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 I WOULD PUKE BUTTERFLIES DOWN YOUR THROAT. | Post-unique.

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Kohaku Joshua Mitsumasa
♣ Université - 4ème année
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Genre : Non Binaire Verseau Coq Age : 23
Adresse : Hiryuu : 05 rue de la Chance, app 32 ou la Chambre 110 de l'université ou chez Zakuro.
Compteur 654
Multicompte(s) : Lawrence E. Swanster | Populaire

KMO
                                   :

MessageSujet: I WOULD PUKE BUTTERFLIES DOWN YOUR THROAT. | Post-unique.    Mar 16 Juin 2015 - 22:08

I WOULD PUKE BUTTERFLIES DOWN YOUR THROAT,
AND WOULD POUR AGONY IN THE SOCKETS OF YOUR EYES.

-

Il ne s’en rend pas immédiatement compte. Lorsqu’il rentre après quelques jours passés entre les murs de sa chambre universitaire, son esprit est embrouillé de concepts dépourvus de formules, d’études de cas abracadabrantes, si bien qu’il ne remarque pas l’absence de chaussures autres que les siennes près de la porte d’entrée. Il trottine à l’intérieur de son havre, de ce studio qu’il partage maintenant depuis deux ans avec une femme qu’il en est venu à considérer comme son chez lui, et se surprend à sourire doucement. Il se fait tard, le silence de la nuit domine le brouhaha du jour, et il l’imagine allongée entre les draps du lit qu’ils partagent, ses cheveux éparpillés en une couronne de soie sombre autour de son crâne. Il l’imagine simple, il l’imagine belle, il l’imagine être tout ce qu’elle a toujours été pour lui depuis qu’il la connait.

L’imaginaire est une chose bien tordue.

Il traverse le studio, laisse tomber le sac contenant ses effets scolaires au sol, se préoccupe à demi de l’ordinateur portable qu’il entend claquer contre le plancher, et se dirige vers la chambre où il l’entrevoit dormir. Ses doigts enlacent la poignée de la porte et il l’entrouvre délicatement dans une attention affective qu’il s’efforce toujours de pointiller pour elle. Elle est précieuse, un bout de rêve féroce dans la jungle immatérielle qui caractérise tout son être, et si l’appellation vient de ses lèvres, il peut supporter être humain.

Toutefois, le lit où s’attendait à la trouver est vide, les draps sont lisses sur la surface du matelas et ne démontrent aucune utilisation récente. L’appartement est désert et la situation lui rappelle une autre nuit, lointaine, où il est venu la rejoindre sans s’annoncer, une nuit hivernale, vestige de cette époque où ils ne partageaient pas quotidiennement leur espace vital. Il l’avait retrouvée, lors de cette ancienne nuit là, endormie sur un banc sous l’éclairage blafard des réverbères.

Il soupire, jette un œil vers l’arrière, sur les affaires qu’il a balancé par terre et rebrousse son chemin jusqu’à elles. Il farfouille dans les décombres de son sac, vérifie distraitement que son ordinateur est toujours en état, puis s’empare de son téléphone portable. Il pianote le numéro de la jeune femme et lui écrit une série de sms. Il lui demande où elle se trouve, lui demande de lui répondre. Elle ne mourra pas de froid en plein été, certes, mais l’idée de la savoir potentiellement seule, assoupie dans un parc, ne l’enchante guère. Ses pensées ont tendance à chercher à la dévorer. Il l’appelle, elle ne répond pas.

Il part la chercher dans la nuit, encore une fois, mais ne rencontre pas la même chance que lors de sa première tentative. Il ne trouve rien et rentre chez lui, fatigué, penaud, sans savoir où cette personne qu’il aime éperdument se trouve. Il tente de contacter leurs connaissances communes, mais celles qui répondent n’en savent pas davantage que lui et les autres manquent aussi à l’appel.

L’inquiétude s’installe dans le creux où se loge habituellement l’affection démesurée qu’il éprouve pour elle, pour ce sourire et ce rire qui font de leur petit studio une maison plus luxuriante encore que le manoir de ses géniteurs au Québec. Il retente à maintes reprises des appels, va même jusqu’à se présenter au bureau de l’infirmier scolaire de l’Académie pour obtenir des réponses. Le bureau, comme l’appartement, est vide de vie. Pourtant, l’homme, ce bout de sucre éhonté qui est l’objet de romance de sa colocataire, est sensé être présent si l’on en juge l’horaire placardé contre la porte de son lieu de travail.

Où sont-ils ?

Sa lèvre tremble, ses doigts se crispent.

Pas elle aussi.

-

C’est deux semaines plus tard qu’il se résoudra à accepter qu’elle ne rentrera pas, qu’elle s’est probablement barrée avec l’infirmier, et qu’elle l’a abandonné. C’est deux semaines plus tard qu’il fracassera le miroir qui lui renvoit tranquillement la vision de son reflet et qu’il pleurera le départ de cette sensation intraduisible d’avoir un chez soi.

Yume est partie.

Et elle n’a même pas dit au revoir.



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