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 Un entrainement tardif [ Zakuro Fea ]

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Satoshi Sakutaro
► Université - 2ème année - Capitaine Combat Sans Armes
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MessageSujet: Un entrainement tardif [ Zakuro Fea ]   Jeu 14 Avr 2016 - 1:41

C’était encore une journée qui touchait a son terme. Une terrible journée qui avait vu le plus ennuyeux cours de toute mon existence. Bon très bien je l'admet, chaque fois que j'ai eu un cours ennuyeux, c'etait le plus chiant de toute mon existence, mais cette fois, il avait suivi ma rencontre avec Aslinn, et je dois avouer que cela m'avait tout chamboulé. Sans doute qu'il valait mieux ne pas y repenser, après tout ma vie était redevenu comme avant juste après. J'étais retourné a ma salle, la ou le dernier cours de la journée avait lieu. Interminable. Je n'avais même pas réussis a dormir. Un comble pour moi.

Je rangeais lentement mes affaires dans mon sac tout en prenant conscience qu'il était enfin l'heure d'aller jusqu'au dojo. Il y aurait sans doute beaucoup de monde, comme chaque jour depuis que j'étais arrivé. Mais la plupart partait tôt, je n'aurais aucun mal a attendre pour être tranquille.

Je sortais de la salle au milieu des japonais qui se dépêchaient de courir faire leurs devoirs. Enfin je suppose que c'est ce qu'ils allaient faire, sinon je n'avais aucune idée des occupations qu'ils pouvaient bien avoir. Ce n’était de toute façon pas quelque chose qui m’intéressait, sinon je m'y serais penché plus tôt.

Totalement blindé, je n'avais aucune idée d’où j'allais bien pouvoir rentrer dans le bâtiment a tel point qu'il était remplit de monde. Je me faufilait agilement entre un attroupement la plus pour regarder que pour pratiquer et rejoignais les vestiaires.

Enfin, je pouvais enfin enlever mes vetements civils et revêtir ma seconde peau. Mon Nan Quan noir. La première fois que je l'ai mis ici, plusieurs membres du club ont était surprit. Après tout c'est un vêtement porté par ceux qui pratiquent depuis longtemps, et pas juste comme passe temps. Il semble que personne ne me connait ici. Tant mieux, cela veux dire que l'année que j'ai passé a ne pas combattre officiellement a porté ses fruits. Je reste dans l'anonymat, c'est ce que je voulais. Après tout je n'ai jamais combattu au niveau national, il est normal que des gens hors de mon département connaissent mon existence. J'aimerais bien savoir mon niveau, si je suis capable de gagner plus haut. Hikari senpai en était convaincu. Il n'avait lui même jamais dépassé le stade du niveau départemental. Trop occupé a travaillé pour devenir médecin. Je n'avais jamais compris. Avec un entrainement rigoureux, il aurait pu devenir champion du Japon.

Il semble déjà y avoir un peu moins de monde quand j'arrive. L'un des clubs populaire a fini son entrainement et la troupe de fan s'est éparpillé. Je rejoins mon propre groupe. La plupart sont des novices. Tous en fait, sauf le capitaine qui n'est pas non plus de mon niveau.  Loin de la, sans vouloir me vanter. Après tout, ça m'aurait frustré d’être en dessous de quelqu'un qui ne se dévouait pas autant que moi dans la pratique de cet art.

L'entrainement commence, je suis a l'écart, comme d'habitude. Le capitaine vient me voir de temps en temps pour savoir si je veux un partenaire, et comme a mon habitude, je refuse poliment. Je ne veux blesser personne, et je n'ai pas combattu depuis tellement longtemps que j'ai peur de ne pas savoir gérer ma force. Il vaux mieux que je reste comme ça.

Il fait chaud, beaucoup trop chaud dans cet endroit ou il y a de moins en moins de personnes. La nuit tombe peu a peu et notre club commence a son tour a se dispersé jusqu’à ce que le capitaine m'approche et me tende les clés de notre salle de club:

- Tu fermeras en partant et déposera les clés sous ma porte, comme d'habitude.

J'hoche la tête sans parler, pas besoin de mots pour répondre a une action habituelle. Il ne reste plus beaucoup de personne, puis peu a peu, je suis semble t'il le dernier. La nuit est tombé, et je décide d'ouvrir les deux portes en grand. L'air est frais et me caresse le visage. Je m'assois en tailleur devant l'ouverture et ferme les yeux, c'est sans doute le meilleur moment de la journée pour moi. Enfin, le deuxieme meilleure moment, merci a toi Aslinn pour ça.

Je rigole intérieurement, et décide de dégrafer le lacet qui retient le haut de mon vêtement, le laissant retomber de chaque coté, laissant ma peau sous mon tee shirt fin ressentir la fraicheur du soir. C'est vraiment une bonne soirée pour méditer, en espérant que personne ne vienne me déranger. Enfin, quelqu'un le pourrait, mais je stresse encore plus a l'idée de la voir une deuxieme fois, que la première. Je chasse cette idée de ma tete et respire lentement, d'une façon presque invisible.


Dernière édition par Satoshi Sakutaro le Ven 18 Aoû 2017 - 16:53, édité 2 fois
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Zakuro Fea
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MessageSujet: Re: Un entrainement tardif [ Zakuro Fea ]   Ven 15 Avr 2016 - 1:31


    « Surprise ! Si tu n’attaques pas le premier,
    j’vais démantibuler ton jeu, Za-ku-ro.
    »



    Neige. Fièvre. Et mes foulées répétées, mon envie essouflée de continuer à me projeter vers l'avant. Dans l'ignorance de la douleur, dans la mépris des bronches essouflées, et de mon asthme sous-latent, chaque seconde dévorée par cette course sous une pluie de flocons, la température de mon corps heurtant celle d'une atmosphère gelée. La soirée est correctement avancée, il est presque vingt heure, et ça fait presque deux heures que je coure.

    La réalisation du constat me fait ralentir mes mouvements. Puis complètement m'arrêter. La poitrine secouée par une respiration accélérée, mon rythme cardiaque a adopté un rythme affolé, presque, mais régulier. Je pose la main sur le sein, la bouche ouverte sur la buée qui s'évapore dans la nuit. Mes épaules dénudées, j'ai perdu ma veste quelque part entre maintenant et il y a deux heures, et je n'ai aucune idée de si j'ai froid ou si ce n'est qu'une illusion. Je sais, au monde qui tangue sous mes pieds, que les malaises ne font que commencer. En avisant un réverbère quelque part sur ma gauche, je repars au petit trot, tandis que mon esprit explore la surface d'une mécanique physiologique qui s'est verrouillée dans la douleur de mes muscles. Ceux-ci sont crispés en un état comparable au plomb, et je ne cours plus vraiment ; je descends au travers des ruelles en pointillant des foulées plus rapide que la marche, c'est tout.
    Et la neige, saupoudrée, vient inonder mes cheveux, mes épaules, recouvre mes doigts et gèle mes mâchoires. J'ai froid. Fièvre. J'ai chaud. Comme un chape qui drape mon'épiderme congelé et ébouillanté, un voile de sueur scintille du bout de mes doigts jusqu'en haut de mes épaules, et je devines, je ressens, à cette diffusion d'une température maladive qui court sous les tissus de mes vêtements, que je suis trempé de sueur, et que celle-ci n'est pas uniquement provoquée par l'effort. La bouche ouverte sur une respiration qui se calme, j'avale la nuit, les étoiles aveuglées par des nuages lourds, qui recouvrent le ciel. Je marche.

    La route n'est pas longue, elle est automatisée par une perception brouillée de mes repères, et mes pas me conduisent jusqu'à l'Académie. Cette nuit, je ne dormirais assurément pas chez moi. Pourtant, le sommeil ne vient pas, et dans un détour sous les quartiers résidentiels et étudiants, je finis par me retrouver dans l'enceinte des lieux, à longer les couloirs du dojo. Je ne sais pas pourquoi, je voudrais presque justifier. Sous l'éclairage électrique des néons du corridor, il y a cette ambiance familière d'un univers qui ne m'appartient plus.

    Je m'enfonce.

    -

    Les portes s'ouvrent, et il n'y a personne pour se retourner et me regarder. Personne pour constater que je n'ôte pas, blasphème ancestral, sempiternel, mes basket tâchées de boue. Personne pour considérer que je suis trop grand, que j'aie les yeux trops clairs pour avoir voulu prétendre un jour m'impliquer dans cette dimensions de guerriers natifs. Le dojo se dévoile devant moi, comme une vérité que l'on dénude, sauvagement, pour un viol de la conscience. Je le regarde. Je le regarde, l'écoute et le sens, cherchant, contemplant. Il n'y a pas de réponses, pas plus qu'il n'y a de questions. Il y a simplement ce constat que je ne suis plus pareil, que je ne vois plus le monde avec la même recherche de couleur. L'appréhension se fait dans cette distanciation étrange. Une sorte de déception.  

    Maintenant que je regarde différemment, je vois ce lieu comme un Daresbury qui ne m'appartient plus. Une salle de détention pour les fous. Me vois-tu aliéné ? Dans un regard qui se déplace, alternant son mouvement en un rampement prédateur, je constate, avec surprise, que je me suis perdu dans la familiarité des lieux, et que j'ai oublié le quotidien d'un naturel éprouvé. Un sifflement, doux, appréciateur, s'échappe de mes lèvres, comme une remarque agacée, comme un constat irrité, et j'avance.

    C'est un premier pas, celui qui traverse la distance, et supplante les limites en un écrasement cognitif, appréhendé, réel. La distanciation est explosée, je me projette dans la vérité de la chose, par ce pas effectué. Et c'est le monde à l'envers, retourné, basculé, éventré : il n'y a plus rien.

    Cet empire.
    Plus rien de cet empire qui s'est étalé, colonial à mon esprit, depuis l'âge de mes huit ans, moralisateur et démoniaque dans ses représentations. Plus rien de cet empire qui m'effrayait, me terrifiait, rendant coupable mes pas de travers, ceux qui sortaient du chemin. La pratique des arts martiaux, comme une ceinture de chasteté à l'ouverture de mon esprit, s'était incrusté très profondément dans ma chair, dans mon cœur, dans mon esprit, et j'avais perdu le fil de mes pensées, me noyant dans le torrent d'un mécanisme qui ne m'appartenait plus, pour me laisser aller au bon vouloir d'une dynamique ancestrale. Archaïque. On avait oublié de me récupérer, et je m'étais laissé m'enfoncer tout au fond de quelque chose de très grand, de très froid. Dans une léthargie implacable de mon esprit enfantin, il y avait eu cette force très soudaine, très résistante, à continuer, à m'enfoncer plus encore, pour aller jusqu'au bout, pour comprendre ce qu'il y avait au fond. J'avais suivi un mouvement, et je n'avais pas été le premier, je n'aurais pas été le dernier. Honneur, gloire ; des mots décorés avec des guirlandes viriles, appelant à la satisfaction de l'égo de soi et de sa famille. Ma mère avait sa part de responsabilité, tout autant que j'étais coupable de mes propres volontés. Combien de temps, combien de forces impliquées dans cette motivation à atteindre ce qui avait été effacé par le progrès, la modernisation, l'avancée technique, historique d'un Japon qui continuait à louer le bushido ? Mais pas assez, pas comme moi : il y avait dans mon cœur, dans ma tête, cet écho perfide d'une conscience qui jugeait l'hypocrisie sous-latente de cette société incapable de ne pas regretter le passé. Ces mythes atrophiés que des occidentaux écervelés accordaient à une vérité déformés. Samurai et kami, zen et shinobi. Les mots tournoyaient, et moi, je grandissais, en silence sous la pression de ce qui nourrissait en moi cette volonté de me tourner de l'autre côté.

    Un frisson, manifestation sporadique d'une fièvre qui me fait chanceler mon pas suivant, court le long de mon échine. On croirait presque revoir cette scène trop marquante, trop choquante, du film Anastasia. Mais ça n'est pas une salle de bal, ça ne sont pas des danseurs qui jaillissent devant mes yeux, mais les fantômes armés de guerriers à qui j'ai voulu trop obstinément ressembler. Les sabres dégainés, ils se ruent sur l'espace immatériel de ma contemplation surdimensionnée, et dans un fracas qui n'existent pas, le champs de bataille s'étale sous mes yeux, tatamis bouleversés par sa propre condition. Je frissonne, accompagné par les mouvements d'un spectre de mon imagination. Miyamoto Musashi, plus que tout les autres, mais accompagnés par ceux-là mêmes, est une figure qui ne s'ignore pas, qui ne se remplace pas, et les muscles crispés sur cette perception aveugle, je regarde le visage de celui que j'ai voulu devenir, au point de m'oublier. Nos yeux se rencontrent, et je murmure, plus pour moi-même, plus pour ma propre conscience. Tu n'existes plus. Tu n'étais qu'humain. Un effleurement, un contact de l'âme, mais c'est suffisant pour que son image vacille, et le pas d'après, je l'ai dépassé.

    Mon sang bouillonne, et les résidus de neige attrapés dans mes cheveux ont glissés désormais jusqu'à toucher ma peau, glisser en des filets minuscules le long de ma nuque. La sensation est légère, presque réduit à un acte que je dédaigne, mais une partie de mon cerveau a enregistré la factualité de ces flocons synthétisés qui me glissent leurs propres existence le long des reliefs de mon dos, et il y a une étrange ressemblance avec la caresse du bout des doigts de Joshua, quand celui-ci, dans un moment silencieux, fait passer ses ongles le long de mes omoplates. Je frémis.

    Ma férocité ancestrale ne vaut rien, tellement rien, désormais.
    Clignement d'yeux, et je cesse de marcher. Le combat ne s'est pas tenu là, mais il y a eu cet instant de superposition de nos corps, un Aliss balancé dans les airs, comme un éclair bleu qui traverse l'espace, et affranchit le continuum du temps, tandis que moi je pose ma main sur sa joue, et qu'il me contemple, la lèvre en sang. Vassal de la féodalité japonaise, j'aurais du, j'aurais du. Je ne l'ai pas fait.
    J'aurais du ne jamais le regarder dans les yeux. Ne jamais me concentrer sur ses lèvres. Ne jamais le laisser se relever. Ne jamais le suivre. J'aurais du l'étrangler. Le réduire en cendre, faire en sorte de tuer chaque spasmes, chaque mouvements de son existence. Brûler ce qu'il était jusqu'à ce qu'il n'en reste plus rien. Disperser ses cendres, afin de l'effacer complètement. Puis l'oublier. Humainement, j'aurais pu le faire. J'aurais du ne jamais le regarder. Ou oublier, simplement oublier. J'aurais du le faire ; et alors seulement, j'aurais peut-être pu atteindre le fond, tout au fond. J'aurais réussi. Je serais devenu Miyamoto Musashi 2. J'y serais parvenu. Victoire et hourra pour le samurai solitaire, pour Zakuro Fea, le meilleur bretteur du Japon. Félicitations à sa persévérance, son courage et son entraînement. Admiration pour ses capacités incroyables, contemplations et jugement mélioratif pour cette légende vivante, ce soldat atemporel armé d'un katana. Hourra, bravo. Zakuro Fea.

    Rire ou pleurer ; la question se tient, et je ferme les yeux, pour inspirer. J'imagine des suintements noires, comme des serpents expulsés hors de ma trachée, jaillir, inonder le sol, me recouvrir, et me noyer de nouveau. J'expire.

    On aurait du me couper la tête. J'attends le bourreau, j'attends son regard, j'attends son sabre qui se lève, et j'attends la morsure sur la peau de ma nuque. J'attends les réactions, j'attends les confrontations, j'attends les hurlements, les protestations. Il n'y a rien de tout cela.

    Et moi, je continue à marcher en basket sur un tatami. Il n'y a rien. Il n'y a plus rien. Il n'y a que ces traces de boues que j'étale, et je contemple, et je saisis, sans vraiment le saisir, l'ampleur d'un respect que je ne réfute pas, que je ne dédaigne pas ; que j'appréhende complètement, mais qui ne m'appartient plus, qui n'est plus une limite. Je contemple un empire renversé, mes idéaux bafoués, mes illusions d'enfance, et mes croyances effondrées.

    De la poussière et de la boue sur des tapis tressés.

    Et debout, en silence, je contemple l'épine dorsale de cet humain blond aux croyances féodales.


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MessageSujet: Re: Un entrainement tardif [ Zakuro Fea ]   Ven 15 Avr 2016 - 20:00

Du rouge, une couleur verdâtre, une plante qui me caresse le visage, la joue, le nez, modifiant les traits dessinés de mon visage d'une force destructrice sans pareil. Le flot rougeoyant, écarlate, dégouline lentement telle une rivière, un fleuve, une cascade, depuis son bassin, rejoignant la rive. Le flot rougeoyant, écarlate, jusque la retenu par un barrage en aval, a finalement cédés devant les assauts répétés du monde extérieur. De la colère des Dieux. Du Dieu, qui règne sans partage sur la vie de ce petit être insignifiant, s'abattant sur la vie elle même.

Le jour était a présent aussi sombre que la nuit, il ne faisait plus aucune distinction entre la lumière et les ténèbres. Tout était réduit a une seule vision primaire de la vie, vivre ou mourir. L’instinct de survie prend toujours irrémédiablement le dessus, l'instinct animal est toujours le plus puissant. Il monte en soi, brouille la vision, obscurité le jugement, empêche un raisonnement logique, il ne reste qu'une chose. Tout faire pour vivre. C'est sans doute ce qui arrive quand on se retrouve face contre terre, dégoulinant de substance vitale.

Il tend le bras dans l'obscurité, cherchant une arme de fortune, ou un objet quelconque pour se défendre, se protéger. Il ne voit rien, il est aveuglé par la colère battante. Puis soudain, tout est calme. Il a le temps de réfléchir, le temps est arrêté. Il est en stase, ses signes vitaux a l’arrêt, ses pensées sortant littéralement de son corps. Il dépasse le cadre du réel et de l'imaginaire. Il n'est pas lui, mais n'est pas un autre non plus. Il voit toute la scène du dessus. Il se voit lui, punissant le ciel mais implorant son pardon. Il voit son bourreau, le visage caché par les ténèbres, il ne décèle aucunement l'expression qu'il arbore. Il est impossible de comprendre un être divin. Impossible de l’arrêter. Il ne peux que subir, priant la grâce de son maitre, priant qu'il achevè sa sinistre besogne.

La douleur a disparut. Ou plutôt, elle n'a jamais était la. Ou plutôt, elle a toujours était la, image inconsciente dans le subconscient, que lui même ne comprend pas. Elle est la, invisible, une amie dont on ne connait ni le nom, ni le visage. Qui te porte jour après jour en sachant que tôt ou tard, sa présence s'expliquera de façon logique, rationnelle. Elle est la a te tenir par la main, a te murmurer dans le creux de l'oreille que le moment approche. Il ne veux pas le voir, il a peur de le voir, mais pourtant elle arrive enfin, et il est trop tard. Il aurait du l'écouter.

Il tourne son visage blessé vers le coin de la pièce. Il n'est pas la seule victime des cieux, une autre a déjà goutté a sa punition céleste. Elle y est accoutumé, elle la prend avec le sourire, si c'est Dieu, alors c'est qu'elle la mérité. Il a tout était pour elle, il est tout ce qu'elle a. Non, elle a quelqu'un d'autre. Mais pour le moment, ce quelqu'un d'autre est a son tour dans la tourmente.

Si c'est Dieu, alors il le mérite. Il n'y a rien de plus a dire.

La douleur revient, plus brutale. Il ne voit plus la pièce. Il ne voit que le sol recouvert d'un carrelage froid et collant. Quand cela va t'il cesser? Bientôt, il le sent, il en a la quasi-certitude. Le temps est bientôt écoulé, Dieu va remonter dans son antre, dans son château dans le ciel, dans son olympe personnel. Car il est seul, il n'a pas d'égal. Il va remonter en attendant que ses jeunes adeptes reviennent le servir avec le sourire, le portant de leurs corps et de leurs âmes, jusqu’à ce que leurs péchés ne l'oblige a revenir les purifier. Il lève la tête, c'est terminé. Plus rien ne sera jamais comme avant. Meme lui semble ne pas comprendre ce qu'il vient de ce passer. Il comprend mieux quand il croise son regard, le regard de sa femme tuméfié.

Je levé la tête, c'est enfin fini, la douleur est la, mais pas celle que j'attendais, pas la douleur des coups. Mon cœur saigne. Je vois le regard de mon père, le regard de ma mère.

C'est terminé, ma vie est terminé.

J'ouvre les yeux. Le soleil a laissé sa place a la lune. Une lune ronde et lumineuse qui perce dans les ténèbres comme un cri dans la tempête. La lumière est éteinte. Ce n'est pas un simple bouton, c'est un minuteur. Le temps est écoulé et l'ampoule c'est éteinte. J'ai dormis, longtemps, ou peut être une fraction de seconde qui m'ont parut durer des siècles. Le Dieu s'est envolé, me laissant seul la ou j'avais besoin d'une présence divine pour m'accompagner. Je me retourne dans un bon. Dans un réflexe agile et rapide, en posture défensive. L'envoyé divin est la.

Un géant m'observe dans les ténèbres.

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MessageSujet: Re: Un entrainement tardif [ Zakuro Fea ]   Dim 17 Avr 2016 - 1:23




    « Zen. »

    Un sourire glissé contre mes yeux, j'avance vers lui. À pas lents, dans une foulée minutieuse, qui flirte la lenteur, parce que le rythme trop rapide de l'instant ne me convient pas plus à moi qu'à lui, j'avance. Dans son excitation trop violente, il trouble ma volonté de me glisser en concurrence avec les ombres des lieux. Je le submerge, en arrivant à sa hauteur, et c'est un instant trouble, calme, durant lequel il pourrait presque me toucher, presque me frapper. J'effleure, je le contourne, nos mei se caressant dans ce contact trop proche, trop familier, de nos natures guerrières.
    Je le regarde.

    Petit garçon, guerrier solitaire dans son nan quan, j'admire les barrières élevées, si puissantes et illusoires, qu'il porte sur ses épaules. Enfin. C'est une manière de parler ; et mes prunelles glissent sur la chair qu'il offre, exhibitionniste  innocent de sa propre nature, aux yeux d'un monde qui ne le regarde pas, en cette nuit trop froide. Joshua trouverait assurément l'inspiration pour  tracer sur sa peau les veinules de mots qui couvriraient son derme de définitions, de limites. Je détourne les yeux, ayant incrusté dans ma mémoire les reliefs de ce corps taillé par le combat, pour le combat. Humain, songé-je. Humain, et en me positionnant dos à lui, affrontant du regard la nuit étalé devant nous, je souris, doucement. Humain, trop humain. Humain dans son positionnement, humain dans son envie destructrice de s'opposer à l'univers tout entier, humain dans sa volonté inaudible de se lier complètement au cosmos, avec cette dynamique étrange que de s'effectuer pratiquant du kung fu wushu. Humain, dans cette contemplation pensive d'une nuit qui ne livre pas ses secrets, qui pose et oppose base et mnésis d'un monde en altercation avec lui-même. À quoi, songé-je, pensais-tu, avant de vouloir te défendre de moi ? À quoi rêvais-tu avant de te rendre compte que je te regardais sans même que tu ne m'aies vu ?  Je ferme les yeux. Si l'on me posait la question, j'aurais à répondre son prénom. J'aurais à répondre que je me perds dans la contemplation de mon humanité opposée à celle, authentique, de ceux qui, comme le préviendrait Lawrence, ne sont pas contaminés. Il y aurait, assurément, les Dévorés, à prendre en compte. Ils seraient ces figures qui tracent sur l'horizon de mon parcours des repères clignotant dans cette structure de l'âme. Ils seraient présents, mais ne seraient jamais vraiment des miroirs, où même simplement des mannequins moulés sur le modèle de mes traits. Je ne me reconnaîtrais pas dans les Dévorés. Je crois. Peut-être que chaque Dévoré le croit. Peut-être que, dans l'antre d'une gorge au travers de laquelle on se noit, emporté par un flot de salive humaniste et nihiliste, chacun se fantasme unique. Je cille, et la lune tremble sous mes cils. Des peut-être en cascade …

    Je me retourne vers lui. Se sont perdus dans mes cheveux les derniers éclats des flocons, retenus prisonniers au travers des filets noirs. On tâche les couleurs du monde, sous la perception centrée de la pupille aveugle et lunaire du ciel. Les lèvres vaguement étirées, je considère désormais avec plus d'attention les traits que sa face exposée me présentent. Il a les prunelles relativement claires, et une formation des angles qui atrophie à son existence l'appartenance uniquement japonaise. Un métis, de toutes évidences. Glissant ma langue sur le rebord de mes incisives, mon sourire devient plus doux, appréciatif de sa présence.

    [color=#3399CC« Tu vas attraper froid, si tu restes à moitié nu près de la fenêtre, chou. »[/color]

    Mon intonation versée dans une modulation moqueuse, je m'assieds au sol, face à lui. Les épaules légèrement courbées, j'ai cette attitude de gros chat trop calme, trop sûr de lui. Sous mon omoplate, un nerf frémi, et je dégage mon épaule, avec cette aisance dédaigneuse que j'adopterais s'il fallait camoufler l'idée de dégainer, tout autrement. Mes yeux plissés, je fixe.

    « Regarde moi cette garde. Avais-tu l'intention de te battre contre moi ? »

    Mon sourire est bon enfant, mais je lui laisse la possibilité d'envisager l'option. J'ignore qui il est, quel est son niveau, et quelle sorte de pratiquant il est, sur la voie du guerrier, mais face à une attitude aussi tendue, je ne peux que sourire. Il y a, dans l'instant, l'équilibre idéal entre mes idées, pour que je n'ai l'envie de me moquer de moi-même et du destin. Après tout, les convaincus ne se prêchent plus, et je suis comme un animal blessé qui est venu se réfugier dans son terrier.

    Doucement, mon sourire disparaît, et je contemple la distance qui nous sépare.

    En effet, il aurait pu avoir l'intention de se battre contre moi. Il pourrait. Et dans l'exception totale de tout objectif, de toute nécessité à la logique ou au réel, il pourrait m'attaquer. Et notre situation évoluerait sur quoi ?  

    Je soupire.

    La fièvre, comme un serpent qui rampe sous ma peau, fait courir sur mon corps, le long de mon dos, un frisson qui me saisit jusqu'aux nerfs, et je tousse. Je tousse, avec la sensation d'avoir un corps à la solidité de carton. Les yeux plissés, je contemple, et cette distance me paraît traîtresse à tout ce qu'elle a pu représenter jusque là. Je soupire. Il n'est pas Kojiro, il n'est pas Senta. Ceux-ci ne représentent plus les figures qu'elles étaient, lorsque mes aspirations martiales étaient fondées. Maintenant, il n'y a plus rien qu'un ami et une hirondelle dont les plumes, une à une, se font arracher par les baisers d'un Chat satisfait de son côtoiement humain.

    Notre situation évoluerait sur quoi, si tu m'attaquais ?

    La bouche fermée, c'est avec les yeux que je pose la question.

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Satoshi Sakutaro
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MessageSujet: Re: Un entrainement tardif [ Zakuro Fea ]   Dim 17 Avr 2016 - 2:25

L'air frais qui passe par la porte du dojo grande ouverte me caresse l'épine dorsale, me faisant frisonner. Pourquoi suis je en position défensive ? Pourquoi ais-je sursauter ? Il est grand, certes, mais ce n'est qu'une homme. Qu'une entité faite de chaire et de sang, tout comme moi. Il a les sens offerts par la nature, la vue, l’ouïe, l'odorat, le toucher, le gout. Du moins, je le crois. Du moins, je l’espère. Il avance vers moi, un sourire éclaire son visage, autant qu'il est possible dans cette pénombre que masque a peine la lueurs tamisé de la lune qui tente de se frayer un chemin entre les murs froids et sacrés du dojo.

La confiance l'habitude, il ne semble pas totalement lui même quand je l'observe, lui et ses pupilles de prédateur. Il vient, sans peur, sans crainte, arrive devant moi, sans s’arrêter, il me dépasse, sans efforts. C'est un jeu qu'il mène avec facilité. Déconcertant. Quelle heure peut il bien être. Ou suis je a vrai dire, cet homme ne fait pas partit du commun des mortels. Il n'est pas de ce monde, tout comme moi. Il a l'aura d'un être supérieur, mais pas supérieur par autre chose que la persévérance. Ce qu'il possède, il l'a acquis de ses mains, ou presque. Une taille pareil nécessite quelques coups de pouces du destin.

Je suis comme paralysé, je ne recule pas, ni n'avance, préservant mon souffle tandis que le sien est a deux doigts de me toucher, en même temps que nos essences mêmes. Il n'y a aucun doute, il est descendu pour moi, pour punir l'arrogance qui m'habite et m'habitera toujours. Il prend la relève d'un être divin désormais réduit a l'état d'esclave. Il marche en conquérant, son regard bleuté me pénètre d'un éclat tel qu'il contraste avec ses cheveux presque invisible dans la pénombre ambiante. Il s’arrête dos a moi, il ne tient aucune garde, il attend, le moment propice. la faille que je vais dévoilé soudainement, mon erreur. Cette présence écrasante me permet de déterminer avec facilité la carrure taillé dans un marbre quasi parfait, un marbre légèrement blanc, légèrement pale, qui contraste avec ce bleu, avec cette lune.

Il repart plus loin et finit par me refaire face. Son regard se plonge dans le miens et un frisson me parcourt l'échine. J'ai compris, ce qu'il me différencie de cet homme. J'ai la force. Je ne peux pas la comparé, je suis peut être plus fort, peut être plus faible. Équivalent. Une joute de force brute ne déterminerait aucun gagnant a coup sur. Mais je connais désormais la difference entre un homme et un élève. L’expérience. Ce regard reflète la vie, le combat, les blessures, les efforts, la vie. Sans doute même plus que tout, la détermination. Je n'ai rien d'autre que mes efforts, la source de pouvoir que m'inspire mes résolutions. Il n'y a rien de plus déterminant d'un duel que l’expérience de la vie et de la mort des deux combattants. Il me surclasse, je ne suis qu’élève en sa présence. Je m'incline et imperceptiblement, sans doute même involontairement, je baisse la tête d'une façon infime, tandis que sa voix, moins caverneuse que celle de géant que j'attendais, me propose de me rhabiller pour ne pas attraper froid.

Méfiance, attente, respect. Respect pour cet homme qui est en face moi avec la volonté évidente de faire la paix, alors que je tiens la hache en l'air, les sourcils froncés. Il ne prend pas d'appuis, pas d'avancer, ne se dépare pas de son sourire légèrement maladif.

« Regarde moi cette garde. Avais-tu l'intention de te battre contre moi ? »

Je sursaute, il me parle, encore, de la même voix. J'ouvre les yeux, ils étaient ouverts, mais fermés dans le même temps. Je prend possession de mon environnement, de mon interlocuteur. Je baisse ma garde, un sourire apparaissant sur mon visage. Crispé, timide, rougissant. Il m'a simplement fait sursauté alors que je dormais. Mais cet aura, cet aspect presque meurtrier que j'ai sentis dans mon dos, que je ne ressens plus a présent. Mon rêve m'a joué des tours. J'incline la tete, et le haut du buste, dans le plus grand geste de respect que la nature m'a permis d'offrir, la soumission volontaire:

- Je m'excuse, vous m'avez surprit, j'ai étais inattentif et vous ai causé du tord dans cette menace involontaire. Je me confond devant vous.

J'ai menacé cet homme, j'ai honte de moi même, et je me félicite de l'avoir fait, face a un tel monstre.

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Zakuro Fea
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MessageSujet: Re: Un entrainement tardif [ Zakuro Fea ]   Sam 7 Mai 2016 - 1:10

    Notre situation évoluerait sur quoi, si tu m'attaquais ?

    La corde tendue de nos agitations vibrantes s'étire en silence, dans une extension inédite de nos regards qui s'affrontent. J'imagine les mouvements tout autant que je les envie. En une perception physique, émotions à fleur de peau, ce sont nos âmes qui s'effleurent, -absence d'âme-, une rencontre sismique de nos mei combattants, je souris. Je souris, et dans mes yeux, dans la courbe douce, entretenue par le plissement de ce rictus, de ces morceaux de chairs qui s'étirent de manière opposée, il y a toute la tension éprouvée. Dans la perception de cette réalité qui me paraît déformée, au travers d'un rideau de cil que la mélanine n'a que trop assombri, cette réalité perçue au travers d'un voile opaque, -celui de mes yeux fatigués-, je laisse s'affaisser doucement l'électrique agencement d'une volonté trop puérile.

    Et dans ce mouvement d'abandon, s'élève le frisson malade d'une fièvre qui me transporte en dehors des limites de la lucidité. Je cille. Il sursaute. Mon esprit babille, et doucement, dans une définition d'adverbes oscillant entre « lentement » et « prudemment », ses propres muscles se détendent. Dans sa paralysie trop violente, il y avait les coups de feu en écho à ce que j'avais déjà transmis, bien plus tôt. Un métro immatériel, des phalanges refermées autour de la crosse d'un revolver. Et mon aura, la sienne, la leur, à lui, à tous, perturbées face à ce rouge qui coulait.  Ses doigts se détendent, et je contemple, sous mes cils, le mouvement que ce corps engage.

    Il se détend et moi je tremble.

    Je voudrais rentrer, désormais. Il n'y a plus cet attrait, lequel m'a poussé à franchir les lieux, à dépasser les limites que j'ignore maintenant au profit d'une volonté puissante, bien plus puissante, d'aller me réfugier dans les bras, sous le sourire, d'un chat de Cheshire somnolent. Il n'y a plus cet attrait, je crois, à vouloir patienter le temps, attraper la matérialité, et défaire mes nœuds de ce qui n'existe plus, de ce qui s'est vu détruire, envolé sous le vent, sous les ricanements. Je frissonne, ma peau devenue l'écran trop tactiles de mes sentiments à vif. Je voudrais n'avoir jamais rencontré ce garçon, surtout pas ce soir. Je voudrais n'avoir pas voulu venir ici, et simplement être rentré chez moi, plus tôt que nécessaire. Je voudrais n'avoir à pas me reconnaître dans la forme indistincte de cette humanité qui, sans me ressembler, rassemble en moi les échos de mon propre passé.

    Et il s'incline.

    Il s'incline, et dans cet abaissement réglementé du buste, de cette nuque qu'il m'offre au regard, je fais se déployer tout un éventail meurtrier ; projetant sur lui, avec le sourire, les conditions de meurtre que je pourrais offrir à cet enfant féodal. Décollation succincte de ma volonté, de la sienne, j'imagine sa tête, blondinet tendre, rouler à mes pieds, décrire dans sa course des arabesques folles et vermillons. Je cille.
    Il ne le sait pas. Mais sa réponse éructe mes humeurs, et je redresse le regard, furieusement, sur lui. À quelle sorte de dieu s'est-il allié afin de se moquer de moi, là est la question. Quand, qui, pourquoi s'amuse t-on à répéter la scène, alors que mon esprit sombre dans la lourdeur et la langueur désagréable de l'absence de commande, de réponse convenable.

    Je pourrais lui parler de respect.

    La réponse serait trop facile. Moi, c'est en posant les genoux à terre que je me suis incliné ; allant poser mon front jusqu'au bitume. J'ai récolté un rire, des sourires, des doigts tirant sur mes vêtements, et un goût de fer sur mes lèvres. Je pourrais lui parler de respect, d'honneur, de limites et d'obstacles. Mes pupilles, en griffes adoucies, se rétractent, et je me redresse, lentement.

    Les pas auraient du être silencieux, mais les semelles, sur le tatamis, produisent ces crissements infernaux, déchirants, qui très vite, assènent sur mon propre zen les failles d'un énervement trouvant sa base dans la fatigue physique. Je viens poser le tranchant de ma paume sur sa nuque. Une pression des doigts, rapide, qui contracte mes ligaments, et nervure mes avant-bras.
    Et si je t'attaquais, là ?

    « Continue à faire des révérences, y'en a à qui ça plaît. Tu devrais venir me lécher les bottes, aussi. Si tu crois que c'est mon genre. »

    Je soupire.

    « Gamin. Crois-tu que la politesse va te sauver toute la vie durant ? »

    Imagine que je sois un bakuman carnivore.

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MessageSujet: Re: Un entrainement tardif [ Zakuro Fea ]   Dim 8 Mai 2016 - 16:24

« Continue à faire des révérences, yen a à qui ça plaît. Tu devrais venir me lécher les bottes, aussi. Si tu crois que c'est mon genre. »

Il soupire dans une posture démoniaque, jouant avec ma vie comme avec un hache qu'il a lui même enterré un instant plus tôt. Comme si sa volonté de faire la paix était obstruer par une envie plus primaire. Il rajoute avec la même tonalité qu'il a usé un instant plus tot, cette façon supérieur d'évoquer mon statut que je souhaitais humble et honorable.

« Gamin. Crois-tu que la politesse va te sauver toute la vie durant ? »

Je ne le crois pas non. La politesse n'est pas une affaire de sauvetage, mais une affaire de respect. Ce même respect ancestral qu'on transmit de génération en génération les maitres les plus aguerrit de notre monde. Ce respect ne se trouve pas dans la violence que j'aurais pu mettre en place contre ce géant, ni dans le coup que j'aurais pu lui mettre a l'instant ou il a posé les doigts sur ma peau découverte, a l'instant ou il a placé la paume de sa main sur ma soumission. Le respect se trouve dans la façon de ne pas attaquer un adversaire sans raison valable,  qui aurait pu se traduire ici par la surprise que j'ai ressentis dans ma chaire quand il m'a prit en traitre une seconde plus tôt devant la lune éclatante et les étoiles chantantes. Le respect que je voulais lui donner pour m'avoir laissé le bénéfice de me relever et de lui faire face, sans aucune attaque perfide. Le respect que je voulais lui donner a lui, combattant que je reconnais d'un regard.

Mon maitre m'aurait dit que le respect est la règle numéro un a mettre en œuvre dans une rencontre entre deux combattants. Qu'il ne peux pas y avoir de combat sans respect. Si cet homme cherche a provoquer mon envie guerrière, il s'y prend de la pire façon possible. Sa simple présence me met mal a l'aise, et son regard maladif me rend songeur.

- Je ne cherche pas a m'excuser, je voulais juste saluer quelqu'un qui a eu la décence de me laisser me relever.

Mon regard descend lentement vers ses jambes, puis ses chaussures crasseuses qui souille ce lieu sacré. Ce lieu ou on sué durant des générations nos ancêtres, nos maitres, nos ainés, et que tu salit sans aucune vergogne. Je lève légèrement le menton pour pouvoir de nouveau regarder l'ombre qui me suit et fait d'une voix toujours aussi basse, le silence ambiant ne m'aidant pas a relâcher la vibration de mes cordes vocales:

- Et j'aurais aimé que vous fassiez preuve du même respect envers le sol qui vous a vu naitre. Qui a vu naitre ceux avant vous, et qui verra naitre vos successeurs.

Je tremble légèrement, l'adrénaline monte lentement dans toute les fibres de mon corps, en pensant rapidement a tout les moyens de défense que je pourrais mettre en place en répondant a l'attaque qu'il pourrait envoyer suite a cette phrase. Suis-je capable de répondre, suis-je capable de lui faire mal. Suis-je capable de fuir ? Et ou serait le respect dans la fuite ? Mais ou serait le respect dans ma propre mise a mort ?

Je n'ai plus le choix, je dois faire face a sa réaction, a sa force et a sa colère. Mais je n'ai plus peur. Un Dieu n'aurait jamais dénigré un signe de respect, mais un monstre non plus. Cela aurait flatté son égo. C'est un homme, comme moi, et toute force qu'il a, elle n'est pas divine, je peux y répondre. Je vais y répondre. Je me tiens la dans l'éclat lumineux qui m'éclaire depuis la froideur de la nuit, mes muscles se contractants légèrement dans un réflexe martial. Et tandis que je vis peux être mes derniers instants, je repense aux paroles de mon maitre, qui m'a dit de ne jamais attaquer quelqu'un que je ne suis pas sur de battre. Je souris lentement dans la pénombre, en m'excusant mentalement de l’échec de la mise en place de ce conseil pourtant si précieux.

Je rabats mes manches et renferme mon torse dans son carcan de tissu. Ce n’était pas un si mauvais conseil. Tout est normal a présent, si il veux me tuer qu'il le fasse, j'accueillerais la mort avec le sourire, comme je l'ai fais dans le passé. Je l'accueillerais et je lui dirais que son envoyé n'a pas bu mon âme. Je ferme alors les yeux en ajoutant:

- Vous aviez raison, il ne fait pas assez chaud pour rester dans un accoutrement pareil en pleine nuit.

Oui je le respecte, car tout envoyé divin qu'il est, c'est juste un humain, mon égal. Et pour ça, je remercie son employeur et je lui souris. Avec cette dernière phrase, j'ai posé le pied sur la hache qu'il s'est efforcé de tiré par la force de sa pensée, je me présenterais bien, mais je ne suis pas celui qui est arrivé en second.
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MessageSujet: Re: Un entrainement tardif [ Zakuro Fea ]   Dim 5 Juin 2016 - 1:04



    Claquement. Vibrantes. Des phrases qui s'assènent en un tempo qui poignarde, et je relève les sourcils en un constat interdit. Il suffirait de déployer des apanage de mots, d'expressions muettes face à ces ressentiments trop dommageable, éviter les dégâts collatéraux, et la soirée se serait simplement déroulée sans accroche, sans que ni lui ni moi ne cherchions à provoquer cette sensibilité trop tactile des sens qui s'affrontent. Comme du méthane en combustion, c'est mon aura qui s'enflamme, le mei adoptant des vibrations électriques, lourdes de tensions chargées par ces dynamiques meurtrières. Je darde mes yeux sur lui, abandonnant mon intérêt pour la lune et pour le calme de la nuit. Les frémissements se transforment, la fièvre opacifiée par un désir à la possessivité sanguine. J'ouvre les hanches, mes épaules s'étirant vers l'arrière.

    « Du respect pour le sol ? ... »

    Un sourire, équivalent à tous les rires que je n'ai pas envie de prononcer. Un sourire, en réponse à cette croyance à laquelle j'adhère dans mes fondements shintoïstes, mais que je réfute lorsqu'il s'agit de balayer les limites. Négation que je souligne en secouant doucement la tête, lèvres gonflées en une expression boudeuse. Non. Je ne vais pas témoigner de respect pour le sol, pas plus que je ne témoignerait de respect pour toute faction matérielle et amenée à voir sa propre condition bouleversée au fil du temps.

    Je reporte mon regard sur lui, et dans un constat qui se cerne sur la perception de son mei, je considère le fait qu'il a crampé ses muscles en une ténacité violente de la tension qui se charge soudainement. Mes mâchoires se crispent, et j'ouvre les yeux avec un intérêt soudain, palpable, tandis qu'il couvre sa peau d'un vêtement qu'il avait retiré pour la lune. Ma langue claque cette marque d'impatience, et sous mes épaules, un frisson minuscule se trace un chemin sinueux au travers de ma contemplation alerte.

    - Vous aviez raison, il ne fait pas assez chaud pour rester dans un accoutrement pareil en pleine nuit.

    Silence. Je ferme les doigts, et j'inspire.

    Ses muscles sont crispés, et dans un retors soudain, l'élastique trop tendu d'une tension accumulée explose. Bulldozer à la frappe aveugle, c'est comme un éclat qui résonne dans un silence nocturne. Mon cerveau hurle. Le mouvement claque. Bruit atone, qui résonne de mes poings jusqu'à mes os, dans un craquement sourd, les vêtements traversés par une onde qui balaie. Je le projette au sol, sans état d'âme, sans fulgurance meurtrière, mais avec une implacabilité presque arrogante, tant mon mouvement se présente sous une hospice de force brute, de supériorité dans l'initiative martiale. J'impose le rythme, et mes os gondolent sous l'énergie qui se déverse. À cet instant, dans un départ canonique, le rythme cardiaque adopté par mon myocarde s'emploie à battre une fréquence sourde, violente. J'expire des mots, le souffle aussi cassé que la voix.

    « … un corps qui pèse trois fois moins lourd que le mien. »


    Mes doigts se tendent, courbes de phalanges accrochant l'oxygène et l'azote dans un revers lent, calme, de mes poignets. La garde est basse, abâtardie par un mélange obscur des styles adoptés, et je contemple, au dessus de mes mains, ces possibilités de frappe qui se présentent. Campé dans le silence moqueur d'un sourire de satisfaction prédatrice, mes bras tendus dans un angle qui adhère à l'énergie utilisée, j'ai les poumons ouverts en une asphyxie des sens.

    Mon zenshin déployé.



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« Le bleu. Tu es le ciel qui surplombe la terre, qui grise le regard des gens en quête de réponses ou d’atmosphère. Tu es l’intemporalité qui veille sur la planète, qui transcende l’existence sans pour autant la manipuler, sans pour autant se l’approprier. » K. J. M
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MessageSujet: Re: Un entrainement tardif [ Zakuro Fea ]   Dim 5 Juin 2016 - 20:22

La lune s'assombrit, son éclat disparaît petit a petit, ses rayons quittant avec une lenteur résolue le sol, le tatami sacré que je m’efforce de protéger depuis deux minutes. Il n'aime pas ça, cette façon de répondre. Ou au contraire, il adore, cela le stimule ? Il me semble légèrement ailleurs, et pourtant affreusement présent, sa masse dominante effaçant ma propre existence d'un revers de main. Mais son sourire est équivoque. Il n'en a que faire, il ne montre aucun respect pour les personnes que j'ai toujours presque vénéré. Colère. Angoisse ? Ce sentiment qui m'étreint la poitrine, je ne parviens pas a le définir. Il souhaite m'attaquer, il souhaite me tordre, me pulvériser. Ou pas. Je n'en ai aucune idée, mais je ne peux m’empêcher d'avoir l'impression qu'il attend quelque chose.

Douce utopie.

Il n'attendait pas, il n'avait tout simplement pas envie de passer a l'action précédemment. Et moi, tel un sac de frappe, l'attend planté dans le sol sans réaction. Mouvement en avant. D'une vitesse étonnante. Un corps si massif, bouger de la sorte, ne fait que renforcer la surprise qui me frappe quand je le vois avancer d'un trait vers moi, sans hésitation, les muscles bandés dans une provocation meurtrière. Je sens un contact rapide, précis, chirurgical. Je suis mort. C'est ce qui aurait pu se passer si il l'avait voulu. Je me sens partir en arrière, tomber sur le tatami désormais privé de luminosité. Il est fort, puissant, massif. Mais ce qu'il a fait la, n'avait rien de technique. Une simple démonstration de la différence de force brute que le ciel nous a accordé a la naissance. Que nos parents nous on transmit a travers nos gênes. Je n'y peux rien, lui non plus, je suis plus faible que lui.

Ma tete heurte le sol dans un bruit sourd. J'ai néanmoins amortis ma chute avec expertise. L'habitude de tomber au sol sous un assaut me revient pendant l'attaque. Un souvenir datant de plusieurs années, a l'époque ou un autre guerrier s'amusait a me soumettre encore et encore. Mes bras me rattrapent, m’empêchent de sombrer dans le ridicule. Alors que je touche enfin terre, je laisse doucement ma tête toucher le sol, comme dans une relaxation inutile. Je suis mort. Et je suis en colère contre moi même. Tomber de la sorte contre une attaque aussi caricaturale. Il n'a rien fait, il m'a poussé, et je suis tombé. Tant d'année d’entraînement pour perdre face a une simple force, le ciel a tant envie de rigoler de moi que cela? Non. Ce n'est pas lui, c'est moi qui ai manqué de vigilance.

Dans une torsion abdominales, je me relève d'un bond, me retrouvant debout devant le colosse de chair. De mon front tombe une perlée de sueur, dans un écoulement presque sanguin. Je m'époussette légèrement le bras. Frapper. Je n'ai que ça en tête. Une idée de vengeance enfantine. Mais je pense qu’après avoir perdu de la sorte, je ne pourrais me reposer tant que je lui aurais prouvé que la technique et l’entraînement est supérieur au compétences naturellement acquises. Je ne pourrais me reposer tant que je ne lui aurais pas fait goûter le sol qu'il bafoue.

Mon bras claque en avant, une frappe précise, chirurgicale, sur son point vitale. Le plat de ma main heurte son foie, dans un contact sourd et écœurant, le pliant en deux. Puis mon pied vient ensuite cueillir son genoux, frappant l'os d'une façon presque aussi douloureuse pour lui que pour moi. Il a un corps dur, mon pied fait a peine le poids. Mais il fléchit, s'approche du sol.

- Goutte ce sol que tu souilles de ton irrespect.

Je ne suis plus moi même, je suis dans un état second. Tout mes sens sont en alertes. Car il n'en restera pas la. Un guerrier pouvant se relever, ne s'agenouille jamais dans un affront.

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MessageSujet: Re: Un entrainement tardif [ Zakuro Fea ]   Ven 24 Juin 2016 - 18:02

    Halo silencieux, la lune est un œil ouvert qui m'affuble d'un regard livide. Je bascule. Il est venu frapper, fort, appuyant dans les articulations, sans que rien ne puisse le retenir, si ce ne sont mes yeux. Ils capturent son mouvement, son attitude, dans un tenaillement presque passif, presque contemplatif de mes prunelles rivées à son déplacement. Il bouge bien, je songe. Et mon dos heurte le tatami. Claquement sec, mes muscles crispés, la chute a été violente, provoquée par un dynamisme puissant. Je ne peux pas le nier ; son talent est certain. L'impact, modéré, a réduit considérablement les dégâts de son offensive, et je reste étendu en considérant que si je n'avais pas enroulé mon dos, il m'aurait probablement rétamé dans cette charge. Quitte, possiblement, à s'y briser les os. Je souris.

    Allongé au sol, dans cet immobilisme pensif de mon corps qui s'éveille au combat, sont drapés sur moi les luminosités trop pâles d'un astre qui me subjugue. Paupières abaissé en l'angle visuel de ce détail qui me captive, je considère l'idée de rester allongé, afin de profiter de cette appréciation trop indéterminée de l'absence de finitude. Ce ne sera pas le cas, fatalement. Ce ne sera pas le cas, mais je compte les secondes avant de devoir me redresser. Les bras étendus, mes doigts relâchés, j'imagine la situation transposée au contact d'un lit, d'un matelas, et des draps sous mon échine. Ma respiration se calme, et je ferme les yeux. Je pourrais rester là, pour l'éternité, à attendre que Joshua vienne me réveiller. Le monde ne s'en porterait que mieux.

    « . . . - Chiant. »

    Je n'ai pas la moindre envie de me relever, de considérer la possibilité d'un combat alors que tout mon corps s'avère secoué par un épuisement qui trouble mes repères. Je n'ai pas envie d'avoir à frapper dans un corps, pour extirper de sa chair un échange d'énergie qu'il me rendra, jusqu'à ce que je l'use, jusqu'à ce que je le fasse tomber au sol, ou abandonner. Je connais les types de son genre, trop guerriers, trop admirables, trop honorables. Sa remarque sur mon irrespect est la marque de fabrique de ce genre d'individus. Ils sont les soldats ombragés de ces valeurs qui ne se tuent pas. Ils sont les héros parfaits, existant, remarquables et violents dans leurs passions. Des types qui ne s'arrêtent pas, jamais. Même si tu leur brise les bras, les jambes, comme des damnés, ils reviennent pour te ronger avec leurs dents, jusqu'à ce que le temps finissent par les effacer. Cycles impérieux, ils se succèdent les uns, les autres, mus par ces motivations qu'ils trouvent dans l'essence de leur valeurs. Droiture, honneur, fidélité. Mes paupières fermement closes, je soupire.

    « … Non. Franchement. Vraiment, vraiment chiant. »

    Ma voix est propulsé en un souffle rauque, presque brisé sur le peu d'air que j'active à projeter jusqu'à dans mes cordes vocales, et en résultats cette vibration trop peu motivée. Je referme les poings.

    « Mais t'as l'air de vouloir vraiment y tenir, hein. »

    J'ouvre les yeux, et me redresse. Mine contrariée, dans mon échine qui se déploie, je me tourne lentement vers lui, pour lui faire face. Maintenant, c'est dans mon dos que la lune est éclatante, et projette sur lui son rayonnement fantômatique. Le menton relevé, dans une considération aux yeux plissés sur lui, j'envisage l'idée, un instant, de l'étrangler à main nue. Des ombres comme lui, humaines, trop humaines, qui me rappellent mon passé. Je siffle.

    « Alors on va fixer tout de suite les règles. Tu m'emmerdes trop, et je te brise les doigts. Tu joues simplement, échange des coups avec moi, et ensuite tu me laisses tranquille. Je t'expliques, buddy ; je ne joue pas au samurai, je ne joue pas au guerrier wushu. Nous ne sommes pas dans la même dynamique. Toi tu veux progresser, et moi je veux m'arracher à cela. »

    Cela. Je fais un geste vague.

    « C'est humain. Matériel, historique, avec toute sa philosophique, sa culture, son histoire. Je suis au bout du chemin, et ça ne me fait plus progresser. »

    Je m'avance vers lui.

    « Mais toi, tu recherches cette essence-là. Ce bushido là qui te fera expérimenter l'effort, l'élévation dans ton parcours martial. Tu te dis que si tu me bats, si tu m'affrontes surtout, tu vas encore progresser, et apprendre de ce combat, peu importe la finalité. N'est-ce pas ? »

    Je viens ruer mes yeux dans les siens, opposant ses prunelles humaines aux miennes. De l'ambre, métis à ses origines asiatiques, à mon bleu maladif. Mes doigts attrapent son poignet, et je lui soulève la main, comme pour la lui dévoiler.

    « Tu te dis qu'en répétant dix mille fois le même mouvement, en continuant ainsi à progresser, avec ces mains-là, tu seras en mesure de répéter ce que ton maître avant toi a su réaliser. Et tu apprendras la même chose au garçon qui deviendra ton élève, dans quelques années. Tu es sur une voie, et tu la poursuis, sans rien regarder à côté. C'est là qu'on diffère. »

    Je le relâche. L'idée d'une clef de bras a été envisageable, le temps d'un instant, le temps d'une seconde, mais je ne le touche plus. Un sourire amer, presque douloureux, couvre ma face, et je recule d'un pas. En pliant les genoux, je viens effleurer le tatami de mes rotules, et enlever mes Docs Martens, que je vais déposer jusqu'au bout du tapis. À pas lents, déchargeant mon énergie dans chaque pas, je reviens me positionner, finalement, en face de lui. La lune, dans mon dos, est cette présence spectrale dont s'englobe mon mei. Mon souffle se relâche, mon corps se détend.

    « Vas-y. Frappe moi. Trois fois, dix fois. Fais moi tomber, cette fois. Je ne me défendrais pas. Défoule-toi. »

    Je ne frissonne plus, je le contemple.

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MessageSujet: Re: Un entrainement tardif [ Zakuro Fea ]   Mer 29 Juin 2016 - 23:10

Je me sentais bien, je me sentais fort. Tout ce qui pesait sur mes épaules avaient disparut. C’était tombé au sol, sans crier garde, dans un effort inconscient de mon esprit, de mon instinct de survit. Tout a chuté au sol, sur les pieds souillés de mon adversaire d'un soir. J'avais a peine sentis le choc de ma main dans son torse. Peut être parce qu'il avait atténué le choc en reculant en même temps, ou peut être était ce parce que je ne ressentais plus rien du tout a cet instant la. Je l'ai entendu, j'en suis persuadé, ce monstre dans mon ventre, dormant dans ma poitrine, puis grondant depuis mes entrailles.

Il s'est réveillé. Le choc l'a réveillé. La tension, l'adrénaline, tout ce qu'il fallait pour lui dire de prendre la place de son hôte. Cela n'a duré qu'une seconde, qu'un instant, qu'un coup. Peut être que c'est bel et bien moi qui a frappé. Ou peux être que c'est un autre qui a profité de mon état second. Un Ashura, descendant du roi en ligne direct, l'héritier d'une furieuse lignée de créature violente et folle de rage.

Toujours est il que lorsque j'ouvre mes iris sur mes paupières déjà ouvertes, la situation a changé, tout a changé entre nous. J'étais intérieurement sur que je l'avais frappé, mais le voilà debout. Il se tient face a moi, de toute sa stature, de toute sa puissance, me scrutant du regard. Mais il y a une chose qui me frappe encore plus. A présent, il est illuminé par la grâce de la lune, qui ne m'éclaire que des rayons ingrats qui n'ont pas eu la chance d'éclairer le dos du géant. A présent je me tiens a demi courbé dans la pénombre, les yeux brillant dans une atmosphère obscure. Notre situation s'est inversé. Je suis la bête a présent.

Il a parlé, mais je n'arrive pas a comprendre ce qu'il dit. Il a changé de langue peut être ? Non, ce n'est pas le problème. Je vois ses lèvres qui bougent. D'abord sur quelques syllabes, puis sur des phrases entières. Je ne les entends pas, je suis imperméable a l’extérieur, a mes alentours. Je suis juste éblouis par ce qui se tient devant mon regard redevenu humain. Je ne sais même pas pourquoi je l'ai frappé. C'est une cruelle vérité pour moi. J'ai attaqué sans vraiment savoir pourquoi, dans une pulsion passagère, violente, bestiale. Ce n’était pas la première fois. La deuxième en fait. Et je savais donc ce qui aurait du suivre. La douleur qui se réveille au coin de mes lèvres me le rappel, la langue tâtant dans le creux d'une dent disparut achève de m’éveiller a ce souvenir. Et ce regard qui ne me quitte pas. Qu'ai je fais ?

Mais c'est le contact de sa main qui me ramène a la réalité de la scène. Il me prend le poignet, sans rapidité ou force, juste dans un mouvement que j'ai pas le moins du monde anticipé, que je n'avais aucune chance de contrer. Ça y est. Ses mots arrivent tous en même temps. Je les entendais bien finalement, je n'étais juste pas apte a les assimiler encore une seconde auparavant. Je pourrais m'agenouiller devant lui pour m'excuser, pour éviter le combat.

C'est ce que j'aurais fais habituellement. Mais pas cette fois. Je n'en ai pas envie, ses paroles me troublent trop. Il sait. Il m'a comprit. Et en même temps, il se trompe totalement. Et moi aussi, je suis aveugle. Je sais très bien ce que je voulais, mais ce n'est pas vraiment ce qui est arrivé, et ce n'est pas ce que je veux a présent. Et l'entendre me le fait le comprendre partiellement, sans doute. Mais il veux que je l'attaque ? Que je le frappe ? Je n'ai pas le cœur a ça. Je ne l'ai plus en fait. Le monstre s'est rendormit, et je doute qu'il se réveil maintenant que je suis dans cette attitude.

- Comment pourrais-je frapper quelqu'un qui ne se défend pas....

Je soupire, mon dos qui était cambré jusque la se redresse. Mon regard est plus vide encore qu'avant. Je suis en réflexion. Les mots qu'il vient de me dire résonne dans ma tête. Comment fait il. Qu'elles sont ses actions au quotidien ? Mes bras encore tendu se baissent a leurs tours. Je rougis légèrement, d'une façon plutôt discrète grâce a l'obscurité.

- Je voulais être comme tu l'as dis. Devenir fort, savoir ce que cela fait d’être supérieur a un adversaire. Progresser encore et encore, s’entraîner constamment. C'est pour cela que je cours jour après jours des dizaines, des centaines de mètres. C'est pour cela que tout les jours je fais face a un pantin de bois qui ne regarde que l'ombre que je projette derrière moi. C'est pour cela que je vénère les croyances martiales que tu as évoqué.

Je m’arrête, j'hésite. Il va me faire taire d'un coup, me prendre en pitié et partir, me regarder avec mépris. Peut être les trois a la fois, peut être rien de tout cela. Je me sens faible. Finalement, c'est ce que je veux vraiment, mais ce n'est pas du tout comme cela que je le voulais. Je m'en rend compte a présent. Je ne veux plus avoir cette sensation. Je ne veux plus être supérieur a un adversaire, et voir dans son regard la peur que j'inspire, la terreur de m'avoir en face. Je ne veux plus voir dans le regard des gens, celui que j'ai eu lorsque mon père frappait ma mère ce soir la. J'hésite, je bredouille, j'avance d'un pas, pénétrant d'avantage dans la lumière lunaire :

- Comment fais tu. Pour quitter ce cycle. Pour t'y arracher, comme tu as dis précédemment. Comment fais tu ? Que fais tu ? J'ai le sentiment que....si j’arrêtais, alors ma vie s’arrêterait a l'exact même moment, sans que je ne puisse plus rien faire pour trouver une nouvelle route.

Je m’arrête, je n'ai pas réussis a vraiment dire ce que j'avais envie de dire. Je me suis embourbé dans une explication hasardeuse. Je l’ennuie. Je m’ennuie. Je me dégoutte même. Moi, en train de renier mes croyances divines devant un parfait inconnu, l'ennuyant de mes paroles insensé. Je baisse les yeux, me préparant a lui laisser la place que je lui avais pourtant défendu de fouler quelques minutes auparavant.

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MessageSujet: Re: Un entrainement tardif [ Zakuro Fea ]   Dim 18 Déc 2016 - 1:43

    Il y a, dans cette contemplation, un absolu certain dans lequel se transpose pesenteur et douleur. Une considération totale, évaluée du bout des doigts, dans laquelle je pouvais presque m’enfermer, et ne plus rien ressentir. J’avais défié mon adversaire à me frapper, et l’élan, dans une évanescence de seconde et d’instant, s’est vu transformé, complètement. Maintenant, il n’y a plus que le vide, dans lequel je ressasse mon essence.


    Il y a entre nous deux la corde vibrante de la compréhension. Dans la condensation de nos dynamiques, il y a, pour lui et moi, cette possibilité d’accéder à la valeur l’un de l’autre, et j’ai à effectuer cet effort à son égard, pour appréhender complètement sa martialité.
    Qui es-tu, maintenant ?

    Toute son attitude est transformée, et se sont abaissées les digues d’une fureur trop violente qui menaçait de submerger. Qu’avais-je à faire face à cet élan ? Mes pupilles concentrées sur lui, j’étudie, et il me semble que désormais, je perçois moins bien, mais j’entends plus correctement. Le changement des sens me perturbe, et ma primauté dans le visuel étouffée me dérange. Je cille, et il ouvre la bouche.

    - Comment pourrais-je frapper quelqu'un qui ne se défend pas....

    Ce n’est pas une question, alors je ne bouge pas.

    Je voulais être comme tu l'as dis. Devenir fort, savoir ce que cela fait d’être supérieur a un adversaire. Progresser encore et encore, s’entraîner constamment. C'est pour cela que je cours jour après jours des dizaines, des centaines de mètres. C'est pour cela que tout les jours je fais face a un pantin de bois qui ne regarde que l'ombre que je projette derrière moi. C'est pour cela que je vénère les croyances martiales que tu as évoqué.

    Petit garçon, guerrier solitaire. Les mots se répètent dans mon esprit, dans une réminescence presque ironique à ce que nous avons déjà vécu jusque là. Il n’y a pas vraiment de surprise, et comme si la situation s’était déformée, se trouvant piégée dans une boucle, je considère la nouvelle optique de la temporalité captée. Je soupire. Les croyances martiales que j’ai évoqué, les entraînements, les jours qui passent. Je connais cette expérience, je connais ces trames de vie qui marquent la peau et l’esprit.

    Le garçon hésite, marque un temps d’arrêt. Des dispositions à l’abandon, et l’effleurement concret de la difficulté : il est sur le point de cesser, de casser son rythme, et de flancher. J’observe, je cherche à comprendre, et

    - Comment fais tu. Pour quitter ce cycle. Pour t'y arracher, comme tu as dis précédemment. Comment fais tu ? Que fais tu ? J'ai le sentiment que....si j’arrêtais, alors ma vie s’arrêterait a l'exact même moment, sans que je ne puisse plus rien faire pour trouver une nouvelle route. 

    La réponse s’avère plus compliqué que ne le supporterait la réalité martiale. Je n’ai pas seulement abandonné ma manière de voir le monde, je m’y suis aussi complètement arraché, et je ne crois pas, en aucune façon, qu’il y ait un moyen pour lui d’emprunter le chemin que j’ai choisi d’arpenter. Ce n’est même pas une question de difficulté, c’est un choix émotionnnel.

    « Je ne pense pas que mes choix, mon parcours puissent t’aider d’une quelque façon. »

    Je croise les bras, en soupirant.

    « J’ai arrêté de croire aux armes, aux entrainements, à la philosophie. J’ai arrêté de voir les limites que ça imposait. Ça a été vachement plus difficile que ce qu’on peut imaginer, mais j’ai juste choisi de croire en moi. Eyh, petit, tu as l’air vraiment bien plus motivé que moi, je ne devrais même pas avoir à te dire ça. Je voulais que tu me frappes, cela aurait été beaucoup plus aisé pour moi. Là, tu me demandes de t’expliquer un truc que je veux garder caché. Je ne sais pas comment t’aider, au final. Je veux juste te faire comprendre que tu es humain, et qu’en cela, tu as des centaines de possibilités d’exister, d’appréhender la réalité. »

    J’avance, et le contourne. Un combat aurait singulièrement été une situation plus facile à contrôler. Avant de le dépasser, je m’interrompt, et en tendant les doigts, viens poser ma main sur son épaule.

    « Tu sais, on devrait faire en sorte de se revoir. Plus tard. Pas ce soir. Je suis malade, je suis fatigué, et la lune est vraiment lourde. Fais en sorte de m’impressionner la prochaine fois qu’on se verra, ‘kay ? Ce soir, je ne vaux pas mieux qu’un mirage. Pour un bushi comme toi, ça ne doit rien avoir de très motivant. »

    Je le lâche, et lui sourit.

    « Je ne suis pas assez bon sur la voie du sabre, contrairement à toi. J’ai quitté le sentier, et toi tu y progresses. C’est notre différence. Tu serais un excellent samuraï. Je suis un rônin. Mais c’est une bonne chose pour toi. »


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MessageSujet: Re: Un entrainement tardif [ Zakuro Fea ]   Lun 19 Déc 2016 - 22:36

Un simple creux se forme au dessus de l’arête de mon nez, alors que je fronce les sourcils dans l'espoir de comprendre, de trouver une réponse tomber du ciel a une question que je tourne et retourne depuis ce qui me semble des années. C'est le genre d'instant crucial a la fin de quelque chose qu'on attend depuis des lustres, et qui donne une impression de ralentis a la scène. Avec une pointe d'impatience, je fais un pas sur le coté, puis un autre pour revenir a mon emplacement initiale. Je repense a ce qu'il vient de se produire. Ce n’était clairement pas une bonne idée de l'affronter. Si un maître aurait facilement pu déceler la force martiale que dégageait l'homme, un simple débutant aurait vite comprit qu'il ne valait mieux pas se frotter a ce monstre né sans accepter de mettre sa vie en jeu. C’était en quelque sorte une blague de la nature.

Deux personnes de même ages et même morphologie, avec le même entraînement et les mêmes connaissances, et le même talent, avaient environ le même niveau. Mais peu importe l’entraînement supplémentaire a effectuer, quelqu'un de plus fort naturellement aurait toujours l'avantage. Avec du recul, j'aurais du y réfléchir avant de le provoquer, de le balayer sur le sol comme ça. Car peut importe ce que je pouvais dire, je n'avais pas vraiment envie de perdre la vie ici et maintenant. La lune était bien trop belle. Cela donnait envie de voir celle d’après. Je n'étais pas d'un naturel impulsif, mais il faut croire que même moi je pouvais m'énerver pour une broutille. Un sourire éclaire mon visage tandis que je me rend compte que j'ai eu le temps de penser a toute ces choses entre le moment ou j'ai parlé, et la réponse qui tarde a venir. C'est juste que le temps semble arrêté. Mais finalement il me répond.

Déception. Mes épaules retombent. Je m'attendais a quelque chose de plus....utile. Qu'est ce qui est plus utile qu'une réponse comme celle qui vient de me faire. Tout, sans doute. Je soupire, ce n’était de toute façon pas vraiment intelligent de poser une telle question après une telle rencontre. J'aurais tout aussi bien pu partir. C'est ce que j'aurais du faire. Il reprend toutefois la parole. Ces mots sonnent étrangement a mes oreilles. Comme si il me parlait dans une langue que je ne comprenais pas. J'ai du mal a appréhender ce qu'il dit étant donné que je ne me suis jamais sentis vraiment emprisonné. C’était tout le contraire, j'étais plus dans l'optique de me sortir d'une prison que je me trouvais refuge. Mais d'une certaine manière, il avait peut être raison. A force de ce cacher quelque part, cet endroit devient une prison involontairement, car on a peur d'en sortir. Une cage en or est toujours une cage.

- Je n'avais jamais vu les choses sous cet angle. Je n'avais pas pensé que je pouvais m'enfermer moi même dans ma propre protection. Et vouloir en sortir veux bien dire que finalement ce n’était peut être pas tant un havre de paix que ce que je le pensais.

Il ne sait pas comment m'aider. Je souris lentement. Pourtant il m'a donné matière a réfléchir. Je sens sa main venir toucher mon épaule. J'ai l'impression que sa tête touche le plafond, dans cet angle de vu. L'obscurité renforçant l'impression de grandeur, la lune écartelant son ombre avec sournoiserie. Cette lune qui me semble si incroyable lui semble lui d'une lourdeur intenable, alors qu'il me confie être malade, fiévreux. Cette révélation me fait culpabiliser encore d'avantage. En plus d'avoir failli frapper quelqu'un qui ne se protégeait pas, je m'étais attaqué a quelqu'un de malade.

- Pour un mirage, tu me semble plutôt réel.....j'ai bien compris que tu n'aimais pas vraiment ce genre de chose, mais je m'excuse de t'avoir frapper. Ce n’était pas très amicale.

Sa main relâche sa légère pression sur mon épaule et je le vois avancer vers la sortie. Si j'y progresse, alors que lui s'en détache, ce n'est pas pour ça qu'il n'est pas encore devant moi sur ce sentier. Il tente de prendre une voix détourné du chemin droit et sans issu que je croyais immuable. Même si il a prit une porte dérobée, il peux toujours me raconter ce qui se trouve devant moi sur cette route que j'emprunte encore jusqu'à maintenant.

- Ne dit on pas que ce sont les rônin qui finissent souvent par fonder le futur? J'aimerais également te rencontrer un autre jour. Je suis sur que tu as beaucoup a m'enseigner. Savoir si c'est une bonne ou une mauvaise chose, j'aimerais beaucoup te faire savoir si je le découvre. Puisque c'est toi qui vient de me mettre sur cette voie.


J'incline encore la tête, puis m'assois en tailleur, en fermant les yeux. Le vent qui semblait s’être arrêté autour de notre confrontation évasive, parvient finalement une nouvelle fois jusqu'à mon visage. Je compte mentalement dans ma tête jusqu'à obtenir un rythme régulier, au gré du vent qui me frôle la peau. Lorsque le décompte me paraît suffisant, j'ouvre a nouveau les paupières. L'obscurité est toujours la, celle découpé uniquement par la lune. Mais l'ombre du guerrier a disparut, au même instant que sa présence. Et pour seule preuve de son passage, le sourire sur mes lèvres qui a accompagné ses paroles.

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