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In a decade, will you be there ?
 
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 Nobody said it was easy.

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Naoko Tanaka
▼ Université - 3ème année - Vice Présidente Cuisine
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MessageSujet: Nobody said it was easy.   Ven 18 Déc 2015 - 23:33

Nobody said it was easy.
Coldplay - The Scientist
Pv Haruhiko






Le paysage défilait à vitesse régulière, entrecoupé par quelques voitures se mettant en travers de notre route, rapidement dépassées pour disparaitre et ne devenir que de vagues souvenirs. Mon regard se fixait au-delà de la vitre, et poursuivait avec lassitude l’objet de mon attention momentanée. Et quand celui-ci dépassait le cadre de la fenêtre du taxi, mes pupilles revenaient en arrière, pour se fixer aléatoirement sur un nouvel élément du décor. Poursuite. Disparition. Fixation. Poursuite…

Le nez collé contre le verre froid, la joue au creux de ma paume, le bras appuyé sur l’accoudoir de la porte, je répétais inlassablement ma rengaine observatoire, seule distraction monotone de ce long voyage. La radio grésillante passait en boucle les mêmes chansons populaires des derniers idols à la mode, que je ne prenais même pas la peine d’écouter. Je restais inlassablement concentrée sur ce qu’il se passait dehors, bercée par les ronrons du moteur et les mouvements de la banquette arrière au fil du bitume.

Vous devez sûrement vous demandez pourquoi je me retrouvais, seule dans un taxi sur l’autoroute, en plein mois de Novembre. Et bien, pour une raison toute simple, je retournais chez moi à l’occasion de mon anniversaire, ce jour-même. Les préparatifs avaient été arrangés depuis le début du mois, et voilà que je parcourais plus de 200 kms pour rendre visite à mes parents dans la mégalopole nippone, en compagnie de Snow, bien installée dans le coffre, et de Choco, dans sa cage de transport sur le siège à mes côtés.
Choco, c’est une petite chatte, toute noire, recueillie il y a peu. A vrai dire, je n’avais pas vraiment l’intention d’adopter un chat, n’étant pas vraiment sûre que ça passerait avec Snow. Mais quand je l’ai vu… Je n’ai pas su dire non. Abandonnée sur le campus, Haru s’en était occupé comme il pouvait. Mais avec l’arrivée des temps froids, il avait fallu lui trouver une maison. Et comme il y avait de la place dans la mienne… C’est ainsi qu’elle avait rejoint ma petite tribu qui commençait doucement mais sûrement à s’agrandir. Et mon déplacement allait être l’occasion de faire les présentations entre la nouvelle venue et ma famille.

Honnêtement, j’étais plutôt contente d’avoir une véritable raison de me déplacer, et ce, même pour un week-end, sans avoir à attendre les vacances d’hiver. Bon, je devais avouer qu’à voir mon expression, c’était peut-être un peu difficile à imaginer que je pouvais me réjouir de cet anniversaire. Mais il fallait me comprendre, prendre un taxi dès 6h du matin, avec en prévision plus de 3h de route si tout se passait bien, ce n’était pas ce qu’il y avait de plus… excitant. Et puis, même si la voiture, je supportais, j’étais quand même toujours un peu tendue malgré tout. D’où le fait que je me concentrais sur le paysage qui, je vous le confie, n’avait absolument rien de passionnant. Mais la stratégie fut payante, puisque, presque hypnotisée par l’enchainement des poteaux électriques, j’ai fini par m’endormir, n’ouvrant les yeux qu’une fois à destination.

~~~

Je m’étalais comme une masse dans mon lit, épuisée. Mes yeux parcourait la chambre ayant perdue la familiarité qui était sienne il y a quelques années. Quand j’y pensais, depuis mon entrée à Keimoo, je ne revenais plus tant que ça. Et depuis que j’avais emménagé dans le quartier Hebi… mes déplacements s’étaient réduits de plus en plus. Je ne m’en rendais compte qu’aujourd’hui, jour oh combien symbolique. 18 ans. La majorité dans certains pays, même si au Japon, il me manquait encore deux années de plus. Mais quand j’y réfléchissais, mon temps à l’Académie avait filé tellement vite que la dite majorité finirait par arriver sans que je ne m’en rende compte.

J’attrapais mon coussin pour le serrer contre moi, alors que je parcourais la pièce dans une virée dans le passé, me remémorant les souvenirs marquants de ma vie. Les photos de famille, les médailles de sport, les cartes postales de voyages,… Posant mon oreiller à côté, je me redressais alors pour me pencher sous mon lit, et en ressorti une vieille boite à chaussure abimée par le temps. J’avais attrapé la première venue, mais elle était loin d’être la seule. Certains me qualifieraient d’accumulatrice compulsives, et ils auraient peut-être raison. Toujours est-il que j’aimais garder les choses, pour la valeur sentimentales qu’elles avaient. Lorsque j’avais déménagé, je m’étais interdite d’emmené une boite à souvenir avec moi, me disant qu’il fallait peut être que je corrige cette mauvaise habitude. Au final, j’avais fini par en créer des nouvelles à Keimoo. Chassez le naturel, et il revient au galop, comme on dit.

Assise en tailleur, j’ouvris précautionneusement le couvercle de la boite qui laissa apparaitre un fouillis sans nom. A l’intérieur, des papiers, des babioles, des emballages, des tickets, de tout. Mes doigts vinrent effleurer une feuille pliée, que je pris soin d’ouvrir délicatement. Un sourire tendre sur les lèvres, je redécouvrais après longtemps un vieux dessin de ma cadette. Il n’avait rien d’extraordinaire, c’était simplement le dessin maladroit d’une famille de bonhommes bâtons, aux couleurs criardes et affublés d’une écriture approximative. A l’époque, Himiko avait dû me l’offrir sans arrière-pensées ni intention particulière. Probablement parce que je me trouvais au bon endroit lorsqu’elle avait terminé son œuvre, même si elle ne m’était pas particulièrement destinée. Mais je l’avais gardé quand même, comme j’avais gardé tous les dessins qu’elle avait pu me faire petite. Je ne lui avouerais sûrement pas ça, elle me forcerait à les jeter sinon.

Fouillant un peu plus, mes yeux accrochèrent une enveloppe familière, que j’avais sûrement regardé des milliers de fois. La toute première lettre qu’Haruhiko m’avait envoyée, après l’erreur de délivrance de la mienne. Sur l’enveloppe, mon nom y est inscrit maladroitement, comme s’il s’était tellement appliqué et y avait mis tellement de soin que les traits n’avaient plus rien de naturel. Je retournais l’enveloppe entre mes mains, et mon index frôla l’ouverture solennellement.

Je n’eus pas le temps de me saisir de la lettre à l’intérieur puisque je vis arriver à toute vitesse une énorme boule de poils beige, fonçant droit sur moi. J’eus le réflexe de lever la boite en l’air, évitant tout dégât, mais l’impact avec l’objet poilu identifié me fit tomber à la renverse. Par chance, la boite n’avait rien, son contenu non plus, et je la déposais du bout des doigts sur une étagère au-dessus de mon lit pendant que l’envahisseur était en train de me palucher le visage. Ce n’est qu’après s’être calmé un peu que la bête me fixa, penchant la tête et relevant les oreilles dans l’attente d’une caresse, complètement couché sur moi, et ce, sans la moindre gêne. Ce boulet de canon à poil, c’est Cookie, le samoyède de la famille. Une grosse peluche beige en soit, toujours adorable et affectueux, et dont j’étais apparemment la préférée parmi les habitants de la maison.

Caressant et gratouillant la bête qui roula de plaisir sur le côté, j’en profitais pour me redresser et épousseter les moutons de poils beiges s’étant logés sur le vieux sweat que j’avais enfilé à la va vite.
Et c’était plutôt une bonne chose, puisque ma sœur m’aurait étripée si Cookie avait laissé sa patte sur la robe que je portais en dessous. A peine arrivée ce matin que ma cadette m’avait kidnappée pour de multiple essayage, optant pour une robe simple noire et bordeaux afin de « marquer le coup ».

Coup qui, selon moi, avait été plus que marqué, puisque nous avions passé la journée à rendre visite aux différents membres de la famille maternelle et paternelle qui ne vivaient pas trop loin. Déjeuner au restaurant, après-midi dans un club privé, les sorties familiales, surtout du côté de mon père, était devenu des rendez-vous huppés et chics. Du côté de ma mère, ils avaient su rester plus simple, mais comme aujourd’hui, nous les avons vu tous en même temps, tout le monde s’étaient accommodé du style Tanaka. Autant dire que s’y présenter en jean et basket, alors que j’étais « l’invitée » du jour, c’était inconcevable

Abandonnant la tâche de défaire mon pull du beige qui y avait élu domicile, je le retirais en le bazardant sur mon lit. Et mon portable se mit à sonner.

__________________________________________________
La consécration:
 


Dernière édition par Naoko Tanaka le Sam 30 Avr 2016 - 1:37, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: Nobody said it was easy.   Lun 21 Déc 2015 - 23:57



Come up to meet you. Tell you I’m sorry.

Il eut à peine le temps de mettre un pied sur le sol de la capitale qu’il fut déjà aspiré par la mouvante de la ville. Les gens se bousculaient presque pour sortir du train, pressés pour ne savait-on quelle affaire. La vie des Tokyoïtes était réputée pour ne jamais trouver d’arrêt. Comme si les secondes se succédaient et que le repos n’était qu’une utopie. Il se sentait comme le campagnard qu’il était, totalement étranger à ce rythme de vie citadine. Il n’avait pas bougé, comme si chaque pas devait lui couter un effort supplémentaire. Le train était déjà reparti et la gare s’était totalement vidée. Ne restant plus qu’une fille aux cheveux décolorés riant aux éclats, son cellulaire sur l’oreille et tapant fort du pied sur le sol pour illustrer cette joie qui semblait l’envahir. Et un vieux monsieur, sur le banc un peu plus loin, lisant le journal et attendant certainement que le temps passe. Et lui. Planté au milieu du quai d’embarquement, le regard perdu dans le vide.
Il l’avait fait. Il était réellement monté jusqu’à Tokyo avec le train la reliant à Keimoo. Il avait l’impression d’être dans un songe étrange, qu’il allait bientôt se réveiller et qu’il se rendrait compte que tout ça n’avait été qu’inventé. Qu’il allait poursuivre sa vie d’étudiant, profitant de la compagnie de ses camarades et amis. Vivant au rythme des messages de Naoko et bercé par les entraînements intensifs et quelques heures supplémentaires au Konbini. Son regard reprit vie dès lors qu’il entendit de la vie se mouvoir jusqu’au quai. Plusieurs groupes de personnes affluèrent, lui indiquant la venue prochaine d’un autre train. Il ne pourrait donc pas rester ici éternellement, et ce n’était pas le but. Tout en se faisant violence pour garder son attention au plus haut niveau, il se fraya difficilement un chemin parmi l’affluence massive. Comment autant de personnes pouvaient se succéder pour venir prendre un train, qui sera lui aussi certainement complet ? Il s’excusa à chaque coup d’épaule donné et se rendit vite compte que personne ne l’écoutait. Comme tous enfermés dans une étrange bulle où les autres n’existaient pas.

Il soupira. La Capitale était un choc bien trop gros. Dès lors il se vit à envier les petites routes au bord des étendues d’eau et l’imprenable vue sur la mer de Kumano-shi. L’air marin et surtout les grands espaces où l’on peut librement circuler sans se faire happer par une foule n’ayant aucun remord à vous écraser si par malheur l’un de vos genoux viendrait à toucher le sol. En quelque sorte, il se mit à la comprendre un peu, de se retrouver soudainement étouffé par tout ça.

Il du s’y reprendre à plusieurs fois pour comprendre où était la sortie qu’il désirait. La gare était si grande que chaque angle donnait sur une avenue différente et bien trop éloignée. Sa démarche était beaucoup plus lente que ceux dont la destination était déjà toute tracée dans leur esprit. Si bien qu’il se retrouva très vite avec deux paquets de mouchoirs et des clémentines offertes sur le passage par des promoteurs. Lui et sa capacité à ne rien refuser… Fort heureusement pour lui, il n’y avait aucun geste à réaliser derrière et chacun des dons ne demandaient ni abonnement ni crédit.


You don’t know how lovely you are.

Vingt-trois minutes. C’est à peu près le temps qu’il lui fallu pour réussir à trouver la sortie de la gare. Mais il ne voulu pas pleurer sur son sort. Il venait à peine d’arriver et il devait encore se rendre jusqu’à la périphérie. Dès qu’il franchit les grandes portes, il senti le vent frais de novembre venir lui fouetter son visage encore tout chaud de sommeil. Plissant les yeux, il se recroquevilla sur lui-même pour essayer de contenir la chaleur émanant de son manteau du mieux qu’il pouvait. Une écharpe n’aurait pas été de trop. A avoir su, il aurait cédé à la tentation du chocolat chaud qu’il avait vu précédemment en vitrine. Surtout  qu’il était accompagné des douces odeurs de nourriture du petit déjeuné… Son ventre gronda. Non. Il devait attendre. D’abord, trouver son chemin, ensuite s’occuper de son estomac.
La nuit précédente avait été particulièrement difficile. Il avait fallu qu’il se lève tôt pour avoir le train, et au final il n’avait simplement par fermé l’œil de la nuit. Dans le train, il avait réussi à dormi vingt minutes, plus ou moins. Emporté par le ronronnement du moteur, le souffle chaud de la ventilation et ses yeux piquant de fatigue. Mais avec cela, il s’était surtout fait mal au cou plus que ce qu’il ne s’était vraiment reposé.

Sa main alla trouver sa poche, qu’il fouilla frénétiquement. Avec ce fichu gant, il n’arrivait à rien. Il se résigna et dû le retirer pour arriver à en extirper la carte maison qu’il s’était construite pour trouver le chemin. Que les créateurs de la maps sur internet soient loués. Il avait pu visualiser et revisualiser de nombreuses fois le chemin qu’il avait à parcourir pour arriver jusque là-bas. Des petits bout de chemins dessinés très maladroitement, avec des annotations, signe qu’il s’était résigné à l’incompréhension qu’il avait face à ses propres dessins explicatifs.
Tout d’abord, restons méthodique. Il fallait qu’il se rende jusqu’au métro, prendre la ligne E jusqu’au septième arrêt. Et ensuite il devait marcher quelques minutes et trouver la gare des trains de banlieue. Cela ne semblait pas si compliqué que ça, après tout. Juste rester vigilent et ne pas se laisser à la rêverie. Tant de transports à prendre dans une même ville… Rien qu’à y penser, il pleurait encore son porte monnaie. Surtout sachant qu’il avait prit congé pour deux jours d’affilés à son petit boulot au Konbini. A la place, il avait prit deux fois plus de babysitting la semaine qui suivait. Histoire de rentrer dans ses frais.

Mais il ne voulait se dérober. Ce voyage était pour lui d’une importance capitale.


I had to find you, tell you I need you. Tell you I set you apart.

Et quelle importance ! Il avait l’impression qu’il allait jouer sa vie à la roulette russe. Dont l’arme serait tenue par cette jeune fille aux cheveux noirs de jais et aux yeux impassibles dans lesquels il arrivait pourtant si bien à lire. Alors qu’il s’avançait prudemment jusqu’aux indications du dit métro, il se perdit à nouveau dans ses pensées. Pourquoi est-ce qu’il fallait indéniablement que tout soit ramené à elle ? Qu’importait les circonstances. Il n’y avait qu’elle. Elle, et seulement elle. Par deux fois trois en fait :’D le destin lui avait prouvé.
Alors la seule question qui lui revenait à l’esprit était : Pourquoi ? Pourquoi elle ? N’aurait-il pas pu suivre en cours ce jour là et éviter la punition ? Aurait-il pu passer encore devant elle durant quatre années sans même la remarquer ? Pourquoi avait-il fallut que cette personne dont il commençait à plus qu’apprécier la présence ne soit autre qu’elle ?

Il s’arrêta devant le panneau de l’entrée. Ses yeux roulèrent longuement jusqu’au ciel. Il se mentait à lui-même. Constamment. Et encore cette fois là. Devait-il encore jouer les ingénus ? Non. Il devait assumer, une bonne fois pour toutes. Assumer que tout ce trouble soit également une source de bonheur infini. Car jamais il n’eut cru avoir la chance de pouvoir la voir. D’être à ses côtés en toute simplicité. De chérir la présence de ce petit bout de femme qui prenait tant de place déjà dans sa vie, et ce depuis huit années. Déjà… Comme le temps passait vite.

Ses pas se réengagèrent dans l’escalier, emporté par le mouvement de la foule qu’il bloquait par moment de son immobilité. Il prit deux tickets afin de s’assurer le retour et se battit quelques instants avec la machine qui semblait ne pas  vouloir de son billet, et ce malgré le prix qu’il trouvait exorbitant. Après une bagarre effrénée, il réussit à lui faire accepter et en sorti vainqueur ses titres de transport. Une fois le plan de la ligne déchiffré, il suivit le code couleur de la ligne pour trouver le chemin et arriva à bon port bien plus facilement qu’il ne l’aurait pensé. C’était bien la première fois qu’il mettait les pieds dans un transport souterrain… L’ambiance y était sombre et légèrement humide. Rien de très plaisant en soi… A avoir su, il aurait peut-être dû choisir le bus. Mais les changements de ligne rendaient le voyage difficile et onéreux.
Station trouvée et acquise, il regarda tout autour de lui. Il se rendit compte à quel point les gens étaient déconnectés du monde qui les entouraient. Alors qu’il épiait un peu sans s’en rendre compte une jeune maman avec son petit hurlant à la mort, il vit au dessus d’elle une minuterie, semblant indiquer la venue de la rame. Une minute. Il était en approche. Fouillant à nouveau dans sa poche il en sorti le plan de secours et se remémora le nom de l’arrêt. Une fois sûr de lui, un léger sourire triomphant vint habiter les traits fatigués de son visage. Lorsque la rame arriva, un souffle de vent vint s’en accompagner. Ainsi, le papier qu’il avait jusque là en main s’envola… Sur les rails. Il n’eut pas le temps de pleurer sur son sort qu’il se trouva très vite emporté par la foule désireuse de monter à bord du véhicule. Il dû se résigner en soupirant lacement. Il venait de perdre ses indications pour se rendre jusqu’à chez elle… Il connaissait son adresse par cœur, là n’était pas le problème. Fallait-il encore qu’il se souvienne comme s’y rendre. Il ne pouvait même pas jouer sur une quelconque reconnaissance puisqu’elle ne lui avait jamais réellement décrit son environnement.

Bon, il fallait qu’il réfléchisse. Et vite. Que lui restait-il ? Quelques vagues souvenirs… Aller jusqu’à la gare n’était pas bien compliqué. Mais il ne se souvenait déjà plus du nom de l’arrêt proche de chez elle. Quelle aubaine… Il fallait qu’il trouve un point d’accès internet. Il regarda sa montre, tentant de frayer un chemin pour son bras entre les passants, tous obligés de rester debout. Midi… Déjà !? Où avait-il passé tout ce temps entre la gare d’arrivée et le métro ? Son estomac gargouilla fort heureusement au même temps que la sonnette de départ. Il allait falloir qu’il s’arrête manger un petit quelque chose… Il n’avait rien dans le ventre depuis bien trop longtemps. Quant enfin vint son salut et surtout le nom de l’arrêt du métro tant convoité, il fut soulagé.
Cette fois-ci, suivre les pas de la foule fut salvateur. Il n’eut plus à trop forcer sur ses jambes pour le porter dans la bonne direction. Seulement, il fois qu’il fut arrivé au portique, il ne put plus passer. Il tenta sa chance plusieurs fois, en vain. Il dut donc se rendre jusqu’au guichet d’informations sur la gauche pour comprendre quel était le problème, puisqu’à l’aller, il avait réussi à passer sans encombre. Trente secondes, c’est le temps que prit la Conseillère pour trouver le problème. Il avait acheté un billet avec correspondance sur une autre ligne qui se trouvait être des bus citadins… Par conséquent, son départ de la ligne de métro par la sortie habituelle n’était pas possible.

Soudainement il se sentit comme vidé de toute énergie. Comme si l’aura combative qu’il abordait jusque là pour mener à bien sa mission venait tout d’un coup de le quitter. Voyant son air dépité, la Conseillère lui demanda jusqu’où il voulait se rendre et lui proposa un itinéraire différent de ce qu’il avait prévu mais qui conviendrait tout aussi bien. Cela allait même le rapprocher de dix minutes de marche du quartier résidentiel ! S’il n’y avait pas cette vitre ou l’éthique, il se serait jeté sur elle pour l’enlacer !

Avec toutes ces péripéties, une aide magique était signe de salvation.


Tell me your secrets, and ask me your questions.

Après avoir engloutie un sandwich digne de ce nom et deux onigiris, il pu enfin avoir l’esprit un peu plus tranquille. Son cerveau reprit le contrôle de son corps et très vite il eut les idées plus claires. En attendant le bus citadin, il en avait profité pour s’arrêter au snack du souterrain. Qu’importait si c’était insalubre ou mauvais, tant qu’il pouvait retrouver un peu de force et d’énergie ! Le repas fut bouclé par un bonbon-pastille à l’ananas. Malgré le froid, malgré la fatigue, il eut un sourire béat sur les lèvres alors que le bonbon fondait sous sa langue. Lorsque le bus arriva, il put donc bénéficier d’une place assise, au chaud et qui l’emmènerait directement où il le désirait. Enclin à plus de sérénité, ses paupières se firent lourdes et il trouva le sommeil dont il avait été privé.

- Eh. Monsieur ?  Monsieur ?

Il sentit des tremblements. Comme si son lit était soudainement devenu vivant, le secouant dans tous les sens. Il cligna plusieurs fois des yeux, observant quelqu’un avec une chemise d’un horrible jaune lui secouer l’épaule. Que se passait-il ? Deux minutes s’écoulèrent avant qu’il ne prenne conscience que le conducteur du bus  tentait en vain de le réveiller depuis plusieurs minutes déjà. Il lui expliqua qu’ils étaient au terminus et qu’il fallait qu’il descende maintenant. Prit d’un sursaut de panique, il regarda sa montre. Seize-heure trente. Son sang se glaça… Il était déjà en fin de journée et il n’avait toujours pas trouvé sa maison… Son regard inquiet accrocha celui du conducteur, lui demandant où ils se trouvaient actuellement.

- Oh, à environs un kilomètre et demi de ce quartier, je dirais.

Crachant des jurons silencieusement envers tous les Dieux, il remercia le vieil homme en lui laissant quelques petites friandises. Sa main se dirigea jusqu’à la poche intérieure de son blouson pour en saisir son téléphone. Son ventre se tordit légèrement d’appréhension, mais il ne vit aucun message… Dans un sens, il ne savait pas s’il devait s’en réjouir ou s’en inquiéter. Lui qui était d’habitude toujours le premier pour lui souhaiter son anniversaire… Il allait battre des records de retard à ce rythme là.
Aidé de son cellulaire, il put trouver le chemin à pied jusqu’à la dite maison directement. Il n’y avait qu’un kilomètre plus qu’un demi supplémentaire comme l’avait prédit le vieil homme. Il n’allait pas s’en plaindre ! C’est donc en entreprenant sa marche qu’il se mit à réfléchir aux mots qu’il pourrait employer pour la contacter. Hey, salut. Je suis devant chez toi ! Certainement pas, et surtout bien trop brutal. J’ai prit l’audace de me rendre jusqu’à Tokyo aujourd’hui pour ce jour si spécial. Me ferais-tu l’honneur de te joindre à moi ? Non, non, non ! Bien trop protocolaire ! Il s’ébouriffa les cheveux de rage. Il avait beau retrouver le problème dans tous les sens, il revenait toujours et indéniablement à ce même point de départ…

Son cellulaire émit un bip étrange. Son regard se posa sur lui derechef et son GPS lui indiqua qu’il était arrivé à destination. Comment ça ? Il n’y avait que deux portails aux alentours et l’un d’eux ressemblait presque à un lieu historique. Pourtant, lorsqu’il vit le chiffre accolé à la maison, il du se rendre à l’évidence.

Il se trouvait très exactement devant chez Naoko Tanaka.


Oh, let’s go back to the start.

Il ne sut dire si c’était la prestance du lieu ou le fait  qu’il soit irréprochablement entretenu, mais la devanture même de la maison le mettait mal à l’aise. Il était bien loin des petits quartiers serrés de Kumano-shi. Bien loin de sa chambre Universitaire de miséricorde. Naoko lui en avait pourtant déjà parlé. Il le savait. Mais l’avoir sous les yeux le rendait tout petit. Il prit le temps d’observer quelques instants la bâtisse… Devait-il oser ? Prendre le taureau par les cornes ? Y aller une bonne fois pour toutes ? Il le fallait. Il n’avait pas fait tout ce chemin pour rien ! Lorsque sa bouche s’entrouvrit, comme pour se donner un énième élan de courage, ses oreilles l’alertèrent. Quelqu’un parlait dans le jardin. Et ce n’était clairement pas sa voix à elle… Il déglutit. Mais à quoi pensait-il exactement !? Qu’il allait se pointer chez elle, sans crier gare, s’incruster, lui balancer les quatre vérités en face et attendre bien sagement qu’on lui serve le thé ? Bon dieu Haruhiko, ce que tu peux être stupide !
Dans la maison, il devait y avoir sa famille… Qu’allait-il leur dire, à eux ? Il ne pouvait pas. Décemment pas. Reculant d’un pas, il senti des vagues de stress et de chaleur lui prendre jusque dans l’échine. Et par lâcheté, il continua son chemin, voulant trouver une solution. Les épaules affaissées et le regard vide, il arpentait la rue sans idée. Quand soudain… Un square ! Il allait pouvoir s’assoir un peu et souffler. S’asseyant sur une des balançoires, presque trop serrée pour qu’il puisse y rentrer dedans, il soupira, laissant tomber lourdement son sac de ses épaules.

Comment allait-il faire ? Qu’allait-il lui dire ? Pourquoi diantre avait-il décidé de venir, déjà !? Il ne savait plus… Tout était confus. Il joua avec son téléphone quelques instants, le faisant tourner dans ses mains. Jusqu’à ce que ses doigts accrochent une touche et n’allume le cadran. Presque dix-huit heure… Cette fois-ci, ce fut un cri de rage qui s’échappa. Une colère montante face à son incapacité à s’en tenir à un plan de départ. Ou simplement à être à l’heure dans son organisation. Ca lui arrivait bien trop souvent… Sa tête se redressa, il pouvait encore voir la clôture de la maison de Naoko. Il ne pouvait pas s’imposer chez elle, même si ce n’était que le temps d’une discussion… C’était bien trop impoli de sa part. Même si c’était pour un cadeau, les aveux qu’il avait derrière n’en était pas forcément un. Il ne savait pas du tout comment elle allait le prendre…
Ils seraient bien mieux ici, en paix, à discuter. Loin du regard de sa famille. Comme première rencontre avec eux, il y avait nettement mieux. Oh mais… Il n’avait qu’à lui proposer de le rejoindre ici ? Cela semblait à ses yeux, la meilleure et la moins pire des solutions. Restait à savoir si elle allait accepter.

Cinq minutes passèrent sans qu’il ne soit capable d’envoyer quoique ce soit, internet, son pouce tremblant face à la touche d’envoi. Les mots coincés dans sa gorge semblaient rester coincer dans ses doigts. Comme inlassablement prit par son manque de volonté constant. Prisonnier de cette lâcheté maladive qui l’empêchait très souvent de prendre les choses en mains. Et pourtant, il le devait. Pour lui. Pour elle. Et peut-être pour eux. Plissant les yeux, il serra fort son cellulaire entre ses doigts. Comme pour chercher une dernière once de courage en lui. Seulement, lorsque ses yeux se rouvrirent, le message était parti.


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Heure : 17 :59

Coucou !

Tu connais le parc avec la statue d’Hachiko ? Il me semble qu’il n’est pas très loin de chez toi.


Il fut prit d’un vent de panique. Il n’était pas prêt. Clairement pas prêt à ça ! A assumer cette rencontre ! A assumer ses foutus mensonges d’enfant ! A se dévoiler face à elle… Mais il n’avait plus le choix. Et il n’avait même pas terminé son message…


To : [Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien]
From : [Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien]
Heure : 18 :02

J’ai quelque chose à t'y donner.

Haruhiko.


Les dés étaient jetés.

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Every single days.

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MessageSujet: Re: Nobody said it was easy.   Mer 23 Déc 2015 - 1:53



La sonnerie résonna dans la chambre où le silence régnait. Cookie dressa les oreilles et releva la tête curieusement, tandis que je fouillais les poches de mon sweat pour récupérer l’appareil qui clignotait en indiquant un message. J’hésitais une courte seconde, puis déverrouillais l’appareil.

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Happy Birthday Choupine !
Tu peux venir chercher ton cadeau quand tu veux !
(◕ω◠)~★

Ma première réaction fut de me demander comment il avait eu mon adresse mail personnelle… C’était la première fois que je recevais quelque chose de la part de Bak-Aoki. Ma seconde… Et bien, j’étais plutôt contente qu’il pense à mon anniversaire. Jusqu’à ce que je vois qu’il y avait une pièce jointe. Tapant sur le lien, l’image qui s’ouvra en grand sur mon écran me fit sursauter d’horreur, et je jetais mon téléphone sur mon lit en lachant un « Ew ! » de dégout. Fixant l’appareil qui affichait toujours la photo, je grimaçais, l’incompréhension la plus totale envahissant mon esprit. Qu’est-ce qui pouvait bien lui être passé par la tête pour faire une photo pareille. Pire encore… me l’envoyer ?!

Je me saisissais alors de l’appareil du bout des doigts, comme si il avait été contaminé par le fichier, et répondais rapidement avant de supprimer toute trace de la photo et du message qui allait avec.

From : [Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien]
To : [Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien]

Merci d’avoir pensé à mon anniversaire.
Mais la prochaine fois, abstiens toi pour les pièces jointes, Bak-Aoki.

Nao.

Et à peine j’eu l’accusé de réception que je regrettai d’avoir répondu. En effet je fus bombardée de messages par mon coach, pieuvre collante qu’il était, mais je décidais de l’ignorer, en espérant qu’il se lasse au bout d’un moment. Posant mon téléphone sur la table de chevet, je le fixais quelques instant avant de m’assoir à nouveau sur mon lit, sous le regard interrogateur de Cookie.
Je soupirais.

J’avais attendu toute la journée, et rien n’était venu. A chaque message, je bondissais presque sur mon téléphone avec espoir. Pour constater au final que ce n’était pas lui. Cookie vint poser sa tête sur mes genoux, ressentant sûrement que mon moral venait de baisser d’un cran. Haruhiko ne m’avait toujours pas envoyé de message pour mon anniversaire, lui qui était généralement toujours dans les premiers à le faire.
En soi, ce n’était pas forcément grand-chose. Peut-être qu’il était occupé. Peut-être qu’il avait un problème avec son téléphone. Peut-être qu’il avait simplement oublié ?

Ma gorge se noua à cette dernière pensée. 8 ans que nous échangions plus que régulièrement. Au départ juste des lettres, et puis nous étions passés aux emails. C’était devenu une habitude. Au moins un message par jour. C’était devenu quelque chose d’acquis. Depuis quelques temps, la fréquence avait diminuée. Certains jours, je ne recevais rien si je ne faisais pas le premier pas. J’avais l’impression de me rendre compte que j’avais été trop gâtée. Que cette amitié m’était due sans que je ne fasse rien.
Et même si je ne connaissais pas vraiment la raison de cette baisse de contact… Je ne pouvais pas m’empêcher de me dire que j’avais fait quelque chose. Ou peut-être que je n’avais pas fait quelque chose. Je crois avoir vu quelque part qu’on doit prendre soin de ses relations comme on prend soin d’un jardin. Les entretenir, les chérir, les traiter avec respect pour les voir grandir et fleurir. Peut-être que je m’étais trop reposée sur mes lauriers. Que j’avais regardé pousser de belles fleurs, et, pensant qu’elles resteraient toujours ainsi sans que je ne fasse rien, je les avais laissé faner.

Je soupirais à nouveau. J’avais tenté de rattraper mon erreur. Et je lui envoyais moi-même plus de message. Je tentais de relancer les conversations, qui finissaient toujours par retomber. Comme si je ne pouvais rien y faire. Comme si… C’était trop tard. Cookie couina, et j’eu l’impression de voir dans ses pupilles brunes comme une forme d’encouragement. Je devais sûrement me faire des idées. Quoi qu’il est connu que les animaux sont sensibles aux émotions des êtres qui les entourent. J’ébouriffais la tête touffue de l’animal, qui tira la langue, ce qui fit apparaitre ce sourire si caractéristique des Samoyèdes.

Ses oreilles se redressèrent, et il se mit à fixer la porte, immobile. Ayant sûrement entendu l’appel de ma mère (et surtout, l’appel de la nourriture), il déguerpissa aussi vite qu’il était arrivé. Sans que je n’aie eu le temps de faire quoi que ce soit, j’avais été lâchement abandonnée au milieu d’un nuage de poils virevoltant dans l’air.
Je me laissai tomber en arrière, fixant le plafond et la poussière retomber sur le sol.

J’avais négligé mes relations ces derniers temps. C’était un fait. Et j’étais consciente de la raison. Je n’aurais pas su l’expliquer mais j’étais perturbée, c’était indéniable. J’avais l’impression que mes pensées filaient toujours vers lui. Dès que je fermais les yeux, dès que je ne pensais à rien de particulier, son visage venait apparaitre dans ma tête sans que je ne puisse rien y faire. Et quand je tentais de le faire disparaitre, mes efforts étaient vains. Il se distinguait encore plus précisément, et je pouvais entendre sa voix, son rire résonner.

Sentant mes joues commencer à chauffer, je vins plaquer mes mains dessus dans un claquement… ce qui eut pour effet de les rendre rouge à cause du coup. Je ne devais pas commencer à divaguer. C’était mauvais pour mon cœur, qui avait déjà commencé à s’accélérer. Il fallait que je me calme… Et quoi de mieux pour se calmer que de faire son lit, hm ?
Prenant ma couverture, j’ouvrais alors la porte fenêtre coulissante qui donnait sur le jardin intérieur et me mis à la secouer dehors, histoire que je ne dorme pas au milieu de la fourrure de Cookie.

Et mon portable sonna à nouveau.

Comme un pressentiment, ma gorge se serra et je me figeais tout en fixant ma table de nuit. Ce n’est que lorsqu’un courant d’air me fit frissonner que je me remis en mouvement, posant délicatement ma couverture du mon lit et me saisissant de mon mobile. Cette fois-ci, l’hésitation fut plus longue. Mon index fit le tour de l’écran, alors que je me demandais si je devais vraiment regarder. Et comme pour me pousser à passer à l’acte, le téléphone sonna une deuxième fois, me faisant sursauter de surprise. Inspiration, et je déverrouillais l’écran.

Les caractères du nom de l’expéditeur étaient agréablement familiers, et un sourire se dessina sur le coin de mes lèvres. Sur le coup, j’eu presque envie de prendre une pose victorieuse en criant qu’il ne m’avait finalement pas oublié. Mais je me suis retenue.
J’ouvrais alors fébrilement le premier mail, affichant une expression d’incompréhension. J’ouvrais le second. Et en même temps que mes yeux parcouraient l’écran, mon sourire s’estompa.

Je ne saurais vraiment décrire ce qui se passa dans ma tête à ce moment, mais cela me donna l’impression d’une claque en plein visage. Je relu plusieurs fois les messages, pour qu’aucune place ne soit laisser au doute. Après constatation que j’avais bien compris ce qu’il en était dès la première lecture, je me laissais tomber sur les tatamis du sol, le téléphone toujours entre mes mains qui s’étaient mises à trembler.

Des milliers de questions se mirent à tourner dans ma tête. Qu’est-ce que j’étais censé faire ? Qu’est-ce que je devais dire ? Est-ce que je devais y aller, le rejoindre ? Trouver une excuse ? Lui dire clairement ?
Je n’avais jusqu’à ce moment jamais envisager me retrouver dans cette situation. Haruhiko était à Tokyo. A deux pas de chez moi.

Mon correspondant depuis 8 ans, mon confident, celui à qui j’avais presque toujours tout dit, celui-là même qui ne me contactait que peu depuis le début du mois. Il était là. Alors que des centaines de kilomètres nous séparaient l’un de l’autre d’habitude, là, ce soir, il n’était qu’à une centaines de mètres.
Je me sentais paniquer, et tentai tant bien que mal de garder mon calme en respirant lentement. On aurait pu croire que j’aurais été ravie de cette nouvelle.

Sans mentir, ce n’était pas du tout le cas.

J’appréciais énormément Haruhiko, il faisait partie des personnes les plus proches que j’avais, sans compter ma famille.  Il était au courant pour ma phobie, pour mes difficultés sociales, pour tout. Et c’était justement ça qui faisait que je l’appréciais. Qu’il était important pour moi. Mais c’était aussi ça qui faisait que je me réjouissais qu’il soit si loin.
Parce que je n’avais pas à être confrontée à l’existence d’une personne connaissant ma plus grosse faiblesse. Connaissant mes tords, connaissant mes peurs. Haruhiko n’existait que par des lettres et des mails, et ça m’allait très bien comme ça. Une existence abstraite, à laquelle je pouvais tout confier sans risquer de me retrouver vulnérable, trahie, sans défenses.

Quelle cruauté de ma part.

Pire que de ne pas prendre soin de ma relation avec lui, je me rendais compte que je l’avais utilisé. Que je gardais contact égoïstement, en espérant n’avoir jamais que les avantages de quelqu’un qui écoute, mais qui ne me demande rien en retour. Le forçant implicitement à rester à sa place, à Kumano, sans chercher plus. Je déglutissais, et fixais l’écran sur lequel le dernier message était encore ouvert.

Dire qu’il avait fait tout ce chemin. Pour moi. Pour me voir. Et que j’étais incapable de ressentir la moindre réjouissance, tant l’angoisse et la culpabilité me tordaient le ventre.
Mes paupières s’abaissèrent, et les excuses pour ne pas me retrouver confrontée à lui se bousculaient dans ma tête. Mes doigts frôlaient les touches du téléphone, indécis. 8 ans que la mascarade durait. 8 ans que j’avais fui la responsabilité d’assumer mes confidences, prenant soin de ne pas mettre un visage sur ce nom pourtant si familier. 8 ans que je gardais Haruhiko à cette place d’entité indispensable et pourtant si lointaine.

Il était peut-être temps de mettre un terme à tout ça.

De faire face à mes actes, mes paroles. D’être un peu honnête, pour une fois.

J’ouvrais les yeux, et pris une longue inspiration. Me redressant, j’ignorais la compression de mon estomac par l’anxiété montante, me saisit de mon manteau et quitta ma chambre. Livide, je parcourais lentement le couloir menant au salon, où ma mère était tranquillement installée en compagnie du chien. Elle leva la tête quand elle me vit apparaitre dans la pièce, et, accoudée sur la table, elle me fixa d’un air inquiet.

- Nao-chan, ça va ? Tu es toute pâle.


J’hochais la tête, et commençais à enfiler mon manteau, avant de déclarer, la voix presque tremblante, que j’essayais de contrôler.

- Je… Je vais promener Cookie.

Je senti le regard pesant de ma mère, incrédule malgré ma réponse positive à sa question. Elle finit par laisser s’échapper un soupire.

- Ne rentre pas trop tard, ton père est censé finir plus tôt ce soir pour qu’on puisse fêter tous ensemble ton anniversaire. Ah et, n’oublie pas ton écharpe, il fait froid dehors.

Me dirigeant vers l’entrée, suivie de près par Cookie qui avait compris qu’il allait avoir droit à une balade, j’enfilais une paire de bottine, et, comme conseillé par ma mère, mon écharpe que je nouais autour de mon cou. Attachant la peluche géante à sa laisse, je me tenais quelques secondes devant la porte d’entrée.

Dernière hésitation.

Je tournais la poignée, et fut accueilli par le froid piquant d’une soirée de fin d’automne. Cookie était aux anges, secouant la queue dans tous les sens alors qu’il marchait au pied dans une démarche élégante et digne. Moi, je fixais nerveusement le grand portail d’entrée dans la propriété, me disant qu’il n’était pas trop tard pour faire demi-tour. Je fus saluée par les gardes de sécurité, qui m’ouvrir le portail dans un grincement. Et il se referma derrière moi. C’était trop tard. Je ne pouvais plus reculer.

Debout devant l’arche, je fixais le vide, sentant mes jambes se remettre à flageoler. Ce fut le couinement de Cookie qui me ramena à la réalité. Mettant un genou par terre -heureusement que je portais des collants-, je vins lui gratouiller la gorge affectueusement tout en ajoutant.

- Pardon Cookie. On y va ne t’inquiète pas. Tu es là pour me soutenir de toute façon…

J’avais surtout prononcée cette dernière phrase pour moi. Pour me donner du courage. Et je fis le premier pas. J’aurais aimé que le temps ralentisse, qu’il se dilate. Mais déjà, j’apercevais le square au bout de la rue. Une boule se forma dans ma gorge.

Et la personne qui était présente n’était pas celle que j’attendais. Je me figeais sur place, ne pouvant décoller mon regard de la personne assise sur une des balançoires. Et sans même réfléchir, les mots quittèrent ma bouche, poussés par la surprise :

- H-Haru ?! Qu’est-ce que tu fais là ?!

Incompréhension totale, et je parcourais le square des yeux pour rencontrer une quelconque trace de mon correspondant qui était censé m’y attendre. Personne. La pression redescendit d’un coup, et je fus soulagée de ne pas avoir à faire face à la confrontation dès maintenant. Une touche de déception fit surface, et je me demandais sur le coup si je n’avais pas mal compris ses messages. Je secouais alors la tête, et décidai de me concentrer sur ce qui se trouvait devant moi d’abord.

Pénétrant dans le square, je jetais un regard au sportif, me disant que le hasard n’arrêtait pas de nous mettre sur la route l’un de l’autre. Mais d’un côté, j’étais… presque ravie de pouvoir le voir aujourd’hui. Souriant doucement, je continuais :

- Je ne savais pas que tu étais à Tokyo aujourd..Woh !

Cookie venait de tirer sur sa laisse, pour sauter sur les jambes d’Haru, enthousiaste à l’idée de rencontrer un nouvel humain. Je manquai de perdre l’équilibre, mais me rattrapais au dernier moment, puis, ramenait la laisse pour que Cookie cesse de gratter le pantalon de mon camarade de Keimoo, et le reprenait d’une voix sévère pour qu’il reste au pied.
Je relevais alors le regard vers Haru, désolée des actes de mon chien qui était pourtant bien élevé, mais incapable de se tenir quand il y avait des gens, et ajoutais timidement :

- Désolée… Il est intenable quand il y a des gens… Mais il n’est pas méchant.

Je me pris à détailler son visage, éclairé par les lampadaires du square. Et dire qu’il y avait à peine 5 minutes, mon cœur battait pour une tout autre raison…

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MessageSujet: Re: Nobody said it was easy.   Mer 30 Déc 2015 - 14:45




Son regard était planté fixement sur ce qui semblait être un mélange de graviers et de sable, servant à amortir les chutes de la balançoire. Etrangement, le sort de ces petits bouts de roche ne l’avait jamais autant intéressé que ce jour là. Tout ce qui pouvait à vrai dire lui permettre de ne pas réfléchir était le bienvenue. Qu’importait, s’il venait à faire une crise d’angoisse, il aurait tout perdu. Son dévouement, ses ambitions et sa motivation. Il soupira. Comment s’était-il retrouvé dans cette position déjà ? Ah, oui. Naoko. Toute cette histoire lui était tombée dessus comme un jet d’acide en pleine figure. Il aurait préféré s’en réjouir. Il aurait préféré avoir à lui annoncer, un immense sourire aux lèvres, qu’il était là. Qu’ils s’étaient finalement trouvés. Que le destin avait décidé de les réunir.

Mais la joie resta coincée au creux de sa gorge, totalement incapable de l’exprimer.

C’était un soir de fête si particulier. Beaucoup de monde s’était retrouvé dans le grand gymnase de l’école. Si bien qu’il ne reconnu pas immédiatement le lieu où il passait à l’accoutume tant de temps. Il y avait des fausses toiles qui pendaient, un immense buffet, une platine pour DJ… Bien loin du crissement des baskets des sportifs. Il s’y était rendu, joyeux face aux festivités. Il allait y revoir certainement des personnes qu’il fréquentait quotidiennement. Sa sœur aussi serait là. Autant d’éléments qui lui promettaient qu’il pourrait passer une bonne soirée. Bien que les événements fussent très étranges, il y avait rejoint Tanaka. A sa plus grande joie de pouvoir passer à nouveau du temps en sa présence.

Et il ne fallut qu’un seul mot, prononcé de la bouche de Rika, pour que tout son monde soit basculé.

Naoko.

Ce doux prénom qui restait comme l’ultime pièce du puzzle. Ces cinq lettres qui rendaient enfin les choses plus claires. Les ambiguïtés, les coïncidences toujours plus grosses. Comme l’évidence même qui avait décidé de frapper à sa porte. Alors, il était resté interdit face à l’appellation de ce nom. Le temps dans son esprit s’était arrêté. Et il se demandait si le destin ne lui jouait tout simplement pas un tour. Mais ce n’était pas possible. Il n’y avait pas cent Naoko Tanaka avait autant de points en commun.
Il s’était donc rendu à l’évidence. Tout comme cette feuille morte qui dansait au gré des quelques petits coups de vent  à ses pieds, il se devait d’accepter le tragique du destin. Il s’était prit un retour de réalité tel un droit en pleine face. Et il le méritait. Pour toutes ces fabulations de vie qu’il lui avait partagée. Il devait assumer.

Et cet instant restait gravé dans sa mémoire. L’instant où elle avait prononcé si clairement « Au revoir, Haruhiko. » Il ne pourrait jamais oublier cette simple phrase. Même si l’image était devenue flou dans son esprit, se confondant avec la noirceur de la nuit. Depuis, il n’avait cessé de réfléchir. Aux conséquences, à l’impact. Aux changements… Que devait-il faire de cette information ? Le soir même, il avait tenté de confirmer son doute en lui envoyant un message comme Haruhiko le correspondant l’aurait fait, en la questionnant sur sa soirée. Et elle lui avait répondu. Comme elle le faisait d’habitude, assez rapidement. Et il l’avait  vu composé le message de ses doigts. Sous ses propres yeux. Le doute n’était plus possible. Et pourtant, au fond de son cœur, il n’arrivait toujours pas à réaliser.  
Cette jeune fille dont il avait fait la rencontre purement par hasard, huit auparavant, était là. Devant lui. Et il avait eu l’ultime preuve que même sans savoir qui elle était, il l’avait appréciée à juste titre. Et pas seulement biaisé par le fait qu’elle soit certainement la personne la plus importante dans sa vie. Il avait pu l’aborder, d’une autre façon. Et il s’en sentait comblé. Plutôt totalement effrayé.

Le crissement du gravier le fit relever la tête. Son cœur s’arrêta. Elle était finalement  venue… Il ne savait dire si cela le soulageait plus que s’il s’était retrouvé bredouille toute la soirée. Mais elle était là, son regard planté droit sur le sien, accompagnée de ce fameux chien dont il avait tant entendu parler. Il entrouvrit ses lèvres, comme prêt à déjà se justifier, se confondant en excuses. Mais il fut prit de court.

Elle ne l’avait pas reconnu.

Il eut un léger rictus, sûrement passé inaperçu. A quoi il s’attendait, après tout ? Elle avait oublié tout de cette soirée. Le laissant dans le désarroi le plus total. Seul face à ses questions. Devait-il prendre le risque de changer les choses, de dire la vérité ? Ou jouer la carte de la sûreté et choisir de ne rien dire ? Il avait tenté, d’abord, pour trouver le temps de réfléchir. Mais ça n’avait pas marché. Il n’arrivait pas à faire semblant.
Alors il s’était fait violence. De nombreuses fois. Il avait combattu sa lâcheté, remué ses peurs. Il avait affronté l’inconnu pour rétablir ce qu’il croyait juste. Et elle, elle arrivait en l’appelant par ce stupide surnom qu’il lui avait lui-même donné la première fois. Ecrasant alors tous les efforts qu’il avait produit jusque là, d’un simple battement de cil. Il se retrouvait à nu, totalement à terre. Pourquoi ?

Parce qu’il n’avait pas étalé toutes les cartes clairement sur la table.

Il se voilait la face. Encore et toujours. Il continuait de se complaire dans la facilité, se disant que ce n’était que du ressort de Naoko que de deviner le mystère derrière tout ça. Il la connaissait. Il savait très bien que les subtilités n’arrivaient que rarement jusqu’à son esprit. Alors pourquoi continuait-il de se cacher derrière tout ça ? Parce que c’était plus facile de rejeter la faute sur elle plutôt que de prendre la responsabilité de tout dévoiler. Qu’est ce qu’il pouvait être égoïste et stupide…
Soudainement, il fut envahi par une boule de poil surexcitée qui vint lui faire la fête comme s’il s’agissait de retrouvailles. Un léger sourire sur le visage, il flatta l’animal avec entrain. Sa bonne humeur était communicative, au moins. Intérieurement, il le remercia même pour ce petit moment de répit.

- Bonsoir à toi, Cookie ! Tu m’as l’air en forme.

C’était décidé. Il ne se cacherait plus derrière ces énigmes. Il était Haruhiko Nakamura et non plus Haru d’un côté et Haruhiko de l’autre. Il voulait pouvoir prétendre être pleinement lui. Autant pour lui que pour l’esprit de Naoko. Il ne voulait plus être deux. Il voulait être complet.  Voyant que le silence s’installait, il rassura d’une petite voix la jeune propriétaire, en lui disant que ce n’était pas très grave.

- En fait… Je suis venu pour te voir. Je… C’est ton anniversaire, après tout ! Alors je voulais te donner un petit quelque chose pour marquer ça.
Il fouilla dans sa poche quelque instant et en sorti un petit paquet, puis se redressa pour s’avancer jusqu’à elle. [Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien]

- Joyeux anniversaire !

Naoko pouvait désormais dire adieu à Haru. C’était sa dernière seconde d’existence. Une nouvelle ère d’existence venait de débuter. Et malgré le fait qu’il ne savait pas du tout dans quoi il allait s’embarquer, il irait. Parce qu’il lui devait au moins ça.

-Et… Il y a autre chose. Ce n’était peut-être pas assez précis… Parce que je passais par milles chemins. Que je n’osais pas franchir ce pas qui me coûte tant. Je suis venu pour offrir ce cadeau à une amie, tout juste rencontrer, mais dont j’apprécie énormément la présence déjà.

Il lui sourit. Il était pourtant si heureux de cette rencontre. Pendant quelques secondes, il fouilla dans son autre poche, tout en sortant son cellulaire. Puis, il s’abaissa dans son sac, sous le regard de Cookie qui devait penser qu’un petit quelque chose allait lui être donné à lui aussi. Il gagna un flattage de tête, Haruhiko ne pu s’empêcher de rester de marbre face à une telle expression. Revenant à son but initial, il en sorti un deuxième cadeau, en cube, un peu plus gros. Quelques secondes, il ferma les yeux, soupirant légèrement. Il était temps d’affronter ce devant quoi il fuyait depuis tant d’années.
La gorge nouée, il composa à l’aide de son pouce ce numéro qu’il connaissait par cœur au de-là de tout. La sonnerie retentit, et son regard se redressa avec beaucoup de difficulté. Allait-elle comprendre ?

Il la vit ouvrir son téléphone. S’excuser, et se retourner. Elle n’avait donc toujours pas compris… Ses sourcils se froncèrent de tristesse. La vérité était-elle si désagréable pour qu’elle se voile autant la face ? Il ne savait pas comment il devait le prendre. Le silence se mit un peu trop long. Il devait ravaler sa nervosité et se lancer.

- Naoko ? Retourne toi.

Le temps qu’elle se retourne, il avait tendu l’autre paquet en sa direction. [Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien]

-Je suis également venu, car c’est l’anniversaire de ma meilleure amie. Et que cette année, je voulais lui offrir de vive voix. Me présenter proprement à elle, puisqu’il se trouve que nous nous fréquentions déjà.

Il déglutit.

- Joyeux anniversaire, Naoko.


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MessageSujet: Re: Nobody said it was easy.   Sam 2 Jan 2016 - 2:09



Je tiquai durant un court laps de temps. Est-ce que je lui avais déjà parlé de mon chien ? Je n’étais du genre à m’étaler beaucoup sur ma vie, ou à être bavarde. Et bien que nous échangions de plus en plus, nous croisant de temps en temps à l’Académie et ayant de courte conversation par email, je doutais l’avoir un jour mentionné. Comme mon adresse… Quand j’y pensais, c’était un peu étrange de le trouver là. Peut-être que ce n’était pas tant une coïncidence que ça ? Peut-être que…

Peut-être que je lui avais parlé de mon anniversaire et que je ne m’en souvenais plus, tout simplement ? Et j’eu une impression étrange. Une sensation de vide, une sensation de manque. Une sensation de fuite. Durant ce court instant, j’eu l’impression de me mentir. Impression qui disparue, enfouie, à la seconde d’après.

Je m’excusais timidement, mais mon esprit était ailleurs. Imperceptiblement, de manière insidieuse, je pouvais sentir une angoisse se tapir au fond de moi. Et sans même y prêter attention, tentant du mieux que je pouvais de l’oublier, de l’éjecter, je la rattachais à la rencontre avec mon correspondant, qui avait dû avoir lieu. Après tout, il n’y avait aucune raison que j’angoisse pour autre chose. Il n’y avait absolument aucune raison.

Alors que je refoulais l’affect négatif grandissant dans les ténèbres, mon cœur, lui, commençait doucement à s’accélérer. Mon regard était fixé sur Haru, pour une fois plus bas que moi puisqu’il était assis. Je ne sais pas si c’était à cause de l’éclairage, mais, durant un instant, il me donna le sentiment d’être… fragile ? Comme si quelque chose d’important le tracassait, et qu’il se retrouvait démuni. Inquiétude et attendrissement, je ne sais pas lequel de ces deux sentiments prenait le plus de place, mais ce qui était sûr, c’est qu’ils étaient tous deux présents.

- En fait… Je suis venu pour te voir. Je… C’est ton anniversaire, après tout ! Alors je voulais te donner un petit quelque chose pour marquer ça.


Mon cœur rata un battement, et mes joues commencèrent à se roser légèrement. J’étais quelque part soulagée que cette rencontre ne soit pas le fruit d’un énième hasard. Surprise de sa présence pour cette raison. Ravie, flattée, enchantée de l’attention. Prise de court, je me mis à bafouiller, mais je n’eus pas le temps de dire quoi que ce soit qu’il s’était levé pour s’approcher de moi et me tendre un petit paquet.

J’hésitais légèrement face au cadeau, me demandant si il était vraiment correct d’accepter, que l’attention était suffisante mais qu’un vrai cadeau était peut-être un peu trop. Poussée par la politesse –et le fait que ça me fasse aussi énormément plaisir-, j’attrapais le petit paquet avec précaution entre mes mains, et relevais les yeux vers Haru.

- M-m-m-merci… T-tu n’étais pas obligé...

Puis je les baissais vers le cadeau, détaillant chaque recoin du papier cadeau, avant d’ajouter timidement :

- Je peux… ?

Délicatement, j’ouvris le paquet, qui laissa apparaitre un petit strap en forme de macaron au chocolat. L’attrapant entre mon pouce et mon index, j’observais l’objet, des étoiles pleins les yeux et une expression d’émerveillement collée sur le visage. Comblée par ce petit cadeau, clin d’œil à notre repas sur le toit –dont je n’avais oublié aucune seconde-, je lui adressai un sourire ravi :

- Merci ! C’est vraiment mignon, j’aime beaucoup !

Toujours souriante, presque chantonnante, j’attrapais mon téléphone dans la poche de mon manteau et décidais de l’y accrocher dès maintenant. Moi qui avais perdu mon ancien strap, il fallait dire que ça tombait plutôt bien.
Et alors que j’étais en pleine galère pour manipuler avec minutie l’attache, Haru se remis à parler. La gravité dans sa voix me fit relever les yeux vers lui, curieusement. J’étais sur un petit nuage, et pourtant, j’avais l’impression que j’allais être sur le point d’en tomber. J’avais un mauvais pressentiment.

Après tout, sa phrase sonnait presque comme un adieu.


Son sourire cachait quelque chose que je pressentais triste. Et le mien s’était estomper pour laisser place à une expression confuse. Mon esprit, lui, divaguait déjà vers les pires scénarios possibles. Et mon cœur se serrait en constatant que la situation avait tout d’un au revoir définitif. Solennel, spécial. Tentait-il de marquer le coup pour tourner la page ? Ma gorge se noua. Après tout, ce n’était pas comme si nous partagions beaucoup de choses. Peut-être que j’avais été trop envahissante. Ou pas assez ouverte. Ou autre chose. Toujours est-il que le gout d’une fin s’annonça amèrement sur le bout de ma langue.

Les yeux dans le vague, je le vis à peine se pencher pour faire je ne sais quoi. Intérieurement, j’étais trop prise à tenter de calmer le chamboulement mentale qui prenait place dans ma tête. Et dans ma main, mon téléphone se mit à sonner. Brusque retour à la réalité, j’écarquillais les yeux sur le numéro qui s’affichait à l’écran.
Pas de message cette fois-ci, mais un appel. Pour la première fois, Haruhiko m’appelait, et la dure réalité de cette escapade sembla me revenir à l’esprit soudainement.

Pourtant, faire face à mon correspondant me semblait infiniment plus enviable que d’affronter ces adieux.

Fuite en avant, et je m’excusais à Haru de prendre l’appel, alors que je croisais intérieurement les doigts pour qu’Haruhiko me sorte de là. J’amenais le combiné à l’oreille, l’appréhension de la rencontre remplacée par un appel à l’aide silencieux. Un « Allô ? » d’une voix tremblante. Et un silence.

- Naoko ? Retourne-toi.

L’injonction résonna dans mon dos et dans le combiné. Et à cet instant précis, je pu sentir le sol se dérober sous mes pieds, tandis que lentement, mon corps effectuait la rotation pour faire face à la personne au bout du fil. A la personne à côté de cette balançoire. A cette même, et unique personne.

Je restais interdite face à l’expression désolée qu’il affiche, face à ce second paquet qu’il me tendait, face aux explications qu’il m’offrait.
Autour de mois, tout sembla devenir sombre d’un coup, alors que dans mon esprit, l’évidence se présentait à nouveau. Comme la boîte de Pandore ouverte, la chape de béton qui scellait les souvenirs de cette soirée d’Halloween se brisa. Le puzzle que j’avais pourtant complété avant sortait de l’ombre, alors que j’avais pris soin inconsciemment de l’y cacher le plus profondément possible. Mais il était revenu, et m’avait frappé encore plus violemment qu’un coup de poing en plein visage.

Je restais muette, la tête baissée et le regard sombre, sous le choc trop important pour que je ne puisse avoir une quelconque réaction.

Haru était Haruhiko.

Et il fallait être un idiot pour ne pas s’en être rendu compte avant.
Mais comme les révélations n’arrivent jamais seule, la réalisation, elle, vint me donner le coup final. Haru était Haruhiko, et Haruhiko était au courant. Haru était au courant.
Mes mains se mirent à trembler, et je serrais mon téléphone au creux de ma paume, si fort que mes phalanges blanchirent. Ma respiration se coinça dans ma gorge, et le sol, que je fixais, devint flou.

Il était au courant de toutes mes faiblesses, et moi je me retrouvais sans défenses. Sans aucune échappatoire.

Il était au courant de tout, et pourtant, il avait fait semblant du contraire. Il m’avait menée par le bout du nez. Il m’avait trompée. Il s’était moqué de moi. Je ressenti alors une douleur perçante dans ma cage thoracique. Et la colère montait alors que ma respiration se faisait de plus en plus sifflante à cause d’un asthme pointant le bout de son nez.
La mâchoire serrée, et le regard toujours en direction du sol, un murmure s’échappa, tout bas.

- Pourquoi…

Je relevais alors la tête, pour laisser apparaitre un visage partagée entre la peine et l’aigreur. La peur et la déception. Mais c’était avant tout le visage d’une adolescente bouleversée par ses propres sentiments et les révélations qu’elle s’était trop longtemps cachée. Et une question aux airs de condamnation.

- Pourquoi tu ne m’as rien dit avant ?

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MessageSujet: Re: Nobody said it was easy.   Lun 4 Jan 2016 - 13:58


You’re the only one who really knew me, at all.

Il ne savait pas ce qui lui faisait le plus mal. Le fait qu’elle ne se rende pas compte de cette réalité évidente ou qu’elle refuse simplement de la voir… ? Et en même temps, il se voilait encore la face. Lui-même n’avait pas su identifier tous les signes avant coureurs qui s’étaient présentés à lui. Ils étaient pourtant nombreux. Bien trop nombreux. La vérité ne lui avait sauté aux yeux qu’avec l’aide interposée et non-voulue de Rika. Il s’était retrouvé avec cette vérité qu’il refusait de croire, soudainement imposée et lancée comme un boulet de démolition sur la structure de ses croyances. Alors pourquoi lui en voulait-il pour ce qu’il avait lui-même fait ? Il n’arrivait pas à comprendre, et en plus de cela, il se faisait deux fois plus de mal en culpabilisant de lui en vouloir. Car une chose était certaine, il plaçait Naoko sur un piédestal. Ou du moins la relation qu’ils entretenaient. Si bien qu’il n’avait plus réfléchit aux conséquences de la réalité.
Là était donc tout le problème actuel. Il l’avait certainement surévaluée. Comme s’il s’agissait d’une entité indestructible. Comme si rien n’allait jamais changer. Et qu’est-ce qu’il se sentait bête en cet instant où il se rendit compte qu’il s’était entièrement bâti sur une terre mouvante. C’était le propre même de la vie, les choses étaient en constant mouvement. Tout évoluait. Autant lui, que Naoko. Leur relation elle-même n’était plus la même qu’au commencement. Et c’était même quelque chose de rassurant au final, que d’avoir une relation vivante. Malgré tout cela, elle était là, face à lui. A priori joyeuse d’avoir reçu un présent de son ami Haru. Leur relation s’était construite grâce à la distance. Et il en avait toujours été ainsi. Cette distance qui leur avait au final permit indéniablement de se rapprocher. Alors qu’en était-il maintenant que cette structure charnière était détruite ? Maintenant qu’il se retrouvait face à elle ? Comment devait-il prendre en compte toutes ces informations qu’il possédait déjà, et ce pour les appliquer à cette jeune fille qu’il avait si souvent croisé ? Devait-il agir différemment ? Il était totalement perdu, tandis qu’elle s’occupait de déballer le cadeau, dès lors qu’il lui en avait donné l’autorisation implicite, signée d’un mouvement affirmatif de sa tête.

Pourtant… Elle avait accepté que leur relation bouge simplement en faisant acte de présence.

- Merci ! C’est vraiment mignon, j’aime beaucoup !

Une once de douceur au milieu de ses propres tourmentes. Elle était belle, le visage ainsi illuminé. Il vit son regard se transformer à la vue de l’objet, clin d’œil indéniable à ce qui symbolisait leur rencontre. Ou du moins, leur deuxième rencontre… Son esprit aurait voulu arrêter le temps. Garder cette instance d’innocence gravée dans l’intemporalité. Mais le temps était autant assassin que ce que la vie pouvait en être un juge impitoyable. Il s’écoulait, sans attendre personne, sans laisser d’autres chances de pouvoir les récupérer. Il allait devoir être le bourreau de l’exécution de cet instant, de leur relation. C’était certainement la chose la plus difficile qu’il ait eut à accomplir jusque là. Parce qu’il fallait prendre un poignard, le planter dans cette bulle illusoire, droit dans son cœur.

Parce qu’ici et maintenant, Haru avait cessé d’exister.


Take a look at me now, there’s just an empty space.

Alors il se lança. Tuan tune partie de lui-même qui lui criait de tout arrêter. De prendre la fuite, de partir. Qu’il n’était pas encore trop tard pour retourner dans le mensonge. Mais c’était trop tard, la grenade était amorcée. Il venait de prendre le risque d’emporter avec lui cette précieuse relation qu’il aurait peut-être pu préservée encore un peu. Mais à quel prix ? Inexorablement, il le savait. Ils vieillissaient, tout comme leur relation, tout comme eux. Et un beau jour, prendre le train seul ou conduire n’aurait plus été une barrière. Et l’unique qui serait restée n’était autre que celle de leur volonté ou non à franchir ce cap important.

Alors il avait prit sa décision. Attrapant son téléphone et composant pour la première fois ce numéro sur le clavier des appels. Il n’eut pas le temps de voir sa réaction, car elle se tourna rapidement, le combiné sur l’oreille. Son « allô » le blessa bien plus qu’il n’aurait pu le penser. Manière détournée de lui faire comprendre qu’elle vivait encore dans cette sphère d’illusions. Et que là, maintenant, il allait devoir crever. D’un coup sec. Sans regret. Ou peut-être bien trop…

- Naoko ? Retourne-toi.

Le coup fatal était donné. Il ne pouvait à présent plus faire marche arrière. Il devait dire adieu à toute la sécurité qu’il avait construire au fil de ces dernières années.


And you coming back to me is against all odds and that's what I've got to face.

Lorsqu’elle s’était retournée à lui, il pu enfin lire sur son visage le constat. Elle venait de réaliser. De comprendre. D’associer la dernière pièce du puzzle qui pour lui avait été un prénom de cinq lettres. Adieu Haru. Bonjour Haruhiko le menteur. C’était son fardeau, et il était prêt à le porter si cela voulait dire être sincère avec la personne qu’il estimait être le plus à même de le recevoir. Il ne voulait pas la traiter insidieusement, par des détours mal honnêtes.
Lorsque sa tête s’abaissa, le regard bien plus sombre, il crut qu’on tentait de lui arracher les poumons à vif, tant l’instant le lacéra. Dans son regard était mélangé de la peine et de l’inquiétude. Mais surtout du remord. Crever l’abcès était une chose. Le voir saigner en était une autre… Et il était terrorisé dans l’attente de sa réaction.

Une simple question. Une interrogation légitime. Qui fut une rafale sifflante en plein dans sa figure. Il s’y était pourtant attendu, il avait déjà imaginé milles scénarios où elle lui poserait des questions. Parce qu’il avait les clés en main et qu’elle devait se demander pourquoi. C’était un juste retour de bâton après tout… Outre ce sentiment d’impuissance, il ressenti une vague de colère. Malgré tout ça, malgré sa compréhension, il avait mal de voir qu’elle n’avait toujours pas compris. Elle n’avait certainement pas tous les éléments, mais c’en était blessant. Comment aurait-il pu faire, après tout !? Tout lui dire dès le lendemain d’Halloween ? Il se serait mélangé les pinceaux et aurait gaffé. Il se connaissait bien trop pour ne pas anticiper ce genre de chose… Il n’était pas doué pour réagir à chaud. Il déglutit difficilement.
Le regard qu’elle lui adressa était la pire des sentences. Se voir ainsi regarder par la personne à qui l’on tenait le plus était blessant. Dénigré, sûrement détesté. Tous ces sentiments qu’il aurait pourtant jamais voulu lui faire subir. Mais il le méritait.

- Je…

Il s’était pourtant préparé. Milles fois trop. Et encore une fois, il se retrouvait bredouille, totalement désemparé. Pourquoi ne lui avait-il rien dit ? Parce qu’il était un lâche.

- Je ne savais pas. C’est… J’ai compris lors de la soirée que nous avons passée à Halloween.

Il dut attendre avant de reprendre, la respiration écourtée.

- Quelqu’un a prononcé ton prénom. Et là tout est devenu clair. Des Tanaka, il y en a beaucoup… Mais des Naoko Tanaka, non. Et tout est devenu clair. J’avais en main la dernière pièce du puzzle.

Sa seule envie se résidait en se terrer quelque part pour ne plus jamais sortir. Pour ne plus jamais avoir à affronter ce regard assassin qu’il redoutait tant.

- Tu m’avais aussi reconnu, ce soir là. Mais tu as tout oublié. Alors… Je ne savais pas si tu désirais réellement le savoir. J’ai eu peur. Je n’ai rien dis…

Il s’arrêta, baissant à son tour les yeux. Il avait toujours les bras tendus, tenant le paquet.

- Pardon… Je suis un lâche… J’avais peur de t’affronter, d’affronter la vérité.

Une semaine. Une semaine où il avait ressassé tout ça. Où il n’avait voulu rien dire. Elle n’était pas stupide, elle se rendrait bien compte de la différence de date entre la soirée d’Halloween et ce jour de son anniversaire. Il le savait. Il devait se préparer à son jugement, et l’accepter.


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MessageSujet: Re: Nobody said it was easy.   Ven 8 Jan 2016 - 1:07



I’m falling from cloud nine.

Mon regard tremblant était fixé sur son visage désolé. Tout avait disparu autour, et même le son du vent ne parvenait plus à mes oreilles. Même ma propre voix ne résonna pas dans mes tympans, comme absorbée par un vide sidéral. Le vide. Le rien. Le néant. Et seulement mon cœur dont les battements s’affaiblissaient, comme happés par la noirceur qui m’entourait. L’air me manquait, j’avais l’impression d’étouffer.

Crashing from the high.

Dans mon esprit, tout se mélangeait. Je ne savais plus qui j’avais en face de moi. Les deux identités distinctes refusaient de se fondre en une. La chute était trop haute, le choc était trop grand. Qui était-ce en face de moi ? Haru ou Haruhiko ? Mon camarade ou mon meilleur ami ? Est-ce qu’au final, tout cela n’était pas juste qu’une immense blague ?

Gravity hurts, you made it so sweet…

Ma gorge se serra. Je savais que la réalité se trouvait devant mes yeux. Que la blague venait de prendre fin. Haruhiko était Haru, et la vérité était dans ce sens. Alors, qu’était Haru ? Un mensonge ? Une simple farce, une vague simulation ? Et je me suis sentie idiote. Infiniment idiote, et trompée. De m’être faite avoir en beauté. D’avoir apprécier ces moments, en pensant sincèrement qu’ils étaient spéciaux. En savourant ces instants avec une délectation que je n’avais jamais connue avant, et ce, seulement par la présence d’une personne en particulier. Ces frustrations, ces embarras, ces petites joies, ces inquiétudes. Les regards échangés, les contacts, l’attente impatiente des quelques messages. Le sentiment de bien-être à la vue d’un sourire, la présence rassurante de sa silhouette dans mon champ de vision. Tout ça n’était que le fruit d’une énorme tromperie ?

Til I woke up on the concrete.

La question vint, sans que je ne sache vraiment pourquoi elle était sortie. A vrai dire, des milliers d’autres se bousculaient sur le bout de ma langue, et pourtant, ce fut celle-ci qui se présenta en premier. Je n’espérais rien, et me préparais déjà à des piètres excuses. Quelque chose restait coincé au fond de ma gorge. Quelque chose de douloureux, avec un arrière-gout de culpabilité.
Hésitation, et le silence fut brisé.

- Je ne savais pas. C’est… J’ai compris lors de la soirée que nous avons passée à Halloween.

Les prunelles perçantes fixées au fond des siennes, tentant vainement de sonder pour y trouver une trace d’un quelconque mensonge, d’une faille, de ce quelque chose qui m’aurait ôté tout scrupule de le tenir comme unique responsable. Mais je ne vis rien de tel. Je fus seulement confrontée à un désespoir sincère. A une sincérité désespérée. De la honte, de la culpabilité. De la peine.

And now it's clear to me that everything you see ain't always what it seems.


Tout semblait me revenir en pleine face. Les évidences, les signes annonciateurs, les indices. Tout. Et j’avais été assez stupide pour ne pas les voir, pour ne pas connecter les points trop nombreux entre eux. J’avais été assez stupide pour ne jamais me poser de question, alors que la vérité avait été sous mon nez. J’avais été assez stupide pour me faire berner aussi facilement.

- Pardon… Je suis un lâche… J’avais peur de t’affronter, d’affronter la vérité.

How did I read the stars so wrong?


Je les avais vus. J’avais connecté les points. Et pour sûr, je m’étais faite bernée. Mais pas par Haruhiko. Par moi-même. Je m’étais menti à moi-même. Tout ce temps. Et maintenant, il était plus facile de rejeter la faute entière sur lui, de le laisser accuser le coup seul d’une chose qui semblait le chambouler autant que moi. Si Haruhiko était lâche, je l’étais au moins tout autant, voire plus.
Je fermais les yeux, encore, refusant d’admettre mes tords, refusant d’assumer, refusant de voir la vérité en face. Préférer un monde illusoire n’avait jamais posé de problème jusqu’à maintenant. Me réfugier, fuir, ne pas affronter mes problèmes ne regardait que moi. Mais là, c’était différent. Mon obstination à tourner la tête dans la direction opposée avait fait du tort.

Et c’était sûrement la dernière chose dont j’avais envie. Être la raison d’une telle expression sur le visage de Haru. Sur le visage de Haruhiko. Et quand je le regardais, le pas entre les deux n’était au final pas si grand. Mais c’est toujours effrayant de devoir dire adieu.

The story’s over now, the end.


Je récupérais mon souffle et pris une inspiration. C’était fini. Je devais arrêter de me voiler la face. Haru n’était plus. Haru… n’avait jamais été qu’autre part que dans mes propres illusions dans lesquelles j’avais bien voulu me bercer. La seule personne qui avait été en face de moi était Haruhiko Nakamura. Et il l’avait toujours été. Comme moi, je n’avais jamais cessé d’être Naoko Tanaka. Nous nous étions juste… raté de peu.

Un premier pas. Et ma main gauche, tremblante, s’avança doucement jusqu’au paquet toujours tendu. Avec délicatesse, je l’attrapais, le délestant du poids plume qu’il était.
Et sans crier gare, un autre pas, et un direct du droit vint le frapper au niveau de l’estomac. Loin d’y avoir mis toute ma force, il avait été juste assez puissant pour lui couper la respiration, le choc du geste presque plus important que la douleur de l’impact elle-même.
Il se plia en deux à cause du coup, et je me trouvais presque à sa hauteur.

I wish I knew then what I know now.


La boule de culpabilité sembla céder avec le coup. Mes yeux me piquaient, s’embuant sans que je ne puisse rien y faire. Je sentais les larmes monter, et je tentais de les ravaler sans succès. La voix qui vacille, et la mâchoire qui se crispe.

- Je… Je suis une meilleure amie si pitoyable pour que tu n’oses même pas me dire ce genre de chose ?

Et je ne pus plus les contenir qu’elles roulaient déjà sur mes joues. Je ne saurais pas vraiment dire si je pleurais de tristesse ou d’autres choses. Les émotions s’entremêlaient et il m’était trop difficile de les différencier à ce moment. La seule chose que je savais, c’est qu’elles étaient sûrement similaires à celles d’Haruhiko. Et j’avais été bête d’en douter. Après tout, cela faisait 8 ans que je le connaissais.
Tentant d’essuyer mes larmes qui ne voulaient plus s’arrêter avec le revers de ma manche, je retins difficilement un hoquet.

- Je suis désolée aussi… Pour le coup, pour… pour tout… C’est autant ma faute que la tienne…


Et dire qu’il avait fait tout ce chemin, et que la seule chose que j’avais été capable de faire, c’était de le frapper et de pleurer devant lui. Il y avait de quoi se sentir pitoyable.

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MessageSujet: Re: Nobody said it was easy.   Mar 19 Jan 2016 - 23:23




L’attente se faisait sentir. L’indicible attente d’une réponse qui lui tordait les entrailles. Prit entre l’envie de ne pas l’avoir, de rester dans un flou confortable. Et l’autre envie, celle de pouvoir rétablir les choses correctement. De pouvoir jouir d’être pleinement lui sans nul autre artifice. Ses yeux alternaient sans cesse entre ses prunelles perçantes et les milliards de gravier sur le parquet. Rester plus d’une seconde sur l’un comme sur l’autre le mettait hautement mal à l’aise. Chaque fois qu’il croisait ses pupilles, il se sentait comme fondre dans l’acide de la culpabilité et de la honte. Tandis que les roches, lui apportant un maigre réconfort, lui rappelait sans cesse qu’il était en train de fuir.


Oh, want you stay with me ? Cuz’ you’re all I need.

Ses yeux accrochèrent sur cette main tremblante le  déchargeant du paquet. Malheureusement, son propre fardeau à lui ne fut pas retiré. Il sentait toujours ce poids indéniablement accroché à ses épaules. Il avait eu peur de lâcher ce paquet. Il avait eu peur qu’il symbolise à lui seul l’adieu qu’il redoutait tant. Comme une trace infime de cette fin au goût amer. Devait-il dire adieu à tout ça ? Devait-il se résigner à laisser partir ce lien si précieux à ses yeux ? Si elle le désirait, il le ferait. Parce qu’il la respectait bien trop pour ne pas suivre les choix qu’elle ferait. Pourquoi ne pas te battre pour ce qui te tiens à cœur !? Telle était la question… Il était souvent trop lent. Bien trop pacifiste pour se battre pour la moindre chose. Il avait raison de dire qu’il était lâche. Il se cachait derrière bien trop de choses…

Mais tout ça fut balayé lorsqu’il senti son souffle se couper et son corps se plier en deux.

Ses yeux s’écarquillèrent plusieurs fois sous le choc. Son buste plié ne se redressa pas immédiatement, son esprit encore bien trop occupé à analyser ce qu’il venait de se passer. La douleur n’avait été que moindre et passagère. Mais l’acte en lui-même l’avait arrêté de tout mouvement. Sans prendre la peine de redresser le buste, il redressa légèrement sa tête pour que son regard, totalement perdu, puisse croiser le sien. Ses lèvres entrouvertes restaient suspendues aux siennes.  
Sa phrase lui fit plus mal que milles coups dans l’estomac. Et pourtant, elle était on ne pouvait plus réaliste. Ils se disaient tout. Chaque grande étape de leurs vies, jusqu’aux petits moments quotidiens. De la joie à la frustration, de la peine à l’ambition. Pas un jour ne passait sans qu’ils n’échangent un petit quelque chose de leur vie. Il lui avait tant dit… Pourquoi n’avait-il pas continué ? Doucement, son buste se redressa, ses sourcils froncés et le regard grave. Il l’avait faite pleurer… Il avait tout gagné, décidemment. Parce qu’en plus d’être la cause de ses larmes, il les avait faites couler le jour même de son anniversaire. Quelle célébration il lui offrait là.

Il se sentait pittoyable.

Parce qu’en plus de ça, elle s’excusait. Non… La faute n’était pas sienne. Elle ne savait pas. Elle n’avait pas eu toutes les cartes en main comme lui les avait eu. Même pour le coup, il ne pourrait pas lui en vouloir. Il méritait milles fois plus de claques. Voir même toutes les claques du monde. Son ventre lui brûlait atrocement tant il se sentait mal. Difficilement, il ravala sa salive.


If I show you my flaws, if I couldn’t be strong. Would you still love me the same ?

Il ne suffit que d’un demi pas avant qu’il ne l’atteigne. Il avait cessé de réfléchir, d’utiliser son mental qui allait le rendre fou. Alors, dans l’espace de ses bras, il l’attira doucement. S’il y a bien une chose qu’il venait de découvrir, c’est que plus jamais il ne voulait voir une telle expression sur son visage. Surtout par sa faute. La voir ainsi incapable d’arrêter ses larmes lui déchirait le cœur. Alors, tout en fermant les yeux pour créer cette bulle unique dans laquelle il voulait lui aussi se blottir, il murmura un extrait d’un des nombreux messages qu’il lui avait déjà adressé.

- « J’aurai aimé pouvoir être là, pour te serrer dans mes bras. Te dire que tout iras mieux. »

Spoiler:
 

Son étreinte se resserra. Malgré le fait qu’ils ne s’étaient rencontrés que récemment. Il s’en fichait. Il outrepassait les barrières qu’il s’était lui-même posé. Pour toutes ces fois, toutes ces fois où il n’avait pu la consoler autrement que par des mots. Pour tous ces moments où il aurait voulu se tenir à ses côtés, bien plus proches que derrière un simple clavier. Quelle étrange sensation qu’il vivait là… Il tenait une inconnue qu’il connaissait si bien dans le creux de ses bras. Et pourtant, il se refusait à la lâcher.

- Désolé.

Il attendit quelques secondes que son état se stabilise. Mais rien n’y faisait. Son cœur battait à milles allures et il ne pouvait plus rien contrôler de cette angoisse qui le rongeait.

- Je ne voulais pas que les choses se fassent comme ça… J-j’aurai préféré que ton anniversaire soit un peu plus joyeux. Pardon…

Déglutir lui devenait presque douloureux. Un silence se fit. Une réflexion qui lui était venue après beaucoup de tergiversions lui revenait à l’instant.

- Dans un sens, je suis content d’avoir pu te rencontrer ainsi… C-c’est… Enfin… Comment dire… Sans savoir que c’était toi. Sans aprioris ou préjugés. J’ai pu apprendre à te connaître, au-delà des mots. Au-delà de quelques lignes entrecoupées de smiley.

Il sourit. Pour lui-même.

- Et j’ai énormément apprécié cette personne.


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Dernière édition par Haruhiko Nakamura le Dim 18 Sep 2016 - 5:35, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: Nobody said it was easy.   Dim 24 Jan 2016 - 21:51



J’étais désemparée. La tête baissée, je souffle coupé de hoquets, et les larmes roulant sur les joues, je me sentais véritablement lamentable. Et j’étais responsable de la situation dans laquelle je me trouvais. Pour ne pas m’en être rendu compte plus tôt. Pour ne pas avoir inspiré assez de confiance à Haruhiko pour qu’il se confie à moi. Pour avoir entretenu si longtemps cette relation anonyme pour le confort qu’elle m’apportait.
J’étais coupable. Et aujourd’hui, tout me revenait en pleine face. Le revers de la médaille. Et je n’avais rien à dire, je n’avais pas à m’en plaindre.

Pourtant. Pourtant, j’avais trouvé le moyen de rejeter la faute sur lui, augmentant un peu plus la liste de mes nombreux tords. Je lui avais fait du mal. En faisant la sourde oreille à tous les signes qui s’étaient présentés. En refusant de voir la vérité alors qu’il s’était présenté devant moi ce soir. En l’accusant d’avoir agi par manipulation, en mettant en cause sa sincérité et sa bonté.
C’était pour toutes ses raisons que je me sentais si mal. Et que mes yeux ne voulaient pas rencontrer les siens. Je ne voulais pas voir son expression blessée. Je ne voulais plus jamais la voir. D’autant plus de savoir que c’était ma faute me tordait le ventre.

Alors, les larmes de culpabilité coulaient sans que je ne cherche à les arrêter. Je m’en voulais tellement que j’en pleurais, que j’espérais qu’avec les gouttes d’eau salée, tous ces mauvais sentiments finiraient par s’écraser sur le sol, ou bien sécher sur ma peau. Mais je voulais qu’ils sortent, à tout prix. Et qu’ils emportent aussi cette partie de mon caractère qui m’avait poussé à être aussi abjecte avec Haruhiko. Pour que plus jamais je ne recommence. Pour que la seule chose que je lui apporte à partir de maintenant, ce ne serait que du réconfort et des choses positives.

Ce qui arriva par la suite, je n’aurais sûrement pas pu le prédire, même avec les meilleures cartes de tarot du monde.

Essuyant ma joue avec la manche de mon manteau, je pu sentir des bras m’entourer, et se resserrer autour de moi. Durant une demi-seconde, je ne compris pas ce qu’il se passait. Ma joue entra en contact avec le tissu froid de son blouson, et pourtant, je venais d’être transporté dans une bulle de chaleur réconfortante. Et la réalité me frappa de plein fouet. Haruhiko était en train de m’enlacer, au creux de ses bras.

Et je restais bouche bée, stupéfaite. Et les larmes, elles, continuaient de couler, profitant manifestement d’être enfin libérées pour s’en donner à cœur joie. Il était vrai que je ne pleurais pas souvent. Quasiment jamais, en fait. C’était sûrement pour cela que maintenant qu’elles avaient commencée, elles ne comptaient pas s’arrêter de si peu.

Et sa voix s’éleva dans un murmure.

- J’aurai aimé pouvoir être là, pour te serrer dans mes bras. Te dire que tout iras mieux.


Une phrase familière à laquelle je pouvais enfin associer une voix. Un corps. Une personne, une vraie, en chair et en os. Cette phrase qui n’avait jusque-là pas eu tant de sens, venant d’une existence floue, et à la portée si irréalisable que les mots finissent par perdre leur poids. Une phrase qui m’avait réconforté tout en me rappelant cette distance que j’avais gardée, tout en me rappelant cette solitude dans laquelle je me trouvais.
Et aujourd’hui, elle revêtait désormais une signification nouvelle, prise d’une concrétude que je ne pouvais nier. Ce n’était plus que des paroles en l’air, reflet d’un désir lointain qui ne se réaliserait jamais. Non, c’était bien réel. Après 8 ans, je rencontrais enfin mon meilleur ami, et j’avais l’impression de le réaliser juste à l’instant. Comme si, par le contact, sa présence venait de se confirmer dans mon esprit. Impossible de nier désormais, que ce cœur que je pouvais entendre battre, que ce souffle au creux de mon oreille, que cette chaleur qui m’enveloppait n’était pas celle d’Haruhiko.

Et mes larmes redoublèrent sans que je ne puisse les contrôler. Mais étrangement, ce n’était plus les mêmes qu’auparavant. Chacune d’elles m’enlevaient un poids de la poitrine. Ce n’était plus du chagrin, mais du soulagement qui s’exprimait à travers elles.
Et j’eu l’impression de pouvoir respirer à nouveau. La sensation que les choses étaient à leur place était de plus en plus omniprésente. J’étais presque… soulagée. Soulagée que la vérité ait enfin éclaté. Qu’il n’y ait plus ce secret implicite qui pesait sur nos épaules. Ces identités secrètes que nous gardions sans le savoir. J’étais… rassurée.

Alors, en attendant que mes larmes ne se calment, je me suis blotti inconsciemment dans cette étreinte, cachant mon visage par la même occasion, fermant les yeux pour profiter de la sérénité qu’elle m’apportait. La mélodie de son cœur qui résonnait contre mon oreille avait quelque chose d’apaisant. Et quand la voix d’Haruhiko s’éleva dans une excuse, je compris qu’il n’y avait que moi qui avais réussi à passer au-dessus de la culpabilité.

- Je ne voulais pas que les choses se fassent comme ça… J-j’aurai préféré que ton anniversaire soit un peu plus joyeux. Pardon…

Il s’en voulait, manifestement. Et… je me retrouvais un peu démunie sur la manière la plus idéale pour… l’aider à aller mieux. Alors, sans grande originalité de ma part, je me dis alors que, ce qui avait marché pour moi fonctionnerait peut être pour lui. Timidement, mes bras jusque-là contre lui glissèrent doucement dans son dos et vinrent l’enlacer légèrement, tandis que je me blottissais un peu plus. Et je murmurais :

- Tu… tu n’as pas à t’excuser… Que tu aies fait tout ce chemin… Que tu sois venu me voir le jour de mon anniversaire… Que la vérité soit enfin levée, même si je ne m’y attendais pas… Tout ça fait déjà de cet anniversaire un des plus beaux que j’ai eu. Alors… ne t’excuse pas…

J’avais relevé les yeux, et mes larmes s’étaient stoppées sans que je ne m’en rende compte. Un silence, et j’observais son visage alors que nous étions dans les bras l’un de l’autre. Etrangement, j’avais l’impression qu’à cet instant, c’était… naturel. Comme si les choses devaient être à cette place. Comme si… elles avaient toujours cherché à y être…

- Dans un sens, je suis content d’avoir pu te rencontrer ainsi… C-c’est… Enfin… Comment dire… Sans savoir que c’était toi. Sans aprioris ou préjugés. J’ai pu apprendre à te connaître, au-delà des mots. Au-delà de quelques lignes entrecoupées de smiley.

C’est étrange, parfois, de réaliser que l’on ressent exactement la même chose qu’une autre personne. Que l’on pense la même chose, au même moment, avec la même intensité. Comme une connexion. Un lien invisible, qui réunit deux esprits pour les mettre sur la même longueur d’ondes. Quelque chose comme ça.

- Et j’ai énormément apprécié cette personne.

Le visage toujours relevé en sa direction, je pu soudainement sentir mes joues se teinter de rouge. Attaque surprise à laquelle je ne m’attendais pas, je fus totalement prise au dépourvue. Et… son sourire doux, sincère en prononçant ces quelques mots n’avaient pas aidé. Je me suis sentie d’un coup consciente de la position dans laquelle nous étions. Et la gêne arriva au galop.

Car même si l’on se connaissait depuis longtemps, c’était en quelque sorte la… première fois que j’avais un contact avec Haruhiko. Même si j’en avais eu plusieurs avec Haru. Pas aussi direct cependant. Pas aussi… affectueux qu’un câlin.
Mon cœur s’emballa et mes pensées se mirent à s’embrouiller par l’embarras. Et je commençais à avoir un peu trop chaud. Il fallait que je mette fin au contact, sinon, j’allais finir par m’évanouir !

Enlevant mes bras autour de lui, je vins poser mes mains contre son torse, pour m’extirper de l’étreinte en poussant légèrement, pas trop brusquement. Problème, je me retrouvais avec nulle part pour cacher mon visage complètement rouge d’embarras. Mais c’était un maigre prix à payer pour ne pas me retrouver dans les pommes. La tête baissée, donc, et les mains en défense, l’une tenant toujours le paquet, je me mis alors à bafouiller :

- J-j-je.. J’ai arrêté de pleurer d-donc… t-tu peux me lâcher désormais…


Je faisais un pas en arrière alors que je sortais de ses bras. Sur le coup, j’eu la désagréable sensation de retrouver le froid de dehors alors que je quittais le confort d’une chaleur agréable. Enfin, peut-être que me refroidir un peu la tête ne me fera pas de mal…

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MessageSujet: Re: Nobody said it was easy.   Dim 21 Fév 2016 - 18:07

Question of science, science and progress, do no speak as loud as my heart.


Personne n’a dit que ce serait facile. Alors pourquoi avait-il tant espéré que les choses se passent comme dans une idylle littéraire ? C’était impossible. Parce qu’il n’avait pas été parfait. Parce qu’aucune situation ne pouvait réellement l’être. Il allait devoir supporter le fardeau qui se présentait à lui et en accepter la lourdeur. C’était ainsi, et pas autrement. Pourquoi ne s’était-il jamais accoutumé de la fatalité avec le temps ? Il n’en savait rien. Et pourtant la vie lui avait de nombreuses fois demandé de faire preuve de résilience. Mais il n’en était pas capable. Le serait-il avec Naoko ? Arriverait-il à faire le deuil éventuel de cette relation ? Car qu’importait la suite des événements, de cette journée de chamboulements, plus rien ne serait désormais pareil.

Et pourtant…

Et pourtant, elle venait de resserrer son étreinte contre lui. De l’enlacer tandis que des sanglots bien plus puissants semblaient l’animer. Doucement, il la serra un peu plus contre lui. Créant un cocon protecteur. Le seul mystère qui l’entourait encore était de savoir qui en était le destinataire. Certainement autant pour elle que pour lui-même. Ses paroles furent plus bénéfiques qu’une salvation. Salvation au goût légèrement amer. Comment pouvait-elle désigner ce jour comme étant l’un des plus beaux qu’elle ait pu avoir ? Il y avait là comme un paradoxe dont il ne saisissait pas réellement le sens. Et pourtant, il fut frappé comme soudainement pas un éclair de compréhension. Il voyait où elle voulait en venir. Pour lui aussi, dans un sens, cela était un jour si particulier. Celui d’une rencontre. Celle qui comptait vraiment. Celle où ils s’étaient enfin retrouvés.

Un sourire vint fendre ses lèvres. Son regard perdu dans la nostalgie de ces instants. Comment ne pouvait-il pas s’en trouver plus heureux, après tout ? Avoir la chance de pouvoir être en la présence de la personne comptant le plus pour soit, se rendre compte à quel point l’on ne s’était pas trompé sur son compte. D’à quel point elle pouvait rendre un petit rien merveilleux.

Pourquoi lui avait-il menti tant de fois ?

Pourquoi avait-il fait ça ? Pourquoi s’était-il caché derrière milles excuses pour construire une vie qu’il n’avait pas ? Pourquoi voulait-il à ce point construire quelque chose de factice ? Tout aurait été pourtant tellement plus simple… Pourquoi diantre s’était-il mit dans une telle merde tout ça pour un peu plus lui plaire ?! Il s’en rendait compte en ce moment même, à quel point il avait été stupide. Elle l’aurait apprécié, même avec sa sœur pour seule amie. Elle l’aurait apprécié, même s’il n’était pas l’un des plus populaires. Et surtout, pourquoi rêvait-il réellement de le devenir ? Il n’y avait absolument rien à envier dans tout ça. Il n’en voulait même pas… Ses seuls désirs restent des plus simples : Pouvoir partager avec des personnes de son entourage. Ses passions, ses angoisses, ses peurs. Discuter d’un peu tout, d’un peu rien. Passer du temps sans rien dire, juste profiter du calme pour se reposer. Il n’avait pas besoins de milles camarades dont il ne connaîtrait au final rien, pour satisfaire tout ça. Il se mordit la lèvre, courbant l’échine face à toute cette stupidité qui l’assaillait.

Son regard plongé dans le sien se fit qu’au final, s’il s’était contenté du peu qu’il avait déjà, toutes ces angoisses n’auraient même pas lieu d’être. Plutôt que d’envier tout et n’importe quoi, d’être constamment insatisfait… Il aurait pu simplement ouvrir les yeux. Voir ce qu’il s’y trouvait en ce moment même. Et comprendre qu’il n’avait au final pas besoin de grand-chose d’autre.

Elle était là comme elle l’avait au final toujours été.

- J-j-je.. J’ai arrêté de pleurer d-donc… t-tu peux me lâcher désormais…

Il se recula d’un demi-pas.

- Désolé…

Ce n’était pas une de ces longues excuses, mais plutôt l’une de celle que l’on lance lorsque l’on dérange quelqu’un soudainement, lorsque l’on bouscule au détour d’un couloir.

- Je.. Je ne t’ai pas trop dérangée à une heure aussi tardive ?

Le soir de son anniversaire, il devait bien se douter que sa famille prévoyait quelque chose. Il espérait simplement ne rien entravé dans leur soirée. Quoi qu’ils aient prévus de faire au final.

- Naoko… Je…

Difficilement, il déglutit. Il se rendait compte que même si présentement, elle ne lui en voulait pas, il n’avait toujours pas fait preuve d’une réelle sincérité. Comment lui dire ? Comment lui expliquer ? Ce n’était pas simple… Et pourtant, il ne voulait pas faire les choses à moitié. Il ne voulait pas continuer avec ces remords sur la conscience. Quand bien même il choisirait de ne rien dire, ils se fréquentaient désormais à l’Académie. Elle allait comprendre. Elle allait comparer. Et il n’aurait plus le choix de l’étiquette. Il deviendrait automatiquement le menteur qu’il ne voulait plus être. Le fabuliste, le mythomane. Celui dont la vie était tellement pathétique et morne qu’il se sentait obliger d’en prendre une autre. Il voulait rectifier ça. Lui montrer que cet individu n’était plus. Bon sang, ce regard pesant sur lui n’arrangeait en rien sa baisse de motivation.

Il se sentait petit. Faible. Complètement à la merci de ce regard aux reflets d’acier.


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MessageSujet: Re: Nobody said it was easy.   Lun 22 Fév 2016 - 1:19



Quitter un cocon. Quitter une bulle rassurante dans laquelle on peut se permettre de n’avoir peur de rien, dans laquelle on a l’impression que plus rien ne peut nous arriver. Un espace dans lequel le temps s’arrête, un temps dans lequel il n’y a plus d’espace. Et d’un pas, en sortir, s’y arracher. Retourner à la réalité.

Je frissonnai, sentant le courant d’air froid de la mi-novembre glacer les sillons humides que les larmes avaient laissés sur mes joues. Je les essuyai d’un revers de manche, me demandant au passage quelle tête je pouvais bien avoir actuellement. Bien loin des films ou des animés, pleurer dramatiquement n’était jamais vraiment flatteur. Mes yeux me piquaient et je les savais cerclés de rouge. J’espérais que l’obscurité puisse camoufler les traces bâtardes de mon écart émotionnel. Après tout, c’était une des rares fois où je m’étais mise à pleurer devant quelqu’un. L’acte en soi était déjà plus qu’embarrassant. Mais être en piteux état après, et n’avoir aucun moyen de cacher mon visage après ne faisait qu’y rajouter.

Mais sur le moment, au-delà du fait que je me sentais misérable d’avoir affiché ainsi mes émotions, c’était plus la gêne d’avoir été dans ses bras qui prenait plus le dessus. Ainsi, en plus de la panoplie après-pleur sur le visage, mes joues étaient rosées d’embarras.
En même temps, il fallait me comprendre… Je ne suis pas quelqu’un de tactile, à la base. Durant ma vie, même si c’était un peu triste à avouer, je n’ai jamais eu énormément de contact sociaux avec les autres. Si on cumulait les périodes où je vivais recluse à cause de ma phobie, les autres où à cause de mon manque d’aptitude de socialisation, j’avais fini par m’attirer plus de brimade que de camarades… On finissait avec la risible addition que… je n’avais pas réellement eut de contact sain avec une personne avant mon arrivée à Keimoo. De quoi comprendre pourquoi aujourd’hui encore, les interactions, ce n’est pas forcément mon truc.

Alors imaginez quand il s’agit de se toucher… physiquement. Dans ma famille, fort heureusement, ma mère et ma sœur peuvent être de vraies sangsues lorsqu’il s’agit de s’accrocher à un être vivant. Mon père, fidèle à son image de japonais strict, est plutôt distant d’un point de vue physique. Autant dire que les contacts avec ma mère et Himiko font partie des seuls que j’ai à peu près l’habitude de recevoir.

Il y a de quoi comprendre pourquoi mon pauvre petit cœur ne veut pas s’arrêter de battre et que je sens déjà mes mains devenir moites. Même si, d’un côté, je crois que mon esprit est un peu perdu sur la réaction que j’ai peu avoir précédemment. Haruhiko est un presque inconnu. Pourtant, pendant l’étreinte, je me souviens parfaitement avoir eu l’impression que tout était en place comme cela. Peut-être parce que je pleurais, peut-être parce que mon esprit était un bordel sans nom ce soir. Toujours était-il que, pendant cet instant, j’avais clairement ressenti un… bien-être à être au creux de ses bras.

Et ça, ça me perturbait plus qu’autre chose.

Mon regard était rivé sur mes pieds, et j’avais les bras métaphoriquement chargé d’affects que j’avais du mal à comprendre comme venant réellement de moi. Haruhiko s’excusa, j’ai cru décelé une once de gêne dans le fond de sa voix. Une gêne distante. Je relevais les yeux et vint le fixer. Est-ce que cette excuse était le reflet du regret de ce geste ? Ou peut-être qu’il pensait que moi, je regrettais… ?

Quelque part, cette pensée me dérangeait vraiment. Car même si, actuellement, j’avais du mal à ouvertement et intérieurement assumer ce qu’il venait de se passer, ayant toujours un peu honte, je ne tenais pas non plus à ce qu’il pense que je le… repousse ? Quelque part, j’avais une nouvelle fois du mal à comprendre d’où cette envie provenait. Toujours est-il que je me décidais à prendre mon courage à deux mains. Après tout, j’avais implicitement pris la résolution plus tôt de faire en sorte qu’il ne ressente pas de sentiment négatif par ma faute, pas vrai ?

- Hum… Tu… Enfin, il ne faut pas… t’excuser…

Mes pupilles fixaient fébrilement les siennes entre deux regards fuyants vers la droite. Je repris alors, d’un ton légèrement plus bas.

- Je... Je dois plutôt te remercier… J’aurais possiblement pas arrêté de pleurer sans ça… alors…

Et mon regard s’était complètement détourné, alors que mes joues et le bout de mes oreilles s’étaient empourprés. Remercier d’un câlin, c’était une première. Et vu la difficulté de la tâche, j’espérais secrètement ne pas avoir à le refaire. Ou à me répéter.

- Je.. Je ne t’ai pas trop dérangée à une heure aussi tardive ?

Je clignais des yeux un instant, reportant mon attention sur l’homme en face de moi, une expression d’incompréhension sur le visage. Et sans réfléchir, je répondais, instinctivement, comme le reflet de ma pensée.

- Bah. Non.

Un « Pourquoi » aurait pu suivre, mais je le gardais pour moi. Même si j’avais sur le moment du mal à comprendre la raison d’une telle question. Après tout…

- Si tu m’avais dérangée, je ne serais pas venue ?

Déclaré comme une évidence, avec ma simplicité directe habituelle. Autant, parfois, je pensais trop, autant, la plupart du temps, je ne passais pas par quatre chemin pour autant. Ne voyant pas l’intérêt de tourner autour du pot pendant des heures, je préférais soit ne rien dire, soit le dire de suite. Et j’en manquais parfois -souvent- de sens commun. La plupart des gens emballent leurs mots dans des jolis paquets, pour ne pas vexer, pour amoindrir l’impact. Il arrivait même qu’il les enroule d’un beau ruban de mensonge. Même si j’en comprenais l’utilité, je ne voyais pas mon intérêt personnel à faire de même. Et je n’étais nullement à la place de juger ceux qui utilisaient cette méthode.

Je m’accroupie alors, et la boule de poils jusque-là assise sagement sous une des balançoires déboula au quart de tour jusqu’à moi pour venir s’assoir juste devant mon nez, quémandant sans parole une caresse que je lui apportais sur le dessus de la tête. J’ajoutais alors, relevant mes pupilles onyx vers Haruhiko qui paraissait avoir une taille de géant en étant débout à côté de moi, un léger sourire malicieux au coin des lèvres.

- Et puis, je devais sortir Cookie.

En soi, ce n’était pas totalement faux, ni totalement vrai. Sortir Cookie avait été un prétexte. Mais je crois qu’au fond, j’aurais trouvé n’importe lequel pour sortir après cette invitation. Une part de moi voulait savoir. Je ne l’avais juste pas écoutée pendant des années.
Le Samoyède, en entendant son nom se mit à secouer la queue, et lécha ma main avec affection. Je lui gratouillais alors la nuque en retour, et l’animal sembla plus que ravi.
J’étais quelque part soulagée que Cookie soit présent. D’une part parce qu’il me permettait d’avoir une excuse pour déporter mon attention d’Haruhiko et de calmer mon cœur. D’autre part parce que, de les avoir l’un à côté de l’autre me renvoyait l’évidence qu’il y avait comme un air de ressemblance entre les deux. Et celle-ci était plus qu’amusante à constater, en plus de me détendre, rendant l’atmosphère moins tendue.

Du moins, c’est ce que je pensais, mais Haruhiko prit un ton sérieux.

- Naoko… Je…

Son expression faciale m’indiquait facilement qu’il cherchait à dire quelque chose d’important, et sur le coup, ma gorge se serra d’appréhension. Je me redressais alors, me tenant devant lui, tentant de sonder dans ses yeux une trace d’un quelconque indice sur la nature de sa future déclaration. Mais je ne pu rien y déceler de concret. A part peut-être, des résidus de culpabilité. Est-ce qu’il s’en voulait toujours pour tout à l’heure ?
Je penchais alors la tête, et demandais d’une mine tracassée, l’invitant à continuer :

- Tu ?

Il n’en eut pas le temps cependant, car à la seconde d’après, un aboiement bruyant résonna dans le silence du square. Je sursautais, et reportais mon attention sur Cookie qui remuait la queue, regardant avec insistance en direction de chez moi. Il ne fallut que peu de temps, et le bruit d’un moteur approchant pour que je comprenne ce qu’il en retournait.

La berline noire au loin était manifestement celle du travail de mon père, qui devait avoir fini sa journée, tardivement comme à son habitude.
Problème : S’il me voyait là, le soir, avec un inconnu, je n’étais pas sûre d’avoir le temps de m’expliquer avant qu’il ne réagisse… plutôt mal.

Solution : Je rangeais avec précaution le paquet dans ma poche de manteau, attrapait la laisse de Cookie, et me retournais alors vers Haru.

- J’espère que tu n’es pas trop fatigué pour courir ?

La voiture allait passer d’une minute à l’autre devant le square, et les garde du corps feraient leur habituelle ronde autour de la propriété pour éviter une quelconque tentative d’atteinte au PDG de Tanaka & cie. Il y avait peu de temps, mais, ne voulant pas alarmer Haru, je me contentais alors de lui sourire. Un sourire d’invitation, à la fois malicieux et joueur, et déclarai :

- Essaye de ne pas me perdre de vue.

Je me mis alors à courir, traversant la route avec hâte et empruntant une petite rue adjacente à une maison d’en face. Cookie galopait avec joie devant moi, et je jetais un œil en arrière pour constater qu’Haruhiko me suivait bien. De mon autre main, je retirai mon écharpe pour être plus à l’aise, ne diminuant pas la cadence. Parcourant des chemins entre les propriétés, passages ruraux de la périphérie de Tokyo, nous avions fini par nous éloigner considérablement de chez moi.
Pour arriver, essoufflés, dans un petit coin que j’étais la seule à connaitre. A l’abri des arbres, surélevés sur une colline, on pouvait voir en contrebas une partie de la mégalopole fourmillante et illuminée. La nuit était tombée, rendant le spectacle encore plus impressionnant pour les gens qui n’était pas habitué à l’activité de la ville.

Je m’arrêtais, et me penchait en prenant appui sur mes genou pour reprendre mon souffle. Je me redressai alors, rabattant ma frange en arrière dans un mouvement rapide, et ouvrant mon manteau pour faire baisser ma température ayant grimpé à cause de l’effort. Et un rire léger m’échappa.

- Désolée de cette course soudaine. Mon père risquait de nous attraper, j’ai préféré assurer nos arrières.

Ayant repris ma respiration, je lâchais alors Cookie pour qu’il aille faire son petit tour en toute liberté, et m’approchait du bord de la colline, prenant appui sur la barrière de protection. Le regard perdu dans le paysage qui s’étalait sous mes yeux, bien loin en dessous, je déclarais alors, tout doucement.

- Et puis ça me fait l’occasion de te montrer un de mes endroits secrets.

Je me retournais alors pour faire face à Haruhiko, illuminée par les lueurs citadines dans mon dos, et fixait à nouveau mon regard dans le sien.

- Qu’est-ce que tu voulais me dire, tout à l’heure ?

Mine soucieuse à nouveau, sur laquelle l’inquiétude et l’envie de savoir pouvait se lire. J’espérais juste que cette déclaration n’allait pas associer un souvenir douloureux à cet endroit.

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MessageSujet: Re: Nobody said it was easy.   Jeu 3 Mar 2016 - 0:29



Lost and insecure, you found me.

Il avait la douloureuse impression d’un vide au creux de ses bras. Le fantôme de ce qu’il tenait jusqu’alors en ses bras, comme une trace indélébile… Laissant place à ce froid mordant, léchant chaque parcelle de peau qui eut le malheur de ne pas être couverte de tissu. Indéniablement, il l’avait lâché. Il lui avait laissé la possibilité de se retirer, à sa demande formulée. Et soudainement, il se sentit incomplet. Comme prit entre ce dilemme d’un respect bien trop accordé et celui d’un désir inavoué.
Secrètement, il venait de goûter à un plaisir social dont il n’avait pu expérimenté que très peu les bienfaits depuis son enfance. Ce n’était désagréable en soin. Ce serait certainement une sensation dont il aimerait réitérer l’expérience. Mais en aurait-il simplement l’occasion ? Puisque si ce n’était pas elle, cela n’avait plus le même sens.

Ne pas s’excuser ? Voilà bien une notion qu’il n’avait jusque là jamais abordée. Peut-être s’excusait-il même un peu trop. Et si l’on finissait par le laisser faire, il terminerait certainement par aller même jusqu’à s’excuser d’exister. Ses remerciements le firent sourire. Un de ces sourires compatissant qu’il ne pouvait s’adresser qu’à lui-même. Il était content, qu’à quelque part perdu entre ses milles maladresses, il put lui apporter une once de réconfort.
Il fut secoué d’un léger spasme accompagnant son sourire, secouant ainsi ses épaules. Son commentaire lui fit plaisir bien qu’il n’y croyait qu’à moitié. C’est bien pour cela qu’il chercha d’autres excuses à ce mal-être intérieur qu’il n’arrivait pas à mettre en mots. Peut-être l’avait-elle dérangé, après tout. Si le mal n’était pas là où il le primait, d’autres sources avaient du naître ailleurs. Pourquoi en serait-ce autrement ?

Seulement, elle réussit à le déstabilisé encore plus violemment que cette balle de water-polo qui avait voulu le voir mourir noyé. Sa réponse fut si rapide, si… Naturelle. Comme un retour de bâton en pleine figure lui rappelant qu’il n’était pas qu’un mouton noir pesant sur les épaules de tout le monde. L’évidence même. Naoko faisait toujours preuve d’une indéniable logique. Il le savait. Pourquoi diantre devait-elle toujours être aussi logique ? Intérieurement, il soupira de son incapacité à s’estimer lui-même.
Et comme si cela ne suffisait pas, elle renchérit sur un deuxième argument, inébranlable. Sortir le chien… Cookie avait quand même bon dos dans tout ça. Mais à quelque part, cela l’arrangeait bien de tout déposer sur le dos du jeune canidé.

Mais devait-il continuer à accepter de tout remettre au destin ? Au lendemain ? De lâcher la responsabilité de ses actes sur les autres ? La réponse était claire… Il ne voulait pas. Il ne voulait plus. Alors, profitant des quelques instants de répit de la « promenade du chien », il se mit à réfléchir. A milles scénarios impossible, à cent manières d’aborder le sujet.

- Tu ?

Sa bouche s’entrouvrit mais aucun son ne put en ressortir, son intention couverte par un aboiement bruyant de Cookie. Le regard de Haruhiko qui était jusque là perdu entre les graviers du sol et les lacets de ses chaussures, entrecoupés de quelques échanges avec ses onyx brillants, cherchèrent la source de la réaction de Cookie. Personne à l’horizon… Néanmoins, il ne suffit que de quelques secondes supplémentaires pour entendre le bruit d’un moteur… Oh. Voyant la jeune fille ranger son cadeau –toujours dans son emballage- à l’intérieur de sa poche, il anticipa en songeant au fait qu’elle allait devoir rentrer. Le quitter parce que sa famille arrivait à la maison pour fêter son anniversaire. Son ventre se tordit. Il ne voulait pas qu’elle reparte ainsi, sans lui avoir dit. Sans avoir pu être enfin honnête avec elle sur ces choses là.

Ce qu’il ne savait pas, c’est que sa prière allait être exaucée.

- J’espère que tu n’es pas trop fatigué pour courir ?

Il ne comprit pas immédiatement. A vrai dire, il ne comprit pas tout court. Pourquoi voudrait-il courir en une heure aussi tardive ? Surtout après une telle journée au pas de course… Mais Naoko avait piqué sa curiosité. S’il fallait courir, et bien soit, il courrait. Ce sourire… Accompagné de ce regard pour lequel il aurait pu marcher jusqu’au bout du monde si seulement elle lui demandait.
Alors, elle se mit à courir, suivie joyeusement par Cookie qui devait prendre ça comme le nouveau jeu du moment. Il ne savait pas vraiment pourquoi il la suivait au pied levé, mais qu’est-ce qu’il s’en fichait. Cette sensation dans son corps, l’envie de la suivre piquée par sa grande curiosité. Et surtout… La légèreté du moment. Il n’y avait plus d’enjeux, de faux-semblant, de mensonges, de paraître. Juste elle et lui courant pour échapper à il-ne-savait-trop-quoi. Vivant l’instant, le moment présent. Alors, il lâcha-prise pour la première fois depuis longtemps. Il se sentit plus léger et augmenta le pas de course jusqu’à arriver à ses côtés, profitant en apparence d’un banal jogging d’une soirée pas si mauvaise que ça.
Puis, ils s’arrêtèrent dans un coin inexploré. La nuit avait finalement prit place, il ne l’avait jusque là même pas remarqué. Ce fut la mouvante lumineuse de la ville, au loin, qui lui indiqua l’heure avancée de la journée. Tranquillement, il reprit son souffle, constatant par la même occasion que Cookie ne semblait lui, pas du tout affecté par ce petit instant sportif.

Puis les explications tombèrent, tout devint plus clair. Il s’agissait du retour de son père…

- Oh… C’est vrai, ton père..

Le peu d’assurance qu’il avait pu regagner en sérénité venait de replonger aussi sec en repensant à tout ce qu’il savait de cet homme. Et surtout au sort qu’il réservait à ceux s’approchant bien trop près de sa fille. Pitié qu’il ne le découvre jamais… Voyant la libération de Cookie, ce dernier profita du regard posé sur lui pour quémander deux-trois caresses qu’il reçu avec grand plaisir de la part du sportif. Lorsque son attention se recentra sur la jeune fille, elle observait le paysage, accoudé à la barrière de sécurité. Les lointaines lumières de la ville semblaient illuminer son regard. Doucement, il vint s’installer à côté, avant bras posés sur le bois râpeux.

- Tu viens souvent ici ? La vision de là ville ici est vraiment super…

Il sourit, le regard perdu dans le lointain. Cette soirée était belle, malgré tout.

- Qu’est-ce que tu voulais me dire, tout à l’heure ?

Une balle en plein cœur n’aurait pas pu faire plus percutant. Il en avait finit par oublier toute cette histoire d’aveux avec autant de remue-ménage. Et il était indéniablement ramené à la triste réalité. Son regard se baissa, observant les quelques brins d’herbes dansant au gré de petites brises.

- Je…

Un temps. Bien trop long pour lui. Assassin.

- Je… c’était… Enfin… Tu sais, quand on a échangé nos premières lettres. J-j’étais jeune, à cette époque. Un peu naïf et pensant que tant qu’il n’y avait pas d’échanges physiques avec quelqu’un, je pouvais bien être qui je voulais.

Son regard se releva, triste. Mais néanmoins déterminé.

- Je n’ai pas été honnête sur tout… J’ai beaucoup enjolivé la réalité… J’ai sûrement créé le Haru que j’aurai voulu être si je ne manquais pas autant d’assurance… Je…

Son coude appuyé sur la barrière, il vint prendre sa main afin de cacher son visage, rongé par la honte.

-Désolé.. Tu… Tu es la dernière personne à qui j’ai envie de mentir, et pourtant …

Et pourtant, il l'avait fait.


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MessageSujet: Re: Nobody said it was easy.   Mer 9 Mar 2016 - 3:00



Un sentiment de liberté.

C’était comme être envahi par l’euphorie d’un moment passager ou plus rien ne compte. Ou le temps se dilate. Ou plus rien ne peut nous atteindre. Et une course folle dans les rues de la banlieue riche de Tokyo. Des rues si familières, que j’avais parcouru des centaines, des milliers de fois. Pourtant ce soir, elles se renouvelaient, au rythme de nos foulées et au son des éclats de rire qui nous échappaient.
Insouciance, un peu. Puérilité, sûrement. Mais sur le moment, tout ça n’avait plus d’importance. Je me sentais légère, je me croyais voler. Et l’instant qui dura peu eu une saveur que je ne voulais, et tâcherais de ne jamais oublier.

Ce n’est qu’arrivés à destination que je redescendais sur terre. J’étais presque étonnée d’avoir trouvé la route en étant aussi déconnectée du monde. La respiration saccadée par l’effort, le cœur battant jusque dans ma gorge, je décidai de ne pas chercher à comprendre la possibilité d’un tel moment de lâcher prise, surtout dans une telle situation. Peut-être que la raison était simple. Peut-être parce que c’était avec lui.
Peu importait au fond, et je balayais la question en posant mon regard vers le paysage. Après tout, il y avait des choses qu’il valait mieux laisser mystérieuses, pour apprécier d’avantage le lever de rideau, pas vrai ?

Les coudes posés sur la frêle barrière de protection, je fus un instant happée par le mouvement infime de la ville en contrebas. C’était apaisant. Constater l’activité fourmillante d’en haut me donnait le sentiment d’en être protégée. D’en être hors de portée. Lorsqu’on est trop près des choses, il est impossible de prendre du recul et d’observer la beauté qui en ressort. Pour moi, Tokyo n’était qu’une torture où chaque pas m’engouffrait un peu plus profond dans une prison de béton envahie de visages indifférents. Tokyo n’était qu’un immense cauchemar duquel il est impossible de se réveiller lorsque l’on met un pied dedans. Un air saturé, un ciel couvert de building. Et du bruit. Le bruit d’une technologie omniprésente mêlé à celui d’une masse humaine indifférenciable.
Pour moi, Tokyo était bien une des pires choses existante. Et pourtant, je l’avais de nombreuse fois contemplée, à l’abri de ces arbres, gardée par cette même barrière, avec fascination. Ses lumières dansantes capables de couvrir celle des étoiles voyaient leur portée s’amenuiser. Les soirs, comme celui-là, elles étaient recouverte d’une couverture bleue nuit formée par le ciel nippon. Comme bienveillant, bordant la mégalopole avant que celle-ci ne s’endorme pour recommencer son tumulte aux aurores.

- Tu viens souvent ici ? La vision de la ville ici est vraiment super…

Je souriais légèrement, les pupilles supplantant toujours la cité en activité. Un air de nostalgie sur le visage, et, quelque part dans ma voix, un écho de mélancolie.

- Je venais, oui.

Cet endroit faisait partis des multiples refuges qui m’avaient réconforté durant de nombreuses années. A l’époque où les premiers signes de ma phobie ont commencé à émerger, nous résidions encore en pleine ville, vivant ma pathologie comme un désagrément au début. Elle s’est aggravée, par la suite. Il m’était devenu impossible de quitter notre propriété. Puis ce fut impossible de quitter la maison. Et finalement, j’étais devenu même incapable de quitter ma chambre. Nous avons alors déménagé, dans la propriété qui est aujourd’hui la nôtre. Petit à petit, mes angoisses se sont alors résorbées, assez pour que je puisse remettre un pied dehors. A cette période, temporairement descolarisée, j’avais commencé à explorer les alentours de mon nouveau chez-moi. C’est là que j’ai trouvé ce petit coin de tranquillité. Puis j’ai dû reprendre l’école, et les choses ne se sont pas aussi bien passée que ma famille et moi-même l’aurait voulu. Alors, dès qu’un événement fâcheux arrivait, je me réfugiais ici. Puis il y eu les brimades, et encore, je revenais ici. Les bagarres, et ici. Les exclusions, ici.
Cet endroit avait été une bulle d’air quand de nombreuses fois, j’avais manqué de me noyer.
Et malgré tous les mauvais souvenirs qui y était par extension liés, ce petit coin de calme restait pour moi empli d’affects positifs.

Oui, j’y étais venu un nombre incalculable de fois. Nombre qui avait stagné depuis mon entrée à Keimoo. A cause d’abord du manque d’opportunité, puisque je revenais peu dans la demeure familiale. Et puis… je n’en avais pas ressenti le besoin depuis. Quand j’y réfléchissais, je réalisais que le réconfort que je trouvais ici m’était apporté autrement, maintenant.

- Aujourd’hui, je n’ai plus vraiment… besoin de venir ici.

La mélancolie laissa place à une douceur apaisée, et mon regard se décolla enfin de la mégalopole pour se poser sur Haru qui était accoudé à mes côtés. C’était difficilement descriptible, mais, quelque part, dans le fond, sa présence avait quelque chose de… relaxant. Nous étions à une distance convenable l’un de l’autre, sans un contact physique de nos corps, et pourtant, sans même que nos épaules ne se touchent où rien de la sorte, je me sentais parfaitement à l’aise. Dès qu’il entrait dans un certain périmètre autour de moi, j’avais l’impression que l’atmosphère se faisait plus douce, berçante presque. J’aurais aimé profiter d’un tel effet non-stop.

Et alors que je le détaillais, accoudée sur le bois sec, ne cherchant même pas à me cacher de la fixation indiscrète de mon regard, le souvenir du sien, et de cette lueur de culpabilité en son sein me revint en mémoire. La préoccupation se lisait sur mes traits, et mentalement, je me faisais le débat mental de savoir s’il était bon ou non de ramener le sujet sur la table. Après tout, tout était calme, et les soucis paraissaient bien loin. Alors pourquoi vouloir remuer le couteau dans une plaie en train de se cicatriser ?
Parce que je ne pouvais pas, ne voulais pas que les non-dits s’accumulent à nouveau. Parce que je ne voulais pas reproduire les erreurs du passé. Même si je prenais le risque d’entendre quelque chose que j’aurais probablement préféré éviter.

Alors, fébrilement, dans le silence de cette soirée de novembre, à l’abri des arbres qui bruissaient au rythme de la brise, une question lourde de conséquence s’échappa d’entre mes lèvres, sur le ton inquiet d’une personne face à l’inconnu.

L’interrogation eu l’air d’avoir un lourd impact sur son destinataire, dont l’expression changea du tout au tout en une fraction de seconde. Tandis que moi, je soutenais mon regard, soucieuse, dans l’attente de ce que j’appréhendais comme l’instant final. Je m’attendais véritablement au pire, m’accordant à chacun de ses mouvements en préparation de la terrible annonce. Ma gorge se serra quand il entrouvrit les lèvres, peu sûr.
Bafouillements, et je compris dans ses premiers mots qu’il allait être question de moi. De nous. Et je me demandais déjà si j’avais bien fait d’ouvrir ma bouche.

- J-j’étais jeune, à cette époque. Un peu naïf…

Et il regrettait. Les mille et un scénarios se faisaient dans ma tête, et je me voyais déjà avoir à couper les ponts de cette amitié qui semblait renaître aujourd’hui. Peut-être qu’au fond, il était déçu. De moi, du fait que j’étais au final sa correspondante. Peut-être qu’il ne se sentait plus d’assumer cette relation. Qu’il était… passé à autre chose. Je tentais de garder mon regard fixe, mais je sentais déjà mon visage se décomposer par anticipation.

- … Et pensant que tant qu’il n’y avait pas d’échanges physiques avec quelqu’un…

Il y avait dans cette tournure quelque chose de familier, et au vue de mes propres pensées, mon appréhension ne faisait que grandir, augmentant le mauvais pressentiment que cela n’engageait rien de bon. Mais de toute façon, que pouvais-je y faire ? Est-ce que j’avais seulement le droit de m’opposer à la décision qu’il prendrait concernant ses relations amicales ? Sa relation amicale avec moi ? Bien sûr que non…

- … Je pouvais bien être qui je voulais.

Nos regards se croisèrent, se fixant l’un dans l’autre. Et c’est là que je commençais à ne plus comprendre où il voulait en venir. Où tout cela allait mener. Pourquoi tourner autour du pot ? Quand on enlève un pansement, il faut le faire d’un coup, c’est plus supportable.

- Je n’ai pas été honnête sur tout… J’ai beaucoup enjolivé la réalité… J’ai sûrement créé le Haru que j’aurai voulu être si je ne manquais pas autant d’assurance… Je…

L’appréhension avait petit à petit laissé place à l’incompréhension, alors que je regardais Haru qui semblait s’effondrer de l’annonce qu’il venait de me faire. Et je restais mutique.

- Désolé.. Tu… Tu es la dernière personne à qui j’ai envie de mentir, et pourtant …

Silence.

- Tu…

Et je laissais soudainement tomber ma tête au creux de mes bras, appuyée sur la barrière. Le visage enfoui, je soupirais bruyamment. Un soupir de soulagement, alors accompagné d’un relâchement de mes épaules.
Je venais de me faire les pires films possibles, et il m’annonçait dramatiquement quelque chose d’aussi futile que ça ! J’avais failli faire une crise cardiaque tellement j’étais nerveuse ! Je croyais qu’il ne voulait plus me parler, qu’il ne voulait plus me voir ! Et ! Et ! Seulement pour CA !
Un léger rire m’échappa, un peu désabusé, et je tournais la tête, toujours posée au creux de mes bras, pour diriger mon regard vers Haru.

Un sourire en coin, empreint de soulagement, d’amusement et d’une touche de tendresse, et je déclarais alors, sans autre cérémonie.

- T’es vraiment un idiot.

Je me redressais alors, et ajoutais, toujours cette même expression tendre sur le visage, maintenant tourné vers la ville.

- Mais je le suis au moins autant que toi pour avoir eu peur de la sorte…

Puis, je me retournais à nouveau vers lui, cette fois-ci, sérieuse, presque solennelle.

- Tu penses que je te tiendrais rigueur pour ce genre de chose ? Ce que je veux dire c’est que…

Pause, les mots me manquaient pour exprimer ce que je désirais.

- Peu importe que tu m’aies dit dans tes lettres que tu étais un extraterrestre, que tu roulais en Porsche ou n’importe quoi d’autre. Pour moi… tu es Haruhiko, et puis c’est tout. Celui qui a répondu à toutes mes lettres sans fautes, qui a été présent dans beaucoup de moments difficiles, qui m’a écouté quand j’en avais besoin.

Un sourire, et je posais fébrilement ma main sur une des siennes.

- Tu ne penses pas que tout ça a plus d’importance que quelques détails s’écartant de la réalité ?

Je retirais alors ma main, par gêne de m’être laissée un peu trop emportée dans mon élan. Les joues roses, j’effleurais légèrement sa peau au passage. Mais qui sait… peut être que ce court contact avait réussi à faire passer le message que je voulais lui transmettre ? Je l’espérais.

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MessageSujet: Re: Nobody said it was easy.   Mer 9 Mar 2016 - 10:57



Un moment, totalement en dehors du temps. Loin de la course folle entre deux aiguilles d’un cadrant, rappelant inlassablement à l’ordre. Loin des mouvements de la foule paraissant si dérisoire dès lors que l’on prenait le temps de le contempler avec plus de recul. De ne plus avoir cette désagréable impression de n’être qu’un fantôme, une décoration dans l’image d’une ville qui se vit sans jamais se voir mourir. Un monde où chaque seconde doit être rentabilisée, où rien n’est laissé place pour l’imaginaire. Loin de tout havre de paix, le repos n’y était que peu permit. Il était alors remplacé à l’ordre d’une doctrine de travail. Ce monde qui marchait à l’envers et en oubliait au final simplement de vivre.
Et ils étaient là. Le regard inlassablement accroché à cette mascarade lointaine. Dans un espace-temps totalement différent. Qu’importait si les secondes se transformaient en minutes, du moment qu’ils se tenaient là, l’un à côté de l’autre. Cette sensation exaltante d’être seuls au monde, maîtres des lieux. Qu’en ce lieu, en cet instant précis, tout était encore possible. En cet instant, il était heureux de partager ce petit bout de secret avec elle. Quelque chose qui n’appartenait qu’à eux. Qu’ils ne partageraient avec personne d’autre. Comme une promesse innocente d’enfants face à leur château-fort.

Alors, lorsqu’elle employa le passé pour dire qu’elle venait autrefois ici, il fut prit d’un curieux mélange de sentiments. Entre la satisfaction qu’elle ait voulu partager tout ça avec lui, même si ce n’était qu’un point d’échappatoire retrouvé dans l’urgence. Et entre une curieuse pointe de nostalgie face à la perte de quelque chose qui était pourtant autrefois important.

- Aujourd’hui, je n’ai plus vraiment… besoin de venir ici.

Son regard s’écarquilla légèrement, se déportant jusqu’à elle. Elle n’en ressentait donc plus le besoin… Soudainement, un milliers de questions vinrent se bousculer dans son esprit. La principale étant : Pourquoi ? Quelque chose avait comblé ce besoin ? Mais il se garda bien de lui poser les questions qui lui passaient par la tête, se réservant ce privilège pour plus tard. Il eut un petit sourire, certainement prit également par ce sentiment de nostalgie bienfaisante. Bien qu’il fut étranger à ce lieu, il pouvait en ressentir toute la magie rien qu’à entendre Naoko en parler. Le moment parlait de lui-même. De nouveau sa contemplation se porta sur Tokyo. Rien ne s’était arrêté depuis le moment où il y avait posé le regard pour la première fois. Tout continuait de vivre, avec ou sans eux. Il s’amusait, inconsciemment, à essayer de suivre une ou deux voitures du regard. Mais rien n’y faisait, tout allait bien trop vite pour qu’il puisse arriver à les suivre.
La ville était belle vue d’ici. Beaucoup plus apaisante, rassurante. L’idée même d’y retourner le lendemain matin pour retourner à Keimoo ne lui faisait guère envie. Contrairement à la capitale, la ville où il étudiait était bien moins étouffante. Naoko devait s’y trouver bien mieux, elle aussi. Son regard vint se poser sur elle à nouveau, par cette envie indescriptible de pouvoir se saisir de toutes ses expressions qu’il n’avait jusque là que pu supposer entre quelques lignes et ponctuations. Lorsqu’il vit que cet échange fut réciproque, il sourit. Tout simplement.

C’était sans compter la fabuleuse façon dont avait Naoko de toujours mettre les pieds dans le plat. De toucher du doigt les points sensibles avec toute l’innocence dont elle pouvait faire preuve. L’instant des regrets le reprit de plein fouet, pesant sur ses épaules. Son regard fuyait l’éventuelle accusation fantasmée. C’était l’occasion, celle de tout remettre à plat. De commencer à devenir réellement la personne qu’il souhaitait être. Avec qui d’autre que la jeune fille pouvait-il se permettre cela ?

- Tu…

Il déglutit difficilement, surtout après avoir vu qu’elle avait relâché sa tête entre ses bras. Etait-elle déçue ? Commençait-elle à faire le lien entre tous ces fichus petits mensonges et la réalité qu’elle fréquentait depuis cette punition au jardin ? Allait-elle partir ? Le laisser ici avec ses regrets comme il le mériterait sûrement ? Ou allait-elle simplement le frapper à nouveau ? Lui cracher au visage toute sa déception ?

Non. Elle ne fit rien de ça. Elle rit.

Il resta stupéfait et interdit, se demandant comment il devait prendre cela. Doucement, il se redressa sur son appui afin de rendre la position plus confortable pour son dos.

- T’es vraiment un idiot.

Un parfait abruti. Le Roi des Imbéciles. Le lauréat numéro un dans la liste des candidats. Son regard le transcenda encore une fois. Cette couleur si particulière dont il trouvait les reflets chaque fois un peu plus beaux. Différents suivant les expressions qu’elle laissait apparaître, ou suivant la luminosité du lieu. Ce regard était loin d’être assassin ou accusateur. Il y décelait toute la douceur d’une femme.

Pensait-il qu’elle allait lui en tenir rigueur ? Bien évidemment que oui ! S’il s’en tenait rigueur pour lui-même, pourquoi n’aurait-elle pas fait de même ? Encore une fois, il était pendu à ses lèvres, guettant chacun des mots qui voulaient bien en sortir.

Elle trouvait toujours indéniablement les mots.

Dès lors qu’il se perdait, qu’il se mettait à trop réfléchir et à se noyer dans trop de maux. Dès qu’il partait, il était souvent impossible pour lui de remonter à la surface. Naoko lui tendait une main et soudainement, il était à nouveau capable de nager. Cette inébranlable logique dont elle faisait preuve le frustrait tellement, il devait se raviser, admettre qu’elle avait raison. Comme souvent. Mais jamais il ne se passerait de ces moments de lucidité qu’elle lui renvoyait.
Sa main vint se poser doucement sur la sienne. Si bien que son regard tomba pour en avoir le visuel. Un contact bref mais délicat qui réchauffa son cœur. Sa main lui envoyait des picotements plus qu’agréable. Elle lui souriait. De bon cœur, empli de toute la pureté qu’il estimait souvent ne pas mériter. Et pourtant elle lui offrait. Il se senti démuni, comme déchargé d’un fardeau dont il était l’unique créateur. Etrangement, il était plus léger. Son buste s’affaissa et il trouva la même position qu’elle avait adopté précédemment, la tête entre les bras. Il se sentait diablement bête. Il était un parfait imbécile, elle avait encore raison.

- Merci… Milles fois merci.

Il sourit. Milles merci étaient peut-être un peu trop et à la fois tellement peu. Car il ne remerciait pas qu’elle. Il remerciait la destinée de lui avoir permit de la rencontrer. De cette erreur de courrier qui avait rendu tout cela possible. De cette audace, d’une réponse inattendue voir même inappropriée. De cette simple impulsion par laquelle avait débuté une si belle amitié.
Alors, il voulu être un peu égoïste. La tête toujours caché dans ses bras, il laissa glisser l’un d’eux en dessous de l’autre pour laisser passer sa main en direction de la jeune fille, paume vers le haut. Lorsqu’elle rencontra enfin la sienne, il émit une légère impulsion, soulevant la main de Naoko de la barrière pour l’avoir dans la sienne. Au même moment, son regard qui s’était lui aussi attendri, se redressait jusqu’à elle. Ses joues étaient légèrement rouges, mais pas de timidité. Transcrivant plutôt cet état de béatitude dans laquelle il nageait présentement.

- Comment tu fais pour avoir toujours raison ?

Il soupira, gardant son sourire.

- Je me prends trop la tête parfois… Mais ça je ne pense pas que ça soit nouveau pour toi.

Il rit un peu.

- Malgré le fait que ça ait sûrement une moindre importance… Je tenais quand même à m’excuser.

Sa main resserra légèrement la sienne, appuyant la sincérité de ses propos. Alors, il se redressa, comme prit d’une inspiration nouvelle. S’écartant de la barrière, il relâcha sa main et recula d’un demi-pas, redressant le buste.

- Je me présente, Haruhiko Nakamura. J’ai 19 ans et je suis étudiant à l’Université de Keimoo en section Sport. Ravi de vous rencontrer !

Puis, pour conclure à son intervention théâtrale, il salua son public composé d’une unique personne. Il se redressa en riant, certainement fier de son imbécilité du moment. Au moins, il avait remit les choses à plat.


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MessageSujet: Re: Nobody said it was easy.   Jeu 10 Mar 2016 - 0:40



- Merci… Mille fois merci.

La tête au creux de ses bras, mon regard ne le quitta pas. Je souriais doucement, plissant les yeux dans une moue amusée. Mille fois, c’était peut-être, sûrement même, un peu trop. Je ne me considérais pas avoir fait grand-chose. Je n’avais littéralement pas fait grand-chose. Et même si le fait de m’avoir menti sur certains détails le rongeait de culpabilité, me remercier autant n’était pas vraiment nécessaire. D’autant que je considérais personnellement que ce pour quoi il s’en voulait tellement était définitivement anodin.

Enfin, j’acceptais tout de même les remerciements. Après tout, ils signifiaient que mes mots, quelques part, avaient eu l’effet escompté. Que mes sentiments avaient bien été transmis. Et c’était là le principal. Le soulagement qu’il affichait me confirmait qu’un poids s’était soulevé de ses épaules. Sans vouloir être un peu trop vantarde, je pensais quand même pouvoir estimer que j’en étais en partie responsable. Et au fond, je ne pus m’empêcher de m’en sentir un peu fière. Et soulagée, aussi. Etrangement, le fait d’avoir pu apaiser ne serait-ce qu’un peu l’un de ses conflits internes me donnait l’impression d’apaiser les miens. C’était une sensation bizarre, un peu comme une… connexion ? Quelque chose comme, s’il n’est pas heureux, comment je pourrais l’être ? Quelque chose comme ça… Et je n’avais aucune idée d’où ça venait. Haru était la première personne pour qui ça me le faisait. Bien sûr, si l’un de mes autres amis n’était pas bien devant mes yeux, j’en serais triste aussi. Mais… c’était différent, même si je n’arrivais pas encore à poser le doigt sur cette disparité.

Toujours était-il que j’étais tellement prise dans mes réflexions que je ne vis pas arriver la tentative d’approche de Haru. Si bien que quand sa main toucha la mienne, je tressaillais légèrement de surprise. Je clignant des yeux, ne comprenant pas vraiment la cause de ce contact soudain. Pas que cela était désagréable, du tout même. Baissant les yeux sur ma main qu’il avait pris au creux de la sienne, je me laissais faire, les joues rougissant de plus en plus, à vue d’œil.

Il ne me semblait pas qu’il faisait aussi chaud, tout à l’heure.

Puis nos regards se croisèrent. Et son regard. Grand dieu, son regard ! Je détournais rapidement la tête, sentant mon cœur qui voulait s’échapper de ma poitrine tellement il battait fort. Et ce n’était plus seulement mes joues qui étaient rouges, mais mon visage entier. Franchement, je crois que j’allais mourir avant a fin de la soirée d’une overdose d’émotions. Comment c’était possible d’être aussi… aussi... ! Je crois qu’on pouvait décerner à Haru le prix des attaques surprises terriblement efficace. Ah, est-ce que ça voulait dire que c’était devenu une de mes faiblesses ?

Je soufflais alors, tentant de reprendre un peu mon calme, chose qui ne fonctionna que -trop- peu. Même s’il avait un peu décéléré, je pouvais toujours le sentir battre la chamade dans ma cage thoracique. Mes oreilles étaient brûlantes, et je n’aurais pas été contre enlever complètement mon manteau tellement ma température corporelle était élevée. Et pourtant, à aucun instant l’envie ni la pensée de retirer ma main de se poigne ne traversa mon esprit.

- Comment tu fais pour avoir toujours raison ?

Je me retourne vers lui, affichant une mine surprise en plus de la timidité ayant fait surface auparavant. Timidité qui, bien sûr, s’attaqua à mes mots :

-J-je n’ai… E-enfin, j-j-je me trompe aussi p-parfois…

Tu parles d’une évidence, je n’avais rien trouvé de mieux à répondre. Et je n’avais même pas réussi à parler correctement, à cause de ces bégaiements stupides. Bien sûr que je me trompais parfois. Pour ne pas dire souvent. Mais c’était le lot de tout le monde, pas vrai ?
Me retournant, je soufflais alors une seconde fois, sentant cette fois-ci que je reprenais un peu plus possession de mon corps et de mes moyens. Un peu tard pour ne pas me ridiculiser, cependant. Haru soupira, et j’eu peur un instant que ses mots ne le fasse se culpabiliser à nouveau. Mais il eut l’air de bien le prendre, puisqu’il ria légèrement après ça. Et moi, je souriais bêtement, sans m’en rendre compte, préférant ne rien ajouter. Mon regard fila jusqu’à nos mains, l’une dans l’autre, et je me suis senti d’un coup complètement calme. Rassurée.
L’étreinte se resserra en même temps qu’Haru m’offrait à nouveau des excuses. Les je-ne-sais-combientième de la soirée. J’avais arrêté de les compter, et même si les autres n’avaient été que l’expression d’un regret, celle-ci prenait un tout autre sens. Je relevais la tête, souriant doucement.

- J’accepte tes excuses. Comme ça on peut… recommencer sur de nouvelles bases, mh ?

Et le contact fut rompu. Sa main avait abandonné la mienne, et peu importe le chamboulement que cela avait créé tout à l’heure… Cela me dit l’effet d’un vide. Pourtant, j’avais moi-même rompu un contact similaire, et cela ne m’avait pas procuré cette sensation de… non-complétion. Sur le coup, j’eu envie de le retenir. Et je ne comprenais pas. Mais pas le temps de me perdre dans des réflexions trop intenses dont, de toute façon, je n’avais pas la réponse. Haru avait lâché ma main, et, là, devant mes yeux, d’un air presque officiel, il se mit à se présenter. Comme les introductions en début d’année lorsqu’on est au collège, ou tout la classe y passe.

Je le fixais, et, ne pouvais plus me retenir, je me mis à pouffer de rire, ramenant ma main à ma bouche dans une tentative de cacher l’hilarité naissante sur mes traits. Mais je fus rejoint par le présenté en personne, et nous nous sommes mis à rire de concert, légèrement.
Essuyant un début de larme au coin de mon œil, je reprenais mon souffle, le sourire toujours aux lèvres.

- C’était quoi ça exactement ?

Je pouffais à nouveau, me remémorant la scène qui venait de se dérouler sous mes yeux. Toussant légèrement pour reprendre de l’aplomb, je demandais alors, peu sûre :

- Je… Je dois le faire moi aussi… ? Mmh…

La dernière fois que je m’étais présentée de la sorte remontait à bien longtemps, et à chaque fois, je me débrouillais pour que ça soit le plus rapide possible. Autant dire que, je n’étais pas vraiment à l’aise. Je tentais de regarder Haru, mais, me sentant trop observée et gênée, je détournais les yeux. Raclement de gorge :

- T-Tanaka Naoko. J’ai… J’ai 18 ans aujourd’hui et… Hum… Je suis en dernière année à Keimoo aussi. Enfin… dernière année de lycée… Mh… C’est tout ?

Je relevais le regard vers Haru, sentant mes joues rougir.

- Ravie de te rencontrer aussi.

Tu parles d’un exercice gênant ! Bien loin du côté comique de sa présentation, la mienne avait plus l’air d’une humiliation publique, et je rougissais de honte devant mon incapacité chronique à faire les choses bien dès qu’on me portait un minimum d’attention.
Well, au moins, c’était juste devant Haru. Tant que c’était lui, ça ne me dérangeait pas tant.

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MessageSujet: Re: Nobody said it was easy.   Dim 3 Avr 2016 - 23:41


- J’accepte tes excuses. Comme ça on peut… recommencer sur de nouvelles bases, mh ?

Que dire de cette nouvelle si ce n’était la meilleure de sa journée ? Elle venait, avec ça, de lui retirer le fardeau qu’il s’était imposé tout seul au fil des années. Il lui sourit, heureux comme jamais. Il n’avait désormais plus à craindre de perdre la personne qu’il estimait le plus. Alors, prit d’un élan nouveau, il se présenta à elle comme si c’était la première fois. Comme il aurait déjà dû le faire certainement ce jour de punition qu’ils avaient passé ensemble.
Alors, il l’entendit pouffer de rire. Il ne put se contenir plus, l’accompagnant dans son geste. Il avait conscience que ce qu’il lui avait offert était parfaitement ridicule. Digne des plus gros clichés et bien peu représentatif. Mais qu’importait du reste, puisqu’elle savait déjà tout ? Là était toute la question. Il ne savait même pas ce que c’était ça.

- J’sais pas…

Il se mit à rire de plus belle. Non, il ne savait vraiment pas. Mais qu’importait ! Il riait de sa propre bêtise du moment. Ce fut au moment où elle toussota légèrement se redressant, qu’il comprit. L’exercice allait être partagé ! Cela lui fit plaisir, tout bonnement. Echanger un moment de rire avec elle était déjà un cadeau qu’il n’avait espéré avoir en arrivant, alors la voir participer intégralement à ce petit jeu qu’il avait instauré était d’autant plus plaisant. Alors, il se rapprocha de quelques pas, lui souriant toujours.

- Je peux t’appeler par ton prénom, Tanaka-han ?

Son sourire se fit moqueur, complice. Bien évidemment que depuis des années il l’appelait déjà Naoko. Mais cette fois-ci, c’était différent. Cette personne qu’il avait rencontrée l’été dernier, il l’avait appelée Tanaka-han. Bon, faute de savoir son prénom… Mais par mesure de respect, il ne l’avait pas questionné plus. Maintenant que les choses étaient différentes, il voulait sauter les étapes, tout en gardant la forme. Aussi loin que ses souvenirs remontent, il lui était impossible de se rappeler comment et à partir de quand il avait commencé par l’appeler Naoko et non plus Tanaka.

- Tu n’as toujours pas ouvert ton cadeau, au fait !

Il prit une grande inspiration, le regonflant de courage. A vrai dire, la peur qui l’assenait jusque là avait totalement disparue. Comme s’il s’était défait de sa carapace l’emprisonnant de tous ses maux.

Il était tellement dans son petit monde qu’il en oubliait l’aiguille assassine qui passe. Emportant avec elle le présent, le conjuguant au passé. L’heure tournait et ce moment festif qui n’existait que pour eux allait prendre fin tôt ou tard. Il ne voulait pas que ça s’arrête. Il aurait voulu pouvoir stopper le temps, le rendre malléable. Etendre à l’infini ces onces de bonheur, les multiplier. Seulement, à vivre dans la peur que ce moment présent se termine, il en oublia qu’un millier d’autres pouvaient maintenant les attendre au détour de leurs rencontres.

Il profiterait de chaque seconde. Parce qu’il ne voulait plus en perdre aucune, à ses côtés.


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MessageSujet: Re: Nobody said it was easy.   Mar 12 Avr 2016 - 4:20



- Je peux t’appeler par ton prénom, Tanaka-han ?

J’écarquillai les yeux, en même temps qu’une bouffée de chaleur m’envahit. Je me figeai sur place, rouge de la tête au pied face à cette question incongrue, mais posée de manière tellement innocente que cela m’avait totalement déstabilisée.
En soi, l’important n’était pas tant dans la question elle-même, mais plus par ce qu’elle pouvait signifier. Pour les japonais, appeler quelqu’un par son prénom était signe d’une proximité certaine. Je faisais souvent fi des conventions, d’autant plus à l’académie, qui était cosmopolite par son mélange d’étudiants de diverses nationalités, ce qui profitait à un assouplissement des principes sociaux. Mais je n’en demeurais pas nippone pour autant. Et l’emploi du prénom au lieu du nom de famille gardait cette valeur symbolique, surtout lorsque c’était demandé aussi solennellement.

D’autant qu’ici, la situation prenait un double sens. Pour sûr, la réponse allait être évidente, au vu de la relation que nous entretenions. Mais en quelque sortes, laisser tomber mon nom, cette manière si particulière de m’appeler revenait à faire définitivement table rase de ces malentendus. De les dépasser pour de bon. De se côtoyer en tant que correspondants de longue date, en tant que meilleurs amis et plus seulement en tant que camarade au détour d’une punition.

Alors forcément, lorsqu’on prenait en compte ces paramètres, et qu’on y ajoutait en plus cette expression complice, enfantine et infiniment douce qu’il affichait à ce moment… Eh bien, mon cœur ne put s’empêcher de s’emballer. Quelque part, dans les recoins étranges de mon imagination, cette demande était symbolique de beaucoup d’autres choses… Et entre nous, son sourire était vraiment… Ah, comment voulez-vous que je reste de marbre ?! Impossible. Tout aussi impossible que de répondre à ça de manière calme et posée. Et je détournais les yeux, beaucoup trop gênée pour affronter les siens que je savais qu’il me détaillait.

- B-b-bien sûr… Q-quelle q-q-question.

Je soufflais, honteuse de moi-même d’être incapable d’aligner trois mots sans bégayer. J’étais ridicule, à être timide, intimidée de la sorte pour pas grand-chose. Et pourtant, à chaque fois que ce côté gauche de ma personne ressortait, rien dans ce que pouvait montrer Haru ne me disait qu’il trouvait ça risible, stupide, ou déplaisant. En un sens, ça me soulageait, un peu. Même si ça n’effaçait pas mon envie d’aller me cacher lorsque mon embarras prenait le dessus.

Pour tenter de me calmer un peu, je pris une inspiration et fourrais mes mains dans les poches de mon manteau. L’une d’elle rencontra quelque chose de dur, et c’est au même moment qu’Haru eu une illumination, se souvenant de l’objet en question, qui m’était aussi complètement sortie de l’esprit, avec tout ça.

- Ah, oui, c’est vrai.

Je sortais alors précautionneusement le paquet de ma poche. Je l’observais un instant, n’osant pas l’ouvrir. A cet instant, je me sentais vraiment gâtée. Après tout, j’avais déjà reçu un premier cadeau, et j’étais déjà amplement comblée. Au final, cette soirée qui ne s’annonçait pas sous de meilleurs hospices avait permis de démêler les nœuds d’une pelote compliquée, et ce, sans encombre. Si on ignorait mes larmes, et un coup de poing. Je grimaçais à cette pensée, et avec du recul, je me sentais quand même coupable d’avoir agis de la sorte. J’aurais pu trouver une autre manière de faire parvenir mes sentiments. Même si sur le coup, tout était trop embrouillé pour que je pense de manière cohérente et que je trouve la meilleure solution.

Toujours était-il que je me retrouvais avec un second cadeau, peu sûre de le mériter, mais en même temps plutôt impatiente de savoir ce qu’il contenait. Comme une gamine au pied du sapin le jour de noël. Alors, doucement, mon doigt glissa dans une fente du papier cadeau pour décoller le scotch qui le tenait. Papier qui laissa place à une petite boite cubique en carton, dont le contenu était toujours un mystère. Prenant mon temps, j’ouvris donc le contenant, et me saisit de la ficelle pour contempler pleinement l’objet qui était à l’intérieur. C’était une sorte de boule décorative transparente, contenant une fleur.

Tenant l’objet devant mon nez, je restais bouche bée pendant de longue seconde, complètement absorbée par la contemplation de l’objet qui tournait et retournait doucement sur lui-même. Le regard brillant semblable à celui d’une enfant qui va pour la première fois à Disneyland, j’ai du mal à me détacher de la boule, mais fini par le faire pour me tourner vers Haru.

- C’est super joli, merci !

Je lui souris alors, innocemment, les yeux plissée dans une expression ravie. Il aurait fallu être aveugle pour ne pas voir que le cadeau me plaisait, vu que c’était écrit partout sur ma figure. D’ailleurs, à la seconde d’après, j’étais reprise à l’observation de l’objet, sous tous ses angles. Je fini cependant par le ranger, le glissant au creux de sa boite pour ne pas qu’il s’abime, et au fond de ma poche pour être sûre de ne pas l’oublier ou le faire tomber.

C’est le moment que choisi Cookie pour revenir à mes côtés, étant manifestement parti en aventure dans les buissons au vu des feuilles et branches qui s’étaient coincées dans son pelage crème. M’accroupissant, je commençais à l’en débarrasser. Occupée à déloger une brindille emmêlée dans une touffe de poils, je murmurais alors, jetant un regard vers Haru.

- Tu m’as vraiment gâtée cette année. Il ne fallait pas.

Je souriais doucement, me saisissant d’une feuille, puis, voyant l’ampleur de la tâche, abandonnant pour le moment. Il attendrait d’être à la maison pour être brossé et débarrassé de tout ça. Gratouillant l’animal au niveau de la gorge, je gratifiais alors Haru d’un sourire en coin, malicieux.

- Attends-toi à recevoir la pareille pour ton ann… Ah.

J’avais été coupée par la sonnerie de mon téléphone, bruyante. Prenant l’appareil dans une main alors que je me redressais, je pouvais voir s’afficher sur l’écran le nom et la photo de ma mère. Je jetais un regard désolé à Haru, hésitante, et me décidais à décrocher, une pointe de regret au fond de la gorge. Je savais très bien ce que cet appel signifiait, et c’était à contrecœur que j’acceptais de le prendre.

« - Allô ?
- Nao-chérie, tu es où ?
- Euh... d-dans le quartier.
- Rentre vite alors. Ton père, ta sœur et moi on t’attend pour manger. En plus, il est tard, j’aime pas te savoir toute seule dans les rues à cette heure.
- Je suis pas toute seule… Ya Cookie.
- *soupire* On t’attend, d’accord ? Fais vite. A tout de suite ! »

Elle avait raccroché, et j’avais le cœur gros d’annoncer à Haru que je devais partir. J’aurais voulu passer plus de temps avec lui. Discuter de tout et de rien. Profiter encore un peu. Ce moment passé avec lui avait été riche en émotion, mais me paraissait aussi tellement court. Si seulement j’avais plus de temps. Je baissais les yeux.

- Je… Je dois rentrer.

Je soufflais, n’osant pas rencontrer le regard de Haru alors que j’accrochais la laisse de Cookie à son collier. Comme on dit, toutes les bonnes choses ont une fin. Et même si dieu seul savait à quel point je n’avais pas envie de partir, je m’y résignais. C’était ça, où j’allais avoir des ennuis qui au final, aurait sûrement été pire. Déjà que j’avais été débarrassée du bodyguard qui me suivait h24. Je n’avais pas particulièrement envie que mon père me l’impose une nouvelle fois en tant que punition et surveillance.

Soupire, et sans un mot, je commençais à emprunter le chemin du retour, Cookie d’un côté et Haru de l’autre. Le chemin fut plus long qu’à l’aller, et je me sentais presque inconsciemment ralentir, marchant le plus lentement possible. Comme pour retarder l’inévitable. Maintenant que j’étais calmée, j’eu un frisson au premier coup de vent, et me décidai à remettre mon écharpe. Mon regard fila jusqu’à Haru, avant de s’en détourner dans la direction opposée. Un murmure.

- Merci d’être venu jusqu’ici. Je…

Mes pupilles vinrent chercher les siennes, et je le fixais un instant, sérieuse. Et un sourire.

- Je suis contente que tout ça soit tiré au clair.

Tant de malentendus pour si peu, qui auraient pu être évités si simplement. Et pourtant, tout s’était emmêlés et nous avions totalement perdu le contrôle, pris tous les deux dans nos propres conflits, dans nos propres problèmes. Dire qu’il n’avait fallu qu’une soirée pour régler tout ça. Une soirée trop courte.

Et déjà nous arrivions au square où nous nous étions rejoints. J’eu un pincement au cœur, sans exactement savoir pourquoi.

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MessageSujet: Re: Nobody said it was easy.   Ven 29 Avr 2016 - 22:12




Quelle question… Une tonalité si banale et qui pourtant signifiait tant. Une demande de rien du tout, signant pourtant la fin d’une étape importante. Elle lui avait donné son accord, c’en était finit. Plus de quiproquos, plus de malentendus. En cette question solennelle, Haru était devenu Haruhiko. Il avait la chance d’avoir sa meilleure amie à ses côtés… Pourquoi ne s’était-il pas simplement dit ça dès le début ? Pourquoi s’était-il prit la tête avec tant de doutes, de remontrances et de questions ? Les choses auraient pu être tellement plus simples. Si seulement… Il secoua légèrement la tête. Il devait arrêter de songer aux Si qui refaisaient le monde.

Ne pouvait-il pas se contenter de la chance qui s’offrait à lui ?

Lorsqu’elle se souvint de l’existence du cadeau, le cœur du jeune homme tambourina plus violemment dans sa poitrine. Il était à la fois apeuré et excité par ce moment. C’était la première fois qu’il pouvait voir Naoko déballer l’un de ses cadeaux. De nombreuses années s’étaient contentées de colis livrés et de messages de remerciements. Lorsque son doigt vint de glisser sur la fente du papier, il retint sa respiration. Les moments de doutes. Est-ce que cela allait lui plaire ? Est-ce que ce n’était pas trop ? Pas assez ? Le temps paraissait long. Soudainement bien trop long. Il était totalement suspendu à ses gestes, dans l’attente d’une réaction.

- C’est super joli, merci !

Et là… Et là…

*Badoum. Badoum.*

Il sentit une violente montée de chaleur lui prendre tout le corps, si bien qu’il eut l’impression d’avoir les joues en ébullition. Son sourire venait littéralement de le clouer sur place. Sa langue était liée, perdue dans ce surplus d’émotions qu’il ne contrôlait plus. Alors, il cacha sa gêne du revers de sa main, détournant le regard. Pourquoi diantre lui faisait-elle cet effet ? Pourquoi diable devait-elle être aussi jolie, habillée de ce sourire qu’il trouvait si doux ? S’il avait été sur un ring de boxe, c’eut été un K.O total. Ce fut l’arrivée de Cookie qui lui permit de calmer un temps soit peu ses pulsions nouvelles, reprenant sa respiration.

- N-non, il… Il ne fau…

Une sonnerie de téléphone retentit, ne lui laissant pas terminer sa phrase. Comment ça, il devait recevoir la pareille pour son anniversaire ? Ce n’était pour lui pas nécessaire. A vrai dire il n’offrait jamais en attendant quelque chose en retour… Cookie, voyant que sa maîtresse était occupée avec son coup de téléphone, en profitant pour venir quémander des caresses auprès des mains libres du moment. Haruhiko s’agenouilla à son tour et vint flatter l’animal, lui souriant. Quelle drôle de sensation… Il se sentait encore toute chose rien que part un simple sourire. Seulement ? Non… Son regard. Son expression. Il avait l’impression d’avoir été frappé en plein cœur. Pourtant, bien qu’hautement gênant, ce n’était pas… Désagréable.
Il n’écouta que distraitement la voix de Naoko qui s’adressait à son interlocuteur du moment. Dans le quartier… Sûrement quelqu’un de sa famille. C’était son anniversaire après tout… Peut-être la retenait-il  un peu trop tardivement… Son estomac se noua légèrement. Etait-ce réellement du remord ? N’était-ce pas tout simplement car cet appel avait une toute autre signification ?

C’était bientôt la fin d’une belle rencontre…

Et les mots tombèrent. Elle devait rentrer. Une indéniable fatalité à laquelle il ne pouvait se déroger. Il regretta quelques instants d’être arrivé si tard. Auraient-ils pu passer l’après-midi ensemble, s’il ne s’était pas perdu ? Peut-être… Encore un millier de suppositions sans réponse. Tant pis. Il fallait lâcher prise. Le passé ne pouvait être changé.
Acquiesçant d’un mouvement de tête, ils reprirent le chemin inverse, escortés par Cookie. Son cœur était lourd, il avait un goût inachevé en bouche. Et cette indicible envie de rester encore avec elle. Cette chambre à Tokyo qui l’attendait ne lui faisait guère envie. Il soupira légèrement. Au moins, ils avaient pu discuter. Il avait pu la voir et profiter d’un maigre instant en sa compagnie.

- Merci d’être venu jusqu’ici. Je…

Lorsque sa voix brisa le silence, son regard accrocha le sien. Il lui sourit. Elle n’avait tellement pas à le remercier. Il ne dit mot, mais on regard en disant long. C’était un plaisir pour lui d’avoir pu accomplir tout ça, à tel point que des remerciements lui semblaient bizarre. Il avait plutôt envie de la remercier elle, pour toute sa tolérance. Alors qu’il allait ouvrir la bouche pour répliquer, elle reprit parole.

Un nouveau sourire fendit ses lèvres.

- Moi aussi. Je suis content de savoir qu’on est pas si loin l’un de l’autre.

Malgré le fait que ses pas étaient lents, le square fit son apparition bien trop vite. Il vit l’entrée du portail et la statue d’Hachiko pointant le bout de son nez dans son champ de vision. Il s’arrêta, redoutant le moment. Regardant droit devant, comme si le chemin se dessinant dans l’obscurité était le début de cette fin…

- Je…

Son regard se détourna jusqu’à elle. Elle et elle seule. Il prit une grande respiration.

- Je voulais aussi te dire merci. Je dois t’avouer que je ne sais pas comment j’aurai réagi si… Si j’avais perdu ce que nous avions.

C’était une façon égoïste de voir les choses, il le savait. Mais il n’osait même pas imaginer ce que l’impact aurait eu sur lui. Imaginer une seule seconde sa vie sans sa présence était… Bien trop étrange. C’était comme si on essayait de lui retirer une part de lui-même.

- Allez, va. Ils doivent t’attendre !

Il fallait qu’elle parte. Ou il ne pourrait plus la laisser partir. Il se connaissait. S’il n’avait qu’à écouter cette petite voix en lui, il lui aurait attrapé la main et il serait parti en courant. Comme tout à l’heure. Sans destination. Avec l’objectif seul de l’avoir pour lui égoïstement encore plus longtemps. Mais il ne pouvait pas.
Alors, lorsqu’elle engagea son retour jusqu’à chez elle, il attendit. Puis redressant son sac sur son épaule, il soupira. Ce chemin obscur se dessinant face à lui ne lui faisait guère envie. Et pourtant, il s’y engagea. Le cœur lourd. Et de sa main gauche, il pianota quelques mots.

To : [Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien]
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Heure : 19 :22

Je suis vraiment heureux d'avoir été à ta rencontre... A lundi.  A27
Haruhiko.

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