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 To our free spirit [& Erik]

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Mei Shiozaki
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MessageSujet: To our free spirit [& Erik]   Lun 23 Mai 2016 - 23:45

De :Yamato-san
A : Shiozaki Mei
9:11
Objet : Heure de passage
Bonjour Mlle Shiozaki.
Comme convenu avec votre père,
Je passerai vous chercher à 16h30
sur le parking de votre établissement.
Bonne journée.
YAMATO


Ce fut pendant une énième pause de ma journée de cours que j’eu l’occasion de relire une dernière fois le message, histoire d’être sûre de l’heure et du lieu décidé. Moi qui avais pris l’habitude de prendre le métro aussi bien pour me rendre à l’université que pour rentrer à la maison, je fus dans l’obligation de voir ma routine quotidienne se modifier. Tout ça à cause d’un repas de famille. Ma joie habituelle ne pouvait clairement plus se lire sur mon visage et je soupirai silencieusement pour ne pas attirer les regards des filles autour de moi. Cela faisait quelques temps déjà qu’elles et moi nous nous rejoignons entre deux cours pour parler et qu’on se le dise, elles étaient le genre de filles à lire entre les lignes et à interpréter chaque geste de chaque personne de leur entourage. Encore maintenant je restais à la fois agréablement surprise par cette capacité que j’aurais aimé développer et à la fois effrayée de passer sous leur viseur. De plus, si elles venaient à me questionner qu’étais-je censé leur répondre ? ‘Oui j’ai une voiture qui me cherche et ça me dérange’ ? Pour elles c’est quelque chose de normal, elles me regarderaient même avec de gros yeux et elles auraient sûrement raison.

Mais comment dire…ce n’est pas tant le fait de voir arriver une voiture pour me ramener moi, qui me rebutait. Je ne voulais pas me faire voir et j’avais l’impression qu’à travers ce geste le regard des gens allait tout naturellement se tourner vers moi. Sans compter mon côté parano que je me connaissais que depuis mon entrée à la faculté, qui me faisait fortement penser que tout le monde commencerait à se questionner sur le métier de mes parents, surtout sur celui de mon père et je ne serais peut-être plus tranquille après ça. Ok, je devais me calmer, la fin du monde n’était pas annoncée pour aujourd’hui. Mon absence de réaction à la conversation qui se déroulait autour de moi fut vite remarqué et je fus interpellée par la personne à ma droite. Je lâchai un petit ‘Ah oui.’ Qui manquait cruellement de crédibilité et n’attendais désormais plus qu’une chose ; le début de mon prochain cours. Et l’attente était longue. J’en venais presque à commencer à taper du pied et mon changement de comportement dû à mon anxiété nouvelle me perturbait. Je me sentais honteuse de ne pas réussir à montrer un quelconque intérêt à ce qui se disait tout près de moi. Je me rattraperai, même si je ne savais pas encore comment.

Le bruit sonnant ma délivrance retentit et je tentai de cacher tant bien que mal ma hâte à rejoindre ma salle de cours que je voyais actuellement comme une zone protégée où toutes questions extérieures au cours étaient prohibées. Je devais vraiment arrêter ce début de scénario psychologique digne d’un navet hollywoodien. Après avoir regagné ma place je vérifiai une dernière fois l’heure ; 14h30. Ok, après cette leçon j’aurais finis et je devrais alors patienter pendant une heure. Mais connaissant Yamato il n’allait pas se contenter de venir à l’heure indiquée. Il serait à coup sûre en avance de dix voire quinze minutes. Très bien, pourquoi n’irais-je pas à la bibliothèque ? Non, pas cet endroit. Je n’ai rien contre ce dernier mais je pense que lui a quelque chose contre moi, il dégage une aura qui bloque toute ma motivation. Je n’étais pas friand de la procrastination et pourtant si je continuai à le fréquenter j’allais en devenir la reine. Quel paradoxe, se rendre dans un lieu calme dédié aux études et se retrouver devant l’incapacité à travailler. Voilà que je me perdais une seconde fois dans mes pensées si bien que le tableau commençait à bien se remplir et que je n’avais encore rien noté. Je m’activai, manquant presque de faire tomber ma bouteille d’eau que j’avais au préalable sorti. A cause de cette forte chaleur, cela devenait un indispensable à avoir avec soi. Nous étions dans une classe à petit effectif, le cours était intéressant et la plupart des étudiants, assommés par cette lourde atmosphère estivale, étaient plus calmes qu’à l’accoutumé. Le prof s’en trouvait ravi.

« C’est tout pour aujourd’hui. N’oubliez pas de rendre votre devoir à mon bureau. Ne partez pas encore ; je rappelle le délai. Après-demain, midi. Ok, tu as noté Ishida ? J’espère que tu seras aussi efficace dans la rédaction de ce travail que tu l’es dans l’envoi de sms dans mon cours. Bye. » Puis plus là.

Je l’aimai bien ce prof. Il était direct, performant et laissait sa boite mail ouverte le weekend, chose rare chez les enseignants du supérieur. Je me notai rapidement cette information, il fallait toujours se dépêcher pour ce cours car les classes se disputaient les salles. Ainsi j’eu à peine le temps de fermer ma trousse qu’un autre groupe d’étudiants prenait déjà ses quartiers. Etre en retard sur le temps, devoir se dépêcher ; c’était tout ce que je détestais. Prise dans la précipitation, je bousculai deux étudiants ; même trois et je perdis de vue mes amies. Je m’excusai rapidement auprès des malheureux qui n’avaient rien demandé et je m’affairai à retrouver la trace de mes camarades. C’est essoufflée, que je les vis en arrêt en bas de l’escalier, elles m’avait attendu. Cela me faisait encore un peu bizarre de me dire que des personnes ne me laissaient pas derrière. Même si j’étais toujours par moment dans mon monde, éloignée de la foule d’étudiants, je pouvais dire que mon intégration se déroulait bien. Nous ne nous regroupions pas pour très longtemps, certaines avaient un travail, d’autres avaient plus la foi que moi d’aller réviser. Nous nous disions au revoir et nous séparâmes l’instant d’après.

A ma montre 15h37. Devant mes yeux ; le soleil était à son zénith. D’une main je dégageai mes cheveux pour laisser ma nuque à l’air libre puis je m’avançai vers le parking. Je vis sur mon chemin d’autres élèves se faire ramener dans de jolies voitures ; toutes noires. Mais eux ne s’en cachaient pas et je les voyais partir de devant l’établissement. Wow, j’étais donc la seule à prendre des pincettes face à ce genre de situation, qu’est-ce qui me prenait à m’inquiéter comme ça. Je secouai la tête et aperçu un distributeur, c’est vrai que j’avais une petite faim. Je m’avançai à grands pas et, arrivée devant, portai mon choix sur une boîte contenant six gâteaux au thé vert, miam.Mon paquet en main, un des biscuits en bouche et me voilà à m’avancer vers le trottoir faisant face au parking. Ce dernier était dans un endroit reculé, caché derrière l’imposant bâtiment qu’était l’école Keimoo. Protégé en parti du soleil par des cerisiers en fleur, il permettait aux plus chanceux d’avoir leur cher véhicule loin des rayons du soleil qui rendait l’intérieur étouffant. Aujourd’hui ils n’étaient pas nombreux à s’être précipités. Il fallait croire que c’était la journée la moins chargée de la semaine. Alors que j’étais une énième fois plongée dans mes pensées, une voix grave m’en fit sortir. Je me stoppai net et arquai un sourcil. Qu’est-ce que c’était que ça ? D’un pas peu assuré, je me retrouvai proche de la source de ce bruit. Une voiture mais personne. Non il y avait quelqu’un. Je me décalai pour ne plus me retrouver derrière la voiture mais de côté. Je refis quelques pas, le capo était ouvert, toujours cette même voix qui ne cessait d’émettre des jurons. Quelqu’un s’était levé du mauvais pied ce matin ou bien ? Je me retrouvai plantée là, à ne rien faire. La personne en question, un homme ne m’avait pas remarqué. J’aurai pu partir et attendre Yamato de mon côté comme prévu mais je ne sais pas et puis j’avais du temps à tuer. L’agacement de Mr. le râleur me fit sourire en premier lieu. Très vite un petit rire s’échappa de ma gorge et je mis ma main devant ma bouche comme si cela pouvait ravaler mon éclat. Pour sauver les apparences je décidai de prendre sur moi et de lui adresser la parole sans trop savoir où cela allait me mener. Je me raclai la gorge et osai me pencher sur lui.

« Euh…Excusez-moi. Tout va bien ? Je peux vous aider peut-être. » ou pas. En voyant les outils éparpillés de part et d’autres, autant vous dire que je n’allais pas être d’une grande aide.

« Ça ne sert à rien de s’énerver, si vous vous écartez et réfléchissez-vous allez sûrement trouver une solution. »

C'était ma mère qui me disait toujours ça, ça pouvait toujours servir, non ?

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MessageSujet: Re: To our free spirit [& Erik]   Mer 1 Juin 2016 - 18:40

- Thornberg-san, il parait que vous vous y connaissez bien en mécanique ?

Ouais. Bah, disons que l’automobile c’est pas bien sorcier. Un embrayage qui coince n’est pas si compliqué pour qui s’y connait un peu. Mais je n’ai pas senti le piège et comme un gros con que je suis, j’ai dit “ok” pour sauver la veuve et l’orphelin, ce dernier étant le véhicule en lui même. Quant à la veuve… pas vraiment en fait, mais elle est la présidente du Conseil des parents d’élèves et surtout, elle est l’épouse du PDG de je ne sais plus quelle boîte d’import-export. Ceci dit, ils ont beau être pétés de thunes, ils sont incapable de contrôler leur môme qui a décidé de piquer la nouvelle voiture de Papa pour... aller au lycée ! Sans déconner. M’enfin, elle m’a fait une offre que je ne peux me permettre de refuser : je suis un peu à sec, et si je veux que Mikael intègre l’Académie, il va falloir que je mette la main au porte monnaie. Encore faut-il qu’il y ait quelque chose dedans...

Cependant… en voyant cette sublime Danoise sur le parking, je me suis senti blémir. Ma fierté m’a empêché de me raviser, mais quand même.

KNIGHT RIDER
ou la stupidité de la jeunesse à haute vitesse

- Ne me dites pas que… Il n’a pas osé venir en cours avec ça ?
- Et si… Je sais, je vous en demande beaucoup, mais comprenez moi : mon époux rentre ce soir de son voyage d’affaire et s’il remarque la moindre anomalie sur sa “maitresse”, comme il dit…

“Maîtresse” ? Je me suis arrêté d’écouter à l’entente de ce surnom. Non mais c’est quoi ce connard… Depuis quand une bagnole - même la plus luxueuse - a suffisamment d’importance pour entrer en rivalité avec un être humain, une femme, une épouse dévouée ? C’est qu’elle n’est pas dégueu la nana... Elle semble plus jeune que ‘Becka - m’enfin, les Japonaises hein, et son fils a le même âge que le mien. Je me vois pousser un soupir. Ca n’est pas ton problème Erik, contente toi des zéros qui s’aligneront sur le chèque qu’elle te remettra une fois le boulot fini. Encore faut-il que tu y parviennes...

- Est-ce que c’est bien ce que je crois ?
- Oui - me fait-elle avec un sourire charmant - elle vient de chez vous, n’est-ce pas ?
- Un peu mon n’veu. Cette Zenvo ST1 envoie du lourd. Mais j’ai cru comprendre que l’embrayage et les freins avaient des problèmes de conception. Votre fils n’est peut-être pas directement responsable de l’anomalie.
- Vraiment ?
- Ouais. Manque de bol, il a fallu que ça tombe malgré tout lors du déplacement de votre époux. Les supercars ne sont pas ma spécialité, je préfère les modèles volants, m’enfin, je vais voir ce que je peux faire.
- Je n’ai pas le choix que de vous solliciter. Je ne trouverai pas un expert en voiture de sport d’ici ce soir, vous êtes mon seul espoir.

Et devant son air désespéré, je suis obligé de céder. Je gonfle un peu le torse, et tout en lui faisant un clin d’oeil, j’étire mes lèvres en un rictus assuré.

- Vous faites pas de bile, je vais essayer de sauver les meubles !

Elle m’a remercié chaleureusement, en s’inclinant un nombre incalculable de fois. Elle me rappelle un peu ces “drinking lucky bird” qui a la particularité de me taper sur les nerfs. Je me suis alors empressé de me mettre rapidement au travail, de toute façon, je suis toujours joignable si on a besoin de moi ailleurs. Je suis passé par les ateliers-mécanique pour emprunter du matos, et hormis le bleu de travail que je ne mettrai jamais, je m'attelle à la tâche. Le temps passe, la chaleur monte mais fort heureusement, l’emplacement est idéal : juste en dessous de deux cerisiers fleuris, je suis épargné des rayons direct de Mister Sunlight. Je ne suis pas trop habitué à ce temps, quand bien même je suis déjà parti au soleil lors de mes congés avant que je ne foire royal ma vie. Toutefois, je ne serai pas contre un biberon de houblon, là. Une bonne Carlsberg bien fraiche qui dégouline le long de mon oesophage…. Hm. Ca n’est pas le moment de rêvasser Erik. Alors j’empoigne mon téléphone et appelle un pote, mon voisin de palier. Pas moins de 30 minutes plus tard, et je me retrouve avec un 6-pack dans une petite glacière électrique. Kyosuke, t’es un vrai toi.

Je m’accorde une pause en sa compagnie, on parle un peu du petit bolide orange qui lui a arraché un sifflement de stupeur tantôt. On a regardé un peu la bête sous tous les angles et comme tout bon pote qui se respecte, l’ami du cousin de son ex...à moins que ça ne soit le cousin de l’ex de l’ami ? Enfin peu importe, je suis perdu.com là… l’essentiel est que Kyo a le moyen de me trouver une aide précieuse, mais le temps m’étant compté, il se sauve rapidement. Je finis ma bière, glisse une roulée entre mes lèvres et relevant le capot à l’arrière du bolide, j’essaie tant bien que mal de gagner du temps en ajustant quelques défauts évident. Qu’est-ce qu’il a foutu le môme ? Ca coince par ci...je gère en bougonnant. Ca coince par là, ça me gonfle. J’ouvre une autre bière et rallume ma sèche qui s’est éteinte pour la troisième fois. Je jure en différentes langues lorsque mon tournevis glisse de mes mains moites, coupant ma sublime empreinte digitale.

Une voix douce, féminine me surprend alors que je porte mon index sanguinolent à la bouche. Je lève la tête subitement, cognant ainsi le haut de mon crâne au capot.

- Ouch !! Putain de bordel de merde à cul !!!

Fermant un oeil tout en envoyant valser l’outil sur le gazon non loin, je lance un regard noir à l’intruse, frottant ma paume sur l’emplacement futur d’une bosse. Elle me veut quoi cette gamine ??? Rien à battre de son aide, elle peut se la carrer où je pense !!

« Ça ne sert à rien de s’énerver, si vous vous écartez et réfléchissez-vous allez sûrement trouver une solution. »

Merci du conseil petite, j’y réfléchirai à l’occasion mais pour l’heure, j’ai autre chose à penser qu’à faire une séance de zen-machin-truc. Je laisse ça aux mamies et aux profs de yoga bonnasses. Ceci dit, je me rends compte de mon emportement hâtif et hausse les épaules.

- Tu crois ça toi ? T’es mignonne.

Je m’assieds en tailleur sur le sol et récupère ma clope qui a chu devant ma godassel, ainsi que ma binouze. Je regarde la bagnole - ce putain d’engin du démon - puis reporte mon regard sur la gamine tout en tirant sur ma sèche.

- De toute façon, je doute d’arriver à quelque chose dans les 5 prochaines minutes.

Je finis ma bouteille et invite la gamine à s’assoir à mes côtés en tapant du plat de la main sur le goudron. Une belle tire, à boire, le soleil, cet arbre en fleur et une séance de yoga improvisé. Quel étrange paysage, du jamais vu. Ca fait un peu trop chochotte à mon goût, mais on fera avec.

- Franchement, faut être con pour amener une telle caisse pour aller en cours. Y’en a qui ne doute vraiment de rien. As-tu déjà vu quelque chose d’aussi stupide ?

J’sais pas qui elle est… mais l’atmosphère a changé d’un coup depuis qu’elle est apparue.

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MessageSujet: Re: To our free spirit [& Erik]   Ven 3 Juin 2016 - 15:58

La réaction à mes premières paroles ne se fit pas attendre et il faut dire qu’elle me fit regretter dans un premier temps mon intervention. Le choc du haut de sa tête venant heurter le parechoc me fit sursauter et je me retins de laisser échapper un petit cri de surprise. J’aurais voulu à ce moment-là me rapprocher d’encore plus près pour lui demander si tout allait bien, m’excuser au moins trois fois mais quelque chose m’empêchait de faire quoi que ce soit de bien concluent. C’est simple je n’avais jamais entendu quelqu’un d’aussi vulgaire et le fait que cela soit un adulte me laissait sans voix. Si je n’avais pas encore compris que l’homme devant moi galérait dans sa tâche et préférerait en finir vite, j’en avais désormais la certitude. Mes yeux s’agrandirent lorsqu’il se tourna vers moi après avoir encaissé le coup. Je levai ma tête pour chercher son regard et je fus frappée par sa grande taille. J’avais déjà bien remarqué qu’il était étranger non seulement par ses insultes en je ne sais quelle langue mais aussi par son physique. Et je savais autre chose, comparé aux Japonais les étrangers étaient beaucoup moins encrés dans certaines règles de conduites spécifiques qui nous obligent à toujours agir comme si tout était de notre faute et à surveiller chaque fait et dire.

« Tu crois ça toi ? T’es mignonne. »
« Euh…et bi- »

Mince c’était une question rhétorique, je me sentis idiote, mon embarras se lisait sur mon visage et sa remarque plutôt familière n’arrangea pas mon état. De mes pupilles brunes je suivis ses gestes un par un. Du moment où il se posa par terre, repris sa cigarette au moment où il reporta son attention sur moi. La fumée qui ne s’était pas encore évaporée me fit cligner plusieurs fois des yeux. Cette fois-ci je ne cherchais plus à affronter son regard et mon soudain malaise me perturbait. Aller quoi, ce n’était pas comme s’il allait m’arriver quelque chose. Mon esprit s’échauffer, les pensées se bousculaient et j’avais l’impression que tout cela durait depuis une dizaine de minutes or cela devait plutôt se compter en secondes.

Puis voilà qu’il me fit signe de le rejoindre, j’hésitais un instant. Il était rare qu’un membre du personnel de Keimoo soit aussi…je n’arrivais pas à mettre le doigt sur le mot exact. Entourés de professeurs d’élite, il était rare que nous élèves nous puissions espérer avoir un moment avec eux ou ne serait-ce qu’une petite discussion sur un thème, alors je fus prise de court. Je finis par m’exécuter et c’est avec précaution que je me posai sur le sol en laissant un espace entre nous deux.  Je remarquai par la même occasion que ma gêne s’était calmée. Tant mieux.

Il ne fallut pas attendre longtemps avant que je réentende sa voix grave. J’esquissai un sourire moqueur lorsque le nom dont le propriétaire du véhicule venait d’être affublé parvint à mes oreilles. Ce coup-ci il me questionna vraiment. Je fixais alors la voiture et constata son état actuel. Je soupirai légèrement. Ce genre de personnes qui aiment montrer ce qu’ils possèdent, qui traînent en groupe pour faire comprendre aux gens qu’ils ont des relations…ceux-là je les ai longtemps observés et je ne pourrais jamais me les encadrer. Alors oui il avait raison, c’était complètement stupide et si cette personne ne pouvait rentrer ce soir avec sa magnifique voiture de sport et bien je n’en serais même pas triste pour un sou.

« Le paraître est un vice répandu dans cet établissement. Voilà pourquoi moi je prends le métro. »

Sauf aujourd’hui malheureusement pour moi.

« C’est donc pour ça que vous avez été engagé, vous réparez la voiture de quiconque vous le demande ? C’est pas trop fatiguant ? »

Il faisait déjà très chaud alors que nous étions à peine au printemps. Et avec l’été qui arrivait à grand pas je ne pouvais imaginer jusqu’à combien pouvait monter la température. Sans compter la saison des pluies en juillet. S’il avait l’habitude de travailler dehors, il allait avoir besoin de beaucoup de courage, de bouteilles d’eau fraîche et d’un imperméable. Mon regard se posa sur les cerisiers en fleurs, en tout cas il avait eu de la chance aujourd’hui, même si je ne dirais pas non à une petite brise. Je le dirigeai à présent vers les outils qui étaient la preuve que ce métier était loin d’être le plus simple du monde et dont j’ignorais complètement le nom. Cependant ce que je trouvais également difficile c’était le fait de se retrouver sous les ‘direction’ de gamins de la même trempe que celui dont il avait affaire maintenant, même si j’imaginais que d’autres personnes plus respectables lui demandaient service.

Je sortis ma boisson de mon sac pour à mon tour boire une gorgée. Si nous étions protégés du soleil grâce aux arbres nous ne l’étions néanmoins pas de l’air qui s’alourdissait au fur et à mesure que les minutes s’écoulaient. Après m’être hydratée, je repris en main mon paquet de gâteaux que j’avais posé un peu plus tôt à ma droite. D’un geste un peu timide je le lui tendis.

« Tenez, servez-vous, c’est pour m’excuser d’être survenue de nulle part et de vous avoir interrompu. »dis-je un sourire aux lèvres. « Vous travaillez ici depuis longtemps ? Je ne vous ai jamais vu auparavant. Vous êtes de quelle origine, américaine ? »

Après ma petite interrogation, je croquai dans ce goûté bien calorique. J’étais sûre qu’il était américain, je les connais bien eux pour être allé aux Etats-Unis déjà quatre fois. Ils sont toujours là à être détendus, blonds et bronzés comme si c’était les vacances toute l’année. Ma montre affichait seulement 15h44. Le temps était devant moi. Sans prévenir je me levai d’un coup, m’approcha de l’auto et fit mine de jeter un coup d’œil au moteur. Mon père ne connaissait rien en mécanique et n’avait jamais eu besoin de s’en charger, Yamato-san se contentait d’amener notre voiture au garage donc n’y touchait pas lui aussi. Je sortis mon portable de ma poche et me tourna vers mr. le mécano.

«Il me semble que vous n'arrivez pas à détecter le problème, voulez-vous que je cherche une solution sur internet ? Je vous assure, on y trouve vraiment tout. »

Il n’est pas encore arrivé le jour où je n’aurais pas le dernier mot.

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MessageSujet: Re: To our free spirit [& Erik]   Jeu 30 Juin 2016 - 20:07

J'ai bien remarqué son embarras initial. En voilà une autre bien engoncée jusqu'à la moelle dans les moeurs de ce pays loufoque. Ca s'excuse à tout va, ça a l'impression que tous les problèmes de la planète ont un lien direct ou indirect avec eux. Question de probabilité, de superstition et j'en passe. Si ce n'est pas de la prétention ça... Ca stresse pour des exams, ça vend son corps pour des marques de luxe et ça crée des jeux-vidéos tellement dépravés que même moi j'en suis choqué. Sans déconner les mecs, ayez de la tenue ou n'en n'ayez pas mais arrêtez de mythonner. Les Japonais sont  sûrement le peuple le plus hypocrite et prétentieux de notre vaste planète. Ils ne prennent pas de place géographiquement, savent se montrer discrets, mais bordel, ils sont absolument partout (Bridgestone & Lexus m'ont bluffé p'tain ! J'savais pas que ces marques étaient nippones !). En cas de guerre, je ne saurais dire s'ils feraient mieux ou pire qu'au siècle dernier. Ah ouais c'est vrai, il ne pourront que se défendre.

Je pousse un soupir et regarde la gamine qui s'est enfin décidée à me rejoindre. J'aurais pu mal le prendre si l'idée lui était venue de me mettre un vent. J'ouvre mon Zippo pour la énième fois et le zyeute un peu avant de le glisser dans une des poches frontales de mon gilet. J'ai bien envie d'appeler mon ancien chef. Ca ferait plaisir à 'Becka en tout cas que j'appelle son paternel.
Je considère un peu l'espace vide qui me sépare de la petiote, comme c'est "kawai", comme ils disent. Je hausse les épaules tout en regardant vers les branches fleuries. J'entends son soupir.

« Le paraître est un vice répandu dans cet établissement. Voilà pourquoi moi je prends le métro. »

J'étire les lèvres et souris franchement. Ouais, le paraitre est limite un critère de sélection pour entrer dans ce château. Lorsque je regarde ma gueule, je me demande ce qui est passé par la tête du dirlo. Est-ce parce que je n'ai pas la gueule de l'emploi qu'il m'a laissé une chance ? Où est-ce parce que je lui ai avoué avoir fait de la taule ? J'ai l'impression d'être pour lui un outil d'exhibition genre "réussissez vos études sinon vous finirez comme lui ! " . Enfin pour ça, il faudrait que les élèves connaissent mon parcours. Et ça ne risque pas d'arriver.



HAPPY DAYS
"Let me tell ya, it's a lot of fun in La-La land!"


« C’est donc pour ça que vous avez été engagé, vous réparez la voiture de quiconque vous le demande ? C’est pas trop fatiguant ? »

Je hausse un sourcil. Elle est con cette question. Je finis par éclater de rire. Ce n'est pas que je me moque... Enfin, ptet un peu, quand même.

- Tu penses vraiment qu'Ashita irait jusqu'à employer quelqu'un juste pour ça ? Si des gens ont besoin de quelqu'un pour réparer leur bagnole, ils n'ont qu'à se rendre dans un garage ou chez un concessionnaire ! Je doute que le boss ait autant de fric à claquer, quand bien même mon poste ici se résume au bas de l'échelle.

Je reprends un peu ma respiration tout en remontant mon grand-père au grenier. Ouais, je sais, ce n'est pas très classe mais j'y peux rien. Ca m'arrive parfois lorsque je me marre et je sais que se moucher devant un bouffeur de sushi, c'est lui faire affront. Aussi, je passe discrètement mon doigt sous mes narines tout en choppant ma clope. Ni vu ni connu, j't'embrouille ! Je finis mon geste par un sourire et hausse les épaules.

- Naaaan, je ne fais que rendre un petit service à la mère d'un élève. Il a merdé en piquant la charrette de son vieux pour épater la galerie. Il n'a pas dû en mener large devant ses petits copains en constatant qu'elle ne démarrait plus. Ptit con, va.

Je sors d'une autre poche un petit cendrier portatif et y fait disparaitre mon mégot. En tournant la tête, je remarque le paquet de gourmandises que me tend la donzelle en même temps qu'elle formule de manière amusante son souhait d'en savoir plus sur le poste que j'occupe ici. Américain... Haha. J'en suis loin. Ceci dit, j'aurais vraiment aimé. Mais Rebecka a choisi le Japon, pfff.

Bref, je suis un peu emmerdé, là. Je ne peux pas accepter ce qu'elle me tend, mais en même temps, je ne veux pas refuser sa gentillesse. Faut-il que je ruse ?

Je ne peux m'empêcher d'étirer un autre sourire. Tendre cette fois, même si là n'est pas mon but. Disons que la naiveté de cette pucelle [ ou pas ? les jeunes de nos jours... ] me touche un peu. C'est plaisant. Est-ce que Mikael a été comme ça ? Ca me gonfle à l'idée d'être passé à côté d'une étape essentielle de ma vie. Ne pas avoir eu l'opportunité de voir grandir mon fils me pète les rouflaquettes. C'est ce que j'ai dit à Ashita lorsqu'il m'a demandé si j'avais amené de la famille au Japon. Est-ce pour ça qu'il m'a filé le job ? Pour me permettre de voir grandir les mômes des autres ? Mais je ne suis rien d'autre qu'un larbin pour eux. Mr. Wikipédia me l'a bien fait comprendre. M'enfin, l'heure n'est pas au bourdon, aussi je plonge la main dans la petite glacière. J'ai comme l'impression qu'elle perd de son froid. Tandis que la gamine s'approche de la bagnole d'un seul coup, je sors une bière.

- Ah ben tiens, voilà qu'elle tombe aussi en rade celle là. En même temps, ça ne me surprend pas, c'est du Made in China, hahaha !

Une idée me vient alors et je sors une deuxième bouteille tout en me levant. Je me rapproche à mon tour de la supercar tout en utilisant le coin d'un appuie de fenêtre comme décapsuleur. Un coup de poing sur l'antre du goulot et le "poc" caractéristique de la bouteille ouverte se fait entendre.

- Laisses tomber poulette, y'a à peine une dizaine de ces caisses dans le monde.  Aucun site ni aucun forum ne risque de parler de ce genre de panne, et encore moins pour les résoudre. Celui qui a la chance de pouvoir s'offrir cette tire ne cherchera pas à la réparer lui-même mais fera appel à un spécialiste de la marque. Et ça tombe bien, j'en attends un là... M'enfin laisse tomber la bagnole pour le moment et faisons un jeu ! Si tu devines ma nationalité, j'accepte un de tes biscuits. Si tu échoues au bout de trois essais, tu partages une bière avec moi !

L'âge légal pour consommer de la bière me vient subitement à l'esprit. Par chez moi c'est 14 ans, mais ça ne veut pas dire que c'est pareil partout. Et quand bien même les 'tchong ne font jamais leur âge, il est évident que celle-là a plus de 14 ans. M'enfin, est-ce qu'elle a au moins 18 ans ? Et c'est pas 20 ans la majorité au Japon ?  Arf, je m'embrouille à me poser toutes ces question à la con. Je ne suis plus flic, bordel ! Oh et puis merde, j'en ai rien à battre, pour "kiffer la life" comme on dit aujourd'hui, mettons un peu de folie dans la nôtre !

- Alors, qu'est-ce que t'en dis ? Je vais même te donner un indice : je ne suis pas du tout Américain, mais... Européen. Ca restreint plutôt bien le périmètre de recherche, nan ?

Pas trop, j'espère.

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MessageSujet: Re: To our free spirit [& Erik]   Sam 9 Juil 2016 - 15:34

« Quand bien même nous soyons tous uniques Mei, les étrangers ont ce quelque chose qui pousse encore plus cette différence. Tu verras quand tu quitteras le territoire pour partir en vacances dans un de ces pays d’Amérique ou même d’Europe. Tu verras qu’ils sont loin d’être comme les Japonais. S’ils te poussent dans la rue ils s’excuseront rapidement et continueront leur chemin. Alors qu’ici, voilà qu’on s’incline deux voire trois fois surtout si on se sent coupable et on attire l’attention de tous sans pour autant les arrêter dans leurs activités. Ici sortir, changer de rue et tomber nez à nez avec de nouveaux voisins est une assez grande expérience en soi, alors quitter le continent ne nous traverserait même pas l’esprit. » Je ne sais comment l’expliquer, mais je m’étais d’un coup souvenu de ce mini discours que ma mère m’avait fait un jour. En tant que professeure de sociologie, elle avait toujours porté un intérêt certain sur la vision de l’autre et encore plus depuis qu’elle avait rejoint mon père au Japon. Ce plongeon dans ces souvenirs me laissa silencieuse pendant un moment, seul la voix de cet étranger qui l’était à tous les niveaux je dois dire, m’évita un aller simple dans mes réflexions.

Ce ton grave dont je prêtais la cause aux nombreuses cigarettes qu’il a dû fumer dans sa vie, n’était toutefois pas irritant, loin de là même. Je me sentais presque rassurée et calme alors qu’il répondait à mes questions et que je compris que je n’avais pas bien su deviner son métier. Une seconde envie de m’excuser me prit la gorge très vite remplacée par un petit rire suite au nouveau nom « affectueux » qu’il avait adressé au propriétaire de la voiture. Qu’importe sa couleur de cheveux, ses traits de visage ou sa carrure, il y avait dans sa manière de parler, d’aborder un sujet, d’y soumettre son avis la confirmation qu’il n’était pas asiatique. J’en étais presque envieuse, que ce soit de cet air plutôt je m’enfoutisme ou de cet humour qui réchauffait l’atmosphère.

Mon portable toujours en main, je m’apprêtais à cliquer sur l’icône de l’application internet mais je me ravisais suite à son intervention. Outch je m’étais trompé une seconde fois. Décidemment ce n’était pas trop mon jour aujourd’hui. Un jeu ? Tandis qu’il expliquait les règles de ce ‘jeu’, je fixais mon dit-paquet de gâteaux et sa dite-réserve de bières. C’est perplexe que je le laissais finir sa phrase. Mon portable ne m’étant plus d’aucune utilité, je retournais rapidement à mon sac pour le ranger à l’intérieur. Après cela je regagnais ma place auprès de lui. Mh.

« C’est d’accord. Mais faites gaffe je suis assez forte en devinettes, enfin vous vous en rendrez compte quand vous serez obligé d’en manger. »

Forte ? Ou pas. Mais bon il n’était pas censé le savoir. Je croisais les bras et le fixais d’un air joueur, comme pour lui faire gentiment comprendre que c’était un challenge accepted. Après cela je rentrais dans un instant de concentration que je ne me connaissais pas. Pour être honnête je n’étais pas habituée à m’amuser au travers de jeu, mais j’adorais rigoler et se présentait à moins une belle occasion de passer du bon temps. Mon index posé sur le menton, mes yeux tantôt levés vers le ciel, tantôt posés sur le moteur de la voiture, je cherchais encore et encore de quel pays il pouvait bien être natif. Je tentais d’analyser le peu d’information dont je disposais. Blond. Manque de pot pour moi, l’Europe regorgeait à coup sûr de têtes aussi blondes que la sienne. Son accent était particulier, mais pas assez indicatif pour m’empêcher de cramer une des trois chances qu’il m’avait offertes. Voilà que je commencerais bientôt à taper du pied. Mes lèvres se retroussèrent et je tentais une première réponse ; l’Angleterre.

« Vous êtes Anglais ?....»

Il s’écoula deux ou trois seconde, peut-être même une micro seconde avant que je m’écriasse.

« Noon ! Attendez ! Attendez, je retire ma réponse ! »

Je m’étais avancé dans la précipitation. Tête baissée, l’air pensif et mon index désormais levé en l’air comme pour lui quémander d’oublier ma proposition qui à mes yeux n’en était d’ores et déjà plus une. Je ne savais pas trop, mais mon intuition me disait que j’avais tort à la seconde près où j’avais ouvert ma bouche. Quelque chose me disait qu’il n’était pas un british, cela aurait été trop évident et pas assez drôle. Toutefois je ne m’y connaissais pas des masses sur le physique typique de chaque habitant de chaque pays européen. J’étais déjà allé en Russie, mais son visage ne semblait pas aller de pair avec ceux que j’avais vu là-bas. C’est dingue, je rêverais d’appeler ma mère pour lui demander de me prêtait main forte, mais l’appel à un ami n’était sûrement pas autorisé. J’excluais tout de même les pays latins. Puis mon regard vint chercher le sien une énième fois.

« Vous êtes Français ! Non Finlandais ! »

Autant dire qu’avec moi, nous avions droit à un tour de l’Europe en quelques phrases. Je continuais à chercher tout en sachant au fond de moi que j’avais usé mes trois seules chances. J’aurais aimé lui dire que j’y avais pourtant longuement réfléchis, gagnant ainsi un nouvel essai, mais la vérité était que je n’en savais strictement rien. J’avais débité ses réponses et c’est l’air penaud que je fixais les bouteilles.

« Vous auriez pu me donner un second indice. Votre nom par exemple ! »

Et tout en déclarant ceci je pris conscience de ma bêtise. Pourquoi ne lui avais-je donc pas demandé son nom plus tôt ? Cela m’aurait facilité le travail. C’était normalement dans mon habitude de demander à mon interlocuteur de décliner son identité. Comme par hasard j’avais oublié ce détail. La surprise fut remplacée par une exaspération, aujourd’hui n’était pas une de mes journées normales et j’en avais une nouvelle fois la confirmation. Je soupirai, mais je n’étais toutefois pas agacée par cette défaite qui fut en sois plutôt prévisible. Je me rapprochai de la glacière et me penchai pour prendre une des bières. Je la portai à mes yeux et me demandais alors si c’était une bonne idée. Je n’avais jamais touché à l’alcool, enfin mise à part un verre de champagne ou de vin pour les grandes occasions et dieu sait qu’elles n’étaient pas assez fréquentes pour que je puisse savoir si j’aimais ou pas. Je me retournai et la lui tendit avec un sourire presque enfantin.

« Bon, vous êtes le gagnant. Vous me l’ouvrez ? »

J'attendis sagement qu'il me prenne la bouteille des mains. Puis j'eusse une idée à mon tour. Pourquoi ne pas inverser le jeu ?

« Et si vous deviniez mes origines ? Je suis Japonaise, mais pas que. A vous de me montrez votre talent de déduction ! »

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