₪ Académie Keimoo ₪

In a decade, will you be there ?
 
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 Sickly Sweet | Hayden

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Lawrence E. Swanster
● Université - 4ème année - Président Cuisine/Thé - Vice Président Jardinage/Ikebana
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Lawrence E. Swanster

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MessageSujet: Sickly Sweet | Hayden   Mar 1 Mar 2016 - 22:38



SicklySweet


Les lumières frissonnent contre le comptoir poli sur lequel Lawrence a appuyé ses coudes. Quelques éclats de voix claudiquent jusqu'à ses oreilles sans que cela ne viennent entacher sa quiétude égarée. Il observe la foule en retrait, ayant préalablement décliné l'offre de ses amis - Ijiwaru, Masae, Senta et Aaron - de participer à leur tournée des bars.  Il a préféré venir s'installer dans l'édifice un peu plus désuet qui trônait à sa gauche, délaissant le club et les stroboscopes au profit d'une fumée âcre et d'une bière bon-marché.

Il ne fait pas grand chose, glisse le bec de sa bouteille contre ses lèvres, converse de temps à autres avec les habitués qui viennent pointer le bout de leur nez près du bar et qui s'amusent à commenter sur son faciès, sur ces manifestations occidentales qui s'expriment au travers de ses yeux, de sa peau et de ses cheveux. Ces derniers sont noués contre sa nuque et se répandent en une série de longues ondulations contre ses omoplates. Une dame passe ses doigts dedans et Lawrence lève un sourcil en la fixant s'éloigner pour se joindre à d'autres convives. La majorité des gens qui trainassent dans le bar ont tous au moins dix ans de plus que lui.

L'ennui le tenaille, si bien qu'il se demande pourquoi il a préalablement refusé la proposition de ses amis, pourquoi il a craché sur l'idée d'aller boire et s'amuser en bonne compagnie. Il ne saurait que trop dire et les bouteilles s'accumulent. Il songe à rentrer chez lui, à attraper Dji-Hong par une patte pour le faire danser en se disant que cela serait une bonne occasion de forcer Zakuro à le materner. Il songe, mais ne bouge pas. Il promène son regards sur le barman, sur les autres clients qui s'égarent. Ce n'est que trois gorgées plus tard qu'il reconnait quelqu'un. Il reconnait monsieur Yoshida comme il reconnaitrait n'importe quel prof, après avoir travaillé aussi longtemps au comité. Le fait qu'il ait rendu sa démission n'annule en rien sa capacité de recognition. Il le reconnait, donc, et le toise depuis son tabouret, ses jambes repliées sous le siège.

Il se demande ce qu'il fait là tout en sachant pertinemment que ça ne le regarde pas. L'homme ne lui a jamais enseigné, il ne se souvient pas lui avoir déjà parlé. Ils n'ont aucun lien, aucun rien. Nan, tout cela est à blâmer sur le comité.

Il se redresse, sa tête s'éparpillant quelques secondes dans une tornade tranquille, et hèle le barman d'un geste de main. L'homme s'approche, des inflexions polies s'extirpant hors de sa bouche et Lawrence sourit devant son visage contrôlé. Un peu de peinture par-ci, une touche de pastel par-là, pour être bien certain que la contenance ne vacille pas. Lawrence se dit distraitement qu'il ferait un bon barman, avant de demander à ce qu'un cocktail soit emmené au professeur Yoshida.

C'est au tour du barman d'élever un sourcil, un vague sourire un brin condescendant pointant sur ses fines lèvres. Lawrence n'en a que faire, se demande surtout ce que l'enseignant a bien pu trouvé d'intéressant dans un tel bar. Il réfléchit sans réfléchir, observe la confection du breuvage alcoolisé qu'il a demandé qu'on donne à l'employé de l'Académie Keimoo, observe l'une des mains du barman se refermer sur le verre, observe le gobelet être déposé sur la table où s'est installé monsieur Yoshida.

Lawrence fixe, alors que le barman le pointe, toujours en souriant son sourire savamment construit.

Oui, il fixe.





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Dernière édition par Lawrence E. Swanster le Ven 10 Fév 2017 - 21:26, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: Sickly Sweet | Hayden   Mar 8 Mar 2016 - 0:34


Dériv-é-e partielle

Quartier Bougu, à mi-chemin entre « tard dans la nuit » et « tôt le matin. Mes yeux émeraude font rapidement le tour de la salle et je profite du peu de concentration qu’il me reste pour essayer de reconnaître un visage familier parmi les clients présents. Il faut dire que je suis loin d’être un habitué de ce bar et en tant qu’enseignant de la prestigieuse académie Keimoo…il n’est sans doute pas recommandé pour ma réputation de me trouver dans les environs à cette période de la journée. Mais ce soir a été une exception si je peux l’appeler ainsi. Oui, aujourd’hui Satoshi était de passage et nous en avons bien entendu profité pour sortir et nous amuser. Seulement voilà, l’atmosphère de la boîte de nuit nous a rapidement entraînés et nous avons finis séparés un peu plus tôt que prévus. Loin de vivre ça comme une déception – sachant que l’on se reverra demain – nous avons fini la nuit dans un endroit différent. J’avais repéré une métisse plutôt charmante, accoudée au bar en train de siroter sa boisson. En tant que gentleman, je suis allé l’aborder et vous connaissez la suite.

- - - - - -

Elle réside à quelques pas d’ici, dans un appartement à peine aux normes de sécurité. Bien sûr, ce n’était pas ce qui comptait dans l’immédiat et l’obscurité ambiante s’est chargée de cacher les imperfections. Alors qu’elle se blottissait dans les bras de Morphée, je n’ai pas réussi à fermer l’œil. Trente minutes plus tard, j’étais déjà habillé, dehors, cigarette au bec. J’étais déjà plus détendu. Malgré mon incapacité à trouver le sommeil, je me suis mis à bâiller. J’ai alors commencé à marcher, errer sans avoir de destination fixe, le temps que le tabac soit entièrement consommé. Arrivé à cet instant fatidique, j’ai regardé ma montre et j’ai décidé de finir la nuit dans le premier bar qui se présenterait à moi. Chose promise, chose due, me voilà confortablement installé. Après quelques verres, j’aurai sans doute déjà oublié le visage de cette femme. A son réveil, il en sera sûrement de même pour elle. Je ferme les yeux et soupire. Je me demande si Satoshi est dans le même cas que moi. Ou peut-être est-il en train de dormir comme un ours dans le lit d’une inconnue. Cette hypothèse me paraissant plutôt plausible, je décide de ne pas lui envoyer de message pour lui demander confirmation. J’attendrai le lever du jour.

- - - - - -

J’ai finalement commandé une bière, je ne me sens pas assez en sécurité dans cet endroit pour risquer de me faire prendre saoul. Plongé dans le flux de mes pensées qui s’écoule au rythme des gorgées de mon breuvage, je dérive lentement…partiellement. Mes paupières se ferment puis se rouvrent, j’ai un poing enfoncé dans ma joue, je suis brutalement réveillé par l’arrivée du barman. Je cligne des yeux et masse mes sinus par habitude, je n’ai pourtant rien commandé.

Il m’explique alors qu’on a payé pour moi, qu’une personne souhaitait me faire don de ce cocktail. Je fronce les sourcils, aurais-je raté un épisode ? Mon regard se pose sur ma montre, il n’y a même pas quinze minutes qui se sont écoulées depuis que j’ai vérifié que je ne connaissais personne avant de m’asseoir à cette table. Un client est-il entré sans que je m’en rende compte ? L’endroit n’est pas si bruyant, je m’en serais rendu compte. Alors quoi ? Est-ce encore une femme à la recherche de compagnie pour la soirée. Désorienté, je cherche à établir des repères autour de moi.

Je sens un regard peser sur moi. Mes capacités cognitives sont loin d’être à leur maximum, et pourtant je finis par trouver. Un homme, blond, assis sur un tabouret près du bar. Il ne me lâche pas du regard. Commence alors un échange silencieux entre nous deux. Il me fixe, et je le lui rends bien. J’ai chaud. Est-ce qu’on ne peut pas offrir une fenêtre ? D’un coup de pied, je pousse une chaise en face de la mienne, l’invitant implicitement à me rejoindre. Yoshida-senseï a les joues légèrement roses, le regard un peu perdu, un peu plus troublé que d’habitude, mais il veut garder le contrôle de la situation. Je finis par rompre notre affrontement de regard pour me concentrer sur la boisson alcoolisée qui m’a été apportée tout à l’heure. Mes doigts caressent le verre, faisant ainsi dégouliner la buée le long de ce dernier. Je penche légèrement la tête sur le côté avant de coller ma joue bouillante sur la matière glacée. Un frisson parcourt mon corps, mais cette sensation est loin de m’être désagréable.

« Tu es de l’académie toi c’est ça ? »

Son allure me rappelle vaguement quelque chose, sans doute l’ai-je déjà croisé au détour d’un couloir. En tout cas il me paraît un peu trop vieux pour qu’il soit l’un de mes anciens élèves. A vrai dire, il pourrait même être un ancien camarade du club de natation, j’en sais fichtrement rien. Je relève la tête en passant une main dans mes cheveux ébène. Les lèvres serrées, je recommence à le fixer. Il me dit définitivement un truc.

« Tu serais pas le mec qui a eu un problème au club de jardinage l'été passé ? »

Dans la salle des professeurs, tout finit par se savoir, même lorsqu’on est à Okinawa lorsque l’incident se produit. En attendant sa réponse, je jette un nouveau coup d’œil sur ma montre, pour oublier presque instantanément les chiffres que je viens de lire. L’avenir appartient à ceux qui se lèvent à l’heure où je me couche.

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MessageSujet: Re: Sickly Sweet | Hayden   Jeu 10 Mar 2016 - 2:41



MoralityPet


Il y a quelque chose qui a toujours vite fait de lui rappeler Lun Marv, lorsqu'il s'adonne à aborder les gens du genre homologue au sien dans des conditions propices à être considérées comme atypiques. Ce quelque chose s'exprime toujours comme la vision embrouillée d'une mallette pleine d'argent et d'un baiser murmuré. La vision n'est que plus embrouillée dans l'atmosphère du vieux bar, les rires des convives éclatant le souvenir de la voix tremblotante de Lun, la silhouette de monsieur Yoshida écrasant la vision de ses mèches cramoisies. Cela n'est toutefois pas pour déplaire à Lawrence qui fuit intempestivement toutes pensées rattachées à Lun.  Encore plus qu'il a tendance à fuir celles découlant de l'absence de Cammy.

La mallette est restée dans ce club où Marv n'a jamais remis les pieds et les événements ont fait que Lawrence n'a jamais su prendre le temps de chercher à trouver où il s'était évaporé. Entre l'accident de Zakuro et le sang logé sous les ongles d'un Kohaku qui s'obstinait à un évitement muet et furieux, Lawrence avait du faire le ménage dans ses priorités.

Un Lun à la mer, une Cammy à la dérive et . . . et . . .


Will ?


Il ne sait plus trop, mais il garde toujours le dé à coudre de Lun dans son portefeuille.

Il cligne des yeux, son regard ne s'étant pas détaché de la forme de Yoshida depuis un long moment. Il se sent vacillant, un peu perdu, sa joue enfoncée contre sa paume. Le barman a délaissé la table de l'enseignant et ce dernier lui rend maintenant son regard, si bien que Lawrence a la très vague impression de participer à une joute dont il ne connait pas les enjeux. Dans un clignement de yeux affligé d'une lenteur qui vient masquer la moindre surprise, il se demande à nouveau pourquoi il a refusé d'accompagner ses amis, pourquoi il juge plus profitable de reluquer l'un de membre du corps professoral de Keimoo à une soirée passée à danser avec de bons potes ou de jeunes inconnues. Il fut un temps où il adorait faire la fête.

Masae, si elle était là, si elle savait ce qui lui passait par la tête, piperait assurément une théorie sur la rébellion d'un garçon qui cherche à se distancer des convenances et qui évite les endroits populaires pour ne pas avoir à se heurter aux attentes d'individus le méconnaissant. Elle clamerait le tout avec conviction, une paume déposée sur la naissance de l'un de ses seins et Lawrence roulerait des yeux sans vraiment chercher à lui répondre. Masae Ookura a souvent raison, lorsque Prince de pacotille Swanster est concerné, et Lawrence préfère se dire qu'elle dit souvent de la merde.

Il y a quelque chose de déconcertant dans le fait d'être élucidé.

Ce n'est que quelque secondes de trop après que monsieur Yoshida ait poussé la chaise en face de lui en guise d'invitation, que le cerveau de Lawrence daigne interpréter l'information. Il se redresse, bouteille à la main, et toise la silhouette diffuse de l'enseignant, un sourire suffisant sur les lèvres. Il quitte son tabouret, le regard du barman le  suivant à la manière d'un faucon guettant une proie, et trace son chemin jusqu'à la table à laquelle on l'invite.

À peine a-t-il prit place en face du professeur que celui-ci le questionne, placardant une signification sensée à leur échange de regards, quelque chose qui lui rappelle moins Lun, une recognition mutuelle et floue, quelque chose comme une classe manquante ou un couloir de trop. Il ne sait, au final, vraiment pas trop. Il acquiesce tout de même, à l'ouïe de la première question, glissant la vitre de sa bouteille ambrée contre sa lèvre inférieure. Puis, Yoshida le ramène au club de jardinage et le verre contenant sa boisson tinte contre l'une de ses dents.

Le  sourire de Lawrence vacille un instant et il suspend son geste d'assentiment dans l'air.

«  Peut-être. »

Il a conscience que ce genre de réponse siérait probablement mieux dans la bouche de Kohaku et qu'il ne devrait pas faire de la créature la voix de sa confiance, mais il semble à Lawrence que de s'en remettre au diable chantonnant sur contre épaule ne soit pas une mauvaise chose. Le monstre blanc a tendance à toujours se tirer des pagailles qu'il rencontre et Lawrence n'a vraiment, vraiment, vraiment pas envie d'aller patauger dans les eaux de son séjour à l'hôpital.

«  Et vous ? N'êtes-vous pas un enseignant qui troque son sommeil pour glander dans un bar aux petites heures du matin, alors qu'il a probablement des cours à donner dans la journée ? »

Une fois que les rumeurs s'estompent, les gens en demandent plus, toujours plus.


Lawrence, Lawrence, Lawrence.
Shhh. Je suis un pot de fleurs.


Il sourit et dépose son menton dans l'une de ses paumes, vrillant Yoshida de son regard bleu. Il le fixe de nouveau, sans ménagement, sans gêne, et se dit, distraitement, que ses yeux sont presqu'anormalement verts.

«  À moins que les lycéens n'aient pas cours demain . . . ce serait peut-être plus sensé. »

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MessageSujet: Re: Sickly Sweet | Hayden   Mer 30 Mar 2016 - 0:44

Equation du second degré

Un inconnu - qui ne demande qu'à être découvert - et une constante, le verre de trop. J’aurais beau continuer de boire, encore et encore, je ne pense pas me retrouver dans un pire étant qu’actuellement. Au contraire, je pense qu’en me rendant un peu plus saoul, je finirais par m’endormir. Je plisse les yeux, ce n’est pas dans mes habitudes de boire en soirée. Je veux dire, depuis que je suis diplômé, on ne peut pas dire que j’ai beaucoup traîné dans les bars de la ville. Même si c’est relativement exceptionnel, je ne peux m’empêcher de me dire que je suis pitoyable pour le coup. Je jette alors un œil désespéré sur mon téléphone en espérant qu’il me soit d’une quelconque utilité. Bien entendu, ce ne fut pas le cas.

Quant à l’invitation précédemment lancée au jeune homme à la chevelure blonde…Eh bien je suppose qu’elle a plutôt bien fonctionné. Il s’est levé, une bouteille à la main. Tel un somnambule, il a marché comme s’il ne savait pas exactement où il était. Intérieurement, j’étais rassuré. Voilà un type aussi pitoyable que moi. Suite à notre échange de regard, j’ai volontairement poussé une chaise pour lui demander implicitement de me rejoindre. Un volontaire pour me parler et me tenir éveillé, c’est un luxe en période de crise. Et en parlant de crise, j’ai bien peur que je commence à ressentir les effets de l’alcool cumulés à la fatigue. Sans crier gare, je me mets à tapoter nerveusement la table du bout des doigts. J’ai si chaud que n’importe quoi ferait l’affaire pour descendre ma température corporelle. N’importe quoi…Y compris plaquer ma joue contre le verre jusqu’à ce que ce que toute la zone soit anesthésiée, y compris ouvrir un bouton de ma chemise.

Il a beau me rappeler quelqu’un, je n’arrive pas à mettre de l’ordre dans mes pensées. Ainsi, mes souvenirs semblent être encore plus flous que d’habitude. La cohérence et le raisonnement m’abandonnent et finalement, je parle plus vite que je ne pense. Ma langue n’a pas fait un tour dans ma bouche et déjà, deux questions ont été posées, successivement. Je finis par détacher ma joue du verre. Condensation, de fines gouttes d’eau roulent le long de mes phalanges. Je reste là à observer le breuvage pendant qu’il me retourne ma question. J’aurais préféré qu’il me raconte sa vie plutôt qu’il m’interroge sur la mienne. Oui, j’aurais vraiment aimé qu’il me parle de lui. J’aurais alors simplement continué à fixer la boisson alcoolisée. Et puis au bout d’une heure j’aurais commencé à boire. Ah. Si je pouvais refaire le monde.

« Samedi. »

Je me contente de grommeler ce simple mot, rapidement suivi par le hoquet. Lentement, je relève mes yeux vers lui. Doucement, j’arrive au niveau des siens. Je ne l’avais pas remarqué tout à l’heure parce qu’il était trop loin, mais maintenant qu’il est suffisamment proche, j’arrive à distinguer leur couleur. Ils sont bleus. Une couleur bien exotique au pays du soleil levant. Je laisse échapper un petit rire interrompu à plusieurs reprises par quelques secousses dues au hoquet.

« On est Samedi aujourd’…huic ! Aujourd’hui…Pardon…Non ? »

Ma phrase a-t-elle au moins un sens ? Je ne crois pas. Non, en fait…Je ne sais plus. En tout cas, même si je ne sais plus formuler une question correctement, je suppose que nous sommes bien Samedi. Je n’aurais pas accepté de sortir comme ça si cela ne tombait pas sur un jour de congé, n’est-ce pas ? Ma conscience professionnelle me l’interdirait…mais je ne suis plus aussi sûr de moi qu’au départ. Inquiet de me tromper, je sors mon téléphone de ma poche de pantalon. L’écran me paraît tout à coup beaucoup trop lumineux et je me retrouve dans l’obligation de baisser la luminosité avant de conclure, soulagé. Nous sommes bien Samedi.

« Mais oui…on est Samedi ! »

Conclus-je en effectuant un grand geste avec mes bras, faisant tomber mon cellulaire la même occasion. Loin des tracas du quotidien, de mes factures et autres responsabilités, je commence à rire. Encore. Une fois mon portable ramassé et remis en sécurité, je me laisse aller contre le dossier de ma chaise. J’ai encore chaud. De plus en plus gêné par mes vêtements, j’ouvre alors un deuxième bouton de ma chemise. Ceci fait, je pointe mon interlocuteur du doigt pour lui signaler que je m’apprête à prendre la parole.

« Ceci dit. Tu es…hic…bien de l’académie, comme je le pensais ! »

Même si cela ne me semble pas être une bonne décision aux premiers abords, ma soif me contraint à tremper mes lèvres dans le cocktail. Le temps de boire une gorgée, j’ai la sensation que cela m’a revigoré. La fraîcheur m’a fait du bien, mais je sais que ce n’est que temporaire. Je commence alors à me triturer mes cheveux, à remettre plusieurs fois la même mèche rebelle derrière l’oreille. Cela ne fait sans doute que quelques minutes que je suis assis à cette table, mais j’ai l’impression que le temps s’éternise. Autour de nous, quelques poivrots couvrent notre conversation de par leurs rires gras. Cela m’arrange en un sens – bien que le son de leur voix commence à me donner mal au crâne – personne ne fait attention à notre échange, du coup.

« Comment tu t’appelles ? »

Voilà, je vais le lancer sur des sujets bien banals, ainsi je suis sûr de ne pas faire trop de gaffes. Oublions l’histoire du club de jardinage, ce n’était peut-être que mon imagination. Après tout, nous sommes au beau milieu de la nuit, j’ai un peu trop bu…Ce n’est peut-être pas de ce blond dont on m’a parlé. En attendant sa réponse, je reporte le verre à mes lèvres, vidant progressivement le cocktail offert par mon interlocuteur avant qu’il ne me rejoigne.

« C’est plutôt bon ce truc. »

D’un revers de manche – j’en oublie les bonnes manières – j’essuie les dernières gouttes de la boisson alcoolisée. Luttant contre la fatigue et l’ennui, je m’empresse d’enchaîner les banalités en me retenant à maintes reprises de bâiller. C'est bien Hayden, il ne faut pas que tu te lances dans des phrases trop compliquées. Des questions, des constats avec un sujet et un verbe, les compléments d'objet c'est peut-être un peu trop pour toi aujourd'hui. Voyons quelles sont mes limites. Voyons quelles sont ses limites.

« Tu viens souvent ici ? »

Hic...Hac. Fait mon hoquet. C'est presque le son des aiguilles de l'horloge. Non ?

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MessageSujet: Re: Sickly Sweet | Hayden   Mar 12 Sep 2017 - 3:49



Smokin'Bangin'



L'émancipation des sens laisse place à l'incongruence, à l'itération de gestes et de paroles qui s'écartent des cohérences coutumières. Lawrence songe, de par le halo de malt qui enlise son esprit, qu'il n'aurait, en temps normal, jamais acheté une boisson à un membre du corps professoral de l'académie. Il tient - tenait, William did I do well enough to stop ? - à son image, à cette prestance calculée qui lui avait valu la considération du directeur et l'appui formel des autorités scolaires, à ce statut d'aisance qui fait en sorte que le prénom de Lawrence rime avec fiabilité et responsabilité. Il ne souhaite pas renvoyer un reflet différent de celui-là à un être susceptible de le juger et d'influer sur le jugement que les autres - tous ces gens qui arpentent les couloirs de l'Académie en quête de rumeurs morcelées relatant les événements ayant transpirés au club de jardinage - entretiennent à son égard. Si sa réputation lui parait de plus en plus souvent être un poids, elle s'accompagne d'avantages auxquels il n'a pas envie d'être contraint de se soustraire. Il ne veut pas qu'on lui tire le tapis qu'il a passé tant d'années à tisser de sous les pieds.

Mais ses sens lui échappent et sa conscience n'a que des inepties chevrotantes à lui conseiller. Elle claudique contre les yeux du professeur, bannières d'un métissage dont il guette distraitement la provenance. Yoshida. Hayden Yoshida. L'Amérique, l'Europe, quelque part.

Il avale une gorgée de sa bière et observe la gestuelle du l'homme, l'amplitude, la maladresse, en notant que le monde lui semble défiler au ralenti, ou du moins en assonance, comme si quelqu'un s'amusait à couper le son pour mieux le remettre la seconde suivante. Le hoquet de l'enseignant ne sert qu'à amplifier cette comparaison, exacerbant certains sons, puis en avalant d'autres.

« ... samedi, donc. »

Lawrence fait papillonner ses paupières lourdes, alors que le hoquet tranche la fluidité d'un rire sans que Yoshida ne semble trop s'en rendre compte ou s'en formaliser. Il sourit vaguement, porté par le ronronnement d'une léthargie qui s'écarte de sa mobilité habituelle, et se dit, en poussant le bec de sa bouteille contre son menton, que son état d'ébriété effrite un peu moins sa contenance que celui de son professeur. Sa voix, bien que plus lente et moins mesurée qu'à l'accoutumée, ne se morcelle pas en des syllabes s'évidant doucement de sens.

Une tape sur le dos de son éloquence. Bien joué, Swan.

Yoshida pianote sur son téléphone et la lumière vient, un instant, remanier la forme de son visage, désaturant sa peau et en prononçant certains angles. La véracité détenue par le téléphone vient confirmer les dires du professeur. Il sont Samedi. Ils pourront tous les deux dormir demain ( plus tard ce matin ?), s'étaler dans leurs draps plus tôt que nécessaire. Ou, dans le cas de Lawrence, jusqu'à ce que les animaux de la ménagerie qui lui sert d'appartement viennent scander à sa porte, gratter et pousser contre la cloison. Zakuro a tendance à oublier de nourrir les bestioles qu'il ramène et Lawrence, bien qu'éprouvant peu d'affection à leur égard, ne peut se résoudre à les laisser mourir de faim.

Soit. Yoshida détache les boutons de sa chemise et Lawrence suit le mouvement des yeux en imaginant Dji-Hong, le singe de Zakuro,  les arracher avec frénésie. Combien de ses vêtements ont été détruit par le petit monstre ?

Trop. Décidément trop.

Il soupire, un soupir qui s'imprègne tout autant de l'image de Dji-Hong massacrant des textiles que du retour scolaire que Yoshida impose à la conversation. Il acquiesce à sa remarque, sans chercher à préciser la donne, peu désireux de s'étendre sur sa situation personnelle, peu enclin à installer des balises par lesquelles il pourra être étudié. Être élucidé par Masae est une chose, l'être par le personnel de l'Académie en est une autre. Il marmonne plutôt, usant d'une voix qu'il voudrait plus claire :

« Et vous êtes bien le professeur Yoshida. »

Dont les mouvements marquent un état que Lawrence jauge tranquillement, appréciativement, menton toujours posé sur le bec de sa bouteille.

On lui demande son nom et il parvient à ne pas marmonner cette réponse là. Il se repose sur l'assurance vague que lui prodigue l'alcool, et saute par-dessus le second nom qu'il offre habituellement avec orgueil. Evelyn ne dépasse pas le seuil de ses lèvres.

« Lawrence. »

Yoshida ramène une mèche de ses cheveux derrière son oreille et Swanster se redresse, lentement, troquant momentanément l'immobilité pour le mouvement. Sa bouteille tinte contre la table lorsqu'il la dépose et ses bras viennent dépasser sa tête dans l'apposition d'un étirement. Son crâne lui semble rempli de coton et il a l'impression d'errer au cœur un rêve éveillé. Le genre de rêve qui fuit dans la réalité comme une source d'eau trouble et qui rend possible l'improbable.

Il fixe le cocktail que Yoshida complimente avec véhémence et détaille les glaçons qui y flottent et y fondent posément.

« C'est  un Zombie. », décrit-il. « Quoique je parie que ceux que je fais sont meilleurs. »

Il s'empourpre d'un égo qui vient gronder contre le brouillard de sa conscience, cette arrogance vive qu'il éprouve à l'endroit des quelques talents qu'il collectionne et qu'il dispose nettement dans la penderie de ses affects. Entre le piano et la cuisine, trône un intérêt pointu pour les confections alcoolisées.  

Il rattrape sa bouteille d'un geste lent qui manque de l'envoyer valser contre le carrelage de l'établissement et minaude d'une voix qu'il voudrait plus vive, moins traînante :

« Je pourrais vous en offrir un de ma confection, éventuellement. »

Ou pas, ajoute doucement son esprit, dégonflant cette confiance sourde qui l'avait animé quelques secondes auparavant. Hayden Yoshida n'est pas une demoiselle aux sens émoussés qu'il se donne la permission de courtiser avec pour but de la reconduire dans son lit. Non. Quelques détails clochent,  notamment des lignes qu'il devine trop droites pour s'apparenter à des courbes et des intonations hoquetantes qu'il perçoit comme trop basses, trop éloignées d'une quelconque féminité. Sans parler de la disparité entre leur statut - lui un élève, l'autre un professeur - qui déclenche - ou du moins qui devrait  déclencher - des alarmes stridentes le long de ses synapses.

Il ramène sa bière à ses lèvres.

« I need a smoke. », marmonne-t-il.

Il dépose son front contre le goulot, des mèches dorées venant onduler contre la vitre ambrée. Il repense au dé à coudre qui habite son portefeuille, à Cammy, à Lun.

C'est à ce moment qu'il réalise, dans un sursaut qu'il lui semble ressentir par intérim, qu'il est passé minuit et qu'ils sont samedi.

« Hey. Wait. Si nous sommes samedi maintenant, il y a peut-être des cours plus tard. Pour vous. »

Premier et troisième samedi du mois. Il y a des cours pour les lycéens certains samedis et là où cette réalité ne l'affecte plus, il se dit qu'il serait peut-être pertinent que cette information parvienne au cerveau de l'enseignant.

Il fait tinter sa bouteille contre le verre de  Yoshida.









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MessageSujet: Re: Sickly Sweet | Hayden   Sam 31 Mar 2018 - 14:05


Différentielle

Pas de raison de s’inquiéter, nous sommes samedi, dis-je pour moi-même entre deux contractions dues au hoquet. Il n’y a pas cours demain, pas d’étudiants à qui montrer à quel point je me mets minable en week-end pour combler le vide qui m’habite en quittant le lit de mon coup d’un soir. Je porte la boisson à mes lèvres et pousse un soupir extatique : plus je bois, moins le mal de crâne est intense. Que ce cette fraîcheur me paraît douce.

« Et vous êtes bien le professeur Yoshida. »

Je grogne à cette déclaration. Merde. Il est vrai que les étudiants reconnaissent mieux leurs enseignants que l’inverse. Il ne reste plus qu’à savoir ce qu’il compte faire de cette information. Un rictus se dessine sur mes lèvres, je commence à triturer mes cheveux telle une adolescente qui vit ses premiers émois. Maintenant qu’il sait comment je m’appelle, il n’a plus de raison de me cacher sa propre identité, non ? Je lui demande aussitôt son nom.

Lawrence, me répond-il simplement. Joli nom. Anglophone. On aura au moins un truc en commun, lui et moi. Mes iris se perdent momentanément dans la chevelure blonde qui me fait face, m’imaginant presque qu’il s’agisse de celle d’une jeune femme. Je ferme les paupières et prends une grande inspiration. Hé, ce n’est pas le moment de penser à ça. Ca reste un mec, quand même. Afin de dissimuler ces pensées comme si je craignais qu’il lise dans mon esprit et découvre ce que je pense, je décide de changer de sujet. Etant de nature sociable et expansive, je n’ai aucun mal à faire croire que passer du coq à l’âne est quelque chose que j’ai l’habitude de faire. Même quand je suis sobre et que je ne fantasme pas sur une longue crinière blonde, je suis comme ça, n’est-ce pas ?

C’est un zombie, lâche mon interlocuteur alors que je commence à me balancer sur ma chaise en l’écoutant. Mon sourire s’agrandit tandis qu’il continue de parler. Les siens seraient donc meilleurs ? En voilà un garçon qui me plaît bien décidément. Jeune, ambitieux : les deux qualités que je reconnais le plus. Dans un état semi-comateux, je suis du regard sa main qui rattrape de justesse la bouteille qu’il tenait entre ses mains. De grandes mains soignées. Nul doute que Lawrence est quelqu’un de très rigoureux, me dis-je en divagant désormais sur ses doigts. Seule la voix du jeune homme me fait redescendre sur terre, manquant de me faire tomber de ma chaise à l’écoute de sa proposition. Un rire cristallin s’échappe de ma gorge. L’alcool te fait avoir le rire facile, Yoshida.

« Je ne demande qu’à goûter. Tu veux mon numéro ? »

Ai-je déclaré, plaisantant seulement à moitié. Quelques secondes plus tard, l’étudiant porte sa bière à ses lèvres, me faisant regretter d’avoir fini mon cocktail aussi vide. Mais est-ce vraiment raisonnable d’en commander un autre ? Je peux déjà sentir mon foie hurler, demain dès l’aube. « I need a smoke » déclare le blond en écrasant le haut de sa tête sur le goulot de la bouteille.

« Tu fumes quoi ? »

Lui dis-je en jetant mon paquet entamé de Winston juste devant lui.

« Si ça peut te dépanner. »

Je me mets alors à palper ma veste, mes poches à la recherche du feu. Merde. J’ai dû laisser tomber mon briquet quand je marchais dans la rue. Plongé dans ma réflexion sur « où a bien pu passer mon briquet ? » je remarque que le blond est en état d’alerte. Entre deux bâillements, je tente de suivre ce qu’il me dit. Si nous sommes samedi maintenant, il y aura peut-être des cours demain matin. Pour moi en tout cas.

« Possible. »

Il fait tinter sa bouteille contre mon verre vide et je grimace. L’écho est beaucoup trop douloureux à supporter pour moi. D’un geste maladroit, je tente de retirer mon verre et attrape sa bouteille à la place.

« T’as jamais rêvé d’avoir un cours avec un prof qui se tape une gueule de bois ? »

Me revoilà à débiter d’incroyables inepties. Mais, guess what ? Maintenant que j’y suis, pourquoi est-ce que je ne continuerais pas ? D’un signe de main, j’interpelle le barman. Quand son regard croise enfin le mien, je me tourne vers le blond à la chevelure soyeuse.

« Tu reprends un truc ? Tu veux aller dehors ? Tu veux m’emmener chez toi et me faire goûter ton Zombie ? »

A cet instant, mes mots n’ont plus de poids. Je me sens léger, libre, déchargé de n’importe quelle responsabilité. Cette soirée, qui oscille entre la « pire soirée de ma vie » et la meilleure à chaque échange, est différente de toutes les autres, mais elle sera déjà oubliée demain. Perdue dans les abysses de ma mémoire, maudite entre deux prises d’aspirine.

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