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 Je me perds dans mes propres guerres, vaillamment. [Nao]

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Wunjo Ivanov
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KMO
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MessageSujet: Je me perds dans mes propres guerres, vaillamment. [Nao]   Mar 1 Sep 2015 - 21:03


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Je me perds dans

mes propres guerres, vaillamment.



C'est qu'il s'était presque habitué à porter des perruques... N'allons pas jusqu'à dire qu'il aimait ça, hein, fallait pas déconner : ça tenait chaud au cuir chevelu, ça donnait souvent l'air con, et tutti quanti... Mais il fallait bien dire qu'il se sentait presque tout nu avec seule sa chevelure indisciplinée sur le crâne. C'était la 8eme fois au moins qu'il tripotait les mèches blondes un peu plus longues, comme pour s'assurer que c'était bien accroché à sa tête -et pour le moment, la réponse était oui. Sa parano aurait sans doute décidé de retourner faire gentiment la sieste si elle n'avait pas été titillée par un élément de taille : 4 types particulièrement louches -selon ses critères du moins- en train de lui coller au train dans le centre commercial. Certes, il ne pouvait pas mettre sa main à couper qu'il était la cible, mais une petite voix dans sa tête le narguait : qui d'autres se feraient filer par un quatuor aussi suspect ? Leur look et leur attitude criaient pratiquement « gang » ou « yakuzas ». Ou alors c'était juste Wunjo qui trempait beaucoup trop dans ce milieu là. Dans un cas comme dans l'autre, il ne voyait pas qui pouvait faire une cible digne de ce nom pour ces types là à part lui. Il n'y avait pas de hasard, pas de coïncidence, juste un putain de karma qui avait tendance à s'acharner.

Il s'engouffra dans un magasin de vêtements qui, il le réalisa un peu trop tard, était clairement un magasin de mode féminin. Il lui fallut quelques regards insistants pour réaliser qu'il n'y avait quasiment que des filles autour de lui et que farfouiller d'un air absent dans les robes ne le rendait pas franchement plus discret, juste plus ridicule. Son cerveau turbinait à toute allure à la recherche d'un échappatoire. Filer dans une cabine et s'y déguiser en nana ? Moui. Si les molosses le filaient, nul doute qu'un type blond rentrant dans une cabine et sortant en nana ne leur échapperait pas. Planqué entre deux jupes, il surveillait ses stalkers qui, plus malins que lui, avaient décidé d'attendre DEVANT le magasin et non DANS le magasin pour ne pas trop attirer l'attention. Il n'y avait de toute façon qu'une sortie pour les clients du magasin, il ne pouvait pas franchement leur échapper.

Il fallut que la parano se calme un peu pour qu'il ne réalise ce qui, en vérité, était on ne peut plus évident : il n'était pas l'objet d'intérêt des 4 drôles de bonhommes. A force de se balader dans tous les recoins du magasin en regardant par dessus son épaule, il dut se rendre à l'évidence : ces 4 là se contrefichaient totalement de ses faits et gestes. C'était en vérité plutôt les vendeuses qui commençaient à le dévisager avec insistance à force de le voir tournoyer un peu partout dans cette boutique où il n'avait clairement rien à foutre. Il passa notamment 10 minutes au rayon des chaussettes et des bas, tripotant des collants rouges pour se donner une contenance sans franchement réaliser qu'il avait une pancarte « pervers » collée sur le front. Il aurait pu simplement s'en aller, l'air de rien, profiter de ne PAS être la cible pour vivre normalement, mais ce serait mal connaître Wunjo Ivanov, dit le type qui invoquait le poisse lorsqu'elle ne s'abattait pas d'elle même sur lui. Ces mecs étaient louches. Mafia-material-kind-of-louches. Et sa parano légendaire ne pouvait s'empêcher de se dire que pour que des mafiosos locaux se retrouvent dans la même boutique que lui, ça devait FORCEMENT le concerner. Il ne savait juste pas encore pourquoi, et ça le bouffait. Comme évoqué plus tôt : il n'y avait JAMAIS de hasard, JAMAIS de coïncidence.

Et s'il lui avait fallu de longues minutes pour réaliser qu'il n'était définitivement pas la cible, il lui fallait nettement moins de temps pour identifier la cible. Stalker en toute discrétion, c'était un peu dans ses attributions. La cible en question était une jeune fille, probablement une étudiante ou une jeune travailleuse. D'apparence, elle n'avait rien de spécial, et Wunjo ne la reconnaissait pas, il ne pensait pas lui avoir jamais parlé auparavant. Et pourtant, pour une raison inconnue, elle était un élément d'intéret pour ces voyous, probablement yakuzas au vue de leurs tatouages. Le russe avait du mal à croire que les types avec qui il faisait du « commerce », que son frère d'adoption avait infiltré, et qui étaient les ennemis jurés de son ex organisation criminelle d'appartenance, se retrouvent au même endroit que lui sans raison particulière. Il était beaucoup plus logique de s'imaginer des liens improbables avec cette fille dont il ne connaissait rien du tout. Une chose était sûre : il fallait qu'il clarifie cela. Et pour clarifier cela, il fallait qu'il mette la main sur cette nénette avant ces mecs louches. Quelque chose lui disait que rien de bon n'arriverait si le quatuor le devançait.

Son gros avantage ? Il avait l'air presqu'inoffensif, et nettement moins flippant que les 4 zoulous. Malgré ses 28 ans bien entamés, il faisait aussi relativement jeune grâce à sa petite taille, sa silhouette plutôt fine, son look d'ado attardé, et son visage plus enfantin qu'adulte. Il ne réfléchit guère longtemps avant de fondre sur la demoiselle : il devait agir avant qu'elle ne décide de quitter le magasin et avant que les 4 abrutis ne perdent patience. Posant ses deux mains sur les épaules de l'inconnue, il lui offrit un grand sourire et une mine réjouie, comme s'il venait de retrouver sa meilleure amie.

« Naaaaatsuki ! Je t'ai cherché partout, j'ai cru que tu m'avais oublié ! Devine ce que j'ai trouvé ? Les maaaagnifiques collants rouges que tu cherchais partout ! Il faut absooooolument que tu les essaies.... »

Et bla et bla et bla. La saouler de paroles et utiliser l'effet de surprise pour ne pas lui laisser le temps de se défaire de son emprise -il venait de passer son bras autour de ses épaules pour l'entraîner au fond du magasin, vers les cabines- ou la laisser en placer une. Les vendeuses avaient toutes tourné leurs yeux vers eux, il ne faudrait pas qu'elles voient la demoiselle protester ou autre. Il avait volontairement hausser le ton, pour que des grommellements de protestation soient peu ou pas audibles s'ils avaient le mauvais goût de se manifester. Alors qu'il continuait sa démonstration, accelérant le pas, son cerveau turbinait à toute allure. Il fallait qu'il la fasse sortir SANS passer dans les 4 gus. Il n'osait pas se retourner pour vérifier si le club des 4 l'avait déjà repéré, ce serait trop suspect. Autant faire croire qu'il était vraiment super pote avec la demoiselle -au point de l'accompagner essayer des collants dans les cabines....oui oui.

Et maintenant quoi ? Déclencher l'alarme incendie ? Il risquait surtout d'attirer l'attention. Alors quoi ?
Une idée de génie -ou presque- lui traversa l'esprit alors que ses yeux se posaient sur la petite pancarte « Réservé aux employés » accrochée sur une porte. Le magasin de jouets où il avait si longtemps travaillé lui revenait à l'esprit, et notamment l'arrière boutique. Une arrière boutique avec un passage donnant sur la ruelle, pour pouvoir se faire livrer sans que les transporteurs n'aient à passer par le centre commercial. Le boutique était FORCEMENT reliée à l'extérieur. Il n'avait pas beaucoup de temps, et si une vendeuse les voyait passer par là, nul doute qu'ils allaient se faire courser. Il faudrait être plus rapide.

Changeant brusquement de direction sans avertir sa princesse en détresse, il poussa la porte visée, se retrouvant comme prévu dans l'obscurité de l'arrière boutique. Il plaqua une main sur la bouche de la demoiselle maintenant que les autres ne pouvaient plus le voir, se tournant vers elle dans le même mouvement.

« Ne pose pas de question, ne crie pas, suis moi ! »

Ouais. A ce stade c'était presqu'une invitation à crier très fort en faisant le koala sur le premier objet solide venu. Mais il n'avait pas eu le temps de réfléchir à un discours convaincant, alors ça ferait l'affaire, et merde hein !
L'attrapant par le poignet, il voulut la tirer derrière lui, mais que ce soit à cause de la stupeur ou du bon sens, « Natsuki » comme il l'avait appelée n'avait pas l'air hyper volontaire, et lui, il n'avait pas tellement de temps à perdre. Zut quoi, c'était pour son bien qu'il faisait ça ! Il plia les jambes, s'abaissant suffisamment pour attraper son otage et la balancer comme un sac à patate sur son épaule. Mais c'est qu'elle était lourde! Ou lui sacrément en manque de bouffe et de sommeil... Pas le temps de disserter sur le pourquoi du comment, ils ne pouvaient pas prendre racine ici, quelqu'un allait rapidement remarquer leur disparition soudaine. Il se remit en marche au pas de course, se prenant quelques murs en titubant d'inconfort... Heureusement, l'instinct de survie était plus fort que tout. 10 mètres plus loin, il dut cependant la reposer au sol, se contentant de tirer très fort sur son bras en beuglant pour la convaincre de le suivre.

«GROUILLE TOI, ils veulent ta peau ! »

Ca, il n'en savait rien. Rien du tout même. Mais autant exagérer un peu la situation pour la persuader d'aller dans son sens. Il avait un peu l'air d'un gros hystérique sorti tout droit de l'hosto psy du coin maiiiiis... Aux grands maux les grands remèdes !

« Cours ma poule, tu me remercieras plus tard ! »

Ajouta-t-il, se faisant de plus en plus, ignorant le fait que les remerciements n'étaient probablement pas dans le top des choses qu'elle voulait faire dans l'immédiat -se débarrasser de lui et appeler les flics étaient probablement en tête pour le moment... Wunjo avait tendance à oublier que si tout était clair et limpide dans sa tête, ça ne l'était pas nécessairement dans celles des autres. Encore moins quand la théorie du complot entre en jeu....






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The cycle repeated, as explosions broke in the sky
All that I needed, was the one thing I couldn't find
The colors conflicted, as the flames, climbed into the clouds
I wanted to fix this, but couldn't stop from tearing it down
Burn it down.
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Naoko Tanaka
▼ Université - 2ème année - Vice Présidente Cuisine
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MessageSujet: Re: Je me perds dans mes propres guerres, vaillamment. [Nao]   Ven 4 Sep 2015 - 1:46



Tokyo - Siège administratif de Tanaka&cie
3 Septembre 2015, 18:28  - Bureau du CEO



Un homme approchant la cinquantaine, les traits tirés, les cheveux grisonnants, soupire. Enfoncé dans son fauteuil, son regard perçant parcoure un dossier qu’il tient entre ses mains crispées. Sur son bureau, une montagne de papiers s’amoncelle. La pièce repose dans le silence, alors que l’homme semble en pleine réflexion. Calme brisé par un claquement de langue ennuyé. Les sourcils froncés dans une expression sévère, il relève les yeux des feuilles noircies d’encre et vient poser ses coudes sur les accoudoirs de son siège. Se retournant vers la grande baie vitrée dans son dos, il se redresse alors, regardant en contrebas la mégalopole qui fourmille. Pendant un instant, il se demande comment elle va, là-bas.

« Kaichou ! Désolé de vous déranger, j’ai… j’ai apporté les dossiers que vous m’avez demandés. »

Le président se retourne, impassible à l’effraction dans son espace personnel, et se dirige vers son secrétaire. Prenant entre ses doigts les documents qu’il avait spécifiquement missionné, les examinant avec rapidité et soin, puis soupire une nouvelle fois.
Le jeune homme en face de lui, dans la trentaine mais d’apparence juvénile, apparait inquiet. Hésitant, il pointe alors quelques lignes parmi la multitude.

« Comme vous pouvez le voir, rien ne cloche. J’ai confié les relevés à des experts, et, ils n’ont rien trouvé non plus. »

Les ongles du président se crispent dans un crissement de papier, alors que sur son visage, cette même expression calme et stoïque demeure. Le jeune secrétaire déglutit. Il connait son patron et travaille à ses côtés depuis presque 15 ans. Fidèle collègue, presque ami, il a appris à discerner les signes qui trompent les pensées du PDG.

« Je… je ne remets pas votre parole en cause ! Il n’y a juste pas de preuve… »

Le CEO se retourne, déposant cet énième dossier parmi ses compagnons. Son regard se perd une nouvelle fois dans la jungle urbaine de Tokyo qui commencent à s’illuminer pour ne pas se faire engloutir par l’obscurité du soir. Ses yeux se tournent alors vers son bureau, avant que sa voix rauque ne s’élève entre les murs de la pièce close.

« Yukimura, préparez-moi du café. »





Tokyo - Résidence principale Tanaka Jr.
3 Septembre 2015, 22:49 - Salon



Atsushi Tanaka, 39 ans, second fils et benjamin, est assis dans un canapé de cuir blanc. Devant lui s’éclaire l’écran d’un ordinateur portable, dont les données se reflètent sur ses verres. Les tableaux qui s’étirent devant ses yeux fatigués semblent être des relevés de comptes, dont l’entête indique qu’ils concernent l’entreprise familiale. Atsushi Tanaka, dit Tanaka Junior pour éviter les confusions, occupe le poste de responsable des finances. S’avachissant en arrière, il vient frotter son nez endolori par le port de ses lunettes. Fixant le plafond, il se rappelle alors du jour où son frère lui a gracieusement offert l’opportunité de travailler pour lui.

Ce dernier avait toujours été d’une générosité sans faille, et se dévouait à sa famille sans mesure. Il était le fils parfait, l’ainé adulé, travailleur, respectueux, intelligent et prospère. Pour Atsushi, les choses n’avaient pas été aussi faciles que pour son ainé. Grandissant dans l’ombre d’un individu brillant, il avait pendant longtemps traversé des périodes difficiles. Et malgré la réussite de ses études, de manière moins ostentatoire que son frère, il n’avait pas eu la chance de tomber sur des opportunités qui lui aurait permis de décoller. A 27 ans, Atsushi n’avait  ni poste fixe, ni famille, ni richesse. Vivant au crochet de sa famille, il fut de ce fait méprisé, dévalorisé, sans cesse comparé à ce frère qui gravissait doucement les échelons en établissant sa lignée.

L’homme aux traits durcis par les épreuves de la vie serre les dents. Ses lunettes retombent sur l’arrête de son nez et il se penche à nouveau sur l’écran numérique. Dans ses pupilles glissent le charabia des chiffres qu’il semble comprendre avec aisance. Les lignes se multiplient, et il tape sur la calculatrice posée sur la table basse en verre. Chemin masqué, anonymat informatique, les transactions invisibles sont alors confirmée, et s’effacent l’instant d’après, comme un songe n’ayant jamais existé, noyé dans le flot d’informations. Atsushi souffle, les lèvres pincées. Le remords glisse sur ses traits et s’efface. Comme les traces de ses actes. Noyé.

Quelques minutes s’écoulent, trop courtes pour que l’homme n’ait vraiment le temps de s’arracher à son activité précédente, et, dans son manteau, un téléphone vibre. Ce n’est pas son smartphone personnel, ni même l’appareil professionnel qui lui a été confié. C’est un vieux cellulaire jetable qu’Atsushi prend entre ses mains mal assurées, avant de décrocher.

« Bonsoir, monsieur Tanaka. Vous vous doutez de la raison de mon appel, n’est-ce pas ? »

Silence, son visage se ferme.

« Vous vous souvenez de l’accord que nous avons passé, vous et moi, non ? »

Sa main libre vient serrer le lin de son pantalon de costume anthracite, alors que la sueur perle sur son front. Sa mâchoire se décrispe, et il tente de garder l’air assuré.

« - Écoutez, je ne peux pas plus, sinon…
- Un accord est un accord, monsieur Tanaka. Et je suis dans l’obligation de combler le manque dont vous êtes responsable. »






Keimoo - Centre-ville
9 Septembre 2015, 13:06 - Centre commercial



Inspiration. L’air rafraichis de la fin d’été emplissait mes poumons dans une sensation agréable de liberté. La journée avait été libérée, et je déambulais dans les rues de la ville sereinement. Le quartier, trop bondé en week-end, offrait une balade agréable en semaine, puisque vivant, mais pas trop. Je pouvais vaquer à des occupations normales d’une fille de mon âge sans craindre de me retrouver à l’hôpital après m’être évanouie.
Je devais avouer que c’était plutôt nouveau, et plutôt vivifiant.

A vrai dire, jusqu’ici, j’avais été plutôt préoccupée, par une foule de choses, au fil du temps. J’étais toujours centrée sur moi-même, sur mes problèmes, et sur ce qui n’allaient pas. Mais, récemment, le ciel semblait s’être éclairci pour moi. Les nuages menaçants s’étaient éloignés, si bien que j’avais parfois l’impression qu’ils n’étaient que le produit de mon imagination. Peut-être l’était-ce en partie.
Toujours était-il que ma vie allait mieux.

Et comme un second souffle, j’avais l’impression de voir les choses d’un nouvel œil. Je n’étais pas au point de danser en chantonnant comme une imbécile heureuse, mais, j’avais le cœur plus léger. Et le sentiment que je pouvais déplacer des montagnes. Que j’allais déplacer des montagnes.
Alors, le pas léger, les mains dans les poches et mon casque sur les oreilles déversant un rythme entrainant de pop musique, je flânais tout en observant avec attention les différentes vitrines du centre commercial. M’arrêtant parfois devant certaines pour fixer ce que le monde avait à m’offrir, j’hésitais, imaginais, pesais le pour et le contre avant de reprendre ma route.

Qui croisa celle d’une boutique de vêtements. Visualisant ma garde-robe qui avait triste mine, je me décidais de pénétrer à l’intérieur, à la recherche de nouvelles petites choses à porter cet automne. Slalomant dans les allées pour arriver aux rayons intéressants, je pris la peine d’enlever mon casque audio lorsque mon regard rencontra celui d’une vendeuse. Politesse oblige, je coupais alors la musique et rangeais mon matériel dans mon sac, au moins le temps de fouiller en long et en large.

J’étais ravie. Je n’avais pas l’habitude de faire les boutiques. Et même si certains diraient que c’était encore mieux à plusieurs, j’appréciais déjà l’allégresse d’un moment de distraction, ou se faire plaisir était le maître mot. Je n’étais pas du genre coquette, loin de là. Surtout lorsqu’on comparait à ma sœur ou ma mère. Mais j’aimais de temps en temps acquérir des vêtements à mon goût. Bien que ce goût ne correspondait pas vraiment aux standards de la mode.

Le nez dans les sweats à capuche, je farfouillais à la recherche d’un qui me plairait plus qu’un autre. J’avais déjà une collection plutôt importante de pull, mais, on n’en avait jamais trop. Après une courte minute la tête dans la penderie, j’émergeais, une moue légèrement contrarié au coin des lèvres. Ce n’était pas ici que j’allais trouver mon bonheur. Jetant mon dévolu sur les pantalons, je continuais mon expédition, me persuadant que je ne sortirais pas d’ici sans avoir au moins trouver quelque chose. Même s’il s’agissait d’un chouchou ou d’une petite culotte.

Et alors que je me dirigeais vers un autre rayon, n’ayant toujours rien dans les bras, mon regard croisa celui d’un homme en face de moi. Et à l’instant même où je focalisais mon attention sur autre chose, ayant décidé d’ignorer cet inconnu comme je le faisais avec tous les autres, j’eu à peine le temps de réaliser que ses mains étaient sur mes épaules et qu’il affichait un grand sourire.

Me crispant d’un coup, je tentais un pas un arrière pour me dégager de ce contact non prévu et presque agressif, mais une force insoupçonnée me maintenait en place et m’empêchait de partir. Mes synapses s’affolaient alors que je ne comprenais absolument pas la situation. Ce gars venait clairement de me confondre avec quelqu’un, et, quand bien même je tentais vainement de bafouiller qu’il y avait erreur sur la personne, son exubérance couvrait toutes mes tentatives. J’eu un mauvais pressentiment.

Son bras passa autour de mes épaules, frisson, et j’étais tellement choquée que je ne pouvais rien faire. Et il n’écoutait rien ! Deuxième essai, je donnai alors un vif coup d’épaule pour m’écarter, mais rien n’y fit, il me menait par le bout du nez comme bon lui semblait, dans un flot de parole continu qui commençait à me casser les oreilles.  Je tentais alors un appel désespéré du regard à la vendeuse d’auparavant, mais elle semblait tout aussi gênée que moi du comportement de leur client. Désespoir, j’allais devoir attendre qu’il me laisse en placer une pour mettre tout ça au clair.

Guidée jusqu’aux cabines pour essayer ses fichus collants, en tout cas, j’imaginais que c’était pour ça qu’il trainait presque « Natsuki » jusque-là, je tentais de garder mon calme malgré les sensations désagréables qui parcouraient mon corps là ou ses mains avaient le malheur de se poser. Serrant les dents, je me faisais violence pour ne pas l’envoyer valsé, au vu du lieu dans lequel nous nous trouvions.

Et alors que je vis les cabines à portée, je fus subitement tirée de l’autre côté, sans comprendre. M’apprêtant à répliquer alors que nous pénétrions dans une partie du magasin que je comprenais interdite aux clients, mon sang s’accéléra et ne fit qu’un tour lorsque sa main vint se plaquer sur ma bouche.  Je le sentais mal.

« Ne pose pas de question, ne crie pas, suis moi ! »

La farce venait de se briser, et je comprenais que l’exubérance d’auparavant était une mise en scène. Mes sens se mirent en alerte, et une terreur profonde se mit à gronder au fond de moi. De multiples questions se bousculaient dans ma tête alors que mon visage s’était figé dans une expression apeurée. J’étais en danger. N’écoutant pas sagement les ordres du type louche, j’emplissais alors mes poumons, et tentant de rassembler mes forces, je poussais alors un hurlement feutré par l’obstruction de ma bouche, tout en me débattant :

« LÂCHEZ-MOI ! A L’AIDE ! QUELQU… »

Je n’eus pas le temps de continuer que je senti mes pieds décoller du sol pour me retrouver porter comme un sac à patate. Les larmes aux yeux, je sentais la panique s’emparer de moins et pomper dans mon énergie, mais je ne baissais pas les bras pour autant. Donnant des coups de pieds, poings et bougeant dans tous les sens, je continuais de crier alors que la porte menant au magasin s’éloignait de plus en plus. J’étais en train d’être enlevée, comme ça. Et personne ne réagissait. Si ça se trouve, une fois dehors, il m’égorgerait, et je mourrai.

Et ça serait la fin.

Un sanglot se coinça dans ma gorge, coupant mon hurlement déjà distordu. Mon assaillant semblait avoir des difficultés, et j’apercevais là une chance. Alors que je mettais tout mon poids pour le déstabiliser et voir une opportunité de m’enfuir. Il tituba, se cogna contre un mur, et fut obligé d’abdiquer. Cependant, même si mes pieds retrouvèrent le plancher des vaches il continuait de tenir avec force mon poignet, m’empêchant de prendre mes jambes à mon cou.

Souffle, respire, ne panique pas. Il n’a pas l’air costaud pourtant, si je frappais au bon endroit, j’aurais possiblement une ouverture. J’avais arrêté de crier, et, les larmes au coin des yeux, je m’apprêtais à attraper son bras pour me rapprocher et le frapper au niveau du sternum. Le choc serait suffisant pour le faire tituber, couper sa respiration, et, en sprintant, je me voyais capable de lui échapper. Ma main cependant, s’arrêta à quelque centimètre de sa peau et je le dévisageais lorsque sa voix résonna dans l’entrepôt du magasin. Ma mâchoire tomba presque sur le sol, et je bafouillais :

« Q-quoi ? QUI ?! »

Il déraillait, et je ne savais même pas pourquoi je l’avais écouté. Ma chance s’envolait, et il se remit à courir, m’emportant derrière lui alors que je trébuchais presque à chaque pas. Je venais de me condamner. Et il me disait que je le remercierais. De m’avoir tué. Il était fou. J’étais tombée sur un psychopathe en plein délire et j’avais creusé ma propre tombe en laissant ma raison prendre le dessus, un court instant.
Mes forces commençaient à me quitter, les effets de l’adrénaline s’effaçant face à ceux du désespoir. J’étais trop jeune. Je ne voulais pas. Si je mourrais aujourd’hui, qu’est-ce qu’il allait se passer ? Je ne reverrais plus ma famille, mes amis. Plus personne. Ça allait se finir, brusquement. Le livre se refermerait, et c’est tout. Le néant.

Non. Non. Je refusais. Pas sans avoir tout donné. Pas sans avoir tenté la solution la plus désespérée. Par sans m’être accrochée de toutes mes forces restantes à la vie. Hors de question.

Je fronçais alors les sourcils, me laissant emportée en dehors de l’entrepôt. La porte fut franchie d’un coup d’épaule, et j’attendais le moment, la seconde fatidique. Là, alors que je mis le premier pied à l’extérieur, je balançais de tout mon poids vers l’arrière dans une rage destructrice. Retenue par son emprise qui m’empêcha de m’étaler au sol, je profitais alors des forces contradictoires lui ayant fait perdre l’équilibre, et, agilement, je pivotais sur mon pied d’appui, attrapais son bras pour le tirer contre mon dos. En une prise parfaitement maitrisée, il fut emporté au-dessus de moi, et je le jetais au sol violemment. Malgré la différence de taille, de poids et de force, j’avais utilisé le mouvement à mon avantage.

N’attendant pas qu’il se remette de la chute, je me retournais alors, et observais la ruelle dans l’espoir de trouver un échappatoire. Le cœur battant à 100 à l’heure, je me mis donc à courir le plus rapidement possible, évitant de justesse les poubelles et autres cagettes qui se présentaient sur mon chemin. Croisement. Je ne pris pas le temps de freiner et bifurquais à droite. La ruelle s’assombrissait, je regardais en arrière.
Je ne devais pas m’arrêter. Mais j’y fus contrainte. Cul de sac. Je me stoppais, haletante, et m’apprêtais à repartir en sens inverse. Trop tard. Il était déjà là. Me plaquant au mur derrière moi, j’attrapais la première chose qui me tomba sous la main, en l’occurrence, un vieux tuyau rouillé et me mettais en position de défense.

Mes mains tremblaient. Mon cœur tambourinait dans mes oreilles. Mon sang battait dans mes veines. Et mon souffle se coupait. Et il s’approchait. Je lâchais alors, hargneuse :

« Vous êtes qui ?! Qu’est-ce que vous me voulez ?! »

J’espérais que ma voix soit assurée, mais elle se brisa en milieu de phrase. Et dans mon esprit, le ciel affrontait la tempête.

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La consécration:
 
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MessageSujet: Re: Je me perds dans mes propres guerres, vaillamment. [Nao]   Mar 15 Sep 2015 - 18:15


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Je me perds dans

mes propres guerres, vaillamment.



Évidemment, quand on disait à quelqu'un de ne pas crier, il criait. C'était un instinct de survie très puissant, le cri, et aussi très stupide... Essayez de crier face à un ours enragé, pas sur que ça vous sauve. En attendant, Wun était loin d'un ours, et ça n'empêchait pas la demoiselle en détresse de s'époumoner. Heureusement, la reprise de la course infernale finit par la faire taire, même si clairement elle avait déjà dû alerter tout le centre commercial. Raison de plus pour se grouiller !

Il prit tout de même le temps de lui signaler qu'il y avait des types louches qui lui en voulaient, espérant sans doute la faire détaler plus vite. Il n'eut droit qu'à une question -enfin deux- pour réaction. Euh comment ça qui ? C'était pas plutôt à elle de savoir qui pouvait lui en vouloir ? Oh qu'importe.... Pas le temps de lancer un débat, les autres n'allaient pas tarder à rappliquer. Ignorant ses questionnements profonds, il reprit la course, la porte de sortie était proche. Il l'ouvrit sans délicatesse, tel la brute qu'il devait donner l'impression d'être. Ouf, l'air frais, la liberté, et.... Le sol ?

Ca, il ne l'avait pas vu venir. Il resta un instant allongé sur le dos à grommeler et cligner des yeux bêtement. Bordel, c'est que ça fait mal les pavés quand on n'a pas de gras pour amortir ! Et c'était quoi cette demie portion aux tendances Ninja cachées ? Il se mît à maudire dans sa barbe -inexistante- en russe, tout en se redressant dans des grimaces de douleur. Mais qu'est-ce qui ne tournait pas rond chez celle là ? Il essayait de la sauver et elle jouait à Karaté Kid ? Vive de corps mais pas d'esprit visiblement... Il releva la tête juste à temps pour la voir tourner dans ce qui devait être une ruelle et il hésita un instant... La suivre ou non ? Oh et puis merde ! Si elle préférait crever dans un coupe gorge plutôt que d'accepter son aide, il n'allait pas se battre pour se refaire plaquer au sol par Jackie Chan. Il ne savait même pas trop pourquoi il avait tenté de l'aider ... C'était plus fort que lui, il n'avait même pas réfléchi sur le coup, laissant comme souvent son instinct prendre le dessus.

Il était maintenant sur ses deux jambes et marchait sans se presser dans la direction de la ruelle. Mais il ne tournerait pas. Il continuerait tout droit vers ses activités, laissant sa princesse en détresse se dépatouiller avec ses stalkers. En tout cas, ce fut le plan jusqu'à ce que le bruit de la porte métallique le fasse sursauter. Il n'osa pas se retourner, songeant que si c'était les types louches, il avait sacrément intérêt à disparaître illico ! Pour sur, l'un d'eux l'avait remarqué avec la Ninja dans le magasin, et il allait passer un sale quart d'heure. Alors sans trop réfléchir, il détala jusqu'à la ruelle qui s'avéra en fait être... Un cul de sac. Il y fut accueilli par la Ninja en position d'attaque et un vieux tuyau très... Menaçant ?

Mais là tout de suite, le principal, c'était qu'elle ne crie pas ENCORE ! Posant son index sur sa bouche, il fit de grands gestes en direction de la sortie d'où ils venaient, espérant qu'elle coopérerait et la mettrait en sourdine. Ah bah non, perdu. Elle venait de parler hyper fort. Roulant des yeux, Wun fit demi tour pour vérifier discrètement si elle avait ameuté leurs poursuivants. Heureusement, il ne vit personne, ce qui signifiait que les personnes qui étaient sorties étaient soit parties dans la direction opposée, soit rerentrées dans le centre commercial. Dans tous les cas, ils étaient temporairement tranquilles.

Se retournant vers la demoiselle, il s'approcha d'elle, levant ses mains, les mettant bien en évidence pour signaler son inoffensivité et ne pas d'avantage l'effrayer. Franchement, ce n'était pas son fort... Il n'avait jamais su gérer ses propres émotions, alors celles des autres, franchement....

Se souvenant qu'elle lui avait posé une question, il fronça un peu les sourcils, se reconcentrant.

« Je suis... Euh... »

Ah bah oui, il avait pas prévu de super identité secrète, il était censé avoir une journée pépère aujourd'hui, pas une course poursuite. Vous avez dit fugitif en carton ? Essayez de faire mieux au lieu de critiquer.

« Non mais on s'en fout de qui je suis ! Quelle partie de "ils veulent ta peau" t'as pas compris ? »

Il mît du temps à réaliser que la demoiselle était juste terrorisée. Pas par ces types, mais par la situation, par lui. Pourtant il n'avait pas l'habitude de faire peur. Ethan lui disait toujours qu'il ressemblait à un putain de bisounours. Un Bisounours camé, certes, mais un Bisounours quand même. Ca lui avait même causé du tort quand il était dans l'Organisation. Et puis il se souvint d'Ellen. Elle aussi, il lui avait fait peur, très peur. Son cœur se serra un peu en repensant à la demoiselle. Voilà une cicatrice que son cœur n'avait jamais su refermer, malgré Kuro.

Mais ce n'était clairement pas le moment de se laisser aller au sentimentalisme. Il jeta un regard à la jeune fille qui tenait toujours le tuyau pointé vers lui.

« Baisse ça ! J'ai pas envie de me choper le tétanos avec tes conneries... »

Il s'adressait à elle comme il s'adresserait à son pote... Wunjo et la courtoisie ça n'avait jamais fait bon ménage.
Passant sa main dans sa tignasse blonde, observant son interlocutrice, se demandant ce qu'elle avait fait pour mériter d'être une cible de gang. Elle ne devait pas être une habituée de ce genre de fréquentations, sinon elle le menacerait avec un flingue ou un couteau à cran, pas un bout de fer rouillé trouvé dans les ordures.

« Tu as déjà vu ces types ? »

Il essayait de comprendre ce que des malfrats dans leur genre pouvaient bien vouloir à une demoiselle d'apparence aussi.... Banale. Pas au sens péjoratif du terme. Mais elle n'avait pas le profil typique de la gamine fréquentant les gangs armés de Bougu, vraiment pas. Les apparences étaient parfois trompeuses ceci dit, et l'image de ce petit lutin du Père Noël roux armé d'un arc lui revint en tête. C'était quoi son nom déjà ? Ils étaient tellement rapidement partis sur le terrain des surnoms -Lutin et Grand Duc, le duo de choc- qu'il avait failli oublier. Mais non, Ethel, son nom c'était Ethel. Elle non plus elle n'avait pas franchement la dégaine ou le profil du gangster. Il posa ses yeux, dont les couleurs semblaient parfaitement assorties sur elle, l'air suspicieux. Qu'il soit sous couverture ou non, il avait pris l'habitude de porter des lentilles, les yeux vairons ça marquait un peu trop les esprits pour être discret. Même si quelque chose lui disait qu'il avait marqué l'esprit de la gamine d'une toute autre manière cette fois ci.

« Tu consommes de la drogue ? »

demanda-t-il d'un coup, suivant le fil de ses idées qui l'avait mené de Ethel au trafic de drogue. Peut être n'avait-elle pas payé ses dealers, qui avaient décidé d'envoyer leurs gros bras réclamer les pépettes en direct ? Mais quelque chose clochait dans cette hypothèse. Elle ne pouvait pas se procurer de la drogue suffisamment régulièrement pour s'attirer de tels ennuis et être tétanisée à l'idée que de sales types puissent lui en vouloir. Ca ne collait pas. Elle n'aurait pas été AUSSI surprise, sa conscience aurait déjà agité la clochette de la culpabilité quelque part dans son cerveau. Non, c'était autre chose. Mais quoi ? Et plus important ... Qu'est-ce qu'il en avait à foutre ? Rien, en théorie, et pourtant, il était encore là à jouer à Sherlock Holmes -un très mauvais Sherlock d'ailleurs.

« On ne peut pas rester là, ils risquent de revenir sur leurs pas s'ils ne te trouvent pas »

fit-il remarquer au bout d'un moment, jetant des coups d'oeil prudents par dessus son épaule comme s'il s'attendait à les voir surgir.






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MessageSujet: Re: Je me perds dans mes propres guerres, vaillamment. [Nao]   Dim 1 Nov 2015 - 0:27

Inspirer, expirer, maintenir la position pour le plus d'efficacité possible. Dans ma age thoracique, je sentais mon cœur bondir comme pour s'en échapper. Et mes prunelles restaient fixé sur l'individu qui s'approchait, vibrante au rythme de la panique.

La distance entre lui et moi me procurait un pseudo sentiment de sécurité, ou du moins, la sensation qu'il était possible que je m'en sorte. Par conséquent, mon cerveau, toujours en état d'alerte, pouvait se concentrer sur autre chose que la fuite, que survivre, que m'échapper des griffes du grand méchant loup. Même si je n'étais pas encore tirée d'affaire.
Mon regard se mis à analyser l'individu en face de moi, que je pouvais voir clairement, posément, depuis la première fois depuis cette course. Il n'était pas bien épais, et il n'avait vraiment pas l'air d'être un gros bras des yakuzas.Son attitude, étrangement, n'avait rien de menaçante. Il avançait même les mains levées comme un signe qu'il était sans danger.  Je me mordais la lèvre alors que des questions commençaient à émerger dans mon esprit.
J'étais perdue. Il y avait trop d'élément dissident avec l'idée que je me faisais, que je connaissais d'un kidnapping. Était-ce une stratégie pour me mettre en confiance, et quand je ne m'y attendrais pas, il me collerais un mouchoir de chloroforme sur le visage ? Non, ça ne collait pas, il ne m'aurait pas attraper de manière aussi forte en plein magasin. A moins que ce soit un plan B ? Mais ça me semblait une stratégie un peu trop élaborée pour quelqu'un qui m'avait transporté comme un sac à patate il y avait à peine 5 minutes.

De façade, j'essayais de garder mon assurance, mais je sentais que mes forces ne ferais pas le poids si je n'étais pas efficace rapidement. Mes mains tremblaient et étaient moite de sueur, tandis que je tentais de garder une prise la plus ferme possible sur la barre de fer rouillé.
Soudainement, il se décida à répondre à la question que je lui avait presque hargneusement lancée au visage. Enfin, ce fut l'espoir que j’eus un court instant, avant qu'il ne décide que ce n'était pas important.
Je fronçais les sourcils alors qu'il répétait la phrase ce qu'il m'avait dit un peu plus tôt.

La tête un peu plus reposée -si je puis dire ainsi-, les pièces du puzzle semblèrent s'agencer pour former une image toujours un peu floue, mais compréhensible. Mes yeux s'écarquillaient alors que je commençais à comprendre que j'avais peut être fait fausse route. En même temps, vu les circonstances, n'importe qui en aurait fait de même.
Mais d'un autre, ça expliquait plus ou moins son apparence inoffensive, et que ses actions précédentes, bien que terriblement tordues, étaient en fait un moyen de me.... protéger ?

En tout cas, j'avais récupérer assez de capacités cognitives pour comprendre que c'est ce qu'il essayait de me dire. Ou de me faire croire. Je restais sur mes gardes, mais la pression sembla redescendre d'un coup. Mes jambes se mirent à flageoler comme si elles étaient en coton. Je tentais cependant de ne pas le montrer. Après tout, dans son histoire, il y avait toujours un élément qui semblait ne pas faire sens : A qui faisait-il allusion avec ses « ils » ?
Parce que même si j'admettais qu'il essayait vraiment de me protéger, la question restait qui se posait était « de quoi ? ». J'étais tranquillement en train de faire du shopping, et à moins que les pantalons se soient rebeller contre la race humaine, je ne voyais clairement pas ce que j'étais en train de risquer, ou quel danger me menaçait. Peut-être que ce gars hallucinait ? Qu'il était paranoïaque ? Et que dans un élan d'héroïsme, il m'avait inclut dans ses délires pour me sauver de ses « ils » dangereux ?
Pourtant, il semblait plutôt sain d'esprit, au premier coup d’œil. Loin des fous furieux au regard déments.

« Baisse ça ! J'ai pas envie de me choper le tétanos avec tes conneries... »

Je sortais de mes réflexions alors qu'il m'interpellait, et je me rendais compte que j'étais toujours en position défensive. Hésitant quelques secondes, je me demandais s'il était vraiment judicieux de baisser ma garde. Mais d'un côté, il n'avait vraiment rien d'agressif, alors, je n'avais pas vraiment de raison de l'être aussi. Si on occultait le fait qu'il venait quand même de m'enlever. J'optais alors pour la solution intermédiaire et abaissait la barre de fer, mais la gardait toujours fermement dans ma main droite. Au cas où, j'avais toujours la possibilité de décocher un coup en visant le menton.

« Tu as déjà vu ces types ? »

« Ils » se précisaient en « ces types », mais ça ne m'aidait pas plus. La piste du paranoïaque commençait à peser de plus en plus dans la balance. Ayant retrouver mon calme, j'affichais désormais une expression froide , et déclarais alors, la voix légèrement enrouée d'avoir crier :

« Je... Je n'ai vu personne. De qui vous parlez exactement ? »

D'avoir pu aligner des mots posément me redonna un semblant de confiance en moi, et je continuais, avec un peu plus d'aplomb, le regard sévère.

« Le seul type louche que j'ai vu, c'est vous, et vous avez essayer de m'enlever à l'instant. »

J'espérais recueillir des informations, de quoi comprendre ce qu'il se passait exactement. Mais il semblait absorber dans ses pensées, pour en ressortir d'un coup et me demander de but en blanc... si je prenais de la drogue. Du tac au tac, je grimaçais une mine d'incompréhension en lâchant un « Non ! » comme si la réponse était évidente.
Bien sur que non, je ne prenais pas de drogue, pourquoi j'irais traîner dans ce genre de truc louche ?! Et puis, qu'est-ce que ça pouvait lui faire exactement ?

Et il repartit dans ses pensées. Et sur le coup, je me sentais un peu bête. J'avais l'impression à cet instant d'être tombée sur un sacré énergumène. Je soupirais alors longuement, jetant un œil à la barre de fer et me demandant si cela valait vraiment la peine que je me salisse les mains avec de la rouille, au vu du personnage en face de moi. Après tout, même s'il avait plus de force que moi, je l'avais envoyer valser plutôt facilement. Et plus les minutes passaient tandis que je le fixais, plus j'avais l'impression que tout ça n'était qu'une grosse blague.

« On ne peut pas rester là, ils risquent de revenir sur leurs pas s'ils ne te trouvent pas »

J'haussais un sourcil. Théoriquement, son raisonnement tenait, si, je considérais que j'étais véritablement en danger avec « ces types », et que lui, tel un chevalier servant, m'avait sauver de cette situation. Concrètement par contre, on ne pouvait pas dire que je lui faisais confiance.
Cependant, il avait raison sur un point, on ne pouvait pas rester là. Et ce, même pour ma sécurité, il était plus judicieux que je sois à un autre endroit qu'ici, dans une impasse isolée, seule avec lui. Retourner dans une rue principale du centre ville me paru une bonne idée, et s'il se passait quelque chose, il y aurait des témoins, et avec un peu de chance, un policier pour intervenir.

Je le toisais, puis lâchai un soupire avant de lancer ma barre de fer dans les vieux détritus qui traînaient à côté de moi. Le son du métal résonnant contre le bitume fit un échos dans l'impasse, et j'époussetais mes mains l'une contre l'autre avant d'en poser une sur ma hanche et de déclarer.

« Très bien. On retourne dans la rue principale. »

Je décidais de ne pas faire mention des « ils », me disant que l'on aurait tout le temps de papoter une fois que je me sentirais vraiment en sécurité. Et qu'un agent des force de l'ordre pourrait lui sauter dessus pour lui passer les menottes au moindre geste louche. Je ne bougeais cependant pas de suite, et annonçais :

« Par contre, vous marchez devant, à au moins 5 mètres de moi. »

Ça me laissait assez de distance pour ne pas qu'il me prenne par surprise et que je puisse réagir en conséquence, si jamais. Je me sentais regagner la maîtrise de la situation, alors non, je n'allais définitivement pas mourir aujourd'hui. Hors de question.

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MessageSujet: Re: Je me perds dans mes propres guerres, vaillamment. [Nao]   Lun 13 Juin 2016 - 21:00


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Je me perds dans mes propres guerres vaillamment

Nao & Wun


Comment faisait-il au juste pour toujours atterrir dans des plans foireux ? Que ce soit les siens ou ceux des autres, ça semblait lui coller au train. Il avait du en faire de vilaines choses pour que le Karma ne s’acharne de la sorte sur lui…. A bien y réfléchir, entre tuer des gens et dealer de la drogue, ouais, le Karma avait l’embarras du choix comme excuse pour faire de sa vie un enfer.
La tête dans les nuages, occupé à s’apitoyer sur son sort, il ne vit pas tout de suite que la jeune fille en face de lui était en train de le disséquer des yeux, cherchant à analyser la moindre parcelle d’information pour essayer, sans doute, de comprendre la situation. Le plus drôle, dans l’histoire, c’était que ni l’un ni l’autre n’avait toutes les pièces du puzzle, aucun des deux n’avaient les réponses aux questions de l’autre, même si la brunette ne semblait pas désespérer d’obtenir des données de la part du Russe.

Lorsque Wunjo ramena son attention sur elle, elle était clairement en train de cogiter, il pouvait presque voir les rouages s’agiter derrière ses yeux. Elle était en train d’essayer de saisir la situation avec le peu d’informations qu’elle avait pu rassembler. Et lentement, très lentement, il la vit non pas baisser sa garde, mais commencer à envisager qu’il n’était pas le grand méchant loup de l’histoire. D’ailleurs il n’était même pas grand. Et pas foncièrement méchant. Quant au loup… il ressemblait plus à un genre de Husky du grand nord.

En attendant, elle tendait toujours ce foutu bout de ferraille dans sa direction, et ça ne lui plaisait pas beaucoup. Ca pouvait faire un mal de chien ces conneries, et en plus, ça devait être plein de saloperies, et ce n’était VRAIMENT pas le bon moment pour finir à l’hôpital. Pas qu’il y ait franchement de BON moment pour y atterrir, mais il y en avait pour sûr des moins pires que d’autres –et ça n’en était pas un. Il lui ordonna donc de baisser son « arme » de fortune. Elle sembla hésiter un instant –qui ne l’aurait pas fait à sa place- avant de finalement obtempérer, sans pour autant la lâcher. Bwarf, si ça pouvait la rassurer… Il espérait simplement qu’elle n’était pas maladroite au point de le griffer avec par mégarde. Les gens pouvaient devenir particulièrement dangereux dans la panique.

Maintenant qu’elle semblait un peu moins apeurée –même si on était encore loin de pouvoir la qualifier de « rassurée »- le blondinet entreprit de récolter à son tour le maximum d’informations pour essayer de mesurer l’ampleur de la merde dans laquelle il venait de s’embourber. A commencer par essayer d’identifier les types louches qui lui avaient tourné autour dans le magasin. Mais la réponse de la demoiselle fut très loin d’être satisfaisante.

« Tu plaisantes j’espère »

Marmonna-t-il, incrédule, oubliant au passage que tout le monde n’avait pas été élevé dans la paranoïa totale, à toujours regarder par-dessus son épaule, à se méfier de la moindre personne semblant emprunter le même chemin que soi.

« Tu veux dire que tu n’as pas du tout remarqué que 4 types se trimballant presque avec un panneau « Bad guys » autour du cou te suivaient ? »

Il avait haussé les sourcils et serré les dents en un sourire crispé, les mains écartées, comme s’il attendait qu’elle lui réponde en riant : « Mais bien sûr que si ! Tu me prends pour qui ? ». Sauf que cela n’arriva pas, et il ferma un instant les yeux, inspirant profondément pour ravaler son dépit. Ce que les gens pouvaient être aveugles parfois… C’était sans doute les mêmes qui tombaient des nues lorsqu’il découvrait qu’intel ou intel en pinçait pour eux. « Nooooon il s’intéresse à moi ?! ». A PEINE HELENE.
Wunjo finit par lever les yeux au ciel, se faisant une raison : elle était jeune et probablement à des kilomètres de toutes les magouilles qui se tramaient à Keimoo, pourquoi surveillerait-elle ses arrières ? Cela dit, ça confirmait au moins une chose : il n’y avait en apparence AUCUNE raison pour qu’elle se retrouve mêler à ces malfrats.

Sa voix pleine de reproches le ramena dans la réalité où il se faisait accuser d’être le type louche.

« Je suis pas louche, je suis… Oh et puis merde »

Il croisa ses bras sur son torse, dévisageant la demoiselle avec un air contrarié. Ok, il était peut être un peu louche. Vu ses fréquentations habituelles, ça ne choquait pas grand monde. Il se souvenait qu’Ethan lui avait une fois ou deux demandé de faire un effort vestimentaire, mais ça le faisait franchement braire. Il aimait bien ses espèces de vieilles fringues passe-partout, qui le faisaient certes ressembler soit à un clochard, soit à une racaille de bas étage, mais qui avaient le mérite d’être ultra confortables.

« J’ai pas essayé de t’enlever j’ai essayé D’EMPÊCHER qu’on t’enlève… Bordel c’est pas la gratitude qui t’étouffe ! »

Non c’est vrai quoi, il aurait pu la laisser se démerder toute seule avec ses potentiels futurs ravisseurs… D’ailleurs il aurait dû. Il serait tranquillement en train de vaquer à ses occupations, et c’est elle qui aurait à torturer les méninges pour se sortir de sa situation pourrie. Et la culpabilité ne l’aurait rongé que quelques heures… Peut être moins avec un spliff. Mais non, il avait fallu que les miettes de chevalerie en lui ne se manifestent pile poil au moment où une demoiselle en détresse surgissait. Une demoiselle en détresse sauvage apparaît. Wunjo lance « acte héroïque »… Ce n’est pas très efficace.

Heureusement, la mère Thérésa en lui n’avait pas encore abandonné l’idée d’aider la brunette, et ce même si c’était plutôt tentant… Franchement, elle mériterait qu’il la plante ici toute seule. A la place, il lui rappela que rester ici n’était pas une très bonne idée et, une fois n’est pas coutume, elle semblait d’accord avec lui… à un détail près.

« Ouiiiiii, excellente idée. Retournons là où ils t’attendront sans doute le plus pour qu’ils puissent retrouver ta trace, te suivre jusqu’à ce que tu sois toute seule, et finir ce qu’ils avaient entrepris de faire »

Répliqua-t-il du tac au tac, incapable de garder son cynisme pour lui. C’était plus fort que lui… Particulièrement lorsqu’il n’était pas de très bonne humeur comme c’était le cas actuellement. Et la brunette avait l’air de vouloir enfoncer le clou. Si elle continuait, elle allait finir par le mettre vraiment en rogne.

« Me file pas d’ordre, gamine. J’ai une meilleure idée si ça te dérange clairement de marcher avec moi : et si je te plantais ici toute seule et que tu te démerdais comme une grande pour échapper aux autres barjots ? Hein, qu’est-ce que t’en penses ? »

Laissant échapper un soupir, il lui tourna le dos et commença à marcher dans la direction opposée à la rue principale. C’était à elle de voir. Soit elle suivait son plan foireux et décidait d’affronter la situation à sa manière, et sans son aide, soit elle le suivait sans faire sa princesse. Et si elle prenait l’option B, il l’aiderait. A sa manière. Ca ne lui plairait probablement pas, comme manière, mais c’était ce qu’il avait de mieux à lui proposer. Et puis franchement, il lui avait laissé sa chance. Si elle ne la prenait pas, il espérait au moins que sa foutue conscience allait avoir le bon goût de la mettre en sourdine, parce que merde, il avait fait un effort….


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