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 L'art de travailler en binôme [Terminé]

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Désirée Manning
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MessageSujet: L'art de travailler en binôme [Terminé]   Lun 19 Jan - 0:01

Mes cours étaient finis depuis un peu plus d'une heure, mais je trainais dans la salle de musique, comme j'en avais pris l'habitude. Je devais rejoindre un mec de ma classe en salle d'info à 17 h  pour travailler sur un exposé d'Histoire, or comme c'était juste à côté c'était parfait. Ici, c'était le seul endroit du Lycée où je me sentais vraiment dans mon élément, entourée de divers instruments, avec parfois des élèves qui jouaient des morceaux ou s'entrainaient. La musique c'était tout mon univers. Aujourd'hui toutefois il n'y avait personne, ce qui était assez exceptionnel pour être mentionné. Je bossais sur une nouvelle chanson et dans cette salle, l'inspiration me venait bien. Même si je devais rester loin des feux des projecteurs pendant quelques temps, j'entends bien revenir sur scène et ce avec un nouvel album du tonnerre. Or un album, ça se créé pas tout seul, laissez moi vous dire que c'est un sacré boulot. Malheureusement, je n'avançais pas des masses. Je bloquais sur les paroles. J'avais  déjà mes accords et une bonne idée de la mélodie mais j'avais beau me repasser ma maquette en boucle, encore et encore, tout en chantonnant les quelques vers que j'avais déjà trouvé, je n'arrivais pas à trouver les bons mots pour la suite. D'ailleurs, à la réflexion, même en ce qui concernait ce que j'avais pondu jusque là, je n'étais pas du tout satisfaite. Non pas que ce fut vraiment mauvais, mais je pouvais faire beaucoup beaucoup mieux.

Toute à ce que je faisais, je n'avais pas vu l'heure passer. En jetant un coup d'oeil à ma montre, je vis qu'il était déjà 17h 06, j'étais en retard, génial. L'autre allait m'attendre. Certes, il n'y avait pas mort d'homme, mais normalement j'étais ponctuelle. Je rangeais mon MacBook, ramassais tous mes brouillons et les flanquais à l'arrache dans mon sac avant d'attraper ma veste pour migrer en salle informatique. Mon partenaire d'exposé, un certain Hisaka Rika, était déjà là. Voilà que ça me donnait mauvaise conscience, en plus j'avais pas vraiment d'excuse. J'allais directement vers lui avec un léger sourire contrit et lançais simplement d'une voix qui se voulait aimable:

« Salut, désolée du retard. »

Je m'arrêtais à son côté et posais mon sac sur le bureau avant de m'installer. Je sortais de quoi noter histoire de mettre nos idées au brouillon, l'ordi servirait pour les recherches. Je poussais un soupir. J'avais jamais aimé l'histoire, autant dire que ce fichu devoir m'inspirait absolument pas, surtout alors que j'avais ma chanson dans la tête et que j'aurais vraiment préférer avancer dessus. Mais bon, j'avais pas le choix et puis c'était pas non plus la faute de Hisaka. Je ne lui avais jamais vraiment parlé, du coup je pouvais pas dire que je le connaissais, mais je savais qu'il faisait parti des meilleurs élèves de la classe, le genre de personne que les gens cataloguent souvent d'intellos. Moi j'ai toujours détesté cette stupide habitude de coller des étiquettes sur les personnes, alors j'y prête pas la moindre attention. En tout cas, Hisaka avait toujours des super notes partout ou presque alors que moi je tournais plutôt autour des 12, or j'avais pas vraiment envie qu'il me voit comme un boulet. Déjà que je l'avais fait poireauter, je pouvais au moins faire l'effort de montrer un tant soit peu de bonne volonté.

« Tu as une idée pour le choix du sujet ? »

Le thème étudié en cours était la seconde guerre mondiale et l'exposé devait porter sur cette période. Mais c'était trop vaste pour un exposé, il fallait trouver un sujet plus précis qu'on pouvait présenter dans un plan en trois parties. En réalité, j'y avais déjà un peu réfléchi dans la journée et j'avais donc une proposition à lui soumettre. J'avais pensé à se focaliser sur le Japon, histoire d'expliquer comment notre pays en était arrivé à se lancer dans le conflit mondial. J'ajoutais:

« Je pensais qu'on pourrait p'être prendre l'Expansionnisme de Showa et ses conséquences, t'en penses quoi ?»

A vrai dire, j'étais assez contente de ma proposition, au moins j'allais pas passer pour la dernière des glandues et ça donnait l'impression que j'avais un tant soit peu d'intérêt pour tout ça. En toute honnêteté, l'histoire ne m'avais jamais vraiment passionnée, mais il y avait pire. La deuxième guerre mondiale c'était quand même un truc important et c'était bien moins chiant que le reste. On pouvait presque dire que j'aimais bien, du coup, j'avais plutôt bien suivi en cours. M'appuyant du coude sur la table, je posais mon menton sur ma main en attendant que mon camarade de classe me fasse part de son avis.

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Dernière édition par Désirée Manning le Sam 7 Fév - 15:48, édité 3 fois
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MessageSujet: Re: L'art de travailler en binôme [Terminé]   Mer 21 Jan - 22:46



L'art de travailler en binôme (ft.Désirée Manning)


Quelques semaines sont passées depuis mon agression, mon nez a presque repris sa forme initiale et la douleur s’atténue de jour en jour. Entre temps, les cours ont repris et je suis maintenant plus vigilant lorsque je traverse les couloirs ou les ruelles. Comme c’est désagréable, ce sentiment d’être constamment persécuté. Je lâche un soupir en posant mon sac près du poste de travail, une journée bien remplie aurait pu s’achever il y a deux heures, mais bien évidemment, le professeur d’histoire n’a pas pu s’empêcher de nous donner un travail à rendre…en groupe. Je n’avais pas réagi de suite à l’entente de son nom, sans doute parce que je ne la connais vraiment pas, mais il semblerait que ma partenaire soit assez populaire au sein de notre groupe. C’est en prenant conscience des regards posés sur moi que j’ai compris que je n’étais pas en binôme avec n’importe qui…Quoique je ne sais toujours pas qui est cette fille. Toujours est-il qu’elle est venue vers moi et m’a proposé un horaire pour le travail, je n’y ai pas vraiment réfléchi, mais j’ai hoché la tête. Ce n’est pas comme si une quelconque personne m’attendait après les cours, ou si j’avais une vie très rythmée.

En quelques clics et tapotements, j’ouvre ma session de connexion sur la machine qui me fait face et me vautre sur la chaise. Complètement avachi, je jette un œil sur ma montre, elle est en retard. Je ne cache pas que ça m’agace un peu, d’une part parce que c’est elle qui a fixé l’heure du rendez-vous, et d’autre part parce que plus on commence tard…eh bien plus on finit tard. Je ferme les yeux quelques secondes pour aspirer au calme, pour le moment je suis seul dans la salle informatique, j’espère qu’elle n’emmènera personne avec elle. Les mains dans les poches, je me contente d’attendre, sans réelle envie de m’avancer sur le travail, ma conscience me murmure que c’est de sa faute si on reste bosser ici assez tard, mais je ne peux me résoudre à réellement le penser. Soudain, des bruits de pas viennent perturber le calme olympien qui régnait dans les environs. Ils se rapprochent, se font de plus en plus rapides, et finalement, la porte s’ouvre.

Une jeune femme apparaît sous mon regard terne, blonde avec quelques mèches. Ouais, c’est bien elle qui m’a parlé ce matin. Je me redresse lentement et m’étire, ignorant ses excuses qui me sont d’aucune utilité maintenant. Durant les premières minutes, c’est le silence, je la laisse s’installer et poser ses affaires à côté des miennes sans rien dire. Comme je m’y attendais et je le souhaitais, c’est elle qui prend la parole en premier. Si j’ai une idée du sujet ? Je plisse un peu les yeux, tentant vainement de faire un effort de concentration…et finalement non, rien ne me vient à l’esprit. Toujours sans parler, je hoche négativement la tête, un air faussement désolé sur mon visage. En fait, je me fiche bien du sujet, il faut juste trouver des informations et les mettre en ordre avec un minimum de cohérence, rien de compliqué en somme. De toute façon, il semblerait qu’elle y ait déjà réfléchi de son côté, puisqu’elle vient de proposer quelque chose.

« Ou-Ouais. Pas de soucis. »

J’attrape un crayon et une feuille de brouillon, puis commence à écrire le sujet de l’exposé. Ceci fait, je me mets à tapoter nerveusement l’extrémité du crayon à papier sur la table, ne sachant pas trop quoi dire. Travailler seul me pose moins de problème, je n’ai pas besoin d’interroger les autres membres du groupe pour bosser, je n’ai pas besoin d’avoir leur accord, je n’aime pas devoir demander à d’autres personnes ce que je peux faire seul. Rien que le fait de me savoir observé quand j’essaie de me montrer productif me bloque, en plus c’est avec cette personne…que je ne connais pas. Enfin, c’est réciproque, mais personnellement, ça me fait stresser.

« Commençons par les origines du mouvement, d’accord ? Ensuite on parlera de l’idéologie en général et des conséquences aussi. N’oublions pas de définir les termes du sujet dans l’introduction aussi. »

Tous ces mots se sont enchaînés assez rapidement, je n’avais même pas repris mon souffle entre chacun d’eux. Pourquoi ? Je n’en sais trop rien, il fallait que ça sorte, que je dise quelque chose pour ne pas être aussi utile qu’une plante verte, mais en même temps, je craignais d’être interrompu et de perdre le fil. D’ailleurs tout ce que j’ai dit, ce n’est pas très ordonné, il faudra que je pense à réorganiser tout ça, mais je n’ose pas reprendre la parole pour le lui signaler. Je reviens vers l’ordinateur, ouvre un moteur de recherche et cherche des mots-clés qui pourraient convenir à notre recherche. Une fois la touche « Entrée » pressée, des tonnes de pages s’affichent. Eh bien, je suppose qu’on a pas mal de boulot pour trier les sources. Je lance un regard hésitant sur un onglet dans la barre des tâches. Est-ce que ça fera l’affaire ? Même si ce n’est pas forcément LA chose la plus importante pour le moment, ça serait bien qu’on soit au clair là-dessus.

« Euh…T-tu veux rendre un diapo ou un fichier t-texte pour l’exposé ? »

Et voilà, il a suffi que j’aie quelques doutes pour que ma « timidité » reprenne le dessus, ou plutôt mon incapacité à tenir un dialogue avec une personne inconnue sans bégayer. En parlant de ça, je ne suis même pas sûr de connaître son nom, il me semble qu’il a des origines étrangères, peut-être Européennes, mais je n’ai pas réussi à le retenir. Il faut dire que nous ne nous étions jamais adressé la parole avant, ça ne me facilite pas la tâche. Bien sûr, je pourrais continuer de la tutoyer sans jamais l’appeler par son prénom, mais dans l’optique où je serai obligé, à un moment ou à un autre, de l’interpeller, je devrais peut-être lui demander avant de vraiment passer pour un débile. J’arrête momentanément de scroller, prends une grande inspiration et interroge nerveusement voire honteusement ma camarade de classe.

« Au-au fait. Je ne suis pas…très à l’aise avec les prénoms. Est-ce-que-tu-peux-me-redire-le-tien-s’il-te-plaît ? »

Si elle a réussi à comprendre ce que j’ai dit, elle mérite une médaille.


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MessageSujet: Re: L'art de travailler en binôme [Terminé]   Jeu 22 Jan - 19:23

Le choix du sujet sembla convenir à son camarade puisque ce dernier l'accepta sans discuter. La question du thème était donc réglé, c'était un début. Je le griffonnais rapidement en haut de mon brouillon tandis qu'Hisaka enchaînait en proposant un plan. Je remarquais toutefois qu'il parlait très vite, un peu comme s'il était nerveux, même si la raison m'échappait complètement. Je veux dire il n'y avait que nous dans cette salle info et je ne pensais pas être une personne particulièrement stressante. Enfin, certaine personne n'ont jamais été à l'aise en présence d'autres personnes, peut être faisait il parti de cette catégorie de gens ? Laissant toutefois ce mystère de côté, je m'efforçais de me concentrer sur le sujet de l'exposé. J’acquiesçais machinalement à sa proposition, vu qu'a priori je n'y trouvais rien à redire. Je jetais un coup d'oeil à l'écran où s'affichaient les résultats de la recherche sur le sujet que mon partenaire venait de lancer. Il y avait plusieurs pages, on allait avoir pas mal de boulot pour tout passer en revue et juger ce qui était pertinent et ce qui ne l'étais pas. Cela dit, avant de se lancer dans ce gros travail, mon camarade de classe semblait être préoccupé par un dernier détail à réglé à savoir la forme que l'on allait choisir pour cet exposé. Quand il me posa la question, je répondis sans hésiter en faveur de ce qui me paraissait de loin la meilleure option.

« Un diapo, c'est beaucoup plus vivant ! Sinon toute la salle risque de s'endormir dès l'intro. »

J'avais dit salle et pas classe, légère déformation professionnelle, les habitudes avaient la vie dure, mais bon, c'était insignifiant et ça passerait indubitablement inaperçu. Pendant qu'Hisaka faisait défiler les pages les unes après les autres, j'essayais d'en parcourir les grandes lignes et notais sur mon brouillon les points qui me semblaient à première vue les plus importants.  J'étais en train de lire un passage sur la guerre sino-japonaise quand mon partenaire reprit la parole. Je mis quelques secondes à comprendre ce qu'il me demandait. Il avait parlé vite et surtout je ne m'y attendais pas du tout.  J'avais encore du mal à me faire à l'idée d'être une parfaite inconnue et le moins qu'on puisse dire c'est que je n'avais pas l'habitude que les gens me demandent mon identité. C'était plaisant et libérateur d'être une parfaite inconnue, mais aussi très déstabilisant pour moi.

« Ah euh... C'est... hum... Désirée. »

Sa question foireuse m'avait vraiment prise au dépourvu, du coup ma réponse était complètement maladroite. A croire que je savais même plus comment je m'appelais.
« Désolée, c'est juste que j'ai pas trop l'habitude de passer inaperçue. » ajoutais -je précipitamment pour essayer de rattraper mon bafouillage avant de réaliser que ça sonnait un peu comme si j'étais vexée qu'il se soit pas souvenu de mon nom ce qui n'était pas du tout le cas. « Enfin.. je te reproche rien hein... » Là, j'étais en train de m'enfoncer de plus en plus, aussi je décidais de changer de sujet avec un petit sourire pour dissimuler ma maladresse. « Toi, c'est Hisaka, c'est ça ? »

Je me sentais un peu conne, j'avais géré ça comme ça comme un manche. Mais bon, je relativisais. Il y avait largement pire, et j'en savais quelque chose. Après tout ce que la presse à scandale avait craché sur moi, c'était pas une petite bourde de ce genre qui me faire perdre mes moyens et puis la honte, c'est complètement débile et inutile. Si moi j'avais retenu son nom c'est simplement parce que, ne connaissant personne, j'avais été attentive quand les professeurs faisaient l'appel et rendaient les devoirs histoire de pouvoir m'intégrer plus facilement. La plupart des autres élèves se connaissaient depuis 4 ans pour la plupart alors que moi j'étais la nouvelle qui débarquait.  

Laissant mes pensées dans un coin, je reportais finalement mon attention sur l'exposé, vu qu'on était là pour ça. Il était certainement plus plaisant de continuer à discuter mais plus vite on aurait bouclé cet exposé, plus vite on en serait débarrassé. Regardant ce que j'avais commencé à noter sur mon brouillon, je réfléchissais à la meilleure manière d'exploiter toutes les informations que l'on pouvait avoir sur le sujet. Comme l'avait proposé Hisaka, partir sur les origines de l'expansionnisme, expliquer les fondements idéologiques pour replacer correctement les choses dans leur contexte semblait le plus adapté. Ensuite, la suite logique était de s'intéresser à ses manifestations concrètes, à savoir les différentes conquêtes du Japon en Asie. J'avais vu une page qui traitait de la Sphère de prospérité et ça semblait important d'en parler.

« Bon alors, dans une première partie on a tout le truc de l'idéologie...je pense qu'en deuxième partie, faut qu'on fasse les étapes de l'expansion avec la chronologie des annexions tout ça. Il me semble que j'ai vu une carte où c'est représenté, ça peut être bien de la mettre dans la diapo, non ?  »

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Hisaka Rika
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MessageSujet: Re: L'art de travailler en binôme [Terminé]   Mar 27 Jan - 20:27




Comme je m’y attendais, la blonde aux mèches roses est surprise par ma question – qui ne le serait pas en fait ? – et semble avoir du mal à me répondre, dans le sens où elle se met à hésiter sur son propre prénom. Je sens une vague de chaleur monter en moi, un peu de honte mêlée à un sentiment naturel de mal-être en présence d’une personne que je ne connais pas vraiment. Mes doigts se crispent légèrement sur la souris, mettant fin au scrolling. Je tente de faire passer cette confusion qui m’habite pour une tentative d’ouvrir le logiciel permettant de créer des diapositives ainsi qu’un traitement de texte. Je ne la regarde pas vraiment lorsqu’elle se met à énoncer ce qu’elle compte intégrer dans l’exposé pour les parties suivantes, l’eye-contact ce n’est pas trop mon truc non plus. Nerveusement, je commence à me gratter l’arrière de la tête. Je veux disparaître de cet endroit, et travailler seul, sans contrainte ni dialogue. Je n’ai besoin de personnes pour avoir une bonne note. Et pourtant, je m’efforce de répondre.

« Ok-ok Désirrrée. »

Sans le faire exprès, j’ai un peu trop accentué le « r » étant donné que c’est un son très peu utilisé dans la langue Japonaise. J’avais peur de mal faire, et puis finalement je crois que c’est encore pire que ce que j’avais prévu. Tant bien que mal, je tente de me concentrer sur ma feuille de notes pour écrire ce qu’elle vient d’ajouter au travail. En quelques secondes, je suis complètement absorbé par la contemplation de ma feuille…mais je ne me souviens plus très bien que ce qu’elle a dit. J’aimerais pouvoir lui redemander, mais je n’ose pas, de peur de passer pour un crétin ou un élève pas sérieux. Non…ce n’est pas vraiment ça, c’est juste que j’ai l’impression qu’elle émet une sorte d’aura étouffante qui me perturbe. Les yeux rivés sur les quelques caractères présents sur la feuille, j’appuie un peu trop sur mon crayon, de plus en plus fort à chaque dixième de secondes jusqu’à ce que la mine cède, craque et m’effraie moi-même. Aussitôt, je sursaute et bondis de ma chaise.

« Je-je suis désolé. »

Je dois avouer avoir du mal à comprendre ce qu’il vient de m’arriver, mais ce n’est pas ce qui importe. En réagissant sur la sorte, non seulement je suis en train de confirmer la réputation de « mec bizarre » qui ne connait déjà pas les prénoms des gens de sa classe, mais j’ai également attiré sur attention sur moi. Je soupire, est-ce qu’elle remarqué que mes notes n’ont pas avancées ? Je me le demande. Une fois la carte copiée du site et insérée dans le fichier diapo, je quitte la page web qui n’a plus rien à nous apporter concernant notre sujet. Désirée, de son côté, ne semble pas broncher, j’imagine qu’elle est assez satisfaite pour le moment si elle ne m’interrompt. En tout cas, ce que je remarque d’autre, c’est que depuis son entrée dans la salle informatique, le couloir semble plus agité que lorsque je me prélassais tranquillement sur ma chaise. Je jette un coup d’œil discret derrière moi, me focalisant sur l’entrebâillement de la porte où des silhouettes féminines pouvaient nettement se distinguer. Pour le moment, je décide de ne pas y prêter attention et de revenir aux recherches convenues entre ma partenaire de travail et moi-même.

Rapidement, je m’empare de la souris de l’ordinateur et recommence la fouille dans le moteur de recherche. Je finis par trouver un site qui résume plutôt bien le sujet, et qui possède de bonnes ressources. Silencieusement et presque machinalement, je copie les passages qui me semblent essentiels et les colle dans le traitement de texte. Quand je travaille seul, de mon côté, je reprends peu à peu mes moyens et me montre plus productif. Néanmoins, je ne suis pas aveugle et je remarque bien que cela pourrait rapidement agacer mon binôme. Après avoir reformulé – pour ne pas être accusé de plagiat – la moitié d’un paragraphe concernant l’idéologie Showa pour en tirer quelques points à insérer dans le diaporama, je me tourne vers ma partenaire, un sourire forcé scotché sur mes lèvres.

« Hey euh, ça te va comme ça ? Ou tu préfères le di-ire autrement ? »

Une voix masculine s’élève dans le couloir, je n’entends pas tout à fait ce qu’elle est en train de communiquer, mais je comprends la fin de la phrase, assez explicite à mon sens « …tu crois que c’est elle ? ». Plus de doute, cet attroupement n’est dû qu’à mon binôme et même si je ne sais pas vraiment ce qu’elle a fait pour réunir tout un petit comité à ses basques, je dois dire que je suis assez irrité par la situation. Sans retenue et sur un ton sarcastique, je l’interroge, même si au début, je ne prenais pas cette histoire au sérieux…

« Qu’est-ce que c’est ce raffut ? T’as ramené des groupies avec toi ? »

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MessageSujet: Re: L'art de travailler en binôme [Terminé]   Mer 28 Jan - 0:08

Travailler à plusieurs sur un devoir c'était décidément loin d'être évident. Déjà parce qu'il ne pouvait y avoir qu'une seule personne pour taper le texte sur le clavier et tenir la souris. Du coup, l'autre ( ou  les autres dans un groupe de plus de deux) ne pouvait que dicter les trucs et donner son avis mais ce n'était pas vraiment la même contribution. Enfin, personnellement je trouvais ça bizarre. Avec les cours par correspondance je n'avais jamais eu besoin de procéder de cette façon. Je m'efforçais d'aider Hisaka au maximum pour avancer dans l'exposé mais j'avais le sentiment de m'y prendre de travers et de l'agacer. En plus de ça, je le sentais nerveux et ça commençait à me mettre moi aussi mal à l'aise, forcément. Tâchant de rester fidèle à moi même, je profite que mon partenaire ne griffonne quelque chose sur sa feuille pour prendre un peu la souris à mon tour et faire défiler la page de résultats jusqu'à une source intéressante que je parcours rapidement. Je trouvais qu'il y avait pas mal de choses à en tirer, aussi je notais le site et les principaux points abordés dans cet article. Je n'avais pas vraiment prêté attention à ce qu'Hisaka écrivait de son côté quand il sursauta brutalement, après avoir visiblement pété la mine de son crayon. Il m'avait fait peur. Je le dévisageais, surprise, cherchant vainement à comprendre quelle avait été la source du problème. Une maladresse, ça pouvait arriver à tout le monde, il n'y avait pas de raison de s'excuser. Le jeune homme n'avait vraiment pas l'air dans son assiette, aussi fronçant les sourcils, je l'interrogeais:

« T'es sur que tu te sens bien ? T'as l'air... bizarre. »

Je le dévisageais d'un air un peu inquiet, me demandant s'il était malade ou un truc du genre. Si ça trouve il faisait des crises d'angoisse ou quelque chose du même style. Puis s'il se sentait mal on pouvait aussi arrêter et se revoir pour bosser un autre jour, même si ça nous faisait prendre un peu de retard. Personnellement, j'avais d'autres ambitions dans la vie que d'obtenir la meilleure note à cet exposé d'histoire, donc c'était certainement pas moi qui en ferait une histoire. En tout cas, il n'y avait dans ma remarque aucun jugement de ma part, parce que dans le fond, être différent c'est une bonne chose de mon point de vue. Comme mon camarade récupérait la souris, je le laissais faire à sa guise. Pour être honnête, j'étais pas super à l'aise avec le logiciel de diapo, donc j'aimais autant qu'il s'en charge, ça nous faisait gagner du temps. Cela dit, tandis que je le regardais copier/coller et reformuler des passages de texte, je me sentais totalement inutile vu qu'il ne prenait même pas la peine de me demander mon avis. L'avais-je contrarié ? Si tel était le cas, je me demandais bien ce que j'avais pu faire pour ça. Je me faisais probablement juste des idées. Cela dit, j'avais un autre sujet d'inquiétude à propos duquel, cette fois, ma paranoïa était tout à fait justifiée. Il était difficile de passer à côté du brouhaha qui s'intensifiait dans le couloir.

Il est fréquent que, quand une personne va quelque part, elle ait l'impression que les gens se retournent sur son passage, l'épient en douce et chuchotent entre eux à son sujet. Le problème était que dans mon cas, c'était pas vraiment qu'une impression et je savais pertinemment la raison qui les poussaient à me dévisager en s'interrogeant. Si la majorité ne faisait pas particulièrement attention à moi, certains avaient malgré tout remarqué la ressemblance de mes traits avec ceux d'une certaine chanteuse, et ce en dépit de mon changement radical d'apparence. Il est clair que mon visage restait exactement le même. Enfin bon j'allais quand même pas venir au lycée avec une cagoule et des lunettes de soleil ça aurait été encore plus suspect. En tout cas, je pouvais difficilement ignorer les murmures et les chuchotements d'un certain nombre d'élèves. Je m'étais dit que si je continuais à les ignorer et faire comme si de rien n'était, ils finiraient par se dire qu'ils s'étaient fait des idées et lâcherait l'affaire, mais à l'évidence, ils étaient plus persistants que je ne l'aurais cru. Or les rumeurs allant bon train, le phénomène avait tendance à s'amplifier et je commençais à redouter que si ça continue ils ne finissent par attirer l'attention des paparazzis et alors je serais complètement grillée.
Ça me faisait chier. Mine de rien, je trouvais ça plutôt sympa d'être une fille ordinaire et pouvoir vivre normalement sans avoir sans arrêt un tas de gens qui attendaient quelque chose de moi. Hisaka me ramena alors à la réalité en me demandant si ce qu'il avait écrit me convenait, et je réalisais qu'en fait je n'avais pas du tout suivi ce qu'il avait fait. Finalement, je m'étais bel et bien fait des films, il ne m'ignorait pas tout compte fait. Je me fis violence pour revenir au sujet et relut rapidement ce qu'il avait écrit.

« Hum, non c'est bien comme ça. Attends... Là, on peut p'être ajouter un truc. »

Je m'appropriais un instant le clavier pour taper des petits compléments de phrases par-ci par là, m'aidant des éléments importants que j'avais relevé sur mon brouillon. La vérité c'est que j'avais plus trop la tête au devoir, je commençais à me sentir de plus en plus oppressée à mesure que les élèves s'attroupaient dans le couloir. J'avais vaguement le sentiment d'être prise au piège au milieu d'un nid de frelons et d'entendre leurs bourdonnements tout autour de moi. Au fond, c'était pas tellement éloigné de la vérité. Faisant de mon mieux pour ne pas prêter attention aux « Tu crois que c'est elle ? » « Elle lui ressemble. » « Tu penses que c'est possible ? » et autres murmures du même genre, je tournais résolument le dos à la porte en dissimulant le plus possible mon visage derrière un rideau de cheveux. Je ne réalisais à quel point ça me rendait nerveuse que quand je me surpris à me ronger les ongles et je me forçais à m'arrêter aussitôt. C'est alors que le ton sarcastique et un peu sec de mon partenaire me fasse sursauter quand il me demanda si j'avais ramené des groupies.

Je tournais brutalement la tête vers lui et le regardais d'un air effaré. Ma première pensée fut « Putain, il sait !» avant que je ne réalise que ce n'était pas possible, sinon il ne m'aurait pas demandé mon nom quelques minutes avant, pas vrai ? Ou alors... est ce que ça aurait été un test ?  Voilà que je redevenais parano. Il fallait que je me reprenne et très vite. Malheureusement, je ne savais pas du tout ce que je devais faire. Finalement, ma réponse franchit spontanément mes lèvres avant que j'ai eu le temps de réfléchir.

«  Je... j'y suis pour rien moi ! Tu crois peut être que ça m'amuse ? J'sais pas comment faire pour qu'ils me lâchent. Si tu as une idée, je suis preneuse. »

Je ne savais pas si je devais mentir et tenter d'inventer une histoire plausible, feindre l'ignorance et prétendre qu'ils me prennent pour une autre ou simplement cracher le morceau en espérant trouver un allié en la personne d'Hisaka. Tout compte fait, la réponse que j'avais faite était plutôt bien, car ce n'était pas un mensonge et en même temps ça ne révélait rien de plus. Cela dit, si mon camarade continuait à me cuisiner et que les autres entendaient des mots comme «groupie» ça risquait vraiment de fournir de la matière à leur soupçons, aussi j'ajoutais d'une toute petite voix:

« Et je t'en supplie, ne prononce plus le mot 'groupie' ou quoi que ce soit qui s'y rapporte, ça pourrait les conforter dans leur idée..»

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MessageSujet: Re: L'art de travailler en binôme [Terminé]   Jeu 29 Jan - 23:04




Est-ce que je me sens bien ? Certainement pas. Mais est-ce que je peux lui dire les raisons sans qu’elle se moque de moi ? Je ne pense pas non plus. Allez, elle m’a déjà rangé parmi les gens bizarres d’après ce qu’elle dit, même si ce n’est pas faux d’un côté, je n’ai pas un comportement normal si l’on me compare à d’autres adolescents, donc littéralement parlant, ça fait de moi un type louche. Néanmoins, je ne prends pas la peine de lui fournir des explications nécessaires et je me contente de m’excuser en bredouillant, puis reprendre ma position initiale sur ma chaise, sans rien ajouter. Nous reprenons les travaux sans attendre plus longtemps, silencieusement, chacun de notre côté. Tout aurait pu se passer comme ça jusqu’à la tombée de la nuit, nous aurions bien pu avancer dans notre exposé et nous aurions ensuite convenu qu’il était tard et que nous devrions nous arrêter là pour aujourd’hui. La séance de travail se serait achevée sur un « Salut. » un peu maladroit, un départ chacun de notre côté, quelque chose d’habituel pour moi, mais en fait…non.

Juste après avoir demandé à ma camarade si mon travail lui convenait, pile après sa réponse, au moment où j’étais bien décidé à travailler en faisant abstraction de la présence de la jeune femme, ce fut le brouhaha de trop. Sans comprendre ma propre réaction – moi qui suis d’habitude assez calme – je me suis emporté en lançant une réplique assez agressive à ma partenaire, qui n’y était pour rien selon ses dires. Pourtant, je peux clairement apercevoir un changement dans son attitude, elle qui semblait si sereine quand elle est arrivée. Une teinte rosée lui est montée aux joues, je l’ai embarrassée. Je soupire, je n’aime pas faire du mal aux autres, d’une part parce que ça me retombe dessus après, et d’autre part je trouve ça très ennuyant, ça ne m’apporte aucune satisfaction personnelle…Et généralement les filles se souviennent très bien de votre tête quand elles ont une rancune envers vous.

Ce qui me surprend par contre, c’est la suite de sa réplique. Tout d’abord sur la défensive, elle m’adresse ensuite une requête avec un air presque suppliant sur la fin, lui proposer une solution pour que tout s’arrange, et puis ne plus évoquer le terme « groupie » devant les autres. Je hausse un sourcil, si j’analyse ses paroles, ce ne doit pas être la première fois qu’elle se fait suivre comme ça, ce qui est en totale incohérence avec son « Je n’y peux rien ». Enfin, toujours est-il que la situation ne s’arrange pas, il y a toujours des gens derrière la porte, ils perturbent ma sphère de travail, ils empêchent Désirée de travailler aussi. C’est contre-productif, à ce rythme là nous n’aurons même pas fini la première partie ce soir, et nous serons contraints de nous revoir encore et encore…jusqu’à ce que la fin de ce devoir nous sépare. Non pas que la jeune fille me pose un problème majeur, mais le fait de travailler en groupe – vous l’aurez compris – ne me convient pas, et je préfère éviter de fréquenter des gens qui attirent l’attention comme elle…Haha.

Le regard vide, je commence par me lever de ma chaise. Un peu hésitant au début, je finis par ouvrir la porte avec colère. Un groupe d’étudiants se retourne vers moi, l’air d’attendre que je dise quelque chose. Je n’ai pas besoin de me regarder dans une glace pour savoir que je suis sûrement aussi rouge d’un coquelicot, ça fait…mal, ces légers picotements qui envahissent mes joues. J’ai peur, tout mon corps tremble presque à l’idée de me tenir devant ces gens que je ne connais pas. Une boule me serre la gorge, un nœud me tord l’estomac, je sens la sueur couler sur mon front puis se refroidir le long de mes narines. Je prends une profonde inspiration, serre les poings autant que je le peux et râle auprès des perturbateurs.

« Y a des gens qui travaillent ici, partez…S’il-vous-plaît. »

Je m’essouffle rapidement, j’aurais voulu en dire plus et ne pas me montrer aussi poli, mais ça aurait été s’abaisser à ce que je ne suis pas, les provoquer inutilement en sachant qu’objectivement, ils n’étaient pas censés savoir que nous travaillions. Un mec s’approche de moi, silencieusement, il me regarde dans les yeux, je tente tant bien que mal de ne pas céder, mais finalement la pression est trop forte…et je finis par baisser mon regard.

« T’es qui toi ? On s’en fout de toi. On parlait de la nana qui est avec toi. Allez, t’as de la chance qu’il y ait des témoins, mais la prochaine fois, si je te croise en dehors du campus…je t’en foutrai bien une. »

Puis il se tourne, fait demi-tour. Les autres, sans doute ses amis, le suivent en ricanant. Leur silhouette finit par disparaître au loin, à l’angle du couloir qui mène aux escaliers. Mes genoux tremblent, mon cœur s’affole, mais je l’ai fait. Quand je veux retourner à ma place dans la salle informatique, je m’effondre tout d’abord le long de la porte après l’avoir fermée derrière moi. Je suis soulagé, et en plus je l’ai fait…j’ai répondu à quelqu’un qui me dérangeait. Cela peut sembler anodin pour la plupart des gens, mais pour moi c’est quelque chose qui relève presque du miracle. J’émets un faible rictus en me relevant et en m’affalant sur ma chaise, à côté de Désirée. Je reprends la souris en main, me plongeant dans mon univers à moi, internet. Le souffle court, je lance à la jeune fille comme s’il ne s’était rien passé.

« Continuons jusqu’à finir la deuxième partie au moins. On verra selon notre état, après. »



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MessageSujet: Re: L'art de travailler en binôme [Terminé]   Ven 30 Jan - 15:07

Derrière la porte entrebâillée, les murmures s'intensifiaient si bien qu'ils étaient parfaitement audibles à présent. J'aurais voulu pouvoir continuer à les ignorer comme la plupart du temps, mais là, les élèves étaient tellement pas discrets qu'on allait jamais pouvoir travailler dans ces conditions.  Je commençais à me dire que j'allais probablement devoir intervenir d'une manière ou d'une autre,  d'autant que mon partenaire de travail semblait de plus en plus contrarié. J'avais du mal à savoir s'il était juste très énervé à cause du bruit de fond insupportable ou s'il était hyper mal à l'aise. Le soucis c'était que j'étais un peu face à un dilemme. D'un côté, je m'efforçais toujours d'être sympa envers mes fans, mais d'un autre coté je ne voulais pas leur donner la confirmation de mon identité et la seule manière de me débarrasser d'eux sans me griller était de les envoyer chier. Mais avant que j'ai pu décidé de faire quoi que ce soit, Hisaka se leva contre toute attente et se dirigea vers la porte. Bon, et bien à l'évidence il avait décidé de prendre les choses en main, c'était plutôt sympa de sa part et ça m'évitait de m'exposer. Je n'aurais plus qu'à le remercier quand il reviendrait.

Je regardais mon camarade se diriger vers la porte, mais à mon grand désarroi il a vraiment pas l'air dans son assiette. Mais bon, c'était un grand garçon et puisqu'il avait décidé d'y aller je n'avais aucune raison d'intervenir. Il finit par ouvrir la porte et leur demanda de s'en aller mais je ne pus m'empêcher de froncer les sourcils. Qu'il soit poli, c'était plutôt honorable en fait mais son ton manquait tellement d'autorité et de conviction qu'on aurait presque dit qu'il les suppliait de partir alors que c'était les autres qui emmerdaient tout le monde et étaient en tord. En entendant la réplique de l'autre abruti derrière la porte, je serrais les poings, sentant la colère monter en moi. Je m'attendais à une réaction de mon camarade.. qui ne vient pas. J'étais tellement ébahie que je songeais même pas à réagir. Les élèves finirent par s'en aller et Hisaka se contenta de refermer la porte avant de s'effondrer. Qu'est ce...?  Il faisait un malaise là ou quoi ? Je laissais tomber mon crayon, j'étais sur le point de me lever pour l'aider mais finalement il se relève. Je ne le lâche pas des yeux tandis qu'il revient sur le bureau et se laisse tomber sur la chaise à mes côtés.

J'étais complètement sidérée mais derrière l'incompréhension m'animait une colère contenue. L'espace d'un instant je ne compris même pas de quoi il parlait quand il disait de finir au moins la deuxième partie. Ce stupide exposé m'était temporairelent sorti de la tête et là tout de suite, je n'étais pas du tout en condition pour rester calmement à un bureau et travailler. Je brûlais d'une violente envie de saisir mon camarade par les épaules pour le secouer comme un prunier et l'obliger à se ressaisir. J'avais bien vu que ce qui venait de se passer l'avait sacrément ébranlé, même si je ne comprenait pas pourquoi. Il était clairement mal en point et lui gueuler dessus n'aiderait pas surtout que c'était à cause de moi s'il était allé les chasser en premier lieu. J'étais sensé le remercier, non m'énerver contre lui.

« T'aurais pas du y aller.» déclarais-je d'un ton dur et cassant qui dissimulait ma colère. « Si je revois ces types, c'est moi qui vais leur expliquer ma façon de penser. »

C'était moi qui aurait du y aller. C'était à cause de moi qu'ils étaient là et c'était moi qui aurait du régler ça, comme une grande. J'étais autant en colère contre moi et les autres gêneurs que contre Hisaka. Mais, autant je pouvais accepter et supporter le fait que des gens me suivent, voire me harcèlent pour savoir si je suis bel et bien la vraie Diamond, c'est la rançon de la gloire après tout; autant il m'est parfaitement insupportable d'assister à pareille scène. Voir quelqu'un se laisser marcher sur les pieds de cette façon, c'était inadmissible et ça me révoltait. Le pire étant que c'était à cause de circonstances que j'avais provoqué – involontairement certes mais ça revenait au même.  Avant d'avoir pu m'en empêcher, je frappais brusquement le bureau de ma main et tournant la tête vers mon camarade, je laissais échapper ce que j'avais sur le cœur:

« Mais, pourquoi tu les as laisser te parler comme ça, Hisaka ? Tu vaux pas moins que n'importe qui d'autre, alors il y a pas de raison que tu t'écrases comme ça ! »  

Et voilà, trop tard, ma voix avait résonné et je venais de faire la morale à mon compagnon de travail qui pourtant n'avait rien fait de mal. Il était plus la victime qu'autre chose. Je pris une grande inspiration pour me calmer.

« Je suis désolée. » Je ne m'excusais pas d'avoir dit ce que je pensais mais plutôt de m'être emportée. Hisaka ne méritait certainement pas ça. Sans attendre, je me levais, tout en déclarant : « Je vais chercher à boire. »

Je ne pouvais pas rester en place et il fallait que ma colère s'apaise. C'était plus facile de mettre de l'ordre dans mes idées quand j'étais seule. Je quittais sans plus attendre la salle informatique pour aller chercher des boissons au distributeur, au rez de chaussée. Tout en marchant, j'espérais presque retomber sur les élèves de tout à l'heure mais ils étaient partis. Franchement je savais pas ce qu'il m'avait pris de réagir comme ça. Je n'étais pas de nature particulièrement colérique en temps normal et puis, je n'avais pas à m'en prendre à Hisaka. D'ailleurs, c'était même pas mon problème s'il avait envie de se laisser malmener, pourquoi m'impliquais-je de la sorte ? Et puis, sa réaction, c'était vraiment étrange, comme si le simple fait de parler à des gens le mettait dans tous ses états. Je songeais que je devais probablement être la pire partenaire de travail qu'il ait jamais eu. Je sortis de ma poche quelques pièces de monnaie que je glissais dans la machine. Il ne restait quasiment plus rien comme choix, mais ça m'était un peu égal. J'optais pour un soft à base de jus de fruit et en pris un aussi pour mon camarade. C'était la moindre des choses après la scène que j'avais faite et ça pourrait pas lui faire du mal compte tenu de l'état dans lequel il semblait être.

Je retournais dans la salle informatique à peine quelques minutes plus tard avec les deux boissons. Je me dirigeais vers ma chaise où je m'assis sans un mot. Je déposais la canette supplémentaire sur le bureau face à mon partenaire avant d'ouvrir la mienne et d'en prendre quelques gorgées. Il ne restait plus qu'à se remettre au travail.

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MessageSujet: Re: L'art de travailler en binôme [Terminé]   Lun 2 Fév - 22:14




S’il y a bien une chose à laquelle je ne m’attendais pas, c’est bien de subir la colère de ma partenaire. Après m’être remis de mon choc social – si on peut appeler ça ainsi – je me suis tout naturellement jeté sur ma chaise pour me remettre au travail. Mon rythme cardiaque est revenu à la normale après une minute de repos, je suis face à la machine et je continue mes recherches. Cependant, le ton moralisateur de ma camarade me fait revenir sur terre. Au début, je la dévisage, ne comprenant vraiment pas ce qui ne va pas chez elle, puis je décide d’ignorer et de faire comme si rien ne s’était passé, prenant une nouvelle fois sur moi en m’efforçant de ne pas me déconcentrer. On bosse pour un exposé là, un truc qui va compter dans notre moyenne et même si je n’aime pas travailler en groupe, même si je trouve ça complètement débile…Je ne peux pas me permettre d’échouer. Pas maintenant, pas au lycée. Non, jamais en fait. Le poing de la jeune fille frappe brutalement le bureau, faisant propager une onde de choc jusqu’au clavier. Mes doigts se cramponnent sur la souris, qu’est-ce qu’il y a encore ? C’est quoi ton problème ? Lentement, je tourne mon regard vers elle, pourquoi est-ce qu’elle ne travaille pas ? Elle disait pourtant vouloir réussir, elle semblait motivée…avant l’incident.

« Mais, pourquoi tu les as laisser te parler comme ça, Hisaka ? Tu vaux pas moins que n'importe qui d'autre, alors il y a pas de raison que tu t'écrases comme ça ! »  

C’est comme si le monde s’écroulait autour de moi, je ne sais pas quoi répondre à ça. Je m’en suis bien douté, elle ne comprend rien. Elle ne me connait pas, je ne peux pas lui en vouloir. Eh, je ne serais pas en train de lui chercher des excuses là ? Mais même si c’est le cas, je reste muet, inexpressif. Non, cette fille ne peut pas comprendre. Elle est populaire, des gens parlent d’elle au point qu’elle se sente persécutée, elle ne peut pas comprendre une personne comme moi, transparente et isolée. Je ravale ma fierté et la laisse continuer, puis présenter ses excuses. Elle finit par se lever, visiblement énervée par mon comportement, mais aussi par le sien. Je fronce les sourcils, elle est vraiment contradictoire cette fille. Enfin bon, elle est partie chercher des boissons, je vais donc pouvoir avancer tranquillement dans l’exposé avant qu’elle ne ramène sa fraise pour me faire la morale.

J’en ai rien à foutre, ça me va d’être comme ça, ce n’est pas comme si ça pouvait changer de toute manière. J’essaie tant bien que mal de me rassurer alors que les mots défilent sur le logiciel de diaporama. Avant que je ne m’en rende compte, j’ai commencé à taper sur mon clavier de plus en plus violemment, avec colère. J’ai essayé de me persuader que ce n’est que passager, lorsqu’elle va revenir nous nous remettrons au travail, mais je n’arrive pas à le concevoir, à l’imaginer. Je serre les dents en martelant les touches du clavier, c’est moi qui n’arriverai pas à tenir dans cette salle. D’une part, je ne peux pas garantir que les autres ne reviendront pas, plus nombreux pour nous coincer, et d’autre part il me sera impossible d’être productif si les mots de ma camarade reviennent sans cesse hanter mon esprit.

« Pas de raison que j’m’écrase comme ça hein. C’toi qui pige rien. Tss. »

La colère semble s’être atténuée après plusieurs minutes de silence complet, je suis presque en mesure de reprendre mes activités sans torturer mon poste de travail. Mais lorsque la porte s’ouvre derrière moi, je ne prends même pas la peine de me retourner pour savoir qui est entré, mon intuition me chuchote déjà que c’est elle. Et bingo. C’est bien Désirée qui se remet à sa place, pose une canette à mon niveau et entame la sienne. Je ne la remercie pas, je ne lui adresse pas le moindre mot d’ailleurs. Si je me montre aussi froid, elle finira peut-être par partir, c’est ce que je songe dans mon égoïsme. Je me fiche bien qu’elle se casse, de toute façon ça ne m’empêche pas de travailler de mon côté, si elle n’a pas de note le jour de l’oral, ce sera son problème, pas le mien. Je sauvegarde le travail sur ma clé USB, ferme le logiciel, quitte la session et me lève. Désinvolte, je me résous à lui adresser la parole une dernière fois.

« Il va bientôt faire nuit. J’me casse. On finira ça une autre fois. »

Et ça sera quand cette autre fois ? Probablement jamais si c’est pour me coltiner ses groupies et me taper un autre discours moralisateur. Chaque fois qu’elle me proposera de travailler – si toutefois elle le fait – je la remballerai, prétendant avoir des activités de club ou autre chose du genre. Bien sûr, je compte me préparer de mon côté. Ce sera…ma vengeance ? Moi, fuir mes problèmes ? Pas du tout.


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MessageSujet: Re: L'art de travailler en binôme [Terminé]   Mar 3 Fév - 1:21

Je me sentais beaucoup plus calme à présent. Le simple fait d'aller m'aérer les idées quelques minutes pour prendre à boire m'avaient fait le plus grand bien. Mais j'étais à peine revenue m'assoir que je sentis à quel point l'ambiance était tendue. Bon, je pouvais comprendre qu'il n'ait pas trop apprécié que je lui parle de manière aussi directe et vive. J'avais conscience de m'être laissé emporté par mes émotions, mais il fallait bien avouer que son attitude était difficile à comprendre. Après, je m'étais excusée et je m'étais efforcée de faire amande honorable en rapportant une canette à mon camarade. Tout était en ordre maintenant, non ? A l'évidence, c'était pas le cas. Hisaka ne m'adressa pas le moindre mot, et alors que je jetais un coup d'oeil à la diapo pour me replonger dans le travail, il sauvegarda, éteignit tout et se leva. Sur le moment, je ne comprenais absolument rien. Je le dévisageais d'un air déconfit et perdu. Il faisait quoi là ?! Je restais figée, pétrifiée même quand il m'annonça qu'il se cassait et qu'on finirait une autre fois. Comment ça une autre fois ? Fallait bien qu'on décide au moins où et quand ! En plus j'aurais voulu qu'on se répartisse les tâches pour pourvoir aussi avancer un peu chacun de notre côté or il ne m'avait même pas envoyé le travail ! Je pris alors conscience qu'il avait juste l'intention de me planter et de me laisser me démerder toute seule. Me levant d'un bond à mon tour, je le rattrapais par le bras et m'exclamais :

« Attends, tu te fous de moi, là ? Tu peux pas te barrer comme ça ! »

Dans d'autres circonstances j'aurais probablement pu me remettre en colère, mais là j'étais bien trop stupéfaite et je me sentais étonnamment mal. Visiblement, il avait vraiment très mal pris ce qui c'était passé un peu plus tôt.  Mais, le pire, c'est qu'en le voyant s'éloigner comme ça, de manière aussi froide et désinvolte, j'eus un horrible sentiment de déjà vu. Mon cœur s'affola sans que j'y puisse quoi que ce soit. La situation et le contexte n'avait rien à voir, ce n'était absolument pas comparable et pourtant, ce sentiment de trahison et d'abandon, il m'était affreusement familier. Je me revis, lorsque je n'étais encore qu'une fillette âgée de sept ans, au moment où mon grand frère s'était approché de moi pour m'expliquer que maman nous avait abandonné, qu'elle était partie sans se retourner et qu'on ne la reverrait probablement jamais. Je me revis ensuite avec Reiji, cet ami, puis petit ami, sur qui je comptais, avec qui j'avais commencé à chanter, puis fondé un groupe. Je lui avais tout donné, ma confiance, mon amour, mon talent, mon travail, mes espoirs. Et du jour au lendemain, il s'était débarrassé de moi. Je sentis un froid qui n'avait rien à voir avec la température extérieure m'envahir jusqu'au cœur. Alors que la vivacité de ces souvenirs ressurgissaient en moi, amers et douloureux, je sentis les larmes me monter aux yeux. Je lâchais le poignet d'Hisaka.

Je l'avais pourtant apprise cette leçon. On ne peut pas se fier aux autres, jamais. Il ne faut rien attendre des autres, ne jamais compter sur eux. S'il voulait partir, et bien, qu'il parte. Je n'allais pas lui courir après. Je n'allais pas supplier pour qu'il reste, j'étais de toute façon bien trop fière pour ça. Je ne me battais que pour ce qui en valait vraiment la peine or une personne qui est prête à vous planter ainsi, n'en vaut définitivement pas l'effort. En plus, c'était pas vraiment comme si c'était important pas vrai ? Au pire, je recommencerais tout en prenant un nouveau sujet, tout comme j'allais reprendre ma carrière de chanteuse en solo. Dans le cas présent, ce n'était jamais qu'un stupide exposé et franchement je m'en moquais pas mal. Je refusais de pleurer. Je serrais le poing. Je sentis mes ongles s'enfoncer dans la chair tendre de ma paume alors que je luttais pour refouler mes larmes mais en vain.  Mes yeux s'embuèrent bien malgré moi, aussi je me détournais. Je refusais de regarder Hisaka, je détestais que quiconque me voit pleurer. Putain de merde. J'étais vraiment d'une faiblesse lamentable. Pourquoi est ce que je laissais un incident aussi débile, m'atteindre à ce point ? Tout ça parce que ce rien avait ravivé mes pires blessures. Je m'en donnerais des baffes. Là, j'avais juste envie d'aller pleurer dans les bras de mon grand frère et d'oublier. Je m'essuyais les yeux d'un geste rageur, redoublant d'efforts pour sécher ces foutues larmes fort mal venues. Je devais me reprendre, je devais rester forte.

Lorsque je fis de nouveau face à mon camarade, une expression dure sur le visage, mes yeux étaient encore humides mais au moins, il n'y avait plus de larmes. Je pris une grande inspiration, et, m'appliquant pour maitriser ma voix, je déclarais d'une voix aussi indifférente et dure que possible:

« Tu sais quoi, fais ce que tu veux, j'en ai rien à faire de toute façon. » J'eus un sourire amer, cruel et j'ajoutais d'un ton sarcastique : « Je suis sure que tu trouveras facilement tout un tas de bonnes raisons pour expliquer au prof pourquoi tu n'as pas pu travailler avec moi. Surtout, n'hésites pas à tout me mettre sur le dos, j'ai l'habitude. »

Sur cette conclusion, je me retournais vers le bureau pour ranger mes affaires. Je n'avais plus rien à ajouter. Il pouvait bien raconter au prof ce qu'il voulait, ça me m'atteindrait même pas. Quant au travail qu'on avait fait ensemble, et bien, qu'il le garde aussi entièrement du moment que ça posait pas de problème à sa conscience. Personnellement, j'avais bien plus important dans la vie que ce devoir stupide.

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MessageSujet: Re: L'art de travailler en binôme [Terminé]   Mar 3 Fév - 21:51



<< Liar >>

Mes traits se sont endurcis, mes idées fixées et mon corps a agi en conséquence. Peu de temps après le retour de la jeune fille dans la salle informatique, je me suis levé sans le moindre regret, et je me suis dirigé vers la porte par laquelle elle était entrée il y a quelques instants, presque silencieusement. Je ne lui avais rien laissé – c’est peut-être un peu injuste du coup – ni le travail que nous avions entamé, ni mes coordonnées pour me contacter. Nous sommes dans la même classe après tout. Quelque part, j’ai envie de lui faire mal comme elle l’a fait en me reprochant d’être intervenu, j’ai envie de la rejeter pour qu’elle comprenne ce sentiment d’exclusion, pendant un instant, j’ai pensé à lui faire subir l’humiliation. Ma main se pose alors sur l’encadrement sur la porte, je m’apprête à partir lorsqu’une force me tire vers l’intérieur vers de la pièce. Par réflexe, je fléchis le coude et lâche la porte. Je fronce les sourcils, faisant désormais face à la jeune femme. Encore des reproches, je le savais.

«Laisse-moi partir. »

Le ton que j’ai employé est aussi calme que froid, retranscrivant avec justesse les émotions qui se heurtent dans mon cœur. Aussitôt, je sens que Désirée lâche prise, je me libère donc assez rapidement et tourne les talons, prêt à reprendre là où je me suis arrêté. J’aurais voulu ne pas l’entendre, ne pas le voir, mais je n’ai pas pu m’en empêcher. Avant de quitter la salle, arrivé à l’entrebâillement de la porte, je l’ai vue, cette larme de colère perler le long de son œil droit, cette même larme qui roule à présent sur ses joues rougies par son tourment intérieur. Je ne cherche pas à comprendre, je reste juste immobile comme si le temps s’était figé autour de moi. Je ne tourne toujours pas mon visage vers elle, respectant ainsi son moment de faiblesse. Je ne devrais pas partir plutôt ? Je me décide enfin à faire un pas en avant. Quand cette porte sera fermée, je n’entendrai plus sa respiration saccadée, je ne verrai plus ses larmes qui me font insupportables à regarder.

C’est la première fois que je fais pleurer une fille. Non, c’est la première fois que je fais pleurer tout court, de toute mon existence. Il y a des premières expérimentations un peu plus agréables que d’autres, me direz-vous. Depuis que je suis arrivé à Keimoo, il y a des jours où l’impression de ne pas avancer du temps, et d’autres où j’ai ce sentiment de faire de nouvelles choses. Naoko, ma première amie dans ce campus, Zakuro, le premier mec qui a voulu me tuer et qui a fini par me sauver la vie, Aredhel, le premier mec à m’avoir saoulé au point de me pousser à l’évanouissement, et puis maintenant Désirée…la première personne que je fais pleurer. Quelque part, je me sens coupable, même si j’essaie de justifier mon acte par la vengeance. Mon cœur fait un bond dans mon torse. J’ai donc vraiment changé au cours de cette année. Il y a quelques mois, j’aurais juste été passif, je ne serais pas intervenu, je n’aurais pas osé partir.

« Pourquoi tu pleures ? Les autres finiront toujours par te laisser, tu devrais t’y habituer. »

Et voilà que j’enfonce le clou, cette fois la tête ne dépasse plus de la planche. Ce n’est pas vraiment ce que je voulais dire au départ, mais ce sont des paroles que j’ai prononcées pour me rassurer moi-même en quelque sorte. Les autres finiront par partir et vous laisser, c’est un fait. Ma sœur avec qui j’entretenais une relation quasi-fusionnelle m’a laissé pour suivre ses rêves à l’étranger, mes parents sont partis travailler loin pour subvenir à nos besoins, Kaspar est retourné en Allemagne. Tous, ils m’ont tous laissé seul ici. Je me mords la lèvre inférieure, ce n’est pas le moment d’être sentimental, ce n’est pas comme si j’en avais quelque chose à faire. Je suis très bien seul, je n’ai pas besoin des autres, je m’en sortirai toujours mieux si je ne compte que sur moi-même. L’homme en société est passé d’une volonté de puissance affirmative à un nihilisme passif, l’Enfer, c’est les autres. Des citations d’auteurs défilent dans ma tête si rapidement que cela finit par me donner mal au crâne, mais ce n’est pas le plus important.

« J’ai été dégueulasse avec toi. Pourquoi tu réagis pas ? C’est quoi ton problème ? Tu dis que je suis bizarre, mais de nous deux, c’est toi la personne bizarre ! »

Sans m’en rendre compte, je me suis retourné pour lui faire face. Le regard accusateur, j’essaie de lui faire porter le fardeau des démons qui ne m’ont jamais lâché. Qui suis-je vraiment ?

Un menteur.


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MessageSujet: Re: L'art de travailler en binôme [Terminé]   Mer 4 Fév - 22:16

« Pourquoi tu pleures ? Les autres finiront toujours par te laisser, tu devrais t’y habituer. » Ces mots, durs, froids, cassants faisaient échos à mes propres pensées, dans l'expression d'une réalité bien amère. Je savais tout cela suffisamment bien et je n'avais nul besoin de me l'entendre confirmer avec une telle froideur. Je sentais la colère reprendre lentement le dessus, chassant la peine, séchant mes yeux et je l'accueillais avec un grand plaisir cette fois. Je dévisageais mon camarade de classe comme si je le voyais clairement pour la première fois. N'avait-il dit cela que dans le but de me blesser davantage ? Si tel était le cas, il avait échoué car j'avais décidé que je ne laisserais plus jamais personne me faire souffrir. Hisaka n'était rien pour moi, une connaissance tout au plus, il se surestimait beaucoup s'il pensait pouvoir m'atteindre ainsi. Espérait-il m'enfoncer davantage et me pousser dans mes retranchements juste pour savourer l'effet que cela aurait ? J'avais versé quelques larmes oui, mais c'était seulement à cause d'un souvenir, le garçon se donnait beaucoup trop d'importance s'il pensait s'en accorder le crédit.

Je ne répondis pas tout de suite, le laissant continuer, tandis que ma colère, froide et dure achevait d'emplir mon cœur. Ayant rangé mes affaires et pris mon sac, je me retournais alors pour lui faire face. Je toisais le jeune homme avec une indifférence glaciale alors qu'il reconnaissait lui même s'être comporté comme un salaud et s'étonnait de ma réaction, ou plutôt de mon absence de réaction. Il est vrai que cela pourrait sembler paradoxal. Pourquoi le laisserais-je tout me mettre sur le dos ? La vérité est que j'avais prononcé ses mots blasés dans un excès de dégoût, tant j'étais écoeurée de son comportement. Une part de moi espérait que d'entendre cela de ma bouche, avec tout le mépris que cela m'inspirait, le ferait réagir. D'une certaine manière, ça avait fonctionné comme l'attestait son aveux suite à une soudaine prise de conscience. En revanche, je n'avais jamais dit qu'il s'en tirerait à si bon compte et que je ne me vengerais pas s'il allait bel et bien au bout de son entreprise. Je suis du genre à avoir la rancune tenace. Quant à mon absence de réaction dans l'immédiat, elle s'expliquait d'une manière très simple. Je n'étais définitivement pas le genre de personne à m'écraser et supplier pour obtenir quoi que ce soit de qui que ce soit. Je ne quémanderais jamais pour la merci ou la compassion de qui que ce soit. C'était sa décision à lui seul s'il voulait agir comme le dernier des enfoirés, je n'allais certainement pas lui courir après en espérant le faire changer d'avis. Question de fierté et de principe.    

En réponse à sa question et à sa réplique, je souris. Un sourire mauvais, froid et moqueur. Mon courroux me donnant une force et une détermination tout à fait délectable. Il avait voulu jouer avec moi ? Et bien, il allait vite découvrir ce qu'il en coûtait. Je pouvais devenir vraiment méchante si je le voulais. Un ricanement cruel franchit mes lèvres et je répliquais d'une voix sarcastique et désinvolte:

« Pourquoi donc devrais-je me soucier d'une chose aussi insignifiante qu'un exposé et d'une personne qui n'en vaut définitivement pas la peine ? »

Ma question était rhétorique, mes mots cassants. Je marquais une brève pause, appréciant ainsi l'impact de mes propos avant de poursuivre. Je voulais le blesser, non pas par réel plaisir mais parce que c'était là ma manière à moi de me défendre et d'éviter d'être blessée. Une sorte d'attaque par anticipation.  Il disait que j'étais bizarre. Il avait pas idée à quel point. J'avais noté, à sa manière de dire cela, qu'il semblait considérer le fait d'être différent comme une tare, un défaut et j'en viens à me demander s'il n'avait pas été vexé lorsque, bien plus tôt, je lui avais signifié qu'il avait l'air bizarre. Avec une méchanceté calculée, j'avançais vers le jeune homme et déclarais :

« Pour ce qui est d'être bizarre, moi, je ne m'en suis jamais cachée. Et, effectivement, dans un monde de connards, d'ingrats et d'égoïstes, je suis certainement un cas très à part pour continuer à penser qu'il reste encore des gens corrects, sincères et désintéressés qui méritent qu'on leur laisse une chance. »

Arrivée à la hauteur du garçon, je ne m'arrêtais qu'une seconde, plantant un regard impitoyable dans le sien, pour ajouter : « Enfin, de toute évidence, je me suis trompée sur toi. Tu ne fais pas partie de ces gens là. »  Sur ces derniers mots, je le dépassais, tel un courant d'air glacé, et commençais à m'avancer dans le couloir bien décidée à m'en aller. Je n'avais, après tout, plus aucune raison de m'attarder.

[HJ: Désolée, j'aide pas à arranger les choses là mais je voyais pas comment faire autrement vu qu'elle peut pas savoir qu'il fait pas exprès de la provoquer. Du coup forcément elle prend tout de travers et passe en mode garce x)]

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MessageSujet: Re: L'art de travailler en binôme [Terminé]   Ven 6 Fév - 22:26




Après m’être exprimé de manière aussi brutale, ma voix s’éteint brusquement, comme si mon cerveau m’avait envoyé un message pour me dire que c’était assez. Je ne sais même pas pourquoi j’ai réagi ainsi quand j’y réfléchis, pourquoi autant de rancœur s’est échappée par mes mots. Je suis un connard, je suis un monstre …parce que je n’éprouve pas le moindre regret face à la situation. Si je devais m’expliquer, je dirais que c’est une suite d’évènements qui ont mené à ce trouble. Je n’ai jamais espéré recevoir des remerciements de Désirée quand je suis allé chasser les types qui lui tournaient autour dehors, mais j’espérais au moins pouvoir retourner à mon rythme de travail. A la place, je n’ai eu le droit qu’à des reproches, et cette fois je dois avouer avoir été blessé par ces paroles. Jugé par une personne que je ne connais pas vraiment, touché droit au cœur par des mots qui m’ont surpris. C’est ça, c’est l’effet de surprise qui a causé cette réaction. Maintenant que ma colère est passée, ma passivité reprend le dessus, je me retrouve de nouveau, retour à la normale. Enfin.

Désirée reprend la parole, en disant clairement que je n'en vaux pas la peine. La peine de quoi ? Je ne sais pas, et pour être honnête, je m’en fiche. Le calme après la tempête, mes oreilles filtrent les mots, j’ai l’impression d’être présent physiquement, mais absent mentalement. Le regard perdu dans un coin de la salle pour ne pas avoir à me confronter à ses pupilles, mon corps est bien consistant, mais je me sens comme une coquille vide à l’intérieur. Ses mots résonnent, se percutent à un mur invisible, au point que je finisse par ne presque plus l’entendre. Mais je ne dis rien. Comme d’habitude, je me tais et encaisse ses paroles remplies de haine, de rage. Je la laisse vider son sac et mettre son cœur à nu. Elle fait donc partie de cette catégorie de personne qui expose implicitement ses blessures quand elle est en colère. Au moins, nous sommes à égalité. J’ai aussi touché à l’un de ses points sensibles. Elle s’avance vers moi, je ne sourcille pas, je n’ai pas l’intention de l’éviter, ni de riposter, j’accepterai tout ce qu’elle fera et dira car, de toute façon, elle ne m’affecte plus d’une quelconque manière. Pendant un instant, j'ai crû pouvoir ressentir les choses comme les autres, mais finalement je reste une plaque de marbre. Dure et froide.

« D’accord. »

Sa critique rebondit sur moi telle une goutte d’eau sur un parapluie, elle tombe, rebondit, puis s’écrase et coule lentement. C’est pareil pour moi. Actuellement, au fond de moi, je me sens comme un vieux paillasson sur lequel on s’essuie les pieds. C’est quelque chose à quoi je suis habitué, ce n’est pas un truc qui me révolte particulièrement. Ainsi, elle lâche ses dernières gouttes de venin avant de me dépasser, puis partir définitivement, sa silhouette disparaissant un peu plus à chaque pas qu’elle fait. De ce fait, il y a comme un poids qui disparaît de mes épaules, c’est comme si nous nous étions mis d’accord pour abandonner ce travail, n’est-ce pas ? C’est un arrangement entre nous, elle n’en parlera à personne, pas vrai ? Une fois qu’elle est suffisamment éloignée de moi – à comprendre au bout du couloir – je finis par lâcher un soupir et retoucher sur le poste de travail. Seul, je n’aurai pas de problème. Seul, personne ne viendra me dire comment je suis censé me comporter. Seul, je saurai quand j’aurai fait de mon mieux. Je relève la tête vers l’écran noir de l’ordinateur, me confrontant à mon reflet. Hisaka Rika est toujours là, blasé par la vie, fatigué et exaspéré par le comportement des autres adolescents de son âge. Un léger rictus finit par sortir de ma gorge. Parfois moi aussi, je me trouve agaçant.


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MessageSujet: Re: L'art de travailler en binôme [Terminé]   Sam 7 Fév - 15:47

Je m'éloignais dans le couloir d'un pas furieux, laissant derrière moi la salle informatique, l'exposé et Hisaka. Non mais sérieusement, c'était quoi son problème à ce mec ? D'abord il s'effondrait à moitié après avoir demandé à mes « groupies » de s'en aller comme s'il s'agissait d'un effort surhumain. Ensuite, subitement il décidait de me planter comme un lâche alors qu'on était sensé faire ce devoir ensemble et là, alors que je viens de le traiter plus ou moins indirectement de connard, sa seule réaction c'est de dire «d'accord». N'importe quoi. Franchement, c'est quoi ce gars ? Un alien ? Ça lui arrive de ressentir des émotions humaines, des fois ? J'aimerais bien comprendre exactement ce que j'avais bien pu lui faire pour qu'il ait à ce point une dent contre moi ? Non mais c'est vrai quoi.  

Certes, je l'avais sermonné, parce que sa réaction face aux autres avait été lâche, faible et incompréhensible. Mais ce n'était pas méchant, c'était même tout le contraire ! De quoi faudrait-il que je m'excuse ? D'avoir été choquée et d'avoir exprimé ma colère face à la méchanceté gratuite des autres types ? D'avoir dit à Hisaka qu'il ne devait pas se laisser faire parce qu'il ne méritait pas qu'on le traite comme ça ? De lui avoir dit qu'il valait mieux que ça ? Fallait-il que je sois désolée d'avoir pris son parti et de m'être sentie impliquée ? La vérité c'est que cette histoire me secouait parce que je n'étais pas quelqu'un de méchant, moi. Dire que je lui avais même ramené à boire, gentiment.. Tsss. Qu'est ce qui justifiait qu'il me traite de cette façon ? Qu'est ce que j'avais fait de mal bordel ?! Quand Reiji m'avait trahit, au moins, la jalousie, c'était un motif que je pouvais comprendre. Alors que là, il n'y avait juste aucune raison ! Je ne lui avais rien fait, rien ! En soi, le fait qu'on m'aime ou pas, je m'en moquais bien. On ne peut pas plaire à tout le monde, il y a toujours des gens pour critiquer, se plaindre et chercher la petite bête. Mais même le dernier des enfoirés n'agit jamais sans raison. Je ne parle pas forcément de motif valable, la raison peut très bien être complètement futile, que ce soit juste parce qu'on supporte pas la tronche d'untel ou que machin  possède un truc qu'on envie.  

Une part de moi avait presque envie d'y retourner juste pour lui poser la question. Lui demander qu'est ce j'avais bien pu lui faire pour qu'il me déteste au point de ne pas vouloir travailler avec moi, car j'aurais vraiment voulu comprendre. Cependant, ma fierté m'empêchait de faire demi-tour, même pour ça. Ce mec ne méritait pas que je lui accorde encore le moindre signe d'intérêt, il ne méritait rien d'autre que mon mépris affiché et mon indifférence. Pourquoi irais-je me fatiguer à vouloir le comprendre, ça ne changerait rien à son comportement lamentable. La manière dont il venait de me traiter était des plus injustes, mais ça, encore une fois j'en avais l'habitude. L'injustice avait beau me révolter, ça faisait parti de la vie alors autant que j'apprenne à faire avec parce que je n'allais certainement pas pouvoir changer le monde. Il fallait mieux que je m'en aille. D'ailleurs, personnellement je ne souhaitais pas passer une seule seconde de plus en sa compagnie. On est mieux seul que mal accompagné. Arrivée au bout du couloir, je grimpais rapidement les escaliers jusqu'au Rez de chaussée et j'appelais mon frère pour qu'il vienne me récupérer en voiture. J'aurais pu rentrer seule à pied comme la plupart du temps, mais là, c'était au dessus de mes forces. J'avais besoin que Caïn vienne me chercher, je me sentirais mieux une fois qu'il serait là.

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