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The Future is like a puzzle with missing pieces: difficult to read, and never, never what you think.
 
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 Vanité de sucre.

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Zakuro Fea
▼ Université - 4ème Année - Comité des Elèves
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MessageSujet: Vanité de sucre.    Lun 9 Fév 2015 - 1:49

    Kojiro, du bord des yeux, ses cils peignant la douceur de son regard, contemplait Kohaku.
    Instant intense d'une appréciation calme, tranquille, tandis que nos regards effleuraient ce que nos doigts ne touchaient pas. Il n'y avait pas de mots en rouge. Il n'y avait que cette espèce de satisfaction enfantine, entre Kojiro et moi, d'être retombé dans l'enfance, quelques années plus tôt, là où nous nous allions pour une complicité au résultat improbable. Néanmoins, l'instant était à cette observation calme de la silhouette filiforme de Kohaku, ses traits de son corps en faisant une structure de chair qui ne réagissait que peu. Très peu. Kojiro croisa mon regard, dans un éclair silencieux qui communiquait notre amusement commun.

    Un sourire s'était immiscé sur mes lèvres, tandis que je pénétrais en silence dans la pièce, l'horloge indiquant minuit moins dix. Sur le sol de la chambre universitaire, les semelles de mes Docs Martens ne produisirent pas plus de bruit que la respiration calme et régulière de Kohaku. Nous l'avions découvert quelques minutes auparavant, après avoir été prévenu par Senta qu'il était allé travailler seul dans sa chambre réservée.  Un peu trop studieux, avais-je commenté, tandis que Kojiro, acquiesçant, avait récupéré les clefs pour se diriger vers l'université. A cette heure-là, les visites n'étaient normalement plus acceptées. Cependant, il y avait certaines choses qui ne se bifurquaient pas de leur propre nature. Et être accompagné d'une hirondelle lorsqu'on avait appris à considérer les limites comme inexistantes consistait en une multiplication exponentielle des possibilités.

    En l'occurrence, jouer aux ninjas pour pénétrer à pas de loup dans l'antre estudiantine de Kohaku consistait en un petit amusement à deux qui s'acheva quand, du bout des doigts, moi sur sa joue gauche, Kojiro sur sa joue droite, vînmes appuyer sur la peau pâle du Chat. Je me penchais sur lui, glissant mes doigts dans ses cheveux blancs.

    « Bonjour, mon jeune ami. Vous venez de gagner une soirée d'anniversaire officiellement organisée par la ZakuroKojiro compagnie. »

    Kojiro laissa échapper un rire, s'agenouillant, son coude reposant sur la surface d'un meuble. Il prit la parole.

    « Au menu, tu as un enlèvement de ta personne savamment orchestré par mon compagnon et moi-même, une fuite jusqu'à la ville, pour une nuit dans un bar à chat, lequel a connu récemment un heureux évenement : il y a des chatons nouveaux-nés à admirer. Ainsi que du thé, et enfin, les activités de ton choix, même si cela consiste à simplement dormir. »
    « Sache juste, pour ta gouverne, repris-je en murmurant, que Senta a été enfermé après s'être rappelé que c'était ton anniversaire. De toutes évidences, il n'avait pas des projets particulièrement sains. »
    « Contrairement à nous, fredonna Kojiro. Nous sommes des modèles de droiture, Joshua. »

    Il avait nettement ronronné le prénom, et mes prunelles glissèrent jusqu'aux siennes, dans un regard aux reproches vagues, mais je ne fis pas de remarques. Il sourit, récupérant les doigts de Kohaku entre les siens.

    « Tu nous accompagnes, demandais-je, les motos sont en bas. »
    « En fait, c'est un kidnapping, il n'y a pas vraiment de raisons qu'il refuse. »
    « Vrai, souriais-je. Tout à fait vrai. »

    Je déposais un baiser sur son front, avant de me diriger vers la porte. Une pensée me fit néanmoins me retourner vers lui.

    « Oh, et le plus important : joyeux anniversaire, chat. »

    Kojiro fendit ses lèvres en un sourire.

    « Oui. Joyeux anniversaire, Joshua. »

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Le bleu. Tu es le ciel qui surplombe la terre, qui grise le regard des gens en quête de réponses ou d’atmosphère. Tu es l’intemporalité qui veille sur la planète, qui transcende l’existence sans pour autant la manipuler, sans pour autant se l’approprier. » K. J. M
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MessageSujet: Re: Vanité de sucre.    Jeu 16 Avr 2015 - 4:32

Collarbones & Fingertips
And honey, you should see me in a crown.

-

L’explosion d’une nébuleuse s’exprimait à l’intérieur du firmament dessiné par mes synapses, incandescente, émiettait la matérialité d’une galaxie lointaine en s’aspirant d’elle-même, en s’empoignant et se tordant, en se dévidant dans un tout plus imposant que celui qu’elle représentait. Le ciel noir et l’espace, continuum immobile, qu’il traduisait s’envenimait des flammes de l’oblitération qui projetaient leurs éclats jaunes, orangés et carmins dans le néant. Des constellations lointaines se tenaient en vigiles, frigides spectatrices muettes de la mort de leur consœur, retranchées loin d’une sentimentalité qui aurait pu s’exprimer sous forme de peine. Je côtoyais cette scène, en filigrane de leurs réalités, possesseur de leurs sens. Je filais entre les astres et cohabitait avec la notion même de l’inexistence. L’univers me passait au travers, s’alambiquait dans mes entrailles imaginaires. Peut-être que je riais.

J’étais, puis je n’étais plus, transcendant l’espace, le temps et l’être.

Ce constat se lisait sur mon corps de par le chevrotement frénétique de mes paupières, mes orbites bougeant sous les écrans de chair clos. Un rêve éveillé, une réalité endormie, des opposés qui se baisaient sans arriver à s’étreindre. Cette porte qui s’ouvrait, papillonnement de l’œil sournois du mur sur ma corporalité égarée entre des Spectrums dissociables, découpait des silhouettes chimériques qui transposaient l’air renfermé d’un espace à un autre,  qui tranchaient les nébuleuses flamboyantes et traversaient le vide intemporel qui cinglait mon esprit.

Le frémissement des ailes  chevelues se rattachant à mes yeux était ma réaction à leur entrée, alarme silencieuse, quasi-imperceptible, qui laissait résonner dans un corps détaché de la matérialité le besoin de s’éveiller. Mes doigts léchaient les flammes stellaires, fleuraisons de pensées incandescentes, et ma cage thoracique tressaillait sous le joug simplet d’une sensation. Là-bas, je ne ressentais que la plénitude du vide, de l’union fugace de la totalité des éléments de la conception de l’existence. Il n’y avait pas de possibilité d’être pour le charnel, le physique, le froid ou le chaud.

Pourtant . . .

Tiède, contre ma joue. Puis contre mon crâne, flirtant avec mon cuir capillaire. Mes prunelles nues brillèrent immédiatement dans la pénombre de ma chambre universitaire, apportant à mon retour impromptu dans un décor plus banal que celui qui explosait sous mes yeux l’éclat luminescent des nébuleuses agonisantes. Mes doigts se crispèrent sous l’attention des phalanges sur mon épiderme. Bien que propulsé du mauvais côté de la stratosphère, extirpé de ce songe où l’air n’était qu’une commodité impossible, je me retrouvais enseveli par une étendue stellaire. Bleue, dénotant l’oxygène qui ne s’étendait pas de l’autre côté, mais qu’on trouvait en abondance ici. Ils en avaient tous besoin pour vivre et elle se faisait si bleue dans les airs. Toujours la même, toujours si stridente contre mes nerfs.

Toi, fut le murmure houleux qui franchit pâteusement l’écrin de mes lèvres, alors que je me redressais sur mes coudes, à demi ivre dès l’éveil, tétanisé par ces iris qui m’attrapaient, me placardaient, à tous coups. Il y avait des mots qui roulaient contre sa langue, un jargon japonais que mon esprit endormi ne cherchait pas à traduire, alors que mes mains empoignaient ses cheveux, sectionnant l’élastique qui les retenait d’un coup sec, avec la ferme intention de l’attirer vers moi. Familier sans jamais vraiment l’être, toujours une découverte inopinée à tracer dans le sinueux de son corps, m’égarer, me cacher, derrière le rideau ombragé de ses cheveux, m’envelopper dans le confort d’une couverture tressée à même la matérialité du ciel. Je frissonnai, réceptionnant à-demi un rire quelque part sur ma droite, incisives et canines pinçant la peau de sa mâchoire. Je n’écoutais pas.

« Toi.  Qu’est-ce que tu fais là ? »

J’inclinai mon visage, mon arcade sourcilière se déposant sur l’une de ses clavicules, mon nez se nichant dans les hauteurs de l’un de ses pectoraux. Mes paumes avaient délaissé ses mèches pour donner l’opportunité à mes ongles de s’enfoncer contre sa colonne vertébrale dans l’apposition d’une étreinte tissée dans une possessivité mutuelle.

Mon souffle contre les pigments de chair, la voix de Kojiro dans l’air.

. . . Sasaki ?

La seconde silhouette, bercée par le manteau de la pénombre, enveloppée dans un halo de quiétude que les atomisations nébuleuses qui résonnaient toujours dans mon esprit n’arrivaient pas à atteindre, se profilait doucement, détaillant méticuleusement les gestes qui m’avaient conduit jusque dans l’orbite de l’azur stellaire. Mes pupilles, spirales ténébreuses, trous dévoreurs, se focalisèrent sur cette présence qui s’était projetée à tir d’ailes à l’intérieur d’un univers dans lequel il lui serait toujours impossible de survivre. Par la seule force de sa volonté – une volonté tortueuse qu’elle-même n’arrivait pas à s’expliquer–, elle se tenait là, délicatement perchée, cette hirondelle, attendant patiemment que le poids du cosmos en vienne à la détruire. Des ailes broyées, un bec sectionné, des os écartelés par mes phalanges émerveillées. Un plumage sombre, ruisselant.

L’oiseau parlait d’une voix calme, empreinte d’une légère touche d’humour, expliquant doucereusement les modalités de leur visite, à lui et son compagnon plus grand que nature. Je me redressai, mes bras glissant jusqu’aux hanches du Ciel, alors que je me séparais lentement de sa forme. Je réceptionnai enfin les mots, les paroles concernant les chats et le thé et l’anniversaire sous lequel ils travestissaient leur venue dans mon antre académicienne.

Éveil. Compréhension.

Je rampai à genoux, l’engluement stellaire subsistant toujours dans un recoin de ma matière grise, titubant maladroitement sur la surface molle de mon matelas jusque dans le sillage de l’hirondelle d’ébène, la toisant de par l’intermédiaire de prunelles scintillantes l’instant de quelques secondes, puis oscillant vers l’avant, impromptu, pour heurter mon nez contre sa joue. Quelques longueurs capillaires vinrent chatouiller mon visage.

Il souriait.

« Miaou, Sa-sa-ki. »

Je souriais un peu aussi.

Des modèles de droitures, rigides comme des automates, stoïques comme des androïdes. Ha, la jolie baliverne. Se glissaient sous mes paupières, dans une apposition nostalgique qui se mutait à l’intérieur des explosions d’étoiles, les ombres des ninjas qui avaient existés à contre-sens de la gravité le jour où je m’étais rendu, pour la toute première fois, en compagnie de Litchi, au dojo où j’avais rabattu ses croyances de mon inaptitude à désirer les comprendre. Leur droiture était plus mensongère que les murmures tentateurs des junkies qui pullulaient dans les ruelles du centre-ville, plus fausse que les méandres idéalisées des adolescents qui croient que le monde se mettra à tourner dès qu’ils crieront ‘ciseaux’.

Je ricanai.

Il recueillait mes mains dans un écrin modelé par les siennes et je heurtais de nouveau mon nez contre son visage, dans l’apposition d’une marque d’affectivité féline, poussant juste assez pour sentir ses cils s’accrocher aux miens. Papillonnement sur mon visage, dans mon estomac. Zakuro babillait au sujet des motos, s’approchant, et Kojiro ripostait avec une insolence rieuse qui relaxait sa contenance, illuminait ses traits. Mes lèvres effleurèrent sa mâchoire en un murmure :

« You smell good. Passe de ton shampooing à Zakuro. »

Un ronronnement me traversa. Il s’éloignait de nouveau, déclenchant un nouvel élan de nostalgie juvénile et huilant les rouages enroués de mon corps toujours quelques peu englué par le sommeil. De vieilles paroles – Je refuse catégoriquement que tu me laisse en plan maintenant. You are stuck with me until morning comes, got that, you faithful rônin ? – trop significative pour être effacées et qui se repassaient soudainement en boucle dans mon esprit, rejoignant les hologrammes des ninjas volants et des constellations fracassées.  

Wait. Stop. Don’t move. Je vais te lancer cette boîte de condoms invisible dans la gueule, Zakuro.

Je l’attrapai près de la porte, alors que des joyeux anniversaires attachants fusaient d’entre leurs lèvres et que mon sourire,  soudainement trop enfantin, homologue à celui qui jaillissait lorsque Carter me refilait des biscuits en pain d’épice le soir d’Halloween en me souhaitant Joyeux Noël avant de s’accouder au vieux piano qui trônait dans la salle de bal, menaçait de sectionner mon visage en deux parties distinctes.

Mes doigts se logèrent immédiatement près des creux de ses reins, désireux de l’immobiliser avant qu’il entame sa descente en direction des chevaux de fer, tas de ferrailles qu’il me faudrait un jour balancer dans une rivière. J’attrapai une mèche volage de sa crinière entre mes dents, tête relevée et regard exalté, sommant son attention, intimant son gel corporel.

Wait. Stop. Look at me. You are mine.

« Take off your boots, Handsome. », ordonnais-je en un fredonnement sulfureux.

Il s’exécuta, non sans se donner en spectacle, attrapant un Kojiro sauvage au passage et me vrillant, apposition d’une centaine d’aiguilles incandescente sur ma peau, de toute l’intensité de ses iris. Orgueil et vanité dans le bain astral de ses pupilles, pointillant de ses pommettes jusqu’à ses lèvres, se soumettant comme pour me promettre qu’il me rendrait l’appareil.

Je m’emparai des lacets des Doc Martens brunes qu’il me tendait, mes dents se dévoilant dans une expression de joie carnassière et je me détournai d’eux, impérieux et onéreux, pour aller farfouiller dans ma penderie, délaissant les joggings qui adoucissaient mon sommeil au profit d’une nudité qui me permettrait de me vêtir d’autre chose.

La plupart de mes vêtements croupissaient dans les recoins de mon appartement, dans le quartier Hiryuu, en compagnie de ma féérique Yume, qui devait à l’instant même grommeler contre les âges de ne pas avoir pu être celle qui me subtilisait au monde le soir – ou plutôt le matin – de mon anniversaire. La pensée me fit sourire et je sélectionnai, à la va-vite, des boxers lacés, ainsi qu’une paire de slims gris sombres que j’accouplai avec un énorme pull teinté de nuit, dans lequel mon corps s’égarait à la manière d’un paquebot minuscule dans un océan nocturne.

J’enfilai ensuite les bottes de Zakuro, clownesques parures lorsqu’installées sur mes pieds, mais presqu’élégantes lorsque décorant les siens. La disparité de nos formes m’amusait et je courbais mes orteils à l’intérieur des chaussures, traçant le relief laissé derrière par le pied du rônin de calcaire. Précieux, adoré, mine.

Un sourire.

Me retournant, je les dépassai tous deux, accrochant mes doigts dans les mèches de Kojiro au passage et attrapant mon manteau – un truc que j’aimais d’amour avoir volé, que j’aimais de douleur de n’avoir jamais rendu – et tournant la poignée de la porte qui mènerait vers l’extérieur, d’abord dans les couloirs des dortoirs et ensuite dehors, là où la jeune nuit nous dévoilerait ses surprises.

Je jetai un énième sourire par-dessus mon épaule, mes prunelles clignotant, invitant.

« Joyeux non-anniversaire à vous deux. »

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Je suis tout ce que je veux, je ne suis rien de ce que je subis. Je deviens celui que je suis.
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MessageSujet: Re: Vanité de sucre.    Jeu 16 Avr 2015 - 14:25

Compte à rebours.
Quand les secondes flirtent et que j'essuie le temps.




    « J'ai changé d'avis. »

    Volte-face de mon corps devenu réactif à cette insistance de mon esprit, je l'attrapais brusquement par le poignet, saisissant la délicatesse d'une articulation trop fragile comparée à la mienne, et le tirant à l'intérieur de la chambre, je réclamais ses yeux.

    « Attends. »

    J'avais aperçu ce détail qu'il avait du ignorer, ses yeux à l'opposée même de ce qui se tramait dans son dos. Mes doigts attrapèrent la porte, et réfutant un de ces possibles, je la claquais, presque violemment, venant déposer mon dos contre le panneau, pour en interdire l'accès, mes yeux dirigés sur Kojiro. Sasaki saisit mon regard, avec une ampleur terrifiante, et me murmura au fond de l'âme ce qu'il réclamait, ce qui se percevait si l'on en saisissait la possibilité. Et question de timing, je m'instaurais comme le régent d'un temps que je maîtrisais. Stop, on met en pause, tout le monde s'arrête, le temps se fige. Mes doigts autour de ceux de Kohaku, je capturais des yeux la sensation de ralenti brusqué. Attends que j'établisse une stratégie reposant sur toi, chéri.

    Je venais de me confronter à une situation que je n'attendais pas. Ce détail des yeux de Kojiro en découlait. Est-ce que je m'offrais le luxe de l'accepter ? Contre mon dos, entre mes épaules et le long de ma colonne, un frisson courut, hurlant ma matérialité. Mes lèvres esquissèrent un sourire stupéfait. Si je n'avais pas emmené Kojiro, cela ne se serait pas passé de cette manière. Cela ne se serait pas passé tout court. Je contemplais.
    Il y avait dans l'air une tension qui naissait principalement de Sasaki. Presqu'homme, mais enfant dans la maîtrise de ses désirs, il dégageait une énergie écrasante qui, sur le tatami, aurait terrassé mes actions. Là, près d'un lit, il échauffait mon envie. Et je me découvrais bien plus faible que je ne le pensais. Bravo, Zakuro, bravo. Je voulais essayer. Je pouvais essayer.

    Alors je m'avançais, abandonnant la porte, tendant mes mains, pour attraper Kohaku et le contourner, dans des lignes de jeux que Kojiro étudiait, et que je parcourais, assurant mes mouvements les uns après les autres. Glissant mes doigts sur le manteau, je le lui fis lâcher, pour que le vêtement vienne s'écraser au sol, et doucement, je l'écartais de nous, en un revers du pied. Sans mes Doc, je perdais quelques centimètres. Avec mes Docs, il gagnait quelques centimètres. Un équilibre impromptu qui plaçait sa nuque au niveau de mes clavicules. J'appuyais son crâne contre ma gorge, mes doigts déliant mes muscles dans une étude approchée de la surface de son corps. Son dos contre ma poitrine, je vins le positionner entre mes hanches.

    Ne bouge plus.

    « Zakuro. »

    Kojiro prétendait ce qu'il refusait, hurlant ce que je réclamais. Je tranchais son regard du mien. Ta gueule.

    « Ne mens pas. »

    Il ferma sa bouche, et j'abaissais les yeux. Un univers de mèches blanches, sur lesquelles je déposais un baiser. Tu me laisses être ta cage, Kohaku ? T'enfermer, par mes bras, pas mes mains, dans la solidification que le corps m'octroie, t'arracher à cet extérieur que tu esquissais réclamer, pour te posséder, te maîtriser, avec toute la douceur dont je voudrais te couvrir. Des cumulonimbus dans mes yeux, et l'orage sous ma peau, la chaleur de mes nerfs qui s'étriquent sur ces mouvements secs, rapides, et l'immobilité certaine d'un calme furieux avant le début de la tempête. Mes doigts contre sa poitrine pressèrent le tissu trop sombre d'un noir qui ne dévorerait jamais le blanc, mais qui le sublimait, et appuyant son bassin contre le mien, je secouais la tête, comme pour réfuter toutes manifestations à la parole, comme pour lui signaler que toute réclamation serait vaine. Tais-toi, endors-toi, et rêve de moi. Kojiro passa comme un songe, ses yeux frappant dans les miens avec la violence d'un éclair qui carboniserait mon cœur, et je passais mes doigts sous les vêtement, me défaisant d'une prison qui était plus à moi-même qu'à Mitsumasa. Mes ongles cherchèrent, puis trouvèrent les reliefs doux d'une poitrine que je survolais, ignorant les tendresses des disparités de ses pectoraux minces, venant crocheter mes phalanges contre les monticules anguleuses d'une clavicule soulevée par sa respiration, et j'apposais ma paume là, comme un sceau qui défend son détenir. Et l'autre main, avec cette même peau coupée, rêche, glissant sur le velours étalé d'un derme trop pâle, descendait. On pourrait, avec le regard de Sasaki, cracher sur tous les qualificatifs relatifs à l'idée de mâle. Tu es magnifique. Tu es à moi. Mes doigts vinrent moucharder les proéminences de ses hanches, s'y attardant dans une caresse insistante pour finalement les abandonner, et puis, glissant, centimètres vertigineux, trouvèrent l'aine, le pénis, et s'y déposèrent, enserrant avec douceur.  L'orage allait être terrible, et Kojiro se planta devant nous. Je défiais son monde, je défiais son univers, je défiais sa faiblesse, je défiais ses limites, je défiais tout son être, et il y répondit. Avec la puissance d'un char d'assaut, l'élégance de la chair en plus.

    « Joshua ... »

    Si cela avait été autre chose qu'une improvisation née sur le fil de nos idées tumultueuses, jamais cela n'aurait existé. Kohaku serait sorti de cette chambre, et je l'aurais suivi, et Kojiro m'aurait suivi. Et nous aurions assurément passé une bonne soirée. Mais Kojiro murmurait, s'adressant à moi dans ce prénom qui ne m'appartenait pas, plongeant son âme dans les prunelles béantes, dévorantes, de l'être à qui il réclamait l'intimité. Si Kohaku ne l'avait pas touché, je n'aurais jamais lu dans les yeux de Kojiro l'affaissement des barrières qu'il avait érigé lui-même, des années plus tôt. Si Kohaku n'avait pas effectué ces mouvements d'une symphonie dissonante à la réalité , Kojiro n'aurait jamais, jamais, jamais osé. J'étais terrifié, et pourtant, je lui offrais un moyen de jouer. On dépassait tous les deux le seuil de tempérance l'un de l'autre, et dans le cadre d'un non-anniversaire s'exultant de lui-même, je revendiquais son toucher sur ce qui m'appartenait. Joyeux anniversaire, Kohaku, je t'offre ma soumission docile, et ses explorations tactiles. Est-ce que tu veux de lui, est-ce que tu veux de moi ? Le bar à chat peut bien attendre un peu, un tout petit peu. Ici, les esquisses nébuleuses de nos esprits se liant les uns aux autres nous faisaient trop animal.

    Les doigts de Kojiro se courbèrent, prenant la forme des épaules de Kohaku, qu'il attrapait, profitant de mon immobilisation sur lui, pour se pencher. Secondes folles, où je rejetais en arrière ma jalousie, pour une contemplation effarée, fascinée, attirée. Ses ongles effleurèrent mes bras. Il avait rapproché son corps de celui du Chat, attentif aux respirations de celui-ci, qui résonnaient dans mes os comme les battements d'un tambour régulant les lois de mon univers. L'Hirondelle elle-même s'éprenait beaucoup trop de cet univers, et s'engageait dans les fondations qui délimitaient ces vibrations. Sasaki palpitait son effroi, son émoi, et il était si proche, que j'aurais pu, en lâchant Kohaku, le serrer contre moi. Il répéta, plus bas, le prénom de Joshua. Plus bas, beaucoup plus bas, à des sonorités qui disparurent dans le murmure qu'il vint tuer en déposant sa bouche sur la lèvre inférieure de Chess. Mes phalanges se crispèrent, mon souffle enterré, et Kojiro embrassait, les paupières abaissées.  

    Le baiser d'un millénaire, et quand il l'eut fini, mon corps tremblait contre celui de Kohaku, sans que je sache si j'étais cage ou emprisonné. Kojiro avait les doigts déposés sur la ligne de la mâchoire de Kohaku, dans un face à face  au niveau que je ne connaissais pas. Quand Kohaku me regardait, il élevait ses yeux jusqu'à moi. Sasaki murmura.

    « Surprend moi. »

    Un rire perla entre mes lèvres, et mes dents vinrent trouver le lobe de son oreille. Je mordillais, affectueusement, dans un demi retour à la normal, comme pour le ramener à terre, ou me faire remonter moi-même à la surface. Reprendre une respiration qui gonflait mes poumons et mon esprit d'oxygène, la lucidité ayant déjà perdu Kojiro. Kojiro qui me regardait, tandis que mon rire se répercutait, à moitié étouffé, dans les mèches opaques du chaton blanc que mes doigts maintenaient. J'inspirais, mes paumes caressant. Nos contacts étaient suffisants, et sous ma paume droite, je recherchais un durcissement particulier, que je voulais savoir né de moi, d'un sang qui bouillonnait. Ma conscience s'endormait et se maintenait éveillé, j'étais debout, mais les yeux de Kojiro appelait à une position horizontale, et je souriais, contre l'oreille de Kohaku, caressant, insistant.

    « Tu choisis. »

    Tu choisis toujours. Mais là, tu choisis pour trois. Sous mes doigts, je tendais la peau, dans un rythme lent, mon coude bloqué contre son flanc, mes cheveux ayant glissés contre sa gorge, dans le col de son pull noir. Le corps de Kojiro était tendu, rongé par une envie qu'il taisait, mais qui clamait en silence sa présence dévorante.

    « On peut aller dehors, je te lâche ... »

    Endors-toi dans mes bras.

    « Et on prend les motos. Ou bien, on reste là . »

    Les prunelles de Kojiro s'étaient alourdies d'une vision qui n'appartenait qu'à lui. Je relevais le visage, pour chasser les mèches qui tombaient sur mes joues, gênant mon souffle devenu déjà un peu trop ralenti. Sur sa clavicule, mes ongles forçaient la peau, s'enfonçant plus profondément.

    « Il n'y a pas de limites, c'est toi qui choisis. »

    Et comme pour m'achever moi, les prunelles de Kojiro hurlaient « Je le veux ». Mon cœur rugissait, mon corps tremblait. Avec un goût de sang dans la bouche, j'articulais.

    « Joshua. »

    Dévore-moi. Dévore-moi. Dévore-moi.

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MessageSujet: Re: Vanité de sucre.    Ven 17 Juil 2015 - 17:25

Hipbones & Eyelids
And I’ll burn the heart right out of you.

-

La rudesse tactile d’empreintes digitales irriguait la tension née entre l’implacabilité de regards qui s’étaient soustraient à mon attention. Ils se tenaient là, laissés tremblants par des maux qui m’avaient trop longtemps échappés, s’appropriant des facettes différentes d’un corps, d’une expérience, qu’ils en étaient venus à convoiter. Zakuro derrière, Kojiro devant, ils apposaient ensemble les balises d’un jeu qu’ils cherchaient de concert à me proposer. L’explosion cosmique s’était profilée sournoisement, encore plus stridente que les éclats colorés des nébuleuses ayant peuplé mon sommeil. Ils mordaient dans un sous-entendu qui avait souvent plané dans l’air sans qu’autre que moi n’ose l’adresser ouvertement. Ils fracassaient leurs limites, ouvraient des portes qu’ils avaient préalablement préféré laisser fermées.

Je me tenais au cœur de leur chaos atmosphérique, installé au centre d’une décadence humaine dont j’étais le catalyseur. Kojiro explorait, Zakuro possédait et je m’essoufflais de constater ce retournement de situation insoupçonné.  Leurs touchés éparpillés laissaient dans leur sillage d’incandescentes arborescences qui gagnaient en ampleur au fil des mouvements et des secondes. La paume de Zakuro gonflait un besoin qui filtrait le cafouillis de mes pensées, remplaçant éloquence et questionnements par une pluie d’étoiles barbouillées de couleurs éclatantes. Je n’osais pas lever les yeux pour creuser des sillons dans la chair de son visage de peur que ses iris me surprennent et m’enracinent. Les lèvres de Kojiro, elles, bouchaient l’échappatoire de mes vociférations désorientées, accentuaient cette impossibilité de m’interroger que faisait naître Zakuro de par les calleuses décorant ses doigts.

Que se passait-il ?

Il me regardait, l’oiseau, brusquant les barreaux de sa cage à coup de bec métaphorique, plantant ses serres dans mes épaules pour me signifier son ressentit. Il me regardait, perçait la matérialité hypothétique de ma forme avec une intensité que je traduisais dans les tremblements secouant le corps de Zakuro, une intensité qui me portait vers une réflexion inatteignable, vers une sensation de latence fourmillante. Mon esprit cogitait dans le vide et ses lèvres devenaient un récipient pour mes soupirs.

Te surprendre, Kojiro ?

Mes lèvres se retroussèrent dans une considération violente de sa requête et je fracassai ma bouche contre la sienne en un claquement de dents qui résonna jusque loin dans ma boîte crânienne. Mes incisives froissèrent le derme poreux de ses lèvres et j’étirai la chair, désireux de voir jusqu’où elle pouvait s’étendre. Mes bras bravèrent ceux de Zakuro, griffant, explorant, pour se rendre jusque sur le territoire méconnu que représentait le corps Sasaki, flirtant sauvagement avec les touches de ses muscles, de ses côtes pour mieux venir s’enfoncer dans les évasements créés par son aine.

L’incompréhension laissait place à la démesure, à une agitation que leurs impétuosités électriques ne faisaient qu’attiser et je dus, quelque part dans la cohue des gestes, dans le résultat de cette équation qui additionnait, à tout le reste, la langue de Zakuro près mon oreille, me forcer à amenuiser la hargne de mon agression buccale pour souffler, soupirer contre visage de Sasaki. Mes pouces s’enfoncèrent dans sa peau, poussant, m’intimant une image dans laquelle un craquement m’annonçait que je lui déboitais les os, les hanches.
Je persifflai, désorienté, enflammé, déboussolé, envenimé.

« What, exactly, would be more suprising », les nébuleuses éclataient  contre mes papilles gustatives et le goût des étoiles, des bulles de gaz arc-en-ciel, me faisait tourner la tête. Ma cage thoracique se soulevait et je sentais l’ancre des membres de Zakuro me tenir plus ou moins en place, s’assurer que je ne déborde pas hors des commissures délimitant l’échange flouté auquel nous nous adonnions. Il ne parlait pas, interagissait peu, mais était ce baume qui m’empêchait de frapper, de réellement briser les ailes de l’hirondelle.

Il était le Ciel et si je buvais à grande goulée la vitalité de Kojiro dans l’attente du moment où ne resterait qu’une coquille vide de tout ce qui la reliait à l’humanité, je savais Zakuro inépuisable, intarissable. Ses mains chauffaient comme elles refroidissaient et il laissait son enveloppe s’emparer de mon incertitude, de la panique blanche qui cherchait à m’engouffrer. Il tremblait pour moi et je rugissais des chuchotements empoisonnés contre les dents de Kojiro.

« Me dragging the both of you out to that cat cafe or me fucking the lights out of you ? »

Je tombais, les trous noirs m’aspiraient et les confins imaginés par ma matière grise me semblaient mille fois plus tangibles dans leur intangibilité que le moment que je traversais. La voix du Ciel, de mon rônin de calcaire, de ce dessein de ma conception, de ce mineminemine résonnant, doucha ma conscience de sorte à ce que mes ongles s’enfoncent un peu plus dans la peau de Sasaki. Je contemplai l’ébène lisse de ses cheveux qui s’imposaient sous la forme de coulées noires contre mes épaules et j’haletai mon trouble contre son cou.

Joyeux anniversaire, tu choisis, il n’y a pas de limites, tu choisis. Joshua. Joshua. JoshuaJoshuaJoshua.

Tellement fragile, tellement humain. Je ne voulais pas vraiment lui faire mal. Mes phalanges fouillaient des tissus, tordaient, déformaient, des textiles élaborant la pudeur, s’érigeant sous la forme d’une contrainte esthétique dans le quotidien des uns. Je noyais mon nez dans les mèches de Kojiro, asphyxiais mes pensées au rythme des paumes de Zakuro.

Zakuro, Zakuro, rônin, Ciel, est-ce que je peux tomber ?

Je relevai la tête, mon crâne heurtant le cou de Zakuro, mes prunelles cherchant les siennes dans une inquisition désespérée d’une compréhension qui me filait entre les synapses. Mon sourire s’était tût dans le fracas des désirs, dans le brouhaha des expirations et je recherchais, dans une démarche ardente et maladroite, le réconfort de sa contenance. Il s’agissait là d’une rencontre qui s’esquissait dans un geste automatique, innée et sans pratique, une union d’onyx et d’azur qui vidait mes poumons de l’air trop chaud qui les encombrait.

L’une de mes paumes flirtait avec les hauteurs de l’une des cuisses de Kojiro, l’autre, tirait les cheveux de l’intemporalité pour mieux arriver à se l’approprier. À moi. À moi. À moimoimoimoimoi.

« Zakuro. », un souffle, une promesse, un silence. Je perçai ses pupilles d’aiguilles inventées, barbouillant ma peau de leur encre, ahanant le choc diluvien qu’elles m’infligeaient. Les mots s’écrasaient en place sans que je réussisse à les nommer et j’embrassai son menton du bout des lèvres, bouleversé par tout ce qu’il contenait, par tout ce qu’il me transmettait.

Zakuro.

Le fer brûlant de la panique s’estompait et les étoiles ensommeillées qui m’avaient portées à l’éveil reprenaient, tremblotantes, leur place dans le mobile suspendu de mon esprit. J’abandonnai à contrecœur ses yeux pour me réorienter vers l’hirondelle, pour le rattraper dans le coffret chevrotant de ma poigne. Mes doigts aiguisèrent un toucher le long de son vît, mou souffle écuma les braises froides de sa gueule et j’administrai un retour plus doux à la convoitise affective dont il m’avait éclaboussé. Un baiser-chat, un murmure dont seuls les relents se faisaient belliqueux.

« Qu’est-ce que tu fais, Kojiro ? »

Le cadre sombre de ses cheveux ne faisait qu’intensifier son regard.

Je tremblais.

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MessageSujet: Re: Vanité de sucre.    Dim 19 Juil 2015 - 1:55


    De la liqueur et des pétales d'orgueil.



    « Les passions ont des noms que je veux dénigrer. Si tu me demandes pourquoi, je ne saurais peut-être même pas quoi te répondre. J'en ai juste conscience, et ça brûle au fond de mon esprit, comme une chair nécrosée qui reste à vif, abîmée, et sans espoir de guérison. J'en ai simplement conscience, parce que c'est là, parce que je peux le prendre en considération, sans avoir à l'expliquer. Si tu insistais vraiment, je verrais vos visages, si différents, se superposer les uns aux autres, tous entre eux. Et c'est cela qui me ferait le plus mal. Et je suis humain, Joshua, et je ne veux pas avoir mal. »


    « Bonjour, mon jeune ami. Vous venez de gagner une soirée d'anniversaire officiellement organisée par la ZakuroKojiro compagnie. »

    Des souvenirs. La voix de Zakuro effleure son esprit, tandis que son cœur tente de défoncer sa poitrine tandis que Joshua cherche à le blesser. Y'a t-il un autre mot ? Sa perception alambiquée par le goût du risque, il se laisse attaquer. Il ne veut pas. Il ne veut plus. Il le voulait, il le désirait si intensément, sans savoir comment ça s'est déclenché, pourquoi est-ce qu'il a franchi le pas. Il a la certitude de son conscient passé, sans parvenir à se dépasser lui-même, désormais. Il ne sait pas où est-ce que Kohaku l'emmène. Les doigts de Joshua griffent, tout autant que son âme est martelée. Il voudrait reculer, désormais, s'exclamer qu'il est désolé, qu'il ne sait pas, qu'il ne voulait pas, mais Kojiro ne ment pas, et tandis que Joshua s'active à l'agresser, c'est une plainte sourde qui remonte dans son ventre, dans sa tête. Il y a des pourquoi, des pourquoi à l'infini, des images d'origami que Joshua pousse sous un verre, et des bougies. Il y a des soirées, où il était si prêt, et en dehors de toute manifestation de Zakuro. Et il était là, si prêt, et Kojiro l'avait si violemment voulu. Mais c'était mal, Joshua, c'était mal, et des caresses dans ses cheveux l'avait fait frissonner. Il aurait aimé sortir les crocs, et se défendre contre les impulsions avec lesquelles Joshua l'assaillait.

    Mais à quoi est-ce que ça pouvait servir de se battre contre ce qui est fatidique ?

    Elle est dans son esprit comme Zakuro peut y être. Comme un obstacle, comme un défi à ce qu'il est par rapport à lui-même. Tous les deux, leurs faces au regard braqué sur lui, il se sent coupable d'une volonté qui dépasse la normalité. Il pourrait se résigner et penser à son père, craindre l'image de sa mère, mais il y a surtout son visage à elle, et les yeux trop clairs de Zakuro, qui en cet instant, étrangement, paraît invisible, ses bras serrés autour de Kohaku. C'est son petit sourire tranquille, sa coupe au carré, ses yeux d'enfants. Elle est là, simplement présente, comme un poids mort qui appuie sur son cognitif, et Kojiro s'interroge sur ce qu'elle aurait pensé de lui en cet instant.

    Kojiro enflamme son image tout autant que lui a l'impression brûler.

    Casse ma lèvre, Joshua. Essaie.
    Cette pensée tournoie follement dans la tête de Kojiro, qui vient frapper ses ongles contre les épaules de Joshua, pour s'ancrer à lui, tandis que l'autre essaie de défoncer ses hanches. Il y a une fureur entre eux deux qui pousse Kojiro à foudroyer Joshua du regard, et il grogne furieusement tandis que sa lèvre s'étire sous les dents de Kohaku. Et puis le mouvement change.

    Son visage vient se déposer dans les mèches de Kojiro, qui stupéfait, le souffle court, le corps tendu dans la hargne qu'il ressent, vient mettre sa main derrière le crâne de Kohaku, pour le serrer contre lui, sans savoir très bien où il en est. Il a cette envie folle de le disputer, mais Zakuro le tient trop, Zakuro le veut beaucoup trop. Et quand, brusquement, les doigts cessent de griffer pour glisser vers le bas, un spasme secoue Kojiro dont les ongles s'enfoncent dans la nuque de Kohaku.

    « What, exactly, would be more suprising »

    Kojiro ferme les yeux, en pressentant venir une bombe qui se chargera assurément d'exploser son cœur. Ses phalanges crissent, et il serre plus fort, tandis que les stimuli nerveux de son corps sont massacrés par des redevances trop ambitieuses. Son cerveau se laisse geler par des zéros négatifs, tandis que toute la surface de sa peau réclame un degré au centième supérieur. Zakuro tremblait, beaucoup plus que lui.

    « Me dragging the both of you out to that cat cafe or me fucking the lights out of you ? »

    Ses muscles se détendent. Sous l'accusation, comme un voile levé, Kojiro se laisse brusquement envahir par le fait de subir, sans même chercher à refréner la colère dans les prunelles de l'être qu'il a encadré depuis janvier. La notion d'intimité et de propriété se confondent en un désir qui rougeoie, et Kojiro, bousculé, cahoté dans un manque certain de logique, se voit trop touché. Kohaku respirait contre lui.
    Et lui se sentait trop près de Zakuro.

    Un Zakuro qui se voit prononcer son nom à l'instant où Kojiro s'apprêtait à le faire. Sasaki reste silencieux, comme un corps mort.

    Et doucement, la chaleur se stabilise.
    Kojiro ne se réveille pas, n'émerge pas. Il contemple, simplement, la fin de l'orage qui s'est abattu sur lui. Peut-ête une envie de soupirer, peut-être bien, mais il ne le fait pas. Kohaku se dégage, venant déposer son nez contre le sien. Kojiro cille. Il se rend compte, à ce moment là, que sa lèvre a cassé, et que le sang coule sur son menton, sans qu'il ne l'ait perçu. Il s'accroche à la sensation, à cette impression que le vent s'engouffre dans sa chair béante. Kohaku ouvre les lèvres, et Kojiro a envie de pleurer. Il le veut, et c'est aussi simple que cela.

    « Je ne sais pas. »

    Et Kojiro le serre dans ses bras.

    -

    Prologue.

    « What, exactly, would be more suprising »

    Le cœur agité en des battements irréguliers, Kojiro subit un déchainement contre ses lèvres, dans un assaut qui attaque son esprit. Le monde s'effrite, la cage dans laquelle il se croyait protégé se voit pénétrée par les pattes longues et souples du chat qui vient le griffer jusqu'à sur son promontoir doré. Dans la douleur d'un masochisme qui s'exerce, Kojiro endure, piégé. Il y a dans le romantisme de son instant privilégié le goût d'un sang qui remonte de ses entrailles quand les mains de Kohaku viennent frapper, sauvagement, dans une appropriation de son corps qui lui coupe le souffle. Il se sent fragile, au delà de sa capacité à pouvoir soulever ou étrangler. Comme un oiseau perdu dans les crocs d'un prédateur, il sautille de l'intérieur de sa tête, en voulant fuir, loin, furieusement.

    Et parallèlement, son corps est figé, les doigts de l'autre le touche.
    Et indubitablement, Kojiro réclame cela.

    Son esprit a vu s'enclencher une bombe à retardement, et sous les ongles qui le déchirent alors qu'il se voulait caressé, il a la sensation d'être déchiré avec force. L'impression lui coupe le souffle, tandis que Joshua appuie contre le devant, en arrachant des lambeaux de chair de par des griffures que Kojiro ne ressent pas. Ses prunelles dilatées, il a la sensation d'être maltraité. Et pourtant, et pourtant -

    « Me dragging the both of you out to that cat cafe or me fucking the lights out of you ? »

    C'est un tremplin que Kojiro surprend. Ses doigts plongent, attrapent, presque violemment, ceux de Kohaku qui glissent un peu trop bas, et il rapproche son visage, suffisament près pour tomber encore plus profondément à l'intérieur de la gueule du chat.

    « Joshua. »

    Il prononce son nom.
    Il prononce son nom, comme la première fois.

    Et les yeux de Zakuro étincellent d'une rage électrique.

    -

    Tension.
    Un brouillard d'électron.

    De l'adoration, de l'adoration, de l'adoration.

    Et lui.




    Comme un afflux silencieux qui charge sous ma peau les fourmillements électriques d'une réaction compensatrice, la chaleur diffusée par la présence du corps de Kohaku contre le mien assure une barrière aux délimitations nettes entre le réel et l'illusion. Ses doigts contre mes hanches, son dos contre mon ventre et ma poitrine, je hurle en silence à l'appartenance d'un rôle de dragon, pour le protéger tout autant que le posséder. L'air s'est chargé d'un amas qui noie mes bronches par sa composition électrique ; les préquels d'une violence qui s'agite dans mes bras me fait refermer mes bras autour de lui tandis qu'il griffe et s'échappe sans avoir besoin de bouger. J'oppose la masturbation à la dénonciation.

    « Qu’est-ce que tu fais, Kojiro ? »

    Qu'est-ce que tu fous, Sasaki ? La question le fait trembler, presque chanceler. Mais il encaisse. Il saisit les poignets de Kohaku, et ses doigts glissent jusqu'à ceux qui se sont infiltrés au delà de sa normativité. Un frisson gelé coure la surface de son corps, et son souffle brisé vient se perdre à quelques centimètres du visage de Kohaku. Il a projeté ses yeux dans celui qui m'appartient, et quand sa poitrine vient se plaquer contre celle de Joshua, nos cheveux s'emmêlent dans un désordre monochrome. Il murmure.

    « Je ne sais pas. »

    Il croise mon regard, ses doigts sur ceux de Kohaku, et c'est son souffle cassé qu'il me projette à la gorge. J'adore autant qu'il implore, et dans ses yeux, il y a une supplication à genoux qu'il ne saurait prononcer. C'est dans son incertitude que Kojiro progresse le mieux. Par la découverte tactile sous laquelle il se laisse oser de lui-même par un contact à l'autre, en pleine connaissance du vide, il arpente cet équilibre qu'il craint plus que tout. Kojiro ouvre ses ailes face au vent, prêt à se faire briser, prêt à se faire anéantir. Néanmoins, dans ses mouvements précurseurs avec lesquels il piétine mon territoire, je devine une recherche de liberté.

    Mon cœur se crispe sur cet affect qu'il offre, qu'il étale, qu'il impose, dans lequel il emprisonne et s'emprisonne. Mes doigts quittent Kohaku, remontent le haut de son ventre à lui, et mes phalanges crochètent le tissu de son sweat, dans une prise qui imite la violence que les doigts de Joshua ont laissé sous l'habit. Sur une pression des doigts, j'écarte Joshua, pour établir un face à face qui fait affronter à Kojiro la chute de mes yeux sur sa face, et je le contemple, mâchoires serrées. J'ai sous les paumes la sensation d'une dureté que je veux pour Joshua, et il a entre les cuisses le souvenir d'un contact dont j'évalue l'importance d'un plissement d'yeux. Mien, Mien, tu me l'as promis. Tu m'as promis, tout comme je t'ai promis que je ne regarderais que toi, de n'être qu'à moi. Ma jalousie en rouge dépeint des mots qui s'affichent clairement dans l'esprit de Kojiro, et si celui-ci ne baisse pas les yeux, je, je-

    « Oh, bon sang. »

    Ma voix s'éclate sur une sentimentalité trop aiguë pour que je ne puisse me laisser emporter par la colère, et dans la tension de l'instant, j'opte pour un abandon plutôt qu'un affrontement. Tout s'oppose. La haine à l'envie, la frustration à la déception, et j'ai la sensation d'être cloué à une toupie, dont les circonvolutions me font considérer les angles de leurs visages, comme si je les découvrais, tous les deux. À les imaginer ensemble, c'est tout l'édifice de ma raison et de mon être logique qui tremble. Mes doigts l'abandonne, et comme un enfant qui hurle le besoin de retrouver sa mère, je me retourne, et cherche des yeux les prunelles noires, pour m'y précipiter.

    Ne me fais pas opter pour un choix que je ne peux pas assumer, Chess. Si tu le veux, tu le prends, mais arrêtez de me rendre jaloux comme ça.

    Je me veux orgueilleux dans une défaite qui me précipite. Et la gueule relevée en un demi-sourire, je cliquette du bout des doigts sur ses clavicules, sans chercher à rencontrer son regard, en marquant avec les ongles une mesure qui s'accélère. Des reliefs osseux me font me pencher, mes doigts courant plus intensément sur la corolle de sa gorge, tandis que dans ma poitrine, c'est mon cœur qui se précipite. Mes gestes s'activent, et je sais vouloir posséder plus que je ne veux laisser posséder. À trop désirer, au final, je vais laisser un autre s'en emparer. Peut-être.
    Les yeux de Kojiro balaient l'espace de mon univers, caressent la matérialité de mon junkie hilare. C'est même un peu plus que ça. Ses yeux déposent sur Kohaku le fardeau de ses sentiments, mais il ne vacille pas, et s'il s'approche, c'est pour me prendre à témoin. Mon sourire disparaît, remplacé par l'impavidité de cette envie scindée de le frapper tout autant que de l'observer. Son expression change, redevient celle du Kojiro de toujours, habité par une douceur qui déchire les voiles de la pudeur, et qui atteint les extrêmes de la tendresse. Du bout des doigts, comme un enseignant qui fait la morale, il vient tracer, ses paumes sur nos épaules, un secret qu'il vient partager entre nous deux. Disparue, l'absence de confiance, Kojiro vient de trouver son équilibre ; à s'accrocher aux repères qu'on lui fournit. L'hirondelle sur un fil. Il sourit et ses yeux caressent le visage du québécois métissé.

    « Est-ce que c'est important de définir, Joshua ? »

    La violence dans ses yeux est équivalente à celle d'un baiser. Il abaisse ses paupières dans une expression alors stricte, presque froide. Moins brusque que tout à l'heure, plus lent, plus précis, et plus violent pourtant, Kojiro explore. Une rougeur inonde mes mâchoires quand ses doigts, moins fermes, plus lascifs, changent la position de la prise qu'il adopte lentement sur nos corps. Kojiro cherche à tracer un fil. Il se lève, sur la pointe des pieds, et ses mains effleure le poignet de Joshua, dessine l'angle de ma hanche. Mes doigts accrochent ceux de Joshua, dans un sursaut. Il est singulier de considérer à quel point le bar au chat ne me tente plus, soudainement. Pourtant, un mot, un seul, et je romps l'étreinte, je détruits l'ambiance. Mes doigts pressent ceux de Joshua. Tu as une emprise beaucoup trop particulière sur moi. Un « Beaucoup trop » qui se répète en boucle dans mon esprit, comme un disque que l'on aurait préalablement rayé, dans le but contingent d'écouter et de réécouter une note adulée. J'abaisse les yeux. Je me sens incapable de prononcer quoique ce soit, je me sens incapable de bouger, ou d'exprimer la moindre émotion ; c'est un piège où la contemplation se laisse dénuder par la sensation. Kojiro se targue d'un rôle qui lui sied beaucoup trop bien. Le sol semble ouvert sous mes pieds, prêt à accueillir ma chute, et pourtant, je me sens incapable de m'effondrer, en dépit de la logique qui a chancelé. C'est Kojiro, d'un geste, qui me renverse. Mon front vient se déposer contre celui de Kohaku, mes doigts passent à la hauteur de ses épaules, et je nous sens fiévreux, la réalité paraît avoir basculé. Mes mains tremblent.

    Tu m'attises, tu joues à ce jeu qui étire nos nerfs jusqu'à les rendre sensibles, et du poids de ton regard, tu appuies sur des cordes raides.

    Je ne sais plus, soudain, de qui je veux prononcer le nom.
    D'accord, Joshua, arrête de réfléchir, et dévore moi.

    Je ramène mon visage contre le sien, et en glissant mes paumes contre son visage, je prends le soin de calquer le sourire qui naît de mes lèvres sur sa  bouche. Et je presse, avec assiduité, son nez, le mien, nos pommettes qui s'effleurent et mes cils viennent battre contre les siens. Dévore moi, dévore moi. Les cheveux de Kojiro, comme des méduses noires qui obscurcissent des songes éveillés, sont à la hauteur de mes mains. Criminel de ses envies, il noie l'ambiance dans un jeu qu'il propose. Je pousse, doucement, Joshua contre le lit. Kojiro accompagne mes mouvements, et c'est à deux que nous montons sur la couche, pour accompagner le drapé du chat en blanc. Le présent me paraît flou, la réalité décalée, mais mon cerveau s'est débranché, et à cette seconde, il n'y a rien de plus important que ma bouche qui s'empare des reliefs de la gorge de Kohaku. Mes mains progressent sur sa poitrine, et comme s'il avait lu dans mes pensées, devinant l'accord tacite d'une tangibilité qui ne se brusquait pas mais qui repose sur l'harmonie de nos envies, Kojiro passe ses mains sous le pull noir, et dénude un ventre pâle qu'il se charge d'occuper. J'ai oublié son nom, j'ai oublié notre inimitié. Sous ma bouche, entre mes dents, la trachée de Kohaku se soulève dans la déglutition et la respiration, mouvements-clefs qui me font suivre son automatisme vivant par mes lèvres.
    Les doigts dans ses cheveux, je rêve éveillé.

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Le bleu. Tu es le ciel qui surplombe la terre, qui grise le regard des gens en quête de réponses ou d’atmosphère. Tu es l’intemporalité qui veille sur la planète, qui transcende l’existence sans pour autant la manipuler, sans pour autant se l’approprier. » K. J. M
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MessageSujet: Re: Vanité de sucre.    Ven 18 Déc 2015 - 17:21

Toes & Lips
Did you almost start to wonder if I was real?

-

L’écrin se resserrait à la manière d’une combinaison spatiale que j’avais envie de déchiqueter, envisionnant les serres de mes doigts broyer le matériel trop épais, trop solide, pour s’enfoncer dans la voie lactée. Au rêve s’engluait la conscience d’un éveil à la pente abrupte et chargée d’une matérialité qui m’empêchait de retrouver la plénitude détachée des nébuleuses. Ma peau brûlait en parallèle aux paumes froissant mon dos, éclatait dans une combustion étoilée qui me poussait dans un non-être auquel ils persistaient à m’arracher. J’étais sans vouloir l’être, mon menton heurtant les hauteurs d’une épaule avec une docilité chancelante, mon crâne absorbant goulument les résonnances de paroles soufflées en réponse à une rage nerveuse, déconcertée. La pesanteur tuant l’apesanteur m’accrocha à contre-sens de l’absence de réalité que mes songes avaient revendiqué. Le mobile des explosions stellaires tournait à vive allure, enchantant ma conscience d’une vitesse qui n’arrivait qu’à ralentir mes mouvements.

Je ne sais pas, avait murmuré l’ombre de l’hirondelle contre ma chair fumée, alors que mon homologue agitait ses doigts prisonniers contre ses poignets, creusant des demi-lunes contre la fragilité des os et des veines qui se débattaient sous le mince voile tégumentaire.

Je ne sais pas.

Mon souffle m’avait lâché et mes prunelles incandescentes s’étaient égarées contre l’horizon plat d’un mur qui n’avait à offrir que ce que l’esprit pouvait bien lui imaginer. Les fils auxquels les astres étaient suspendus tourbillonnaient et illuminaient mes rétines d’une fougue dangereuse, croûtaient le derme brûlé d’une nouvelle couche d’abus, d’incompréhension. Que se passe-t-il, demandait l’éveil, barbouillant de sa naïveté cataclysmique les percées de sagesse qui auraient pu lui faire quitter l’antre de ses propres dérisions. L’humanité s’essoufflait dans une expression physique de pulsions mal rodées et il y trônait, querelleur et dépassé.

Que se passe-t-il ?


Je progressais à l’aveuglette dans une inertie que seule l’intangibilité constante du Ciel avait la possibilité d’attendrir, frémissant des dents contre une carotide serpentée de filaments noirs. Je sentais les battements désynchronisés de leurs cœurs, oubliant le mien dans la cohue des inhalations sanguines. Le sang de la lèvre cassée de Kojiro peinturait assurément l’opale de mes mèches, tranchait le blanc à l’aide d’une teinte moins globale, plus vitale. Je mastiquais, testant à demi l’élasticité d’une chair, m’accrochant à mon désir d’être décroché, concentrant les circuits encore disponibles de mon cerveau sur la présence du Ciel tempêtant derrière moi. Il était un pont unissant deux Spectrums d’une même entité dans une adhérence chevrotante, une couverture taisant les incohésions existant en son extérieur, raffermissant un tout qui se supposait continu.

L’hirondelle et le Ciel. Ils glissèrent sous mes pieds sans que je capte le mouvement, me poussant à une distance qui me permettait d’observer un portrait duquel j’avais été écarté, deux silhouettes s’affrontant dans une joute qui m’excédait. Le sang et la salive poissaient mes lèvres entrouvertes, et j’observais sidéré, effaré, les supernovas se détachant du mur pour mieux les avaler.  

Que se passait-il ?

« Za –  »

Une multitude de secondes se piétinant et carambolant des mots volage dont je n’avais pas la prétention de faire sens s’entrecoupèrent dans un enchevêtrement bordélique que je ne pus qu’observer, dépossédé et déserté. Un trou noir m’arrachant mes voraces nébuleuses s’exhibait sous les remparts clairs qui composaient Zakuro, perçant le Ciel d’une manière lourde de vieilles réminiscences suintantes de défaites et de regrets. J’entrevoyais ce camion qui n’était jamais venu crever ma rétine, j’entendais la voix du garçon à l’honneur plus grand que nature grésiller à l’intérieur du combiné.

Pouvions-nous tomber, mine rônin, Zakuro ?

Il revint vite, malgré la plaie que son abandon momentané avait créée, superposant à l’inconfort trop réel de l’éveil une pellicule de bile chargée d’amertume. Les questions ne trouvaient pas de réponses et le fil de ma cognition s’entremêlait dans la cadence des événements sans que je n’arrive à inculper un sens aux raisons greffées derrières les actions. Ses yeux me plaquèrent, dans leur évitement des miens, dans un désespoir sulfureux que je bougonnai vocalement contre son menton, le tirant, le tirant à l’en perdre à l’intérieur de moi-même. Mon bassin percuta le sien sous le siège d’une ululation plaintive, mes orteils me surélevant de sorte à ce que je puisse l’atteindre. Toi qui siège si haut, rappelles-moi que la crainte de la chute est vaine. Montre-moi, attrape-moi.

L’immatérialité peut-elle tomber, Ciel ?

Il y avait des dents, il y avait des ongles, il y avait ce tiraillement de mes yeux qui forçait les siens à se ranger contre les miens. Le mobile explosait, transformait le bleu d’un ciel que je savais pourtant intemporel. Les nébuleuses s’en allaient à une litanie liquoreuse, et je déposais ma désorientation inquiète contre ses lèvres, chassant l’horreur de vieux souvenir de revers de mes phalanges contre ses mèches. L’agitation n’inhibait point les sensations, ne laissait que plus de place aux ondulations équivoques et aux touchers électrifiés. Mouvements que l’hirondelle recueillait d’une nouvelle annonce de sa présence, débarrassée de l’incertitude moite qui avait préalablement figé ses gestes.

Il ajoutait à l’atmosphère une couche ardente et sirupeuse sur laquelle chacun de mes pores désirait placarder l’appellation de jeu. Et mes paumes se tendaient contre celles de Zakuro, et ma bouche persifflait un caprice mal défini, qui ne s’assouvissait que partiellement sous le couvert de leurs corps respectifs.

Ne m’abandonne pas, explique-moi.

L’éveil et le rêve, dans le berceau éhonté de l’espace. Les paroles de Kojiro m’avaient propulsé à l’intérieur d’une combinaison maintenant flasque, avait ébranlé une matérialité pour mieux me forcer à admettre son existence, et pourtant, là, alors qu’il jetait au néant la nécessité même des définitions, il restaurait la balance. Dans le palais des contradictions les plus délicieuses, il anéantissait le besoin de comprendre, le besoin de savoir, promettant au gré de minimes paroles, que la compréhension n’était qu’une façade à l’être. Il redevenait cet être taciturne à qui j’avais offert les flammes d’un volatile de papier pour mieux combler la distance qui nous séparait, cet être que j’avais momentanément dédaigné dévorer pour mieux pouvoir me l’approprier. Il soufflait au travers de moi plutôt que sur moi.

Je n’avais pas besoin de définitions. Il n’y avait rien à écrire au sujet de l’intemporalité et de l’immatérialité, rien qui concernait une hirondelle qui s’affairait à voler en marge des définitions. Un oiseau qui défiait les lois de l’espace-temps pour s’approprier un monde dans lequel l’oxygène et la gravité étaient des mythes cinglants.

Mon front percuta doucement celui de Zakuro dans un mouvement initié par une tierce force et je relevai à nouveau les yeux, désireux de personnifier toutes ces nébuleuses qui m’irradiaient. Il n’y avait que ces mains qui traçaient mes épaules pour mieux en arriver à cintrer mon crâne, imposant un sourire que je voulais aspirer pour ne plus jamais être contraint de le perdre. J’ouvris la bouche contre ce visage qui s’écrasait contre le mien, contre ses yeux que je m’efforçais d’avaler par l’intermédiaire d’un sourire grandissant. La brûlure galactique s’amenuisait pour laisser place à une averse diluvienne, porteuse d’affects mnésiques qui ne se rattachaient en rien aux crissements des pneus et aux flammes d’une perdition nerveuse. Je bullai contre ses lèvres, enroulant mes mains, puis mes avant bras dans les colimaçons chaotiques de ses cheveux.

« Are we happy ? », soufflai-je, le tirant de plus bel, vers moi, vers des hauteurs qui ne nécessitaient nul discernement. Avons-nous dépassé cet étendard de silence derrière lequel nous cultivions des non-dits que nous ne savions pas comment porter jusqu’à nos lèvres ? Avons-nous dépassés le cimetière de ces humanités que je ne nous contraignais, perpétuellement, jusqu’à ce que plus rien ne reste, de laisser derrière ? Sommes-nous tombés, dans un fracas trop assourdissant pour arriver à l’intelliger ?

Son sourire fut une salvation définitive à la rampance décadente de ma panique, substituant à une peur indéfinissable, la clairvoyance d’une certitude possessive. À moi, à en oblitérer jusqu’aux circonstances les plus incontrôlables. À moi, dans une apposition inchangeable de ce que nous étions, dans une sincérité que même la présence d’une hirondelle dégoulinante de sentimentalité réciproque ne pourrait fissurer.

Fucking mine.  

Mon dos heurta le galbe confortable des couvertures froissées, me projetant à l’endroit précis où toute cette scène estivale avait débuté. Et les pistes digitales contre l’attelage cramé de mes nerfs ne fit qu’intensifier cette impression diluvienne que j’avais de perdre pied. Kojiro ondulait dans une apposition de confiance confidente qui picotait mes organes internes de chaleurs et je papillonnais des paupières, chacune des ouvertures de mes yeux imprégnant un peu plus le Ciel contre ma rétine.

« Le . . .  »

J’oubliai ce que cette ébauche de phrase aurait pu devenir contre les paumes de Kojiro, l’essoufflant intelligiblement contre les lèvres de Zakuro, respirant la perspiration qui s’accumulait et m’assaillait maintenant que la panique daignait céder la place au désir. Le silence devint cet étau qui me grisait et que je cherchais à surpasser, le silence devint contrainte contre laquelle apposée mon sourire de démon. Le silence et le bruit, des opposées, les récipients d’un jeu, dans le palace des nébuleuses dégoulinantes de sirop nacré.

Mes paumes heurtèrent avec insistance les épaules de Zakuro, lui imposant un écart qui me permit de me départir, momentanément, mon impatience tintant déjà, de leurs initiatives respectives. Je me dressai sur mes genoux, observant, placardant d’une paire de yeux aux étoiles mortes, d’abord Zakuro et son expressivité familière, teinte et cousue dans une intimité exacerbée d’arabesques dépassant le royaume tactile, puis Kojiro et sa nouveauté biscornue à laquelle  s’attelait une incandescence inconnue. Et jee feulai, feulai le vide et la chaleur, accrochant mes pouces à l’élastique de mon boxer pour pouvoir le descendre contre mes cuisses.

Déglutition.

« Pourquoi est-ce que ceci devrait être une bonne raison de ne pas se rendre au café chat ? »

Sourire.

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MessageSujet: Re: Vanité de sucre.    Mer 30 Déc 2015 - 21:37

    Vanité de sucre
    la farine de nos envie, la levure de nos pulsions.


    Bienvenue au pays des gâteaux. Le Chapelier et le Loir avaient oubliés sur la table du thé les biscuits et les pièces montées dans lesquelles se vautraient mes envies, et je raffrénais si peu les désirs d'une sustentation aux couleurs pâles. On avait mis au menu un met différencié par ses attitudes, des autres jours, et Kojiro se présentait sur un plateau trop doré. J'en avais mal à la tête.
    Kojiro chocolat et Joshua caramel.

    « Are we happy ? »

    La constriction étouffante qui tirait, attirait, ses lèvres souriantes, flanchait mes positions, me faisant sombrer dans un dédain de l'équilibre, et j'avais l'impression qu'en m'écroulant sur lui, je l'écrasais dans son sourire, dans son baiser, tandis qu'il continuait à appuyer, l'immatérialité condensée sous mes yeux, tapotant d'un doigt vigilant sur ma conscience, appelant à une relation plus alambiquée encore que les nébuleuses de son regard et leur dérives intérieures. Ses doigts dans mes cheveux, qui tiraient, et cette confrontation à son regard, opération gazeuse d'un univers en composition sur lui-même, qui malgré moi et mon inconfort passager, me faisait penser à ces crèmes montées, pâtisseries que la langue voulait détruire dans ses obsessions. Avec un peu de recul, -je poussais sur mes épaules, arquant mes omoplates-, le tableau qui se dressait ressemblait à l'étal de viennoiseries sur lesquelles mon choix se serait porté. Du souffle, de la farine, des tremblements, et de la levure. Je fermais les yeux, éprouvant le contact chaud du baiser qui se continuait contre mes lèvres, l'oxygène tremblotant des paroles prononcées papillonnant contre les ourlets de chair.
    Nous le sommes.

    « Pourquoi est-ce que ceci devrait être une bonne raison de ne pas se rendre au café chat ? »

    Mes joues s'empourprèrent, et il souriait. Oh mon dieu, Joshua. Dans un sursaut d'exaspération tendre-amer, je me laissais retomber sur le flanc, les lèvres entrouvertes sur un soupir d'incrédulité. Sasaki en était rendu à serrer les dents et les cuisses, et moi je-

    « Parce que les chats ne se mangent pas, Joshua. »

    Kojiro venait de saisir Kohaku par les clavicules, enfouissant ses ongles dans les mèches, et tirait avec une insistance furieuse, sur le visage, le rapprochant du sien dans une distance qui ne pouvait, -seigneur, Joshua-, laisser aucune équivoque.

    « N'est-ce pas ? N'est-ce pas ? »

    Ses pouces s'enfonçaient dans les angles que formaient les sourcils, progressant sur l'arcade avec une rigueur forçant le rapprochement. Aux rougeurs se rajouta un éclat de rire, qui dissipa l'incrédulité exaspérée. Un éclat de rire vaguement désespéré par le handicap mutique que représentait le mutisme qui voulait trop s'imposer, et que Kojiro combattait déjà vaillamment. Je levais les bras, appuyant mes doigts contre les paumes de Joshua. Les chats ne se mangent pas.

    « Assurément. »

    Je me redressais complètement, attrapant le côté d'une épaule délaissée par Kojiro, et pestant contre le manque de subtilité de cet enfant, mes doigts dégagèrent les mèches qui chutaient devant l'oreille de Joshua. Calmant le rythme déjà un peu trop violenté de ma respiration par un baiser sur son lobe, je patientais la seconde nécessaire, avant de murmurer.

    « Et parce que je te veux. Parce que tu es beau, et que tu vaux tous les chats du monde en cet instant, et que même Kojiro et ses fichues lunettes l'ont remarqué. Je te veux absolument et furieusement en cet instant, Kohaku Joshua. »

    Les syllabes claquaient entre mes lèvres, chaque mot assumé en un désir qui ourlait mon regard par cette expression trop sérieuse pour que je ne plaisante vraiment. Je fermais les yeux, en enfouissant mon visage dans ses cheveux, laissant retomber mes mains, alourdi par une sensation étourdissante que l'apesanteur ne saurait conforter. Un souffle traversant mes veines me fit opter pour l'abandon d'un maximum de charge. Mes idées tournoyaient, de plus en plus courtes, de plus en plus violentes. Je voulais vraiment enlever mon sweat, maintenant, haïssant la chaleur qui épuisait mon énergie.

    Calant mes cuisses contre celles du chat trop curieux, et réceptionnant l'élastique du sweat dans un mouvement ample, je dépliais les coudes ; lesquels passèrent au dessus des épaules, le vêtement s'arrachant à son emprise trop opaque sur ma peau, dénudant mon torse et la singulière attraction éprouvée quand à mon envie de plaquer Joshua contre moi. Le vêtement alla s'écraser contre le matelas, tandis que je réceptionnais ses clavicules du bout de mes doigts, imposant la semi nudité comme un confort plus aisé. La poitrine élargie par une respiration plus profonde, je prenais le temps de contempler tout autant que d'être observé, dans un exhibitionnisme à moitié railleur face au contraste de nos corps.

    Je réclamais la complémentarité de cette fragilité des chairs, la mienne réclamant la sienne. Les flirts des heures passées dans les efforts physique se compensaient en des résultats que la génétique amélioraient par la présence travaillée des muscles, des tendons et des nerfs soulignés. Je l'attirais à moi, campant ma position bien à genoux, appuyant dans ma position un équilibre dominateur, glissant mes mains dans sa nuque, appuyant le relief de ses côtes contre les courbes dures de ma poitrine. Les chats ne se mangent pas. J'appuyais contre ses cuisses avec une pression de mes rotules, faisant passer mes doigts sur ses mâchoires, appuyant, jusqu'à voir apparaître une griffure suffisamment profonde près de sa bouche. Les chats ne se mangent pas.

    Sauf peut-être celui-là. Le message ne franchissait pas mes lèvres, mais j'avais espoir que mes yeux transmettent l'idée. J'aurais pu continuer en précisant : et que le café est trop amer pour l'instant, et que ma bouche est plus portée sur le sucre, amour. Les mots ne se virent pas vraiment prononcés car sur l'instant, je préférais l'action, avec une conviction enfiévrée.

    J'embrassais, mordant sa langue, fichant la mienne dans un heurt violent, mais avec une appréciation-ambiance de miel, là où le thé et le sucre aurait dévastés les convivialités du contact assourdissant, heurtant l’émail de mes lèvres, dans un baiser violent. Parce que je voulais, parce que je désirais, et que non, les chats ne m'intéressaient plus, les chats ne se mangeaient pas, les chats se caressaient, dans des étreintes à faire étirer leur peau élastique. Mon souffle se perdit dans une demie plainte, et je l'attirais contre moi, en tombant en arrière, en réclamant son ventre sur le mien. J'articulais son prénom en déposant les syllabes sur sa langue, en recouvrant ses hanches de mes mains, et je serrais, serrais, presque à en faire craquer les os. Je t'adore, je t'adore, je t'adore. Mes cheveux traçaient la perpendiculaire du lit, et rompant le rythme pour mieux conserver l'intensité, j'écartais mon visage du sien, en souriant, cherchant la présence de Kojiro.

    « Où es-tu ? »

    Ses yeux sombres, stricts comme les règles de métal qu'on fait claquer sur les doigts des enfants, heurtèrent les miens, ses cheveux défaits tombant sur le crâne de Joshua et au dessus de mon visage, et un ululement de rire s'éleva hors de ma gorge, quand il vint appuyer avec ses ongles contre ma clavicule.

    « Là, à observer, parce qu'on me rejette si suavement. »

    Du bout des doigts, il froissa les draps, et je passais mon bras sous Joshua, sans relâcher l'emprise de l'autre main, pour venir saisir Kojiro au collet de son vêtement, et en le tirant à moi, amener son visage à la hauteur du sien. Mes lèvres effleurèrent son front.

    « Tu n'as qu'à cesser de fuir. »

    Il s'agit de ton rôle que d'élever nos hauteurs à celles de ton vol, Hirondelle. Il sourit, sans que je sache s'il était conscient ou non des pensées qui s'élevaient à son égard. Les mots me manquaient. Les hauteurs se perdirent ; de son front, je passais à sa bouche, et dans un jeu loin de nos amusements de garçons, je passais mes lèvres sur les siennes, appréciant, dépréciant, frémissant, sous le contact, ses doigts et son épaule se contractant. Une bulle explosait. Ramenant Joshua contre moi, dans un réflexe de survie, je papillonnais un éveil de ma conscience, tandis que mes lèvres étaient laissées à l'abandon, le retrait de Kojiro se faisant sur un constat calme, terrible. Ma conscience criait, sans que je ne parvienne à déchiffrer ce que je me disais à moi-même. Enroulant mes bras autour des épaules de Joshua, relativement angoissé, considérablement anesthésié, je babillais, sans parvenir à prononcer correctement les choses. La situation m'effrayait tout autant qu'elle s'écriait d'elle même dans mon esprit, lequel avait considérablement abandonné l'idée de raison et d'intellect. Kojiro, sans se troubler, et dans une grâce lente, se releva doucement. Du sang sur ma bouche, une envie de mordre quelque part dans le dos de Joshua, et la plaie de Kojiro qui coulait jusqu'à son menton. Dans un jeu de phalanges, il fit disparaître ma tension, appuyant respectivement sur le dos de Joshua et mes épaules.
    Il tâcherait les draps, songeais-je, distraitement, tandis que ses doigts se chargeaient de remplir un toucher qui évoluaient sur nos reliefs assemblés, à Joshua et à moi. Ma gorge se tendit, j'amenais Joshua contre ma poitrine, calant sa hanche contre l'intérieur de mes cuisses. J'avais froid, je réclamais le chaud.

    « Joshua, tu ne-... »

    Mes muscles se bloquèrent violemment. Un rire, celui de Kojiro, s'éleva. Mon expiration se fit plus lente, plus rauque. Mes doigts, accrochant les mèches blanches, dessinèrent des arabesques pâles, tandis que les doigts de Sasaki agrafaient, retenaient, puis repartaient, me faisant lentement découvrir une sensation crispée, mes muscles se tendant les uns après les autres sous la confusion des sens. Sous ma peau, la vitesse d'effusion du sang s'était ralenti en une langueur étouffante. Je ramenais mon visage contre la gorge de Joshua, tendu dans un cri muet. Comme dans l'ouvrage d'une pâtisserie, se drapait dans l'instant l'enrobage d'une pellicule qui retombait sur moi, étouffant mes sens. Mon jeans serrait trop mes hanches, et je gigotais, sans parvenir à m'en débarrasser, tentative trop mièvre, mon attention concentrée sur ses yeux. Je te veux.
    Tellement, tellement, tellement.

    La couche fragile du caramel se brisait, tandis que je passais mes doigts au dessus de mon bassin, sous le sien, repoussant l'élastique de son boxer, lui faisant dépasser les chevilles, en m'appuyant sur mes coudes. Alea jacta est, au diable les prémices de la timidité, Kojiro peinturlurait le monde avec le pinceau de ses cheveux, son charme féminin ciselant les gravures, saupoudrant l'instant dans un charme sirupeux, ses cils trop longs, trop recourbés battant le lent avancement d'une situation qui coulait vers le fond, comme un avènement trop logique pour que l'on passe à côté. Je perdais la respiration, il embrassait Joshua, établissant par le contact de ses mains sur la poitrine de Chess une caresse tendre, infiniment douce. La luxure s'imposait lentement, lascivement, comme un coulis qui effleurait les courbes de la pâte, glissant, coulant, et les poumons de Kojiro s'ouvraient plus, mes yeux accompagnant la descente des corps, tandis qu'il enfouissait ses lèvres près de l'oreille, dans les cheveux blancs, appuyant sur l'abdomen de Joshua comme moi j'avais envie d'enfoncer ma langue et la sienne dans de la crème. Un souvenir, un effleurement d'idée, je repensais aux biscuits fourrés au chocolat, et un rire glissa hors de mes lèvres, tandis que je me relevais, accompagnant l'effort, appuyant Joshua plus sur le lit et sur Kojiro, maintenant ses poignets, décrivant des circonvolutions de mes pouces sur les reliefs de ses veines, à éprouver les vibrations qui pulsaient sous mes doigts. Kojiro au chocolat, Joshua au caramel, mes mèches tombaient follement autour de mon visage, sans que je ne puisse les écarter complètement, mes mains prises. C'est en le regardant que je réalisais brusquement, pour la millième fois. Tu es beau.

    Naît de cette réflexion une mémoire oubliée, cadenassée dans un possible qui s'est étirée, non pas jusqu'à se rompre, mais jusqu'à ce que cette dynamique élastifiée rende la masse des choses si moindre, si amincie par le cerveau et les idées qu'elles en ont été oubliées de par le peu d'importance qu'elles se sont vues, par la suite, accordée. Des souvenirs presque effacés. Des souvenirs de pluie et de gens qui festoient, le bruit d'un moteur qui gronde, repère confortant dans un paysage qui défile, et au milieu d'une fête, le sourire sur un visage qui m'obsède, qui déchire le continuum de l'espace-temps pour affairer les âmes dévorées à une illusion qu'ils entretiennent par leur existence froissée. Une laideur entretenue, des seins qui se tendent vers un général en déhanchement, mais au milieu de tout ça, au milieu de tout ça, tu es là. Et tu es si beau que j'ignore comment je fais pour ne pas m'en extasier à chaque fois. De cette beauté cruelle qui surplombe les traits humains et défigure les canons. De cette beauté maigre qui m'émeut, qui me fait courber la tête pour ne jamais cesser de suivre tes déplacements. Tu es beau, et il faudrait un jour que je te le grave, que je te le placarde contre les lèvres et les paupières. Cette beauté est terrifiante, Joshua, puisqu'elle est visuellement un attrait à cette matérialité que tu agites comme un appât devant les humains et leur temporalité définie. Mes doigts violentèrent leur étreinte, et en me penchant, je vins déposer sur l'oreiller le doute amusé qui s'activait en moi. Les Dévorés festoyaient, et Kojiro ferait-il parti de ceux-là ?

    « Est-ce que l'Immatérialité pourrait me dévorer ? Par erreur ? »

    Les saveurs de pâtisserie qui montèrent à mon esprit s'étaient gâtées en des fragrances outrancières de sucre, et je fus basculé sur le côté par un mouvement trop lourd pour que je ne cherche complètement à y résister. Un frisson couru sur ma peau, et j'ignorais s'il était né du chaud ou du froid éprouvés intensément en cet instant de dualité sentimentale.

    Sasaki me regardait, souriant probablement par une incompréhension face à la question, dans une dynamique humaine, magnifique de détachement face au doute ; et le chaud s'intensifia dans un rappel de ses os contre les miens. La confiance en une expérience de lui se mêlaient à des réminiscences violentes d'une journée sous la pluie, de mes yeux traités de salopes, et des promesses sans limites érigées après le sang et le noir. Mes doigts glissèrent sur les joues de Joshua, et j'abandonnais son visage, confondant ma voix en un babillage succinct. Mien, mien, mien. Les idées se heurtant férocement entre mon esprit et mon cœur, je le murmurais, remarquant distraitement sans pouvoir l'expliquer, ma voix cassée.

    « Tu es à moi, je te le répéterais mille, deux mille, dix milles fois. »

    Je vins presser sa bouche contre la mienne.
    Je le répéterais autant de fois qu'il le faudra.

    « Vous - »

    L'hirondelle se penchait au dessus de nous, tendant ses mains.

    « -nourrissez ma jalousie. »

    Kojiro, glissant ses doigts sous Joshua, entreprit se l'approprier, appréciant la légèreté de son corps pour l'attirer à lui, tandis que je me redressais dans une position assise, le nez plissé dans une expression ouvertement boudeuse. Faisant courir ses doigts sur le corps de Joshua, Kojiro s'extasia quelques instants sur sa peau, comme un enfant devant une sucrerie, avant de croiser mon regard. La bouderie affichée ne s'en endurcit que plus.

    « Ce n'est pas la salle de sport, ici, Sasaki, murmurais-je. Ce n'est pas la même teneur. Pas de rivalité, pas de douleur, ni pour toi, ni pour moi, et … les chats qui ne se mangent pas devraient terminer entre mes lèvres, indubitablement. Donc ne me regarde pas comme ça. »

    Ma voix était cassée, indéniablement, les fréquences des modulations habituelles ayant disparues en des souffles plus rauques.

    « Je … me juge si intensément ? »

    Le mensonge m'arracha un sourire, tandis que je vins cercler Joshua de mes bras. Sous mes paumes, il me sembla percevoir une vibration de vie, de cœur, peut-être, qui me fit me rappeler le même écho que je ressentais quand j'étais trop fatigué, ou trop échauffé. Encore une fois, la fatigue se mêla à la résonance mille fois répétée de la possession si violemment sentimentale. Mien, mien, mien, mien, mien.

    Rire. Un rire qui enfla sous ma poitrine, gonflant comme un frémissement d'orage, et j'étirais les commissures d'un sourire projeté en arrière sur ma face, qui remplissait mes joues. Les fossettes jouaient un contraste aux alcanes alliés entre la fragilité de l'expiration et la puissance des poumons, je riais, sans vraiment savoir pourquoi l'euphorie éclatait, diffuse et crissante au travers de ma gorge, les lignes de mes yeux se recourbant en ces croissants assombris d'hilarité.

    Durant une seconde crescendante, le souffle se tarit, je me calmais, et je déposais mon front entre les omoplates dégagées et pâles de Joshua, le bout de mes doigts glissant contre les angles de son bassin, dans des mouvements distraits.

    Puis, comme un dragon qui jaillirait hors de l'eau, vif et facétieux au milieu des kami du ruisseau, le fou rire reprit, fusant sous mes lèvres, et je resserrais mes bras autour du ventre de Joshua, accentuant la pression sur ma poitrine, en m'étouffant. Riant, toussant, je m'étranglais avec des éclats joyeux contre ses vertèbres, mon rire un peu hystérique claquant contre ses vertèbres. J'appuyais mon front sous ses omoplates, laissant mon poids me faire lentement partir dans une dérive vers l'arrière, le chuintement de mon jean sur le drap produisant un hymne moqueur de la situation.

    « J'ai la voix cassée, Joshua, je ne vais plus pouvoir parler beaucoup. Alors, il faudrait que je sache. Faut-il que je dévêtisse Sasaki ? »

    Dans mon cerveau, le bordel confortable d'une chaleur diffuse se concentrait en la détente lente et minutieuse de mes muscles. Je pointillais son dos de baisers-chat, refermant les paupières sur la sensation d'aisance qui se disputait la place dans ma poitrine à la tension dangereuse d'une envie croissante. Je cillais. Je ne vais plus pouvoir parler beaucoup. Mes lèvres s'immobilisèrent sur une vertèbre, à un point où la peau s'étirait complètement sur l'os, juste avant le point de chute de la courbe des reins. Dans un choix précautionneux, mes lèvres tracèrent sur le derme, sans que le mot ne se prononce autrement que par un contact pour lui, le mot « mien ».

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    Le bleu. Tu es le ciel qui surplombe la terre, qui grise le regard des gens en quête de réponses ou d’atmosphère. Tu es l’intemporalité qui veille sur la planète, qui transcende l’existence sans pour autant la manipuler, sans pour autant se l’approprier. » K. J. M
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