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The Future is like a puzzle with missing pieces: difficult to read, and never, never what you think.
 
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 Le Jardin des Délices [Lawrence]

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Cammy Logan
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MessageSujet: Le Jardin des Délices [Lawrence]   Mar 1 Mar 2016 - 23:13


Comme l'on ne sait pas ce que la vie nous donne
Il se peut qu'à mon tour je ne sois plus personne
S'il me reste un ami qui vraiment me comprenne
J'oublierai à la fois mes larmes et mes peines
Alors, peut-être je viendrai chez toi
Chauffer mon cœur à ton bois...



Des chaussures d'intérieur, une robe légère d'un vert pastel que couvre un gilet de laine, le tout de seconde main, elle n'a plus l'allure de celle que les plus anciens de cet établissement ont connu, à commencer par son dirigeant. L'entretien avec ce dernier a été étrange, du moins pour lui. Il a souhaité piéger la rouquine, et n'a obtenu que candeur en échange.

Les conversations qu'elle a entretenu ces derniers mois avec différentes personnalités, avaient différentes saveurs. Certaines étaient relevées, d'autres étaient plus ou moins fades. Le fait est que, malgré tout, elles étaient délicieuses. Des indices lui ont été laissés, et c'est ici qu'ils l'ont conduite : à l'académie. Les études n'ont plus de sens à ses yeux, de même qu'un potentiel avenir. Seule compte la vie, la sensation du sol sous ses pieds, les sens exacerbés qui recueillent chaque pigment, chaque parcelle des existences fastes autant que diverses.

Et ainsi, quelques souvenirs, de ceux qui vous arrachent un sourire tandis que vos réflexions étaient tournées vers un autre sujet. Un parfum sucré, rouge-rosé. Des framboises, de la vanille, du citron. Une pâte sablée qui prend vie, l'amour d'une tante défunte dans de petites tartelettes et bientôt, un regard bleu qui se pose, une douce voix qui murmure, le lever du jour au travers d'une chevelure claire mi-longue. Une amitié s'était créée.

La salle du club est dépourvue de la moindre once de vie. Du métal, du verre, des ustensiles froids, impeccables. Pas la moindre brèche. Encore moins de couleur. Des robots, des planches à découper en plastique rigide. Des machines, des réfrigérateurs en inox, pas même une plante verte, ni de cadre. Désolation, tristesse. Depuis quand est-ce dans cet état ? Qui peut se targuer de se plaire à mitonner de bon petits plats dans un espace à ce point dénué de chaleur ? Même la bouilloire à thé est rutilante. A-t-elle déjà servi ?

La rouquine observe toute la surface disponible, gaspillée. Une cuisine est censée être un cocon. Elle ouvre les placards, le garde-manger. Il y a tant de denrées alimentaires et elle a tellement de temps libre maintenant que la liberté est devenue sa nature, qu'elle décide de s'y mettre à l'instant même. Plus loin, dans d'autres bâtiments, les cours s'enchainent, oppressant le coeur de leurs étudiants comme le sien à une époque tellement lointaine qu'il s'apparente désormais à celui d'une vie antérieure, dans le même corps.

Ainsi les plans de travail se remplissent, des airs sont fredonnés, de vieux ustensiles sont déterrés de leurs prisons de cartons destinés à des oeuvres humanitaires. Mais le bois est bien plus agréable à manipuler que le plastique. Moins toxique aussi. Les denrées jonchent en bataille chaque centimètre carré de terrain. Une manipulation maladroite dépose sur un tablier blanc quelque poudre blanche, fleur de maïs. Un caramel se forme, des mousses bullent et se diffusent, le parfum de la gourmandise sillonne murs et plafonds, se glisse par l'embrasure de la porte, et, libéré de sa prison de glace, s'échappe par les fenêtres embaumant ainsi les environs du bâtiment. Les délices gagnent du terrain, et la demoiselle décolle de temps à autre du sol en esquissant quelques petits pas de danses folkloriques dont elle ne connait l'origine. De même que les airs qu'elle murmure, souvenir des habitations à même la roche d'une contrée plus lointaine que la plus éloignée des constellations.

Dans ce monde-ci, elle s'appelle Cammy Logan. Dans cette existence, elle cherche le sens d'une vie, de toutes les vies. Elle s'échappe du bâtiment, elle lézarde des pelouses à pieds nus jusqu'aux serres, tourne parfois sur elle-même. Elle trouve une brouette qui n'est là que pour la décoration. Elle a pitié de cet élément, se saisit de ses poignées et l'emploie à sa juste valeur. Plusieurs allers et retours lui seront nécessaires pour apporter la gaieté manquante.

Et enfin, l'oeuvre se forme, les plantes, herbes, grappes diverses apportent une touche de gaieté à l'ensemble de la salle du club. La vie et son sens apparaissent en même temps. Juste parce que le temps n'est au fond qu'un détail.
Les mets prennent de plus en plus de place, du sucré bien sûr, mais aussi du salé, des amuses bouches, des verrines, de toutes les couleurs. Légers, doux,  et évidemment... du thé et du chocolat à volonté.

Epuisée, elle se laisse choir dans la brouette qui lui aura été bien utile et, les deux yeux fermés, ele se revoit rouler dans les hautes herbes des prairies de Rhode, déambuler dans les collines verdoyantes à l'heure où personne ne l'attend.



Tu pourras repartir au fin fond des nuages
Et de nouveau sourire à bien d'autres visages
Donner autour de toi un peu de ta tendresse
Lorsqu'un autre voudra te cacher sa tristesse

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Lawrence E. Swanster
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MessageSujet: Re: Le Jardin des Délices [Lawrence]   Mer 9 Mar 2016 - 23:54



The Garden of Delights


Son souffle tressaille lorsqu'il la voit, se loge dans cet espace entre son cœur et son estomac qui n'a tendance à se manifester que sous les considérations déplacées de William. Son souffle tressaille et ses lèvres s'entrouvrent dans une surprise qu'il n'arrive pas à formuler. Les mots lui manquent et son esprit bégaie des questions qu'il n'a pas vraiment envie de se poser. Il papillonne des paupières, incrédule, farfouille à contre-sens de lui-même, dans une tentative d'objectivité, cherche à expliquer la présence de la jeune femme dans les locaux de son adoré club. Des pourquoi vrillent son esprit sans aboutir contre une issue. Il ne trouve pas grand chose, rien de plus que les paroles rattachées au faciès taciturne d'Ashita pour scinder la situation d'une manière cohérente.

Il inspire, depuis son point d'inertie dans l'embrasure de la porte donnant sur les nouveaux locaux, et l'observe, étendue dans une brouette qui n'était décidément pas dans la pièce la dernière fois qu'il y a mis les pieds la veille. Il observe les ondulations roussie de ses cheveux s'éparpiller contre le métal terni de l'outil à roues, assimilant lentement la situation.

Lorsque Seth Darnell l'avait approché, quelques mois plus tôt, la proposition d'œuvrer en tant que manager du club de découvertes culinaires pendues au bout des lèvres, Lawrence s'était senti agressé, mordu par une laisse administrative dont il ne pouvait se défaire. La nouvelle de son départ soudain, bien que possiblement triste pour certain(e)s, l'avait infiniment soulagé. Il n'avait jamais ressenti d'aise à l'égard de l'autre homme, n'avait jamais apprécié sa présence dans les environs du club, ressentant une pression belliqueuse, un jugement constant et ce, particulièrement à la suite de son séjour à l'hôpital. Il s'était montré courtois, mais campé sur ses perceptions préalables, dressé sur les étalages d'un pouvoir qu'il ne souhaitait pas partager. Le club n'avait besoin de rien d'autre que leur direction à Akio et lui pour bien fonctionner. Akio lui-même n'était qu'une parure supplémentaire dans le décor de son confort.

L'hypocrisie lui souffle maintenant à l'oreille, lui susurre des moqueries qui lui arrachent un sourire torve. Il n'a décidément pas l'impression que ce manager là sera de trop.  Il trace le bleu de ses iris sur cette silhouette si connue qu'elle en serait presque étrangère, devenue, au fils des mois et des années, manipulée par un souvenir qui a cherché à la rendre idyllique. Elle ne lui a pourtant que trop toujours rappelé William, dès ces premières rencontres dans les anciens locaux, là où le bois dominait sur le plastique, là où elle plissait le nez devant les denrées d'autrui. Elle lui a rappelé ce cousin avec lequel il n'a jamais su s'entendre, a barbouillé chez lui, avant Kohaku, avant Zakuro, avant Lun, avant Miya, les pastels d'une culpabilité qu'il n'a jamais su comment réparer. L'idylle vient probablement de là, de ce désir imparfait d'être parfait pour elle.

Il laisse ses chaussettes et ses chaussures près de la porte, pour mieux émuler les pieds nus de son invitée, lorsqu'il se décide enfin à pénétrer dans ses locaux, dans ce royaume venu remplacé une contrée de jadis, un emplacement davantage aimé. Ce n'est qu'au contact de ses orteils contre un sol tiède qu'il remarque enfin l'univers qu'elle a créé, la verdure qui égaye les moindre recoins d'un lieu qu'il n'a pas encore su s'approprier, la richesses alimentaires qui recouvre les comptoirs trop souvent évidés. Ses sens se voient assaillis par des éclairs multifactoriels qui éveillent cette synesthésie rouillée que la dépression lui avait arrachée.


My sapphires and my ruby . . .
Did you bring them back to me ?



Des textures onctueuses se joignent aux fumets des saveurs préparées et des mélodies silencieuses font éruptions pour s'allier aux couleurs. Les caramels ronronnent, depuis leur lieu d'élévation et les chocolats grommellent des comptines inintelligibles. Les odeurs explosent autour de lui comme des bulles colorées et Lawrence progresse dans ce chaos délicieux avec une aise qu'il n'a pas ressenti depuis des lustres. Il songe, retroussant les manches de sa chemise bleu-gris, au fait qu'il préférerait remplacer les jonquilles par des tournesols et zigzague autour de la pièce, trempant ses phalanges dans toute la variété des mets.

Il finit par se positionner au-dessus de la brouette où semble s'être assoupie son amie de plusieurs lunes, chocolat à la main et merveille dans les yeux. Il se penche au-dessus d'elle, les mèches blondes qu'il a laissé allonger depuis le séisme se déposant sur son visage paisible. Combien de temps cela fait-il qu'il ne l'a pas vue ? Combien de temps cela fait-il qu'il a cessé de chercher à la voir ? L'idylle barbouillée de mal-être aurait dû s'évaporer contre le vide de son absence, contre les yeux irréels de William, à l'hôpital. Il a senti la fissure s'évincer en une multitude de craquelures, sans que ne disparaisse la culpabilité.

William lui avait fait la lecture, séchant ses larmes d'enfant de par l'intermédiaire de mots posément prononcés et, elle, la reine du bal, la princesse de ses chimères, n'était jamais apparue sur le seuil de sa chambre. Rien n'avait vraiment changé. William n'avait rien révélé et Cammy n'avait rien pardonné.

Pourtant, pourtant, à l'instant, Lawrence ne ressent que quiétude et tranquillité, comme si la superposition des dernières années, comme si la culpabilité, comme si rien de cela n'avait jamais existé. Les plantes carambolent, les plats somnolent.

« Cammy. »

Le bout de chocolat qu'il a trimballé lui sert d'intermédiaire, alors qu'il le glisse contre la joue de la rouquine pour la réveiller. Il appuie sur la sucrerie pour se manifester, observant la chair du visage de l'ancienne académicienne y adhérer avec une fascination qui s'exprime, dans sa tête, dans sa perception baudelairienne, par des percées teintées de corail.

« What are you doing here ? »

Il barbouille la peau de stries chocolatées que ses synapses dépeignent de rose calfeutré d'orangé, esquisse quelques spirales avant de s'immobiliser contre des lèvres. Il sourit à une familiarité étrangère, respire une nouveauté intimement espérée.

« Say 'ah'. »







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MessageSujet: Re: Le Jardin des Délices [Lawrence]   Lun 6 Juin 2016 - 11:35

- Cammy ? Ohé...Cammy !

Elle ouvrit les yeux sans vraiment se sentir visée par cet appel. Autour d'elle, la fraicheur de la rosée faisait frétiller ses narines et à quelques pas de là, le hennissement d'une jument précèda le claquement léger d'un sabot sur la terre à présent piétinée.

- Vas-tu faire la sieste encore longtemps ?

La petite paysanne éleva une main vers son oeil droit qu'elle frotta délicatement, laissant la brume d'un rêve étrange fuir lentement ses pensées.

- Comment m'avez-vous appelée ?
- J'en connais une qui a encore fait un rêve étrange ! Allez Psychê, il est temps de se remettre au travail, j'ai besoin de toi.

La jeune femme étira un sourire et se leva prestement. Tapotant son arrière train, elle évacua ainsi quelque trace de cette prairie qui lui avait servi de couche pendant un temps indéfinie.

- Qu'allons-nous faire à présent ?
- Et bien, on va apporter le lait aux villages voisin, tu le sais bien, on en a parlé tout à l'heure. C'est fou ce que tu peux être distraite !
- Pardonnez-moi.
- Hum, vu comme tu glousses, je doute de la sincérité de tes excuses. Allez raconte-moi, le chemin va être long.

Elle s'installa aux côtés de l'homme sur la charrette et amorça son récit.

- J'étais...dans une bâtisse étrange aussi grand qu'un château. Froid, austère. Il y avait énormément de vivres, et personne pour les mitonner, ni pour les déguster. L'ambiance n'avait aucune saveur, aucune couleur, aucune chaleur. Pourtant, de ma fenêtre, je pouvais voir à l'extérieur des jardins fabuleux, mais tellement...je ne sais pas, méticuleux. Trop rangés. Ca n'était pas naturel. Je suis sortie et ai amené un peu de ces jardins à l'intérieur. Et il y avait aussi....ce garçon. Il n'était pas vraiment là, mais je le ressentais à l'intérieur de moi et quelque part dans ce château.
- A quoi ressemblait-il ?
- Je ne m'en souviens pas très bien. Je pense qu'il était d'une grande beauté. J'avais la sensation de le connaitre, comme dans les contes de Grimm.
- Grimm dis-tu ? Qu'est-ce que c'est ?

La petite rouquine oubliait qu'il y avait des choses qu'elle seule connaissait. Personne n'avait entendu parler de ces divinités en lesquelles elle croyait fortement, ni n'avait entendu une seule fois l'histoire de Peau d'Âne ou de la Gardeuse d'oies à la fontaine.

- Je vous en parlerai une autre fois. Vous savez... je suis quasiment sûre que c'était le fils du Roi. Ou quelque chose comme ça... Je me souviens de ses cheveux longs et blonds comme les blés, et de l'infinité océan de son regard...
- Psychê, tu t'endors encore. Hm. De toute façon, il y a encore de la route avant le village prochain.

Les tressautements de la charette sur le sol accidenté berçait doucement la jeune femme qui lentement, se laissait aller à d'autres rêveries.
- C'était le Prince...Evelynn.

***

- Cammy.

Des paupières frétillent sans se lever, un contact étrange sur sa joue. Des paroles étrangères glissent sur son ouïe, elle peine à en saisir le sens. Son odorat se laisse envahir par un parfum sucré, un peu épicée, appétissant. Une caresse sur ses lèvres, un sourire qui s'étire, une bouche qui s'entrouve. Aphrodite l'envahit, le délice peint sur la peau de la jeune femme un relief communément appelé "chair de poule". La demoiselle laisse échapper un gémissement de satisfaction tout en cambrant l'échine. Les paupières se lèvent enfin, mais la vision du rêve perdure. Une main se tend légèrement, glisse sur cette vision sublime d'un songe éveillé.

- Des cheveux longs et blonds comme les blés...

Les noisettes percutent les iris de l'apparition.

- L'infinité océan du prince Evelynn.

L'autre main rejoint sa soeur et s'agrippe au cou de l'individu. La jeune femme se hisse jusqu'au parfum de cette chevelure étincelante.

- Je me suis encore endormie... Le berger va encore me gronder, mais je pense que ça en vaut la peine.

Elle respire quelques instants la fragrance de cet être qu'elle ne peut visiter qu'en rêve. Elle tressaille un instant. Elle craint que ça ne soit un peu trop réel.

- Vous ne devriez pas être là, mon Prince... mais je suis heureuse de vous revoir.

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MessageSujet: Re: Le Jardin des Délices [Lawrence]   Ven 16 Juin 2017 - 7:21



Brahms Symphony VI Movement I


Ses vertèbres s'électrisent sous le toucher léger des doigts de l'idylle, alors que des phalanges effleurent sa joue dans l'apposition lente d'une réalité qui le galvanise. Aux sensations préalables s'ajoutent les arabesques fantaisistes d'un conte rythmé par les cliquetis d'une montre à goussets qu'il ne s'imagine même plus posséder, qu'il lui semblait avoir oublié dans un coin de cette enfance poussiéreuse qu'il dédie trop souvent à William. Cammy, de par sa simple apparition, si espérée qu'elle lui tort les viscères de la manière la plus exquise qui soit, brise les patterns de ses aléas cognitifs. Elle lui rappelle une fée, halée de fragrances naturelles et de teintes qui captivent jusqu'au sang qui fuit dans ses veines. En cet instant, il ne souhaite penser à rien d'autre qu'elle. En cet instant, il se sent, pour la première fois, incapable de voir son cousin en elle.

( Malgré le fait que, d'ironies en amalgames, le portrait qu'il se fait de son amie ne rime que trop bien avec le faciès de William. Entre féérie et horreur, ils sont les contes de sa vie auxquels s'ajoutent toujours des chapitres, les contes qu'il lit sans jamais réellement arriver à les comprendre. )

Les muscles de son dos, de ses épaules, se bandent lorsqu'elle s'accroche à lui, hissant son visage près du sien, contre l'or de cheveux parfumés à l'hibiscus. L'odeur du chocolat persiste pourtant à lui chatouiller les narines, si bien qu'il rend son étreinte à la jeune femme en n'y pensant qu'à-demi, davantage préoccupé par les couleurs, les odeurs et les sons que par le parcours corporel auquel il fait mimétisme.

Ses doigts se déposent sur les omoplates de Cammy et il sautille par-dessus des appellations détestées, soufflant sur le fatalisme que l'insinuation d'une royauté inexistante lui a toujours insufflé et le remplaçant par un brin supplémentaire de félicité. En ces lieux, dans ces cuisines autrefois trop polies qu'il n'aurait jamais pu croire aimer, le titre de Prince lui semble moins odieux, plus séant lorsque badigeonné de caramel et de verdure.

Entre blé et océan, le sommeil qui embrume encore sa voix tire le portrait invraisemblable d'un berger, d'un homme que l'esprit de Lawrence peint à grands coups d'aquarelle. Il l'imagine grand et brun, à la peau mouchetée par la chaleur du soleil et fleuré des épars d'orchidées. Il sourit.

« Le berger ? », demande-t-il, pianotant ses ongles contre ce qu'il croit être le relief de la colonne vertébrale de Cammy, s'accordant au rythme des moutons qu'il imagine pâturer paisiblement à proximité du berger. Les paroles de l'idylle confèrent à l'éveil un sens opposé à celui qu'il lui connait et la nouvelle association courcircuite momentanément sa synergie. Le berger s'évase dans les teintes pastels de  ses fabulations et les moutons bêlent une mélodie que Lawrence observe au travers des ondulations rousses de Cammy.

Une note, toutefois, lui semble manquer à l'appel, comme si la justesse de la musicalité n'attendait qu'à se calibrer autour d'un morceau de cohérence que Lawrence ne sait pas déceler.

« Insinues-tu que je suis un songe ? »

Du rêve naît la réalité. Peut-être que le retour des couleurs et des sons, l'avènement de cette harmonie que William a ramené à l'état de bourdonnement, ne relève que du rêve, que d'une chimère que Lawrence a trop longtemps contemplé dans la pénombre de sa chambre, alors que Seth était encore le manager du club, alors que William n'était que cette entité obsolète qui existait de l'autre côté de son téléphone. Peut-être que l'esquisse de Cammy, étendue dans une brouette empruntée au club de jardinage, n'a de réelle que le désir que Lawrence a de la voir se réaliser.

Menthe tirant sur le viride, il étouffe l'incertitude au profit d'un nouveau sourire qu'il presse contre l'épaule de Cammy. La sensation du sol tiède contre ses orteils se charge de diluer son trouble, l'enracinant aux partitions sifflées qui se dégagent de la nourriture préparée.

« Tu m'as manqué, Cammy.   »

L'affirmation semble relever de l'euphémisme et les racines se transforment en craquelures qu'il cherche à colmater avec de la sève de clivia, orange, acide orangé, tissant des points de sutures à mêmes les mèches de son amie.

« Tu m'as vraiment manqué.  »

Il hoquète. Il sourit.

Rêve ou non, il est trop tôt pour se réveiller.








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