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The Future is like a puzzle with missing pieces: difficult to read, and never, never what you think.
 
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 Le géant de papier [PV Naoko]

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Haruhiko Nakamura
▼ Université - 3ème Année - Capitaine Basket
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MessageSujet: Le géant de papier [PV Naoko]   Mar 1 Sep 2015 - 1:58



Ses baskets crissaient sur le linoléum du gymnase. L’on n’entendait plus que des souffles incertains. Chacun retenaient sa respiration. Le dernier point, la balle de match décisive. Il ne restait plus que trente secondes de jeu et Haruhiko était positionné en avant centre, comme on l’avait promu. Il attendait le  cœur en alerte que son co-équipier ayant la balle lui envoie. Il ne devait pas louper la réception et son tir. C’était leur unique chance d’emporter le tournoi. Respirant fortement, ses yeux ne quittaient plus la balle des yeux. Un des adversaires avait vu la possibilité de jeu et s’était positionné juste devant lui. Il devait anticiper. Son coéquipier allait soit viser plus haut pour qu’il atterrisse en arrière de l’adversaire, ou alors sur le côté, espérant qu’il soit assez rapide pour la rattraper et qu’elle ne s’échappe pas en dehors du terrain.
Puis vint le moment décisif. Son coéquipier avait choisit la passe haute, misant sur la hauteur spectaculaire d’Haruhiko. Sans plus attendre un instant, il tendit les muscles de ses jambes et s’élança en l’air, beaucoup trop haut pour que son adversaire ait une chance de l’attraper et ce malgré qu’il se soi lui aussi lancé en l’air. Lorsque sa main entra en contact avec la gomme de la balle, il s’en saisit fermement, ses pieds le réceptionnant sur le sol dans un claquement sourd. La tension était à son comble. Immédiatement, il pivota sur la droite ne bougeant que son pied droit pour la rotation. L’ailer vint prendre la défensive en se positionnant face à lui, les bras levés. Il observa rapidement à droite, puis à gauche. Un drible lancé sur le sol, il se décala sur la droite encore un peu plus, se libérant de l’étreinte de son adversaire. Un pas, suivit d’un deuxième qui servit d’élan pour son saut ultime. Le bras en l’air et le corps tendu, il sauta directement au panier pour y déposer le ballon droit devant. L’action ne dura qu’un dixième de secondes et le point fut marqué par un dunk. L’équipe venait de remporter le match grâce à ce coup décisif ! Le chrono cria la fin du match laissant un vide presque gênant de quelques secondes déchiré par un tonnerre d’applaudissements.

Et voilà le triple champion en tire ! Haruhiko Nakamura, joueur n°1 du japon !


Un tonnerre d’applaudissements gronda tandis qu’il reprenait son souffle, le cœur battant. Un large sourire se dessina sur son visage. Son père pouvait être encore fier de lui !

****


Un air béat sur le visage, l’athlète dormait à poings fermés sur sa table d’étude. Quelqu’un semblait l’appeler… Une… Deux fois. Il ne comprenait pas.

- NAKAMURA.

- Pré-Présent !

Le jeune homme s’était redressé aussi tôt qu’il eut entendu son nom être prononcé. Droit comme un piquet, il vit les regards de la classe s’être posés sur lui. Un coup d’œil au tableau lui indiqua qu’il avait très certainement loupé une bonne partie du cours…  Lorsqu’il comprit son imbécilité, la classe se mit à rire. Rouge jusqu’aux oreilles, il se rassit immédiatement en proliférant milles excuses envers le professeur… Il avait la chance d’être dans un cours où il était particulièrement doué et attentif en général. Sinon il reprendrait la voie du jardinage à coup sûr… Le professeur qui s’était déplacé jusqu’à lui pour le réveiller retourna donc au tableau, l’air mécontent au visage.
Soupirant, il se remit à relire ses notes et se rendit compte qu’il n’y avait rien de bien concluant ce cours-ci… Il allait falloir qu’il trouve quelqu’un pour lui passer les notes certainement. Réfléchissant quelques instants, il se fit surprendre par la sonnerie de midi. Oh… Il avait dormi la moitié du cours finalement. La faute à son surplus d’heures au Konbini la veille, très certainement. Au vu du regard du professeur planté droit sur lui, il se dit que c’était certainement une bonne idée d’aller le voir avant de sortir… Au moins pour s’excuser un peu plus formellement.

Cela lui prit un bon cinq minutes, tandis que la salle se vidait totalement. Ils n’étaient pas énormément dans la section sportive en comparaison des autres sections, mais cela suffisait à remplir plus qu’une classe de lycée. Retournant à sa place pour aller chercher son sac, il entendit des rires étranges à l’extérieur.  Comme si quelque chose se passait là-bas. Certainement rien de bien intéressant, se dit-il. Cependant, il vit plusieurs têtes se glisser à l’intérieur de la salle, comme pour le regarder, se retirer et pouffer de rire. Y avait-il quelque chose de drôle ? A moins que sa performance de sommeil ait encore attiré des humoristes en devenir… ?
Plongé dans l’incompréhension  totale, il s’avança jusqu’à la porte, bien décidé à aller se reposer à l’air libre pour le midi. A peine s’était-il approché que Fukubi, un de ses camarades de classe l’avait intercepté un grand sourire aux lèvres.

- Dis-donc toi ! Tu nous avais caché que tu avais une copine !!

Nonchalamment, Fubuki donna un coup de coude dans les cotes du jeune homme, totalement perdu.

- Une… Quoi !?

- Allez, nie pas ! Elle t’attend devant la classe !

De quoi parlait-il ? Ca se saurait s’il avait eu une petite amie ! Il aurait certainement même été le premier au courant. La réponse semblait se trouver de l’autre côté de cette porte, apparemment… D’un pas pressé, il franchit le seuil pour voir Fubuki et deux autres gars de sa classe… Autour de …

- Oh, Tanaka-han !

Voyant les regards croches que lui adressaient ses camarades, il se mit bêtement à rougir. Ce qui lui valu d’autant plus de moqueries.

- Dé-détrompez-vous ! Ce… Ce n’est pas ce que vous croyez !!

Il jeta un regard à Tanaka, espérant très fortement qu’elle n’ait pas mal prit les niaiseries de ses camarades. Il était totalement désemparé face à eux…

- Désolé pour leur manque de tact ! Ils aiment bien taquiner les autres… Ah ah !

Du moins, c’est ce qu’il avait pu constater à force de les observer avec le temps… Ils ne semblaient pas bien méchants. De gêne, il se passa la main derrière la tête, grattant ses cheveux frénétiquement.


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Naoko Tanaka
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MessageSujet: Re: Le géant de papier [PV Naoko]   Mar 1 Sep 2015 - 4:42



Je marchais lentement dans les rues calmes de la ville, alors qu’un beau soleil réchauffait l’air de cette matinée de septembre. Il y a de cela quelques jours, j’avais vu arriver la rentrée comme une surprise à ma porte. Durant les deux dernières semaines d’août, j’étais partie à Tokyo rendre visite à toute la famille. Ça s’était bien passé, très bien passé, et j’avais même eu un peu de mal à partir. Il m’avait tous énormément manqué, et c’était peut-être bête à dire, mais, cela faisait du bien se retourner chez soi. Même si j’étais à l’aise dans ma maison à Keimoo, ça ne valait pas le confort du cocon familial. En plus, mon père avait eu l’occasion de se libérer, et nous avons pu passer du temps tous ensemble -chose rare-. Oui, j’avais vraiment passé du bon temps.

Le retour à la réalité n’avait été que plus dur. Et à peine le lendemain de mon rétablissement à Keimoo, je devais retourner sur les bancs du lycée. J’avais eu un mal fou à me remettre dans le rythme, et avait failli m’endormir plus d’une fois en cours le premier jour. Heureusement que les programmes n’étaient pas encore trop chargé. Mais les professeurs nous avaient prévenus quant à l’approche des examens de Noël. Quelle plaie, je ne préférais pas y penser maintenant.

Je traînais les pieds alors que les grilles de l’Académie se profilaient à l’horizon. Je n’étais pas plus motivée aujourd’hui, et, à vrai dire, j’aurais largement préféré rester bien au chaud dans mon lit. Et ne pas en sortir. Et ne plus jamais en sortir. Je soupirais, calant mes mains dans mes poches alors que mon sac à dos se maintenait sur mon épaule. Décidément, il n’y avait rien d’attrayant dans l’optique des cours de cette journée.

Enfin, rien, je mentais. Il y avait bien une chose, mais, c’était… extra-scolaire. Ne vous emballez pas tout de suite, je sens que vous vous faites des idées. Disons qu’aujourd’hui, j’avais juste décidé de payer ma dette. Rien de plus, rien de moins, en tout bien tout honneur. Le mois dernier, par un hasard totalement fortuit, je m’étais retrouvée à croiser Inu-san dans un kombini. Et à un terrain de basket. Nous avions passé une partie de la soirée ensemble, ici encore, en tout bien tout honneur. Mais, comme il avait été plutôt sympa avec moi, j’avais décidé de le remercier avec une pâtisserie. Aucun sous-entendu là-dedans, j’avais juste prévu d’en faire et ça s’était présenté comme ça. Et puis, il avait l’air d’aimer les sucreries, alors, ça tombait plutôt bien.

D’ailleurs, durant cette soirée, Inu-san m’avait donné son adresse mail. Et soit dit en passant, je devais peut-être arrêter de l’appeler comme ça. Je n’avais pas particulièrement pensé à lui demander son nom, disons que la question ne s’était pas vraiment poser. Même si maintenant, j’avais son prénom. Haru. Je devais avouer que ça me perturbait un peu, à cause de la même racine avec Haruhiko. Et puis, en un sens, Inu-san lui allait mieux, de mon point de vue.

Enfin, même avec son adresse, nous n’avions pas particulièrement échangé, depuis. Je lui avais juste envoyé un email en rentrant chez moi ce soir-là pour qu’il ait mon adresse en retour. Et un hier, pour lui signaler que j’avais réussi à faire les macarons, et que je lui apporterais aujourd’hui. Concis, direct, il me semble ne même pas avoir mis de smiley. J’espérais que je n’avais pas paru trop froide.  Enfin, c’était fait.

Je pénétrais alors sur le campus, il était relativement tôt, et, ayant prévu le coup, je me dirigeais vers le bâtiment des clubs. Détour presque obligatoire, je déposais mon Tupperware de macarons sur un des plans de travail de la salle du club de cuisine. Je ne pouvais pas lui donner comme ça, la moindre des choses était de prévoir un emballage. Je regardais les petits gâteaux rond et rose dans le contenant en plastique. Surtout qu’ils étaient étonnamment jolis. Ils auraient presque pu rivaliser avec ceux qu’on trouvait en boutique. Et ils étaient bons ! Il fallait dire que… je m’étais beaucoup entraînée. Ma famille n’en pouvait plus, ils avaient subi tous mes essais, et avait servi de goûteurs. Himiko a même fini par jurer qu’elle n’en mangerait plus aucun de sa vie. Elle qui n’était déjà pas très sucré, j’avais apprécié grandement son dévouement.

En même temps, lorsque je lui avais annoncé, au détour de la conversation, qu’ils étaient pour quelqu’un, elle m’avait presque sauté à la gorge pour en savoir plus. J’avais alors subi un véritable interrogatoire, alors qu’elle m’avait toisé tout le long d’un regard rempli de sous-entendu. En même temps, je comprenais un peu. J’étais l’asociale de la famille, alors, lorsque je parlais d’autre gens, c’était tout de suite extraordinaire. Quoi que là, le fait que je fasse des gâteaux pour un garçon eu l’air de la surexcitée plus que d’habitude. C’était simplement pour payer ma dette, pourtant.

Toujours est-il que, voulant faire les choses bien, je ne m’étais pas arrêter avant d’avoir un résultat plus que convenable. Quelque chose que je n’aurais pas honte d’offrir. Et même si j’avais l’habitude de faire des pâtisseries pour les gens, notamment, au salon de thé, c’était un peu différent de les donner particulièrement comme ça. Et, de les faire particulièrement.
Alors que je fouillais dans les tiroirs afin de trouver un sachet transparent pour y glisser les gâteaux, je repensais à la séance cuisine de la veille. Moi qui étais toujours détendue dans ces moments-là, je m’étais retrouvée étrangement nerveuse face à mes fourneaux. Peut-être à cause de la peur de l’échec ? Pourtant, j’avais fini par maîtriser à la perfection la recette. Et, cette nervosité ne s’était présenté qu’hier soir.

Au fond, je devais avoir un peu peur, après tout, j’espérais vraiment qu’il les apprécie. Enfin, il n’y avait pas de raison, pas vrai ! Pas vrai ?
Je soufflais légèrement en mettant enfin la main sur le contenant recherché, et, m’appuyant au plan de travail, je prenais soin de glisser les 6 macarons framboise dans la pochette. Ca donnait plutôt bien, il ne manquait plus que quelque chose pour fermer.

Retournant fouiller dans les tiroirs, je me retrouvais avec des rouleaux de ruban à cadeau, et instinctivement, je vins en nouer un rouge, en forme de joli nœud papillon. Et, à l’aide d’une paire de ciseaux, je bouclais alors les bouts restant des rubans. Prenant ma petite pochette en main, je fixais mon travail avec satisfaction, jusqu’à que je réalise que… C’était à donner, et, que c’était peut-être un peu TROP mignon ? Après tout, c’était seulement pour ne plus lui devoir quelque chose, et, j’avais l’impression d’arriver avec quelque chose qui faisait too much.

Défaisant le ruban, je me mis à fixer longuement les différentes attaches étalées devant moi. Trop longuement. Si bien que, alors que je rêvassais, la première sonnerie se mis à retentir. J’allais être en retard ! Panique, j’attrapais alors la cordelette en paille, sobre et simple, et, ne prenant même pas la peine de ranger, je récupérais toutes mes affaires et quittais la salle en courant.


~~~


Je n’avais rien suivi aux cours de la matinée. Une sorte de boule d’anxiété s’était logé dans mon ventre, si bien que, j’avais été incapable de me concentrer. Je ne comprenais pas vraiment ce qui me rendait si nerveuse. Après tout, j’avais juste à aller voir sa classe, lui donner, et, ce serait réglé. Mais j’avais beau me le dire, j’eu du mal à m’en convaincre réellement. La sonnerie de la pause déjeuner venait de sonner, et, alors que la classe se vidait, je soupirais en m’étalant sur mon bureau. Aucune raison de stresser, ça allait bien se passer.

Je soufflais, et, prenant mon sac que je glissais sur mon épaule droite, je me dirigeais alors d’un pas lent vers la passerelle, puis le bâtiment de l’université. Il y avait peu de monde dans les couloirs, tout le monde s’étant précipité dehors pour profiter des dernières échéances de beau temps avant l’arrivée de l’automne. Ça m’arrangeait, je n’aurais souhaité pour rien au monde me retrouver dans un rush d’étudiant. Et faire une crise. Ce n’était pas vraiment le moment, en plus, j’avais déjà les nerfs en pelote. Même si je n’avais aucune raison. Absolument aucune raison.

Je pénétrais dans les couloirs des classes, et, sur le coup, je me stoppais. Je ne savais pas où était sa classe. Et quel cours il avait. Si ça se trouve, il était au gymnase. Je me trouvais idiote de ne pas avoir prévu le coup, et fis un facepalm de ma propre stupidité. Je me voyais mal demander à quelqu’un, alors, j’optais pour la stratégie du "regarder dans les encadrements de portes et essayer de deviner". Tactique totalement aléatoire qui promettait peu de réussites. Et promesse tenue, après avoir traversé tout le couloir, j’étais bredouille. Il fallait que je me fasse à l’idée de demander. M’approchant d’un petit groupe de personnes qui se tenait à l’entrée d’une salle, je prenais la parole timidement après m’être éclaircis la gorge :

- Hum… E-excusez-moi… Je…

Je fus interrompue par un des membres, un jeune homme aux traits plutôt occidentaux, qui se pencha bien trop près de moi à mon goût

- Hey ! T’es mignonne toi, tu cherches quelque chose ? J’peux t’aider si tu veux !

Je reculais d’un pas, me sentant presque attaquée par son intervention et la proximité qu’il essayait d’installer. Sur le coup, j’eu envie de secouer la tête et de partir au plus vite, ce genre de personne me mettait assez mal à l’aise. Mais je pris sur moi, et d’une voix encore plus basse que précédemment, je marmonnais :

- Le-les 1ère année en sports collectifs. Je-je cherche un certain... H-Haru.

Le calvaire, j’eu envie de me cacher dans un trou de souris. Les exclamations générales du groupe à la suite de ma demande me firent relever les yeux. L’occidental afficha un air déçu, presque contrarié, et il se mit à râler :

- Eeeeeh, c’est pas justeuuh !

Un autre membre du groupe vint lui tapoter l’épaule, un petit japonais, environ ma taille, au sourire presque malsain. Il se tourna alors vers moi :

- C’est ici, il devrait ne pas tarder à sortir.

Et alors même que je m’apprêtais à m’écarter et à attendre bien sagement loin de l’agitation, je me retrouvais alors encerclé par le même groupe, qui me regardait et s’exclamait avec enthousiasme. J’étais piégée alors qu’une salve de question fut tirée en ma direction.

- Eh, eh, vous vous connaissez d’où toi et Haru ?

- T’as l’air jeune, t’es au lycée ?

- Tu t’appelles comment au fait, Miss ?

- Pourquoi Haru au fait, y’a bien mieux !


Je ne savais plus où donner de la tête, et ne comprenais absolument pas pourquoi ma présence déclenchait une si grande curiosité, au point de presque m’acculer. Commençant à paniquer, je serais la bretelle de mon sac en espérant la salvation.
Qui pointa le bout de son nez pile à cet instant. Inu-san sorti alors de la salle, accompagné d’un de ses camarades de classe, qui me dévisagea avec un grand sourire. Son apparition fut de suite suivie par des «Ooooouh» de la part des membres du groupe qui m’entourait. Je cru même discerné dans le brouhaha un «Tiens, voilà le Don Juan !».  J’haussai un sourcil, ne comprenant pas les regards qu’ils semblaient me lancer, mais je fus soulagée qu’ils s’écartent de moi.

Inu-san semblait gêné, et, sur le coup, je regrettais presque d’être venue. Peut-être que je lui avais causé du souci, à me pointer ici sans prévenir ? Je le fixais avec une pointe d’inquiétude, alors qu’il disait à ses amis que ce n’était pas ce qu’ils croyaient. Qu’est-ce qu’ils croyaient, au juste ? Je ne comprenais décidément rien à la situation. A cette réplique, le petit japonais rétorqua alors, tout en commençant à s’éloigner :

- T’inquiète pas, on vous dérange pas plus longtemps !

Clin d’œil et gloussements. Je plissais les yeux dans une mine d’incompréhension, il n’y avait rien de drôle ? Le camarade aux côté d’Inu-san s’écarta alors après lui avoir dit quelques mots, et, en un instant, il avait disparu avec un signe de mains. Nous nous retrouvions donc seuls, devant la salle de classe, et, un court silence s’installa, avant d’être brisé par Inu-san.

- Désolé pour leur manque de tact ! Ils aiment bien taquiner les autres… Ah ah !

Je rétorquais alors, secouant légèrement la tête :

- Non, non, c’est moi. Je suis venue sans prévenir alors, désolée du… dérangement.

Je fis glisser alors mon sac à dos devant moi et l’ouvris. Puis, fouillant rapidement, j’en ressortais le petit sachet, que j’avais pris soin de garder intact. Je le tendais alors au jeune homme, le cœur battant étrangement vite. Je n’osais pas le regarder et mon regard était fixé sur mes chaussures.

- J-j’étais juste ve-venu t’apporter ça. C-comme promis.

Et je bégayais, génial ! Je sentais le bout de mes oreilles commencer à chauffer, elles devaient être rouge, alors, je n’osais pas imaginer le reste de mon visage. Qui aurait-cru que c’était si dur de rembourser une dette.
Après qu’il ait attrapé le paquet, je retirais rapidement les mains, fermais mon sac, et le repositionnais. Mes nerfs ne semblaient pas vouloir se calmer.

- B-bon et bien… Je vais y aller ! Au-au revoir !

Je fis demi-tour rapidement, et commençais à faire quelque pas. Je ralentissais, cependant, avant de m’arrêter, et de me retourner. Le toisant, les mots sortirent de ma bouche sans même que je les réfléchisse.

- S-si tu veux bien… O-on peut manger ensemble, si-sinon ?

Mes mots résonnèrent dans le couloir maintenant vide de l’université, et je ne comprenais pas d’où ils étaient sortis. Qu’est-ce qu’il me prenait ?!

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La consécration:
 
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MessageSujet: Re: Le géant de papier [PV Naoko]   Mer 9 Sep 2015 - 17:55




En cet instant, Haruhiko ne sut plus où il devait se mettre. Les rires de ses camarades et les regards remplis de sous-entendus le rendait plus que mal à l’aise. Il reçu même des coups de coudes dans le dos, le poussant chaque fois un peu plus en direction de Tanaka. Il se sentait comme une bête en cage dans une foire aux bizarreries. A la fois perdu et désorienté. Seulement cette sensation était plus qu’étrange… Au fond de lui, la situation était comme… Plaisante ? Oui. C’était le bon mot. Ca lui faisait plaisir. Parce que c’était la première fois que l’on faisait autant attention à lui dans sa promo. Parce que c’était la première fois qu’il avait l’impression de pouvoir partager quelques instants joyeux avec un groupe de personnes. Il n’avait jamais appartenu à un quelconque groupe hormis son équipe de basket depuis l’école primaire. Un camarade plus proche de lui que les autres, et cela se limitait ainsi. Au fond de lui, c’était un peu ce dont il avait toujours rêvé. Appartenir à un groupe, faire des activités ou sorties ensemble. Profiter de leur jeunesse tant qu’il était encore temps.
Et de l’autre côté… Ils avaient émit la possibilité qu’il soit en couple avec une fille. Bien qu’il ne la connaissait pas tant que ça finalement, cela flattait quand même son égo d’homme. Ce n’était pas une fille désagréable à regarder après tout. Malgré la gêne, au fond de lui, Haruhiko était ravi de la situation.

Lorsque le calme revint, il soupira de soulagement. Trop de grabuge en aussi peu de temps… Il n’était clairement pas habitué. Le silence s’installa quelques instants et il put sentir à nouveau les courants d’air chaud de la fin de l’été parvenir jusqu’à eux. Une sensation plus qu’agréable. Finalement, il prit le temps de s’excuser auprès de Tanaka pour tout ça. Si l’expérience avait été gratifiante pour lui, cela ne l’avait pas forcément été pour elle. Surtout si elle avait un petit-ami… Oh. Il réalisa soudainement. Espérant fortement que les choses ne deviendraient pas pire pour elle si jamais c’était le cas. Il ne voulait pas être le responsable d’une rupture…

- Tu n’as pas à t’excuser pour ça ! C’est rare qu’on vienne me rendre visite comme ça. Ca… Ca m’a fait plaisir, en fait.

Un sourire sincère. Pourquoi lui mentir après tout ? C’était vrai, le fait simplement qu’elle vienne pour le voir – même s’il ne savait pas encore pourquoi – lui faisait plaisir. Il l’observa donc fouiller frénétiquement dans son sac. Avait-elle oublié ou perdu quelque chose ? Sagement, sans poser plus de questions indiscrètes, il attendit en la regardant. Jusqu’à ce qu’il voit une petite boîte toute jolie en sortir. Sa curiosité fut piquée à vif, essayant en vain de deviner ce que la boîte pouvait contenir… Jusqu’à ce que.

- J-j’étais juste ve-venu t’apporter ça. C-comme promis.

Wow. Les joues d’Haruhiko virèrent au rouge instantanément. Pas réellement parce qu’il était touché par le geste – bien que cela entre en compte, au final – mais surtout par l’attitude vraiment trop adorable qu’elle venait d’avoir, trop gênée pour le regarder dans les yeux. Ses bras se tendirent donc en direction du paquet comme s’il s’agissait d’une terre promise à conquérir. Précieusement, il ramena le paquet jusqu’à lui, l’observant en silence, toujours stupéfait.

- Les macarons !

Cette phrase sortie de sa bouche comme s’il venait de trouver la dernière pièce du puzzle. Bien entendu que cette boite contenait des macarons ! Ses yeux se transformèrent instantanément en une terre étoilée remplie d’espoir et d’un bonheur infini [[Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien]]. Des macarons ! Il y avait des délicieux macarons dans cette petite boîte entre ses mains ! Totalement absorbé par son précieux cadeau au creux de ses mains, il ne la vit pas faire demi-tour pour partir… Soudainement revenu à la réalité, il se rendit compte en entendant le son de ses pas s’en aller qu’il ne l’avait absolument pas remerciée comme il se devait. Il ne l’avait même pas remercié du tout, en réalité… Une pointe de remords naquit en lui, tandis qu’il leva sa main en sa direction, comme pour tenter de la rattraper avant qu’il ne soit trop tard, la bouche entre-ouverte ; déjà prête à prononcer quelques mots. Il aurait aimé pouvoir passer la pause de midi au moins en sa compagnie. Plutôt que d’avoir à manger seule, être accompagné d’une personne agréable était un objectif beaucoup plus plaisant. Alors qu’il allait prononcer quelque chose pour la retenir, elle se retourna,  le regardant un peu plus fixement que précédemment. Le tout en lui proposant de manger ensemble. Le cœur du grand dadet fit un dératé. Elle lisait dans ses pensées ? Un peu troublé, mais surtout ravi, il s’avança jusqu’à elle pour effacer la distance qu’elle avait mit.

- C’est une bonne idée ! Je comptais aller manger sur le toit. Ca te dis de m’y accompagner ?

Pendu à ses lèvres en l’espoir d’une réponse positive, il la regarda, tout sourire et la joie collée à son visage.

- Tu dois acheter quelque chose ou tu as déjà de quoi ? J’ai déjà quelque chose dans mon sac, mais ça ne me gêne pas de d’accompagner acheter quelque chose si jamais tu dois le faire.

Se balader un peu avant de manger était loin d’être une chose qu’il allait trouver désagréable. Surtout en la compagnie de Tanaka. Dans le cas où elle aurait déjà quelque chose, ils n’auraient qu’à se diriger jusqu’au toit pour aller manger. Le coin d’ombre qu’il y avait était plus qu’agréable en cette saison et le vent  frais venait  souvent dans cette direction.


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MessageSujet: Re: Le géant de papier [PV Naoko]   Jeu 10 Sep 2015 - 3:15

A son sourire sincère et ses mots, le poids de la culpabilité naissante s’était soulevé de ma poitrine. Moi qui avais peur de le déranger, ça ne semblait pas être le cas. Il disait même que ça lui faisait plaisir. L’idée était difficilement envisageable dans mon esprit. Et même si j’avais quelques amis, c’était toujours compliqué pour moi de considérer que… ma présence pouvait être appréciable. Je me considérais plus comme tolérable. Alors entendre qu’il était ravie de ma visite me surprit d’abord, me fit douter un court instant ensuite. Pour finalement me rassurer.

Le stress que je m’étais mis toute la journée avait été vain, au final. Et je m’en rendais encore plus compte lorsque son visage s’illumina quand je lui ai tendu les macarons. J’avais osé lever les yeux, juste un peu, après avoir senti le paquet quitter mes mains. Et mon regard resta collé sur son expression. Je crois que si on cherchait la définition du bonheur, une photo de lui à cet instant aurait parfaitement pu illustrer ce mot. Et pour ma part, même si ça se lisait beaucoup moins sur mon visage, je pensais pouvoir coller à la définition, un peu, aussi.

C’était toujours un plaisir pour moi, de préparer des choses pour les autres et de voir qu’elles étaient appréciées. Mais là, c’était… spécial. J’avais l’impression que la satisfaction était multipliée par 100. Voire 1000. Son enthousiasme était contagieux, et, en plus de ça, j’étais soulagée que ça lui plaise. Flattée qu’il s’en souvienne. Fière qu’il apprécie le geste. Il me semble avoir vu quelque part une phrase qui disait que le plaisir d’offrir était infiniment plus grand que celui de recevoir. Je crois que je comprenais à cet instant. De le voir si heureux me donnait envie de filer en cuisine lui préparer d’autre chose. Et de le couvrir de pâtisseries, pour avoir une chance de pouvoir voir à nouveau ses yeux pétiller de la sorte.

C’en était presque fascinant. D’autant plus pour moi, qui voyait ma tête inexpressive tous les matins dans un miroir. Et de constater que les émotions pouvaient transparaître avec une telle aisance et vivacité sur un visage, c’était un spectacle divertissant. Et sans même m’en rendre compte, une petite, toute petite pulsion refit son apparition au creux de mon cerveau. Une envie presque irrésistible d’aller doucement patpater sa tête. Cette même envie qui m’avait prise dans le square, l’autre soir. Parce qu’il avait une expression tellement mignonne que… que… Mais à quoi j’étais en train de penser !

Reprenant conscience de la direction dans laquelle commençaient à partir mes élucubrations, je secouais rapidement la tête, en me disant que je ferais mieux de partir et assez vite. C’était dangereux, comme situation. J’avais l’impression que mes idées allaient tourné de plus en plus bizarres si je restais trop longtemps à ses côtés.
D’un côté, je ne savais pas vraiment si c’était mal. Mais mes réactions, ma nervosité, mon esprit qui divaguait un peu trop, tout ça, c’était un peu trop nouveau. Et je devais avouer que ça me faisait un peu peur. J’avais l’impression de perdre le contrôle de la situation, et même si ce n’était pas aussi désagréable que j’aurais pu le penser, c’était tout de même déstabilisant.

Je m’éloignais, de plus en plus doucement, malgré moi. Je tentais de fuir, à cet instant, c’était plus que clair. Fuir mon embarras présent et à venir. Malgré tout, une pointe de regret me retenait. Oui, j’étais gênée, et j’allais sûrement l’être encore. Oui, j’étais captivée par les émotions qui se dessinaient sur son visage, et j’allais probablement l’être encore. Mais après tout, est-ce que c’était un si mauvaise chose ? Est-ce que le côté désagréable faisait tout de même pencher la balance de son côté ?
Alors je me suis retournée, et, sans contrôle, la proposition s’est échappée d’entre mes lèvres.

Dans ma tête, il y eu un moment de latence, et les informations sont enfin parvenu jusqu’à mon cortex cérébral. Réalisation. Puis panique. Qu’est-ce que je venais de faire ?! D’où est-ce que ça sortait ?! Pourquoi je l’avais dit ?!
L’état d’alerte était déclenché dans le quartier général de mes émotions, et je senti une vague de chaleur m’envahir alors que je commençais à regretter mon geste irréfléchis. Je tentais de m’imposer. Et s’il avait d’autres plans ? Et s’il refusait ? Même pire, et si après ça, il allait vouloir prendre ses distances parce que j’étais trop entreprenante, ou qu’on n’était pas assez proche pour demander quelque chose comme ça ? J’étais en train de m’affoler, émettant toutes les hypothèses désagréables possibles, imaginant déjà une fin du monde par effet papillon. Mes jambes étaient prêtes pour que je parte en courant si l’occasion s’y prêtait.

Pourtant.

Alors même que j’envisageais déjà une vingtaine de situation tournant au vinaigre, il accepta, simplement. Diminuant la distance de quelques enjambées, il se retrouva à nouveau en face de moi, alors je restais bouche bée. Si j’en avais eu une, ça me l’aurait coupée. Clairement, je ne réalisais pas qu’il venait de dire oui, sans hésitation. Et même au-delà de ça, il me proposait le lieu. J’accusais le choc, absolument pas préparée à cette éventualité. Décidément, sa spontanéité commençait à devenir une arme dangereuse. Je prenais note, il fallait que je me méfis. Prenant une inspiration discrète, je m’empressais alors de répondre.

- Le-le toit c-c’est bien.

Et mon cerveau se remis du choc, reparti à fonctionner normalement. Je réalisais alors :

- Mais si tu avais prévu de manger avec quelqu’un je… je ne veux pas m’imposer !

Après tout, je n’y avais même pas pensé avant. Peut-être que ses amis de tout à l’heure l’attendaient, et que j’arrivais comme un cheveu sur la soupe. Serrant nerveusement la mâchoire dans l’attente d’une confirmation, je ne pus réprimer un soupir de soulagement quand celle-ci arriva. Après tout, bizarrement, même si j’avais suggéré l’idée de manger ensemble de manière anodine, je commençais à avoir hâte. L’idée me plaisait. Après tout, malgré les péripéties, Inu-san était agréable. Et j’avais vraiment envie de voir sa réaction quand il gouterait aux macarons. D’un point de vue professionnel bien entendu. S’il avait quelque chose à redire. Et absolument pas pour avoir une chance d’observer encore son expression ravie. Pas du tout.

- Tu dois acheter quelque chose ou tu as déjà de quoi ? J’ai déjà quelque chose dans mon sac, mais ça ne me gêne pas de d’accompagner acheter quelque chose si jamais tu dois le faire.

Revenant sur terre, je réfléchissais un instant à sa question, puis, illumination

- Ah, non, non. J’ai un bento. On peut y aller directement… du coup.

Marchant à ses côtés, je me sentis alors nerveuse d’un coup. Pourtant, ce n’était pas la première fois que je mangeais avec quelqu’un, puisque je partageais souvent ma pause déjeuner avec Hisaka. D’ailleurs, le toit avait été le lieu de notre première rencontre. Quand j’y pensais, ça commençait à faire longtemps, et pourtant, je m’en souvenais encore dans les moindres détails. L’idée d’associer à cet endroit un nouveau souvenir agréable me fit légèrement sourire.

Sourire qui finit par s’effacer quand je pu percevoir quelques regards curieux en notre direction. Quelques étudiants dans les couloirs nous suivaient des yeux alors que nous marchions côte à côte. J’étais un peu mal à l’aise, d’être l’objet d’une attention, même si celle-ci était passagère. Même si d’un côté, je pouvais comprendre. Notre différence de taille devait sûrement attirer l’œil. En plus, ne faisant pas forcément très vieille, mais juste mon âge, j’étais très probablement catégorisée comme lycéenne. Ma présence ici n’était donc pas anodine.

Mes joues rosirent alors que je commençais à comprendre la réaction des camarades de classe d’Inu-san. Ils avaient dû se faire des idées. Et même si, en un sens, leur opinion m’importait peu, j’espérais que ça n’ai pas causé de tords à Inu-san. Je fis une légère moue, la prochaine fois, je ferais en sorte qu’on se voit autre part, ça devrait moins l’embêter. Enfin, ce n’était pas comme si je prévoyais une prochaine fois ! Pas que ça me dérangeait de le revoir, bien au contraire, j’en serais ravie. Si cela arrive ! C’était juste, dans l’éventualité qu’une telle chose se reproduise. N’allez pas croire que je suis déjà en train de me projeter, c’est absurde.

Prise dans mon débat interne, je fini par remarquer qu’au final, la conversation n’avait pas continuée. Pas que ça me dérangeait particulièrement, mais, Inu-san avait l’air d’être le genre de personne à préférer la conversation au silence. Il fallait bien que je fasse un effort. Après avoir cherché sur quoi engager la conversation, je déclarais alors, levant les yeux vers lui :

- Tu es dans le club de basket, je me demandais ?

Il avait l’air doué, et le fait qu’il fasse un cursus en sport semblait coller. Peut-être qu’il pratiquait à l’extérieur, cependant. Hisaka était lui aussi dans l’équipe, mais il ne m’en avait pas vraiment parlé. Il n’appréciait pas vraiment ça, et préférais ne pas aller aux entrainements, ce que je comprenais, si ça ne lui plaisait pas. Du coup, je me demandais si les deux se connaissaient. C’aurait été amusant.

La cage d’escalier menant au toit se profilait, et, nous montions doucement les marches à l’unisson. Malgré l’absence du regard des gens dans les couloirs, je sentais ma nervosité toujours présente. Je ne comprenais pas vraiment pourquoi, après tout, j’étais plus ou moins habituée à la présence des garçons. Mais, ça me semblait différent.
La tête dans les nuages, cependant, je ne fis pas attention, et, mon pied, se posant sur l’arrête de la marche suivante, vint glisser, et je trébuchais. Une de mes mains vint serrer la rambarde de fer située à côté de moi. Quant à l’autre, elle vint naturellement trouver le bras d’Inu-san, par réflexe. Ce qui m’empêcha de tomber la tête la première contre le rebord de l’escalier. Plus de peur que de mal, j’avais juste à peine glissé, mon équilibre rétablis par les deux soutient que j’avais trouvé.

L’un plus vivant que l’autre, et, je retirais ma main vivement, gênée. Décidément, je me demandais quand mon visage allait être capable de récupérer des couleurs normales. Baissant la tête pour m’assurer de l’ancrage de mes pieds dans le sol, je murmurais rapidement :

- Dé-désolée. Je-j’ai failli tomber, mais ça va.

Je ne savais pas s’il aurait été plus correct de dire merci. Après tout, il m’avait empêché de me casser une dent sur le béton. D’un autre, je l’avais touché comme ça sans prévenir. Même plus que toucher, je m’étais agrippée à lui. Alors les excuses me semblaient justifiées, aussi. Je secouais alors légèrement la tête et décidais de repartir rapidement, pour ne pas m’éterniser ici. N’empêche, même si je m’y attendais de la part d’un sportif, je fus surprise sur le coup de remarquer qu’il était aussi musclé. En tout bien tout honneur. C’était simplement une observation biologique de la chose. Oui, pour le côté scientifique, absolument.

Poussant la porte de fer qui menait au toit, je fus accueillie par une bourrasque de vent frais agréable, qui vint me décoiffer plus que je ne l’étais auparavant. Tentant de remettre ma frange correctement, je ne remarquais pas qu’une mèche s’était dressée sur ma tête, rebelle. Tenant la porte pour Inu-san, nous nous dirigeâmes alors vers un petit coin à l’abri.
Le toit était désert, et j’étais surprise. Je tentais cependant de ne pas montrer qu’un stress tout nouveau m’envahissait.

M’asseyant à même le sol, j’ouvrais alors mon sac et sorti ma boite bento pour la poser sur mes genoux. Me rappelant de ses mots un peu plus tôt, et, un peu trop curieuse pour attendre encore un peu, je demandais alors :

- Tu as dit tout à l’heure que tu avais quelque chose, c’est que tu as cuisiné ?

Après tout, c’était plutôt rare, qu’un jeune cuisine. Et même si je savais qu’il semblait apparemment aimer ça, je me mis à imaginer son combat quotidien avec les équipements collectifs de la cité universitaire. Léger sourire au coin des lèvres, et sur le coup, je fus presque déçue de ne pas pouvoir y assister.

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La consécration:
 
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MessageSujet: Re: Le géant de papier [PV Naoko]   Ven 11 Sep 2015 - 5:45




Malgré le fait qu’il ne la connaissait pas réellement, il pouvait s’assurer d’une chose : Elle était beaucoup trop consciencieuse. Mais il ne pouvait même pas la blâmer pour ça étant donné qu’il était exactement pareil… Le toit lui allait. C’était une bonne chose, il n’aurait pas voulu s’imposer lui non plus, justement. Il allait manger là quasiment toutes les pauses déjeuné, de temps à autre, il avait de la compagnie, souvent silencieuse. C’était le moment où il passait le temps en écoutant de la musique ou en terminant les quelques pages du livre sur lequel il était en ce moment. Un moment de calme et de repos parmi trop d’utilisation de neurones. Surtout le lundi avec son cours magistral en psychologie… Regardant Tanaka, il l’assura d’un sourire, accompagné de sa réponse :

- Oh, non ! Pas vraiment. Tu n’as pas à t’en faire pour ça !

Pas vraiment, ou pas du tout… Mais là n’était pas la problématique du jour. Il avait quelqu’un pour l’accompagner aujourd’hui et il en avait le baume au cœur.

- A bien réfléchir… En fait, si ! Je dois manger avec une personne. Elle vient tout juste de m’offrir des macarons, d’ailleurs ! J’espère que ça ne te dérange pas qu’elle se joigne à nous ?

Le sourire qu’il lui offrit tantôt se transforma rapidement en sarcasme. Bien entendu qu’il se payait sa tête. Lâchant un léger rire face à la niaiserie qu’il lui offrit, ils continuèrent leur chemin côte à côte, dans un silence pas si dérangeant. Il se souvenait d’ailleurs d’un des cours où il avait été évoqué dans une discussion prof-élève la question du silence dans la relation. Que l’on ne pouvait s’estimer proche de quelqu’un qu’à partir du moment où les moments de silences ne dérangent plus. Quelle étrange situation… Indéniablement, il avait toujours envie de parler. Comment pouvait-on être à l’aise avec le silence ? Surtout lorsqu’il y a tant de choses à découvrir…
Lorsqu’elle répondit à sa question sur le repas, il fut amusé de savoir qu’elle avait un bentô. Amusé et envieux à quelque part… Les sandwiches du Konbini n’étaient pas les meilleurs à déguster. Mais il devait s’en contenter pour le midi. Il n’y avait que le soir où il avait vraiment le temps d’aller manger à la restauration scolaire. Sauf le mercredi et le jeudi, s’il n’avait pas la flemme de se déplacer jusque là. Après de l’entraînement et du waterpolo, il avait en général plutôt envie de s’étendre quelque part pour faire la sieste jusqu’aux cours de l’après-midi. Le chemin lui sembla rapide en la présence de Tanaka. Même s’ils ne parlaient pas depuis, le temps s’écoulait… Différemment.

- Tu es dans le club de basket, je me demandais ?

- C’est exact ! Je me suis inscrit dès le début de l’année, en fait.

Se souvenant de cette soirée d’apprentissage du basket, elle avait du se douter grâce à ça qu’il faisait parti du club ou qu’il avait déjà fait parti d’au moins un au cours de son existence. A vrai dire, depuis l’école primaire il pratiquait le basket en club. Depuis qu’il apprit ses premiers tirs au panier avec son père dans le square à Kumano.

- Tu fais parti d’un club toi aussi, je suppose ?

Il laissa la question relativement ouverte afin de savoir dans lesquels elle se trouvait. Il ne l’avait jamais vue au Kyûdo, ni au basket. Mais il ne s’était jamais réellement intéressé à l’équipe féminine. A quelque part, il se doutait bien que c’était une des premières fois qu’elle se pratiquait à l’exercice, l’autre fois. Il alla même jusqu’à se demander si elle ne faisait pas parti du club de cuisine. Si elle avait réussit à faire des macarons en tout cas, ça serait du gâchis de ne pas en faire parti. Pour sa part… Il était bien trop dangereux avec des ustensiles pour oser s’y inscrire.
Très vite, ils arrivèrent jusqu’à la cage d’escalier du toit. Observant à droite, puis à gauche, il ne vit aucun Professeur ou membre du personnel à l’horizon. Il n’en avait jamais croisé à date mais jamais l’on est assez prudent sur ce genre de choses. Bien, ils pouvaient donc profiter du toit en toute sérénité ! L’odeur de la poussière régnait en maître dans cette partie là de l’école. Certainement car bien loin des préoccupations ménagères principales. Alors qu’il était concentré sur les odeurs qui venaient jusqu’à son nez, il vit sur son angle gauche, le corps de Tanaka faire un dérapé. Aussi tôt, et surtout par réflexe, il tendit son bras droit devant elle pour amortir sa chute si jamais elle venait à ne pas se rattraper. Fort heureusement, elle sut se saisir de la rampe et… De son bras.

- Tu es sûre ? Tu ne t’es rien tordu, au moins ?

Son regard croisé le sien, bien trop sérieux. Il ne voulait pas que la petite excursion finisse par devenir un moment désagréable à cause d’une blessure. Non… Il avait envie que le moment reste uniquement quelque chose d’agréable. Autant pour elle que pour lui. Lorsque la porte s’ouvrit, il dû se résigner à plisser ses yeux sous la bourrasque de vent qui venait d’arriver. Les rouvrant, sa vision n’en fut qu’enchantée. Il adorait vraiment cet endroit.

- Ahh, c’est chouette. Rien que pour nous !

A nouveau, il lui sourit. Puis, il se rendit compte que sa phrase était peut –être trop tendancieuse… Il ne voulait pas insinuer qu’il n’attendait qu’à être totalement seul avec elle… Il n’était pas ce genre de garçon là !! Mais dans un sens… Il s’agissait quand même de ça. Il avait envie d’être encore seul à seul, discuter de tout ou de rien. En toute simplicité…
Puis la question fatidique vint. Celle de la composition de son repas de midi… Ahhh… Vivement le dessert. Quelque chose de décent sous la dent. Sa tête se décomposa tandis qu’il prenait place, assis en tailleur à côté d’elle.

- Ah ah… Non… Je suis une catastrophe culinaire tant que ça ne goûte pas sucré. Disons que je préfère éviter l’empoisonnement et m’acheter de quoi au Konbini le soir pour le lendemain.

Fouillant dans son sac, il sorti la boite contenant les sandwiches en la secouant légèrement.

- Ca sera des sandwiches pour ce midi !

Posant la boite à côté de lui, il profita de son sac ouvert pour y déposer les macarons, qu’ils soient abrités le temps du repas au minimum. La chaleur vint lentement le réchauffer, lui faisant le plus grand bien.  Il en profita pour s’étirer en tendant un bras en l’air tandis que l’autre s’accrocher à ce dernier. Relâchant tout comme il se devait il observa à nouveau Tanaka.

- Du coup si tu fais parti du club de Cuisine… Je suppose que c’est toi qui a fais ce bentô ?!

Oui. Dès qu’il s’agissait de nourriture, Haruhiko était certainement au rendez-vous. Après avoir écouté sa réponse, il repensa à Naoko... C'est vrai, c'était le moment où il lui envoyait toujours un message, en général. Il s'excusa auprès de Tanaka pour prendre le temps de lui envoyer un petit quelque chose. Avec les cours de l'après-midi, ça ne serait plus possible après.


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Coucou !
C'est une belle journée aujourd'hui ~
J'espère que tu vas bien. A27

Haruhiko.

Satisfait, et toujours ce sourire aux lèvres, il releva son regard vers Tanaka tandis qu'il rangeait son téléphone au fond de son sac.

- Désolé pour le dérangement !

Il savait que ce n'était pas de très bonnes manières que d'envoyer un mail lorsque l'on est en présence de quelqu'un, mais il ne pouvait s'empêcher de vouloir en envoyer au moins un à Naoko durant sa pause midi. C'était bien le seul moment où il pouvait le faire tranquillement et en toute conscience.


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MessageSujet: Re: Le géant de papier [PV Naoko]   Ven 11 Sep 2015 - 23:14

- Tu fais partie d’un club toi aussi, je suppose ?

Je m’attendais au retour de la question, mais n’avais pas réfléchis à la tournure pour autant. Alors, sans me dépêcher, détendue, j’avais répondu doucement tout en énumérant sur mes doigts :

- Cuisine, Cérémonie du thé… Et Karaté.

Quand j’y réfléchissais, ça pouvait paraitre étonnant que je sois dans plus de clubs que le minimum demandé. Après tout, j’avais rejoint celui de cérémonie du thé après l’obligation des clubs tradition. Quand celle-ci fut levée, je n’avais pas vraiment pris la peine de le quitter, me contentant de suivre le flow. Ce n’était pas comme si ça me déplaisait. Et même si c’était un peu trop procédurier, j’aimais beaucoup regarder les autres faire. Il y avait toujours cette ambiance zen et calme qui était agréable, et qui, d’une certaine manière, aidait à finir la journée sur une note un peu moins stressante que la vie lycéenne habituelle. Cependant, même si ce n’était pas spécialement désagréable, je ne pouvais pas non plus dire que ça me plaisait pour autant. Peut-être que je devais considérer d’arrêter l’année prochaine, pour trouver quelque chose qui me passionnerait plus ? Peut-être un club sportif ?

Mon regard glissa sur Inu-san qui marchait calmement à mes côtés, le sourire aux lèvres. Je secouais alors doucement la tête. Je ne savais même pas jouer, c’était une idée idiote.
En plus, j’avais déjà un club sportif à mon actif, le karaté. Même si techniquement, je ne l’ai pas rejoint de mon plein gré. Punition à la base, pour me "recadrer" après les débordements qui avaient eu lieu l’année dernière avec certains de mes camarades, j’avais fini par apprécier les séances. Ce n’était pas une nouveauté que j’aimais plutôt bien les sports de combat, puisque j’avais déjà pratiqué par le passé de la self defense, du judo et du taekwondo. Quand j’y pensais, ça faisait beaucoup, pour une fille. Vu ma carrure, peu de gens devaient se douter de ce genre d’activité. Pourtant, j’étais quand même un peu fière de mes capacités dans ce domaine, et je n’avais pas à rougir des prouesses de certains. Bon, je n’étais pas une professionnelle, loin de là. Mais je me débrouillais.

Les sports de combat avait un attrait particulier à mes yeux, par l’admiration que cela provoquait chez moi face à une maitrise parfaite de la discipline. Dans le fait de la pratiquer, ils se différenciaient des autres sports par un code d’honneur et une discipline du corps et de l’esprit qui résonnait avec certaines valeurs qu’on m’avait inculquée quand j’étais plus jeune. J’eu un sourire en coin. Moi, la pseudo délinquante qui avait été impliquée dans de multiples bagarres depuis des années, on pouvait difficilement croire que j’avais un code d’honneur. Et pourtant, je ne frappais jamais la première.

Toujours était-il que mon emploi du temps était plutôt chargé, et l’idée de le réorganiser pour ma future année me traversa l’esprit. Avant d’être rattraper par le fait que… Et bien que j’étais toujours dans le flou concernant l’année prochaine quand à mon cursus, à la suite de mes études, à mon avenir professionnel. Je soupirais discrètement, avant de changer la direction de mes pensées, et d’ajouter :

- Enfin, si je dois choisir, je préfère le club de Cuisine.

Sans hésitation. Le fait que j’aimais cuisiner n’était pas nouveau. Depuis petite, j’avais été baignée dedans par ma mère, incapable de faire quelque chose de comestible, même avec seulement une tranche de jambon et du pain. Une catastrophe, alors, elle a décidé que, dès que cela serait sans danger, je m’en occuperais. Quand Himiko fut assez grande, elle fut aussi chargée de m’aider, et, au fil des années, nous étions au finale devenue les chargées de cuisine, au plus grand bonheur -ou sécurité sanitaire ?- de la famille. Outre le fait d’éciter de finir à l’hopital à chaque repas, ma mère nous a toujours poussées à maitriser les occupations domestiques. Ménage, finances, cuisine, lessive, couture, tout y était passé. A 7 ans, j’étais parfaitement capable de tenir une maison, comme n’importe quel adulte responsable. Certains penseraient que c’était peut-être un peu trop, mais, je ne suis pas vraiment d’accord. A l’heure actuelle, cela se retrouve plutôt bénéfique, de temps en temps. Alors en un sens, je l’y suis reconnaissante. Et si elle avait été là, elle aurait sûrement rajouté « Tu seras encore plus reconnaissante quand tout ça te permettra de te trouver un mari correct. »

Et oui, venant d’une famille modeste, bien que plutôt correcte, ma mère avait reporté sur ses filles les mêmes schémas et attentes que sa mère avait fait avant elle. Certains de ces principes pouvaient paraitre un peu –beaucoup- vieux jeu. La femme au foyer qui doit être la parfaite épouse pour avoir la chance de se marier avec un homme aisé, droit et respectable. Participer à une lignée fructueuse et reconnue. C’était la place des femmes dans la conception de… l’ancien temps.

Personnellement, je n’avais pas vraiment d’opinion par rapport à ça. Ca me semblait un peu dépassé, mais ça m’était égal que certaines personnes suivent ce schéma si c’était ce qu’elle désirait. Pour ma part… Je levais les yeux vers le plafond tout en marchant doucement, réfléchissant.
Pour ma part, j’avais encore un peu de mal à me projeter si loin. Et même si je n’aspirais pas à une vie de working girl, j’espérais plutôt quelque chose de tranquille, ou je pourrais faire les choses que j’aime, sans être forcée à rester à la maison ou à travailler dans quelque chose qui ne me plaisait pas. J’étais peut être un peu trop rêveuse, si on considérait que j’étais loin d’être sur la voie de la réussite sociale pour l’instant. Ahah…

Perdue dans mes pensées, je ne remarquais pas vraiment que nous étions dans la cage d’escalier, et, faux mouvement, mauvais placement du pied, et je manquai de peu de finir avec une fracture crânienne. Heureusement, un pilier se trouvait miraculeusement là. Un pilier humain qui avait réagis presqu’aussi vite que moi. Et qu’est-ce qu’on est censé faire avec un pilier. On s’appuie dessus.
Réalisant trop tard que ma main était allée naturellement trouver le muscle de son bras, je l’avais cependant retirée rapidement. Je n’étais pas spécialement habituée au contact des autres, mais ce n’était honnêtement pas grand-chose, même pour moi. Cependant, pour une raison obscure, la nervosité exacerbait mes réactions, mes émotions. Si bien que ce simple contact fit faire une pointe de vitesse à mon cœur. J’avais presque eu peur qu’il bondisse hors de ma poitrine. Juste pour ça.

Je n’étais pas sortie d’affaire.

Excuses rapides et embarrassées, je n’avais pas vraiment osé tourner le regard vers lui. Cependant, lorsque sa voix résonna étrangement un peu plus grave que d’habitude, dans la cage d’escalier poussiéreuse, je ne pus m’empêcher de jeter un tout petit regard. Qui rencontra le sien, qui me fixait d’un air sérieux et concerné.
Si j’avais laissé le contrôle total de mon corps à mon esprit, je me serais sûrement reculée brusquement pour me coller à la rambarde, alors que mon petit cœur ratait un battement.
Dans mon cerveau, le préposé aux souvenirs visuels venait de prendre une photo et de la glisser dans le dossier "expressions d’Haru". Celle-ci, même si je ne l’aperçu qu’un court instant puisque j’avais de suite baissé les yeux, m’avait atteinte par son côté inhabituel. Les oreilles de chien avait disparu pour laisser place à un visage définitivement plus mature. Je pouvais même dire, viril ? Je n’étais pas prête pour ça, alors ça m’avait frappé efficacement. Décidément, c’était dangereux. Il était dangereux !

Alors, pour vite sortir de là, et prendre un peu l’air parce que je commençais à avoir chaud dans cet espace reclus, j’hochais la tête avec force. Et comme pour montrer que tout allait bien, je passais devant et m’empressais de franchir les dernières marches.

La brise qui vint accueillir l’ouverture de la porte eu un effet salvateur. J’eu l’impression qu’elle remettait mes idées en place, qu’elle balayait la confusion qui m’avait fait tourner la tête. Nous étions en hauteur et l’air était vivifiant, respirable. Je me suis sentie sur le coup soulagée. Mais ce ne fut que de courte durée. Puisque après avoir été étonnée de constater que l’endroit était désert, Haru le fit aussi. A voix haute. Et j’entendais son exclamation résonner en écho dans ma tête.
Je ne savais pas si c’était moi qui étais drôlement  perturbée aujourd’hui, mais cela commençait à faire beaucoup de choses qui allaient dans… CE sens. Alors forcément, mon esprit interprétait plus facilement de CETTE manière. Et mes oreilles me chauffèrent à nouveau. J’espérais qu’il n’y ait qu’elles qui soient rouges, puisqu’elles ne seraient visible qu’après un coup de vent, et cachées juste après par mes cheveux.
La nervosité était de retour. Nous étions seuls, dans un endroit désert, dans la tranquillité la plus totale, pour un repas en tête à tête. Je déglutissais, et si j’avais été seule, j’aurais sûrement crier en prenant ma tête dans mes mains pour essayer d’ordonner à mon corps et à ma tête de me calmer.

Enfin, si j’avais été seule, je n’aurais pas eu besoin de me calmer…

Je soufflais longuement, faisant attention qu’Haru ne remarque pas mon manège, et essayais de rester le plus calme et détendue possible. Ca ne servait à rien que mon imagination parte sauvagement vers des contrées inexplorée. Un coup d’œil au visage de mon compagnon -compagnon de repas, aucun double sens ici !- fit fuir les idées de possibilité. Il était impossible que lui pense dans ce sens-là. Absolument impossible. Alors je n’avais pas de raison d’être tendue.

J’allai alors m’assoir sous un petit préau près de la porte, et m’adossai donc au mur alors que j’étalais mes jambes. J’avais opté aujourd’hui pour les rayures noires et blanches, au niveau des chaussettes. Remontant au-dessus du genou, juste avant ma jupe, je  pris soin de les remonter un peu pour ne pas qu’elles glissent. J’avais un faible pour les chaussettes hautes et les bas, autant que pour les gros sweat à capuche. Et j’aimais encore plus lorsqu’elles étaient un peu fantaisistes. Sortant mon bento de mon sac, je le questionnais alors sur son repas.

Curiosité mélangée à un moyen de détourner mon esprit vers un sujet neutre, il me répondit alors qu’il ne savait absolument pas cuisiner tout ce qui était salé, mais qu’il s’en sortait pour le sucré. Je penchais la tête tout en le fixant un court instant, un sourire amusé au coin des lèvres. Nouvelle ressemblance avec Haruhiko, sur quelque chose de tout à fait particulier. Décidément. Je me demandais si les deux s’entendraient. Enfin. Haruhiko était du genre à avoir le contact facile et à s’entendre avec tout le monde. Il se faisait des amis facilement, alors, la question ne se posait pas.
Dans tous les cas, le problème d’Haru concernant ses capacités culinaire semblait assez extrême. Il employait le terme d’empoisonnement. Une pensée pour ma mère, je suis sûre qu’ils s’accorderaient bien sur ce point. Mon sourire s’étira de l’amusement à la douceur, alors que certains souvenirs me revenaient en tête.

Revenant sur terre alors qu’il m’annonçait qu’il avait des sandwiches du kombini comme repas avec son expression habituelle, je ne pus m’empêcher d’afficher une petite moue ennuyée tout en fixant la boite qu’il secouait. La nourriture des kombini n’était pas spécialement bonne, ça, tout le monde le savait. Et l’idée de consommer de telle chose me débectait, personnellement. J’aimais trop la nourriture pour me résoudre à manger des choses juste pour me caler le ventre en étant infecte.
Et alors même qu’il posait la dite boite, je continuais de la fixer, fronçant un peu plus les sourcils tandis que lui s’étirait.

Ce ne fut que quand il m’adressa à nouveau la parole que je levais la tête et repris mon expression habituelle, les yeux levés vers lui. Je les baissais ensuite vers la boite en bois laqué noirs aux reflets presque rouge, avant de déclarer, naturellement :

- Ah, oui. Ce sont les restes d’hier soir, rien d’extraordinaire. Comme c’est moi qui fais à manger pour mes colocataires, il en reste souvent le lendemain.

Je redirigeais mon regard sur lui, et le vis alors fouiller ses poches. Je lui lançai un regard interrogateur alors qu’il sortait son téléphone pour triturer quelque chose dessus que je ne pus pas voir. Attendant patiemment qu’il ait fini, j’indiquais en secouant la tête que ça ne me dérangeait pas, et ajoutais qu’il n’avait pas à s’excuser. Je n’étais pas spécialement à cheval sur ce genre de « politesse », tant qu’il n’était pas sur son téléphone en même temps qu’il me parlait.

Mon regard glissa alors sur sa boite de sandwich, et ma moue ennuyée refit surface. Ouvrant alors la bouche, je m’apprêtais à commencer une phrase :

- Dis…

Mais je fus couper par une vibration au niveau de ma cuisse, dans la poche de ma jupe.

- Ah, désolée. C’est un message. Je peux ?

Demandai-je alors en prenant mon téléphone en main pour lui montrer. Attendant sa réponse, je déverrouillais alors l’appareil pour remarquer un message de mon correspondant. J’eu un léger sourire, mais d’un côté, j’étais un peu gênée de lire sous le regard de quelqu’un d’autre. Je décidais alors de faire ça rapidement, même si en court de rédaction, j’eu une hésitation. Devais-je lui dire que j’étais avec quelqu’un, où c’était un peu trop présomptueux de ma part de m’en vanter ? Après tout, pour lui, ça devait être quelque chose de relativement normal.

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Salut !
Je vais bien, et toi ?
Ici aussi, il fait beau.  A05
J’ai rencontré un danger public en cuisine, autre que toi et ma mère aujourd’hui
Hors de question que je vous laisse entrer dans la mienne !  A26
Nao

Je refermais le téléphone, me disant que même si une autre réponse venait, j’attendrais au moins la fin du repas pour répondre. Parce que même si ça ne me dérange pas que lui soit sur son téléphone, je ne voulais pas rendre ma présence encore plus ennuyeuse en étant concentrée sur autre chose que lui. Du coup, je repris là où je m’étais arrêtée.

- Du coup, je voulais dire…

Pause, est-ce que c’était bien correct de proposer ? Courte hésitation, et je prenais ma boite bento dans les mains. Après tout, il pouvait refuser s’il ne voulait pas, au pire.

- Si tu veux, on peut… p-partager mon bento… ? Les sandwichs de kombini ne sont pas très bon et, pas forcément sain, et en plus au niveau de l’apport nutritionnel, ce n’est peut-être pas ce qu’il y a de mieux pour un sportif…

Je m’enfonçais, et mon regard glissa de plus en plus vers le bas au fur et à mesure que ma phrase s’allongeait et que mes joues rosissaient.

- Bref ! Ça ne me dérange pas et, il y en a assez pour deux alors…

Accompagnant ma phrase, je vins ouvrir le couvercle, qui laissa apparaitre un compartiment généreux de riz vinaigré, et un autre ou reposait des yakitoris, des gyozas, différents tempuras ainsi que du kara-age. Il y avait aussi quelques tomates cerise et carotte crues. Pas de présentation particulière, c’était un bento simple dans lequel reposait un assortiment de nourriture savoureux sans être extravagant. Le tout était gardé tiède par la boite fermée auparavant hermétiquement.
Je relevais alors les yeux vers lui affichant un sourire taquin et une moue espiègle.

- Enfin, si tu ne veux pas, je ne te forcerais pas…

J’étais confiante sur mes capacités, que je ne jugeais pas extraordinaire mais tout de même plus que correcte. Alors même si mes mots ne l’avaient pas convaincu, j’espérais que mon bento le ferait. Après tout, il était hors de question qu’il mange ces trucs infects !

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MessageSujet: Re: Le géant de papier [PV Naoko]   Lun 14 Sep 2015 - 23:57




Trois clubs. Il avait compté. Trois clubs ! Le jeune homme reconsidéra Tanaka en un moindre temps. A vrai dire il se demandait comment c’était humainement possible de tenir  trois clubs, en plus des cours. Peut-être que le lycée demandait une charge de travail moindre en rapport à l’Université. Ses années n’étaient pas si loin que ça, finalement, mais il n’arrivait pas  à se souvenir pour réaliser une comparaison entre les deux… Les choses étant, qu’en cette situation actuelle d’Universitaire, avec deux clubs et un job à mi-temps… Il n’aurait certainement pas le temps d’en intégrer un troisième sans y prendre sur son temps de sommeil. Oui. Tanaka était bien courageuse.

- Du karaté… J’ai toujours trouvé ça sympas, les arts martiaux. Mais je n’ai jamais eu le courage de tester, ah ah… Tu en fais depuis combien de temps ?

L’information pouvait être utile. Si jamais elle était une experte, il éviterait très certainement de la mettre en colère ou de la froisser. Sait-on jamais… Question de survie avant tout. Il avait beau avoir des muscles et être plus qu’entraîné, son corps était fait pour la vitesse, l’esquive et les sauts. Pas pour répondre à un placage au sol ou un coup de pied retourné… Enfin… Il allait survivre, du moment qu’il ne mettait pas les deux pieds dans le plat. Puis Tanaka vint de confirmer son questionnement interne… Finalement, même au lycée l’on pouvait avoir un gros emploi du temps. Mais cela ne semblait pas tant la déranger, car même si elle avait le choix à ne garder que le club de cuisine, elle y restait de même.


Lorsqu’ils furent installés convenablement sur le toit, Haruhiko se sentit bien. Certainement parce qu’il s’était reposé durant le cours de strat’… Mais ce n’était qu’un détail. L’air frais emplissait ses poumons d’un vent nouveau. Bien que la chaleur du soleil fût encore présente, ce léger vent rendrait l’atmosphère plus qu’agréable et le soleil réconfortant. Il pouvait le sentir sur ses baskets qui dépassaient de la ligne d’ombre du petit préau, puisqu’il venait tout juste de déplier ses jambes lorsqu’il décida d’envoyer un petit message texte à Naoko, pour lui adresser quelques nouvelles de la journée. Elles étaient rares les journées où il ne lui envoyait rien. En y réfléchissant, il pouvait certainement les comptes sur le bout des doigts… En huit ans, en fait ! Etrangement, cela lui fit comme un choc. Il avait 11 ans lorsqu’il avait reçu sa première lettre… Qui n’avait pas vieillit d’un pouce. Elle était toujours intacte, dans sa boite aux trésors sous son lit. Un petit sourire vint naître sur son visage. Il enverrait très certainement un message plus tard à Naoko pour lui faire remarquer. C’était drôle, de passer autant de temps à discuter avec quelqu’un tout en étant si éloigné physiquement… Peut-être qu’un jour il économiserait pour aller à Tokyo. Il se demanda alors quelle serait la réaction de Naoko, en le voyant pour la première fois… Et lui, comment réagirait-il ? C’était une bonne question… Il serait certainement stressé. Peut-être même incapable de dire un mot… Etrange alors qu’il lui parlait au final tout le temps.

Tanaka reprit finalement la parole, absolument pas gênée par le fait qu’il ait prit la décision d’envoyer un message. Au moins, cela le rassura un peu… En espérant au fond de lui qu’elle ne disait simplement pas ça par politesse… Le changement de sujet eut vite raison de ses inquiétudes, il n’y pensa même plus. Le sujet revint donc sur son fameux bentô cuisiné par ses soins. Il s’agissait de restes… De restes !? Si seulement il pouvait avoir des restes assez bons pour en remanger le lendemain… Il vivrait très certainement comme le plus heureux des hommes. Un deuxième point le fit tilter, lorsqu’elle parla de colocataire. Hmm… Elle n’était donc peut-être pas native de Keimoo, en fait ! Ou alors si, mais elle a voulu prendre son indépendance… C’était une question qu’il se gardait plutôt en réserve. Peut-être était-elle-même trop personnelle pour qu’il se risque à la poser.

- Du coup, tu es en coloc ! Avec combien de personnes ? Ce n’est pas trop difficile de vivre avec d’autres personnes comme ça ?

Sa question ne trouva pas de suite de réponse, étant donné qu’elle sembla recevoir un message texte sur son téléphone.

- Ah, désolée. C’est un message. Je peux ?

Bingo ! Haruhiko secoua la tête positivement.

- Oui, ne te gêne pas, vas-y !

Après tout, il venait lui-même de faire exactement la même chose. Et non pas parce qu’il avait reçu un message mais bien parce qu’il avait voulu en envoyer un. D’ailleurs il trouva la coïncidence assez drôle. Le fait qu’il envoie un message pile au moment où Tanaka venait d’en recevoir un. Une petite chose de deux fois rien mais qui lui mit un peu de baume au cœur. C’est donc patiemment, en regardant la forme des petits nuages dans le ciel, qu’il attendit que Tanaka termine son message à son tour.

- Du coup, je voulais dire…

Lorsqu’elle rangea à son tour son cellulaire, Haruhiko se raccrocha à ses paroles, tentant de comprendre ce qu’elle voulait commencer à lui dire précédemment. Ils parlaient des clubs… De leurs repas respectifs… Et de… Son cellulaire vibra. Il se figea durant quelques secondes en sursautant légèrement au son de la vibration. Deuxième coïncidence ? C’était certainement Naoko qui venait de lui répondre. Il fit glisser son téléphone légèrement en dehors de sa poche. Le petit cadre sur le clapet de son téléphone affichait bel et bien Naoko avec une enveloppe… Son regard se reporta à nouveau sur Tanaka. Tanaka… Comme Naoko Tanaka. Ou comment N.Tanaka ? Soudainement, il réalisa qu’il y avait quand même beaucoup de ressemblance, entre les deux… Et si…

Sa réflexion fut néanmoins coupée net lorsqu’il entendit l’appel du messie. Elle venait de lui proposer en cet instant béni… De. Partager. Son. Bentô. Durant quelques instants, il la fixa, surprit d’une telle proposition. En réalité, c’était même la première fois que quelqu’un acceptait de partager son bentô avec lui ou même de lui proposer directement un repas côte à côte. En fait. Tanaka était certainement un ange descendu du ciel ayant pitié de son faible régime alimentaire… Il n’y avait pas d’autres solutions ! Ses yeux s’emplirent de larmes de bonheur tandis que ses oreilles s’étaient rabaissées et sa queue remuant de joie.

- Merci, Ô grande déesse de la cuisine Tanaka-han de bénir ainsi un pauvre mortel comme moi…

Lorsqu’elle ouvrit le couvercle, il n’en fut que deux fois plus touché par la grâce… L’aspect visuel était beau ! Simple, mais bien préparé. Et l’odeur… Fallait-il qu’il en parle de cette odeur qui rendait son pauvre sandwich tout à coup si fade !? C’était décidé. Il prierait chaque soir la déesse Tanaka pour lui avoir apporté de si bonnes choses dans sa courte vie de mortel. C’était la moindre des choses !

- Je vous promets en échange de cette offrande de bénir votre culte quotidiennement.

Il était certainement à moitié sérieux. Observant la réaction de la jeune fille, il parti à rire. Bien entendu qu’il était stupide de réagir comme ça. Mais il trouvait ça drôle, c’était le principal. Il ne pouvait tout simplement pas cacher le surplus de joie qui naissait ainsi en lui, en cet instant sacré. Il avait bien outrepassé la taquinerie de Tanaka en réagissait ainsi.

- Si ce n’était pas trop osé venant d’une personne que l’on connait à peine, je t’aurai certainement serré dans mes bras pour une telle proposition ! Tu es une bonne personne, Tanaka-han !

Pour ce qui était des arguments nutritifs… Elle prêchait un convaincu. Mais les salades aux légumes du Konbini étaient vraiment des plus infectes. Beaucoup moins mangeable que les sandwichs.

- En tout cas... Ça a l'air vraiment bon !


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MessageSujet: Re: Le géant de papier [PV Naoko]   Mar 15 Sep 2015 - 1:05

Message envoyé, et alors que je reprenais là où je m’étais arrêtée précédemment, je le vis sortir son téléphone de sa poche une nouvelle fois. Il n’y jeta qu’un simple coup d’œil, mais mes pensées se focalisèrent dessus malgré le fait que je continuais de parler. Des hypothèses me vinrent en tête, et je me demandai sur le coup si ce n’était pas ses amis qui étaient en train de le contacter.

Ca semblait logique, il les avait sûrement prévenus qu’il allait manger sans eux. Et soit ils étaient en train de protester parce que leur camarade leur était volé par une inconnue, soit ils étaient en train de continuer à insinuer que…
Je ne savais pas vraiment quelle proposition me convenait le plus. Après tout, si ses amis prenaient mal le fait que je m’incruste à la pause déjeuner, ça m’embêtais tout de même, de m’imposer et de prendre la place de quelqu’un d’autre. S’ils continuaient de taquiner Haru… Mes joues rosirent sans que je ne le remarque. Ça me gênait un peu d’imaginer qu’on puisse penser ces choses sur nous deux. Même si je pouvais comprendre. Après tout, on pourrait presque croire qu’on s’était isolés volontairement comme les cou… NON NON NON, à quoi je pensais ?! C’était une coïncidence qu’il n’y ait personne ! Une simple coïncidence !

Après tout, j’avais déjà mangé plusieurs fois avec Hisaka, tous les deux, et ce genre de choses ne s’étaient jamais passés. Enfin. Ce genre de pensées n’avait jamais traversées mon esprit. Je devais être influencée par les sous-entendus des camarades de classe de Haru. Absolument. Il n’y avait pas d’autres solutions.

Je n’eus pas énormément de temps pour rester sur ce genre d’élucubrations, cependant. Puisqu’à peine eu-je terminé ma demande de partage de bento que je fus fasse à… une effusion de joie. Je fus surprise sur le coup, et le fixais, crispée. Je n’avais jamais été témoin d’autant de bonheur d’un coup. A part peut être les fois où mon père rentrait à la maison et qu’il ne m’avait pas vue depuis longtemps. C’était à peu près le même niveau, et c’était vraiment impressionnant pour moi de voir à quel point il était content.

Je cru même voir de petites larmes au coin de ses yeux. Il l’était à ce point ?! Sur le coup, je me demandai si ce n’était pas du cinéma. Mais plus je fixais son visage, et que je l’écoutais s’extasier devant ma proposition, et plus je réalisais que non. Il était réellement heureux au point de pleurer. Pour un bento. Wow. Et dire que moi je n’avais jamais pleuré de joie de toute ma vie. J’avais eu des moments heureux. Mais pas au point d’en pleurer non plus. Enfin. Ça ne se montrait pas de cette manière. Décidément, je crois que je pouvais classer Inu-kun dans les personnes les plus expressives que je connaisse.

Inu-kun… Je l’avais inconsciemment re-affublé de ce qualificatif. D’ailleurs, quand est-ce que j’avais arrêté de l’utiliser ? Dans tous les cas, vu son air d’homme le plus heureux du monde, je pouvais à nouveau voir réapparaître ses oreilles et sa queue qui remuait dans tous les sens. Presque encore plus qu’avant. C’était vraiment mignon. Fronçant très légèrement les sourcils et mordant discrètement ma lèvre inférieure alors que je le fixais intensément, je dû me faire violence pour ne pas aller caresser ses cheveux et lui lancer une baballe pour qu’il aille la chercher. C’était de la triche, d’utiliser ma faiblesse des animaux contre moi ainsi. De la triche !

Mes hallucinations de va chercher éclatèrent tous lorsqu’il s’exclama cependant.  « Grande déesse » ?! Et il me vouvoyait ! Gênée, mon visage repris des couleurs, alors que je ne savais pas comment réagir face à ce type de compliment. Je savais bien qu'il plaisantait, mais c’était embarrassant. J’avais l’impression de lui avoir proposé la plus belle chose au monde. Et pourtant, ce n’était qu’un bento. Avec des restes de la veille.
Bien sûr, j’étais flattée aussi, et contente, c’était certains. Qu’il accepte, et que ça lui fasse autant plaisir. Mais je n’étais pas habituée à autant d’enthousiasme, à part dans ma famille. Mais avec eux, c’était différent, c’était la routine. Mais dans tous les cas, je doutais grandement que cette faveur vaille autant de gaieté.

J’ouvris alors ma boite pour lui permettre d’observer ce qu’il allait pouvoir manger. Et son enthousiasme ne faiblit pas. Au contraire, il parlait maintenant de culte. Toujours autant gênée, je marmonnais alors, le regard fuyant sur le côté :

- Un culte c-c’est peut-être un peu… exagéré…

Un peu beaucoup même ! S’il se mettait à construire un autel sur moi juste pour ça… ça deviendrait tout de même vraiment creepy.

- Je-je pense qu’un merci suffira.

Et il se mit à rire. Inconsciemment, mon regard revint se fixer sur lui et un léger sourire se dessina sur mes lèvres alors que je penchais la tête. Sa présence était agréable, parce qu’il était simple de rester avec lui. Ca me donnait un peu l’impression que la vie était sans soucis. Il souriait quasiment tout le temps, était joyeux, riait spontanément. Cela rendait l’atmosphère moins lourde. C’était vraiment plaisant.

En plus, en japonais correct qu’il était, il n’avait pas l’air envahissant, tactilement parlant. Au square, il avait pris la peine de me demander avant de me toucher. Et là, il s’était retenu de me serrer dans ses bras pour exprimer sa joie. Je me demandais si ça avait à voir avec le fait que je lui avais dit plus tôt que j’avais fait d’autres sports de combat, malgré le fait que j’avais commencé le karaté tout juste cette année.

Mais dans tous les cas, je préférais ça. Je n’étais pas vraiment à l’aise quand on me touchait, et je ne supportais pas quand c’était par surprise. Alors oui. C’était mieux ainsi. Après tout, je n’aurais pas su comment réagir s’il s’était mis à me faire un câlin de but en blanc. Et je pense que je serais sûrement tombée dans les pommes du trop-plein d’émotion. Je sentie le bout de mes oreilles commencer à chauffer, et malgré moi, je me suis prise à imaginer ce que c’aurait pu être. Après tout, je m’étais déjà retrouvée au creux de ses bras. Il n’y avait plus qu’à penser à ce que ce serait s’il les serrait contre moi.

Tout mon visage devint rouge, et, je pense que même mon cou et mes épaules s’étaient teintés alors que je détournais vivement la tête pour regarder l’espace du toit qui s’étalait devant moi. J’espérais qu’il ne remarque pas, et surtout, qu’il ne comprenne pas à quoi j’étais en train de penser. Enfin, moi non plus je ne comprenais pas comment j’en étais arrivé à ce genre de scène. Mon imagination était trop sauvage, ces derniers temps !

Pour noyer le poisson, je me mi à fouiller dans mon sac pour en sortir deux paires de baguettes. Vous devez vous demander pourquoi j’en avais deux ? Tout simplement parce que j’avais toujours ma paire pour manger, et une autre que j’utilisais pour cuisiner pendant les heures de clubs. Excès de maniaquerie ou préférence d’un objet familier, ou même un peu des deux, toujours était-il que j’étais plus à l’aise d’utiliser mes ustensiles. Et comme je ne pouvais pas tous les ramener à chaque fois, je me contentais de baguettes, que j’utilisais souvent.

Tendant d’une d’elle à Inu-kun, j’ajoutais, en prenant soin de ne pas le regarder dans les yeux de peur que mes fantaisies reprennent :

- O-on devrait manger, sinon on aura plus le temps.

Excuse, puisque la pause de midi était quand même assez longue, et que nous pouvions largement prendre le temps de manger tranquillement sans risquer de rater le début des cours. Me calmant légèrement, je vins joindre mes mains entre elle et murmurais alors :

- Itadakimasu.

Je vins ensuite attraper du bout des baguettes une tomate cerise de la boite posée entre nous deux, et la glissa dans ma bouche. Manger réglait tous les soucis, et j’avais l’impression d’être plus détendue. Et c’était étonnement plus agréable que je ne le pensais de partager un repas, et un bento avec quelqu’un. L’observant alors qu’il commençait à manger tout en picorant de mon côté, j’ajoutais calmement :

- S’il y a des choses que tu n’aimes pas, tu peux trier. Ne te force pas.

Ça valait autant pour des aliments qu’il n’aimait pas que pour ma cuisine qui ne serait pas à son goût. Mais il avait l’air de resté ravi, et moi, je l’étais aussi de voir qu’il appréciait. C’était assez étrange pour moi de prendre conscience que je souriais presque inconsciemment, et autant. Ça ne me ressemblait pas vraiment.
Dans un coin de ma tête, je me demandais alors ce que ça serait, si jamais je lui faisais d’autres choses. Est-ce qu’il en serait toujours aussi content, ou était-ce seulement parce qu’il n’avait peut-être pas l’habitude ? Ça me titillait, et alors que le repas s’entamait, l’idée restait de plus en plus ancrée dans mon esprit.

Entre deux bouchées, je déclarais donc, sans y avoir vraiment réfléchis auparavant :

- Tu manges souvent des trucs du kombini ? Si c’est le cas, je peux te faire des bentos à la place ?

Après tout, ce n’était pas spécialement sain de se nourrir ainsi. Et puis, je me disais que si ça pouvait faire plaisir, ça ne me dérangeait pas vraiment de préparer une portion de plus.
Mais après quelques demi-secondes, je réalisais. Et me mis à bafouiller :

- E-en-enfin, j-je ne veux pas pa-paraitre trop… envahissante !

Ma proposition l’était carrément, et elle manquait de considération même si elle partait d’une bonne intention. Des fois, je devrais me taire un peu plus !

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MessageSujet: Re: Le géant de papier [PV Naoko]   Mar 15 Sep 2015 - 4:59




Un bon point pour Tanaka. Il était peut-être allé un peu fort dans l’expression de sa joie. Et au même temps… Pas tant que cela. Cela pouvait être représenté comme un geste de trois-fois rien, de courtoisie. Mais pour Haruhiko, cela signifiait beaucoup. Il était de ceux à trop donner sans jamais réclamer son dû. Non pas que cela le gênait réellement, étant donné que c’était dans sa nature. Mais à cause de ça, dès lors qu’il recevait quelque chose, il en appréciait deux fois plus les biens faits. Il ne savait pas trop comment l’exprimer à Tanaka, mais il était réellement content de la proposition du repas et qu’elle accepte de partager son bentô avec lui. Un sourire satisfait resta collé à son visage. C’était un bon moment, et il était content de le partager avec une fille comme Tanaka. Elle avait l’air un peu maladroite, mais pas bien méchante. Un petit côté attachant et adorable, aussi.
Alors que son regard fuyait et qu’elle marmonnait, Haruhiko ne la quittait pas du regard, tout sourire. Oui, il n’y avait pas à dire, elle était vraiment adorable. Et plus que mignonne lorsqu’elle essayait de trouver ses mots. Lorsqu’il se rendit compte du fil de ses pensées et du nombre de compliments grimpants sur Tanaka qu’il se faisait intérieurement, il se mit à rougir. C’était bien la première fois qu’il détaillait autant les qualités d’une fille.

- C’est trop tard, tu sais… Le culte est déjà lancé dans plus de cinq pays et tu as cinq milles adeptes sur ton site internet que j’ai créé spécialement pour toi.

A nouveau, il se lança à rire joyeusement. Il se moquait ouvertement d’elle, et il n’en avait même pas honte.

- Dans ce cas, merci !

Un repas qui semblait bon à partager… Ahh… Avec une fille, en plus. Quel homme chanceux il faisait sur cette terre. Il remercia tous les dieux de lui accorder une once de paix dans son idylle de fin d’adolescence. Peut-être n’aurait-il pas un avenir un vieux garçon méconnu de l’amour et pouvait-il enfin espérer une ouverture avec les filles ? Tanaka lui sorti une deuxième paire de baguettes qu’elle lui tendit. Il la remercia pour ce geste mais resta tout de même perplexe. Qui dans le monde prenait avec son bentô deux paires de baguettes ? Il ne saurait  dire… Bon. Il n’était pas non plus l’exemple à suivre… Si quelqu’un venait à fouiller le contenu de son sac… Il y trouverait un milliards de petits sachets de bonbons de toutes les saveurs et couleurs. Pire qu’un sac d’enfant ou de jeune fille prépubère… Mais il s’en fichait bien, c’était tellement bon que la réputation qui pouvait le précédait était bien loin de toutes ses préoccupations.

- Itada-kimasuuu ~ !

Il attendit que Tanaka se serve la première avant d’oser jeter un regard plus approfondis sur le contenu de l’assiette… A vrai dire, il ne savait même pas par quoi commencer. Tout avait l’air bon ! Une chose le fit réfléchir un peu plus longtemps également, il ne voulait pas gâcher les morceaux préférés de Tanaka en les mangeant… Il vit donc qu’elle prit une des tomates cerise. Tiens, il allait commencer par des légumes aussi. Un peu de frais ne ferait pas de mal ! Il mit ses baguettes à la bonne place et attrapa un morceau de carotte pour le grignoter, en faisant du bruit, bien évidemment… Ce n’était pas un aliment qui pouvait se déguster sans que cela ne trahisse le silence alentour. Regardant Tanaka, il vit bien que ce n’était pas du tout passé discrètement… Il rougit légèrement, abordant un air d’excuses. Ce n’était pas bien grave en soi, mais il était bien trop à cheval sur la bonne éducation pour se permettre de devenir nuisible d’une quelconque manière pour les autres. Son deuxième choix se porta sur un gyoza. Le croquant suivit de cet aspect moelleux lui fit fondre la bouche. C’était vraiment bon !

- Les gyozas sont vraiment bons !! Tu y as mis quoi dedans ?

La question qui suivit, il s’y était attendu… En voyant ses repas, l’on pouvait comprendre toute la pitié qu’il pouvait inspirer avec ses repas pré fait et peu savoureux. Par contre il ne s’était absolument pas préparé à la proposition qui suivit. Décidément. Tanaka était pleine de bonnes surprises (surtout en sa faveur, en fait) ! Très vite, elle réalisa que sa proposition était peut-être trop audacieuse. Haruhiko aussi… Mais malgré le fait qu’il rougissait légèrement, il était à quelque part au fond de lui… Assez ravi. Il se gratta frénétiquement l’arrière de la tête.  

- Ah ah… Oui, malheureusement. Etant un désastre en cuisine je me contente de la cantine quand j’ai du temps le midi. Sinon ça se résume pas mal à ça !

Rebaissant son bras, il détourna légèrement le regard, les joues légèrement rougies.

- Je… Je ne voudrai pas abuser de toi. C’est déjà adorable de bien vouloir partager ce bentô avec moi… Ah ah…

Il savait qu’elle avait certainement proposé ça par charité et/ou pitié de sa condition… Un sportif condamné à manger des plats pré fait sans grande nutrition… Ce n’était pas bien joyeux. Il trouvait Tanaka vraiment sympas et il ne voulait pas abuser d’elle ou de son temps. C’était bien la première personne qui se préoccupait de lui, pour x ou y raisons. Mais d’un côté… Ce qu’il venait de manger était quand même vraiment bon… Bien plus bon que la cantine…

- Ou alors…

Il réfléchit quelques instants. N’était-ce pas trop osé à proposer ? Il ne savait pas…

- Je peux te dédommager financièrement en contrepartie. Ou… T’offrir quelque chose aussi !  Comme… Oh !

Il tapa son poing dans la paume de son autre main. Il venait d’avoir une idée.

- Ma seule compétence en cuisine, c’est sur les gâteaux, pâtisseries ou biscuits… On… On pourrait s’organiser des repas de temps à autre. Et… Au lieu qu’il ne soit fait que par toi… Je pourrai m’occuper du dessert.

Il n’était pas tout à fait certain de son idée… Cela ressemblait à une sorte de … Pique-nique ? Il aimait bien l’idée en tout cas. Tout comme celle d’avoir un peu de  compagnie pour les prochains midis à venir. Ses livres étaient sympas, mais ce n’était pas tout à fait la même chose que de profiter de la présence d’un ami. A cette proposition, Haruhiko avait finalement remit son regard en direction de Tanaka, un sourire timide affiché sur son visage cette fois-ci.


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MessageSujet: Re: Le géant de papier [PV Naoko]   Jeu 17 Sep 2015 - 23:42

Le croquant d’une carotte résonna alors que je savourais tranquillement ma tomate. Jetant un rapide coup d’œil à mon camarade en tentant de ne pas trop le fixer pour ne pas qu’il se sente trop observé en mangeant, je remarquais qu’il avait l’air gêné.
Je comprenais plutôt bien, puisque, je pense que j’aurais été pareille à sa place. Manger avec quelqu’un, quelque chose qu’une autre personne qu’on connait à peine nous propose, il y a de quoi se sentir tendu. Malgré tout, ça m’embêtait un peu, j’aurais aimé qu’il se sente plus à l’aise et qu’il n’hésite pas. Le souci étant que… je ne savais absolument pas comment faire en sorte qu’il se sente bien. Que ce soit lui ou n’importe qui d’ailleurs.

Disons que jusqu’à maintenant, ce genre de pensée ne m’avait pas vraiment traversé l’esprit. Avant d’arriver à Keimoo, et même au tout début de mon… aventure ici, j’étais toujours exclusivement centrée sur moi-même. C’aurait été mentir que de dire que ce n’était plus du tout le cas maintenant, puisque j’avais des moments où le monde autour ne m’importait pas, et que je souhaitais ne rien avoir affaire avec. Mais c’était plus nuancé, actuellement. Forcément, puisque je côtoyais plus de gens. Je n’étais plus complètement seule, bien que je restais tout de même solitaire.
Cependant, même s’il m’arrivait de passer un peu de mon temps avec d’autres êtres humains, et que j’essayais d’être la moins désagréable possible pour eux… Et bien, je ne pouvais pas dire que j’avais véritablement tenté d’être agréable pour autant. Jusqu’ici, ça avait toujours été aux autres d’avoir ce rôle. Et même si, clairement, avec Inu-kun, c’était aussi lui qui portait cette charge, j’avais en quelque sorte l’envie de le délester. Un peu.

Mais la grande question demeurait : Comment ?

Je n’étais pas une comique, loin de là. Contrairement à lui, je n’avais pas cette facilité à lancer des plaisanteries. Et à parler tout court en fait. Sur le coup, je réalisais à quel point je devais être quelqu’un d’ennuyeux. Je n’avais pas de conversation, j’étais bizarre, mal à l’aise et pas forcément sympathique. Je me mis à le dévisager un instant. Franchement, comment faisait-il pour apprécier d’être avec moi ?! Même sans me dénigrer, il y avait sûrement une infinité de personne qui pouvait permettre de passer du temps plus… fun. Enfin, tous les goûts sont dans la nature, semblait-il.

Je fus interrompue dans ma réflexion alors qu’il me questionnait sur la composition des gyozas, et que le coup, je clignais des yeux auparavant dans le vague, pour qu’ils se re-focus sur lui. Suivant du regard les mets cité, il me fallut cinq bonnes secondes avant que l’information ne monte au cerveau, et que j’aille fouiller dans ma mémoire pour répondre, la tête un peu ailleurs :

- Ah euh… Du porc, et du chou. J’ai suivi la recette classique, mais j’ai fait la pâte moi-même.

Courte pause, je levais mes iris sombre sur lui tout en l’observant d’un air doux, et ajoutais :

- Ravie que ça te plaise.

Je me reconcentrais alors sur le repas, et pris un peu du riz collant avec mes baguettes. Au fond de moi, j’étais joyeuse, et les commissures de mes lèvres le laissaient légèrement paraitre. Sans exagération, j’étais véritablement ravie qu’il trouve ce que j’avais fait à son goût. C’était toujours enrichissant, et flatteur lorsque des gens appréciaient ce qu’on créait, et peut-être encore plus dans la cuisine, vu que selon moi, le but était de faire plaisir, et d’apporter la satisfaction aux gens qui y gouteraient. Et comme c’était chose faite, j’eu l’impression d’avoir atteint mon but.

En plus de ça, je lui avais proposé mon bento à la place de ses sandwichs, alors, même s’il n’y avait pas photo en théorie, j’étais restée nerveuse à espérer qu’il ne les regrette pas. Ça ne semblait pas être le cas, et sur le coup, j’étais fière d’avoir été capable de lui proposer. Alors, prise d’un élan de bonne volonté, motivé intérieurement par des desseins pas spécialement nobles, j’avais lâché une proposition plutôt osée, au vu de la situation et de notre relation actuelle.
Mais ça avait été plus fort que moi. L’idée de voir son sourire ravi à chaque fois que je cuisinerais quelque chose avait presque fait couler les mots de ma bouche sans que je puisse y mettre un quelconque frein. Et même si de l’extérieur, ma proposition paraissait charitable, cette satisfaction personnelle était dans le fond ma réelle motivation. Je refusais de me l’avouer, cependant.

Et je n’eus pas vraiment le temps de me pencher rétrospectivement sur le pourquoi de cette offre, puisque la réalisation fut rapide. Et le regret s’en suivi accompagné de la panique.
Je tentais un rattrapage, plus que maladroit, et me maudissais déjà intérieurement. Je n’avais pas su me mettre un stop là où j’aurais dû, résultat des courses, il allait me regarder bizarre, penser que j’avais je ne sais quel plan bizarre pour l’approcher et prendre les jambes à son cou.
Le pire, c’est que je ne pouvais même pas me défendre si jamais il m’accusait d’avoir des intentions bizarres… Puisque c’était le cas ! Je ne pouvais décemment pas lui dire « C’est juste que je voulais te voir content de manger mes plats ». Ça sonnait extrêmement louche, et à sa place, je crois que je serais plus écœurée qu’autre chose !

Alors, pour tenter d’éviter le plus de casse possible, j’ouvris la bouche, m’apprêtant à retirer ma proposition du marché rapidement avant que tout cela ne devienne trop gênant. Mais je voyais déjà le silence pesant s’abattre sur nos épaules, et le malaise omniprésent par la suite. Je n’eus pas le temps d’en placer une.

Il expliqua d’abord qu’il n’avait pas l’occasion de cuisiner, et que donc, ses repas étaient généralement tout aussi tristes que celui qu’il avait aujourd’hui. J’avais tenté un regard en sa direction, et la gêne pouvait se lire sur son visage. Moi qui souhaitais le mettre à l’aise, j’avais fait tout le contraire. Je tentais alors une nouvelle fois de placer ma phrase, et ouvrit la bouche à nouveau. Pour me faire encore coupée dans mon élan.

- Je… Je ne voudrai pas abuser de toi. C’est déjà adorable de bien vouloir partager ce bentô avec moi… Ah ah…

Je crois que sur le coup, j’étais restée bouche bée. Je ne m’attendais pas à une réaction de ce genre. Le malaise que j’avais cru apercevoir était en fait de l’embarras, mais rien ne semblait démontrer une quelconque déplaisance. Il avait juste l’air… Timide. Et c’était vraiment cute. Alors je le regardais avec des yeux rond, n’en revenant toujours pas qu’il ne m’ait pas lancé un regard de dédain en me demandant de garder mes distances.
Et je restais pendue à ses lèvres, incapable d’une autre réaction que celle de le fixer bêtement, me demandant si je n’étais tout simplement pas en train d’halluciner.

- Ou alors…Je peux te dédommager financièrement en contrepartie.

Redescente sur terre, me payer, pour un pauvre bento. Sûrement pas ! Il était hors de question que j’accepte de l’argent pour ce genre de choses. En plus, il travaillait à côté, et, pour un étudiant, ça voulait sûrement dire qu’il n’était pas un gosse de riche. Pourquoi aller s’embêter dans un kombini sinon ? Et je vous vois venir, mes raisons pour travailler au salon de thé était différente. Et j’étais payée en thé, nuance. Toujours était-il qu’il était impossible que je le taxe alors qu’il devait déjà galérer. Non, non, non.
Il sembla réfléchir un court instant, et je voulu en profiter pour tuer cette idée avant même qu’elle ne germe.

- Sûrement p…

Coupée encore une fois, même si cette fois, c’était moi qui n’avait pas attendu sagement. Alors, sur le fil, je le vis avoir une illumination, et il proposa alors que nous nous répartissions les tâches. Lui s’occuperait du dessert, moi du plat. Il jeta un regard timide en ma direction, qui était soit dit en passant absolument adorable. Alors, je lui souriais doucement, avant de répondre :

- C’est une bonne idée. Je préfère ça plutôt que tu me paye. Ca me semble aussi assez équitable.

La perspective de telles entrevues était plaisante, et j’étais soulagée que ma bourde se soit transformée en quelque chose d’aussi sympa. Je me projetais déjà, avoir nos petits rendez-vous régulier, à faire un presque pique-nique sur le toit, avec les oiseaux qui chantent et les pétales de cerisier.

Wait a minute…

Depuis quand j’étais aussi niaise. Balayant l’image sortie tout droit d’un shojo de mon esprit, je décidai de garder ce genre de fantaisie d’adolescente pré-pubère lorsque je serais toute seule, dans mon lit, à essayer de m’endormir. Franchement, un peu plus, et j’aurais rajouté du romantisme là-dedans. Qu’est-ce qui ne tournait pas rond chez moi ?! Franchement. Romantisme et moi. Ces deux choses n’allaient absolument pas ensemble. Alors si en plus, j’étais protagoniste principale, ça avait encore moins de sens. Sur le coup, j’eus même un peu de compassion pour Inu-kun d’avoir été trainé dans mes rêveries pendant ce court instant. Le pauvre.

Et alors que j’évacuais la scénette -enfin, que je la mettais de côté pour être exacte-, une information qui me sembla capitale me revint en mémoire. Et alors que j’avais presque fini de manger, je portais mes baguettes au coin des lèvres, pensive, une boule de riz au creux de la joue façon hamster. Avalant les féculents, je déclarais alors :

- Ça ne va pas être problématique pour toi, les desserts dans les cuisines collectives ?

Je doutais franchement qu’il ait de quoi faire, avait-il seulement un four à disposition ? Un air de réflexions sur le visage et les yeux levé vers les nuages, je marmonnais alors :

- Remarque, tu pourrais emprunter les équipements du club, le local est généralement en libre-service…

Théoriquement, il était à la disposition des membres du club, et personne d’autre que nous ne les utilisait. Alors une exception ne pouvait pas faire de mal. Et puis… J’abaissais mon regard sur lui, pour venir le planter dans le sien en affichant un sourire amusé :

- En tout cas, j’ai hâte de goûter à tes desserts.

Comme je savais les faire moi-même, le peu de personne de mon entourage n’avait jamais pris la peine de m’en offrir. Alors, ça allait être une première !

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MessageSujet: Re: Le géant de papier [PV Naoko]   Mer 23 Sep 2015 - 11:31




Le bonheur gustatif qu’il ressentait en ce moment n’avait pas de comparaison. Ces saveurs du fait-maison lui rappelaient avec joie la cuisine de la maison. Cela faisait cinq mois déjà qu’il était arrivé dans la ville de Keimoo. Le temps passait relativement vite, au final. Il n’avait rien vu passé. Entre le sport, les cours, les clubs et le boulot, il avait de quoi s’occupe bien assez pour ne jamais s’ennuyer. Quoi qu’il en fût, les repas familiaux lui manquaient quand même un peu. Il aimait beaucoup parler avec Kaoru et son beau-père de diverses choses et goûter aux plats de sa mère. Oui, ce plat avait comme un arrière goût de la maison.

Haruhiko fut certain d’une chose, Tanaka était adorable. Elle avait constamment l’initiative quand lui-même n’avait encore que l’idée germée en tête. Seulement, il se demanda si sa manière d’être était bonne ou non pour elle. Ils ne se connaissaient que depuis peu de temps et il avait l’impression d’être déjà couvert de gentillesses. Il espérait pour elle que sa gentillesse ne lui nuisait pas comme elle nuisait à lui. Etrangement, il senti monter en lui comme un vent de protection. Car bien qu’il sache qu’elle pratiquait les arts martiaux et savait par conséquent, sûrement, se défendre, il ne pouvait s’empêcher de s’inquiéter quand même un peu. Elle lui semblait si… Fragile. Comme un château de carte qu’un simple souffle pourrait pousser. Robuste mais léger à la fois. Ou peut-être se faisait-il simplement une projection sur la vision qu’il avait de Tanaka.
Néanmoins, il devait se l’avouer… Il était réellement heureux de la situation. Au fond de lui, il avait l’impression que les choses pouvaient changer, à Keimoo. Qu’il n’était plus que celui à qui l’on peut tout demander sans jamais avoir de contre partie. Que l’on voyait enfin derrière son surplus de gentillesse, qui était réellement Haruhiko Nakamura. Qu’enfin, il pouvait espérer avoir des relations saines qui déboucheraient peut-être sur quelque chose de durable au doux nom qu’est l’amitié. En venant ici, il avait déjà rencontré plusieurs personnes. Il s’était rapproché avec d’autres. Il avait même retrouvé Tadashi, un voisin de quartier de son enfance à Kumano. Cette école lui apportait réellement tout l’espoir qu’il y avait fondé. Et ça, ça n’avait clairement pas de prix. Il pouvait bien travailler vingt heures en plus de ses cours, tant que cela lui permettait de continuer à pouvoir vivre à Keimoo. Finalement, il comprenait Naoko lorsqu’elle lui avait dit qu’un nouveau départ dans un nouvel environnement pouvait être bénéfique. Une remise à zéro totale où tout était encore possible.

Il fut d’autant plus heureux lorsque Tanaka accepta son idée du repas partagé. L’idée combinée d’un bon repas le tout en compagnie d’une jeune fille le mettait en fleur. Oh… Soudainement, il réalisa que Tanaka était une fille. Etait-ce un peu trop présomptueux de sa part que d’espérer passer du temps seul à seul avec une fille… ? C’était ce qui avait provoqué les rires de ses camarades, précédemment… Peut-être que Tanaka finirait par être mal à l’aise avec tout ça… ? Au fond de lui, il espérait que non. Qu’ils puissent encore partager des moments comme celui. Ou comme l’autre soir… Etrangement, lorsqu’il eut la vision de la scène nocturne sur le terrain de basket, ce furent ses souvenirs olfactifs qui prirent le dessus. Il eut l’impression de sentir à nouveau le parfum de Tanaka. Parfum très certainement naturel, avec une légère pointe d’odeur de chocolat. Très certainement parce qu’elle avait tenté de préparer des macarons ce jour là. Cette odeur avait quelque chose de plaisant. Et en se repassant la scène, il avait plutôt l’envie de l’entourer de ses bras que de continuer à lui apprendre comment tirer.

Totalement perdu dans un rêve entre réalité et fantasme, ce fut Tanaka qui l’en sorti. Bien heureusement, ce n’était pas décent. Tanaka était la première fille qu’il fréquentait de cette manière… C’était peut-être pour cela que son esprit et son corps réagissaient bizarrement face à tout ça.

- Awh… J’avais totalement oublié le détail des cuisines collectives… Bon point. Ce n’est pas impossible, mais il faut redoubler de prudence vu que les appareils ne sont plus tout jeune.

La première fois qu’il avait voulu tenter quelque chose, c’en fut catastrophique. Son cheese-cake n’avait jamais cuit et s’était juste porté à ébullition, faisant en sorte de salir tout le petit four électrique et de déborder en dehors du plat… Il goûtait bon, pourtant… Tanaka lui parla alors des équipements du club de cuisine. Croyez-le, ce n’est pas tombé dans l’oreille d’un sourd.

- Vraiment ? On y a accès ?!

Un rêve éveillé. Confectionner des desserts dans une vraie cuisine… Il s’agissait là d’un simili nirvana. Cinq mois. Cinq longs mois qu’il avait dû se creuser la tête pour s’adapter à la cuisine collective. Qu’il avait dû se contenter de plats pré-faits ou de nouilles instantanées. Et voilà que Tanaka débarquait dans sa vie, comme sortie de nulle part. Il en était certain, c’était un ange descendu du ciel pour sa salvation. Il n’y avait pas d’autres possibilités.

- Tiens… Je me demandais, en parlant du club de cuisine. Tu y fais quoi exactement ?

Plusieurs fois il s’était lui-même posé la question. Etant un bon mangeur et adorant cuisiner tout ce qui est sucré, il s’était posé la question de savoir s’il devrait ou non rejoindre le club de cuisine –si on omettait sa dangerosité avec les ustensiles– et finalement il n’avait jamais prit le temps de répondre à cette interrogation. Déjà par le fait qu’il ne savait fichtrement pas ce qu’on y faisait, au club de cuisine.

- Ah ah… J’espère qu’ils seront à la hauteur !

Légèrement gêné, il se frotta frénétiquement l’arrière de la tête avec sa main. Vu sa cuisine salée et la réussite des macarons, il se doutait bien qu’elle était douée en la matière. Il savait faire des bonnes choses, mais de là à ce  que ce soit très bon… Il ne savait pas.

- Hmmm… C’est quoi ton dessert préféré ?

Son air redevint plus sérieux, fixant Tanaka. Cela allait lui donner un indice sur quoi préparer pour la prochaine fois. Ou des pistes de réflexion… Parce qu’en y réfléchissant, il n’avait pas encore d’idée sur quoi préparer pour la prochaine fois qu’ils se verraient.


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MessageSujet: Re: Le géant de papier [PV Naoko]   Mer 23 Sep 2015 - 18:29

Quand j’ai soulevé le problème des cuisines collectives, j’eu l’impression qu’il eut la réalisation de sa journée. Et c’eu l’air de le décevoir. Il ne devait pas y avoir pensé, mais cela me semblait être une variable importante à prendre en compte dans l’équation. Même si, sur le moment, j’eu une touche de regret d’avoir ouvert ma bouche. En effet, j’eu peur que ce projet pourtant si sympa tombe à l’eau, et qu’il me dise au final qu’il ne pouvait pas s’en occuper. Et donc qu’il refusait que je fasse quelque chose puisque lui ne pouvait pas participer en retour.

Alors mon cerveau s’était mis à tourner à toute vitesse, histoire de trouver une solution pour ne pas avoir à renoncer à la perspective d’autres moments de détente aussi agréable -et à l’opportunité de graver bien correctement dans ma mémoire sa mine réjouie-. Je me creusais alors la tête, et la salle du club me revint en mémoire. Alors que je la mentionnais, surtout dans une démarche d’auto-réflexion, voilà qu’il s’illumina encore une fois. Il donnait l’impression que la nouvelle le bénissait tellement il avait l’air content.

Il avait l’air tellement… tellement heureux de la nouvelle que je n’osai pas ajouter que ce n’était normalement pas accessible à tout le monde. Sourire crispé, je ne pouvais décemment pas lui briser tous ses espoirs après lui avoir fait miroité qu’il y aurait droit. Abaissant mes baguettes pour les garder au creux de ma main posée sur ma cuisse, je levais les yeux au ciel, pensive.
Peut-être que ça passerait s’il y allait en mon nom ? Mmh… non, j’étais une simple membre, et même si cela faisait 2 ans et qu’avec mon niveau, on commençait à me connaitre, je n’avais pas la légitimité nécessaire.
Du coup, peut être que si j’en parlais à Lawrence, il y avait moyen qu’il obtienne une autorisation ? Quoi que, il était président, et c’était peut-être un peu déplacé… Au pire, il y avait toujours Akio. Il avait moyen, de ses responsabilités de vice-président. Et j’avais l’impression qu’il ne pouvait pas refuser grand-chose.

Encore fallait-il que je trouve le meilleur moyen de lui demander. Tout en lui disant d’éviter de dire à Haru que je m’étais arrangée pour qu’il ait accès au club. Je passerais pour quoi sinon ? Une fille qui met son nez partout. Autant qu’il croit que c’est normal que les cuisines soient en service. Je précisais alors, toujours en réfléchissant :

- Par contre, c’est seulement pendant les heures de cours. Et bien sûr pas pendant celles de club.

Je me serais retrouvé bien idiote, s’il se pointait naturellement pour cuisiner alors qu’il y avait club. Situation gênante, bienvenue. En plus… Je grimaçais discrètement, en repensant que mon tablier actuel m’avait été gentiment offert par ma sœur, alors qu’elle avait pris soin de faire mystérieusement disparaître le blanc simple que j’avais avant. Pour le remplacer par un truc rose pâle avec des fleurs totalement hideux… Et que je n’avais pas le choix de porter.  Après les vacances d’été, pour la première séance du club à la rentrée, tout le monde m’avait dévisagé longuement quand j’avais enfilé cette chose. Et je les comprenais. Il était vraiment moche. Hors de question qu’Haru me voit avec, plutôt mourir. Il fallait rapidement que j’en achète un autre -ou que je fasse pression sur ma très chère cadette pour qu’elle me rende mon ancien-.

Dans mes pensées, je redescendais sur terre à sa question, et le fixai alors longuement, un sourcil se haussant dans une expression d’incompréhension. Au bout de quelques secondes, je lâchais alors, sans comprendre.

- Ben… J’y cuisine… ?

Que voulait-il que je fasse d’autre au club… Et puis, la partie ignorée de sa question me revint à l’esprit. Je repris alors une expression neutre.

- Sinon plus précisément, et bien, on fait un peu de tout, ça dépend des jours. En plus de ça on tient un livre de recettes, on organise des ventes une fois par semaine, et trois fois par ans on doit faire du bénévolat à la soupe populaire. Y’a aussi des événements qui sont organisés parfois, comme des concours. C’est assez varié, il y a toujours à faire.

J’avais beaucoup parlé d’un coup, et ça m’avait fait un peu bizarre. Je n’avais pas vraiment l’habitude de m’étaler, surtout pour parler de moi. Parce qu’au final, même si je décrivais les activités du club, j’avais surtout l’impression de lui faire la liste de mes propres activités. Mes joues s’étaient très légèrement teintées de rose et mon regard avait glissé sur le côté. Pour dévier le sujet d’attention de ma personne, je demandais alors :

- C’est que tu comptes t’y inscrire ?

Après tout, il avait l’air d’aimer cuisiner, et son problème avec les plats salés était peut-être simplement dû à un manque de pratique ? Et puis, dans la volée, ça réglerait cette histoire d’accès libre à la salle. En tout cas, l’idée ne me déplaisait pas. Je me surpris à penser que la perspective de cuisiner avec quelqu’un m’enchantait, pour la première fois. J’avais plutôt tendance à la jouer solo, d’habitude. C’était d’ailleurs bien la seule chose qu’on me reprochait au club. J’avais du mal à m’intégrer, à partager mes connaissances, à travailler en groupe. Le plus souvent, je préférais être seule à faire mes petites affaires, sans avoir quelqu’un dans les pattes où à devoir surveiller ce que les autres font. Mais là, l’idée me semblait amusante.

Je me retournais alors vers lui et lui souriais en annonçant mon envie de goûter aux desserts qu’il me ferait dans le cadre de notre prochain repas ensemble. Il eut l’air gêné, et pas très sûr de lui. J’eu envie de lui dire d’avoir confiance, mais sur le coup je ne trouvais pas vraiment les mots. Je décidais de rester silencieuse.
Je baissais les yeux sur ma boite bento qui était quasiment vide. Pour ma part, je n’avais plus vraiment faim, malgré que je n’aie pas énormément mangé. Peut-être à cause de la nervosité, où du fait que j’avais au final été plus occupée que d’habitude pendant le repas, j’étais déjà rassasié. Pas de manière désagréable, au contraire. En fait, j’avais surtout l’impression de ne pas vraiment avoir besoin de manger. Que le moment se suffisait à lui-même alors que l’impression d’avoir des papillons voletant dans l’estomac était étrangement apaisante. Je posais donc mes baguettes dans le couvercle de la boite et sorti de mon sac une petite bouteille de solution hydro-alcoolique pour me laver les mains rapidement.

- Hmmm… C’est quoi ton dessert préféré ?

Je relevais la tête à l’entente de sa voix, pour remarquer qu’il me fixait sérieusement. Sur le coup, cela me déstabilisa un peu, et je ne trouvai rien de mieux à faire que de laisser fuir mon regard sur le côté, faisant mine de réfléchir les premières secondes. Mais au final, je me mis réellement à y penser, puisque la réponse ne me vint pas du premier coup.
Ramenant un doigt contre mes lèvres tout en penchant la tête, je fouillais alors dans ma mémoire pour tenter de trouver quelque chose que j’aimerais plus que le reste.

- Mh… J’aime beaucoup de choses alors...

Réflexion intense, je ne remarquais même pas qu’il était probablement pendu à mes lèvres. Je me retournais alors vers lui, et déclarais simplement :

- Si je devais choisir, je pense que je dirais le fondant au chocolat ?

C’était simple, mais en un sens, ça me correspondait assez. Et j’aimais beaucoup tout ce qui était au chocolat lorsqu’il s’agissait de gâteaux ou de truc à grignoter. Bien sûr, j’aimais aussi les autres parfums. A vrai dire, il n’y avait que le durian qui me plaisait un peu moins. Mais en même temps, il fallait dire que c’était tout de même assez particulier.
Remarquant qu’il ne mangeait plus, je lui fis alors signe en montrant mon bento.

- Tu… as terminé ?

Je ne tenais pas à le presser, loin de là, mais je ne voulais pas qu’il se sente obliger de tout finir. J’avais vu largement trop gros, et sur le coup, je me suis dit que j’avais bien fait de partager. Il m’en serait resté plus de la moitié sur les bras.
Rangeant alors la boite dans mon sac après avoir pris soin de la fermer comme il fallait, je m’étirais alors, pour me retourner vers lui à nouveau.

- Je n’ai pas prévu de dessert aujourd’hui. Mais… tu as les macarons.

Sourire, même si au fond de moi, le stress commençait à revenir. Face à la situation, j’eu un doute sur le fait de vraiment vouloir être présente quand il y gouterait. Une part de moi préférait éviter d’être confronté à sa mine dégoutée si jamais je m’étais plantée. L’autre voulait à tout prit être présente dans l’éventualité qu’il les apprécie.
Et comme je ne pouvais décemment pas partir comme ça, je décidais de faire honneur à la seconde partie. A mes risques et périls.

-  Normalement ils devraient être mangeables…

La timidité refaisait surface, et je baissais la tête tout en continuant de le fixer avec appréhension, un mini sourire gêné sur les lèvres. Je priais réellement pour qu’ils le soient.

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MessageSujet: Re: Le géant de papier [PV Naoko]   Dim 1 Nov 2015 - 21:11



La réponse de Tanaka était empli d'une logique totalement imparable. Au point qu'il se senti bien plus stupide qu'il n'avait pu le ressentir avant. Que pouvait-elle faire d'autre que de cuisiner, au sein d'un atelier cuisine...? L’appellation du club était pourtant on ne pouvait plus claire. Club de cuisine où l'on y cuisine ! Fort heureusement, la jeune fille ne le laissa pas s'aigrir dans son désespoir et elle ajouta quelques détails intéressants aux activités du club. Étrangement, ces activités avaient l'air beaucoup trop attirantes. Apprendre à cuisiner, tenir un carnet de recettes, avoir du matériel quasi-professionnel sous la main et le plaisir gustatif à partager avec d'autres personnes portées sur le même centre d'intérêt. Une activité qui lui semblait plus que conviviale. Le bénévolat lui rendait aussi cet aspect là. Il s'était souvent intéressé à ce genres de choses, mais il n'avait jamais vraiment prit le temps d'y remédier. Encore moins maintenant que son emploi du temps était chargé et qu'il devait en plus s'occuper tout seul de sa chambrée et des repas. Forcément, le temps disponible devenait beaucoup plus restreint. Et pourtant, Tanaka réussissait à faire tout cela. Peut-être se faisait-il seulement des excuses pour ne pas prendre le temps de réellement s'investir dans tout cela... Il allait falloir qu'il y réfléchisse un peu plus.
La question de la jeune fille le sorti totalement de ses pensées. Est-ce qu'il comptait s'inscrire ? Il y songeait. C'était assez intéressant pour que l'envie s'y accompagne, mais le temps... C'était toujours une autre histoire. Il avait déjà le club de Kyudo et de Basket, en plus des cours et des cours de sports presque tous les jours de la semaine. Sans parler du Konbini...

- Oh. Euh... Je ne sais pas... Ça m'intéresse, mais je ne sais vraiment pas où j'arriverai à le caser dans mon emploi du temps... Ah ah..

Une pointe de déception vint s'inscrire dans la terminaison de sa phrase. En y repensant bien, participer à une activité commune avec Tanaka lui aurait fait plaisir, quand même... Il se voyait déjà, cuisinant à ses côtés, partageant des idées de pâtisseries et elle le corrigeant sur toutes ses erreurs de recettes salées. Peut-être qu'il pourrait ainsi avoir des repas digne de ce nom...? Frénétiquement, il secoua la tête. Pourquoi avait-il ce genres d'images en tête ? C'était stupide. Certainement parce que Tanaka était la première réelle présence féminine qu'il cottoyait. En excluant sa sœur et sa mère qui n'étaient pas du tout dans la même catégorie.
S'en vint alors de la demande concernant son dessert préféré. Quitte à commencer l'organisation d'un repas commun, autant débuter par quelque chose qui pouvait lui plaire. Sa réponse le rassura bien plus qu'il ne lui en fallait. Un fondant au chocolat n'était pas quelque chose de compliqué à réaliser et ce même dans les cuisines collectives de la cité Universitaire. Une épine dans son pied en moins. Quel soulagement !

- Alors va pour un fondant au chocolat ! Du coup... Je vais procéder à l'envers pour éviter de gâcher ces moments... Est-ce qu'il y a des choses que tu n'aimes vraiment pas ?

Au moins, il serait totalement fixé sur les desserts à éviter. Ou à modifier ! C'était l'avantage des recettes. Si un ingrédient ne plait pas au goût, l'on peut généralement le substituer avec autre chose. Le jeune homme observa qu'elle restait le regard accroché à sa boite de bento, pas tout à fait vide. Elle finit par lui demander si il avait finit... Lorsque son regard se posa sur le dit bento, son cœur se retrouva totalement tiraillé. Posait-elle la question pour pouvoir terminer le contenu ? Car dans ce cas, il lui laisserait. Il avait déjà grandement abusé de sa gentillesse... Mais elle avait posé ses baguettes. Cela voulait dire qu’elle avait terminé de manger, non ... ?

- Si... Si tu n’en veux plus, je veux bien me sacrifier pour terminer ce qu’il reste !

Un petit sourire malicieux vint accommoder sa phrase. Quel sacrifice là, dont il devait faire preuve ! Mais quelque chose d’aussi bon ne méritait vraiment pas de terminer dans une poubelle... Quel gâchis ! Il ne pouvait se le permettre. Au nom du sacre de la nourriture !
Si Haruhiko avait pu constater une chose de ces instants échangés avec Tanaka, c’était sa gentillesse. Sans nulle hésitation, elle lui avait proposé de partager son repas alors qu’il n’avait qu’un maigre sandwich au goût douteux entre les mains, en plus de lui avoir préparé spécialement des macarons... Elle n’avait pas à se sentir mal de ne pas avoir de dessert. Les macarons étaient justement là pour ça !

Une fois que tout fut terminé, il fut temps de passer aux choses sérieuses... Les macarons ! Il fallait dire qu’il était tout particulièrement impatient d’y goûter, depuis le temps. C’était certainement une des pâtisseries qu’il préférait le plus. Ce côté croquant et moelleux à la fois, accompagné de ce goût sucré accentué. Quelle chance ces européens d’avoir une gastronomie sucrée aussi variée et attrayante !

- Normalement ils devraient être mangeables...

- Aie plus confiance en toi ! Je suis sûr qu’ils sont aussi bons que le plat que tu as préparé.

Il défit délicatement la boîte, prenant soin de ne pas trop l’abîmer. Elle était joliment faite après tout. Et les belles choses, il avait toujours du remord à les défaire. Le pire restait sûrement les chocolats ou les gâteaux décorés avec délicatesse et soin. L’envie de pleurait le prenait presque à chaque fois qu’il devait en couper un morceau ou croquer dedans. Mais il fallait aussi donner le mérite à tout ce travail en y goûtant ! Et pour ça, il ne se faisait pas prier longtemps au final... Ce fut donc le moment de vérité... Attrapant avec ses doigts en pince l’objet du désir gustatif, il le rapprocha de lui et en huma le parfum. Doux, sucré... Comme attendu. La texture en main donnait d’autant plus envie ! Alors, il n’attendit pas une minute de plus pour le mettre en bouche. Et là... Une explosion de saveur. L’aspect granuleux fondant sous la langue le fit presque frémir de plaisir. Quand au déversement de ce goût divin... N’en parlons même pas !

- Mmmh !!!

Ses yeux grossirent de surprise et roulèrent jusqu’à la jeune fille. Vivement, il acquiesça de la tête pour lui signifier la réussite de son essai. C’était plus que concluant ! Par ailleurs, pour marquer d’autant plus son engouement face à cette expérience savoureuse, il tendit la boite en sa direction pour lui dire d’en prendre un et de goûter à son tour. Il fallait qu’elle soit certaine de sa réussite ! Et qu’elle comprenne qu’ils étaient hautement plus que mangeable.

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MessageSujet: Re: Le géant de papier [PV Naoko]   Dim 1 Nov 2015 - 23:39

Les espoirs de pouvoir partager la cuisine avec Haru dans le cadre des activités de club s’évanouirent rapidement, alors qu’il répondait qu’avec son emploi du temps actuel, il n’avait pas le temps de s’inscrire dans un club supplémentaire. Une pointe de déception fila sur mon visage, pendant un très court instant, avant que je ne reprenne une expression neutre. Après tout, il était à l’université, et semblait s’investir dans ses études. En plus de son travail au kombini. J’étais bien placée pour savoir qu’avoir un emploi à côté était chronophage, bien que dans mon cas, c’était plus comme une occupation. Yui était plutôt arrangeant sur les horaires, alors, ça ne me paraissait pas du tout être une contrainte.
Pour Haru, j’imaginais difficilement comment passer ses soirées dans un kombini pouvait être un choix délibéré en dehors de toute considération financière.

Je levais les yeux vers le ciel quelque seconde, me demandant ce que serait ma vie si je n’avais pas été née dans une famille aisée comme la mienne. J’avais toujours bien vécu, alors l’idée était étrange à considérer. Une des premières conséquences évidentes aurait été que je ne serais probablement pas à Keimoo à l’heure actuelle. Je savais pertinemment que j’y étais entrée par l’influence de mon père, et qu’ils me gardaient parce que l’entreprise Tanaka&cie faisait de généreux dons officiels à l’Académie. Avec mes résultats moyens, mon dossier scolaire horrible, j’aurais pu m’estimer heureuse d’être accepté dans un lycée médiocre de campagne. Comme quoi, l’argent pouvait changer beaucoup de choses. Comme on dit, il ne fait pas le bonheur, mais, il y contribue.

Toujours dans mes pensées, je finissais de manger, me lavais les mains, mais fut coupée par une interrogation sur mon dessert préféré. Quand j’y pensais, c’était une attention d’une gentillesse notable. Dans la perspective de nos prochains petits pique-niques -qui me réjouissaient soit dit en passant-, il voulait prendre la peine de préparer du sucré qui me plaisait particulièrement, alors, que, le fait qu’il fasse quelque chose était déjà suffisant. J’appréciais vraiment l’initiative, et souriais légèrement alors que j’observais son expression soulagée.

- Alors va pour un fondant au chocolat ! Du coup... Je vais procéder à l'envers pour éviter de gâcher ces moments... Est-ce qu'il y a des choses que tu n'aimes vraiment pas ?

Je penchais la tête, ramenant mon index contre ma lèvre inférieure en réfléchissant, avant de répondre, pensive :

- Mmh… Je n’aime pas trop le durian... Ah, et, les pâtisseries avec de l’alcool dedans non plus.

Baba au rhum, forêt noire, très peu pour moi. Même si généralement, une grande quantité de l’alcool partait à la cuisson, je ne voulais pas vraiment tenter ma résistance face au peu restant. En petite fille modèle -haha- que j’étais, je n’avais jamais bu d’alcool jusqu’à aujourd’hui. D’une part parce que c’était interdit aux mineurs, d’autre part parce que… et bien, ça ne m’avait jamais attiré plus que ça. Et ce n’était pas comme si je faisais des fêtes tous les samedi soirs, et que l’influence du groupe m’y poussait.
Bien sûr, en tant que cuisinière, il m’arrivait d’en utiliser, surtout dans la gastronomie traditionnelle nipponne qui faisait souvent appel au saké. Du coup, j’avais déjà goûté, et ça ne me plaisait absolument pas. Alors, j’évitais même dans les pâtisseries.

Mon regard tomba sur la boite bento qui n’était plus touchée depuis quelques minutes déjà. Ayant fini de manger, puisqu’étant déjà rassasiée, je ne voulais pas forcer Haru à finir. Cependant, lorsque je lui demandais s’il avait fini, il sembla plutôt enthousiaste à l’idée de terminer. Son ironie farceuse  quand il déclara qu’il allait se sacrifier me fit très légèrement rire, et je lui répondais alors avec une expression rieuse :

- Ahah, quelle abnégation !

J’ajoutais à la suite, ayant repris un visage un peu plus sérieux mais toujours doux :

- Mais bon, ne te force pas si tu n’as plus faim.

Après tout, la dernière chose que je voulais c’est qu’il finisse malade parce qu’il aurait trop mangé, par excès de politesse ! Je me sentirais tellement coupable si ça arrivait !
Dans tous les cas, ça ne semblait pas être le cas, puisqu’il finit le reste du bento avec le même enthousiasme. Ainsi, je rangeais la boite dans mon sac alors que je sentais le moment fatidique des macarons arriver. Et bien que j’aie confiance dans mes capacités, dans mes entrainements, dans les avis de ma famille qui avait gentiment servie de cobaye, j’avais la boule au ventre.

J’étais toujours nerveuse quand je cuisinais, bien que généralement, le plaisir de l’activité fût plus grand que la peur de ne pas avoir de bons résultats. Après tout, sans échouer, il est impossible de tout réussir. Quand il y avait des enjeux, cela compliquait toujours l’équation, parce que malgré tout, j’avais envie de faire les choses bien. Pendant le concours des clubs de cet été par exemple, j’avais un trac immense après avoir rendu mon bento, et dans l’attente des dégustations et de la délibération. Malgré tout, j’avais confiance en mes capacités.

En théorie.

Puisqu’aujourd’hui, ma confiance en moi était comme envolée, et je me retrouvais débutante, pendue aux lèvres de ma mère sur le point de gouter mon premier curry.
C’était comme si l’expérience que j’avais acquise pour faire face à la pression n’existait plus, et je trépignais autant que j’en tremblais. Et même si consciemment, je me répétais en boucle qu’il n’y avait pas de raison de stresser, qu’ils étaient probablement très bons, mon esprit ne semblait pas vouloir écouter ma raison.

Et l’attente était un véritable calvaire. Je le fixais avec toute mon attention, les lèvres pincées dans une moue fébrile. Le temps semblait s’écouler au ralenti alors que, de ses gestes minutieux, il défaisait l’emballage contenant les macarons. Et toujours avec lenteur, il vint s’en saisir d’un pour venir humer son parfum, comme un juge pointilleux, un critique culinaire de renom. Je déglutissais difficilement, la gorge asséchée par le trac. Mes pupilles tremblantes suivaient la trajectoire de la pâtisserie jusqu’à sa bouche alors qu’il en croquait un morceau.

A cet instant, j’étais tellement nerveuse que j’aurais pu tourner de l’œil. Pourtant, son expression sérieuse changea du tout au tout à celle d’un bonheur complet, d’une satisfaction intense. Sur le coup, j’ai continué à le fixer une bonne seconde, avant de vraiment réaliser que le macaron lui avait plu. Alors, toute la pression des essais peu convaincants pendant ces vacances, tout le stress et toute l’appréhension de sa réaction s’évanouissaient comme si un poids se levait de mes épaules. Son exclamation vint confirmer, et moi, je poussais un long soupir de soulagement alors qu’un sourire détendu s’affichait sur mon visage.

Il me tendit la boite, et j’hésitai, puisqu’à la base, il s’agissait d’un cadeau pour lui. Mais il avait l’air tellement aux anges à ce moment que je me voyais mal le contredire ou protester. Alors, délicatement et du bout des doigts, je vins m’en saisir d’un et relevais les yeux vers lui. Alors, sans m’en rendre compte, je le gratifiais d’un de mes plus beaux sourires, d’une sincérité spontanée, couronné d’une touche de timidité tout en déclarant :

- Contente qu’ils te plaisent.

Les joues rosées, et envahie d’un sentiment apaisant de soulagement, je m’adossais donc au mur derrière moi et toisais l’espace du toit devant mes yeux. Dégustant mon macaron à petite bouchée, j’appréciais le moment avec délice. Le calme, la douceur du vent, la vue, une sucrerie parfaite, et bien sûr, une compagnie plus qu’agréable rendait ses minutes délectables. Cela faisait longtemps que je ne m’étais pas sentie aussi bien, avec l’impression que le monde était sans soucis, et que je n’avais rien d’autre à me préoccuper que du moment présent.
J’arrivais à la fin de mon macaron, que je glissais entre mes lèvres du bout des doigts, dont je savourais les dernières miettes en fermant les yeux. Et lorsqu’il fut disparu, je laissai s’échapper un soupir de satisfaction, les paupières toujours closes.

Sans y prêter attention, comme inévitablement, ma conscience commença à vaciller dans un brouillard accueillant. La fatigue accumulée par l’état de stress de ces derniers temps semblait avoir pris les rênes. Et, doucement mais sûrement, je me mis à dodeliner alors que Morphée m’accueillait dans ses bras. Mon centre de gravité lui, fit pencher ma tête vers la gauche, avant que celle-ci ne rencontre une épaule bienveillante. Mais déjà, les songes avaient emporté ma raison, m’empêchant, pour le pire mais surtout le meilleur, de bouger d’un centimètre de l’appui fort agréable que j’avais trouvé.

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MessageSujet: Re: Le géant de papier [PV Naoko]   Jeu 12 Nov 2015 - 15:59



Une fois le bentô dument terminé, Haruhiko soupira de bonheur. Ce n’était pas grand-chose et pourtant, il ne pouvait que se réjouir des bonnes choses qui lui étaient apportées. Depuis sa plus tendre enfance, il savait se contenter de peu. Très certainement dû aux valeurs inculquées par sa mère lorsqu’il désirait quelque chose. Il se souvenait encore de sa voix douce et calme lui expliquant la raison pour laquelle il ne pouvait pas avoir le dernier jeu à la mode comme ses copains. Cela ne lui avait au final jamais vraiment posé de problème. Un ballon ou un livre et il avait de suite oublié la contrariété. C’est en cela que ce moment était quelque chose de précieux entre ses mains. Un simple moment, qui l’air de rien, apportait une once de bonheur dans un quotidien éreintant. A trop jouer dans le collectif, au service des autres pour son petit boulot, il en avait oublié le plaisir d’un instant duel. La présence de la jeune fille qu’il apprenait à connaître était donc la plus belle partie de la journée.
Le décor avait beau être rudimentaire, uniquement composé des dalles du toit et des grilles de protection, il se suffisait à lui-même pour créer l’atmosphère intime du moment. Plus d’yeux indiscrets, plus de murmures biaisés… Juste deux personnes, l’une en face de l’autre. Lorsqu’il réalisa cet aspect de la situation, le jeune homme se sentit d’autant plus gêné. Malgré le fait que le moment était apprécié, c’était également quelque chose de totalement nouveau. Qu’elle soit femme ou qu’elle eut été un garçon ne changeait rien à la chose. Quoi que…

Il observa longuement le cadeau qu’il tenait dans ses mains. Une petite boite, joliment faite. En réalité, il ne réfléchissait pas à si il devait ou non les manger ou à tenter d’appréhender le goût qu’ils pourraient avoir. Non. En réalité, il était le plus heureux des hommes. Déjà, un cadeau venant de la gente féminine en dehors du cercle familial était très certainement une première. Si l’on combine le tout avec quelque chose que l’on peut manger… Vous obtenez le paradis aux yeux de Nakamura. Il en faut peu pour être heureux était sûrement un adage construit pour le grand gaillard qu’il était.
Lorsqu’il sorti enfin de ses pensées, il se rappela que Tanaka devait très certainement l’observer en attente de sa réaction. Le temps n’était plus ni à la nostalgie, ni à la gratitude. Il était temps de se sustenter de ce doux présent qui lui était offert ! Et il ne fut pas déçu !

Comme à l’accoutume, l’on pouvait lire sur son visage toutes les expressions qui passaient par son esprit. En l’occurrence, la joie était plutôt prédominante en ce moment même. Les macarons étaient vraiment bons et il était content d’avoir la chance d’être le gouteur de ce test réussi. Et comme toutes bonnes choses, Haruhiko aime les partager. Il tendit donc la boite en direction de Tanaka pour qu’elle goûte à son œuvre et qu’elle puisse partager ainsi un bout de joie avec lui.

Mais il ne s’était strictement pas attendu à ce qui allait suivre.

Quelque chose de pourtant banal, un geste même quotidien pour le jeune homme. Mais pas cette fois là. Tout en tendant le paquet de gâteau à Tanaka, la graciant d’un sourire encourageant, il croisa son regard. Pas celui que l’on croise tous les jours, que l’on évite parfois et qui ne signifie rien. Non. Il la croisa réellement pour la première fois. Comme si avant cela, elle ne s’était pas encore présentée à lui. Ce qui en suivit fut une claque en pleine figure suivit d’un coup en plein cœur. Elle lui sourit.

Wow.

C’est la seule expression qui lui vint en tête face au spectacle qui se présentait. Outre ses joues, tout son visage se mit à rougir et il tenta tant bien que mal de se cacher derrière les quelques mèches de sa frange un peu plus longues (qu’il allait devoir bientôt couper, par ailleurs). Il laissa son corps retomber comme une masse contre le mur auquel il était précédemment adossé, comme vidé soudainement de toute énergie. Mais ce n’était pas une si mauvaise chose que ça après tout. C’était une énergie qu’il voulait bien donner encore et encore si l’occasion pouvait se représenter.

Mais il n’eut même pas le temps d’être soulagé de cette montagne russe d’émotions que très vite une nouvelle descente en pic vint se présenter. Il n’eut pas besoin de son regard. Il n’eut pas besoin d’une parole pour sentir ce qu’il venait de se passer. A vrai dire, le poids qu’il sentait soudainement contre son épaule suffisait à lui-même. Durant une bonne trentaine de seconde, il se figea. Totalement incapable de faire quoi que ce soit et prit à une panique d’alerte générale. Ses paupières clignèrent plusieurs fois, cherchant une réponse dans l’invisible qui se dressait droit devant lui. Puis, prit d’une vaillance un peu plus forte que précédemment, il osa épiait sur le côté. Posant son regard sur le visage endormi de Tanaka contre lui. A nouveau, son visage prit une tinte rouge dans sa totalité. Peut-être qu’en regardant même un peu mieux, l’on peut apercevoir une fumée blanche s’échapper de son visage tant il était brûlant. Reposant sa tête contre le mur froid, il chercha quoi faire face à cette situation embarrassante (mais plaisante 8D *PAF*).

Bouger ? Non. Cela risquait de la réveiller… Si elle en était venue à s’endormir de manière inopinée, c’était certainement dû à un surplus de fatigue. Il ne voulait pas lui priver d’un instant de repos si cela pouvait lui venir en aide, ne serait-ce qu’un peu. Il n’avait rien non plus sur lui qui pouvait constituer un bon oreiller pour se substituer. Parce que son épaule ne devait pas être trop confortable à la longue…
Il se décala donc légèrement afin d’offrir une surface un peu plus confortable que l’os de son épaule. Une pensée vint naître dans son esprit. Ou plutôt un constat. La position n’était pas si désagréable que ça, en fait. Du moins pour lui, puisqu’il ne pouvait juger de l’état de Tanaka qui était endormie. Elle sentait plutôt bon, d’ailleurs. Un doux parfum, délicat et peu agressif à l’odorat. Intérieurement, il secoua son esprit. Mais qu’était-il en train de penser !? Il soupira légèrement et ferma les yeux pour essayer de retrouver une once d’esprit et de concentration.

Peu à peu l’apaisement naquit en son sein. Tous ses membres se relâchèrent. Et finalement, le sommeil vint, comme une épidémie, le frapper à son tour…


Le calme aurait pu régner ainsi. Les laissant dans un repos bien mérité jusqu’à ce que leurs corps aient récupérer assez pour être reposés. Mais l’institution ne semblait pas voir les choses en ce sens là. Car dès lors que la sonnerie retentit, le Surveillant Kikuchi vérifiait en faisant des tours tel un garde des temps anciens, tous les lieux de squat des adolescents voulant éviter les cours de la journée en croyant bien se cacher. Seulement, il avait été jeune avant eux et connaissait plus que bien tous ces endroits. Sa prochaine cible se trouvait être… Le toit. C’était le lieu où il était sûr de trouver au moins une personne ou deux à chaque fois qu’il songeait à s’y rendre. Comme un pseudo sixième sens qui lui indiquait qu’il fallait vérifier là haut. Et effectivement, il ne se trompait pas. Ouvrant en trombe la porte du toit, il n’eut que quelques secondes pour repérer le petit couple endormi, bien tranquillement, en séchant impunément les cours.

- On se fiche de la gueule de qui, ici !? C’est comme ça qu’on assure son avenir ? En batifolant sur le toit !? SUIVEZ-MOI.

Pour sûr, Haruhiko se réveilla en sursaut, ne comprenant plus où il était. Il n’avait plus qu’à accepter la punition qui s’en suivra….

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MessageSujet: Re: Le géant de papier [PV Naoko]   Jeu 12 Nov 2015 - 20:21

Étrangement, alors même que ma conscience s’était évadée dans les méandres du sommeil, je n’avais pourtant pas rêvé. Je ne sais pas si c’était parce que je n’avais pas eu le temps de glisser dans la phase paradoxal ou pour une autre raison, mais toujours était-il que j’étais restée dans une sorte de flottement.

Ce n’était pas désagréable, bien au contraire. J’avais l’impression d’être enveloppée dans une couverture toute douce, d’être lovée au creux d’un nuage. Moi qui ne dormais généralement jamais sur mes deux oreilles à cause de mes nombreuses angoisses, à ce moment, j’avais l’impression de pouvoir lâcher prise complètement. Sûrement parce que j’avais fini par m’endormir après un moment de soulagement. Peut-être était-ce aussi la présence de mon compagnon de repas. Mais peu importe la raison, j’étais détendue comme je ne l’avais jamais été auparavant.

La respiration lente et régulière, je réajustais inconsciemment ma position alors que je perçu un infime mouvement. Cela ne me réveilla pas, malgré mon état à la limite de l’éveil. J’expirais doucement, à l’aise, sereine. Rassurée ? Je pouvais dire que je l’étais, et c’était plutôt rare. Au fond de moi, je vivais au quotidien avec une peur dormante, une menace voilée, un spectre tapis dans l’obscurité. Parfois, son emprise se desserrait de ma gorge, et je pouvais souffler. Cependant, la menace de son retour était omniprésente. Ce n’était toujours qu’un répit, qu’une trêve dans la bataille.

Pourtant, à ce moment, j’eu l’impression, le sentiment, la sensation qu’à cet instant même, tout cela avait disparu. Il n’y avait plus d’ombre menaçante s’étirant au-dessus de ma tête et prête à fondre sur moi. Il n’y avait plus l’anxiété de l’attente, l’appréhension du retour de l’angoisse. C’était comme être libéré du temps, presque de l’espace. Être dans une bulle hors de toutes ces considérations, hors de toutes les inquiétudes. Et je pouvais profiter pleinement.

Longtemps, je n’avais pas compris la rengaine qu’on pouvait entendre fréquemment : « Vivre dans l’instant présent. ». Une presque morale, qui dictait la conduite à adopter. Face à ces mots qui ne faisaient pas sens, je m’étais toujours demandé quelle était la différence avec ce que je vivais. Après tout, j’étais dans le présent, alors je ne voyais pas comment il était possible de ne pas le vivre. Désormais, je comprenais. Vivre dans l’instant présent, c’était pouvoir se libérer du passé, du futur, même pour un court moment. Et je crois que sans l’avoir expérimenter, le concept aurait toujours porté un flou incompréhensible pour moi.

Alors, je me délectais. Mes muscles n’étaient plus crispés par le stress. Ma mâchoire n’était plus serrée par la retenue. Mon esprit n’était plus envahie de pensées parasites, d’inquiétudes, de « et si » catastrophes. J’aurais aimé que cet instant d’osmose parfaite dure un peu plus longtemps. Malheureusement, toutes les bonnes choses ont une fin.

Et la porte s’ouvrit avec fracas.

Je sursautais, me redressant d’un coup. Dans mes pupilles se reflétait l’image d’un surveillant en train de s’époumoner dans un brouhaha indescriptible. Hors du monde, je ne comprenais absolument pas ce qui était en train de se passer, et il me fallut quelque seconde pour atterrir à nouveau sur la planète Terre. Je continuais de fixer bêtement le pion blond, ne comprenant pas vraiment la raison d’un énervement aussi soudain. Tout ce que je compris, c’est qu’il fallait le suivre, et, n’étant pas une grande rebelle, je prenais mon sac et me levais pour m’exécuter.

Profitant de ce court instant pour remettre de l’ordre dans mes idées, je réalisais petit à petit que je venais en fait de me réveiller d’une sieste improvisée. Et la conscience de mes actes me revint en pleine figure, qui prit d’ailleurs de jolies teintes roses. Je m’étais endormie à côté d’Haru. Il m’avait vu dormir. Et si j’avais bavé ?! La panique d’avoir ruiné à jamais mon image -déjà pas très rutilante- était en train de s’insinuer dans mon esprit.
Le surveillant passa en premier, suivi par Haru, alors que je fermais la marche, les yeux rivé sur mes pieds.

Nous avons fini tous les deux dans le bureau des surveillants, baissant la tête comme des gamins pris sur le fait d’avoir séché les cours, même si ce n’était absolument volontaire. Aucun de nous n’a osé protester, acceptant la punition sans rechigner. La culpabilité d’avoir traîné Haru dedans fut un peu atténuée lorsque j’entendis que lui aussi s’était endormi. Je n’osais cependant toujours pas le regarder dans les yeux, le souvenir de la chaleur de son épaule se réactivant sur ma joue à chaque fois que j’osais à peine y penser.

Renvoyés chacun de notre côté dans nos cours respectif, je n’ai cependant pas eu l’occasion de m’excuser auprès de lui pour mon… endormissement. Pensive, je marchais silencieusement aux côté d’un des surveillants chargé de surveiller que je ne tentais pas une évasion de la prison de Keimoo. Les réminiscences de ce moment tout juste terminé défilaient en boucle dans ma tête, et très vite, le regret de ne pas avoir eu l’opportunité de présenter mes excuses s’effaça. Après tout, est-ce qu’il ne fallait pas plutôt que je le remercie de m’avoir prêté son épaule ?

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