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 Les lèvres d'Anubis déposées sur tes clavicules. | Oedipe

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Emmanuel Kokei
♣ Université - 1ère année
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Lion Coq Age : 23
Adresse : En ville, chez ses parents, dans le funérarium de Keimoo
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Multicompte(s) : Zakuro Fea - Kami Otagame

KMO
                                   :

MessageSujet: Les lèvres d'Anubis déposées sur tes clavicules. | Oedipe   Lun 6 Juil 2015 - 23:24



    Les lèvres d'Anubis déposées sur tes clavicules.
    Me font me souvenir de tes sourires rubiconds.




    Tu murmures, tes dents contre les poils du chat, et tes mots élastifies une peau que tu modèles de ta bouche. Le chat roule sur le flanc, et tes cheveux s'emmêlent à ses pattes, dans un décorum chatoyant auquel il enfonce ses pattes. Tu souris, ses yeux accrochent tes incisives, et ses moustaches, dans un baiser félin, se déposent contre ta peau. Tu souris, Emmanuel.

    En ce jour de fête du baiser international, tu es sorti de chez toi, les cheveux détachés, follement libérés en ces mèches noires qui frappent ton dos, parure scintillante à tes genres mitigés. Ta dentelle est plus pâle que ta peau, et habillée en blanc, avec ta crinière sombre, tu ressembles à une Blanche-Neige qui n'aurait pas encore connu les mésaventures d'une pomme empoisonnée. Tu souris, Emmanuel, et sur la devanture des magasins que tu longes, tes reflets s'exhibent en des images joyeuses, les façades de ton être tapissant les sourires de tes occupations perpétuées. C'est un six juillet que tu vis avec appréciation, en dépit de ce soleil trop lourd qui vient frapper ta peau fragile. On te croirait à demi spectre de ces nuits dans lesquelles tu vis, toi, la silhouette informe qui se penche au dessus de ceux qui ne sont plus. D'une certaine façon, tu es l'amant le plus doux qui soit, et quand tes doigts caressent leur visage mortifiés, il y a dans tes gestes une douceur que nul homme ne saurait faire apprécié à son partenaire allongé.

    Les heures de cours avaient été annulées pour la plupart, en raison d'un voyage scolaire quémandant la présence de nombreux de tes professeurs. Néanmoins, tu n'avais pas tenu à rester chez toi, en cette journée appréciable des contacts bucaux. Un intérêt particulier à voir comment les japonais, peuple perfide nourrissant tout autant la pudeur que l'étrange, pouvaient bien se comporter face à une fête internationale où, en Europe, tu n'aurais eu aucun soucis à voir s'échanger des flux salivaires et des sourires collés. Heh. Le tien s'agrandit, tes lèvres découpant un arc fin de chair, lequel exprime ton contentement, quand tu parviens à l'Académie. Des petits malins se sont amusés à coller des papiers indiquant l'importance de la date, et tu t'amuses à considérer que cela ressemble plus à un prétexte pour certains afin de recommencer un 14 février. Il y a une certaine satisfaction à constater que des bouches se collent les unes contre les autres, au fur et à mesure de ton ascencion dans les étages de l'Académie. Tu souris quand deux de tes amies, profondément hétéro et normées dans leur genre, s'embrassent de manière provocantes quand un professeur passent devant elles. Tu les rejoins, tout sourire, te sentant plus adolescent que jamais. Tu as pourtant eu vingt et un an, il serait assurément temps de grandir.

    « Emmanuel, bonne fête du baiser ! »
    « Tu as déjà profité, non, avec tes cadavres ? »

    Les filles sont hilares, tu te joins au mouvement, un rire doux transportant tes émotions trop particulières en cet instant pour que tu ne songes à te fâcher. C'est une belle journée, assurément, et tu ressembles trop à une fille, en cet instant, pour avoir l'envie de gâcher le moment.

    « Ne soyez pas jalouses, je n'embrasse que les plus beaux. Il faut savoir discriminer, parfois. »
    « Emmie, tu es terrible. Tu me donnerais presque envie de te baffer. »
    « Tu n'oserais pas. C'est la fête du baiser. Si tu me défigures, comment veux-tu que j'aie mes chances ? »
    « Vois cela avec tes morts, Kokei ! »

    Vous vous remettez à rire, et en longeant les salles aux portes ouvertes, passez à côté de professeurs, élèves et titulaires en tous genre. C'est la démarche de l'un d'eux, un peu particulière, qui attire ton œil, comme une cicatrice qui, sur une peau diaphane, accrocherait immédiatement l'attention. Il est grand, plus que la moyenne, et ses lunettes te donnent envie d'aller les lui voler, pour les déposer sur ton nez, sur tes cheveux, après avoir assujeti l'autre d'un sourire. Tu te rends compte, un peu tard, que tu as marqué un temps d'arrêt, et que tes amies se sont retournées, pour te questionner du regard. Ta décision te fait effectuer un entrechat dans ta trajectoire, le couloir devient une piste de course, et tu l'appelles, d'une voix dans laquelle vibre toute l'émotion qui t'habite.

    Tu n'attends pas vraiment, tu es plutôt comme un félin dangereux, trop petit pour oser attaquer de face. Dès que son visage se tourne vers le tien, tu t'élanges, et en te soulevant, comme une danseuse classique sur la pointe de tes orteils, tu récupères entre tes doigts trop maigres les accroches que te fournissent ses clavicules, et tu déposes, du bout des lèvres, un baiser sur sa bouche trop élevée. Un instant très rapide, constate tu. La sensation de ses lèvres trop masculines te fait chanceler, mais la seconde d'après, tu es déjà redescendu, rétablissant ton équilibre sur tes pieds. Tu souris, comme un beau diable, ravi de ton audace, ravi de cette expression stupéfaite qu'on tes deux amies, derrière toi. Tu recules d'un pas, comme pour contempler un peu mieux l'homme, et tu t'inclines poliment.

    « Bonjour Monsieur. Bonne fête internationale du baiser. »

    Parce qu'à la limite, si le seuil de vexation à été atteint et que des préjudices sont entamés, il faut au moins que l'autre sache pourquoi tu l'as agressé. Pour un baiser.

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Œdipe L. Jefferson

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Bélier Buffle Age : 32
Compteur 15

KMO
                                   :

MessageSujet: Re: Les lèvres d'Anubis déposées sur tes clavicules. | Oedipe   Lun 24 Aoû 2015 - 15:14


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J’ai perdu la vie, cette après-midi-là.
Le nez enfouis dans mon écharpe polaire et le front fiévreux. J’allais finir d’annoter  quelques mots froissés sur un simple bout de papier mat quand mes yeux  se sont refermés, m’emportant vers d’autres chimères à plumes. Ce sont les pas du couloir qui m’ont ramené à la vie. Les pas du couloir et l’odeur du café. Avant de me lever et de tourner la clé dans la serrure, j’ai regardé danser dans la lumière les particules d’éternité.
Personne ne sait de quoi ces particules sont faites. Elles existent, elles sont là  autour de vous, et c’est ainsi.  Elles retombent en poussières sur le sol et un jour, à nouveau, prendront leur envol vers un ailleurs indéterminé. Dans vos cheveux, dans vos poumons, dans ce que vous êtes. Pourtant une fois encore ; personne ne sait de quoi vous êtes fait. Personne ne scalpe assez profond, personne ne va voir ce qu’il se cache sous la bleuté de vos veines, sous vos nerfs en nœud, sous les battements de vos cils. Et vous ? Ne soyez pas trop intrépide. C’est aussi une façon de se protéger et quelques fois, effectivement, il vaut mieux être raisonnable.  Ma cambrure naturelle me donne toujours d’affreuses douleurs au dos. Je suis obligé, assez fréquemment, de faire craquer chaque vertèbre. Mais ce ne sont pas des choses qui se font, ou plutôt, qui se montrent.

Nous sommes Lundi et quelques heures.
Dans le couloir, Les foules d’individus se dissolvent au rythme des sonneries. Il y a ceux qui filent en cours, ceux qui sèchent au soleil par-delà la fenêtre, ceux qui errent et ceux qui, comme moi, suivent les autres. Silencieusement, je ressors mon carnet mat, mes mots ensommeillés et je me relis :


Citation :

« Qu’est-ce qu’une relation interpersonnelle Harmonieuse ? »
Une façon de représenter la nature des relations (notamment amoureuses) entre les êtres humains consiste à imaginer une ligne droite, sur laquelle se situerait trois pôles :

Narcissique     -      Saine     -      Codépendante

Le narcissique ne sait que prendre, le codépendant ne sait que donner. La relation saine s’installe entre ces deux pôles, avec une marge de déplacement vers l’une ou l’autre des extrémités. Au final, nous savons juste que la relation saine se situe quelque part entre le trop donner et le trop prendre. Il ne tient qu’à nous de savoir nous y placer, et glisser vers l’un ou vers l’autre, comme une perle sur un collier.


La question qui aurait poursuivi se serait alors métamorphosée en « Pourquoi alors, ce sentiment de n’être ni ici, ni nulle part sur cette ligne ? » Dieu sait qu’il m’aurait fallu bien plus de pages blanches pour y réfléchir, car je suis toujours d’une extrême lenteur. Je suis mou, ennuyeux, mais je vis confortablement avec moi-même de cette façon-là. Je sais que mes collègues m’apprécient moyennement à cette idée, car je ne suggère jamais rien, ils voient en moi une ombre moribonde, glauque, isolée et au fond ; ils n’ont pas tort.  Je n’ai pas assez de recul pour pouvoir moi-même m’exprimer à propos de ce que je ressens envers eux, ou les autres. Je ne sais pas donner, mais je ne pense pas trop recevoir. Existe – t-il, pour moi, une place réservée sur cette ligne trop stricte ?
J’ai souhaité, à ce moment, avoir quelqu’un qui de ses mains, viendrait aiguiller ma position. Prendrait ce stylo de mes doigts chétifs pour cocher sur cette droite l’endroit précis où je devrais être. L’endroit où l’envers. C’est comme vous voulez.

Il n’a fallu que quelques minutes pour que mon vœu s’exhausse.
Et quelques secondes à peine pour que ses lèvres traversent les fibres de laine d’écharpe qui séparaient les miennes de son visage. J’ai senti la pulpe de ses doigts enfantins s’entortiller sur l’ossature creuse de mes épaules.  Ses mains puériles, fragiles guerrières, ont encerclé ma carrure dans un élan fauve et adroit. Combat amer, trop vite trouvé, trop vite changé. De tes pommettes presque bombées d'innocence, je ne retiens que la couleur d'amande. De la candeur déterminée sur ton visage,  je ne garde qu'une idée de cils longs,  noirs et fins. Malsains. Malsains d'étrangeté et incroyablement curieux.  Une deuxième mort pour moi. J’ai été la proie d’un corbeau au milieu d’un corridor ; vous n’imaginez pas ce que cela peut faire comme dommage collatéral. Je me suis fait becqué, oui,  et on m’a  pincé fort.
Au fond vers les casiers, Il y avait eu des éclats de rire, un silence,  et puis de la stupéfaction. J’avais senti dans ce geste nouveau, un défi contre soi que je n’aurais jamais eu le courage de me lancer. Frisson Ardent. Brûle encore, encore un peu.
En te pressant contre moi,  Oie sauvage, tu as gribouillé ma place :


Citation :
Narcissique     -      Saine     -      Coɣdépendante


J’ai levé un sourcil. Mauvaise blague du hasard.
Elle s’est courbée et a baissé les yeux respectueusement.
Une Provocation contenue. Désirable.

« Bonjour Monsieur. Bonne fête internationale du baiser. »

Quel mal un baiser fortuit fait –il ? Quel mal ne fait –il pas ?
Je suis resté bête et surpris. Je n’ai pas su quoi faire. Ma tête s’est machinalement inclinée vers le côté à la façon d’un animal qui cherche à comprendre. Sans méchanceté mais encore sous le choc, j’ai prononcé une bribe de phrase.

- Je ne vous remercie pas. Vous m’avez effrayé.

J’ai attendu qu’elle se redresse, puis, j’ai tourné mon carnet vers elle. En haussant les épaules, je l’ai laissée lire.

- De plus, vous m’avez catégorisé Codépendant.




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