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 « Effleure tes hanches et babille tes idylles. » [Cammy]

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Zakuro Fea
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MessageSujet: « Effleure tes hanches et babille tes idylles. » [Cammy]   Lun 2 Fév 2015 - 22:41

Le réveil sonne.
La couverture jetée par dessus ma tête,
j'ai les yeux fermés.




    Ces journées qui vous prennent, un peu comme dans un rêve, au dépourvu. Ces journées au Ciel translucide :  scintillant et voilé, effacé et aveugle. Ces journées utopiques où l'on existe sur la pointe des pieds, sans se rendre réellement compte que nous sommes pourtant bien réveillé. C'était une journée comme cela. Une journée où les fleurs tapissent les coins de trottoirs.

    Une journée qui avait commencé par le murmure de ton prénom, Joshua. La nuit était là, noyée sous la pluie qui avait inondé tes rêves. Tu ne parlais pas, et dans le silence du salon que l'absence de Lawrence avait su transformer en notre idéal nocturne, tu t'étais endormi contre moi. J'avais parié l'instant, espéré le moment, et apprécié son éternité éphémère. Ton souffle, endormi, était celui qui faisait écho à l'existence des chats dans la nuit. Et tes cheveux, plus longs que jamais, portaient cette odeur de ton corps que j'étreignais, cherchant à le garder des ombres qui nous couvraient plus que ces couvertures que j'avais pris, dans le but d'en faire nos abris.

    Avançant le long des immeubles bigarrés par les silhouettes des foules qui se pressaient à leur flanc, j'écoutais la pluie tomber sur mon crâne et sous mes pieds. La journée était calme, atone : le bruit s'était défait de mon instant de réalité, et j'observais, simplement, ces heures qui découlaient. Je ne savais pas quoi faire, je ne savais pas comment le faire, alors je faisais, marchant, avançant, regardant et écoutant cette ville en mouvement. Il n'y avait pas grand-chose : juste la contemplation d'un aller en avant, et de mes souvenirs, réminiscences sempiternelles des actes de la veille.

    Ces actes ténébreux, nébuleux, dans lesquels tu tenais ma main, et tu souriais contre ma bouche, dévorant mon présent pour en faire ton futur. Le temps n'existe pas, Joshua.  

    Le passage piéton s'ouvrait sur la délivrance d'un flot humain qui s'élançait. Je restais là, contre le mur, à regarder les allers et venus d'individus dont je floutais le visage pour ne pas à avoir à me rappeler d'êtres dont j'ignorerais le nom. Simplement ces amas de couleurs et de formes, chair en mouvement et chers en existence, qui déferlait, tandis que la pluie coulait. Sur mes effets sombres, il était simple de tracer une appartenance particulière à cette foule commune qui emplissait et se gonflait, pour se vider, se dissiper, et finalement mieux s'enfler. Je restais là, à imaginer que mes yeux étaient des pinceaux, et que si je le voulais, je pourrais peindre en bleu les communautés sombres des synesthésies construites à partir du costume-cravate noir.

    Les bras croisés sur la poitrine, je fermais les yeux, un instant, pour imaginer, sous les vêtements, la présence des doigts qui tiraient et trituraient, lacérant ma peau pour laisser des sillons de feu dans ma tête. Une envie de lit, une pulsion émotionnelle. J'ouvrais les yeux.

    Et il y avait cette fille, rousse à en brûler ma rétine, qui s'était arrêtée sur la route, à contempler ce que les autres ne regarderaient pas. Cette fille, un peu trop rêveuse, qui ne voyait pas ce que les autres remarqueraient. Cette fille, un morceau un peu moins réel du rêve de cette journée, qui ne bougeait pas. Mon cœur en frissonna, mon sang s'en glaça.

    Eyh, toi …

    Je bougeais. Le sifflement sonore résonna, et j'ignorais s'il y eut une voiture, s'il y eut un mouvement, mais je l'arrachais à cette immobilité qui la noyait dans sa distinction de la foule.

    « Réveille-toi. »

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MessageSujet: Re: « Effleure tes hanches et babille tes idylles. » [Cammy]   Mar 3 Fév 2015 - 0:43




Elle glisse une baguette chinoise aux arabesques dorées dans sa coiffure, laissant quelques vrilles s’échapper de leur étau sauvage et retomber souplement en boucles, flirtant avec front et nuque. La neige a passé son chemin et laisse désormais place à une nuée légère, offrant à l’épiderme de l’Australienne la douceur d’une température positive. Pourtant, elle frissonne.
Cammy coule dans les escaliers de l’immeuble qu’elle habite encore pour un temps, trop attachée à ce qu’il représente : l’indépendance du cordon ombilical sectionné. Son pied à terre lui est précieux, il est ce petit havre qui lui tend les bras dans ses meilleurs moments de paix, de tendresse et de solitude. La jeune fille est l’allégorie de l’isolement et du repli de soi. Mais aujourd’hui, elle se sent d’humeur vagabonde. Elle aime la pluie et désire en profiter pleinement.

Elle ne se fixe pas de but et se contente d’avancer, au gré du hasard que ses pas amorcent allègrement. Ses bottines claquent à peine sous la régularité de son rythme. Une musique émerge de nulle part dans son inconscience. Au départ d’une flaque formée, elle entame une danse légère, tout en maintenant la poignée en plastique parme son parapluie transparent contre son cœur. Elle tourne, sourit et chantonne cette mélodie ~ Atlantico ~ incessante et pourtant tellement bienvenue. Une enfant pousse un petit rire, en la voyant, Cammy lui adresse un sourire tout en lui ébouriffant les cheveux.

Elle s’apprête à traverser la rue, mais les carrosses passent dans un fracas, menaçant d’éclabousser la jupe de laine à carreaux aux tons chauds dont elle s’est parée plus tôt. Peu lui chaut pour l’heure, elle se sent bien. La petite fille devant elle lui offre un baiser papillon et la rouquine se met à son tour à traverser, pivotant de gauche à droite et de droite à gauche, tournoyant le parapluie par-dessus son épaule. Elle lève les yeux vers ce ciel qui se prépare à lui offrir une éclaircie. L’averse s’affaiblit, Cammy baisse l’objet prématurément, obnubilée par la forme du cumulonimbus qui s’offre à sa vue. Son cœur s’oppresse, l’oxygène lui manque. Plus de temps ni d’espace, il n’y a que ce visage masculin disparu qui transparait de cette masse blanchâtre au travers duquel quelques rayons s’efforcent de passer. Elle revoit son nom sur le monument face à l’Hôtel de Ville. Elle l’a oublié. Elle l’a…oublié. Mais de temps en temps, lorsque tout semble lui sourire, ce nom refait surface avec les souvenirs qui s’y rapportent, l’enfonçant dans les tréfonds d’un abîme dont elle ne peut s’extirper d’elle-même. Ca ne s’est jamais produit dans un milieu aussi dangereux qu’au milieu de la chaussée, pendant les heures d’affluence.

De l’autre côté de la rue, la petite fille pleure, l’appelle. Onee-saaaan !

Cammy ne l’entend pas, elle n’entend personne, rien. Pas même le klaxon.

« C’est pour te donner bonne conscience tout ça ? »


Elle ferme les yeux et, le visage levé vers ce ciel qui s’adoucit, laisse simplement la douleur s’évacuer le long de ses joues. Elle étire un sourire, et se sent s’élever pour atteindre l’ombre de son meilleur ami, aujourd’hui disparu.

« Réveille-toi »

Le bruit de la circulation agresse son ouïe. Son parapluie n’est plus, envolé vers des bras plus cléments. La rouquine sent un textile humide contre ses pommettes. Ses paupières se soulèvent, découvrant la forme massive d’un inconnu. Elle lève lentement son visage et remarque instantanément la longue chevelure sombre et le souvenir d’un accent japonais élégant. Ses mains remontent sur la veste trempée et s’y accrochent désespérément.

- Jin-kun… laisse-moi profiter encore un instant de ta chaleur. Ne m’abandonne pas… Pas tout de suite, tu veux bien ? Tu me manques tellement, tu sais… Le club de taekwondo peut attendre, n’est-ce pas ?

Les réminiscences se mélangent, anachroniques. Cammy déserte le Temps, délaisse la réalité, et se remémore ce qu’elle a exclu.

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MessageSujet: Re: « Effleure tes hanches et babille tes idylles. » [Cammy]   Mar 3 Fév 2015 - 17:27

    Elle murmure, et même si je suis penché au dessus d'elle, ses mots transpercent une réalité qui ne m'appartient pas. Ses sens ne m'atteignent pas, et, battement éclair d'un regard désabusé, je balaie des yeux le tableau d'une ville qui n'a pas changé. Je ne sais pas vraiment ce que je cherche, ni même pourquoi je ne me suis pas écarté ; peut-être que le temps n'est pas encore achevé, et qu'il reste des choses à demander. Mes doigts abandonnent son épaule, et je me recule, même si j'ai la sensation d'être encore attaché à elle.

    « Je ne comprends pas ce que tu dis. »

    Je ne comprends même pas ce que tu es. Nos rythmes, en désaccord, se désharmonisent sur une ligne qui traverse la pluralité des existences, aussi longue et tranchante que le boulevard qui segmente les lieux.  Mes yeux sur tes cheveux, sur ces flammes rousses qui me rappellent une enfant que j'ai perdu du regard, une ingénue se plongeant d'elle-même dans l'enfer, pour en ressortir avec le ventre rond, et disparaître avec le père. Je soupire.

    « Tu devrais faire attention. Le Japon actuel, c'est un monde de mouvement dans lequel tu n'as pas le temps de t'immobiliser. »

    C'est pourtant que ce que l'on fait, au milieu de la foule qui se déverse sur les trottoirs. J'imagine un autre Japon actuel. Un Japon de silence, au sol détrempé et recouvert de cendre. Un Japon actuel pour un avenir plus ou moins proche. Combien de temps, encore, avant que cet instant ne devienne un passé oublié ? Je la reconnais, finalement. Elle est une de ces statues qui appartient au panthéon déchu des élèves antérieurs à mon entrée dans l'Académie. Une sorte de mannequin poussiéreux dans une galerie effacée.

    « Logan... »

    Je murmure un sourire.

    « Est-ce que ça va aller ? »

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MessageSujet: Re: « Effleure tes hanches et babille tes idylles. » [Cammy]   Jeu 19 Fév 2015 - 18:41

Les mots, les sons, la musique inexistante et le timbre de cette voix qui lui est inconnue offrent à Cammy les pavés d’un chemin qui la ramène là où elle se trouve de manière concrète. Ce devait pourtant être une bonne journée, telle qu’elle avait commencée. Cammy ne doit pas se laisser emporter par la mélancolie. Il ne s’est rien passé. Absolument rien. Elle se trouve dans les bras d’un garçon qu’elle ne connait pas, il lui parle, la tutoie. Elle ne le connait pas mais lui, la connait. Comment pourrait-il en être autrement. Définitivement, quitter Keimoo et le Japon lui fera grand bien. Elle s’offrira une nouvelle vie, dans une autre ville, un autre pays, un autre continent.

Elle recule lentement pour ne pas froisser ce garçon tellement grand. Elle lève lentement les yeux vers lui. Il ne lui ressemble pas. En aucun cas. Des yeux bleus… Ce n’est pas courant, pour un Japonais. Une pensée pour Shiki, pour sa mère française qui lui a offert ses émeraudes virant à l’olive. C’est vrai que Shiki a de très beaux yeux mais ce garçon qui lui fait face… Elle prend une grande respiration, frissonnant un instant. Elle a peur, et n’arrive pas à se contrôler. Bleus comme le ciel qui emporte les âmes des défunts et  affecte de manière nostalgique le cœur des jeunes femmes.

Non, ça ne va pas aller. Mais Cammy n’en fera pas état. Elle va seulement se contenter d’un..

«  Oui. Merci. »

Avant de s’incliner respectueusement et tourner les talons. Elle fait quelques pas, toujours sans connaitre sa future destination. Ira-t-elle au salon de thé ? Chez ses parents ? Elle stoppe sa course une fois de plus.

Cammy réalise qu’elle a quelques semaines devant elle, que toutes ses affaires sont en ordre, que ses études sont achevées, que son premier contrat a été signé depuis peu et… qu’elle n’a plus rien à faire. C’est la première fois. Elle…s’ennuie ? Elle ? Impossible. Complètement perdue, elle ne sait pas où orienter ses pas, la foule tourbillonne autour d’elle, elle n’arrive pas à la suivre. Elle se fait bousculer une ou deux fois et fini par remonter ses bras jusqu’à ses oreilles pour ne plus entendre ces lourds bruits de pas, ces voix qui hurlent dans les smartphones, ces cris d’enfants et chiens qui aboient. Le visage du garçon lui revient en tête, pourquoi la connait-il ?
C’est alors que ça lui revient. Derrière lui, flotte une ombre à la chevelure blonde. Il connait Lawrence, elle l’a déjà vu. De loin. Elle revient sur ses pas et espère le retrouver, qui est ce garçon qui lui a sûrement - disons  les choses telles qu’elles sont - sauvé la vie ? Quitte à ce qu’elle se fasse oublier, autant tenter de nouvelles choses. Et elle veut connaitre au moins son nom, et s’en souvenir.

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MessageSujet: Re: « Effleure tes hanches et babille tes idylles. » [Cammy]   Jeu 30 Juil 2015 - 15:34


    J'ai parfois abandonné le monde au détour d'un rêve.
    Tu n'étais pas là, ce n'était jamais toi.





    L'image d'un mannequin poussiéreux ne peut convenir qu'aux faces glabres de ceux que l'on laisse doucement dériver vers les littoraux d'oubli de notre mémoire. À la contempler, ses cheveux trop colorés qui appartiennent au passé de dizaine d'autre élèves que je ne suis pas, j'ai la sensation d'appartenir à une génération qui ne côtoie pas la sienne. Comme deux univers alternatifs qui sans chercher à s'affronter, se font face, pour une contemplation surprise d'eux-même. Je regarde Cammy comme je regarde dans un miroir, lequel ne renverra pas ma face, mais les secrets d'un passé déterminé sur ce que je n'ai jamais été, et ce que je n'ai jamais vécu. Il y a dans les couleurs de ces cheveux-là des mémoires qui ne m'appartiennent pas, mais qui résonnent tout autour d'elle comme une musique qu'elle tient vivante par les fantômes que ses yeux ont absorbés.

    Ses yeux qui rencontrent les miens, et le contact qui en résulte est connu par l'entiéreté de mon âme. J'en baisserais presque le regard, pour lui éviter des maux qui ne persistent que trop lorsqu'il s'agit de me fixer. Presque. Sa respiration se trouble en un frisson qui me frappe avec presque autant de force qu'un upercut dans la face.

    Il serait aisé, beaucoup trop facile d'interpréter cela comme de la peur, et ce sentiment trahit en moi une crainte qui ne s'efface jamais très longtemps. Il y a toujours cette angoisse au fil de ma vie que de croiser ceux qui, en posant leurs yeux sur les miens, viendraient à réagir d'une manière intempestive. Là où résidait autrefois la culpabilité ne stagne maintenant plus qu'une tristesse apaisée, celle de voir qu'on ne pourra jamais complètement considérer mon appartenance à un sol que je prétends défendre et aimer. Ce n'est pas très grave, murmure mon cœur, ce n'est rien qu'un avis où se mélange la subjectivité d'un individu de plus dans ma vie. Rien de plus.

    «  Oui. Merci. »

    Mes yeux, ceux devant lesquelles elle a frissonné quand un autre s'est émerveillé, parcourent les traits de son visage, et malgré moi, je ne peux que sourire en constatant que c'est le plus sociable des mensonges qu'elle m'offre. Nous n'avons jamais véritablement parlé, et cette première rencontre semble déjà s'achever. Je n'ai pas énormément envie de me battre pour conserver entre mes doigts des bulles de savon d'une réalité éclatée, et Cammy apparaît comme une fumée qui glisse entre les mains. Il faut bien, pourtant, que dans le panthéon déchu des êtres qui ont fait la folie et la grandeur de générations antérieurs, je conserve le souvenirs d'êtres humains oubliés.
    Cammy Logan ne veut pas se faire oublier.

    Elle recule, et je la contemple.

    Je ne cherche pas à tendre les mains pour la récupérer, car les aiguillages qu'elle a pisté sur son propre parcours l'emmène en des terrains dans lesquels je ne me réserve pas le droit de pénétrer. Néanmoins, dans cette réalité sur laquelle on joue à ce jeu d'équilibre, au travers d'un boulevard aux éclats de voitures et de foule humaine, je la contemple, plus que jamais je n'ai contemplé. Comme pour l'appeler, silencieusement, à se retourner vers moi, et à lire les réponses que j'ai à lui offrir sur ce qu'elle ne demande pas mais que je devine. J'envie les couleurs de sa vie, lesquels se sont fait observer par des yeux qui n'étaient pas les miens. Je les envie pour cette mélancolie qu'elle fait naître en moi.

    Tu as le droit de manquer le train, Cammy. Tu as le droit, et il n'y aura personne pour discuter de tes actes et de tes faits, car le vie se construit sur nos propres interprétations des situations que nous, individus vivants, nous devons considérer. Il n'y aura personne pour te juger si tu choisis de déposer la valise à tes pieds, et de regarder simplement le train passer, sans essayer de courir pour pouvoir le rattraper. Tu as le droit, et je me réserve l'idée de te regarder t'arracher à des faux-semblants et cette réalité là. Il y a beaucoup de gens au courant des accidents terribles qui te sont arrivés, et je suppose que je fais partie de ceux-là. Pour autant, au delà des détails et de l'odeur des hôpitaux, je ne cherche pas vraiment à considérer ce que tu es sans moi. J'entends par là que je si je veux te découvrir, j'apprendrais à partir de cet instant là, sans attacher d'importance au passé qui te fuit, que tu fuis, et dans lequel le sillon orange de tes cheveux trace des réminiscences enflammés.
    Ça ne m'intéresse simplement pas.

    Et le prénom de Lawrence flotte dans l'air. Je sais qu'on y pense tous les deux, au même moment.

    « Ne veux-tu pas venir prendre un thé chez moi ? »

    Je ne bouge pas, et le monde continue de gigoter tout autour de nous.

    « Il y a quelqu'un pour qui tu es importante. À mes yeux, c'est une raison suffisante pour que tu ne te laisses pas dévorer par le temps. »

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MessageSujet: Re: « Effleure tes hanches et babille tes idylles. » [Cammy]   Mar 25 Aoû 2015 - 12:10

Elle se trouve sur le quai de cette gare qui n'existe nulle part ailleurs que dans son esprit. La locomotive de ses rêveries ne tardera pas à venir la prendre, elle et sa valise de souvenirs sélectionnés soigneusement. Les pires, les meilleurs. Les mémorables ainsi que ceux dont elle a délibérément choisi d'oublier et qui reviennent la titiller lorsqu'elle sent que son existence n'est au fond qu'illusoire. Ce qu'elle a vécu quelques temps plus tôt, à l'autre bout du monde, était une expérience qu'elle souhaiterait renouveler pourtant... "Je n'aime pas Paris", lui avait-il dit, le dernier jour. Dire qu'elle avait tant espéré y aller et qu'aujourd'hui, elle est la dernière ville qu'elle souhaiterait revoir. Trop de souffrance émane de cette destination décrite comme la plus romantique du globe, mais qui résonne comme la plus douloureuse au plus profond d'elle-même. Insupportable est la souffrance lorsqu'elle ne vous appartient pas. Cruelle empathie.

Toutefois, le train se présente. Cammy s'apprête à monter mais ses pieds restent pronfondément ancrés dans le sol, comme de nouvelles racines avaient décidé de pénétrer cette terre nippone qui est devenue, sa nouvelle patrie. L'Australie est loin maintenant, et ce qu'il s'est passé dans ces terres d'origine n'est au fond que si peu de choses. Ses parents ne s'y sont même pas rencontrés. Cammy Logan n'est pas Japonaise d'origine, mais elle l'est de coeur. C'est ici, à Keimoo plus précisément, qu'elle a vécu toute sorte de facéties, rencontré de nombreuses personnalités. Vécu quelques belles histoires, mais surtout la pire de toutes. D'autres épreuves s'en sont suivies et toutes murmurent à l'unisson le souvenir de l'effondrement de son existence et ainsi la création d'une autre Cammy Logan, celle qui imaginait un monde meilleur sans douleur, jusqu'à réaliser que la sienne était insignifiante, en comparant le malheur silencieux des autres. Ainsi, elle voit le train démarrer et elle le laisse partir, sans elle à bord. Elle a songé à se faire oublier une première fois, mais l'oubli n'a pas voulu d'elle. Son nom, ses traits, son simple souvenir stagneront, sans qu'elle puisse y faire quoi que ce soit, murmuré sur les lèvres d'individus qu'elle ne connait pas forcément. Et ce garçon qui lui a épargné une collision avec un véhicule est là pour le lui démontrer. De tous les chemins de vie qu'elle aurait pu emprunter, il lui en dessine un autre en s'immisçant dans son décor sans y être invité. La pluie s'est écartée de la scène, pour laisser place au ciel surplombant le feu, attisant cette vie fragile qui ne réclamait quelques minutes plus tôt qu'à être soufflée, tout comme Atropos couperait le simple fil de sa destinée effilochée.

Ce n'était pas son heure, apparemment.

De retour sur cet angle de trottoir, elle guette et revoit cette silhouette immense qui se distingue si facilement des autres. Elle si minuscule, se fraye un chemin parmi ces autres petites gens, si similaires qu'elles en sont devenues dérisoires. Elles perdent leurs yeux, leur nez, leurs traits et ne sont plus que des figurantes qu'elle ignore. Seul reste ce géant, ce demi-dieu au sang bâtard, à l'allure colossale, cet Héraklès des temps modernes. Ce héros victime de la colère de Gaïa, comme elle a pu l'être l'an dernier. La différence étant que lui, a sauvé des vies. Les enfers de la médiatisation remontent à la surface de la mémoire décousue de l'Australienne. Durant cet espace qu'à duré son hospitalisation une demie année plus tôt, c'est un profil flou qui s'est dessiné en reportage au journal télévisé, perché dans un coin de sa chambre d'hôpital. Dans une ville comme Keimoo, n'importe qui peut devenir du jour au lendemain une célébrité locale. Que ça soit des suites d'une rébellion d'élèves, ou d'une catastrophe naturelle. L'une a fui la population, l'autre l'a sauvée. Dans ce coin de rue, les deux catégories de victimes se font face : Les faibles et les forts, les timorés et les preux.

Il l'invite chez lui. Lorsqu'elle a quitté son domicile plus tôt, elle n'avait pas de but, elle se laissait docilement mener par un destin qu'elle désirait provoquer. Où l'amèneraient ses pas ? Pendant un instant, elle a pensé que la fin lui tendait la main ; elle n'a pas lutté. Elle lève et penche la tête comme pour tenter de comprendre ce que le géant lui dit. Ebranlés par les secousses précédentes, la baguette chinoise qui avait tenu le chignon décousu perd de sa vigueur et glisse, chutant sur le macadam dans un bruit presque musical tandis que la raison de la requête de l'homme prend toute son ampleur. Cammy étire un petit sourire, incapable de masquer cette tendresse qui l'anime à la pensée de ce prince blanc. Un prince qu'elle ne désire plus voir habité par la mélancolie. Elle désire, au fond d'elle-même, voir le souvenir du fiasco du bal de Noël être remplacé par un autre plus honorable. Avant de quitter le Japon, elle aimerait simplement revoir ce sourire qu'elle a découvert au club de découvertes culinaires, et dans les jardins fleuris de l'Académie. Elle mène sa main droite jusqu'à la joue du grand brun alors qu'une brise chaude pressentant de futurs autres orages balayent mèches sombres d'un côté et rutilantes de l'autre.

- Connais-tu la peur, toi qui sembles si enclin à protéger tes proches , ainsi que ces personnes que tu ne connais pas ?

D'où te vient cette force d'aller vers les autres sans crainte ?
Elle baisse la main, ainsi que les yeux. "Se laisser dévorer par le temps".
Le temps ne dévorera pas Cammy Logan. C'est elle qui l'engloutit.

- Comment va-t-il ?

Osera-t-elle prononcer.





Note : Plus de 9 mois sans réponse pour un sujet qui devient obsolète par rapport à la chrono de mon personnage. Je m'en tiendrai donc là. Merci quand même pour les quelques posts échangés.

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