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The Future is like a puzzle with missing pieces: difficult to read, and never, never what you think.
 
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 Ce qu'il reste de la folie

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Yui Valentine
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MessageSujet: Ce qu'il reste de la folie   Sam 12 Déc 2015 - 21:34

Ce qu’il reste de la folie
Alexa - Yui

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Il entendait Silence lorsqu’ils parlaient, il entendait des voix lorsqu’ils se taisaient. Il n’y avait pas de conversations substantielles dans sa chambre aseptisée, pas de tonalité capable de s’accorder à la tessiture de ses visions sonores, pas d’imaginaire capable de partager son monde. On lui avait fait comprendre qu’il revenait de loin, d’où ?, -personne ne le savait, personne peut être à part sa conscience, quelque part loin, loin camouflé dans les recoins qu’il n’avait plus envie de chercher. Revenant d’un autre univers, il savait que le temps passait et le laissait passivement s'égarer hors de sa portée; mais on commença à le solliciter pour des petits gestes insignifiants de la vie, et ce, de plus en plus. Valentine, tu m’écoutes ? Yui, tu as faim ? Est-ce que tu te souviens de ce que j’ai dis au moins ? Yui ? Monsieur Valentine, vous pouviez me répondre hier, le pouvez vous aujourd’hui ? Monsieur, Eliott, Yui, Valentine. Echo, écho, écho.

Leitmotiv.
Et encore.

Et il finit par y répondre, lassé d’entendre les mêmes choses.
De toute façon, ici, ça sentait le malsain, la maladie, les travers de la vie.


Comme s’il n’y avait eu qu’une seule voie pour contenir toutes ces vies.


Et c’est sur cet état d’esprit que bien plus tard, un jour vers la fin de son séjour, arriva une voisine. La veille de son dernier jour à vrai dire. Il était penché sur la fenêtre de cette pièce, la vitre presque venue s’appuyer contre son front, si proche qu’il sentait la fraicheur de l’extérieur sur sa tête, si proche qu’il aurait pu passer au travers. Il voyait ce paysage sans couleur défiler devant ses yeux, dehors était là mais trop loin de sa portée, et ses yeux voyaient ce que le monde ne percevait plus, -si un jour leur avait été donné de percevoir cette quintessence. Debout sur une barque invisible, dérivant dans un fleuve inexistant, Yui Valentine en avait fait l’aller-retour, bien que le retour lui soit resté gravé dans la mémoire avec chacun des détails venant s’ajouter au fur et à mesure de sa progression flottante. Il revenait de bien loin, ce n’était pas faux, et des paysages, il en avait vu. Le brouillard se lève, Valentine a fini par effacer la buée devant ses yeux. Sonoko, l’aide soignante lui ayant glissé furtivement des mots qui n’atteindront pas le champ de sa compréhension, Yui a fini par se détourner de son poste d’observation pour laisser ses pas hasarder dans les recoins du bâtiment. Rêver les yeux ouverts ou les yeux fermés, ça revenait de même au final. Avec les nuisances des êtres environnants en moins.

Ça lui allait ainsi. Le reste, n’était que secondaire. Pas besoin de s’en faire pour un temps qui s’écoule malgré lui, pas besoin de faire attention davantage qu’au strict minimum exigé. Ça n’allait pas à tout le monde, mais ce genre de futilités ne faisait plus partie de lui et ainsi passait un jour, puis un autre. Du vide et du non sens.

Son regard distrait s’arrête alors sur une silhouette qu’il ne remarque que beaucoup trop tard, là, dans cette salle. Ses lèvres se sont resserrées, il laisse plusieurs instants se ciller pour s’accoutumer à ce nouveau visage pâle et il a fini par murmurer une salutation, avant de sortir de la chambre comme si de rien n’était.

Était ce ça que Sonoko lui avait dit ce matin ?

Il s’est arrêté sur le cadran de l’entrée pour se retourner à nouveau. Après tout, ces derniers mois, Mirage pouvait s’avérer aussi réel que fictif. Il ne le savait jamais à l’avance.

Silence s'est installé et alors, chuchotis ont repris leur règne. Dans un sens, il lui tardait de quitter ces lieux pour mieux les entendre.
Et les écouter comme un être sans raison.

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MessageSujet: Re: Ce qu'il reste de la folie   Dim 13 Déc 2015 - 14:29

"Peut importe ce qu'elle contiennent, il paraît que les bulles remontent toujours à la surface"

Ce qu'il restait à savoir, c'était si les dernières bulles d'air porteuses de vie remontaient plus vite que les autres. Et lorsqu'elles éclataient, délivraient-elle dans l'atmosphère cette existence envolée? Étaient-elles le char de l'âme s'échappant du tombeau de corps sombrant, afin que les dernières pensées puissent rejoindre le monde des Idées.
Ou bien les dernières bulles fragiles et difformes n'offraient au monde que les dernières particules rejetées des poumons. Quelques milligrammes de dioxydes carbonés qui iraient se disperser dans une grande atmosphère, un jour saturée. Portées par les vents et les autres éléments, ces dernières traces de vie retrouveront leur cycle, de nouveaux absorbées pour renaître chez d'autres êtres…
Encore fallait-il que quelque chose puisse remonter à la surface des eaux profondes. Pour Alexa, ses dernières bulles d'air auraient put être plus légères que l'oxygène lui même, elles étaient restées étouffées par les millions de gouttelettes d'eau de la mer salée. Son corps lui même avait refusé de lutter. Paralysé entre les bras de l'eau gelée, elle s'était vue couler. Sombrer. Plus bas encore, plus profond toujours, infiniment plus obscurs…
Elle n'avait pu que regarder le ciel, la vie s'éloigner, la chaleur la quitter. Son corps avait été remonté, mais elle avait l'impression que sa conscience y était restée. Emprisonnée des flots. Perdue dans les eaux.

Et puis il y avait eu l'hôpital. Réveil brutal. Trop de blanc, trop de lumière. Les yeux bleus éblouis avaient refermés leurs paupières. Poupée de chiffon, elle s'était laissée guidée à travers les couloirs, les dédales de murs pâles aux malades et blouses blanches bien repassées, croisées en coup de vent. Une bande de fantôme transparents. Alexa n'y prêta aucune attention. Elle marchait en vain, amenée jusqu'à sa chambre par le bras de ses parents. Ou de parfaits étrangers. Ça aurait pu être une infirmière, elle ne l'aurait même pas remarqué. Le corps était présent. L'esprit restait absent. Éternel vagabond, dilué dans les flots, évaporé de nouveau. Alexa voyageait parmi les nuages de coton, les idéaux, les représentations. Céleste épopée, liberté retrouvée, elle avait quitté ce monde terne à la recherche de la couleur du soleil. Dans ce monde blanc, elle n'avait plus de repères. Dans cette robe claire, elle avait froid. Même l'odeur était désagréable. L'alcool aseptisant envahissait ses narines, comme un barbare piquant, une fausse purification qui lui brûla les poumons.

Alexa toussa. L'infirmière s'approcha. "Mademoiselle, est-ce que ça va ?" Alexa ne répondit pas. Elle fit encore quelque pas. Et doucement se coucha. Blottie dans les draps.

Les allées et venues commencèrent, et restèrent floue. La lumière voilait la pièce d'une lueur blafarde. Comme un filtre pour la garder dans l'illusion. Les silhouettes s'approchaient, quelques paroles lui parvenaient. Elle avait écouté, pourtant, d'une oreille encore vivante, les conversations discrète. Le diagnostique inquiétant, les discours rassurants. Sans vraiment tout comprendre, Alexa opinait. Le masque avait été posé, sur sa bouche et son nez. L'oxygène avait afflué, dans tout son corps, ses poumons, jusqu'au plus profond de ses dernières ramifications. Alexa n'avait pas résisté. Elle avait laisser la vie venir chercher son âme, pour la réveiller. Mais la jeune femme avait cessé de lutter.

Fatiguée. Le regard bleu vacillant parcouru à peine la chambre pendant un dernier instant. Tout était si propre, du plafond blanc au second lit bien ordonné. Tout était si pur. Tout était si vide. Elle était là pour vivre, mais où était la vie dans ce monde figé? De la plante immobile à l'ombre près de la fenêtre. Rien ne bougeait. Rien ne se muait. Seul le lent ronronnement incessant à ses côtés berçait sa torpeur. Alexa ne voulait pas rester éveillée. Glissant plus profond dans ses draps, elle se laissa emporter, par les bras de Morphée, pour encore une fois, se laisser sombrer. Et fondre comme un flocon sous la lumière de l'été, pour se confondre avec le blanc de cette chambre aseptisée.

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MessageSujet: Re: Ce qu'il reste de la folie   Lun 21 Déc 2015 - 9:27

Il ne savait pas d’où elle venait, cette fillette qui dormait dans sa chambre attribuée. C’était un peu comme avoir déplacé un meuble dans une pièce, avoir ajouté un élément nouveau dans l'imprimé habituel de ses rétines. Il était resté sur le pas de la porte en revenant de son tour erratique dans les couloirs, et n'avait su que faire face à cette nouvelle arrivée. Pas de bruit, sans doute.

Ce n'était en soit, pas si difficile. Des nouvelles têtes d'élèves... Il en avait l'habitude non? Ça pouvait être pareil. Pas de panique, c'est une élève.

Mais elle, dans son sommeil, c'est qu'elle a l'air vraiment fragile.


Un flocon de neige
Sur les rebords de mes fenêtres oniriques



Il y a eu des allers retours, cette fois pas pour lui mais pour ce flocon de neige tombé par hasard entre ces murs trop pures. Des proches, des personnels. Ça fait plusieurs mois qu'il est là mais observer tous ces remous de si près est un spectacle dont il ne se rappelle pas. Et ça a du se passer comme ça pour toi, Valentine. Mais peut être que lui, il n'avait pas l'air comme ça, sur le point de disparaître. Pas si éphémère, pas si blanc.

Il n'en sait rien.

Yui a sorti un livre et a commencé à lire, pour s'oublier, se laisser oublier.

La jeune fille s'appelait Alexa Takeshi et du reste des conversations éparses, il ne s'en rappelait plus. Le temps est une éternité qui s'écroule lorsqu'il ne s'agit de ne rien faire. S'il pouvait penser adéquatement, ça aurait le mérite de ne pas le faire se focaliser sur ce temps perdu; si ses pensées ne s'embrouillaient pas au moindre impact, peut être qu'il aurait pu rester à cogiter là, sans bouger. Aujourd'hui serait son dernier jour, sa dernière nuit avant sa sortie. Il devait patienter, c'était son objectif. L'heure des visites finit par s'installer, lentement, et Yui s'est enfin tourné vers sa jeune voisine, toujours endormie, toujours sous assistance respiratoire, tant de termes barbares pour une apparence aussi frêle. Elle ne devait pas le mériter, mais personne ne pouvait mériter de rester dans ces lieux sordides.

Il s'est levé et s'est assis sur la chaise à côté de la patiente. Dans cette configuration là, elle lui rappelait la première et dernière patiente qu'il avait vue lors de ses études en médecine. Mais la transition vers la psychologie était un trou noir dans son parcours, et il s'est contenté de s'accouder sur les rebords du lit pour observer le sommeil de cette dernière. Regarder quelqu'un dormir était en soi intéressant bien que peu commun; est ce qu'elle rêve, enfouie trop loin dans ses mondes oniriques ? Est ce qu'elle croise une tisseuse comme ce qu'il a chaque nuit, entre la jonction de la réalité et la fiction ? Ses paupières sont closes, sa respiration stable, légère, et elle est allongée là sans la moindre crispation musculaire. Yui est en train d'en conclure une des phases communes du sommeil quand il se décide de presser légèrement l'index et le pouce autour de la paume reposée de la jeune fille. Juste pour voir, juste pour vérifier la réalité de sa réaction.

-... Mademoiselle Takeshi?


Qui est donc votre Passeur à vous, celui qui vous emmène ainsi dans les bras de Morphée.

-Et si vous me les racontiez...?, De cette fascination naissait l'intérêt, de cet intérêt, se mourrait l'ennui et l'inertie qui avait cultivé son âme des mois durant. Il suffisait de remettre les rôles aux bons endroits. Comme un puzzle aux pièces à l'infini. Un murmure, accompagné d'une simple pression. -Vos rêves ...?

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MessageSujet: Re: Ce qu'il reste de la folie   Lun 21 Déc 2015 - 15:49

And the water is always calling

Allongée sur son lit, aussi blanche que ses draps, ce petit flocon pâle se laissait fondre à la lueur blafarde des rayons se glissant entre les persiennes des fenêtres. Immobile, comme un gisant qui attendait patiemment que le temps vienne à bout de lui.

Le tic-tac de l'horloge accompagne le ronronnement de la machine et le silence de la pièce. Le silence du rêve.

Le soleil se reflète sur son masque à oxygène. Comme une loupe qui vient illuminer sa longue chevelure brillante, éparpillée tout autour de son visage, telle les branches givrées d'un cristal de neige. Sur ses fins bras blancs glisseraient des perles transparentes, creusant les sillons, les vallées et les monts de sa porcelaine de peau, suivant la folle course du temps, emportant sa vie, jusqu'à lentement… S'amasser… Sur le bout des doigts… Pour s'écouler…

Tic - tac.

La chute des gouttes feraient une flaque. S'il avait fait froid, s'ils étaient de retour au Pays Gelé, alors le stalagmite se serait élevé, pour retourner au doigt, rendre à la vie ce que l'eau lui avait pris. Mais montagne de glace il n'y avait pas. Et l'eau continuait de couler. Comme si le corps lui même semblait se liquéfier. Et à mesure qu'il s'amenuise, la flaque grandit, devient mare, devient mer, devient l'océan polaire. L'armée de l'eau envahit la pièce. Ses millions de petits soldats invisibles s'élancent et s'acharnent dans toutes les directions. L'air est saturé. Les surfaces mouillées. L'eau prend possession de tout, sans rien laisser. La marée monte est s'accroche aux pieds métalliques du lit d'hôpital. Les draps sont touchés. L'eau progresse, par capillarité, rien ne peut lutter contre cette invasion. Les tâches d'humidité s'étendent, s'accroissent et s'étirent sans jamais s'arrêter, une colonie de bactéries voraces, affamées, déterminées à l'étouffer. Cible frêle et fragile sous cette menace.

The water going through her feet
And on her body wind so cold and sweet, so cold and sweet


-... Mademoiselle Takeshi?

Dans cette masse ténébreuse qui une nouvelle fois s'insinuait en elle, si froide, eau glaciale qui la recouvrait et annihilait ses sens, un léger contact subtil la ramena pourtant un pied sur la rive de la réalité. Nuée de carbone dans le masque d'oxygène. Alexa reprenait la bouffée d'air dont l'eau de son sommeil avait voulu la priver. Sur son visage paisible, les cils battirent. S'entrouvrirent, et se refermèrent. Comme plus épuisés encore qu'avant de dormir.
La peau frémit, les doigts se serrèrent. Légèrement. Frôlant à peine ceux des siens. Ceux de la silhouette assise près d'elle. La silhouette de la fenêtre…? Alexa luttait contre le silence suffocant de l'eau assaillant ses rêves.

-Et si vous me les racontiez...?
- Sombres…

Le regard bleu était creux, perdu dans les eaux profondes de son esprit noyé, perdu dans les remous et les ombres des fonds ténébreux. Lui parlait-il ? Elle n'entendait plus. Ni le ronronnement de la machine, ni le tic-tac de son éternelle horloge interne. Petite horloge déréglée. Etait-elle éveillée ? Comme le savoir, l'eau gelé lui avait engourdit les membres, engourdit le corps, engourdit le coeur. Comment se réchauffer de l'intérieur …?

- Vos rêves ...?
- Froids…

La tristesse du rêve perdu, cauchemar persistant. Où irait-elle se réfugier si le sommeil était aussi sombre que la réalité? Une larme d'eau de mer glissa du coin de son oeil à peine, roula sur sa pommette de porcelaine avant d'aller se disperser dans ses mèches blondes. Alexa, en manque d'oxygène, débordait d'eau. Elle n'était plus qu'un aquarium, vide.

Feel the water in her body, water's never going out

- Même les poissons ont disparus…

Murmure et buée dans le masque oxygéné. Le souffle lui-même semblait asphyxié. Lorsqu'Alexa émergea de nouveau, une éternité comme un quart de seconde aurait pu passer. Lorsque les yeux bleus se rouvrir de nouveau, ce fut le mur blanc et neutre qu'elle se mit à fixer. Vide et silencieux. Où était passée la main qui l'avait ramenée ? B-o-u-é-e. L'avait-elle de nouveau laissée couler…?

Tic - tic.

- … L'horloge est cassée.

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MessageSujet: Re: Ce qu'il reste de la folie   Lun 28 Déc 2015 - 22:36

Alexa Takeshi. Elle avait suscité son intérêt quand elle avait commencé à répondre à ses questions pendant son sommeil. Ça n'avait pas duré très longtemps mais suffisamment pour commencer à faire cogiter la fibre d'un ancien psychologue scolaire.

- Rappelez les.

Un chuchotis qui se perd dans les battements inexistants d'une eau. L'air, la dernière des choses offerte à l'humanité sans condition, est un droit qui semble lui être soudain retirée.

Elle disparaissait sous ses yeux, la glace fondait à sa fenêtre et c'est dans la délicatesse cruelle de l'instant qu'elle a rouvert les yeux, paupières filtrant la réalité d'un monde ancré ailleurs que dans l'imaginaire, la fin d'une mélancolie qui perle au coin de ses yeux pour aller se dissoudre sur ses cheveux trop pures. La neige avait fondu dans la couleur de ses yeux.

-Les poissons, ne les laissez pas partir, Takeshi.

Elle était bouleversante, dans sa fragilité. Il aurait pourtant suffi que Yui reste à ignorer le monde en se cloîtrant dans le sien sans répondre de rien. Il aurait suffi qu'il la laisse dormir et pleurer dans son coin; il aurait suffi qu'il cesse de mêler les autres vies à la sienne. Mais ça ne marchait jamais aussi simplement. Il n'avait pas levé le débit de sa voix lorsqu'il s'était finalement levé pour aller vers la fenêtre. Valentine avait défait le plaid posé sur l'étagère qu'il avait vu ramené par l'entourage de la fille, pour venir le lui poser dessus.


Un instant est passé, le moniteur a cessé de revoir la progression de ses courbes à la baisse et Yui s'était mis à fixer de nouveau l'extérieur d'une fenêtre. Il tournait en rond.

-L'horloge pourrait ne plus l'être.

Est-ce que tous ceux qui sont accueillis entre ces murs ont leur horloge brisée ? Est ce qu'elle tourne dans le sens anti-horaire, est ce que les trotteuses sautent quelques secondes et manquent des instants ou est ce que la pendule existe sans plus d´indication. Est ce qu'on peut en effacer les chiffres, ce temps fictif? Lentement, Valentine secoue la tête. C'était inutile.

-Ici, dans cette chambre trop blanche, elles tournent toutes dans le même sens, toutes à la même cadence, le même leitmotiv, la même existence. C'en est ennuyeux et je les ignore.

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MessageSujet: Re: Ce qu'il reste de la folie   Jeu 31 Déc 2015 - 17:22

- Rappelez les.
- Je ne peux pas…

Parole pâteuse, effort coûteux. Pourquoi offrir sa dernière bulle d'air à l'infinité sombre de la mer? Pourquoi jeter au néant, les dernières gouttes de son essence même… L'eau de ses songes était un être opaque qui ne laisserait passer aucun son. Une gelée noire, un écrin d'acier froid. Collée à sa peau, durcissant ses membres. Il n'y avait plus aucun mouvement possible. Plus aucun échappatoire lorsque l'étau se refermait, sur sa peau et ses poumon.

Asphyxie.

-Les poissons, ne les laissez pas partir, Takeshi.

Trop tard. Les poissons étaient morts eux aussi. Étouffés par cette eau trop sombre, cette eau beaucoup trop salée. Ils tombaient comme des pierres autour d'elle, laissant dans leur sillon la trace de leurs dernières bulles d'air… Attirés vers les tréfonds, ce gouffre sans fond.

Qui a dit que les Enfers étaient faits de flammes et de chaleur? De cris et de rouge terreur? D'horreur et de douleur?

Il n'y avait feu ni fièvre au fond du Gouffre. Juste ce Silence éternel et son imperturbable Froideur. Compagnon de l'hypothermie douce qui lentement gagnait le corps. Subtile et délicate, un simple touché du doigt… Agréable torpeur. Trompeuse douceur. Sommeil dont on ne revenait pas.
Au fond du Gouffre tout était froid. Il n'y avait pas à avoir peur. Sauf si l'on savait ce qui nous attendait en bas. Lorsque le piège se referme doucement sur sa proie. Le doux écrin de soie devint la dure prison glaciale. L'eau a fini d'enrayer le mécanisme. L'horrible besogne est achevée, les rouages sont arrêtés. Tombeau de cristal.

Alexa s'y refusa. Ses yeux bleus et creux n'avaient pas lâché la dernière trace de mouvement de la pièce. Silhouette frêle. Voix de l'éveil. Alexa avait fuit la veille. Ses petits doigts avaient frémit pour briser la cataplexie. Dans un lent mouvement, comme un corps se libérant de la pellicule de glace le recouvrant. Coquille aussi dure que fragile, pour que l'on chercher à la briser. Elle se redressa. Ses mains ramenèrent le plaid à elle. Passant le doux tissu sur son visage pâle, puis sur sa tête, comme pour s'y enfouir. La laine fraîche la recouvre. Manteau de neige sur cheveux blancs. Alexa devenait un bonhomme d'hiver sous la lumière de l'été. L'horloge était cassée.

-L'horloge pourrait ne plus l'être.

Alexa pencha la tête sur le côté. Ses yeux bleus le fixant s'étaient rallumés. Comme si la conscience avait refait surface, depuis cette eau gelée. L'attention avait été captée. Par cette silhouette à l'esprit égaré. Un aquarium sur la tête. C'est lui, qui avait pris tout les poissons…

Pouvait-on vraiment réparer l'horloge? Où était-ce la course du temps elle même qui s'était essoufflée? Qu'en était-il du circuit des étoiles? Du mouvements des astres? L'eau avait elle déjà tout avalé? Alexa le regarda, comme s'il en possédait la réponse, où la piste peut-être, pour retrouver le cycle.

-Ici, dans cette chambre trop blanche, elles tournent toutes dans le même sens, toutes à la même cadence, le même leitmotiv, la même existence. C'en est ennuyeux et je les ignore.

Sourire. Murmure. Soupçon d'éveil. Et de passion.

- Jouez-vous de la musique ?

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MessageSujet: Re: Ce qu'il reste de la folie   Jeu 7 Jan 2016 - 17:02

Yui se demande pourquoi on a tenu à installer autant de blanc ici. Sa silhouette se découpe à la lumière d'une journée mourante et il finit par se rapprocher au rebord du lit, dans la neutralité relative d'un ni trop loin, ni trop près.

Il n'a aucune fibre artistique, aucune musicale ni creative et cette question posée dans un autre contexte l'aurait fait rire. Plait-elle? Rêve-t-elle encore derrière ce regard, ces billes bleues qui trahissent une conscience clairement posée sur lui?

-J'ose espérer que vous en faites davantage que moi.

Dites moi quelle musique vous pensez que je pourrais, dans une autre vie, jouer.

Plus il l'observe plus il se dit qu'elle ne devrait pas être ici, dans la sordidité de ces lieux grotesques; elle ne devrait pas restée allongée à ne pouvoir rien faire hormis offrir son regard et ses larmes aux passagers. Pour autant, dans sa fragilité apparente, elle laisse le doute quant à celui de pouvoir tenir debout face à la vulgarité violente d'un monde usé. Un monde ou les fragilités tendent à disparaître. Ainsi, êtes-vous venue mourir ou renaître de vos cendres?

- Comment pouvez vous vivre si vous ne survivez pas vos états oniriques.

Il a soupiré, un instant agacé et il s'est assis, là, au même endroit sur une chaise, hors de portée de la seule personne qui se retrouve dans sa sphère épurée. Un seul soupir et elle bouscule l'univers des horloges mathématiques, une seule phrase et elle efface la rythmique du temps. Yui se retourne, curiosité accrochée à la chute des flocons imaginaires de la chambre, attention de nouveau interpellée par cette fillette étrange qui lui plairait presque de contempler, le regard vague, comme l'aquarium du Salon de thé. Les sept poissons lui font le même effet, uniformes au premier coup d'œil, fascinants une fois le regard pris par les mouvements hypnotiques et dansants à l'infini. Mais rien de tout cela n'aurait été vrai s'ils étaient restés dans leur habitat naturel. Il n'y aurait eu personne, personne pour les observer à en perdre l'intégrité de son âme.

-Parfois... j'ai l'impression que nous sommes enfermés dans une boule de neige;  vous savez, celle qu'on secoue sans scrupule.

A moins que cette fois, c'est elle qui est à l'intérieur et lui qui secoue sans scrupule. Il ne le sait jamais.

Comment on peut atterrir dans ce genre d'endroit.

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MessageSujet: Re: Ce qu'il reste de la folie   Sam 16 Jan 2016 - 18:04

L-e-i-t-m-o-t-i-v.

Alexa revoyait les notes danser devant ses yeux bleus. Petits points noirs disséminés, sur les pages blanches des grands cahiers. Les partitions aux belles lignes tracées, emplies des mélodies à déchiffrer sur le long du clavier. Depuis combien de temps n'avait-elle pas joué du piano ? La musique avait rythmé son enfance comme le son d'une horloge. Alexa avait appris à suivre à la perfection les inlassables enchainement d'accords parfaitement ordonnés des morceaux gravés sur le papier. Notes et silences s'échappaient de son instrument sous la course folle de ses doigts sur le grand clavier blanc. Boucles et répétitions emplissaient ses soirées, dans la demeure de ses grands parents, sous le regard avisé de ces-derniers.

Ne rate pas la mesure. Écoute le métronome. Suis le rythme. Reprend. Reprend. Encore.

Peut-être même que son coeur aurait finit par s'accorder, avec ce fichu pendule régulier, à force de s'y synchroniser, et les battements sourd en aurait accompagné les cliquetis lourds. Elle connaissait chaque touche, chaque note, des partitions qu'elle avait si rigoureusement jouer. Encore et encore, jusqu'à ne fait plus qu'un avec la mélodie. La ronde des notes lui avait pénétré la tête. Le vent de ses rêves était parsemé de croches et d'envolés, tourbillonnant autour d'elle et ses pensés, Rien n'avait jamais pu entraver la danse de ses doigts sur le clavier d'ivoire, une fois lancée. Rien sauf peut-être, l'horloge brisée.

Comment jouer si le métronome est cassé ? Comment continuer si le rythme s'est déphasé ? Que vaut un morceau à la mesure déréglée ? Rien assurément. Il n'y a pas de place pour l'improvisation dans le monde bien trop cadré du classique. La chute des notes n'annonce que la chute de l'artiste.

Le verdict était tombé, et Alexa aussi. Plus de morceaux composés, plus de boucles, plus de leitmotivs parfaitement exécutés. Une simple mélodie infinie, recomposée. Alexa ne jouait plus qu'au rythme de ses pensées. Les notes sur le papier et ses doigts sur le clavier n'avaient plus rien à se raconter. Libérée des barreaux de la mesure. Une croche ne devenait qu'une image, une tâche d'encre sur le papier tissé, entre les blanches et les dièses, un simple dessin bien ficelé. Les yeux d'Alexa regardaient sans voir, ou voyaient autre chose, voyaient plus loin que la simple musique. Les doigts dansaient seuls sur l'ivoire tandis que l'esprit dansait dans les nuages, dansait parmi les notes tout aussi éparses qu'éphémères. Un chant d'oiseau qui ne suivait plus celui du piano.

-J'ose espérer que vous en faites davantage que moi.

Oh, depuis combien de temps n'avait-elle pas joué?

- Il y a bien longtemps.


Peut-être pas si longtemps finalement. Mais que signifie le "temps" pour une horloge cassée? Une heure, une seconde, un jour, une année. Quelle importance. Il n'y a quelle rêve qui compte. Ce dernier ne dure-t-il pas à peine quelques millisecondes?

Une vie en une seconde.

- Comment pouvez vous vivre si vous ne survivez pas vos états oniriques.

Alexa sourit. Lentement, elle se rallongea, entre ses draps blancs et désormais froid. Le plaid glissa contre sa joue alors qu'elle s'enfonçait dans son matelas. La couverture glissa, elle s'étira. Un flocon qui fond, doucement, paisiblement…

- Peut-être ne vis-je déjà plus…

Murmure. Les yeux bleus voguèrent un instant encore, le long des murs et du plafond blanc. Pur. Trop pur. Ses paupières battirent, ses cils fouettèrent l'air autour d'eux. La lumière éclairerait-elle les micros poussières qu'ils soulevèrent? Petit monde silencieux. Il y a ces choses, qui ne sont observables qu'à la loupe la plus minutieuse. Les particules de l'air, le frémissement d'un cil… Les cristaux d'un flocon. Autant d'intimes détails que requéraient d'être bien curieux pour avoir la chance de les observer, qui pouvait bien alors les comprendre?

- Peut-être que je ne me suis pas réveillée.

Alexa se tourna dans ses draps. La glace de ses yeux se fixèrent sur lui. Qui a dit que la glace ne pouvait-être que froide?

- Peut-être que je ne suis qu'une… somnambule…

Un mot détaché, un regard amusé, et pourtant qu'à moitié éveillé. Peut-être oui, finalement. Quelle importance. Il n'y a que le rêve qui compte.

-Parfois... j'ai l'impression que nous sommes enfermés dans une boule de neige;  vous savez, celle qu'on secoue sans scrupule.

- Pourquoi avoir des scrupules à permettre à la neige de tomber?

Souffla-t-elle au creux chaud de ses draps.

- Ne faudrait-il pas remercier, celui qui empêche le monde de rester figé?

La main d'Alexia émergea de ses couvertures. Aussi blanches que ses draps, de la paume jusqu'au bout des doigts. Danseurs de l'ivoire. Elle la tendit doucement vers lui. Pourquoi avoir peur de ce que l'on ne sait pas?

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MessageSujet: Re: Ce qu'il reste de la folie   Dim 7 Fév 2016 - 19:56

Peut être que personne ne s'est jamais réveillé.

Moi je ne dors pas. Je ne suis pas en train de dormir.

La voix de la jeune fille est un soupir qui trottine sur les parois blanches des murs. D'un coup, Valentine a eu l'impression de remarquer des détails qui n'ont pas choqué sa perception jusqu'ici; la vibration des flocons, ces poussières épurées dans les airs, celles qui se posent sur les cils de ce regard qui ne le lâche pas. Le monde devient une loupe, un carré de terre criblé de détails saisissants. Il neige dehors, il neige dedans, l'espace-temps d'un onirisme qui n'appartient qu'à la parasomnie de cette fille. Et soudain, elle l'emmène dans sa promenade endormie. Somnambule.

... Vraiment ?

-Alors un jour, rappelez moi de vous raconter ce dont vous ne vous souviendrez plus.


La réalité n'a jamais eu aussi peu d'importance depuis qu'il s'est cloîtré dans ces lieux. Selon lui, ça a duré une éternité, suffisamment éternelle pour avoir maintenant envie de goûter de nouveau au réel. Et à quelque heures de l'atteindre, c'est cette autre âme qui le tire à quatre mille lieux de ses objectifs; l'hôpital est un monde à part. Et la question que la créature lui renvoie le prend de court. Pourquoi, oui pourquoi, avoir des scrupules à autoriser la neige de tomber.

- ...Parce qu'elles bousculent le cours du temps,
il hasarde. Parce que ça rappelle qu'il existe des forces au dessus de toutes nos conditions réunies.

Et rappelle qu'il existe trop de grandiosités pour pouvoir s'éteindre ici et maintenant. À quoi bon rêver lorsqu'il y a une réalité à préserver.


- Vous avez tout le temps de rêver après la vie. Le rêve ne devrait être accessible qu'à cette jonction-là, à la rupture de la réalité. Pas avant, ni après.


Il tend la main et saisit cette autre, fragile, doucement, fermement, ses doigts ont toujours été froids mais ceux qu'il retient sont de la poudreuse sur de la glace. Elle est un flocon sur un terrain gelé, et cette présence aussi hivernale qu'irréaliste, il la tire vers lui jusqu'à ce qu'elle soit assise au milieu de ses couvertures remontées. Il la tire vers lui dans une attraction improbable et insouciante des conséquences sur un corps dont il ignore l'état. Asseyez vous. Asseyez vous et...

-...dites moi que vous ne dormez pas.

Gris. Acier.
Bleu. Azur.
Insaisissables.

Il lâche la main parce qu'il refuse que le corps retombe sur lui.

Anime-toi.
Toi, fleur givrée, enfant de l'hiver, ne laisse pas une tisseuse onirique emporter tes pétales trop loin de la réalité.

Les bip des machines se sont accélérés, décélérés à en défier le temps... à moins que ça ne soit que dans sa tête. Yui. Yui Valentine, ...Qui rêve? Pas moi. Surtout pas moi.

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MessageSujet: Re: Ce qu'il reste de la folie   Mer 2 Mar 2016 - 21:28

- Alors un jour, rappelez-moi de vous raconter ce dont vous ne vous souviendrez plus.
Souvenirs. Petites pièces gravées au fond de l’esprit. Aussi éphémères que fragiles. Pièces de puzzle mélangée dans cette boîte crânienne toujours autant secouée par nos journées et nos idées. Qui a dit que la mémoire était bonne joueuse ? Il n’y a que les enfants qui savent retrouver rapidement les deux cartes identiques du jeu. Adultes, les pièces se perdent et s’effacent au profit du temps qui passe. Pourquoi toujours vouloir tout se souvenir, tout se rappeler, ne rien manquer, ne rien oublier… Comme si la vie ne tenait qu’à une simple image, bien construite, bien assemblée. Et pour peu que la table ne bascule, que les pièces soient éparpillées... C’est le fil conducteur même de l’être qui est brisé.
Pourquoi, ô pourquoi, tenir tant à une simple image ? Pourquoi s’embarrasser à continuellement récréer le puzzle de nos pensées, toujours à espérer ne pas confondre deux modèles, deux moments bien différents. Pourquoi s’acharner à vouloir jouer en vain aux jeux des enfants.
Alexa avait cessé de jouer le jour où les flocons avaient remplacé les morceaux colorés de ses souvenirs éparpillés. Elle n’avait pas eu le courage de rassembler les pièces du puzzle renversé. C’était dans ce chaos, ce tourbillon de souvenir éparpillés qu’elle s’était retrouvée. Libre et vagabonde, de soi, du monde… Plus rien ne la retenait, plus rien n’empêchait les souvenirs de danser au gré de la brise d’été, plus rien n’empêchait la neige de tomber, ses poumons de respirer…
Alexa ne l’entendait déjà plus. Peut-être la fréquence de ses mots s’était-elle perdue, à mi-chemin entre ses lèvres et ses tympans. Peut-être le mot lui-même avait-il fuit la pièce, comme un oiseau avide de s’évader, pour rejoindre se rêve dans lequel elle s’était laissée emportée. Rêve éveillé. Les deux yeux de cristal bleus ne voyaient plus ni les murs ni la silhouette face à elle, ni la lueur déclinante de cette fin d’après-midi. Là où elle était, il n’y avait plus que la blancheur, la pureté et l’air vivifiant de la liberté. Deux yeux, miroirs vers un monde qu’elle seule pouvait voir.
Elle n’avait jamais rien connu de plus beau que les paysages irréels et pourtant si palpables de ses rêves. Des mondes mystérieux, changeant, bluffant, et pourtant si empreint de cette indissociable réalité qui jamais ne laisser son esprit s’envoler, trop loin de son corps aux pieds bien ancrés.
- … Dites-moi que vous ne dormez pas.
Souffle coupé. Rêve brisé. Les pupilles d’Alexa se dilatèrent alors que sa cage thoracique se refermait contre elle. Un instant privé d’air, ses yeux s’écarquillèrent…
- Je ne dormais pas….
Souffla-t-elle de ses dernières bulles d’air.
Conscience. Lentement émerge. Encore. Encore une fois. Réveille-toi Alexa murmura cette voix solitaire, sursaut de lucidité au creux de ce rêve éveillé, rappel de réalité. Les bips des machines s’accélérèrent à mesure que le cœur pompait, plus fort, afin d’irriguer cet esprit fatigué. Alexa récupéra sa main tombée dans les draps. Ses doigts fins glissèrent sur ses joues, comme pour se reconnaître, reprendre contrôle peut-être… Elle avait décroché.
- Qui êtes-vous ?

Peut-être aurait-elle voulu dormir plus longtemps… Mais peut-être était-il temps, de le voir réellement.

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MessageSujet: Re: Ce qu'il reste de la folie   Mer 9 Mar 2016 - 23:53

-Moi?

Qui êtes vous.
Moi.

-Qui pensez vous que je suis?

Je ne sais pas, Je ne sais pas. Valentine a toujours pensé plus fort que ce que sa voix porte. Il susurre, parle à mi voix. Presque. C'est une habitude. Garde-t-on vraiment une habitude lorsque les souvenirs ne sont plus ? Le gris de ses yeux dans cet azur rempli de rêves qui se brisent, il a observé cette frêle créature s'extirper d'elle même.

-J'aurais préféré être le dernier dans cette chambre, vous savez...

Pas de suite, plus de vulnérable humanité à recueillir entre ces quatre murs trop transcendants; c'est monotone, c'est deja-vu. A quoi bon voir pour revoir. Son cerveau brimé par ce paysage inerte se lasse de son existence. Et dans cette salle vide, il a continué à neiger, de ces flocons qui voltigeaient allègrement dans l'atmosphère. C'était vide, c'était blanc et surtout, absolument splendide.

Il se lève délaisse ses affaires pour le peu à réunir. Délaisse cette chambre déjà pourvue d'un patient qui cherche à rafler un peu trop vite la limite entre l'existence et son contraire. Dans cette sphère épurée, paradis givré, le temps se fige et les images s'enchaînent. Mais Yui Valentine n'avait pas le temps de laisser ce dernier s'écouler. Il n'avait en réalité, plus de temps à se laisser non plus.

-Je suis Valentine.

Il s'est détourné de ce mirage blanc et s'est laissé porter vers le seuil de la porte. Est elle une autre tisseuse, une autre prédatrice de la réalité lui susurrant doucement de rester avec elle dans un sommeil latent. Est elle cette attraction onirique qui réalise plus que tout ce que la réalité ne pourrait lui apporter autrement que par sa matérialité.  

-Sans doute rien de ce que vous croyez, et un tout ce que vous ne croyez pas.

Il sort sans fermer la porte.
Le silence s'abat, des ombres passent. Et puis un froissement d'ailes. (...)

END



HRP: MP ;)

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MessageSujet: Re: Ce qu'il reste de la folie   Dim 27 Mar 2016 - 22:59

"Jeune homme, vous cherchez quelqu'un?" Rien. Il n'avait pas accordé un regard et avançait comme s'il avait une destination fixe dont il ne pouvait se détourner. L'habitude, la routine de ses pas trop silencieux éparpillés sur une surface trop lisse, l'étonnement lisible sur le visage de ceux qui essayaient de l'attraper au vol: Haruki Lei était une pie qui ne se frôlait que par la caresse de regards rêveurs.

- Tu reviens des morts ?

- Bonjour Lei. Disons que je ne suis pas parti.
- Si. Je t'ai vu. Là.


Couché dans un lit trop matériel pour un corps déserté par son âme. Le repos matériel d'une entité volatilisée.


Lei avait une lueur ombrageuse dans les yeux, il avait donné à son regard une impression de vide déséquilibré, de ces artifices qui ne délimitaient plus les pupilles de la sclérotique. De loin des orbites pleines de néant, de près la sensation de ne jamais cerner la direction de ses attentions. Il fallait pourtant qu'il croisât celle de Yui Valentine.

- Donc je ne suis pas parti.
-Peut être.

Haruki esquissa un pas de côté pour ne plus se trouver dans la trajectoire de cet individu, un Observateur des consciences, un autre parmi les plusieurs qui lui avait été donné de rencontrer. Sans doute le dernier de la série alors que lui, Lei, lui ouvrait la liste de ces patients qui feraient plus tard le nom de Yui Valentine à l'académie Keimoo. Des années s'étaient écoulés.
A l'entrée, deux silhouettes s'intervertirent sans qu'on ne puisse dire pendant un instant qui d'entre elles étaient restée ou partie. Il n'y eu  plus un mot, plus une salutation ni de cordialités et Haruki resta un moment ainsi, à observer le plein du vide avant de se tourner vers la patiente qui avait été troqué contre un psychologue dérangé. Elle offrait une impression aussi pâle que ce que dernier délaissait si ce n'est plus, plus pâle et éphémère ainsi alitée, vulnérable dans un recoin acéré du monde.

-Est ce que tu veux de la lumière?

Il n'y avait jamais d'heure dans le fonctionnement d'Haruki. Il restait immobile dans ce cadran de porte, ancré dans un portrait imaginaire prêt à s'effacer au moindre battement de cils. À cheval entre la lumière du couloir et celle de la pièce entrée dans une phase nocturne, sa silhouette à contre jour contemplait le spectacle de cette scène plongée dans une mélodie givrée. C'était délicat, c'était fragile, rubato. Il n'écoutait plus que ce qu'il ne regardait et bien qu'il lui avait été répété de cesser de voguer ainsi pour éviter l'embarras général, il restait des imperfections à son éducation socialisée; et alors il s'oubliait. Comme au cinéma; certains y allait pour le visuel, Haruki s'y attardait pour le son, ses amplifications depuis les accompagnements mélodieux jusqu'à la texture et tessiture des voix. Il pouvait ainsi, passer la séance les yeux fermés, à recomposer une histoire à partir de sa sonorité.

-Tu sais, tu n'es pas en cadence avec le métronome de la machine.
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MessageSujet: Re: Ce qu'il reste de la folie   Sam 9 Avr 2016 - 23:49

- Sans doute rien de ce que vous croyez, et un tout ce que vous ne croyez pas.

Alexa ne comprit pas. Peut-être ne s’était-elle pas complètement éveillée finalement. Quelle importance. Ses yeux bleus de givre regardèrent la silhouette se mouvoir et s’en aller. Elle ne dit rien. Elle ne fit rien. Elle resta spectatrice de ce mouvement, comme s’il pouvait lui réapprendre la vie.

Ah oui. La vie.

Alexa esquissa un léger sourire. Il y avait peut-être une vie quelque part derrière cette porte. Une vie pour cet Alice. Non. Ce n’était pas… Valentine ? L’image d’une boîte de chocolat passa par là. Elle ne se posa pas plus de question. A quoi bon.
Reprenons. Alexa soupira. Sa tête lui faisait mal. La musique lancinante de ses tempes n’était pas agréable. Même le son régulier de la machine à ses côtés fini par l’irrité. Silence un peu. Arrêtez cette cadence… Le sourire disparut, remplacé par la grimace, et puis la lassitude.

Pouf.

Alexa se laissa retomber dans les draps. Ah. Elle tourna la tête sur le côté et tendit la main vers la fenêtre. Ses doigts s’écarquillèrent pour jouer avec la lueur du soleil dans le ciel. Ombre. Lumière. Ombre. Lumière. Et ombre de nouveau. Alexa ferma les yeux. Sous le filtre de ses paupières, la vitre de verre disparaissait. L’air n’était plus que lumière, un million de particules, un nuage de flocons qui lentement, venaient à elle. Elle sourit de nouveau en s’enfonçant plus loin dans le rêve. Elle figea ses membres dans l’espoir vain de garder stables ces poussières merveilleuses. Si elle restait immobile assez longtemps, peut-être que cette neige se poserait sur elle, et que se passerait-il alors ? Les gouttes de soleil la bruleront-elle ? Disparaitrait-elle ? Rien que pour voir cela, elle rouvrit les yeux, les plissa, éblouie.

- Est-ce que tu veux de la lumière ?

Les yeux bleus s’écarquillèrent. A qui était cette voix ? Il était parti non ? Etait-il revenu ? Avec une autre voix ? Lentement, sa tête se tourna vers cette porte qui était restée ouverte. Et le faisceau de lumière du couloir, cette lumière du bout du tunnel qui veut vous faire croire qu’il y a quelque chose derrière, était coupé. Bouché. Obscurcit. Quelle sorte d’ombre pouvait vendre de la lumière ? Avec le contre-jour, c’était bien tout ce qui pouvait lui apparaître. Une ombre. Une voix. Alexa ne savait pas, qu’il pouvait y avoir quelque chose de noir dans cette chambre blanche, blanche, si blanche, jusqu’au bout de ses ongles propres.

Comme une tâche d’encre sur le papier blanc.

Alexa la regarda, cette tâche, cette voix, cette croche noire sur la page vierge de la partition, elle la regarda de ses yeux qui ne pouvaient pas la voir.

- Tu sais, tu n'es pas en cadence avec le métronome de la machine.

Et le bleu laissa place au rose, pour rajouter des notes à cette nouvelle chanson.

- Comment pourrais-tu le savoir, tu n’es qu’une voix.

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MessageSujet: Re: Ce qu'il reste de la folie   Sam 7 Mai 2016 - 14:02

Waves of melting nostalgia

Il y avait un océan de double et de triple croches, une vague de points noirs sur des portées infinies. Une envolée de notes fugaces puis, des phrases pour des soupirs et des soupirs pour un silence. Observateur de cette immensité, Haruki ne savait jamais s'il était une ronde, une noire ou un point d'orgue, l'ambiguïté esseulée dans une rythmique donnée régulière, la subtile variation de tonalité ou encore, le doucereux changement de mesure. Il ne savait pas non plus que parfois, il était la seule croche au milieu d'une partition vide; le savoir n'était après tout, que l'acquisition de ce qu'il percevait.

- Je ne le sais pas.

Il le sentait.
Il sentait avant de savoir, il assimilait sans savoir, parce que le savoir était une valeur étrangère, une donnée externe, et de ces informations il n'en avait que faire.
Resté sur le pas de la porte qui découpait encore sa silhouette dans un jeu de clair obscur, Haruki ne s'appuyait pas sur le cadran ni ne se ressentait l'embarras de que faire, à l'aise avec ces suspensions dans le vide entre deux conversations.

-Tu entends ?

Rose c'était le coucher du soleil flamboyant au dessus des toits, le crépuscule des cheveux de Lin. Rose s'inscrivait quelque part dans les tons du Ré, rose déployait sa gamme et ses altérations nostalgiques. Les doigts de Moe battaient l'ivoire du clavier avec la même grâce et frénésie subtile des ailes d'un papillon, Ré bémol Majeur de la suite nocturne de Chopin, souvenir inscrit dans l'envolée hypnotique de sa mélodie. N'était-il vraiment qu'une voix, face à cette silhouette plongée dans la nuit qui se distinguait au fur et à mesure qu'il assimilait ce changement trop brusque des tons.

-Les couleurs ont des sons, les sons ont des teintes.

Haruki terminait rarement son raisonnement jusqu'au bout.
Il reprit pourtant peu après.

Des fois, ils ont même une texture mais il faut pouvoir les trouver pour les toucher.


Dans ses perceptions, les machines se taisaient et la mélodie reprenait; il n'y avait pas besoin de jouer pour entendre. Les notes, déferlantes tantôt en harmonie tantôt les unes après les autres, délaissèrent un air aux abords de la nostalgie. Haruki ne savait pas non plus, quand la réalité se tordait pour se faufiler entre les mesures de ses impressions. On le cherchait désormais dans l'aile de l'hôpital où il aurait dû sagement se retrouver: l'inquiétude au loin, contre la paix de son esprit.

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Ce qu'il reste de la folie
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