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 La cour des miracles

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Judikaël Coda
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MessageSujet: La cour des miracles   Ven 3 Juil 2015 - 22:31

Lettre aux membres du nouveau club de littérature,
Afin de vous remercier de l'intérêt que vous apportez au club, je vous invite à vous rendre au café littéraire du quartier Hiryuu afin de faire plus ample connaissance et de partager votre expérience. Tout est financé par le lycée.
J'aimerais également en profiter pour discuter avec vous de l'année à venir, pour que nous puissions déterminer ensemble vos objectifs et les projets auxquels vous aimeriez participer. N'hésitez pas à venir avec des brochures de théâtres, de cinéma ou de bibliothèques de la région où nous pourrions nous rendre au cours de l'année.
Rendez-vous donc au café ''La cour des miracles'', le XX à Xh.

En vous remerciant,
Judikaël Coda, professeur de langues étrangères dans le lycée de l'académie,
Présidente du club de littérature.


Ça faisait bien une dizaine de minutes que la jeune femme attendait sur le trottoir l'arrivée de ses élèves, face au café de style occidental, à la devanture rouge. Anxieuse, elle ne cessait de relire la lettre qu'elle leur avait envoyée la semaine passée, pour être sûre qu'aucun détail du rendez-vous n'a été omis. Est-ce qu'un des membres avait pu se perdre ? Non, bien sûr que non, tout était très clair. Judikaël avait bien pris soin de choisir un café tout près de différents arrêts de transports en commun et d'une grande route. Pareillement, elle avait engagé des procédures pour que le directeur lui accorde quelques financements afin d'organiser cette première sortie, à grand renforts de plan budgétaire, de lettres et de documents attestant de l'importance de la littérature dans la vie étudiante… Pour qu'on lui alloue finalement sans négociation un budget de plus de dix mille yens avec le sourire, le proviseur étant particulièrement enthousiaste du souffle de nouveauté qu'elle redonnait au club.

« Avec grand plaisir mademoiselle Coda, bonne idée. Par ailleurs, je connais ce café, ils servent des thés anglais ravissants, très bon choix. Néanmoins mademoiselle Coda, je vous le redis, il serait plus convenable pour vous de porter une jupe ou une tenue plus… Mature pour accueillir vos nouveaux membres. »

Discrètement, elle s'occupait à enlever un à un les poils de chats sur sa veste de tailleur bleu marine. C'était peut-être ça qui n'allait pas après tout. Judikaël avait désormais la certitude que tous les passants ne voyaient plus qu'elle, flottant dans sa jupe crayon, affichant ses jambes trop maigres, asséchées, négligées, et la barrette métallique arrangeant misérablement sa frange en une coupe plus féminine. Certes, les cols roulés et les jeans larges n'étaient bien esthétiques pour une sortie scolaire et encore moins représentatifs du prestige de l'académie que la professeur devait incarner, mais elle ne pouvait s'empêcher de les chérir de loin, de regretter leurs frottements doux contre sa peau et l'invisibilité qu'ils lui conféraient dans la foule. Elle regardait sa petite montre argentée une nouvelle fois. C'était l'heure. Elle était bel et bien arrivée très en avance. Prenant une grande inspiration, elle se repassait encore une fois ce qu'elle allait dire et ce qu'elle devrait faire quand ses élèves seront là. Le dos droit, se présenter, serrer toutes les mains, faire une petite blague pour détendre l'atmosphère, ne pas avoir l'air trop guinder mais garder une distance… Oui, surtout, garder une distance, ne pas faire d'erreurs, ne pas ressentir d'empathie.
« Professeur. Je suis professeur. » se dit-elle, comme pour s'en persuader, bien qu'en ce jour elle était présidente, et donc plus encline à la discussion et au rapprochement mutuel avec les membres du club.

L'arrivée d'un élève la stoppa nette dans ses réflexions. La jeune femme oublia ses commandements mentaux et se guinda automatiquement, un sourire crispé sur les lèvres, qui se voulait pourtant le plus chaleureux possible :
« Bienvenu ! »

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MessageSujet: Re: La cour des miracles   Dim 5 Juil 2015 - 1:25

Est-ce que je dois y aller ? Allongé sur le tapis de ma chambre en espérant échapper à la chaleur de cette manière, je relis une énième fois le mail que j’ai reçu la semaine passée. J’ai beau revoir les caractères sur mon écran de téléphone et presque connaître le contenu du message par cœur, il y a toujours ce même sentiment d’hésitation qui me titille. Une sortie gratuite dans une espèce de salon de thé pour parler des projets du club avec Coda-senseï – rappelons que ce bout de femme a été mon enseignante en langues étrangères durant ma dernière année de lycée – en soi, il n’y avait rien pour me déplaire …si ce n’est le fait que les autres membres du club de littérature y assistent aussi. Je n’ai jamais vraiment été sociable, c’est un fait, mais rester assis sagement à essayer de prendre la parole au milieu d’inconnus – même si je connais de vue quelques têtes au bout de plusieurs années d’adhésion, je serais bien incapable de donner leur nom – ce n’est pas vraiment ce que je préfère. Tiraillé, je finis par laisser tomber mon téléphone par terre, ces satanées températures estivales ne m’aident pas vraiment à me décider. Pire encore, elles me donnent l’impression d’aspirer toute mon énergie.

Je me relève dans un soupir, laissant mon cellulaire dans la fine couche de poussière qui s’est entassée la semaine passée, je ne vais pas pouvoir tout remettre à demain comme j’ai l’habitude de le faire, le rendez-vous est prévu dans…une heure à peine. Bon, peut-être qu’un petit sandwich me requinquera et me guidera dans mon choix, espérons-le. Arrivé au niveau de mon mini réfrigérateur, j’ouvre la porte pour y découvrir…le néant absolu. C’est pas vrai, est-ce que j’aurais oublié de faire les emplettes ?! J’essaie de me remémorer ce qu’il s’est passé la veille. Dans un gigantesque effort de concentration, je me rappelle vaguement avoir fait mes devoirs…avoir poussé la porte de mon appartement et puis m’être lamentablement endormi après m’être affalé sur mon lit. Ouais donc pas vraiment de souvenir d’un magasin. Bon bah finalement cette petite sortie organisée par le professeur de langue sera l’occasion de me remplir la panse…et de parler littérature, bien sûr. Légèrement ennuyé par la situation, je tends le bras pour attraper une chemise propre. Direction le quartier Hiryuu.
Me voilà devant le point de rendez-vous, c’est ma dernière chance de revenir en arrière. La porte en verre de l’établissement La cour des miracles me renvoie mon reflet, mes cheveux sont à peu près corrects, je profite des quelques secondes qu’il me reste pour réajuster le col de ma chemise avant de pénétrer dans le café. Le fait que l’environnement me soit étranger me perturbe durant un court instant, mais la voix familière de l’enseignante me redonne un peu plus confiance en moi. Je fais volte-face et m’empresse de m’incliner respectueusement devant la jeune femme. Malgré le fait qu’il s’agisse d’une activité plutôt extrascolaire, elle reste une adulte et une supérieure hiérarchique. Je suis un peu nerveux, je crois que je suis le premier arrivé, est-ce que ça veut dire que je vais devoir trouver un sujet de conversation en attendant les autres ? D’un côté, ça me rassure un peu, de ne pas me retrouver entouré et coincé au milieu des autres.

« Bonjour Coda-senseï. »

J’ai lancé ça sur un ton assez formel, bien l’envie n’y était pas, mais si vous voulez accuser quelque chose pour mon manque de sincérité, eh bien…jugez plutôt la politesse ridicule – et hypocrite – des japonais et leur soi-disant pudeur. Ne sachant pas trop quoi faire, je décide de m’asseoir en face de l’enseignante afin de ne pas attirer les regards des curieux qui se demandaient ce qu’un étudiant fait debout au milieu d’un café depuis plusieurs minutes. Je me débarrasse de mon sac de cours sur la chaise voisine en attendant que quelqu’un réclame sa place. Je ne sais pas exactement quoi, mais j’ai l’impression que quelque chose a changé chez cette femme. Bah, sûrement son maquillage ou une futilité du genre, pas de quoi en faire un plat. Alors que je triture nerveusement mes doigts, j’essaie de lancer une discussion pour éviter qu’un silence trop gênant s’installe entre nous.

« V-vous pensez qu’on sera beaucoup ? »

Un petit coup d’œil sur ma montre plus tard, je me rends compte que je suis arrivé légèrement en avance. Sous la table, mes mains froissent mon pantalon, on dirait bien que mon quota de sociabilité est épuisé pour la journée. En fait, je me sentirais mal pour elle d’être le seul élève à être venu au rendez-vous…pour des raisons pas très honnêtes en plus de ça. Je prends une grande inspiration et relance la conversation, en essayant d’être un peu plus évasif cette fois, de manière à ce qu’elle puisse poursuivre sur quelque chose qui l’intéresse sans pour autant s'engouffrer dans les détails qui seront abordés plus tard, avec le reste du groupe...s'ils viennent.

« Et vos projets pour le club…ils avancent bien ? »

Je crois entendre la porte s’ouvrir, j’espère que ce n’est pas mon imagination…

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MessageSujet: Re: La cour des miracles   Lun 6 Juil 2015 - 18:17

Enfin, c'était un jour intéressant. C'était même un jour original. Aujourd'hui, il y avait une réunion du club de littérature. Enfin, me disais-je. Nous allions commencer les choses sérieuses. La réunion allait porter sur les projets que le club réalisera durant l'année, en plus de permettre aux membres de se connaître. Je savais que Hisaka Rika y étais, bien que je ne pouvais m'empêcher de penser qu'il serait capable de sécher cette réunion. J'eus un léger sourire. V'là la réputation que c'était fait le jeune homme à mes yeux. J'avais vraiment envie d'encore mieux le connaître. Mais je verrais cela plus tard.

Deux heures avant l'heure donné pour le rendez-vous, je m'étais préparé, douché, lavé... Enfin, j'étais prêt pour sortir. Seuls mes cheveux en bataille restaient ainsi, bien que j'avais donné quelques coups de peigne pour arranger certaines mèches. Ce n'était pas un style décoiffé non plus. Je m'habillais avec ma tenue habituelle, c'est à dire le tandem chemise et jean, vérifiant que mes vêtements n'avaient aucune saleté – même si je doutais que ce soit le cas, vu comment Miyuki détestait la saleté sur ses vêtements... Ce qui faisait que notre mère pouvait remettre à laver tout vêtement comportant encore une tâche. Ou alors, elle tentait de l'enlever elle-même. Mais c'était rarement le cas – puis pris un sandwich pour tenir ma faim au loin. J'avais la chance aussi que le café se trouve dans le quartier où ma famille et moi-même habitions. Le seul problème restant était... que je n'avais aucune idée d'où se trouvait ce café. Mangeant tranquillement mon casse-croûte, je regardais sur internet l'itinéraire pour y aller. Je me devais d'y être à l'heure, ou au mieux, en avance.

Il était désormais bientôt l'heure, et je partais dans le hall pour mettre mes chaussures. Je vérifiais aussi que j'avais bien mes brochures des bibliothèques qui m'intéressaient. Car, et c'était ça qui me passionnait le plus, c'était de visiter ces bâtiments remplis de livre. Peut-être avaient-ils une histoire, en plus ? Ce serait la cerise sur le gâteau. Mais ne nous emballons pas. Je récupérais mon sac et sortais de chez moi. Cela faisait longtemps que je n'étais pas sorti sans ma sœur. Ce fut un changement plutôt silencieux. Malheureusement, je n'avais pas le temps de ressentir ce ''calme'' – car oui, nous étions quand même dans une ville – il me fallait trouver ce café. Je m'aidais des indications que j'avais trouvé sur internet quant à l'itinéraire afin de m'y diriger.

Quand j'arrivais au devant du café, je remarquais, en sortant mon portable, que j'étais tout juste à l'heure. Pile à l'heure... Voire même à peine une minute d'avance. Ce serait Miyuki qui serait fier de moi. Au moins, j'avais réussi à ne pas me perdre. C'était une bonne chose. J'entrais alors dans le café, regardant si la prof – car oui, elle était aussi ma professeur de langue – était là. Je la vis, effectivement, en compagnie de la silhouette de Hisaka. Je regardais ce dernier avec surprise. Lui, ici, en avance ? Il grêlera, aujourd'hui. Ou alors j'ai vraiment un mauvais aperçu du jeune homme. Je me ressaisis et approchais d'eux deux.

« Bonjour Senseï, bonjour Rika-sempaï. »

Cela faisait bizarre d'appeler Hisaka ainsi, alors que je l'avais tutoyer – et qu'il me demandait de le tutoyer – quand je l'ai rencontré. Mais en face du professeur, je ne pouvais me permettre d'être familier. Je pris ensuite une place à côté du jeune homme, tout en souriant à ce dernier et à la prof. Ils devaient être en train de parler avant que j'arrive, aussi je ne pipais le moindre mot, attendant que l'on m'adresse la parole.
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MessageSujet: Re: La cour des miracles   Dim 19 Juil 2015 - 20:15

Lyn était nouvelle dans la ville de Keimoo. Le jour avant avant-hier elle était à Londres, hier matin elle était arrivée ici. Le décalage horaire l'avait épuisé, tout autant que le trajet pour venir jusqu'ici, donc elle n'avait pas eu le temps de visiter ni son université, ni la ville évidemment, car elle devait directement régler son inscription ensuite, faire les papiers, et tout le tralala administratif épuisant que tout nouvel élève devait faire. Bien que Lyn détestait l'avouer, la réputation de sa famille l'avait un peu aidée pour arriver au milieu du cursus scolaire de l'université de médecine. Mais pas que. Ses capacités aussi l'avait aidée, car sans elle n'aurait pas pu réussir l'examen d'entrée.  

Ce matin, Lyn reçut une lettre de la gérante du club de littérature. Bien qu'elle venait à peine d'arriver et qu'elle était encore fatiguée, elle ne se plaignit pas, bien au contraire : elle s'en réjouit. Pour tout avouer c'était certainement la première fois qu'elle rejoignait un club et qu'elle participerait à des activités. Oui, oui, malgré la fatigue, elle voulait absolument participer à cette activité de club, ce serait une belle occasion en or de découvrir une partie de la ville, de se divertir et de rencontrer des adhérents du club de littérature, soit ceux qui appréciaient comme elle lire et écrire. C'était une expérience à faire se disait-elle ce matin, en terminant la lettre.

C'est sur cette pensée que Lyn débuta sa journée du bon pied, le sourire aux lèvres évidemment. Elle s'imaginait déjà tout plein de scénarios possibles ; par exemple : elle arriverait pile poil dans les temps, elle sourirait à tout le monde, ils seraient tous très sympathiques et souriants, elle arriverait à engager une discussion avec eux tous, elle passerait un très bon temps avec tout le monde et... Et... Elle serait heureuse tout le temps. Effectivement, il en fallait peu pour la rose, pour être heureuse.

Une heure avant le rendez-vous, Lyn était déjà prête pour partir. Douchée, habillée, coiffée. Mais pas maquillée, car elle ne se maquillait jamais. Elle avait pour principe de rester un peu garçon manquée sur les bords, malgré l'éducation qu'on lui avait donné pour devenir la jeune femme chaste et parfaite d'une famille de bourgeois. Se tenir droite, être pleine d'assurance, être gracieuse et agréable, être belle, regarder les hommes d'en-bas, et plein d'autres détails qui infestaient son cerveau, mais qui ne rendait pas sa vie impossible pour autant. On pouvait même considérer que ces stéréotypes qu'on avait encré en elle pourrait l'aider plus tard et donnerait directement une bonne image. Cependant, Lyn avait du mal à accepter ces stéréotypes, et donc, elle ne les respectait pas toujours : elle refusait de regarder les hommes d'en-bas.

Lyn partit pour le café du quartier Hiryuu une demi-heure avant le rendez-vous. Il faisait très chaud, le vent était quasi inexistant, les gens des alentours suintaient et plus Lyn s'éloignait du quartier de l'académie, plus elle regrettait de ne pas avoir pris une bouteille d'eau. Tant pis, elle ferait avec. Mais alors qu'elle pensait que le café était juste à côté – merci la carte qu'on lui avait fourni –, elle s'aperçut qu'il était bientôt l'heure et qu'elle était encore assez loin du point de rendez-vous. De plus, elle avait eu l'idée de mettre des bottines à talons – donc elle paraissait géante pour beaucoup. Pratique, en court. Bien qu'elle était exaspérée par son génie, son sourire ne disparut pas pour autant et elle se mit tout simplement à courir, quitte à trébucher ou à arriver en sueur. Lyn n'avait pas pour principe d'arriver en retard, que ce soit en cours, lors d'un rendez-vous, à la maison ou quoique ce soit d'autre. En effet, cette jeune femme à la chevelure rose incarnadin sur qui tous les regards se posaient pour cette particularité, était assez perfectionniste ; il fallait qu'elle soit ponctuelle : tout le temps.

Lyn n'était pas une coureuse et encore moins une athlète, elle ne courait pas très vite, mais avec des talons, elle se débrouillait bien. Elle parvint même à arriver à l'heure, chose étonnante. Elle fut surprise de voir en entrant seulement trois personnes dans le café : deux garçons et une professeure. Elle se mit à se dire qu'elle était peut-être trop en avance, qu'elle s'était trompée de café, ou même qu'elle était dans le mauvais quartier. Cependant, peu importe combien de fois elle vérifiait l'heure et le nom de la rue, impossible qu'elle se soit trompée. Elle était au bon endroit, et ces trois personnes étaient ici pour l'activité du club de littérature. N'empêche, elle s'était attendue à voir plus de filles car en temps normal, c'étaient plutôt les filles qui s'orientaient vers la littérature. Mais voir plus de garçons n'était pas non plus un mal : au moins un stéréotype de barré. C'est donc essoufflée, la sueur sur le front et un doux sourire sur les lèvres qu'elle s'avança vers le petit groupe, sortant un mouchoir de son sac tout en marchant afin de s'essuyer le visage. Elle rangea par la suite ce même mouchoir dans une poche du sac dont elle avait décidé, serait la poche qui servirait au cas où elle ne trouverait pas de poubelle pour jeter ses déchets, et s'inclina élégamment devant eux une fois postée devant ceux-ci pour les saluer.

« Bonjour, je suis la nouvelle adhérente du club de littérature, Lyn Aeris. Enchantée de vous rencontrer. »

Elle parlait japonais, mais elle avait un petit accent anglais. Un accent peu prononcé, mais qui avait son charme dans cette voix légère et féminine, un peu fluette, plutôt adulte.
Elle ne s'assit pas tout de suite, attendant une réponse de la part des autres et une permission de s'asseoir.

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MessageSujet: Re: La cour des miracles   Dim 19 Juil 2015 - 22:39

Quand la jeune femme reconnut les traits de Hisaka dans celui qui venait de la rejoindre, elle ne put réprimer un malicieux sourire, se souvenant de leur précédente altercation dans le parc du lycée.

« Bonjour Hisaka. Je te trouve bien formel d'un coup. Je ne pensais pas entendre à nouveau ce genre de politesse de ta bouche ! »

Elle réalisa un peu tard que sa réponse pouvait paraître légèrement sarcastique. Elle proposa donc à son ancien élève de s’asseoir, ce qu'il fit immédiatement. Cet air antipathique sur le visage du jeune homme la mit étrangement à l'aise. Judikaël voyait désormais cela comme un malin jeu de regard entre eux, et ceux pendant toute la durée de l'année scolaire. Elle cessa de se triturer les cheveux ou la manche de sa veste, pour rendre son regard à son invité, attendant qu'il embraye sur une conversation. C'était à son tour de se tortiller les doigts nerveusement. La jeune femme eut non sans honte une agréable sensation de supériorité en remarquant ce détail. Le pauvre finit par poser une question cruellement banale, bien décevante pour la première question posée au sein du club de littérature.

« Aucune idée. Je ne connais pas tellement les nouveaux élèves du club, je ne fais qu'en reprendre la succession. Tu devrais le savoir mieux que moi non ? Après tout je compte aussi sur vous pour me guider, vous êtes du club depuis plus longtemps que moi ! »


Le serveur déposa à cet instant une tasse de son thé noir préféré. Elle salua l'homme à la barbe rousse d'un hochement de tête et trempa immédiatement ses lèvres dans la boisson encore brûlante.

« Merci William. J'ai d'autres élèves qui vont bientôt arriver, je viendrais au comptoir pour prendre leur commande. »


L'homme d'origine écossaise lui fit un sourire plein de dent et ria un instant de sa grosse voix chaleureuse.

« Pas la peine Judi, je m'en occuperais, j'ai pas grand monde aujourd'hui. Tu as lu les livres que je t'avais prêté ?

-Oh oui ! Pardon, j'oubliais. Les voilà. »
Dit-elle en sortant deux pavés de son sac. « Bakounin et Marx. Je me demande encore comment ais-je fait pour ne pas les lire avant. On en rediscute plus tard ? Je n'aimerais pas que mes élèves se fassent une drôle d'idée de moi !

-Pas de soucis ma belle ! » Il se pencha pour faire une confidence à la jeune femme au creux de l'oreille. « Permet-moi de te dire que ton tailleur est hideux.
-Disons que c'est pour le travail. Permets-moi de te dire que tu as une peau de saucisson dans la barbe. »

L'homme repartit avec un clin d’œil au professeur, son plateau à la main. Elle le suivit du regard un instant jusqu'à ce qu'il aille se peigner la barbe derrière le comptoir avant de reporter son attention sur Hisaka.

« On dirait bien qu'on sera seuls tous deux. Au moins, ça me donne une idée de la motivation des membres... » Soupira-telle en buvant une gorgée de son thé. William devait avoir raison, elle se sentait comme un travelo dans ce tailleur. Ça avait bien dû le faire rire de la voir arriver attifée ainsi, lui qui avait l'habitude de la voir avec ses pulls trop grand et ses cheveux ébouriffés.

Le jeune garçon posa une question qu'elle n'entendit pas quand la porte du café s'ouvrit. Un jeune garçon blond à lunette qu'elle ne connaissait pas ou n'avait pas remarquer en classe s'approcha de la table en les saluant tous deux. Elle lui répondit d'un hochement de tête et attendit qu'il s'asseye. Les deux élèves avaient l'air de se connaître sans être assez proches pour s’appeler par leur prénom. Parfait. D'un côté ça éviterait qu'ils aient à se présenter, de l'autre ils ne feraient pas que discuter pendant les réunions. Judikaël s’apprêtait à lui demander son nom avant de réaliser que c'était peut-être un de ses élèves, et qu'il n'était pas convenable pour un profeseur d'oublier le nom de ses élèves. Elle rentra alors directement dans le vif du sujet.

« Bienvenus à vous deux. Je crois que nous n'aurons personne d'autres à cette réunion, alors nous pouvons commencer. Tout d'abord je vous demanderais à tous les deux de ne pas m'appeler senseï. »


Elle attendit une seconde que la nouvelle soit bien prise. Cette demande n'était ni anodine ni habituelle dans une relation de professeur élève au japon. Mais maintenant qu'elle s'était sortie de l'emprise de Lola et qu'elle connaissait ses propres limites, elle pouvait se permettre ce genre de proximité. Elle allait reprendre son discours quand une jeune fille arriva dans le café. Elle se tourna automatiquement vers elle et maudit immédiatement ses bonnes résolution.

À l'entrée se tenait une élève qu'elle n'avait encore jamais croisé. De longs cheveux roses encadrait son petit visage blanc, et dans les grands yeux bleus cachés derrière une frange timide, elle pouvait lire la rébellion et la détermination d'une jeune anglaise à qui tout ne pouvait que sourire. Une grande explosion de couleur juchée sur ses talons hauts, prête à écraser ses adversaires, et malgré les cernes sous ses yeux, elle se présenta dans un doux sourire :

« Bonjour, je suis la nouvelle adhérente du club de littérature, Lyn Aeris. Enchantée de vous rencontrer. »


Judikaël ne put s'empêcher de lui accorder un traitement de faveur en se levant vers elle pour lui serrer la main en lui présentant une chaise.

« Judikaël. Je suis ravie de te rencontrer Lyn. J'espère que tu te sentiras bien à Keimoo. »

William, plus loin, préparait son carnet de commande en riant. Il déposa la carte de son café sur la table tout en écoutant le discours du professeur :

« Nous sommes donc trois. Vous deux, j'aimerais à terme, j'aimerais même que vous m’appeliez aussi par mon prénom, Judikaël. Mais là n'est pas la raison pour laquelle je vous ais conviés. »


Elle prit une inspiration, préparant mentalement sa phrase. Un discours auquel elle avait bien réfléchi. Un beau mensonge qui pourrait mener à quelque chose de grand. Ces élèves, contrairement à elle, pouvaient devenir tout ce que leurs envies pouvaient leur inspirer. Elle devait leur insuffler cette force qui leur permettrait d'accomplir ce dont ils étaient capables et qu'elle avait oublier. Là était son rôle, ce qu'elle aimait le plus dans son métier.

« Je suis quelqu'un d'ambitieux. Je n'ai pas l'intention qu'on se contente de quelques visites de bibliothèques, de concours de nouvelles de seconde zone. Je suis impatiente de savoir ce que vous savez faire, mais je ne doutes pas un instant que vous êtes capable de beaucoup. J'attends de vous d'avoir la même ambition, et la même hargne de vivre que chacun des auteurs des livres que vous pourrez trouver ici. Écrivains, journalistes, politiciens… Vous n'êtes que trois mais je suis d'avis que la littérature est la base de tout, et que tous vos rêves peuvent être exaucés par ce biais. »


Elle les défia du regard, les trois, les uns après l'autre.
« Qu'en dites vous ? »

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MessageSujet: Re: La cour des miracles   Lun 20 Juil 2015 - 23:19

Juste après m’être installé sur la chaise face à l’enseignante, la pression monte et le stress d’être seul avec la jeune femme n’arrange pas mon attitude. La dernière fois, ce n’était pas pareil, nous étions en duo certes, mais l’action avait pris place dans un cadre scolaire, il y avait d’autres étudiants autour et là nous sommes dans un salon de thé ou quelque chose du genre. De plus, la remarque qu’elle m’a fait avant que je prenne place m’a mis mal à l’aise, on pourrait l’interpréter comme si je n’étais pas aussi formel avec les adultes en temps normal, comme si nous étions proches. Pour ne pas m’enfoncer d’avantage, j’ai choisi de ne pas répondre et faire comme si je n’avais rien entendu, c’est le mieux que puisse faire pour ne pas créer d’histoire, j’en suis intimement convaincu. C’est pour cela que je décide aussi de changer de sujet, de parler du club – puisque c’est l’objet de notre rencontre après tout – mais encore une fois, sa réponse me froisse. Je retiens un sifflement de mécontentement entre mes dents, mais je ne peux rien faire concernant mes sourcils qui se froncent naturellement quand je suis contrarié.

Certes, je suis au club de littérature depuis plus longtemps qu’elle, certes elle n’enseigne que depuis quelques temps à l’académie, certes elle a repris le club alors que le nombre de membres était en chute libre, néanmoins…pour m’avoir eu en classe pendant ma dernière année de lycée, je trouve ça osé de sa part de penser que je puisse être au jus concernant la motivation des membres en sachant que je ne le suis pas moi-même. C’est vrai, pour moi ce club est un simple prétexte pour me la couler douce dans une salle chauffée en hiver ou pour être à l’abri de la stupidité des adolescents qui fait une vague d’épidémie à chaque début de printemps. Encore une fois, je choisis le silence. Miracle presqu’inespérée, quelqu’un vole à mon secours pour éviter que le silence pèse plus longtemps autour de cette table. Non, ce n’est pas un membre du club, mais l’un des serveurs qui semble plutôt bien connaître l’enseignante, quoiqu’elle a l’air de se montrer familière avec pas mal de gens et ce genre d’endroit lui correspond bien alors ça ne m’étonne pas trop qu’ils aient sympathisé.

Et si en plus, ils s’échangent des livres, que demande le peuple. En vue des réactions de la blonde, j’ai du mal à définir si elle s’extasie plus sur son thé ou sur les bouquins qu’elle a reçu de l’employé du salon. Marx, Bakounine, ça me rappelle des souvenirs du lycée, les longues heures de philosophie à étudier des textes qui ne sont plus que des souvenirs désormais. Loin de moi les réflexions sur l’état, la société, le travail et tout le bordel qui va avec. Une fois le serveur reparti, je continue de désespérer à l’idée de devoir continuer à lui faire la discussion si nous restons seuls. Bon sang, que quelqu’un vienne nous sauver de cette situation, n’importe qui mais un membre du club ! La porte s’ouvre, le son de ma voix est englouti par le carillon situé à l’entrée, ma prière semble être exaucée. Je soupire de soulagement en voyant le lycéen s’approcher de la table, ses lunettes fièrement posées sur son nez.

« Bonjour. »

Senpai ? Est-ce qu’il a vraiment ajouté ce suffixe à mon nom de famille ? C’est presque risible étant donné que je lui ai permis de l’appeler par mon prénom il y a quelques jours à peine, mais bon je suppose qu’en présence d’un professeur, il vaut mieux bien se tenir. Le coude sur la table et le poing enfoncé dans ma joue gauche, je me redresse légèrement pour scruter les alentours, pas de trace de la furie, je suis sauvé. Quand la porte s’ouvre pour la deuxième fois depuis mon arrivée, mon estomac se noue, la voix de la présidente se fait lointaine quand je reconnais le visage blême de la personne qui se tient à l’entrée. C’est la fille de la veille, celle qui s’était endormie dans la salle du club. Je m’épargne le devoir de me présenter et lui adresse un simple signe de tête en guise de salutations. De son côté, Coda-senseï a une requête qui me paraît…étrange. L’appeler par son prénom ? Je hausse un sourcil à l’évocation de cette demande, hé.ho, est-ce qu’elle ne deviendrait pas un peu trop familière pour le coup ?

Elle prend une grande inspiration, eh...à quoi joue-t-elle ? Je l’écoute d’une oreille, ne sachant pas trop à quoi m’attendre. Je suis surpris du ton qu’elle emploie en nous parlant, ça ne ressemble pas du tout à la personne que je connais, elle n’est plus la Coda-senseï qui analysait Roméo et Juliette alors que je somnolais au fond de la classe. De tout son discours, je parviens à éliminer tous les mots qui ne servent qu’à faire joli et je n’en retiens qu’une seule chose : elle essaie de nous motiver à euh…je ne sais pas en fait ? Je serre les dents en détournant le regard, décidément nous ne sommes vraiment pas sur la même longueur d’onde aujourd’hui. La dernière partie de sa tirade n’était pas nécessaire, vraiment, assurément, définitivement pas indispensable. Alors qu’elle nous lance un regard rempli de détermination, je ne peux m’empêcher de croiser les bras pour établir une distance entre nous, non madame, je ne partage pas votre point de vue et je ne tiens pas à le cacher.

« Non. »

Tout simplement. C’est la seule chose que j’ai à lui répondre, que ça lui plaise ou non, qu’elle trouve ça pauvre pour un adhérent au club de littérature qui devrait être capable d’établir une argumentation plus riche qu’un élève lambda, ce n’est pas mon problème. Lentement, je lève mon visage blafard vers l’enseignante, j’hésite quelques instants avant de plonger mon regard dans le sien. Le contact ne dure pas très longtemps, mais il suffit à illustrer la force que j’ai mise dans mon refus de rejoindre son point de vue. Voyant que personne ne se décide à briser le silence qui s’est installé depuis que j’ai osé répondre négativement à la présidente du club, je finis par craquer et expliciter la raison qui m’a poussé à agir ainsi.

« Je ne crois pas que la littérature soit la base de tout Coda-senseï. »

Est-ce que j’ai vraiment dit ça alors qu’il y a quelques minutes à peine, j’étais en train de paniquer rien qu’en étant assis en face d’elle ? Et j’ai même complètement ignoré sa demande concernant la façon dont on est censé l’appeler. Je me mets à parcourir nerveusement la carte des boissons et pâtisseries proposées pour dissimuler ma gêne. Néanmoins, le sentiment de satisfaction que j’éprouve à l’instant même me pousse à vouloir en dire plus. Tant qu’à faire, autant révéler l’entièreté du fond de ma pensée, si je me fais exclure du club, autant être honnête jusqu’au bout et ne pas regretter après. La gorge serrée, les mots ont un peu plus de mal à sortir cette fois-ci, la position que je prends n’engage pas que moi et je serais très gêné si l’un de mes camarades venait à me contredire.

« Parmi les gens qui adhèrent au club, il y a aussi ceux qui n’ont pas de projet derrière, ceux qui veulent juste trouver la sérénité dans un local assez calme pour lire. J-je pense que vous voyez trop gros pour un début. Pour ma part, ce n’est pas pour écrire que je me suis i-inscrit. »

Du temps de l’ancienne présidente, tout le monde allait et venait dans la salle en respectant des règles de vie simples, personne ne nous demandait de nous battre avec acharnement pour devenir journaliste ou écrivain. Coda-senseï, je suis désolé d’avoir plombé l’ambiance dès le début de la réunion, mais je ne comptais pas vous tromper sur mon compte. Sauf exception, j’admets être un lâche et un poltron qui n’ose pas contredire les autres pour s’éviter les ennuis, mais je suis avant tout un fainéant qui ne s’engagera jamais à faire des activités qui empièteront sur mon temps libre. Je me tourne alors vers le serveur en espérant qu’il ne prenne par le partie de la jeune femme – ce serait bien ennuyant qu’il se mêle des affaires de ses clients – et passe une commande, prêt à payer moi-même s’il le faut.

« Je prendrai votre boisson la plus rafraîchissante et euh…cette pâtisserie. S’il-vous-plaît. »

Je lui montre alors sur la carte le nom de la viennoiserie imprononçable pour le japonais que je suis avant de lui rendre le livret plastifié. Suite à cela, je me laisse lentement glisser sur ma chaise, débattre de la sorte m’a épuisé. Du coin de l’œil, je distingue l’enseigne du café. Comment s’appelle ce salon de thé déjà ? La cour des miracles, il se peut que cet endroit porte effectivement bien son nom.

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MessageSujet: Re: La cour des miracles   Mar 21 Juil 2015 - 12:15

Une fois arrivé au café, j'avais salué Hisaka Rika, un jeune homme que je connaissais – du moins rapidement – du fait que j'avais dû essayer de le convaincre de retourner à son club – chose que je n'avais pas fait finalement – ainsi que la professeur en charge de notre club. Puis, sans un mot de plus, je m'asseyais à côté du jeune homme. La prof nous souhaita alors la bienvenue et, pensant que personne d'autre n'allait venir, voulu entrer directement dans le sujet... et nous demanda de ne pas l'appeler « sensei ». Cette demande me surpris. J'avais toujours émis une politesse envers les adultes, et surtout les professeurs, il était rare que ceux-ci refusent ce suffixe. Mais si elle nous permettait cela, peut-être pourrais-je sans souci appeler Hisaka par son prénom sans me soucier de l'éthique.

Une fille apparu après, plutôt grande, une couleur de cheveux inhabituelle, se présentant comme une nouvelle membre, du nom de Lyn Aeris. Ce nom n'avait aucune connotation japonaise. Il devait donc s'agir d'une étrangère, ce qui expliquerait la taille de la jeune fille et son petit accent. Je lui souriais alors.

« Enchanté Lyn. Je m'appelle Maku Morichi. »

Je m'étais présenté vu qu'elle aussi avait donné son nom, mais je remarquais que Hisaka ne faisait pas de même. Peut-être se connaissaient-ils déjà ? La prof se présentait aussi puis nous demanda de l'appeler par son prénom, qui était Judikaël. Bien que toujours surpris, j'acquiesçais doucement, afin de faire comprendre que j'avais compris sa demande.

Puis Judikaël commençait un discours, qui me surpris aussi. Elle attendait de l'ambition de notre part, autant que les auteurs, avant d'argumenter sur le fait que la littérature est la base de tout. Elle nous demandait alors notre avis, et je me mis à réfléchir à une réponse. La littérature... la base de tout ? Je n'avais vu cela que comme un art, car appartenant à l'écriture, mais présent pour faire partager une histoire, des émotions. Pour moi, les journalistes ne sont pas des littéraires, mais des gens capable de poser les bonnes questions. Les politiciens, eux, savent utiliser les mots. Je ne voyais aucun côté littéraire dans ces deux cas-là.

La réponse courte de Hisaka aurait pu me faire sursauter. Un « Non », ni plus, ni moins. Il semblait que lui aussi soit du même avis que moi. De plus, il arguait qu'il appréciait dans ce club le côté tranquille de la lecture. Étrangement, cela ne m'étonnait pas de lui. Je pense que cette phrase mit un point final sur le fait que je pouvais croire ce qu'il avait dit lors de notre rencontre. Je pensais pouvoir lui faire confiance : je savais maintenant qu'il n'avait menti que pour fuir les soucis que ma sœur aurait été capable de lui infliger. Il est un peu comme moi, quoi, sauf que je ne mentais que si j'y suis obligé, et je sais manier les mots pour que le mensonge passe comme une lettre à la poste. Il y avait certainement possibilité que l'on puisse bien s'entendre. Au moins, j'avais cerné une de ses personnalités : flemmard. Et peut-être timide, aussi. Je regardais ensuite la prof, afin de prendre à mon tour la parole :

« Je suis du même avis que Hisaka, je ne pense pas que la littérature soit la base de tout. Pour moi, la littérature est un art. Être journaliste ou politicien n'a rien à voir avec cet art. Dans le premier cas, la personne retranscrit des paroles ou un moment, et sait poser des questions. Dans le second, c'est une personne qui sait user de ses mots et qui se doit d'agir. Donc le journaliste est un médiateur, le politicien, une personne qui agit pour l'intérêt général. Ce ne sont pas des artistes. L'auteur, lui, est là pour divertir ses lecteurs, lui transmettre une histoire, des émotions, mais pas comme le journaliste. Il crée les émotions. »

Je m'arrêtais là avant de partir dans d'autres détails qui seraient probablement hors sujet ou qui me serviraient plus tard. Voyant le serveur à côté, et en entendant le jeune homme à côté de moi commander, je me décidais de faire de même et de demander un Cola. Un soda ne ferait pas de mal, surtout si la discussion sera longue.
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MessageSujet: Re: La cour des miracles   Mar 21 Juil 2015 - 18:18

Lyn serra gentiment la main de la professeure, un large sourire sur le visage. Sa première impression sur cette femme trop mince, fut "une femme douce et accueillante". Mais ce n'était qu'un premier avis, elle ne s'appuierait pas dessus à l'avenir. Entre temps, elle put constater la présence du garçon de la veille, à qui elle sourit malgré sa surprise. Elle s'assit entre un homme se nommant Maku, en lui hochant la tête en signe de salut, et Judikaël. Elle fut surprise par la demande de celle-ci, d'ailleurs. L'appeler par son prénom lui semblait assez familier. Elle était habituée à appeler les adultes par leur nom, avec bien sûr "Monsieur" ou "Madame" avant. Mais de là, à appeler son professeur par son prénom... Si telle était sa demande, pourquoi pas. Elle ne refuserait pas, ce serait impoli de sa part. De plus, un peu de familiarité ne lui ferait aucun mal, bien au contraire : elle devait se sortir de son monde de bourgeois.

Elle écouta attentivement les paroles de Judikaël, les genoux resserrés entre eux de façon naturelle, les mains sur les cuisses, le dos droit et le menton relevé. Son sourire ne la quittait pas, comme si celui-ci faisait parti de son visage habituel. Elle analysait chaque phrase du professeur avec attention, curiosité. Le discours sur lequel s'était lancé la jeune femme à côté d'elle l'intriguait, et sonnait faux à son oreille. Elle n'aimait pas beaucoup l'idée que la littérature soit la base de tout. En temps normal, elle aimait mettre la littérature sur un piédestal, mais pas à ce point-là. Elle n'aimait pas non plus l'idée que la littérature réalise les rêves. De plus, elle doutait que tout le monde ait des rêves liés à cette même littérature.

Hisaka commença à énoncer sa façon de pensée, de manière timide, certes, mais il l'avait fait. Elle était d'accord avec lui, bien qu'elle était déçue qu'il ait seulement rejoint le club pour avoir un lieu tranquille à sa disposition. Toutefois, il n'était certainement pas le seul à y avoir pensé. Et elle comprenait qu'il n'ait pas d'aussi grandes ambitions que Judikaël, c'était tout à fait compréhensif. Il n'était pas paresseux, seulement peu intéressé.

Maku prit la parole à son tour, étant lui aussi du même avis que Hisaka visiblement. Toutefois, Lyn ne fut pas tout à fait du même avis que lui. Elle pensait d'une autre manière, étant plus ouverte. Maku n'était pas fermé, Lyn était juste davantage ouverte à tout.

La rose décida elle aussi de prendre la parole. Comme Judikaël demandait l'avis de tous, Lyn ne risquait pas de ne pas donner le sien. Avec franchise, car elle était très franche et aimait donner son opinion. Elle ferma les yeux afin de réfléchir à ses mots, à comment formuler ses phrases et se faire comprendre.

« Je pense que la littérature n'est pas la base de tout. Pour moi, la littérature est beaucoup de choses, mais pas tout. Mais je dois d'abord dire que comme vous Judikaël, je suis ambitieuse et je veux faire de grandes choses avec l'écriture, cependant je n'irais pas jusqu'à dire que la littérature réaliserait mes rêves. »

D'ailleurs, en avait-elle, des rêves ?

« Pour commencer, je suis d'accord avec Hisaka en ce qui concerne le fait que les adhérents du club ne sont pas forcément ambitieux. Il est certain que beaucoup ont rejoint le club seulement parce qu'ils aimaient lire et souhaitaient un endroit tranquille, sans avoir d'ambition à l'esprit, ni en désirant écrire. Je n'approuve pas cela, je l'avoue, je pense que les adhérents devraient davantage s'impliquer dans les activités du club car ils sont censés le faire et sinon ils auraient dû y réfléchir avant de déposer leur inscription, toutefois, on ne peut forcer personne à écrire, ce serait honteux. »

Lyn posa ses coudes sur la table sans même s'en apercevoir, emportée par la réflexion tandis que ses paroles ne cessaient. Elle avait beaucoup de choses à dire.

« Quant à mon avis sur les paroles de Maku, je m'en excuse, mais je n'approuve pas tout. En même temps, on ne peut pas être d'accord sur tout. Pour moi, la littérature est un art, mais pourquoi est-ce que le journalisme ne pourrait pas être un art ? Ou même le discours d'un politicien ? Pourquoi ne serait-il pas un art ? Le journaliste retranscrit certes des paroles ou un moment, mais les livres et le dessin aussi le peuvent. Le politicien, lui, agit pour un intérêt général, mais les auteurs et les poètes engagés aussi le font. Eux aussi sont des politiciens, dans un sens. Rimbaud par exemple, était contre la guerre et le faisait comprendre par ses poèmes. »

Lyn ne mâchait pas ses mots, elle était trop franche peut-être. Elle ne semblait pas s'en apercevoir, car elle souriait toujours autant de façon légère et douce.

« En revanche Maku, je souhaiterai vous dire que l'écrivain n'est pas là pour divertir les lecteurs, il n'est pas une bête de foire. L'écrivain est là pour offrir ses pensées, ses rêves et ses messages qu'il souhaiterait faire passer à quiconque lirait ses textes. L'écrivain est un rêveur. »

Alors qu'elle terminait sa phrase, ses lèvres s'étirèrent davantage, comme si elle aussi, elle rêvait.

« Mais là, je m'écarte. La littérature est beaucoup de choses, oui, mais la littérature ne réalise pas forcément les rêves. La littérature donne du rêve aux lecteurs, et les auteurs retranscrivent leurs rêves dans leurs écrits. Mais ce n'est que mon avis. Il pourrait sembler naïf, cependant c'est ainsi que je vois les choses. »

C'est ainsi que son long discours se termina. Lyn n'était pas du genre à se retenir, au contraire, mais elle n'était pas non plus bavarde. Bien qu'on lui avait maintes et maintes fois répété qu'il fallait savoir ne pas en dire trop, son besoin de faire passer son opinion était plus fort que son éducation. Elle s'en excusait.

« Je suis désolée pour mes paroles ennuyeuses, je n'ai pas pu me retenir. »

Par la suite, elle demanda une tasse de thé Earl Grey, avec un peu de sucre si possible, en attendant la réponse de Judikaël qu'elle espérait, n'était pas blessée.

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MessageSujet: Re: La cour des miracles   Mer 22 Juil 2015 - 13:41

« Non. »

Judikaël fronça un sourcil. Est-ce qu'elle avait offensé Hisaka ? Elle se tut néanmoins, il était normal pour un japonais de réagir brutalement à la demande d'un professeur de l’appeler par son prénom, elle avait encore du mal à réaliser cela. Ce non voulait dire beaucoup et la mettait automatiquement sur la défensive. Elle écouta néanmoins avec attention les paroles du jeune homme. Oui, c'était évident, et elle-même aurait été totalement déboussolée dans la même situation. Elle imaginait bien le lycéen paresseux par nature profiter de la salle uniquement pour se donner l'illusion de faire quelque chose de sa journée, et qui refuserait catégoriquement de passer une heure de plus dans ce mirage. À moins que la mauvaise foi de la jeune femme ait pris parti dans son raisonnement et qu'elle en oubliait la timidité évidente du jeune homme, qui se ressentait même dans sa voix. Et dans ces conditions, elle avait déjà réussi une prouesse en le faisant parler à haute voix et exprimer aussi vivement son refus. Elle sourit alors et écouta Hak… Morichi.

Là, elle ne sourit plus. Arquant un sourcil, elle s'appuya sur ses mains pour le fixer débiter ce qu'elle voyait clairement comme des âneries. Il le disait lui-même. Le journaliste comme le politicien manipulent les mots, et toutes les professions le font. Le savoir parler, écrire, exprimer, lui semblait absolument indispensable dans toutes les disciplines et oui, il était une arme de choix pour réaliser chacune des envies de ces jeunes. Et l'art, justement, était donc pratiqué par chaque personne réfléchissant un tant soit peu à ses mots. Ne voyait-il les arts que comme un simple hobby sans importance dans la société actuelle ? Ou la limitait-il à ce qu'il pouvait voir dans des livres ou des musées ?

La jeune femme entendit rire William derrière elle. Il devinait sans mal à quoi elle pensait, et Judikaël se sentit d'autant plus imbécile. Elle se savait têtue et butée par nature et se doutait qu'elle ne pourrait pas rétorquer selon sa pensée qu'elle savait erronée pour les autres élèves. C'était sa vision personnelle des choses et elle avait eu tord de vouloir l'imposer à tout le club sous prétexte qu'elle en était la présidente. Elle se tourna alors vers Lyn. Après les deux garçons, elle était bien sûre invitée à participer au débat, et elle ne doutait pas que la jeune fille dirait quelque chose de certainement intéressant.
Elle ne fut pas déçue. Néanmoins, les paroles de la jeune fille sonnaient davantage comme une attaque personnelle qui fit tiquer la jeune femme. Bien sûr elle n'aurait forcé personne à quoi que ce soit, mais la jeune fille avait raison, elle exprimait avec moins d'intensité et plus de nuances ce qu'elle aurait voulu dire. Comme quoi, finalement, le langage parlé lui donnait encore du fil à retordre.

Quand la jeune fille termina sa tirade, Judikaël se redressa et laissa un silence s'installer quelques secondes pour réfléchir. Lyn avait l'air d'avoir le même avis qu'elle, bien que formulé différemment. Les deux autres avaient l'air d'avoir une opinion totalement différente, et même Hisaka l'avait exprimé clairement. Elle laissa alors transparaître un sourire malin sur son visage.

« Génial. »

Elle interpella alors William venu prendre les commandes.
« Un coca pour moi. Ça va être amusant. »

L'écossais hocha la tête, semblant appuyer ses propos. Le professeur se retint de se balancer sur sa chaise de justesse, décroisa ses jambes pour prendre solidement appui dans le parquet pour s'adresser à eux, les coudes sur la table, dans une pose tout sauf féminine, et déclara d'une voix assurée.

« Vous voyez, on vient d'initier un débat. »

Elle laissa encore une fois un instant s'écouler pour apprécier sa mise en scène.

« Ceci est ma première proposition pour le club. Il me semble que nous avons un tableau blanc dans la salle. Nous pourrions inviter les membres qui le souhaitent – Elle se tourna alors vers Hisaka.- et peut-être des élèves extérieurs à participer à des débats animés par des professeurs ou des professionnels spécialisés du sujet. »

Elle continua sur un ton davantage maternel :

« Bien évidemment, ce n'est qu'une suggestion, et je comprendrais que vous ne voyez pas de rapports avec la littérature. De plus, considérez moi comme un simple adulte référent. Vous avez la priorité sur la vie du club. Tout ce que j'exige de vous est un minimum de participation pour squatter la salle, comme nous partager vos dernières lectures. Ça t'irait Rika ? »


William arriva avec les commandes. Judikaël prit son soda à pleine main et le but d'une traite à la paille. Elle aurait préféré un verre de whisky, mais la sensibilité des japonais avait tout de même ses limites.

« Excusez-moi de vous avoir offenser, vous pouvez m'appeler comme vous le souhaitez. Mettons ça sur le compte de… l'excitation. »

Elle sourit, avec la sensation de reprendre le contrôle de la situation.

« Vous avez des idées plus intelligentes à formuler ? »

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MessageSujet: Re: La cour des miracles   Mer 22 Juil 2015 - 16:07

La gorge sèche, complètement épuisé par ma prise de parole qui m’a moi-même étonné, je m’enfonce doucement sur ma chaise en attendant que les autres réagissent. Je pensais que Coda-senseï serait la première à répliquer, mais à ma grande surprise, elle ne produit pas un seul son, l’enseignante semble attendre les réactions des deux autres en appuyant son regard sur eux. Maku est le premier à prendre la relève en prenant mon parti – grand soulagement – cependant je n’adhère pas totalement à ses propos, même si nous partons de la même idée, le développement qu’il a choisi ne me convient pas. Pourtant, je ne laisse rien paraître et attend qu’il finisse. Il prétend que le journaliste et le politicien ne sont pas des artistes littéraires, je ne suis pas de cet avis. C’est vrai, c’est ce que l’on pourrait croire si on n’analyse pas leur travail. Pour le journaliste par exemple, il maîtrise au moins un art, celui de manier les mots, de les peser et surtout de créer des articles auxquels les lecteurs adhèrent, tout le monde n’a pas ce talent et tout le monde ne travaille pas cet art mal reconnu. D’autre part, de mes souvenirs, en Grèce antique, la rhétorique était considérée comme un art également, le politicien le maîtrise donc subtilement. Dans les deux cas, je considère que ce sont des arts étroitement liés à la littérature, mais là encore, je peux comprendre que tout le monde ne partage pas cette opinion.

Quant à l’auteur, eh bien, j’avoue ne pas être d’accord du tout, mais encore une fois je le laisse terminer sa tirade sans le contredire , ça demanderait trop d’énergie. Non, un auteur n’est pas celui qui divertit ses lecteurs, il doit avant tout se divertir ou faire passer un message qui lui tient à coeur et se faire plaisir lui-même avant de penser à son public, il n’est pas une bête de foire qui fait ses petits tours pour qu’on l’applaudisse, pour moi c’est beaucoup plus complexe que ça. Je suis soulagé de voir qu’il s’arrête là car que je suis quasiment certain qu’une personne autour de cette table va prendre un peu de son temps pour démolir ses arguments un à un, ça serait vraiment ennuyant que ce débat s’éternise. C’est au tour de la rose de parler, je suis comme envoûté par sa voix, par ses mots qui sonnent comme une mélodie agréables à mes oreilles. Elle a cet accent qui me donne l’impression d’être en vacances. C’est ça, je vogue sur l’océan de son vocabulaire. Cependant, elle parle d’une manière plus assurée que lorsque nous étions seuls, cela a pour effet de me faire revenir à réalité.

Elle avoue être ambitieuse, vouloir faire de grandes choses avec l’écriture – sans préciser quoi – mais nuance son point de vue en évoquant les membres à l’activité fantôme du club. Coucou. Je suis là. Et là, comme je l’imaginais il y a quelques minutes à peine, elle reprend le discours de Maku, je suis soulagé que quelqu’un le fasse à ma place, ça m’évitera de gaspiller de la salive. Je l’écoute d’une oreille, pas vraiment attentive, mais je retiens l’essentiel de son raisonnement. En un sens, je pense que nos points de vue se rejoignent, mais je n’ai pas envie de rajouter quelque chose de peur de faire durer le débat. Quand elle termine sa tirade, je jette un œil discret vers la professeure de langues étrangères pour voir sa réaction, un sourire malicieux s’est étiré sur ses lèvres. Terrifiant, mais cela me confirme une chose. Coda-senseï a bien changé en quelques mois, à moins que ce soit le fait qu’on la rencontre dans un endroit extérieur à l’académie qui la rend plus confiante en elle.

« Vous voyez, on vient d’initier un débat. »

Je retiens un regard courroucé à l’égard de l’enseignante. C’est ça, rattrapez-vous bien maintenant que vous avez compris que deux tiers des élèves qui vous font face ne partagent pas votre vision des choses. C’est peut-être ma mauvaise foi qui me fait parler, mais je n’aime pas vraiment la tournure que prend cette conversation. Je garde mon sang-froid et décide d’attendre qu’elle ait fini, parce que je sais bien qu’elle est loin d’en avoir terminé avec ce qu’elle a à dire. Enfin, je ne pense pas qu’elle nous aurait convié à cet endroit juste pour nous dire qu’elle attendait beaucoup de choses de nous. Depuis quand sommes-nous un groupe d’ailleurs ? Dans ses rêves les plus fous certainement. Je connais plus ou moins les deux autres individuellement, sans pour autant être particulièrement attaché à eux. Le poing toujours enfoncé dans la joue, je l’écoute énoncer sa première idée pour le club, ça me semble une bonne idée pour les autres, pas nécessairement pour moi. Pourtant je la sens se tourner vers moi. C’est honteux, vous n’avez pas le droit de me viser de la sorte. Je ne réagis pas tout de suite quand elle me demande mon avis, et après réflexion, je ne fais qu’hausser les épaules en l’approuvant.

« Compris. »

Plutôt satisfait d’avoir rapidement pu trouver un compromis, ma joie augmente lorsque le serveur arrive avec les boissons. L’enseignante saisit le soda qu’elle avait commandé – n’avait-elle pas bu un thé en arrivant ? Bon sang, cette femme a une de ces descentes – avant de s’excuser pour nous avoir offensés. Elle finit par nous demander si nous avions d’autres suggestions, le sourire aux lèvres. Je fronce les sourcils, je ne pense pas que demander la climatisation dans la salle du club soit une bonne idée, du moins pas pour le moment. Peut-être acheter d’autres livres ? L’ancienne présidente n’a jamais pris de commande alors il serait temps de renouveler nos collections. Ce n’est pas vraiment une idée concernant les activités, ce n’est même pas intelligent comme elle le souhaite, mais c’est au moins quelque chose qui pourrait pousser davantage de gens à participer aux activités du club. Avant de prendre la parole, je lève la main pour annoncer la couleur.

« La priorité, ce serait d’avoir de membres motivés avant de se lancer dans des activités, pourquoi ne pas commencer par faire un sondage auprès des adhérents pour savoir quel genre de livres ils souhaiteraient lire. »

Je ne suis pas ce membre motivé, c’est pourquoi c’est plus simple pour moi de satisfaire les autres en trouvant quelqu’un qui fera tout le travail à ma place. Si d’autres membres se dévouent pour participer aux activités de la présidente, j’espère qu’elle aura assez de travail avec eux pour m’oublier et me laisser lire dans mon coin. Je marque une courte pause avant de reprendre pour détailler mon raisonnement.

« Je ne suis au courant de rien concernant le budget du club, mais je pense que rafraîchir notre collection ne ferait pas de mal. Faire l’inventaire et dépoussiérer les bibliothèques rendrait le tout plus attractif…J-je crois. »

Même si c’est épuisant physiquement et que faire le ménage n’est pas mon activité préférée, c’est au moins une tache individuelle où je ne serai pas obligé de me mêler au groupe. D’autre part, je pense que se limiter aux chefs d’œuvres de la littérature, japonaise ou étrangère, est une erreur. Certes, Judikaël est une enseignante, c’est normal – ou plutôt naturel - qu’elle mette en avant les ouvrages qu’elle considère comme excellents, mais elle oublie un détail qui est pourtant très important à mes yeux.

« U-une collaboration avec le club d’art serait peut-être une bonne idée aussi. Peut-être que nos membres ne sont pas doués et motivés pour des romans, mais des scénarios pour des bande-dessinées… »

En plus ça pourrait ramener quelques otakus qui ont du temps à prendre quand ils ne saignent pas du nez devant les otome games. Ma foi, qu’est-ce qu’on ne dit pas pour pouvoir conserver son petit havre de paix dans le campus. Mes doigts se cramponnent sur ma boisson fraîche, je crois que c’est de la limonade au citron, ça devrait remédier à mon problème de gorge asséchée à force de parler.

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MessageSujet: Re: La cour des miracles   Mer 22 Juil 2015 - 22:05

J'écoutais attentivement les différentes personnes présentes. Suite à une discussion ouverte engagé par le professeur Judikaël, chacun a eu son avis à dire sur une base : la littérature est à la base de tout. Je n'étais pas d'accord à ce propos, et mes deux camarades du club pensaient la même chose. Cependant, quant à mon avis à propos que le journaliste et le politicien n'exerce pas quelque chose qu'on peut qualifier d’artistique, Lyn ne semblait pas d'accord. Pourquoi ne qualifierait-on pas le journalisme d'art ? Parce que ce n'était pas un art, pour moi. De même pour le politicien – j'avais d'ailleurs retenu un rictus quand elle avait dit que le discours d'un politicien pouvait être un art. Allons allons, la manipulation de mots est un art, mais ce n'est pas le même type d'art ! Car sinon je n'avais plus qu'à me proclamer artiste, vu que je faisais de mon mieux pour manipuler les mots aussi.

Par contre, elle avait donné des exemples que je ne pouvais nier. J'avais oublié les récits autobiographique. Ensuite, on connaît tous l'expression : « L'exception qui confirme la règle ». Mais allez placer cela dans ce genre de discussion... De toute façon, je ne suis pas là pour dire que j'ai raison. Je ne suis pas de ce genre là. Quand elle parla cependant que le lecteur n'était pas là pour divertir, je fus rebuté. Cependant, elle parlait de bête de foire. Je haussais un sourcil. Elle pensait que je parlais de ce genre de divertissement ? Elle conclu sur le fait que l'auteur est un rêveur. D'un côté, ce n'était pas faux. Mais malgré tout, je n'étais pas vraiment d'accord avec la jeune fille. En écrivain une histoire, l'auteur permet à ses lecteurs de s'évader. Certes, de rêver, mais c'était un divertissement. Un passe-temps ou une passion. Mais je pensais que je prenais qu'une partie des livres. Je crois que c'était le souci. Cependant je ne voulais pas la couper, et je m'occupais juste d'avoir un léger sourire, tandis que je plaçais mes bras derrière la tête.

A la fin de sa prise de parole, la prof souriait. Avant d'annoncer que nous venions d'avoir un débat. Je fronçais les sourcils... C'était son but voulu ? Pourquoi j'avais l'impression de m'être fait manipuler ? Elle proposait d'inviter des personnes extérieurs pour participer à des débats réalisés par ceux qui sont spécialisés sur le sujet évoqué. Je haussais à nouveau un sourcil. Je n'arrivais pas à comprendre l'intérêt. Détail qu'elle semblait avoir conscience, au vu de sa reprise de parole.

Le serveur arrivait ensuite et distribuait les commandes. Je le remerciais une fois que je reçois mon soda et en bu de suite une gorgée. La prof demandait ensuite si nous avions des idées plus intelligentes. A vrai dire, j'étais un peu perdu. J'avais l'impression que la discussion était partie dans tous les sens. Je préférais pour le moment rester silencieux. Hisaka, lui, avait repris la parole pour proposer à faire un sondage envers les membres du club. Mais pour savoir ce qu'ils aimeraient lire ? Bah, peu importe, c'était son idée. Il préférait après tout être tranquille, je n'allais donc pas objecter. Ce n'était pas mon rôle. Il faisait parti de ceux qui ont rejoint le club pour lire, après tout. Ses idées iraient dans cette direction. En quelque sorte, il représentait ce groupe. Ce qui attirait mon attention cependant était la proposition d'un travail avec le club d'art afin de créer des mangas ou des bandes dessinés.

« Ça pourrait intéresser du monde, en effet, Hisaka. » lui disais-je en souriant.

Puis je retournais à mes réflexions. Qu'est-ce que je pouvais bien dire ? Qu'est-ce que je voulais faire, déjà ? J'aimais lire, oui, mais sinon ? Qu'est-ce qui m'intéressait ? Je lisais beaucoup depuis ma toute jeunesse. La lecture, ce n'est pas ce qui me manquait chez moi. Une Histoire de la Littérature m'intéresserait, mais cela ennuiera du monde, probablement. J'avais dans ma sacoche des brochures de différentes bibliothèque. Une idée me vint alors à l'esprit, et je récupérais la brochure de Tōyō Bunko, la plus grande bibliothèque du Japon, bien qu'elle soit axé au niveau de la culture et de l'histoire asiatique. Finalement, cela rejoignait mon idée première, mais différemment.

« Je pense qu'il serait intéressant d'aller visiter cette bibliothèque. C'est la plus grande du japon, bien qu'elle soit axé sur l'histoire de l'Asie. Je pense que nous avons de quoi apprendre avec une telle visite. Enfin, je suppose que certains ne seront pas intéressés, mais cela peut aussi faire sujet d'un sondage à propos de qui serait intéressé pour y aller. »

Je laissais le prospectus sur la table et but une nouvelle gorgée de mon soda avant de remettre les bras derrière la tête. Je n'avais plus qu'à attendre leurs réactions.
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MessageSujet: Re: La cour des miracles   Mer 22 Juil 2015 - 23:01

Lyn plissa les yeux en voyant un sourire malicieux s'étirer sur le visage de la professeure. D'une certaine façon, elle se mettait à se méfier. De quoi ? De ce que la jeune femme prévoyait de faire par la suite. Elle n'avait pas peur d'elle, de ce qui adviendrait plus tard, loin de là, mais ce sourire lui faisait froid dans le dos.

« Vous voyez, on vient d'initier un débat. »

Un débat... Oui, un débat. Comme les débats politiques dont elle avait droit en Angleterre, au milieu de tous ces hommes puissants assis autour de la table à manger, à discuter de la situation du pays, du monde, de l'économie, de la politique... De tout sur quoi on pouvait débattre. Surtout des sujets graves. Peut-être était-ce grâce à l'expérience de ces conversations qu'elle avait appris à parler de cette façon, lorsqu'elle donnait son opinion. Elle ne savait si c'était une bonne chose pour elle, mais pour le moment, là n'était pas la question. Judikaël avait des projets pour le club, dont elle n'avait pas particulièrement d'avis. Elle avait de bonnes idées, oui, mais elle ne trouvait rien d'amusant à cela pour tout dire. C'était... trop sérieux peut-être. Lyn avait l'impression que le principal but était en fait d'amener de nouveaux adhérents. C'était quelque chose de bien, oui, mais la rose avait une tout autre opinion, dont elle ferait part lorsqu'elle en aurait l'occasion.

Hisaka proposa alors de faire un sondage pour avoir de nouveaux livres. C'était une bonne idée aussi, selon Lyn. Elle appréciait, mais l'idée n'était pas assez développée pour qu'elle puisse dire quoique ce soit là-dessus. Pour avoir un véritable avis. Mais il avait raison quand il disait qu'il fallait avant tout des membres motivés pour débuter quelque chose.

Ce fut au tour de Maku de faire une suggestion. Visiter la plus grande bibliothèque du Japon... Une proposition alléchante pour une femme en soif de savoir. Elle était totalement pour, mais surtout parce qu'elle voulait la visiter. En revanche, si elle regardait cela de façon plus objective, c'était aussi une bonne idée. Premièrement, pour la culture générale et deuxièmement... pour avoir une activité bien liée à la littérature.

Désormais, que pouvait dire la rose ?

Elle se mit à réfléchir, balançant machinalement sa tête de droite à gauche, comme le ferait un bébé éléphant, son menton dans la paume de ses mains et les coudes sur la table. Elle ne semblait pas s'être aperçue de ce qu'elle faisait. Elle venait de briser une règle de politesse, inconsciemment. Changer de pays changeait aussi sa personne. Les yeux clos et la moue pensive, elle cherchait des idées à soumettre aux trois personnes présentes à la même table qu'elle. C'était la première fois qu'elle adhérait à un club, donc peut-être que ses suggestions seraient mauvaises ; de plus comme ayant des pensées naïves en ce qu'était un club, les pensées d'un enfant à vrai dire, peut-être que ses propositions paraîtraient idiotes ou enfantine.

Elle gémit plaintivement, ne semblant pas avoir de bonnes idées. Ou du moins, elle en avait, mais insatiable qu'elle était, elle ne savait si elle pouvait les présenter. Elle osa toutefois le faire ; car elle ne devait faire attendre les autres - si du moins ils attendaient son avis.

« Je pensais à une activité de groupe. Pour le moment, nous sommes peu, ce qui est d'autant plus pratique. Mais plus tard, si on est beaucoup, cette activité pourrait encore être d'actualité. »

Elle se redressa doucement, prenant son temps avant de retrouver un dos droit et des mains sur ses cuisses. Elle regarda tout le monde un à un, restant silencieuse un moment, attendant les réactions de chacun, avant de reprendre, le sourire sur les lèvres. Elle paraissait confiante, bien qu'au fond elle ne l'était pas tant que cela.

« Pourquoi pas écrire une histoire, tous ensemble ? Une histoire sur un thème pré-défini. Nous sommes nous, dans cette histoire, et nous décidons chacun de notre sort. En simple, nous réécrivons notre vie. Nous créons notre monde, notre avenir. Nous nous libérons, nous faisons passer nos messages, nos émotions, tout en conversant ensemble dans le livre. Nous pouvons nous dire des choses que nous ne pourrons dire en face. Ajouter nos propres pensées dans les descriptions... Comme dans un livre. Au départ, nous écrivons dans un point de vue externe ou omniprésent. Ensuite, nous consacrons chacun un chapitre sous notre propre point de vue. Cela semble compliqué à faire, mais une fois que nous aurons tenté, ce sera simple. Tout ce que nous avons à faire c'est... D'écrire ce que nous souhaitons, rien de plus. Et de vivre nos rêves à travers notre plume. »

Une idée naïve, typique d'une rêveuse. Une idée sérieuse, applicable, mais que certains n'approuveraient pas. Par manque d'énergie. Par manque d'envie. Ou tout simplement parce qu'on n'aime pas.

« Après, ce n'est qu'une suggestion. Je comprendrais si personne n'a envie de s'impliquer dans une telle... activité. Parce qu'elle demande l'envie d'écrire et de vouloir faire passer des messages. »

Par exemple, elle pensait et était pratiquement sûre que Hisaka ne voudrait pas. Bien qu'une part en elle lui disait qu'au fond... Ce ne serait pas tant par paresse, mais par manque d'envie, parce que ça ne l'intéresserait pas.

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MessageSujet: Re: La cour des miracles   Sam 25 Juil 2015 - 21:25

La jeune femme écoute Hisaka qui encore une fois s'est exprimé le premier. Il ne semblait pas convaincu de son effet qu'elle même avait du mal à prendre au sérieux. Néanmoins, il ne protesta pas, peut-être tout simplement par flemme que réelle résignation. Les yeux de la jeune femme s'illuminèrent quand il proposa une idée tout à fait excellente. Quoi qu'il en dise, ce jeune homme semblait bien cacher une certaine ambition, ou au moins des réflexions novatrices, que semblait approuver Maku.

« Excellente idée ! J'ai d'ores et déjà fait une demande de budget pour obtenir de nouveaux ouvrages. Et je mettrais des affiches afin d'attirer des dessinateurs. Merci Rika. »

La jeune femme s'empressa de sortir de son sac son cahier bleu, le remplaçant du vert qu'elle avait perdue dans le labyrinthe, pour y noter ces premières propositions, et déchirer une feuille qu'elle fit immédiatement passer à Hisaka avec un stylo.

« Mettez vos suggestions d'ouvrages ici. À terme je mettrais un cahier à votre disposition dans la salle pour noter ce genre de choses. »

Maku, resté silencieux depuis l'annonce de la jeune femme, se redressa soudainement pour saisir quelque chose dans son sac et lui tendre. La jeune femme saisit la brochure d'un geste délicat, la remontant jusqu'à son nez, légèrement crispée par le poids des responsabilité pour distingué un prospectus pour le Tokyo Bunko. Un sourire apparut sur son visage. Elle voulait la visiter mais n'en avait pas eu le temps depuis son arrivé au japon.

« Très bien ! On demandera directement à tous les membres, donc à la prochaine réunion, directement au club. Mais personnellement j'aimerais beaucoup la visiter, et je ne penses pas que le lycée refusera de nous louer un mini-bus. »

La jeune femme repensa à sa virée en voiture dans le nord quelques mois plus tôt. Peut-être avec un peu de chances, un autre professeur pourra les accompagner pour conduire le véhicule ? Elle frissonnait en repensant à toutes les catastrophes qu'elle avait évité de très peu dans son voyage. Si personne ne se proposait, elle devrait soit essayer de repasser son permis, soit trouver une excuse pour annuler la visite. Enfin, Seth avait très certainement le permis. Elle eut un nouveau sourire en imaginant le professeur de droit au volant, sans sa veste, puis se concentra sur Lyn qui n'avais pas encore pris la parole.
La jeune fille, le crane dans les mains, balançait innocemment la tête de droite à gauche, les yeux clos. Si ça pouvait paraître impoli pour un japonais lambda, elle ne pouvait que trouver cela adorable, et maudire les pensées qu'elle avait eu quelques secondes plus tôt. Il lui suffisait de voir cette élève toute rose ou repenser à Lola pour réaliser à quel point elle préférait les femmes aux hommes. Mais le désir qu'elle nourrissait fréquemment pour des jeunes filles dont elle était de dix ans l’aînée lui avait déjà causé de gros problème en France. Elle se força à penser à nouveau à Seth : Un bel homme, assurément pensât-elle en soupirant.

Lyn finit par s'exprimer, par saccade, nourrissant son suspense, prouvant une nouvelle fois sa maîtrise du langage, alors que son accent prouvait bien qu'il ne lui était pas familier. L'idée en elle-même, pourtant, rendit Judikaël sceptique. Une histoire à plusieurs plumes, avec eux-même comme personnages ? Outre les difficultés techniques d'un tel ouvrage, et la nécessité de trouver un scénario de base qui leur conviendrait à tous, elle doutait que les autres membres apprécient l'idée de mettre d'eux dans un ouvrage qui serait lu par d'autres, en particulier Hisaka, bien que ça aurait été intéressant pour se connaître davantage. La jeune femme réfléchit encore un instant avant de répondre d'un ton froid.

« Mmh. Je doute que ça plaise à tout le monde, mais pourquoi pas. Une histoire à plusieurs mains, en tout cas, me semble être une très bonne idée pour les élèves intéressés par l'écriture, quel que soit la nature des personnages. »

Curieuse, après avoir lancer un regard vers Hisaka et Maku pour les inviter à réagir, elle reposa ses coudes sur la table, son visage dans son poing, pour questionner la jeune fille, qu'elle brûlait de mieux connaître. Elle entendit William qui la regardait de loin rire discrètement dans sa barbe.

« Tu écris déjà Lyn ? Quel genre d'histoires ? Et d'où viens-tu ? Je ne t'ai jamais vu dans l'établissement. »

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MessageSujet: Re: La cour des miracles   Sam 25 Juil 2015 - 23:11

C’est probablement la première fois que la professeure me remercie pour mon intervention, et sûrement la dernière. Même le type à lunettes à côté de moi m’a approuvé, que me vaut donc ce gain de popularité si rare et soudain ? Je n’ai pourtant pas fait d’effort, la seule chose que j’avais en tête depuis le début de cette rencontre étant : Qu’est-ce que je ne ferais pas pour pouvoir garder mon petit coin de détente ? En tout cas je suis soulagé de voir que mon idée lui plaise et qu’elle ne me remballe pas, mieux que ça : elle semble assez motivée pour effectuer les démarches elle-même. Parfait, je n’aurai pas à lever le petit doigt, je ne pouvais pas souhaiter mieux. Sous mes yeux, l’enseignante se met à fouiller dans son sac, je ne sais pas ce qu’elle cherche, mais ça a l’air urgent. Quand je la vois sortir un petit carnet bleu avant de le poser sur la table et arracher une feuille, je suis presque déçu de voir qu’elle a gaspillé autant d’énergie pour que l’on écrive rapidement nos idées sur papier. Je hausse un sourcil, ni Maku – oui son nom m’est revenu entre temps - ni Lyn n’ont repris la parole depuis la fin de mes explications alors je ne comprends vraiment pas sa hâte, ni moi, ni mes idées sommes prêts à nous envoler. Je prends le stylo qu’elle me tend et commence par écrire mes suggestions de manière organisée, avec des tirets pour plus de clarté.

C’est le moment que choisi le lycéen  pour sortir de ses réflexions et exposer son projet pour le club. Une chance que mes cheveux soient assez longs pour cacher mon petit sourire aux coins des lèvres quand je suis penché sur la feuille. Aller visiter une bibliothèque, ça ressemble lui bien. Je ne connais pas ce garçon depuis longtemps – une semaine ou deux peut-être – mais j’ai cru comprendre que nous nous ressemblons sur un point : nous aimons la lecture. Toutefois, si j’en crois le prospectus, elle se trouve à Tokyo, j’ignore si l’administration versera des subventions au club pour ce genre d’activité. Contrairement à la blonde, je ne suis pas sûr que le lycée sera prêt à nous verser l’argent nécessaire pour cette sortie. Nous ne sommes pas aussi influents que le club de basket ou le club de natation, nous manquons aussi de membres alors niveau transport, ça risque d’être limite, plus j’y pense et plus je trouve des inconvénients à son idée. Autre chose encore, qui n’a rien à voir avec ce que j’ai évoqué précédemment : le temps. Ce n’est pas la porte d’à côté, une visite d’une journée pour découvrir la plus grande bibliothèque du Japon, c’est absurde. Je ne dis rien, mais je n’en pense pas moins. Je finis d’écrire avant de faire glisser le bout de papier et je stylo à mon voisin de table.

Il y a encore un temps de silence après cela, je crois que tout le monde attend que la rose dise quelque chose. Lyn finit par ouvrir la bouche, je ferme les yeux pour mieux me concentrer ce qu’elle dit, mais finalement cela ne s’avère pas nécessaire. Je me froisse à la première phrase qu’elle prononce. Une activité de groupe, elle s’attend à ce que l’on se lance ensemble dans un projet c’est ça ? Je grimace, j’espère en tout cas que si l’idée est acceptée, ça sera sur la base de volontariat comme l’a si bien précisé l’enseignante quand j’ai émis des réticences à l’idée d’écrire. Déjà seul c’est compliqué alors je n’imagine même pas ce que ça donne à plusieurs, un sacré foutoir si vous voulez mon avis. Néanmoins, je ne la coupe pas dans son élan d’inspiration et je la laisse détailler son projet en dégustant la pâtisserie que j’ai commandé un peu plus tôt. Succulent ! Je devrais revenir ici un jour, mais seul…et quand il n’y aura pas la professeure de langues dans les parages, ce qui a l’air d’être plutôt rare puisque le serveur semble la considérer comme une habituée.

En entendant la voix mélodieuse de Lyn, je ne peux m’empêcher de penser à quel point elle est différente en public. Bien sûr, elle est toujours aussi adorable quand elle parle, ses manières sont le reflet même de l’innocence, mais elle a un ton plus assuré et surtout neutre. Depuis son arrivée, j’ai to-ta-le-ment évité tout contact visuel afin de ne pas m’emmêler les pinceaux. C’est la voix de Coda-senseï qui me fait revenir à la réalité. Elle aussi semble éprouver quelques doutes à l’idée que cela puisse fonctionner, surtout pour une personne en particulier, n’est-ce pas ? Non, madame, je n’ai pas raté votre regard en ma direction. Je pose ma petite cuillère sur mon assiette encore à moitié occupée par ma pâtisserie et croise les bras, je donne presque l’impression d’être à fond dans la discussion et super concentré par-dessus le marché. Si je réagis, c’est bien parce que l’enseignante m’y a invité d’un regard éloquent.

« Difficile à gérer. Personnellement je…ne pense pas y participer. J-je vais d’abord tenter le concours des clubs passions de l’académie, écrire seul pour commencer. Ca ne m'intéresse pas vraiment, mais je suppose que je peux en tirer un peu d'expérience. »

Ah bon ? J’avais l’intention de m’y inscrire ? Je ne savais pas, je le découvre maintenant. J'imagine que je vais devoir aller déposer au plus vite un bulletin d'inscription pour ne pas me faire taper sur les doigts à cause d'un mensonge, je ne tiens pas à renouveler la scène où la furie qui sert de soeur à Maku s'est mise à me crier dessus. Enfin, je suppose que c’est une bonne excuse pour expliquer qu’en tant que novice en écriture, je préfère ne pas ralentir les autres. N’ayant rien de plus à ajouter, je laisse les autres continuer la discussion tout en me portant une nouvelle fois mon attention sur mon mille-feuille ou je ne sais plus vraiment comme ça s’écrit. La prénommée Judikaël semble s'intéresser à la nouvelle arrivante au club, tant mieux, ça me fera des vacances. Je jette un œil à travers la vitre du salon de thé, je me demande si ça va encore durer longtemps.

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MessageSujet: Re: La cour des miracles   Dim 26 Juil 2015 - 12:15

Chacun eut à formuler une idée de ce qu'ils voulaient faire dans le club. Hisaka proposait d'abord de renflouer le stock de livres ainsi que de proposer un projet en commun avec le club d'art qui serait de créer des mangas ou des bandes dessinés. Cette idée me paraissait très intéressante et j'avais été d'accord avec Hisaka. La prof semblait elle aussi acquiescer l'idée. Cette dernière fit passer une feuille et un stylo pour que l'on puisse noter nos idées d'ouvrages.

A mon tour, je proposais une idée. Suite au mail de la prof pour le rendez-vous, j'avais amené des prospectus comme demandé, et avait donc présenté celui du Tokyo Bunko, la plus grande bibliothèque du Japon bien que centré que l'histoire asiatique. Suite à ma proposion, la prof souriait, peut être enjouée à l'idée d'y aller ou trouvant l'idée intéressante. Les deux, probablement, au vu de ses paroles. Ainsi, cette idée pourrait voir le jour si assez de membres du club étaient intéressés pour y aller. Je savais ce qu'un tel projet représentait, car visiter cette endroit demanderait une journée. Et donc devra se faire durant une période libre. Mais une sortie de club resterait sympa... Peut-être.

Hisaka me fit passer le papier et le stylo juste après. Je regardais la feuille en réfléchissant. Qu'est-ce que je pouvais noter ? Parce qu'il y avait un avantage a avoir un parent aussi passionné par la lecture que soi-même : je pouvais avoir n'importe quel livre chez moi. Du coup, je ne lisais que des romans déjà lus quand j'étais au club et que j'y lisais. L'idée du coup de demander mes romans préférés me semblait possiblement être le mieux. Je noter alors quelques titres de livres avant de faire passer la feuille et le stylo à Lyn qui était en train de réfléchir à quoi dire, balançant la tête. Quel étrange mimique.

Elle fini par proposer une activité de groupe. Haussant un sourcil, j'attendais la suite de son idée. Elle proposait de créer une histoire ensemble, gérant chacun notre personnage dans un univers prédéfini. Si l'idée pouvait me sembler intéressante au départ, je fus un peu plus crispé par la suite. Surtout la partie « chacun écrit un chapitre sous son point de vue ». Je voyais milles raisons qui risquaient de mettre ce projet en difficulté, de risquer des incohérences dans ce récit, de poser des soucis sur l'ensemble de l'histoire. A moins que ces chapitres n'en soit qu'un seul divisé en plusieurs points de vue, et dont les faits sont déjà expliqués, il n'y a aucune chance que ce genre de projet n'atteigne son terme sans créer des soucis. Déjà qu'écrire une histoire à plusieurs peut créer des désaccords... Et faire passer des messages... Je doute que ce soit une bonne idée. Cela risque plutôt de créer un joyeux bordel.

Elle semblait convenir que cette idée de projet à plusieurs ne plairait pas à tous, pensée aussi accordée par Judikaël, et j'étais certain qu'elles pensaient à Hisaka. Pour ma part, je préférais ne rien dire, pas très sûr que mon avis soit correct, mais aussi parce que l'idée de Lyn pourrait être rectifié pour mieux coller à ce genre d'activité en groupe. Le regard de la prof nous inviter cependant à réagir, Hisaka et moi-même. Mon voisin de table semblait aussi de l'avis que ce sera difficile à gérer, avant de dire qu'il y a peu de chance qu'il s'y inscrive, préférant commencer par écrire en solo, notamment via le concours des clubs passions. Je fus surpris de l'entendre dire qu'il pensait y participer. Je m'y étais aussi inscrit, intéressé par cet essai d'écrire une nouvelle. Puis, regardant les trois personnes présentes à la table, je finissais par soupirer. Très bien, je donne mon avis... Après tout, cette prof avait parlé de débat, tout à l'heure, non ? Puis la jeune fille aux cheveux roses avait très bien critiqué ma prise de parole tout à l'heure, j'avais le droit de donner mon avis aussi.

« J'ai plusieurs réserves sur ton idée, Lyn. Tel que tu nous as expliqué ton idée, ces fameux livres risquent de devenir un amas d'avis et de point de vue qu'une réelle histoire. Je vais d'ailleurs rebondir sur ce que tu as dit tout à l'heure. Je vois pas en quoi un auteur de roman fait passer des messages via leurs œuvres. Or, tu proposes de créer une histoire et de permettre à ceux qui la créent de faire passer des messages. C'est... un peu incompatible à mon avis. Ou alors très très difficile à mettre en place. Je ne pense pas que de simples membres d'un club de littérature en soient capable. »

Je finissais ma prise de parole en prenant quelques gorgées de mon soda. J'espérais qu'elle n'allait pas s'énerver sur mon point de vue. Je n'avais aucune envie de me faire déprécier... Mais par la suite, la prof posait quelques questions plus personnels à Lyn. Même si elle avait crée une atmosphère plus intime en donnant son prénom et en demandant de l'appeler ainsi, je ne pense pas qu'elle avait à la questionner sur le lieu d'où elle vient. Je regardais Hisaka, qui regardait autre part. Soupirant silencieusement, je remis mes bras derrière ma tête, regardant le plafond, faisant mine d'être dans mes pensées. J'avais l'impression qu'il y avait quelque chose qui clochait avec cette prof. D'abord son moyen de venir au débat, comme si elle voulait que l'on vienne à cela, puis ça... Je préférais me méfier.
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MessageSujet: Re: La cour des miracles   Dim 26 Juil 2015 - 16:42

Je me doutais bien que tout le monde serait réticent à cette idée. Il est vrai que c’est compliqué à organiser. Une histoire à plusieurs, évidemment que ce n’est pas facile à faire. En même temps, j’ai assez mal expliqué l’idée. Je réprime un soupire, exaspérée par mon niveau d’éloquence frôlant le néant et maintiens mon sourire, qui n’est pas faux pour autant. C’est un sourire amusé, causé par le coup d’œil peu discret de Judikaël sur Rika-san à la fin de mon explication – médiocre – qui se forme finalement sur mon visage. Est-il si paresseux que cela ? Pour être honnête, je ne m’en suis jamais réellement doutée. En même temps, nous avons « discuté » quinze minutes, voire moins, donc il est clair que je n’aurais pu penser qu’il est en réalité un homme économiste d’énergie. Quoique je pense plutôt qu’il est seulement peu ambitieux. Mais ce n’est qu’un avis, peut-être que je me trompe et que j’idéalise un peu le jeune homme. Seulement car c’est le premier que j’ai rencontré à Keimoo.

Je regarde en premier Rika-san, étonnée de l’entendre donner son opinion en premier. Je tente de croiser ses yeux afin de l’analyser, une nouvelle fois, sans succès. Depuis le début de cette rencontre, je ne cesse de me dire qu’il évite effectivement mon regard. J’en suis déçue, mais je ne dis rien. Car à quoi bon le forcer ? Ce serait mal de ma part. S’il ne m’apprécie pas, il est vain de s’acharner.

Je hoche la tête, affirmant que je l’écoute, bien que je sois surprise qu’il ait choisi de s’inscrire au concours des clubs passions. N’a-t-il pas dit que l’écriture ne l’intéresse pas ? Il le dit d’ailleurs ensuite. Suivant la logique des choses, il ne se serait pas inscrit. Mais visiblement, il essaye de s’exercer, peut-être aussi d’apprécier ? De se découvrir une nouvelle passion ? Un talent ? Que sais-je. Cependant, j’approuve son choix. C’est toujours bien de tester de nouvelles choses. Car je crois que la vie est une succession de choix et de découvertes.

S’ensuit ensuite l’avis de Maku-san – dont j’ai oublié le nom de famille, j’en suis navrée, terriblement, insultez-moi si vous le souhaitez, je me repentirai pour cette erreur. Je me redresse, relevant le menton, faisant mine de rien, ainsi personne ne remarquera ma culpabilité quant à mon impolitesse de tantôt. Comme attendu de sa part, il est contre mon idée. Et de mon avis sur l’écriture aussi. Il dit d’ailleurs qu’il pense que les auteurs ne font pas passer de message à travers leurs œuvres. Je suis catégoriquement contre, malheureusement. Puis je ne comprends plus le sens de sa phrase. Il me dit que c’est « incompatible » à mon opinion sur l’auteur et son message, or il dit que je veux que nous fassions passer un message. Si tu veux mon avis, Maku-san, je pense que tu confonds un peu tout. Ou bien  c’est moi, mais je suis presque certaine que mon cerveau n’est pas défectueux au point de  déformer la réalité.

« Maku-san, je tiens à te dire, premièrement, que tout le monde peut être auteur d’un livre. Même moi, même toi, même Rika-san, même Judikaël. Il suffit de vouloir écrire pour devenir auteur. Il ne faut pas obligatoirement être doté d’expérience ou d’un talent incommensurable. Deuxièmement, as-tu déjà lu un roman sans message de l’auteur ? Qu’il soit implicite ou explicite n’a pas d’importance, il y a toujours un message. Car l’auteur nous livre sa façon de penser. Ensuite, je suis d’accord avec toi sur le fait que mon idée serait difficile à mettre en œuvre, toutefois, un livre détenant l’avis de tout le monde – avis obligatoirement différents des uns et des autres – est toujours très intéressant. Mais ce n’est qu’une opinion. Et je conçois que tout le monde ne pense pas la même chose que moi. »

C’est sur ces dernières paroles que je finis par offrir un sourire empli de gentillesse et de douceur au jeune homme, espérant que celui-ci ne sera pas blessé par ma réponse. Il m’arrive d’être acerbe dans mes mots, bien que je n’aime pas forcément l’être. Je n’aspire pas à vexer mon interlocuteur, en réalité.

Je me rappelle alors qu’il faut que je dise quelque chose à Rika-san. Étant donné qu’il participe à un concours, il faut que je le dise, n’est-ce pas ? C’est important, non ? Non ? Pour d’autres, ce serait certainement une futilité. Une formule de politesse toute faite. Anodine, sans  importance. On prendra la peine d’écouter, on dira merci… Mais personnellement, je trouve que ce  n’est pas une chose à ignorer.

« Oh, Rika-san. »

J’attends un instant le temps qu’il remarque que je l’appelle, avant d’enchaîner, moins  assurée. Peut-être que je parais timide. Mes joues me brûlent le visage. Je rougis ? Probablement. Je ne suis pas habituée à offrir des encouragements. Jamais personne n’a eu besoin de ce genre de phrase de ma part, en dix-huit ans d’existence. Aujourd’hui, j’ai l’occasion de dire ce dont j’ai toujours rêvé de dire à quelqu’un. Une phrase. Deux mots. Trois syllabes. Onze lettres. Des paroles récurrentes, mais loin d’être vides de sens. Tout en regardant l’homme à la chevelure ébène, je lui offre un sourire hésitant mais encourageant, grattant ma joue teintée de la couleur pomme d’amour.

« Bonne chan-. »

Au final, je suis coupée par Judikaël. Je me stoppe brutalement, mes couleurs se fanant automatiquement, hoquetant de surprise, sursautant. La blonde n’est pas en faute, moi-même je n’ai pas parlé bien fort à cause de ma timidité, peut-être ne m’a-t-elle pas entendu et s’est donc osée à me parler. Je restreins mon rire nerveux dans ma gorge, regardant la blonde du coin de l’œil avant de me tourner complètement vers elle. Elle me pose des questions, assez personnelles. Je me dis que c’est normal. Peut-être que les professeurs sont amicaux au Japon ? Probablement.

«J’écris depuis que j’ai neuf ans. Des histoires d’aventure, des thrillers, parfois des histoires en rapport avec mon expérience personnelle et de temps en temps... Il m’arrive d’écrire des textes romantiques… »

Je reprends des couleurs à la fin de ma phrase et ris nerveusement, emmêlant mes doigts dans mes cheveux en les rejetant en arrière. Lorsqu’on me pose une question, je réponds toujours très honnêtement. Je ne cache rien à vrai dire. Du moins, c’est ce que je laisse souvent croire. Est-ce mal de ma part ? Est-ce mal de ne pas [i]tout[i] dire ?

« Bien que je n’ai jamais été confrontée à l’amour, je l’avoue. »

Je me basais sur les romans et mes amies.
Je me racle la gorge, tentant de me reprendre et réponds à la dernière question de la professeure.

« Et pour vous répondre sur l’endroit d’où je viens, je suis de Londres. »

Passer de Londres à Keimoo. Je sais que c’est étrange. J’espère que personne ne fera de remarque désobligeante.

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MessageSujet: Re: La cour des miracles   Ven 31 Juil 2015 - 13:57

Sans grande surprise, Hisaka répond immédiatement de sa voix peu assurée son mécontentement à propos de l'idée de Lyn. Malgré le débit très rapide de ses paroles, Judikaël ne pouvait pas s’empêcher de se féliciter d'avoir rendu le jeune homme aussi causant, non sans orgueil mal-placé. Elle lança même un regard à William derrière son comptoir, espérant qu'il remarque ces grands changements, mais il était occupé à s'occuper d'autres clients plus loin.
Cachant sa déception, la jeune femme reporta son attention sur Maku qui avait pris sa voix de premier de la classe. Décidément, elle était incapable de se rappeler si elle avait eu cet ado en cours, mais elle le trouvait déjà insupportable par sa perfection. Au même titre qu'elle haïssait le vernis de la table à laquelle elle était accoudée et la couleur rousse de la barbe de son ami serveur. De la même manière, elle appréciait le thé en sachet. Car servi dans sa tasse d'eau chaude, avec la coupelle pour le déposer après infusion, elle avait le contrôle total sur sa perfection, sur son goût.

Elle leva les yeux au ciel, s'exaspérant de sa propre fascination envers le chaos et l'imperfection, avant de se rendre compte qu'elle n'avait pas écouter un mot de la prise de parole de Maku. Jouant le jeu de l'illusion, elle passa sa main sur son menton en acquiesçant et se tourna vers Lyn. Essayant de ne pas se faire envoûter par ses yeux et les pigments carmin de ses cheveux, elle avala sa salive et répéta la pensée de tous :

« Mmh, n-nous sommes d'accord, c'est un projet compliqué qui mériterait d'être précisé Lyn. »


Elle se calma en écoutant la réponse de la jeune fille, et son sourire grandit encore de voir qu'elle avait la même vision des choses que la rose malgré sa réticence à l'usage du terme message qui englobe trop de choses à son goût, de l'interprétation la plus vaine du lecteur à un discours bien amené de l'auteur tout au long de son œuvre et clairement dit. De plus, elle n'était pas convaincue qu'il appartenait à tous les romans de délivrer un message, si ce n'est Voilà ce que je pense ou Voilà ce que je veux vous montrer.

Elle hocha la tête frénétiquement. Même plus besoin de la remercier de son intervention, la gamine devait probablement déjà le lire dans les yeux du professeur. Vient le temps de répondre aux questions indiscrètes du professeur, et cette dernière prend un stylo dans sa main en faisant mine de le mâchouiller pour cacher son rougissement face au regard intense de l'étudiante. Ajouté à ça une frénétique habitude de se passer la main dans les cheveux, Judikaël n'était plus crédible. Quand vint le moment de la mention par la jeune fille de son passé amoureux, elle se figea. Erreur. Ne sachant plus quoi faire, elle aurait bien céder à la tentation de se jeter sur la jeune fille pour la câliner et lui faire comprendre à quel point les garçons sont des abrutis, mais elle devait répondre à son devoir de professeur : ignorer. Et ne surtout pas penser à tout ce qu'elle pourrait faire découvrir à Lyn en se rapprochant d'elle. Surtout pas.

La déclaration laissa un blanc autour de la table. Quelques secondes gênantes passèrent avant que la jeune fille ne rebondisse sur autre chose. William finit définitivement de réduire à néant le silence en s'exclamant joyeusement :

« Londres ! Welcome young lady ! »

Judikaël le regarda en riant avant d'ajouter, les joues toujours légèrement rosées :

« Ahah je vois. J'ai moi-même vécu à Londres une année, sans doute ma ville préférée au monde. »


Elle finit sa phrase dans un soupir qui s'évapora comme une fumée de cigarettes, se remémorant cette année passée dans les bars, à droite, à gauche, sympathisant avec les drag queens de la ville, s'intégrant à leur groupe et oubliant son amour de France au profis de quelques aventures sur les toits de Londres.
Judikaël jeta un coup d’œil à sa montre. Le temps défilait, et ne devrait tarder à manquer. Elle jeta un regard à Hisaka qui était sûrement pressé de partir, lui aussi. William ne viendrait pas à son secours, le café ne fermant que bien plus tard dans l'après-midi, et la légère misanthropie du professeur était en contradiction avec son rôle de présidente. Elle souri donc, au reste de la table, attendant une ouverture ou une conclusion.

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MessageSujet: Re: La cour des miracles   Sam 1 Aoû 2015 - 19:38

Je lève les yeux vers le plafond, l’air légèrement agacé (mais ça c'est parce que j'ai un bon self-control, au fond de moi je suis vraiment ennuyé). Et voilà que les deux autres se remettent à débattre sur ce qu’est un être un auteur et quel est son but, moi qui pensais qu’ils allaient mettre ça de côté et vite en finir avec tout ça. Sérieusement, ils ne s’ennuient pas ici ? Sous la table, je commence à taper discrètement du pied pour essayer d’évacuer le manque de patience qui m’envahit. Bon sang Maku, quand tu es seul, je te trouve plutôt sympathique comme type, mais quand tu es entouré, tu as cette manie de relancer les conversations, il y a des choses qu’il vaut sûrement mieux garder pour soi. Je suis soulagé d’entendre la rose finir par « ce n’est qu’une opinion » et je ne peux m’empêcher de l’approuver par un signe de tête. Je n’ai pas écouté le moindre mot de ce qu’ils ont dit, mais le fait qu’elle ait avancé qu’il ne s’agit que de son avis calmera peut-être les ardeurs du lycéen qui semble campé sur ses positions. Quel intérêt y-a-t-il à convaincre son interlocuteur dans ce genre de situation ? Nous avons tous des idées différentes et nous n’avons rien à gagner – si ce n’est de la satisfaction – à essayer de mettre une autre personne dans le même camp que nous.

Alors que je lance toujours un regard mauvais en direction de l’éclairage – en espérant secrètement être absorbé par la lumière et quitter cet endroit – puis je me rappelle qu’il me reste encore la moitié de la pâtisserie dans mon assiette. Je plonge ma cuillère à café vers le mille feuille, savourant chacune des bouchées de cette gourmandise. Je ne relève la tête que lorsque j’entends la douce voix de Lyn s’adresser à moi. Par réflexe, je lèche mes lèvres pour essuyer la fine couche de crème pâtissière qu’il restait. Elle marque un d’attente, je la dévisage en fronçant les sourcils, que voulait-elle ? Peut-être s’est-elle trompée en m’appelant et qu’elle ne sait pas comment me dire qu’elle voulait plutôt engager une autre discussion avec Maku-san. Mon hypothèse s’effondre lorsque je vois ses joues rosir, c’est comme la veille, elle a de nouveau ce teint qu’elle appelle pomme d’amour. Elle sourit, mais moins spontanément que les autres fois avant de se gratter la joue. Je ne sais pas de quoi j’ai l’air, à être suspendu à ses lèvres en attendant qu’elle dise quelque chose. Quand elle ouvre enfin la bouche, elle est rapidement interrompue par Coda-senseï qui s’intéresse visiblement beaucoup à la jeune femme en vue du regard pétillant qu’elle lui adresse. Je ne saurai donc probablement jamais ce que Lyn voulait me dire. Tant pis ?

Evidemment, contrairement à moi, l’étudiante semble travailler sa plume en écrivant sur des thèmes divers et variés…dont la romance fait partie. Sans surprise, je la vois reprendre ses couleurs en émettant un petit rire gêné. Elle ajoute ensuite qu’elle n’a jamais été confrontée à l’amour. Je hausse un sourcil à cette remarque, les prétendants ne doivent pas manquer pourtant. Enfin, de toute façon je ne comprends pas vraiment pour elle a eu besoin de se justifier de la sorte, c’est une nouvelle élève et l’enseignante en sait déjà trop à son sujet de mon point de vue. Les expériences de l’anglaise ne regardent en rien la française qui s’enthousiasme à l’idée d’avoir un londonienne autour de sa table. Le serveur aussi s’y est mis en l’accueillant pour briser l’espèce de silence qui s’était installé entre nous, décidément il y en a qui ont de bonnes oreilles ici, ça ne me donne vraiment d’ouvrir ma bouche. Une fois ma pâtisserie entièrement avalée, je pose ma cuillère sur l’assiette, provoquant un léger sursaut à ceux qui ne s’y attendaient pas. Du coin du regard, j’observe la professeure de langues étrangères qui semble m’avoir aussi à l’œil.

Nous n’avons pas vraiment besoin de communiquer, je peux aisément deviner à quoi elle pense rien qu’en voyant son expression…c’est pourquoi je décide d’opter pour la stratégie de la fuite du regard. C’est vous l’adulte ici, et la présidente du club de surcroît, prenez vos responsabilités et osez dire que vous n’avez plus rien à ajouter, que la réunion s’arrête ici pour aujourd’hui, saluez-nous et dites-nous que vous avez hâte de nous revoir dans la salle du club pour discuter de nos prochaines lectures ou pour commencer les sondage/projets dont nous avons discutés aujourd’hui. Je ne sais pas Coda-senseï, faites quelque chose de normal pour votre statut. Le silence pèse, et je n’ai pas bougé d’un iota. Les bras croisés, le regard tourné vers l’extérieur avec cet habituel air ennuyé qui s’étire sur mon visage. Les deux autres ne semblent pas prendre de décision non plus et attendent sûrement qu’il se passe quelque chose, qu’une personne suggère une autre idée pour le club ou qu’on annonce la fin du rendez-vous. Le regard courroucé, je décide de prendre la parole puisque personne ne s’est décidé à le faire.

« C’est par où qu’on…paye ? »

Dis-je en sirotant les derniers millilitres de ma boisson. Au moins ça me semble clair, régler la note étant – en général – la dernière chose que l’on fait dans un restaurant ou café, après cela nous serons tous libérés de nos obligations. Je tourne la tête vers la porte d’entrée pour apercevoir un nouveau client faire son entrée, il se dirige vers une des tables voisine et adresse un sourire à notre groupe avant de passer commande. Allez. Partons d’ici avant de tomber sur des gens louches.
HRPG : Je vous autorise à faire bouger Hisaka après le paiement. Je ne posterai plus dans ce sujet sauf s'il se passe quelque chose d'important dans les prochains posts, mais j'en doute :)

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MessageSujet: Re: La cour des miracles   Dim 2 Aoû 2015 - 13:46

Visiblement, la jeune fille qui était nouvelle était pas du tout du même avis que moi concernant les romans. Je l'écoutais attentivement, car ce serait impoli de faire semblant de l'écouter, même si je savais que le débat pouvait tourner en rond. Sirotant mon soda, j'analysais ses paroles. Elle commençait par dire que tout le monde pouvait écrire. Evidemment, que tout le monde pouvait. Mais tout le monde n'a pas le même talent et certains y arriveront mieux que d'autre. Et faire passer des messages via un texte... demande une réflexion sur le sujet ainsi que sur sa représentation. Et elle venait justement sur ce sujet : elle me demandait si j'avais déjà lu un roman sans message. Et je fus alors habité par l'envie de dire que c'était le cas. Mais je réfléchissais. Si ça se trouve, elle voyait des messages dans n'importe quel texte. Personnellement, je lisais pour me détendre, pas pour réfléchir.

Mais elle maintenait son avis en disant que le message était plus ou moins explicite, et que l'auteur livrait sa façon de penser. Oulà... Elle avait vraiment réfléchi pendant qu'elle lisait un simple roman ? Concernant la façon de penser... Cela prêtait prêtait à réflexion. Les romans étaient écrits par un auteur, qui a sa façon d'écrire, et donc sa façon de penser. Cela rendait les romans diverses et variés. Cependant... elle ne parlait pas de cela, du moins, je pensais qu'elle parlait d'autre chose. Quelque chose de plus profond, de plus encré à l'écriture. Plus lié au message. Et vous avez déjà mon avis à ce sujet.

Elle acceptait cependant le fait que son idée était compliquée à mettre en place. Je n'avais pas envie de me répétais, j'avais déjà donné mon avis à ce propos, et ce qu'elle avait ajouté ne changeait pas du tout mon point de vue. Mais elle verrait par elle-même si son projet voit le jour. Il était donc inutile de reprendre la parole pour cela. Ni pour avant. Je gardais ma bouche close, me détendant pour le moment.

Lyn s'adressait ensuite à Hisaka, et je cru l'entendre l'encourager en rougissant avant de se faire interrompre. Surpris, je regardais tour à tour la jeune fille et mon voisin de table. Je me posais des questions sur leur relation. Il l'avait rencontré avant ? S'était-il passé quelque chose ? Je voulais demander, mais ce n'était pas le moment ni le lieu pour.

Lyn expliquait ensuite qu'elle écrivait depuis ses 9 ans. Hmm... Peut-être était-ce pour cela qu'elle était convaincue qu'il y avait des messages dans tous romans. Mais je préférais ne pas m'avancer. Il ne me manquerait plus qu'à passer pour un prétentieux... Non, je ne voulais pas de mauvaises relations non plus. Même si je m'inquiétais quant au débat entre la fille aux cheveux roses et moi. Celle-ci indiquait avoir vécu à Londres. Une anglaise donc. Elle en a fait du chemin pour venir jusqu'au Japon.

Cependant, la prof continuait son intérêt envers la nouvelle. Je n'appréciais pas cela. En attendant, Hisaka et moi n'avions rien à faire. Ce n'était pas très responsable de la part d'une prof. D'ailleurs, la patience de mon voisin de table semblait être entamé, et demandais pour payer. Me grattant la joue, je jaugeais les possibilités avant de me dire de faire de même que Hisaka, que les autres évitent de le juger.

HRP :
 
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