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 Le ballet de deux lucioles [Zakuro Fea]

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Takuya Hibari
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MessageSujet: Le ballet de deux lucioles [Zakuro Fea]   Mer 19 Aoû 2015 - 20:06

Spoiler:
 

Cela faisait quelques mois que je n'étais pas revenu sur les toits ainsi équipé. En effet, cigarette au bec, gants noirs, club de golf et sac de sport à bandoulière déposé à mes côtés composaient la panoplie qui me permettait de pratiquer cette activité nocturne. Celle-ci commençait à devenir une habitude et pour varier un peu, quelques bibelots de plus étaient venus se glisser dans le contenu du sac, où les balles de golf côtoyaient également un sac de couchage, un thermos de café et une flasque de whisky japonais pour la nuit. Les portes de l'académie étaient d'ors-et-déjà fermées et je ne souhaitais pas escalader les grilles, augmentant ainsi les chances de me faire repérer. J'espérais simplement que mon futur partenaire avait eu la présence d'esprit d'en faire autant.

Tandis que je regardais la lune monter doucement dans le ciel à peine étoilé, je songeais aux raisons qui m'avaient poussé à contacter le rônin pour cette partie de golf nocturne. Nous ne nous parlions pas réellement, même aux entraînements où les coups sonnaient d'avantage comme une véritable discussion que les banalités échangées lorsque nous nous croisions dans les couloirs. L'épisode de la grotte nous avait certes rapprochés, mais nous restions à distance. Il en était ainsi, c'était notre manière d'échanger j'imagine.
Peut-être avais-je simplement eu l'envie de partager un moment avec quelqu'un que j'en étais venu à apprécier et respecter, les occasions étaient rares après tout, et puis, quelque chose me disait qu'il apprécierait cette virée nocturne.

Je lui avais envoyé un message plus tôt dans la journée, alors que le cours magistral d'histoire antique battait son plein. Il n'avait pas été bien difficile d'obtenir son numéro, le rônin était loin d'être un inconnu à l'académie, et il m'avait suffit de demander aux bonnes personnes, quitte à faire les gros yeux si nécessaire. Le message était en lui même assez simple et court.


« Ce soir 21H30 sur le toit du bâtiment du lycée. On y sera sans doute pour la nuit alors équipe toi en conséquence. Takuya Hibari. »

Il n'avait pas répondu au message, et si cela avait eu le don de m'énerver quelque peu je lui faisais assez confiance pour me signaler si il avait prévu autre chose.

Les minutes passaient, les mégots s'empilaient et l'air rafraîchissait tandis que je préparais le terrain avec précaution. En plus d'avoir investi dans un petit carré de green synthétique d'1m², j'avais choisi un angle de tir différent des autres fois. Ma mésaventure à l'infirmerie m'avait suffit et une voiture défoncée était bien assez pour l'instant, je ne souhaitais pas risquer un peu plus un autre règlement de comptes en prenant des risques inutiles. Les jardins m'avaient paru propice à la pratique du golf même si la position de la serre n'était plus très visible à cause de l'obscurité. Tant pis, un peu de verre brisé se remplace aisément après tout.

Je sentais mon alouette frémir à l'idée de pouvoir renouer avec une ancienne habitude et je ne pensais, pour l'heure, pas aux conséquences probables de ce genre d'acte. J'avais néanmoins juré lorsque ce matin, en lisant le journal, j'avais appris l'embauche de nouveaux veilleurs de nuit suite à des actes de vandalisme sur le campus. Deux issues sur le toit, des vêtements noirs peu visibles dans l'obscurité, des dispositions nécessaires que j'avais pris en conséquence. Toutefois, je comptais surtout sur l'inexpérience des veilleurs concernant le terrain par rapport à la mienne. Des dispositions que je jugeais bien insuffisantes.
Dans le passé, certains m'avaient déjà qualifié de paranoïaque mais mes années passées à écumer les étendues situées au-delà des lignes jaunes m'avaient convaincu que la prudence était nécessaire.
Je resserrais la capuche de mon sweat autour de ma tête, m'enfonçant un peu plus dans une obscurité molletonnée tandis que les lampes des veilleurs dessinaient un ballet de lumières en contrebas.


Je méprisais avec force ceux avec qui on me classait volontiers, loubards et autres fréquentations peu recommandables, eux qui n'avaient souvent pas plus d'imagination que les clichés dans lesquels ils étaient enfermés. Ils étaient des personnages, j'étais un homme et je ne me laisserais pas intimider ou attraper par quelques contrats à durées déterminés munis d'une lampe.

Je ricanais doucement de mon orgueil lorsque la porte s'ouvrit. Je souri intérieurement, devinant aisément l'identité de l’intrus, et, ne prenant pas la peine de me retourner, je lança négligemment un « Hey rônin, j'ai failli attendre » en allant ramasser un club ainsi qu'une balle de golf. Plaçant cette dernière sur le tee préalablement fiché dans le petit carré de green je me mis en position pour frapper.
« Je crois que tu as compris le but de la soirée, alors observe. »

Dans un mouvement souple du bas du corps et des bras, je pivota, envoyant la balle dans un claquement sonore vers les étoiles.
Il était 21H35 et la soirée pouvait commencer.

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Zakuro Fea
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MessageSujet: Re: Le ballet de deux lucioles [Zakuro Fea]   Mer 2 Sep 2015 - 17:53

    T'es tombé bien bas à partir du moment où tu as conscience que ton univers consiste à s'accrocher à la moindre pulsation de vie que peut émettre ton téléphone portable. Quand, couché sur le flanc, à contempler ton ennui, tu te vautres dedans, et les sms sont tes amis.

    « Je ne me bats pas pour les étoiles. »

    C'est ce que j'ai balancé par téléphone, en recevant le message d'Hibari. Hibari, chien coriace lancé dans un combat de coqs. Mes yeux se ferment puis se rouvrent quand je me laisse aller à la contemplation mnésique d'un visuel surfait de son visage. Une odeur de cigarette emprisonnée dans des mèches de cheveux, et des phalanges qui se crispent dans une tension purement masculine. Une idée de rivalité flotte dans l'air, soulevant ma respiration avec plus d'intensité que ne l'a connu la situation de mon instant auparavant.

    Les entraînements auxquels je participe se font de plus en plus nombreux, et il compliqué d'ignorer sa présence. Comme une tâche d'encre disposée sur une information importante, j'ignore s'il cache ou s'il masque, mais son existence en est de ce fait remarquable. Comme pour l'épisode dans la caverne, où nos volontés se sont frappées l'une contre l'autre, dans un contact agressif.

    T'es tombé bien bas, Fea, pour être incapable de dire non face à un inconnu pas si inconnu que ça.

    Il n'est pas garanti que ce ne soit pas une connerie. D'autant se valent les arguments, mais je me lève pourtant, en rangeant le portable dans ma poche, et en récupérant une paire de Doc au hasard, et un blouson en cuir trop élimé.

    Somnambule aux mouvements automatisés par la simple envie de bouger, je quitte la chambre étudiante pour traverser les couloirs de l'Académie, et monter jusqu'aux toits. Une chance, mon petit, que j'aie eu l'envie de me déplacer jusqu'au campus universitaire la veille, sinon j'aurais probablement refusé l'invitation.

    Les devoirs qui s'amoncellent sur mon bureau me font porter l'attention sur les cahiers que j'ai fourré avec un peu trop d'empressement dans mon sac. S'il m'ennuie, je m'avancerais simplement dans le programme sur les rayonnements gamma. La porte grince un peu quand je la referme, en la verrouillant derrière moi. Les rayonnements gamma s'opposent dans ma tête aux courses hyperboliques qu'effectuent les balles de golf en déplacements aériens.

    Quand je parviens sur les toits, il n'y a pas la présence imbue à laquelle je m'attendais. Une rigueur et une prudence qui me font presque m'étonner de mon homologue. Le combattant qu'il est dans sa puissance rude à l'entrainement de kendo me fait m'impressionner devant le mei calme qu'il dégage. Je me signale en silence, et il exprime son niveau par une absence de retournement.

    « Hey rônin, j'ai failli attendre »

    J'ai un sourire. Pas mal.
    Je jette néanmoins un regard glacé à la porte.

    L'activité proposée me laisse un instant dubitatif, tandis que je l'observe récupérer un club, en m'approchant de lui. Je n'ai pas une connaissance très étendue du club. Autant, anatomiquement, j'ai une passion pour l'idée du mouvement déclenché, autant les règles qui s'instaurent dans cette catégorie sportive me sont totalement inconnues. J'observe les épaules de Takuya rouler. Peut-être bien que le traité à effectuer sur les rayonnements gamma ne sera pas pour ce soir. Je passe ma langue sur mes lèvres, pour les humidifier, en posant mon sac au sol. Ça peut toujours m'amuser.

    La balle s'envole. Mes yeux lâchent le dos d'Hibari pour me concentrer sur les évolutions de la progression, et je contemple l'inertie qui se factue. La voix de Takuya s'élève, et je hoche doucement la tête.

    « Compris. »

    Je vais récupérer le club, et le soulève, en en testant l'équilibre. Le port est irrévocablement différent de celui du sabre. Comme si ma main avait été entraîné à tenir trop longtemps le tronc d'un bouleau pour pouvoir apprécier la tenue d'un roseau. Mes lèvres s'étirent. Je doute pouvoir posséder un talent certain, mais j'apprécie néanmoins l'harmonie poids-longueur de l'objet.

    Je récupère une balle, imite ses gestes, et vient poser la tête du club contre la balle blanche. Dans des essais du bout des doigts, je stabilise la tige par rapport à l'axe de mes épaules, et en reculant ma hanche, je lève les bras.

    L'impact résonne dans mes oreilles, la vibration remonte jusqu'à l'intérieur de mes coudes, s'élançant jusqu'à l'arrière de mes omoplates. Je n'ai pas besoin de regarder la balle pour savoir que le lancé est mauvais. Puissant, fichtrement détonant, mais la balle s'envolera en un pic pour retomber droit. Je siffle.

    « Bordel. »

    Je rends le club, et vais grimacer en allant observer les ténèbres du parc. Je ne serais pas étonné, en imaginant la possibilité que je retrouve la balle, de la voir associée à un petit défoncement du sol. Trop de puissance mais pas de précision. La base à maîtriser dans les coups des arts martiaux. J'ai un sourire ironique pour moi-même.

    « Tu crois que tu vas supporter mon manque de talent ? »


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Le bleu. Tu es le ciel qui surplombe la terre, qui grise le regard des gens en quête de réponses ou d’atmosphère. Tu es l’intemporalité qui veille sur la planète, qui transcende l’existence sans pour autant la manipuler, sans pour autant se l’approprier. » K. J. M
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Takuya Hibari
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MessageSujet: Re: Le ballet de deux lucioles [Zakuro Fea]   Dim 29 Mai 2016 - 19:30

Il avait compris dès qu'il était entré en scène, comme je l’espérais, curieux et disposé. Quelques mots échangés avaient suffit à lancer le jeu. Il n'était pour l'heure pas question de concours, tout cela n'était qu'un jeu, une fantaisie.

Je n'avais jamais vraiment douté de sa venue. Il me semblait impossible que Zakuro Fea le ronin, puisse ignorer une invitation comme celle-ci, pourtant, la présence de son sac de cours laissait passer un message. « Si je m'ennuie, je fais autre chose ». Je lui souris en signe de compréhension tandis que je lui tendais le club. Il avait, au début, arboré la tête des gens étonnés le temps de quelques secondes, sans doute surpris de trouver pareil installation, mais retrouvant rapidement quelques marques. J'étais heureux de le voir ici. Si loin du sol, le laisser se mouvoir sous un ciel sans nuages ne le faisait que paraître plus grand, mais le colosse savait rendre sa présence plus apaisante qu'agressive malgré sa stature, chose que j'avais tant de mal à faire. Si mon apparence calme ne se troublait que rarement, ma patience, elle, était mise à rude épreuve, marquée régulièrement comme la surface d'un lac par quelques encyclies. Véritable bouilloire close, j'attendais le moment propice pour laisser échapper la vapeur, de préférence sur quelqu'un, me persuadant qu'il l'avait cherché. Cette contenance, mes gestes en étaient à peine marqués, mais suffisamment pour tendre une atmosphère.

Pourtant, ce soir là, la vapeur n'était pas présente. Elle s'était envolée plus tôt dans la semaine, lors d'une bagarre de sortie de bar. Une sombre histoire de verre renversé. Je grimaçais, le souvenir réactivant la douleur d'une côte mise à mal mais sans doute pas fêlée, je l’aurais d'avantage sentie. Lucide, je pouvais prendre conscience de la futilité de mon comportement, mais pour l'heure, je ne pensais qu'à l'effet positif de ce rixe, à savoir, regarder le ronin manier le club comme un manche.
Combattant hors-pair, celui-ci me battait fréquemment dans l'art du kendo, sa technique égalant son talent. Il avait « l'esprit » comme disait mon ancien professeur de kobudo lorsqu'il parlait d'un excellent kenshi, le même qui me nommait « talent gâché » à cause de ma férocité.
Mais notre kenshi manquait d’entraînement pour le golf, les genoux pliés mais trop raides, les hanches bougeant du début à la fin du mouvement. Le club percuta la balle, violemment. Étonnamment, la puissance était belle et bien là mais inégalement répartie et mal accompagnée. Les habitudes des arts martiaux prenaient le dessus, je n'étais pas un excellent golfeur, mais je pouvais le voir.

« Tu crois que tu vas supporter mon manque de talent ? »

Excuse dépitée mais sincère qui sait trouver son chemin jusqu'à moi. « Tu supportes bien le mien à chaque entraînement, regarde je vais t'expliquer. » Dis-je, un sourire au coin des lèvres alors qu'il me rendait le club.

« La force est grande en toi, mais mal dirigée » je me trouvais désormais des airs de maître jedi ainsi grimé tout en noir de la tête aux pieds. Me plaçant les jambes écartées de part d'autre de la balle, je me mis en position de départ, la tête du club vers le sol, à quelques centimètres du tee.
« Le fer doit se placer dans le prolongement de ton bras gauche, celui situé vers l'avant, là où la balle va se diriger. La main gauche au dessus de la main droite. C'est la tête du fer qui doit être au centre entre tes pieds, pas la balle, celle-ci se trouve à quelques centimètres de plus vers ta jambes gauche. »
Je lui lançais un regard, m'assurant qu'il avait compris, puis continua.

« Bien. Pour le mouvement en soit tu as compris l'essentiel mais tente de désynchroniser le haut et le bas de ton corps pour la première phase. » Je levais le club en arc de cercle vers l'arrière de ma tête, les bras tendus, le haut du corps pivotant dans le même mouvement tandis que mes jambes ne bougeaient pratiquement pas. « Ce sont les épaules qui impriment le mouvement, leur rotation permet au poids de se placer légèrement sur la jambe droite. » Je me bloquais dans cette position, le corps tendu, la tige de métal luisant à la lumière pâle de la lune, prolongement de mon corps.

« A cet instant, le tronc ainsi que les jambes se retrouvent, comme pour frapper. »

L'impulsion vint des épaules, les bras suivirent, toujours tendus, le club imprima le même mouvement circulaire en sens inverse, et bientôt, grâce aux hanches cette fois-ci entraînées, acquis la puissance escomptée et concentrée en un seul point, la balle. Nouveau claquement sonore, celle-ci fila tandis que déjà, l'arc-de-cercle prenait fin à l'opposé de sa position initiale.

Je me retourna. « On ne l'entendra certainement pas tomber. A toi Fea. »

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