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The Future is like a puzzle with missing pieces: difficult to read, and never, never what you think.
 
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 Magic Fork [ Pv Zakuro Fea ]

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MessageSujet: Magic Fork [ Pv Zakuro Fea ]   Mar 28 Avr 2015 - 22:25


Diantre.
Elliott est déjà à cours d’idées quant à sa façon de débarquer dans sa classe. Entrer aurait été plus correct mais c’était tellement moins amusant et il voulait croire que ses apparitions trouveraient un jour une reconnaissance artistique. Après tout pouvait-il seulement se permettre d’agir sobrement ainsi vêtu ? Impossible. Cependant ce problème est à résoudre plus tard car en attendant Monsieur se tient devant la porte de sa classe et devrait songer plus sérieusement à entrer, même si ça se fait sans canons à paillettes. ( Et note à lui-même : tenter de négocier un canon à paillettes auprès de l’administration. )

Good morning !

Qu’il lance joyeusement en ouvrant la porte de la façon la plus simple avant de se diriger jusqu’à son bureau où il s’arrête pour regarder ses élèves avec un sourire. Décidément tous ne sont pas motivés à commencer le cours et certains ne daignent même pas lever la tête pour lui répondre. Le sourire du professeur se fait alors un peu plus crispé : Monsieur est là et exige tous les regards sur lui, évidemment. Mais sa si merveilleuse présence est sûrement masquée par celle d’un géant qui est, heureusement, assis et dont il ne saurait se souvenir. Comment a-t-il réussit à déjà oublier un de ses élèves ? Surtout un qui sort du lot. Pour le coup, Monsieur se résout à jouer la carte de l’ignorance. Après tout il avait juste à faire son cours et tenter d’obtenir un nom à un moment.

Je suis sûr que vos conversations sont très intéressantes. Commença-t-il calmement, Mais le sont-elles vraiment faces à un poème sur une femme qui tue son ex ?

Silence. Bien entendu, Elliott n’en n’attendait pas moins et jubile presque à la vue de certaines moues. Le temps qu’ils s’assoient, le blond pose son sac sur son bureau et commence à en sortir le contenu : les copies du poème, du sirop d’érable, des pancakes coupés en triangles qui trônent fièrement dans un plat horriblement kitch avec des petites fleurs roses. Le cours va être amusant, du moins il se fait un devoir de le rendre.

Je n’avais pas envie de mettre une chemise flanelle mais je suis persuadé que vous pouvez deviner l’origine de notre chère amie Margaret Eleanor Atwood !

Le Professeur tend les copies de They eat out aux élèves du premier rang en les priant de faire passer avant de saisir sa fourchette. Une fois de plus Monsieur doit attendre les élèves, il faut bien qu’ils lisent par eux-mêmes pour commencer, non ? Ils sont bien sûr priés de relever les mots qu’ils ne comprennent pas et de trouver le sujet du poème, sinon le blond sait très bien qu’ils feraient seulement mine de lire. D’autant plus que certains sont légèrement distraits par les pancakes qui doivent être immangeables, vu que le blond les a faits. Il regarde l’heure et laisse échapper un soupir indiscret qui témoigne de son impatience. Seulement cinq minutes se sont écoulées et il ne peut pas arrêter ses élèves qui lui font l’honneur de réfléchir comme en témoigne le bruit des touches pressées et il n’ose pas reprocher à certains de s’entraider. Alors Monsieur en est presque à un stade où il se brosserait les cheveux avec la fourchette pour imiter la Petite Sirène de Disney histoire de passer le temps mais il opte pour se pavaner comme un paon dans les rangées.

Certes, ça ennuie certaines personnes cette petite promenade. Vous savez, quand votre esprit divague un peu trop sur une phrase, que vous pensez tenir une interprétation géniale jusqu’à ce que vous sentiez le regard de votre professeur se poser sur cette phrase que vous jugez maintenant peut être maladroite et pas si fabuleuse. Autant prendre sur soi avec Elliott car il aime, que dis-je, adore voir comment ses élèves se tendent quand il approche. Eh, pour une fois qu’il fait plus peur que rire, Monsieur en profite. Traitez-le de sadique si vous le voulez, mais il considère que faire peur à ses élèves est un droit, et d’ailleurs, il ne va pas se gêner pour les faire sursauter dès que l'aiguille de l'horloge lui donnera le feu vert. Chose qu'elle ne t'attarda pas à faire.

Un nouveau sourire placardé sur le visage, il s’arrête devant l’élève décidément trop grand à son goût en le pointant avec sa fourchette relativement prêt de son visage. Une chance qu’il ne lui ai pas planté les yeux, ç’aurait été dommage car, de plus près, ils sont bleus et Elliott les aime bien. Mais avant de divaguer, il reprit enfin la parole.

You ! Pourrais-tu nous lire le poème et nous dire ce que tu as trouvé avec ton petit camarade ? Nous t’écoutons !

Et c’est satisfait qu’il regagna son bureau, troquant sa fourchette pour un feutre, prêt à écrire les quelques éléments que l’autre voudra bien lui donner.
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Zakuro Fea
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MessageSujet: Re: Magic Fork [ Pv Zakuro Fea ]   Ven 1 Mai 2015 - 0:23

    Air Chrysalis.

    Allongé sur les faïences de la douche, il expire, et l'eau qui tombe sur son visage martèle son esprit qui somnole.
    Les vestiaires sont vides, ce qui justifie sa position. Ailleurs, il n'aurait jamais eu la place de se laisser couché ainsi. Mais la présence des clefs qui bloquent la serrure lui confère une sensation de sécurité qui ne se voit pas troublée pour le moment. Il n'est pas nu, pas totalement ; ses jambes habillées du jogging maintenant imbibé d'eau, qu'il n'a pas ôté. Mais sur sa poitrine où reposent ses mains repliées, à côtés des mèches éparses qui vibrent sous les trombes de gouttelettes à la chute trop lourde, la peau s'inonde, sur le ventre, sur les épaules, sur la gorge, sur la face. Les yeux fermés, plissés, il s'est laissé allé à une rêverie silencieuse qui se termine, tandis que ses muscles se bandent sous la pression de l'eau, et doucement, son visage se détend. Il expire encore, et souffle l'eau qui s'est infiltrée entre ses lèvres. Et puis se relève, en poussant avec ses coudes contre le sol, se plie en deux dans ce mouvement qui vient coller contre son visage les mèches noires et trop longues de ses cheveux trempés. Il ouvre les yeux, l'eau ne coule pas dedans, et au travers des raies noires de la chevelure, il observe le mur d'en face, aux carreaux d'un blanc délavé.
    Et la forme abstraite de son reflet éloigné lui arrache un sourire. Il se relève, et rejette en arrière ses cheveux. La pause est terminée. Suffocation aquatique achevée.

    (…)

    Le portable vibre dans sa main, à l'instant où il le rangeait dans sa poche, et en orientant de nouveau l'écran vers ses yeux, il lit le sms envoyé par Matsumoto, qui lui demande de jouer le rôle de tuteur. En repoussant son sac sur sa hanche, levant les yeux au ciel pour un soupir muet, Zakuro fait demi tour, et s'en retourne vers l'aile ouest des bâtiments. Il n'a pas cours, de toutes façons, mais devoir accompagner de jeunes adolescents en travers les couloirs du lycée pour les faire se rendre aux cours de leur programme n'est pas dans la liste de ses motivations principales. Il amène le portable à son oreille, après la composition du numéro adéquat, et en se rendant lentement vers les lieux indiqués, il s'excuse auprès de Kojiro, lui précisant qu'il ne pourra pas passer l'après-midi avec lui. Écoulement lent du temps en prévention.

    (…)

    « Littérature. »

    L'intonation est neutre, mais les jeunes n'osent rien répondre. À peine des hochements de tête, qui lui font se souvenir de ses propres expériences de premières années au lycée, et des tuteurs d'accompagnement. Il ne se serait pas imaginé dans ce rôle là, et il relève les yeux, lentement, pour observer l'horloge qui, au bout du couloir, affiche qu'il sera bientôt l'heure d'entrer en classe. Il récupère leur nom, encore une fois, fait détacher les kanji, par curiosité de découverte des pseudonyme, puis en remarquant que le professeur n'arrive pas, les fait simplement entrer en classe. Il pourrait leur demander le silence ou le calme, mais il n'est pas particulièrement motivé et va simplement s'asseoir à son tour. Une perdition rapide des minutes, qui s'accumulent en un total de cinq avant que la porte ne s'ouvre, ne dévoilant un personnage haut en couleur. Si Zakuro n'avait pas été concentré à cet instant là, il aurait presque pu croire, une demie de demie seconde qu'il s'agissait de Joshua venu s'amuser avec des lycéens.
    Un « Good morning » projeté du bout des lèvres, un sourire à tout casser, -même la porte-, et des couleurs trop flashy pour être considérées comme habillement par une personne saine, normale. Et assurément, ce nouveau professeur n'est tout simplement pas normal. Et sitôt ce constat fait, Zakuro tord ses lèvres en une moue amusée. Cet homme lui plaît bien, dans la surface de ce qu'il présente, mais reste maintenant à découvrir ce qu'il représente. La manière dont il harponne ses élèves fait étirer le sourire de Zakuro qui redresse son dos, progressivement intéressé par cet individu en jaune.

    Jaune.

    Voilà une couleur qui n'était pas représenté dans son camaïeu humain. Bonjour monsieur, bienvenue dans mes pensées. Zakuro cesse de sourire, pour se concentrer. A côté de lui, les élèves ont été irradiés par le charisme bigarré de l'homme qui offre en spectacle la vision d'une nourriture canadienne. Il imagine le sourire de Joshua devant cette représentation patriotique à l'honneur de l'oeuvre qu'ils vont étudier, et Zakuro, en faisant glisser ses doigts sur la surface poreuse de son papier, se dit qu'il gardera du pancake pour son québécois. L'homme poursuit. Ses diatribes s'envolant dans une esquisse d'une auteur qu'il visualise vaguement comme une occidentale aux cheveux trop bouclés pour que cela ne lui donne pas envie de l'apprécier. Il sourit, encore, mais plus discrètement cette fois, et s'imagine, le soir même, couché entre les bras de Joshua, à lui dire « Ce professeur met de l'eye-liner, ce professeur distribue des pancake et Peggy Atwood a des cheveux dans lesquels je passerais mes doigts durant des heures. »
    Il se penche sur le polycopié qui est tombé devant lui, et en s'approchant d'un jeune qui a l'air paumé, il commence l'exercice en silence, en lui intimant de l'imiter. Du bout de leur marqueur, ils commencent à peinturlurer la feuille, -lui beaucoup moins que le gamin, et ça le rend fier de constater qu'il y a pire que lui en anglais-, jusqu'à ce que le professeur vienne tendre son aura au dessus de lui. C'est d'abord un contact des mei, le jaune qui étale sa présence en venant heurter celle de Zakuro, alors qu'ils sont encore à plusieurs pas de distance. Mais quand le prof vient directement se pencher au dessus de lui, c'est un affrontement entre le jaune et le bleu, et une fourchette se charge des présentations. Les yeux rivés sur l'homme, Zakuro a retenu un réflexe trop rapide, s'interdisant de saisir l'arme de cuisine, pour simplement se concentrer. L'homme ne dégage pas d'impression meurtrières, et le rônin a la satisfaction de sa propre tranquillité. Le zanshin qui s'établit dans son esprit est maintenant parfaitement équilibré. Il respire simplement.

    Lire de l'anglais est un autre type de combat.
    Il abaisse les yeux, cessant le contact visuel avec l'homme, celui-ci bien trop jeune pour que Zakuro ne veuille pas y voir un individu qu'il cadrera sans doute différement qu'avec l'étiquette « professeur », et en se levant, il récupère le polycopié, et entrouvre les lèvres.

    « Je tiens à préciser que mon anglais va vous catastropher. »

    Et son sourire apparaît, large, pointu, profondément amusé, et il commence à lire, tranquillement. Des « resutorantu », « arugû », « ssout » et « wesser », « torufu », « Supurendurudo Singu » et « borudomu », et sa voix qui rit dans le dernier vers, s'éclatant dans l'ambition mortelle d'un mari massacré, et c'est la fin, et la plupart des élèves ne s'inquiètent pas de son accent, pour avoir le même, tandis que l'autre essaie encore de comprendre où s'achève et comment se termine ce poème. Il abaisse la feuille, le rire allumé au fond de ses prunelles.

    « J'aime beaucoup l'idée de dévorer les êtres humains qui nous ont déçus ou trahit, personnellement. Ce n'est que mon avis, mais si ça ne tenait qu'à moi, mon régime de viande aurait assurément pris des proportions importantes. »

    Et il sourit, comme un beau diable, en repensant à ces scènes de violence qu'il caresse de sa conscience.

__________________________________________________

Le bleu. Tu es le ciel qui surplombe la terre, qui grise le regard des gens en quête de réponses ou d’atmosphère. Tu es l’intemporalité qui veille sur la planète, qui transcende l’existence sans pour autant la manipuler, sans pour autant se l’approprier. » K. J. M
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MessageSujet: Re: Magic Fork [ Pv Zakuro Fea ]   Ven 1 Mai 2015 - 23:22


A la promesse d’une lecture qui ferait grimacer le professeur, ce dernier réprime un rire pour écouter attentivement ce que son élève lui propose, un immense sourire placardé au visage. Elliott se concentre pour le suivre car s’il parle anglais et japonais, son ouïe ne tolère pas encore l’un avec l’accent de l’autre. Cependant la bienveillance est maîtresse des lieux et Monsieur ne fait aucun commentaire, laissant son élève finir après un rire qui surprend le blond.
Cet élève est une source d’amusement pour le professeur, définitivement. Son interprétation du texte le témoigne et Elliott répond à son sourire par un rire étouffée derrière sa main gantée. Il note l’élément de réponse sur le tableau avant de se retourner vers la classe, la parcourant du regard pour se délecter de certaines mines mal à l’aise et d’autres décontenancées. Il doit bien avouer ne pas avoir prévu une telle réponse dès le début du cours mais ça ne le dérange pas le moins du monde. Au contraire.

Interesting, even though I think that she didn’t eat him, yet.

Ceci déclaré, le professeur prend son exemplaire et reprend la lecture à partir « you hang suspended above the city ». Il essaye d’être clair, lui aussi ayant des problèmes avec son accent qui confond le ‘e’ et le ‘i’, avec une certaine dureté qui ne garantit pas une lecture fluide. Au moins ses élèves pourront toujours relativiser en se disant que « hey, l’accent britannique y’a que ça de vrai et même le professeur ne l’aura jamais ». Constat aussi rude que vrai.

Des collants bleus, une cape rouge, la capacité de voler, des yeux qui flashent.. Notre cher ami devient..

Et même s’il laisse la classe chercher la comparaison, le professeur commence à ôter sa veste comme s’il avait d’autres préoccupations en tête. Il hume doucement quand une voix tente une réponse, correcte au passage, mais ne s’arrête pas alors qu’il ôte son nœud papillon et en vient à déboutonner sa chemise pour laisser apparaître non pas son torse mâte mais un t-shirt bleu avec le symbole du super héros.

Congrats, you have hit the bull’s eye !

Une série de sincères applaudissements suivent l’exclamation du professeur qui semble s’amuser du bruit que font ses mains. Il offre un sourire bien trop grand pour ne pas lui faire mal aux joues, un sourire presque tordu qui fait contraste avec ses applaudissements tant il fait faux. Tout est faux, qu’il se rappelle, tout ceci est une simple prestation. Et the show must go on, right ?
Elliott jette un œil à l’horloge et juge qu’il serait mieux pour tout le monde qu’il leur donne un véritable fil directeur. C’est donc dans un instant de sérieux prodigieux que le professeur se lance dans des explications : l’auteure souvent considérée comme féministe à cause de ses textes abordant bien souvent la question des genres, et le fait qu'au final c'est elle -la femme- qui tire les ficelles de celui qu’elle compare à un de ces ballons publicitaires ridicules. Parfois la mine d’Elliott se décompose un bref instant dans une grimace avant qu’il retrouve ses mots et reprenne de plus belle, agitant son feutre dans tous les sens et qui retrouve parfois la surface du tableau pour écrire du vocabulaire ou un mot sur lequel sa langue butte.

Et quand monsieur a enfin terminé son monologue, il en a presque du mal à respirer calmement, les joues rosies d’embarras.  

Restons en japonais pour la fin. Accorde-t-il dans un soupir avant de continuer, Discutons juste d’un point et après vous aurez des pancakes pendant que je note la leçon avant de passer dans les rangs pour répondre aux questions.

Une fois le programme pour ce qu’il restait du cours décrété, le professeur rajoute au tableau abusé de mots en pagailles la phrase suivante : « how did she make him immortal ? » Simple, sans réel besoin du texte sous les yeux, la question est à la portée de tous mais les yeux du blond sont rivés sur le même élève, curieux. S’il répondait, serait-il vraiment simple, lui ? Elliott veut croire que non, qu’il va se lancer dans une explication presque macabre qui le fera rire intérieurement. Elliott veut plus que croire même, alors il ouvre la bouche pour demander ce que toute la classe a déjà sûrement anticipé.

Ton avis là-dessus ?

Il aurait pu rajouter un nom, mais il n’en n’a pas. De toute façon, personne ne peut se tromper sur le destinataire de sa question, n’est-ce pas ? Mais pour en être sûr, il soutient son regard, attendant avec une impatience enfantine des phrases auxquelles sa pensée refuse ne serait-ce que d’en esquisser les mots clés pour lui laisser une surprise absolue.
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Zakuro Fea
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MessageSujet: Re: Magic Fork [ Pv Zakuro Fea ]   Dim 10 Mai 2015 - 22:00

    ▬ Interesting, even though I think that she didn’t eat him, yet.

    Et dans son anglais déclamé, le professeur dégaine son texte dont il vient réciter avec virtuose une sonorité plus maitrisée pour recouvrir l'ambiance de la classe par des entrelacs lettrés une composition de mots et de sonorités. Les prunelles céruléennes découvrent les formations de modulations prononcées accompagnées par l'odeur racée d'une écriture artificielle qui a recouvert le tableau quelques temps auparavant,  tandis que l'anglais compressé sous l'orifice bucal crisse comme un animal que l'on torture, pour le bon plaisir des sens estudiantins. Zakuro observe, Zakuro se questionne, ses lèvres restent closes, et il écoute avec un léger sourire ce que le professeur marmonne. Des articulations suspectes pour ses prononciations handicapées, mais Zakuro ne peut que reconnaître qu'il ne saurait égaler ce niveau. Un jour peut-être ? Pas vraiment, il n'est pas motivé à l'idée d'atteindre une perfection de la langue. De toutes façons, ce que déclame le professeur trop jeune pour lui est joli à l'oreille, assurément. Cela ne ressemble en rien à l'accent de son britannique de père, mais au moins, ça lui paraît joli.
    Il a décidé qu'il resterait une bille en anglais toute sa vie.

    ▬ Des collants bleus, une cape rouge, la capacité de voler, des yeux qui flashent.. Notre cher ami devient..

    Superman.

    Le professeur ne prononce pourtant pas le mot dont la venue semblait imminente, et Zakuro observe, avec une fascination surprise, l'homme se dévêtir. D'abord un nœud papillon dont le velours glisse entre ses doigts, en ce chuintement si particulier du tissu qui fait considérer Zakuro l'homme avec une envie brusque de l'attraper entre ses doigts pour s'assurer qu'il est bien réel, bien présent, tellement il se révèle fascinant. Non, parce que un professeur qui se déshabille devant eux, en portant de l'eye-liner, ça lui donne envie de le ficher dans un sac, de le kidnapper, et d'aller l'étudier tranquillement dans un endroit éloigné. Le « S » trop connu apparaît, américanisme attendu et reconnu. Zakuro se mord les lèvres. Il a presque envie de se pincer pour s'assurer de la réalité des choses. C'est singulier.


    ▬ Congrats, you have hit the bull’s eye !

    Zakuro ne saisit pas le sens de « hit », et ce genre de méconnaissance syntaxicale lui déroge la compréhension complète de la phrase. Des yeux de taureau. Il cherche à imaginer la face de l'homme qui a pu vouloir imiter le cliché de Clark Kent, tandis que l'homme devant lui est salué dans sa prestation. Lui est simplement surpris. Il a la sensation que Peggy Atwood s'est délécté à transmettre cette dynamique machiste de l'homme qui se croit plus puissant, avec son S doré sur la poitrine. Orgueil d'un jugement du genre trop vite préparé, il y a des extrémismes dans la recherche de correspondance à l'identité. Et le genre est une question trop vaste. Lui même s'y perd un peu parfois, mais par chance, il cotoie un fabuleux représentants de l'unicité irrégulière des pangenres. Zakuro sourit. Il s'imagine murmurer : « Tu sais, Kohaku, aujourd'hui, je me suis rendu compte que j'avais oublié toute ma vie durant de correspondre au stéréotype macho. » Peut-être bien. Il ne sait pas trop comment se positionner vis à vis de cela. Il vit, et marche pas après pas. On le jugerait sans doute trop vite, comme n'importe qui. Margaret Atwood ne serait peut-être pas n'importe qui, mais il doute la rencontrer un jour. Et pour le coup, ce progressivisme masculin qui déséquilibre deux parties de l'humanité révèle un disfonctionnement de la société. Il gronde, pour la forme, tandis que le professeur se met à parler, à griffonner, et à agiter toute la classe en un changement de rythme par rapport à l'exercice. Ah, songe Zakuro, pour le coup, il n'a pas envie de se laisser porter par celui-ci, de rythme, justement. Il préfère l'idée d'observer, le bout de son crayon tapant mollement contre le coin de sa feuille, en un claquement sévère de son jugement sur le tableau. Que faudrait-il vraiment en penser ? Les mots du professeur changent brusquement de sonorité. Un japonais plus marqué, qui fait relever les yeux de Zakuro jusqu'à ceux bordés par un trait d'eye-liner.
    Contre le tableau blanc, la pointe appuyée établit un questionnement que Zakuro évalue des yeux et de la pensée. Il y a une pensée, facile, qu'il réfute, mais qui persiste à flaner dans son esprit, et du coup, il se met à l'analyser, en se demandant s'il n'y a pas plus profond derrière. Il observe la syntaxe aux valeurs féministes de la poétesse.


    ▬ Ton avis là-dessus ?

    Zakuro se fait surprendre par l'interrogation. Il relève les yeux, centre d'attention du reste de la classe, et hésite un instant. Il n'est pas sûr de lui, et étrangement, se sent trop impliqué par les valeurs que cette femme défend pour avoir envie de fournir une réponse rapide. Il se laisse le temps de trouver ses mots, en rabaissant les yeux.

    « L'homme qui se veut immortel est avant tout l'homme qui peut prétendre avoir eu une progéniture, dans laquelle il se projette, comme une descendance de lui-même. Je ne crois pas que ce soit ce que Margaret Atwood approuve là dedans. Elle ne l'immortalise pas en se considérant comme une reproductrice portant les gènes de l'homme, elle semble plutôt le caricaturer. »

    Il a une moue dubitative, qui témoigne de son indécision. Il fouille ses pensées, sonde les images dans lesquelles il apperçoit des utérus sanguinolents et des pénis trop dépravés.

    « J'ai envie de croire qu'elle l'immortalise en ne faisant de lui qu'une figure trop exagérée de ce que certains individus se croient devoir être. Quand elle écrit : « The other diners regard you some with awe, some only with bordom: // they cannot decide if you are a new weapon or only a new advertisement. », je considère qu'elle représente l'état d'esprit d'un public ayant évolué par rapport aux mentalités sexistes, et que cet homme est catégorisé. »

    Mais il sait que ce n'est pas vraiment ça non plus, simplement le haut de l'iceberg de son idée. Il se laisse distraire, pour le coup, par l'eye-liner brillant de Monsieur Mayol, dont les prunelles le déconcentrent. Zakuro se force à étirer son analyse, qu'il ne sait que trop peu brillante, pour une question aux valeurs de la société. Il se mord les lèvres. Il n'y a plus de sourire, il prend la question beaucoup trop au sérieux, avec la sensation d'être acculé à l'assaut d'une réflexion dont il veut deviner le vrai du faux.
    L'immortalité n'existe pas.

    « Je ne sais pas. »

    Et ennuyé, il baisse les yeux.
    En vérité, il voudrait dire que l'homme est immortalisé par le simple fait qu'il soit une figure appartenant à la littérature. Qu'il est immortalisé parce qu'il rêve d'une existence surnaturelle incarnée par la figure du superhéros, par le contrôle de la femme sur le sexe, et surtout par l'idée que ce soit elle qui impose la réalité de l'histoire.
    Et puis finalement.

    « L'immortalité n'existe pas. Et il en a conscience. Lorsque l'homme est face à la mort, il se rend compte de sa propre contingence, et cette idée le terrifie. Si le concept d'immortalité a été inventé par les hommes, c'est peut-être comme un moyen de lutter contre la terreur que peut représenter l'idée de disparaître de la surface de la terre sans que cela n'y change quoique ce soit. C'est pour cela que l'homme qui recherche l'immortalité exprime une des angoisses humaines : parce qu'il sait que la mort va le prendre, et qu'il ne sera ni le premier, ni le dernier, qu'il ne représente rien, parce qu'il s'agit d'un cycle dans lequel il est dévoré. Un homme face à la mort est un homme face à l'inconnu, et l'homme craint avant tout l'inconnu, parce qu'il ne le domine pas. Elle l'immortalise par le sexe, laquelle est assurément un des domaines de maîtrise de l'homme. »

    Un instant de silence, et puis Zakuro soupire.

    « … Je suis désolé, je n'ai pas du tout l'impression d'avoir été clair. De toutes évidences, même mon japonais devient catastrophique. »

    Le problème, c'est qu'il doute que beaucoup le comprenne, dans cette classe. Ils ont seize ans et dix huit ans, et certains ont déjà du avoir des expériences sexuelles. Le problème, pour lui, c'est qu'il ne l'a jamais fait avec quelqu'un ayant un vagin, et que du coup, il a énormément de mal à se dire que cela peut créer une différenciation totale par rapport à sa propre expérience et celle de l'homme qui va finir tué pour son orgueil, dans le poème. Zakuro pourrait parler de la mort, de l'immortalité, de la violence des tueries et de comment réduire à rien l'existence d'un simple individu. Il connaît, il a vécu. Mais ce poème se dresse en face de lui comme un animal non offensif qui lui pose pourtant beaucoup plus de problème qu'un adversaire de combat, ou un preneur d'otage avec un revolver en main. Il croise ses doigts entre eux, joignant ses mains, les yeux bleus scrutant le tableau.

    « … Je serais vraiment déçu si ce n'était qu'une histoire de passation de gènes, d'immortalisation de la race par la reproduction. »

    Il est sincère. Et dans sa voix, il y a un murmure, fantôme discret de ce sentiment qu'il ne veut voir révéler. Ce n'est qu'un cours, après tout. Mais Zakuro ne se sent brusquement plus du tout à l'aise.

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Le bleu. Tu es le ciel qui surplombe la terre, qui grise le regard des gens en quête de réponses ou d’atmosphère. Tu es l’intemporalité qui veille sur la planète, qui transcende l’existence sans pour autant la manipuler, sans pour autant se l’approprier. » K. J. M
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MessageSujet: Re: Magic Fork [ Pv Zakuro Fea ]   Jeu 21 Mai 2015 - 23:05


Elliott est stupide. Peut-être, sûrement, il semblerait. Ou il est simplement d’une nature excessivement gaie et ne peut s’empêcher de jubiler devant son élève. Paye ta crédibilité mon vieux. Le jour où il regrettera son comportement n’est pas prêt d’arriver, il ne s’en sent pas d’humeurs. Courage cher lycée Keimoo.
En attendant l’objet, la personne de toute son attention commence à formuler une réponse et Elliott manque de pousser un petit cri de satisfaction. Il ne peut pas, du moins pas avant d’avoir tout écouté.

« L'homme qui se veut immortel est avant tout l'homme qui peut prétendre avoir eu une progéniture, dans laquelle il se projette, comme une descendance de lui-même. Je ne crois pas que ce soit ce que Margaret Atwood approuve là dedans. Elle ne l'immortalise pas en se considérant comme une reproductrice portant les gènes de l'homme, elle semble plutôt le caricaturer. »

Mais c’est qu’il va en pleurer. Il va loin, il va tellement plus loin de ce que le programme attend de lui et c’est ce qui intéresse le professeur. S’il arrive à passer l’année sans embêter le lycéen pour tenter de décortiquer la façon dont ses méninges fonctionnent, ce sera une victoire personnelle. Une victoire oui, car il n’est vraiment pas sûr de savoir, de pouvoir réussir. Le regard du blond se pose sur le visage de son élève tentant d’au moins en déchiffrer les secrets mais seule son indécision passe avant qu’il reprenne.

L’élève parle beaucoup. Certains diront qu’il parle trop mais certains ne sont pas Elliott. Le professeur se délecte de la suite de son analyse comme un enfant boit les paroles d’un parent qui lit un conte. Est-ce normal d’être captivé par de simples mots ? Bien sûr. Bien sûr qu’il veut croire. Cependant il semblerait qu’il a trop stimulé l’élève sur la question, aussi le silence retombe et son visage lui offre une nouvelle déclaration que sa voix oralise :

« Je ne sais pas. »

Le blond a peut-être lâchement un couinement de surprise, peut-être. Cela reste entre nous et les élèves qui hésitent à rire au vu de l’atmosphère sérieuse qui plombe l’air de la salle. En tout cas cette chute pour le moins inattendue déconcerte le professeur qui ne sait pas vraiment quoi faire. Lui tirer les joues en lui disant que la vie continue ? Heureusement que l’anormalement grand et intéressant brun se remet à parler avant que le blond ne fasse quelque chose de stupide.

Le spectacle continue au fur et à mesure que la bouche de l’élève mâche des mots, laisse tomber des phrases qui tentent, avec la maladresse du manque de préparation, d’expliciter, de continuer sa réponse. Elliott est bouche bée et, franchement, n’a pas tout retenu. Juste les grandes lignes mais ça lui est suffisant. Il aura juste à attendre un contrôle pour conserver et photocopier les divagations si uniquement étranges du brun. Ainsi, il pourra lire et relire ses explications, prêtant une attention particulière à chacun des mots pour en percer tous les sous-entendus et la portée.

Il peut aussi combler ses week-ends en jouant au sudoku mais c’est nettement moins amusant.

Enfin, après un silence, il termine et le blond ne peut s’empêcher de retrouver un sourire indécis qui lui fait horriblement mal aux joues.

« … Je suis désolé, je n'ai pas du tout l'impression d'avoir été clair. De toutes évidences, même mon japonais devient catastrophique. »

Dans un élan de sympathie, le professeur secoue doucement la tête. Il aimerait dire que ce n’est pas grave et couvrir son élève de milles compliments mais il en a perdu sa voix et la pression de ses mots coincés dans sa gorge ne peuvent s’exprimer que via un sourire trop grand. Il a presque besoin que quelque chose d’irrationnel arrive pour qu’il puisse reprendre ses esprits. Mais rien n’arrive et le professeur resta là, cherchant désespérément du soutien dans le regard de sa classe. Il a besoin de reprendre pieds, qu’avait-il décrété d’ailleurs après cette question ? Bien, il n’en souvient plus et hors de question de l’avouer.
Il n’avouera pas non plus avoir été plus animé par les paroles d’un lycéen que par son admission à Keimoo, mais soit.

« … Je serais vraiment déçu si ce n'était qu'une histoire de passation de gènes, d'immortalisation de la race par la reproduction. »

Le professeur cligne des yeux, surpris. Et malgré le ton qu’adopte le brun, Elliott rigole. Du moins son sourire se craquèle, sa mine se décompose comme devant une scène horrible, puis les coins de ses lèvres remontent à nouveau et il explose littéralement de rire. Il a mal aux côtes, sa voix se casse et il sent que les larmes lui perlent assez aux yeux pour ruiner son maquillage.

Precious little one.

Little n’est sans doute pas adapté au gabarit de l’autre mais c’est tout ce qu’il a réussi à dire entre deux pouffements. Il a besoin de se calmer et n’hésite pas à ouvrir les fenêtres en grands tout en bougonnant / rigolant sur ô combien il doit avoir une mine affreuse et serait sûrement aussi élégant qu’une sorcière. Ceci fait, il fait son chemin jusqu’à la table de son élève, espérant ne pas l’avoir vexé par un tel comportement. C’est qu’il avait besoin de relâcher une horde d’émotions et le rire lui avait semblé le plus approprié.

Il se met juste devant l’autre, pose les deux mains sur sa table et s’assure de bien le forcer à le regarder dans les yeux pour finalement reprendre d’une façon un peu plus correcte.

Ne t’en fais donc pas, la réponse que votre examinateur attendra sûrement est on ne peut plus banale et loin de ce que tu as dit.

Ce qui est pour les mieux’ qu’il s’empêche de rajouter mais il lui offre un clin d’œil pour compenser ce morceau de sa phrase et.. Ah, le cache-œil.

Cela ne se voit pas, mais je te fais un clin d’œil amical.

Il clos ses yeux –ou son, qui sait-, prend son menton dans sa main et hume de satisfaction. Est-il détenteur de la capacité de concentration d’un enfant de six ans ? Vraisemblablement. Et il s’en rend compte, ce personnage dont les actions déconcertantes ne lui facilitent pas non plus la tâche, le laissant divaguer alors qu’il était en pleine conversation. Il décide de reprendre conscience du paysage qu’est sa classe et tourne en direction de son bureau.

C’était excessivement distrayant. J’ai hâte de te lire. Pour vous autres, sachez qu’on vous demandera toujours de faire du concis, d’aller droit au but. Mais si vous me faites une analyse personnelle en fin de copie, même courte, je saurai me montrer bon lecteur et généreux correcteur.

Ses lèvres se tordent à nouveau dans un rictus qui se veut égaler celui du chat de Cheshire. Et, d’ailleurs, c’est en regardant la classe avec cet air de gros matou satisfait que le blond attend de se faire rappeler à l’ordre pour la suite des événements. Une œillade sur les pancakes lui fait dire que c’est ce dont il devrait se charger en premier. Aussi les sert-il avant de s’installer confortablement dans sa chaise, laissant le temps passer et laissant ses doigts taper le numéro des urgences.

Sait-on jamais.
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MessageSujet: Re: Magic Fork [ Pv Zakuro Fea ]   Sam 30 Mai 2015 - 23:28

    Il a lu autrefois un auteur détestable, un Rabelais amusé, qui disait que rire était le propre de l'homme. La définition du père de Pantagruel ricoche à ces mots que le professeur a prononcé, et Zakuro a les prunelles fendues et le fard aux joues devant cette définition que l'autre appose sur lui. Precious little one ? Il ne veut établir un rappel à quand est-ce qu'on l'a désigné, et en anglais, d'autant plus, car il sait que le visage de Joshua finirait forcément par prendre le pas sur le reste de ses pensées. L'autre rit, et Zakuro papillonne des yeux, un peu étonné. Mais à défaut de la moquerie dont certains le voient déjà être couvert, il discerne un amusement dont il ne se sent pas attaqué. Il n'y a pas d'agressivité dans cette attitude ubuesque aux penchants graves. Zakuro observe, comme les autres, mais avec cette pointe de défiance pour le reste de la classe, le professeur qui s'en va ouvrir les fenêtres. Le rire court et vole, timidement repris par certains petits idiots qu'un regard clair de Zakuro sait éteindre, presque violemment. Il accepte que le professeur rit, mais pas eux, car eux même ne connaissent pas, ne comprennent pas, pas plus que lui, la signification de ce rire. Il hésite à se mettre à gronder, mais considère finalement, en voyant l'homme revenir, -l'homme qui paraît avoir presque son âge-, de considérer avec satisfaction qu'il n'y a pas non plus d'affront, et son zenshin reste équilibré, son visage conservant une expression un peu désabusée. Il est toutefois indécis, comme un guerrier qui hésite à tirer sa lame devant lui, mais immatériellement, le sabre reste rangé dans le fourreau, les doigts mentaux déposés prudemment sur le rebord de la garde.

    L'autre vient se mettre face à lui, et Zakuro pose son regard sur un œil, unique, trop sombre mais ambré, d'un homme qui revêterait à merveille les définitions et closures d'un jaune que Zakuro adorerait le voir interpréter. Zakuro songe que l'autre a l'oeil plus asiatique que lui ne les a. Il devine, dans les filaments d'or que présente l'unique iris, une appartenance très éloignée au continent qu'ils foulent présentement, cependant. Un sourire se glisse sur les lèvres de Zakuro, tandis que l'homme, qui a posé ses mains sur la table face à lui, établit un contact rapproché. S'il dégainait son sabre mental, sûr que Zakuro pourrait le décapiter, et pour un peu, mieux regarder ses yeux. L'autre lui sourit aussi. La réponse glisse sur lui sans qu'il n'y accorde vraiment d'importance, mais ses muscles se détendent imperceptiblement, et du coup, les idiots qui se sont vus rire se rengorgent, dans la satisfaction opiniâtre du brun.  

    Cela ne se voit pas, mais je te fais un clin d’œil amical.

    Un sourire, nettement plus marqué, apparaît sur les lèvres de Zakuro, déchirant son indécision. Les sabres et les fourreaux disparaissent, remplacés par une envie folle de soulever le cache-oeil, pour y considérer ce que l'objet cache. Le professeur laisse des mots craqueler le silence, dans une explication pédagogique que Zakuro fait mine d'absorber d'une oreille attentive, mais tandis que l'autre choisit de retourner à son bureau pour s'approcher des pancakes qu'il va leur servir, les yeux bleus accrochent la silhouette de l'autre, et cherche à deviner comment il peut dépasser l'entendement trop professoral des lieux et de l'instant. Pour un peu, il envisagerait presque le kidnapper, et, reminescence moqueuse, le mettre dans un sac pour l'emporter loin d'ici. La running gag le pousse à attraper l'assiette que l'on se passe, du bout des doigts, en saisissant un pancake au passage, avant de le passer à son voisin, et puis finalement, se lever, pour rejoindre le bureau, tandis que les élèves discutent entre eux, la nourriture les faisant se concentrer sur autre chose qu'une attitude studieuse à adopter. Zakuro dépose ses doigts sur le bureau de l'homme, comme pour marquer son arrivée, et sa hanche appuie contre le meuble, tandis qu'il penche la tête, pour observer l'autre, appréciant avec une sorte de sadisme éphémère l'idée qu'il y a plus de trente centimètres entre le haut du crâne de l'homme et le sien. Et puis ses yeux se plissent, et avec une tendresse inexpliquée, Zakuro savoure la couleur foncée de la peau de son homologue. Une peau entretenue, dont la couleur aux nuances exotiques lui offre l'impression que l'autre pourrait bien être un oiseau d'une île étrangère, dont il ne peut, dont il ne veut imaginer le nom. Comme un animal rire qu'il a vu se moquer de lui mais sans la moindre méchanceté, Zakuro veut franchir le pas du rire pour justifier ses sourires, et s'engager dans une observation plus pratique, plus clinique de l'autre. Ses doigts secouent le pancake intouché, ses yeux parcourent le corps de l'autre, ses habits, ses angles, et ses couleurs. La peau mâte lui donne une envie de caramel, ou de chocolat, et c'est le goût du sirop d'érable qui s'installe paisiblement sur le bout de sa langue, étirant ses lèvres en un sourire qu'il automatise, et qu'il brusque, tord et sensibilise parfois pour Joshua.

    « Du coup ... »

    Il secoue son pancake, comme un chat le ferait avec la queue, d'un mouvement nerveux, excité, presque énervé, malgré le sourire grave qui barre son visage, dans un masque à l'expression quasiment polie.

    « Quelle était la réponse scolaire ? »

    J'aime beaucoup la couleur de votre peau. Totalement différente de celle que j'aime caresser. Zakuro hausse les sourcils, pressant ses phalanges sur la pâte claire qu'il déforme entre ses doigts. Ses prunelles sont fendues en un intérêt tout sanguin. Joshua aurait déjà arraché le cache-oeil. En faux samuraï qui se respecte, il se retient. A la place, il oriente l'axe de son épaule, pour se pencher un peu plus bas vers l'autre, et s'assurer que les élèves n'entendront pas.

    « Monsieur, je voudrais un rencard avec vous. »

    Parce que non, étant étudiant, il ne reviendra pas à ces cours de littérature, quand bien même la jolie peau de l'autre vaudrait toutes les études d'Emma Bovary et de Paul Eluard.

    « Vous me laisseriez vous inviter à un rendez-vous ? »

    Le mot est français, prononcé dans un sourire japonais.

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MessageSujet: Re: Magic Fork [ Pv Zakuro Fea ]   Lun 1 Juin 2015 - 20:29


Au fond, le professeur espérait un peu que la nourriture occupe les esprits de ses élèves loin des interrogations que le texte aurait pu leur faire soulever, histoire de prendre du temps pour penser à son cours suivant. Mais il est censé leur accorder ce temps à eux, et surtout à celui qui se présente devant son bureau, perché sur toute sa longueur jusqu’à ce qu’il s’appuie contre la table et penche sa tête vers lui. Elliott ne devrait sûrement pas, mais il se sent mal à l’aise de par la proximité du brun –véritablement trop grand- et l’inspection qu’il semble lui offrir. Monsieur s’en passerait volontiers mais ne dit rien, attendant sagement que l’élève daigne expliquer la raison de présence, laissant son regard se balader sur l’autre puisqu'il n’a rien de mieux à faire.

Il maudirait presque son cache-œil et ce qu’il lui ôte de le forcer à pencher sa tête pour avoir une meilleure vue.

Il craint un instant que le brun vienne juste le perturber et il aimerait lui dire d’éviter de mettre du sirop d’érable sur ses copies en craquant un sourire pour briser le silence. Mais c’est lui qui va parler en premier avec un sourire qui laissera toutes les phrases du blond se cacher dans sa gorge comme soudainement prises d’une timidité qu'il ne saurait expliquer. Elliott n’aime pas la tournure des choses. Il n’est pas non plus adepte des personnes qui jouent avec de la nourriture aussi près de lui cependant il fera une exception pour la question de son élève qui lui redonne une soudaine envie de rire.

« Quelle était la réponse scolaire ? »

Pouvait-il attendre autre chose de sa part ? Cela aurait dû être prévisible et rend donc la scène encore plus risible. Il voudrait répondre de façon lente pour voir l’effet que la taquinerie et l’attente produirait sur le visage de l’élève, pourtant il s’en abstiendra puisqu'il semble que l’autre l’ai déjà quitté pour rêvasser.

Et asséner le coup final après s’être un peu plus rapproché.

Le professeur manque de s’étouffer, cligne violemment de l’œil et offre un regard incrédule à celui qui, il espère, a mal formulé sa phrase. Il ose même prétendre ne pas avoir comprit.

« Vous me laisseriez vous inviter à un rendez-vous ? »

Un rendez-vous ?
Elliott est indéniablement surpris, peut-être pas aussi agréablement que sa nature le présagerait, mais il tente un sourire qui ne cesse de sauter aux coins de ses lèvres. Le professeur aurait-il déjà perdu son statut d'adulte respectable auxquelles mêmes ses actions les plus amicales ne devraient pas entacher l'inaccessibilité de sa personne ? Il blâme ses oreilles mais l'élève a été clair en le disant deux fois avec l’utilisation d’un synonyme pour clarifier sa demande. La mine du blond indique clairement qu'il est contrarié mais il se force un petit rire en attendant d'organiser ses pensées pour répondre convenablement à son élève. Aussi se met-il en retrait dans son fauteuil avant de saisir son menton avec une de ses mains gantées pour le caresser histoire de mimer une intense réflexion.

Si l'élève l'intéresse hautement, il n'est clairement pas professionnel d'accepter une telle proposition, aussi tentante soit-elle. Puis, le côté amateur de théories d'Elliott fulmine. Doit-il relier tous les éléments entre eux ? Le fait qu'il ne se souvienne du brun, qu'il s'avère aussi intéressant et qu'il veuille un rendez-vous ? Tu es mille fois trop parano qu'il se reproche mentalement. Oh, un peu. Cependant, comme cela lui semble être un test, le blond va choisir ses mots avec la méticulosité de Flaubert. Avec moins de temps et de brouillons mais l’idée est là.

▬ Je suis flatté~.

Souffle-t-il alors dans ce qui se veut être un sourire. Certes, il ne semblait pas l'être il y a de ça quelques minutes mais Monsieur avait ses raisons. Il se penche donc pour récupérer l'allure cachottière de son élève pour continuer ainsi de formuler sa réponse, sans vraiment être sûr de ce qu'il va répondre.

▬ Cependant..

Il se mord la lèvre, cruellement indécis et jugeant la situation dans laquelle il est mis injuste. Il est trop près de l'élève et n'a en lui, pour le moment, qu'un intérêt purement littéraire. Il peut tenir un rendez-vous en esquivant un tout autre tournant. Il s'en sait capable mais ne s'en sent pas pour autant. Son cerveau est stupide et s’il fait un faux-pas, il tentera sûrement de mettre toute la faute sur les vapeurs de sirop d’érables. Les canadiens ne sont-ils pas un équivalent des belges et des australiens ? Enfin, il prend une petite respiration et continue finalement sa phrase.

▬ Je ne peux accepter de me retrouver seul avec un élève. Sa main se lève et balaye l'air de façon lasse, Je peux faire des visites de courtoisie, vous retenir après le cours pour parler de choses strictement scolaires, mais le reste m'est proscris.

Un fin rictus retrouve sa place sur son visage et il aimerait se rapprocher un peu plus pour jauger la situation. Jugeant cela trop risqué malgré le peu de préoccupation de la classe pour le duo, il ne laissera qu’une de ses mains s'occuper de balayer les mèches brunes du front de son interlocuteur pour poker le front de ce dernier avec son index et un amusement non-dissimulé. Si le contexte avait été différent, il se serait plu à tirer les joues pâles de l’autre pour le réduire entre ses mains à un enfant et en oublier un instant sa taille qui ne donne envie au professeur de se lever pour constater de la différence.

▬ Je dois avouer que ce qui est là-dedans m'intéresse hautement, alors si cela se fait dans un endroit avec du monde, je n'y verrais pas d'inconvénients trop insupportables.

Elliott se retire à nouveau dans le fond de son trône du moment, arborant un air suffisant tandis qu’il offre une de ses mains à l’élève comme pour sceller un pacte, retenant sous son souffle sa dernière question.

Deal ?

Il ne saurait être plus satisfait de son discours alors que tout ce remue-ménage que l'autre a provoqué lui a fait oublier de donner la réponse pédagogique qu'il était venu chercher en premier lieu.
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MessageSujet: Re: Magic Fork [ Pv Zakuro Fea ]   Lun 1 Juin 2015 - 22:46



    Je ne peux accepter de me retrouver seul avec un élève. Je peux faire des visites de courtoisie, vous retenir après le cours pour parler de choses strictement scolaires, mais le reste m'est proscris.

    Dans un geste auquel ne s'attend pas Zakuro, l'autre le touche. Il en est surpris, un peu plus qu'il ne le devrait peut-être, mais n'exprime rien autrement qu'un éparpillement de son calme tranquille par un haussement de ses sourcils, tandis que l'autre heurte de sa phalange son front. Dans un automatisme d'enfant, il soulève ses doigts jusqu'à ce que leurs extrêmités viennent effleurer la zone touchée par le professeur, en un impact claquant et léger. Cela dessine sur ses lèvres un sourire un peu étonné, mais l'homme reprend déjà, et Zakuro veille à s'attacher de manière attentive à ce que lui dit l'autre.

    Je dois avouer que ce qui est là-dedans m'intéresse hautement, alors si cela se fait dans un endroit avec du monde, je n'y verrais pas d'inconvénients trop insupportables.

    Les yeux bleus se plissent en des courbes prédatrices. Il est d'humeur taquine, mais ne peut se permette un désappointement qui lui arracherait la motivation dont il a essayé de se revêtir pour la journée sous la douche. La sensation d'eau frappant son corps, stimulant à la fois la langueur et le dynamisme, revient, en un souvenir qui se drape aussi des couleurs lourdes d'un manque de vivacité. L'idée de quitter la classe, de marcher jusqu'aux vestiaires et de se laisser tomber sous l'eau, à genoux contre la faïence apparaît comme une pierre dans sa poitrine, et Zakuro la chasse en secouant la tête. Il a pour objectif d'avoir une journée qui rend misérable l'enfance d'Emma Rouault, n'est-ce pas ?

    « Ne vous inquiétez pas. »

    Comme une assertion, la phrase est prononcée avec assurance, mais possède une modulation particulière aux échos propre à la douceur. Comme dans l'idée d'hypnotiser, d'ensorceler, pour endormir une conscience dont il aurait laissé ses doigts caresser les reliefs. Il ronronnerait presque. Néanmoins, les yeux de Zakuro sont alertes, dans une vivacité qui va de pair avec ce que sous-entend l'attitude préventive de l'homme. Il reprend, un peu plus joueur.

    « Le but n'est pas de vous soudoyer ou de faire quoique ce soit de déplaisant qui dépasserait les limites de la déontologie, et qui vous vaudrait votre poste. Je n'ai pas d'intérêt à des visées aussi malsaines. »

    Au sourire qui accentue ce dernier mot, l'on croirait presque deviner une antiphrase qui se veut  moqueuse, mais manque dans le sourire de Zakuro la cruauté essentielle qui en aurait ainsi appuyé les fondements. Il est sincère, et appuie de ses doigts sur le bureau les claquements d'un rythme bref et rapide dont il accentue son mouvement, pour se dégager de son assise sur le meuble. Il sent, derrière lui, le regard de quelques élèves, tandis que le plat de sirop d'érable achève sa tournée. Il lève la main, attrape une des mèches brunes et tire dessus distraitement, tandis qu'un sourire plus tendre se peint sur ses traits, dévoilant une expression plus câline. Il ressemble à un chat satisfait, matou un peu trop large, un peu trop enclin à des rôles offensifs pour prétendre véritablement à cette identité à laquelle Chess, lui, s'adapte nettement et sans la moindre complication. Pourtant, Zakuro a la sensation d'être un peu comme le Chat au dessus d'Alice, dans une volonté de corrompre sa raison. Cette sensation le fait d'ailleurs se mordre les lèvres, et les mots de Joshua viennent se glisser comme des baisers amers contre ses lèvres. Sans te l'approprier, sans la manipuler, et Zakuro ressent en sa poitrine la blessure d'un sentiment de culpabilité. Le Ciel devrait-il se comporter comme cela ? La réponse est naturellement « non ». Il sent un peu comme un enfant pris en faute, et amène le pancake massacré par ses doigts jusqu'à sa bouche, venant tapoter contre ses lèvres la patisserie faite maison. Quelque part, il est un peu déçu. Non pas d'Elliott Mayol, mais de ce qu'Heidegger se fit un plaisir d'appeler « la tyrannie du on ». Il aimerait bien poser ses doigts sur le front de l'homme et -

    Les yeux de Zakuro s'allument d'une flamme toute particulière quand l'homme lui tend ses doigts. S'il y avait en lui une représentation de fauve ou de félin, celle-ci aurait bondit sur le professeur, pour le dévorer. Une sensation brusque d'avidité lui couvre le reste de ses distinctions cognitives, en une impression dévorante, et glissant le pancake entre ses lèvres, il vient presser sa paume dans celle d'Elliott, ses doigts se refermant autour de la main du professeur. Regarde moi, je ne suis pas Chess, je ne suis pas l'immatérialité, je ne suis pas le junkie hilare qui dévore ton âme, je ne suis pas lui. Regarde moi, je voudrais que tu oses. Il se penche au dessus de lui, et dans sa main qui se referme complètement sur celle de l'autre, il impose sa volonté déterminée, son ascension de ses désirs sur les transformations de son humanité qu'il rêve de transcender pour en colorer l'autre. Il le choisit, il le veut, absolument, et Joshua ne lui a que trop murmuré que c'est à lui de jouer avec ceux qui s'offrent et qui paraissent intéressant. Si c'est sous nos yeux, ça nous appartient.

    « C'est entendu, alors. »

    On signe des pactes avec des démons au prix de l'âme. Pour Zakuro, c'est différent. Joshua lui a dit, n'est-ce pas. « Si c'est sous nos yeux, ça nous appartient. On a tous les droits. » Il a conscience que derrière le rideau bariolé de fumée de la réalité sociale, cet homme est professeur et la déontologie est une barrière, un respect qu'il a élevé au dessus de lui-même. Mais Zakuro veut croire qu'il peut aider l'homme à dépasser cette barrière sans souffrir de blessures marquées par les griffes de la normes, de la violence d'une réalité faussée. Zakuro vise une hauteur dont il perçoit la présence, dont il ignore les conséquences. Mais si c'est drôle, si c'est pour jouer, et si c'est pour contempler l'immatérialité, est-ce que cela est à dénigrer ? La réponse fuse, et Zakuro se recule, ses doigts abandonnant ceux de l'homme dans un tracé presque amant de sa peau contre celle de l'autre. Mais il n'y a rien de romantique, et il était sincère quand il a prévenu Elliott qu'il ne chercherait pas à l'engager dans une voie jugée « décadente » par le reste de la société. Non, naturellement, ça ne l'intéresse pas. Fourmillent dans son esprit des chemins plus exiguës, moins travaillés, qui comme des brouillons de volonté, se dessinent sans qu'il ne parvienne à en deviner les conséquences. Il se détourne, retourne à sa place, sans rajouter un mot, et va s'asseoir à la place qu'il a quitté. Le cours sera certainement bientôt achevé, mais Zakuro ne cherche plus à participer, et ne cherche même pas à relever les yeux sur celui dont il a fait le propriétaire de son intérêt et de sa concentration. Comme marqué au fer rouge, sans avoir besoin de soulever son regard du polycopié dont il feint s'intéresser complètement, il écoute les déplacements du temps et de l'homme.

    Quand l'heure sonne, il laisse la classe se préparer un peu avant lui, traçant des lignées désintéressées sur son poème lu et relu, et puis il se relève finalement, pour suivre le mouvement. Son regard tombe sur les épaules de l'homme, qu'il juge, et ses doigts dans ses cheveux longs, il les rejette en arrière, pour les attacher en un chignon serré à l'arrière de son crâne. Geste pratique d'un combattant habitué à la praticité et l'usualité, il faut interpréter dans ce mouvement son besoin martial de n'être en rien gêné. Les mèches rejetées en arrière sont autant de  témoins pratiques qu'une révélation sur ses envies de domination. Son sac en besace vient frapper sa hanche, et tandis que le dernier élève sort de la classe, il longe la rangée de table, en glissant ses yeux sur le professeur. Un demi-sourire court sur ses lèvres, tendre et soulignant ses rêveries, une demie seconde, et puis  il sort de la classe, sans ajouter un mot.

    (…)

    Un crayon de bois à la mine défoncée entre les lèvres, Zakuro tapote avec douceur sur le clavier usé de son téléphone portable. De temps à autre, il relève les yeux pour s'intéresser à l'humain random qui passe près de lui, au travers de ce cadre qu'il a choisit on ne peut plus public. Dans la cafétéria du campus universitaire, quelque peu éloignée du lycée, il a choisit une place près des grandes verrières, lesquelles donnent sur l'extérieur. Tapant du bout des semelles de ses Doc Martens sur la barre métallique de la table en hauteur à laquelle il s'est installé, il achève son sms.

    From : Litchi
    To : Unknown

    12:45:57

    « Hello Sir.
    Je vous prierais de vous questionner plus tard sur le comment j'ai obtenu votre numéro. Je vous invite à rejoindre la cafétéria de l'université, pour manger avec moi, si le cœur vous en dit. Si vous n'avez pas faim, venez quand même. C'est le deal. »




    Puis il repose son portable, face à lui, et récupérant son crayon maltraité, se remet à gribouiller les équations d'un exercice quémandé par l'un de ses professeurs de cosmologie.

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MessageSujet: Re: Magic Fork [ Pv Zakuro Fea ]   Ven 26 Juin 2015 - 0:17


Elliott se sent complexé, conscient que sa personne est un peu plus exposée à l’étudiant et ses phrases qui ne le rassurent pas pour un sou au fil et à mesure que l’échange se prolonge. Mais ce dernier va prendre fin, et le professeur tente de se détendre à cette idée, quand la main de l’autre affirme le deal en la serrant avec fermeté.

« C'est entendu, alors. »

C’est convenu, donc. Le blond à l’urgence d’émettre un rire jaune ou de tousser jusqu’à s’époumoner pour fuir dans le couloir ne fait pourtant rien de tout cela. Il fixe son interlocuteur le visage neutre malgré ses sourcils qui se froncent dans une tentative physique de montrer son incompréhension pour qu’on lui donne du concret. Elliott n’aime pas ne pas comprendre et c’est ce qui se passe, et monsieur ne peut qu’attendre que son élève lui dise où il veut en venir, ce qui ne viendra qu’à leur prochaine rencontre. Il suppose du moins. Tant mieux si le professeur s’est trompé en premier lieu, il pourra se relaxer un peu plus à l’idée de voir le brun en dehors d’un cours, mais quand est-il de son attitude ? Il se moque de l’adulte sans vraiment sembler le faire, a la mine qui s’attendrie puis devient absent et le néo-zélandais ne comprend décidément rien. N’est-ce pas de se mettre inutilement en danger que d’accepter un rendez-vous avec ce qu’Elliott serait tenté de qualifier de lunatique ?

Il faut croire qu’il n’avait pas envie d’être très malin, aujourd’hui.

L’autre main l’a quitté et le professeur prend un instant pour jouer avec ses doigts, étirer chacun de ces derniers alors que son élève part se rasseoir, sagement. L’étranger n’a rien de plus à dire à sa classe, pourtant il se lève et se promène dans les rangs, pour passer le temps ou s’occuper l’esprit. Un peu des deux puisqu’il ravale tout regard envers son un peu trop intéressant étudiant. La fin de l’heure prend ainsi fin avec des messes basses gribouillée à l’encre rouge dans un alphabet crypté que la titulaire de la feuille ne connait sûrement pas. Mais Elliott s’en fiche, il a un personnage à entretenir et à jouer aussi longtemps que la journée n’est pas terminée.

La sonnerie fait son travail et tandis que sa classe quitte la salle, le néo-zélandais regagne son bureau pour vérifier à qui il doit à présent enseigner, espérant de cette manière ne pas se retrouver à parler avec le brun. Sembler trop occupé pour lui accorder ne serait-ce qu’une once d’attention. Mais lui n’est pas si demandant, il a juste l’air de prendre son temps, s’ajustant lentement aux quelques gestes que le professeur capte, lui qui est encore engrossé dans son ô combien ridicule petit papier. Et ce serait mentir de ne pas dire qu’une fois que la classe était vide, Elliott lâcha un soupir bruyant en s’appuyant contre le dossier de son siège.

✄ - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - -

Marron, beige, marron, vert, rouge, marron.
Son sandwich n’a pas l’air appétissant, mais il est coloré. C’est l’essentiel que le professeur tente de s’assurer en portant l’objet de son attention depuis une bonne dizaine de minutes. Peut-être même plus, après un grand monologue sur l’importance des apparences où il agitait son repas comme un vieux chiffon lors du cours précédant sa si tendre pause. Monsieur aime, de temps à autres, éviter le brouhaha du réfectoire même si cela revient à ce qu’il compte sur ses compétences en cuisine.

Il mâche avec un faux intérêt sa composition, laissant le mélange sucré / salé s’installer dans sa bouche. Ca un goût de chez lui, de repas fainéant lancé dans une assiette du cabaret pour faire chic. Elliott est content à chaque fois qu’il retrouve des saveurs qu’aucun japonais ne voudrait tester et pourtant, son instant de nostalgie est coupé court. Sa poche vibre et il lui répond avec un grognement comme si cela pouvait faire taire l’engin. Mais puisque ce n’est point le cas, il repose avec l’élégance d’un homme un peu éméché son sandwich pour ôter ses gants et attraper son téléphone qui manque de tomber.

Seriously ?

Son visage se tord, tiraillé par un choix d’émotions qu’il ne sait faire. Le message le nargue, lui indique qu’il doit décidément se méfier de l’élève et le fait ranger ses affaires. Il ne comprend pas pourquoi la cafétéria de l’université mais soit, un deal est un deal et le blond ne reviendra pas dessus.

Et avec un peu de chance la vue de son sandwich marmite, kiwi, confiture de groseille coupera court au dit rendez-vous.

✄ - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - -

▬ J’aurais préféré me faire inviter au restaurant mais je ne dirai rien, cette fois.

Qu’Elliott déclare comme une salutation avant de prendre place en face de l’étudiant finalement trouvé dans cet amas d’universitaires. Il a un sourire joueur qui s’étend sur ses joues pour masquer son manque d’enthousiasme d’avoir dû s’aventurer en territoire ennemi. Bon, peut-être pas ennemi, mais on s’accordera sur le fait que le blond n’est pas un habitué des lieux.

▬ Bon appétit, donc.

Et il re-sort de son sac le sandwich pour reprendre son repas, balayant du regard la table à la recherche d’une quelconque affirmation sur le brun. Son nom serait un bon début mais il se garde tout commentaire. Un rendez-vous implique-t-il qu’il soit dans l’obligation de lui faire la conversation ? Sûrement. Il termine alors goulûment son met avant de s’étaler sur la table désormais jonchée de perles de confiture, le bras soutenant sa tête appuyée contre la paume de sa main.

▬ Tu m’as appelé dans le but d’avoir une raison pour ne pas finir ton travail ?

C’est tout ce qu’il a à dire pour le moment, fermant les yeux un instant en imaginant qu’il aurait pu faire une sieste dans son fauteuil au lieu d’être là, il aurait pu.
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Zakuro Fea
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MessageSujet: Re: Magic Fork [ Pv Zakuro Fea ]   Mar 30 Juin 2015 - 0:05



    Au travers des équations sur lesquelles il s'est à moitié penché, la concentration de Zakuro équivaut à ces états d'application durant lesquels son corps est en effort. Sous les chiffres qui s'alignent et qui tracent des courbes sinusoïdales, il y a une allégorie à ces séances de musculation endéans lesquelles son rythme travaille l'élévation d'une poitrine qu'il sculpte par ces respirations avalées, ces inhalations sucées du bout des lèvres. À cette pensée, ce sont des sucements alternatifs qui viennent se juxtaposer dans son esprit. Il plisse à moitié les yeux quand la peau de Kohaku prend goût dans sa bouche, et il laisse ses lèvres frémirent sur un demi-sourire tandis qu'il écoute des soupirs-souvenirs qui flirtent, dans sa mémoire. Réminiscence particulière qui aiguise ses 8 et déchire ses delta. Sous un trait qui divise devenu agressif, Zakuro s'interrompt, en reposant le crayon, pour amener ses mains à son visage, frotter ses paumes contre sa face, pour se détendre. À ce moment là, il entend l'arrivée d'un homme qui pénétre dans son champ d'action, et entre ses doigts, Zakuro observe une seconde l'homme qui prend place, en tirant la chaise à lui, et le brun récupère son crayon, en rabaissant les yeux. Il est satisfait, car d'une manière où d'une autre, qu'il se laisse déconcentrer ainsi dans sa solitude est une source de frustration qu'il n'est pas complètement sûr de pouvoir canaliser. Il ne va quand même pas chercher à s'exciter devant l'autre.

    ▬ J’aurais préféré me faire inviter au restaurant mais je ne dirai rien, cette fois.

    Les incisives pressées sur la lèvre inférieure, il réprime un rire, conservant un sourire, mais ne relève pas encore les yeux sur l'autre. D'abord, il cherche à se concentrer sur la fin de son exercice, lequel picote son attention à l'instar d'un petit animal domestiqué. Celui-ci, petite chose émoustillé, jappe dans son esprit, saute et virevolte, et du bout de son crayon, Zakuro trace une laisse qui coupe court à la liberté de l'exercice, le privant de son out of control, pour le cerner, et l'impliquer dans une mesure que Zakuro finalise par un assemblage de chiffre. Le professeur, Elliott, prononce un « bon appétit » auquel Zakuro ne répond pas. Pas dans l'idée d'être impoli : mais Zakuro a simplement une perception relativement éloignée des conventions japonaises, désormais. Et puis, calculs mentaux et bruits de papier d'emballage en plastique de sandwich ne s'accordent assurément pas. C'est à peine s'il fronce les sourcils, mais Zakuro n'apprécie pas le bruit de ce nouvel objet apparu dans sa sphère de conscience. Soit. Il vérifie les résultats, tandis que les mâchoires de Mayol se referment sur – Zakuro imagine ce que pourrait contenir le sandwich, et les pensées frivoles reviennent, et il imagine ce que lui, il pourrait mordre. Un sourire, fugace, vient transpercer le masque placide de son combat face au chiffre.

    Le temps s'installe, et Zakuro envisage le début de l'exercice suivant. Il s'y atèle, avec un flegme qui lui sied presque trop bien, quand un changement de rythme dans l'attitude de l'autre lui fait soulever la mine de son crayon. Il ne le regarde pas directement, mais dans la largeur de sa vision périphérique, il constate de cet étalement que prend finalement Elliott sur la table, au milieu des damages collatéraux de la confiture propulsée. Zakuro continue son exercice. Il y a, dans cette dynamique bénédictine du travail qui se poursuit, sans interruption, une sorte de provocation à l'autre. Par amusement, par envie taquine, par curiosité, par falsification de la réalité. Il se plaît à imaginer les possibles, sans parvenir à choisir quelle sorte de réalité va créer son homologue. C'est Elliott qui a les dés en main, et qui a tout le loisir d'établir la structuration de cet instant que Zakuro tient tant à considérer.

    ▬ Tu m’as appelé dans le but d’avoir une raison pour ne pas finir ton travail ?

    Zakuro relève les yeux. Presque indolemment, presque insolemment, à la manière d'un chat qui fixe un humain l'ayant interrompu. Ses pupilles bleues dévisagent un instant la face sucrée de l'homme qui lui fait face, et un sourire s'étire sur ses lèvres, tandis que Zakuro redresse le dos.

    « Hm. »

    Il se donne le temps de choisir ses mots, appréciant aussi l'instant pour la contemplation de cette peau qui le ravit.

    « Non. Je vous ai appelé parce que je vous trouvais beau. Et aussi parce que je n'aimais pas trop le carcan qu'était la classe. Je ne suis pas lycéen, sachez que je ne suis pas non plus tenu de réaliser les travaux que vous donnez à vos élèves. Voyez-vous, j'étais en tutorat, ce matin …  »

    Il imagine le froncement de sourcil qu'aurait Kohaku, et s'imagine à le priser pour ce qu'il représente. Un jour ou l'autre, se faire jalouser arracherait assurément à Zakuro une sensation de satisfaction qu'il voudrait déposer sur le front de Chess. Mais pour le moment, il est occupé, et il abaisse les yeux, étudiant la table, s'étonnant presque du bordel qu'a foutu Elliott autour de lui. Il hausse un sourcil dubitatif, en soupirant.

    « Vous allez faire hurler la femme de ménage. »

    Il n'a pas mangé, se souvient-il. Il pose un regard sur le sac de l'autre, comme s'il espérait y apercevoir un sandwich qu'il pourrait gracieusement emprunter à son pseudo-professeur, mais ses pupilles bleues vont fatalement rencontrer le bar des services de la cafétéria. Pour le coup, aller s'acheter quelque chose lui répugne, et il n'a pas envie de bouger, pour le moment. Du bout des doigts, il tapote sur sa feuille, et ses ongles viennent figurer des diatribes adressées à ces chiffres silencieux.

    « Vous n'avez pas l'air terriblement vieux, et je ne me souviens pas vous avoir déjà vu durant mes années au lycée. Je peux vous demander d'où est-ce que vous venez, monsieur Chocolat ? »

    On balance dans un sac les gens intéressants ! Zakuro entend carrément la voix de Joshua quand celui-ci lui a dit cela, mais le brun n'imagine pas lancer cet homme pêle-mêle au milieu des autres. Il en prendrait un peu plus soin, naturellement. Pour savoir apprécier la beauté conservé d'un être vitrifié, il faut essentiellement le soigner. Et cet homme dont Zakuro savoure tout autant le nom que la couleur de peau, est assurément à conserver, et à soigner du bout des doigts, du bout des lèvres, du bout des yeux. Si c'était une créature lattée, Zakuro tracerait sur sa peau des arabesques au caramel. Elliott lui donne des envies de sucré.

    « Vous n'êtes pas beaucoup plus vieux que moi, je pense. »

    Il pense, le menton dans la main, le coude sur la table, un air pensif sur le visage, en fronçant le nez comme un gamin boudeur. Mais ses yeux expriment un sourire que sa bouche n'affiche pas. Il se sent amusé.

    « J'ai vingt deux ans. Et vous ? »

    Il se sent presque trop vieux. Ses dix-sept ans étaient hier, il ne les a pas vus passés. Il se laisse le temps d'un silence, toujours pour regarder l'autre, au travers de ses cils à demi abaissés, et il se dit qu'il aurait assurément du manger ce pancake. Ou peut-être pas. Le goût d'une vraie saveur québécoise l'interpelle sur un souvenir qui fend ses pupilles. L'immortalité de celui qui finit en steak haché.

    « Qu'auriez-vous répondu à la question que vous m'avez posé ? »

__________________________________________________

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MessageSujet: Re: Magic Fork [ Pv Zakuro Fea ]   Dim 12 Juil 2015 - 13:33


Quand enfin l’étudiant daigne lui ‘répondre’ par un bruit qui reconnait qu’il écoute un minimum, Elliott rouvre son œil histoire de se montrer attentif. Cependant la voix du brun se fait désirer et le professeur en aurait presque lâché un grognement de frustration si son interlocuteur l’avait laissé attendre plus longtemps. Certes, de par son statut il ne peut qu’approuver qu’un élève soit plongé dans ses devoirs, mais qu’il l’ôte à sa sieste.. Impardonnable.

« Non. Je vous ai appelé parce que je vous trouvais beau. Et aussi parce que je n'aimais pas trop le carcan qu'était la classe. Je ne suis pas lycéen, sachez que je ne suis pas non plus tenu de réaliser les travaux que vous donnez à vos élèves. Voyez-vous, j'étais en tutorat, ce matin … »

Une grimace prend place sur le visage du blond qui ne concentre plus sur le visiblement non-lycéen. Cela fait beaucoup d’informations d’un coup, un peu trop au goût du néo-zélandais qui les épluche soigneusement en essayant de s’interdire une mine offusquée. Mettant le compliment de côté, il fronce les sourcils dans une tentative de se rappeler du tutorat et au moment où la notion lui revient il se sent bien bête et réprime un rire nerveux. Puis la conversation reprend lui donnant une nouvelle raison de vouloir s'esclaffer pour éviter toute confrontation.

« Vous allez faire hurler la femme de ménage. »

Ce n’était pas son but, Elliott veut le souligner mais il se tait. Comment dit-on à quelqu’un qu’on mange avec l’élégance d’un bouledogue dans le but d’écourter un rendez-vous ? On ne le dit pas, tout simplement. Il doit bien avoir quelques serviettes au fond de sa besace et nettoiera vaguement ce bazar monstre avant de partir, va. Pour le moment le blond s'attèle à être passif, n’ayant rien de mieux à faire qu’écouter l’autre.

« Vous n'avez pas l'air terriblement vieux, et je ne me souviens pas vous avoir déjà vu durant mes années au lycée. Je peux vous demander d'où est-ce que vous venez, monsieur Chocolat ? »

Ne grimace pas, qu’il se dicte. Oh mais l’envie est là, assurément présente et pour le moins forte. Il a le droit à un interrogatoire maintenant ? Elliott en regrette presque quand l’autre ne lui offrait qu’un silence et que le reste de son attention se portait aux feuilles devant lui. Il se redresse correctement et s’enfonce dans sa chaise comme s’il tentait de réinstaller la relation professeur-élève même si le brun ne semble pas du même avis. Un instant, il a la mine grave car Elliott a plusieurs règles dont une qui scie présentement à la situation : il ne parle pas de lui. Eventuellement de son personnage, mais pas de lui. Il évite de faire ami-ami aussi, surtout avec le premier venu aussi intéressant soit-il surtout quand ce dernier le titille autant.

« Vous n'êtes pas beaucoup plus vieux que moi, je pense. »

Et il enchaîne. Pas de répit mon gros, ‘fallait pas faire de deal. Le professeur se mord l’intérieur de la joue en fixant cette personne mille fois trop grande à son goût et ses yeux bleus trop expressifs.

« J'ai vingt deux ans. Et vous ? »

La question sous-entendue s’est vocalisée et il ne peut l’esquiver en feignant ne pas avoir noté le besoin de réponse derrière les mots. Son silence fait place à un petit grognement. Il pourrait apprécier l’attention qui lui est porté mais il n’y arrive pas. Et comment a-t’il eut son numéro de téléphone, par ailleurs ? Peut-être que le brun en sait déjà bien assez sur lui qu’il ne veut bien le dire et confirme ses informations par cet amas de questions. Parano. Oui il l’est, il ne fait que se le répéter, et donc ? Qui de nos jours accordent sa confiance à un inconnu ? Pas grand monde.

« Qu'auriez-vous répondu à la question que vous m'avez posé ? »

Craignant qu’il ne rajoute plus de questions que nécessaires à la liste, le professeur s’étire un bon coup avant de sourire de toutes ses dents comme si cela pouvait montrer qu’il est désormais en mesure d’user un peu de sa voix pour lui répondre. Il rigole aussi un peu, pour libérer un peu de son embarras tout en se grattant la nuque.

▬ Tu sais ce que tu veux savoir, je peux admirer ça.

Commence-t-il donc doucement, posant ses mains à présent jointes en face de lui. Il n’a plus l’impression d’être dans une cafétéria, juste un endroit clos où le brun peut l’assommer d’interrogations et où il ne se sent pas de simplement fuir. Trop d’intérêt littéraire concentré envers cet interlocuteur.

▬ J’ai bien cru que ma mémoire me jouait des tours ce matin. Tu es donc étudiant à l’Université ? Ceci explique cela~!

Surtout le lieu du rendez-vous mais soit, Elliott à d’autres chats à fouetter que s’attarder sur sa maladresse passée. Il s’accorde un air plus enthousiaste qu’il ne l’est à cette découverte c’est qu’il regrette légèrement de perdre un tel élève qu’il n’avait déjà pas de base. M’enfin, que lui avait-il demandé ensuite ? Âge ? L’âge et ? .. Ah, Monsieur Chocolat. Il en perdrait presque son sourire.

▬ Je viens de Rotorua en Nouvelle-Zélande et j’ai presque vingt-six ans.

Qu’il avoue en donnant en plus le fait que son anniversaire n’est pas si loin, tout ça pour tenter de mettre un écart un peu plus grand entre leurs âges respectifs. Seulement quatre ans ? Ce n’est pas énorme qu’il constate un brin amer. Peut-être, peut-être qu’ils pourraient alors avoir une relation un peu plus évoluée que connaissances. Ils sont tous les deux adultes à en croire.. Celui dont il n’a pas toujours le nom. Il faudrait d’abord y remédier avant d’envisager certaines choses.

▬ Je ne pense pas que j’aurais répondu quelque chose de très différent à la réponse que vous donne le programme. Il marque une pause pour froncer les sourcils, Sûrement parce que je me suis fait à cette dernière. On dit que le poète est immortel car il vit dans ses vers, mais quand il consacre ces derniers à une personne, ne lui donne-t-il pas un bout de cette immortalité ? Puisque cela tient la route, je ne vais pas plus loin. Dommage n’est-ce pas ?

Elliott a presque une certaine tendresse en terminant de parler. Bloqué dans un raisonnement, il s’en est sentit attristé mais regagne vite son énergie naturelle pour se lever d’un bond et prendre place à côté du brun, lui passant un bras pour lui tenir l’épaule et le secouer un peu.

▬ Mais parlons bien, parlons d’autre chose ! Ton nom par exemple, ce serait un bon début.

Surtout pour lui en fait, décidé à faire un minimum d’efforts pour quelqu’un d’aussi sevré depuis son arrivée au Japon. Qui sait, il peut bien tenter de lui faire confiance pour ne serait-ce qu’une beuverie.
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MessageSujet: Re: Magic Fork [ Pv Zakuro Fea ]   Jeu 16 Juil 2015 - 22:56

    ▬ Tu sais ce que tu veux savoir, je peux admirer ça.

    Il n'y a pas de sourire qui s'étire sur les lèvres de Zakuro, quand bien même il aurait été en mesure de récupérer la réponse que lui offre l'autre avec une satisfaction évidente. Pourtant, c'est tout juste s'il pointille, du bout de sa mine, sa feuille, dans un geste nerveux qui trahit sa concentration. Que l'autre joigne ses mains lui fait plisser les yeux, et son attitude se fait presque plus défensive. Il semble presque qu'ils seraient en train de jouer à un poker aux dimensions diaboliques.

    ▬ J’ai bien cru que ma mémoire me jouait des tours ce matin. Tu es donc étudiant à l’Université ? Ceci explique cela~!

    Zakuro ouvre les yeux, de manière un peu plus intense, surpris. Oui. Il ne s'était pourtant pas attendu à ce retour des choses là. Mais évidemment, il fallait bien que l'autre lui réponde, et ses yeux retrouvent les courbes habituelles de son regard étranger. Un sourire court doucement sur ses lèvres, et sur le ton de la plaisanterie, il lâche.

    « Alzheimer, si tôt. C'est terrible. »

    Sans attendre néanmoins une réponse à la remarque moqueuse, Zakuro observe l'attitude de son pseudo-professeur, ses yeux s'acheminant sur une découverte amusée de son visage qui se tord dans les rouages de la réflexion qu'exprime Elliott. Soit. Il entendrait presque, de là, le moteur de ce cognitif qui s'active sous le crâne de l'homme à la peau caramel. Les yeux de Zakuro se plissent sur cette pensée, et il s'avouera un tant soit peu qu'il préfère la neige. Pensées réfractaires qui le font sourire, tandis qu'Elliott lui répond finalement.

    ▬ Je viens de Rotorua en Nouvelle-Zélande et j’ai presque vingt-six ans.
    « Vous n'êtes pas si vieux. »

    Zakuro en ronronne presque. Il a la sensation, au regard d'Elliott posé sur lui, d'avoir remporté une partie qu'il a joué sur le bout des doigts, sans volonté réelle de la voir se concrétiser. Et pourtant. On  s'accorde à dire qu'il y a dans la révélation d'Elliott une sorte de mise en garde qui donne à Zakuro l'envie de défoncer les barrages que pourrait essayer de dresser le professeur. Pour autant, la réponse qu'Elliott lui décline quant au poète, quant à la réponse déjà donnée, quant à la mortalité mastiquée, cette réponse là fait grimacer Zakuro. Il ne l'apprécie pas particulièrement, et a la sensation que l'on passe à côté de quelque chose. Pas de barrières, pas de limites, et le programme scolaire, s'y confronter sans chercher à le renverser, sans chercher à le dépasser. Les yeux de Zakuro s'abaisse sur les exercices qu'il a effectué, et terminés quelques instants auparavant. Aucune des formules qu'il vient de remplir ne correspond à la norme d'une consigne imposé. Il se verra peut-être recalé pour non respect de la méthodologie, mais dans son monde, il y a l'anéantissement absolu du mouvement de suite, du mouvement d'imitation sans réflexion, et ce respect est une barrière qui se doit de ne plus exister. Au delà de l'anarchie, au delà de l'humanité de ses logiques éphémères. Zakuro sourit.

    Et puis brusquement, il se fait presque surprendre par le rythme de l'autre qui évolue en des fréquences aiguës. Elliott se déplace, se jette presque sur lui, et Zakuro projette ses yeux bleus sur l'autre, surpris, tandis qu'un bras vient entraver ses épaules, dans un mouvement câlin.

    ▬ Mais parlons bien, parlons d’autre chose ! Ton nom par exemple, ce serait un bon début.

    Un sourire frondeur accuse le coup, et sans chercher à se dégager, il tourne simplement l'axe de ses épaules, pour faire face au visage relativement sombre qui souligne la clarté d'une prunelle ambrée. Un éclat de sable et de poussière de pépite, des tournoiements solaires, la prunelle fascine Zakuro qui y voit là une couleur qui lui donne envie de collectionner cet œil. Il s'empare de son crayon, et vient pointer la mine près de l'oeil, par plaisir d'y constater une réaction. Puis il sourit.

    « Fea Zakuro. »

    Il repose la mine sur la feuille, au dessus d'un algèbre universel, pour simplement, en quelques traits, présenter l'écriture de son prénom.

    « Pour Zakuro, qui est un prénom mixte, les caractères peuvent se lire comme « Rouge », « exposer », ou encore « siège ». Mais il y aussi « Grenade », et c'est souvent comme cela que je me présente. Grenade. J'aime bien ce fruit. »

    Il écrit, en petit caractère, dans le coin de sa marge : 柘榴. Grenade. Un sourire tord distinctement ses lèvres. Puis, en Hepburn, il écrit « FEA », en majuscule.

    « Mon père est britannique, j'ai son patronyme, donc. »

    Faisant tournoyer le crayon entre ses phalanges, Zakuro sourit. Puis brusquement, repose le stylo sur la table, dans un claquement sous sa paume.

    « Ne bougez pas. J'ai vraiment faim. Je vais me chercher à manger. »

    Il se relève, récupère son sac, et se dirige vers le bar. Le menu l'intéresse quelques secondes, et tandis qu'il feint observer les plats, son visage se ferme, ses pensées pénétrant des circonvolutions dangereuses.

    Quand il revient, une serviette en papier à la main, un sandwich dans la bouche, il se présente à côté de la table, en jetant un coup d'oeil dubitatif à Elliott. Mastiquant lentement son pain, il attend sa bouchée achevée pour questionner.

    « Vous envisagez rester ici ? Sinon, suivez-moi. »

    Il récupère son cahier de mathématiques, le jette dans son sac, et sans préavis, quitte la cafétéria, pour se diriger vers l'extérieur, à l'endroit des parkings.

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