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The Future is like a puzzle with missing pieces: difficult to read, and never, never what you think.
 
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 Wake up [PV Zakuro][Terminé]

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Hisaka Rika
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MessageSujet: Wake up [PV Zakuro][Terminé]   Jeu 11 Juin 2015 - 15:00

Wake up

Depuis combien de temps suis-je cloîtré dans ma chambre à broyer du noir durant mon temps libre ? Je ne saurais répondre à cette question correctement, tous les jours se ressemblent depuis cet incident n’est-ce pas ? Enfin, incident, le mot boucherie serait plus approprié pour parler des événements récents. Il paraît que tous les journaux et autres médias en parlent, mais moi je n’ai pas eu la force de consulter les blogs d’animes ces dernières semaines. Comment l’aurais-je su alors, me demanderiez-vous ? Eh bien, il a bien fallu que je retourne en cours, c’est toujours mieux que me traîner désespérément chez le psy et croiser d’autres victimes de cette tragédie, toujours mieux que d’entendre un dit professionnel me demander ce que je ressens. De toute évidence, il n’y a aucun mot qui me vient à l’esprit quand on y fait allusion. La seule chose que je suis capable de dire, ce sont les faits. Ils ont tué deux personnes. Et il n’y a rien que je puisse ajouter à cela. Je ne peux pas prétendre que leur mort me rende triste, ce serait hypocrite. Je ne les connaissais pas, mais…Ils ont tué deux personnes. Mon cœur a cessé de battre quand le coup de feu a retenti  à quelques mètres de moi.

J’ai un nœud dans l’estomac et une boule dans la gorge, sans que je le veuille, mes pensées finissent toujours pas s’égarer quelque part là-bas, dans cet amas de souvenirs auquel je ne veux plus toucher. Enfin, mon état s’est un peu amélioré depuis le premier soir où j’ai pu rentrer chez moi, je ne vomis plus maintenant que je revois les cadavres gisant sur le sol, il y a toujours ce goût acide qui se répand  dans mon palais, mais je ne rends plus mes repas, c’est déjà ça. Ma tête s’écrase mollement sur l’oreiller alors que mes bras viennent l’enlacer avec douceur. Je n’ai besoin de personne pour le moment n’est-ce pas ? Je finirai bien par l’oublier après un certain laps de temps, n’est-ce pas ? Je n’ai jamais ressenti la nécessité d’un quelconque soutien…n’est-ce pas ? D’un revers de manche, j’essuie une larme venant tout juste de perler au bord de mon œil gauche, ce n’est pas comme si je pleurais, c’est juste que je suis fatigué ou quelque chose comme ça. Après tout, j’ai du mal à fermer l’œil ces derniers jours, sûrement l’influence de la lune ha.ha.ha.

Très crédible n’est-ce pas ? Mais si vous savez, les mouvements des astres et ces histoires de constellations. Certains prétendent qu’ils peuvent influencer vos chances de tomber amoureux – cf.les magazines que lisait ma sœur quand elle avait quinze ans – alors je ne vois pas pourquoi ils n’impacteraient pas mes heures de sommeil. Rah, qu’est-ce que je suis en train de raconter ? Mes bras s’accrochent soudainement plus fermement au coussin, que je serrais jusqu’alors contre moi, pour le renverser sur mon visage comme si je cherchais à m’étouffer moi-même. La honte, je viens d’essayer de me persuader que je crois en l’astrologie. Enfin, ce n’est pas comme si d’autres gens pouvaient lire dans mes pensées hein, personne ne saura jamais que j’ai fait ça…Heureusement. Je relâche l’oreiller un peu plus loin dans ma chambre et reste allongé, les bras croisés derrière la tête en attendant que le temps passe. Je soupire, je crois que je préférerais être en cours, au moins j’aurais d’autres préoccupations et ignorer mes camarades de promotion est moins difficile depuis que je suis en amphithéâtre.

Mon téléphone se met à vibrer sur mon bureau. J’ai faim, mon estomac crie famine, mais je n’ai pas envie de sortir de ma chambre pour acheter à manger... QUOI, MON TELEPHONE VIBRE ?! Excusez-moi, c’est assez rare que cela arrive et c’est souvent les mêmes personnes qui essaient de me joindre, en général. Serait-ce encore ma sœur qui tente de prendre de mes nouvelles ? Elle va m’appeler deux fois par jour ou quoi ? Je lui ai déjà dit hier soir que j’allais bien…et qu’elle n’avait pas de soucis à se faire pour moi. Donc ce n’est pas elle ? Qui alors ? Mes parents sont très occupés avec leur travail donc…Euh. Il est quelle heure déjà en fait ? Je m’approche lentement de mon petit bijou de technologie – tu parles, c’est encore un téléphone à clapet, et sans strap kawaii – et fixe l’horloge digitale. Je suis déçu, seulement onze heures, je pensais qu’il était plus tard déjà. Bon alors voyons, qui m’envoie un message en ce jour de congé. Une fois le clapet ouvert, le contenu du sms s’affiche sur l’écran, je ne prête pas vraiment attention à ce qui est écrit, je veux juste voir l’émetteur. Zakuro.

Tiens, c’est qui déjà ça, Zakuro ? J’essaie tant bien que mal de réactiver le peu de neurones qu’il me reste pour associer un visage, une personnalité à ce nom. Zakuro, c’est un garçon n’est-ce pas ? Zakuro, vous voulez dire ce japonais immense qui m’a sauvé à quelques jours de Noël ? Mais oui ! Zakuro le…taré qui a aussi voulu me balancer du toit du lycée il y a plus d’un an. Peu à peu, les souvenirs reviennent et se précisent, comment ai-je pu oublier ce type ? Rien qu’en y pensant, je me mets à rire…jaune. D’ailleurs, je me demande ce qu’il veut, ça fait plusieurs mois que je n’ai pas eu de ses nouvelles. Il faut dire que ma vie a été plutôt bien remplie depuis la fin du mois de décembre, autant par les examens finaux, la cérémonie de remise de diplômes, mon intégration au club de basket et puis…ce moment où j’ai retrouvé Rin. Je suppose qu’il a aussi eu pas mal de choses à régler de son côté. D’ailleurs, c’est mon senpai, non ? Il devrait être occupé aujourd’hui, avec les révisions et tout le reste. Enfin, quand je dis tout le reste, je parle de ses colocataires, ou ses amis...les gens qui étaient là pour la fête de Noël quoi, ça en faisait du petit monde. Assez pour ne pas s’ennuyer en tout cas.

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MessageSujet: Re: Wake up [PV Zakuro][Terminé]   Lun 6 Juil 2015 - 1:45

    « Sors de là, espèce d'hikikomori. »

    Les poings de Zakuro frappent contre la porte d'Hisaka Rika, dans un rythme régulier, rapide, puissant. Une temporalité qui ne se soucie pas du seuil de résistance de son poing. Au contraire. Quitte à frapper, autant frapper pour de vrai, avec puissance, et de nombreux coups qui résonnent largement dans le couloir. Zakuro a conscience qu'en agissant ainsi, les voisins entendent, et peuvent se questionner. Mais Zakuro vise justement ce but là. Il veut que tous ces gens entendent qu'il est présentement en train de frapper contre la porte d'Hisaka Rika. Il frappe, le poing fermé, serré, le bras levé, les cheveux strictement coiffé en une queue de cheval qui se positionne entre ses omoplates, l'uniforme de la NHK collant à son corps comme un monstre. Un monstre dont il copiait l'identité, abreuvent la personnalité de sa propre volonté ; il était collecteur, et si Hisaka Rika n'ouvrait pas, il continuerait de frapper avec force contre la porte de cette chambre.

    « Je sais très bien que tu es là. Ouvre la porte, et paie pour les ondes que tu reçois. »

    C'était un procédé largement utilisé par les collecteurs qui avaient la motivation de menacer les clients. Ce n'était pas interdit en soin. La plupart d'entre eux, face aux portes qui restaient closes, restaient résignés. D'autres, comme lui, ce soir, parlaient à voix haute, pour impressionner la personne qui, tapie comme un animal cherchant à se cacher de la redevance à payer, feignaient ne pas être là.

    « Je répète, je sais très bien que tu es là. Je sais très bien quand un lieu est désert ou non. Un humain n'est jamais indécelable, c'est là une faculté qui leur est impossible d'acquérir. L'odeur, ou le bruit du corps est toujours là, peu importe les efforts mis en place pour se cacher. Je sais que tu es là, Rika, sors de là, ouvre cette porte. »

    Il avait la possibilité de frapper aussi longtemps qu'il le faudrait. Peut-être même qu'il pourrait la défoncer avec le pied, s'il le voulait. Mais à ce jeu de pression, Zakuro savait qu'il pouvait gagner. Et surtout, il prenait du plaisir à faire autant de bruit simplement avec son poing, ses phalanges heurtant la cloison pour faire resonner dans tout le couloir des claquements que tous les voisins désiraient entendre cesser. Il ne cherchait pas seulement à effrayer Hisaka, il voulait aussi que son cas serve d'exemple à tous ceux présents ici.

    « Je ne me fatiguerai pas, Hisaka Rika. Je sais très bien que tu es ici, et je reviendrais autant de fois qu'il le faudra. Mais pour le moment, je suis là, et c'est notre petite séance du jour. Est-ce que tu vas être tétû au point de ne pas m'ouvrir ? Je crois vraiment que tu peux faire cela, et te cacher derrière cette porte en essayant de me faire croire que tu n'es pas là. Mais je vais partir, en te laissant un moment de répit, et quand je reviendrais, tu ne seras pas préparé, parce que tu auras pensé que ce sont des menaces en l'air. Je ne plaisante pas, Hisaka, je tiens vraiment à ce que tu ouvres cette porte et que tu paies ta redevance. C'est une obligation ! »

    Et il frappait, encore, encore, et encore. Ses phalanges se mettaient à saigner. Mais il frappait encore.

    Et le rêve s'achevait là.


    Allongé entre des draps qui serrent sa poitrine comme des animaux tueurs, Zakuro observe le plafond, l'esprit embrumé. Son poing lui paraît lourd, victime d'une douleur éprouvée par des sensations qu'il a simplement reconstitué dans son sommeil, mais la douleur est pourtant présente. Il ouvre et ferme les yeux, et en s'arrachant brusquement à l'étreinte des draps, il quitte son lit. Une envie de vomir le conduit jusqu'à la salle de bain, mais arrivé dans la pièce, la nausée n'est plus qu'une impression vague qui se traduit par un alourdissement certain au niveau de sa poitrine. Zakuro secoue sa tête, pour se réveiller complètement. Il a conscience que son rêve est directement lié à sa lecture du moment, Murakami 1Q84, mais il ne comprend pas vraiment pourquoi est-ce que, dans ce songe, il jouait le rôle de Kawana, le collecteur de l NHK, et pourquoi il harcelait ainsi Hisaka. En traversant l'appartement, en baillant, Zakuro observe les lieux. Il n'y a personne. Pas d'amis, pas de Swan, pas de Kohaku. Pas de chat, pas de singe, pas de chien. Juste lui. Il retourne dans sa chambre, avec l'impression d'être encore dans un rêve, et cette sensation est désagréable. À demi-nu, il observe ses mollets, assis sur son lit, avant de finalement se secouer. Être prisonnier de l'illusion de ses rêves est un possible que le brun ne supporte pas, pour la simple raison qu'il n'aime pas se sentir ainsi oppressé et détaché de son libre-arbitre. Il s'empare de son téléphone portable, et fait défiler la liste de ses contacts. Hisaka apparaît, et Zakuro choisit de lui envoyer un message.

    « Est-ce qu'on peut se voir ? »

    Il n'a pas grand'chose à ajouter. Si l'autre ne veut pas, tant pis. Zakuro se laisse tomber en arrière. Ses cheveux s'éparpillent autour de son visage, et en sentant une mèche frapper son front, et s'installer sur son visage, sans avoir la motivation pour la rejeter, Zakuro soupire. Il se sent profondément las. Les yeux fermés, il se remémore les dernières fois qu'il a vu Hisaka. À Noël. Voilà. La soirée s'était relativement bien passée. Peut-être assurément pas assez pour Rika qui avait eu du mal à exprimer la notion d'aise. C'est un garçon introverti, songe Zakuro. Ses paupières se soulèvent à moitié, et pendant un instant, il se demande pourquoi est-ce qu'il pense à lui. Ils ont peu de chose en commun, et Zakuro ne se sent pas particulièrement redevable à l'égard du garçon. Malgré tout, la soirée de Nöel s'est exprimée après une rencontre musclée avec des racailles, dont Hisaka avait été la proie. Et lui même s'était amusé à le terrifier pour le faire réagir. Zakuro, en tant qu'aîné, n'était peut-être pas le modèle même de la droiture.

    Un sourire grimaçant s'installe sur sa face. Il rouvre complètement les yeux, et tape de nouveau un sms.

    « Hisaka. Récemment, j'ai intégré un réseau en ligne de combat aux sabres. Tu sais pourquoi ? Parce que j'ai appris que tu intégrais l'équipe de basket, et je me suis dit « Ce serait bien si moi aussi, en tant que passionné de mon sport, je faisais en sorte de participer à des évènements liés à ma pratique. » Un truc comme ça. »

    Zakuro s'interrompt, ses yeux bleus exprimant largement l'amusement qu'il ressentait. En soi, Rika n'en avait certainement rien à foutre. Il n'empêche que Zakuro avait envie de le dire à quelqu'un.

    « Tu m'as inspiré pour quelque chose. Pour le coup, I owe you one. »

    Il se lève et après avoir fait tournoyer le portable entre ses mains, il lance un autre sms.

    « Tiens. Jouons à un jeu. Tu as le droit, pour toute la journée, de me faire faire ce que tu veux, tant que ça reste dans les limites de l'acceptable. Les limites étant … on verra après. Go, go. Motive moi à bouger. Je serais à l'Académie d'ici un quart d'heure. »



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Le bleu. Tu es le ciel qui surplombe la terre, qui grise le regard des gens en quête de réponses ou d’atmosphère. Tu es l’intemporalité qui veille sur la planète, qui transcende l’existence sans pour autant la manipuler, sans pour autant se l’approprier. » K. J. M
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MessageSujet: Re: Wake up [PV Zakuro][Terminé]   Lun 6 Juil 2015 - 16:27

Spam


Se voir ? Je reste interloqué devant le contenu du message, je ne suis pas sûr de bien comprendre ce qu’il veut. De plus, il ne me donne pas de précision quant aux horaires, et à l’éventuel lieu de rendez-vous. Cette réflexion m’arrache un sourire triste, décidément, ce mec ne semble jamais rien prévoir à l’avance, ça a dû le prendre sur un coup de tête, je me demande même s’il a une raison valable de me demander de sortir de ma chambre. J’ouvre une fenêtre de rédaction de message en essayant de trouver une formulation correcte pour demander plus de détails sur la sortie qu’il me propose, mais j’ai à peine le temps d’écrire un caractère sur l’écran que mon téléphone vibre une nouvelle fois, ce qui a pour effet de me faire sursauter. C’est rare qu’on m’envoie plusieurs sms à la suite, je me demande qui ça peut être ? Je fais un retour sur l’écran d’accueil, un message non-lu…Zakuro. Encore ?! Je me gratte l’arrière de la tête, il s’est peut-être rendu compte que quelque chose manquait dans son premier…QUOI ?! ENCORE UN MESSAGE ? C'est clairement du spam.

Je soupire, il faut croire qu’il tape plutôt vite ce bougre. Bon, avant qu’il ne m’annonce qu’il vient de tuer quelqu’un et qu’il a besoin de moi pour cacher le corps et devenir son complice – c’est que mon imagination part plutôt loin quand il fait chaud - je préfère m’asseoir pour lire calmement ce qu’il a à me dire. Tel un félin, je me roule en boule sur mon lit et ouvre le second message qu’il m’a envoyé. Je fronce les sourcils, mais ça n’a aucun rapport avec le « Est-ce qu’on peut se voir ? » est-ce qu’il se serait trompé de destinataire lorsqu’il me demandait de sortir ? Ce serait une possibilité. Je ne vois pas ce que nous aurions pu faire aujourd’hui en plus, d’un côté ça me soulage que personne ne me voit dans l’état pitoyable dans lequel je suis. Et puis sa remarque sur le club de basket…Je me retiens de rire, s’il savait que je n’ai pas rejoint cette équipe par amour du sport et encore moins par envie de sociabiliser, mais bien parce qu’on m’y a forcé. Je grimace en passant au sms suivant dans ma boîte de réception, je ne vais peut-être pas lui casser sa joie et son élan de gratitude envers moi, même si je n’ai rien fait en fait. C’est plutôt le directeur de l’académie que tu devrais remercier. Voyons donc quel est le contenu du dernier sms réceptionné. Cette fois-ci, je ne prends même pas la peine de jeter un œil à la zone de texte indiquant l’émetteur du message, je sais pertinemment ce que j’y trouverais : quelques petits caractères noirs signifiant « Zakuro », j’y mets ma main au feu.

Les traits de mon visage se crispent en découvrant les intentions du rebelle, il n’est pas sérieux là ? Il blague, n’est-ce pas ? Et pourtant, je crains bien que ce soit sérieux. Il ne s’est donc pas trompé la première fois, c’était bien à moi qu’était adressée l’invitation. Sérieusement, ce mec…Il ne me laisse même pas le temps de lui répondre, ni le choix en fait, il fonce sans que je puisse lui confirmer ma présence à Keimoo. C’est vrai, j’aurais pu être n’importe où…chez mes parents à Nagoya, en ville avec un ami – la blague – enfin bref, il n’a pas l’air de s’inquiéter des détails. Cinq minutes se sont déjà écoulées depuis l’envoi du message, ça veut dire qu’il sera bientôt là, qu’est-ce que je fais ? Je pourrais très bien prétendre ne pas être sur le campus ou avoir lu son message trop tard. C’est sans doute ce que je ferais s’il ne s’agissait pas de Zakuro, ce tas de muscles impulsif à qui j’en dois une depuis qu’il m’a sauvé le soir de Noël. Je masse mes tempes endolories tout en rampant pour attraper mes chaussures, heureusement que je suis déjà douché et habillé. Alors que je m’attèle à la tache ô combien difficile qu’est nouer mes lacets, je me demande ce qu’il a derrière la tête.

Mon téléphone vibre encore une fois dans ma poche, bon sang, ne me dites pas qu’il a fait le chemin en courant et qu’il est en avance ? Un sms vient d’arriver (*) et je suis assez nerveux à l’idée de découvrir ce qu’il contient. S’il est déjà sur place, je ferais bien de ne pas le faire attendre plus longtemps. J’attrape rapidement mon portefeuille que je glisse dans ma poche et sors en trombe de ma chambre en lisant le message qui m’est adressé. C’est en arrivant au niveau de la porte de sortie de l’internat que je me rends compte que j’ai réagi à une fausse alerte. Le dernier message, je me suis fait avoir…C’était une publicité qui me rappelait qu’il me rappelait que le konbini du quartier fermait plus tôt aujourd’hui pour X raisons. Bon tant pis, au moins je serai en avance au point de rendez-vous qui est…Je ne sais pas en fait. La tension redescendue, je décide de rejoindre l’entrée principale de l’académie et de prévenir Zakuro.

« Je t’attends au grand portail. »

Un groupe de filles passe devant moi alors que je m’arrête près de l’entrée comme prévu, je crois reconnaître de vue l’une des demoiselles, il me semble que nous étions ensemble au lycée, en 3ème année peut-être…mais son nom ne me revient pas. Tant pis, je ne suis pas venu taper la discussion de toute manière. En parlant de groupe, je me demande si le géant viendra seul ou accompagné ? Il n'a pas évoqué la présence de Senta ou un de ses autres amis alors je suppose qu'il n'y aura que nous deux, mais pour le coup je ne sais pas si je dois être rassuré. Voyons le bon côté des choses, si on se retrouve dans une prise d'otage comme je l'ai été avec Rin, je suis sûr qu'il terrifiera les malfrats avant qu'ils ne fassent de victime.

* : l’horloge touuuurne, dam dam dééo

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MessageSujet: Re: Wake up [PV Zakuro][Terminé]   Sam 25 Juil 2015 - 18:50

    Toi, moi, l'aiguille des dango dans ta gorge.


    « Takihide ? »

    Des lèvres qui s'étirent sur un sourire poli, à la manière de Nami, à la manière de Swan. Un sourire socialement parfait qui miroitent les attentes de ces gens bien attentionnées qui ne s'attendent pas à voir au derrière de ces prunelles trop claires des éclats d'amusement trop démoniaques.

    « J'ai besoin de tes services. Je suis sûr que tu t'ennuies un peu. »

    (…)

    Si le corps est une machinerie de tendons et de nerfs qui s'activent à la corrélation des muscles dans leurs mouvements, l'allure régulière des déplacements assure une évolution progressive. C'est ce que Zakuro veut croire, tandis qu'il s'engage au pas de course dans l'avenue qui s'étale indolemment devant le gigantesque établissement. Il ralentit quand il parvient à la hauteur de l'enceinte des lieux, et des regards se posent sur lui, parfois ponctués par des remarques auxquelles il a fini par s'habituer au bout de huit ans de scolarité ici. Trop grand, trop métissé, ses yeux bleus passent sur ces têtes brunes qui se détournent, tandis qu'il avance vers le portail. Dans l'interstice de ses lèvres, un bâton sucré, empalant des boules de dango combat l'élasticité de sa bouche, tandis qu'il mâchonne. Le goût est apprécié, tout autant qu'il en a plusieurs autres dans le sac en plastique qu'il trimbale sous le coude.

    Hisaka est là, fixé au point de rendez-vous, et sous les boules de couleur qui s'imbibent de salive, le sourire de Zack s'étire en un rictus déformé par le sucre. Il s'approche, et dépose ses doigts sur l'articulation trop fragile d'une épaule à portée de main.

    « Bon matiiiin, Rika-kuuun. »

    Sous son intonation modulée par la même saveur que la sucrerie qu'il a en bouche, des visages se tournent vers eux, un peu surpris, et un groupe de filles recule dans une expression figurative de l'effroi poli. Zakuro sourit. L'une des filles, qui semble reconnaître brusquement Hisaka, le désigne à ses amies, et elles paraissent toutes surprises. Les yeux bleus de Zakuro les suivent jusqu'à ce qu'elles disparaissent entre les rangées d'arbre qui bordent les bâtiments ouest. Ses yeux balaient les lieux, pour venir se darder de nouveau sur Hisaka. Il y a un précipite fou, songe t-il, entre le haut de son crâne et la hauteur des yeux de son kohai.

    « Comment va ? Je suis désolé de t'avoir tiré du lit, j'avais absolument envie de te voir. »

    Il tend le sac en plastique à Hisaka, et le lui abandonne entre les mains.

    « Prends-en. »

    Et en s'assurant que l'autre obéit, soulignant son impératif par un froncement de sourcil sévère, il attend que Hisaka baisse les yeux jusqu'à l'intérieur du sac pour l'empoigner par l'épaule.

    « Parfait. Suis-moi, now. Et mange ton dango. »

    Parce qu'il serait triste que le produit dont il a imbibé les fécules sucrées ne serve à rien. Avoir passé trois heures dans un labo à expérimenter des drogues la veille a été un amusement qui se verrait rendu inutile s'il ne pouvait les réutiliser par la suite. Et il se trouve que Rika est le « cobaye » parfait pour ce genre d'étude. Il attend que l'autre referme sa bouche sur les pâtes roses et blanches avant de sourire. Il sait, pour avoir essayé sur le volontariat de Takihide, que l'effet, en plus de la salivation d'Hisaka, prendra lieu d'ici une dizaine de minute. Il a le temps, en marchant à bonne allure, de l'éloigner de l'académie pour l'accompagner vers les dédales de ruelles qui composent la ville.

    (…)

    Les dix minutes se sont écoulées, dévorant la distance avec elle, et Zakuro plie les genoux pour récupérer Hisaka qui, brusquement, s'effondre dans ses bras. Zakuro le récupère avant qu'il ne heurte le sol, et en le soulevant, s'amuse de la scène. Il le tient avec autant de facilité qu'il soulèverait un enfant, et après s'être assuré qu'il n'y a pas de témoins aux alentours, il continue d'avancer au travers du dédale, jusqu'à parvenir, une demie heure après, au travers d'un embargo de murs et de rôle. Il dépose Hisaka sur le sol, près d'un local à poubelle, et s'agenouille à ses côtés, après s'être débarassé des dango suspects.

    Dans son sac, le matériel nécessaire se compose d'oreillettes et de systèmes de micro-récepteurs. Il installe dans la doublure du vêtement de Hisaka les objets minuscules, et après s'être assuré de la tension de Rika, ses doigts délaissent le poignet du garçon, sur lequel il a attaché un bracelet-montre au compte à rebours lancé. Les reflets métalliques de la montre renvoient l'image pixelisée d'un smiley qui clignote sur l'écran. Il lui ajoute aussi un brassard bleu ciel sur lequel le chiffre "8" s'affiche en gros caractère. Zakuro se relève, et puis, après avoir vérifié qu'il n'y avait vraiment rien ni personne pour témoigner de sa présence, disparaît.

    (…)

    « O hayo, Hisaka-kun ! »

    L'effet de la drogue s'est dissipé, et Hisaka est maintenant réveillé. Zakuro, installé aux côté de Takihidé, devant l'écran d'ordinateur qui affiche désormais le plan satellite de Keimoo, sourit, au travers de son micro.

    « Comment te sens-tu, pas trop mal à la tête ? »

    Il a fait attention aux dosages, mais il préfère s'assurer que son poulain va bien.

    « Bon, mon petit. Je tiens à t'annoncer que toi et moi sommes inscrit dans un grand jeu social ! Enfin, par social, dis toi que les participants sont ... »

    Des gangs de rue, des malfrats, et des criminels qui sont venus de Tokyo pour participer. Le premier prix est convoité.

    « Des gens pas forcément recommandables. Mais nous verrons ça plus tard. Je t'ai en visuel, j'utilise  une caméra fixé sur ton t-shirt, ainsi que le service de protection urbain que nous avons, euh, emprunté pour ce soir. »

    Ah, oui. Il est presque vingt et une heure. Extinction des feux imminente.

    « Bon, Hisaka. Tu es équipé d'une oreillette par laquelle je te parle, et d'un micro, ainsi que d'une puce au cas où je te perds, d'accord ? Le but de tout ceci est de remporter l'évènement annuel qu'est le « Dragon Urban Quest édition 2015 ». C'est une sorte de rassemblement illégal dans lequel les participants jouent à remporter quelques épreuves, afin de remporter le grand prix. Au programme, course d'orientation, chasse au trésor, et combat à mort, mais ne t'inquiètes pas, je suis sûr que tu vas adorer. »

    A ses côtés, Takihide hausse les sourcils, dubitatifs. Il a pour rôle, ce soir, de hacker et de surveiller. Selon le règlement, les équipes sont de deux, mais comme l'évènement en lui-même est hors-la-loi, de nombreuses personnes trichent, et ce soir, Zakuro ne fait pas exception. Sur l'écran, Hisaka est figuré par un point vert. Des petits points rouge en activité tirent un sourire à Zakuro.

    « Hisa-chan, la compétition à commencé, et tu es inscrit, donc n'espère pas t'enfuir, ok ? Tu te souviens ce que je t'ai dit sur le toit, quant au fait que tu étais remplaçable ? Je voulais t'offrir, ce soir, la chance de me prouver que je me suis trompé, encore plus que ce coup de poing. Tu as des opposants, et ils arrivent. Je mise sur toi, parce que j'ai vraiment, vraiment envie de croire en ton potentiel, alors ... »

    Un instant d'égarement, le temps d'un sourire, plus doux encore.

    « Fais en sorte de t'amuser. »

    Takihide ouvre les lèvres. Hisaka peut l'entendre, lui aussi.

    « Le signal vient d'être lancé. Le terrain est encerclé par les responsables, et toutes les équipes viennent d'être lâché. Ça commence. »
    « Tu as entendu, Hisa-chan ? J'ai balancé les dango drogués dans la poubelle derrière toi, et j'y ai rajouté des matraques. Je te conseille de te déplacer, il y a des gaillards qui arrivent dans ta direction. L'épreuve s'achève dans une heure. »

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MessageSujet: Re: Wake up [PV Zakuro][Terminé]   Mar 28 Juil 2015 - 17:40

Le début de l'épreuve

Suspect, c’est la première chose à laquelle je pense quand il s’approche de moi en m’interpellant comme s’il était une pré-pubère sur le point d’offrir du chocolat de St.Valentin à l’heureux élu de son cœur. Je ne peux m’empêcher de détourner le regard, faisant mine de ne pas être visé par l’exclamation du géant aux yeux bleus, mais je crois que c’est trop tard pour jouer la carte de la discrétion, une bien dure journée s’annonce. La fille dont je parlais il y a quelques instants semble soudainement prendre conscience de mon existence, je la vois se démarquer du groupe avec un air surpris, bon sang, trace ton chemin et oublie-moi. Zakuro finit par s’arrêter devant moi, adoptant un ton vraiment trop aimable par rapport à ce que je connais de lui. Il voulait absolument me voir, il me demande spontanément si je vais bien, il y a assurément quelque chose de louche qui se trame. Toutefois je n’en tiens pas rigueur et lui répond par un simple haussement d’épaules avant d’attraper le sachet en plastique qu’il me tend.

Il m’ordonne alors de prendre ce qu’il se trouve dans le sac, je relève la tête vers lui, l’air interrogateur, un sourcil levé. En voyant son air insistant, je baisse le regard pour découvrir ce que je suis censé sortir et goûter. Des dangos ? Je ne suis pas vraiment fan de ces sucreries, mais je suppose que je n’ai pas vraiment le choix, je n’ai pas spécialement envie qu’il se mette en colère et me menace une nouvelle fois de jouer avec ma vie comme si rien n’était. Alors que je tire une brochette du sac, je sens une large paume se poser sur mon épaule. Première réaction : je frissonne. Avec la force qu’il a, il pourrait facilement me la déboîter rien qu’en faisant ce qui pour lui pourrait être l’équivalent d’une petite tape amicale. Je retiens un rire nerveux et m’exécute, s’il veut que je mange, très bien, je vais le faire. Le premier a un peu de mal à passer, mais je m’habitue assez rapidement à la texture molle du mochi et engloutit rapidement la deuxième petite boule, puis la dernière.

Nous commençons à marcher, plutôt rapidement, j’ignore ce qu’il veut me dire ou me montrer, mais je sens que l’on s’éloigne de l’académie, peut-être un peu trop même ? Je n’y prête pas vraiment attention même si, par rapport au contenu de son message, j’ai plutôt l’impression d’être celui qui obéit aux ordres, pas celui qui en donne. Bah, ce n’est pas comme si j’avais envie de jouer à ça avec lui. Les minutes passent et je suis toujours derrière lui, à regarder la musculature de son dos à travers ses vêtements, et je ne peux pas m’empêcher de me dire que nous sommes des personnes totalement opposées. Cette réflexion me fait sourire. Si j’étais un peu plus comme lui, alors peut-être que…que. Tiens, qu’est-ce qu’il m’arrive ? Pourquoi est-ce que c’est de plus en plus dur d’aller au bout de mon raisonnement, pourquoi est-ce que je sens que je perds mes forces. D’un revers de main, je me frotte les yeux en pensant que j’avais juste mal dormi, mais non, ce n’est visiblement pas ça. Ma vision se trouble, mon corps me paraît tout à coup très léger, mes genoux fléchissent et brusquement, c’est le néant.

--------

Mes yeux ne sont pas encore complètement ouverts, mais je me sens déjà revenir à moi. L’obscurité disparaît, je parviens à bouger mes doigts, mais j’ai du mal à me réveiller. La première chose que j’entends, c’est la voix de Zakuro, je cligne rapidement des yeux pour m’assurer que je ne suis pas en pleine hallucination car je ne ressens aucune présence autour de moi. Je bâille, encore engourdi par le sommeil, l’effondrement dont je ne connais toujours pas la cause. Lentement, je commence à me relever en m’appuyant contre un mur, une poubelle, enfin…des objets solides qui peuvent me servir de support. Une fois debout, je balaie les alentours des yeux, pas de trace de la montagne de muscles, mais alors comment… ? J’ai rapidement la réponse à ma question quand sa voix ressurgit de nouveau à mon oreille, je sursaute, mais je comprends que je suis équipé d’une oreillette. Il fait plutôt sombre, je ne sais pas encore trop où je suis exactement, j’ai mal au crâne, mais dans ma tête, je crois que je commence à tout remettre en place. L’absence de celui qui m’accompagnait, le placement d’un micro, les dangos…J’ai été piégé.

« Je vais bien. »

Pas vraiment en fait, mais j’imagine que ça aurait pu être pire. Je sens une étrange pression sur mon bras gauche, je réalise que j’ai désormais un brassard bleu avec un chiffre écrit dessus, je fronce les sourcils, c’est quoi ce bordel ? Je ne sais pas encore si je dois avoir peur ou juste être très en colère, ou peut-être les deux, mais en vue de tout ce qui a été mis en place, le type avait clairement tout prévu. Je ne suis pas en mesure de l’arrêter dans sa séance de divertissement, mais j’attends au moins des éclaircissements sur la situation. Il reprend la parole, comme je m’y attendais, ce n’est que le début des ennuis. Lui et moi. Un jeu social, des gens louches, une caméra accrochée à mon T-shirt, je ne saisis pas encore l’utilité de la chose, mais apparemment, il s’attend à ce que je fasse des mauvaises actions, du moins pour le commun des japonais, ce n’est pas un jeu ordinaire et encore moins tout public. Je sens mon cœur bondir dans ma poitrine, j’ai l’impression qu’il va exploser, qu’est-ce qu’il m’a pris de venir à sa rencontre, pourquoi fait-il ça ? Ma vie semble être sur le point de s’effondrer, tous les murs de protections que j’avais bâti autour de moi n’ont fait aucune résistance face à la torpille Zakuro Fea.

Rire. C’est probablement la seule chose que je peux faire actuellement, ça ne me sauvera pas, mais ça me donnera l’illusion que je vis dans un monde normal avec des amis normaux qui font des activités normales. Le rêve est de courte durée, quand il m’annonce les modalités de l’évènement auquel je dois participer, je n’ai pas d’autre réaction possible que d’enfouir mon visage entre mes mains. La fuite est impossible, je le savais. Si ce ne sont pas mes adversaires qui me tuent, il le fera assurément, ce ne sera pas dur pour lui de me retrouver et d’effacer mon existence de cette planète. Je prends une grande inspiration, ma vie n’a jamais eu de valeur particulière n’est-ce pas ? Si j’en arrivais à disparaître, il n’y a probablement personne qui remarquerait. Quelque part, il n’a pas tort, je suis tout ce qu’il y a de plus normal pour la société, je suis l’élève qui se fond dans la masse et à ce train là, je serai l’employé dont on ne connaîtra même pas le nom dans l’entreprise ? C’est ce à quoi j’ai toujours aspiré non ? Une vie sans se faire remarquer, c’est aussi une vie sans problèmes. Pour le nippon que je suis, ça a toujours été ma réponse, ma solution. Mais est-ce que c’est ce que je désire ?

« Quelle est l’épreuve de ce soir ? »

Je ne m’amuserai certainement pas, je ne prendrai sans doute aucun plaisir à frapper et à me faire frapper, j’ai même du mal à considérer que cela puisse être appelé un jeu, mais si je n’ai pas le choix, autant que je prenne ça assez sérieusement pour ne pas hésiter et reculer. M’énerver, perdre mon sang-froid et passer les prochaines minutes à pester sur l’étudiant en cosmologie ne serait qu’une perte de temps. Ma vie est en jeu, même si je n’en pense pas moins à son sujet, je dois d’abord me sortir de ce foutoir. J’entends alors une voix différente, je ferme doucement les paupières, ça a commencé. Peu de temps après, Zakuro reprend la parole, me confirme la théorie des dangos drogués et le placement de matraques dans la poubelle. Je fais volte-face et commence à fouiller la poubelle où je trouve assez facilement les armes laissés par mon…coéquipier. Mes genoux tremblent un peu quand j’en prends deux entre mes mains, je n’ai jamais fait quelque chose comme ça, je ne me suis jamais vraiment battu. Une heure, c’est le temps que j’ai devant moi pour survivre et éventuellement gagner.

Ils approchent. Je ne les vois pas, mais je sens leur présence, instinct animal je suppose. Je passe les deux matraques à ma ceinture, comment suis-je censé reconnaître les autres participants d’ailleurs ? Ah oui, les brassards. Entre autre, ça veut dire que plus on se terre dans des endroits sombres, plus on a de chance de passer inaperçu. Même si je ne suis pas en possession d’un item recherché, un autre participant pourrait très bien m’agresser en supposant que j’en cache un sur moi. Je secoue la tête en commençant à m’éloigner de la ruelle dans laquelle j’ai été abandonné, ils m’attaqueront à vue s’ils voient mon brassard, ce ne sont pas des gens très fréquentables, ils s’en fichent de mon innocence. Je me faufile en longeant les murs, ce ne serait pas très stratégique de se faire attaquer d’emblée, si je dois me battre pour gagner, autant le faire dans les dernières minutes. Attendez, est-ce que j’ai émis la possibilité que je puisse sortir de cette galère vivant et en plus de ça, victorieux ? Même mon ombre semble rire de la situation. Dans un murmure, je laisse échapper entre mes lèvres quelques mots à l’attention de celui qui m’a embarqué dans cette galère, même si la conviction n’y est pas. Qui y croirait, de toute manière ?

« Si je survis, tu me le paieras. »

Vingt et une heure, les lampadaires ne s’activent pas comme le géant me l’avait prédit. Ce soir leur lumière n’éclairera pas le quartier…Bougu, je suppose ? Regard à droite, puis à gauche avant de m’enfoncer dans un dédale où il semble ne pas y avoir la moindre trace de vie. Fuir, c’est ce que je sais faire de mieux et aussi la seule chose dont je suis capable, m’as-tu choisi pour ça, Zakuro ? Parce que tu sais que dans ce jeu, mon talent pour effacer ma présence est nécessaire, mais pas suffisant ? Tôt ou tard, je sais que je devrai me battre. Les caïds ne chercheront pas l’item. Ils ont confiance en leur force et encercleront la zone d’arrivée pour bloquer les autres et leur voler l’objet convoité.  Enfin, ça c’est s’ils ont réfléchi à une stratégie au préalable, ce serait du gâchis de se fatiguer si j’étais eux. Je m’arrête près d’une poubelle, à la recherche  d’un katana où « Dragon Urban Quest » serait gravé dessus. La fouille de la benne ne s’avérant pas très concluante, je finis par m’éloigner après avoir entendu des bruits suspects un peu plus loin. Haletant après m’être suffisamment écarté de la zone, je tente de trouver un endroit où me cacher pour pouvoir échanger quelques mots avec le rebelle. Certes, je suis dans la misère la plus totale. Certes, des sales types sont sur le point de me faire la peau s’ils me trouvent. Certes, je suis à la recherche d’une arme dans des détritus et certes, j’ai l’impression de me rabaisser plus bas que terre en brassant les ordures, mais au moins je ne suis pas seul dans cette galère. Enfin, pas vraiment.

« Je n’ai rien trouvé. Est-ce qu’il y a d’autres…participants dans le coin ? »

Ne jamais rester immobile, c’est sans doute la règle d’or dans ce genre d’épreuve, il ne faudrait pas que je finisse encerclé en voulant rester à l’abri, le contraire pourrait se produire. Toutefois, j'aimerais éviter de tomber nez à nez avec l'un de mes opposants, pas à ce stade là, ce n'est pas encore le moment d'avoir recours à la violence. En quittant ma planque, j’assiste à une scène bien trop cruelle pour mes pauvres yeux innocents. Je reste figé pendant un instant. De ma position, je n’arrive pas à voir s’ils portent un brassard ou non, mais à l’autre bout de la rue, il y a un garçon en train de se faire rouer de coups, il est à terre, mais son opposant ne ralentit pas sa cadence. Je mords ma lèvre inférieure jusqu’à avoir vraiment mal. Qui sait, c’est peut-être bientôt mon tour. Ma main gauche vient s’accrocher fermement à l’une des matraques accrochée à ma ceinture. Je file le plus discrètement possible dans une ruelle, montant les escaliers aussi rapidement que je le peux.

« Zakuro. »

Je continue de courir, voulant m’éloigner le plus rapidement possible de cet endroit sordide. Au détour d’une boîte de nuit mal famée, je croise une jeune femme en train de rendre tout ce qu’elle a dans les tripes. Alors que je suis occupé à vérifier que personne ne me suit, elle s’accroche à ma jambe et s’essuie à mon pantalon. Dégoûtant.

« Je ne doute pas du fait que les participants ne respectent pas toutes les règles du jeu, mais rassure-moi…les armes à feu ne sont pas a-autorisées ? »

D’un coup de pied, je repousse l’ivrogne et continue ma course, malgré la fatigue, je tente de rester concentré à la recherche du fameux katana. Combien de temps s’est écoulé depuis le début de l’épreuve ? J’ai l’impression que ça fait une éternité que je cours. Soudain. Un bruit. Je retiens ma respiration et me colle contre le mur. Est-ce que je vais croiser mon premier adversaire sur ma route ?

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MessageSujet: Re: Wake up [PV Zakuro][Terminé]   Mer 26 Aoû 2015 - 23:16

    Compte à rebours lancé, secondes précipitées ; se détache désormais une envergure planifiée sur laquelle s'instaure un jeu aux dimensions grandeur nature. Dans un dernier réflexe, Takihide se charge de vérifier la validité du mouchard installé directement sur mon protégé, tandis que j'étire vers l'arrière mes épaules, le regard braqué sur les écrans installés devant nous. La surveillance est complète, je ne crains pas être pris par surprise à mon propre jeu.

    Celui-ci est taillé sur mesure pour Hisaka. Dans un principe reposant sur la stratégie, j'ai opté pour le seul pion que je possédais réellement. Si l'on m'avait appris avec rigueur les règles de l'échiquier, j'aurais peut-être comparé Hisaka à mon cavalier. Mais, les prunelles fendues sous la luminosité que projette le halo de l'écran contre ma face, je me heurte à une perception moins noble des choses. J'ai foutu Hisaka dans un sacré bordel, après tout. Je ne peux que me targuer d'être en mesure d'en assumer les conséquences.

    Individu isolé et en proie à ce conflit qu'est la prise d'initiative, j'observe Hisaka récupérer les armes lui étant destinées, et commencer à s'alarmer. Mes prunelles se glissent sur les points de repères indiquant la présence proche d'un groupe. Ils sont deux, je ne peux pas les avoir en visuel, mais j'apprécie le choix d'Hisaka que de fuir l'affrontement direct. Tant qu'il peut l'esquiver, il ne s'en portera pas plus mal ; je ne suis pas vraiment en mesure de lui assurer une sécurité absolue s'il lui prenait l'envie d'aller jouer les héros en se pointant devant un molosse humain.

    « Si je survis, tu me le paieras. »

    Je lui laisse entendre un ricanement mauvais, mes lèvres se pressant contre le micro, avant que je ne me concentre de nouveau sur l'écran. Les minutes passent, défilant en la semie-course soutenue de Hisaka qui traverse le quartier pour atteindre une zone encore vide pour le moment. Quand les réverbères s'éteignent, je ne peux ignorer le pincement au cœur qui vient m'avertir de la bulle d'angoisse qui ne cesse d'enfler depuis que les aiguilles ont atteint les trois quarts du cadran. Le noir tombe. Hisaka peut y trouver là dedans la voie à la discrétion tout autant qu'un accès plus optimal encore aux dangers qui l'entourent. Dans le noir, on ne se voit pas, après tout. Quelle chance de voir les autres ? Les images qui se succèdent dans ma tête, pendant un instant, me font envisager, une folle seconde, de lui proposer d'arrêter. Chassée par un vent d'orgueil, cette idée est dissipée sur le coup. Ce n'est pas pour moi, que je me suis inscrit à ce jeu.

    Je l'observe fouiller une benne. Le contact reste silencieux entre nous, il ne nous a pas recontacté depuis près d'une demie heure. Fouille sans conclusion probante, il s'en détourne. J'en profite pour observer le reste de la map.

    « Je n’ai rien trouvé. Est-ce qu’il y a d’autres…participants dans le coin ? »

    Son cap est sécure pour le moment, la plupart des participants évoluant plus vers le nord du quartier, loin de son périmètre. Il y a néanmoins quelques individus disparates assez proches de lui, qui, brusquement, se mettent à courir dans sa direction. Takihide m'offre immédiatement une éclaircie : il semble que l'un d'eux est poursuivi par quelques uns de ses adversaires. Je regarde le point fugitif se faire rattraper puis encercler par d'autres. En haussant un sourcil, je lance un regard entendu à Takihide, lequel marmonne pour nous deux « Première victime ». En hochant la tête, j'acquiesce. Hisaka aussi a assisté au spectacle.

    « Zakuro. »

    Fuir est une très bonne idée, mon petit.
    Un point repère signalant un nouveau participant apparaît, et il se précipite droit dessus. Fausse alerte, murmure Takihide à l'instant où je m'apprête à ordonner à Hisaka d'esquiver. Le visuel présente une des participantes en proie à une nausée et crachements de sucs. Oh, joie.

    « Je ne doute pas du fait que les participants ne respectent pas toutes les règles du jeu, mais rassure-moi…les armes à feu ne sont pas a-autorisées ? »
    « Non. »

    Dans l'intonation de ma voix, il y a toute l'assurance dont je peux faire preuve. Je me suis chargé de vérifier personnellement toutes les closes des contrats de ce jeu, et le port d'arme à feu est totalement interdit durant la partie de l'Urban Quest. À quoi ressemblerait le jeu si cela se transformait en massacre ? Néanmoins, derrière l'assurance, la bulle qui se voulait angoisse se transforme en une panique dont il m'a contaminé. Malgré moi, malgré ma volonté de m'assurer de ce genre de détails, j'ai conscience qu'un interdit est facilement dépassé. Surtout dans ce genre de cadre.

    « Eloigne toi de cette fille. Son coéquipier s'est éloigné, mais il a l'air de chercher des secours. S'ils reviennent en masse, tu ne vas pas être bien accueilli, sinon. »

    Une alarme résonne, et Takihide se penche jusqu'à ce que son nez effleure la surface de l'écran. Derrière le verre de ses lunettes, ses yeux se sont arrondies en des sphères stupéfaites. Il soulève son regard jusqu'à moi, et j'y lis un avancement très particulier.

    « Hisaka. Tu as un individu isolé quelque part près de toi. Il n'a pas l'air sûr de lui, et il est en possession d'un item. Tu vois le bâtiment aux balcons espacés, avec une toiture en tôle ? Il se cache derrière le préau. »



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MessageSujet: Re: Wake up [PV Zakuro][Terminé]   Ven 4 Sep 2015 - 13:00

Le prédateur est un lâche

Me voilà piégé dans les quartiers les plus malfamés et insécurisés de la ville. En d’autres temps, je me serais tout d’abord interrogé sur les raisons de ma présence ici, mais tout s’est enchaîné tellement rapidement que je n’ai pas eu le temps d’y réfléchir. Fuir. Toujours plus loin, dans une planque toujours plus discrète. C’est la seule stratégie que je peux me permettre d’adopter. Je ne suis qu’un simple étudiant, un petit japonais stéréotypé. Je ne suis qu’un gringalet et je dois rivaliser avec des mafieux et autres personnes pas très fréquentables. Les armes à feu ne sont pas autorisées me dit Zakuro. J’aurais pu soupirer de soulagement si je n’avais pas le pressentiment que les participants de ce jeu n’étaient pas contre pimenter un peu leur soirée en faisant une petite entorse au règlement. Je retiens un rire nerveux. Une balle et c’est fini. Un coup de poignard et c’est probablement terminé aussi. Dans l’obscurité, un corps est vite caché. Je déglutis difficilement, ma salive me semble bien amère pour le coup. Et si je devais mourir ce soir ? Je secoue ma tête de droite à gauche, je ne dois pas penser à ça. Je dois vivre. Je suis jeune, j’ai tout l’avenir devant moi et je…

« Eloigne-toi de cette fille… »

Ne me le dis pas deux fois, je n’avais l’intention de la laisser me rattraper pour qu’elle me gerbe dessus. J’esquisse une grimace en abaissant mon regard sur mon pantalon, mais tout cela me paraît bien trivial quand la montagne de muscles qui me surveille à distance me fait comprendre qu’il ne s’agit pas d’une jeune femme ivre. Non, elle participait aussi à cet évènement. Qui l’a mis dans cet état ? Est-ce qu’il est encore dans le coin ? Portait-elle un item sur elle ? Dans quelle zone l’a-t-elle trouvé ? Il faut que je me calme, mais les questions sont de plus en plus nombreuses à fuser dans ma tête. Quand j’y pense, certaines d’entre elles me font fulminer. Intérieurement, je bouillonne de rage. J’ai beau être en danger, j’ai peut-être la trouille à mort, mais cette fois je crois que c’est ma colère qui prime sur tout ce que je peux ressentir d’autre. Mon cœur bat la chamade, j’hésite fortement à m’effondrer ici-même et commencer à pleurer la tristesse de ma vie. Plus que jamais, j’ai besoin d’extérioriser.

« Un coéquipier ?! Mais-mais…Alors p-pourquoi tu n’es pas… »

Pourquoi tu n’es avec moi ? Pourquoi est-ce que je dois affronter ces types tout seul ? Ce sont les questions que j’aurais voulu lui poser avant de me faire couper. Il y a quelqu’un près de moi. Et il a un item. Il est comme moi, il est seul selon les dires de mon senpai. Ce dernier m’indique une position, je me tourne légèrement vers la gauche en prenant soin de rester collé contre le mur. Un bâtiment avec des balcons espacés. Il y en a deux, mais un seul possède la toiture décrite par mon aîné. Mon opposant se trouve derrière le préau. Nous ne sommes qu’à quelques mètres. Si j’avais un peu plus de force et de confiance en moi, tout pourrait se terminer rapidement. Cependant, ce n’est pas aussi facile que c’est moi qui doit prendre la décision. Pourquoi est-ce qu’il m’a dit ça ? Est-ce qu’il s’attend à ce que j’aille me battre pour récupérer l’item ? Je n’ose pas lui demander de peur qu’il se mette en colère. Paniqué, je glisse le long du mur contre lequel je me suis adossé après avoir repéré mon…adversaire ? Puis-je vraiment parler de lui ainsi ? J’en doute.

Je sens le poids des matraques qui pèse à ma ceinture. Je ne sais plus où j’en suis. Qu’est-ce que je veux et surtout, que puis-je faire dans cette situation ? Sans que je comprenne pourquoi, j’ai l’impression que les armes m’appellent, je ne peux plus détourner mon regard des deux bâtons. A mains nues je n’ai aucune chance, mais peut-être qu’avec ça je pourrais m’en sortir ? Je ne peux m’empêcher de m’interroger sur Zakuro. A quoi pense-t-il en m’embarquant dans cette épreuve ? Ne craint-il pas des ennuis avec les autorités locales ? N’a-t-il pas peur d’avoir ma mort sur sa conscience ? A-T-IL SIMPLEMENT UNE CONSCIENCE ? Cette réflexion me fait sourire. J’ai l’air d’un idiot. Et contre ma volonté, j’ai commencé à pleurer. Ce n’est pas un torrent, c’est juste une larme qui s’est perdue sur ma joue. Je l’essuie d’un revers de main, j’ai perdu du temps en attendant un miracle, il faut que je me ressaisisse. Le cœur serré, je parle juste assez fort pour que le micro capte ma voix.

« J-je vais y aller. »

Une seule phrase en symbole d’engagement. Si je ne l’avais pas dit, je crois que j’aurais fini par me dégonfler et je serais probablement retourné en arrière. Pire encore, j’aurais tout simplement pu me retrouver devant la zone puis me mettre à courir comme un dératé en hurlant. De ce fait, j’aurais alerté tout le quartier ainsi que les autres participants présents dans la zone. Dans l’ombre, je commence par marcher doucement pour être le plus discret possible. Je ne sais pas si c’est parce que j’ai vraiment peur de me faire repérer ou si c’est le cas, mais j’ai l’impression que les graviers crissent plus fort que d’habitude sous mes pieds. Plus j’approche de la planque et plus le stress monte. Ce n’est pas le moment de perdre le contrôle, je dois rester le maître des mes émotions et ne pas céder à la panique. La main droite posée sur la matraque, prêt à dégainer à la moindre menace, j’avance difficilement sous le préau non-éclairé.

Et puis soudain, une lumière. Le signal n’a duré qu’une fraction de seconde, mais j’ai cru apercevoir un faisceau lumineux. Pris de court, je tombe à la renverse en trébuchant. Mes genoux heurtent violemment le béton. Je ne pousse pas le moindre cri et pourtant j’en suis conscient : Je suis à découvert. Bordel. Bordel. Bordel. Je tente de me reprendre, je veux me relever, mais j’ai l’impression de me noyer. Tous mes muscles me semblent endormis, endoloris. Qu’est-ce je fais maintenant ? Est-ce que je fuis au risque de me prendre un projectile dans le dos ou est-ce que je me bats en face et bah…je me prends quand même un truc dans la chaire ? Il semblerait que Kami-sama ait décidé pour moi. En effet, l’étau se resserre et je peux sentir la présence du possesseur de l’item non loin de là. Un nouveau signal de lumière en ma direction. Il m’a vu, je l’ai vu. Dans un élan de désespoir, je me redresse et me rue sur lui. Je ne lui laisse pas le temps d’esquiver. Quelques secondes plus tard, il est à terre. Je sens une force me tirer vers le bas. Il m’a attrapé au col. Un instant après, mon visage se retrouve collé contre le sol poussiéreux.

C’est vraiment lamentable, mais c’est encore trop tôt pour abandonner. Il n’a pas l’item sur lui. S’il était en sa possession, il m’aurait attaqué avec. A moins qu’il cherche à faire croire qu’il n’a pas le katana sur lui. Rah, on s'en fiche ! C'est ma vie ou la sienne, peu importe s'il a le truc sur lui en fait ! Dans son geste, malgré l’intensité qu’il a mis, j’ai pu sentir comme…de l’hésitation. Je le sens filer et je n’ai pas la force de le retenir tout de suite. C’est seulement au moment où se relève que je contre-attaque. Un coup de pied dans les chevilles ne suffit pas à le faire tomber, mais c’est apparemment assez pour le mettre en colère. Je suis dans de beaux draps. Quelque part, j’ai l’impression de revivre mon agression en décembre de l’an passé, est-ce l’occasion de prendre ma vengeance ? L’homme se retourne vers moi, un peu étourdi, mais il ne vacille pas. Ses deux mains plongent vers mon cou. D’un revers, je parviens à dévier la trajectoire d’un de ses bras. Quant à l’autre, mon premier réflexe a été de mordre férocement. Ridicule, mais efficace. Il pousse un grognement et se retire, je le sens hésiter. Cette fois, c’est à mon tour de le prendre par surprise. Alors qu’il lance un regard derrière lui comme s’il cherchait à s’assurer qu’il pouvait s’enfuir, j’attrape une matraque jusqu’alors accroché à la ceinture.

« Urgh ! »

Nous laissons échapper un gémissement à l’unisson. Je l’ai touché avec mon gourdin. Il s’est pris un coup dans les côtes j’imagine. Toutefois, je suis aussi blessé. Ca aurait été trop beau qu’il ne me voit pas venir, mais au moins je suis sûr d’une chose. C’est bien lui qui était en possession de l’item. En contrepartie de mon attaque, j’ai désormais une assez grosse entaille au niveau de l’épaule gauche. L’arme du crime ? Le katana recherché. Il a valdingué quelques mètres plus loin au moment où il a ressenti l’impact de la matraque.  Une chance que l’on soit dans la pénombre et/ou qu’il ne soit pas très expérimenté avec ce type d’arme, il peu plus à droite et il aurait eu mon cœur. Je n’ai plus de raison de me battre maintenant. Je n’ai plus besoin de me relever et de le finir, je ne cherche pas la confrontation après tout. Haletant, je me redresse aussi vite que je peux en tenant fermement ma blessure. Je le vois aussi à terre, un peu plus loin, le regard vide, il s’attend sûrement à ce que je relance le combat. Il va être déçu. Je laisse échapper un petit rictus mauvais avant de me précipiter vers le katana encore imprégné de mon sang. Sans un mot, je l’attrape avec ma main droite et commence à courir.

Plus vite, plus loin. Il faut que je trouve un endroit où me cacher pour récupérer des forces. Je ne suis pas courageux, mais ça ne veut pas dire que je vais perdre aussi facilement.

« Za…Zakuro. Je. Je l’ai. »

Mais j'en ai bien conscience, maintenant que je suis en possession de l'item, je viens de passer du statut de prédateur à celui de proie.

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MessageSujet: Re: Wake up [PV Zakuro][Terminé]   Jeu 28 Avr 2016 - 19:59

Eloigne toi de cette fille.

Sous la recrudescence d'une confiance intime qui se crève, je considère l'idée de m'être trompé. Une seule règle, pas de règle. De combien de personnes cet adage était-il devenu le crédo, dans un Japon à la situation économique défavorisant certaines classes sociales ? Assis en silence, j'abandonne la posture trop à l'aise du simple guide, et si Takihide se concentre avec attention sur l'écran, je me laisse simplement tomber en arrière, le dos contre le sol, mes jambes pliées, les rotules vers le plafond. Le micro d'Hisaka grésille la manifestation sanglotante, et je ne fais pas de remarques, je ne soulève pas ce que je ne vois pas, mais que j'entends très bien. Il serait facile d'être cruel. Peut-être le suis-je déjà. Nonobstant mon comportement, il n'y a que cette idée de le voir détruire ses propres barrières.

J'ai pleuré. J'ai pleuré de fatigue, et Joshua est venu crachoter sa fureur, comme une hydre, sur mes paupières, quand j'ai voulu simplement tourner les talons, et m'enfuir, me réfugier dans le confort trop aisé d'une situation qui m'aurait fait oublier les complications. En juxtaposition à ma vérité, celle d'Hisaka est sans doute plus agréable, plus facile. Cependant, il n'a pas ma volonté. Je ferme les yeux. Peut-être ferais-je mieux de le laisser tranquille. Je me prépare à lui dire d'arrêter.
D'abandonner.

« J-je vais y aller. »

J'ouvre les yeux. Le murmure a été un souffle au travers de mon oreillette : onde quasi imperceptible qui a filé la distance du danger et de l'insécurité pour venir se nicher jusqu'à dans mon tympan. Je me redresse, reprenant position face à l'écran, et un sourire léger couvre mes lèvres, s'étale doucement sur ma face. Je murmure, autant pour moi que lui.

« Go, Rika. »

Nos chances sont minimes, et le but n'est pas de gagner. Pourtant, plus que jamais, les facteurs chances s'activent, et je constate le préambule de nos actions illusoires se transformer en actes réalisables, solides. L'item s'inscrit comme à portée de main, accessible, et Hisaka se projette comme un petit missile dans une altercation que je n'avais pas vu venir. Dire que je ne m'y attendais pas … je ne sais pas. Hisaka reste un mystère, le genre de garçon que je n'arrive pas réellement à cerner. Du moins, plus depuis la Saint Valentin. La période des avions en papier balancés par dessus le toi, cette anecdote qui, au fond, pour moi, n'était qu'une plaisanterie de mauvais goût durant laquelle j'avais voulu effrayer un pauvre petit japonais, s'avérait désormais effacée par une modification absolue de sa propre nature. Jusqu'à quel point l'homme pouvait-il se modeler ? Jusqu'à quel point l'âme était-elle malléable ?

Hisaka Rika n'était assurément plus le même. Sur l'écran, dans des projections pixellisée d'une bagarre furieuse, des coudes et des poings se projetant, je l'observe avec cette contemplation surprise, vraiment saisi par la modification apportée, et, beau petit diable rageux, s'emparer de l'item, pour poursuivre son élan dynamique, en courant avec. Je ferme les yeux.

« Za…Zakuro. Je. Je l’ai. »

Dans la pénombre de la salle, je souris.

« Bra-... »

Takihide s'agite. Je perçois le danger à l'instant même où celui-ci déclenche une petite alarme dans mon oreillette. L'opération est bouleversée, transformée en une situation où le crédo revient dans un écho meurtrier. Une seule règle, pas de règle.

« Hisaka. »

Sur l'écran de l'ordinateur, les informations défilent, assujettissant mon pseudo-calme, pour le faire évoluer en un monstre de terreur, laquelle submerge mes sentiments, mon sang-froid.

« Cours. Ne t'arrête pas. J'arrive. »

Je dépose l'oreillette, et me rue vers l'extérieur.

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MessageSujet: Re: Wake up [PV Zakuro][Terminé]   Lun 16 Mai 2016 - 2:08

Je le fais pour moi. Tant bien que mal, je tente de me convaincre que toutes mes actions sont le fruit de ma volonté. Je ne veux pas être son chien, je ne veux pas penser que je ne fais que lui obéir alors que je recours à la violence contre une personne qui ne m’a rien fait – si ce n’est trouver l’item avant moi. Des coups de poings, des coups de pieds et une morsure. Notre combat est sûrement moins élégant qu’à la télévision. D’un point de vue extérieur il ressemble peut-être à une bagarre entre deux élèves de primaire. Pathétique. Et pourtant je parviens à mes fins, plus rapidement et plus facilement que prévu. Rien de cassé a priori. Une fois mon adversaire hors d’état de me nuire, je récupère le katana rouge et je commence à courir. Fea est prévenu.

La chute m’attend dans quelques secondes. Quand l’adrénaline m’abandonnera, que me restera-t-il à part ce katana ? Je secoue la tête de droite à gauche, je ne dois pas penser comme ça. Tout ce qui importe pour le moment, c’est arriver en vie et cracher tout mon ressentiment sur Zakuro Fea. Malheureusement, tout semble aller pour le pire. J’entends le géant prononcer mon prénom, sans artifice cette fois-ci. Pas de suffixe débile, ni de ton moqueur, je comprends rapidement la gravité de la situation. Il me dit de courir sans m’arrêter. Je ferme les yeux. Il me dit qu’il arrive. Malgré ça, je pense qu’il est déjà trop tard. Je ne me fais pas d’illusion, je ne parviendrai pas à courir très longtemps, je commence déjà à m’essouffler. Dans la nuit, la proie vulnérable se sent observée par plusieurs paires d’yeux. Sans même les voir, elle comprend qu’ils ne font qu’attendre le bon moment pour lui sauter dessus. Cependant, son instinct animal prend le dessus. Je dois survivre.

Ma vie est importante, me dis-je en continuant ma course. Si je meurs ici, il y aura des choses que je n’aurais pas pu faire. Même des choses sans importance comme manger un éclair au chocolat dans une des pâtisseries du centre-ville. Je n’aurais jamais pu dire à Zakuro tout ce que je pensais de lui, je n’aurais pas pu remanger des sushis avec Naoko. Toutes ces choses que je repousse en me disant que je les ferai demain. Toutes ces choses que je n’ai pas eu le courage d’exprimer pour ne pas bouleverser mon quotidien si tranquille. Mais ai-je un jour eu une garantie qu’il existe un lendemain pour moi ? Jamais. Mes poumons s’enflamment et mon cœur va exploser si je continue à courir. Je n’en peux plus, je m’arrête et m’appuie sur un réverbère. J’ai envie d’hurler, mais je n’ai ni l’énergie, ni le souffle nécessaire. Ma main glisse le long de la longue barre de métal. Je finis par poser un genou à terre, épuisé. J’ai atteint ma limite. Si Kami-sama m’abandonne ici, c’est peut-être parce que ma vie n’est pas aussi importante que je m’obstinais à le penser.

Perdu au milieu des quartiers défavorisés de Keimoo, je n’arrive pas à remettre de l’ordre dans mes pensées. J’ai peur, j’ai si peur que je commence à trembler. Maudite soit cette réaction physiologique qui ne sert à rien ! Mes doigts se cramponnent sur l’arme durement acquise. Quelques minutes plus tôt, je prenais possession de ce katana, atteignant l’apogée de mon bonheur. Je frémis en pensant à cet instant. Je n’aurais pas dû être heureux en faisant ça. Lentement, je me relève et commence à marcher dans la rue. Ma démarche trahit mon état. Tremblante, hésitante, elle est le reflet de mes émotions. Je prends une grande inspiration à chaque fois que je pose un pied devant l’autre. Où sont-ils ? Et plus important…Où est Zakuro ? Si j’ai retrouvé un rythme respiratoire à peu près régulier, mon cœur bat toujours la chamade.
Un goût amer se propage dans ma bouche. J’ai un mauvais pressentiment. Des bruits de pas résonnent derrière moi alors que je m’engouffre dans une ruelle, mais je n’arrive pas à déterminer s’il s’agit de mon imagination. Mieux vaut être prévoyant, me dis-je en agrippant fermement le manche du katana avant de me résigner. Suis-je vraiment capable de tuer quelqu’un ? Je me mords la lèvre inférieure, effrayé par mes propres pensées. Evidemment que…non. Peu importe à quel point tu voudras me tester, Fea ; Hisaka Rika restera un lâche à la toute la fin.

Les bruits se rapprochent et je n’y prête même plus vraiment attention. Il semblerait que le combat était perdu d’avance. Il a dit qu'il viendrait me chercher, mais il ne sait même pas où je suis. Ma seule volonté, actuellement, est qu'il entende les dernières paroles que j'ai à lui confier, et qu'il ne les oublie pas.

« Je te hais, Zakuro. »

Et sans que je puisse m'en empêcher, je commence à pleurer silencieusement.


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MessageSujet: Re: Wake up [PV Zakuro][Terminé]   Ven 24 Juin 2016 - 21:49

    Je n'entends pas cette haine qui m'est déclarée.

    Ma respiration saccadée, dans des interludes de souffles qui se dissipent à chaque foulées, je descends les marches, sautant quatre à quatre, quatre à huit, manquant de me briser la cheville. Des injures disséminés aux coins éclatés de mes idées, dans un glissement dérapé, je débouche en violence au travers d'une ruelle escarpée. Mes sens dans une alerte qui se dispute à ma cognition l'établissement trop furieux d'une recherche effrénée, je me rue vers les quartiers nord. Hisaka est tombé sur plus lourd et plus sauvage que de simples joueurs, et si je m'étais attendu à ce que ce genre d'individus apparaissent, je ne m'attendais pas à ce qu'ils soient aussi nombreux, organisés, et surtout à ce qu'ils chargent mon protégé.

    Poings crispés, mon rythme cardiaque trop accéléré, je suis rendu à traverser des corridors de façades, que des immeubles font se côtoyer en des dédales articulés. Virant sur la gauche, sortant mon portable de ma poche avec la main droite, j'active fébrilement le numéro d'Hisaka, dans une composition drastique du bout des doigts. Frappant un mur de mon épaule, je sélectionne un raccourci vers le centre, ignorant la douleur qui m'élance. Plaquant mon téléphone contre mon oreille, j'essaie d'activer une communication qui ne vient pas.

    « Putain- »

    Les rues défilent dans un éventail assombris de détails, que je passe au burin, ignorant, ignorant, ignorant. Puis, dans un déclic brusque, comme une serrure dont les charnières ont implosées, je m'engage dans le parcours d'un coupe-gorge qui serpente entre deux balcons mal fixés. En quelques instants, l'esprit tempếtueux, éveillé sur une rage lugubre qui gronde son excitation nerveuse, je me retrouve face à Hisaka.

    « Tu- »

    Je n'ai pas le temps de correctement progresser dans mon élocution. Dans des frottements plastifiés contre le sol, signe trop distinctifs des chaussures de sécurités coqués en une armature métallique, des yakuza sortent de l'ombre. Une douzaine, tout au plus, assez pour qu'ils viennent nous encercler en quelques instants. Le moment ne relève plus du jeu, et si j'ai été prévenu, comme tous, qu'il était possible qu'il y ait des débordements, je n'ai pas beaucoup d'espoir de voir surgir les encadrements du jeu, pour arrêter l'élévation de la tension dans la situation qui est maintenant en train de se mettre en place. Mes prunelles parcourent les hommes qui viennent se positionner dans un cercle concentrique autour de nous, et sifflant un soupir exaspéré, je constate qu'il va être compliqué de foncer dans le tas. Seul, j'aurais envisagé m'enfuir par les toits. Avec un individu comme Rika, sans la moindre formation aux combats des rues, et face à des individus de leur trempe, nettement supérieur aux petites racailles du reste du jeu, je suis confronté à un problème important.
    Comment faire survivre Hisaka ?

    « Oh. Regardez ce que nous avons là. »

    Les cheveux rejetés en arrière, c'est une femme qui s'avance. Les épaules hautes, larges, elle a un beau visage, qu'une expression moins cruelle aurait d'avantage mis en valeur. Des yeux sombres, stricts, et la bouche mince, tiré en un trait droit, aussi efficace qu'une lame de couteau, tout en elle appelle au charisme violent, sanguin. Une veste de cuir écrasant sa poitrine, surélevant ses épaules puissantes, elle a une tête de plus que la moitié de ses hommes. Ceux-ci n'en paraissent pas pour autant moins intimidants, et sous le halo charismatique de leur leader, le petit comité des yakuza qui nous entoure ressemble à une meute organisée. Elle s'avance doucement.

    « Le vainqueur du tournoi de ce soir, et Fea Zakuro. Joli butin. »

    Tendant les doigts, elle vient caresser la ligne de la mâchoire de Hisaka, et comme des loups aux muscles bandés, ses hommes, habillés dans des coupés sur mesures, sont alertes au moindre de ses déplacements, au moindre de nos mouvements. Je maudis mon idée d'intégrer Hisaka à cet événement. S'il veut me détester, c'est assurément le bon moment.

    Les doigts de la femme se referment sur le menton d'Hisaka, et je l'observe dévisager mon kouhai avec une attention particulière. Un sourire étire ses lèvres sèches, fines, avant qu'elle ne vienne darder ses yeux sur moi.

    « Il a l'air un peu chétif pour ce genre de jeu, Fea, non ? »

    Je lui renvoie un sourire.

    « Diablement fragile. Je ne sais pas comment il a survécu jusque là. »

    Elle dodeline de la tête, joyeusement, dans une attitude pensive. Ses prunelles vont d'Hisaka au sabre entre ses mains, et je sais, en cet instant précis, qu'elle évalue la distance entre ma position et la sienne. Une langue pâle, fine comme celle d'un serpent, glisse entre ses lèvres, qu'elle vient humidifier, doucement.

    « Tu fais des mauvais choix de compagnon, Fea. D'abord cette gamine, puis ce bambin là. Tu vas les chercher au berceau, maintenant ? »

    Je ne réponds pas. Je viens de me rendre compte que sa main, celle qui ne tient pas le visage d'Hisaka, a glissé en un déplacement subtil, jusqu'à sa hanche. Caresse à l'érotisme morbide, l'angle d'un revolver est dévoilé, entre ses doigts. Mes muscles se bandent, dans un réflexe furieux, prêt à bondir. Dans un craquement sonore, une demie douzaine de bruits mécaniques se font entendre autour de nous. Les canons précis, létaux, des armes pointés sur nous m'assurent une immobilité imposée, et les ongles enfoncés profondément dans mes doigts, je contemple la femme qui sourit.

    Son arme chargée, elle vient effleurer les lèvres d'Hisaka avec.

    « Soit. Comment t'appelles-tu, petit ? »






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MessageSujet: Re: Wake up [PV Zakuro][Terminé]   Lun 27 Juin 2016 - 17:36

Jusqu’au dernier instant, j’avais espoir que tout se passerait bien. Le mauvais pressentiment ne m’avait pas quitté au moment où je me suis engouffré dans la ruelle en marchant, mais j’espérais qu’il me trouve avant. Un frisson me parcourt la jambe. Pensant qu’il s’agit de la peur, je l’ignore et fais encore un pas en avant. Il avait dit qu’il viendrait et je n’ai pas eu d’autre choix que de lui faire confiance. Je sais qu’il est en route, je n’en doute pas, mais il est déjà trop larme. Mes larmes coulent le long de mes joues, aucun son ne sort de ma bouche, je renifle quelques fois en continuant d’avancer péniblement. C’est comme si mon corps était un fardeau. Je sens leur présence autour, mais ils ne veulent pas que moi,  ni le katana. Ils attendent encore, tapis dans l’ombre, et je ne peux rien faire. Si je ne suis qu’un pion dans leur stratégie, alors mon cadavre suffira à leur donner ce qu’ils veulent. M’avoir vivant n’est qu’une option, un moyen de pression supplémentaire. Je ne sais pas ce qu’a manigancé Fea et encore moins pourquoi il m’a fait participer à cette épreuve, mais j’aurais dû savoir qu’il y avait anguille sous roche, dès le départ. Est-ce qu’il m’a utilisé pour résoudre un conflit personnel ?

Les bruits de pas se rapprochent encore, mais quelque chose vient les recouvrir. Plus puissant, moins discret, je me retourne lentement et me heurte presque à un torse musclé que je connais bien. Zakuro. Le temps nous manque pour les explications et je ne trouve pas la force de le repousser aussi loin que je peux. Je relève mes yeux rougis par les sanglots vers lui et serre la poignée de l’arme dans ma main. Il n’a pas le temps de parler, les sons reviennent pour l’interrompre. Des individus sortent de leur cachette pour venir nous encercler. J’ai envie de vomir. Mon regard tourné vers le sol, j’attends la suite des événements. J’avais raison, me dis-je en serrant l’arme – qui ne m’est d’aucune utilité – contre moi, c’est bien après le géant qu’ils en avaient. Quand j’y pense, si je l’avais vu avant qu’il n’arrive à moi, j’aurais pu lui faire signe de partir. Je n’ai jamais cru à la fatalité jusqu’à ce soir, et désormais je dois l’avouer : notre destin semble scellé. Un vent d’été vient rafraîchir la ruelle misérable dans laquelle nous nous trouvons.

Meurs avec moi.

La poussière se dérobe sous mes pieds. Je suis si résigné que j’ai arrêté de pleurer brutalement. Ce ne sont pas mes larmes qui me sauveront. Une voix traverse le cercle dans lequel je me trouve avec Zakuro, je relève la tête lentement. C’est une femme à la tête des opérations. Le ton qu’elle emploie trahit à la fois sa satisfaction d’avoir mis la main sur nous, et la raillerie. Je l’observe d’un air hagard, comme une proie connaissant déjà son sort. Elle est belle, me dis-je alors qu’elle s’approche vers moi. Ses cheveux brillent, éclairés par la lueur argentée de la lune. Ce n’est pas une beauté ordinaire, c’est bien plus que ça. Son allure, sa gestuelle, sa confiance, tout a quelque chose de spécial chez elle. J’ai l’impression d’être hypnotisé par son charisme de dominatrice. Epaules larges, silhouette imposante. Si elle était née de l’autre sexe et avec des yeux plus clairs, elle aurait pu être le jumeau de Fea.

Sa main effleure ma mâchoire avant de redescendre vers mon menton. A tout moment, elle pourrait commencer à m’étrangler si elle décidait d’aller encore plus bas, alors pour éviter de la contrarier, je reste silencieux. Même si ses doigts sont en train de me tripoter, c’est vers Zakuro que toute son attention se porte. Joli butin, constate-t-elle, moqueuse. Finalement, elle resserre son emprise sur mon menton. Mes tentatives d’échapper à son regard et son sourire carnassier sont vaines. Nos pupilles se croisent et j’agonise intérieurement. Est-ce que c’est une manie, chez ces gens là, de jouer avec la nourriture avant de la consommer ?

Même avec plus de courage, je ne pourrais toujours pas bouger. Ses hommes sont bien trop à l’affut d’un faux pas pour nous descendre sur le champ. Quoi que ça pourrait abréger nos souffrances. Je déglutis difficilement alors qu’elle échange encore avec l’homme qui m’a entraîné dans cette aventure. J’ai vraiment le sentiment d’être l’enfant au milieu de ses parents en plein désaccord, celui qui n’a pas son mot à dire et qui subit. Ils se renvoient la balle au sujet de ma participation, et je n’y prête pas attention jusqu’à ce qu’elle évoque une gamine avant moi. Il a fait subir la même chose à une autre fille ? Mes iris se tournent vers Zakuro, à la recherche d’une explication, mais quelque chose d’autre vient me troubler. Ses doigts s’arrêtent sur sa hanche après avoir glissés le long de son corps. De sa main libre, elle est allée chercher une arme. Un gémissement plaintif s’échappe d’entre mes lèvres, accentuant le sourire mauvais dessiné sur ses lèvres. Des cliquetis se font entendre, les armes pointées sur nous sont désormais chargées. Celle de la femme se pose sur mes lèvres.

Tous mes sens sont en alerte. A la simple question : Comment est-ce que je m’appelle ? Je suis soudainement pris d’hésitation et de tremblements. L’arme toujours pointée sur moi, je peine à articuler ma réponse. Je suis à deux doigts d’éclater en sanglots. Et ma tête à un seul doigt d’éclater tout court.

« Hi…Hisaka. »

Mes tempes me font souffrir, de même pour mon estomac. Aussi étrange que cela puisse paraître, la pression sur mon visage s’adoucit avant de me relâcher complètement. Une fois libéré de son emprise, je m’effondre au sol et tousse comme si j’avais avalé de travers. Régurgiter me soulagerait, mais je ne suis pas sûr que ce soit une bonne idée. Derrière moi, j’entends l’un des supposés yakuzas rire – sans doute à cause de ma réaction – puis se stopper net en croisant le regard de son chef. Cette derrière attrape ma tête par mes cheveux et m’oblige à plonger mes iris dans les siens. Je n’y vois que noirceur et ténèbres. Elle ne plaisante pas avec nous, en une fraction de seconde, j’ai compris qu’elle avait déjà eu du sang sur les mains. L’arme que je tenais contre moi glisse entre mes doigts empreints de sueur. J’ai peur.

« J’ai ma petite idée pour le spectacle de ce soir. On les emmène dans la planque. Prenez le katana et surveillez le grand. Ca serait dommage qu’il s’échappe mmh. »

Pathétique, ou simplement trop humain par rapport à ces monstres. Je ne sais pas comment je dois me sentir maintenant qu’on vient de m’enlever les restes de l’euphorie, de la victoire. L’un des hommes de main s’empare de l’arme et me pousse avec, me faisant signe d’avancer. Derrière moi, un autre type tient son flingue sur l’arrière de mon crâne. La fuite est impossible.  J’ignore totalement où nous allons, même si je ne pense pas que nous quitterons Bougu. Nous avançons dans le silence. J’ai l’impression d’être dans un film de mafieux. Bien sûr, je savais que les yakuzas n’étaient pas une légende, mais j’étais loin de savoir qu’il y en avait à Keimoo. Non pas que je la voyais comme une ville clean, mais je refusais l’idée de vivre au milieu de ces gens.

La marche est moins longue que je ne l’aurais espéré. Après quelques centaines de mètres seulement, une porte s’ouvre à la volée. C’est un vieil entrepôt qui doit leur servir de planque. Je grimace en entrant à mon tour dans le bâtiment, l’humidité, la poussière et la moisissure ne sont pas mes odeurs préférées. Pendant tout le trajet, je n’ai pas jeté un seul regard en direction de Zakuro. Je lui en veux de m’avoir entraîné là-dedans, de ne pas m’avoir dit pour la fille qu’il a sacrifié avant moi, de ne pas m’avoir laissé le temps de dire au-revoir à ma famille et tant d’autres choses encore. Bon, ce n’est pas le moment d’être sentimental sinon je vais de nouveau m’écrouler. Dans tous les cas, les états d’âme de Fea ne m’intéressent pas plus que le dernier épisode d’une quelconque téléréalité. Tout ce que je veux maintenant, c’est la vérité. Je veux lui demander ce qui est arrivé à l’autre personne, la gamine dont parlait la femme tout à l’heure. Des lumières s’allument dans la pièce, l’éclairage est assez faible, mais il est suffisant pour activer mes photorécepteurs.

« Et si on les faisait se battre entre eux ? »

Je me suis fait devancer par la chef de bande pour la prise de parole. Celle-ci passe désormais entre nous, affichant un sourire moqueur comme depuis que nous l’avons rencontrée. Me battre contre Zakuro ? J’hésite entre rire et pleurer. Quoi que je fasse, je vais probablement mourir ce soir. Au moins, me dis-je, il y a des chances que ça se termine vite. Je suis bien trop fatigué pour riposter au moindre coup. Il y a peut-être encore des chances qu’elle change d’avis, mais on dirait que les autres voyous sont également emballés par cette idée.

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MessageSujet: Re: Wake up [PV Zakuro][Terminé]   Sam 17 Déc 2016 - 23:33



    Avec trop d’humidité sur la face, Hisaka répond docilement à ce qui se présente comme une prédatrice aux contours indistincts dans la nuit. Une docilité servile qui m’exaspère aussitôt, quand bien même l’attitude d’Hisaka s’avérerait probablement la plus sage qui soit. Je soupire, et m’attire un regard, ainsi qu’un claquement mécanique d’une arme qui se charge et vient se poster près de ma tempe. Gonflant mes joues dans un soufflement enfantin, dédaignant le canon qui s’approche de trop près de ma peau, je considère brièvement Hisaka. Chialer n’apportera rien, songé-je. Alors arrête de pleurer. Je le foudroie des yeux, sans qu’il ne croise mon regard.

    Dans un jeu délicat de ses phalanges, elle relâche la pression sur le menton d’Hisaka, et avec l’ambivalence toute maternelle d’une menthe religieuse, elle en vient presque à le caresser du regard. Ce juste avant que sa main, dans un arc sec, ne vienne s’emparer des cheveux d’Hisaka, et accroche violemment son crâne. J’ai sursauté, dans un mouvement réflexe, et le canon trop puant d’usualité vient frapper contre ma tempe. Je m’immobilise, et la yakuza observe Hisaka avec attention. Sensualité dangereuse d’un instant entre maternité et violence, elle a l’esquisse d’un sourire, ses prunelles drapant sur le visage du garçon le voile d’une promesse qu’elle lui fera, sans son assentiment.

    « J’ai ma petite idée pour le spectacle de ce soir. On les emmène dans la planque. Prenez le katana et surveillez le grand. Ca serait dommage qu’il s’échappe mmh. »

    « Tellement dommage » je crache. On me décoche un regard clair, je réplique par un sourire sauvage, et déjà, c’est le branle-bas de combat. Un coup de pied dans les tibias, et l’on me force à avancer. Je ne peux pas dire qu’en cet instant présent, je ressens réellement de la peur. Je suis angoissé, mais pas pour moi. C’est Hisaka qui représente mon point faible, et je sais qu’il faudrait que je m’esquive sur la seconde si je veux posséder la moindre chance de les distancer. Mais avec des revolvers braqués sur le petit humain, je ne crois singulièrement pas être en mesure d’effectuer le moindre geste avant qu’il n’ait le crâne aéré. Mâchoires crispées, je m’implique à suivre le mouvement, avec une docilité qui ne me plaît pas. Comment retirer Hisaka de ce bourbier, sans y laisser des plumes ? Il n’y aurait jamais du avoir de mafieux dans ce jeu. J’avais invité Hisaka pour cela, pour qu’il dépasse ses limites, qu’il s’effraie et se surpasse. Certainement pas pour qu’il soit réellement en danger. Un autre soupir, et je lève les yeux au ciel. Aide toi, et je t’aiderais, je répète mentalement. Aide toi tout seul.

    -

    L’entrepôt est relativement clean pour une cache.
    Loin des périphéries sécures de Keimoo, quoique la marche n’ait pas été particulièrement longue, les lieux sont situés tels qu’il serait compliqué de recevoir de l’aide. Et la politique de la maison a déjà certainement été instaurée ici, et dans le voisinage. En général, les personnes prudentes évitent, par conditionnement certains aux milieux mafieux, d’aller se rapprocher des entrepôts un peu éloignés dans lesquels on pourrait entendre des coups de feu. Certains domaines de l’ombre ne se veulent pas révélés au grand jour, et c’est toujours préfèrable que les civils restent écartés de cela. On me pousse contre un mur, mes mains surveillés, deux revolvers sur le front. Je me sens presque spécial.

    Hisaka a l’air mal. Je me sens désolé pour lui. Être descendu dans la nuit n’est sérieusement pas un bon destin, et je ne peux pas croire que le karma de ses vies antérieures ait été assez catastrophique pour - … oh, well. Me côtoyer est probablement une punition assez importante pour que je ne le crois pas complètement innocent à l’égard de ses vies antérieures. Un sourire glisse sur mes lèvres. Pauvre lui. Souligné par la fureur de ses humeurs, son regard vient peser sur moi, et dans un rictus désolé, je hausse les épaules, comme pour lui présenter mes excuses. Mais il n’a pas le temps d’ouvrir la bouche pour me cracher sa haine dessus qu’elle reprend la parole, après s’être attirée l’attention de ses hommes.
    Et ses mots sont si absurdes, que l’espace d’une seconde, j’ai l’impression d’avoir perdu la compréhension du japonais. Je ne la regarde pas, et se confirment les sens de sa syntaxe. Le mur, sous les grésillements des lampes électriques au dessus de nous, me paraît le canevas défectueux d’une scène improbable, et lentement, je me tourne vers elle.

    « Mais il n’a aucune chance. »

    C’est d’une évidence crûe. Elle me regarde avec un sourire poli, et je me retrouve, exaspéré, à attendre une réponse qui ne vient pas, dans cet univers alternatif, où la folie a pris la place de la raison. Outré, je me retourne vers Hisaka, avec un sentiment d’irritation si intense que je ne sais même pas par quoi je devrais commencer à penser. Comment suis-je supposé retirer Hisaka de là ? Les sourcils froncés, furieux contre moi-même et la tournure des événements, je contemple Rika et sa structure trop fragile. Je pourrais l’assommer. Et tenter de m’enfuir avec lui. Et tenter de me débarrasser des mafieux. Nouveau soupir, plus crissant que jamais. Je ne sais pas comment agir. Les bras croisés, c’est une barre de métal projetée contre mon dos qui me fait bouger. Dans un feulement rauque, le souffle frappé par la violence du coup, je crache une expiration mal régulée, tandis que certains hommes se mettent à rire. La distance entre Hisaka et moi est résorbée, et avec une ligne de feu qui barre mon dos, j’ai l’impression d’avoir été considéré comme un animal. Les prunelles fendues sous une rage qui explose en un crépitement émotionnel, bouillonnant dans ma poitrine, je tends la main, et attrape le sweat d’Hisaka, pour le soulever. Me battre contre lui ? Je l’attirais contre moi, croisant son regard. C’est alors que ça me revient. C’est un souvenir, de ceux qui paraissent être des illuminations, lequel fait s’étrécir mes prunelles. Je viens de me rappeler qu’avant que les mafieux ne se ramènent, Hisaka ...

    « Evite de trop chialer. »

    Mes doigts se crispent violemment sur son tissu, à une zone située sous sa gorge, cachée par le tissu de son vêtement. Sous mes doigts, rapprochés de ma bouche, le mouchard et le micro installé par Takihide étaient restés accrochés sous le pull d’Hisaka, là où je les avais installés pour le jeu. Mon rythme respiratoire s’est accéléré, et je pousse, tout doucement, ma paume contre la poitrine du garçon pour lui rappeler la présence de la petite machine qui est cachée sur lui. Il faut qu’il comprenne, et qu’il joue mon jeu. Il ne faut surtout pas que les mafieux en viennent à découvrir le branchement.

    Mon genou vient s’enfoncer dans le ventre d’Hisaka. Je ne veux pas te blesser, marmonne ma conscience, mais si on veut que tu puisses t’en sortir vivant, je dois vraiment faire en sorte de ne pas être suspicieux à leurs yeux. Ils m’ont déjà vus me battre, ils savent que je ne joue pas. Sinon, il y aura forcément un progression bien moins amusante de la situation. Les revolvers sont maintenant abaissés, et la yakuza est allé s’asseoir, nous abandonnant dans l’espace d’une arène que je veux voir se transformer en mon propre terrain de jeu. Il n’empêche que je me sens profondément coupable.

    Venant me pencher au dessus d’Hisaka, allongé sur le sol, je pose la main sur sa poitrine, avant d’y crisper les doigts.

    « Appelle à l’aide. C’est tout ce que tu peux faire, de toutes façons. »

    J’espère qu’Hisaka a compris que je m’adresse à Takihide. J’espère que Takihide m’entend. Et j’espère surtout que cela va fonctionner. Je redresse Hisaka, pour le remettre sur pieds. Nos regards se croisent, et un frisson court le long de mon dos.

    Je suis désolé.


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MessageSujet: Re: Wake up [PV Zakuro][Terminé]   Mar 8 Aoû 2017 - 0:10

C’est fini. Je me suis répété ces mots plusieurs fois en avançant un pied devant l’autre jusqu’à atteindre la planque des malfrats. Il n’y a plus aucun espoir que l’on s’en sorte. La marche a été courte, mais assez éprouvante psychologiquement pour que je tienne à peine sur mes chevilles. Je suis dans un tel état de choc que je n’ai même plus la force de pleurer. Pleurer pour quoi d’ailleurs ? Ah oui, pour mon existence minable qui s’achèvera ce soir. Mon regard se ternit  à l’écoute des consignes données par l’espèce de mante religieuse humanisée. Le verdict tombe, je vais devoir me « battre » contre Zakuro. Mon père me l’a souvent dit : une femme est aussi belle qu’elle est cruelle. Et malheureusement, il a fallu qu’elle soit sublime. J’esquisse un faible sourire en repensant à mes parents, ma sœur. Que vont-ils penser quand ils apprendront par la police que mon corps a été retrouvé dans une poubelle du quartier Bougu ?

Les voyous se positionnent autour de nous, sans doute pour nous empêcher de partir. Je n’ai aucune chance contre lui, souligne Fea sur un ton presque désespéré. Comme s’ils ne le savaient pas. Ils le voient probablement encore mieux de leurs propres yeux : je suis à bout, je ne pourrai pas riposter, alors imaginer que je puisse m’enfuir. Je me traîne douloureusement au milieu de l’espace qui nous est réservé, je n’ose même plus regarder Zakuro. Ma colère envers lui est si grande, pourtant j’ai du mal à ressentir quoi que ce soit. Pourquoi est-ce que ça se finit toujours comme ça avec lui ? Il n’aurait pas pu se contenter de ma reconnaissance éternelle pour m’avoir sauvé dans une ruelle contre deux racailles ? Non, il a fallu qu’il me fasse connaître pire. Dans l’autre situation au moins, j’étais innocent. Là, j’avais été violent envers une personne que je ne connais même pas.

Zakuro m’attire vers lui, je ne lui oppose aucune résistance, c’est presque comme si je marchais presque docilement vers la mort, lentement, mais sûrement. Il a l’air de vouloir en finir. Tant mieux. J’espère au moins que ça ne me fera pas trop mal.

« Evite de trop chialer. »

Me dit-il sèchement. Pas un son ne sort de ma bouche. Comment peut-il me dire ça comme si tout était de ma faute ? Il n’a donc rien d’humain, ni l’apparence, ni la force et encore moins la compassion. J’aurais dû savoir qu’il était de la même trempe que ces mafieux : j’aurais dû m’en douter depuis le jour de notre première rencontre où il m’a suspendu dans le vide alors que nous nous trouvions sur le toit du lycée. Certaines personnes pleurent parce qu’on joue avec leurs sentiments. Moi, je ne dis rien alors qu’on joue avec ma vie. Je ne suis rien d’autre qu’un pion à sacrifier pour lui. Et encore, des parties d’échecs, il en aura d’autres.

Ses doigts viennent agripper mon sweatshirt, faisant presque soulever mes pieds du sol. Cette sensation m’est étrangement familière. Il pose sa paume sur mon torse avec une douceur déconcertante. J’inspire une grande bouffée d’air. Peut-être qu’il veut me dire qu’il va me frapper à cet endroit et je dois me préparer à absorber les dégâts ? Nous ne sommes pas dans un des jeux vidéo de Senta. Ma garde ne tiendra pas contre le plus faible de ses coups. Quelle enflure. Je lève doucement la tête, mes iris se posent sur la montagne aux yeux bleus. En une fraction de seconde, je peux déceler de la confusion et de la…pitié dans son regard ? Qu’est-ce que cela signifie ?

Un violent coup de genou vient se loger dans mon ventre, interrompant à la fois mon souffle et toute réflexion. Je tombe immédiatement au sol tel un oiseau abattu d’une balle par un chasseur aguerri. Ca fait mal. A terre, mes doigts se crispent de douleur et je me mets à tousser bruyamment. Impossible de me redresser, je laisse rouler ma tête sur le côté. Je sens une larme que je n’ai jamais désirée couler le long de ma joue.  Les yeux mi-clos, je perçois encore les regards pervers braqués sur nous. Pourquoi est-ce que personne n’intervient devant le stupide spectacle que je leur offre. J’ai déjà abandonné depuis le début, il n’y a rien de très plaisant à voir, je me trompe ? Entre deux quintes de toux, je tente de regagner un rythme respiratoire normal, mais rien n’y fait : je suis trop faible.

Le corps massif du géant vient alors me priver du faible éclairage de l’entrepôt. Je tourne mes yeux fatigués vers lui tandis qu’il pose une nouvelle fois sa main sur ma poitrine. Ce n’est même pas là qu’il m’a frappé contrairement au signal qu’il m’a donné tout à l’heure. Appeler à l’aide, c’est tout ce que je peux faire, m’annonce-t-il avec froideur. Ca ne servirait à rien. Je profite d’avoir récupéré un peu de souffle pour lui adresser un mot, un seul.

« Traître. »

Dis-je dans un murmure à peine audible. Si ce n’est pas ça qu’il veut me dire, alors quoi ? Si c’est pour me demander d’enflammer ma rage dans mon cœur, je crois que c’est un peu trop tard pour ce genre de choses. Et puis je souffre encore trop du coup qu’il m’a asséné un peu plus tôt. Ses grands doigts viennent une nouvelle fois chercher mon haut pour me redresser. Non, je ne veux pas que ça recommence, je veux qu’il me laisse mourir par terre. Mes yeux brillants implorent sa clémence et dans un mouvement désespéré, mes deux paumes viennent se greffer au bras qui maintient mon corps debout. Haletant, je resserre mes doigts sur son bras et relève la tête. Nos regards se croisent en un court instant. Je veux qu’il arrête.

« Je crois . . . pas en . . . Dieu. »

Ma respiration est saccadée. Rien que prononcer ces quelques mots m’a fatigué plus que d’usage. Si je ne lui tenais pas le bras, je pense que je serais déjà agenouillé devant lui, si ce n’est pas couché. Je ne peux pas appeler à l’aide si je ne crois pas à un être omniscient qui écouterait mes plaintes, quelqu’un qui pourrait m’entendre quand je- …Oh. Je resserre mon étreinte sur mon bras d’une main, bien que je sois conscient qu’il pourrait me balayer d’un revers de manche s’il le désirait. L’autre main, elle, vient se glisser sur mon torse. Il est là, je peux le sentir.

Le microphone dans la doublure dans mon sweat est toujours là, n’est-ce pas ? Mais c’était lui qui m’écoutait tout à l’heure non ? Alors il n’a jamais été seul et avait préparé l’éventualité qu’il doive m’assister ? Pour ne pas éveiller des soupçons sur mon sweat connecté, j’abaisse mon bras et serre le poing. Une vague de chaleur m’envahit, rapidement suivis par des picotements dans mon dos. Il était au courant que ça pouvait se terminer comme ça et maintenant il joue les héros qui donnent des conseils ? Quel  enfoiré. Et l’autre qui est derrière en train de nous écouter, il fait quoi depuis tout à l’heure ? Il ne nous a pas entendus avec tout le bruit qu’on fait depuis tout à l’heure ? Malgré ma rancœur envers lui et un doute sur le fonctionnement de son plan, je n’ai pas d’autre solution.

« A . . . l’aide. »

Je prends une inspiration et, avec le peu de forces qu’il reste dans mon corps, j’inflige un coup de poing pitoyable sur l’épaule de Zakuro en souvenir de notre première rencontre. Après tout, aujourd’hui sera peut-être la dernière. Autour de nous, les revolvers ont été abaissés, mais les regards insistants des mafieux sont toujours braqués sur nous. Les seules craintes que j’ai maintenant, c’est que Fea me tue avant qu’on vienne nous tirer d’ici ou que la cheffe yakuza s’impatiente et décide de nous éliminer sur un coup de tête.

Les secondes qui s’écoulent me semblent une éternité. Chaque coup que je reçois de Zakuro me donne un avant-goût de l’Enfer. Je finis même par me demander si je n’ai pas d’hémorragie interne. A chaque fois que je rouvre les yeux, j’aurais préféré avoir perdu conscience. J’ai tellement mal, mais mon corps s’acharne à me garder éveillé. Dites-moi. Pourquoi est-ce que les héros ont toujours ce malheureux réflexe d’arriver au dernier instant ?


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MessageSujet: Re: Wake up [PV Zakuro][Terminé]   Sam 12 Aoû 2017 - 22:08

Il n’y aucune satisfaction à battre un ami, et encore moins quand celui n’a aucune possibilité d’encaisser. Les dents serrées, avec cette amertume étalée sur la langue, je frappe en retenant au maximum mes coups, évitant avec une précision nécessaire la poitrine hackée d’Hisaka. Le scénario est épouvantable et j’ai intérêt à croire en sa crédibilité si je veux conserver l’espoir de ne pas me voir affublé de la culpabilité d’un meurtre. Les dents serrées sur une détermination furieuse, j’allonge Hisaka au sol, en abattant mes phalanges contre son dos, pour qu’il ne se relève pas trop vite. Takihide, je l’espère, a la situation en main.

Il y a un coup, celui de trop, et Hisaka ne se relève soudainement plus. Il est conscient, les yeux ouverts sur une trahison qu’il ne m’envoie que trop au visage, et que j’assume rageusement. Traitre, il n’a pas besoin de me le rappeler, et un rire éclate entre me lèvres.

« Je sais, débile. »

Il ne bouge plus vraiment, et après son pitoyable coup à l’épaule de tout à l’heure, j’en viens à considérer qu’il a mis tout ce qu’il pouvait dans un inoffensif assaut. Soupirant, je plie les genoux, et vient poser ma main sur son crâne brun. Il a appelé à l’aide, et maintenant, s’immobilise dans une défaite trop lourde pour que j’aie envie d’appuyer plus. Les humains, je le considère, sont immanquablement trop fragiles, et il en est le premier représentant. Cela ne m’empêche pas de me sentir profondément mal à son égard.

« Hey Rika... »

Je poke son épaule, et considère avec appréhension le manque de vigueur de ses prunelles. J’ai retenu mes coups, mais ce n’était probablement pas assez. Un sourire fautif s’étale largement sur ma face, et je soupire en enfonçant mes doigts sur son sweat.

« Essaie de tenir bon, ok ? »

Le combat est interrompu au détriment des attentes yakuza. Elle s’est mise à crier, mais je n’écoute plus vraiment ce qu’elle raconte, concentré sur les bruits extérieurs. Rika est blessé, peut-être moins que je ne le crains, mais il est tout de même en position de faiblesse et je ne compte pas attendre de lui une réactivité extraordinaire. Je tiens seulement à ce qu’il soit en vie à la fin de la journée. Un yakuza s’approche de nous deux, envoyé sur les ordres de sa maîtresse, et un canon de revolver vient soulever les mèches sur ma tempe, en se plaquant contre ma peau.

« Hey toi ! On ne t’as pas demandé d’arrêter. Il n’est pas mort, à ce qu’on sache ! »

Je ne relève pas. Il ne s’agit pas vraiment de convaincre les larbins : seulement la chef. Je tourne la tête vers elle, en haussant les épaules. Elle a conscience que mon adversaire est k.o, et qu’il n’est pas vraiment possible d’espérer un virement de la situation. Je ne sais pas trop à quoi elle s’attendait en proposant ce combat inégal, mais certainement pas à un match long. Je glisse mes mains sous les bras de Hisaka, et essaie de le soulever doucement, en vain. La chef se lève.

« Fea ! »

Elle s’apprête à me balancer un ordre, elle s’apprête à étaler la puissance toute violente de son commandement certain, et à m’imposer sa volonté dans l’espoir que j’obéisse. Elle s’apprête probablement à achever son spectacle grandeur nature par une balle ou deux. Elle s’apprête. Elle n’en a seulement pas le temps.

Les portes s’ouvrent brutalement, et en quelques secondes, la police se déverse dans l’entrepôt. Des revolvers sont braqués sur les yakuza, et je peux reconnaître un escadron armé de la force militaire qui accompagne les policiers. J’attrape Hisaka, en le tirant vers moi, tandis que les yakuza, encerclés, s’affolent comme des moineaux.

En quelques minutes, la situation est neutralisée. La chef yakuza s’est enfuie avec ses lieutenants, mais la plupart de ses hommes ont été attrapés. La police nous a coffré, mais à part, dans une voiture séparée. Considérant l’état d’Hisaka, celui-ci va être conduit à l’hôpital.Nous n’avons pas encore été interrogés, seulement escortés vers l’extérieur de l’entrepôt. Pour l’instant, je suis seulement satisfait de voir que le jeu est terminé. Normalement, Hisaka pourra dormir dans un lit cette nuit.

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MessageSujet: Re: Wake up [PV Zakuro][Terminé]   Mer 16 Aoû 2017 - 17:42

Sans rien espérer, j’avais tout donné dans ce dernier coup d’épaule. Il avait plus la valeur d’un symbole que d’une réelle volonté de blesser mon opposant. Je n’avais jamais eu aucune chance face à Zakuro. Tout ce que voulait le public, c’était un divertissement macabre. En me roulant de douleur par terre aux pieds du rebelle, j’ai abandonné le concept de dignité. Pire encore : je me fais relever par mon propre adversaire car je suis incapable de tenir debout seul. Et tout ça pour quoi ? Entendre le rire mauvais du géant. Si j’en avais la force, je serrerais les dents.

Vient alors le moment où je ne me relève plus, où mon corps ne répond plus aux ordres de mon cerveau. J’abandonne assez rapidement l’idée de me battre pour me remettre debout. Non, je ne suis pas le héros d’un shônen, penser à ma famille et mes amis ne m’aidera pas à regagner la moindre force. Lentement, je sens mes forces me quitter, mes paupières se font de plus en plus lourdes et je sens ma conscience m’échapper peu à peu. Alors c’est ici que ça se termine ? Deux à trois quintes de toux saisissent mon corps endolori par les multiples blessures qu’il porte. Un mal me lance au niveau de l’épaule, me rappelant mon combat contre l’inconnu sous le préau. Tout ce bordel pour récupérer un katana dont je n’ai jamais voulu.

Un craquement retentit à mon oreille. Les yeux fermés, je devine la présence de Zakuro à mes côtés. Il prononce mon nom de famille, je ne trouve pas l’énergie pour lui répondre. Que peut-il bien me vouloir de toute façon ? Une pression s’exerce maintenant sur mon épaule, réveillant la plaie que j’évoquais quelques secondes auparavant. J’émets un son indéchiffrable, une sorte de grognement guttural réflexe pour lui signaler qu’il me fait mal. Il ne semble pas en tenir rigueur et plonge ses doigts dans mon vêtement.

« Essaie de tenir bon, ok ? »

Ces paroles ravivent en moi un vif sentiment de colère que je ne parviens à exprimer à mon interlocuteur. Un ressentiment suffisant pour me faire cligner rapidement des yeux, plusieurs fois. Les premières secondes, les lumières tamisées de l’entrepôt me brûlent la rétine. Un cliquetis retentit. Je ne sais pas ce qu’il se passe. Toutes ces stimulations me donnent mal au crâne. Au sol, sans défense, humilié et dépendant, je me sens comme un nouveau-né qui voit le monde pour la première fois, un petit être qui ne comprend encore rien à ce qui se trame autour de lui.

Des bruits de pas résonnent dans mon dos. Je ne parviens pas à reconnaître la voix qui s’élève, ni ce qu’elle dit exactement, mais je comprends bien que c’est un homme mécontent. Un ange passe. Je sens alors deux mains vigoureuses se glisser sous mes aisselles et me traîner…ou me soulever, je ne sais pas trop. Un filet de bave s’écoule le long de lèvre inférieure.

« Fea ! »

Lance une voix féminine et autoritaire qui m’est familière. Je tourne doucement mon visage en sa direction, comme un enfant qui cherche sa mère. Quelques connexions s’établissent dans mon cerveau, je reconnais la tête de la sulfureuse chef des yakuzas. Mais ce n’est pas moi qu’elle regarde, c’est l’homme qui me tient dans ses bras. Son expression ne laisse rien présager de bon. Elle va nous tuer ?

Puis tout s’accélère, les portes s’ouvrent à la volée, des hommes débarquent, une sirène retentit, des cris fusent dans tous les sens. Je ne comprends toujours rien au spectacle auquel j’assiste, mais j’en ai juste assez de tout ça. Une force extérieure m’entraîne avec elle pour m’emmener je-ne-sais-où, le temps que les événements se calment. Ayant perdu tous mes repères temporels, je ne pourrais de dire combien de temps j’ai attendu dans les bras de Zakuro.

Des hommes finissent par s’avancer vers nous et nous demandent comment nous allons. Je tente de répondre, mais la moindre tentative d’inspiration me donne des sensations de brûlures au niveau de la cage thoracique. Ils n’insistent pas et nous accompagnent vers l’extérieur. Moi, je suis porté car je n’arrive visiblement plus à tenir sur mes jambes. Hors de l’entrepôt, je suis séparé du géant. On me rassure, me dit que j’irai bientôt mieux, puis on me couche à l’arrière d’une voiture. La sirène retentit de nouveau, mais cette fois, elle bercera mes songes.

(…)

Quand je me réveille, je me trouve dans une pièce blanche où il fait déjà jour. Je n’ai pas encore eu le temps de demander la date et l’heure à quelqu’un. Une femme sanglote à mon chevet. Je resserre ma main autour de la sienne. Cela faisait longtemps que je n’avais plus entendu ma sœur pleurer. Au fond de moi, je suis désolé de l’inquiéter de la sorte, mais je peine à articler quoi que ce soit, alors mes excuses attendront.

(…)

Les médecins sont formels : je ne garderai pas de grosse séquelle de ma soirée de lutte. On me préconise beaucoup de repos, d’éviter de toucher mes plaies et tout ira bien. Etrangement, je n’ai encore vu aucun policier depuis que je peux de nouveau parler. Je ne vais pas trop m’en plaindre et éviter de parler de cette affaire. En revanche, cela n’a pas calmé ma haine envers Zakuro. Malheureusement pour lui et pour moi, je n’ai rien oublié du jeu dans lequel il m’a entraîné. Un jour, je lui rendrai la monnaie de sa pièce, d’une manière ou d’une autre.


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