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The Future is like a puzzle with missing pieces: difficult to read, and never, never what you think.
 
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 Un séjour a la campagne

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Satoshi Sakutaro
► Université - 2ème année - Capitaine Combat Sans Armes
► Université - 2ème année - Capitaine Combat Sans Armes
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KMO
                                   :

MessageSujet: Un séjour a la campagne   Jeu 12 Mai 2016 - 23:39

Je l'entend au loin, comme un appel insoluble que je ne parviens pas a déchiffrer. Comme si quelque chose était en train de me pousser lentement, me tirer plutôt, la tête hors de l'eau. Et alors que je reprend doucement ma respiration, mes paupières incroyablement lourdes usent de toute leurs forces afin de s'ouvrir. Ce n'est pas comme si c’était un effort surhumain, mais bien un effort que le commun des mortels se doit de produire chaque fois qu'il s'eveil a la vie. Et moi, comme a mon habitude, c'est la plus grande épreuve de la journée que je vis actuellement. C'est un combat contre moi même, encore plus, un combat entre moi et le dieu du sommeil qui tente inlassablement de me tirer vers lui. Il me fait des propositions luxuriante, me montre tout ce qu'il pourrait m'offrir. Mais aujourd'hui, je me dois de lui résister, car il y a quelque chose d'infiniment plus important qui attend mon réveil.

J'ouvre les paupières, enfin. Habituellement, j'aurais tout fais pour me lever le plus rapidement possible. Pour pouvoir m'extraire de la douce tentation qui m'appel inlassablement. Malgré le brouhaha infernal qui se dégage de l'appareil se trouvant a ma gauche. Bruyant, vibrant, il me somme de résister a cet appel. Le réveil est cruel, dur, implacable. Il ne s’arrêtera pas tant que sa mission n'est pas terminé. Il ne stoppera pas vrillement incessant tant que son maître ne lui aura pas signaler la réussite de son œuvre. Tout les jours il se doit de prodiguer le même appel, que fais en sorte d'oublier jusqu'à ce qu'il s'enclenche. Et cette fois, comme toute les autres fois, il ne me laissera pas tranquille tant que je n'agirais pas.

Je n'ai pas le choix alors. Je tend lentement le bras vers le petit objet, et d'une poussée délicate, j'appuie sur le rond en plastique qui le surplombe, mettant un terme a ses cris frénétiques. Mes pupilles descendent lentement vers le cadran qui compose le corps de l'objet, et je regarde ses bras qui tourne lentement dans un rythme immuable. Qu'elle heure peut il bien être ? Oh, déjà six heure. Comme tous les jours en fait, je me dois de me lever, et prendre mon envol dans la douceur matinale de ce mois de Mai. Je serais vraiment content lorsque j'aurais réussis a poser les pieds par terre, mais actuellement, je vis un vrai calvaire. Je déteste le lever, le réveil, ce moment ou le cerveau passe du mode éteint, au mode allumé. Je me demande souvent ce qu'il se passe dans la tete a cet instant précis. Je me demande souvent si c'est juste un interrupteur qui change de position, ou si c'est un mécanisme extrêmement bien pensé, a la manière de la petite horloge qui me criait dessus il y a de cela dix secondes. Connaissant le corps humain, je doute que cela quelque chose de hasardeux. C'est probablement une mécanique fluide et parfaitement huilé. Comme tout ce que mère nature a crée, il n'y a jamais place a la chance. Je suppose que si je dois me réveiller maintenant, c'est parce qu'une mécanique précise de mon corps a décidé qu'il était temps pour moi de me réveillé. Un message est passé du réveil jusqu'à mon cerveau pour lui indiqué que le moment était venu. Je ne suis pas un grand partisans du hasard. Je suis plutôt quelqu'un de rationnel. Et cette pensée me fait me reprendre. Puisque mon corps me dit de me lever, alors c'est qu'il est temps. Qui suis je pour contredire ce qui est immuable ?

Je redresse mon dos lentement afin de prendre une position assise. J'ai oublié de fermer mes volets la veille, d’après ce que je vois. Les premiers rayons du soleil qui sont de plus en plus matinal percent l'écran de verre de ma fenêtre pour venir échouer contre le sol. Le mois de Mai, le soleil se levé de plus en plus tôt. Quand j'étais plus jeune je pensais que le soleil se levait toujours en premier au pays du soleil levant, le Japon, et j'ai étais vraiment surpris quand j'ai appris qu'il se levait plus ou moins tôt en fonction de la période de l'année. Mon père me l'avait expliqué une des rares fois ou nous avions parlés a table. Oui, on ne parle pas a table. On mange a table et c'est tout. Mais ce n'est pas la question. En apprenant que la terre tournait autour du soleil, et donc que je tournais autour du soleil, je n'avais plus eu la même vision des choses. Je regardais l'astre solaire en plissant les yeux a cause de la luminosité, en me demandant si le fait d'avoir des choses qui constamment lui tournait autour lui donnait le tournis. Cela avait bien fait rire ma mere. Comment une masse gazeuse pourrait ressentir un malaise typiquement animal ? En attendant je n'avais plus jamais regardé ça de la meme façon, et toujours aujourd'hui, je me pose parfois la question en me demandant si aprés tout le soleil n’était pas doué également de sentiments.

Je souris seul en pensant a ce genre d'inépsies que les êtres humains ne perceront sans doute jamais. Ce n'est pas comme si il allait nous répondre. Je détourne le regarde de ces rayons pour me concentrer sur ma condition actuelle, et sur le fait que je dois absolument me lever. Je rêvasse depuis maintenant prêt de cinq minutes, et il est temps de se ressaisir. Je vais utiliser la technique que je fais toujours pour me lever le matin. Je balance lentement mon torse d'avant en arrière, en comptant dans ma tête « un, deux, trois ». Sur la troisième énumération, je contracte mes abdominaux et avec l'élan, me propulse en position debout, laissant la couverture glisser jusqu'à mes pieds. J'ai la tête qui tourne, chose normale lorsque l'on se lève d'un coup, et que le sang remonte soudainement plus vide jusqu'à la tête. Je cligne des yeux rapidement afin de reprendre le contrôle de mon cerveau et de tout mon corps par la même occasion, puis je passe a la phase deux.

Je ferme les yeux en soufflant, avant de me laisser tranquillement tomber en avant sur le tatami qui compose une partie du sol de ma chambre. Je me réceptionne sur les bras en douceur, les pieds quasiment décollés du sol. Je sens la texture âpre du tatami sous les fibres de mes doigts et cette sensation m'aide encore a me réveiller. Ça plus la chute en elle même. Lors du moment ou je me laisse tomber, je sens l’adrénaline du moment me griser et parcourir a toute allure tout les pores de mon corps, me provocant comme un puissant coup de fouet. Je suis en position étendu, comme pour faire une pompe. Je fléchis mes bras pour laisser mon visage descendre jusqu'au sol, sans le toucher. Puis je remonte. Une. Je fléchis mes bras a nouveau jusqu'à ce que mon torse frôle le tatami. Puis je remonte. Deux. Je fléchis une troisième fois, puis quand je remonte, je pousse d'un coup sur mes bras afin de faire un effet d'élan qui me permet de remonter en position debout. Je sens les muscles de mes membres légèrement chaud par l’effort matinal effectué. Mais je me sens surtout totalement opérationnel. Prêt a partir pour une grande journée, que dis-je, un grand week-end.

Il est six heure onze. Il est temps d'aller courir. Je vais jusqu'à l'armoire qui se trouve a coté de l'endroit ou est actuellement mon futon. J'en sors un short propre, de couleur blanc, qui me descend jusqu'au genoux, et passe un tee shirt bleu sans aucune motif distinctif. Je suis toujours dans le neutre le plus absolu, comme a mon habitude. Puis je récupère mes chaussettes. Ma dernière paire propre, ah non il m'en reste une au fond de mon sac. Je ferais une lessive en arrivant tout a l'heure chez moi. Pour le moment, je vais me contenter de ça. J'approche de la cuisine et sort un verre du meuble surplombant la pièce. Je le remplis d'eau et le bois a grandes goulées, sentant le liquide frais déferler dans mes veines. Enfin c'est une impression plus que la réalité, mais je l'apprécie.
Une fois que j'ai bu, je repose le verre et me dirige vers la porte de ma chambre. Je fléchis les genoux pour attraper ma paire de basket, que j'enfile rapidement, avant d'en faire les lacets une a une. Je m'étire une fois, deux fois, puis ouvre la porte. Une fois dans le hall silencieux, je referme a clé derrière moi. Il doit être six heure vingt maximum. La plupart des étudiants sont rentrés chez eux pour le week-end, ou alors dorment encore. Qu'elle idée de se lever a six heure un samedi. C'est ce qu'ils diraient. Mais je ne peux pas me lever plus tard, je n'aime pas trop avoir l'impression de gâcher ma journée, quand bien même c'est agréable de dormir, j'en suis largement conscient avec tout ce que je me suis dis plus tôt. Mais cette fois, cette journée va sans doute être intéressante.

J'ouvre la porte donnant sur l’extérieur. Comme vu depuis ma chambre, le soleil est déjà plutôt haut, et il commence a faire un peu chaud, il doit déjà faire au moins dix huit degrés. Ce sera un été chaud, comme je les détestes. Mais que puis-je y faire après tout ? Ce n'est pas moi qui décide ce genres de choses. Il est temps. Je m'étire encore une fois les bras au dessus de la tête, levant le plus haut possible, puis je pars en petite foulée dans les travées du campus.
Malgré la chaleur, courir me permet de ressentir une légère fraîcheur sur le visage, qui est revigorante. Tout comme le bâtiment ou je vis, le campus est désert, aussi bien a cette heure qu'a cause du jour que nous sommes. Habituellement je croise d'autre joggeur qui comme moi, apprécie la tranquillité de l'heure matinale. Mais même la il n'y en a quasiment aucun. Je suppose qu'ils sont en train de courir prêt de chez eux, dans des environnements encore plus calme, plus naturel. J'ai hâte d’être a demain matin, je vais pouvoir faire le circuit sous les arbres que j’affectionne tant, dans mon village a la campagne. La ou il n'y a absolument rien d'autre que la nature. La ou il n'y a absolument rien d'autre que la tranquillité. La ou si j'ai envie de crier, je peux le faire sans être entendu. Bon, ce n'est pas comme si je criais beaucoup, mais je peux le faire, et c'est un sentiment incroyable de liberté.

Je me rend compte que j'ai déjà couru plusieurs kilomètres Je suis dans la ville a présent. Déserte également, mis a part quelque badaud et les magasins qui commencent a se préparer a une ouverture précédent une journée agité. Le samedi tout le monde est libre, alors il y a encore plus d'activités dans ce genre d'endroit. C'est un peu le coup de feu finalement, comme pour un restaurant. Je n'aimerais vraiment pas travailler dans ce genre d'endroit. Tout les jours un nombres de gens infernal déferlent dans les boutiques, il faut leurs sourires, leurs parler, les aider. Non, ce n'est vraiment pas quelque chose pour moi. Bon, dans ce que je veux faire, dans le droit, parler aux gens sera indispensable, mais au moins ça sera déjà un peu moins fréquent.
Je passe devant la boutique de lingerie en repensant a la veille et aux vendeuses souriante de me voir dans ce genre de magasin. Rien qu'en y pensant je dois être en train de rougir. C’était une horreur, plus jamais je ne ferais ça. Plus jamais. Je passe devant le café ou j'ai vu Natsuki et son ami, puis je remonte la grande rue parallèle a Keimoo. C'est une académie plutôt riche, et les quartiers tout autour le sont tout autant. Ce n'est pas la banlieue riche qui se trouve plus loin, mais c'est loin d’être un bidonville. Je me demande comment perçoivent les gens qui vivent la, le monde. Différemment de moi sans doute, peut être sont ils plus heureux? Enfin, tout le monde a des problèmes, riches ou pauvres, cela ne fait pas vraiment de grandes différences.

Me revoilà sur le campus, les jolies fleurs qui étaient dispersés dans les arbres a la rentrée, il y a de cela un mois, ont disparut a présent. La saison suit son court, le monde suit son court, et je me retrouve sur ce sol a martelait de mes pieds le bitume commençant a chauffer. Il n'est pas loin d’être sept heure trente a ma montre. J'ai couru longtemps dans la ville, plus que d'habitude, j'en suis déjà a douze kilomètres. Mon esprit s'est un peu perdu dans ses songes si bien que je n'ai pas vu le temps passer, j'ai pris des chemins que je n'avais pas pris avant, sans même m'en rendre compte. J'ai couru plus vite que d'habitude aussi, car j'ai étais tout aussi vite tout en faisant plus de distance. Et mon rythme cardiaque n'est pas plus rapide qu'habituellement. Je devrais peut être penser a courir un peu plus le matin, ca sera profitable pour le reste de ma journée.

Je me souviens qu'il me reste encore un peu d'argent de la veille. Je l'ai prise avant de partir et les pièces se heurtent dans ma poche depuis maintenant plus d'une heure. J'ai faim, je vais aller acheter de quoi me sustenter. Je ne suis pas loin de la supérette, c'est parfais. J'y vais directement en continuant de courir. Je ne suis vraiment sur qu'elle soit ouverte mais pourquoi pas après tout. Et en effet, c'est bel et bien ouvert, je passe les portes automatisés et me retrouve dans la fraîcheur du bâtiment commercial. Le vendeur derrière le comptoirs semblait arriver au bout de sa nuit. La tête légèrement chancelante, les yeux bouffies, il semblait qu'il était celui qui gardait la boutique durant la nuit. Je suppose que son successeur allait bientôt arriver. Je lui fais un petit signe de tête. La politesse n'a jamais tué qui que ce soit et en plus je suis sur que fatigué comme il a l'air de l’être, un peu de sympathie le rendra sûrement plus content.

J'avance dans les différents rayons, cherchant de quoi me faire un petit déjeuner rapide. Des fruits premièrement. Des vitamines. Des clémentines seront parfaites. C'est pas vraiment la saison, mais c'est pas comme si les pesticides respectaient une saison quelconque. Ensuite je me dirige vers les boissons avant d'attraper une bouteille d'eau aromatisé a la pomme. J'en frissonne rien que d'y penser, rien que de me remémorer la sensation que j'aurais lorsque le breuvage se déversera dans mon corps. Qu'est ce que j'adore ça. Je prend un sachet contenant du bain et deux sachets de beurre en dosette individuelle. Je pense que j'ai tout, cela devrait aller, je me dirige donc vers le comptoirs de l'homme qui semblait m'attendre. Il me sourit en me disant un « bonjour » et en prenant mes achats qu'il scan a l'aide de la machine, d'une certaine dextérité. La force de l'habitude je suppose. Une fois fait il me demande de lui donner le prix de mes produits, soit sept cent quarante trois virgule vingt cinq yens. Je lui donne mes pièces avant de le remercier et de ressortir a l’extérieur, sous la chaleur qui ne fait qu'augmenter. Le sachet sous le bras, je décide de ne pas courir jusqu'au bâtiment ou je vis, histoire de ne pas trop secouer mes aliments. Ainsi c'est en marchant tranquillement que je reviens jusqu'à la grande porte gardant l'entrée de ma résidence.

Le temps d'ouvrir la porte, de traverser le hall, puis d'introduire la clé dans la serrure afin d'ouvrir la porte, et enfin de l'ouvrir, puis de refermer derrière moi avant de tout poser sur la table, il est huit heure passé. Oups, je suis en retard, j'avais dis a Aslinn de me retrouver a neuf heure. Je vais devoir faire en sorte d’accélérer la cadence si je ne veux pas la faire attendre. Je place le beurre et la bouteille d'eau aromatisé dans le frigo quasiment vide, puis je le referme, et enlève mon tee shirt, mon short et mes sous vêtements, avant de me diriger vers la salle de bain. Une fois a l’intérieur, j'allume l'eau et attends une petite minute qu'elle chauffe, puis je fais un pas en avant afin de rentrer dans la cabine. Quelle bonheur. Il n'y a rien de plus agréable que de sentir l'eau brûlante sur sa peau après un effort physique. Je lève le visage vers la tête de douche en fermant les yeux afin que tout mon corps soit recouverts du divin liquide. Je sens ma peau rougir sous la chaleur de l'eau, un peu comme une écrevisse qui attend avec crainte l'heure d’être frit, sauf que la c'est totalement volontaire et...oui en fait ce n'est pas vraiment comparable, je ne suis pas vraiment effrayé de mourir a cause de cette eau brûlante.

La douche dure une bonne dizaine de minutes, j'ai beaucoup de mal a m'en extraire. Mais a la manière de mon réveil ce matin, je me fais violence et fini par, dans un mouvement d'une difficulté quasi inhumaine, a appuyé sur le levier qui contrôle l'arrivé d'eau, afin de stopper le liquide. Je sors de l'habitacle et attrape une serviette. Je me regarde dans le miroir d'un œil éteint. Ma mère va encore me dire que je ne mange pas assez et que je n'ai pas assez de gras. Je soupire, c'est plutôt habituelle maintenant d'avoir ce genre de réflexion de sa part. J'attrape un caleçon propre, puis j'enfile un jean classique, bleu, puis enfin je met un tee shirt blanc également habituel pour moi. Juste en dessous de ce tee shirt, contre ma peau, j'accroche ma ceinture de poids habituelle, celle de cinq kilogrammes qui me sert e dehors des entrainements, celle des entrainements en faisant dix. Je met alors la dernière paire de chaussette qu'il me restait et que j'avais mis de coté un peu plus tôt ce matin la, et je me dirige vers la partie cuisine.

Je sors un grille-pain d'un des placards et prend le pain qui était resté dans le sachet sur la table. J'en découpe des tranches de tailles plutôt égales, avant de les mettre dans l'appareil. J'ai toujours mangé du pain grillé au petit déjeuner. Ceux qui mangent du riz et du poisson dés le matin, histoire d'avoir un énorme poids sur l’estomac pour tout le reste de la matinée, je ne sais pas du tout comment ils font. Enfin, pour ceux qui se lèvent pour aller dormir dans une salle de classe ou dans un bureau. Pour faire du sport, forcément c'est moins évident. Et je ne trouve pas ca vraiment équilibrer, même si c'est plutôt japonais de manger de la sorte.
Mes pensées sont interrompus par le son du grille-pain et la chaleur qui en émane. Le pain saute en l'air, signifiant qu'il est fin prêt. Je le prend en jonglant un peu avec en allant jusqu'à la table, me brûlant au passage les doigts, et les laisses tomber sur le bois prêt du sachet de course. J'ouvre le frigo qui est juste a coté afin de récupérer la bouteille et le beurre et je m'assois en commençant a étaler ce dernier sur le pain. Il fond au contact de a chaleur du pain et commence a faire sortir une douce odeur de matin dans la piece. Cette odeur de déjeuner caractéristique. J'attends qu'il refroidisse un peu tout en épluchant une clémentine. Puis aprés l'avoir mangé, je bois une gorgée d'eau et je mange ainsi mon repas matinal. Il est huit heure et demi. J'ai mis trente minutes pour prendre ma douche et déjeuné, et il m'en reste autant pour préparer mes affaires et sortir a l’extérieur du bâtiment pour attendre Aslinn. Je me demande si elle est vraiment motivée pour ce voyage, a vrai dire je me demande encore si elle a accepté de gaieté de cœur ou juste pour me faire plaisir.

Je me lève et m'étire encore. Ma journée a commencé il y a déjà deux heures, et j'ai l'impression pourtant que je viens de me lever. Avoir une bonne hygiène de vie m'aide sans doute a ressentir cette sensation. Je reprend une gorgée avant de me diriger de nouveau vers mon armoire et de me mettre a fouiller dedans jusqu'à parvenir a y trouver un sac de voyage vide. Celui que j'utilise depuis des années, depuis mon premier internat au lycée en fait. Il est assez grand pour mettre pas mal de vêtements dedans, une grande quantité même, qui m'a d'ailleurs permis de tenir tout ce premier mois de cours sans faire une seule lessive. Je n'avais pas vraiment envie d'y aller, afin d'éviter de tomber sur des gens. Du coup j'avais mesuré le nombre de tee shirt, de pantalon et de sous-vêtements dont j'aurais besoin. Bon en fait si, j'avais du faire une lessive, mais je m'étais arrangé pour y aller très tard le soir, histoire d’être sur de ne tomber sur personne. Du coup je suis vraiment a court de stock, et rentrer chez moi me permettra de repartir sur de bonnes bases. Je déteste mettre des vêtements sales, du coup j'ai beaucoup de fringues rapiécés que j'ai récupéré a droite et gauche, nous n'avons pas vraiment les moyens d'acheter beaucoup de neuf. J'ai du faire un effort en venant ici. Ce n'est pas un endroit ou se promener avec des vêtements composés de plusieurs tissus différents donne une bonne image de soi. J'ai acheté des tonnes de tee shirt premier prix, tous de la même couleur. Je recouvre toujours ça par les 3 ou 4 mêmes pull qui tournent durant les journées de cours. On ne peux pas dire qu'ils se salissent beaucoup. J'attrape a la pelle mes vêtements qui sont rangés de façon disparate dans leurs habitacles et les fourres dans le sac, avant de mettre par dessus ma tenue de kung fu, et mon poids d’entraînement. Je vais pouvoir profiter du temple j'espere.

En effet a l’arrière du temple il y a un dojo. Auparavant il était utilisé par les écoles, mais quand le temple a était privatisé, racheté par quelqu'un, alors les établissement scolaires ont du en construire pour pouvoir continuer a pratiquer certaines disciplines. Et dans ce dojo inutilisé, j'ai installé de quoi m’entraîner. J'en ai eu l'autorisation par le propriétaire, puisque m'a mère en est la gardienne. A part moi personne n'y va jamais, alors je suis tranquille. J’espère pouvoir faire une séance demain matin après mon footing. Mais je ne veux pas ennuyer Aslinn, donc on verra, je vais peut être me lever plus tôt pour pouvoir finir avant son propre réveil. Je n'ai pas envie de l'ennuyer avec ça, déjà qu'elle a l'air d'avoir plutôt souffert de son premier entraînement. Oh, je ne l'ai pas vu depuis d'ailleurs. Elle a du avoir une séance depuis. Je l'ai raté ou alors elle n'y ai pas allé ? Hum, je l'ai sas doute raté, il y a un soir ou je ne suis pas aller au dojo pour travailler un devoir, c’était peut être ce jour la. J'aurais du lui donner un peu de crème, j’espère qu'elle ne souffre pas trop des courbatures. Enfin je vais vite le voir. Quelqu'un souffrant de ce genre de douleurs est plutôt renfrogné. Enfin c'est comme ça que je suis personnellement, même si ça ne pose pas de problèmes puisque personne ne le vois jamais. Et j'ai toujours plus ou moins réussis a éviter d'avoir ces douleurs trop longtemps. Pourvu, que ça continue, j'ai l'habitude maintenant au pire.

Bon, il est neuf heure moins cinq. J'ai réussis dans les temps. Je me bat avec la fermeture de mon sac pour parvenir a le fermer. J'aurais peut être du mettre le poids au fond en fait, il bloque un peu la fermeture est n'est pas très modulable. Je met cinq bonnes minutes a parvenir a enfin le fermer, puis je le porte jusqu'à l'entrée avant de revenir au centre de la pièce. Je fais le tour du regarde et commence a ranger, histoire de ne pas avoir a le faire en rentrant. Le grille pain retourne dans son placard, je fais en sorte de ranger convenablement les vêtements dans le placard de façon a ce qu'il n'y ai pas trop de bazars, et j'en profite pour prendre ma veste que ma mère m'a offert pour mon entrée a Keimoo. Il fait froid la nuit, et j'aimerais bien aller me promener pour voir le grand arbre a la sortie du village, celui recouvert de lucioles luminescentes la nuit. J'adore ce spectacle qui a lieu quand il commence a faire chaud, j’espère que ce sera déjà le cas. Je pose ma veste sur mon sac devant l'entrée avant de retourner sur mon tatami et de prendre mon futon avant de coincer les draps de chaque coté puis de le glisser sous le tatami que je soulève. De cette façon, si quelqu'un vient, il me volera pas mon lit. Je souris de cette idée, qui volerait un futon sérieusement ? Surtout un comme ça, il est plutôt vieillot. Mais je l'aime bien, encore une fois, il me suit depuis plusieurs années maintenant et il a une valeurs sentimentale. Il ne m'a jamais abandonné. Je ris encore avec ces pensées farfelu. Bon, je crois que finalement j'ai fini de tout ranger. J'attrape mon sac que je passe sur mon épaule a l'aide de la bretelle, la veste étendu sur ce dernier dans le sens opposé pour ne pas qu'il tombe. Puis je prend la clémentine qu'il me reste et la bouteille d'eau aromatisé, et j'ouvre ma porte. J’éteins la lumière, puis après un dernier regard, sur la pièce sombre que je salut du regard, je ferme derrière moi a clé, avant de glisser le morceau de fer dans ma poche.

Je me tourne dans le hall. Il n'y a toujours personne, a croire que tout le monde est mort dans ce batiment. Je soupire de soulagement, je n'aurais pas a répondre a la question bateau qu'on aurait pu me poser « oh, tu vas en voyage ? Oh, tu rentres chez toi ? » oui, comme beaucoup d'autres personne ici. Ce genre de questions m'énervent, elles ne sont la que pour faire la conversation. Si il n'y a rien a dire, autant ne rien dire c'est plus simple. Bon aprés je suis le premier a parler pour ne rien dire quand je suis avec quelqu'un et qu'il y a un blanc. C'est encore plus gênant les blancs.

J'ouvre pour la dernière fois la porte du hall principal. Le soleil est désormais haut dans le ciel. Il doit être environ neuf heure maintenant. Aslinn n'est pas encore la, parfais, je n'aurais pas voulu la faire attendre. Je m'assois sur les marches en attendant son arrivé, et j'en profite pour manger ma clémentine. Mon regard avalé par cette couleur orange qui me rappelle un peu la jeune femme qui va bientôt me rejoindre. J’enlève la peau avant de manger les quartier un par un puis de jeter ce qu'il reste dans une poubelle juste a coté. Puis je débouche encore une fois la bouteille pour en boire une gorgée. Je suis vraiment amoureux de ce goût, de cette sensation qui me transperce de part en part, cette sensation de plaisir incroyable.

Bon, je n'ai plus qu'a attendre, je me suis plutôt bien débrouillé niveau timing finalement. Je pense au trajet que l'on va prendre. Le train sera sans doute bondé. Je crois qu'il y a une bonne heure de trajet. Je ne me souviens plus j'étais trop stressé pour calculer le temps que j'avais mis a l'aller. Peut être deux heures en fait. Je me rappel avoir tiqué quand le train était a l’arrêt de Akihabara, le quartier des otaku. Je voyais tout ces gens la tete plongé dans des mangas, ou dans le shonen jump. J'aimerais m'abonner a un jump. Le shonen jump ou le weekly jump sans doute. Depuis que je suis enfant je lis beaucoup de mangas, il y a une bibliothèque ou il y en a beaucoup prêt de l'endroit ou je vis, et je dois avoir absolument dévoré toute leurs collections. J'ai aussi regardé beaucoup d'animé, malheureusement rarement dans l'ordre, étant donné que je devais attendre les horaires de la télévision, n'ayant pas d'ordinateur. Je m'étais souvent dit que la première chose que je ferais plus grand, etait de m'en acheter un pour pouvoir passer mes journées a regarder ce que je voulais. J'ai vite compris que je ne pourrais pas m'en acheter avant très longtemps. J'ai vite compris que je ne pourrais sans doute pas regarder toute la journée même si j'en avais un.
J'ai évité d'aller dans ce quartier, ayant peur de mourir d'envie devant des séries en tout genre, et n'ayant pa l'argent pour les acheter, me frustrer plus qu'autre chose. Mais je pense qu'il faudra que j'y aille un jour, juste pour avoir le droit de dire « je l'ai fais ! »

Ce n'est pas si extraordinaire, des dizaines de millions de personnes vont a Akihabara tout les jours, mais pour moi je suis sur que cela me fera une émotion particulière. C'est le seul quartier que je connais vraiment en dehors de ceux que j'ai visité, je me suis tellement documenté sur lui. Je ne sais même pas ou passe le train de dehors de cet endroit, je ne m'y intéresse pas.

Je pense alors a la deuxième partie du voyage, lorsque nous serons sortis de la ville pour la campagne. La ou il y a des arbres et des fleurs partout, ou la nature garde ses droits, et ou il n'y a pas mille personnes par kilomètres carrés. C'est ça que je déteste des grandes villes, trop de monde. Mais on s'y fait, on a pas vraiment le choix. Quand on va sortir de la ville, que la majorité des gens seront descendu et qu'il y aura assez de places pour s’asseoir et profité des grandes étendus de la campagne Japonaise. Oui, j'attends sa avec plutôt pas mal d'impatience.

Je me demande encore comment elle va trouver la campagne Japonaise, la ou il y a peu de chose a faire a part faire des balades. Je souris, j'espere qu'elle aime les balades, parce qu'elle va en avoir pour son argent. Si elle s’ennuie au pire je trouverais bien quelque chose pour l'occuper. Il y a cette fille aussi que je vais sans doute devoir aller voir, ma mère va m'y obliger. Mika. Une totale hystérique. Elle me courait après quand on était plus jeunes, elle était vraiment garçon manqué. Elle voulait se battre ou faire des choses de garçons, avec ses cheveux court et ses traits plutôt dur pour une fille, je me souviens qu'elle tait souvent prise pour un garçon. Depuis combien de temps je ne l'ai pas vu....cinq ans? Plus même je crois. Je vais faire en sorte qu'elle évite Aslinn, je n'ai pas envie de lui infliger cette rencontre.

Je me souviens de cette fois ou j'avais escalader un arbre pour lui échapper, c’était une journée de vacances, je devais avoir dix ans. Ma mere la laissait toujours rentrer si bien que ma maison n’était pas un endroit sécurisé. J'étais donc partis dans le village en espérant lui échapper. Mais elle était tenace, très tenace. Toute la journée on a joué a un cache-cache géant, et ma dernière possibilité était de me cacher dans les feuillage d'un arbre que j'ai mis une heure a escalader. Et une fois en haut parfaitement camouflé, je la regardais passer en dessous en criant mon prénom. Malheureusement, quand est venu le moment de redescendre, j'ai perdu le sourire, impossible de le faire tout seul. Je me suis néanmoins forcé et je tombé sur plusieurs mètres, rentrant en sang chez ma mère qui m'avait regardé attéré en écoutant l'histoire que je ne pouvais pas camouflé. Trop honnête. Elle m'avait alors forcé a rester auprès de Mika durant les deux jours suivant pour m'excuser. J'avais donc passé deux jours a la suivre partout la mine basse, écoutant ses histoires. En vérité, je crois que je l'aime bien. Elle m'a toujours énervé, mais au final, elle était quand même la. Et bien que je ne voulais parler a personne, je suppose qu'un être humain ne peux pas vivre seul. Alors les journées d'écoles passaient quand même plus vite avec elle qui me suivait comme mon ombre. Je ne sais pas pourquoi elle le faisait comme ça avec moi, je ne lui ai jamais vraiment parlé de moi même, ne suis jamais allé vers elle, mais pourtant elle a toujours eu cette attirance amicale envers moi, et pour ça je pense qu'au final, je ne peux que la remercier. Enfin, comme si j'allais lui dire, jamais de la vie. Bon je suis quand même un peu curieux de voir a quoi elle ressemble maintenant, elle doit avoir dix neuf comme moi, elle doit ressembler a une femme et plus a la petite fille qui se trouve dans mes souvenirs.

Je reprend une gorgée, elle ne devrait plus tarder. Je me lève en m'étirant et en regardant les alentours. A présent il y a quelque personne qui marchent ici et la, sous le soleil implacable qui frappe le sol de ses rayons. Je me lève lentement en m'étirant les bras, puis je marche de quelques pas en avant, puis en arrière, histoire de me dégourdir les jambes. En attendant, je vérifie encore une fois si j'ai bien assez d'argent pour nous payer le train a tout les deux, ce serait dommage de ce trouver coincés par un billet de train inexistant. Bon, il semble que j'ai assez, tant mieux.
Je me met a penser qu'elle ne va peut être pas venir, c’était peut être une blague ou quoi....elle a dit ça pour me faire plaisir et que je n'ai pas a insister pour qu'elle n'ai pas a refuser plus ardemment. Il est déjà neuf heure quinze. Elle ne viendra peut être pas en effet.

Je leve le visage vers le mur en face moi, et l'horloge qui trône en son sommet. Et l'heure qu'elle indique est huit heure cinquante huit. Je baisse le visage jusqu'à ma montre. Neuf heure seize. Je suis un idiot, ma montre avance d'un bon quart d'heure. Elle n'est pas du tout en retard, c'est moi qui suis largement trop en avance. Je respire un petit peu plus sereinement en m'insultant intérieurement. Comment peut on être aussi stupide? Je me suis inquiété pour rien tout seul comme un idiot. Je ne pense pas qu'elle est du genre a ne pas tenir ses promesses. Elle va venir. Je ferme lentement les yeux et baisse le visage vers le sol avant de me les frotter avec les poings fermés. Je souffle a un rythme régulié en me disant que si elle savait que j'avais douté d'elle, elle m'enfoncerait encore la tête dans un évier ou un lavabo. Je souris lentement a cette idée. Bon, je l'avais mérité a vrai dire. Enfin je crois, ou alors elle est particulièrement sadique. Possible. Je réajuste ma ceinture autour de mes abdominaux avant de m'étirer encore. Je suis vraiment bizarre aujourd'hui a toujours m'étirer, comme pour me donner de la contenance. Je passe alors mon doigt sur mon sourcil, puis tire un peu sur le col de mon tee shirt. Je suis prêt a la recevoir, je vais être cool, et lui présenter le Japon, lui faire découvrir ce pays de la meilleure façon possible, depuis sa campagne. J’espère que maman n'en fera pas trop, sinon je vais encore avoir honte. J’espère aussi qu'Aslinn ne fera pas ces choses gênantes, comme relever son tee shirt devant moi ou me tirer sur les joues, sinon je vais sans doute encore rougir.

Je lève lentement les yeux vers le ciel, et observe le soleil. Oui, ce week-end  va sans doute être un week-end  intéressant. Je souris alors d'une façon sincère et claire, attendant la suite des événements.


Dernière édition par Satoshi Sakutaro le Mer 5 Avr 2017 - 13:30, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Un séjour a la campagne   Ven 13 Mai 2016 - 22:04

"Throw away your televison
Time to make this clean decision
Master waits for it's collision now"

Sursaut.
Mon buste remonte d'un coup. Mon bras se temps jusqu'à mon portable. Couper mon réveil.  Je met toujours la musique de me réveil très fort pour être sûre qu'il me réveille bien, mais c'est à chaque fois aussi violent. Mais je ne veux pas non plus mettre de musique douce ou réduire le volume. Et si je ne l'entends pas ? Il y a des fois où se réveiller est nécessaire. Comme maintenant.  

Mon doigt glissé sur mon écran.  Les Red Hot  ont fermé leur gueule. Désolée pour eux. J'aime beaucoup le groupe, mais la, tout de suite, je n'ai pas besoin d'eux.  Mon dos retombe en arrière. Soupir. Il va falloir que je me lève.  Je me donne cinq minutes pour me lever. Sinon je ne me lèverais pas. Mais aujourd'hui, je dois me lever. Pour une fois, j'ai quelque chose de prévu.  Pas juste le néant de la solitude ou l'ennui des cours. J'ai une raison valable de me lever. Donc je me lèverais.  Dans cinq minutes.
Je referme les yeux et expire une fois de plus.  
Non en fait. Si je ferme les yeux, je vais me rendormir. Il faut au moins que j'allume ma lumière. Il faudrait que je l'allume. Je déteste l'architecte qui a fait les bâtiment d'avoir mis l'interrupteur aussi loin de l'endroit ou se trouve la tête de mon lit.
Aller. Action. Va appuyer tes doigts sur le petit carré blanc. Bouge toi. C'est maintenant. Pas dans cinq minutes, parce que si tu e le fait pas maintenant, mais dans cinq minutes tu dormira. Et à priori, tu n'es pas somnambule.
Debout. Parvenir à cette position signifie relever son dos, passer ses jambes hors des draps, créé un contact avec le sol. Faisons donc ça. Je remonte mon dos comme la première fois, mais bien moi rapidement, et surtout, consciemment. C'est beaucoup plus dur. J'aurais préféré ne pas avoir à être consciente de cet effort. Mais bon.  Le plus dur est fait. Enfin, quoique.... il faut encore que je me mette debout. Je décalé mes jambes sur le côté et fait tomber mes pieds nu sur le sol.  Contact dur, froid. Pas vraiment agréable, mais supportable. Mes jambes sont hors de l'espace - lit.  Hors de l'endroit chaud dans lequel j'ai passé la nuit. J'ai froid. Je dors en short, mais le matin, l'air est froid. Et qu'importe le nombre de fois où je me fait la remarque, ça ne change rien. Mes poils se hérissent toujours de la même façon, et je ne change rien.
Je me prépare psychologiquement à me lever. Contracte tes muscles. Fait usage de ce que la nature t'a donnée pour accomplir ta tâche.  C'est possible. Ce n'est pas inhumain. Aller appuyer sur un interrupteur. Un jour, j'irais mèche ter une lampe de chevet. N'avoir que la grande lampe ventrale et une plus petite sur le bureau n'est pas suffisant. Mais ce n'est pas la question du moment.
Aller. Debout.
Le passage direct de la position assise à la position debout me fait passer un flou devant les yeux. Je ne dois vraiment pas être réveillée. Ma vision redeviens nette en quelques secondes.  Aller. Va allumer cette fichue lumière. Je me déplace jusqu'au mur ou celui qui a imaginé cette endroit à décidé de place la commende lumière.  L'interrupteur quoi.  J'appuie dessus. La pièce s'éclaire. C'est au moins aussi violent que la musique à fond de mon réveil.  Je ne me ménage pas vraiment le matin.

Je retourne vers le lit et m'affale tête la première dans mon cousin. J'ai droit à mes cinq minutes maintenant.  

Je me retourne sur le dos, montant entièrement les jambes sur mon matelas. Je ne repassé pas sous la couverture, mais pose mon bras au dessus de mon visage pour diminuer l'arrivée de lumière sur ma rétine.

Je suis contente que cette journée commence en fait. Même si je n'aime pas avoir à me réveiller, ce matin, je le supporterais.

Les cinq minutes s'écoulent bien trop vite. Je voudrais prolonger ma semi-inconscience. Je vais la prolonger. Mais pas dans mon lit. Autant continuer à végéter, mais constructivement.  Je vais aller finir de le réveiller dans la douche.
Sauf que pour ça; il faut se relever.

[Interlude]


L'eau chaude coule long de ma peau. Il suis les volumes de mon corps, dans une chute inarrêtable, son destin. Les égouts.  
Je me fiche éperdument du destin de l'eau.  Juste, je sais que j'aime ce contact chaud sur tout mon corps. Je laisse l'eau couler. De toute façon, je peux utiliser autant d'eau que je veux. Un nuage de vapeur commence à s'élever.  Quand le miroir est entièrement recouvert de buée, je considère l'option de mettre un terme à cette douche  qui a déjà bien durée. Sauf qu'au final, perdue dans mon esprit, profitant de l'eau chaude, je ne me suis même pas lavée. Je prends savon et shampoing; et les applique chacun leur tour à ceux à quoi ils sont supposés servir. Il va falloir que j'aille me racheter du shampoing.  Je vais bientôt ne plus en avoir.
Je fini de me rincer et sort de la douche,  enroulée dans ma serviette. La buée se déverse dans ma petite chambre.  Les volets sont encore baissés. Je fini de me sécher et enfile des sous - vêtements.  Je met de la musique sur mon portable, que je connecte à une petite enceinte. Je laisse les Red Hot Chilli Pepper continuer leur chanson de tout a l'heure. Puis je vais lancer de l'eau à bouillir. Comme ça, elle chauffe le temps que je m'habille.  Ce qui ne va pas prendre très longtemps. Je ne suis vraiment pas le genre à passer cinq ans à choisir des vêtements. Un jean, un T-shirt.  C'est tout. On ne va pas se compliquer. Un rapide coup d'œil sur mon portable m'indique l'heure.  Huit heure vingt. J'ai le temps. Je dois le retrouver à neuf heure.  C'est mon timing habituel. Réveil à 8h, normalement à 40 j'aurais fini de manger de de m'habiller. Oui. Les deux en même temps. D'habitude, je prends mon petit déjeuner au self, mais comme c'est le week end, j'ai décidé que je le prendrais chez moi aujourd'hui.  J'ai largement de quoi me faire un petit déjeuné dans ma chambre.
L'eau à fini de bouillir. J'ai eu le temps de mettre un jean. Jean bleu foncé, coupe droite. Pas vraiment féminin, mais ça nets pas mon problème. Je n'ai pas trouvé mon T-shirt. Il soit être quelque part dans ma chambre. Je met de l'eau dans une tasse et met du thé a infuser. Je me lance à la recherche de mon T-shirt. Je veux mon débardeur.  Je n'en ai pas beaucoup. Trois au total je crois; tout mes autres T-shirts ont des manches. Je fini par le trouver. Il c'était caché sous le sweat que j'avais hier soir pour ne pas avoir froid.  Rayé bleu clair et blanc, avec de bandes larges d'environ cinq, sept centimètres.  Je le rentre dans mon pantalon. Puis, j'enfile par dessus ledit sweat, celui qui cherchait à cacher mon débardeur. Large, confortable, neutre.  Gris foncé, il n'a pas de fermeture éclairé et ne s'ouvre pas. Il me tiendra chaud pour le matin. Nous sommes encore en avril.
Mon thé doit être près.  Je retire le sachet et trouve mon paquet de petits pains au chocolat. J'en mange deux et bois mon thé.
Huit heure quarante deux. J'ai le temps encore. Je dois le retrouver à neuf heure à l'entrée de l'académie. Partir cinq minutes plus tôt est plus que suffisant.  

Il faudrait peut être que je fasse mon sac un jour. Il n'est toujours pas fait.  Enfin, je pars un week end. Ça n'est pas très compliqué un sac pour deux jours. Je prends des sous - vêtements, un T-shirt de rechange, des chaussettes.  Chaussettes. Je mets des chaussettes à mes pieds aussi. Je rajoute un gilet plus léger que je pourrais porter en plus de mon sweat si j'ai froid, mes affaires de toilette (brosse à dent, dentifrice, etc...) Je n'ai pas besoin de grand chose. Mon sac à dos que j'utilise pour les cours est plus que suffisant.  Huit heure cinquante.
J'ai oublié de me laver les dents. Je ressort ma brosse à dent et m'effectue. Je la remet dans mon sac. Ce passage devant le miroir de la salle de bain ma dit que mes cheveux commençaient à être vraiment trop long. Il me semble que j'ai un élastique dans la poche de ma veste.
En effet.
Je le prend et le glisse autour de mon poignet. Je remonte mes cheveux. Oui, ils sont tellement longs que je peux me faire une petite couette sur l'arrière de la tête. Il va falloir que je les recoupe. Mais je n'ai pas le temps maintenant. Et comme je me connais, je sais que je ne supporterais pas des les avoir aussi longs qui traînent autour de mon visage à longueur de journée. Je passe l'élastique au dessus de mes doigts et viens faire trois tours autour des cheveux que je peux attachés. On ne peux pas vraiment appeler ça une queue de cheval, mais au moins, ça tiens.  Tout le bas de mon crâne,  de la nuque, jusqu'au dessus de mes oreilles à peu près avais été rasé à sept millimètres. Il font ah moins deux centimètres et demi maintenant. Oui, il va vraiment falloir que je recoupe tout ça.  Mais pour l'instant, les cheveux les plus longs sont  accrochés. Mes boucles sont un réel bordel, mais j'ai arrêter de luter il y à trop longtemps.  Huit heure cinquante six. Il faut que j'y aille. J'enfile mes docs rapidement, sans faire les lacets -ça prendrait trop de temps, et en plus il faut se baisser- et mets ma veste en jean par dessus mon sweat.  Je prends mon sac, éteins la lumière et sorts. J'ai oublié mon casque.  Je ne survivrai pas sans. Je retourne dans ma chambre et le récupère. Même pas besoin d'allumer la lumière, je sais tout à fait où il est. Je le fait passer autour de mon coup et ressort.  La différence d'éclairage entre les deux lieux me fait remarquer que je n'ai même pas ouvert les volets de la chambre.  Pas grave. Comme ça je n'aurais même pas besoin de les fermer en revenant. Je ferme la porte à clé puis me dirige vers la sortie. Mon portable indiqué neuf heure une. Je suis en retard.  Mais franchement, ça va. J'ai plutôt bien géré mon timing. Il fait beau dehors. Le soleil commence à taper. Mais ça reste avril. Un avril bien entamé mais avril quand même. Une légère brise souffle. Je m'approche de l'entrée. Il est la. De dos, il ne me vois pas. Pas encore. Je m'approche.

- Hello darling !

Mon ton est enjoué. Je suis de bonne humeur.  Je souris. Je lui souris beaucoup trop depuis qu'on c'est croisé. Mais j'aime bien lui sourire. Il me donne envie de sourire.

 - Je suis désolée, je suis un peu en retard je crois.  

Mon ton lui, n'est pas vraiment désolé. C'est une excuse symbolique.

 - On y va quand tu veux. Je te suis.

Même sourire. Oui, je suis contente d'aller voir ailleurs un peu. Et d'aller avec lui. Je vais m'amuser.
Tant que ça ne devient pas prise de tête... parce que techniquement, je ne suis jamais vraiment allée à la campagne. Mais j'ai confiance.
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MessageSujet: Re: Un séjour a la campagne   Sam 14 Mai 2016 - 17:33

Hello darling !

Je sursaute, alors que toute mon attention était dirigé sur le magnifique mur blanc qui fait la juxtaposition entre l’intérieur et l’extérieur du campus. Je crois que quand on est sous l'emprise du stresse, ce genre de chose, enfoncer son regard, rester braquer sur un point précis, aide a se détendre. Mais pour le coup on ne peux pas dire que ce soit une réussite, je n'ai jamais autant stressé de ma vie. Enfin si, j'ai largement plus stressé dans ma vie, mais ce n'est pas ce qui me saute a l'esprit en ce moment même. Je crois que c'est quelque chose d'habituel lorsqu'on se sent mal et sous pression, notre esprit ne se souvient plus vraiment des fois précédentes ou nous avons ressentis ce malaise, totalement accaparé par le malaise actuel. Ou encore quand on se blesse, et qu'on se dit «oh non, encore? Pourquoi c'est toujours moi?» alors qu'en fait cela fait des années que ça ne nous ai pas arrivé. C'est étrange, mais pourtant c'est une façon de pensée très humaine, et je ne peux pas y couper apparemment. J'inspire puis expire lentement avant de me retourner vers mon amie :

- Oh, Aslinn - chan, comment vas tu ce matin ?

Je lui souris tandis qu'elle me dit qu'elle est désolé d’être un peu en retard. En retard, vraiment? En vérité c'est moi qui suis beaucoup trop en avance. Puisque ma montre est apparemment quinze minutes en avance. Mais je vais éviter de lui dire, pas besoin de passer pour un idiot d'avantage. Je m'étire lentement encore une fois avant de tirer sur le col de mon tee shirt autant pour le remettre en place que pour me donner de l'assurance. Cela va durer deux jours, je dois éviter de commencer a ne rien dire alors qu'elle vient a peine d'arriver. Elle me dit qu'elle est prête a partir, j'hoche la tête toujours en souriant et je me penche en avant pour prendre mon sac, et je passe la sangle autour de mon cou avant de tourner le contenant afin qu'il soit dans mon dos. Je m'assure que la veste est solidement coincé entre le sac et mon dos afin d'éviter de la faire tomber, puis je dis :

- Et bien on peux y aller alors. Je suppose que tu sais ou est la gare, tu as du arriver par la.

Une idée me passe dans la tête et j'ajoute :

- D'ailleurs, comment as tu trouvés le campus, quelqu'un est venu te chercher ? Cela ne doit pas être évident d'arriver comme ça si personne n'est la pour t'attendre.

C'est vrai, elle a dit qu'elle savait pas mal parler Japonais grâce a une amie qui parle la langue dans son pays, l'Irlande. Mais parler et lire le Japonais sont deux choses extrêmement différentes. Les kanji peuvent tous avoir plusieurs significations, en fonction du sens dans lequel ils sont placés les mots ne veulent pas dire la même chose, il y a même plusieurs types de kanji ! Alors je suppose que retrouver son chemin dix minutes après avoir découvert le Japon, dans une ville aussi grande qui plus est cela ne doit pas être évident.

Tout en réfléchissant a ça, j'écoute la réponse d'Aslinn, en continuant toujours de la regarder sans interruption, jetant un œil sur le chemin de temps a autre histoire de ne pas me cogner contre quoi que ce soit. Une autre pensée me frappe aussi et je plonge la main dans ma poche en cherchant quelque chose de précis, et j'en ressort quelques pièces de monnaie que je tend a Aslinn :

- Tient, c'est pour toi, pour payer le train tu en aura besoin. Ne refuse pas ça me vexerais. Oh et aussi, quand on sera chez moi, ne sois pas gêné par...l'endroit. C'est assez...hum, comment dire...mystique, quand on a pas l'habitude.

En effet, la première fois que des gens viennent et découvrent que nous habitons derrière un temple, ils ne voient pas la maison, mais seulement le temple. Souvent ils pensent même qu'on habite dans le temple de base, et son impressionné, gêné. Non désolé nous ne sommes que les gardiens. Je vais l'expliquer a ma camarade, histoire qu'elle ne soit pas trop surprise.

- Il y a un grand temple dans mon village, au sommet d'une colline. Il a était vendu par la ville et privatisé, et le propriétaire cherchait un gardien. Et a mère a prit le job et depuis on y vit. Enfin, juste derrière, dans une maison de fonction.

J'aperçois la gare un peu plus loin, et le bruit des trains commence a me parvenir aux oreilles. Le temps passe assez vite quand on discute. Oui, lui proposé de venir avec moi était définitivement une bonne idée.

- Mais au moins on est pas gêne par qui que ce soit. Si tu trouves le village plutot vide, vu qu'on est pas beaucoup d'habitants, le temple, lui, est totalement isolé, personne ne vient une fois la nuit tombé. Tu verras, c'est un silence incroyablement relaxant. Et puis ce n'est pas encore l'été, mais il y a aussi les festivals avec les feux d'artifices et toutes ces choses la, et il n'y a pas meilleur endroit que le haut de la colline pour bien tout voir. Je t'y emmènerais cet été, tu verras c'est vraiment bien.

Je m’arrête de parler. Je parle encore et encore depuis tout a l'heure sans vraiment lui laisser la possibilité d'en placer une alors qu'elle a peut etre envie de prendre la parole, ou peut etre qu'elle a envie que j’arrête de parler sans interruption. Je vais donc me taire et attendre de voir si elle n'en a pas marre. Après tout je monologue sur le silence en parlant sans interruption, c'est un peu étrange comme concept.

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MessageSujet: Re: Un séjour a la campagne   Sam 14 Mai 2016 - 23:32


- Et bien on peux y aller alors. Je suppose que tu sais ou est la gare, tu as du arriver par la.

Rire.
Oui, en effet. La gare. Le tram.
Rire. Sarcasme. Ironie. Douleur. Souffrance. Fatigue. Mémoire.  

Quelqu'un est venu me chercher. Oui. Mais ce quelqu'un. Je vais le taper si je le croise. L'insulter de toute mon âme.  Lui sortir les yeux avec une petite cuillère.  Le brûler.  


Sa question me cause un petit rire ironique, très lourd. Je ne ris pas du tout. Je repense à cette horreur.  Puis mes traits se décomposent. Je me retourne et avance de  quelques pas vers le mur. J'irai bien me casser la tête contre ledit mur à ce souvenir.  

Je me retourne vers lui, les traits de mon visage toujours aussi informes, la tête presque baissée. Puis je le regarde.

 - Oui. Quelqu'un est venu. Comme je suis une étrangère qui arrive; l'académie m'avait assignée un étudiant pour venir me chercher.  

Je me prends le front dans la mains. Soupir d'exaspération.

 - Il m'a récupéré, m'a mise dans le tram.  

Je lève les yeux au ciel. Puis ils retombent dans la réalité du monde.

 - Et il est partis. Il m'a littéralement abandonnée. La prochaine fois que je le croise, je le tape. Surtout vu l'état dans lequel j'étais. Trente six heures presque sans dormir. Ça fait mal.  

Je soupire une dernier fois. Je ferme les yeux . Je me tais. On ne va pas en parler plus. C'est le matin,  je suis de bonne humeur. On a pas intérêt à croiser l'autre prêche,  sinon je fait réellement un meurtre.
Écartons cette possibilité. Je préfère profiter du moment.

On commence à avancer. Direction que je ne connais que trop bien. Il faut prendre le tram pour aller à la gare. Marcher un peu, puis on arrive. Je chasse ce souvenir de mon esprit. J'ai envie de redécouvrir l'endroit.  

Satoshi comme à marcher vers l'arrêt.  Je le suit. Il continue de parler. Il me donne de l'argent. Mais je n'en ai pas besoin de ton argent.  J'ai largement de quoi me payer un ticket de train. Je ne suis pas une masse à ce point. Pour une fois que l'argent que je reçoit de mes parents auraient pu servir à quelque chose de la valable. Je ne dirais pas que j'ai trop d'argent. Mes parents ne sont pas radins, mais ils ne m'envoient pas non plus le tiers de leur fortune tout les mois. Ça me gêne un peu de me faire payer mon voyage. Mais j'ai peur de le gêner encore plus en refusant. Donc je me tais. Il le dit lui même.


Puis il enchaîne sur sa maison. Un temple.
Waw.
Il en avait déjà parlé, très rapidement je crois. Mais là. C'est... tellement classe. Enfin, si le temple lui même est classe. Mais je pense que oui. Vu la façons dont il décris l'endroit.  Passer deux jours la dedans. Ça va être génial.  Le Japon que j'ai vu jusque maintenant est complètement différents de l'Irlande, sous pleins de points de vues. Et Parmis ces points de vues, il y a celui notable de la culture. L'histoire du Japon et de l'Irlande n'ont absolument rien à voir. Aller voir un temple. Ça sera fascinant. Je pense. On verra sur place. Mais il n'empêche. Je dois avoir les yeux qui brillent quand il parle. Voir ce genre de chose. Je trouve ça juste génial.  Je ne sais pas où aller, et de toute façon,  j'aurais la flemme de faire la démarche par moi même. Mais je suis vraiment contente d'y aller.
Il parle aussi de cet été. Il projette déjà. C'est mignon. J'y retournerais volontiers.  Enfin, on va voir comment ce passe ce week end. Mais je sens que ça va me plaire. Et puis j'aime l'été. Il fait chaud. On peux sortir en short, même le soir. Je suis de meilleure humeur quand il fait beau. Et c'est encore mieux quand il fait beau ET chaud. L'été quoi.

Il s'arrête de parler. Il attends que je parle aussi je crois. C'est vrai qu'il parle beaucoup depuis tout à l'heure; mais j'aime bien l'écouter.  

 - C'est génial ! C'est un temple comme avec un toit comme ça ?  


Je fait un mouvement avec mes doigts, supposé imiter la courbe des temples traditionnels chinois. Enfin, comme je les imagine. Un peu clichés en fait. Mais c'est classe.

 - J'imagine oui... ça doigt être tranquille du coup.  

Sourire.

 - Et c'est quand tu veux en étOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOH

Je viens de remarquer qu'on est déjà à la gare.  On n'a même pas eu à prendre le tram. La gare n'était pas si loin de l'académie finement.  Ce n'est mas plus mal. Je n'aurais pas aimé prendre le tram. Je ne pensait pas que ça serais aussi rapide à pied. Ceci dit, on a parlé tout du long -enfin,  lui surtout- et peux être que c'est plus direct.

 - Ça à été rapide d'aller jusqu'à la gare. J'avais pris le tram la dernière fois. Je ne pensait pas que c'était aussi près.  

Je le dirige donc vers la gare, passant devant Satoshi ce coup ci.  
J'entre.

 - Je ne suis pas revenue depuis que je suis arrivée. J'étais épuisée. J'ai l'impression qu'elle est différente.

Oui. Je la perçois différemment je pense. Je peux me concentrer sur autre chose que le fait de rester réveillée.
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MessageSujet: Re: Un séjour a la campagne   Lun 16 Mai 2016 - 2:59

Lorsque je commence a parler de comment elle est arrivé a l'académie, au niveau du voyage, et surtout si quelqu'un est venu la chercher, chose qui est selon moi élémentaire dans une question d'étique pour le campus, elle semble soudainement frémir et flamboyer. Elle a un rictus, un genre de sourire qui me fait légèrement m'écarter, tandis qu'elle se retourne alors vers moi avec le visage grimaçant. J'esquisse moi même un sourire, plus discret néanmoins. Avant même qu'elle n'ouvre la bouche, je sais déjà qu'elle va me raconter une aventure plutôt désagréable. Je suis plutôt amusé de voir a quel point j'arrive a lire en elle. Je passe ma main dans les mèches blondes qui me barre le regard en les remontant sur mon front, tout en écoutant ce qu'elle me dit :

 - Oui. Quelqu'un est venu. Comme je suis une étrangère qui arrive; l'académie m'avait assignée un étudiant pour venir me chercher.  

J'avais raison sur ce premier point. Je m'étais douté qu'une école aussi réputé, aussi aisé dans ses infrastructures comme dans sa population se devait d'envoyer quelqu'un accueillir l'arrivée d'un étudiant étranger, surtout quand celui ci ne parle pas un mot de la langue. Enfin en l’occurrence elle si, mais ce ne doit pas être le cas de tous, alors il faut faire un effort pour l'accueil et l'intégration de ces jeunes étudiants. C'est la moindre des choses. Elle frappe presque son front contre sa main, a tel point que je suis tenté de dire en plaisantant quelque chose comme « ne va pas te blesser non plus ! », mais j'écoute la suite avec la même attention :

 - Il m'a récupéré, m'a mise dans le tram.   Et il est partis. Il m'a littéralement abandonnée. La prochaine fois que je le croise, je le tape. Surtout vu l'état dans lequel j'étais. Trente six heures presque sans dormir. Ça fait mal.  

Elle semble ne pas vouloir en dire d'avantage, pourtant je trouve ça amusant. Je l'imagine frapper un garçon plutôt chétif, qui n'a rien comprit a ce pourquoi on l'avait envoyé. Peut être que c’était un genre de test de l'académie ? Ils font ce genre de chose ? Je n'en suis pas persuadé, mais après tout pourquoi pas ? Dans un manga sans doute, avant de rentrer dans une grande école d'arts martiaux avec des combats a mort journalier, ou il faut prouver sa valeur en trouvant son chemin dans une ville remplit de criminels attendant a chaque coin de rue. Oui, ça serait possible. Je rigole un peu, mais je m’arrête ne voulant pas faire croire que je me moque d'elle, ce qui n'est pas le cas du tout :

- Mais tu as réussis a trouver ton chemin, alors haut les cœurs ! Enfin, je veux dire, pas besoin de le frapper, si tu es assez intelligente pour trouver ton chemin, alors tu es plus intelligente que le garçon qui t'a fait cette crasse.

J'hoche la tête pour confirmer mes dires, toujours dans ma politique non violente. Je suis donc repartis sur la description de ma demeure, en m’arrêtant pour ne pas l'ennuyer d'avantage. A quoi bon parler de quelque chose d'ennuyeux, surtout qu'elle va vite la découvrir, et qu'une approche visuelle sera plus pertinente que tout ce que je pourrais raconter. Pourtant elle a l'air de s'y intéresser. Elle me demande même si le temple est comme ce qu'on voit sur les brochures. Parce que oui, la forme du toit qu'elle me montre, c'est typiquement les brochures a touriste qu'il y a dans les agences de voyage. Mais sur le coup c'est ça, un vieux temple poussiéreux qui aurait pu etre un endroit hanté dans une histoire d'horreur, ou personne ne va jamais. Elle semble enthousiaste, et cela me donne du baume au cœur. J'ai vraiment bien fait de l'invité. Si je parviens a faire en sorte que son enthousiasme n'est pas douché, alors je serais vraiment satisfait.

Elle se rend soudainement compte que nous sommes déjà arrivé a la gare. Le temps passe vite comme elle dit.

- En fait, la plupart des gens prennent le tram parce qu'ils sont fatigués de marché, alors bon, ce n'est pas étonnant que beaucoup t'aient dis de prendre le tram obligatoirement. Personnellement je marche autant que je le peux, c'est bon pour le corps la marche.

Et plus économique, ce n'est pas comme si je pouvais me permettre de prendre le tram tout les jours, mais évitons trop de parler de mes problèmes d'argents pour le moment, elle va de toute façon vite s'en rendre compte. Je souris a sa dernière réflexion en répondant :

- C'est comme ces enfants qui ont l'impression que l'endroit ou ils jouaient jeune était immense et quand ils reviennent adulte, trouvent l'endroit extrêmement petit.

Je lui souris en approchant du guichet et en demande un billet pour Ikebana au guichetier. Celui ci me regarde lentement en fronçant les sourcils, avant de me demander le prix en yens du billet. Une fois fait, je m'écarte en faisant :

- Je te laisse faire !

Je ne pense pas que c'est le genre de fille qui veux que tout soit fait a sa place, enfin je ne sais pas mais au cas ou, je préfère ne pas la mettre dans la situation de la profiteuse, je sais que je n'aimerais pas spécialement ça. Pendant qu'elle prend son billet, je regarde lentement le train qui semble nous attendre, bondés de monde visible par les fenêtres depuis l’extérieur.

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MessageSujet: Re: Un séjour a la campagne   Lun 16 Mai 2016 - 11:48

- Mais tu as réussis a trouver ton chemin, alors haut les cœurs ! Enfin, je veux dire, pas besoin de le frapper, si tu es assez intelligente pour trouver ton chemin, alors tu es plus intelligente que le garçon qui t'a fait cette crasse.

- Plus intelligente... je ne sais pas. Ça l'amusait très évidement. Et j'ai complètement traumatisé la personne à qui j'ai demandé mon chemin...

J'ai encore se regard désespéré. Je ne sais pas si j'aurais du dire ça. Le but étant de ne pas lui faire peur actuellement.

[...]


On arrive finalement dans la gare. Je n'y suis pas revenue depuis mon arrivée au Japon. L'intérieur. L'extérieur. C'est la même, pourtant, elle est différente.  Je la perçoit différemment. Il y a cette même odeur de café qui flotte dans l'air. Cette odeur de voyage. Ce n'est pas comme dans l'aéroport de Tokyo, ou la plupart des gens viennent d'arriver au Japon, où en partent. Ou même sont tous simplement en transition.  J'aime bien les aéroports. C'est un endroit où il n'y a plus de notion de temps.  Certes le temps s'écoule, et il y a l'heure locale pour nous dire quand monter dans notre avion. Mais les gens, eux, viennent de partout. Il peut tout à fait être deux heure du matin pour moi et dix-sept heure pour celui qui attends assis à côté de moi. Il y en a qui petit déjeunent, pendant que d'autres dînent.  Oui; c'est un espace que j'aime bien. Mais présentement, dans cette gare, la plupart des gens sont locaux. Japonais asiatiques bruns, model parfait, sans trop d'irrégularités. Juste, je suis ici à me balader avec mon blond. Tâches colorés au milieu de ces bruns. Il avait raison. Un blond et une rousse. On forme un duo inhabituel dans ce pays. Mais ce n'est pas pour me déplaire. J'apprécie vraiment la compagnie de mon blond, et ce week-end qui commence s'annonce vraiment bien. Même les souvenirs douloureux de mon arrivée au Japon n'arriveront pas à me faire perdre ma bonne humeur. J'ai envie de continuer à sourire aujourd'hui. J'ai trouvé un repère stable dans ce nouveau pays. On ne peux pas dire qu'on ai passé beaucoup de temps ensemble. Ce n'est pas le cas. On c'est croisé deux fois. Bon, j'ai dormis chez lui; et maintenant il m'invite. Je ne peux même pas me dire qu'il faudrait que je lui propose de venir chez moi aussi; parce qu'il est hors de question que je l'emmène en Irlande.  Bah. Un jour je l'inviterais dans ma chambre d'internat et je lui offrirai des biscuits. Je ne peux pas faire grand chose d'autre.  Je crois qu'il me reste un peu du thé que j'ai ramené d'Irlande, mais j'ai déjà acheté un certain nombre de boîtes de thé Japonais. A ce niveau j'ai de quoi fournir tous l'internat. Sauf que je ne partagerai pas avec tout l'internat. Mon thé. Mon café. Ma nourriture.  Je partage avec qui je veux; si je veux.

Je l'écoute parler à propos du tram tout en ayant une partie de mon esprit qui continue de voguer dans la gare. Oui, probablement. Je doute que ma maison m'apparaisse comme plus petite si un jour j'y retourne. Vu le manoir que c'était. Mais je n'est pas envie d'y retourner, me dans dix ans, juste pour en évaluer la taille. Cet exemple ne me parle pas beaucoup, mais je suppose que c'est un peu comme moi et la gare. Il y une différence de perception à cause de l'état qui a changé. Passé de petit à grand; ou d'épuisé à motivé. Ce n'est pas la même chose, mais le résultat est du même genre.

Je l'observe aller jusqu'au guichet et prendre son billet. Il m'offre ainsi une vue sur son dos. Le dos est une partie du corps que j'aime beaucoup. Ses épaules larges, tombant en "V" jusqu'à se taille. Toujours cachés sous ses vêtements. Je n'ai eu qu'un aperçu. Mais c'était suffisant. Un jour, peut-être, je pourrais profiter de ce dos.

Il se recule. J'aurais presque préféré qu'il prenne un peu plus de temps au guichet.

- Je te laisse faire !


Je lui souris et m'avance à mon tour.
Hm.

 - Ikebana ? C'est ça ?

Amusant comme nom de village. A moins que ça ne soit que le nom de la gare. Bah. Je ne suis pas ici pour critiquer un  nom. Je le trouve même plutôt drôle.  Il y a intérêt à y avoir des fleurs. Je serais déçue sinon. Et l'endroit portera mal son nom.

Je me place devant le guichet Je n'est même pas besoin de me pencher à cause de ma taille. Je demande donc mon billet. Le vendeur ne me regarde pas de travers. C'était bien ça le nom, et je l'ai prononcé correctement apparemment. Tant mieux. Par contre lui, il l'air déjà fatigué de sa journée, vu la façon dont il articule. Mais il n'est même pas dix heures. Tient bon mon petit. Tu ne le sais pas, mais je suis de tout cœur avec toi. Pour que tu arrives à survivre dans cette boîte qu'est ton guichet.  
Je sors les pièces que m'a donné Satoshi. Je n'aime pas les utiliser. Ce n'est pas mon argent, et ce n'est pas comme si j'avais des problèmes avec cet argent. Mais il me les a donnée, je suis censée les utiliser je suppose.

Une fois mon ticket récupéré, je me retourne vers Satoshi. Un rapide regard sur le ticket m'indique que le départ est prévu à dix heures et le tableau d'affichage indique voie neuf. Elle n'est pas loin. Le train est déjà là. Quelle horreur. Il est déjà bondé. Le départ est dans une bonne dizaines de minutes et tous sont déjà à s'entasser dedans. Je suppose qu'on va devoir faire pareil.

-C'est celui là ?

Je montre le train du doigt à Satoshi. J'ai l'avant des sourcil légèrement remonté. Mon ton n'est pas désespéré, mais il est évident que l'idée de ce plonger dans cette masse informe de gens n'est pas forcément la chose la plus plaisante qu'on m'ai demandé de faire.
J'attends qu'il réponde, tout en commençant à me diriger vers ledit train.
Arrivé sur le quai, les portes sont ouvertes. Je sens cette vague de chaleur humaine qui s'en échappe. Il va bien falloir entrer. Je ne peux même pas dire que c'est pratique d'être petite, puisque actuellement, je suis relativement proche de la hauteur moyenne de tous ceux ici présents. Le train va bientôt partir. Il va falloir entrer la dedans. Soupir.

 - C'est à chaque fois aussi bondé ?

Satoshi m'impressionne si c'est le cas. Je n'aurais même pas envie de retourner chez moi dans ces conditions. Enfin. Je ne veux pas retourner chez moi quoi qu'il arrive, je ne suis pas vraiment un bon exemple.  

J'entre dans le train.
Étouffement.  Je cherche un endroit où j'aurais la place de respirer. J'enlève mon sac de mon dos et le tiens à la main pour pouvoir mieux me faufiler.  J'espère que Satoshi me suis. J'arrive à une fenêtre. Le dos plaqué contre le vitre, j'ai survécu.
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MessageSujet: Re: Un séjour a la campagne   Lun 16 Mai 2016 - 21:06

Aprés qu'elle ai finit d'acheter son billet, tandis que j'observais les alentours, elle me demande si c'est bien celui qui est devant nous, en le montrant de la main. Je souris en répondant positivement d'un air déjà fatigué, tandis que son visage reflète mon propre rejet de cette masse uniforme de monde qui nous entoures. Je ne peux m’empêcher d'en sourire, un sourire plus facial que sincère, a l'idée de devoir me battre rien que pour mettre un pied a l’intérieur de cette carcasse de fer. Heureusement les quais sont a ciel ouvert, et je peux sentir un léger souffle d'air qui vient caresser mon visage, comme pour me donner le courage de braver cette marée humaine.

 - C'est à chaque fois aussi bondé ?

Je sursaute, elle m'a adressé la parole, me posant cette question que je me pose moi meme a chaque fois. Je soupire en pensant aux dernières fois que j'ai pris le train. La fois ou un homme m'a explosé l’arête du nez en faisant un mouvement involontaire, la fois ou j'ai du rester debout pendant quatre heure collé contre la parois de fer, dans une chaleur de plus de quarante degrés, alors que le train était bloqué. Je me rappel aussi la fois ou alors que j'étais tranquillement assoupis sur une banquette, un groupe de personnes ages etaient montés dans le train, et j'avais naturellement laissé ma place. Mais ils étaient descendu a la station suivante, tandis que les pièces si chèrement prisés avaient étaient occupés en une seconde, avant que je puisse en récupérer une. En soupirant une seconde fois, je répond :

- Hum, tout le temps je suppose, si il y a bien quelque chose de chiant au Japon, c'est les moyens de transport. Ça ira sans doute mieux quand on sera sortit de la ville, puis qu'on aura traversé Tokyo. Oui c'est pas pratique de devoir traverser Tokyo alors qu'on pourrait le contourner, mais il n'y a pas de train direct, c'est pour ça qu'il y a deux heures de trajet.

Une fois mon explication faite, je me dirige vers le train, emboîtant le pas a Aslinn qui marche devant moi avec un entrain que je n'ai pas, avançant a reculons devant le monde de plus en plus visible. Je ne sais même pas comment on va faire pour y rentrer. Je veux dire, c'est tellement plein a craquer que je ne pense pas parvenir a faire faufiler mon corps a l’intérieur. Alors que je vois Aslinn parvenir a s'y engouffrer, je m’arrête devant la porte coulissante qui est toujours ouverte. Je ferme alors les yeux. Soudainement, les portes se referme sur un coup de sifflet. Le train part, il va vite, trop vite. Je pars a sa poursuite en calculant la distance entre cet arrêt et le prochain. Je crois qu'il y en a un a Yokohama, juste avant Tokyo. Il y a plusieurs dizaines de kilomètres entre cet arrêt et le prochain. Et combien même je courrais aussi vite que le train, je suis sur qu'avec ma chance, le train serait toujours aussi bondé au prochain arret, et je me retrouverais au même point a devoir jouer des coudes pour y entrer. Si je le rattrape, et que le train ne repart pas au moment ou j'arrive. Bon, je n'ai pas le choix.

J'ouvre les yeux, les portes sont toujours belle et bien ouverte, a mon grand bonheur. Je regarde qui se trouve devant, un grand gaillard qui semble ne pas s’être décidé a bouger. Et j'ai perdu Aslinn des yeux. Par ou est elle partit, wagon de droite, de gauche ? Eh merde, j'aurais pas du réfléchir a quelque chose comme le fait que le train parte sans moi. Bon, j'avance finalement, n'ayant plus d'alternative, et en lâchant un « pardon » parvient a mettre les deux pieds dans le train. A grands coups d'excuses et d'épaules légèrement poussive, je parviens difficilement a me frayer un chemin dans le wagon de gauche, le droit m'étant totalement inaccessible. En espérant qu'il l'était aussi il y a trente secondes pour mon amie, et qu'elle soit bien passé dans celui ou je suis actuellement. Je me prend un coup dans le dos, de quelqu'un qui a reculé d'un coup sec, me propulsant contre la vitre, droit sur quelqu'un, une femme.

- Oh, pardon je suis....oh, Aslinn, ouf j'ai cru que je ne te retrouverais jamais la dedans.

Je lui souris tout en essayant de m'écarter d'elle, me rendant compte que nos corps sont littéralement collés l'un contre l'autre, un peu comme toute les autres personnes autour de nous. Je parviens a m'écarter légèrement pour diminuer cette sensation de collement, sans toutefois totalement notre contact physique. Je suis un peu un rempart aux autres gens qui sont dans mon dos, et ca me rassure de me dire que c'est moi qui suit parfaitement sain d'esprit qui est dans cette position par rapport a elle, plutôt que des gens mal intentionnés comme il y en a beaucoup dans ce genre de transport au Japon, je tente de diminué ma gene en lui glissant :

- Et bien, je suppose qu'il vaux mieux que ce soit moi que lui.

Je désigne un homme a l'aspect peu engageant un peu plus loin qui a le regard dirigé vers une petite lycéenne collé comme nous dans un coin. Je soupire en me disant que même si je le voulais je n'aurais pas vraiment l'occasion de lui venir en aide. Je rajoute un :

- Mais désolé quand même, ce n'est pas très confortable d’être contre...euh, dans cette posture.


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MessageSujet: Re: Un séjour a la campagne   Lun 16 Mai 2016 - 23:16

Urf. Écrasée. Littéralement. Au sens propre comme au sens figuré. Au premier, second et troisième degré. Heureusement que la vitre est solide. Pourquoi est ce que ces masses continuent d'essayer de bouger ? Ils en sont déjà à un point de compression que je ne supposait pas humainement possible. Je tourne la tête sur le côté. Le contact froid de la vitre sur ma joue fait du bien. Mais je suis nez à nez avec une personne pour le moins étrange. Et nez à nez, est tout à fait réaliste pour décrire la situation. Il me suffirait d'avancer la tête de deux centimètres pour que mon nez vienne toucher le sien. C'est une proximité que je n'aime pas. Pas du tout. Ces inconnus contre moi. J'ai le sentiment que mon sweat et ma veste ne sont pas suffisamment épais pour protéger ce corps qui est le miens. Mon sac encore accroché au bout de mes doigts; j'essaye de raffermir ma prise. Si je pouvais le remonter entre mon buste et cet inconnu qui a décidé que son postérieur élirait mon ventre comme trône, je me sentirais probablement un peu mieux. Probablement. Il reste tous les autres. Lui là, sur ma gauche, avec son visage toujours à dix centimètres du miens, qui me fixe. Je ne sais même pas si c'est mon visage ou mes cheveux qu'il fixe, mais je sens ce regard. Et surtout, je sens sa respiration qui se glisse dans mon coup. Je n'arrive pas à me concentrer sur autre chose que tous les ressentis de mon corps. Plus ça va, plus je sens ma motivation décroître. Ou est Satoshi ? Je suis entrée dans le train sans vraiment réfléchir, supposant qu'il me suivrai. Pourquoi il n'est pas juste derrière moi ? Je ne me suis quand même pas trompée de train ?
A ce doute, je sens le stress exploser dans mon ventre. Et si ce n'est pas le bon ? Et s'il ne m'a pas vue entrer ? Ou est ce que je vais finir ? Seule, abandonnée, quelque part dans le Japon. Comme quand je suis arrivée la première fois. Je vais détester les gare et les trains à ce rythme. C'en est fini de ma confiance pour les Japonais. La prochaine fois que je dois aller quelque part, je vérifie tout. Destination, heure, train, quai, départ, arrivée, ou aller, comment...
Je sens la boulle dans mon ventre grossir. Je veux sortir. Je veux retrouver Satoshi. Qu'est ce qu'il fait ? Pourquoi il m'abandonne lui aussi ?
Je sens mon corps entier se contracter. Je ferme les yeux. Respire. Tu n'a jamais été claustrophobe. Ce n'est pas le moment de le devenir. Je voudrais de l'air quand même.
Les gens remuent. Arrêtez. C'est pire quand c'est comme ça. Je sens le fessier de cette chose devant moi se déplacer le long de ma ceinture abdominale.

Puis finalement, il est complètement éjecté vers ma gauche. Un autre contact. Une autre personne. J'ouvre à nouveau les yeux.
Je manque de pleurer en découvrant une tâche jaune devant moi.

- Oh, pardon je suis....oh, Aslinn, ouf j'ai cru que je ne te retrouverais jamais la dedans.


Long soupir de soulagement. Je me laisse littéralement tomber sur lui. Il est la. C'est le bon train. Je ne suis plus seule. Quelqu'un que je connais.
Il est complètement plaqué contre moi. J'ai l'impression que les formes de mon corps sont encore plus marquées que d'habitude. Mais ça va. Vraiment. Je préfère de loin ça au postérieur inconnu de tout à l'heure. Je laisse ma tête s'appuyer contre son torse. Je me détends. Je reprends mon souffle. Puis je relève la tête. Il essaye de se décoller un peu. Ça ne supprime pas entièrement le contact; mais je sens un courant d'air passer. Je respire. J'ai juste envie de lui faire un câlin pour être venu me sauver. Si je pouvais bouger. De toute façon, au point où on en est, ça reviendrais au même. Enfin. Je ne suis pas non plus en train de l'enlacer avec les bras; je ne pourrais pas. Présentement, dans la situation telle qu'elle est; je ne peux même pas bouger mes bras. Pourtant, le pense très fort, je voudrai lui dire, mais ça sonnerait bizarre ; il vient littéralement de me sauver.

- Et bien, je suppose qu'il vaux mieux que ce soit moi que lui. Mais désolé quand même, ce n'est pas très confortable d’être contre...euh, dans cette posture

Oh oui. Tu ne te rends pas compte à quel point. Il va falloir que j'arrive à reprendre ma contenance si je veux réussir à lui répondre quelque chose de cohérent. Arrête de penser à ces horribles événements, qui auraient pu se produire, mais qui n'ont jamais été plus que de simples hypothèses, formulée par un esprit en proie à la panique. Ça ne me ressemble pas d'être aussi faible. Mais sur ce coup, j'ai vraiment sentit mon rythme cardiaque accélérer. Je ne sais pas ce que j'aurais fait s'il avait mis trente secondes de plus à arriver. Tout allait tellement vite dans ma tête. Je me sens mieux maintenant. Je ne dirais pas "bien". Parce qu'il y a encore le souffle de cet homme a ma gauche qui arrive dans mon coup. Parce que je sens encore la trace de ce contact sur mon ventre. Parce qu'il y a encore tous ces gens autour de nous. Mais c'est indubitablement mieux. Je sais qu'il essaye de me créer un espace. Il est bien trop gentil avec moi. Mais là, j'avais besoin de cette gentillesse. J'ai le sentiment de lui devoir énormément d'un coup.
Je l'écoute parler et laisse mon front retomber sur son torse. J'expire.

- Ce n'est pas grave.

J'essaie de faire en sorte que ma voix ne tremble pas. Ou est partie toute l'assurance dont je suis capable de faire preuve habituellement ? Tout n'a quand même pas été réduit à néant à cause de mon corps ? Enfin, ceci dit, je sais pertinemment que je ne suis pas du genre à accepter qu'on me touche facilement. Je suppose que ça a été trop d'un coup. Beaucoup trop. Puis il est venu s'interposer.
Maintenant que j'y pense; mon corps est au moins autant, si ce n'est plus, collé à lui qu'aux gens qui m’entouraient tout à l'heure. Pourtant, cette proximité là me soulage. Vraiment.

- Si c'est toi, c'est bon. Je te connais toi.

Oui. Depuis le début, je me surprends à apprécier sa présence. Jamais je n'aurais laissé quelqu'un d'autre être aussi proche que moi. Enfin. J'aurais fini dans me même état qu'il y a une minutes. Et ça aurais pu finir bien pire.

Lentement, je remonte la tête et viens plonger mes yeux dans les siens. Merci. C'est tout ce que crie mon regard.

Je repose mon dos contre la fenêtre et appuie l'arrière de ma tête contre la vitre; contact froid, agréable.

- Je ne sais pas comment tu fais pour réussir à te motiver pour rentrer chez toi quand tu sais que c'est dans ces conditions.

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MessageSujet: Re: Un séjour a la campagne   Mar 17 Mai 2016 - 1:50

Alors que je penche la tête vers mon amie, je lis dans ses yeux un soulagement que je ne comprend pas vraiment. Moi qui étais vraiment stressé une minute plus tot, a l'idée de ne pas la retrouver, a l'idée de manquer le train, a l'idée de devoir courir pendant des heures, et bien tout cela s'envole quand je vois son expression, et que je sens tout son corps se laisser tomber contre le miens. Surpris, je raffermis ma posture pour éviter de tomber en l’entraînant dans ma chute. Elle n'a vraiment pas l'air bien, elle a l'air stressé, paniqué, mais semble soudainement me voir comme un grand soulagement, comme le messie incarné. J'ai déjà fais des crises de panique beaucoup plus jeune, mais je ne m'en rappel plus très bien. Je ne me souviens pas exactement de la sensation que cela donne. Je me souviens juste d'une chose.

kaa-san wa yonabe wo shite
tebukuro ande kureta
kogarashi fuicha
tsumetakarou te
sesse to anda da yo
furusato no tayori wa todoku
irori no nioi ga shita

C'est le premier couplet d'une chanson que me chantais ma maman quand j'étais petit, et qui, je ne sais pas pourquoi, me rassurait toujours. En plus ma mère avec sa voix douce et chantante la faisait porter facilement et avec beaucoup de tendresse et d'amour me prenait dans ses bras tout en continuant et en me berçant. Bon, aujourd'hui je ne vais ni chanter cette chanson, ni prendre Aslinn dans ses bras pour la bercer. Mais je dois quand même faire en sorte de la rassurer, je ne sais pas comment...bon, il est temps d'agir. Elle a eu le temps de me répondre en me disant que ce n'est pas grave si c'est moi. Ca me touche. Je passe le bras derrière elle, le front toujours appuyé sur moi, en posant avec douceur ma main dans son dos et en murmurant sans balbutier, après tout cela aurait moins d’effet, mais en rougissant légèrement :

- Allons, tu sais bien que je ne vais pas t'abandonner, je suis la...tu sais j'ai eu peur que tu sois partis sans moi, ahaha !

Je lui souris alors tandis qu'elle braque son regard dans le miens. Cela a le don de me déstabiliser. J'ai l'impression qu'elle me remercie avec ces yeux brillant. Je me sens étrange, un peu chamboulé sans savoir pourquoi, mais je sais surtout que je dois faire en sorte qu'elle ai de l'air. Je fais mine de trébucher sur le coté gauche, vers un homme qui a le visage bien trop prêt d'elle a mon goût, le forçant a bouger de quelques centimètres. Il me regarde d'une façon plutôt provocante, tandis que je répond d'un « désolé » avec un sourire forcé, histoire que cela passe mieux. Il ne fait rien de plus, et se retourne dans le sens opposé a nous deux, libérant Aslinn de son haleine. Je suis satisfait de moi, mais dans le doute, je fais de même a droite, histoire de lui aménager un espace délimité par mes bras de chaque coté. Elle se laisse retomber contre la paroi de verre qui compose la fenêtre. Je laisse le haut de mon corps se laisser tomber vers l'avant, plaquant également mon front contre la vitre, a coté du visage de la rousse, légèrement un niveau au dessus de sorte que mes lèvres soit au niveau de son oreille. Elle me fait alors :

Je ne sais pas comment tu fais pour réussir à te motiver pour rentrer chez toi quand tu sais que c'est dans ces conditions.

Je souris, en effet je ne sais pas vraiment comment je fais non plus, c'est toujours comme ça, toujours bondé, toujours fatiguant, toujours un combat perpétuelle. Mais aujourd'hui étrangement, depuis que je suis arrivé juste contre elle, et que j'ai vu son regard, je ne trouve plus ça si gênant. Je n'ai qu'une idée, faire en sorte de la protéger, qu'elle passe le voyage le moins inconfortable possible. Je réfléchis encore un instant avant de répondre :

- Je dirais que c'est une habitude a prendre. Mais je ne l'ai jamais vraiment eu je dois te l'avouer. Tout ce que j’espère c'est qu'ils descendront vite, et nous laisserons tranquille, de l'espace, de l'air.

Je sens la paroi sous mon front vibrer. Les portes se referment. Parfait, cela veux dire que la pression qui me pousse de part en part n'augmentera plus jusqu'à Yokohama, le prochain arrêt. C'est déjà un début. Puis je sens toute la structure s'ébranler et commencer a bouger. Enfin, nous sortons de la gare, de cet endroit qui nous ramènes a Keimoo, et nous rapproches du moment ou nous serons enfin libre de toute personnes. D'ailleurs je reprend la parole pour lui demander, voulant essayer de faire passer le temps :

- Y'a t'il quelque chose que tu as toujours voulu faire, mais jamais pu en ville, avec tout les gens aux alentours qui t'observent ?

Je lui souris de nouveau, l'encourageant avec mon visage approbateur. Après tout le voyage va etre long, autant discuter, et ca nous fera penser a autre chose qu'a la horde d'humains qui tente de nous tuer l'un contre l'autre dans une pression atroce. Enfin j’espère qu'avec ce que j'ai fais, elle se sent moins oppresser que moi, a présent. Personnellement je n'attend qu'une chose, sa réponse, pour me libérer l'esprit de cet horrible endroit. Au moins au retour, au départ il n'y aura personne et nous pourrons avoir des places assises. Peut être même que nous descendrons un arret plus tot, histoire de finir a pied, ca sera sans doute plus agréable que cette torture. Et il n'est que dix heures du matin, je n'imagine pas comment cela doit être a l'heure de pointe.

Le train a quitter la gare, et prend de la vitesse pour sortir de la ville, en route vers Yokohama, la première ville bénéficiant d'un arrêt, avant ceux de Tokyo puis ceux de la campagne, et enfin le notre, celui proche de mon village, l’arrêt d'Ikebana.

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MessageSujet: Re: Un séjour a la campagne   Mar 17 Mai 2016 - 23:26

- Allons, tu sais bien que je ne vais pas t'abandonner, je suis la...tu sais j'ai eu peur que tu sois partis sans moi, ahaha !

Le souffle dans mon coup à disparu en même temps qu’il se déplace sur la gauche. Mes épaules se décontractent. Je gagne un peu plus de liberté. Il y a moins d’intrus sur mon corps. D’ailleurs, il n’y en a plus vraiment. Satoshi est venu faire frontière. Il n’est interposé, a pris possession de l’espace, et maintenant, il me coupe du reste du wagon. Son torse fait office de mur entre moi et le monde. Je sens sa main glisser dans mon dos, contact apaisant qui fait remonter un frisson le long de ma colonne. Il y a ma veste ne jean et mon sweat entre nous ; pourtant, je sens presque presque ses doigts glisser le long de mon dos. Le souvenir du massage de la soirée que j’ai passé chez lui se superpose avec cet instant. J’arrive presque à en oublier tous ceux du train. Eux, serrés les uns contre les autres, nous assis, au calme. La danse de ses doigts dans mon dos. Tranquillité.

Je sens mon calme revenir, lentement. Je reprends ma contenance. Il est là. J’ai toujours le sentiment qu’une minuscule tache orange qui s’apprête à être dissoute dans une soupe de bruns, mais je survivrai. Il est là. IL ne partira pas. Je le sais. De toute façon, je ne sais pas ce que je deviens s’il décide de partir. Je préfère ne même pas imaginer.

Mes yeux sont retournés dans les siens. Voir la façon dont ses joues ont repris une teinte légèrement rosée tire un sourire coin. Oui. Je trouve un repère. Une accroche. Autant dans ce train que dans le Japon en entier. Une personne sur qui j’ai le sentiment de pouvoir me reposer.

Il le laisse tomber à son tour contre la vitre. Enfin, seul son front vient toucher la surface glacée. Il reste entre moi et le monde. C’est son souffle que je sens maintenant le long de mon visage. Mais ce n’est pas le même que celui sur ma gauche tout à l’heure. Il n’y a pas se regard lourd. Il n’y a pas cette odeur que je ne connais pas. Si les mouvements d’air provoqué par la respiration de mon blond et celle de l’inconnu sont basés sur le même principe physique ; leur impact sur mon psychologique diffère complètement. La souffle de Satoshi n’est pas cette main immatérielle qui viens s’infiltrer entre ma peau et mes vêtements. De la même façon que j’aime le contact matériel avec ma moitié d’asiatique, l’air agité par le mouvement de ses poumons ne m’est pas désagréable.
Plaquée entre lui et la vitre, enveloppée par ce souffle chaud que j’aurais envie de qualifier de familier, je me détends complètement.

Finalement, lui non plus n’aime pas prendre le train dans ces conditions. Qui aimerais ? Mis à part les vieux pervers qui, au contraire, profitent pleinement de ce contact qu’ils peuvent avoir avec la jeunesse.

La vitre dans mon dos vibre. Le train entre en marche. Départ vers je ne sais ou, pour une durée indéterminée.
C’est vrai ça. Je n’ai même pas pensé à demander combien de temps dure le voyage. Enfin. Je préfère ne même pas demander. Je risque de trouver le temps long si le voyage doit se faire dans ces conditions. Autant ne pas commencer le compte a rebours.
Quoique. Finalement, la situation actuelle n’est pas si mal. La panique de tout à l’heure s’est dissipée avec l’arrivée de Satoshi. Mon pouls a repris une vitesse normale. Il n’y a pas de raisons que je me retrouve dans le même type de situation que tout à l’heure. D’autant plus qu’il a l’air de dire que le train se videra. Lentement, mais indubitablement. Peut-être même s’assoir au final ?
J’ai envie d’espérer que le pire est passé. Et je pense d’ailleurs que le pire est passé. Je ne vois pas comment finir dans une situation pire que tout à l’heure de toute façon. Je peux me détendre, me laisser aller. Je soupire une fois de plus. Enfin, disons plutôt que je laisse ma respiration devenir bruyante un instant. Soupir a une connotation que je ne veux pas. Actuellement, juste, je me détends.

- Y'a t'il quelque chose que tu as toujours voulu faire, mais jamais pu en ville, avec tous les gens aux alentours qui t'observent ?

Sa question me prend au dépourvu. Mais surtout, elle éloigne mon esprit de la réalité du train, m’offrant une surtout une ouverture sur les grandes étendues de mes pensées. Je n’avais jamais considéré la campagne sous cet aspect. Vide. Personne d’autre que nous. La possibilité de faire absolument tout ce qu’on veut. C’est une liberté qui m’est proposée, que je n’ai pas eu a gagné. Je n’ai rien fait pour l’avoir, et on me l’offre. Ça non plus je n’ai pas l’habitude. On dirait presque qu’il s’amuse à briser un par un les repères que je pensais avoir, pour en devenir un nouveau. Il y a ce que je suis, à cause de l’Irlande, à cause de ma famille ; et ce que je peux devenir. Qu’est-ce que que je vais devenir si je n’ai plus à me battre pour avoir ce que je veux ? C’est un peu comme un cadeau qu’il me fait. Il ne s’en rend probablement pas compte, mais la liberté est une notion très importante à mes yeux. Et c’est sur un plateau d’argent qu’il m’en offre. Sauf que du coup, je ne sais pas quoi en faire.

-Je ne sais pas.

Ma voix est sincère, franchement surprise. Non, je ne voyais pas du tout le voyage sous ce point de vue.

-On ne m’a jamais laissé être aussi libre.

Je plante mes yeux grands ouverts dans le siens, le regard presque brillant.

-Je ne sais absolument pas ce que je pourrais répondre. Je n’ai jamais imaginé qu’un jour on me proposerait ça.

Peut-être, à cet instant, je trouve ce qu’on pourrait appeler ‘’de l’innocence’’. Cette chose qui a été tenue loin de mon enfance. Je dois avoir un air à mi-chemin entre surprise et émerveillement.
Dit comme ça, j’ai l’impression qu’il y a tellement de choses que je pourrais essayer ; mais je n’arrive pas à voir quoi. L’absence de vie dans toute la période qui a représenté mon enfance m’apparait comme évidente ; et je ne sais pas comment rattraper ça.

L’ouverture d’un champ de possibles que je n’arrive même pas apercevoir a complètement tiré mon esprit hors du train. Je suis ailleurs, avec Satoshi. Les autres ne sont pas dans la bulle qu’il vient de créer grâce à des mots.


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MessageSujet: Re: Un séjour a la campagne   Mer 18 Mai 2016 - 18:57

La liberté, c'est une notion incroyablement abstraite. La définition du mot basique n'est pourtant pas a prendre a plusieurs sens, mais sa signification véritable est totalement subjective. Un esclave verra t'il la liberté de la même manière qu'un roi ? Non pas du tout. La signification de la liberté est simplement ce que l'on décide d'en fait. Vivre a l'endroit ou on souhaite ? Faire l'activité que l'on souhaite ? Aller ou on veux quand on veux, aimer qui on veux. Faire absolument ce qu'on veux, avec des lois, sans lois. Tout ceci ne dépend que de la personne concerné. Personne n'a la même vision de la liberté, elle dépend de son éducation et de sa qualité de vie, de l'endroit ou la personne vit actuellement, de son caractère, sa façon d’être. Pour moi il n'y a aucune liberté véritable. Il y aura toujours des gens pour me regarder, des gens pour me juger et pour me faire me souvenir. Je parle de jugement, mais c'est ce que je passe mon temps a faire. Enfin ce n'est pas tout a fait vrai, je ne juge pas, j'observe, et j'analyse toute les personnes possible, afin de me faire la meilleure opinion possible du monde et des gens qui m'entourent. C'est ça ma liberté. D'observer sans concessions. C'est exactement pour ça que quand quelqu'un vient me parler, je sens ma liberté diminuer petit a petit jusqu'à disparaître au profit d'un autre monde que je ne connais pas, car a l'instant ou je ne peux plus observer a ma convenance, j'ai l'impression de perdre une partie de moi même.

Je lui ai posé cette question sans réelle attente d'une réponse franche, c’était simplement dans l'idée de faire la conversation, de faire passer le temps au milieu de cette carcasse de métal étouffante. Je sens les muscles de mon dos contracté par la pression de l'homme qui se trouve juste derrière moi. Il est plus grand que moi, si bien que je sens son fessier se disputer le siège qu'il confond avec le bas de ma colonne vertébrale. Je me dis dans la partie du cerveau qui gère mes hormones que j'aurais préféré, a la limite, sentir la douceur des courbes d'une jeune femme a la place de la montagne qui se prend pour mon roi. Mais bon apparemment on ne peux pas protéger et être protéger, mais j'ai l'habitude, je vais prendre sur moi et revenir a ce que je pensais une seconde plus tôt. Cette notion de liberté importante pour moi que j'ai évoqué a voix haute en demande a Aslinn si elle avait quelque chose en tête. Je ne m'attendais pas a cette réaction. Je pensais qu'elle allait éluder la question, ou répondre quelque chose de banale. Mais son regard a cet instant m'a fait prendre d'avantage conscience de ce que je pensais tout a l'heure. Du fait que la liberté n’était pas la même pour tout le monde. Que c’était subjectif. A cet instant, j'ai compris, j'ai ressentis, que nos deux idées de la liberté était totalement différente.

Comme un précipice, c’était une façon de voir les choses totalement nouvelle qu'elle avait par rapport a moi, c'est comme ça que je le ressentais, quelque chose que je n'avais jamais pensé, mais qu'elle semblait avoir intégré a elle même. Ses grands yeux me regardent, brillant d'une lueur presque joyeuse. Elle me dit qu'elle ne sait pas et qu'elle n'en a aucune idée même. Qu'elle n'avait jamais pu être libre, et que personne ne le lui avait jamais proposé. Je ne parviens pas a comprendre sa réaction. Enfin si un peu, sans doute qu'elle n'a jamais eu accès a ce qu'elle prenait pour sa propre vision de la liberté. Mais j'ai l'impression qu'elle n'y a en fait jamais réfléchis. Personne ne lui avait jamais proposé...hein. Je repense a ce qu'elle a dit a propos de sa famille, qu'elle avait voulu s'en éloigner. Ce n’était peut être pas qu'un besoin d'air, mais une envie venant de quelque chose de plus profond, qu'elle ne m'a pas raconter. Je la regarde lentement, droit dans les yeux a mon tour, en pensant au fait qu'elle ne m'a bien entendu pas raconter sa vie, nous ne nous connaissons pas vraiment depuis longtemps, et je sais peu de chose d'elle finalement. Cette impression de la connaître me revient un peu a la figure sur l'instant. Comme si c’était plus un mensonge qui me revenait dessus prenant la place a ce que j'imaginais jusque la en la regardant. Pourquoi me dirait elle ça après tout, nous ne sommes que de récent ami. Je m'aperçois que je me suis emballé et me gratte l’arrière de la tête d'un air gêné :

- Et bien, a vrai dire je pensais que tu avais une idée, c'est pour ça que je t'ai demandé....

Moment de silence, un peu de questionnement. Comment lui dire ce que je pense, ce que je ressent, sans paraître trop abrupte ? Finalement, pourquoi je me prend la tete avec ça. Autant dire ce que j'ai sur le cœur. Avec elle je le peux, je l'ai déjà fait et elle ne m'a pas jugé. Elle m'a écouter, m'a répondu, m'a sourit. Alors je vais le dire. Je m'approche de nouveau d'elle en chuchotant, pas très bas, juste assez pour n’être entendu que par elle seule, recouvert par le brouhaha du wagon.

- Je...je ne connais pas ta vie, enfin, je ne connais que ce que tu m'as raconté. Je dois t'avouer que même si selon moi la liberté est propre a chacun, ne pas en avoir d'idée du tout est un peu étrange. Je pensais jusqu'à maintenant que c’était quelque chose de naturel pour quelqu'un d'avoir une idée a propos de ça, et je suis un peu triste que tu n'ai pas d'envie spéciale....

Le wagon s’arrête. Yokohama. Je me retrouve interrompu. Des gens sortent, d'autre entrent. La place est un peu plus large, de peu, surtout quand je sens une femme venir se coller dans mon dos. Merci seigneur d'avoir écouter mes prières. Je rougis un peu au contact de sa poitrine au milieu de mon dos, mais je n'y peut rien, et elle non plus, autant se reprendre. Maintenant qu'on en est la, le train repart, direction Tokyo. Je me penche a nouveau vers mon amie, toujours un peu rouge du contact dans mon dos, mais souriant, en la regardant et en finissant ma phrase précédente :

- ...mais tu sais, ce n'est pas grave si tu n'en a jamais eu l'occasion, ou la possibilité, ni même l'autorisation. Parce que comme ça, je vais pouvoir te montrer un monde que tu n'as encore jamais vu.

Je lui souris sincèrement en écartant une boucle de cheveux qui lui tombait presque devant les yeux.

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MessageSujet: Re: Un séjour a la campagne   Jeu 19 Mai 2016 - 23:03

Il a l'air surpris. Je suppose que ce n'est pas vraiment le genre de réponse à laquelle il s'attendait. Mais je ne vois rien à répondre. J'ai le sentiment qu'il y a tellement de choses à faire; et en même temps, je suis incapable de trouver quoi. Comme si toutes ces hypothèses étaient floues, sans contours, mais pourtant bien existantes. Oui. Je suis persuadé qu'il y a tellement de choses à faire. Mais de là même façon que quelqu'un qui n'a jamais mangé de chocolat et ne pourrais en juger le goût que par l'odeur, mon imagination ne sais pas quoi imaginer. Pourtant, je sens qu'il y a tout à imaginer.

Je le sens se pencher sur moi, sa bouche près de mon oreille, son souffle qui longe ma peau. Puis l'air vibre légèrement, à dix centimètres à peine de mon tympan. Le son est reçu, mon cerveau traite l'information.

Les autres vibrations, émises par le train ou ses passagers, sont rejetée en arrière plan. Comme un focus de caméra, le seul son net que je perçoit est celui de sa voix. Le reste se perds dans un flou artistique.
Enfin, une notion reste sûre et réelle. Le train avance. Indubitablement vers chez lui, vers un endroit que je ne connais pas. Pas encore. Mais l'inconnu ne me fait pas peur. Je ne serais pas au Japon sinon.

Je ne sais pas juger son ton. Autant, je sais que quand je parle, ce que je ressens à tendance à être explicite dans ma voix; autant, je trouve que le autres ne sont pas assez explicites. Ou alors, ils n'y font juste pas attention. Enfin... moi même je n'y prête pas forcément attention quand je parle.

Je pense que ma réponse l'a vraiment déstabilisé. Enfin... "déstabilisé". Disons que ce n'était pas la réponse conventionnelle aléatoire que l'on réponds à ce genre que question habituellement je suppose. Mais je préfère être franche. Je ne sais pas ce que je peux répondre de toute façon.

J'ai presque l'impression que cette réponse l'a rendu triste. Enfin. Ce n'est pas juste un impression puisse qu'il le dit de lui même. Désolée de ne pas avoir de réponse satisfaisante à fournir. Mais ce n'est pas de tant que ça de la tristesse. Je trouve il y a autre chose, en plus de la surprise suivie de cette tristesse. Mais je ne sais pas lire les gens, surtout quand je les connais depuis si peu de temps. Enfin. J'ai vraiment l'impression que c'est différent avec Satoshi. J'ai été à l'aise tellement facilement. J'ai le sentiment de le connaître depuis des années, et qu'en même temps, je ne le connais pas assez. Pour la façon que j'ai de l'accepter, que j'ai de le laisser approcher, sur cet instant, sur les quelques moments passés ensemble; le fait que nous ne soyons vu que deux fois remonte en surface. Oui, je lui ai déjà un peu parlé de l'Irlande, mais les quelques minutes qui ont eu pour sujet ma vie avant le Japon sont loin de suffire à expliquer le bordel ancestral qu'à été mon enfance. Et je suppose que, sans avoir eu un aperçu de la rigidité de ma famille, le fait que je n'ai jamais eu la possibilité, ni même envisagé l'idée, de faire ce qu'il me propose peut paraître... Étrange. Inhabituel.

En fait ; je crois que je trouve aussi cette idée triste. Je n'ai vraiment pas eu d'enfance. Enfin... on peut considérer la période marquée par des coups de ciseaux comme l'équivalent d'une période pouvant être assimilée à l'enfance, mais ce rapprochement n'est possible que parce que j'avais l'âge relatif à ce qu'on nomme communément un enfant.

D'un autre coté; je n'ai pas envie d'avoir à lui expliquer de quel type de milieu je viens. C'est trop tôt. Je me souviendrais toujours des yeux d'Ishya quand j'ai commencé à parler de ma famille. Ce regard de travers, cette gêne. Quand ont se présente comme venant d'une famille post-aristocratique, les gens ayant un milieu "normal" ne savent pas comment réagir. Et moi non plus d'ailleurs. Je n'ai pas envie de commencer à poser des barrières alors qu'ils n'y en avait pas au début. Ce serais paradoxal. Comme si apprendre à se connaître devait avoir l'effet inverse, et poser un froid dans cette proximité à laquelle je commence à prendre goût. Je maudit une fois de plus ma famille d'être ce qu'elle est.
Je serait franche s'il pose la question. Je n'aime pas me lancer dans l'action compliqué qu'est le mensonge. En soit même, mentir, je sais le faire. Mais dans ce type de cas, qui risque de durer sur le long terme, il faut faire en sorte d'être toujours cohérent, que chaque détail inventé concorde avec ceux d'avant. Toujours être dans la peur qu'il découvre puis qu'il m'en veuille. Non, définitivement, je ne vais pas me fatiguer à ce point, surtout pour ma famille. Je n'ai même pas envie de me créé des nœuds à la tête à cause d'eux. Il m'en ont déjà créé bien assez. J'assume mes origine; c'est juste que c'est un sujet que je n'aime pas.
Mais; je lui expliquerai. Un jour. Si il demande.

- [...] Parce que comme ça, je vais pouvoir te montrer un monde que tu n'as encore jamais vu.

Sa main remonte vers mon visage. Je louche presque sur ses doigts qui viennent remonter une mèche qui tombait en travers de mon visage. J'ai beau les avoir attachés, mes cheveux gardent leur indépendance. Ce geste, le fait qu'il soit quasiment plaqué contre moi, la légère teinte rosée de ses joues; et maintenant, ces propos. La foule à disparue. La barrière créé par son torse et ses bras m'enserre dans un espace de calme. J'aime cette idée. Ce paradoxe de parvenir à un moment aussi calme - aussi intime j'aurais même envie de dire- dans un bain de foule tel que le train. Pourtant, sans cette foule, je ne serais probablement pas tombée contre lui, et lui ne se serait probablement pas mis dans cette position.
J'ai un léger sourire, qu'il ne voit probablement pas, le front plaqué contre la vitre derrière moi, mais ce n'est que l'aspect extérieur de ce que je ressens.

Je relève le menton, remontant ainsi ma bouche jusqu'au niveau de son oreille. Sans faire pivoter ma tête, je réponds. Sans forcer ma voix, de façon à ce qu'il soit le seul à pouvoir m'entendre, de la même façon qu'il l'a fait pour moi. Je n'ai pas non plus envie que l'ensemble des gens autour suive notre discussion. Je suppose que certains entendrons forcément, mais ont peut quand même limiter les dégâts.

- Merci. C'est adorable.

C'était la première chose que je voulais exprimer. Tout ce qu'il fait pour moi; je n'ai pas l'habitude d'être le centre d'attention de quelqu'un de cette façon. Ça me touche vraiment.
Puis je laisse ma tête tomber vers l'avant et venir se poser dans le creux entre son épaule et son cou. Mon front se calle juste au dessus de sa clavicule. Bien trop haute en temps normal, sa position me laisse profiter pour une fois de ce genre d'appui. Puis mon crâne pivote sur le côté, mes yeux venant faire face à la base de son cou. La tempe ainsi posée le long de son épaule, j'observe son profil en biais. Son visage fin, surmontés de ses mèches blondes, je souris. Pas ce sourire franc que je peux avoir avec lui parfois; juste les coins de ma bouche qui remontent un peu, créant ce masque de bonne humeur toute simple. Ma panique de tout à l'heure remonte à loin. Mon cœur à repris un rythme normal; il est parvenu à ma calmer tellement facilement.

- Je conçoit que ça soit étrange.

Soupir.

- Mais j'ai toujours eu à gagner ma liberté. Tu m'en offres sur un plateau d'argent et je ne sais pas quoi en faire du coup.

Moment d'hésitation. Je ne sais pas si je devrais vraiment dire ce que je m'apprête à formuler à haute voix.

- Je suppose que c'est bizarre d'entendre dire ça et comme tu le dis, la notion de liberté est propre à chacun; et je pense avoir une idée assez précise de ce que j'appelle liberté. Mais je l'ai déjà dit, ma vie à été un champ de bataille jusqu'à il y a environ un an et demi.


Je vais regretter de proposer ça après, mais je n'ai pas envie de le laisser en suspends avec ses interrogations.

- Je répondrais si tu as des questions. Mais sache juste que je n'aime pas ma famille, et en parler n'est pas vraiment une partie de plaisir.


"Ne pas aimer" me paraît faible pour décrire mon ressenti. Détester, haïr, me semblent déjà plus proche; et encore.
Et surtout, ce que je n'ai pas eu envie de dire, c'est que j'ai aussi peur qu'il change d'avis à mon sujet si j'en dit trop. Il y a beaucoup de non-dits dans mes propos , mais j'estime aussi qu'il a le droit de savoir.

Je soupire. Ma tête qui se épaule et retourne se poser contre la vitre. Je l'observe. Je veux pouvoir évaluer sa réaction. Et même si c'est la bonne humeur qui continue de me dominer, la lueur sérieuse dans mes yeux ne doit pas le tromper.
En fait, je voudrais juste pouvoir avoir plus de place sur le coup. Moins de gens autour pour nous écouter, et surtout moins collés à nous. A envisager la possibilité de parler de moi, je reprends conscience du fait que le train est encore bondé.
Je souris un peu plus franchement.

-Enfin... tu fais comme tu veux. Si juste ça pouvait ne pas être immédiatement, mais quand la marée humaine sera sortie ...

Un léger ricanement s’échappe de ma gorge. En parler me fait reprendre conscience de tout ces intrus autour de nous. Je m’en passerais bien. Vraiment.

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MessageSujet: Re: Un séjour a la campagne   Dim 22 Mai 2016 - 0:26

Chose étrange que ce voyage en train. Je m'attendais a de la gène entre nous, du silence, n'étant pas habitué a faire la conversation ou ce genre de chose. Un voyage aussi long que stressant. Avec des tentatives désespères d'elle ou de moi pour parvenir a faire la conversation. Aussi je ne pensais pas que cela serait si simple de converser. En vérité, nos corps étaient très proche l'un de l'autre. D'un point de vu extérieur, collés même. J'étais un peu prit en sandwich entre la femme derrière moi, et la rousse devant, que je t'entais tant bien que mal de protéger. Enfin, je l'avais décidé seul, elle ne m'avait rien demandé, mais c’était un peu instinctif. Je le faisais parce que j'avais la sensation que cela l'arrangeait, qu'elle m'en était reconnaissante.

J'étais plutôt satisfait de ma dernière phrase. J'avais l'impression que c’était un phrase plutôt avenante, entraînante. Le genre de phrase que dit quelqu'un de populaire et cool. Mais ce n'est pas mon cas, et je me demande bien comment ce que je viens de dire est perçut depuis ma bouche. Je n'ai pas particulièrement l'habitude de parler comme ça, je lui promet quelque chose que je ne suis pas sur de pouvoir lui offrir. Après tout ce monde dont je parle n'est peut être pas celui dont elle rêve. Il n’empêche qu'elle va le découvrir, et en ça j'ai raison. Je rougis encore une fois en pestant intérieurement contre le feu de mes joues. Je voudrais pouvoir garder mon sang froid pour une fois, mais cela m'est apparemment impossible. Je détourne donc le regard en écartant ma main de sa boucle que j'ai touché plus instinctivement que dans une réelle envie. Je ne suis pas le genre de personne a me permettre ce genre de chose. Alors j'ai un peu peur de sa réaction je dois l'avouer. Je regarde l’extérieur qui défile. Nous voilà a Tokyo, dernier grand arrêt avant le notre, même si il y a encore une bonne heure entre les deux. Enfin maintenant que j'y pense il y a sans doute de petits arrêt entre les deux. Mais surtout, surtout, la plupart des gens descendent a Tokyo, beaucoup moins y montent pour la campagne. Avec un peu de chance, nous approchons de la fin de notre calvaire.

J'entends soudainement sa voix qui me répond. Adorable, moi, vraiment ? Je ne pensais pas que c’était si gentil de dire ce que j'avais dis deux minutes plus tôt. Je ne vais pas dire que je n'en suis pas satisfait, juste que j'en suis étonné. Je redescend mon regard vers elle, ne sachant que dire. Je n'ai pas envie de l'ennuyer avec un baratin incompréhensible. Mais elle reprend elle même la parole. Me dis qu'elle comprend mon étonnement et que je lui donne quelque chose qu'elle a toujours eu du mal a avoir par elle même. Hum, c'est juste un voyage en train, je ne pensais pas qu'elle serait si contente. Enfin au moins ça prouve que j'ai eu une très bonne idée de lui proposer. En espérant qu'elle soit comblé une fois arrivé. Elle ajoute que si j'ai des questions, elle accepterait de m'y répondre. Plus tard, mais pas ici, ce que je comprend, mais surtout, je souris. Je suis touché qu'elle accepte de me parler d'elle si je lui demande. Malgré tout j'ai envie de corriger une chose :

- Je ne te poserais pas de questions. Je ne forcerais rien, je ne te demande pas de me parler si tu n'en a pas envie, même si tu prend ça comme un remerciement ou quoi....mais par contre, si toi, tu as besoin de parler de quelque chose, j'aurais toujours une oreille pour t'écouter, alors n'hésite pas.

Et c'est vrai. Je pense qu'il y a eu une époque ou j'aurais aimé parler de mon père, de ce qu'il m'est arrivé plus jeune, a quelqu'un. Pas a un psychologue ou quelqu'un d'habituer. Non, tout ce que j'aurais voulu, c'est de pouvoir en parler a un ami. Aujourd'hui je n'en ai plus vraiment le besoin. Néanmoins, je ne sais pas dans quel état d'esprit elle se trouve, alors je veux lui faire comprendre que je suis la pour l'écouter si elle a besoin. C’était peut être une façon maladroite de le dire, mais en tout cas c’était sincère. J'ai fermé les yeux durant cette réflexion, et j'entends soudainement une voix :

« Akihabara....Akihabara »

J'ouvre les yeux pour voir a travers la fenêtre. Je suppose que mon visage et surtout la lueur dans mon regard c'est allumé, dans une expression plutôt enfantine. Le quartier interdit pour moi, je n'en suis qu'a dix pas. Je reprend la parole d'une voix plus enjouée :

- Tu savais qu'il y avait autant de goodies, de manga, et de dvd d'anime vendu dans le quartier d'Akihabara par jour, que dans tout le reste du monde durant la même période de temps, une journée ? C'est quand même incroyable quand on y pense.

Je me met a lui parler du quartier avec engouement, en remarquant soudainement que la moitié du wagon est descendu. Cette ligne n'a pas d'autre arrêt a Tokyo, donc je suppose que c'est pour ça que tout le monde est descendu la.

- Ah, et nous sommes a la moitié du trajet déjà, ça passe plutôt vite finalement...et...oh, des places assises, enfin !

Je désigne en effet plusieurs sièges libres. Le train est presque silencieux a présent, tandis qu'il repart lentement vers sa destination. Je m'étais presque habitué a la marée humaine si bien que j'en suis un peu chamboulé. Et je découvre aussi avec honte que le contact avec ma rousse n’était pas si désagréable, et qu'il me manque un peu. Mais bon, c'est pas comme si j'allais lui dire que je veux qu'on reste comme ça. Je relâche la zone que je lui avais libéré en prenant place sur un siège non loin de la, toujours en souriant a mon amie. Le train quitte Tokyo, nous ne sommes plus très loin.

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MessageSujet: Re: Un séjour a la campagne   Dim 22 Mai 2016 - 13:45

Il continue de rougir. Est-ce encore à cause du fait que nous soyons complètement collées, ou à cause de ce que je viens de dire. Toujours est-il que son sang continue de stagner dans ses joues. Il me fait rire intérieurement. Pas ce rire moqueur ; plutôt ce petit rire, qui s’accompagne généralement d’un sourire en coin. Un rire gentil. Pas sadique, pas ironique, pas méchant. Il arrive à me faire rire naturellement, même quand il n’essaye pas. Il dit qu’il ne posera pas de questions. Très bien. Ne compte pas sur moi pour en parler. C’est vraiment gentil de sa part d’accepter de m’écouter, mais j’ai passé des années à me plaindre au sujet de ma famille. Si on peut les tenir loin d’ici ça sera très bien. D’autant plus que je n’ai pas spécialement envie qu’il sache de quel milieu je viens. Je crois que j’ai vraiment peur que ma famille continue de me faire du mal ; même séparés par le monde entier.
Je lui souris encore une fois. Trop de sourire en moi en ce moment. Je vais finir par avoir des courbatures aux joues. En plus, je ne suis même pas sure qu’il ait vu que je lui souriais ; plaqué contre la vitre, le regard dehors. Moi-même, de là ou je suis, doit me tordre le coup pour réussir à voir son profil.

Une voix annonce un arrêt. Le train ralentis, puis se stoppe complètement. Comme un poumon qui se gonfle, les gens sortent du train, laissant l’air se renouveler dans notre wagon.
Satoshi recommence à parler. Le bonheur transparait dans sa voix. J’avais déjà entendu parler d’Akihabara, mais il doit vraiment aimer l’endroit pour en connaitre même des statistiques. Enfin, d’un autre côté, si ce qu’il dit est vrai, c’est impressionnant. Et c’est le genre d’informations qu’il suffit d’entendre une fois pour retenir. Alors je suppose qu’en soit même, ça doit juste faire partie des choses qu’il connait. Surtout si l’endroit lui plait vraiment. Je connais de nom. Il faudrait vraiment que j’y aille un jour.

Finalement, il s’écarte de moi, coupant ainsi le contact qui viens de durer quasiment une heure. J’avais fini par m’habituer. C’était horrible au début, mais il est arrivé, et ça ne s’est pas si mal passé. Ça c’est même plutôt bien passé, concrètement.

La moitié du trajet ? déjà ? seulement ? Je n’arrive pas à me rendre compte. J’ai l’impression d’être restée des heures collée à lui, à essayer de parler pour oublier le monde qui nous entourait ; mais d’un autre point de vue, ça n’était pas si long que ça au final ; et maintenant que c’est passé, j’ai l’impression que ça n’a duré qu’un instant. Enfin, ce n’est pas plus mal. J’ai l’impression d’enfin réussir à respirer.
Quoique. Grace à Satoshi, ça n’était pas si horrible. Je n’essaierai pas de prendre le train toute seule pour le moment. Je sais à quoi m’attendre maintenant, mais quand même. Je ne tiens pas spécialement à renouveler l’expérience très tôt.
Et bien. En fait. Je renouvèlerais demain. Pour rentrer. Cette idée me fait l’effet d’un coup de marteau. Je ne vais pas avoir envie de rentrer. Rien que l’idée de devoir me replonger dans cette foule me donne envie de rentrer en courant plutôt que de reprendre le train. Mais bon. Vu mes capacités d’endurance, je doute franchement que ça soit possible. Déjà qu’en train ça prend deux heures, si je dois le faire à pieds j’en ai pour deux semaines. Il faudrait que je prépare tente, duvet, provisions, etc. C’est définitivement une mauvaise idée.

Il désigne des places assises. Bonheur.
Je me dirige vers l’endroit qu’il a montré et m’assoit à coté de de la vitre, en face de lui. J’observe un instant le paysage défiler. Le train est déjà reparti et Akihabara s’éloigne. Ça a l’air bien quand même là-bas. Un jour, j’irais.

Mon regard quitte le paysage extérieur et retourne vers Satoshi.

-Ça fait vraiment du bien d’être assis.

Sourire.

-Ça a été pour toi ? Je veux dire, grâce à toi, je n’étais pas trop collée aux gens, mais toi ?

Je le regarde avec un air plus inquiet. Oui, sans lui ce voyage aurait été horrible, mais je n’ai pas servi à grand-chose pour lui. Ça a même dû être pire à cause de moi. Bon, d’un autre point de vue, je ne me serais jamais retrouvée dans le train sans lui non plus, puisse que je n’aurais tout simplement pas entrepris le voyage. J’aurais probablement passé mon week-end entre ma chambre d’internat, ou l’herbe dehors s’il faisait beau. Je préfère de loin ce qui se profile. Je serais volontiers passée à côté de ce joyeux passage en train, mais j’attends de voir ce que me réserve le week-end. Je me demande vraiment ce qu’on va faire.

Je lui laisse le temps de répondre avant de poser ma question.

-Tu as déjà été à Akihabara ? J’en avais entendu parler, mais je n’y suis pas encore allée depuis que je suis au Japon.

Je continue de lui sourire. Malgré ma petite crise de panique de tout à l’heure, je suis de bonne humeur. La foule est passée, je peux respirer tranquillement, et enfin commencer à profiter pleinement de ce voyage. Profiter de mon blond aussi. Premier réel repère que je trouve dans cette mer de bruns de bruns.




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MessageSujet: Re: Un séjour a la campagne   Mer 25 Mai 2016 - 15:56

Je regarde le délicieux paysage urbain d'Akihabara s’éloigner, avec le même pincement au cœur habituel. C'est devenu une habitude de ressentir cette sensation en fait, puisque a chaque fois j'ai cette envie de m'y arrêter, et a chaque fois je dois continuer mon trajet jusqu’à la fin. En même temps, si je voulais j'aurais déjà pu y aller, mais je ne l'ai jamais fais étant donné que....oui, il n'y a pas de raison autre que le fait que je sois timide et incroyablement stupide. Enfin c'est un fait avéré après tout que je prend souvent des décisions étranges. Si j'avais fais ce que je voulais depuis ma naissance sans crainte de quoi que ce soit, je n'aurais sans doute pas du tout le caractère que j'ai a présent. Bonne ou mauvaise chose je ne sais pas, et je ne le saurais sans doute jamais, ce qui n'est sans doute pas plus mal. Après tout au moins comme ça il n'y a aucune possibilité d'avoir des regrets.

Alors que je viens enfin de m’asseoir, mes jambes fatigués profitant de cet instant de repos avec délice, Aslinn prend place a son tour a mes cotés. Elle semble au moins aussi contente que moi de récupérer cette place assise, ce qui ne m'étonne pas. J'ai remarqué que nous étions plutôt semblable dans beaucoup de nos réactions, et je suis sur, après avoir vu son regard et entendu ses multiples remerciements lorsque je l'ai retrouvé, qu'elle a eu au moins autant d'émotions négatives que moi durant ce trajet. Du coup je ne commente pas lorsqu'elle s'assoit et qu'elle me dit qu'elle en est très contente, mon visage parle de lui même, je suis au moins aussi d'accord qu'elle. J'ai l'impression de pouvoir de nouveau respirer a pleins poumons. Après tout il y moitié moins de monde maintenant, Tokyo étant passé et ayant libéré sa horde par la même occasion. C'est plutôt logique que peu de gens en période scolaire, même en week-end, partent a la campagne. Du coup forcément il y a moins de monde. On a presque l'impression d’être seul maintenant. Dans notre wagon en dehors de nous il doit rester une dizaine de personnes, et tandis que la ville disparaît derrière nous, je me dis que, enfin, le voyage vient vraiment de commencer. Elle me fait sortir de mes songes, de ma torpeur, en me demandant si ça va. Je souris en constatant qu'elle s’inquiète de savoir si ça a était pour moi, ce qui est gentil.

- Et bien, je dois avouer que je n'ai pas vécu le voyage le plus confortable de ma vie. Il y avait un mec derrière moi qui a sans doute cru que j'étais une chaise, et je pense qu'il était plutôt gros, vu le poids qu'il faisait, et je pense qu'il a déplacé ma colonne vertébral un peu sur la droite.

Je lui souris en ricanant pour lui montrer que je plaisante. Enfin qu'a moitié, ce mec était vraiment énorme. Mais la seconde partie du voyage fut plus agréable avec cette fille. Bon c’était loin d’être le contact sensuel espéré, mais c’était tout de même moins repoussant. Je me penche en avant pour poser la tête dans mes mains. Contrairement a ce que j'ai pensé, tout cet attroupement m'a un peu fatigué, je vais essayer de récupérer le temps que l'on arrive. Tandis que le paysage a changé pour montrer des forets a présent, typographies typique de cette région du Japon entre Tokyo et Sendai, je me frotte lentement les yeux histoire de retrouver ma vue complète, puis je relève la tête et plonge mon regard dans ces paysages que je n'avais pas vu depuis bientôt deux mois. Je me penche un peu sur le coté comme pour dire un secret a Aslinn en désignant un homme en face :

- Oh et, si tu regardes ce mec la bas, il n'a pas remarqué, mais l'une des personnes qui est descendu a Tokyo a prit la valise du gars en face de nous, et a laissé la sienne, il les a confondu. Il va faire une drôle de tête en arrivant.

C'est parfois pratique d’être observateur, j'aurais peut être même pu courir après le propriétaire du sac en question afin de l'aider, mais avec ce monde, je n'avais pas eu envie de laisser de nouveau Aslinn, dans la crainte de la perdre définitivement dans la foule. J'ai toujours cette crainte de voir le train partir sans moi, c'est un peu un étrange traumatisme qui m'habite. Nous arrivons a l’arrêt suivant, celui juste avant le notre. Il reste une vingtaine de minutes de trajet. Je me sens de plus en plus excité sans vraiment savoir pourquoi. Le train repart, et Aslinn brise le silence une nouvelle fois en me demandant si j'ai déjà mis les pieds a Akihabara.. Question épineuse qui me replonge l'esprit dans le quartier animé que nous avons quittés un peu plus tôt. Je réfléchis a ma réponse avant de sourire de nouveau en répondant :

- Non en fait, je n'y ai jamais mis les pieds, j'ai souvent voulu mais tout est cher la bas, et j'ai peur de craquer beaucoup trop vite. On va dire que j'aime beaucoup les mangas. Il paraît que c'est vraiment bien, j'aimerais y aller un jour.

J'ai tellement lu de chose sur ce quartier que je le connais sans même y être allé. Je connais l'emplacement des boutiques intéressantes, des rues, des lieux a voir absolument....je suis un peu stupide ne pas y aller quand on y pense, mais bon.
Je me rend compte que parler de ça a passé les vingts minutes, et en ayant du mal a caché mon excitation qui perce dans ma voix, je fais :

- Oh, on arrive !

Le train ralentit.

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MessageSujet: Re: Un séjour a la campagne   Jeu 26 Mai 2016 - 22:40

- Oh et, si tu regardes ce mec la bas, il n'a pas remarqué, mais l'une des personnes qui est descendu a Tokyo a prit la valise du gars en face de nous, et a laissé la sienne, il les a confondu. Il va faire une drôle de tête en arrivant.

Mais c’est un ninja ? Comment il fait pour se rendre compte de ce genre de détails ? J’ai dû lui donner un regard bizarre quand il a dit ça. Mes yeux se sont ouvert en grand instantanément et les coins de ma bouche sont remontés avec un sourire à mi-chemin entre la surprise et l’amusement.
Il me surprend. Encore et toujours. Comment, avec un train bondé comme ça, dans un tel état de compression, il arrive à remarquer ce genre de détails ? Il y a des capacités humaines qui continuent de m’impressionner. On dirait un film. Oui… vraiment. Plus j’y pense, plus je trouve que cette situation fait film. Il y avait des messages cachés dans la valise et en fait. Et je ne le sais pas, mais Satoshi est un agent secret qui était charger de les repérer et je lui sers de couverture.

Non. Ça ne marche pas. Il ne me l’aurait pas dit si je lui servais de couverture. Il aurait plutôt été discret et n’aurais pas fait la remarque. Ou alors, c’est un ancien agent secret, et ça l’amuse de voir ses anciens collègues jouer au chat et à la souris dans leurs missions ; alors que lui est déjà trop vieux pour se faire passer pour un enfant innocent. Comme dans Cherub. C’était un enfant mal aimé qui s’est fait récupérer par l’association quand il avait neuf ans ; il a fait des missions top secrètes pour le Japon. En plus, ça serait crédible. Vu comme il est musclé, et avec ses techniques d’observation de ninja, il n’aurait aucun problème à faire l’agent secret. Puis, il ne ressemble plus à un enfant, alors il n’a plus l’avantage de passer tranquille avec un gentil petit sourire. Je suis sûre qu’avec ses cheveux blonds, il avait une tête d’ange, et avec un grand sourire, il arrivait à avoir toutes les infos qu’il voulait. Et ensuite il utilisait son Kung Fu pour tous les tuer. Mais maintenant, il a grandi, et la technique du petit enfant innocent ne fonctionne plus ; alors ils lui ont fait un lavage de cerveau, et tout ce qu’il conserve, c’est ses réflexes et ses capacités physiques.
Hm.
Non. C’est mieux s’il s’en souvient en fait. Mais ils l’ont quand même mis à la retraite et maintenant il dit bonjours à ses potes plus jeunes quand ils se croisent dans le train.

[…]

Il a vraiment l’air d’aimer Akihabara. J’ai vraiment envie d’y aller un jour. A voir la lumière dans ses yeux quand il en parle, ça doit être quelque chose. Je connaissais de nom, mais je dois avouer que je ne pensais pas forcement y aller en arrivant au Japon. Mais avoir traversé le quartier m’a complètement donné envie d’y aller. Je demanderai à Satoshi s’il veut bien m’accompagner un jour. Il dit n’y être jamais aller, mais je suis sure qu’il ne dira pas non.
Par contre… ça veut dire reprendre le train. Se retrouver encore une fois plongée dans une soupe d’hommes. Mais j’ai vraiment envie d’aller voir…
Mais je ne sais pas si je tiendrais le coup dans le train.
Ou alors, on s’arrange pour avoir une heure avec personne.
Il n’y avait pas trop de monde quand je l’ai pris pour aller de Tokyo à Keimoo. Enfin… C’était en pleine semaine, en plein milieu de matinée… C’est normal qu’il y ait beaucoup moins de monde. Ça m’étonnerait qu’on puisse avoir le même genre de train si on veut y aller en week-end.
Bah.
Je sècherais une journée de cours au pire. Ça n’est pas vraiment un problème.

Le train ralentis. La voix de Satoshi me sort de mes réflexions.
Oui, on arrive probablement. S’il le dit. Je n’ai pas la moindre idée de l’endroit où on est censés descendre. J’aurais pu regarder sur le ticket, ou essayer de retenir quand j’ai demandé la destination ; mais ça demande un trop gros effort, et j’ai la flemme. C’est plus simple de subir dans cette situation.
D’autant plus que ça aurait été complètement inutile de surveiller les arrêts à chaque fois que le train ralentis, de me stresser pour savoir s’il faut descendre ou non ; alors que mon blond sait exactement ou est-ce qu’il habite, et donc, ou descendre. Enfin, logiquement. Mais je lui fais confiance. Je vais juste suivre le mouvement.

Le train s’immobilise finalement. Une nouvelle fois, les portent s’ouvrent ; mais ce coup-ci, je sors. Mon sac a retrouvé sa place sur mon dos. Mes cheveux qui étaient supposés être retenus par l’élastique vont bientôt proclamer la république si je ne les bride pas un peu plus. Une fois sortie du train, je retire ledit élastique et secoue la tête pour essayer de les refaire prendre une forme convenable. Efficace, je sais…
Et de toute façon, ils sont vraiment trop long. Finalement, ils vont rester attachés. Je repasse l’élastique autour de mon poignet, avant de reprendre la masse orange de cheveux pour les remonter comme tout à l’heure. Je les attache. Je me donne vraiment l’impression d’avoir un pompon sur la tête. Mais bon. C’est bien plus pratique comme ça, alors on va garder le pompon pour l’instant.
Derrière moi, la porte se referme. Satoshi est sortis au moins ?
Je sens le mouvement d’air dans mon dos qui me dit que le train est en train de bouger. Puis finalement, il est parti. Je me sens seule sur le quai. Enfin. Presque seule. Il y a au moins une deuxième âme qui m’accompagne depuis le début. Satoshi. Je le cherche du regard, pivotant sur moi-même. J’en profite au passage pour observer rapidement ce qui m’entoure. C’est beau comme endroit. Complètement différent de la ville ou je suis depuis que je suis au Japon. Oui, je pense que ce voyage est vraiment une bonne idée. Je vais découvrir des choses que je n’ai jamais faites. Et même, jamais imaginée.

Je me retourne vers Satoshi, un grand sourire reliant ma joue droite à ma joue gauche, de façon à exprimer complétement ma bonne humeur. Je sens le soleil qui commence à me chauffer les épaules. Avril peut-être, mais il fait beau. Pas encore chaud, mais beau. Je me donne l’impression d’être en train de déployer mes panneaux solaires, tellement les contacts chauds entre mon visage et les rayons est agréable.
Oui, je suis définitivement de bonne humeur.

-On va où ? Je te suis.

Je continue de sourire. Mais plus que les coins de ma bouche, ce sont mes pommettes qui remontent, venant creuser un sillon le long de mes yeux, les rendant plus allongés que ce qu’ils ne sont déjà.

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MessageSujet: Re: Un séjour a la campagne   Ven 27 Mai 2016 - 18:23

Enfin, c'est fini, je commençais à en avoir assez d’être dépendant des mouvements uniformes de cette gigantesque carcasse de métal. Le mouvement diminue, la vitesse diffère lentement jusqu'à atteindre son point zéro. Je ressens la chaleur interieur du véritable four, il fait au moins quarante degrés à l’intérieur, entre le moment ou il y avait beaucoup de gens, et le soleil qui tape sur le monstre d'acier. Je me lève lentement, tandis qu'Aslinn est déjà sortit. Les portes se referment derrière elles. J’appuie sur le bouton et elle se rouvre a nouveau. Et cela frappe mon visage. L'air frais, l'air totalement différent de celui de la ville que nous venons de quitter. C'est comme une renaissance. Comme si l’atmosphère pesante de la ville avait disparut. Plus aucune présence au alentour. Nous ne sommes pas seuls bien sur, mais ce n'est plus surchargé. Après tout Tokyo est la mégalopole la plus peuplé du monde. Et même sans être directement a Tokyo, je ressens cette lourdeur quand je suis a Keimoo. Mais ici, c'est encore un endroit paisible, peuplé d'arbres. La campagne, oui, je la ressens déjà.

Je met un peu a l’extérieur, et regarde autour de moi en souriant. C'est totalement différent des arrêts de train de la ville. Ici il y a juste un quais en béton avec des marches pour retourner sur la route. Il n'y a pas huit voies sur-bondé de monde, avec des souterrains entremêlés. Non, ici il y a juste de quoi faire arrêter le train. Je sens d'ailleurs derrière moi la machine qui se remet en marche. Personne n'est descendu a part nous, et les gens qui étaient la y sont montés. Enfin de compte si nous sommes bels et bien seuls. Je regarde Aslinn de dos en souriant. Elle m'a dit qu'elle n’était pas aller beaucoup a la campagne dans sa vie, et quand tu ne connais du Japon que sa zone urbanisé, arriver ici peux sembler être comme arriver dans un autre pays, complètement différent. Elle se retourne vers moi, et un sourire éclaire son visage, ainsi que ses jolies pommettes qui remontent au niveau de ses joues. Elle semble contente, c'est déjà bien, surtout après ce voyage exténuant. Elle me demande alors ou nous allons. Qu'elle me suit. Oui c'est vrai qu'a partir de maintenant, je suis le guide, et qu'elle se repose totalement sur moi, je vais veiller à ne pas la décevoir.

- Suis moi, je vais te montrer ou nous allons.

Je passe devant elle, et après qu'elle m’ait emboîté le pas, me dirige vers l'escalier qui remonte la pente qui nous sépares du niveau du sol. En fait le quai se trouve en bas d'un terre-pleins creusé dans le sol. Finalement c'est un peu comme un souterrain a ciel ouvert, et l'escalier permettant de revenir au niveau normal de la terre est plutôt grand. Il fait une bonne cinquantaine de marches. J'ai l’impression que ce voyage qui devait être reposant, se transforme en entraînement physique. J'en ai l'habitude, mais j’espère qu'elle ne va pas trop en être fatigué. Après deux bonnes minutes, le temps d'arriver en haut de cette imposante monté, me voilà sur la terre plate, j'en ai fini avec ces escaliers. Je fais deux trois pas en avant en m'étirant. Oui, me voilà chez moi.

Quand Aslinn qui était juste derrière moi arrive à son tour en haut, elle peux voir une première chose. Cet arrêt de train est totalement coupé du monde. Devant nous une route bétonné qui part à perte de vue, entouré de champ absolument partout. Plus loin, on peux voir le début d'une foret. Une grande foret, il y a eu de nombres disparitions dans ce bois d'ailleurs, dans certain village reculé encore encré dans des traditions ancestrales pensent que ce bois est maudit. Ces mêmes gens qui passent leurs journées à prier la grâce des dieux. Je ne prend pas vraiment garde à ce qu'ils disent. A notre gauche, on peux sentir une plus grande chaleur qu'à droite. La chaleur de la ville. Sendai est par la, à une bonne heure de route en voiture. La nuit on peux voir la lueur des lumières dans le ciel, mais de jour aucune façon de savoir que la ville est par la. Mais ce n'est de toute manière pas notre destination. Je pointe du doigt la droite, au loin. On peux distinguer un arbre absolument gigantesque au milieu des autres, faisant plusieurs centaines de mètres de haut.

- Tu vois le grand arbre tout la bas ? Le village ou j'habite s'est battit autour de son tronc, il est plusieurs fois centenaire. Je crois même qu'il est protégé au patrimoine de l'UNESCO c'est pour dire. Et je ne la vois pas bien mais tu as peut être une meilleure vue, si tu te déplace un peu à gauche, tu peux peut être voir une colline.

Je fais un pas de coté et plisse les yeux, mais je ne vois pas bien. Il y a une colline qui surplombe des maisons aussi grosses que des fourmis à cette distance. Et ce que je ne peux pas voir d'ici, c'est le temple qui y est construit au sommet :

- Au sommet de cette colline que je te montre, il y a le temple, c'est la que j'habite. Désolé, il va falloir marcher un peu.

Mais il fait beau, frais, nous sommes seuls en dehors des voitures qui nous on déjà dépassé depuis que nous sommes la, quelque une, pas beaucoup, c'est la campagne. Ma mère n'a pas de véhicule, et personne n'a pu se libérer pour venir nous chercher. J'ai l'habitude de marcher, quand j'étais à l'internat, je faisais toujours ce trajet à pied. Je le connais par cœur, il suffit de marcher sur le bord de la route toujours tout droit, et on fini par arriver devant le grand arbre, qui marque une des entrées du village. Des fois j'ai vraiment l'impression de reculer de plusieurs siècles en arrivant ici. Je fais quelques pas en avant sur la route en disant :

- On ferait mieux d'y aller, si tu veux je peux porter ton sac ?

J'essaye de lui être le plus agréable possible, après tout je ne lui avais pas dis qu'il y avait encore plusieurs dizaines de minutes de marche. Enfin nous y sommes enfin, le séjour peux débuter.

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MessageSujet: Re: Un séjour a la campagne   Ven 27 Mai 2016 - 22:49

Face à moi, mon blond est lui aussi sortis du train. Quand mon sourire rencontre le sien, l’air heureux sur son visage exprime pleinement son état d’âme. Lui aussi doit être heureux de finalement sortir du train.
Il me demande de le suivre. Je lui avais dit que je le suivrai, c’est ce que je fais. Une fois de plus, je me retrouve à marcher derrière lui, limitant mon champ de vision a son dos. Je le laisse prendre quelque pas d’avance, augmentant ainsi la capacité de mes yeux. Ses cheveux ont l’air encore plus dorés à cause du soleil. J’aime beaucoup l’image que je vois. Lui, au milieu de ce calme. J’ai envie de m’en souvenir. Puis je le vois qui commence à monter un escalier. Nous sommes dans une sorte de cuvette. Enfin, plus un couloir qu’une cuvette.

L’escalier n’a pas l’air trop long. Enfin. Un peu quand même, mais pas trop non plus. Bah. Je jugerais sa longueur après l’avoir monté. Je serais essoufflée quoi qu’il arrive, puisqu’il me suffit d’une quinzaine de marche pour sentir ma respiration accélérer, mais il y a quand même une différence entre montrer quinze marches et en monter soixante-dix. Je serais plus ou moins morte à la fin. Vive mes capacités d’endurance et les muscles de mes cuisses.
Pourvu qu’ils tiennent.

Je pose donc la semelle de ma Dr. Martens gauche sur la première marche, prends appui dessus, et remonte celle de droite sur la seconde marche. C’est le début.
Je monte quand même assez fréquemment des escaliers au lycée. Presque toute les heures je dois changer d’étage. Mais ces escaliers-là restent bien moins long que celui-ci. Et dans un cadre moins bien agréable aussi. Il n’y a pas l’oppression d’être serrée entre deux murs, et la plupart du temps, compressée par une marée de bruns qui cherchent leur salle en même temps que moi. Puis mes pensées retournent vers le cadre ou je me trouve actuellement. Cette impression de calme, de vie ; la nature un peu partout, contrairement aux blocs bétonnés de Keimoo. La ville en elle-même est vraiment sympa, et c’est dedans que je découvre la culture japonaise depuis que je suis arrivée ; mais c’est tellement différent de l’endroit oui je suis, là, tout de suite, dans le moment présent. Jamais je n’aurais pensé découvrir le pays de cette façon. Quand on me dit Japon, je pense technologie, manga, samouraïs. Et quelques autres clichés.

Lentement, ma fascination pour ce qui m’entoure me ramène vers l’escalier que je suis en train de monter. Et la fascination commence à être saccadée par ma respiration qui devient plus forte. L’escalier est long en fait. J’aurais dû compter les marches. Je les compterais au retour.
Quand finalement je pose le pied sur le sol et non plus une marche ; le dernier effort pour réussir à hisser mon corps à hauteur du monde m’arrache un soupir.
Satoshi est déjà en haut. Logique, il était devant. C’est le genre de réflexion totalement inutile que je devrais arrêter de me faire. Je serais moins fatiguée le soir si j’arrêtais de penser a des choses inutiles.
Je fais claquer mes mains sur mes cuisses pour réveiller ses dernières que je sentais râler sous l’effort que je viens de leur demander.
Enfin. ‘’Effort’’. Je ne suis pas non plus hors d’haleine, pleine de transpiration ; mais il n’empêche que ce n’est pas tous les jours que je dois monter un escalier de ce type.

Ce n’est qu’après ce geste, puis avoir respiré un grand coup, que je laisse mes yeux observer ce qui m’entoure un fois de plus.

MAIS ON EST OÙ ?
Il n’y a rien. Absolument rien. IL habite dans un terrier ou quoi ?
Je veux bien croire que la gare n’est pas forcement juste à côté de chez lui, mais là... A quoi est-ce que ça sert d’avoir mis la station ici ? Je comprends pourquoi nous sommes les seuls à être descendu ici. Qui descendrai ici ? Il faut être fou pour s’arrêter là. Pas d’arrêt de bus, juste une route. Longue ligne droite vers un autre endroit que je ne connais pas.
Mes oreilles entendent Satoshi qui commence à expliquer l’endroit. Et ce qu’elles entendent, une fois rapporté à mon cerveau, me fait bugger un peu plus. Il n’est quand même pas en train de me dire, que la forêt tout au loin, là-bas, est l’endroit où il habite ?
Je ne suis pas psychologiquement préparée à ce genre d’épreuve. Et même avec toute la préparation psychologique que j’aurais pu avoir, je ne suis pas préparée tout court. Je ne suis même pas sûre que mes jambes soient capables de franchir une telle distance.
Je le regarde pendant qu’il continue de parler.

-…Désolé, il va falloir marcher un peu.

UN PEU ?! Il appelle ça un peu ? Mais je pleure moi. J’ai l’impression de devoir traverser le monde pour arriver à cette fichue forêt. Qu’est ce qui leur a pris de poser leur maison aussi loin de la gare ?
Bon… Le village doit exister depuis bien plus longtemps que la gare. Mais dans ce cas, pourquoi avoir mis la gare au milieu de nulle part ? Je suis sûre que ça ne leur coutait rien de se rapprocher un peu plus d’un espace civilisé.
L’endroit est vraiment beau. Mais vide. Vide, vide, vide.
JE pense que j’aurais préféré voir être dans un endroit un peu moins beau, un peu moins calme, si ça avait été pour avoir un peu moins de distance à faire. D’autant plus qu’il est presque midi. Maintenant que j’y pense… Mon petit déjeuné remonte à loin.
Le fait d’y penser amène la faim d’un coup. STOP. J’arrête tout de suite d’y penser. Si je continue mon ventre va commencer à gargouiller. Et ça, il ne faut pas. Je n’ai pas besoin de bruits de ventre pour venir ajouter au tragique de ma situation.

Je me reconcentre sur Satoshi. Arrête de penser à la bouffe.
Il me propose de porter mon sac. C’est gentil, mais il n’est vraiment pas lourd, et il a déjà l’air bien plus chargé que moi. Et lui aussi va devoir faire ce trajet dans les mêmes conditions que moi.
Je lui lance un regard fatigué, avec un sourire ironique et un soupir.

-C’est bon pour mon sac. Il n’est vraiment pas lourd, et tu as déjà le tiens qui a l’air bien plus remplis que le miens.

Je plie les genoux, passant en position accroupie, avant de remonter dans un craquement de genoux ; tout en observant cette colline sur laquelle je suis censée voir le temple. Mais c’est loin. Très loin. Mais je ne dirais pas trop loin. Puisque de toute façon, j’irai jusque là-bas.
Mes yeux retournent vers Satoshi. C’est avec un demi-sourire que je reprends la parole.

-Tu aurais pu prévenir. Je ne pensais pas qu’il faudrait marcher tout ça.

J’accompagne ces mots d’un mouvement de main à travers mes cheveux, supposé remettre en place les mèches qui cherchent déjà à s’échapper.
Puis je me tourne vers la route.
Il faut que je reste motivée. Ne commence même pas à râler. Sinon, c’est sans fin, et je vais devenir insupportable. Alors on va éviter autant que possible. Je commencerais à râler quand je commencerais à ramper d’épuisement sur la route qu’il sera obligé de venir me récupérer avec une petite cuillère pour me ramener chez lui. Pas avant.

-On y va du coup ? ça ne sert à rien de s’éterniser ici.

Ce coup-ci, j’arrive à sourire plus franchement. Pas le grand sourire que j’arrive à lui servir parfois, mais un vrai sourire quand même. Je vais essayer de rester de bonne humeur aussi longtemps que possible.

-C’est par là ?


Mon doigt indique la direction de la route qui me semble aller vers l’endroit où il dit habiter.

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MessageSujet: Re: Un séjour a la campagne   Mar 31 Mai 2016 - 15:35

Je regarde les éclats du soleil caresser les cheveux roux de mon amie juste devant moi. Je regarde son regard perdu vers le lointain dans un cri de détresse. Ses lèvres s'étirer légèrement dans une horreur sans nom. Tout est involontaire, mais la route que nous devons prendre à présent, ce chemin qui a l'air de n'avoir aucune fin. Il n'est pas si long en fait, je pense qu'en marchant bien, une vingtaine de minutes devrait suffire. Mais si on manque de motivation, ça risque d’être plus long. Et la motivation ne transparaît pas vraiment d'Aslinn en cet instant. Je me retiens de rire devant ce visage défait. Sa réaction est amusante mais rire a ce moment précis aurait sans doute l’effet inverse et l'énerverait encore plus. Et je n'ai pas vraiment besoin de ça actuellement.

Elle a refusé mon aide pour porter son sac. En disant qu'il était plus lourd que le siens. C'est sans doute vrai, j'ai l'impression d'avoir déménagé ma chambre étudiante. J'ai quasiment tout mes vêtements réunis dans le conteneur qui pend a mon épaule. Je vais devoir faire un lessive durant ces deux jours. Sans doute même plusieurs si je veux parvenir a tout laver. Enfin ce n'est pas vraiment le moment de penser à ça, je dois motiver ma camarade. Mais c'est elle qui fait le premier pas, disant qu'on a pas que ça a faire, qu'il ne sert a rien de s'éterniser ici. Elle n'a pas tord, nous perdons juste notre temps. Il faut partir. Elle désigne du doigt la route qui mène vers chez moi, vers l’arbre géant qui sert de point de repère. En effet c'est par la, et je le lui dis en souriant, tentant de prendre une voix enjoué, histoire de la motiver.

Nous prenons alors la route. C'est vrai qu'il fait effroyablement chaud. Enfin je ne sais pas ce qu'elle en pense, je crois me souvenir qu'elle m'avait dit qu'elle aimait le soleil, et la chaleur. Et si on s'en tient a des normes classiques, la température n'est pas si haute que ça. Mais pour moi elle l'est déjà, et marcher n'arrange rien a ma condition. Je ne peux pas vraiment avoir de contrôle la dessus, malheureusement, ma peau commence déjà être recouverte d'une fine couche de sueur. Ce n'est pas très glamour mais bon, ce n'est pas comme si lever le doigt vers le soleil en lui ordonnant de se cacher aller changer quoi que ce soit. Il n'y a qu'une chose à faire, se dépêcher d'arriver.

Comme je le pensais, la route n'est pas si longue. En deux temps trois mouvements la gare a déjà disparut dans notre dos. Les voitures nous dépassent lentement, aux nombres d'une ou deux toute les trois ou quatre minutes. Ce n'est pas la route principale pour aller a Sendai, mais en week-end, c'est un bon raccourcit pour éviter la circulation. Ce n'est pas vraiment étonnant que des gens l'empreinte. Même si cela tue la tranquillité de la route. Il y a un blanc depuis quelque temps, et je tache de le combler en prenant la parole, histoire de faire passer le temps plus vite :

- C'est quand meme dommage qu'ils aient mis la gare aussi loin. Mais il me semble que comme il fallait creuser dans le sol pour atteindre les rails déjà en placent, ils ont du le mettre assez loin des villages environnants. C'est une vieille voix qu'ils ont recyclés pour les trains d'aujourd'hui.

En effet, vu le prix de construction d'une voie de train, c'est plutôt logique de ne pas s’embêter a en construire une depuis zéro, autant utiliser ce qui est déjà en place, niveau budget et rapidité, c'est le plus pratique, le plus efficace, le plus avantageux. Bon ce n’était pas l'intervention cool que j’aurais voulu avoir. J'aurais préférer parler de quelque chose d’intéressant, je ne suis pas sur que parler de rails de trains soit le genre de conversation qu'elle affectionne. Je réfléchis rapidement à ce que je pourrais lui raconter a présent. Tout en réfléchissant je pense a mon estomac qui commence a crier famine. Je n'ai pourtant pas mangé il y a si longtemps, mais on dirait que le repas de ma mere sera encore meilleure que prévu. Je sais qu'elle nous a sans doute fait un festin. Comme a chacun de mes retours d'ailleurs, mais la encore plus puisqu'il n'y a pas que moi. Ce n'est pas tout les jours qu'il y a une invitée....oh, je sais ce que je vais lui raconter ! Je m'éclaircis la gorge en souriant :

- Il y a pleins d'histoires par ici, contrairement a ce que l'on croit, la campagne est souvent sujet a des événements étranges. Toutes ces histoires mystiques sont très fréquentes ! Surtout dans les endroits ou il y a des vieux temples comme ici. Par exemple la foret la bas...

Je désigne du doigt le bois a notre gauche, qui était en face de nous lorsque nous sommes sortit des escaliers de la gare.

- … Et bien il y a quelques années, il y a eu de nombreuses disparitions étranges, le genre de gens qui partaient se promener et que l'on ne revoyais jamais. La police a tourné en rond pendant des mois avant de classifier ces disparitions comme insolubles. Certains disaient qu'un serial Killer se trouvait dans les environs, mais les vieux de mon village n’arrêtait pas de dire qu'un démon s'était réveillé et enlever les gens qui osaient pénétrer dans son domaine, la foret, et les envoyaient en enfer. Je dois t'avouer que je n'y crois pas trop, mais sait on jamais ! Il vaux mieux etre prudent n'est ce pas ? C'est une histoire plutôt populaire maintenant parmi les jeunes pour se faire peur. Quand j'étais au collège, il y avait des après-midi ou les autres s'amusaient a y aller pour se faire peur.

Bien sur je n'y étais jamais allé. Pas que je n'avais pas envie, mais comme je ne parlais a personne, je n'avais jamais étais invité. Bon ce n'est pas comme si cela m’intéressait vraiment, après tout personne n'avait disparut parmi les élèves en question, ce n’était qu'une histoire pour enfants a présent, pour leurs faire peur quand ils font des bêtises. Je reprenais conscience de ce qui m'entourait âpres avoir raconté mon histoire. Le grand arbre était devant nous, a quelques dizaines de mètres. Tout en parlant, je n'avais même pas remarqué que nous étions arrivés a destination. Derrière l'arbre était visible les premières maisons, et bien qu'il n'y avait pas un chat, nous étions bel et bien arrivés, enfin, après tout ce voyage, toute ces péripéties. Je souriais de nouveau en m’arrêtant au pied de l'arbre et en m'étirant :

- Et bien maintenant qu'on y est je pense que je peux le dire, bienvenu a Mûra !


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MessageSujet: Re: Un séjour a la campagne   Mar 31 Mai 2016 - 20:44

Il acquiesce en souriant. Such a nice smile.
Les reflets dorés de ses cheveux sont une petite merveille au milieu de ce trop-plein de verdure. Autant je trouvais les plantes jolies, mais maintenant que je sais que je vais devoir tout traverser, je les trouve une petit peu moins intéressantes. Enfin, je pourrais aussi concentrer mon attention sur la nature pendant que je marche. Peut-être que si je me concentre sur autre chose que l’effort de mes jambes, j’aurais moins de mal à franchir la distance.
Mais aurait vraiment pu me prévenir avant. Histoire que j’ai au moins le temps de me préparer psychologiquement. Parce que très franchement, là, j’ai juste peur de l’état dans lequel je serais quand on arrivera au bout. Si on arrive au bout.

Je regarde cette route. Elle me regarde. Elle sait que je vais lui marcher dessus. Je sais qu’elle va m’épuiser. Mais je suis ici, et il est hors de question que je remonte dans le train. Et je ne suis même pas sûre de quand pourrais me ramener le train de toute façon. Et même. J’ai bien trop envie d’aller découvrir le petit bout du Japon qui est au bout de cette route pour renoncer à l’écraser avec mes docs.
Alors commence le mouvement. Enfin. Satoshi le commence, et j’enchaine à sa suite. Dans la direction que j’avais désignée. C’est bien, je ne suis pas complètement stupide, et surtout, ça veut dire que c’est le chemin le plus direct ; que ça ne tourne pas trop. En fait, ça serait beau que ça soit une belle ligne droite. Ça serait la première étape pour me rassurer.
Je pense que ça l’est.
Essaye de positiver un peu. De toute façon, tu vas devoir arriver au bout. Autant partir sans à priori.

J’emboite le pas à Satoshi, remontant à sa hauteur.

Le soleil. La route. Mes jambes.
Essaye de penser à autre chose.
Le soleil qui tape. J’aime quand il fait beau, mais je ne résiste pas forcément bien à la chaleur. Bon, on reste au printemps, ça n’est pas non plus étouffant, mais entre mon gros sweat et ma veste en jean, il commence à faire chaud. Mais je peux supposer ça. Le sweat est large, la veste est large ; c’est facile de crée des courants d’air entre mon corps et mes vêtements. C’est décidément bien plus pratique d’avoir des vêtements trop grands.
Ce qui me fait plus peur vis-à-vis du soleil, est le rapport qu’il entretien avec ma peau. Je sais que ma peau brule facilement. Bien trop facilement. Je sens déjà mes joues qui commencent à chauffer. Même si l’air ambiant en lui-même n’est pas très chaud, les rayons du soleil, eux, le sont. Et à priori, ils aiment venir caresser mon visage. Heureusement que je n’ai pas les épaules dénudées. Ça serait encore pire.
Par contre, je sais aussi que plus ma peau prend de soleil, plus mes taches de rousseurs ressortent. Je sais aussi que j’en ai beaucoup. Beaucoup pour une Irlandaise, encore plus pour une asiatique. Au même titre que mes cheveux, ce trait de mon physique à tendance à fasciner les asiatiques. C’est qu’il n’y en a vraiment pas beaucoup, des asiatiques avec des taches de rousseurs.
Enfin. Tout ça pour dire que j’ai peur de l’état dans lequel je vais retrouver mes joues ce soir. J’aurais bien aimé ne pas déjà attraper des coups de soleil. On n’est même pas encore en été. J’ai vraiment une peau de victime.

Je continue à avancer. Un pied devant l’autre. La forêt se rapproche plus vite que ce que pensait. Mais pas encore assez vite à mon gout. Il faudrait que je passe mon permis. Je ne sais pas à partir de quel âge je peux conduire au Japon. Passer mon permis moto serai déjà pas mal, avant celui voiture je pense. Ça m’offrirait déjà plus de mobilité. Enfin, je n’ai pas vraiment besoin de cette mobilité. Je vis dans l’académie même, donc en soit même… Je ne suis pas supposée avoir besoin de beaucoup me déplacer. Mais dans ce genre de situation, ça serait vraiment pratique. Plutôt que de devoir encore subir ce train. Oui, je vais me renseigner par rapport au permis. Comme ça, si je reste l’année prochaine en tant qu’étudiante, je pourrais me déplacer. Je n’ai pas l’intention de rester à l’internat éternellement. C’est bien trop contraignant. Surtout depuis que j’ai découvert que je suis censée rentrer avant dix-huit heures. Jamais je ne vais tenir ce rythme plus d’un an. Déjà que je commence à trouver ça lourd. Je verrais ce que ferait au moment donné.
Après… Le permis. Rien ne coutre de le passer. Je ne suis pas obligée de m’acheter une moto tout de suite après, mais ça restera pratique. Enfin…Si, le permis coute de l’argent ; mais j’en ai. Il suffit que j’économise un peu, et je n’aurais même pas besoin d’en demander spécifiquement pour ça à mes parents ; vu ce qu’ils m’envoient déjà par mois. J’en ai bien trop pour moi uniquement. Mais ils ne se rendent absolument pas compte de la différence de train de vie entre eux et moi. Enfin. Ça n’est pas plus mal. Au moins, l’argent ne me posera pas problème. Pas tout de suite. JE n’ai pas non plus l’intention de dépendre de leur bon vouloir éternellement non plus.
Du coup… Le permis. Ça serait une bonne idée je pense. Moto au moins. Peut-être voiture aussi. Je me renseignerai sur ou je peux le passer pendant la semaine. Si j’y pense. J’essaierai d’y penser.
Et au pire, ça n’est vraiment pas pressé. Donc si j’oublie cette semaine, ça sera celle d’après. C’est tout.

- (…) qu'ils ont recyclés pour les trains d'aujourd'hui.

Le son de sa voix me sort de ma torpeur. Je me rends compte que depuis le début, aucun mot n’a été échangé. Ça ne me gêne pas personnellement, mais peut-être que lui trouve ça ennuyant. Je vais essayer d’être plus attentive maintenant.
Le rythme régulier de la marche commençait presque à m’hypnotiser, et ma réflexion à propos du permis avais achevé de me déconnecter de la réalité. Il me restait juste suffisamment de présence pour continuer à marcher droit. Ce qui fait que j’ai presque sursauté quand il a commencé à parler, et j’ai mis trop de temps à revenir pour comprendre ce qu’il a dit au début. Train. Recyclage. Ils recyclent les veillent bouteilles en plastique pour en faire des polaires. C’est une bonne idée. Ça se recycle aussi les trains ? C’est grand un train. Ça fait beaucoup de matière à recycler. Plein de polaires. Enfin, je ne suis pas sûre que toutes les matières du train soient utilisables pour faire des polaires. Beaucoup de polaires et de boites de conserves alors.

Mes yeux retournent vers Satoshi. Je ne pense pas qu’il parlait de ce recyclage-là. J’ai failli demander si on pouvait vraiment transformer les trains en polaires ; mais je me suis arrêtée à temps. S’il a encore de l’estime pour moi, on va éviter de tout gâcher maintenant. Je vais mon contenter d’acquiescer avec un petit mouvement de tête. C’est la solution la plus simple, la plus neutre. On va éviter le lui prouver tout de suite par A+B que je me perds dans mes pensées et faire comme si j’avais tout à fait suivis ce qu’il a dit depuis le début.

Un blanc pèse un peu. Celui-ci je le trouve gênant. Je ne sais absolument pas quoi répondre, vu que je n’ai pas écouter depuis le début ce qu’il a dit. Et je risque de répondre complètement à côté si je le fais. Donc je vais me taire. Je compte sur lui pour trouver un moyen d’enchainer.
Et il trouve. Je suis soulagée d’entendre le son de sa voie à nouveau. J’avais peu que mon manque d’attention ne soit à l’origine d’un long moment gênant.
C’est bien Satoshi. Tu es un bon Padawan. Tu arrives à faire avancer une discussion, même quand il n’y a absolument rien à dire. Bientôt je t’apprendrais à discuter avec le riz. Si tu y parviens, tu pourras devenir Jedi.

Il commence à parler des histoires sur l’endroit. C’est amusant. Je suppose que c’est le genre de choses que l’esprit humain aime imaginer. Parce qu’en Irlande aussi, même si c’est de l’autre côté du monde, on trouve ce genre de ‘’légendes’’. Les hommes doivent vraiment s’ennuyer de leur monde des fois.
Enfin. Je suis vraiment mal placée pour dire ça.
Bref.
C’est amusant cette histoire. J’ai envie de lui demander d’aller dans la forêt. Juste pour voir.
Et en soit même. Je suis en train de me rendre compte que je ne suis plus allée dans une forêt depuis très longtemps.
Quand j’étais petite, dans le domaine de mes parents, il y avait un petit bois. Evidemment, je n’avais pas le droit d’y aller. Evidemment, j’y allait. C’est un des endroits où j’ai vécu la liberté. Seule, au milieu des arbres. Je n’arrive même plus à me souvenir de ce que je trouvais drôles dans le fait d’aller là-bas. Peut-être, juste le plaisir de briser une interdiction. Une de plus.

Mais je demanderais plus tard, si on a le temps, si on peut aller dedans. Pour l’instant, je vais me contenter de répondre ça :

-C’est amusant. On retrouve vraiment le même type d’histoire en Irlande. Je suppose que même séparés par le monde, les hommes aiment imaginer des choses.

Je ponctue ma remarque d’un sourire. Ce coup-ci, j’avais bien écouté du début à la fin ce qu’il a raconté, et je suis capable de répondre de façon cohérente.

Puis la forêt était là. A l’écouter parler, j’avais oublié que j’étais aussi en train de marcher. Finalement, je ne suis pas morte en cours de route. J’aurais pu pourtant. C’est une bonne chose. L’arbre est vraiment immense en fait. Il avait l’air grand, mais il est encore plus impressionnant vu de près.

Satoshi continue d’avancer jusqu’au pied de l’arbre, avant de s’arrêter et de s’étirer.

- Et bien maintenant qu'on y est je pense que je peux le dire, bienvenu a Mûra !

Mûra. Je me rends compte que je ne savais même pas le nom de l’endroit vers lequel on allait. Je dois être inconsciente de temps en temps. Mais j’aime bien être inconsciente. C’est beaucoup moins prise de tête.
A mon tour, je m’approche de l’arbre. Je monte sur une grosse racine qui dépasse du la terre, cherchant à conserver mon équilibre dessus. J’y parviens… un peu. Un peu pas beaucoup. Je n’ai pas vraiment de sens de l’équilibre, aussi, les quelques secondes durant lesquels mes talons ont flotté dans l’air m’ont parure être un exploit.
Puis je redescends. Enfin, je tombe. Je ne m’étale pas par terre, mais disons que ce n’était pas la descente contrôlée que j’aurais voulu faire.
Une fois mes pieds bien de retour sur terre, je me retourne vers Satoshi.

-C’est beau comme endroit ! Vraiment rien à voir avec la ville.

Je souris encore. Je souris trop. Je vais finir par avoir des crampes aux joues a force de lui sourire.
Il fait plus frai depuis qu’on est passé à l’ombre, mais je sens quand même ma peau qui à commencer à produire de la sueur. J’enlève ma veste. J’enlève mon sweat. Je remets ma veste au-dessus de mon débardeur. Puis j’attache mon sweat autour de ma ceinture. Ça ne sert à rien ne serait-ce que d’imaginer que je pourrais le faire entrer dans mon sac. A la limite, si on sac était complètement vide je pourrais essayer -je dis bien essayer- de le faire entrer ; mais en soi-même, ce sweat est tellement épais que je n’en suis même pas sure.
L’air passe enfin librement entre ma peau et l’espace laissé par ma veste, elle aussi beaucoup trop grande pour moi.

Je me retourne encore vers le tronc de cet immense végétal qui se dresse devant moi. Mon regard monte le long de l’arbre. J’appuie mon pied sur le tronc.

-Il est vraiment immense en fait.

J’espère qu’il n’est pas un symbole religieux ou quelque chose du genre, parce que je suis en train de lui faire copieusement découvrir la semelle de mes docs.

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MessageSujet: Re: Un séjour a la campagne   Mer 1 Juin 2016 - 18:23

Je lève lentement le regard vers l'arbre qui nous surplombes. La foret n'est pas ici, il n'y a que quelques arbres qui délimitent naturellement l'entrée du village, également nommé par un panneau situé juste après. Et j'écoute ce que dis Aslinn. Qu'elle trouve l'endroit totalement différent de la ville, que c'est beau. Je ne peux pas vraiment la reprendre la dessus, c'est très beau. Nous sommes venus a la période ou tout est en fleurs, ce qui renforce le coté coloré et vif du lieu. En plein hiver tout est décharné, c'est forcément moins aguicheur. En ce moment, je pourrais dire que c'est vraiment magnifique. Ça aide a se ressourcer après deux mois de vie a l'académie surpeuplé de Keimoo. Je ne l'avais pas vraiment réalisé pendant que j'étais au milieu de tout ces gens, mais revenir ici, au calme, me fait vraiment plus de bien que ce que j'avais pensé au départ.

Je redescend alors la tête vers Aslinn quand soudainement elle me dit qu'elle ne pensait pas que l'arbre était aussi grand. C'est vraiment qu'il est immense. A vu de nez je dirais qu'il doit faire une centaine de mètres de haut, peut être d'avantage. Et nous, entre ses racines, nous sommes vraiment insignifiant, un grain de poussière parmi toute les rencontres qui ont eu lieu sous ses bras, parmi tout les événements que son feuillage a balayé. Je n'avais jamais vraiment songé a ça, mais cet arbre est vieux de plusieurs centaines d'années. Il était déjà la durant le siècle précédent, et celui d'avant. Peut être celui encore d'avant. Si c'est un homme qui l'a planté, sa descendance s'étale sans doute désormais sur cinq ou six générations, peut être plus. C'est quand même incroyable quand on y pense! Je pose la main sur le tronc exactement au moment ou Aslinn y pose son pied. Je ne fais pas de commentaire, ça ne m’intéresse vraiment pas de m'offusquer pour ce genre de chose. Après tout si on pense aux nombres d'années qu'il est la, ce ne doit pas être la première fois que quelqu'un pose le pied dessus. Je prend la parole suite a sa phrase :

- Je trouve aussi, c'est fou quand on pense a l'age qu'il doit avoir, plusieurs centaines d'années....Certain le voit comme le symbole de la bonne fortune du village, et que tant qu'il sera la, il ne pourra rien ne nous arriver de fâcheux. C'est pourtant marrant mais l'histoire que je t'ai raconté tout a l'heure sur les disparitions a pourtant bel et bien eu lieu...

Je souris en lui faisant un clin d’œil et en finissant même par m'esclaffer. Si le doyen du village, monsieur Kanjiro m'entendait, il serait totalement estomaqué de ces paroles. Mais il n'est pas la, donc c'est parfais. Je lui prend lentement la main toujours en lui souriant et en disant :

- On y va ? Ma mère doit nous attendre.

Juste pour attirer son attention, puis je relâche ma prise et m'éloigne un peu d'elle, puis je prend la direction des premiers bâtiments. De nombreuses maisons dans un premier temps, certaines plutôt pittoresques, rustiques, fruit de la vie de vieux campagnards n'ayant aucun intérêt pour les nouvelles technologies. Quelques poules par ci par la qui traîne autour des habitations, des aboiements au loin, d'un chien qui court après on ne sait pas vraiment quoi...

- Il y avait d'anciennes fermes ici avant. Les champs on étaient transformés en terrain constructibles pour les habitations qu'il y a un peu plus loin, mais les granges et les anciens corps de fermes sont restés.

Nous continuons notre progression, arrivant dans une partie légèrement plus urbanisés avec les maisons modernes, certaines encore en construction. La campagne était plutôt populaire et de nombreux retraités y venaient passer leurs vieux jours. Les plus jeunes préféraient la ville, le travail s'y trouvant en abondance. Nous croisions un escalier descendant dans un virage ne permettant pas de voir ce qu'il y avait en bas :

- La rivière passe la, il y a plusieurs manières d'y accéder, je te montrerais plus tard si tu veux.

Puis nous arrivions sur une route un peu recouverte d'herbes, au dessus d'une descente nous donnant un visuel sur la dite rivière, étrangement bleu quand on comparait a certain coin pollué du Japon. C’était la route que je prenais tout les jours pour aller a l'école avant, bien que je n'allais jamais aussi loin. Nous croisions la dites écoles, qui me semblait étrangement petite par rapport a mes souvenirs. J'avais toujours eu l'impression que c’était gigantesque. Puis un peu plus loin, le collège, avec son gymnase. La ou tout a commencé, ou j'ai rencontré Hikari, ou j'ai découvert mon art. Je reste a la regarder un instant tout en marchant, un peu perdu dans mes pensées, avant de me reprendre et de commenter le paysage d'une façon tellement insipide que je ne vais sans doute pas prendre la peine de le répéter.

- Et bien ce n'est pas très riche mais c'est plutot...hum...jolie.

Je ne savais pas vraiment comment le décrire et je n'ai eu d'autre choix que de reprendre sa propre formulation qu'elle m'a sortit en y arrivant. Nous passons a coté du square plutôt grand finalement, recouvert de verdure et de jeux pour enfants, l'endroit le plus populaire des enfant que je côtoyais durant mes jeunes années. Nous dépassons l'endroit et arrivons de nouveau prêt d'habitations, et enfin, la sortie du village. Enfin pas vraiment, puisque juste aprés le panneau, des marches qui monte a flanc d'une très grande colline surplombant totalement le village que nous venons de traverser, au sommet duquel ce trouve le temple :

- Et bien nous y voilà, après toi.

Je lui souris pour l'encourager, plus qu'une petite épreuve et on y est.

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MessageSujet: Re: Un séjour a la campagne   Mer 1 Juin 2016 - 23:53

Je le regarde en biais quand je l'entends prendre la parole à nouveau pour le répondre. Il aime bien parler finalement. Du moins, beaucoup plus que ce que je pensait au premier abord. La bas. Dans l'académie. Sur le toit. J'ai l'impression que ça remonte à tellement loin d'un coup. Pourtant, ça ne fait pas si longtemps que ça. On c'est vu deux fois en fin de compte. Mais qu'est ce que je fou chez lui ? Deux fois. C'est ridicule dit comme ça. Pourtant j'ai l'impression de déjà le connaître. Enfin. D'être capable d'être l'aise avec lui. Parce qu'en soit même, je découvre. En ce moment même je découvre, dans sa chambre je découvrait, au gymnase je découvrais. Plus ça va, plus j'en sais. Ce n'est pas plus mal. Quitte à passer du temps avec lui ; autant savoir qui il est.

Je l'écoute à propos de cet arbre. Oui, vu la taille, il doit être plusieurs fois centenaire. Quand je l'entends parler de la connotation qu'il a, je retire mon pied du tronc. Porte bonheur etc... je ne vais pas insister.
Sauf que vu ce qu'il dit après, cette superstition n'a pas l'air de le convaincre au plus haut point. Il n'a même pas l'air convaincu du tout. Bah. Au moins je ne l'ai pas blessé avec mon geste. J'aurais quand même du me poser la question avant de poser mon pied; et pas après.
Enfin bon ; ce qui est fait, est fait. C'est tout. Ce n'est pas comme si ça m'importait vraiment de savoir le sens qu'on accorde à une chose aussi imposante. En soit même, je trouve ça classe, mais je ne vais pas non plus commencer à l'admirer juste parce qu'il est grand. Si je le faisait, il y a beaucoup de choses que je devrais respecter. Et de gens aussi. Ça n'est pas vraiment dur d'être plus grand que moi. Alors j'ai appris à arrêter d'être impressionnée par la taille.
Enfin, la taille de cet arbre reste quelque chose de rare. D'imposant. Je crois que je lui trouve une certaine classe.

Je l'entends rire à côté de moi. Il a l'air d'avoir au moins autant de respect que moi pour les croyances accordée à la majestée de cet arbre. Le voir cligner de l'œil m'arrache un sourire en coin.
Mais c'est un sourire encore plus amusé que j'affiche quand sa main arrive au contact de la mienne. Ça m'a surprise ; puis fait sourire. Il va falloir que je me détache de cette image de timide que j'ai eu de lui la première fois. Je suppose qu'il l'est, mais il est déjà franchement plus à l'aise. Et ça n'est pas plus mal. Je pense que j'aurais trouvé ça drôle un temps de côtoyer un timide, mais ça aurais fini par être lassant. Je préfère de loin l'image qu'il donne maintenant. D'un autre coté ça suit juste la suite logique. C'est juste normal d'être de plus en plus en plus à l'aise avec le temps. Je me laisse donc entraîner vers la ou il veut m'emmener.
Il me lâche la main assez rapidement. Je ne sais pas si je trouve ça plutôt dommage ou pratique, mais en tout cas il laisse glisser ses doigts de ma main ; coupant ainsi le contact. Je me rends compte que je commence à ne même plus tiquer quand au fait que sa peau entre en contact avec la mienne. Ça aurais été quelqu'un d'autre, j'aurais juste retiré ma main sans aucun respect.

- On y va ? Ma mère doit nous attendre.

Oui. Sa mère. C'est un contexte qui me reviens en tête. Je vais chez lui, mais chez lui, il n'y a pas que lui. Je suis un peu pressée de voir sa mère. Je me demande à quoi elle ressemble. Enfin. D'un autre point de vue, vu la relation que j'entretiens avec ma mère, je me demande à quoi va ressembler la sienne. Elle sera plus humaine de toute façon je pense. Ça n'est pas très dur d'entretenir une meilleure relation que moi avec sa famille. Je suis vraiment curieuse de voir comment ce type de relation fonctionne chez les autres en fait.

Je suis donc Satoshi vers l'endroit où il se dirige.
J'ai vraiment l'impression d'être sortie de mon décor. Cet endroit. Je ne suis plus dans la réalité à laquelle j'appartiens. Mais j'aime bien cette réalité. J'ai toujours cette impression de calme prédominant. J'aime bien. Enfin. Pour l'instant. Je pense que je me lasserai très rapidement à vivre dans ce genre d'endroit ; mais pour les quelques jours que je vais passer ici, ça me donne vraiment le sentiment d'une pause. Être au Japon est éreintant.
J'écoute ses explication d'une oreille ; laissant le reste de mon attention vagabonder autour de moi. J'observe. Cet endroit est tellement différent de ce à quoi je suis habituée. Il y a même des poules qui se baladent. Des poules. Je lance un regard méprisant à celle qui s'approche un peu trop de moi. D'où tu te ramène dans mon périmètre toi ? Je n'ai aucun respect pour vous, volatiles, et je n'ai pas envie de les voir s'approcher plus. Je n'ai rien contre elles. Juste... pas envie.

C'est l'entendre parler d'une rivière qui me tire de mon combat de regard avec la poule. Instantanément, mon attention se reporte sur lui. Une rivière.
J'ai l'impression que cet endroit est tellement cliché. Mais des cliché dans lequel je n'avais jamais posé les pieds. Alors oui, je veux la voir cette rivière aussi ; de même que la forêt de tout à l'heure. Je stoïque cet endroit à voir dans mon esprit, pour le moment où il me demandera ce que je veux faire. J'aurais quelque chose à lui répondre ce coup-ci. Je me sentirai moins stupide et inutile.

Mais si au début la rivière n'était qu'un mot, on fini par voir cette dernière. Parfois, le clichés sont beaucoup trop vrai. Cette rivière m'appelle à elle. Ce n'est pas la mer, mais ça reste un milieu aquatique dans lequel je peux me plonger. Je me demande ce c'est que de nager là dedans. Mais je n'ai pas de maillot. Et puis... concrètement, il ne fait pas vraiment chaud ; et même si le fait de marcher en plein soleil tout à l'heure à fait que je sentais la sueur commencer à perler sur mon front; je ne suis pas sure qu'aller se baigner la dedans soit une bonne idée. Enfin. Je verrai au moment venu. Je continue de le suivre pour l'instant.
La marche continue. On va vraiment traverser tout le village.
...
Oui. On traverse bien tout le village.
Il l'avait dit. Il habite en haut de la colline. Pourquoi en haut ? Ça veut dire monter encore. Encore et toujours. J'en ai mare.
Alors oui, l'endroit est très joli, mais là...
Je...
Non.
Et mes jambes ? Il y a pensé au moins mes pauvres petites jambes qui ont l'habitude de vivre le quotidien facile d'une vie de lycéenne. Lycéenne en internat en plus. Même pas besoin de marcher de chez moi à l'académie.

Il me laisse passer devant avec un sourire. Je le tape intérieurement. Je ne veux plus monter. Je vais quand même le faire. Mais je ne veux plus. Mes cuisses ne veulent plus. Ou est ce que je suis censée trouver de la motivation moi ? J'ai déjà épuisé tout mon stock pour la semaine avec la marche de tout à l'heure ; alors en retrouver maintenant . Ou ?
Et bien. Il est derrière moi. Il attends de me voir monter. Je n'ai réussit qu'à renvoyer un air blasé au sourire qu'il m'envoie. Desolé très cher, mais je n'arriverais pas à sourire pour ce que tu me demande de faire actuellement. Je vais le faire. Mais laisse moi au moins exprimer ce que je pense de cette idée.

- Vous avez beaucoup trop d'escaliers par ici.

Soupir de résignation.
Ce sont mes pieds qui pivotent en premier, suivit de me bassin, puis de mes épaules. Laissant mon regard planer sur Satoshi une seconde et demi de plus. Puis ma tête fait aussi face aux escaliers.

Il va falloir se lancer ici aussi. Et je n'ai pas le droit de faiblir, si mon blond doit monter à ma suite. Mais je vais le faire. Je n'arrive pas à estimer s'il est plus grand ou pas que celui d'avant. Toujours est-il que je dois le monter. Lui aussi.
Je pose le pied sur la première marche, appuie, monte le second.
Aller.
Monte ma petite. Tu peux arriver au bout. C'est humainement possible. J'en suis sûre.
Mon pied monte jusqu'à la troisième marche.
Courage.

[...]

Mon pied monte jusqu'à la dernière marche.
Je suis en haut. J'ai l'impression d'avoir eu à monter jusqu'au plafond monde. Et le pire, c'est que je suis tout à fat consciente que ce n'était "qu'une colline". Sauf que je n'ai jamais eu la prétention de devenir excellent en alpinisme après des escaliers.

Toujours est-il que ; je suis en haut.
Et je suis littéralement bluffée. Ce cliché de la carte postale, ambiance Japon, avec son temple traditionnel caractéristiques dans le tiers gauche, et le décors d'ensemble. Je suis complètement ailleurs. Ce n'est pas juste une jolie photo. Je suis dans la photo.
Je reste bloquée devant quelques secondes avant de me rendre compte que je me suis arrêtée devant l'escalier et que j’empêche Satoshi de finir de monter.
Je m'écarte un peu.

- Tu habite vraiment la dedans ?

L'air émerveillé dans mon regard doit être explicite. Je vais vraiment passé quatre jours ici. Ça me semble tellement irréel.

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MessageSujet: Re: Un séjour a la campagne   Jeu 2 Juin 2016 - 2:35

Elle me lâche une remarque comme quoi il y a trop de marches chez nous. Je manque d'éclater de rire, comme lors de l’acensions précédente, quasiment une heure plus tôt, déjà. Oui elle a raison, je pense que c'est une architecture propre au Japon de mettre des marches a grimper a tout les recoins de rue. Bon en même temps, quand tu arrives devant une montée, faire des marches est la chose la plus logique pour faciliter la vie des gens. Et comme la typographie de l’île est faites de nombreuses montagnes et hauteur, forcément il y a beaucoup d'escalier. Il n'en reste que son visage est a mourir de rire. Je crois qu'elle va exploser. Ne t’inquiète pas petite, c'est la dernière étape, l'épreuve ultime qui va permettre de déterminer si nous sommes digne d'avoir un repas aujourd'hui ou non. Au vu de la tête qu'elle fait, l'épreuve est loin d’être gagné d'avance. Sans rien ajouter, alors que je pensais qu'elle allait dire une dernière remarque ou râler un peu, elle commence a grimper a son rythme. Afin de ne pas l'obliger a aller trop vite, j’attends qu'elle prenne un peu d'avance pour prendre a mon tour la monté.

Mine de rien, je me suis levé comme tout les jours a six heures ce matin, et j'ai couru plus que d'habitude, quinze kilomètres. Plus la marche entre l'académie et la gare. Toute les aventures dans le trains surchargés de gens, avec la pression de se perdre l'un l'autre. Puis l’immense escalier a la sortie de la gare, puis la bonne demi-heure de route pour faire le trajet entre cet escalier et le village, puis enfin tout le chemin du village. Je suis sur que j'ai déjà effectué vingt kilomètres depuis que je me suis levé six heures plus tôt. A mesure que je monte les marches, je sens mes cuisses chauffer de plus en plus jusqu'à me donner une sensation de brûlure. Je pourrais presque faire un cours a Aslinn ici et maintenant, comme la dernière fois pendant le club, sur les muscles qui travaillent. Parce que la mes jambes sont a l’œuvre, indubitablement. Je suis sur que si je ne fais pas d'étirements, je vais avoir des crampes pendant deux ou trois jours. Malheureux, qui a eu l'idée géniale de venir pendant la golden weeks ? Oh, oui c'est vrai, c'est moi, bien joué Sato-Sato, tu as encore manqué une occasion de te taire. Bon, arrêtes de te plaindre, tu seras content une fois arrivé. Ce n'est pas en ayant des idées noires comme ça que tu vas parvenir a faire cet effort physique.

Que tu arrives a faire d'ailleurs, ça y est tu es en haut, ce n’était pas si dur. En même temps, depuis dix ans que tu montes et descend ces marches, encore heureux que tu as maintenant un peu l'habitude. En arrivant au sommet, je respire un grand coup. Cet air, oui, il est reconnaissable entre mille. Je suis rentré, enfin, je suis chez moi. Les arbres sont beaucoup plus nombreux ici. Ils entourent le temple de manière a lui offrir une sorte de barrière naturelle. Le temple se dresse devant nous fièrement. Avec une architecture très Japon féodal, tout en bois, recouvert d'une toiture en tuiles tout authentique, c'est vrai que quand j'y pense, c'est le temple cliché que l'on voit souvent dans les mangas et les animés, celui ou il y a deux gargouilles a l'entrée, et ou les gens font la queue pour prier devant un autel. Bon, il y a l'autel, les gargouilles, mais voir une queue est un doux rêvé, comme si des gens venaient ici pour prier, ils vont dans des lieux connus, pas dans un coin paumé de la campagne Japonaise. J'avance un peu jusqu'à arrivé devant l'entrée, et j'incline la tête en signe de respect et en lâchant un «Tadaima ». J'entends alors Aslinn me demander d'une voix chaude si j'habite vraiment la dedans. Je me retourne vers elle et je vois dans son regard une lueurs d'incrédulité et d'excitation qui me fait frémir moi même. J'imagine que pour quelqu'un de pas habitué, ce décor doit vraiment ne pas être banal. Je lui souris alors en répondant :

- En fait ça c'est le temple, je te l'ai dis, nous avons une maison de fonction, j'habite juste derrière. Il y a néanmoins un passage entre la maison et le temple pour permettre de pouvoir passer de l'un a l'autre sans sortir a l’extérieur alors oui tu peux voir ça comme une partie de ma maison. Vient, c'est par la.

Je lui prend a nouveau la main avec douceur pour la diriger vers un sentier quasiment recouvert par les herbes, qui fait le tour de la maison. Une fois sur ce sentier, je la lâche de nouveau en lui souriant et en faisant :

- Il faudrait que quelqu'un désherbe, vraiment...je le ferais si j'ai le temps avant de repartir.

J'avais pris l'habitude d'aider ma mère dans le nettoyage quotidien du lieu. Tout devait être impeccable, car si d'aventure ma mère perdait son travail, nous serions littéralement a la rue. Depuis le temps ça ne sera plus jamais le cas, mais c'est une habitude que j'ai gardé. Et puis elle ne peu pas fait tout toute seule, c'est normal de lui donner un coup de main, on s'entraide, nous ne sommes que nous deux a présent.

A force de contourner le bâtiment, nous longeons a présent ce qui ressemble largement plus a une maison de ville de taille moyenne qu'un temple Japonais. L'entrée est totalement a l'opposé de celle du temple, et nous devons totalement le contourner pour arriver a l'avant de la maison. Une douce odeur de riz chaud me monte au nez tandis qu'enfin nous y sommes, enfin le voyage est finit, et nous sommes arrivés a destination.

Une silhouette se trouve non loin de nous entourés d'un jardin, en train d'arroser. Une femme brune aux cheveux long, de taille moyenne pour une Japonaise, sans doute dans les un mètre soixante. Elle semble plutôt jeune, une trentaine d'années environ a première vue. Peut être un peu plus. Elle est vêtu simplement d'un jean un peu moulant ainsi que d'un tee-shirt blanc ample afin de pouvoir faire des gestes sans être gêné. Elle se retourne dans notre direction, ses yeux aussi noirs que les miens embrassant notre duo blond-roux. Elle est belle. Pas d'une beauté fatale comme on peux voir des mannequins dans les magazines de mode, ces pin-up ravageuses, ces Américaines posant avec très peu de vêtements. Non elle est doté d'une beauté naturelle, une beauté simple qui la rend attrayante. Et cette beauté est aussi accentué par cette aura qui l'entoure. Cette joie de vivre visible du premier regard, ce sourire permanent, cette force et cette volonté de toujours être heureuse et de rendre heureux les gens autour d'elle. C'est sans doute ça qui fait qu'a chaque fois que je la vois j'ai l'impression qu'elle brille un peu, et que je me dis « oui, ma mere est belle ». Elle pousse un petit cri en lâchant son tuyau d'arrosage et en venant a notre rencontre presque en courant, enfin plutôt en bondissant dans le jardin entre les plantations. Arrivé a notre contact, je lâche mon sac, sachant pertinemment ce qu'il va se passer. Elle saute sur moi, se pendant littéralement a mon cou :

- Sato-Satooooo, enfin te voilà, j'ai cru que je ne te reverrais jamaiiiis, arrêtes de m'abandonner comme ça !

Je soupire, toujours a tout exagérer, avec ce petit sourire qui la caractérise quand elle parle d'une façon amusée et exagéré.

- Je te rappel que c'est toi qui a voulu que j'aille aussi loin, a la base....mais je suis content de te voir maman.

Elle secoue le doigt devant mon nez avant de le lever plus haut, me frappant légèrement le front :

- Je suis contente que tu sois rentrés mon chéri.

A cet instant, elle me lâche en m’ébouriffant les cheveux. Je souris tendrement en la regardant. Et comme d'habitude j'ai cette pensée qu'elle est vraiment jeune pour être une mère d'un garçon de dix-neuf ans, bientôt vingt. Trente-six ans, elle est sans doute dix ans plus jeune que toute les mères des élèves de mon age allant a Keimoo. Enfin c'est sans doute avoir des préjugés que de dire ça. Elle fait un pas de coté pour se retrouver maintenant face a Aslinn, et pose sa main sur son épaule avec un grand sourire, de la façon la plus naturelle du monde :

- Tu dois être Aslinn c'est ça ? Désolé si je prononce mal ton prénom, je me suis un peu entraîné mais je dois dire que ce genre de consonance est plutôt inhabituelle pour moi. Comme tu es mignonne, Satoshi n'avait pas mentis ! Le voyage n'a pas était trop long ? Désolé qu'il t'ai fait venir dans un coin aussi reculé du Japon....c'est vraiment loin de....

Mon dieu, j'en tais sur, la voilà partit dans un de ses monologues infernal. Si je ne l’arrête pas, j'ai bien peur qu'elle ne tienne Aslinn pendant cinq bonnes minutes. Mais en même temps autant l'habituer directement je pense. Je la laisse faire, je ne peux même pas m’empêcher de sourire, oui ma mère est comme ça, elle parle beaucoup, elle est toujours joyeuse et avenante envers les gens.

- ...oh, pardonne moi, je ne me suis pas présenté. Je suis Riko, tu peux me tutoyer bien sur, on ne va pas faire de chichi entre nous. Je t'appelle d'ailleurs déjà par ton prénom, alors comme ça c'est réglé !

Elle rigole de sa propre maladresse. J'espere qu'Aslinn ne va pas la trouver trop chiante...

- Mais vous devez etre affamés ! Venez donc, j'ai tous préparé, entrez, entrez !

Enfin elle arrête de parler et nous proposes de passer aux choses sérieuses, j'ai franchement cru pendant un temps qu'elle n'allait pas s’arrêter. Je rigole légèrement également, oui, c'est bon d’être rentré quand même. Ici je suis vraiment moi même. Je laisse Aslinn rentrer dans la maison en première, la suivant de prêt.

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MessageSujet: Re: Un séjour a la campagne   Jeu 2 Juin 2016 - 21:46

Le temple je trouve ce mot presque faible pour exprimer cet endroit. Il a beaucoup plus que juste un temple. Enfin. Dans son ensemble, ça reste quand même majoritairement le temple qui attire le regard. Mais tout ce qu’il a autour, en plus de l’aspect général du temple crée une ambiance.
Je reste vraiment bloquée devant cette image. J’entends Satoshi expliquer.

Il me prend la main et m’entraine vers le côté du temple. Heureusement qu’il le fait, parce que je ne sais pas si j’aurais été capable de recommencer à bouger. Je ne me sens pas le droit d’approcher par moi-même. Trop de choses se dégagent de cette image. J’ai l’impression d’entrer dans un monde auquel je n’appartiens pas. Je n’ai pas le droit d’entrer de ma propre volonté. Pourtant Satoshi me tire vers lui. Pas d’autres choix que d’avancer ; de réduire un peu plus l’espace entre moi et le bâtiment. J’ai l’impression de profaner un lieu sacré. Portant, je suis fascinée, et j’ai envie de voir plus. Plus près. D’aller poser ma main contre les poutres de bois. De poser le pied sur les petites marches. De monter, d’enter. De rester encore plus stupéfaite à l’intérieur.

Mais ce n’est pas à l’intérieur que m’entraine Satoshi, mais bel et bien derrière le mur latéral. Je découvre alors un sentier caché dans l’herbe. Il faut savoir qu’il est là lui. Je n’avais pas du tout remarqué. Enfin, d’un autre côté, j’agis bien plus occupée à observer le temple que l’herbe à côté.
C’est le moment que choisi Satoshi pour me lâcher la main. Je passe à sa suite sur le petit chemin à travers la verdure. Ça donne presque un coté temple abandonné, qu’on est en train de découvrir.

Le temple est bien plus long que ce que je pensais. Nous longeons maintenant un mur bitumé. J’ai l’impression d’avoir perdue une partie de la poésie de l’endroit. Comme si à travers le fait d’avoir c’est longue surface grise amenait une industrialisation qui n’avait pas sa place ici. Mais une fois arrivée au bout du mur, je me rends compte qu’il n’en a rien. Si la modernité à réussit à s’immiscer ici, elle n’a définitivement pas sa place, et n’empêche pas l’endroit d’exister tel quel.

On arrive donc dans un jardin, avec une sorte de potager. On retrouve l’ambiance traditionnelle de l’autre face du temple, mais avec l’aspect sacré en moins. Il y a une femme qui est affairée dedans. Je ne distingue pas encore bien les contours de son visage, mais elle a l’air assez jolie dans ses proportions.

Lorsque cette dernière nous vois finalement, un petit cri s’échappe de sa bouche. On dirait un hamster. Ou un cochon d’Inde. Enfin. Je suis mal placée pour dire ça. Celle qui ressemble le plus à un hamster ici, c’est moi.
Elle se rapproche rapidement vers nous. Je peux finalement observer les traits qui composent son visage. Il y a indubitablement un air de famille entre elle et Satoshi. Si on dépasse le contraste entre leurs cheveux, c’est évident qu’ils sont de la même famille. Ils ont ce même regard. Je commence à bien connaitre celui de Satoshi pour y avoir planté le mien un certain nombre de fois, et celui de cette femme possède le même éclat.
Je ne savais pas qu’il avait une grande sœur. Il aurait pu me prévenir. Je pensais qu’il n’y aurait que sa mère. Mais cette personne à vraiment l’air jeune. Enfin, plus vielle que moi je pense, mais jeune quand même.
Elle a l’air tellement motivée. Enfin, si elle n’a pas vu Satoshi depuis longtemps, je peux concevoir qu’il lui a manqué. Mais quand même. La façon dont elle se jette à son coup est presque violente.
Je crois que ce que je trouve pire, c’est le fait que mon blond anticipé cette violence affective. Son sac avait déjà rejoint la sécurité du sol avant que la brune ne prenne possession de son corps.

J’entends finalement la voix de cette personne. Elle crie presque. Elle est explicitement heureuse que Satoshi soit là. Je trouve que cette image de famille rayonne. Pas comme toutes celles que j’ai pu avoir de la mienne. Ici le bonheur semble tellement naturel.

Satoshi lui répond. Si j’avais été en train de boire, j’aurais littéralement arrosé les deux personnes devant moi en recrachant tout. Maman. C’est donc bien sa mère.
Je suis choquée. Elle est jeune. Vraiment. La mienne est une vielle vache, mais comparons ce qui est comparable. Soit elle est vraiment bien conservée, soit… J’ai loupé quelque chose. Enfin. Je conçois que chacun a une histoire familiale différente, mais ça reste surprenant. A quel âge a-t-elle pus l’avoir pour être encore comme ça aujourd’hui. Surtout qu’il est plus âgé que moi. Pas de beaucoup, mais quand même. Je sais que ma mère m’a eu relativement jeune, n’ayant même pas choisi son mari ; elle a fait ce qu’on lui a demandé, mais elle a toujours eu l’air vielle. Même quand elle était jeune, avait l’air vielle. Enfin, de mon point de vue. Mais la mère de Satoshi -puisque que ça a vraiment l’air d’être sa mère- me parait tellement jeune.

L’étreinte s’arrête finalement, et c’est après un geste affectif entre ses cheveux qu’elle se retourne vers moi. Je dois avoir l’air vraiment surprise. Plus je la regarde, plus je la trouve jeune.

Elle s’adresse à moi. La façon dont elle prononce et considère mon prénom me fait rire. Déjà qu’en Irlande c’est un prénom qui n’est pas forcément courant ; alors au Japon. Je crois que j’aurais au moins autant sursauté que tout à l’heure si elle avait réussi à le prononcer correctement du premier coup.
Elle parle beaucoup. Vraiment beaucoup. Et vite. Typiquement le genre de diction que j’aurais été incapable de comprendre il y a trois semaines. Je n’ai pas le temps de dire quoi que ce soit. Elle enchaine beaucoup trop vite. J’essaye de sourire. Je ne sais pas sourire sur commande. Mais ça n’est pas trop dur là. Elle parle tellement, avec un naturel tellement innocent. Je l’aime bien. Elle a l’air tellement vivante.

-Je… Oui bien sûr.

J’essaye de sourire, mais je ne suis même sur qu’elle est eu le temps de remarquer, tellement elle enchaine rapidement.

- Mais vous devez être affamés ! Venez donc, j'ai tous préparé, entrez, entrez !

Je n’ai eu le temps que d’acquiescer avec un mouvement de tête à tous ce qu’elle vient de dire avant qu’elle ne se retourne pour s’engouffrer dans la maison. Satoshi lui me laisse le temps d’entrer. Je m’avance donc, suivie de Satoshi.

J’ai l’impression d’être complètement submergée. Il y a trop de vie, trop de bonheur, trop de joie ambiante. Je découvre une situation familiale tellement différente de la mienne. Je ne sais pas ou me mettre, ni comment réagir. Mais une chose est sure. Je me sens à l’aise. Enfin, pas dans le sens ou c’est mon élément, ou je trouve des repères. Mais plus du fait que je me sente bien. En fait, j’ai l’impression que comme pour Satoshi, je vais ressui à être à l’aise facilement. C’est probablement lié. C’est chez lui après tout. Ça le représente un peu. Enfin. Je n’aime pas penser ça. Chez-moi ne me ressemble pas du tout. Quoique. Si on considère que chez-moi est désormais ma chambre d’internat, alors dans ce cas c’est complètement vrai.

Je suis donc chez Satoshi. Au sens propre. Chez lui. Finalement.

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MessageSujet: Re: Un séjour a la campagne   Ven 3 Juin 2016 - 0:45

Aslinn passe devant moi comme je l'avais escompté en la laissant passer. La galanterie c'est important, d'autant qu'a partir de maintenant, chaque erreur sera remarqué a voix haute par ma mère, histoire de bien m'enfoncer plus bas que terre. En parlant de ma mère, c'est incroyable de la voir aussi radieuse. Je ne pensais pas que simplement amener une invitée la rendrait aussi joyeuse. J'ai l'impression qu'elle se fait des idées sur notre relation. Peut être qu'elle voit déjà en Aslinn une belle-fille potentielle. Je sais très bien qu'elle en rêve. Me voir heureux avec une femme que j'aime serait sans doute le plus beau cadeau que je pourrais lui faire. Mais moi j'aimerais plutôt qu'elle s’intéresse a sa propre vie. Elle a trente-six ans, elle pourrait faire tomber raide dingue des dizaines d'hommes, mais elle préfère rester dans ce coin perdu a faire le jardin en attendant que je revienne le week-end. C'est un peu ma faute en fait, si je n'étais pas la, rien de tout cela n'arriverait, elle aurait sans doute refait sa vie. Je suis un fardeau dont elle ne se rend pas compte. Mais ce n'est pas comme si je pouvais lui en parler....je me demande ce qu'il en est vraiment, je n'en ai jamais parlé a personne....Aslinn aurait peut être des conseils a me donner, mais c'est plutôt délicat comme remarque...je ne peux pas lui poser une question comme ça.

Nous sommes passer dans un couloir classique, dans le pure style Japonais, avant de passer a coté de plusieurs portes coulissantes, jusqu'au bout du couloir ou se trouve la salle a manger. Une pièce plutôt neutre avec quelques meubles remplit de vaisselle, une télévision dans un coin, et une table au centre, enfin pas une table, plutôt un kotatsu, entouré de coussin largement plus épais que la normal permettant de s'en servir comme des chaises. La pièce est lumineuse grâce a une porte fenêtre qui donne sur un couloir doté de nombreuses fenêtres. Et la lumière se reflète jusque dans cette salle. C'est ce couloir qui fait la jonction entre notre maison et le temple. En effet comme nous sommes au bout de la maison, alors nous sommes revenus juste contre le vieux bâtiment. Mais je lui ferais visiter plus tard, car autre chose attire mon attention, outre les bougies disposés sur la table.

Une tonne de nourriture, et pas de basses qualités. Je commence a croire qu'elle a dépensé deux mois de salaire pour ce repas. C'est trop maman, tu n'aurais jamais du. Et pourtant tout les aliments sont dressés avec expertises, dans de multiples plats qui ne nous appartiennes pas. L'expression « mettre les petits plats dans les grands » n'a jamais eu autant de sens que sur cette table. Il y a de nombreux onigiri, nature ou fourrés de différent condiments, comme de l'avocat par exemple. Des sushis également fait maison, au saumon pour la plupart, encore un poisson cher bien que la au moins, ce soit ceux du marché qui sont loin de coûter le prix qu'ils ont a Tokyo, après tout il y a le trajet en moins. Des brochettes de viandes a la japonaise également, et un rice-cooker de riz chaud, en plus déjà des boulettes de riz précédemment cités. Deux bouteilles au centre de la table, l'une contenant de l'eau, et l'autre du sake, complète la table, avec les assiettes, les baguettes et les coupoles destinés a boire. Ma mère désigne les coussins :

- Allez y, tout est encore chaud, dépêchez vous avant que cela ne change, servez vous. Oh et Aslinn si tu veux j'ai des couverts occidentaux si cela peut t'aider, je ne sais pas si notre utilisation des baguettes t'es déjà familière.

Elle se dépêche d'aller en chercher, semblant pratiquement faire des bonds a la place de pas. Je prend ce temps pour poser mon sac en soupirant et en m'asseyant sur l'une des places, après avoir attendu qu'Aslinn s'en charge. Je la regarde un instant, elle est sans doute gène par tout ça. Ma mère ne fait jamais les choses a moitié, mais a ce point la, s'en est presque étrange. Moi je suis habitué mais dans le doute je lui souris en disant :

- Ma mers a l'air vraiment contente de te voir, c'est amusant elle n'est pas souvent aussi énergique. Fais comme chez toi, n'hésite pas a dire des choses même si tu penses que c'est déplacé ou quoi que ce soit, nous ne sommes pas regardant sur ce genre de choses.

Je lui souris a nouveau pour la mettre en confiance, avant de lui indiquer les plats, pour qu'elle se serve. Une fois qu'elle a choisit, je me tourne rapidement vers les sushi, l'un de mes péchés mignons. Outre la pomme, j'ai toujours raffolé du poisson cru, va savoir pourquoi. Enfin je suis Japonais, même si pas entièrement, ça paraît plutôt logique que j'aime les plats typiques. J'en prend plusieurs que je met dans mon assiette tandis que ma mere revient et prend place sur un troisième coussin, tendant les couverts en question a Aslinn. Je lache un « Itadakimasu », avant de prendre en bouche l'un des petits condiments, et de le mâcher avec douceur et passion. Que c'est bon, je reconnais bien la ma mère, et son dosage parfait des ingrédients. Je suis sur que si elle n'avait pas arrêté ses études, elle aurait pu devenir cuisinière. Elle a toujours était un véritable cordon bleu. Je tend le bras vers le centre de la table et les boissons avant de demander a Aslinn :

- Tu as déjà gouté du sake ? C'est plutot fort alors si tu n'as pas l'habitude prend peut etre de l'eau.

Ma mère sourit :

- Oh je n'avais pas vraiment réfléchis en mettant de l'alcool sur la table, une habitude lorsque l'on reçoit des invités. Il y a de l'eau aromatisé dans la cuisine, si vous préférez.

J'hoche la tête. Sans doute de l'eau a la pomme, ce que je préfère. Je ne suis pas vraiment porté sur l'alcool. J'attends la réponse d'Aslinn avant de me lever.

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