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The Future is like a puzzle with missing pieces: difficult to read, and never, never what you think.
 
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 Meubles en Kits | Zakuro

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MessageSujet: Meubles en Kits | Zakuro   Lun 22 Fév 2016 - 1:47

Un jour, un seul jour de passé dans son nouvel appartement et déjà Hanako se rendait compte qu'elle avait fait plusieurs erreurs graves.
Pour commencer, elle avait oublié de penser à quelque chose d'essentiel ; en effet, alors qu'elle avait prévu le coup en prenant de l'engrais spécial et toutes ses plantes, elle avait complètement omis le fait qu'elle risquait d'avoir besoin de meubles, peut être. Éventuellement. Ce serait pas mal en fait oui.

En attendant, tout ce qu'elle avait amené avec elle avait été un futon, posé pour le moment dans un coin de sa chambre. Qui du coup faisait très vide, là, avec son unique meuble. Toutes ses plantes avaient été méticuleusement disposée dans son salon/entrée/salle à manger/salle de vie, en fonction de la meilleure exposition au soleil selon les besoin de chaque plante, évidemment. Son Balcon aussi avait subi un certain encombrement, se retrouvant maintenant couvert de pots de tailles différentes, tous agrémentés d'une fleur ou autre pousse verte. Tout cela était bien entendu magnifique mais le problème restait qu'elle n'avait rien en dehors des-dites plantes.

Toutes ses affaires se retrouvaient donc en tas bien nets et bien droits sur le sol. Il était vraiment temps pour elle d'aller faire quelques courses. Des meubles bien sûr, mais aussi des plats tout prêts pour survivre en attendant de recevoir ses ustensiles de cuisine et autres petits objets dont elle n'avait pas l'utilité immédiate et qu'elle avait fait envoyer, mais qui n'étaient pas encore arrivés.

Après un long et épuisant voyage au magasin de meuble le plus proche, Hanako était maintenant la fière propriétaire d'un très beau nouveau meuble en kit. Non monté, cela aurait été trop simple sinon bien entendu.
C'était dans ces moments-là qu'elle était reconnaissante d'avoir récupéré le vieux réfrigérateur de l'ancien locataire, ainsi qu'un coin cuisine déjà monté. Après avoir observé le carton sous toutes ses coutures, elle se décida enfin à l'ouvrir avec méfiance, un peu comme si elle s'attendait à ce que les bouts de bois traîtres lui sautent à la figure pour la mordre. Presque soulagée que la réalité ne ressemble en rien aux scénarios tordus offerts par son imagination, elle finit d'étaler toutes les pièces sur le sol, regardant le plan d'un air perplexe.

N'ayant pas fait d'école d'ingénieur, elle eut un profond sentiment de dégoût mêlé à du désespoir, ne parvenant pas à déchiffrer le plan. Après maints efforts, elle parvint enfin à commencer à comprendre ce qu'il lui fallait faire. Prenant un peu de temps, elle réussit à assembler la première partie. Prenant une vis dans une main, elle regarda autour d'elle pour se rendre une fois de plus à l'évidence ; Elle n'avait aucun outils. Laissant échapper un petit geignement de frustration, elle abandonna son poste.

Il lui fallait une fois de plus en peu de temps braver d'autres êtres humains, bien que son contact avec les vendeurs avaient rempli son quota d’interaction sociales pour la journée. Après avoir pris quelques minutes pour se détendre avec des exercices de respiration,  Hanako se décida à se lever et à affronter les dures réalités de la vie.

Sortant dans le couloir devant son appartement, et prenant bien soin de ne pas oublier ses clés (il ne manquerait plus que ça, s'enfermer dehors le premier jour…), la jeune fille marcha d'un pas décidé vers la porte la plus proche. Puis s'arrêta devant pendant une bonne minute. Une petite partie d'elle espérait que son voisin ne soit pas à la maison.

Finalement, après avoir tergiversé pendant une petite minute supplémentaire, elle toqua à la porte, trois petits coups secs. Avant de regarder autour de ladite porte, se demandant si elle avait peut-être raté une sonnette.

Avec un peu de chance, ses nouveaux voisins seraient des personnes sympathiques comprenant son problème ; avec encore plus de chance, ils seraient tout à fait disposés à lui prêter un machin électrique pour visser les trucs en bois et fabriquer la chose. Elle était bien partie.
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Zakuro Fea
▼ Université - 4ème Année - Comité des Elèves
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MessageSujet: Re: Meubles en Kits | Zakuro   Lun 22 Fév 2016 - 18:01


    Les fantaisies masculines d'une virilité fantasmée.


    « J'emmerde si profondément le dieu des moteurs et le dieu des tournevis. »

    Il y avait une modulation presque énervée dans ma voix. Presque. Cette intimité affranchie entre l'irritation et le désespoir provoqué par une absence de logique naissait comme une bulle destinée à crever. Laquelle, dans sa matérialité, avait réellement réussi par crever. L'huile me coulait sur les doigts, les mains, les poignets, et remontait, en des tracés sinueux, noirâtres, dans les sinuosités de mes veines, sur mes avant-bras. Il fallait en convenir : il y avait un certain esthétisme, dans cet agonie sanglante et noire.

    Esthétisme gothique. Mais le genre dérangeant ; celui qui m'empêchait de continuer la manipulation de la clef 7 sur le cylindre relié au moteur, à la recherche de la bielle défaillante,  la fuite s'écoulant complètement dans la tuyauterie, tâchant vicieusement chaque centimètre carré des tubes de refroidissement.  Un gloussement bulla, à son tour, hors de mes lèvres, presque incrédule face aux dégâts. Je lâchais l'instrument, qui dans un tintement métallique, résonna au sol, projetant des gouttelettes noires sur mon jean, sur le carrelage. Me penchant, adoptant une position horizontale, je plongeais les mains, complètement, dans les viscères mécaniques de la moto éventrée. Quelles sortes de secrets alambiqués pouvaient converger en gangrène dans ce genre de corps d'acier ? Mon rire se mua en un soupir : long, lent. Les mains plongées dans le cambouis, je tâtais les boyaux d'un animal qui n'avait pas la raison nécessaire pour  se plaindre. Couché à moitié entre le sol et les moteurs, exaspéré, je marmonnais.

    « J'emmerde le dieu de l'huile, aussi. »

    Dans une réaction virulente, sermon trop efficace à mon hérésie, le réservoir céda à cet instant, la pression du joint lâchant brutalement, éclaboussant au dessus de mon visage, de mes bras, de mes épaules. Dans une exclamation furieuse, me projetant en arrière, j'évitais un recouvrement facial de l'huile pernicieuse. Puis un instant de flottement ; surréalisme intemporel d'une contemplation stupéfaite de la flaque qui s'étalait.

    « Petite salope, sifflais-je. Espèce de fichue petite salope de gaine de merde. »

    Outré, choqué par l'éruption spontanée du minuscule mais terrifiant geyser noir, je regardais l'huile couler sur mes bras, mes coudes, et ayant atteint mon T-shirt. L'endomorphine retombant, dans un pseudo-apaisement furieux, je récupérais la clef, que je vins frapper sèchement contre la bielle. Le claquement résonna.

    « Tu te fous de moi ! Même Joshua te démonte mieux, bordel ! »

    Reculant, pour m'asseoir sur les fesses, ignorant l'état calamiteux de mon jean imbibant l'huile noire, je soupirais, restant prostré quelque secondes à contempler le cadavre éventré de la moto. La béquille était disposée dans un coin, mon regard accrochée la forme horizontale, éloignée par prudence du châssis et de la structure à compression. Je secouais la tête. Je ne pouvais pas accéder aux bas-moteurs avec le matériel présent, songeais-je en me relevant. J'allais en profiter pour remonter, essayer de retrouver mon dispositif de courroie de distribution, et, -haha-, le double arbre à came. J'inspirais, passant mon poignet contre mon arcade, sifflant en sentant l'huile se disposer trop allègrement sur ma peau, et jetais un coup d’œil vers l'horloge installé dans le garage.

    Remontant les escaliers, jurant du bout des lèvres pour chaque gouttes de cambouis qui glissait de ma peau jusqu'au sol, j'optais finalement pour essuyer avec peine mes paumes contre mon pantalon. Revisitant mentalement le souvenir que je gardais de l'éviscération à effectuer de ma moto couchée sur le sol de mon garage, je parvenais au premier étage, relevant le visage vers les paliers lorsque, en grimpant les dernières marches, j'attrapais des yeux une silhouette qui n'était ni blonde, ni européenne, mais qui était campée fermement devant une porte qui, aux dernières nouvelles, était à moi.

    « Je suis là. »

    Abordage en suppuration, mes lèvres étirées en un sourire trop étiré, trop amusé ; je me glissais à sa hauteur, m'esquissant au niveau de ses épaules pour me couler jusqu'à ma porte. La serrure cliquetant, j'ouvrais la porte, du bout des doigts, mais tâchant dramatiquement l'acier et le bois. Un  constat rapide pour l'étendue des dégâts ; je soupirais, et de l'épaule, poussais la porte, en tenant haut les mains pour ne plus toucher ni salir quoique ce soit. Et dans le mouvement, dans la précipitation, mon chignon lâche commençait à se détacher, les mèches noires glissant sur les lignes de ma mâchoire, dans un parallèle éclaboussant au cambouis de mes avant-bras.

    « Un instant. »

    Comme un loup furieux dévalant une piste, laquelle trop enneigée, laquelle se voyant parcourue avec un acharnement particulier, vers sa proie, je traversais l'appartement, sans regarder vraiment si elle entrait, si elle me suivait. Un regard vers la porte de William, sans que je ne perçoive l'individu trop féerique, trop violet, ni des yeux, ni de l'oreille.  Peut-être Lawrence ?

    « Swan, si tu es lààà, sache que je vais teeeellement dégueulasser le laaavaaabo, ne m'en veux pas. »

    Auquel cas laisse moi nettoyer, mais ne me gueule pas dessus, je t'en prie. Puis le robinet est atteint, et relevant la poignée par un revers du poignet, fit exploser l'eau, -naturellement trop chaude-, sur le dos de mes mains. Grasse, lourde, l'huile noire, comme des carpes koï rampant sous la vase d'une mare souillée, enfla, grossissant et suintant entre mes phalanges, coulant sur la peau en des glissades bouffies, écœurantes. Je fermais les yeux une seconde. Seigneur, jamais plus sans gants.

    Attrapant le papier absorbant, j'appliquais les feuilles sur mes doigts, épongeant phalanges et recoins trop sinueux de dextres à la peau embrunie, aux ongles salis. Je relevais les yeux, cherchant la présence de la jeune femme, avant de m'emparer d'un torchon, pour traverser l'appartement dans l'autre sens. Je pilais devant elle.

    « Excusez-moi. »

    Secouant le torchon tout en essuyant les recoins huileux de mes mains, j'évaluais l'individu, reconnaissant un profil on ne pouvait plus asiatique, on ne pouvait plus commun. Je lâchais le torchon, le laissant retomber sur la boite à outil, afin de pouvoir arranger mes mèches désordonnées. Un regard par dessus son épaule me fit considérer la porte la plus proche. Probablement, songeais-je, une nouvelle voisine. J'eus un sourire, et serrant fermement l'élastique autour de mon chignon, j'interrogeais.

    « Vous désirez ? »


__________________________________________________

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MessageSujet: Re: Meubles en Kits | Zakuro   Lun 22 Fév 2016 - 20:35

Pas de réponses. Personne à la maison. Ou alors ils étaient en train de dormir et elle les dérangeait. Ou ils l'avaient vu venir et ne voulait pas la voir. Alors qu'elle tergiversait, se demandant s'il lui fallait persister ou repartir, vaincue, voir pire, aller acheter un machin pour visser  électrique qui coûterait cher pour une, voir deux utilisations maximum, elle remarqua une sorte de grand homme monstrueux venant vers elle.

Enfin, d'abord elle l'entendit, et ne se rendit compte du phénomène qu'une fois s'étant retournée. Immense. Sa première impression en le voyant fut celle d'avoir soudainement rapetissé, d'être redevenue la petite gamine frêle qu'elle était à 5 ans. La deuxième chose qu'elle remarqua à propos du nouveau venu était le fait qu'il était soudainement beaucoup trop proche. Bien entendu, comme elle était toujours plantée devant la porte, dans le passage, c'était normal, mais son cerveau était bien trop occupé à tenter de comprendre ce qu'elle voyait pour qu'elle ne se rende à l'évidence. Son nez fut heurté de plein fouet par l'odeur nauséabonde d'huile. Bien qu'elle soit habituée à des odeurs fortes et peu agréables, elles étaient toutes à peu près naturelle ; celle-ci était juste écœurante ; elle évita de justesse un haut-le-cœur. Il aurait été malvenu de vomir sur le gentil-monsieur-trop-près après tout.

Il fallait bien se rendre à l'évidence. Le grand homme sale, dont le nom lui était encore inconnu, était en réalité son voisin. La jeune femme se rendait bien compte qu'elle n'était pas forcément un modèle de propreté elle-même, se rappelant amèrement à quel point elle était loin des canons de beautés japonais auxquelles elle aspirait, surtout lorsqu'elle crapahutait dans un mélange de boue et de purin. Mais quand même, le purin, ça sentait au moins le grand-air, le naturel, et puis c'était pas tout gluant comme l'huile que le géant avait étalé partout sur sa porte. Bon c'était peut-être une petite exagération, mais quand même.

Alors qu'il s'affairait à crier dans son appartement, à faire on-ne-sait-quoi, Hanako restait fermement plantée devant la porte, la bouche légèrement ouverte, les yeux vides, dans une expression ressemblant à s'y méprendre à celle d'une carpe qui vient juste d'être pêchée. Quand elle se rendit compte de son manque d'élégance, la jeune femme se reprit, raidissant son dos un peu plus. Elle pouvait encore fuir, pendant qu'il était occupé. En même temps, c'était peut-être un peu trop dramatique. Il avait offert un sourire et lui avait parlé gentiment, en dépit de son allure impressionnante. De plus, elle détestait être malpolie, et s'enfuir comme ça serait vraiment rustre.

Toujours perdue dans ses pensées, elle se rendit compte que l'option de la fuite n'était plus désormais possible ; le voisin était de retour devant elle. Il avait fait un petit effort pour se nettoyer, ce qui était encourageant. En plus, il confirmait son impression de ne pas être antipathique en étant poli. Il fallait vraiment qu'elle arrête de se faire des films, et qu'elle soit un peu moins impressionnable. Enfin, elle pourrait au moins essayer, un peu, peut être.

Elle avait répété plusieurs fois dans sa tête avant de toquer, et s'attendait à la question, même si elle était venue d'une manière moins conventionnelle que prévu.

« Bonjour, je suis votre nouvelle voisine, Matsuoka Hanako. Enchantée de faire votre connaissance. »


Lorsqu'il s'agissait d'être polie, elle n'avait aucun problèmes, esquissant un petit sourire commercial, le même qu'elle avait pratiqué à maintes reprises dans la boutique de son cher papa, tout en s'inclinant ; une courbette parfaite, la position de ses bras le long de son corps et l'angle parfait pour leurs situations sociales ; elle l'avait beaucoup pratiqué pour être sûre de faire bonne impression en rencontrant tout type de personnes, toujours soucieuse de l'image d'elle qu'elle projetait. Une fois redressée, elle tenta de le regarder plus ou moins dans les yeux, exercice toujours aussi difficile ; bien sûr la différence de taille n'aidant pas, elle abandonna l'idée très vite, se contentant de regarder ses pieds au final. Au moins eux étaient plus proches. Et moins intimidants. Non pas que les yeux de l'homme soient intimidants, ils étaient d'ailleurs très jolis et exotiques, mais tout ce qui les entourait était assez surprenant pour elle.

« Je suis terriblement désolée de vous déranger, j'espère ne pas interrompre quelque chose d'important. »

Est-ce-qu'elle en faisait trop ? Peut être, elle n'était plus vraiment sûre, mais la nervosité n'aidait absolument pas son jugement.

« Je me demandais s'il était possible de vous emprunter des outils pour visser des vis... »

Bon, elle imaginait qu'on ne vissait pas vraiment autre chose que des vis, mais elle faisait de son mieux là. En y repensant, l'homme avait l'air assez occupé ; toute l'huile sur ses mains semblait indiqué qu'il était au milieu de quelque chose, probablement de quelconques travaux sur une machine.

« Bien entendu si cela vous dérange, je peux tout à fait revenir plus tard ou demander à quelqu'un d'autre... »

Avec de la chance, ça n'arriverait pas ; en effet Hanako n'avait absolument pas envie de déranger encore plus de monde pour ses petits problèmes personnels. Sa voix trahissait légèrement ce sentiment, bien qu'elle fasse de son mieux pour ne pas laisser paraître son désespoir à l'idée de devoir se socialiser avec encore plus de personnes ; Si tous les habitants de l’immeuble étaient à l'image du grand voisin, elle craignait que ses nerfs ne lâchent avant la fin de la semaine.
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Zakuro Fea
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MessageSujet: Re: Meubles en Kits | Zakuro   Mar 23 Fév 2016 - 22:32

    « Bonjour, je suis votre nouvelle voisine, Matsuoka Hanako. Enchantée de faire votre connaissance. »
    « Je suis Zakuro Fea. Enchanté. »


    L'échange des formalité s'effectuant sur une politesse souriante, je ne rompais pas la dialectique de nos lèvres étirées, je ne m'inclinais cependant pas outre mesure ; tout juste un léger mouvement de tête, occasionné par une envie réfléchie de ne pas répondre à un automatisme trop idiot des cultures ancestrales.

    « Je suis terriblement désolée de vous déranger, j'espère ne pas interrompre quelque chose d'important. »

    Un ricanement lugubre explosa nerveusement entre mes lèvres.

    « … Je suis en train de m'énerver sur ma moto. »

    « Je me demandais s'il était possible de vous emprunter des outils pour visser des vis... »
    « Hm ... »


    Visser des clous, des poires, des cakes, des pommes de pin ou des têtes aurait été assurément plus amusant, mais j'avance tendance à croire, ces derniers temps, que mon humour n'était pas au goût de tous, notamment des japonais. Glissant le bout de ma langue pour hydrater le rebord de mes lèvres gercées par les fureurs
    En me baissant, j'ouvrais la boite à outil, fourrageant mes doigts au travers des ossements métalliques et autres joyeusetés que l'on pouvait espérer y trouver. Le boitier était gris clair, discernable dans le fond de mon joyeux bordel de bricolage, et je l'en tirais. En l'ouvrant, je vérifiais que chaque outil soit bien à sa place, tandis qu'au dessus de moi, Hanako continuait à parler.

    « Bien entendu si cela vous dérange, je peux tout à fait revenir plus tard ou demander à quelqu'un d'autre... »
    « Hm. J'ai une visseuse Makita, à tête réglable. Est-ce que vous savez à quelles dimensions vos vis sont ... ? »

    La question était relativement maladroite, songeais-je. Outre les apprioris machistes, je savais que peu de personnes étaient vraiment bien renseignés dans le bricolage et ses codes de structuration. Je relevais les yeux sur elle, interrogeant du regard, avant de lâcher un soupir.

    « Je vais vous laisser le boîtier entier. Laissez moi vous montrer comment on change la tête. »

    Je me redressais en silence, positionnant entre les doigts de la fille la perceuse-viceuse. La tenue me rappelait un revolver que j'avais glissé entre mes mains, une fois, dans une situation bien différente. Les doigts de ne me rappelaient que trop  ceux d'une personne ayant tenu l'arme elle aussi, et dans un battement de cil, le visage orienté vers les mains de la fille, je chassais d'un ouragan mental les souvenirs tâchés de rouge. Appuyant entre ses doigts mes phalanges qui coururent sur les nervures métalliques, j'incrustais mon ongle dans le système coulissant des battants à pressoir, et dans un jeu de phalange, fit cliqueter la partie réglable de la tête de la visseuse. Je relevais les yeux jusqu'au visage de Matsuoka.

    « La sécurité est assez simple à manipuler. Pour la désactiver, il faut tourner vers la gauche, en appuyant avec les deux sur ces deux parties, simultanément. »

    Je lui abandonnais la perceuse-visseuse entre les doigts, avant de reculer d'un pas, pour la considérer, pensif. J'envisageais, durant quelques secondes, lui proposer mon aide, mais il y avait trop de non-raisons pour que je reste. Premièrement, mes mains étaient dans un état relativement effroyable, et je craignais la voir estimer cela comme un rapprochement plutôt désagréable que de repeindre ses murs avec une technique graisseuse et huileuse. Secondement, il y avait cette gaine qui était égorgée, dans le fond du garage, et qu'il fallait que je remplace. Je ne pouvais assurément pas abandonner mon offrande sacrificielle aux dieux des huiles, des moteurs et des tournevis sans achever la cérémonie.

    « Bien. Je suis au garage, en bas, s'il y a besoin de quoique ce soit. N'hésitez pas. »

    Je lui souriais, un peu plus tendrement, cette fois.

    « Je passe la journée ici. Si jamais vous avez terminé votre installation d'ici une heure ou deux, je viendrais frapper chez vous avec des wagashi et du thé. Oh, et, après avoir pris une douche. »

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MessageSujet: Re: Meubles en Kits | Zakuro   Mer 24 Fév 2016 - 0:40

Son voisin était vraiment un homme étrange, en fait. Non pas que ce fut vraiment un problème, c'était d'ailleurs intriguant et lui donnait envie de poser plein de questions indiscrètes, ce qu'elle ne fit pas, bien évidemment.

Il était un peu beaucoup effrayant aussi, avec son rire qui lui rappelait un peu le rire des méchants dans les émissions qu'elle regardait plus jeune. Étrange, ce rappel constant à son enfance d'ailleurs ; elle se demandait si son isolement prolongé l'avait rendu légèrement folle pour qu'elle passe tant de temps à se souvenir d'éléments divers de sa jeunesse. Mais voilà qu'elle commençait à se perdre dans ses pensées, probablement avec un air un peu ahuri. Entre ça et ses petites bourdes, Hanako commençait à se dire que son nouveau voisin, Monsieur Fea donc, risquait de penser qu'elle était une idiote finie.

Ce qu'elle semblait être, finalement, lorsqu'elle l'entendant parler. Apparemment les vis avaient des dimensions différentes, première nouvelle. Une visseuse à tête réglable, donc, probablement un gadget technologique génial, mais qui la dépassait complètement. Elle fit de son mieux pour ne pas laisser paraître son désarroi, son sourire commercial semblant de plus en plus forcé alors qu'elle tentait de le suivre.  Il était quand même bien gentil d'essayer de lui expliquer alors qu'elle était un vrai cas désespéré.

Se ressaisissant, la jeune femme se concentra sur ce que l'homme lui montrait, ses sourcils légèrement froncés et son regard auparavant vide s'animant alors qu'elle s'efforçait de retenir ses gestes, ne souhaitant pas le faire se répéter alors qu'il avait déjà la gentillesse de prendre le temps de lui faire une démonstration une première fois. Bien qu'elle n'ait jamais été brillante à l'école, elle avait un certain talent pour les tâches manuelles et se sentait tout à fait capable de bien retenir cette petite leçon de bricolage express.

« Merci. »

Alors qu'il se retirait, laissant l'outil entre ses mains, elle prit le temps de regarder son visage, lui lançant un petit sourire de gratitude, bien plus honnête que son précédent sourire de vendeuse de fleurs. Il ne dura pas très longtemps, son attention retournant à l'outil, qui lui semblait légèrement plus abordable maintenant qu'elle avait eu un aperçu de son fonctionnement. Laissant échapper un petit soupir de soulagement sans vraiment s'en rendre compte, tout simplement heureuse de voir que les choses commençaient à s'arranger dans son déménagement relativement désastreux. Enfin, il était temps.

Son voisin n'ayant pas fini de parler, elle leva les yeux vers lui une fois de plus, sa posture légèrement moins guindée maintenant qu'elle se sentait un peu moins coincée dans une mauvaise situation. Elle ne se rappelait pas d'avoir vu un garage dans le bâtiment ; son principal souci avait été de trouver un endroit dans ses moyens avec une bonne exposition pour que ses plantes puissent survivre, le tout avec un balcon pour celles qui avaient besoin du grand air. Un garage, un ascenseur, tout ce genre de choses, elle n'y avait tout simplement pas fait attention. Elle avait pris le temps de regarder si son nouveau lieu de vie était bien situé lors de la visite, mais à part ça… Bref, encore une information utile.

« Merci encore.  Je ne savais pas qu'il y avait un garage. »

Il était peu probable qu'elle y descende pour le déranger, mais l'offre était aimable. La seconde offre cependant était un peu plus embêtante. Bien que les plantes soient une chose merveilleuse, elle avait remarqué avec le temps que son amour était légèrement démesuré comparé au commun des mortels, et il se trouvait que son sol était quasiment entièrement couvert de pots en tout genre. Elle n'était pas sûre de lui trouver la moindre place où s'installer pour déguster le petit encas qu'il avait si gentiment proposé, sans même penser à ce qu'il allait imaginer s'il voyait la jungle qui occupait désormais l'appartement voisin au sien.

« C'est très gentil à vous, mais vous n'êtes pas obligé, vous savez... »

Ses yeux étaient retombés vers ses pieds alors qu'elle se demandait s'il ne le prendrait pas mal.

« Je vais vous laisser retourner à votre moto, bonne chance. »


Ceci dit, elle fit une petite courbette, avec l'espoir de pouvoir retourner à son bricolage, tournant sur ses talons avant de marcher d'un pas rapide vers sa porte. Avec de la chance, il ne tenterait pas de regarder à l'intérieur ; son changement d'attitude soudain était probablement suspicieux, mais elle fit de son mieux pour continuer à cacher sa nouvelle angoisse du moment, fermant sa porte derrière elle assez rapidement.

Retroussant ses manches, figurativement autant que littéralement, la jeune femme se mit au travail, prenant son temps mais réussissant au prix de nombreux efforts à assembler son meuble. Il était beau, tout bancal qu'il soit, et faisait sa fierté une fois fini. Non franchement, c'était du beau boulot, pour un premier meuble en kit assemblé entièrement par ses soins.

Une fois que le meuble fut mis à sa place, Hanako s'étira avant de lancer un regard vers la porte. Une ou deux heures, c'était bien ça. Est-ce qu'il allait vraiment venir chez elle ? Ne voulant pas tenter le destin, elle décida de lui rapporter ce qu'elle lui avait emprunté. C'était poli pour commencer, et puis elle préférait faire preuve de sérieux, surtout après sa fuite. Après une seconde passée à tapoter ses vêtements pour se rendre plus présentable, elle attrapa les outils et se dirigea vers sa porte, faisant ensuite son chemin vers les étages plus bas du bâtiment, explorant au passage son nouveau lieu de vie, espérant tomber sur les garages.
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Zakuro Fea
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MessageSujet: Re: Meubles en Kits | Zakuro   Mer 24 Fév 2016 - 22:50

    « C'est très gentil à vous, mais vous n'êtes pas obligé, vous savez... »

    Je fixais, elle ne masquait pas son gêne. Dans une chute délibérée de son regard jusqu'aux sols et semelles, tout en son attitude indiquait une expression du trop éprouvé malaise. Je ne relevais pas, trop peu soucieux de forcer une intrusion. Elle rompit le silence en une inclinaison de son échine ; brève et rapide commisération de ma présence.

    « Je vais vous laisser retourner à votre moto, bonne chance. »

    Pas un mot, pas un sourire, un simple hochement de tête pour signifier l'entente qui s'imposait dans notre relation actuelle, et sans qu'elle ne se départisse de son attitude calme, trop maîtrisée pour que ce ne soit complètement confiant, je croisais les bras, l'observant se détourner pour retourner jusqu'à son appartement. Mes lèvres se tordirent en une moue dépréciatrice. Qu'avait une jeune femme de son gabarit à cacher de ses voisins déjà trop bizarres ? Des cadavres dans le placard ou des oreillers rembourrés à la crack ? En me penchant, je récupérais simplement la boite à outil que j'avais originellement récupéré pour ma moto. Le flash-back du revolver m'avait surpris, songeais-je. Déstabilisé dans mon attitude trop confiance à ignorer les perspectives de la mnésis. Mes némésis me poursuivaient. Les fibres musculaires de mon dos raidies en une contraction douloureuse, sèche, je descendais les escaliers. Lentement, sûrement, comme pour marquer chaque pas dans les marches de la puissance d'un ressentiment trop meurtrier.

    (…)

    Sous les afflictions d'une douche en solitude, ma peau se détachait d'une amant grasse que l'âme ne voulait, ne pouvait se voir attribuée plus longtemps dans le maintien au corps. Des gouttes colorées par les nuances huileuses tâchaient et tombaient, je gardais les mains crispées. Se poursuivait la pêche des carpes koï dégueulasses. Je frissonnais. Le sang partait plus vite, tout de même. Et la pluie, et les pleurs, aussi. Je relevais le visage, les mèches sombres glissant sur mes mâchoires, collant contre mes tempes, ma gorge, mes épaules, mes omoplates, mon pectoral. Je frissonnais, encore. Si mon humeur ne s'arrangeait pas d'ici la soirée, je prévoyais sans le moindre remord aller m'inviter chez Sasaki et Kohaku, défoncer leur petite ambiance trop studieuse, et enfoncer mes ongles dans la peau de la gorge de Joshua pour venir mordre ses lèvres. L'eau irradiait de couleurs, de senteurs entêtantes, et j'imaginais mes mains parcourir les reliefs trop vertébrés du dos de Chess. J'avais cette envie enfantine de me recouvrir du regard orageux, de nager dans des stratosphères que les nues garantiraient de cette tension électrique, et dans la pâleur de sa peau, contempler les perditions de mon âme quand il me souriait. La météo d'une nuit blanche et noire influait sur mon cœur.

    Je sortais de la douche, attrapant serviettes et vêtements. La moto était inutilisable pour le moment, aussi, je prendrais l'autre. On ne pouvait que me reprocher, en possédant deux cyclomoteurs, de ne que trop polluer la planète, et de ne que trop me mettre en danger. Glissant le fil noir d'un tissu sec contre ma peau encore mouillée, je relevais mes cheveux, avant de les laisser, dans une chute fouettante, draper le dos de ma chemise en des éclats humides que les changements de température sauraient effacer. Je tressais mes cheveux, et le miroir me renvoya un regard bleu, intensément vide de sentiments. Je lui souris.

    (…)

    Du bout des doigts, dans un concert virtuose de mes phalanges dont j'appréciais la netteté pâle retrouvée, les cales abîmées mais blanches, je saisissais le sachet de biscuits caramélisés qu'on avait oublié là, quelque part trop proche de moi. Récupérant mes clefs, je sortais de l'appartement, refermant en silence derrière le passage d'un Ragnarök au miaulement intempestif. Descendant l'escalier, en baissant les yeux sur mes Docs délacées, je commençais la descente des escaliers, avant de me rendre compte que je précédais quelqu'un. Projetant les yeux au dessus de la rambarde, je reconnus le crâne trop brun de ma nouvelle voisine. Un vague sourire.

    « Il faut un badge, pour aller aux garages, mademoiselle Matsuoka. L'avez-vous, ou allez-vous tenter de pénétrer par effraction mon réservoir à cadavres ? »

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MessageSujet: Re: Meubles en Kits | Zakuro   Mer 24 Fév 2016 - 23:41

Cadavres. Cadavres. C'était une blague, pas vrai ? La voix soudaine ainsi que le contenu de la phrase l'avaient fait sursauter, avant de regarder autour d'elle pour essayer de re-situer son interlocuteur. Son sens de l'humour, si c'était effectivement une blague, n'était absolument pas à son goût. Du moins, elle aurait pu le tolérer, voir en venir à l'apprécier s'ils avaient été proches, mais ce n'était absolument pas le cas. Ce qui rendait son nouveau voisin beaucoup plus effrayant et étrange, pour le coup.

Après avoir réussi à le localiser, elle eu une légère hésitation avant de se motiver, se déplaçant pour venir vers lui. Elle devait se rappeler que l'homme, bien que très différent de ce qu'elle aurait imaginé comme voisin idéal, l'avait tout de même aidée très gentiment. Il avait même fait plus que ce qu'elle n'avait demandé, et avait même proposé de lui amener du thé. Il pouvait tout à fait être une sorte de tueur en série qui utilisait sa politesse pour attirer de pauvres jeunes filles sans défense dans ses filets, mais elle en doutait fortement. Enfin, elle espérait vraiment que ce n'était pas le cas.

Un autre petit sourire poli apparut sur son visage alors qu'elle fut assez proche de lui, tentant de garder son calme et une attitude digne de ce que ses parents auraient voulu d'elle, ne trahissant pas ses pensées sur les potentielles activités de serial killer de son voisin. De plus, le petit sourire poli pouvait servir pour lui faire voir qu'elle avait compris que c'était une plaisanterie, même si ladite plaisanterie était tout à fait déplacée et déplaisante.

« Je ne le savais pas, merci de l'information.  Je n'ai plus besoin d'aller dans les garages, puisque je vous cherchais. »

Tentant de le regarder sans vraiment y parvenir, Hanako se contenta de fixer son torse lorsqu'elle lui parlait, plus au niveau de ses yeux. Prenant le temps de regarder ce qu'elle faisait tout de même, elle lui tendit ce qu'elle lui avait emprunté, tenant le tout fermement. Ce qui pouvait surprendre, tout compte fait, étant donné son attitude générale.

« J'ai réussi à faire ce que je voulais faire grâce à vos instructions, merci encore d'avoir pris le temps de me montrer. »

Bon, heureusement que sa maison était principalement dépourvue de meubles, puisqu'elle n'en voyait pas vraiment l'utilité, sa décoration spartiate lui permettant d'optimiser l'espace restreint pour stocker toutes ses plantes plus ou moins rares. D'ailleurs, il serait peut-être de bon goût de lui en offrir une pour le remercier ; il était un peu tard pour y penser, mais elle pourrait toujours laisser un pot devant sa porte avec une note. Une façon efficace de témoigner sa reconnaissance sans risquer d'offenser à force de bourdes, chose qui risquait fort d'arriver si elle lui parlait trop longtemps.

« Si je peux me rendre utile, n'hésitez surtout pas à me le demander, ce serait avec plaisir. »

La jeune femme doutait fortement que son voisin n'ait réellement besoin de son aide, sachant pertinemment que ses capacités étaient très restreintes, principalement liées à ses activités professionnelles ; elle était capable de cuisiner et de ranger son appartement plus ou moins bien, mais en dehors de ça, elle n'était pas vraiment sûre de pouvoir véritablement aider. Tout de même, si pour une raison quelconque monsieur Fea lui trouvait une utilité, il lui semblait normal de se proposer. Lui rendre la pareille, en quelque sorte.

En attendant, cette idée de lui offrir un pot de plante pour le remercier lui semblait de plus en plus attirante, et après une légère hésitation, qu'elle tenta en vain de masquer, elle se décida à simplement lui demander. Comme ça, elle ne le dérangerait pas en le forçant à prendre soin d'une plante, ou pire, en le laissant maltraiter une pauvre fleur qui méritait mieux qu'une mort lente et douloureuse chez un propriétaire qui n'en avait pas l'utilité.

« Je m'excuse si la question semble indiscrète, mais aimez-vous les plantes, Monsieur Fea ? »

Indiscret n'était peut-être pas le mot, mais c'était tout ce qu'elle avait trouvé sur le moment. Étrange paraissait mieux convenir après coup. Elle eut du mal à contenir cette sorte d'excitation lorsqu'elle parla de ses plantes, utilisant toutes ses capacités à garder un visage neutre. Une fois de plus, elle avait l'impression que passer pour une illuminée avec une fixation sur les plantes serait mauvais pour son image et une quelconque relation amicale avec son voisin.
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MessageSujet: Re: Meubles en Kits | Zakuro   Lun 29 Fév 2016 - 20:06

    En s'approchant, j'imaginais l'exaltation profonde du prédateur observant le rongeur se jeter dans la gueule du loup. Elle venait toiser à bas de mes mâchoires, ignorant mes pseudo-menaces pour flirter avec une distance qui supplantait la prudence. Elle me cherchait, m'indiqua t-elle, et j'absorbais l'information sans rien d'autre qu'un simple hochement de tête. Je souriais, elle aussi, nos raisons infiniment différentes les unes des autres. Dans un enjolivement de la chose, nous pouvions imaginer ma figure transposée à celle d'une affectueuse plante carnivore, projetant ses charmes colorées sur les insectes insouciants. Je m'imaginais dionée, et mon sourire s'élargissait. Lentement, terriblement, beaucoup trop amusé.

    « J'ai réussi à faire ce que je voulais faire grâce à vos instructions, merci encore d'avoir pris le temps de me montrer. »

    Récupérant le boitier en refermant mes mains dessus, les idées de plantes carnivore et de prédateurs m'abandonnèrent, l'amusement cessé, la fin du jeu imposée. Soit. Je n'avais plus rien de particulier à demander ou à obtenir, et l'ennui, trop commun, revint comme une fusée, soulevant dans ma poitrine un pincement au cœur. Que faire pour combattre une oisiveté qui ne s'amusait que trop à vous submerger ?

    « Si je peux me rendre utile, n'hésitez surtout pas à me le demander, ce serait avec plaisir. »
    « Merci beaucoup. »

    La formule était polie, mais je ne doutais pas que je trouverais quelque chose d'intéressant à faire avec ce petit bout de jeune femme. Moi ou Joshua, songeais-je distraitement. Je l'imaginais déverser son imagination aux pluralités intempestives sur Matsuoka Hanako, avant de secouer vaguement la tête, pour m'arracher aux idées trop colorées.

    La jeune femme réfléchissait. Son œil fixe, concentré, était perdu dans la contemplation d'une idée aussi brusque que soudaine, qu'elle fit jaillir de l'extérieur de son crâne en déformant la courbe de ses lèvres, expulsant hors de sa bouche un questionnement si impromptu, que je cillais.

    « Je m'excuse si la question semble indiscrète, mais aimez-vous les plantes, Monsieur Fea ? »

    Un gloussement.

    « Non. Mais. »

    Non, je n'aimais pas particulièrement les plantes. Ou plutôt, je ne ressentais rien de particulier face aux formes végétales vertes et pigmentées. Je repensais, une seconde, à ma dionée mentale, disparue dans les confins de mon esprit.

    « Vous êtes terriblement japonaise, vous savez ? Quand vous dites à quelqu'un ''Je m'excuse si la question semble indiscrète'', l'expression paraît vraiment ingénue puisque vous allez parler de plantes après. Y a t-il un tabou particulier quant au fait d'apprécier des trucs à feuilles ? »

    Secouant le boitier entre mes doigts, dans un jeu de phalanges qui faisait tapoter le coin en plastique contre ma hanche, je haussais les épaules.

    « Et quand bien même, si vous vous excusez sans me laisser choisir de la possibilité de vous pardonner ou non, je pourrais me sentir offensé que vous perturbiez mon libre arbitre quant au jugement que je fais de vous. »

    Je soupirais.

    « Et les japonais m'ennuient, en ce moment. L'indiscrétion, c'est oser franchir une limite, mais s'excuser platement pour l'avoir fait ensuite. Sachez ou ne sachez pas, mais ne restez pas entre deux portes, ou vous allez simplement ... »

    Finir ailleurs que dans la gueule du Chat.

    « … continuer à m'ennuyer. »

    Je lui souriais.

    « Puis-je vous offrir un thé ? »

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