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 Un Prince haut en couleur au grand dam d'une Cendrillon sans guenille

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MessageSujet: Un Prince haut en couleur au grand dam d'une Cendrillon sans guenille   Sam 25 Juil 2015 - 18:50

Cela faisait peu de temps depuis l'arrivée de Lyn à Keimoo. Elle n'avait pas tous ses repères, mais elle s'était vite adaptée à l'environnement japonais. Allez savoir comment. Cette jeune bourgeoise, qui avait laissé tomber son manoir, ses domestiques, ses richesses, ses vêtements fastueux, ses prétendants, ses amies, sa ville occidentale que le monde asiatique enviait... Pour faire ses études de médecine au Japon. Pourquoi avoir fait cela ? Mystère et boule de gomme pour nous tous.

Actuellement, Lyn était dans la cafétéria. Elle venait tout juste de la découvrir, car jusqu'ici elle mangeait plutôt dans la serre. Non pas qu'elle n'avait pas préparé son repas, au contraire, elle l'avait préparé, comme chaque jour depuis son arrivée ; car, oui, Lyn aimait cuisiner - chose surprenante venant d'une femme de bonne famille -, mais à dire vrai, elle en avait assez de manger seule. Et elle avait besoin de s'intégrer. L'intégration, c'était une phase importante de la vie lorsqu'on s'installait dans un nouveau pays, pour pouvoir l'apprécier.

La jeune femme à la longue chevelure rose marchait dans la cafétéria bondée d'étudiants de différentes facultés. On la regardait parfois, on l'observait souvent, on l'ignorait rarement. Son apparence typiquement européenne en choquait plus d'un. Ainsi que ces longs cheveux ondulés et rose incarnadin, que l'on associait de temps en temps à la couleur des fleurs de cerisier, et qu'on avait une fois associé à l'excentricité japonaise. Chose bien ironique, en un sens.

Son sourire doux, généreux et fin ne passait pas inaperçu auprès des nombreux étudiants ici présents, sa taille supérieure à la moyenne d'une femme européenne et surtout japonaise non plus, ses grands yeux bleu safre représentaient sa délicatesse naturelle et son innocence inhabituelle, tandis que ses cheveux ondulant gracieusement derrière elle à chacun de ses pas semblaient attirer l’œil. Pouvait-on dire que c'était une bonne chose ? C'était selon l'avis des autres. Ce petit bout de femme qu'on ne pouvait ignorer à moins d'être habitué par l'étrangeté de sa personne était toutefois regardée dans le bon sens, en général.

La jeune femme portait son panier-repas dans ses deux mains, un assez grand panier en fait pour un estomac banal. Il contenait un mélange de deux cultures : anglaise et japonaise. Comme elle. Un tiers japonais, car elle ne s'y connaissait pas ; et deux tiers anglais, car elle s'y connaissait bien plus. Mais il fallait qu'elle mange japonais pour pouvoir y vivre comme telle, donc chaque soir elle apprenait de nouvelles recettes et introduisait le résultat de son travail dans ses bentos.

Elle cherchait désespérément une place où s'asseoir à dire vrai, parcourant son regard de droite à gauche tout en marchant, sans faire attention aux gens qui la fixaient. Elle était droite, le menton relevé, elle avait l'air pleine d'assurance. Et élégante. Car on lui avait appris à l'être. Sauf maintenant. Elle marcha sur un verre en verre abandonné sur le sol carrelé, elle ne put l'éviter et se rattraper à son grand dam, et tomba inévitablement en avant. Elle ne l'avait pas vu, trop occupé à chercher une chaise libre. Son bento s'échappa de ses mains, s'envolant dans l'air tandis qu'elle s'écroulait. Elle s'étala, ses genoux, son nez et son front heurtant douloureusement le sol. Son repas, lui, ne rencontra étonnamment pas le sol comme elle. Oh non, il préférait de loin les cheveux blonds et soyeux d'un homme au physique clairement européen, comme elle. Il préférait vider tout son contenu sur sa tête, le salir de ses sauces, de ses légumes, de sa viande, son riz... Ainsi, il serait bien haut en couleur. Et sale. Le pauvre.

Lyn prit un certain temps avant de se rendre compte de sa bêtise. Elle vit des rondelles de légumes tomber sur le sol, aux pieds de ce qui semblait être un homme au vue de la taille des pieds et de la forme des chaussures. Elle releva la tête, massant son nez qui souffrait le martyr tout en gardant les yeux clos, encore sonnée. Ses genoux souffraient, son front souffrait, mais son pauvre nez asiatique souffrait bien plus.

Elle ouvrit enfin les yeux, entendant quelque chose de plastique tomber en face d'elle. Elle se doutait bien que c'était sa boîte de bento, toutefois elle n'aurait pas cru qu'il tomberait si tard.

Instinctivement, elle releva les yeux, pensant qu'il avait dû se passer quelque chose pour que son panier tombe si tard et à son grand malheur, elle constata rapidement que c'était sa nourriture qui venait de s'écraser sur une pauvre personne innocente. Elle retint un rictus, riant nerveusement face à cet événement étonnant, restant silencieuse car aucun son n'osait traverser la barrière de ses lèvres, trop choquée pour dire un mot en réalité. Elle aurait voulu se faire toute petite, maintenant. Se cacher. Et en même temps, elle se sentait désolée pour cet homme et ce gâchis qui aurait dû terminer dans son ventre. Bon Dieu, dites-lui que c'était un rêve et qu'elle allait se réveiller dans son lit.

HRPG : Désolée si ma réponse est mauvaise, je n'avais ni d'idées ni de motivation. Si quelque chose ne te convient pas, je le corrigerai au plus vite.
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Lawrence E. Swanster
● Université - 4ème année - Président Cuisine/Thé - Vice Président Jardinage/Ikebana
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MessageSujet: Re: Un Prince haut en couleur au grand dam d'une Cendrillon sans guenille   Mer 26 Aoû 2015 - 17:55

24 juillet 2015.



FOODPLAY
ou les interférences du quotidien.



Il avait l’étrange impression d’être de retour au lycée, accoudé à l’une des nombreuses tables de la cafétéria, les visages de Masae et Ijiwaru lui faisant face. La jeune femme avait insisté qu’ils ne se voyaient plus assez souvent, qu’entre Ijiwaru et Senta, ne se dressait plus le profil familier de son européen favori. Lawrence avait cherché à fuir, mais la poigne de son amie, douce contre son avant-bras, l’avait fait se raviser. Ce n’était que le temps d’une pause, de l’échafaud se dressant entre deux périodes de cours.

Il pouvait lui offrir cette fleur, car, dans les faits, la pompomgirl n’avait pas tord. Il y avait bien longtemps qu’il n’avait pas trainé par simple plaisir social avec des gens qui n’étaient pas Kohaku ou Zakuro ( et Kojiro qui trainait dans leurs ombres plus souvent qu’autrement ). Les pauses cigarettes qu’il prenait, parfois, à l’ombre du retranchement le plus éloigné du campus, en compagnie de l’atypique Momo, ne comptaient pas. Il s’agissait là de secrets partagés dans le silence et qui s’évaporaient dans la fumée de leurs bâtons de cancer respectifs.

Ce faisant, il buvait un carton de lait, son regard s’affairant à soutenir celui d’Ijiwaru qui lui racontait les dernières péripéties du club de natation. Depuis le départ du précédent capitaine, Yoite Unden, c’était un enseignant de mathématique qui avait pris la relève et qui gérait maintenant les affaires du club. Ijiwaru, inchangé par le temps et l’adversité, conservait son rôle en prétendant espérer que la belle gueule du nouveau président attirerait de jolies frimousses.  Lawrence, quant à lui, se contentait de ricaner une réponse générique, le genre de celle qu’il aurait balancé à son ami deux années auparavant. Si Masae remarquait la prétention, entre-deux bouchées doucement glissées entre les lèvres de Senta, elle ne la soulignait pas.

Il y avait un moment qu’elle ne soulignait plus ce genre de chose. La dernière fois remontait au bal, à Cammy, à la crise d’angoisse éhontée qui avait suivi lorsque Lawrence avait enfin réussi à regagner son lit. Elle l’avait confronté, s’était inquiété et il avait tremblé. Maintenant, elle se contentait surtout de lui rappeler de dormir et de manger tout en soupirant de temps à autre qu’il ne serait pas mauvais pour lui d’aller consulter un psychologue.

Ijiwaru poursuivait, potinait au sujet des membres de son programme de sport-étude universitaire, parlait des gens réputés, parlait de ceux qu’il valait mieux éviter. Lawrence avait la curieuse impression d’être décalé et se demandait ce qu’Ijiwaru trouverait à dire sur la jeune femme aux cheveux de jais qui fumait avec lui sans jamais piper le moindre mot. Il la trouverait probablement banale, simplement dépourvue d’intérêt. Ijiwaru était encore empêtré dans ces histoires ayant échafaudé leurs vies de lycéens.

C’était étrangement familier, à un tel point où Lawrence avait l’impression de regarder l’un des vieux albums photos religieusement rangé dans la commode près de son lit.

Il regarda l’heure, laissant son regard dérivé une fraction de seconde sur la montre à son poignet, en espérant que le temps défile assez vite pour qu’il puisse aller en cours tout en planifiant les concours qui auraient lieu le lendemain. Le dévoilement du nouveau bâtiment faisait beaucoup parler, bien que, personnellement, Lawrence l’accueillait avec beaucoup d’appréhensions. Dans tous les cas, il n’avait pas d’autres choix que de se présenter et de tolérer que ces concours lui bouffent une journée entière de travail.

Senta parlait maintenant par-dessus Ijiwaru, racontait les potins inhérents à son propre parcours scolaire, mentionnait Joshua, Kojiro et un autre individu, Subaru, que Lawrence ne connaissait que de nom. Ce discours là était plus familier, prenait souche dans des histoires qu’il connaissait déjà en partie. Kohaku parlait et forçait souvent Kojiro à parler et Lawrence les regardait depuis le canapé de son salon, sans trop savoir comment les interpréter. Il suppose que tout va bien aussi longtemps que Zakuro sourit.

Masae détournait la conversation sur elle-même lorsque le déferlement s’abattit sur lui. Il ne comprit pas immédiatement ce qui se produisait, clignant des yeux sans comprendre pourquoi de la sauce et du riz lui glissait sur les cuisses. Lorsqu’il releva la tête, l’air tétanisé de la jeune femme qui se trouvait près de lui se chargea de lui expliquer tout ce qu’il avait besoin de savoir.

Il se leva, secouant les légumes et les grains de riz de sa tenue tout en lui accordant un sourire.

« Ce n’est pas grave. Ne t’en fais pas. Les accidents arrivent à tout le monde. »

Il supposa qu’elle était jolie, par comme Cammy qui respirait une élégance mature et mystique, pas comme Momo dont la beauté se jouait, à son sens, sur les contrastes. Elle était plus criarde, sa chevelure rose attirant le regard. Ses traits présentaient un métissage fin, quelque chose de plus occidental pour venir se mêler à l’orient.

Il passa une main dans ses cheveux, se retenant de grimacer au contact de la sauce.

« Tu n’as plus rien à manger et je dois me changer. Je peux t’offrir quelque chose dans les locaux du club de cuisine, milady ? »

Voilà qui lui ferait une belle jambe. Conserver les apparences, tout en fuyant un repas qui ne lui tentait pas trop. Il pourrait, tout en offrant à manger à la demoiselle, s’assurer que tout était en ordre en ce qui concernait le club de découvertes culinaires.

– Il s’agirait aussi, d’un aurevoir. On ouvrait les nouveaux locaux dès demain. –



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MessageSujet: Re: Un Prince haut en couleur au grand dam d'une Cendrillon sans guenille   Dim 20 Déc 2015 - 22:11

    La honte. Chose que j'ai rarement connu, à vrai dire. Cloîtrée dans une chambre vaste et luxueuse, je n'ai pas tant connu la vie, si ce n'est à l'école. Quoiqu'on ne peut appeler "vie" ce que j'ai vécu là-bas. Peut-être un cauchemar. Dont j'ai su m'habituer au fil des jours. Je ne me suis jamais plaint, je n'en ai jamais vu pas l'utilité, car pour être honnête qui aurait pu arranger mon calvaire ? Personne. De plus, qui aurait écouté une jeune fille croulant sous l'opulence ? Pas même une mouche. Car je connais l'or, le luxe, l'éducation et un avenir imminent. J'ai tout ce que d'autres n'ont pas. Alors, qui aurait répondu présent à l'appel à l'aide d'une princesse dont les besoins sont inexistants ?

    La honte. Une femme née avec une cuillère en argent dans la bouche ne doit connaître ce sentiment. Car il n'est pas convenable de se sentir à ce point inférieur aux autres, peu importe les circonstances et les conséquences. De plus, ce n'est pas élégant, une femme qui s'excuse avec sincérité. Ce n'est pas pour les riches de demander le pardon à quelqu'un, même à une personne du même rang. C'est humiliant, rabaissant. C'est pour les pauvres sans amour-propre, disaient mes géniteurs. Toutefois, pour moi, ne pas demander pardon pour une erreur commise est une marque d'impolitesse. Les gens sans éducations ne peuvent être considérés comme riches à la population. Vous pouvez être millionnaire, milliardaire, voire le plus riche du monde, si vous n'avez aucune éducation, vous êtes pauvres intérieurement.

    Les personnes ayant connu la misère ont tendance à être très riches intérieurement. Souvent, ils connaissent la gratitude, les règles de politesse et la philosophie. Ils ne savent parfois pas où mettre la cuillère à viande, certes, mais personnellement, je n'appellerai pas cela un manque d'éducation. J'appellerai cela une convention inutile. On mange comme on le souhaite. Et pourquoi pas avec les mains, tant qu'on y est ? Ce n'est pas gracieux, c'est dit comme primitif, mais à bat les préjugés. Du moment que l'on sait quand s'excuser, quand aider, comment être sage, et réfléchir : nous sommes riches. Car ces simples faits sont importants dans la vie. C'est un luxe, en soi.

    C'est ainsi que je pense. Et ce n'est certainement pas grâce à mes géniteurs. Je ne les haïrai pas pour penser différemment de moi, je peux comprendre que l'homme ait sa propre façon de réfléchir. De plus, je ne suis pas assez prétentieuse pour crier que ma manière de pensée est vraie et la prôner au monde entier ; chacun sa vision de la vie. Mais moi, j'ai la mienne et je me contenterai de celle-là. Car je la pense juste.

« Ce n’est pas grave. Ne t’en fais pas. Les accidents arrivent à tout le monde. »

    Me dis-tu avec douceur, tandis que je réalise mes actes. Je songe que tu es une personne gentille, avec naïveté, puis je finis par penser que ce n'est que ton éducation qui t'a appris à agir en conséquence. J'accepte toutefois ta réponse sans ciller, alors que tu te proposes à me faire un repas. Je m'offusque, en désaccord avec ta proposition. Malheureusement, je me rappelle que ce serait impoli de ma part de refuser une telle offre. Tant pis, j'agirai en contre-partie. Je me redresse et m'incline respectueusement, tentant d'agir en adéquation avec les mœurs nippons, même si à ton visage et ta chevelure, tu ne me sembles pas asiatique. Je me suis toutefois dit que tu vis probablement au Japon depuis longtemps, tu parles si bien japonais.  

« Veuillez me pardonner pour avoir ainsi renversé mon plateau sur votre personne, ma maladresse est impardonnable et je tâcherai de m'excuser de la meilleure manière possible. Je ne peux accepter votre offre, je suis en tort dans cette affaire, pourtant ce serait impolie de ma part de refuser. »

    Je ne relève pas la tête. Tout le courage que j'ai mis à m'excuser ainsi serait vain, si jamais j'ose me redresser. J'attends que tu me donnes la permission, tandis que les élèves nous regardent en haussant un sourcil, intrigués et moqueurs à la fois. Je n'en ai cure.

« Donc demandez-moi tout ce que vous désirez, dans la mesure de mes possibilités. »

    Je ne suis pas embarrassée, j'ai assez de fierté en moi pour ne pas me sentir honteuse. De plus, je trouve cela normal. Car je suis celle qui t'ai mis dans l'embarras, m'incliner est la moindre des choses à faire lorsque l'on est en faute. Ce dont j'ai honte, c'est de ma maladresse innée
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Lawrence E. Swanster
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MessageSujet: Re: Un Prince haut en couleur au grand dam d'une Cendrillon sans guenille   Jeu 10 Mar 2016 - 4:57




Elle s’inclinait, affichant à la cafétéria des manières nippones qui avaient tendance à s’estomper au contact de la faune de l’Académie Keimoo. Le bassin international était tel que le corps étudiant s’empêtrait peu des convenances et des marques de politesses que plusieurs jugeaient excessives. Lawrence, bien que toujours soucieux de conserver les apparences, s’armant d’une bienséance éhontée et d’un sourire amical, avait toujours eu un peu de mal à composer avec les modalités du Japon. Il s’était adapté, malgré le fait qu’il oubliait plus souvent qu’autrement de faire usage des bons suffixes, mais ne se vautrait que davantage dans son rôle princier pour pallier ses comportements déficients. Un sourire pour toutes les occasions, parce que les gens ne voient que ce qu’ils veulent bien voir.

Kohaku, quant à lui, était plus vocal dans sa perception des contrats sociaux japonais, crachant ouvertement sur une homogénéité qu’il trouvait aberrante.  Il n’était pas difficile de propulser le chat de blanc vêtu dans des discours abracadabrants, s’éternisant comme des talons noircis de terre sur un comptoir propre, concernant la société nippone, voir la société en général.

Cette jeune femme tout droit sortie d’un décor de film fantastique, à la beauté tape-à-l’œil, se serait certainement pris l’un des excès comportemental de Kohaku Joshua s’il avait été présent. Ses excuses étaient emplies de parures et d’excès, de mots s’alambiquant dans le but seul d’exposer un comportement correct. Heureusement pour elle, le métis ne trainait que très rarement à la cafétéria, encore mois en la compagnie d’individus tels Ijiwaru.

Toujours en souriant, Lawrence inclina le menton pour mieux pouvoir contempler son interlocutrice impromptu, abandonnant les grains de riz collés à la sauce qui tâchaient toujours ses vêtements, sa peau et ses cheveux.

« Vraiment, tu es toute pardonnée. Inutile de faire tout un plat de cet accident. »

Tout un plat.

Il n’eut pas conscience d’avoir fait un jeu de mots – aussi mauvais celui-ci soit-il – avant d’entendre le rire aboyé d’Ijiwaru et la répétition peu subtile du mot ‘plat’. Soucieux de ne pas faire passer ses paroles pour de vulgaires moqueries, Lawrence lança un regard sévère dans la direction de son ami des temps passé, avant de se retourner vers la jeune femme à la chevelure extravagante.

Tout en tentant de refuser son offre, elle proposait de pointiller ses excuses en exauçant l’un de ses désirs. Lawrence avait du mal à concevoir pouvoir aller aussi loin pour se faire pardonner une maladresse aussi banale et courante. Après tout, elle ne le connaissait pas et certains étudiants ne se serait pas fait prier pour profiter d’une telle situation en lui imposant des requêtes déplacées ou mesquines.

« J’insiste donc à ce que tu viennes manger avec moi, ça me ferait très plaisir. »

Soit, à sa manière, Lawrence souhaitait aussi profiter de la situation. La différence se trouvait surtout dans le fait qu’il ne désirait point embarrasser la jeune inconnue. Il lui proposait un repas et s’offrait une chance de prendre la poudre d’escampette par la même occasion. Tout autour, des murmures brillants de leur manque de subtilités fusaient, une étrange apparition se confrontait à Lawrence Evelynn Swanster.

Lawrence les remarquait, mais choisissait de les ignorer, de jouer à l’aveugle à défaut de parader tel le prince qu’il s’efforçait trop souvent d’être. La situation n’était pas suffisamment étouffante pour déclencher l’une de ces crises d’angoisses récurrents dont il souffrait depuis le séisme, depuis l’officialisation de la disparition de William, mais l’inconfort pointait le bout de son nez, rampait le long de son dos à la manière d’un mille patte vicié.

Il tendit la main à la demoiselle, souriant son masque de bienséance, insistant pour mieux paraître. Il espérait qu’elle accorde suffisamment d’importance aux convenances pour ne pas oser refuser, espérait qu’elle soit assez impressionnable pour daigne le suivre par admiration. N’importe quoi, n’importe quelle raison suffirait, aussi longtemps qu’il arrivait à quitter la cafétéria.

« En plus, ils changent les locaux des clubs dès demain, alors tu m’offrirais une occasion en or de profiter des anciens une dernière fois. »

On fermerait les locaux dès demain, on remplacerait les vieux ustensiles bois qu’on avait invité Lawrence à enfermer dans des boîtes, on ferait basculer cet univers de quiétude qu’il chérissait tant dans un autre médium.

Son cœur se serra à la pensée que Cammy disparaitrait de la mémoire des objets du club, qu’elle serait, elle aussi, remplacée par des échafaudages plus neufs.


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