'est pas une question physique, c'est plus que ça.

Comme dans les arts martiaux, ou lorsque vous atteignez un certain niveau, juste en voyant une personne, il est possible d'avoir une bonne idée sur son niveau, grace a ce qu'il dégage. C'est un peu pareil dans la vie de tout les jours je suppose. Chaque personne a une sorte d'aura qu'elle dégage, unique, permettant de la reconnaître parmi d'autre. Et c'est ce que je ressens actuellement. Même si sa silhouette ne me dit rien, j'ai néanmoins cette affreuse sensation que j’oublie quelque chose d'important. Je n'ai pourtant pas vraiment le temps d'y réfléchir d'avantage, car elle m'adresse la parole, de but en blanc, sans introduction ni cérémonie.

Elle désigne les quelques dernières sucreries que je n'ai pas encore récupéré, en s'excusant brièvement pour ce qu'elle a fait, et en me proposant de les garder. Mais je n'ai pas l'impression que c'est pour un dédommagement ou pas gentillesse, c'est surtout dans l'espoir de pouvoir partir au plus vite. Je le sais bien, c'est exactement ce que j'aurais fait dans une situation identique. Ce ne sont que des bonbons, alors a quoi bon devoir prendre le temps de parler a des gens, alors qu'on peux s'en sortir en silence, après une vague phrase d'excuse ? C'est plus simple.

- Je ne mange pas de sucreries....et j'avais commencé a les réunir pour te les donner, mais si tu n'en veux pas, je trouverais sans doute quelqu'un qui sera content de les récupérer.

Je lui fais un sourire vague, prenant ma phrase comme une conclusion a notre rencontre.  Elle ramasse ce qui doit être son sac dans le même temps, préparant le moment ou elle va partir vers un autre endroit plus tranquille. Quant a moi je récupérerais le soleil, la petite brise, et le silence qui me berçait depuis mon arrivé. Elle se retourne pourtant et se rapproche de nouveau vers moi. Elle a oublié quelque chose ? Ou alors elle veux me frapper ? Tient, j'ai  l'impression d'avoir déjà vécu cette situation. Mais ce n'est pas un visage énervé que je vois, plutôt interrogatif. Elle reprend la parole en me demandant si jamais je n'avais pas étais au lycée ici. Non. En classe B ? Aucune chance.

- Désolé, je n'ai jamais étais a l'école ici, j'étais a Sendai au lycée. Je suis arrivé il y a....

Je m’arrête net. Son visage est a une assez bonne distance a présent pour que je puisse parfaitement le voir. Je ne reconnais pas ces traits. Pas vraiment. Ni cette coupe de cheveux. Mais ces yeux. Ce grain de beauté...sois je suis devant la plus grande coïncidence du monde sois....non, je ne peux pas me tromper. Je reprend ma respiration un coup. Après tant de temps, ce n'est pas vraiment possible, je crois....et pourtant...

- ...Nao-chan ? C'est toi ?

Je m'étais levé sans vraiment le faire exprés, sans doute a cause du choc involontaire que cette rencontre avec cette inconnue vient de provoquer en moi. Enfin, cette «presque » inconnue....                                                                                                               

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Quand passé et présent se croisent [Naoko Tanaka]
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