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 Can't help falling in love with you.

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Naoko Tanaka
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MessageSujet: Can't help falling in love with you.   Sam 30 Avr 2016 - 1:30


J’aurais pu facilement dire, sans mentir, qu’en peu de temps, beaucoup de choses avaient changée. Pas un changement radical, où l’on fait table rase du passé et que tout se reset pour recommencer, non. Disons, plutôt, une évolution. Honnêtement… Je ne savais pas vraiment si celle-ci allait dans un sens positif. La seule chose que je savais, c’est que les choses avançaient. Moi aussi. Et malgré le fait que tout cela me perdait un peu… Il n’y avait rien que je pouvais faire pour aller contre.

Dans le fond, est-ce que j’en avais vraiment envie ?



Can’t help falling in love with you.
Pv Haruhiko





Valentine’s Day, 2016



Accoudée au plan de travail de la cuisine, je contemplais le vide, silencieuse. L’esprit vagabondant, j’en profitais pour remettre de l’ordre dans mon esprit, dans tous ces événements. Le concours des clubs. L’enlèvement. Halloween. Mon anniversaire. Cet affreux noël. La nouvelle année. Son anniversaire. A part tout ça, il y avait aussi eu les plans pour l’année prochaine, la préparation des examens, les discussions sur la succession. Tout ça, en quelques mois. J’avais l’impression que la rentrée dernière n’avait eue lieu qu’hier. Et pourtant, le mois de février s’annonçait, et après tout ça, je devais dire que mon esprit était focalisé sur une épreuve à venir. Epreuve qui s’annonçait oh combien difficile.

Je laissais tomber mon front sur le marbre froid du support, soupirant longuement. En vérité, j’étais en train de me torturer toute seule. Pour changer. Trop réfléchir me portait préjudice. Surtout quand je ne pouvais pas empêcher mes pensées d’aller dans un… certain sens. Vers… une certaine personne.

Je laissais échapper un grognement alors que le froid de la pierre commençait à créer un choc thermique sur mon visage, que je relevais, péniblement. Mon regard se posa sur le calendrier accroché au mur, et je pris ma tête entre mes mains en grommelant de plus belle. Pourquoi Diable était-ce SI compliqué, cette année ?!
Je fini par me calmer, forcée de constater que si l’un de mes trois colocataires pointait le bout de son nez à ce moment-là, il me prendrait très probablement pour une folle. Ainsi, j’optais pour aller m’assoir sur l’un des tabourets de bar à hauteur du plan de travail.

Tourner en rond et grogner ne réglaient en rien mon problème, et pourtant, je ne pouvais me résoudre à faire autre chose. Et ce manège dura quelques jours encore. Jusqu’à la veille de la dite fête, la veille de cette fameuse date butoir qu’était le 14 Février.

Pendant ces deux semaines, ces deux longues semaines, j’avais passé mon temps à me triturer le cerveau pour savoir ce que j’allais faire, ce jour-là. Et c’était bien la première fois de ma vie que je me posais ces questions. Ne serait-ce qu’elles me traversent l’esprit. Sans doute avais-je été influencée par toute cette ambiance, dans les rues, dans les magasins, à la télé, même à l’Académie. Cette excitation palpable, ces regards en coin et les rires gênés que des futurs tourtereaux s’échangeaient. Ce background romantique en permanence, qui finit par vous faire inévitablement penser à ce sujet.

L’amour.

Pour être honnête, rien que d’y penser, je m’en sentais mal à l’aise. Comme si… Eh bien, d’avoir été trop longtemps trop loin de ces préoccupations, j’avais l’impression d’y être étrangère. Amour et Naoko Tanaka n’étaient pas vraiment des concepts qui allaient ensemble, et ça, même moi j’en avais conscience. L’histoire aurait dû se terminer là, comme toutes les autres années. Ignorer les gloussements, les musiques douces et les décorations en forme de cœur, et point final.

Les choses ne se sont pas exactement passées comme ça.

Il faut croire que moi aussi, j’allais arriver à cet âge-là.  A ce moment de ma vie où les gens… Enfin… Une personne en particulier allait attirer mon attention. Un peu plus que les autres. J’avais mis un certain temps -une éternité dirait ma sœur- à m’en rendre compte. Mais à force, c’était presque comme nier une évidence. Alors, oui, je l’avouais. Il semblerait que, apparemment, je ne sois pas totalement indifférente à Haru. Voilà, c’était dit.

Mais me l’avouer ne faisait pas pour autant avancer mon affaire. Discrètement, parfois, j’avais lu des shojos niais à en mourir, me disant que, peut-être, j’y trouverais une réponse -l’idée en soi était totalement idiote, je le conçois-. Et comme attendu, les choses s’avéraient en réalité beaucoup plus compliqué que des histoires à l’eau de rose idyllique. Par exemple, même si je ne pouvais nier qu’Haru… m’intéressait, je n’étais pas au stade de penser qu’il était l’homme de ma vie pour autant. C’était trop tôt, trop… impensable. J’arrivais à peine à me projeter personnellement pour l’année prochaine, alors pour toute ma vie, ce n’était pas vraiment la peine d’y penser.

Naturellement, je m’étais tournée vers le seul expert dans la matière que je connaissais. La seule, en vérité, puisqu’il s’agissait de ma sœur. J’avais dû mettre ma fierté d’ainée dans ma poche, et je lui avais tout raconté : la correspondance, les malentendus, les moments passés ensemble, les révélations, et tout ce qui avait suivi. Après que celle-ci ait assez ris du ridicule de ma situation, ne manquant pas de faire remarquer à quel point j’étais peu douée et en retard -choses que je ne pouvais nier-, elle fut quand même attentivement à mon écoute. Dans ce domaine, Himiko était… autrement plus expérimentée que moi. Largement. J’avais perdu le compte des petits amis qu’elle continuait de collectionner, parfois, juste pour s’amuser, parfois plus sérieusement, même si rien n’avait duré très longtemps. Et même si j’avais été réticente, au début, de me dévoiler de la sorte, j’étais au final plutôt soulagée d’avoir eu une oreille à qui tout confier.

C’est ainsi qu’à force d’encouragements de sa part, de triturations de l’esprit de mon côté, j’en étais venu, le 13 au soir, à la décision de lui offrir des chocolats. J’avais imaginé tous les scénarios possibles, j’avais pesé le pour et le contre un millier de fois. Au final, j’en avais déduis que, bien sûr, les risques étaient plus grands que si je ne faisais rien…même si j’avais toujours la possibilité de me retirer, de jouer la carte de l’amitié et de faire comme si de rien était. Il y avait toujours le risque que les choses soient un peu bizarres après. Mais au fond, quand j’avais envisagé cette décision, j’avais senti en moi quelque chose s’apaiser.

Comme si, quelque part, j’avais vraiment envie d’exprimer tous ces sentiments qui se mélangeaient et sur lesquels je n’avais pas vraiment de mot fixé. De la gratitude, de la bienveillance, de l’affection, de l’intérêt. Auxquels s’entremêlaient des motivations égoïstes. Une volonté de monopolisation, d’attirer l’attention, et être enfin au clair avec moi-même.

Même si je n’en étais pas à me mentir et à lui mentir, disons que ces derniers temps, depuis que j’avais réalisé qu’il me plaisait vraiment, mes rapports avec Haru avaient un peu changé. A sens unique, bien sûr. Mais j’avais l’impression de le voir sous un nouveau jour. D’avoir envie de partager des moments avec lui et pas seulement en tant qu’amie. D’être plus proche, d’en savoir plus sur lui, sur sa vie. Alors, pour éviter de ne pas être prise sur le fait, j’essayais de me retenir. De… « faire comme avant ». La dernière chose que j’aurais voulu, c’est qu’il commence à prendre peur parce que j’aurais été trop envahissante.

Bien sûr, cette éventualité me restait à l’esprit dans le cas où je lui donnerais les chocolats… dans le cas où je vais lui donner les chocolats… Mais j’essayais de me persuader qu’une pirouette suffirait à masquer mes véritables intentions si celles-ci n’étaient pas bien accueillies… Et ce, même sans parler de réciprocité. A vrai dire, une telle idée était impensable. Je savais qu’Haru ne me voyais pas comme je le voyais, mais ça ne me dérangeais pas tant. Disons que, j’avais juste besoin de m’exprimer, mais ça ne me dérangeais pas si les choses restaient telles qu’elles étaient, tant qu’elles ne s’aggravaient pas. Enfin. J’espérais peut être un peu. Juste un peu. Mais pas trop, je ne voulais pas moi-même me décevoir d’avoir initié sans recevoir d’équivalent. Alors, je me convainquais qu’il n’y avait aucune possibilité que ce soit réciproque. Pas d’attente. Pas de déception.

C’était plus facile à dire qu’à faire.

Le lendemain arriva plus vite que prévu. Et je n’avais pas fermé l’œil de la nuit. J’avais vu le jour se lever alors que je fixais mon plafond, allongée dans mon lit. Puis l’alarme de mon réveil avait sonné pendant trois bonnes minutes d’affilés avant que je ne la désactive. Mon esprit était parti, sûrement au niveau d’une galaxie lointaine, et j’avais du mal à réaliser ce que je m’apprêtais à faire en cette journée.

Machinalement, je m’étais préparée, et, au moment de prendre mon petit déjeuner, mon regard avait croisé celui des chocolats que j’avais préparé la nuit. Simples, rectangles, au lait et fourrés certains au praliné, certains au caramel, certains aux noisettes. Ça n’avait pas été compliqué à faire, et même plutôt ludique, vu mon niveau en pâtisserie. Cependant, d’être confronté à mon œuvre me mettait indéniablement devant le fait accompli. Durant l’espace d’un instant, j’eu envie de me défiler. Me débarrasser des chocolats, faire comme si je n’avais jamais eu l’intention d’en donner, prétendre que je ne connaissais pas l’existence de la Saint Valentin et oublier ce jour à tout jamais.

Oui, pendant un instant, j’y ai pensé. Et le moment d’après, mon téléphone s’est mis à vibrer. J’aurais pu croire qu’un lien télépathique fraternel existait quelque part, puisque ce fut un charmant message de ma sœur, m’ordonnant que je n’avais pas intérêt d’annuler mes plans. De la télépathie. Ou alors, elle me connaissait trop bien. Toujours était-il que ce simple message me força à garder mon courage avec moi, au lieu de le laisser lâchement s’envoler.

Et Dieu seul sait à quel point j’allais en avoir besoin.

Comme d’habitude lorsque nos horaires du matin coïncidaient, j’avais fait le chemin aux côtés d’Hisaka. Chemin qui avait été… plus silencieux que d’habitude, tant j’étais crispée d’avoir ce paquet de chocolat bien au fond de mon sac à dos. Avec du recul, je pense n’avoir jamais autant fait attention à mon apparence pour les cours que ce jour. Sans être sur mon 31 non plus. Je portais l’un de mes sweats préféré, me disant que cela me donnerait un peu de courage, ainsi qu’un short et des collants rayés et colorés. Et mes cheveux étaient moins en bataille qu’à l’accoutumée. A croire que toute cette ambiance de Saint Valentin m’était vraiment montée au cerveau.

Arrivée sur le campus de l’Académie, Hisaka est parti de son côté tandis que j’avançais à pas lents vers l’entrée. Et j’ai vite été frappée par la réalité des choses. Malgré les directives de ma sœur, je n’avais pas réellement pensé à la manière la plus appropriée de… faire parvenir les sucreries. Enfin, bien sûr, j’avais de suite rayé de la liste l’option de lui offrir en mains propres.

Et même si j’avais opté pour le laisser classiquement dans son casier… Je n’avais pas réalisé à quel point j’étais en train de mettre le pied sur un champ de bataille. Il y avait des filles partout, certaines se battant presque pour aller déposer leurs chocolats dans un même casier. D’autres voyaient leur présent jeté par une rivale. Et je comprenais pourquoi l’amour et moi avait si longtemps fait 2.
Je faisais alors rapidement demi-tour, me disant que j’attendrais probablement un autre moment de la journée, où les ardeurs se seraient un peu calmées.

Journée qui se déroula sans encombre. Si on ignorait les déclarations intra et inter-classe au moment des pauses, et le fait que l’espace des casiers ne désemplissait pas en termes d’activité. Les heures défilaient, et bientôt, la sonnerie indiquait le début des activités de club. Je soupirais, fixant le paquet au fond de mon sac. En plus de la fatigue, je ne pouvais m’empêcher de me sentir découragée. Je n’avais pas eu le cran de le confronter, et voilà que, même si je m’étais décidée à les donner, je n’allais pas en avoir l’occasion. Sur le chemin du dojo pour aller au club de karaté, je trainais des pieds. Peut-être que quelque part, je cherchais encore à me défiler.

Passant à côté du gymnase, je m’arrêtais un instant, distinguant des sons lointains de ballon. Ils étaient caractéristiques, et il ne me fallut qu’un quart de seconde pour les identifier au basket. Avec tout ce qui allait avec. Je savais que Haru était en train de jouer. J’avais quelque part envie d’aller regarder, mais j’avais mes propres activités de club et je ne pouvais pas vraiment les sécher.
Même si… un retard n’avait jamais tué personne.

Discrètement, je m’approchais alors, tentant d’être la plus naturelle possible pour ne pas élever les soupçons. Une fois assez près pour pouvoir voir et trop loin pour être prise la main dans le sac, je me mis à observer la simulation de match qu’ils étaient en train de faire. Je n’y connaissais strictement rien au basket, et je ne captais pas vraiment les règles, si ce n’était qu’il fallait mettre le ballon dans le panier. Enfin, pour tout dire, je ne faisais pas tant attention que ça au match. Puisque j’étais focalisée sur un seul des joueurs, malgré moi.

Je soupirais, pensant aux chocolats dans mon sac et regrettant de ne pas les avoir donnés. C’était idiot d’avoir rater une chance pareil de m’exprimer sans avoir à le faire directement. C’était vraiment idiot.

Tellement idiot que je refusais de l’avoir rater.

Il n’était pas trop tard, après tout, la journée n’était pas terminée. Un léger sourire, empreint de détermination se dessina sur mes lèvres. Après tout, n’était-ce pas le moment idéal ?
Me levant de mon poste d’observation, je fis un détour pour atteindre l’entrée du gymnase. Plus discrète que jamais, certaine que je n’avais pas été vu, je m’introduisais alors dans les vestiaires du club de basket. Contrairement à l’entrée de l’Académie, les parages n’étaient pas submergés de filles hystériques, puisqu’en fait, il n’y avait personne.

Et il y avait quand même des casiers. La suite fut simple, puisque j’y déposais la petite pochette de chocolat sur laquelle était agrafée une carte. Sur celle-ci, simple, était juste écrit «  Pour Haru, de Nao. » Après tout, quelque chose de trop élaboré ne me correspondait pas. Après m’être assurée  trois fois de ne pas m’être trompée de casier, je disparaissais aussi vite que j’étais apparue.

Je ne sais pas si c’était à cause de la fatigue ou pas, mais une chose était sûre : je n’avais rien écouté du cours de karaté !

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La consécration:
 


Dernière édition par Naoko Tanaka le Dim 1 Mai 2016 - 0:55, édité 1 fois
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Haruhiko Nakamura
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MessageSujet: Re: Can't help falling in love with you.   Sam 30 Avr 2016 - 15:49



Le mois de février s’était annoncé beaucoup plus doux qu’à l’accoutume. Le printemps s’en viendrait bientôt, pour le plus grand plaisir du sportif. Le piquant de l’hiver ne lui était pas non plus invivable mais sa préférence allait plutôt vers des douceurs printanières. Là où l’odeur des cerisiers empli tout l’espace sous une pluie de pétales. Une douce mélancolie s’installait progressivement durant la saison froide, comme un cocon de chaleur duquel il n’avait pas envie de se défaire chaque matin. C’est ainsi qu’il devenait bien plus pantouflard, négligeant ses entraînements quotidiens pour le confort d’un kotatsu chaud et d’une tasse de thé.
Une journée comme les autres, comme toutes celles qui suivront. Il s’était levé par un jet de coussin de la part d’Arata, puisqu’il ne daignait pas éteindre son réveil qui sonnait depuis dix minutes. La main lourde, il vint appuyer sans délicatesse sur l’appareil avant de froncer les sourcils. Il fallait qu’il se lève… Avec tout ça, il allait presque être en retard. Et il ne pourrait pas compter sur Arata pour lui rattraper les cours étant donné qu’il avait décidé qu’une grasse matinée serait plus ludique qu’un énième cours sur la sociologie des groupes. Dans un sens, il n’avait pas tort. Mais étant boursier, il ne pouvait décemment pas se permettre de louper trop de cours.

Voilà une matinée bien longue qui fut soldée par un cours de handball beaucoup trop lent au goût du sportif qui aurait bien voulu se dépenser plus. A vrai dire, cette journée fut comme tous les quatorze février : étrange. Il sentait l’engouement que cette fête pouvait provoquer, sans en comprendre les saveurs. Comme un monde auquel il n’avait jamais songé appartenir. Au vu du nombre de filles étant venue le voir pour lui demander où était Arata, il comprit pourquoi il avait préféré prendre la fuite avec son oreiller… Ota et Emitsu avaient eux, établis le concours de celui qui en récolterait le plus. Daiko se contentait de refuser poliment, jusqu’à ce qu’Haruhiko comprenne qu’il agissait ainsi par respect envers sa petite amie.
Une sensation étrange envahi le jeune homme. Le terme de petite amie le faisait quelque peu rêvasser. Son regard se perdit dans le vague, observant la mouvance de la foule dans la cours du campus. Les trente minutes de pause qu’il avait avant son heure de club de basket se passa ainsi. Il avait vingt ans, il était adulte aux yeux de la société. Et il n’avait jamais eu de petite amie. Ce n’était pas quelque chose qu’il se refusait, bien au contraire. Seulement, personne n’avait jusque là montré d’intérêt pour lui. Et de son côté, personne ne semblait rentrer dans cette cas. Ou du moins… Une seule et unique personne y entrait, fermant l’espace à quiconque qui viendrait s’y présenter. Ce n’était pas la première fois qu’il y songeait, mais l’idée en elle-même était sûrement déplacée. Sa confiance en lui égalait celle d’un crustacé. Il se complaisait mieux dans sa lâcheté. Au moins, il était sûr de pouvoir garder ce à quoi il tenait le plus. Prendre le risque de s’essayer était aussi prendre le risque de tout perdre. Etait-il prêt à ça ? Non.

Il soupira.

Quelle aubaine. Il ne l’avait pas encore croisée, d’ailleurs. Au fond de lui, tout au fond des tréfonds de ses envies qu’il n’osait même pas s’avouer à lui-même, se trouvait cette petite part d’espoir. Va-t-elle m’offrir des chocolats… ? Pourquoi le ferait-elle après tout. Et dans le cas inverse, il recevrait très certainement les giri. Au moins, elle aurait la décence de lui offrir avec plus de douceur que Kaoru… Elle lui avait brutalement écrasé un paquet de chocolat premier prix sur le visage avant de s’en aller en cours. Enfin, il ne fallait pas qu’il y songe trop. A quoi bon vivre sur des attentes ? Dans le pire des cas, cette journée restera comme toutes les autres.

Quelques minutes plus tard, il du se résigner à se rendre au gymnase. Son heure de club de Basket allait bientôt débuter. Et là encore, un groupe de filles attendaient devant l’entrée, celle donnant sur l’extérieur et la cours. Il contourna du mieux qu’il pu et pu même entendre quelques commentaires concernant son lien avec Arata, Daiko et les autres de la promotion sportive. Il se figea lorsqu’il entendit que son nom fut énuméré parmi les discours. Secouant la tête plusieurs fois, il se dirigea jusqu’aux vestiaires pour enfiler son maillot de basket. Ce n’était qu’une illusion auditive, rien de plus. Néanmoins, il ne pouvait s’empêcher de penser que de recevoir des chocolats pourrait lui faire plaisir.
Il oublia totalement la symbolique de la journée dès lors que l’entraînement débuta. C’était l’avantage du sport, il pouvait indéniablement oublier toutes les préoccupations quotidienne du moment qu’il était sur un terrain. Les filles étaient restées devant l’entrée, attendant certainement la fin de l’entraînement, mais elles furent bien moins nombreuses. Après tout, c’était l’horaire où tous les sportifs s’adonnaient à leurs clubs respectifs. Il y avait plusieurs spectacles différents, par conséquent. Après s’être dépensé –peut-être pas encore assez à son goût– il attrapa une serviette éponge avant de se rendre jusqu’aux vestiaires à nouveau. Il y croisa Arata et Ota qui terminaient eux aussi leur entraînement de Volley. Haruhiko se contenta de leur sourire, l’esprit encore trop ancré dans son dernier entraînement pour atterrir dans le monde réel. Machinalement, il déposa sa serviette-éponge sur ses épaules et ouvrit son casier pour attraper ses affaires propres. Quelque chose retint son attention.

Quelque chose qui n’y était pas lorsqu’il avait déposé ses affaires tout à l’heure… Un paquet. Lorsque son regard accrocha la petite carte agrafée sur le paquet, il laissa échapper un hoquet de surprise tandis que sa main referma d’un coup sec son casier… Sur ses doigts. Jurant tous les mots, il porta ses deux doigts blessés à sa bouche. Son cœur tambourinait si fort dans sa poitrine qu’il eut l’impression de ne plus pouvoir respirer.

Pour Haru, de Nao.

Encore tremblant, troublé par cette soudaine excitation, il rouvrit lentement la porte de son casier. Il n’avait pas rêvé. Il y avait bien un paquet dans son casier, de la part de Naoko. Voyant qu’il ne bougeait plus face à ses affaires, Arata jeta un regard curieux dans le  casier de son ami et afficha un sourire.

- Fiouuu, félicitations Nakamura ! Vous vous êtes enfin décidés ?!
- C-Comment… Comment ça, « décidés »… ?
- Ah… T’es encore plus lent que je ne le pensais. J’peux plus rien pour toi, je crois.

Puis, sans donner plus d’explications, il leva les bras au ciel avant de se diriger vers les salles de vestiaire pour se changer. Haruhiko resta perplexe. Qu’entendait-il par « décidés » ? Et pourquoi disait-il qu’il était lent ? Lent en quoi ? Et surtout, pour quoi ? Ce fut donc le cœur toujours battant qu’il se décida enfin à se changer. Il était heureux mais perturbé. Il s’était attendu à tout, sauf à ça… Furtivement, il regarda son téléphone. Aucun message… Pourquoi ne lui avait-elle pas donné en main propre ? Pourquoi les avait-elle seulement déposés, sans rien dire ? Et surtout… Que devait-il en interpréter ? Une petite voix au fond de lui désirait que ce soit un message. Une sorte d’invitation. Et si ce n’était pas le cas ? Et si ce n’était au final qu’une offrande d’obligation ? Après tout, ils étaient meilleurs amis.
Frénétiquement, il s’ébouriffa les cheveux. Comment pouvait-il aller travailler avec la tête qu’il devait avoir présentement ? Il était plus rouge que jamais et son cœur ne voulait cesser de virer telle une Formule 1 en pleine ligne droite. Il inspira un bon coup avant de s’aérer le visage, devenu brûlant. Un tambourinement sur sa porte le fit sursauter.

- C’est pas parce que je t’ai dis que tu étais lent que tu dois le devenir encore plus !
- Laisse-le, il doit se toucher en jubilant de son cadeau, ah ah ah !
- Pff… Ota, t’es nul.
- J… J’arrive…

Sa voix se fit toute petite. Bien qu’il sache que ce n’était pas du tout son intention, il se sentit mal à l’aise de la réflexion de son camarade de promo. Il ne voulait surtout pas que les gens commencent à se méprendre. Lorsqu’il sorti, il les vit attendre proche de l’entrée. Récupérant ses affaires, il s’enquit de les rejoindre. Ota les quitta rapidement et un silence régna sur la suite du trajet, jusqu’à ce qu’Arata le rompe en demandant ce qu’il comptait faire de tout ça. Il n’en savait pas vraiment plus… Il ne savait pas s’il devait s’emballer, trouver un signe, ou s’il s’agissait simplement de la continuité de leur amitié spéciale. Plus que spéciale… Lorsqu’il s’était rendu compte réellement de ce que la jeune fille représentait pour lui, tout avait changé. Et pourtant… Il avait choisit de ne rien laisser paraître. Parce qu’au de-là de tous ces sentiments qui le traversait, il préférait encore une fois choisir la carte de la sureté et de conserver ce qu’ils avaient déjà. Après avoir faillit le perdre une fois, il avait bien trop peur que cela finisse par arriver.

- Et alors ? Ca t’empêche de lui dire ? Tu peux toujours jouer la carte du « Je n’attends rien de plus de toi », et c’est bouclé ! Tu te prends trop la tête…

Se prendre la tête ? Mais c’était sa spécialité ! Pour Arata, tout semblait si simple tant sa manière de voir les choses était sans prise de tête. Pourtant, il n’avait jusque là, jamais vu Arata en couple. Beaucoup de filles s’essayaient, mais il les refusait toutes. A chaque fois, il lui sortait qu’ils ne les connaissaient pas et que ça n’avait par conséquent aucun intérêt. Un point que partagea Haruhiko. Pourtant Arata ne se gênait pas pour être un charmeur, mais il n’allait jamais trop loin.

Son regard se posa sur son paquet encore emballé qu’il refusait de lâcher de ses mains. Devait-il s’essayer pour le White day ?

Il déglutit difficilement. Tellement perdu dans ses réflexions, il ne vit pas un groupe de filles s’approcher jusqu’à eux. Encore une fois, Arata fut prit d’assaut, arrangeant bien le sportif qui avait besoin de réfléchir. Seulement, il ne s’était pas attendu à ce que deux d’entre elles s’avancent jusqu’à lui également pour lui tendre des chocolats. Son regard s’écarquilla et papillonna. Ce n’était pas une blague… ? Il regarda à droite, puis à gauche… Non. Totalement déstabilisé, il jeta un regard sur Arata dont les bras étaient chargés eux de nombreux paquets. Ce dernier arqua un sourcil et ses yeux roulèrent jusqu’à cibler le paquet qu’il tenait dans ses bras. Oh. Non. Il ne pouvait pas accepter. C’était flatteur et il en avait longuement rêvé. Mais… Non. Sa gorge se noua. Il n’en avait pas envie. Il avait déjà entre les mains celui qu’il voulait, après tout… Le reste lui semblait juste fade.
Alors, il refusa poliment. Sous le regard moqueur d’Arata. Si quelqu’un lui avait dit qu’un jour il refuserait des chocolats… Bon, il n’aurait déjà pas cru la personne parce qu’il était inconcevable pour lui d’en recevoir d’autres personnes que de sa sœur. Après quelques instants de discussions, il dû prendre congé, son heure de travail se rapprochant grandement.

Lorsqu’il arriva au Konbini, il se posait encore bien trop de questions. Il voulait la remercier, mais de quelle manière… ? Devait-il lancer l’offensive ? Poser des questions ? Non… Il n’oserait pas. Et s’il avait le malheur d’en parler à Arata, ce dernier ne se gênerait pas pour lui piquer son téléphone et envoyer lui-même le message à Naoko. Et comme toutes les émotions pouvaient se lire sur son visage, le gérant pu voir aisément que quelque chose le tracassait plus que la norme.

- C’est quand même dommage… L’amour, c’est fait pour être dit ! Ca se partage… De mon temps, on avait pas besoin de cette fête pour se l’avouer… Mais c’est vrai que c’est chouette pour marquer le coup. Ah… Allez, reprends-toi ! C’est un beau moment que tu vis là !

Haruhiko se remit à rougir de plus belle. C’était étrange de parler de ça avec le gérant… Mais que pouvait-il ? Il n’allait pas mentir. Il avait outrepassé les détails, se contenant juste de dire que quelqu’un lui plaisait, et que cette même personne sans aucun mot, venait de lui offrir des chocolats. Alors, lors de sa pause, il prit une grande bouffée d’air et retint sa respiration tant que ses doigts n’avaient pas terminés d’écrire son message.
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Heure : 18:30

Merci beaucoup pour le paquet, ça m’a vraiment fait plaisir. A11 Je n’ai pas encore pu goûter, je suis au Konbini. Mais je ne m’inquiète pas, je suis certain qu’ils sont très bons !
Je te rendrai la pareille dans un mois.  A28

Haruhiko.

Et ce fut envoyé. Quel stress ! Son cœur se remit à battre frénétiquement. Surtout lorsqu’il se rendit compte de ce qu’il venait de dire… Lui rendre la pareille. Ok. Mais comment !? Il n’avait absolument rien prévu… Quel imbécile. Il aurait dû réfléchir avant de lancer des propositions ! Quelle aubaine d'être plus doué avec des mots écrits que parlés... Il ne savait vraiment pas comment il allait pouvoir faire face à tout ça, dès lors qu'il la reverrait.

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MessageSujet: Re: Can't help falling in love with you.   Dim 1 Mai 2016 - 0:44




White Day, 2016


Il m’avait fallu une sacré dose de courage. Je me souviens que les jours qui avaient suivi la Saint Valentin, j’avais eu la tête complètement perdue dans les nuages. Et même plus loin encore. J’avais été tellement soulagée de voir que mes chocolats avaient été acceptés de bon cœur. Et ce même si je me doutais qu’ils avaient été interprétés différemment de leur but original. Mais ça me convenait très bien comme ça. Après tout, si j’avais vraiment voulu signifier qu’ils étaient honmei et bien… Je l’aurais précisé. Mais je ne me sentais décemment pas prête pour ça. Et j’avais bien été contente que la question ne soit pas tombée sur le tapis. Sinon, j’aurais sûrement dû mentir. Sûrement, oui. Je ne me voyais absolument pas avouer ce genre de chose. C’était trop tôt, c’était trop effrayant. C’était trop… Trop.

Non, à la place, un simple remerciement et la promesse de rendre la pareille m’avait été faite. Auquel j’avais simplement répondu que j’en avais hâte. Et c’était vrai. Bien trop vrai, plus que les simples mots sur l’écran ne pouvait le signifier. Ce soir-là, j’avais téléphoné à ma sœur, qui, complètement hystérique, avait fini par me contaminer avec son enthousiasme. Au point que, malgré la fatigue, j’eu énormément de mal à dormir.

Un mois pile semblait long à attendre. Et pourtant, il passa sans que je ne m’en rende compte. En cours, le rythme commençait à s’accélérer à l’approche des examens de fin d’année. Certains préparaient des concours d’entrée pour différentes universités si leurs résultats ne permettaient pas de continuer à Keimoo. Pour ma part, je ne m’inquiétais pas de ça, mais je commençais tout de même doucement mais sûrement à stresser à l’approche de la fin d’année. Mes projets d’études avaient été rendus, et j’avais même rencontré la conseillère d’éducation en compagnie de mes parents.

En plus des cours, les obligations de clubs s’accentuaient. Celui de cuisine, en plus des ventes de gâteaux hebdomadaire, avait été missionné pour gérer un buffet dans un gala de charité à l’honneur de je-ne-sais-plus-quelle cause. J’y avais participé, bien sûr. La semaine suivante, ce fut au tour de celui de karaté, qui proposait des combats amicaux pour permettre aux chasseurs de tête de sélectionner les plus prometteurs. Ce n’était pas mon cas, et considérant que je ne comptais nullement percer dans le milieu, ça n’était pas un grand enjeu pour moi. Mais j’y avais participé en tant que partenaire et adversaire d’un senpai d’université.

Avec l’arrivée des beaux jours, le salon de thé ne désemplissait pas, au point même que nous nous sommes retrouvés en rupture de réserve de thé, notre fournisseur ne pouvant pas nous livrer avant début Avril. Yui a alors proposer de changer le menus, et nous avons adopté des jus, des smoothies et des milkshakes à la place. J’ai aussi dû changer la carte des gâteaux en accompagnement, et comme j’étais la seule à gérer ça, je passais encore plus de mon temps au salon, me levant plus tôt pour faire des préparations le matin, avant les cours, afin de pouvoir gérer le soir pendant le service.

Autant dire qu’avec tout ça, j’avais été pas mal occupée. Et forcément, je n’avais pas vraiment eu l’occasion de passer du temps avec Haru. Durant ce mois, il nous est arrivé de nous croiser, de passer quelques pauses déjeuner ensemble, et même parfois de faire un bout de chemin jusqu’à nos jobs respectifs. Mais rien de bien marquant. Depuis la Saint Valentin, d’extérieur, rien ne semblait avoir vraiment changé. Intérieurement, cependant, c’était autre chose.
J’avais l’impression de remarquer plus de détails, dans ses manies, ses expressions, ses gestes. Peut-être que j’étais plus attentive, aussi. Depuis que j’avais réussi à lui donner les chocolats, même ce n’était pas directement, je me sentais personnellement plus… détendue, à l’aise.

Disons que, j’avais l’impression d’être plus en phase avec moi-même. Comme si le fait d’avoir fait ces chocolats, de les avoir donné, même s’ils n’avaient pas été compris dans leur sens originel, m’avait enlevé un poids de la poitrine. Le fait que les choses n’avaient pas changé entre Haru et moi devait y être pour quelque chose. Peut-être que je me sentais soulagée de savoir que, peu importe si mes sentiments changeaient, cela ne détruiraient pas tout pour autant… Tant qu’ils n’étaient pas découverts, en tout cas.

Et il semblerait que mon changement d’humeur n’était pas seulement effectif en présence d’Haru. J’eu le droit à plusieurs remarques de Yui et Zakuro -ce dernier se doutant sûrement de ce qu’il se tramait au vu des sous-entendus qu’il avait fait pendant notre escapades dans les marécages-, comme quoi j’avais l’air plus aimable, moins fermée, plus expressive. Et puis, quand mes parents m’ont rendu visite, ce fut au tour de ma mère et de ma sœur, qui ne cessa de faire des allusions, et qui me traina dans les magasins avec elle pour une sortie « entre filles ».
Personnellement, je n’étais pas vraiment convaincue que cela se voyait tant que ça à l’extérieur. Je ne pus plus mettre leur parole en doute quand je me rendis compte que ce n’étais plus seulement mes proches qui avait un peu changé d’attitude, mais aussi des camarades, et même des inconnus. Quand j’allais dans un lieu public, il arrivait souvent qu’on me tienne la porte, qu’on me fasse des sourires, et parfois, qu’on essaye même de me parler. Le plus souvent des hommes d’ailleurs. Peut-être que les femmes étaient moins sensibles à mon pseudo gain d’expressivité et d’ouverture. Toujours était-il que c’étaient des choses qui n’arrivaient pas vraiment avant. Et à moins que l’arrivée du printemps ait subitement contaminé les gens avec un virus mystérieux, je ne pouvais plus vraiment nier les dires de mes proches. Même si je restais persuadée qu’ils exagéraient.

Toujours était-il qu’en un clignement d’œil, je me retrouvais au jour fatidique, dont les préparatifs avait été fait principalement par message. Nous devions nous retrouver en début d’après-midi, à l’aquarium. Rien que tous les deux. Et cette fois encore, je n’avais pas très bien dormi, beaucoup trop stressée par l’évènement pour me laisser aller dans les bras de Morphée.
J’avais tourné en rond une bonne partie de la matinée, avant de me résoudre à appeler ma sœur, presque en panique. Même si nous étions déjà proche, je sentais que nous l’étions encore plus ces derniers temps. Peut-être parce que ça avait été la première fois que je me confiais vraiment à elle, sur un sujet important. Ou peut-être qu’elle était tellement intéressée par les affaires amoureuses en général qu’elle ne pouvait pas se résoudre à laisser passer l’occasion de se mêler des miennes.

Dans tous les cas, j’étais plutôt reconnaissante de l’avoir à mes côtés, même si seulement par téléphone. Je me retenais de le formuler, elle était tout à fait capable de débarquer comme une furie pour me faire un make-over total. A la place, je suggérais de passer en appel visio… et le calvaire commença. Je dû faire un véritable défilé… devant mon téléphone. Sans compter que la patience de cette chère Himiko est tout au moins autant égale à une micro-seconde. Autant dire que se changer en vitesse jusqu’à y passer toute mon armoire, sous les cris et les soupirs fut une expérience dont je me serais passée. Mais d’un autre côté, durant cet instant, je ne pensais plus à l’heure qui tournait, et à l’imminence du rendez-vous.

Ainsi, au bout d’une bonne heure d’essayage, plutôt fatigante, à enfiler, enlever, renfiler, combiner, changer, les vêtements qu’elle m’avait fait acheté quelques semaines plus tôt –puisque d’après elle, il était hors de question de mettre l’un de mes vêtements habituels, et encore moins un de mes pulls-, la tenue fini par plaire à notre experte de la mode. Comme il faisait beau, elle finit par me convaincre de mettre une jupe taille haute un peu volante à pois, avec un chemisier simple, et une veste en jean. Sous la menace, elle m’interdit de mettre des collants, et ce malgré mon appréhension à ce que les cicatrices sur ma jambes soient trop voyantes. Elle m’assura que non, que depuis le temps, elles étaient plutôt discrètes. Personnellement, quand je regardais, je ne voyais que ça. Alors je me débrouillais généralement pour avoir toujours des chaussettes montantes ou même des bas. Je soupirais, et décidais d’écouter ma cadette qui avait jusque-là toujours été de bon conseil.

Et puis, soit j’acceptais d’être jambes nues, soit je devais passer sous les mains d’un coiffeur à domicile qu’elle était prête à contacter exprès. A force de négociation, elle lâcha l’idée, à condition que je m’attache les cheveux. Sous ses directives, ils finirent en une petite tresse sur le côté qui donnait sur un chignon simple, et toujours, ma très chère frange. Lorsque j’eu le malheur de croiser un miroir pour contempler le produit final eh bien… J’eu du mal à me reconnaitre, et me senti tout de suite très peu à l’aise. Ma sœur m’assura à travers les haut-parleurs que tout serait parfait après un peu de maquillage. Estimant que j’étais déjà un peu trop sorti de mes habitudes, je refusai, et elle n’insista pas -enfin… moins que d’habitude-.

L’heure tournait, et je me rendis compte que j’avais juste le temps de manger en vitesse avant de me rendre au point de rendez-vous. L’estomac trop noué pour avaler quoi que ce soit, je me forçais tout de même à prendre au moins un fruit histoire de ne pas partir le ventre vide.
Et alors que je me dirigeais vers l’entrée pour enfiler des ballerines, le moment de doute que j’avais redouté toute la matinée fit son apparition.

Contemplant mes chaussures, je fus submergée par des hésitations. Tellement stressée, presque angoissée de cette sortie que j’avais anticipée un peu trop, je me suis figée sur place.  La partie de moi qui trépignait à l’idée de cette journée s’était tue pour laisser place à celle qui faisait toutes les suppositions possibles des mauvais tournant que pouvait prendre cette sortie, me faisant la liste de toutes les raisons de ne pas y aller, avec en bonus une pelleté d’excuses pour me défiler.

J’inspirais profondément. Je savais pertinemment que c’était  le trac qui me faisait avoir ce genre de pensées, et il fallait que je m’en débarrasse. Après tout, c’était idiot, il n’y avait pas de raison d’avoir peur. Même si j’avais des arrières pensés, il ne s’agissait que d’un remerciement pour les chocolats. En toute amitié. Une banale sortie entre meilleurs amis. Sur le coup, je me suis demandé si ma tenue n’en faisait pas un peu trop. Mais d’un autre côté, Himiko avait raison, elle m’allait bien. Et ce point me donnait un léger boost de confiance en moi que je ne pouvais pas me permettre de perdre.

Si j’avais voulu retourner en arrière, autant ne pas donner ces chocolats tout court. Et pourtant je l’avais fait. Alors il n’y avait pas de raison que je fuis cette journée. J’avais déjà fait le plus dur, après tout. J’expirais longuement, fini d’enfiler mes chaussures et filais en direction de l’aquarium, mon petit sac en bandoulière sur l’épaule.

Et bien sûr, comme il fallait s’y attendre, j’étais… beaucoup trop en avance. L’aquarium n’était qu’à une dizaine de minute de chez moi. Etant stressée, j’avais inconsciemment accéléré la cadence, et, ayant eu peur qu’un quelconque contretemps survienne, j’avais aussi prévu pour arriver un peu avant l’heure prévue. Résultat des courses, j’étais en avance sur mon avance. D’une bonne demi-heure. Ça ne me dérangeait pas d’attendre, en temps normal. Mais là, patienter sur un banc à l’entrée de l’aquarium me laissait tout le temps de cogiter, et de trouver encore plus de raison de prendre mes jambes à mon cou.

Il fallait que je me calme. Ce n’était qu’une sortie entre amis. Il n’y avait aucune raison que les choses dérapent. Pas vrai ?

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La consécration:
 
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Haruhiko Nakamura
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MessageSujet: Re: Can't help falling in love with you.   Mer 4 Mai 2016 - 14:52




Le temps passait mais rien ne semblait apaiser ses craintes. La tension dans son corps était telle que le moindre bruit pouvait le faire sursauter. Le nombre de passes ou de paniers qu’il avait manqué ne se comptait plus. Si bien que le coach cru qu’il était malade et lui dispensa des deux derniers entraînements du club. Ce temps libre ne lui fut pas profitable pour autant. Il avait au contraire bien plus de temps pour penser… Quelle aubaine ! Arata et Ota ne se gênaient pas pour se moquer ouvertement de lui, puisqu’ils avaient eu vent de la nouvelle le jour même où il avait trouvé les chocolats de Naoko dans son casier. Après ça, il n’avait simplement plus d’excuse. Le cacher était devenu inutile. Pourtant… Les deux n’en firent pas une affaire d’état et le bruit ne se répandit pas. Alors, même s’ils passaient leur temps à le charrier, il était content de voir que les choses ne se propageaient pas. Il avait déjà tant de mal à gérer son stress…
Il fut tellement nerveux la veille qu’il aurait pu creuser un trou sur le parquet à l’aide de sa jambe, tambourinant le sol à une vitesse cadencée. Arata tenta le tout pour le tout pour le déstresser, mais rien n’y faisait. Sa capacité de concentration était réduite à quelques secondes. Quelques maigres secondes où Naoko n’habitait plus son esprit. Alors, il lui dit de penser à s’organiser pour demain. Préparer sa tenue, son porte feuille. De penser à activer son réveil, voir deux… Car son colocataire de chambre devait partir rejoindre sa famille dès ce soir et par conséquent, ne serait pas là pour lui lancer une ribambelle d’oreillers à la figure pour qu’il fasse taire son réveil. Arata soupira quand il vit que l’état du jeune homme ne s’était toujours pas amélioré. Lorsque son téléphone sonna, il le délogea de sa poche pour en lire le message qu’il venait de recevoir.

- Ma sœur est là, je dois y aller. Repense à la liste et j’te jure que si tu te loupes, je te refais le portrait mercredi.

Il lui tapota l’épaule en souriant. Haruhiko ne savait jamais si c’était du lard ou du cochon avec Arata et s’il devait réellement s’inquiéter de la menace… Au fond de lui, il se disait que son ami pouvait être capable d’agir s’il avait loupé son coup ou s’il s’était finalement défilé. Lorsqu’il sorti de la pièce, le jeune sportif se laissa tomber comme une masse sur son matelas. Son bras droit était replié, posé sur son front. Son cœur battait le rythme effréné d’un concert de hard-rock. Ses mains descendirent jusqu’ à son visage, bouillonnant. La froideur de sa propre peau ne réussi même pas à calmer les ardeurs dont il était prisonnier. Il soupira. Ses yeux se perdirent dans la contemplation du plafond, son esprit voguant et songeant à toutes les possibilités que ce rendez-vous pouvait lui offrit demain. Il ne savait pas si Naoko l’avait prit de cette manière, mais pour lui c’était clairement un rendez-vous. Aurait-il dû être plus précis ? Lui dire clairement ? Il dégluti. Il n’avait pas envie de gâcher le moment si elle considérait qu’une simple sortie entre amis lui était préférable. Tu te défiles ! La voix d’Arata retentit dans son esprit et le fit frissonner. Et pourtant… Il ne voulait pas que les attentes pèsent sur leur rencontre. Il voulait simplement profiter du moment, lui avouer ce qui lui pesait sur le cœur depuis longtemps. Et après ? Il ne savait pas. Il ne voulait pas savoir. Ca l’effrayait.

La soirée fut difficile à vivre tant les heures s’écoulaient lentement. Il avait vérifié milles fois sa liste déjà. Son réveil était déjà enclenché et de toute façon il ne pouvait pas le louper. Il était sur le service du matin au Konbini. Fort heureusement, il avait réussi à négocier avec le gérant pour échanger son service du soir avec un du matin. Après presque un an, il avait au moins la possibilité de demander des changements plus aisément. Il était toujours là, même pour les doubles, les soirs ou les week end et le gérant savait lui rendre. Son porte feuille était en ordre, son sac était prêt et ses vêtements aussi, qu'il changerait en rentrant du Konbini bien évidemment. Avant même qu’il n’y songe Arata l’avait menacé du regard de ne surtout pas oser se ramener au boulot avec la tenue pour le rendez-vous. Ce n’était pas son intention de base…

Le réveil fut dur, comme tous les matins. Mais celui-ci, plus particulièrement. Il avait l’impression d’être un enfant à qui l’on avait promit un voyage dans un grand parc d’attractions. Sauf que le parc d’attractions, là, c’était son cœur. Heureusement, il pu se changer les idées avec le boulot du matin. Il y eut pas mal de passage, notamment pour les achats de dernière minute du White Day, si bien que le surplus de sucreries, gâteau et autres petites attention fut vite écoulé.
Ce fut pour l’heure du midi qu’il pu rentrer chez lui manger un petit quelque chose. Bien que les pâtes aient du mal à passer, il se força. Lorsque son regard accrocha sa montre, il fit un bond. La panique reprit aussi vite dès qu’il vit qu’il risquait d’être en retard à force de trainer comme il le faisait. En toute vitesse, il ramassa ses affaires pliées sur la chaise et se précipita dans la salle de bain pour se préparer. Lorsqu’il en sorti, il lui fallu bien cinq minutes avant de comprendre que sa chemise était à l’envers… Lorsqu’il la retira, il dû se rendre à l’évidence de sa bêtise… Son T-shirt l’était aussi. Jurant entre ses dents, il défit tout pour remettre les vêtements correctement.

Il ferma les yeux quelques instants, inspirant et expirant lentement.  Sa mère lui disait souvent lorsqu’il était plus jeune de faire ça pour calmer ce surplus de stress qu’il pouvait accumuler à force de trop réfléchir. Ce ne fut qu’un tantinet efficace, mais c’était toujours bon à prendre après tout. Tout va bien se passer. Il n’y avait pas de raison que… Si ! Et bien trop. Bien trop de paramètres à prendre en compte et toujours cette relation comme monnaie d’échange. Il avait autant hâte qu’il ne pouvait être effrayé.
Pendant le mois qui s’était écoulé, il s’en était rendu compte. A quel point il était difficile de réfréner ces sentiments maintenant qu’il leur avait laissé toute la place d’exister. Il avait faillit craquer, plusieurs fois. Il s’était retenu de vouloir la prendre dans ses bras et de la serrer fort contre lui. Le fait qu’ils se soient moins vus en cette période de fin d’année scolaire, l’avait à quelque part arrangé. Non pas qu’il était heureux de moins passer de temps en sa compagnie. Il avait disons besoin de plus de temps pour réfléchir. Et puis il pu en profiter pour prendre des heures de travail supplémentaires au Konbini car une chose était certaine en ce quatorze mars : Naoko était son invitée et il était hors de question qu’elle sorte une seule fois son porte monnaie de la journée.

Tout était prêt. Regardant sa montre, il vit qu’il était même en avance. Il souffla, la pression redescendant un peu. Profitant d’un petit quart de libre pour se détendre, il navigua sur internet pour voir les nouvelles et surtout pour arrêter de penser quelques instants. Et quel fut le drame… Happé par la magie et la puissance de l’internet, le temps qui lui paraissait si long jusque là se réduisit au néant. Lorsque son attention revint sur l’heure… Il allait être en retard ! Coup de pression, il se redressa aussi sec, fermant avec autant de  violence son PC. Puis, à toute vitesse, il ramassa son sac, sa veste –au cas où– et ses clés avant de ne claquer la porte de la chambrée Universitaire.

C’est dans des cas tel qu’il fut heureux d’avoir de l’endurance. Sa marche rapide permit de rattraper heureusement son retard sur tout ça. Il arriva sur les lieux du rendez-vous qu’ils s’étaient donné et vit qu’elle était déjà là. Zut. Lui qui pensait arriver au moins un poil avant… C’était totalement loupé pour le coup. Lorsqu’il arriva à sa hauteur, un sourire vint se lover sur ses lèvres. L’indéniable sourire des jours de leurs rencontres.

- N-Nao ! Je… Je t’ai fait attendre, désolé…

Sa main gauche vint gratter l’arrière de sa tête, gêné. Et lorsque cette tension fut retombée, son regard l’accrocha, de la tête aux pieds. Waw. Il eut l’impression que quelqu’un venait de lui arracher le cœur. Ses yeux papillonnèrent deux fois tandis que sa bouche restait légèrement entrouverte. Il ne savait pas si c’était un contexte hors scolaire, la sortie ou quoi que ce soit d’autre… Mais bon sang qu’elle était belle.

-

Réalisant ce « bug » soudain, il secoua légèrement la tête, dans l’espoir de réveiller ses fonctions cérébrales. Ce qui résultat ne fut qu’un écran rouge se collant à son visage qu’il avait réussi à calmer jusque là.

- J-Je…T-tu… Enfin… C’-…

Il vint se tapoter les joues du plat de ses mains, comme pour reprendre ses esprits.

- T-Tu vas bien ?

Bravo. C’était beau. Une jolie question pour masquer ton incapacité à gérer ton stress du moment. Il lui était de plus en plus difficile de garder ses sentiments, surtout lorsqu’elle se montrait aussi cruellement belle. Il aurait voulu lui dire, lui crier, lui réciter ô combien elle pouvait être belle en cet instant… Mais les mots restèrent coincés dans sa bouche. Il y avait comme un goût étrange de souvenirs de cette journée des clubs, où il l’avait eu à ses côtés aussi bien maquillée qu’habillée.

Ce fut avec douceur qu’elle lui avait arraché progressivement chaque morceau de son cœur.


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MessageSujet: Re: Can't help falling in love with you.   Mer 25 Mai 2016 - 2:41

Je regardai à droite et à gauche, scannant les environs avant de repérer un banc, tout près de l’entrée. Le visage totalement neutre de l’extérieur, je pouvais sans difficultés dire qu’à l’intérieur, c’était un vrai champ de bataille. A peine assise que mon cœur se mit à tambouriner comme si je venais de faire un sprint. Je cru même que j’étais sur le point de faire malaise. Je soufflais, posant une main au niveau de mon sternum, fermant les yeux dans l’espoir de me calmer au moins un minimum. En plus de ma respiration, je décidai de revoir les choses le plus sereinement possible, avec logique. Terre à terre.

C’était le grand jour, le fameux white day, et j’avais rendez-vous… Non. Je devais retrouver Haru pour une sortie à l’aquarium, en gage de reconnaissance pour des chocolats que je lui avais offert. Des chocolats, qui malgré tout, portaient une signification que j’avais préférée gardée pour moi-même. Jusque-là, rien de nouveau. J’avais déjà pensé cette partie des millions de fois. Je soufflais.

J’ouvris les yeux pour observer un peu les alentours, les gens, le paysage. Ecouter la mer, à deux pas d’ici. Sentir l’odeur de l’océan. J’étais plutôt soulagée que la sortie se soit faite ici, dans le quartier Hebi. C’était un endroit familier, rassurant et plutôt calme. Loin de l’agitation du centre-ville, les bords de mer d’Hebi, bien que plutôt fréquentés, restaient apaisant. C’était déjà un bon point. J’appréhendais l’intérieur de l’aquarium, en tant qu’espace confiné, pour sûr. Mais ce n’était pas le premier que je visitais et tout c’était bien passé. Tant qu’il n’y avait pas trop de monde. Je pris mon sac sur mes genoux, vérifiant son contenu. Bien, j’avais pris ma ventoline et mon flacon d’anxiolytique. Si les choses se passaient mal, j’étais préparée. Même si je priais pour que cette préparation ne serve à rien.

Préparations pour lesquelles ma sœur m’avait aussi guidée. Dès que j’avais eu les détails concernant la journée, elle m’avait presque fait une présentation sur PowerPoint sur tout ce qu’il y avait à savoir sur un rendez-vous. Himiko était une habituée, et il était impossible de compter combien de sortie elle avait fait avec des garçons. Elle en avait profité pour me donner une tonne de recommandations, que j’avais notée méthodiquement sur un calepin. No shame, j’étais une affreuse débutante à tout cela, alors, je me préparais comme je pouvais. Même si, honnêtement, la plupart des consignes ne faisaient pas vraiment sens pour moi.

« Rester féminine ». Ah. Je savais que ce n’était pas une de mes caractéristiques à la base. Loin de ma cadette qui semblait respirer la féminité à tel point que des fleurs pourraient voler autour d’elle, moi, j’étais juste… moi. Je doutais pouvoir respecter la premier point et passait le reste de la liste en revue.
« Être polie, ne pas s’énerver,  soigner sa présentation ». Autant les deux premiers me semblaient aller de soi, autant le troisième était plus compliqué. Je jetais un œil à ma tenue, estimant que cela devait être suffisant, pour la présentation.
« Arriver avec 5 minutes de retard. Pas plus, pas moins. Surtout pas en avance ». Bon bah, ça, déjà, c’était raté.
« Se faire désirer, cultiver le mystère ». Je fronçais les sourcils. Qu’est-ce que ça voulait dire au juste ?
« Se montrer sous son meilleur jour, mettre en avant ses atouts ». Euh ?
« Contact : Ne pas hésiter à l’initier, mais pas trop, juste ce qu’il faut ». C’est quoi, le juste-ce-qu’il-faut ?
« Nourriture : Quelque chose de girly sans donner l’impression de se priver. PAS DE BONBONS ». Je regardais les sucreries au fond de mon sac. Bon, prochain point…
« Lui donner l’impression qu’on s’intéresse à lui ». Seulement l’impression ?
« Ne pas parler des ex ». Pas concernée, sans commentaire.
« Ne pas draguer un autre durant le date ». C’était quoi ce conseil ?!

Je soupirais devant la liste qui faisait encore au moins 3 pages sur mon petit calepin. Vu comme c’était mal parti, j’allais encore plus déprimer à lire la suite et décidai de le ranger. Vraiment, ce genre de chose ne semblait vraiment pas être fait pour moi. Et puis. Après tout, je n’avais pas besoin de ces conseils. Vu que ce n’était PAS un rendez-vous. Même si j’aurais énormément aimé que ça soit le cas.
Mon regard fila vers mes pieds alors que je les agitais doucement sur les pavés du sol.  Je jetai un œil à ma cicatrice, grimaçait, avant de voir une ombre se profiler devant moi.

Relevant les yeux et m’attendant à voir un visage familier… eh bien ce ne fut pas le cas. Un type que je n’avais jamais vu, ayant l’air un peu plus vieux que moi, se tenait de manière décontractée, les mains dans les poches. Je le dévisageai un instant avant de tourner la tête, décidant de l’ignorer même s’il me cachait présentement le soleil. Ce fut sans compter qu’il vienne s’assoir sur le banc, duquel je me décalais pour garder mon espace personnel et ne pas le gêner dans son attente. Regardant ailleurs, je me sentie observée et constatai que le type en question était en train de me fixer. Awkwaaaard.

Il me fit un sourire, et je restais neutre, presque blasée. Il dut prendre ça comme une ouverture, apparemment.

- Ton copain t’a posé un lapin ?

Je ne répondis pas, me contentant de grimacer légèrement. Qu’est-ce qu’il me voulait exactement… ? Il ne semblait pas comprendre qu’il était en train de me déranger, là.

- Pas bavarde ? Bah, c’est pas grave, t’es mignonne alors ça passe. Ça te dit on va boire un verre, j’suis sûr qu’on pourra faire connaissance tous les deux.

Clin d’œil et je le vit amorcer un mouvement pour passer son bras autour de mes épaules. Grace à mes réflexes aiguisés que je remerciais en cet instant, ma main attrapa son poignet avant qu’il n’ait le temps de le faire. Le fixant droit dans les yeux, un air menaçant sur le visage envers celui qui avait osé penser à me toucher, je répondais alors dans un calme froid.

- Non merci.

Manifestement, mon geste l’avait surpris puisqu’il garda son expression choquée jusqu’à ce que je le lâche, laissant sur sa peau les marques de mes doigts. Il fit un bond pour se relever du banc et s’écarta précipitamment, marmonnant dans sa barbe ce que je supposais être des insultes, au vue du ton haineux qu’il emprunta.

Je soupirais, pas particulièrement chamboulée, mais surtout fatiguée par l’événement. Ce genre de chose arrivait de plus en plus. Ayant l’habitude de me balader seule sans qu’on ne vienne m’embêter, je regrettais ma tranquillité perdue, depuis quelques temps. Lançant un regard vers là où l’homme s’était enfuit, j’haussai les épaules. Peut-être que j’avais serré un peu trop fort, espérons que ça ne m’apporte pas d’ennui.

Ce fut à ce moment que j’aperçu une silhouette que j’aurais pu reconnaitre entre mille. Le stress refit son apparition en une bouffée et j’eu l’impression que mon cœur allait bondir hors de ma poitrine à cause de la surprise. Me redressant, totalement droite, je fis rapidement quelques exercices de respirations qui me permirent de me calmer de l’extérieur. Les rougeurs ne s’étaient pas trop installées sur mes joues et je pu reprendre ma neutralité lorsqu’il arriva vers moi. Même si on pouvait lire sur mon visage une pointe d’enthousiasme, malgré tout.
Il s’excusa et je secouais doucement la tête.

- Non non. J’étais en avance alors.

Alors je ne pouvais m’en prendre qu’à moi-même. En tout cas, je pouvais déjà rayer de la liste le point en question. Pourquoi j’avais la terrible impression que j’allais faire tout le contraire de ce qu’il fallait pendant cette après-midi ?
Silence. Je fixais Haru, le questionnant du regard. Il semblait avoir bugué, mais heureusement, ça ne dura pas très longtemps. Il bafouilla et sur le coup, je me demandai intérieurement si ça allait. Je le sentais stressé. A moins que ça ne soit mon propre état qui biaisait mes perceptions.

- T-Tu vas bien ?

J’hochais la tête, plutôt soulagée de voir qu’il semblait reprendre possession de ses moyens.

- Mh mh. Et toi ?

J’étais rassurée. Malgré le trac d’avant, les choses semblaient aller dans un sens positif. Dès le moment où il m’avait adressé la parole, toute la pression avait fondue comme neige au soleil, et je me sentais au contraire même très à l’aise. Ça valait bien la peine de se prendre autant la tête pour une sortie avec mon meilleur ami. Autant profiter du moment, après tout, les choses étaient bien comme elles étaient actuellement. Oui. Je n’avais aucune raison de vouloir les changer. Tout était très bien comme ça.

Naturellement, nous avions commencé à nous diriger vers l’entrée de l’aquarium. Haru marchant à mes côtés, je jetais un regard discret en sa direction, le détaillant. Je détournais le regard dès que je sentis mes joues changer de couleur, tentant de faire en sorte que mon cœur ne s’emballe pas trop aujourd’hui. C’était une sortie entre amis, si je commençais à laisser mes sentiments trop paraitre, ça allait définitivement tout gâcher. C’était bien la dernière chose que je voulais. Alors, mon petit cœur, il allait falloir te calmer un peu.

Arrivés dans le hall d’entrée, je passais en revue distraitement l’endroit, lisant les affiches, détaillant le squelette d’un requin accroché au plafond, prenant garde de ne gêner personne dans la file d’attente. Lorsque ce fut notre tour, je mis par réflexe une main sur mon sac pour y prendre mon portefeuille et payer ma place. Ce fut sans compter l’intervention mentale de ma sœur, qui m’avait répéter au moins 15 fois que « Pendant un rendez-vous, c’est celui qui invite qui paye tout ». Ce principe me semblait hautement injuste, d’autant que l’argent n’était vraiment pas un problème pour moi. Je me tournais alors vers Haru, lui demandant simplement.

- On partage le prix des entrées ?

Qu’il accepte ou qu’il refuse m’apportait peu en soi. Himiko m’avait répété que c’était souvent une question de fierté, alors, autant qu’Haru décide ce que sa fierté lui autorisait. Et puis au pire, même si je ne payais pas l’entrée, je trouverais le moyen de renvoyer la pareille.

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MessageSujet: Re: Can't help falling in love with you.   Sam 28 Mai 2016 - 16:24



En avance. Voilà une notion qui échappait que bien trop au sportif qu’il était. Il avait beau tout mettre en œuvre afin d’arriver en avance, tout faisait pour qu’il mette son action en échec. Constamment. Une activité soudainement devenue intéressante dans les cinq minutes restantes, ou alors sa passion pour flâner en chemin, observant les paysages aux alentours, les gens… Milles interférences ne l’aidant jamais à arriver « en avance ». Il l’envia quelques secondes avant de se rappeler la culpabilité de l’avoir fait attendre. Cette culpabilité fut assez vite étouffée dans l’œuf. Il ne fallut que quelques secondes avant qu’il ne la remarque réellement.

Il aurait pu rester ainsi, bloqué dans un tourbillon de sentiments dont il ne semblait pas comprendre toutes les essences. Fort heureusement, le calme olympien dont elle faisait preuve lui servit de bouée de sauvetage dans la marée de ses sentiments. Elle représentait comme un point d’accroche dans sa vie, un point stable sur lequel il pouvait se tenir au moment où il se sentait noyé. Lorsqu’elle hocha la tête pour lui répondre, il lui sourit, tout simplement heureux. Heureux de constater qu’après toutes ces années, tous ces événements, elle était toujours là. Ce n’était qu’une simple constatation en son fort intérieur, mais son cœur s’en retrouva rempli d’une certaine joie et d’une grande vague de cet amour grandissant qu’il pouvait éprouver à son égard.

- Oui, ça va bien.

Alors qu’ils commençaient à se diriger jusqu’à l’aquarium, l’esprit d’Haruhiko commença déjà à se remettre en route. Jetant quelques regards en biais en sa direction, il s’emballa à imaginer milles scénarios. Dans les films ou les séries occidentales, leur définition du parfait gentlemen aurait tendu son bras à la jeune fille pour l’escorté jusqu’à la devanture. A quelque part, il trouvait dans cette pratique quelque chose de très exotique et romantique. Seulement, en bon japonais et timide qu’il était, ses fantasmes ne trouveraient jamais aboutissement. Pourtant… Pourtant il n’avait envie que d’une chose : pouvoir serrer sa main dans la sienne. Montrer en quelque sorte ce sentiment débordant qu’il avait de plus en plus de mal à contenir au monde entier ! Son cœur s’emballait déjà dans un rythme effréné. Il fallait qu’il se calme avant de ne commencer à dire à nouveau n’importe quoi.

La file d’attente fut le pire de tout. Juste à quelques pas devant eux, un couple ne se gênait pas pour s’embrasser, se câliner ou s’échanger des mots dans l’oreille de l’autre avant de ne glousser. De quoi largement augmenter la pression qu’il se mettait déjà très bien tout seul. Et si elle ne voulait rien de plus… ? Ce n’est pas grave, il devait se convaincre lui-même et se rappeler des paroles d’Arata. Il ne faisait pas ça pour la finalité mais pour pouvoir avouer ce qui le rongeait de plus en plus. Non ? Ce fichu couple représentait à lui seul toutes ses envies et ses frustrations. Il ne revint sur terre lorsqu’il entendit la voix de Naoko résonner à ses côtés.

- On partage le prix des entrées ?

Le prix ? Son regard roula dans le sens inverse, constatant qu’ils étaient arrivés au bout de la file d’attente. Elle voulait payer sa place ?! ETAT D’URGENCE ENCLANCHE. Il ne devait surtout pas lui laisser faire ça ! Il en allait de son honneur personnel qu’il s’était lui-même imposé. Alors il secoua vivement la tête, négativement.

- N-Non ! Tu es mon invitée aujourd’hui, ne l’oublie pas !

Il lui répondit en souriant, un peu maladroitement. C’était une journée qu’il lui dédiait, il était hors de question qu’elle se préoccupe de quoi que ce soit si ce n’était que de passer du bon temps. Sortant son porte monnaie de sa poche arrière, il prit deux entrées à la réceptionniste avant de se retourner pour en tendre une à Naoko.

- On y va ?

Il ne restait plus qu’à, après tout. Se balader, admirer les différents bassins et s’émerveiller devant les espèces les plus belles. Rire en discutant, se perdre dans les allées, acheter un souvenir à cette sortie qui se ressemble, lui sourire, aller manger quelque chose, lui sourire, la regarder. L’embrasser. STOP. Il fallait qu’il se reprenne. Son visage vira au rouge quant à la résonnance de cette dernière image, arrachant un battement de cœur bien trop intense à son goût. Il ne devait pas l’embrasser, il devait lui avouer ses sentiments ! Dans quoi il s’embarquait encore… ? A force de trop fantasmer, il allait encore se perdre.
Lorsqu’ils arrivèrent dans la première pièce, il perdit son regard dans la contemplation des quelques aquariums. C’était la première fois qu’il pouvait venir dans un endroit pareil et la curiosité le piquait quand même assez. Ses yeux s’étaient accrochés sur un bassin à leur gauche, agencé tel un jardin japonais miniature, du sable et des galets. Dedans semblait nager quelques poissons bien colorés avec de longues traines de nageoires, rendant leurs déplacements gracieux.

- Regarde, il est beau celui-là !!

Tel un enfant en pleine découverte, il attira Naoko par son avant bras jusqu’à cet aquarium, s’abaissant pour être à la hauteur du bassin. Ses yeux pétillaient, suivant le mouvement d’un des poissons. Durant quelques secondes, il en oublia même l’objectif de son rendez-vous avec Naoko. Profitant simplement de partager un instant à ses côtés. Lorsqu’il tourna la tête en sa direction, un large sourire s’afficha sur son visage. Il venait simplement de trouver la réponse… Qu’importait s’il ne pouvait avoir plus dans cette relation avec la jeune fille, qu’importait s’ils restaient simplement amis… Il continuerait très certainement de l’aimer, quelles que soit les circonstances. Tout ce qu’il espérait, dans le cas où ses sentiments n’étaient pas réciproques (ce dont il imaginait être le plus proble), reposait sur la compréhension de Naoko de l’importance que pouvait avoir leur relation. Qu’il était prêt à se faire constamment violence si ce n’était que pour rester encore auprès d’elle. De profiter de tels moments, impunément.

- Je suis content que tu ais accepté mon invitation.

Quelques secondes seulement passèrent avant qu’il n’enchaîne :

- Tu veux qu’on commence par quel côté ?


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MessageSujet: Re: Can't help falling in love with you.   Sam 28 Mai 2016 - 23:07


J’haussais les épaules à son refus de partager le prix des tickets. Après tout, ça m’était égal, et si ça pouvait lui faire plaisir de prendre cette dépense en charge, je n’avais pas de raison de m’y opposer. Surtout qu’il eut l’air quelque part un peu fier, déclarant que j’étais son invitée. Apparemment, Himiko avait raison, et ça ne m’étonnais pas vraiment. L’expérience, sûrement.

Profitant qu’Haru règle les entrées, je me saisissais d’un dépliant de visite, qui présentait l’aquarium et ses différentes salles, et le gardait en main. J’hochais la tête pour signifier que nous pouvions y aller, et observais un instant mon billet d’entrée que je venais de récupérer. Sur celui-ci, une photo d’un pingouin –ou d’un manchot, je ne savais jamais-, plutôt mignonne. Je glissais le petit papier soigneusement dans mon portefeuille pour ne pas qu’il s’abime et pouvoir ainsi le ranger dans une de mes boites à souvenirs, gardé précieusement.

Un peu à la traine, j’accélérai le pas, rattrapant Haru qui était à une foulée devant moi alors que nous entrions dans la première salle. Légèrement en retrait par rapport à l’enthousiasme très visible de Haru, j’analysais la pièce, sombre et repérait le plan d’évacuation d’urgence. J’avais toujours été prudente pour ça, mais depuis ce qu’il s’était passé à la soirée de Noël, ça tournait presque en obsession. Je ne pouvais pas être à l’aise dans un lieu clos sans m’assurer d’avoir une sortie de secours à portée. Le plan me fit souffler, et je retournais mon attention sur le sujet principal : les aquariums. Ils étaient agencés de sorte à ce que l’on suive un parcours, pour pouvoir tout voir sans avoir à passer d’un côté et de l’autre de la pièce. Dans la pénombre, je jaugeais à vue d’œil le nombre de personne, avant d’être littéralement emportée sur le côté.

Je sursautais, ouvrant grand les yeux en constatant qu’Haru venait de m’attraper par le bras pour me trainer devant le premier bassin. Je senti une bouffée de chaleur me prendre et le rouge s’installer sur mon visage, prise d’une panique soudaine. J’étais cependant bien la seule puisque le principal intéressé ne semblait même pas s’être rendu compte de la proximité et du contact qu’il venait d’instaurer entre nous. En parlant de contact, il n’y avait pas une règle là-dessus… ? L’esprit complètement chamboulé, je ne réussis pas à m’en souvenir et décidai de fixer bêtement le fond de l’aquarium le temps de me calmer un peu. Si je me concentrais sur quelque chose d’autre, ça finirait bien par me passer.

A mes côtés, Haru semblait… exalté. Après avoir retrouvé un peu de mon sang-froid, mon regard passa du sable à mon meilleur ami. C’était la première fois que je le voyais si excité. Il avait l’air vraiment heureux d’être ici, et cela m’arracha un léger sourire alors que mes yeux restaient fixés sur lui. Le voir aussi ouvertement émerveillé devant la nage de quelques poissons, complètement penché en avant pour être à la bonne hauteur pour regarder avait un petit côté amusant. Ramenant ma main qui tenait le plan vers ma bouche, je laissais échapper un léger rire, discret. Le fixant toujours, je pris un air doux, et déclarais doucement, sans moquerie.

- Tu ressembles à un gosse comme ça.

Je murmurais, continuation de ma phrase précédente.

- C’est mignon.

Mon regard fila jusqu’à l’aquarium pour observer le poisson signalé plus tôt comme étant particulièrement beau. C’était vrai, et contempler ses nageoires onduler avait quelque chose d’apaisant. C’était la première fois que je venais dans l’aquarium de Keimoo, et je découvrais au moins tout autant que Haru. C’était agréable, et, aimant plutôt les animaux, ce genre de sortie ne pouvait que me plaire.

- Je suis content que tu ais accepté mon invitation.

Je retournais mon attention sur Haru, le fixant un peu perplexe, puis répondais simplement.

- Je n’avais aucune raison de décliner.

Bon, la réalité était un peu différente. Il était vrai que dans les faits, aucune raison valable ne faisait que j’aurais pu refuser. Dans le fond, le fouillis dans mes sentiments, ma décision de les garder pour moi, la peur d’y être confronter ou encore de faire une erreur à ce sujet aurait pu être des excuses pour me défiler. Mais quelque part, cette invitation m’avait vraiment fait plaisir. Bien plus qu’elle ne m’avait effrayée. Disons que j’avais juste tendance à exagérer les choses et à me prendre beaucoup trop la tête par anticipation. Même si ça ne valait pas le coup. La preuve, aujourd’hui, les choses s’annonçaient détendues, et ce malgré le fait que c’était la première vraie sortie que nous faisions depuis la Saint Valentin. Depuis mes chocolats.

Ce ne voulait dire qu’une chose, qui se confirmait : les sentiments qu’ils cachaient n’avait pas été compris. Et c’était très bien comme ça.

La question fut posée de l’organisation de la visite, et je prenais alors correctement le dépliant en main, utilisant la lumière du bassin pour bien y voir. Plusieurs parcours étaient possibles pour tout faire, et ils finissaient par tous se rejoindre, faisant chaque aile du bâtiment dans un ordre différent. Le choix était plus une question de préférence, alors. Je réfléchissais un instant.

- On peut commencer par l’aile tropicale, à…

Je relevais la tête, repérant la signalétique au mur.

- A droite. Et puis on pourra continuer le parcours comme ça.

Pour illustrer, je glissais le doigt sur le papier glacé du plan, détaillant l’itinéraire.

- Ça te va ?

Après m’être assurée que nous étions d’accord, je m’écartai alors de ce premier aquarium, son bras se déliant naturellement du mien alors que je reculais. Je le regrettais presque, mais d’un côté, marcher bras dessus bras dessous risquait d’être un peu awkward. Sûrement autant pour lui que pour moi.
Nous dirigeant côte à côte d’après la signalétique, tout en passant à côté de différents aquariums simples sur le chemin que nous primes le temps de regarder, l’ambiance était silencieuse.

Sans compter l’excitation toujours aussi présente de Haru, moi, je me contentais d’observer dans le calme. Je trouvais que les aquariums étaient des endroits idéals pour se détendre. Mon émerveillement à moi était plus… contenu, plus mesuré. Mais il était tout de même présent, et le léger sourire au coin de mes lèvres pouvait témoigner que j’appréciais grandement.

Arrivés devant un grand bassin haut d’au moins 3 mètres remplis de poisson colorés, je jetais un œil aux écriteaux indiquant les différents noms, et tentant de reconnaitre les espèces. Je m’écartais légèrement quand, du coin de l’œil, je vis s’approcher une jeune enfant, ayant à vue de nez 5 ou 6 ans. Sur la pointe des pieds, la petite japonaise semblait avoir des difficultés à voir plus haut que le fond de l’aquarium, et on pouvait voir sur son visage renfrogné et les larmes aux coins de ses yeux que cela ne lui plaisait pas du tout.

Jetant un coup d’œil aux alentours pour espérer trouver ses parents, j’en déduisais plutôt qu’elle était là plutôt dans le cadre d’une sortie scolaire, puisqu’une classe entière de gosses bruyants venait de pénétrer dans la salle, accompagné par deux enseignantes qui semblaient débordées. Je me pinçait la lèvre, regardai Haru avant de souffler.

M’accroupissant pour arriver à sa hauteur, je tentai alors de paraitre la plus amicale possible, même si je ne forçais pas un sourire que je saurais dans tous les cas creepie s’il n’était pas naturel.

- Si tu veux… Je peux te porter. Pour que tu puisses voir.

La petite fille sembla hésiter, sûrement surprise qu’une inconnue lui adresse la parole de but en blanc. De mon côté, j’espérais juste qu’elle ne se mette pas à pleurer en ayant peur de moi. A part ma sœur, j’avais côtoyé peu d’enfants dans ma vie. Etrangement, même si je ne paraissais pas vraiment ouverte aux yeux des adultes et des gens de mon âge, cela ne semblait pas déranger les plus jeunes, puisque le courant passait généralement bien. Je croisais les doigts pour que ça soit le cas. Et qu’on ne me prenne pas pour une perverse, aussi.

Après avoir intérieurement posé le pour et le contre, regardant alternativement le bassin, ses maitresses, moi-même et les autres gens autour, elle s’avança légèrement pour venir s’accrocher au tissu de ma jupe, hochant la tête avec sa moue timidement renfrognée. C’était tellement cute.
Avec délicatesse, je passais alors mes mains en dessous de ses bras pour la hisser contre moi, puis passa mon bras au niveau de ses genoux pour la soutenir. Je n’eus aucune difficulté, considérant qu’elle était toute légère, et que de toute façon, j’avais plus de force que ma carrure pouvait le laisser penser.

Le visage crispé de la petite fille disparu rapidement, pour laisser place à des yeux pétillant et un grand sourire alors qu’elle s’émerveillait devant les poissons tropicaux, en avant, les mains collées sur la vitre. J’en profitais pour jeter un regard amusé à Haru, tant son attitude avait été similaire à celle de la jeune fille. Petite fille qui dû retourner auprès de sa classe, quand elle fut interpelée par une de ses maitresse.

Celle-ci s’excusa auprès de moi alors que je reposais l’enfant au sol, excuses que je refusais en ajoutant que ce n’était rien, m’inclinant poliment. La petite japonaise, qui était apparemment nommée Mei prit la main de son enseignante et nous fit signe de l’autre, enthousiaste.

- Merci, onee-chan !

Et elle disparue parmi son groupe de pairs. Me sentant soudain assez gênée de mon initiative devant Haru, je détournais le regard. Je ne savais pas si c’était dans les règles d’Himiko, de ne pas faire ce genre de choses, mais je sentais que oui. Me raclant la gorge, je décidais de dévier le sujet sur les poissons, sentant qu’ils feraient une bonne diversion.

- J-j’ai vu aucun Némo, c-c’est bizarre mh.

Bon, d’accord, il y avait mieux comme diversion mais ce fut la première chose qui me vint à l’esprit. Et en plus, c’était un mensonge puisqu’un venait tout juste de passer sous mon nez pour rejoindre une plante aquatique sous des cailloux. Pourquoi moi je n’avais pas d’anémone pour aller me cacher quand je me ridiculisais ?

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MessageSujet: Re: Can't help falling in love with you.   Lun 30 Mai 2016 - 11:03



- Tu ressembles à un gosse comme ça.

Durant quelques secondes, le sportif resta interdit, jaugeant s’il devait mal prendre ou non la remarque qu’elle venait de faire… L’expression de son visage ne laissait pas sous-entendre que le commentaire était fait pour être déplaisant, plutôt comme… Une constatation tendre. Ses lèvres se pincèrent légèrement. En réalité, la remarque était quand même vexante, compte tenu des enjeux qu’il s’était fixé. Il était venu dans l’objectif premier de déclarer ce qu’il avait sur le cœur, bien qu’au fond de lui, ses motivations étaient toutes autres. Comment pouvait-il la séduire s’il ressemblait à un gosse ? Comment pouvait-on espérer compter sur lui s’il semblait si immature ? Le temps défila, empoignant cette remarque dans son cœur, amère. Mais ce ne fut sans compter de l’arme terrible et secrète que la jeune fille possédait : les droits sur son cœur.

- C’est mignon.

Ses pupilles s’écarquillèrent légèrement. Il dû cligner plusieurs fois des yeux avant de ne réaliser ce qu’elle venait de dire. Et comme son corps semblait beaucoup plus réactif que son esprit, ses joues prirent une tinte rougeâtre de manière assez intense. C’était déloyal, ça. Vraiment. Son cœur tambourinait dans sa poitrine, sonnant le clairon. Il lu était totalement étrange de se dire que ce caractère avec lequel il avait parfois du mal à concilier, pouvait trouver une once d’affection au regard de Naoko. Perturbé, son attention ne fut même plus captée par la danse hypnotisante du poisson. Pouvait-il se passer n’importe quoi qu’il n’en conviendrait pas. Alors, il s’abandonna au premier subterfuge qui lui vint à l’esprit : lui rappeler à quel point ce moment en sa compagnie lui était agréable, heureux de sa venue.
Ce tournant de conversation lui permit de souffler quelques instants. Il fallait qu’il se ressaisisse. A ce rythme là, il ne tiendrait jamais la journée. Arriverait-il seulement à tenir une seule de plus ? Question difficile… Partagé entre l’incertitude et l’exaltation de cette annonce. C’était après tout la première fois qu’il songeait à exprimer ses sentiments à quelqu’un. D’autant fait qu’il s’agissait en réalité de la première fois. Son regard se tourna vers elle, la détaillant quelques peu. Il lui sourit avec son cœur. Il battait un rythme effréné d’impatience. Pour la première fois. Sa poitrine entière était éprise d’une douce chaleur qui se répandait en lui, dès lors qu’il la regardait. Pour la première fois.
Lorsqu’elle lui indiqua du bout de son doigt, ses pupilles noisette parcoururent le chemin avec précision. Il ne savait pas si c’était réellement ce qu’il suivait car sa rétine avait surtout enregistré la finesse de son doigt. Il s’impressionnait lui-même d’arriver à être autant attentif aux détails, lui qui de par sa passivité, ne remarquait généralement rien.

- Parfait !

Après tout, qu’importait l’itinéraire. Il la suivrait. Tandis qu’elle reculait, il lui souriait tout en redressant son dos correctement. Il entendait déjà les reproches du coach lui disait qu’il ne fallait pas rester pencher de cette manière trop longtemps sans se préparer à se bousiller le dos. Tandis que ses souvenirs sur les conseils du coach défilaient, il sentit son bras se libérer, se rendant compte que jusque là, il la tenait contre lui… Quelle étrange sensation il vivait là. La sensation était encore présente, comme si sa chaleur ne l’avait pas quitté. Et pourtant, il ressentait le manque de ce contact. C’était indéniable qu’il en voulait plus. Alors, pour essayer de tamiser cette sensation qu’il ne contrôlait pas, il se concentra sur les bassins, devenant subitement la chose la plus intéressante qu’il n’est jamais connu. Quoi que… La file de fourmis sur le mur de l’amphithéâtre du mardi était quand même pas mal intéressante à observer. Surtout pendant ces cours où la théorie le tenaillait comme un étau sanglant à sa chaise.
Leurs pas les menèrent rapidement jusqu’à une pièce avec un plus grand bassin. Le sportif fut impressionné de voir qu’autant d’eau pouvait les entourer. Les animaleries, les restaurants ou même chez les particuliers, les aquariums n’étaient jamais très grand. Jamais autant que celui-ci. Il se décida tout de même d’attendre le bassin des requins, que l’on pouvait traverser grâce à un couloir. De ce qu’il en avait lu, c’était l’aquarium le plus impressionnant qu’ils avaient ici. Ce fut donc le plus tranquillement possible qu’il suivant avec Naoko le parcours des écriteaux, donnant bien plus de précisions sur les poissons présents dans le bassin, leur habitat naturel et leurs particularités. Il entendit des bruits venir au loin, un peu plus imposants. Il pu facilement les associer à des voix d’enfants. Et au vu du nombre et de la présence d’encadrant, il devait s’agir d’une sortie scolaire, très certainement. Lorsque son attention se reporta sur Naoko, il la vit en train de l’observer. Durant quelques instants, il se demanda ce qui lui traversait l’esprit, en ce moment même, ne comprenant pas l’insistance de son regard. Il ne comprit qu’à partir du moment où elle se rapprocha d’une petite fille en s’accroupissant. La fillette semblait se mettre sur la pointe des pieds pour tenter de voir quelque chose dans le bassin. Tout à coup Haruhiko trouva ça étrange que le bassin soit aussi haut, sans marche surélevée. Ils devaient pourtant accueillir des enfants par centaines chaque jour, non ?

- Si tu veux… Je peux te porter. Pour que tu puisses voir.

Le jeune homme sourit en l’observant faire. A quelque part, il se dit qu’il aurait très certainement fait la même chose, s’il avait remarqué plus tôt la petite fille. Seulement, sa position était un peu plus délicate… Il se demandait comment leur enseignante l’aurait prit s’il s’était mit à soulever la petite fille dans ses bras pour lui montrer le bassin, comme elle le faisait à l’instant. Son visage se décomposa lorsqu’il pu imaginer très clairement les ennuis que cela lui aurait apporté au final. La petite fille avait un regard émerveillé et impressionné, suivant du regard la nage des poissons. Un peu comme il l’avait fait un peu plus tôt. Soudainement, la remarque de Naoko devint plus claire… Intérieurement, il en rit. Même si son égo en avait quand même prit un sacré coup. La scène était quand même relativement attendrissante et il était content d’avoir pu voir Naoko sous une autre de ses facettes. Celle que tous se refusent à voir et qui avait pourtant été pour lui une évidence. C’était aussi certainement car il avait la spécialité de ne jamais voir le mauvais avant le bon. Qu’importait le mauvais que Naoko pouvait avoir, le bon prenait tellement toute la place que le reste n’avait aucune importance.
Lorsque la petite fille retrouva ses enseignantes, Haru lui fit un au revoir de la main à son tour, même s’il n’avait pas réellement interagit avec elle. En y repensant, la petite avait la même coiffure que Kaoru au même âge. Drôle de coïncidence.

- Himiko en a de la chance de t’avoir pour grande sœur.

A nouveau, il lui sourit tendrement. Transporté par la nostalgie de l’enfance et faisant écho à son propre rôle de grand frère. Qu’importait le sale caractère de Kaoru, il en était totalement mordu.

- J-j’ai vu aucun Némo, c-c’est bizarre mh.

Il rit.

- Pardon. Je trouvais ça vraiment adorable que tu les appelles « Némo », ah ah

Spoiler:
 

Sourire sincère accroché à ses lèvres, il regarda Naoko se cacher derrière sa gêne avec amusement. Lorsque son regard se déporta jusqu’au bassin, il en vit justement un aller se cacher sous une anémone. Oh, zut ! De son index, il pointa la cachette.

- Il y en avait un, juste là ! On l’a loupé… Ah ah. Tu crois qu’il va ressortir ?

Son regard resta attentif aux mouvements de la plante aquatique, mais le poisson ne semblait pas du tout décidé à en ressortir. Alors, Haru croisa les bras en faisant la moue. Tant pis. Peut-être en verraient-ils plus tard, dans les autres aquariums.

- On continue ? On va peut-être en voir d’autres, plus tard.

C’est ainsi qu’ils passèrent deux autres pièces, avec cette fois-ci plus de plantes, d’escargots, d’étoiles de mer et autres animaux n’étant pas ce que l’on qualifierait de poissons. Il trouva la salle assez intéressante, certaines espèces lui étaient jusque là totalement inconnue. Il y en avait même une avec une tête étrange qui le fit bien rire et qu’il s’amusa à essayer de refaire en gonflant les joues. Tant pis s’il n’avait pas cet air viril qu’il aurait voulu avoir pour la séduire, au moins, il s’amusait bien. Au fond de lui, il savait par-dessus tout que Naoko n’était pas ce genre de personnes. Ils étaient amis depuis presque dix ans, après tout.

A la fin de cette pièce, ils arrivèrent dans une sorte de petit patio avec des stands de collations. Son regard pétilla à nouveau lorsqu’il vit toutes les sucreries qu’il existait.

- Tu veux quelque chose ?

Même si elle ne voulait rien, il allait craquer très certainement pour se prendre de quoi. Alors, il s’avança de deux pas jusqu’au guichet et il commanda des bonbons en forme de poissons « Némo » comme elle le disait.

- Allez, deux pour les amoureux ! Ah ah, passez une bonne journée !
- J-Je… C’est… M-merci…

Spoiler:
 

Lorsqu’il se retourna vers Naoko, il était totalement rouge. Il ne savait pas si elle avait entendu la remarque du vendeur, en tout cas elle aurait pu au vu de la distance peu conséquente.

- T-tiens. Ils avaient une forme originale, ceux là…

Tendant le paquet à la jeune fille, le sportif se questionna. Avaient-ils réellement l’air d’un couple en sortie ? Son cœur tambourina. Il observa Naoko plus intensément, perdu dans l’écho de son cœur. Il avait envie de lui dire, de se jeter à l’eau une fois pour toutes. Mais il n’avait pas réfléchit à un détail. Quand définir le bon moment pour ce genre de révélations ? Bon sang, pourquoi n’avait-il pas posé la question à Arata !? Il se sentit soudainement stupide. Et surtout prit de court par son inefficacité à préparer les choses correctement.

- Je…

Et si elle refusait ? Comment allait se dérouler le reste de la journée ? Bon sang, si seulement ses joues pouvaient être moins rouges.


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Dernière édition par Haruhiko Nakamura le Dim 18 Sep 2016 - 5:43, édité 1 fois
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Naoko Tanaka
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MessageSujet: Re: Can't help falling in love with you.   Ven 8 Juil 2016 - 3:38



Je regardais la fillette s’éloigner, rayonnante en attrapant la main de son enseignante. Elle avait tout d’une gamine adorable à laquelle on ne pouvait rien refuser. Ah, ce point me rappelait étrangement quelqu’un.

- Himiko en a de la chance de t’avoir pour grande sœur.

Tournée en direction de la foule d’enfants qui commençait à disparaitre dans la salle voisine, je me contentais de sourire faiblement à la remarque. A vrai dire, je ne savais pas si elle avait de la chance de m’avoir, ou si c’était plutôt l’inverse. Après tout, les choses n’avaient pas toujours été faciles. Ma mère m’avait raconté plus d’une fois qu’à la naissance de ma cadette, j’avais été infernale avec cette dernière, tant la jalousie que j’éprouvais à son égard était importante. Avec le temps, la rancœur s’est apaisée, et comme nous étions relativement proches en âge, nous avons toujours été relativement proches de cœur. Tout aurait pu bien continuer sur cette lancée, mais il y eu l’accident, et toutes les conséquences qui ont suivi.

Je savais pertinemment que j’avais apporté beaucoup de soucis à ma sœur, à ma famille entière. Certes, j’avais eu mon lot de souffrances, mais mes proches en avait au moins tout autant subi les revers. Les inquiétudes, les tentatives vaines de guérison, la mauvaise réputation, les difficultés. J’étais plus que consciente que mes parents avaient traversé de nombreuses épreuves par ma faute.

Quant à Himiko… Aujourd’hui encore, elle devait porter le fardeau de mes incompétences. Elle était grande, maintenant, même s’il était difficile pour moi de la voir autrement que comme une enfant. Et pourtant, elle s’était dressée fièrement pour prendre ma place. Sans hésitation. Comme une adulte.

Une ombre passa sur mon visage pendant un très court instant, je la balayais en retournant mon attention sur l’aquarium, confuse. Aujourd’hui était censé être une journée joyeuse, et voilà que j’avais failli déprimer. Je ne pouvais pas laisser passer ça, alors, je tentais de noyer le poisson -haha-, assez ridiculement.

Je ne me rendis pas de suite compte de mon erreur de langage, tellement l’appellation m’était naturellement venue aux lèvres sans que je ne la questionne. Il fallut un éclat de rire pour que mes joues s’empourprent et que mon cerveau se rende compte de sa bêtise. Génial, je venais de me ridiculiser, et en beauté !

- Euh j-je… je v-voulais dire…

J’eu envie de me cacher six pieds sous terre, et je détournais le regard, hautement gênée. Bien qu’il ajouta qu’il trouvait ça « adorable », je restais persuadée que ce n’était qu’une manière polie de me dire « puérile », « risible », « stupide ». Bon, il fallait croire que pour faire bonne figure, c’était raté aussi. Et mes bafouillages n’avaient rien arrangé à l’affaire. Alors que je tentais de me faire la plus petite possible, Haru étaient retourné à s’extasier devant l’aquarium, que je regardais distraitement.

- Tu crois qu’il va ressortir ?

Ma voix s’éleva à peine, tellement basse que je n’aurais pas été étonnée qu’il ne m’entende même pas.

- P-peut-être… ?

A vrai dire, si le fait qu’il ne ressorte jamais pouvait effacer ma bourde de la mémoire de Haru, j’aurais tout de suite signé pour qu’il se fasse gober par un requin, ou qu’il décède sous sa pierre. Même s’il n’y était pour rien, lui. Le pauvre, voilà que je souhaitais du mal à un poisson innocent pour rattraper mes fautes. C’était du joli.
Et en plus, cet idiot ne refit pas son apparition. Sur le coup, je me suis demandée si ce n’était pas un peu la faute de mon souhait. Well, autant espérer que l’autre part du marché avait été respectée et que je n’entendrais plus parler de Némo. A part quand j’irais au cinéma pour voir le Monde de Dory. Il était censé sortir bientôt, et j’avais vraiment envie de le voir, grande amatrice de film d’animation que j’étais. Même si les cinémas n’étaient pas mes endroits favoris à cause du fait qu’on y reste enfermé dans une salle pendant 2h, cela restait supportable et faisable. Du moment qu’il n’y avait pas trop de monde et que la salle était grande.

J’hochais la tête à la proposition de Haru de continuer et le suivait, alors que je réfléchissais au fait que je n’avais jamais été au cinéma depuis que j’étais sur Keimoo. Aucun film ne m’avait attirée plus que ça, l’occasion ne s’était pas présentée, et je n’avais pas vraiment trouvé le temps de sortir de ma routine pour faire cette sortie en solitaire.
Mon regard fila vers Haru, arrêtés tous deux devant un bassin rempli d’étoile de mers et de mollusques. Je pourrais peut-être lui proposer ? Je ne savais pas vraiment si c’était le genre de chose qu’il appréciait, mais, il m’avait invité à l’aquarium, alors ça pourrait faire une bonne occasion pour le rembourser. J’hésitais un instant, avant de me rappeler d’un détail important : S’il m’invitait aujourd’hui, c’était pour me remercier. Ca semblait stupide de remercier à mon tour son remerciement… Je soupirais intérieurement. La socialisation avec des vrais gens, c’était décidément bien compliqué à appréhender. J’allais devoir demander l’avis de la grande experte en rentrant à la maison.

La réflexion fut vite évacuée lorsque je me concentrai à nouveau sur ce que j’avais en face de moi, en l’occurrence, les animaux marins. Après quelques aquariums et une grimace de Haru qui m’arracha un pouffement de rire, nous arrivâmes à ce qui semblait être un coin ravitaillement, principalement pour vendre des sucreries ou des boissons aux visiteurs.

- Tu veux quelque chose ?

Je senti mon ventre gargouiller -heureusement, de manière assez discrète-. Il était vrai qu’avec tout ça, je n’avais quasiment rien dans le ventre. La pression étant retombée, je commençais à ressentir les effets de mon saut de repas, et d’avoir autant de sucreries sous le nez n’aidait pas à l’affaire. Mais j’eu un moment de lucidité. Les conseils d’Himiko me revinrent en tête, notamment celui concernant l’interdiction des sucreries. Hésitation, et je sentais le regard interrogateur de Haru peser sur moi dans l’attente d’une réponse. C’était bien ma veine, c’était la seule chose présente ici. Bon, l’autre partie de la règle, c’était quoi déjà… Quelque chose de Girly… Encore une notion bien floue pour moi, erh. Je balayais du regard les quelques stands devant moi, avant de soupirer légèrement.

Vraiment, qui-est-ce que j’essayais de berner comme ça ? J’avais terriblement envie de me rouler dans toutes les friandises présentes, et Haru était bien une des personnes à être le plus au courant de mon addiction aux sucreries. C’était définitivement stupide de vouloir me faire passer pour autre chose… même si c’était pour faire bonne impression. Après tout, nous étions amis. Pourquoi je me prenais autant la tête, mh ?

- Je veux bien.

Finis-je par dire dans un souffle, alors qu’il partit en direction d’un des stand. Je fus presque soulagée de ne pas avoir à tenir un rôle que je n’aurais de toute façon pas su mener jusqu’au bout. Pourtant, une touche d’amertume restait sur le bout de ma langue. Comme un gout de déception de ne pas pouvoir être le genre de fille qui plait. Qui lui plait. Heh. Mon regard vira doucement jusqu’à mes pieds. Il fallait que je me fasse à l’idée que l’image qu’il avait de moi n’allait probablement jamais changer. Et ce, même si ma sœur me conseillait les vêtements les plus saillants. Même si j’arrêtais les sucreries, même si… Après tout, j’étais sa meilleure amie, c’était déjà une place suffisante. Largement suffisante.

Alors pourquoi est-ce que je me sentais si frustrée ?

Je secouais doucement la tête, décidément, je manquais de concentration aujourd’hui. Me claquant légèrement les joues pour me permettre un regain de vitalité, je passais à nouveau la pièce en revue pour voir où était rendu mon… meilleur ami, tout en patientant sagement, au final non loin de là où il se trouvait.

- Allez, deux pour les amoureux ! Ah ah, passez une bonne journée !

Mon visage se renfrogna tandis que mes joues déjà rouges de l’impact se coloraient encore plus. Un vague souvenir d’un vendeur de livre autant sans-gêne remonta à la surface. Ce qui m’embarrassa encore plus. Autant, avec Hisaka, c’était seulement gênant. Là, c’était presque humiliant, vu les sentiments non réciproques que je nourrissais envers Haru. Quand celui-ci revint, nous avions tous les deux l’air autant embarrassés, et moi je mourrais à l’intérieur en bonus. Comme si le fait de savoir que notre relation n’était pas plus qu’amicale ne suffisait pas, je ne pouvais que constater à quel point il était mal à l’aise à l’idée que nous soyons un couple. De quoi avoir matière à déprimer pendant les deux prochaines semaines. Génial. Enfin, je pouvais me réjouir, au moins, il n’avait pas l’air dégouté. C’était déjà ça.

Oui, on se console comme on peut, hein.

Arrivé à ma hauteur, il bafouilla quelque peu avant de me tendre un petit sachet remplis de poissons clowns. Mon expression changea du tout au tout. Oust l’air vaguement désemparé, bonjour la panoplie de gamine accro aux bonbons que j’étais. Bon, c’était différent de l’air émerveillé de Haru, ouvert, évident. Mais pour les plus observateurs, mon contentement était clairement visible. Le regard brillant, fixé net sur les friandises, les joues roses, et les lèvres pincées dans une moue impatiente.

- Merci !

Attends une seconde… Je relevais la tête, fronçant les sourcils qui vinrent former une petite ride entre ceux-ci, alors que mes joues se gonflaient légèrement dans une moue d’inquisition boudeuse.

- Les poissons clowns, c’est pour te moquer du coup du Némo ou je rêve ?

Apparemment, ça n’avait pas été oublié. Les Kamis n’étaient pas de mon côté –ça, je le savais depuis longtemps-. Bon, au moins, si c’était une blague, c’est que c’était pris à la rigolade. Autant en rire. Après tout, ce n’était pas le genre d’Haru de faire dans la moquerie méchante. Donc, je décidais de laisser passer. Pour cette fois. Même si j’aurais un jour ma revanche. Ce n’était qu’une question de temps.

Plissant les yeux, je reportais mon attention sur le paquet et me saisissais d’un poisson. Ces bonbons étaient drôlement mignons, et... plutôt bien fait. A y regarder rapidement, on pourrait presque croire que j’étais en train de manger de vrais Némos. Pause. Ca paraissait assez cruel comme ça. Bah. J’haussais les épaules et croquais directe dans la gélatine, décapitant l’animal marin sucré sans aucune pitié. En mode titan.
En tout cas, ils étaient vraiment bons.

Grignotant mes petits poissons tranquillement, je senti soudain un regard pesant sur moi. Du coin de l’œil, je pouvais voir qu’Haru était en train de m’observer, apparemment pensif. Je tentai vainement d’essayer de ne pas paraitre trop préoccupée, mais rapidement, le stress me fit avoir des tics gestuels. Tapotant mon sachet du doigt nerveusement, je ne savais plus où regarder sans risquer de croiser son regard. Mais à quoi est-ce qu’il pouvait bien penser ?!

Malgré le brouhaha ambiant, sa voix brisa le silence, dans une hésitation. Je pris l’opportunité de stopper le jeu du « faire semblant de ne pas avoir remarqué qu’il regarde », et planta mes pupilles dans les siennes, dans l’attente. Malgré moi, ma gorge s’était serrée, l’atmosphère devant d’un coup très sérieuse, presque solennelle. Je le sentais mal.

Et comme ma spécialité était la fuite, cette fois-ci n’échappa pas à la tradition. Alors, sans vraiment lui donner plus de temps pour dévoiler ce qu’il semblait avoir autant de mal à dire, j’élevais la voix, précipitamment. Peut-être un peu trop pour paraitre naturelle, malgré un sourire qui se voulait enthousiaste.

- On devrait continuer. On aura jamais le temps de tout faire, sinon.

Hésitation, mais je ne voulais pas lui laisser le temps de nous forcer à nous arrêter. Au fond de moi, j’avais trop peur du genre de déclaration sérieuse qui pouvait arriver à ce moment. Au fond de moi, j’avais toujours peur qu’il me dise un jour qu’il ne veuille plus être mon ami. Et là, ça y ressemblait trop pour que je le laisse en placer une. La solution la plus simple, foncer tête baisser et l’emporter dans le flot. Avec de la chance, peut-être qu’il allait oublier. Mais au moins, cela retarderait l’échéance de la sentence.

Alors, le bout de mes doigts vint trouver le bord de sa manche. A peine ils s’y accrochèrent que je fis le premier pas, me positionnant volontairement en avant, en direction de la suite du parcours. Sans trop forcer mais tirant tout de même pour mener la dance, je prenais soin de détourner le visage dans un de ses angles morts afin que la couleur rouges qui résidaient sur mes joues ne me trahiraient pas. Et j’inspirais, dans une illusion de confiance et d’engouement.

- J-j’ai vraiment hâte de voir la suite !

A grandes foulées pour garder un pas d’avance, nous sommes vite arrivé à l’entrée du hall suivant, tellement que je n’eus le temps de penser à rien durant le court trajet, ma tête étant complètement vide. J’avais agis sur un coup de tête, sans réfléchir aux conséquences, et je n’étais clairement pas en mesure de les penser maintenant, tellement mes neurones étaient déconnectés.

Ce fut autre chose qui prit toute la place dans mon esprit, à tel point que je me stoppai nette. Devant mes yeux, l’entrée de l’aquarium tunnel des requins. Et je ne pus décoller mon regard, clouée sur place, bouche bée.

- Wooah.

Fut le seul mot que je pus décrocher.

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La consécration:
 
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MessageSujet: Re: Can't help falling in love with you.   Dim 10 Juil 2016 - 16:47

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Un instant de légèreté, enfermé dans une sphère à l’extérieur du monde. Un univers propre à eux qu’ils venaient de se créer. Il se trouvait totalement transporté par ces vents bienfaisants, souriant à la vie. La touche de douceur et de candeur de la jeune fille comblait tout. Un rien pouvait se transformer en rire, une crainte pouvait trouver résolution, simplement parce qu’il était à ses côtés. Il avait du mal à réaliser l’étendue bienfaisante qu’elle pouvait avoir sur lui. La visite se poursuivie, et ce sur la même touche : légère et gaie.
Alors qu’il se chargea de prendre un petit quelque chose dont ils raffolaient tous les deux, la remarque du vendeur fut l’arme qui les acheva. Le cœur battant à vivre allure, il se retourna vers elle, non sans savoir que son visage s’était empourpré. Tentant de faire face, il tendit le paquet à Naoko, un sourire espiègle habitant ses lèvres.

- Les poissons clowns, c’est pour te moquer du coup du Némo ou je rêve ?

La voyant plisser des yeux, il se mit à rire doucement. Bien évidemment qu’il continuait sur la note des « némo », trouvant ça hautement adorable. Son expression actuelle n’arrangeait en rien son affaire. Il se perdit quelques instants à l’observer simplement, grignotant dans les bonbons. Ne réalisant pas immédiatement, il se laissa transporter par ces vagues de chaleur et de bien-être qu’il pouvait ressentir lorsqu’il était en sa présence. Profiter de l’instant. Il n’avait jamais été autant présent qu’en cet instant même. Par fâcheuse habitude, il laissait plutôt aller les choses passivement, oubliant de profiter du moment comme il l’aurait dû. Avec elle, c’était tout simplement impossible de ne pas savourer chacune des secondes qu’il passerait à ses côtés.
Lorsqu’il vit son regard parcourir la salle, en alternance avec lui, il réalisa qu’il était en train de la regarder amoureusement depuis un peu trop longtemps sûrement.

- Je…

Instant laissé en suspend, accroché à ses lèvres refusant d’en dire plus, perdues dans milles réflexions. Comment lui dire ? Que faire si les choses ne se déroulaient pas dans la meilleure des options ? Son regard semblait plus déterminé que sa bouche, incapables de prononcer quoi que ce soit. Méandres de son esprit, toujours trop lent à réagir. Qu’importait les situations, il n’osait jamais. Prenant deux fois plus de temps pour agir que la norme.

- On devrait continuer. On aura jamais le temps de tout faire, sinon.

A nouveau frappé par la dure réalité, il sentit son cœur se serrer, jusqu’à en ressentir la douleur provoquée. Indéniablement, il avait encore manqué son timing. Comme rattrapé par son incompétence quotidienne, il ravala difficilement sa salive et se força à sourire.

- Oui.

Un coup d’œil rapide sur sa montre et il fut surprit.

- Oh ! Le temps est passé vite, c’est vrai !

Dans sa rationalité, Naoko avait raison. Ils n’auraient pas le temps. C’est ce qu’il se répéta une multitude de fois, servant d’excuse et de pansement à sa blessure. Au moins, il pouvait encore profiter de ces instants qu’il chérissait. Sans craindre la fatalité d’un éventuel rejet auquel il tentait tant bien que mal de se préparer.
Alors qu’il se préparait psychologiquement à reprendre la marche, il fut surprit de sentir sa manche se faire tirer par le bout de ses doigts. Ses yeux s’écarquillèrent tandis que la cadence de leurs jambes prit le mat du navire. Son cœur tambourina, follement. Son regard ne fit même pas attention au reste du monde tant il était fixé sur ces doigts qu’il suivrait jusqu’au bout du monde. Intérieurement, il voulu attraper sa main, la garder dans la sienne. Plongé entre ses émotions et son mental, dans une lutte acharnée où sa lâcheté était toujours gagnante.

Lorsque la cadence s’arrêta, il se retrouva surprit. Il ne s’était clairement pas attendu à un arrêt aussi brutal, tant bien qu’il manqua de la percuter. Son esprit commença à se questionner sur les raisons de cet arrêt, jusqu’à ce que la réponse parvienne à ses oreilles.

-Wooah.

Son regard se releva, observant à son tour les alentours.  Effectivement, « Woah » était la bonne expression à adopter. Tandis que son regard se perdit à son tour dans la contemplation du couloir à requins, ses doigts se retrouvant maintenant à la même hauteur que ses mains, effleurèrent la paume de sa main. Inconsciemment, sa main se saisit doucement de la sienne, comme posée contre elle, naturellement.

Il n’y avait plus à réfléchir, simplement à vivre.

Le couloir était magnifique, donnant l’impression de ne faire qu’un avec ce monde aquatique. Les poissons nageaient en valsant au dessus de leurs têtes, si bien que son regard ne sut plus où donner de son attention. S’il devait imaginer son ressenti actuel, cela ressemblerait certainement à cet aquarium. Un grand espace aux milles couleurs, où l’on aurait l’impression de flotter. D’être léger, confiné dans une bulle rassurante et contenante. A ses côtés. Il sourit, heureux tout simplement.

- J’avais hâte de voir celui là. Il est… Woah, comme tu dis.

Son regard toujours perdu dans la contemplation, il se dit qu’en cet instant, rien ne devrait prendre fin. Alors, il eut une idée. Un petit plaisir qu’il s’était bien gardé de demander depuis longtemps, mais qu’il avait envie d’accomplir ici-même. Alors, il tourna la tête vers Naoko, le regard encore pétillant.

- T-tu.. Ca te dis, qu’on prenne une photo tous les deux avec cet aquarium ?

Rougissant à nouveau, il bafouilla de maigres excuses. Pourquoi devait-il se sentir aussi coupable d’exprimer cette demande ? Lui-même n’en saisissait pas réellement le sens. Peut-être était-ce simplement car il osait enfin exprimer ce dont il avait envie.

- Ca.. Ca nous ferait un souvenir, de la sortie.


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MessageSujet: Re: Can't help falling in love with you.   Ven 15 Juil 2016 - 15:12



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Les reflets bleutés de l’aquarium miroitaient au fond de mon regard argent, alors que je restais totalement figée devant le spectacle. C’était difficile à décrire. Et je doute qu’il existe un mot parfait pour exprimer ce que j’avais ressenti en me rendant compte de l’environnement. Comme une claque en plein visage. Mais sans aucune douleur. Quelque chose qui vient frapper brutalement, d’un coup sec, et duquel on a du mal à se remettre, sonné après l’impact.

Mon souffle s’est coincé dans ma gorge sous l’effet du choc, sous l’effet du changement brutal de sentiment. D’une panique intérieure, angoissante, à une vision émerveillante de calme et de beauté. La transition ne s’était pas faite sans brutalité. Il me fallut quelque secondes, longues avant qu’un son ne puisse sortir de ma bouche alors que ma respiration se relançait.

Le seul son avant que je ne replonge dans un silence contemplatif, balayant le couloir du regard, époustouflée. Il y avait tant de chose à voir, tant d’images que je souhaitais enregistrer mentalement, les graver dans ma mémoire, profondément. Je regrettais de ne pas être très douée pour le dessin, de ne pas pouvoir reproduire plus tard ces souvenirs pour les projeter sur papier.

Mes iris accrochèrent sur la nage d’un requin  à pointes blanches, se déplaçant avec fluidité et élégance au milieu des eaux. Il passa presque juste au-dessus de ma tête avant de s’éloigner plus loin le long du couloir, tandis que je le suivais du regard.
J’aurais pu rester des heures, probablement, les pieds figés dans le sol, sans bouger autre chose que la tête pour poursuivre les objets passagers de mon attention.

J’aurais pu si celle-ci ne s’était pas focalisée ailleurs.

Je n’y avais pas vraiment fait attention, au début, tellement j’étais prise dans le spectacle, tellement j’avais été sous le choc d’avoir une vision aussi magnifique d’un coup, sous les yeux. Mais le contact de sa paume contre la mienne, doucement, fébrilement, m’avait envoyé comme une décharge électrique. J’avais presque trésaillé, de manière infime. Et très vite, alors que sa main venait prendre la mienne en son creux, je pouvais sentir mon visage entier commencer à devenir écarlate.
Je ne m’étais pas attendue à ce genre de tournure d’événements. Pas du tout.

Mon cœur tambourinait furieusement dans ma poitrine, et je doutais que poser mon autre main dessus ne le fasse se calmer. Et la vue, aussi magnifique était-elle, n’arrivait pas à me distraire de ce contact, pourtant si limité, pourtant si anodin, pour certains.

Durant toute ma vie, je ne me souvenais pas vraiment avoir donné la main à grand monde. Quand on excluait l’enfance, où les contacts sont plus communs et décomplexés, les fois où j’avais tenu la main de ma petite sœur surtout pour des questions de sécurité, et les fois où il s’agissait de mener quelqu’un… Alors, cette manière de se tenir, intime, douce…

C’était la première fois.

Mon cœur était en train de faire une succession de saltos arrière dans ma cage thoracique, et sûrement d’autres acrobaties, au vue de son rythme qui ne cessait d’augmenter. Je tentais de souffler, ne pas paniquer, rationaliser. Je jetais un regard à Haru, qui contemplait toujours les poissons. C’était la deuxième fois, en une journée, qu’il initiait un contact plus… rapproché.
Autant la première fois, j’en avais déduis que c’était pour me montrer quelque chose, mais là ? Nous étions déjà côte à côte, immobiles, alors il n’avait aucune raison. Peut-être que c’était pour ne pas me perdre ? Pourtant, il n’y avait pas foule -fort heureusement-. Ou avait-il peur que je m’éloigne, comme avec un enfant ? Etais-ce non-intentionnel, un accident, ou peut-être qu’il s’était trompé et voulait attraper autre chose mais avait seulement trouvé ma main ? Je ne comprenais plus, et mon esprit ressemblait de plus en plus à un bureau d’employé d’administration bordélique et débordé. Je pouvais visualiser l’incompréhension s’amonceler comme de grandes piles de papier, si hautes qu’elles finirent par s’effondrer sur le col blanc.

Heh, je déraillais, là. Mais ça n’éclaircissait pas plus la situation. Je déglutissais difficilement. Le plus compliqué dans tout ça, c’est que Haru n’avait manifestement pas l’air de se rendre compte de la chose. C’était comme naturel. Note à moi-même, Haruhiko était plus tactile que je ne le pensais.
Le problème, c’est qu’il ne réalisait probablement pas. Il ne se rendait sûrement pas compte de l’impact, de la signification de ce geste.

Il ne se rendait sûrement pas compte qu’avec ça, il me donnait de l’espoir.

Un espoir douloureux, un espoir que je ne voulais pas avoir, auquel je ne voulais pas penser. Je savais pertinemment qu’il était vain, et pourtant. Pourtant, il continuait de se comporter comme ça. D’osciller dans la gentillesse et la douceur à la limite de l’amitié. Limite floue, que l’handicapée sociale que j’étais ne connaissait pas vraiment. Comment savoir si ses gestes, ses mots, ses réactions n’étaient pas simplement dû à un besoin de tactile sans arrière-pensées, à une tendresse amicale importante, à une timidité naturelle.
Comment être sûre que je n’étais pas simplement en train de projeter mes fantaisies, mes espoirs, mes envies. Et que j’interprétais des comportements normaux parce qu’il m’était impossible d’abandonner mes sentiments.

Pourquoi fallait-il que tout ça soit si compliqué ?

Et surtout, pourquoi, malgré tout ça, je ne pouvais me résoudre à glisser hors de sa main. A rompre ce contact, si troublant et pourtant à la foi si agréable. Si rassurant.
Qui aurait-pu croire que le simple fait que nos mains se touchent, s’étreignent, doucement, puisse en même temps procurer un sentiment de calme et de protection, et participer au chamboulement total de mes pensées.

Ah, peut-être que c’était simplement parce que, plus le temps passait, et plus je tombais amoureuse de mon meilleur ami. Tomber, c’était probablement le mot le plus juste, oui. Et je n’arrivais pas à me relever.

Alors j’abandonnais. Je m’abandonnais. Je laissais tomber. Je n’avais aucun moyen de changer mes sentiments, comme je n’avais aucun moyen de changer les siens. Dans cette situation, que me restait-il ?
Profiter, tout simplement. M’emplir des sensations agréables, des rires, du souvenir de ces contacts. Les graver dans ma mémoire, comme les images de cet aquarium, et les garder précieusement, profondément, pour moi seule. Profiter de la saveur douce au maximum, avant de gouter l’amertume qui finissait toujours par arriver après.

Je serrais légèrement sa main dans la mienne. Je n’aurais peut-être, probablement pas d’autre occurrence comme celle-ci. Et je comptais bien ne pas la laisser filer entre mes doigts. Et j’espérais que nos mains ne se lâchent qu’à la fin du voyage.
Comme si ma bataille mentale avait trouvé une trêve, je me suis alors sentie plus en paix. La panique s’était tue, et même si les battements de mon cœur résonnaient dans le silence religieux de l’aquarium, ils étaient plus dus à une fébrilité agréable qu’à une alerte générale comme ce fut le cas.

Je repris la contemplation, qui me parut alors mille fois plus merveilleuse, presque… romantique. Je savais que ce n’était que le fruit de mes désirs, mais je m’y complaisais. Juste pour aujourd’hui. Juste cette fois, je m’accordais de croire au « et si ». Aux suppositions farfelues dans lesquelles mes sentiments avaient une chance de faire écho. Et cela m’enleva, temporairement, un poids des épaules.

Main dans la main, nous nous étions naturellement remis en marche, lentement, donnant l’illusion d’un couple parmi les autres, observant la pièce maitresse de l’aquarium de Keimoo. Et je retrouvais mon ami à pointes blanches qui m’offrit un nouveau ballet en nageant cette fois-ci juste à mes côtés. J’eu l’impression que je pouvais presque le toucher, même si une épaisse vitre nous séparait. Les doigts de ma main libre vinrent effleurer le verre, subjuguée. Je ne remarquais pas qu’Haru s’était tourné vers moi.

- T-tu.. Ca te dis, qu’on prenne une photo tous les deux avec cet aquarium ?

Je sursautais à l’entente de sa voix, ne m’attendant pas à ce qu’il m’adresse la parole, et retirait précipitamment ma main de la paroi de l’aquarium, comme prise sur le fait après une bêtise, par réflexe. Haru bafouillais et j’eu du mal à saisir ce qui le gênait autant. Alors qu’il me tenait la main sans problème, l’idée de prendre une photo souvenir semblait l’embarrasser.
Je soufflais un léger rire. Décidément, il n’y avait pas que moi qui étais bizarre. Un sourire tendre et amusé étirait mes lèvres, alors que je lui répondais doucement.

- Pourquoi pas. Mais… je ne suis pas très photogénique alors ne t’attend pas à quelque chose d’exceptionnel.

L’idée d’avoir une photo souvenir de cette sortie avait ses pours et ses contres. J’étais bien sûr en joie de l’avoir, et de pouvoir l’observer encore et encore, comme mémoire d’un instant rien qu’à nous. Le contre, c’est qu’elle allait sans cesse me rappeler la place de meilleure amie que j’occupais. Well. Je voulais tout de même cette photo. Peu importe si la dure réalité venait légèrement teinter l’image. Elle resterait tout de même synonyme d’un instant à chérir.

Je me saisissais alors de mon téléphone et le passais en mode appareil photo. Me positionnant bien pour que l’aquarium apparaisse dans le cadre, je me rapprochais un peu plus de Haru. Et je tendais le bras pour prendre un selfie.
Seul problème, auquel je venais d’être confrontée : Nos différences de taille. Moi et mon bras étions trop petits, si bien qu’il m’était impossible d’avoir assez de recul pour que nous soyons Haru, moi et l’aquarium sur la photo. Moment gênant, je fini par pouffer de rire devant le ridicule de la situation.

- Je crois que tu vas devoir prendre la photo… Tu es trop grand pour moi.

Je lui passais alors mon téléphone et le laissais s’en charger. Juste avant que la photo ne soit prise, je jetais un œil à nos mains toujours enlacée, et le rouge gagna mes joues une nouvelle fois.

J’eu juste le temps de relever le regard quand le clic de la photo se fit entendre.

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MessageSujet: Re: Can't help falling in love with you.   Mer 20 Juil 2016 - 17:40



La vision qui s’étendait face à lui pouvait résumer parfaitement l’état émotionnel qui le submergeait actuellement. Une belle étendue d’eau à l’aspect apaisant, contenant, comme coupé du reste du monde. De belles couleurs, les créatures marines dansant au gré des courants, se laissant bercer. En cet instant, il ne réfléchissait plus. Tout semblait comme… A sa place. Comme les choses devraient normalement l’être. Et le plus naturellement du monde, sa main tenant la sienne. Une douce chaleur se répandant à l’intérieur de son corps, de son cœur. Un sourire collé à ses lèvres, ne voulant plus s’en décrocher. S’il avait été compliqué pour lui de comprendre tous ces changements émotionnels en lui ces derniers temps, il n’en était que de plus en plus sûr. C’était elle. Elle qui le rendait toute chose, qui le faisait rire, à qui il dédiait tous ses sourires. Celle qu’il se hâtait de revoir chaque jour et qui redoutait l’instant de l’au revoir. Lorsqu’il sentit une pression se faire sur le creux de sa main, son cœur eut un sursaut. Ne s’étant que partiellement rendu compte de la réalité de son geste, il ne s’était pas attendu à une réaction. Pour lui, le simple fait qu’elle ne le repousse pas était déjà hautement satisfaisant.

Il aurait voulu arrêter le temps. Se saisir de l’instant et ne plus le laisser filer.

Faute de ne pouvoir d’adonner à un tel exercice dans la vie réelle, il se contenta de retranscrire son rêve utopique avec quelque chose d’un peu plus tangible : Une photographie. Sans oser l’annoncer, il prit l’audace de lui demander pour cette fois-ci, une photo de leur sortie. Faisant ainsi face aux nombreuses fois où ce désir fut tût et qu’il lui fila sous le nez.

- Pff, n’importe quoi.

Il lui sourit, tendrement.

- C’est une photo de nous que je veux, qu’importe la qualité de l’image ou si l’on a un épi, ah ah !

Il se garda bien de dire qu’il n’estimait pas non plus être quelqu’un de photogénique. Il préféra le garder pour lui afin de conserver ses chances de pouvoir obtenir cette photographie dont il espérait tant. Qu’importait le reste, il voulait garder un souvenir de cet instant où tout était parfait. Qu’important le reste, ils étaient ensemble. Dans un lieu paisible, magnifique. Ensemble. Alors, lorsqu’elle se rapprocha de lui pour qu’ils puissent commencer à mettre en scène la photo, il sourit en ajoutant :

- Et tu es très belle telle que tu es.

Tout en lui souriant à nouveau, ses joues s’empourprèrent à l’annonce qu’il venait de faire. Seul son cœur pouvait traduire l’exactitude de ses propos qu’il gardait bien cachés.

- Je crois que tu vas devoir prendre la photo… Tu es trop grand pour moi.

Jusque là gêné par cette nouvelle proximité dont il profitait déjà intérieurement, il se mit à rire sincèrement. Son regard posé sur l’écran du téléphone, il n’apparaissait qu’aux trois quarts sur l’écran…

- C’était mon plus bel angle pourtant, ah ah ah

Fier à nouveau de sa bêtise, il continua à rire tout en attrapant l’appareil pour essayer à son tour de prendre la photo. Tentant d’attraper correctement l’appareil, il mit quelques secondes avant d’arriver à cadrer tout en tenant le téléphone entre son pouce et son index. Lorsque le cadre put prendre à la fois l’aquarium, Naoko et lui, il attendit quelques secondes qu’elle relève son regard pour pouvoir déclencher la photo.

- Voilà !

Un nouveau sourire, mais au lieu de lui rendre son téléphone, il s’amusa à réenclencher l’appareil photo tout en faisant une grimace. Au grand damne de beaucoup de monde, il était plutôt rare d’avoir des photos normales d’Haruhiko, préférant grimacer sur celles-ci. Il en prit deux-trois autres d’affilées, certaines en riant et en appuyant par mégarde sur l’appareil, d’autres en poussant légèrement Naoko pour lui faire changer d’expression. Ils auraient un beau panel de photos totalement étranges et rigolotes à la fois. Après avoir terminé de jouer avec l’appareil photo, il finit par rendre le téléphone à Naoko, un large sourire fendant ses lèvres.

- Tu es obligé de toutes les garder ! A vie ! Et de me les envoyer.

Se redressant complètement, fier de lui, il soupira d’aise. Un des aspects pour lesquels il appréciait plus que tout d’être en sa présence. Depuis qu’ils s’étaient rencontrés, il n’avait plus rien à cacher. Il pouvait aisément jouir du fait d’être enfin lui. De profiter d’être à ses côtés, d’enfin mettre un visage sur ce nom dont il connaissant la graphie par cœur tant il l’avait observée. De voir se dessiner ces multitudes d’expressions sur son visage, tandis qu’il les associait à ses mots. De sentir la simple chaleur de sa présence au de-là d’un clavier.

- On y va ?

Une fois que tout fut retombé, ils pouvaient continuer leur visite. Traversant ainsi cet aquarium aux requins qui était clairement la pièce maîtresse des lieux. Sa main, toujours dans la sienne, ne semblait vouloir s’en réchapper, gardant le lien entre eux tandis qu’ils déambulaient dans le couloir d’eau.

- Tu as envie de quelque chose en particulier pour la suite ? C’est toi la reine de la journée, jusqu’à ce soir !

Au vu du plan de l’aquarium, ils auraient certainement visité l’ensemble de l’aquarium d’ici une trentaine de minutes. Ils pouvaient encore refaire un tour, ou aller prendre l’air et balader quelque part. L’heure du repas n’étant pas encore là, il fallait leur trouver quelque chose pour patienter en attendant. Tout en déambulant, il songeait à prévoir la suite, leur laissant le temps de réfléchir à ce qui leur ferait envie.

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MessageSujet: Re: Can't help falling in love with you.   Dim 21 Aoû 2016 - 6:22



- Et tu es très belle telle que tu es.

La phrase eut l’effet d’une bombe. De manière totalement anodine, et pourtant porteuse d’un poids qui laissait penser que la remarque était réfléchie, il m’assénait un coup critique sans que je n’aie le temps de parer. Les yeux rivés sur mon téléphone alors que j’étais en train de chercher l’icône d’application de mon appareil photo, je m’étais alors stoppée nette. Tout mon visage pris une teinte cramoisie, tandis que mon cœur s’accélérait. Juste pour un compliment. Je n’avais pas l’habitude d’en recevoir. A part dans le cercle familial, et encore, puisque j’avais surtout droit à des plaintes quant au fait que je ne prenais pas assez soin de moi. Alors, cela restait tout de même quelque chose de rare. Mais là, c’était différent. Ce compliment-là, il était de sa part. et cela lui donnait une valeur inestimable.

Juste quelques mots, et je me mettais dans des états pareils. Et même lorsque j’essayais de relativiser, je n’arrivais pas à calmer cette bouffée d’exaltation. J’eu l’impression physique de flotter pendant un instant, d’être sur un petit nuage, me sentant absolument ravie d’avoir mis autant de temps à choisir une tenue. D’avoir fait appel à ma sœur pour qu’elle me prodigue ses précieux conseils. Je n’attendais pas spécialement de remarque de sa part. Et pourtant, en recevoir venait de justifier tout ce temps, tous ces efforts. En un clin d’œil. Et me donnait envie de recommencer si le jeu en valait tellement la chandelle.

Reprenant mes esprits, les joues encore rouges et une micro expression flattée sur le visage, je m’attelais à prendre la dite photo, non sans difficulté. Pour finir sur un abandon, alors que je confiais mon téléphone à Haru. Quel aurait été l’intérêt s’il avait fini coupé dans le cadre ?
Le premier cliché fut pris alors que je souriais très légèrement, nerveuse. Dans le fond, je ne souhaitais pas que la photo soit ratée par ma faute. Parce que je désirais vraiment avoir un souvenir concret, réussit de ce moment. Pour pouvoir le regarder, encore et encore. Me rappeler du toucher de sa main dans la mienne. De cette sensation d’avoir des papillons dans le ventre. De ces sentiments que je me permettais, juste pour aujourd’hui, de vivre sans trop essayer de les refouler.

De cette petite bulle de bonheur qui m’était accordée.

Je relevais les yeux vers Haru, m’attendant à ce que celui-ci me rende mon téléphone. Ce qu’il ne fit pas. A la place, je le vis grimacer, et j’entendis le déclencheur de mon cellulaire résonner à nouveau. J’haussais les sourcils tout en me retournant, pour constater qu’Haru était en train de prendre des photos supplémentaires, tout en faisait toutes sortes de grimaces. Je restais pour ma part la même sur la plupart, affichant une légère expression de surprise lorsqu’il me poussa légèrement, pour finir par sourire un peu plus, amusée.

Parfois, Haru avait ce côté enfantin, tant dans ses actions que dans ses expressions. Ce n’était pas un mal, au contraire, c’était même plutôt une qualité. Il avait cette présence… rafraichissante. Une sorte d’aura qui mettait tout de suite à l’aise, et avec qui il m’était possible d’être détendu, de lâcher prise. Quand je le regardais, parfois, j’avais l’impression que les choses étaient plus simples. Plus naturelles. Il pouvait s’exprimer, faire passer ses sentiments, ses émotions avec une facilité sincère et bienveillante. Alors que pour moi, ce n’était vraiment pas chose aisée. Alors, être à ses côtés semblait rendre cela possible. Je n’attendais pas de changements extraordinaires, mais j’avais vraiment l’impression que quand j’étais avec lui, j’y arrivais. Sourire, m’énerver, parler. Même si c’était infime. Et en plus, ça ne me demandait quasiment pas d’efforts. Peut-être que mes sentiments pour lui jouaient dans la balance. Mais je restais persuadée que c’était avant tout une qualité qui lui était inhérente.

Après ce shooting improvisée, je récupérais mon portable, regardant le résultat de plus près les unes après les autres. Elles semblaient toute réussie et étirait mon sourire un peu plus. Haru était vraiment bien dessus. Quant à moi… J’avais quasiment la même tête que sur toutes les photos en général. Même si on pouvait voir sur un pixel que je rougissais. C’était peut-être un détail, mais, moi je le voyais, et j’en fus légèrement embarrassée.

Le dernier cliché était mon préféré. Pour une fois, il était vraiment net que je souriais. C’était un peu étrange de voir mon visage avec une expression aussi marquée comparé à d’habitude, mais ce n’était pas si gênant. Haru lui riait de bon cœur. Et j’eu l’impression que cette photo représentait bien le moment. Est-ce que c’était un peu trop déplacé de la mettre en fond d’écran ? Je le ferais sûrement une fois rentrée chez moi. Après tout, je ne souhaitais pas qu’Haru me regarde bizarrement si jamais c’était quelque chose qui ne se faisait pas.

Toujours mon téléphone en main, je jetais un coup d’œil à Haru, qui avait l’air heureux, me disant que je devais les garder pour toujours et les lui donner. M’occupant de la deuxième partie, c’est-à-dire, de les lui envoyer directement, je sélectionnais les fichiers tout en murmurant, réponse à la première partie de son obligation.

- J’y compte bien.

Et les photographies furent envoyées, partagées numériquement, au même titre que le moment que nous savourions ensemble. Posséder les mêmes photos avait quelque chose de symbolique. C’était comme créer un lien, montrer à l’autre que l’on veut se souvenir de ce moment de la même manière. Sur la même longueur d’onde. Que ces instants avaient existés, et étaient importants parce qu’ils étaient partagés ensemble.
Peut-être que j’y mettais trop de sens et qu’Haru ne voyait pas les choses comme ça. Mais… j’eu envie d’y croire. Au moins un peu.

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Nous reprîmes la visite après un hochement de tête de ma part, prenant le temps d’observer une dernière fois ce magnifique tunnel. A une autre occasion, j’aurais sûrement immortalisé cette merveille d’architecture. Mais les photos que je possédais déjà me suffisaient amplement. Et aucune autre n’y arriverait à la cheville, de toute manière.

- Tu as envie de quelque chose en particulier pour la suite ? C’est toi la reine de la journée, jusqu’à ce soir !

Je tiquais sur la seconde partie, reine était un titre bien trop important pour moi. En plus, il venait d’annoncer clairement qu’il comptait passer le reste de la journée ensemble. Sur le coup, je fus un peu surprise, puisque je ne m’étais pas plus posée la question quand les plans d’aller à l’aquarium avaient été fait. Le programme s’annonçait plus long, et je ne pouvais que m’en réjouir. Réfléchissant quelque secondes, je finissais par déclarer :

- Finir la visite pour le moment. Et hmm… On pourrait aller manger quelque chose pour le goûter après ?

J’avais formulé la proposition sans grande assurance, me demandant si je ne passais pas pour une morfale après ça, et ayant légèrement peur qu’Haru se sente obligé d’accepter, par simple fait que je proposais.


~~~


Le reste de la visite s’était merveilleusement déroulée. Nous avions légèrement trainé sur le reste du parcours, prenant le temps de tout observer, prenant le temps de profiter. Haru n’avait quasiment pas lâché ma main, et j’avais fini par m’y habituer tout en continuant de graver la sensation dans ma mémoire. Nous avions du le rompre lorsque nous sommes arrivé au bassin « sensoriel », un aquarium bas et ouvert sur le dessus dans lequel il était autorisé de mettre les mains pour avoir l’occasion de toucher les raies qui y nageaient. C’était plutôt étrange à caresser, et nous avions ris ensemble lorsqu’un mouvement brusque de l’une d’elle nous avait fait tout deux sursauter et retirer précipitamment nos doigts de l’eau.

Après nous être essuyés, Haru avait repris ma main sans vraiment s’y attarder, le plus naturellement du monde, et nous avions continué notre chemin. Et lorsque je vis apparaitre le panneau pour signaler la fin, j’eu un moment d’incrédulité. Je n’avais pas vu le temps passé, et j’avais l’impression d’être tout juste rentrée, que c’était déjà terminé. Pourtant, nous y étions depuis bien plus d’une heure. Tu parles d’une dilatation temporelle.

- La visite est passée vite.

Pause.

- C’était vraiment bien.

Alors, c’est avec un pincement au cœur que je franchissais la ligne qui séparait la sortie, pour me retrouver dans l’espace boutique obligatoire après chaque lieu touristique. J’étais bien décidée à ramener quelque chose afin de commémorer cette sortie, alors, je déambulais dans les allées, espérant trouver un souvenir qui m’attirerait l’œil plus que les autres.

Mon attention fut accrochée par une collection de bonnets ridicules à l’effigie de différents poissons et autres animaux présents dans l’aquarium. J’hésitais un court instant, pesant le poids du ridicule contre celui  d’avoir une occasion de faire rire Haru. La balance pencha pour la seconde, et je lâchais sa main pour m’éloigner jusqu’au bac à bonnet. Tournant le dos à Haru, je me penchais le temps d’en enfiler un avec une tête de requin, toutes dents dehors, et deux longs pompons que je tenais fermement.
Me redressant et retournant d’un coup pour garder l’effet de surprise, je fixais Haru, impassible et silencieusement durant une longue seconde ou je pu profiter de son expression étonnée, avant de lâcher, le plus sérieusement du monde.

- Roar.

Silence. Ma dignité s’était envolée, mais ça valait la peine.

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MessageSujet: Re: Can't help falling in love with you.   Lun 22 Aoû 2016 - 19:08



Totalement satisfait des photos qu’il venait tout juste de prendre, l’on pouvait distinguer de la fierté malicieuse pétiller dans son regard. Il resta là à l’observer tandis qu’elle regardait attentivement tous les clichés, sans en effacer aucun, ce qui eut pour effet de le ravir d’autant plus qu’il ne l’était déjà. Pour sûr, il n’aurait simplement pas envie d’en effacer. D’en garder chaque miette, chaque instant, de les graver à jamais dans une boite à souvenirs qu’il pourrait rouvrir lors des jours de pluie. Comme cette boite dans laquelle il conservait les traces de ces instants, de simples bouts de papier. Des tickets de cinéma, de sortie, ou de spectacle. Accompagnée de l’intégralité des lettres qu’il avait échangé avec elle depuis presque dix ans. Boite qu’il avait dû tasser de nombreuses fois pour ne pas en avoir deux, n’ayant pas énormément de place dans sa résidence Universitaire pour tout stocker.
Lorsqu’elle lui annonça qu’elle comptait les gardait, malgré la sonorité humoristique de son obligation, il sourit, ayant chaud au cœur. Ce n’était pas grand-chose en soi, mais bien assez pour qu’il soit content de voir que ces instants comptaient aussi pour elle. C’était également leurs premières photos ensemble. Les premières d’une longue série, l’espérait-il en secret.

Quant enfin son téléphone vibra pour annoncer la réception des fichiers, il eut un sursaut d’excitation, tel un enfant le jour de son anniversaire. Il ouvrit rapidement le clapet du téléphone et vit le message de notification qu’il s’empressa d’accepter. Ne pouvant s’en empêcher, il se dépêcha de les regarder vraiment pour la première fois. Son regard parcourait chaque pixel, ne voulant en perdre une miette, le sourire toujours accroché à son cœur. Il rit lorsqu’il passa sur celle où elle avait l’air surpris par la bousculade et tourna son téléphone pour partager son amusement avec Naoko, annonçant que celle-ci était sûrement sa préférée. Puis les autres photos défilèrent, jusqu’à arriver à la dernière. L’ultime symbolique qui lui fit changer d’avis. Cette dernière était définitivement sa favorite. Ils souriaient tous deux, comme si le reste du monde avait cessait d’exister. Alors, un sourire encore plus large, il pianota sur quelques touches jusqu’à afficher un air satisfait. Une fois terminé, il tourna l’écran d’accueil de son téléphone vers elle, empli d’une fierté certaine. L’on pouvait y voir cette photo, celle qu’il voulait graver dans sa rétine à jamais. Celle qui ferait que, peu importait la tournure des prochains événements… Il en resterait ravi.

-  Finir la visite pour le moment. Et hmm… On pourrait aller manger quelque chose pour le goûter après ?

Instantanément, ses papilles s’activèrent à l’entente du mot magique. Ou plutôt des deux rassemblés, fusionnant ainsi une activité plaisante qu’était de manger avec la douceur d’un goûter. C’était bien une chose qu’il ne pouvait pas décemment refuser.

- C’est un très bon programme, ahah !

Sa réputation de ventre sur patte n’était plus à refaire. Elle était déjà au courant depuis bien longtemps et avait pu le constater même lorsqu’ils ne se connaissaient pas sous leurs réelles identités. Son amour pour la nourriture était bien une chose qu’il avait du mal à contrôler ou à cacher. Comme si la simple évocation de cette activité faisait briller des milliers d’étoiles dans ses yeux, faisant papillonner d’avance son estomac.

Durant tout le reste de la visite, sa main avait finalement retrouvée la sienne le plus naturellement du monde. Un commun d’accord passé dans le plus grand des silences, accordé d’un regard et d’un sourire. Le plaisir partagé d’une rencontre. Il est vrai qu’il lui faisait plutôt mal d’accepter ce fait, mais ils ressemblaient à un couple si l’on se contentait de simplement les observer. Un risque à prendre que de se complaire dans les apparences lorsque la réalité reprendra son cours. Il n’était que son meilleur ami, après tout. Et pourtant… Et pourtant, il voulait profiter milles fois de son statut privilégié tant qu’il le pouvait encore. S’il ne s’agissait que du peu qu’il pouvait avoir, alors il s’en contenterait. Parce que Naoko était beaucoup plus importante que son envie irrépressible de ne l’avoir que pour lui.
Les bons moments sont précieux. Ils font parti de ces tranches de vie auxquels l’on s’accroche, qui nous construise. Qui nous pousse à toujours faire mieux, qui permet de continuer à brasser au travers des épreuves de la vie, toujours plus victorieux. Il n’en avait jamais eu autant conscience que depuis qu’elle était apparue dans sa vie. Tant d’années, d’instants écoulés et gaspillés ainsi. Il n’avait jamais eu l’impression de réellement profiter des bons moments. Comme avec son père, pensant que tout ne serait qu’acquis, éternellement. Et pourtant, les choses finissent par prendre fin, s’en aller. Ne laissant que le vide des regrets, des « et si… » par milliers. Et  si j’avais accepté d’aller faire ce tour à vélo avec lui ? Et si j’avais lâché ma console tandis qu’il était encore là ? Des petites choses qui l’ont finalement fait grandir, se recentrer sur l’essentiel. Il avait décidé de chérir chacun des moments qu’il passerait en sa présence. Parce qu’il ne voulait plus rien regretter. Parce qu’elle lui avait donné la force de combattre sa passivité.

- La visite est passée vite.

Le désavantage des choses prenantes et passionnantes était toujours qu’elles passaient beaucoup plus vite. Comme si le temps n’avait plus d’importance. Continuant de défiler malgré tout, il ne devenait qu’une préoccupation mineure.  

- Oui, je me suis bien amusé !

Surtout parce que c’est toi. Lui répondant avec sourire, ils franchirent l’entrée de la boutique ensemble. Signant au passé cet instant amusant. Cet ultime pas faisant toute la différence. Mais il annonçait également un nouveau chemin, la continuité du précédent, prolongeant ainsi leur rencontre. La boutique avait une ambiance totalement différente des salles précédentes. Beaucoup plus lumineuse et surtout moins humide et chaude. Le bip de la caisse retentissait en fond, lui rappelant des sonorités familières du Konbini. Son regard parcourra la pièce, tentant de prendre note des nombreuses choses à disposition. Toutes à l’effigie de la mer, certaines utiles, d’autres décoratives.
La main de Naoko lâcha la sienne, le surprenant l’espace de quelques micro secondes. Il se ravisa assez vite, se souvenant qu’ils étaient dans une boutique de souvenirs et qu’il était normal de se lâcher pour mieux observer les articles. Passer dans les allées à deux n’étant déjà pas une chose aisée. Restant sur place, il l’observa s’atterrée autour d’un bac, de dos. Il haussa légèrement les sourcils la voyant enfiler ce qui semblait être un bonnet aux couleurs bleues.
Lorsqu’elle se retourna, le plus sérieusement du monde tout en le fixant, il papillonna plusieurs fois des yeux. Partagé entre l’image qu’il trouvait amusante et adorable à la fois et le questionnement du pourquoi de ce bonnet en couvre-chef.

- Roar.

Quelques secondes s’écoulèrent, où il fut interdit. Se demandant dans quelle direction il devait mené ses sentiments qui se bousculaient actuellement. Roar. Sa voix résonnait encore dans sa tête. Il sentit son thorax se secouer légèrement. Roar. Une deuxième fois, avant qu’il ne parte à rire le plus sincèrement du monde. Néanmoins encore partagé avec cette vision hautement adorable qu’elle pouvait lui afficher, il en avait les joues rouges, qu’il tentait de cacher derrière le dos de sa main alors qu’il riait de même. Qu’importe si elle ne voyait pas ses lèvres, ses yeux souriaient en la regardant. Son cœur tombant chaque seconde un peu plus amoureux.

Alors, ne voulant rien louper de l’ouverture qu’elle venait de lui offrir, il fonça à son tour sur le bac des bonnets pour attraper le premier qui lui vint en main : un poisson orange et bleu, dont l’ouverture n’était autre que sa bouche. Il l’enfila sur sa tête et observa quelques instants dans le miroir. Le bonnet donnait l’impression que le poisson était en train de lui manger la tête et il ne put se retenir de rire à nouveau, se tournant vers elle pour lui montrer.

- Approche !

Lorsqu’elle fut assez proche, il sorti son téléphone et se plaça derrière elle, tendant sa main en arrière pour faire un V de la victoire avec ses doigts, tout sourire, avant de ne prendre une photo d’eux avec ces bonnets totalement ridicules.

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- Je crois que celle là sera collector…

A nouveau, il se mit à rire.

- En tout cas, tu es un adorable requin. J’ai peur de devoir t’annoncer que tu ne fera pas peur à grand monde comme ça…

Bien entendu, qu’il se moquait ouvertement d’elle. Mais ce fut avec un air attendrit. Ou un air d’amoureux transit prêt à se liquéfier sur place de bonheur, comme l’aurait dit Masuda. Haru était un peu un imbécile heureux. Mais au moins, il était heureux. Jamais il n’avait senti son cœur être à la fois si impatient, stressé, bien et totalement confortable à la fois. Une bien étrange sensation qu’il n’avait qu’en sa présence. Le reste de leur parcours dans la boutique fut à essayer de trouver un souvenir à ramener. Pour Haru, ce fut un petit porte-clés avec une offre 2 pour 1, dont un qu’il offrit avec un sourire malicieux à Naoko, la narguant clairement de cet instant qu’il avait trouvé adorable, car il s’agissait de deux petits poissons-clowns.

L’air était frais lorsqu’ils sortirent de la boutique, picotant le bout de ses oreilles et de son nez. L’intérieur était tellement humide et chaud et ils avaient tant rit que la différence de température s’était bien fait sentir. Ils marchèrent quelques pas tandis qu’il regardait tout sourire Naoko. S’étant simplement poussé de quelques pas pour ne pas encombrer la sortie, ils s’arrêtèrent tout deux, devant à présent décider de l’endroit où ils allaient pouvoir prendre le fameux goûter.
Pendant quelques instants, il ne dit rien. Se contentant de lui sourire avec son expression d’imbécile heureux collé sur la figure.

- Je… Tu sais, aujourd’hui il y a quelque chose dont j’aimerai te parler, plus sérieusement.

A nouveau, il lui sourit, lui montrant clairement qu’il ne s’agissait pas d’une mauvaise nouvelle ou quoi que ce soit qui viendrait entacher la journée. Se rendant compte de la situation et surtout de son cœur tambourinant comme un lion en cage dans sa poitrine, il se mit à rougir, gêné. Son regard, se détourna légèrement.

- On a vraiment passé un super moment et..

Sa main vint à nouveau cacher le bas de son visage.

- Je voulais te remercier, pour tous ces moments que je passe avec toi. Parce que je pense qu’on ne remercie pas assez pour toutes les bonnes choses que l’on reçoit en général, ahah. Alors… Je voulais te dire merci, tout particulièrement.

Son regard revint chercher le sien. Sa gorge se resserra sous l’effet du stress.

- Parce que… Parce que tu es quelqu’un de vraiment important pour moi. Et que je me rends compte d’à quel point j’aime être à tes côtés, passer du temps ensemble, à rire ou parler de n’importe quoi. Et qu’il m’a fallu du temps pour prendre conscience de tout ce que tu représentais pour moi, que j'étais simplement tombé amoureux de toi.

Comme une bombe larguée en un instant, il prit conscience réellement de ses paroles d’un seul coup, son visage virant à un rouge total. Alors qu’il cherchait à se cacher derrière ses mains, la tête baissée, il se mit à bafouiller.

- J-je… C’est que… Tu… Tu n’es pas obligé de répondre, tu n’es pas obligée de dire quoi que ce soit… C’est… enfin… Je voulais… Je voulais juste te dire ce que je ressentais… Par… Parce que c’est important à partager avec les personnes à qui on tient…..Non…. ?

Plongeant dans ses excuses, il sentit son corps perdre ses forces progressivement au cours de cette déclaration. S’en suivit de la chute d’adrénaline, laissant place aux doutes. Et si elle fuyait ? Et si elle répondait que ça la dégoûtait de savoir ça ? Pourquoi avait-il décidé de miser ça sur quelque chose dont l’enjeu était bien plus précieux à ses yeux que quoi que ce soit d’autre en ce monde. Pitié qu’elle réponde vite qu’ils devaient réfléchir au lieu de leur prochain goûter.

Il n’avait jamais été aussi sûr d’une chose. Il ne voulait pas la perdre. Et il ferait tout pour y parvenir.


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MessageSujet: Re: Can't help falling in love with you.   Mer 24 Aoû 2016 - 2:19



Les quelques secondes qui s’écoulèrent alors que je restais immobile, le bonnet requin comme compatriote d’humiliation furent plus longues que je ne l’aurais pensé. Mais aussi, plutôt divertissante. On aurait presque pu voir les rouages s’accélérer dans la tête de Haru, tandis que son expression, et la couleur de ses joues étaient doucement mais surement en train de changer. Puis il partit à rire, et je fus tout de même soulagée que mon mini spectacle ait l’effet escompté. Et j’étais un peu fière, aussi.

Puis il me rejoignit pour enfiler à son tour l’un de ces bonnets hideux, et je ne pu me retenir de pouffer légèrement en constatant la dégaine ridicule que cela lui faisait. Même si… j’étais mal placée pour parler sur ce sujet. Et au final, nous formions un beau duo d’abrutis, avec leurs bonnets moches, à rire de soi-même et l’un de l’autre. J’hésitai une micro seconde lorsque je compris son intention d’immortaliser le moment, me demandant si j’avais véritablement envie de créer une preuve matérielle de mon ridicule. Puis j’haussai les épaules. Peu importait, après tout. J’étais sûre que quelque temps plus tard, cette photo m’amuserait à chaque fois que je la regarderais. Et puis, ce n’était pas comme si je faisais grand cas de mon apparence, de toute façon.

Imitant la pose, tout en gardant mon expression neutre habituelle, je relevais alors les deux mains en V de victoire, ce qui devait rendre le cliché d’autant plus décalé.

- En tout cas, tu es un adorable requin. J’ai peur de devoir t’annoncer que tu ne feras pas peur à grand monde comme ça…

Décidément, il n’avait pas fini de me faire rougir. Je détournais le regard tout en ôtant le couvre-chef pour le remettre dans le bac, avant de répondre.

- Au moins, ça sera plus facile pour chasser, si les proies ne se méfient pas.

Aucun sous-entendu, la phrase était à prendre au premier degré. Même si j’étais sûre que Bak-Aoki aurait bien trouvé quelque chose à y redire, lui.
Après un rapide tour de la boutique, j’optais finalement pour une petite peluche à l’effigie d’une pieuvre. Enfin, petite comparée aux énormes qui me faisait de l’œil, mais celle que j’avais fini par choisir en terme de praticité devait faire au moins 30 cm. Alors que je m’apprêtais à régler mon achat, Haru était toujours en train de regarder de son côté, et je jetais un regard à la caissière, qui sembla comprendre exactement ce qui me trottait derrière la tête. Elle sourit avant d’ajouter :

- Faites vite.

Je me dépêchais alors pour aller chercher quelque chose, et revint le plus rapidement possible. Après avoir payé et mis mes achats dans un sac plastique bleu marine avec le logo de l’aquarium, je rejoignais Haru innocemment. Celui-ci fini par se décider sur un porte-clés dont l’effigie me fit légèrement gonfler des joues, mais que j’acceptais quand même avec grand plaisir, pour m’empresser de l’accrocher sur mon trousseau. Et déjà, il était temps de quitter l’aquarium.

Le changement de température entre la boutique et l’extérieur me soulagea. J’avais tendance à être plus à l’aise lorsqu’il ne faisait pas trop chaud, peut-être parce que ma température corporelle était généralement plutôt basse. J’appréciais alors grandement de retrouver l’air frais aux odeurs océaniques. Je pris une grande inspiration, sans savoir à l’avance que j’allais avoir besoin de cet air pour la suite, plus que jamais.

- Je… Tu sais, aujourd’hui il y a quelque chose dont j’aimerai te parler, plus sérieusement.


○•○•○


Au début, seul un éclair d’inquiétude l’avait traversée, juste assez visible pour être identifiable.

Il avait toujours été plutôt difficile de lire sur le visage de la japonaise, tant les changements qu’elle pouvait afficher étaient infimes. La jeune femme n’était pas du genre à s’exprimer ouvertement et mettre des mots sur les nombreuses pensées qui l’affublaient non plus. Oui, Naoko n’était pas quelqu’un de facile à comprendre, encore plus lorsqu’elle n’arrivait pas à se comprendre elle-même.

- Et qu’il m’a fallu du temps pour prendre conscience de tout ce que tu représentais pour moi, que j'étais simplement tombé amoureux de toi.

Puis, elle était restée de marbre.

La tête baissée, sa frange qui retombait sur ses yeux empêchait de savoir exactement quelle micro expression pouvait bien transparaitre sur ses traits. Elle était la seule à savoir ce qui lui tournait dans la tête. La nipponne était un mystère, parfois, et elle ne semblait pas vouloir donner d’indice pour mettre quiconque sur la piste permettant de le percer.

Elle l’avait écouté sans broncher. Sans donner le moindre signe d’une réaction. Dans l’impassibilité qui la caractérisait si bien, elle était restée muette. Il n’était pas sorcier de savoir que beaucoup de choses devaient se succéder dans son esprit, mais la question demeurait de savoir dans quelle direction s’empressaient ses pensées.

Elle s’apprêta à ouvrir la bouche, mais se ravisa, faisant peser un peu plus lourd le poids de son silence sur une journée qui avait si bien commencée. Une hésitation, longue, bien trop longue pour l’importance du moment. Naoko releva les yeux pour les planter dans ceux de son meilleur ami. Et toujours, sur son visage, cette apathie qui était sienne, sans brutalité ni colère. Juste un intense sérieux, et l’impression qu’elle tentait désespérément de sonder le regard de son interlocuteur, pour y trouver on se savait quoi.

Une réponse, sans doute. Le tout était de savoir quelle importante question la japonaise se posait.

Elle finit par rompre l’échange visuel, serrant l’anse du sac qu’elle tenait, et elle inspira. Il sembla qu’elle essaya d’esquisser un semblant de sourire, à peine visible. Et sa main libre vint chercher celle d’Haru, timidement, du bout des doigts.

- Une glace, ça te dit, mh ?


○•○•○


Je m’asseyais sur le banc au côté d’Haru, deux cônes en main que j’avais insisté pour payer, et lui tendait le sien. L’ambiance avait viré du tout au tout, et je me sentais si tendue que je n’avais plus vraiment faim. Je pouvais constater que cela affectait Haru, bien plus que moi. Et je pouvais reconnaître, amèrement, les bribes de ce qu’il semblait ressentir à cet instant. Confusion. Regrets.

Il était temps de mettre un point final à tout ça et la tâche me revenait.

A cet endroit du quartier Hebi que j’arpentais souvent, il n’y avait généralement que peu de monde. La mer, en face, était calme et le bruit des vagues emplissait le silence qui s’était imposé, lourdement.

- Tu sais…

Je fixais ma glace sans y toucher, tournant et retournant le cône entre mes doigts.

- Tu as été le premier à qui j’ai confié autant de choses. Sur ma vie, sur moi… Certaines que je n’ai volontairement dites à personne…

Inspiration. Qui aurait cru qu’il était si dur de parler, de trouver les mots.

- J’ai cru… J’ai voulu que les choses ne changent jamais.

Et puis il y a eu tous ces moments. Mon anniversaire, Noël, la Saint-Valentin. Aujourd’hui.

- Je n’ai pas été totalement honnête avec toi, Haru.

Et avec moi non plus. La glace commençait à fondre, et ma gorge se serrait. Je devais arrêter de tourner autour du pot.

- Moi non plus je… Je ne te considère pas seulement comme mon meilleur ami…

J’avais fermé les yeux, crispant tous les muscles de mon corps dans l’effort d’avoir à dévoiler quelque chose que je ne pensais jamais dire. Quelque chose que je pensais garder à jamais pour moi. Quelque chose que je n’imaginais pas que nous partagions. Que je n’aurais jamais imaginé être réciproque.

Et pourtant, j’étais terrifiée. C’était comme faire un grand pas dans le vide. Je réalisais à quel point les quelques instants auparavant avaient dû être difficile pour Haru, alors, je continuais de me raccrocher au peu de courage qu’il me restait.

- Je… C-c’est la première fois et j-je… Je ne sais pas vraiment ce que je suis censée faire… Ou dire ?

Je soufflais, et il était facile désormais de voir que j’étais totalement perdue.

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MessageSujet: Re: Can't help falling in love with you.   Mer 24 Aoû 2016 - 22:29

○•○•○


Il y a de ces instants dans une vie où nos paroles dépassent nos pensées. Où il n’est plus question de réfléchir mais de parler avec son cœur. L’espace d’une seconde, il avait lâché la bombe en plein milieu du champ de fleurs qu’ils avaient érigé. Et il s’en voudrait si tout venait à disparaître. Lorsqu’il réalisa réellement ce qu’il venait de confesser à Naoko, il n’eut envie que de fuir. De se cacher loin de son regard. Alors il fit la seule chose qui lui semblait la plus conciliante à la situation : se cacher derrière ses mains, le visage virant dans une teinte dangereusement rouge. Quel menteur. Il n’attendra rien d’autre qu’elle que sa présence à ses côtés. Mensonges. Il respecterait son choix, parce qu’elle était bien plus importante que tout ça. Divagations. Il prendrait sur lui bien évidemment tout ça, l’encaissant pour ne pas avoir à perdre tout ce qu’ils avaient construit. Mais n’attendre rien d’autre était se mentir à lui-même. Il en rêvait tous les jours, d’être à ses côtés, de perdre ce fichu statut de meilleur ami. De simplement compter beaucoup plus pour elle qu’une simple amitié. Alors il se rattrapa, ne voulant pas l’effrayer. Elle n’était pas obligée de répondre. Il ne voulait pas savoir, en réalité. Il se cachait, encore.
Tandis qu’il avait réussi à faire réapparaître son regard, planté en sa direction, une de ses mains se relâcha le long de son corps. Abandon trop hâtif. Il n’y croyait simplement pas. Tout ce qu’il espérait maintenant n’était autre qu’un baume de douceur sur sa peine. Qu’elle soit ainsi bien moins violente.

Impassible. Assassine. Les secondes défilaient, suspendues.
Rien.
Absence.

Il ravala sa salive. Bien évidemment. Il lui avait lui-même dit de ne pas répondre. Son cœur se serra. A quoi s’attendait-il après tout ? Les miracles n’existent pas. Pourquoi ne s’était-il pas écouté ? Pourquoi n’avait-il simplement pas gardé tout ça pour lui ? Il avait tout gâché, tout. Comme toujours. Comme chaque fois. Il s’était juré, cette fois là. Qu’il serait sincère avec elle. Ne pouvait-il pas simplement arrêter de penser !? Sa poitrine se serra et il dû rassembler ses forces pour ne pas fuir. Après tout, ils auraient peut être d’autres bons moments. Impossible…
Son regard le transperçait. Il n’arrivait pas à lire ce qu’elle voulait y exprimer. Son cœur tambourina violemment. Pourquoi n’arrivait-il pas à comprendre ? Il la vit s’approcher. Il sentit ses doigts s’accrocher délicatement aux siens. Délicieuse sensation qui lui le soulagea d’un moindre mal. Elle ne le repousserait pas totalement, au moins. Si seulement en cet instant il pouvait lire ses pensées…

- Une glace, ça te dis, mh ?

Bien évidemment que non.


○•○•○

Même cette perspective d’un goûter sucré et crémeux ne l’avait pas réjouit tant ses entrailles se tordaient en son sein. Pourquoi lui avait-il demandé de ne rien dire, déjà ? Vivre dans l’incertitude était finalement peut-être pire qu’un refus catégorique. La glace ne lui faisait plus envie mais elle avait insisté pour leur en payer. Il prit une grande respiration, silencieuse. Tentant du mieux qu’il pouvait de respirer convenablement. Tant il était perdu dans ses propres questionnements, il ne vit pas Naoko en faire de même. Le puzzle était bien trop compliqué à résoudre et il n’y arriverait pas. Pourquoi lui avait-il dit qu’elle n’avait pas besoin de répondre, déjà… ? Il ne savait même plus. La seule chose occupant son esprit d’une légère distraction fut le mouvement des vagues. Il était rarement venu dans ce coin de Keimoo, alors que la plage était si proche… Une douce odeur de nostalgie de ses années d’enfance à Kumano-shi. Les oiseaux piaillant, l’ambiance iodée et la lourdeur humide des soirs d’été.
Son regard était plongé droit en avant, n’osant regarder Naoko que quelques secondes parfois, s’assurant qu’elle aille bien. Lui laissant un léger sourire, plus mélancolique qu’à l’accoutume. Il devait assumer ses maladresses. C’était tout ce qu’il lui restait à faire, après tout.

- Tu sais…

Son regard se tourna vers elle, lentement. La glace ne lui tentait pas plus qu’à lui.

- J’ai cru… J’ai voulu que les choses ne changent jamais.

Voulu ? Qu’entendait-elle par « vouloir » ? Pourquoi ne pas vouloir que les choses changes, évolues ? Combien de temps allait-il encore se voiler la face ? Comment pouvait-il ressentir cette rancune âcre tandis qu’il n’était pas mieux ? Comment pouvait-il encore oser se regarder dans un miroir en se mentant autant à lui-même ? Il avait milles fois espérer qu’en ne disant rien, rien ne changerait. Que les choses seraient ainsi plus confortables. Parce que l’inconnu fait peur. Terriblement peur.

- Je n’ai pas été totalement honnête avec toi, Haru.

Sonnez le clairon, la sentence allait tomber. Il sourit, amèrement. Il se demandait comment elle allait lui annoncer. Il regonfla sa poitrine, comme si cet acte à lui seul pourrait mieux amortir le choc de l’annonce. Il se préparait mentalement. Le temps paraissait si long… Vite, qu’elle en finisse…

- Moi non plus je… Je ne te considère pas seulement comme mon meilleur ami…

Plusieurs informations virent s’entrechoquer dans son esprit. Il se redressa aussi tôt, papillonnant du regard tandis qu’il cherchait à distinguer le vrai du faux. Y avait-il d’autres manières de le considérer auxquelles il n’aurait pas songé ? Devait-il s’accrocher à l’envie d’interpréter les choses comme il le désirait, tout au fond de lui… ? Son cœur reparti dans une chamade intense et continue. Il se sentait trembler jusque dans son ventre.

Son poing se serra, venant se poser contre ses lèvres.
Il n’osait y croire. Et pourtant…

- Je…

Les mots furent plus difficiles à sortir qu’il n’y pensait.

- Je ne sais pas non plus, ah ah…

Son sourire revint, mélangé entre la gêne et l’envie d’exploser de joie. Alors, rabaissant sa main derrière laquelle il se cachait jusque là, il tendit sa paume en direction de Nao, laissant une ouverture pour qu’elle puisse glisser la sienne. Il ne savait trop quelles étaient les dictâtes d’un couple, ni même quelles étaient les étapes en particulier…

Un couple…

Est-ce qu’il pouvait y croire ? Est-ce qu’ils étaient seulement ce que l’on peut qualifier de couple ? Et pourquoi pas… Et pourquoi pas simplement laisser parler son cœur ? Etant resté quelques instants interdit, submergé par une multitude de questions, il la regarda, souriant timidement. Puis, il se rapprocha d’elle comme il n’avait jamais osé encore. Il l’entoura de ses bras, la ramenant contre lui.
Il s’enivra de ce nouveau contact. Bénissant la chaleur qu’elle pouvait lui procurer, autant physiquement qu’en réchauffant son cœur. Eprit d’une grande affection à son égard, il s’enivra de l’odeur de ses cheveux, s’en approchant réellement pour la première fois.

Spouish.

Le dessus de la glace venait de tomber sur le sol. En arrière du banc, d’où sa main pendait. Il sursauta en se rendant compte…

- OH. La glace ! D-Désolé… Je ne voulais pas la gâcher…

Il fallait bien évidemment qu'il gâche toujours tout... Et pourtant, sa bonne humeur ne semblait pas vouloir s'envoler.

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MessageSujet: Re: Can't help falling in love with you.   Mar 30 Aoû 2016 - 6:12


Ça y est. Les mots étaient enfin sortis de ma bouche. Ceux que j’avais retenus si longtemps. Le reflet indirect de sentiments que je gardais secret depuis un long moment. Ceux que j’avais glissés dans une boite avant de la fermer à clé, pensant qu’ils y resteraient toujours, dissimulés. Et pourtant.

Je ne réalisais pas totalement ce que tout ce qui s’était passé dans les 10 dernières minutes représentait. Et même si je n’avais jamais autant réfléchi de ma vie, ses mots à lui n’avait pas encore tout à fait fait écho dans mon esprit. Il était amoureux de moi. Et pourtant, même si je connaissais le sens littéral, ça ne faisait pas encore sens. Je n’en avais pas encore conscience.

Alors j’avais pris la décision qui m’avait semblé la plus censée. Être honnête. Vider mon sac. Lui montrer qu’il n’était pas le seul dans cette situation. Eh oui, il semblait bien que nous étions deux idiots à ne pas savoir quoi faire de nos sentiments. Et pourtant, même si je savais qu’il partageait les miens, j’avais cette boule au ventre. Cette angoisse indéfinissable qui me terrifiait.

Dans les shojos que j’avais empruntés à ma sœur, les déclarations étaient toujours émouvantes, et heureuses. Comme une avalanche de pétales de rose et de paillettes. Ils avaient pourtant omis de parler de cette peur qui rongeait les intestins. Celle qui fait presque manquer d’air. Celle qui soulève tellement de questions qu’elle fait regretter, presque.
Est-ce qu’au final, j’avais fait le bon choix ? Qu’allait-il se passer maintenant ? Qu’allait-il advenir de notre amitié, de notre relation ? Qu’est-ce qui changeait, exactement ? Je ne m’étais jamais projetée si loin, si bien que je n’avais aucune idée de la suite. C’était comme avancer à tâtons dans une pièce totalement noire. C’était comme avoir les yeux bandés et se jeter du haut d’un viaduc avec un élastique.

C’était comme miser tout ce qu’on avait mis une vie à construire sur un coup de poker.

Ma gorge était nouée, et le rouge jusqu’à mes oreilles trahissaient visuellement mon embarras. Haru clignait des yeux, et il sembla avoir du mal à comprendre, lui aussi. Au moins, nous étions deux, et cela me rassura, un peu. Son expression changea aussi, elle fut plus détendue, moins torturée. J’eu l’impression qu’un poids se souleva de sa poitrine, ce que je comprenais parfaitement, vu la situation. Mais c’était étrange de se dire qu’en une seconde, cet air pesant et cette mélancolie ambiante venait de s’envoler, comme s’ils n’avaient jamais existé.

Il se mit à rire, doucement, gêné. C’était presque perturbant de se dire que nous ressentions les mêmes choses. Que nous passions au même moment par les mêmes craintes, les mêmes interrogations, les mêmes incertitudes. Dans cette situation, à quoi se raccrocher ? Après tout, il restait une chose dont j’étais sûre, c’était bien de la véracité et de la profondeur de mes sentiments. C’était étrange, de se dire que j’allais me reposer sur quelque chose d’aussi peu concret. Moi qui prévoyais toujours tout. Moi qui étais toujours très terre à terre, concrète, cartésienne.

Mais il fallait avancer. Les choses étaient posées, et il était impossible de revenir en arrière. Et puis quelque part, cela me convenait parfaitement. Car malgré l’inconnu, malgré les incertitudes, il y avait quelque chose au fond de moi qui en avait terriblement envie. De vivre, d’expérimenter tout ce qu’impliquait le fait que nos sentiments respectifs fassent écho. Et pas seulement en tant que correspondants. Pas seulement en tant que meilleurs amis, même.

En tant que petit et petite amis.

Je sentis mon cœur faire un bond dans ma poitrine, si bien que je cru qu’il allait s’en échapper. Ca n’avait pour l’instant pas été mis en mots, mais il s’agissait bien de ce que nous étions désormais. Enfin, je crois ?
Je tentais de me calmer, essayant de concentrer mon attention sur la mer, sur la plage, mais celle-ci virait quasiment automatiquement vers Haru, sans que je ne puisse le contrôler. Il tendit une main vers moi, et la timidité fit surface. Pourtant, nous nous l’étions tenu toute la visite, mais là c’était différent. C’était… officiel, et pas seulement la projection de mes fantasmes. Je pris une inspiration, avec ce cœur qui ne voulait toujours pas se calmer, puis le bout de mes doigts vinrent effleurer les siens, dans un toucher fluet, prude. Et je soufflais, fermant les yeux un instant pour remettre de l’ordre dans mes émotions.

Ou pas.

La démarche avait été hésitante, lente, mais apparemment pas assez pour ne pas me surprendre, trop occupée dans mes propres pensées pour remarquer l’initiative.
Lorsque je sentis ses bras se resserrer autour de moi, mon cœur fit un nouveau bond, mais il ne s’arrêta pas là puisqu’il tambourinait à m’en décrocher la cage thoracique. Ma respiration s’était complètement coupée, retenu dans un gasp silencieux alors que tous mes muscles se contractaient. Et tout mon visage, ainsi sûrement que mon cou et même mes épaules avait viré cramoisi.
Le choc avait été si important que j’en avais perdu la conscience du lieu, de ce qu’il se passait exactement. Tout commençait à tourner, dangereusement, et je restais pétrifiée, le visage figé dans une expression perdue, choquée, embarrassée sur un fond totalement rouge.

Je ne saurais dire combien de temps cela dura, puisque mon cerveau fut complètement déconnecté. Il revint en marche après qu’Haru se soit séparé, et je fixais bêtement son expression désolée sans en comprendre la cause. Il me fallut de longues secondes avant que mon regard ne se détourne jusqu’à l’objet en question, un cône vide et par terre, la crème qui s’étalait. Bah, ce n’était pas bien grave.



Mais moi aussi, j’avais une glace dans les mains, non ?

Une longue seconde avant que mes yeux ne suivent mon bras, comprenant que je l’avais écarté par réflexe lors de l’étreinte. Et que ma poigne s’était resserrée sur le coup des émotions.
Le biscuit était totalement broyé entre mes doigts toujours resserrés, et la crème glacée à la texture mis fondue presque visqueuse coulait de ma main jusqu’au sol, où elle s’écrasait par grosses gouttes.
Une nouvelle seconde durant laquelle je fixais les dégâts que je venais de faire, confuse, puis mon regard glissa jusqu’à Haru, en silence.

Puis un rire. Le mien. Léger, moqueur de la situation, de nous. Un rire innocent devant le ridicule des actions de deux gros idiots qui n’étaient pas mieux l’un que l’autre.

- Je doute pouvoir faire grand-chose de la mienne non plus.

Je desserrais les doigts, laissant tomber les restes écrasés, puis secouait légèrement la main pour me débarrasser du principal de la crème, sans en éclabousser partout. Une fois la majorité débarrassé, je portais un de mes doigts à ma bouche, évitant ainsi que la glace ne continue de couler, et surtout pour gouter. Après tout, je n’y avais pas touché et elle avait l’air tout de même bonne. Elle l’était.
De ma main de libre, je fouillais avec un peu de difficulté dans mon sac pour me saisir d’un mouchoir en papier, et procédais ensuite à essuyer ma main qui resta tout de même collante à cause du sucre. Je grimaçais légèrement, il fallait que je me lave avec de l’eau. Mais il ne semblait pas y avoir de robinet dans les parages.

Une fois l’incident plus ou moins réparé, je me retournais vers Haru. Il semblait que nous nous prenions tous les deux un peu trop la tête. Et pourtant, les choses filaient, naturellement. Non sans quelques moments embarrassants, mais était-ce vraiment étonnant, venant de notre part ? Je soufflais doucement, sourire aux lèvres.

- Du coup, tu veux qu’on aille prendre autre chose ?

Bien que nous n’ayons pas profité de la sucrerie, le moment avait été 1000 fois plus doux que n’importe quelle glace.

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MessageSujet: Re: Can't help falling in love with you.   Sam 3 Sep 2016 - 17:14


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Plus que des mots, il y avait le geste. L’étreinte douce et rassurante. Lovée entre ses bras comme il l’avait toujours désiré. Il manquait certainement une position peut-être plus adéquate, que simplement tourné de côté sur un banc. Mais il s’en fichait bien. Parce qu’il aurait milles autres occasions de recommencer. Il lui était encore difficile de réaliser que tant d’opportunités se présentaient à lui. Qu’il était possible de laisser libre-court à ses envies. D’exprimer ce désir qu’il éprouvait. De l’avoir contre lui, de la cajoler. Dans la conjoncture actuelle des choses, Haruhiko n’avait simplement plus envie de penser. Simplement de se laisser bercer, indéniablement. De s’abandonner à ce sentiment nouveau qui exaltait tout son être. De simplement profiter d’être deux.
Il aurait pu se laisser porter ainsi de longues minutes supplémentaires. Dure réalité qui revint à l’assaut en lui rappelant qu’agir sans réfléchir pouvait aussi parfois causer quelques dégâts. Fort heureusement, bien plus de peur que de mal à en voir la crème glacée étalée sur le sol, ayant épargnée leurs tissus. Alors, il s’était excusé, reprenant le contrôle de ses pensées jusque là évasées. Il fallut certainement autant de temps à l’un qu’à l’autre pour réaliser que deux glaces avaient été acheté. Son regard suivit le sien, traçant la courbe de son bras pour enfin découvrir l’étendue du désastre. Une jolie crème glacée qui fut autrefois montée sur son cornet croustillant. Actuellement bien écrasé entre les doigts de Naoko, se faisant le plaisir de dégouliner jusqu’au sol. Leurs regards se croisèrent de nouveau. Le silence…

Et son rire vint remplacer les mots.

Il n’eut le temps de réellement réaliser que déjà il l’accompagnait, le cœur léger. S’il se sentait stupide de sa maladresse, il se doutait qu’elle devait ressentir la même chose en ce moment même.

- Effectivement, ça a l’air mal parti…

Commentaire lâché tandis que son sourire ne s’estompait pas. Cachant un rire qu’il voulait refreiner. Acte qu’il ne pu faire bien longtemps car il repartait déjà à rire de leurs bêtises. Décidément. Il n’y avait qu’elle pour le dérider ainsi en si peu de temps. Passer d’une mélancolie certaine aux éclats de rire en l’espace de quelques minutes seulement. C’était bien pour cela qu’il ne pouvait détacher son regard d’elle. Que ses yeux la cherchaient, indéniablement, qu’importe où il se trouvait. Qu’il voulait parler toujours un peu plus avec elle, jusqu’à s’endormir en écrivant ses propres messages. Il lui avait fallut du temps pour réaliser tout ça. Pour en comprendre l’ampleur.  Et même si elle l’avait refusé aujourd’hui, il se serait senti chanceux d’aimer quelqu’un comme elle.
Toujours attendri, comme il l’était trop en sa présence, il l’observa essayer de se battre contre la crème glacée coulante du mieux qu’elle le pouvait. Il l’aida en retenant le bord de son sac, certainement pour en sortir de quoi essuyer. Lorsqu’elle décida de ne pas gaspiller l’intégralité en suçotant ses doigts, il détourna légèrement le regard, ne comprenant pas pourquoi il était gêné. Gêne qui ne fut qu’accentuée lorsqu’il croisa son regard, soutenu.

- Tu es sûre … ? Je peux pas garantir d’avoir d’autres envies soudaines de te prendre dans mes bras…

Mélange entre un brin de vérité et un air taquin qu’il lui adressa. Bien évidemment, il se moquait d’elle encore une fois. Non sans cacher une once de  vérité. Après tout, n’avait-il pas été soumis à de nombreuses pulsions similaires en sa présence ? Le soir de son anniversaire, il lui avait prit la main et l’avait enlacée. Aujourd’hui ils s’étaient baladés ainsi quasiment toute la journée.

- On pourrait en profiter pour trouver un endroit où tu puisses te laver la main ? … C’est étrange de dire « te laver la main », quand même. Ah ah !

Il sourit, tel l’imbécile heureux qu’il était, à se ravir des petites choses. Un souffle d’air frais vint caresser leurs cheveux, ramenant l’odeur iodée si caractéristique des paysages marins. Il la respira à plein poumons.

- Je viens de penser… On pourrait aller terminer notre prochaine glace sur le bord de mer ? Il n’a pas l’air de faire trop froid !

Décidément, Kumano-shi l’emplissait d’une plus grande nostalgie qu’il ne l’aurait pensé. L’odeur de la mer lui rappelait un peu tout ça. Depuis petit, il trouvait le son des vagues plutôt rassurant voir apaisant. De temps à autre, son beau père les menait à la plage avec Kaoru et ils pouvaient passer des heures à jouer, qu’importait la façon. Peut-être que les vagues apaisantes auraient effet sur son cœur tambourinant à milles à l’heure dans sa poitrine.

- T'en dis quoi ?


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